"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

lundi 15 avril 2019

Vassili Grigorovitch-Barski, «Pérégrinations (1723-1747)»


Vassili Grigorovitch-Barski, Pérégrinations (1723-1747). Traduit du russe par Myriam Odayski, Préface de Pierre Gonneau, Postface de Mikhail Iakouchev, Éditions des Syrtes, 2019, 550 p.
Né en 1701 à Kiev, Vassili Grigorovitch-Barski est un jeune homme de vingt-deux ans lorsqu’il prend son bâton de pèlerin sur les routes de l’Europe et du Proche-Orient. Durant près d’un quart de siècle, après avoir fait le tour de l’Italie, il visitera deux fois le Mont-Athos, passera sans cesse d’une contrée à l’autre : de la Syrie au Liban, du Liban à la Palestine et à l’Égypte, faisant escale dans les îles grecques, s’attardant à Patmos et à Chypre, faisant siennes ces contrées méditerranéennes tout en apprenant les rudiments de leurs langues et en perfectionnant sa maîtrise du grec. Marcher inlassablement, dormir à même le sol, ne pas manger à sa faim, invoquer Dieu dans la tempête, s’effondrer, tomber malade, se faire rouer de coups et déposséder par des brigands, s’ouvrir au monde, s’instruire, se découvrir soi-même par la même occasion… tel fut le quotidien du voyageur au long cours Vassili Barski, de 1723 à 1747.
Il consigne sans relâche dans des carnets ses impressions de voyage, ses rencontres, décrit les lieux avec une précision de géographe ou d’architecte amateur, dans une langue parsemée de mots empruntés ou adaptés des pays traversés, illustrant ses notes de dessins de villes ou de monastères, n’hésitant pas, à l’occasion, à se mettre en scène au détour d’un chemin ou d’une source. Ces Pérégrinations sont un témoignage inestimable sur une époque particulière, sur un monde chrétien divisé en chrétientés latine et grecque et subissant la domination musulmane. Et Vassili Barski est à l’image de la communauté slave de son temps, en pleine transition vers la modernité.

Issu d’une famille noble de Kiev, Vassili Grigorovitch-Barski est né en 1701. Après un bref séjour au séminaire, il intègre l’Académie jésuite de Lvov sous un faux nom, qu’il devra quitter lorsque la supercherie sera découverte. Pendant son voyage il fut ordonné sous-diacre à Damas, puis entra dans les ordres au mont Athos. Il est mort à Kiev en 1747, avant d’avoir publié ses carnets de voyage, édités pour la première fois en 1778.


Source : Éditeur

DES ACTIVISTES SCHISMATIQUES S'INTRODUISENT PAR EFFRACTION DANS L'ÉGLISE DE MAISON, TRAÎNENT L'AUTEL ET LA SAINTE COMMUNION DANS LA RUE (+ VIDÉO)


Kurozvany, Ukraine, 12 avril 2019

En octobre, le Patriarcat de Constantinople a reçu dans sa juridiction des milliers de schismatiques, hiérarques, clercs et peuple, qu'il a reformatés dans une nouvelle église (sic) en décembre et à laquelle il a accordé l'"autocéphalie" en janvier. Malheureusement, beaucoup de ces hiérarques, clercs et ces gens se sont avérés violents, inspirés par la haine envers leurs compatriotes ukrainiens et leur Église canonique sous la direction de Sa Béatitude le métropolite Onuphre de Kiev et de toute l'Ukraine.

Le prêtre et les fidèles de l'Église canonique de la Sainte Protection dans le village de Kurozvany, dans le nord-ouest de l'Ukraine, ont souffert à plusieurs reprises ces dernières semaines des mains de militants schismatiques-nationalistes reconnus par Constantinople. Après qu'ils se soient emparés de leur église, les fidèles ont commencé à prier dans la maison de leur prêtre, bien que les activistes aient essayé de prendre aussi la maison du prêtre il y a une semaine.

Enfin, ce matin vers 8h00, les militants impies ont défoncé les portes de l'église de maison et ont traîné tous les biens de la communauté dans la rue, y compris le Saint Autel et le précieux Corps et Sang du Christ, rapporte l'Union des journalistes orthodoxes (UOJ).

Les auteurs qui ont cassé les portes de la maison du prêtre en ont parlé aux paroissiens eux-mêmes au téléphone.

"Nos concitoyens nous ont appelés ce matin et nous ont dit de venir retirer nos biens de la route ", a déclaré un paroissien, qui souhaitait rester anonyme par crainte de représailles, à un correspondant de l'UOJ.

"On s'est vite rassemblés et on a couru là-bas : L'Autel des Saints Dons se tenait au milieu de la rue, avec le chandelier à sept branches, et les gens qui l'ont fait étaient si excités et attendaient un enquêteur qui était censé venir ", se rappelle le paroissien.

Le recteur de l'église canonique, l'archiprêtre Vladimir Koval et sa famille avaient quitté le village la veille. Ils avaient été forcés de quitter leur maison où ils vivaient depuis plus de 20 ans pour que la communauté ait un lieu de culte.

"Tout ce qui s'est passé aujourd'hui n'est rien d'autre que la possession démoniaque et la moquerie des choses sacrées", a déclaré l'archiprêtre Mikhaïl Petrov, le doyen local.

La situation dans le village est actuellement instable. La police, qui est venue sur les lieux, est inactive ; les activistes schismatiques fixent les "règles du jeu", écrit l'UOJ.

Le 21 février, des représentants de l'administration du district et du village local sont arrivés à l'église pour "faire l'inventaire", ce qui n'était qu'un prétexte pour tenter de saisir l'église, bien que le chef du service de police local ait scellé l'église pour calmer la situation.

Les activistes sont revenus le 1er mars et ont cassé la clôture autour de l'église, coupé les serrures, et sont entrés dans l'église, la saisissant, toujours sous le prétexte d'un "inventaire". L'UOJ a publié une vidéo de ce jour-là :




Ils sont revenus à la mi-mars pour tenter de chasser le Père Vladimir, sa famille et les paroissiens de sa maison, en menaçant de le tuer.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Le métropolite Épiphane, primat(e) de la nouvelle Église d’Ukraine : « Nous sommes fiers lorsque l’on nous traite de Bandéristes »

Nazi, fasciste et laïc schismatique
devenu primat(e) de l'église (sic) ukrainienne fantoche
imposée par Bartholomée, c'est complet!
Merci au patriarche d'Istanbul d'avoir 
donné un tomos d'autocéphalie à ce crétin!


« Nous sommes fiers, lorsque l’on nous traite de Bandéristes » a déclaré le primat de la nouvelle Église orthodoxe d’Ukraine, le métropolite Épiphane, lors de sa visite à l’Université agraire de Lvov, dans le cadre de sa vie pastorale dans la région.

« L’histoire de l’université montre que parmi ses diplômés, nombreux ont été ceux qui en réalité, non en paroles, mais en actes, ont aimé leur terre ukrainienne et son peuple. Parmi eux, il convient de mentionner et de se rappeler du génie de l’esprit national ukrainien et de consolidation de la nation, Stepan Bandera ? Il est un glorieux diplômé de votre université. Et lorsque l’on nous appelle « Bandéristes », nous en sommes fiers », a souligné le métropolite. « Pour certains une telle appellation est injurieuse, mais pour nous, c’est un honneur. Parce que notre terre a enfanté de tels héros glorieux, qui ont à une certaine époque dit que le temps viendrait où l’on dirait « Gloire à l’Ukraine ! » que et des millions répondraient « Gloire aux héros ! ». Nous avons attendu avec vous ce temps, aussi nous devons nous réjouir d’être les héritiers de nos héros et nous avons la possibilité de comprendre et de continuer ce qu’ils ont décrit », a ajouté le métropolite Épiphane. À l’issue de son intervention, le métropolite a souhaité à l’Institution d’études supérieures, à son corps professoral et aux étudiants, prospérité, succès et réussites scolaires pour le bien de l’Ukraine.


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Pour mieux cerner le sinistre Bandera (déclaré héros de l'Ukraine par Yuchtchenko, en 2010)

voir ICI

Vladimir Moulyk: Le seul but de la création de l'Eglise autocéphale ukrainienne est la future union [avec Rome]



L'attaque contre l'Église canonique se poursuivra, quel que soit le prochain président de l'Ukraine.

Le processus de pression sur l'Eglise va se poursuivre, même s'il ne sera pas déclaré, estime le conflitologue et expert politique Vladimir Moulyk.

"Les paroisses orthodoxes vont continuer à être saisies par des gens qui les disent "russes", a déclaré l'expert de la chaîne de télévision First Cossack. "Pourquoi le Tomos a-t-il été créé aujourd'hui ? L'"Église orthodoxe d'Ukraine", la "Sainte Église d'Ukraine", le Tomos et ainsi de suite - tout cela a été fait dans un seul but : une future union. En fait, j'ai toujours été en faveur de l'union - en tant que traité, en tant qu'alliance, mais comme un accord fondé sur l'égalité des droits.

Selon lui, les processus ecclésiastiques modernes en Ukraine nous préparent à une union comme celle que "nous avons déjà eue".

"Souvenons-nous, quand dans une ville purement orthodoxe, dans la capitale de l'Orthodoxie, à Kiev, après la venue de Maïdan ils sont venus (les catholiques),  a continué l'expert. <...>Et quand ces gens ont érigé une statue catholique du Fils de Dieu au centre du Maïdan sous l'Etoile de l'Indépendance, c'était un symbole : nous avons gagné au cœur de l'Orthodoxie! Ensuite, la statue a été enlevée discrètement, mais en fait, ils ont vérifié qu'elle ne provoquerait pas une réaction négative chez les habitants de Kiev et dans la communauté orthodoxe - et bien, elle n'en a causé aucune."

Moulyk est convaincu que ce processus ne s'arrêtera pas tant que les Ukrainiens ne commenceront pas à penser à ce qu'ils trahissent, à ce pour quoi leurs ancêtres ont prié.

Les paroles de mon père ont beaucoup d'importance pour moi : " Honore Taras Boulba de Gogol - " Je t'ai donné naissance et je te tuerai ", afin que  tu ne puisse trahir personne, tu ne peux pas vendre ta foi ou ta famille, tu ne peux le faire physiquement ou mentalement. Chacun devrait cultiver cette idée dans son cerveau : ne pas trahir. Et pour comprendre ce que vous trahissez, regardez en arrière, regardez vos familles ", résume l'expert politique.

Rappelons-nous que précédemment, lors de la Conférence scientifique et pratique internationale "Causes et défis de la crise actuelle dans les relations interorthodoxes", deux moines de l'Athos avaient présenté un rapport dans lequel ils définissaient la situation ecclésiastique en Ukraine comme le front avancé dans la lutte contre la nouvelle unia.

Version française Claude Lopez-Ginisty

dimanche 14 avril 2019

George Trumboulis: "Seul le Christ est Œcuménique"




Mosaïque de l'Église de la Trinité 
qui donne la vie à Reutov. 
Photo : artsvod.ru
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Nous attirons l'attention des lecteurs sur l'article du célèbre théologien grec George Tramboulis, publié dans le journal "Orthodox Typos".
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La majorité des Églises orthodoxes exigent un Concile panorthodoxe.
La tentative du Patriarcat de Constantinople (et du Patriarche Bartholomée en particulier) de promouvoir et d'imposer des tendances et des revendications hégémoniques à toute l'Eglise orthodoxe par l’octroi du tomos d'autocéphalie à l'Eglise schismatique ukrainienne a rencontré une juste opposition de la majorité des Eglises orthodoxes, partant du fait que la structure de l'Eglise est établie par la synodalité et par la parité de toutes les Eglises orthodoxe.
Ainsi, trois mois après l'annonce de la création anticanonique de cette église qui divise, aucune Église orthodoxe n'a reconnu sa légitimité, ce qui sape le prestige et les plans du Patriarche de Constantinople.
Après les déclarations du Patriarche Jean d'Antioche et du Métropolite de Varsovie et de toute la Pologne Savva, qui dans une interview et dans des lettres au Patriarche Bartholomée ont annoncé leur refus de reconnaître l'Eglise schismatique d'Ukraine, les Eglises de Chypre et de Roumanie par leur décision synodale ont également annoncé que si la question ne se règle pas dans un avenir proche, le Patriarcat de Constantinople est tenu de convoquer un Conseil panorthodoxe pour traiter ce problème.
Nous croyons que tous les évêques orthodoxes devraient être présents à ce Concile panorthodoxe. Il devrait réunir 300 évêques de langue grecque, 700 évêques de langue slave et 700 évêques de langue arabe, chacun d'entre eux devant participer en exprimant son vote, sa parole, son point de vue. Non pas comme cela s’est produit à Kolymbari en Crète, où seuls les Primats des quatorze Églises locales avaient le droit de vote. De cette façon, les décisions  ne pourront pas être contrôlées  ou manipulées par des centres ecclésiastiques ou extra-ecclésiastiques.
L'Église serbe se prononce uniquement pour l'observance des canons sacrés.
Dans une interview au journal serbe Politika, le patriarche serbe Irénée a répondu à la question du journaliste sur le problème ukrainien et a souligné qu'il était en faveur du respect des canons sacrés.
En particulier, le premier hiérarque serbe a noté ce qui suit dans son entrevue :
"Je pense qu'il est nécessaire de répéter que nous ne sommes pas contre les Grecs, ni contre les Russes, ni pour les Grecs ou pour les Russes. L'Église serbe ne représente que l'observance des canons sacrés et de l'ordre séculaire que ces canons régissent. Cela signifie que nous défendons ceux-ci et les autres.
Bien sûr, nous soutenons les Russes et l'Église orthodoxe russe - des frères du même sang qui nous ont aidés dans des circonstances difficiles pendant des siècles. Mais, bien sûr, nous soutenons aussi le Patriarcat de Constantinople, notre Église Mère, qui nous a donné l'indépendance il y a huit siècles, et depuis lors nous avons été égaux entre autres, nous sommes comme le reste des églises autocéphales. Le patriarche de notre Église-Mère est le premier parmi ses égaux. Je suis sûr que ni l'Église orthodoxe serbe ni les autres Églises locales n'accepteront l'apparition d’un "Pape orthodoxe". S'ils l'acceptaient, ils cesseraient d'être orthodoxes.
L'Église serbe n'accepte pas et n'acceptera pas la légitimité de la scission en Ukraine comme position légitime, et en particulier elle n'acceptera pas de telles revendications si elles surviennent sur son territoire canonique. Ce que Constantinople a fait à Kiev, la mère des villes russes, du point de vue de l'Église serbe, est inexistant. L’Ukraine a sa propre Église avec le Primat légitime - le métropolite Onuphre. Nous ne connaissons pas les autres et ne voulons pas les connaître.
Le Phanar sait que l'archevêché autonome d'Ohrid avec l’évêque Jovan se soumet à l’Église orthodoxe serbe. Du point de vue des canions, du point de vue de la possibilité de sauver les croyants et d'accomplir les sacrements, cela ne soulève aucune question. Qui que soit l'homme : Serbe, Macédonien, Macédonien du Nord, Bulgare, Gitan, Grec, tous peuvent s’approcher de la Coupe du Salut. C'est pourquoi je ne vois aucun moyen de justifier une invasion du territoire canonique de l'Eglise serbe, qui deviendrait une version pseudo-spirituelle de l'"Ange miséricordieux" de l'OTAN (Opération Alliance Atlantique Nord contre la Yougoslavie en 1999).
Ces déclarations du Patriarche serbe Irinée indiquent que l‘octroi par le Phanar de l'autocéphalie à l'église schismatique de Skopje (Macédoine du Nord) est une de ses priorités immédiates.
Patriarche Bartholomée : Le Concile panorthodoxe est inutile
Dans le numéro précédent du journal Orthodox Typos, un article détaillé de M. Panagiotis Trakadas posait la question : " Pour autant que le Patriarche de Constantinople refuse (de convoquer un Concile panorthodoxe), qui le fera ? Que les Primats de Constantinople, paralysés par le Patriarche de Constantinople, répondent ! Le 1er mars, le site officiel du Patriarcat de Moscou a publié un texte dans lequel la réponse du Patriarche Bartholomée à l'appel lancé par le Patriarche d'Antioche plus tôt cette année, dans lequel il appelait à un dialogue sur l'état de l'Eglise ukrainienne avec la participation de tous les Primats orthodoxe. Le Patriarche Bartholomée, dans sa réponse, a notamment souligné ce qui suit au Patriarche Jean ((sous réserve, puisque le texte original grec n’a pas été publié) ) :
" En réponse, nous vous informons qu'après que quatre quatre Églises orthodoxes, dont votre antique Eglise, ont refusé d'assister au Saint et Grand Concile œcuménique, sans raison valable du point de vue ecclésial et théologique, ce qui est injustifiable, le Patriarcat œcuménique se croit sérieusement fondé à s’abstenir de semblable assemblée au niveau panorthodoxe. Elle serait inutile, et ne parviendrait qu’à un accord sur le fait que les participants ne sont pas d’accord entre eux.
La Grande et Sainte Église du Christ, ayant regardé avec charité et abnégation, sans  tenir compte de ses intérêts ni des pressions, n’ayant pour seul but que l'unité du peuple ukrainien et la cessation des divisions et du schisme dans une assemblée de millions de fidèles, aspirant à revenir à l'Église canonique, après avoir été injustement mantenus hors de celle-ci, a, suivant la tradition et les canons octroiyé l’autocéphalie à l’Egglise d’Ukraine..."
Combien de temps dureront le désordre et la division dans l'Église orthodoxe ?
La réponse du Patriarche Bartholomée soulève des questions importantes. Ainsi, Le Phanar observe certains canons sacrés, qui permettent d'établir l'autocéphalie des dissidents, et le reste des Églises orthodoxes – elles, " ne soutiennent que l'observance des canons sacrés et l'ordre établi par les siècles ", sur la base desquels elles n'affirment pas l'autocéphalie (comme le Patriarche serbe le souligne dans son interview) ? Combien de temps durera le désordre et la division dans l'Église orthodoxe, si le Patriarche de Constantinople ne soulève pas la question de la convocation d'un Concile panorthodoxe ? Et cela se produit lorsque le désaccord a aussi une dimension politique, parce que la déclaration du Patriarche Irinée selon laquelle si le Phanar légalise l'Église schismatique de Skopje, "elle deviendra une version pseudo-spirituelle de l'"Ange miséricordieux" de l'OTAN", implique implicitement que la politique américaine manipule le Phanar.
Grossière ingérence du gouvernement ukrainien dans la vie ecclésiale de l'Église locale.
Bien qu'à ce jour, aucune Église orthodoxe n'ait reconnu la légitimité de l'Église schismatique et que le Patriarche Bartholomée déclare que sa décision visait uniquement à unir le peuple ukrainien, il est mentionné sur le site Web de l'Église orthodoxe russe consacré à la question ukrainienne que l'ingérence grossière des autorités de l'État d'Ukraine dans la vie religieuse de l'Église locale constitue une préoccupation majeure. La publication dit que :
L'anarchie qui a été commise a conduit à une vague de violence contre le clergé et les croyants [de l’Eglise canonique].
"Le Parlement ukrainien a adopté par vote et promulgué des lois discriminatoires afin de rejeter le nom de l'Église orthodoxe ukrainienne et de légaliser la saisie des temples et monastères sacrés. D'autres droits des croyants de l'Église canonique sont également violés : son clergé est privé de la possibilité d'exercer correctement son service pastoral auprès des militaires, des responsables de l'application des lois et des prisonniers.
L'Église orthodoxe ukrainienne risque d'être privée de ses plus grands monastères et sanctuaires historiques, à savoir la Laure de Kiev-Pechersk et la Laure de Pochaïev. Dans la plupart des cas, la confiscation des temples par les communautés religieuses s'effectue contrairement aux décisions des communautés de celles-ci de rester dans l'Église canonique.
Cette anarchie a conduit à une vague de violence contre le clergé et les croyants de l'Église orthodoxe ukrainienne. Malgré les déclarations des dirigeants ukrainiens et du Patriarcat de Constantinople sur le caractère pacifique de la soi-disant "unification de l'orthodoxie ukrainienne", des dizaines de temples sacrés ont été saisis avec la participation de groupes paramilitaires, avec de nombreux cas de passage à tabac du clergé et des fidèles de l'Église canonique, qui ont tenté de protéger leurs lieux sacrés.
Le Révérend Nicodème : « Il n’a que le Christ qui soit  œcuménique. »
Saint Nicodème l’Hagiorite, dans son interprétation du 28ème canon du Quatrième Concile œcuménique, dit dans les notes concernant le titre "Œcuménique" que "ni le Patriarche de Constantinople, ni le Patriarche de Rome, ni aucun autre, sauf le Christ seul,  est le véritable Patriarche du monde entier, il Lui a été donné tout pouvoir dans le ciel et sur terre".
Il faut souligner qu'aucun acte intemporel de l'Église ne reconnaît le Patriarcat de Constantinople comme siège de l'Église Mère  en Orthodoxie, qui a la responsabilité et la mission principales de préserver l'unité des Églises locales et l'exactitude de la foi. C'est ce qu'affirment clairement les Pères de l'Église, et en particulier saint Jean Chrysostome, qui souligne que le centre de l'unité de l'Église est le Christ comme chef de l'Église, et non une Église, parce que Dieu le Père " a établi un seul Chef pour tous,  le Christ incarné. De plus, comme le soulignent les Pères, la force de cohésion entre les membres de l'Église découle principalement de la foi doctrinale commune de ses membres, où l'Esprit Saint " unit la multitude en un seul corps et fait de leurs âmes la demeure du Saint  Esprit.
Saint Nicodème, dans la même note, souligne que "l'on l'appelle œcuménique / universel parce qu'il contrôle la plus grande partie de l'univers, et parce qu'il a fait preuve de diligence et de soin pour la foi et les traditions conciliaires des Pères..."
Cependant  quel zèle et le diligence est-ce là, quand le Phanar piétine les canons sacrés, enseigne de nouveaux dogmes et considère toutes les autres Églises locales comme "nos filles spirituelles". Et, comme le divin Nicodème le conclut en mettant fin à cette question, « ce titre ne vient ni des canons conciliaires, ou des Pères, mais il a été donné au Patriarche de Constantinople par habitude ». Par conséquent, la pratique séculaire de l'Église" est interprétée comme une "habitude de l'Église", qui est révoquée à chaque fois que de nouveaux enseignements apparaissent.
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
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(Merci à B.L.C. pour la relecture et les corrections apportées à l'article)


samedi 13 avril 2019

Hiéromartyr du XXe siècle canonisé par l'Église tchécoslovaque: Saint martyr Stanislav Nasadil




L'Église des Terres tchèques et de Slovaquie célébrera la canonisation d'un hiéromartyr du XXe siècle en juin. Le nouveau martyr Stanislav Nasadil, qui a souffert et est mort dans un camp de concentration de Gospić, en Croatie, en 1941, a récemment été ajouté au calendrier de l'Eglise.

La canonisation locale du hiéromartyr aura lieu le 9 juin à la cathédrale de la Dormition et de Saint Jon le Miséricordieux à Košice, en Slovaquie. Le service sera dirigé par Sa Béatitude le Métropolite Rostislav, primat de l'Eglise orthodoxe des Pays tchèques et de Slovaquie, rapporte l'Agence de presse de la Basilique en référence au site de la Cathédrale des Saints Cyrille et Méthode à Prague.

Le nouveau martyr Stanislav sera célébré chaque année le 20 juin, jour de son repos en  martyr.

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Saint Stanislav est né le 20 octobre 1907 dans la ville de Loštice, dans l'ancienne Tchécoslovaquie.

Il a étudié la théologie en Serbie de 1923 à 1928 et a ensuite été prêtre à Lička Jesenica en Croatie. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le Père Stanislav a été l'une des milliers de victimes du mouvement séparatiste Oustachi en Croatie.

Il fut arrêté le 17 juin 1941 à Plaški, en Croatie, et tué à coups de marteau dans le camp de Gospić trois jours plus tard. Son corps fut découvert dans une fosse commune dans les grottes de Jadonovo, selon Petr Balcárek de l'Institut d'études chrétiennes byzantines et orientales.

Il a été canonisé par l'Église serbe en 1961. L'Église en Tchécoslovaquie faisait partie de l'Église orthodoxe serbe à l'époque du martyre de Stanislav.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

vendredi 12 avril 2019

Anna Stickles: CONTEXTUALISER L'AUTORITÉ DES CONSEILS ŒCUMÉNIQUES : QUELQUES RÉFLEXIONS SUR LES COMMENTAIRES DU METROPOLITE HIÉROTHÉOS



Récemment, Son Éminence le Métropolite Hiérothéos de Nafpaktos a fait le commentaire que "tous les autres Patriarcats ne portent le titre que par l'économie et le bon plaisir de Constantinople. En un sens, ce ne sont pas des Églises autocéphales pleines et complètes, car elles existent à la discrétion du Patriarcat de Constantinople et leur existence n'ont jamais été ratifiées par aucun Concile œcuménique".

Cela ne reflète pas exactement la structure d'autorité de l'Église, ni le contexte des conciles œcuméniques. La déclaration du Métropolite suppose que les décisions des conciles œcuméniques sont la plus haute autorité dans l'Église. Le Patriarche de Serbie, cependant, a plus raison d'affirmer dans sa lettre au Patriarche Bartholomée (13 août 2018) que les autocéphalies des Églises sont fondées sur des circonstances historiques et sur l'accord pan-orthodoxe de toutes les Églises, les reconnaissant comme l'autorité principale.

Le Métropolite Hiérothéos ne reconnaît pas qu'un Concile œcuménique n'a pas d'autorité propre. IL reçoit son autorité comme "œcuménique" en vertu du fait que toute l'Église l'accepte comme faisant autorité. Si toute l'Église accepte les autocéphalies actuelles comme authentiques, alors aucun Concile œcuménique n'est nécessaire. Si Constantinople veut changer ou abolir l'ordre actuel, il va à l'encontre d'un accord qui existe déjà. Ainsi, son nouvel ordre sera celui qui ne sera pas substantiel et qui n'existera pas comme "plein" sans l'approbation de toutes les autres Églises. Le Métropolite Hiérothéos inverse les choses et place le "bon plaisir" de Constantinople au-dessus du "bon plaisir" de l'ensemble. Historiquement et ecclésiologiquement, aucune partie de l'Église n'a l'autorité absolue ou le dernier mot, seulement avec l'accord de l'ensemble. Souvent le premier mot d'autorité vient d'un endroit inattendu, quelqu'un qui n'est pas immédiatement responsable (un diacre d'Alexandrie, un évêque d'Ephèse, un moine dans le désert) et puis le final est élaboré avec le temps comme quelque chose de conciliaire. La vie, l'ordre et la vérité de l'Église ne sont pas du ressort d'un seul Patriarcat ni d'un seul Concile. Constantinople a peut-être émis les différents Tomoi, mais ce sont les circonstances historiques et la reconnaissance des autres Églises qui ont pris la décision finale.

J'aimerais souligner qu'il y a deux ecclésiologies différentes qui flottent en ce moment, et que tout le monde n'a pas vraiment examiné les implications ou les sources des points de vue qu'elles défendent, alors il est bon de les mettre davantage en lumière. Le premier point de vue est ce que l'on pourrait appeler la vision institutionnelle politique de l'autorité dans l'Église. La source de ce point de vue est l'exemple du fonctionnement des organisations politiques dans le monde. Par exemple, dans le monde, l'autorité finale appartient à un président et à un congrès, ou à une cour suprême dans le domaine judiciaire, ou encore à un autocrate de quelque sorte. Ce qui est commun à tout cela, c'est que l'autorité finale repose sur un homme ou un groupe d'hommes au sommet d'une sorte de structure d'autorité artificielle.

Le point de vue politique et institutionnel de l'Église postule une telle structure d'autorité. L'autorité repose sur une structure hiérarchique-synodale panorthodoxe particulière, telle qu'un concile œcuménique ou panorthodoxe, ou dans le domaine judiciaire, elle repose sur le Patriarcat de Constantinople, ou dans l'Église catholique, elle repose sur le Pape comme autocrate. Alors que dans une nation, cela reflète la compréhension de soi-même du système juridique d'une nation, l'Église a une compréhension différente d'elle-même.

L'autre ecclésiologie comprend l'Église comme une structure spirituellement centrée sur la Christologie. L'autorité finale n'incombe pas à un évêque suprême, mais à l'esprit de l'Église dans son ensemble, qui est l'esprit du Christ. Cet esprit devient évident au fil du temps au fur et à mesure qu'une lutte se déroule pour se soumettre à la vérité de Qui le Christ est, et de Ses buts, moyens et opérations.

Qu'est-ce que cela signifie dans la vie réelle ? Eh bien, dans l'ordre des choses du monde, la décision d'un organe suprême donné est l'ordre des choses le plus élevé. Si la Cour suprême se réunit et décide de ce que la loi signifie, c'est la fin de l'histoire. Le seul recours est la soumission ou la révolution.

Cependant, l'Église n'a jamais eu de "loi suprême" - pas même les conciles panorthodoxes. Parmi les conciles panorthodoxes convoqués par les empereurs à des occasions spéciales, certains ont été rejetés comme des conciles de brigandage, et d'autres ont été acceptés comme "œcuméniques", c'est-à-dire comme exprimant la vérité universelle de l'Église. Quelle autorité a pris la décision de savoir quel concile accepter et lequel rejeter ? Qui décide quelle est la vérité universelle de l'Église ? Pas le concile lui-même. Pas d'Église locale en particulier. Au contraire, un concile n'a reçu l'autorité comme oecuménique qu'après avoir obtenu l'accord de l'Église dans son ensemble. Cet accord est le fruit d'une démarche organique et non institutionnelle.  Comme le note saint Justin Popovitch, l'Église est un organisme divino-humain, et non une institution humaine.

Il convient également de noter que les décisions d'un Concile œcuménique ne sont pas rendues définitives par les conciles ultérieurs, mais que les conciles ultérieurs ne font que confirmer ce qui est déjà reconnu et accepté.

Le terme "Theotokos" est-il devenu un terme faisant autorité pour la Vierge seulement après avoir été confirmé au concile ? Ou bien était-ce d'abord l'autorité par l'usage traditionnel et l'accord général, et le concile l'a simplement reconnu au milieu de la confusion créée par Nestorius? De même avec les canons. La vie disciplinaire de l'Église n'est pas propagée par les conciles comme une sorte de précédent juridique. La vie disciplinaire de l'Église fait plutôt partie de sa vie pastorale et pratique fondatrice, et les canons disciplinaires sont présentés comme des réponses à des situations historiques particulières afin d'aider à maintenir cette vie droite et en ordre. Contrairement à une cour suprême ou à une décision du Congrès, les Conciles ne sont pas une source de législation, mais plutôt un centre de vérité autour duquel des éclaircissements peuvent être apportés en pleine confusion.

Dans l'Église, il y a de la place pour que le Christ agisse. Il n'y a pas une seule source politique suprême d'autorité pour créer l'ordre, mais plutôt l'ordre du Christ en tant que Logos est la base de la vie de l'Église Son ordre construit dans la création et qui trouve sa plus parfaite expression dans les saints, et qui est une présence active et vivante dans la vie de l'Église. Dans l'Église, cet ordre n'est pas promulgué comme une loi faite par un homme, mais il est reconnu et soumis comme venant du Christ et par le Christ. Il y a une reconnaissance mutuelle du Christ en chacun et en tous - des personnes qui reconnaissent le Christ dans les évêques et qui leur obéissent, et des évêques qui reconnaissent le Christ les uns dans les autres, et de tous qui reconnaissent l'exemple et l'enseignement que le Christ et les saints nous ont laissé sur ce que nous sommes comme Ecclesia.

Les circonstances historiques font aussi partie de l'autorité providentielle de Dieu qui intervient dans l'ordre administratif de l'Église. Constantinople a été élevé au second rang contre la volonté de Rome, mais cet ordre a finalement été accepté comme faisant partie des circonstances historiques. Les différents changements de frontières, la perte et la réinstitution des autocéphalies ont été, dans une large mesure, motivés par les circonstances politiques. L'Église fait ce qu'elle peut pour assurer à la fois la stabilité et la flexibilité afin qu'elle puisse mieux vivre son dessein de sanctifier les peuples parmi lesquels elle demeure. Mais cette compréhension pastorale et spirituelle de l'organisation de l'Église est très différente d'une compréhension politique de son organisation.

L'objectif d'une organisation politique est l'auto-préservation et l'augmentation de son propre pouvoir. Elle s'organise pour promouvoir cet objectif, et cette auto-conservation est comprise en termes de certains pouvoirs matériels, de structures et de ressources. Le but de l'Église est de réaliser la déification de l'humanité et, en fin de compte, de toute la création. Elle s'organise de manière à atteindre cet objectif. Ainsi, une partie de ce qui détermine l'organisation de l'Église est l'économie divine.

L'économie n'est pas simplement une sorte de condescendance de la part d'une autorité à l'égard de ceux qui sont inférieurs. L'économie est plutôt la bonne gestion domestique de Dieu pour réaliser le salut de l'humanité. Elle opère dans le cadre et en dépit de l'évolution de la situation politique. La flexibilité de cette économie est démontrée par la façon dont l'Église russe s'est épanouie spirituellement, même lorsque les tsars ont aboli le Patriarcat en faisant une Église synodale, et elle a continué à produire des saints lorsque les communistes ont aboli toute la structure hiérarchique du pouvoir. Cette économie a fonctionné même sous les manières contre nature des Ottomans de mettre en place et de se débarrasser de divers patriarches. La sainteté y vivait encore et s'y épanouissait. Aucune structure administrative n'est absolue dans la vie de l'Église. Au contraire, il y a toujours un ajustement aux circonstances, bonnes ou mauvaises, dans lesquelles l'Église se trouve. Ce qui est cohérent, ce n'est pas une structure institutionnelle-administrative ou une source d'autorité, mais plutôt un certain mode de vie dans le Christ. C'est le manque de connaissance de cette Voie qui peut causer tant de confusion.


En résumé, nous pouvons dire que les Églises autocéphales actuelles existent à la discrétion et au bon plaisir du Christ. Leur existence a été réalisée sous la providence de Dieu en raison de circonstances historiques. Elles existent selon l'économie de Dieu - selon Sa décision qui est la meilleure façon de témoigner et d'apporter le salut pour ceux qui sont sous Sa garde. 

L'action du Patriarcat de Constantinople a joué un rôle de premier plan dans ce soin. Cependant, les nouvelles Églises autocéphales n'existent pas seulement selon le bon plaisir et la reconnaissance de Constantinople, mais aussi selon le bon plaisir et la reconnaissance mutuelle les unes envers les autres. Ces trois éléments : les circonstances historiques, la reconnaissance mutuelle et le leadership de Constantinople sont à l'origine de la situation actuelle. Si Constantinople retire son approbation, cela n'invalide pas l'existence d'une Église autocéphale, mais met simplement les choses dans une situation confuse comme un tabouret à trois jambes avec une jambe cassée qui n'est plus stable. Un concile n'est pas nécessaire pour approuver ce qui existe déjà et qui fait l'objet d'un accord, et il n'y a aucune contestation à ce sujet. Un concile n'est nécessaire que lorsqu'il y a confusion, et alors le travail du concile est d'identifier et de retenir la source de la confusion, en protégeant le bon ordre et la vérité de l'Église.

Je peux sympathiser avec le Métropolite. Il ne fait aucun doute que Constantinople pourrait faire beaucoup de ravages dans l'Église grecque et c'est peut-être ce que le Métropolite Hiérothéos essaie de dire. Il craint que si son Eglise ne coopère pas, le Patriarcat de Constantinople puisse même décider de révoquer son Tomos. 

Gardons nos frères et sœurs grecs dans la prière, car trop de pression s'exerce sur eux, et espérons aussi que Dieu les guidera. Je suis le premier à admettre que je ne comprends pas les tenants et aboutissants des luttes internes qui s'y déroulent. Mais en fin de compte, le Christ soutiendra ceux qui luttent vers Lui, et il gardera tous ceux qui sont à Lui.

Version française  Claude Lopez-Ginisty
d'après

jeudi 11 avril 2019

Sur Orthodox England: L'Église schismatique en Ukraine tombe dans l'hérésie



En dépit du fait qu'en janvier, la nouvelle " Très Sainte Eglise en Ukraine ", parrainée par le Phanar, s'est vue expressément interdire d'ouvrir des églises en dehors de l'Ukraine, elle a maintenant ouvert une église en Slovénie. 

Son premier culte a eu lieu le 31 mars dans l'église catholique de St Urch près de Ljubljana. Le service a été concélébré par un prêtre catholique, Alesh Tomasevic, et un " prêtre " ukrainien appelé Vasily Kuchirka. 

Pour autant que nous le sachions, c'est la première fois que le groupe ukrainien concélèbre avec des catholiques, bien qu'il ait mentionné l'avoir fait dès sa fondation en janvier de cette année. Bien entendu, cela compromet encore davantage le Patriarcat de Constantinople, jadis respecté aux yeux du monde orthodoxe.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
et

Serge Govoroun : INDULGENCES DANS L'HISTOIRE DE L'ÉGLISE GRECQUE

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En ces temps d'actions délétères du Patriarcat d'Istanbul, et du fait de son comportement de plus en plus papal, il se peut que cette pratique contestable revienne au goût du jour pour renflouer les caisses patriarcales!
Pour les lecteurs désirant une autre étude plus complète (en anglais)  de cette aberration inspirée par Rome, est disponible en ligne sur internet: lancer une recherche avec le titre suivant: 



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Aux XVIe-XVIIIe siècles, l'Église grecque, bien que limitée dans ses contacts avec le monde extérieur jusqu'aux frontières de l'Empire ottoman, subit une grande influence du christianisme occidental - plus grande que l'Église russe. Ici, la propagande catholique travailla plus efficacement, surtout avec la fondation en 1622 de la Sacrée Congrégation de la Propagande de la Foi, car tant les érudits grecs que les théologiens avaient des contacts croissants avec l'Occident et la plupart d'entre eux y étudiaient. Ces facteurs et d'autres conduisirent l'Église grecque en grande partie à subir une métamorphose occidentale, selon l'expression du Père George Florovsky.
Une des manifestations d'une telle métamorphose fut l'introduction de la vente des indulgences chrétiennes dans la pratique de l'Église grecque[1]. Il s'agissait de véritables indulgences : des certificats qui absolvaient les péchés, que n'importe qui pouvait obtenir, souvent pour une certaine somme d'argent. L'absolution accordée par ces documents, selon Christos Yannaras, n'avait aucun rapport avec la participation des fidèles au Mystère de la Pénitence, ni au Mystère de l'Eucharistie[2].

Il est difficile de déterminer quand les Grecs vivant sous le joug turc commencèrent à utiliser des indulgences. Elles étaient assez répandues au XVIe siècle. Au début du XVIIIe siècle, le Patriarche de Jérusalem, Dosithée Notaras, écrit des indulgences selon une tradition ancienne et bien connue. "Nous avons la coutume et l'ancienne tradition, qui est connue de tous, que les très saints Patriarches donnent aux gens de l'Église un certificat pour l'absolution de leurs péchés (Sinhorohartion)"[3].

La pratique des indulgences, qui existait au début officieusement, fut officiellement confirmée par le Concile de Constantinople en 1727. Ce Concile fut appelé en réponse à la propagande latine croissante, qui se répandait principalement en Syrie, en Mésopotamie, en Palestine et en Égypte, et c’était également la suite du Concile de Constantinople de 1722.4] Ce Concile publia "La Confession de Foi"[5], dont le texte fut compilé par le Patriarche de Jérusalem Chrysanthe (+ 1731), et signé par ces patriarches : Païssi II de Constantinople, Sylvestre d'Antioche, et Chrysanthe de Jérusalem, ainsi que les hiérarques situés à cette époque à Constantinople et participant au Concile

Ainsi, dans la 13e clause du document, il est dit : "La puissance du pardon des péchés, que l'Église orientale du Christ appelle "certificats d'absolution" lorsqu'ils sont donnés par écrit, mais par les Latins [id est par les catholiques] "indulgences", est donnée à la Sainte Église par le Christ. Ces certificats d'absolution sont délivrés dans toute l'Église catholique par les quatre très saints Patriarches: Constantinople, Alexandrie, Antioche et Jérusalem"[6].

Comme on le voit dans les deux sélections, du Patriarche Dosithée et du Concile Constantinopolitain, la délivrance des indulgences était liée au pouvoir des Patriarches orthodoxes. L'attribution aux Patriarches (et seulement à eux, comme on peut le voir dans le texte de la "Confession") du pouvoir de pardonner les péchés et de délivrer des certificats spéciaux était une déformation des rudiments de l'ancienne institution de la Pentarchie, qui fut formulée après le IVe Concile œcuménique et subit une crise indubitable à l'époque du gouvernement turc et de la diffusion de l'influence latine. Dans la conscience des Grecs de l'époque, qui s'étaient alors habitués aux stéréotypes occidentaux, le pouvoir des patriarches orthodoxes était en grande partie associé au pouvoir du Pape romain.

Dans leur polémique avec la latinité, les Grecs n'ont pas tant mis en doute le phénomène des indulgences, mais plutôt le fait que les Papes romains s'attribuaient exclusivement à eux-mêmes ce droit de pardonner les péchés.  Ainsi, dans la 13e clause de la confession du Concile, il est dit, "dire que le pouvoir de délivrer (les indulgences) est possédé uniquement par le Pape de Rome, est un pur mensonge"[7].

Il est remarquable que même un théologien et expert de la tradition canonique de l'Église comme le Vénérable Nicodème de la Sainte Montagne ne se soit pas seulement opposé à la pratique des indulgences, mais y ait participé. Ainsi, dans sa lettre à Païssi, évêque de Stagonas, qui vivait alors à Constantinople, datée d'avril 1806, il lui demande d'obtenir un certificat d'absolution au Patriarcat pour un moine "vivant", également appelé Nicodème, et de le lui envoyer. Il lui promet qu'il lui enverra l'argent nécessaire pour acheter le certificat dès qu'il saura combien il en coûtera[8].

Les indulgences comme moyen d'enrichissement ont été condamnées au Concile de Constantinople en 1838. Ce Concile, comme le Concile de l'année 1727, était consacré à l'extermination des dogmes et usages latins. Son thème principal était l'Uniatisme. Une encyclique, publiée par le Concile, fut signée par le Patriarche de Constantinople, Grégoire VI et le Patriarche de Jérusalem, Athanase, ainsi que par onze responsables du Synode Constantinopolitain. Le texte fut également envoyé aux Patriarches absents, Hiérothée d'Alexandrie et Méthode d'Antioche[9].

Dans la neuvième clause de l'encyclique, on condamne "l'usage horrible et inouï d'un usage maléfique, provenant de l'arrogance, par lequel les évêques de Rome utilisent les articles les plus sacrés et les plus impressionnants de la sainte foi chrétienne comme moyen de recueillir des fonds"[10] La seule chose à laquelle cette condamnation s'attaque est la prise d'argent pour la réparation des péchés, même seulement dans les années Jubilaires.
L'existence d'indulgences en soi, une fois de plus, ne fait pas l'objet d'une évaluation théologique nécessaire par un Concile. De même, dans cette encyclique, la pratique de l'Église grecque, analogue à celle condamnée par le Concile, n'est ni mentionnée ni condamnée. En outre, il était difficile, même pour les décisions du Concile, d'éliminer une pratique aussi enracinée dans la population. L'enracinement populaire de cette pratique est attesté par le fait que les "certificats d'absolution" ont duré en Grèce jusqu'au milieu du XXe siècle[11].

Version française Claude Lopez-Ginisty
d’après

NOTES :
1] Il existe une étude spéciale à ce sujet de Philip Ilios : Sygkhorokhartia : The History, Athènes, vol. 1 (1983) pp. 35-84, vol. 3 (1985), pp. 3-44. Voir également Chr. Yannaras, Orthodoxia kai Dysi sti Neoteri Ellada (L'orthodoxie et l'Occident dans la Grèce des temps les plus récents).

2] Christos Yannaras. Op. cit. 31996, p. 150

3] A. Papadopoulos-Kerameus, Symvolai eis tin istorian tis arkhiepiskopis tou orous Sina (Towards a History of the Archbishopric of Sinan). Saint-Pétersbourg, 1908. p. 133.

4] Pour le texte de l'encyclique publiée par le Concile de 1722, voir I. Karmiris : Ta Dogmatika kai Symvolika mnimeia tis Orthodoxou Katholikis Ekklisias (Les monuments dogmatiques et symboliques de l'Église catholique orthodoxe) Graz, Autriche, 21968, pages 822-859

5]I. Karmiris. Op. cit. 21968, pp. 861-870

6] I. Karmiris. Op.cit, 21968, pp.867-868.

7] I. Karmiris. Op.cit. 21968, p. 868

8] Philip Ilios : Sygchorochartia // Ta istorika, Athènes. Vol. 3 (1985), 22-23.

9] Son texte a été publié dans : I. Karmiris, op. cit. p. 894 à 902.

10] I. Karmiris. Op. cit. p. 898.

Ainsi, par exemple, Philip Ilios produit une indulgence datée de 1955 !

Serge Halimi & Pierre Rimbert: Le plus gros bobard de la fin du XXe siècle

Il y a vingt ans, le 24 mars 1999, treize États membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), dont les États-Unis, la France et l’Allemagne, bombardaient la République fédérale de Yougoslavie. Cette guerre dura soixante-dix-huit jours et se nourrit de bobards médiatiques destinés à aligner l’opinion des populations occidentales sur celle des états-majors. Les Serbes commettent un « génocide », « jouent au football avec des têtes coupées, dépècent des cadavres, arrachent les fœtus des femmes enceintes tuées et les font griller », prétendit le ministre de la défense allemand, le social-démocrate Rudolf Scharping, dont les propos furent repris par les médias ; ils ont tué « de 100 000 à 500 000 personnes » (TF1, 20 avril 1999), incinéré leurs victimes dans des « fourneaux, du genre de ceux utilisés à Auschwitz » (The Daily Mirror, 7 juillet). Une à une, ces fausses informations seront taillées en pièces — mais après la fin du conflit —, notamment par l’enquête du journaliste américain Daniel Pearl (The Wall Street Journal, 31 décembre 1999). Tout comme se dégonflera l’une des plus retentissantes manipulations de la fin du XXe siècle : le plan Potkova (« fer à cheval »), un document censé prouver que les Serbes avaient programmé l’« épuration ethnique »du Kosovo. Sa diffusion par l’Allemagne, en avril 1999, servit de prétexte à l’intensification des bombardements. Loin d’être des internautes paranoïaques, les principaux désinformateurs furent les gouvernements occidentaux, l’OTAN ainsi que les organes de presse les plus respectés (1).

mercredi 10 avril 2019

Staritza Marie Madeleine [Le Beller] Ermite du Sinaï ( +2013)


La très vénérable staritza, Marie Madeleine La Beller, connue dans le monde sous le nom de Marie Madeleine Le Beller, venait de Paris et elle alla en pèlerinage en Terre Sainte et fut baptisée chrétienne orthodoxe en 1986 au Jourdain, quand elle avait quarante ans. Là, elle pria saint Jean Climaque, pour qu'il lui montre le chemin de son salut et le lieu de sa vie solitaire de dévouement total à Dieu. Elle se rendit dans le désert du Sinaï, et vécut près de la grotte de saint Jean Climaque dans la vallée de Tholas (Wadi Et-Tlah) à environ 8 km du monastère Sainte Catherine au pied du mont Sinaï (à environ 100 minutes de marche du monastère).

Pendant les six premiers mois au Sinaï, Marie-Madeleine dormit dehors parmi les énormes rochers et les pierres, n'ayant qu'un sac de couchage, avec pour seuls compagnons, des scorpions et des serpents venimeux. Beaucoup la considéraient comme une femme folle et délirante. Elle avait vendu sa maison à Paris et acheté un terrain à un bédouin juste en dessous de la grotte de saint Jean-Climaque. Il y avait déjà un caroubier et un puits. Elle construisit cinq cellules, une petite chapelle sur le rocher, planta des oliviers et quelques pommiers, une vigne, un jardin, et construisit une petite citerne. Elle construisit aussi un mur tout autour. En ce lieu, Marie-Madeleine mena une vie simple, s'occupant de son jardin, fabriquant des chapelets de prière, et plus tard dans sa vie, elle s'occupa à faire des sculptures sur bois qu'elle utilisait pour décorer d'icônes sa chapelle. Au début, elle allait au monastère tous les dimanches, mais plus tard, elle y allait tous les quinze jours et les grands jours de fête pour recevoir la Sainte Communion.


Quelques pères du monastère de Sainte Catherine eurent pitié d'elle et la protégèrent, mais beaucoup la rejetèrent et lui rendirent la vie difficile. Un jour, ils interdirent au Père Pavlos d'accepter sa confession et ne lui permirent pas d'avoir l'hospitalité gratuite au foyer pour femmes. Elle avait une foi profonde et se souvenait de la bénédiction d'être là qu'elle avait reçue du staretz Sophrony, de saint Porphyrios et de Matoushka Loubouska la folle-en-Christ de Saint Petersbourg. Il semble que les Pères qui ne l'aimaient pas pensaient qu'elle ne devait pas vivre seule dans le désert, et qu'elle aurait dû rester au monastère féminin de Faran, où elle aurait dû d'abord vivre au moins un an et demi en obéissance. Saint Païssios l'Athonite, lors de sa dernière visite au Sinaï, lorsqu'il visita le monastère de Faran, donna à la moniale Marie-Madeleine sa bénédiction pour vivre dans le désert après l'avoir examinée et avoir béni sa règle de prière.


Elle allait à Jérusalem toutes les semaines saintes et les semaines lumineuses, puis retournait dans sa cellule du Sinaï. Après la Pâque de 2009, elle ne se rendit plus à Jérusalem.

Le 18 novembre 2012, un dimanche, elle se rendit en Crète pour être examinée à l'hôpital Venizelos, et on lui diagnostiqua un cancer avancé de l'intestin.

De là, elle se rendit à Moscou où elle connut l'évêque qui supervisait l'hôpital de l'Église russe. Là, ils firent des examens médicaux prolongés et lui demandèrent de subir une chirurgie et une chimiothérapie dans le plus grand centre médical contre le cancer en Russie. Mais elle n'accepta pas, désirant mourir dans sa skite bien-aimée. Elle se rendit à l'ermitage de Saint Séraphim de Sarov, se lava à la source [miraculeuse du saint], et prit un grand courage.



Elle retourna au Sinaï via l'Italie, où elle visita l'église Saint-Nicolas à Bari, où elle rencontra une femme russe nommée Euphrosyne, à qui elle demanda de s'occuper d'elle au Sinaï. Euphrosyne répondit positivement et l'accompagna au Sinaï, où elle s'occupa gracieusement de la staritza jusqu'à la fin. Euphrosyne était un don de Dieu parce qu'elle ne parlait que le russe, que Marie parlait et comprenait à peine. Mais elles eurent une excellente coopération et elle fut une bonne gardienne pour elle (pendant une dizaine de mois), gagnant l'amour et le respect des Pères.



Après Pâques de 2013, Marie pouvait à peine bouger, encore moins aller au monastère, mais elle portait la croix de sa maladie douloureuse avec beaucoup de courage et de patience, sans assistance médicale ni soins hospitaliers.

Le 12 décembre 2013, un jeudi, à 13 heures, la Sœur Marie reposa dans le Seigneur dans sa cellule, près de la grotte de saint Jean Climaque. Le Père Pavlos du Sinaï se précipita vers elle et servit une Divine Liturgie dans sa skite pour la communier avant son bienheureux repos en Christ.



Le lendemain, après que le Père Pavlos eut servi une autre Divine Liturgie, ils firent amener son corps à l'hôpital local pour confirmer sa mort. Elle y resta en chambre froide jusqu'à la délivrance d'un permis d'inhumation par le consulat de France. Puis une chose étrange se produisit, qui suscita l'admiration de ceux qui étaient là. Une tempête de neige s'abattit couvrant la région sous la neige blanche. Le monastère envoya donc quatorze ouvriers, tous chrétiens coptes, pour transporter son corps sur le terrain accidenté au milieu d'un blizzard jusqu'à sa skite. Bien qu'il faille deux heures pour atteindre sa skite depuis l'autoroute (ce qui, dans des conditions normales, prendrait une heure), lorsqu'ils soulevèrent sa relique sacrée, il ne leur a fallu que 45 minutes pour parcourir la même distance, et un flocon de neige ne les toucha même jamais. Lorsque son corps fut placé dans la voiture, quelques minutes plus tard, la tempête de neige recommença.



La permission de l'enterrer fut donnée dans la nuit du 17 décembre 2013. Elle fut enterrée le lendemain, un mercredi, au cimetière du monastère féminin du prophète Moïse à Faran, selon la volonté des Pères du monastère de Sainte Catherine, même si son désir était d'être enterrée à sa skite. Personne qui lui était cher ou proche d'elle np'assista à son ensevelissement si ce n'est
Euphrosyne, qui l'avait servie avec beaucoup d'abnégation. Une obstétricienne allemande qu'elle connaissait changea ses vêtements pour l'enterrement et resta debout toute la nuit pour lire le Psautier sur son corps, mais elle partit pour Jérusalem avant les funérailles.

L'archevêque Damianos du Sinaï et les hiéromoines Michael et Eugenios célébrèrent les funérailles, avec quatre moniales du monastère de Faran.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après