"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

dimanche 26 avril 2026

DIMANCHE DES FEMMES MYRRHOPHORES




Aujourd’hui, nous commémorons les femmes myrrhophores : sainte Marie-Madeleine, Marie, épouse de Cléopas, Jeanne, Salomé, mère des fils de Zébédée, Susanne, Marie et Marthe, sœurs de Lazare, et Marie, mère de l’apôtre Jacques. Nous nous souvenons également du juste Joseph d’Arimathée et de Nicodème. Le troisième dimanche de Pâques, on commémore sainte Tamara de Géorgie, dont la fête est également célébrée le 14 mai (1er mai selon l’ancien calendrier).

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La lecture des Actes des Apôtres d’aujourd’hui relate la nomination des sept diacres (Actes 6, 1-7). Alors que la communauté chrétienne s’efforçait de faire preuve d’unité d’esprit et de volonté, des tensions internes avaient surgi. De nombreux Juifs de la diaspora exprimaient leur mécontentement. Certaines traductions les appellent « Grecs », d’autres « Hellénistes ». La culture et la langue de la Méditerranée orientale étaient grecques et ces Juifs avaient assimilé des éléments de cette culture, mais ils se sentaient désavantagés par le fossé culturel qui les séparait des Juifs palestiniens qui, vivant sur leur terre natale, parlaient l’hébreu ou l’araméen. Les veuves, qui dépendaient de la communauté pour leur subsistance, se sentaient négligées. Cela n’était peut-être pas délibéré, mais résultait probablement d’un manque de planification adéquate pour faire face au nombre sans cesse croissant de ceux qui croyaient au Seigneur.

Icône des apôtres


Les apôtres prirent donc des mesures pour résoudre ce problème avant qu’il ne porte atteinte de manière durable à l’harmonie de la communauté chrétienne. Leur proposition fut accueillie avec enthousiasme et les sept premiers diacres furent ordonnés. Étienne, premier martyr du Christ, et Philippe sont sans doute les plus connus. Prochore, le scribe, devint un compagnon de saint Jean le Théologien. Nicanor fut martyrisé par les Juifs le même jour qu’Étienne. Timon, qui devint évêque en Arabie, mourut également en martyr, tout comme Parmenas. Nicolas, le prosélyte d’Antioche, fut peut-être choisi pour satisfaire les Hellénistes, mais son nom ne figure pas dans la liste des saints. 


La lecture de l’Évangile (Marc 15, 43 – 16, 8) nous ramène au Vendredi saint, jour de la crucifixion du Christ. On nous dit que saint Joseph d’Arimathie était conseiller, ce qui signifie qu’il était un fonctionnaire occupant une charge officielle. Homme pieux et honorable, il reconnut le Christ comme Dieu incarné. Il prit donc l’initiative audacieuse de se rendre auprès du gouverneur romain, Ponce Pilate, et de demander le corps de Jésus afin de lui offrir une sépulture décente et digne. Des personnes ayant un statut social plus élevé que Joseph avaient été responsables de la crucifixion. En prenant cette initiative, Joseph risquait donc sa réputation et son statut, car il serait considéré comme l’ami et le disciple d’une personne condamnée à mort comme criminel de droit commun. Malgré cela, il était déterminé à faire ce qu’il savait être juste, quel qu’en soit le prix à payer sur le plan personnel. 

C’est une leçon pour nous tous. Nous devrions toujours chercher à faire ce qui est juste ; nous devrions être prêts à prendre position et à défendre la Vérité, même si cela nous vaut l’hostilité de ceux qui occupent des postes d’autorité dans ce monde.

Il y avait une certaine urgence à procéder à cette mise au tombeau, car le sabbat approchait. Les préparatifs furent donc effectués à la hâte et le tombeau fut fermé. 

Une fois le sabbat terminé, Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques, et Salomé se rendirent au tombeau avec de la myrrhe, des aromates et tout le nécessaire pour accomplir le rituel de préparation du corps, afin de le préserver de la décomposition. Alors qu’elles s’approchaient du lieu de sépulture, une pensée leur vint : « Mais comment allons-nous ouvrir le tombeau, puisqu’un gros rocher en barre l’entrée ? » Elles furent stupéfaites de trouver le tombeau déjà ouvert. 

L’Évangile de Marc nous dit que les femmes rencontrèrent un jeune homme vêtu de blanc, bien que Matthieu l’appelle un ange et que Luc et Jean, dans leurs Évangiles, mentionnent deux anges. Les femmes étaient stupéfaites et effrayées. Le Christ avait préparé les gens à accepter l’idée de la résurrection d’entre les morts. Ils en avaient vu des exemples : la fille de Jaïre, le fils de la veuve de Naïn, ainsi que Lazare, le frère de Marie et Marthe, tous ressuscités d’entre les morts. Pourtant, les femmes étaient submergées par la peur et l’émotion.

L'Évangile ne précise pas si elles comprenaient la portée des événements extraordinaires dont elles étaient témoins, ni si elles avaient peur parce qu'elles étaient désorientées. L’ange dit aux femmes d’aller raconter ce qu’elles avaient vu aux disciples et à Pierre. Saint Pierre est spécifiquement mentionné parce qu’il avait renié le Christ. Dans son remords, il devait se demander s’il serait rejeté comme indigne. Ce message avait pour but de le rassurer et de lui faire savoir que son repentir l’avait sauvé, contrairement à Judas qui ne pouvait pas, ou ne voulait pas, se repentir.

Un thème commence à se dessiner. Servir le Christ d’abord, ensuite et toujours. Rien n’est plus important que cela. Dans le Synaxaire, nous trouvons ce qui suit : … après l’ensevelissement du Corps du Seigneur, Joseph fut jeté dans un cachot par les Juifs, mais il en fut délivré par la puissance divine et se rendit dans sa ville natale, Arimathée. Le Christ ressuscité lui apparut alors qu’il était encore enchaîné, et lui confirma d’une manière particulière le mystère de la Résurrection. Bien qu’il ait beaucoup souffert aux mains des Juifs, il ne voulut pourtant pas garder le silence sur ce mystère et osa le proclamer aux yeux de tous. 

De même, les femmes se rendirent au sépulcre par respect et par amour pour le Seigneur. Elles étaient nerveuses car elles rendaient hommage à la victime de la crucifixion, le châtiment le plus dégradant et le plus humiliant réservé aux pires criminels. Les femmes risquaient d’être raillées, voire maltraitées physiquement ou agressées, mais elles ne se laissèrent pas décourager. 

Tropaire Ron 2 

Lorsque Tu es descendu dans la mort, ô Vie immortelle, Tu as alors vaincu l’Hadès par l’éclat de Ta divinité ; et lorsque Tu as ressuscité les morts des profondeurs les plus abyssales, toutes les armées célestes ont crié à haute voix : « Ô Christ notre Dieu, Donateur de vie, gloire à Toi. » 

Dans l’ode 5 du Canon, nous lisons :

Célébrant la mémoire des pieuses myrrhophores et de tous Tes disciples, nous Te chantons, ô Christ, à la lumière de Ta résurrection.

Honorons comme il se doit le noble Joseph, qui a descendu le Corps du Seigneur de l’Arbre et l’ensevelit fidèlement.

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Sainte Tamara


Sainte Tamara était la fille du roi Georges III de Géorgie. Elle naquit en 1166. Le roi mourut en 1184 sans héritier mâle. La noblesse reconnut Tamara comme souveraine de Géorgie et elle fut intronisée à l’âge de dix-huit ans. Son mariage avec Davit-Soslan, fils du souverain ossète qui était descendant du roi Georges Ier, assura la dynastie des Bagration. La Géorgie était une nation chrétienne résistant à l’avancée de l’islam. En 1195, une campagne militaire contre la Géorgie fut planifiée par Abu Bakr d’Azerbaïdjan persan. La pieuse et noble Tamara, en plus de l’appel aux armes, sollicita l’aide de l’Église pour célébrer des vigiles et des liturgies en faveur de la défense du royaume. Elle ordonna également la distribution d’aumônes au peuple afin qu’il puisse quitter son travail quotidien pour prier. La reine exhorta les soldats à faire confiance à Dieu et à placer toute leur espérance dans la Croix du Christ et la Très Sainte Mère de Dieu.

Tamara elle-même veilla sans relâche devant l'icône de la Théotokos jusqu'à ce que parvienne la nouvelle de la victoire des forces géorgiennes. C'est ainsi que la pieuse reine conduisit la Géorgie à la victoire par la force de ses prières. C'est ainsi que la Géorgie devint un grand bastion du christianisme, défendant toute cette région contre l'agression turque. Tamara, qui alliait un mode de vie d'ascétisme strict à ses devoirs mondains, fonda de nombreuses églises et monastères sur les territoires géorgiens, en Terre Sainte, au Mont Athos, au Sinaï et dans bien d'autres lieux. Outre les généreuses dotations qu’elle accorda à l’Église, elle mit également à profit ses talents de couturière pour confectionner des vêtements liturgiques afin d’embellir le culte de Dieu. Épuisée par des années de labeur incessant, de jeûne et d’un leadership inspirant, la santé de Tamara finit par en pâtir. Sachant ainsi que sa vie terrestre touchait à sa fin, elle se tourna en prière vers l’icône du Christ et de la Sainte Croix : « Seigneur Jésus-Christ ! Maître tout-puissant du ciel et de la terre ! À Toi je remets la nation et le peuple qui m’ont été confiés et rachetés par Ton Précieux Sang, les enfants que Tu m’as accordés, et à Toi je remets mon âme, ô Seigneur ! »

Il convient d’ajouter une précision à ce qui précède. Le 1er mai 1911, jour où l’on célèbre sainte Tamara dans le calendrier des saints, fut annoncé le fiançailles de la princesse Tatiana, petite-fille du tsar Nicolas Ier de Russie, et du prince Konstantine Bagration-Mukhransky de Géorgie. Ils se marièrent et eurent deux enfants, un garçon et une fille. Malheureusement, Constantin fut tué pendant la Première Guerre mondiale. Plus tard, devenue veuve, en 1946, Tatiana fut tonsurée comme moniale et reçut le nom monastique de Tamara. (Sainte Tamara était une ancêtre de son défunt mari.) Finalement, en 1951, Matouchka Tamara devint higoumène du couvent du Mont des Oliviers à Jérusalem. 


Higoumène Tamara




Lors d'un pèlerinage à Jérusalem vers 1970, Marie, notre fondatrice, reçut un tchotki [chapelet] de couleur cerise de la part de l'higoumène Tamara. Il se trouve aujourd'hui dans la vitrine du hall du collège. L'higoumène, dame très gracieuse, s'éteignit le jour de la fête de la Dormition de la Mère de Dieu en 1979.


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après


On a proposé à la communauté de l'Eglise orthodoxe ukrainienne [UOC canonique] en Transcarpathie de rejoindre l'UGCC [ uniate!!!]après qu'elle ait refusé de rejoindre "l'église" orthodoxe d'Ukraine [schismatique]


Dans le village transcarpathique de Pasika, un militant public et militaire, Mykhailo Choknadiy, a appelé les fidèles de la communauté St. Michel de l'Église orthodoxe ukrainienne (UOC canonique) à se transférer à l'UGCC [uniate!]. Cette initiative a été exprimée après que la communauté locale ait déjà voté deux fois officiellement contre le transfert à la juridiction de l'OCU [schismatique].

Choknadiy a proposé d'inclure l'option de transfert à l'Uniatime sur le programme de vote, arguant que c'était dû à l'origine historique de l'église locale. Selon l'activiste, l'église de St. Michel a été construite à l'origine comme une église uniate, et le retour à « l'église des ancêtres » serait une étape logique en cas de réticence à rejoindre l'OCU. Cependant, les représentants de l'UOC ont refusé d'examiner cette proposition, insistant sur le maintien du statut canonique actuel.

L'initiative de Choknadiy a suscité de vives critiques de la part des résidents locaux sur les médias sociaux. Les utilisateurs ont accusé l'activiste d'essayer de semer la discorde parmi les Ukrainiens et ont remis en question la sincérité de ses motivations religieuses. En particulier, il y a eu des commentaires selon lesquels de telles actions jouent entre les mains de forces extérieures, divisant la société en croyants « bons et mauvais ».

Il convient de noter que la situation à Pasika reste tendue, car il s'agissait de la deuxième tentative infructueuse des partisans de l'OCU de transférer la paroisse locale sous leur juridiction. Malgré la pression, l'écrasante majorité des paroissiens a réaffirmé leur réticence à quitter l'Eglise orthodoxe ukrainienne canonique lors du deuxième vote.


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

RASKOLAM


samedi 25 avril 2026

Le Christ est contemporain de tous les siècles

St. Irénée de Lyon

Dans Ta bonté, ô Dieu, tu subviens aux besoins des pauvres. Le Seigneur donnera Sa parole à ceux qui proclament l’Évangile avec une grande puissance, Lui qui est le Roi des armées des bien-aimés. 
Psaume 67, 11-13

« Le Christ n’est pas venu seulement pour ceux qui croyaient en Lui à l’époque de Tibère César… mais pour tous ceux qui, depuis le commencement, selon leurs capacités, dans leur génération, ont craint et aimé Dieu, ont pratiqué la justice et la piété envers leur prochain, et ont ardemment désiré voir le Christ et entendre Sa voix. » - Saint Irénée, 'Adversus Haereses (Contre les Hérésies)

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

NOTICE SUR SAINT IRÉNÉE.

Saint Irénée vint au monde au commencement de l’empire d’Adrien, vers l’an 120 de Jésus-Christ. Ses parents, qui sans doute étaient chrétiens, le mirent encore enfant sous la conduite de saint Polycarpe, évêque de Smyrne. Ce fut dans une si sainte école, qu’il puisa les lumières et la science profonde de la religion, qui le rendirent dans la suite un des plus grands hommes de son siècle, l’ornement de l’Église, et la terreur des hérétiques. Aussi avait-il grand soin de remarquer tout ce qu’il voyait dans ce saint vieillard pour en faire son profit ; il écoutait ses discours avec ardeur, et les gravait, non sur des tablettes, mais dans le plus profond de son cœur. C’est saint Irénée lui-même qui nous apprend toutes ces circonstances ; et il ajoute qu’à force de repasser dans son esprit les instructions de son maître, il les y  grava si profondément, qu’elles lui furent toujours très-vives et très-présentes dans la suite, et même dans sa vieillesse la plus avancée.

On ne sait point à quelle occasion saint Irénée vint dans les Gaules ; mais saint Grégoire de Tours dit qu’il y fut envoyé par saint Polycarpe. Il fut ordonné prêtre de l’Église de Lyon par saint Pothin, qui en était évêque, et il exerçait déjà les fonctions de prêtre l’an 177, lorsqu’il fut choisi par les martyrs de Lyon pour être le porteur d’une lettre qu’ils écrivaient au pape Éleuthère, où, après l’avoir salué comme leur père, ils ajoutent : « Nous avons exhorté Irénée, notre frère et notre compagnon, à rendre ces lettres à votre paternité. Nous vous supplions de le considérer comme un homme tout à fait zélé pour le testament de Jésus-Christ. C’est en cette qualité que nous vous le recommandons. Si nous avions cru que le rang et la dignité puissent donner le mérite et la vertu, nous vous l’eussions recommandé d’abord comme prêtre de l’Église ; car il l’est effectivement. » Le motif de la députation de saint Irénée fut de procurer la paix aux Églises, divisées sur la question de la pâque. On croit qu’il fut aussi porteur des lettres que les mêmes martyrs écrivirent aux Églises d’Asie et de Phrygie, au sujet des troubles que les nouvelles prophéties de Montan y avaient causées.

Saint Pothin étant mort la même année, saint Irénée fut mis en sa place, et fut le second évêque de l’Église de Lyon. Cette ville changea bientôt de face sous la conduite de son nouvel évêque ; et Dieu donna tant de force à ses prédications, qu’en peu de temps il la rendit presque toute chrétienne. Pour préserver son peuple des erreurs qui se répandaient dans les provinces près du Rhône, saint Irénée s’appliqua à en faire connaître tout le venin, à fournir des armes pour les combattre, s’attacha à en découvrir toutes les contradictions, à confirmer les néophytes dans la foi, et à ramener même les hérétiques dans le sein de l’Église ; et dans ce dessein il composa des livres contre les hérésies, dans lesquels il rapporte en détail toutes les extravagances des valentiniens et des autres hérétiques de ce temps-là, et donne toutes sortes de moyens pour les convaincre. Il travailla aussi beaucoup pour procurer la paix entre les Églises, au sujet de la fête de Pâques, et fit ensorte, parmi les siens, qu’il fut permis à chacun de suivre l’ancien usage de son Église. « C’est ainsi, dit Eusèbe, qu’Irénée, remplissant toute la signification de son nom, se montra véritablement ami de la paix par la douceur de ses mœurs, par la modération de sa conduite, et par les mouvements qu’il se donna pour la procurer à l’Église. » Il reçut la couronne du martyre dans la persécution de Sévère, l’an 202 de Jésus-Christ. Saint Irénée composa plusieurs ouvrages pour la défense de la foi et pour l’utilité de l’Église ; savoir : cinq livres contre les hérésies, une Lettre à Florin, une à Blaste, un Livre de l’Ogdoade, plusieurs lettres touchant la célébration de la fête de Pâques, dont une était adressée au pape Victor ; un Livre contre les païens, intitulé : De la Science ; un autre adressé à un Chrétien nommé Marcion ; un troisième, qui renfermait diverses disputes. On croit aussi qu’il composa un Traité contre Marcion, et un Discours sur la foi, adressé à Demètre, diacre de Vienne. Pour ce qui est du livre qui avait pour titre : De la Substance du monde, qu’on lui attribuait du temps de Photius, on convient qu’il est de Caïus, prêtre de Rome.

Saint Irénée, dit l’auteur des Siècles chrétiens, devint si profond dans la science de la religion et des saintes Écritures, qu’il fut en état de combattre à la fois tous les hérétiques de son temps, depuis Simon jusqu’à Tatien, et de les suivre jusque dans leurs derniers retranchements, à travers les détours dans lesquels ils s’embarrassaient. Ce sujet était si obscur et si compliqué par la variété des erreurs et la bizarrerie des pensées auxquelles l’esprit humain s’était déjà livré en matière de religion, que, pour y répandre du jour, il ne fallait rien moins que l’érudition et les talents d’Irénée. Il n’y a point eu d’hérésie si confuse dans ses principes, si tortueuse dans sa marche et si enveloppée de nuages, dont il n’ait percé les ténèbres ; et son ouvrage sur cet important objet peut être donné pour un modèle de discussion et de controverse à tous ceux qui s’engagent dans la même carrière. Les caractères par lesquels il apprend à distinguer la vérité de l’erreur dans les disputes de religion, sont la tradition apostolique qui transmet d’un âge à l’autre l’enseignement de la foi ; l’autorité des Écritures interprétées, non par l’Église, qui en conserve le dépôt et qui seule en connaît le vrai sens ; la succession des pasteurs qui fait remonter le ministère évangélique et, avec lui, tous les dogmes, à la source primitive et sacrée d’où ils découlent ; enfin les vrais miracles qui ne sont opérés que dans l’Église, et qu’il est toujours possible de discerner d’avec les artifices de l’imposture et les prestiges de l’enfer. Il conclut de là que la nouveauté de l’enseignement et la rupture de l’unité sont deux moyens par lesquels le fidèle peut toujours discerner les faux docteurs et juger leur doctrine ; et, par une autre conséquence des mêmes principes, il recommande l’attachement à l’Église et aux pasteurs légitimes, comme le préservatif le plus sûr qu’on puisse opposer à la contagion de l’hérésie.

Ce saint évêque consomma son laborieux ministère par le martyre, sous la persécution de Sévère, la seconde année du troisième siècle.

Source


 

Le hiérarque de l'UOC considère illégal le réenregistrement de la Cathédrale St. Alexandre Nevsky à Sloviansk


 

Le hiérarque de l'Église orthodoxe ukrainienne [canonique], l'archevêque Païsiy de Kostiantyniv, a lancé un appel officiel dans lequel il a déclaré illégale la réinscription de la cathédrale Alexandre Nevsky à Sloviansk. Selon le hiérarque, la tentative de transférer le sanctuaire à la structure de "l'église orthodoxe d'Ukraine " [OCU schismatique] a été faite contre la volonté de la communauté réelle, qui a officiellement confirmé sa loyauté envers l'Église orthodoxe ukrainienne.

Selon la chaîne Telegram de Dozor, l'évêque Païsiy a nié l'information sur le changement présumé dans le leadership de la communauté. L'évêque a souligné que la paroisse canonique a tenu une réunion juridique en décembre, au cours de laquelle la majorité des croyants s'est prononcée en faveur de rester une partie de l'UOC. Dans le même temps, des signatures à l'appui du transfert vers une autre juridiction, selon l'archevêque, ont été recueillies à l'extérieur de l'église - "dans les maisons, les appartements et les entrées".

Le hiérarque a également noté qu'en novembre, la ville et les autorités régionales ont été officiellement informées que les personnes qui ont initié le processus de transfert n'étaient pas liées à la vie paroissiale réelle de la cathédrale. Cependant, ces arguments ont été ignorés lors de l'enregistrement de la nouvelle structure. L'UOC souligne que la vie spirituelle de la communauté continue malgré les décisions administratives, et que de telles tentatives de faire pression sur l'Église dans la perspective historique n'ont pas de conséquences à long terme.


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

RASKOLAM

vendredi 24 avril 2026

Recension : « La Neptothérapie. Thérapeutique spirituelle des addictions dures et douces » de Jean-Claude Larchet

Jean-Claude Larchet, La Neptothérapie. Thérapeutique spirituelle des addictions dures et douces, Salvator, 2026, 132 pages, 16 euros.

Dans ce nouvel ouvrage, Jean-Claude Larchet se penche sur un thème qu’il a déjà approfondi à plusieurs reprises dans différents livres et notamment, pour le présent sujet, Thérapeutique des maladies spirituelleset L’inconscient spirituel. Toutefois, il ne s’agit pas là d’une reprise d’un précédent travail, mais de l’exploration plus particulière d’une question qui s’inscrit dans les maladies spirituelles tout en ayant son espace propre et qui aujourd’hui touche de manière massive notre société : celle des addictions. Une nouvelle fois (voir ces précédentes recensions), Jean-Claude Larchet aborde une question aujourd’hui cruciale pour éclairer ses différentes facettes avec la tradition chrétienne orthodoxe et pour apporter des voies de résolution, ici de guérison, provenant de cette tradition. Le propos est toujours conduit avec pédagogie, la question est bien cernée, tout comme ses tenants et ses aboutissants, les réflexions et les réponses contemporaines sont largement évoquées, les termes sont rigoureusement définis, les maux sont clairement identifiés, enfin les outils pour contrecarrer et à terme vaincre les addictions sont exposés.

C’est un véritable traité d’ascétique qui est proposé. Celui-ci vise la dimension spirituelle des addictions qui se trouve à la racine de celles-ci. Dès l’introduction, l’auteur précise (p.11) à ce sujet : « L’une des originalités de cet essai est de ne pas limiter les dépendances à celles qui sont habituellement recensées, comportant d’une part les addictions à des substances, et d’autre part les addictions à des comportements. Nous pensons que les unes et les autres sont incluses dans les addictions spirituelles que sont les passions ». Pour mettre en place un chemin de guérison, Jean-Claude Larchet s’appuie sur le riche héritage des Pères grecs et principalement ce qui est désigné par le terme nepsis (p. 28) : « Les addictions, en tant qu’ayant pour fondement les passions, peuvent être éradiquées par une méthode ascétique fondée sur ce que les Pères grecs appellent nepsis, qui consiste dans le contrôle des pensées (au sens large de représentations — venant des sens, de l’imagination, de la mémoire ou de la raison — mais aussi de désirs). » C’est pourquoi il nomme cette méthode « neptothérapie ».

C’est là que réside le cœur de l’ouvrage : l’exposition de la thérapie des Pères ascètes concernant les pensées. En effet, celles-ci sont à la fois le moteur et le carburant des addictions. L’attention, qui accompagne la nepsis, « garde du cœur » (p.94), avec le discernement permettent de les détecter, de les mettre à nu et de saisir les mécanismes et les différentes phases qui conduisent de l’apparition d’une pensée à une passion (p.99-102). Avec la vigilance, la prière apporte une aide capitale dans ce qui est un véritable combat, tandis que la patience est une qualité indispensable et que la grâce vient « compléter » de manière décisive (p.116) les forces humaines.

Un livre précieux sur un sujet essentiel !

Christophe Levalois

Source 


Athènes accueillera une discussion ouverte sur l'impact du conflit russo-ukrainien sur le patriarcat de Constantinople


Le samedi 2 mai 2026, une discussion publique aura lieu dans la capitale grecque pour analyser la relation entre le patriarcat œcuménique et le conflit russo-ukrainien actuel. L'événement réunira des experts en théologie et en littérature pour analyser la situation géopolitique en profondeur.

Selon le portail d'information Fos Fanariou, la réunion est organisée par le collectif artistique Polytropon. La discussion débutera à 19h30 dans les locaux de l'Enastron Book Café, situé au 101 Solonos Street, à Athènes.

Les conférenciers principaux de l'événement seront Kostas Koutsourelis, écrivaine et directeur du magazine Neo Planodion, et Panayitis Andriopoulos, théologien et chef du collectif Polytropop. Les participants discuteront des défis auxquels l'Église orthodoxe est confrontée dans le contexte de la confrontation militaire et du rôle de la cathédrale de Constantinople dans le processus moderne de pacification et inter-églises.

Plus tôt, nous avons signalé qu'une table ronde s'était tenue à Tbilissi, où des personnalités publiques, du clergé et des experts ont discuté de la responsabilité du patriarche Bartholomée de Constantinople pour la persécution de l'Église orthodoxe ukrainienne. L'événement, qui a été précédé par une manifestation, a été consacré à un rapport critique de l'analyste politique Gulbaat Rtskhiladze sur la pression sur l'Eglise orthodoxe  ukrainienne [UOC c<nonique].

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

RASKOLAM

jeudi 23 avril 2026

L’archevêque Averky : une brève réflexion

 

Archevêque Averky 



Le lundi de Pâques, 31 mars / 13 avril, jour de la fête de saints Jonas et Innocent, métropolites de Moscou, a marqué le 50e anniversaire de la naissance au Ciel de l’archevêque Averky de Syracuse, ancien higoumène du monastère de la Sainte-Trinité [Holy Trinity Monastery, Jordanville, USA] et recteur du séminaire orthodoxe de la Sainte-Trinité.

Cet anniversaire tombant pendant la Semaine de Pâques, période durant laquelle l’Église ne commémore pas les défunts, la mémoire de Vladyka Averky fut célébrée lors de la Panikhide générale de Radonitsa, en compagnie de tous les pères défunts du monastère de la Sainte-Trinité.

Parmi les nombreuses figures éminentes de l’Église orthodoxe russe hors frontières, Vladyka Averky reste dans les mémoires comme l’un des plus fervents défenseurs de la foi orthodoxe, mission qu’il a accomplie par ses nombreux écrits, en enseignant les enseignements anciens à ses séminaristes et en prêchant sans relâche la vérité immuable de l’orthodoxie.


Né dans une famille aristocratique de la Russie impériale, le futur Vladyka Averky dut fuir avec sa famille en Bulgarie après les tragédies de la Révolution russe et de la guerre civile. Ayant nourri dès sa jeunesse le désir de la vie monastique, il fut confirmé dans ce désir par sa rencontre avec l’archevêque Théophane de Poltava, qu’il rencontra en Bulgarie et qui l’encouragea à étudier la théologie à l’université de Sofia. Une fois ses études achevées, il fut envoyé en Tchécoslovaquie, où il reçut la tonsure et fut ordonné, afin d’entamer son ministère pastoral et missionnaire qui allait durer jusqu’en 195a,  en Europe centrale et orientale.

Au cours de ces vingt années, il fut recteur de plusieurs paroisses, rédacteur en chef d’un journal religieux, enseignant dans plusieurs écoles et formateur au séminaire. Ses affectations le conduisirentt non seulement en Tchécoslovaquie, mais aussi en Hongrie, en Serbie et en Allemagne. Après avoir survécu aux horreurs de la Seconde Guerre mondiale et passé six ans à s’occuper de réfugiés russes dans des camps de personnes déplacées en Allemagne, il fut affecté à l’enseignement au Séminaire orthodoxe de la Sainte-Trinité en 1951, avant d’y être consacré évêque en 1953 et de devenir higoumène du monastère de la Sainte-Trinité en 1960.

C'est pendant son mandat à Jordanville que Vladyka Averky exerça sa plus grande influence, s'impliquant dans tous les aspects de la vie du séminaire et participant activement à la publication de divers journaux. Il eut une influence particulière sur le père Seraphim (Rose), qui le loua dans ses nombreux écrits. Vladyka Averky s'est éteint en 1976 et il repose dans la crypte de la cathédrale du monastère de la Sainte-Trinité à Jordanville.

Tombe de l’archevêque Averky dans les cryptes du monastère de la Sainte-Trinité.

De nombreux écrits et cours du séminaire de Vladyka ont été compilés, traduits (en anglais) et publiés par Holy Trinity Publications. 

En les lisant, on comprendra que Vladyka Averky avait véritablement acquis une compréhension éclairée de notre monde déchu et des racines de l'état de maladie spirituelle de l'humanité moderne. Il cherchait à transmettre cette compréhension à son entourage, ainsi qu'à ceux qui aimaient le Christ et son Église, et c'est dans cet esprit que nous vous présentons cette liste non exhaustive.

The Four Gospels

The Acts of the Apostles

The Epistles and the Apocalypse

The Struggle For Virtue: Asceticism in a Modern Secular Society


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

ORTHODOX LIFE


mercredi 22 avril 2026

Père Dimitri de Sarrebrück Homélie du 19 avril 2026 – Dimanche de Thomas



 

« À travers les portes closes de nos cœurs » 

 

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Le Christ est ressuscité ! 

L'un des auteurs marquants du XXe siècle, l'archevêque Jean Schakhovskoy, exprime cette pensée dans l'un de ses aphorismes : « Le passé doit être enfoui dans le terreau de la gratitude envers Dieu et du repentir. Autrement, il sentira mauvais. » 


Ici, l'évêque Jean veut dire que tout, dans notre passé, se range dans l'une de ces deux catégories : soit nous y trouvons quelque chose pour quoi nous pouvons remercier Dieu, soit quelque chose pour quoi nous pouvons et devons nous repentir. Il ne semble pas y avoir de troisième option.


Comment pouvons-nous accepter sans gratitude que le Seigneur Jésus-Christ nous soit déjà apparu plusieurs fois à travers les portes closes de nos cœurs, avec sa lumière et sa grâce ? Il ne nous est pas apparu parfaitement, mais seulement dans la mesure où cela Lui était possible, afin de ne pas empiéter sur notre liberté. Il a fortifié notre foi et notre amour pour Lui ; Il nous a accordé une certaine compréhension de Lui-même ; Il nous a révélé Sa bonté ; Il nous a ouvert les yeux sur la perspective d'une vie authentique ; Il nous a réconfortés et nous a donné espérance et joie ; Il nous a incités à Le chercher de tout notre cœur. 


Et comment ne pas nous repentir de vaciller encore dans notre foi et notre amour pour Dieu, malgré toutes ces révélations déjà reçues ; d'être si souvent attristés et désespérés lorsque les choses ne se déroulent pas comme nous l’avions prévu ; et surtout, de ne toujours pas Lui accorder la première place dans nos vies ? 


Comme ce serait merveilleux si nous ouvrions enfin les portes de nos cœurs à Dieu ! Alors le Seigneur pourrait nous apparaître d'une manière totalement différente : dans Sa gloire parfaite et dans la puissance débordante de Son amour, car librement nous Le lui permettrions. Que ce serait merveilleux si nous pouvions enfin Le placer au centre de nos vies, afin qu'avec Thomas, nous puissions prononcer ces paroles : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »


Source

 


Amnesty International a documenté les faits de persécution de l'Eglise orthodoxe ukrainienne [UOC canonique] dans un rapport sur les droits de l'homme dans le monde

 

L'organisation internationale de défense des droits de l'homme Amnesty International, dans son rapport annuel pour 2026, a reflété les faits de pression sur l'Église orthodoxe ukrainienne (UOC). Le document contient des tentatives de dissolution de l'organisation religieuse en tant qu'entité juridique et une critique sévère de ces processus par des groupes d'experts de l'ONU.

Selon le rapport de l'organisation internationale des droits de l'homme Amnesty International, les autorités de l'État ukrainiens ont insisté pour rompre les liens de l'UOC avec l'Église orthodoxe russe, malgré les déclarations des représentants de l'UOC selon lesquelles les mesures nécessaires dans cette direction ont déjà été prises. Les défenseurs des droits de l'homme ont également mentionné la procédure judiciaire contre le diocèse de Kiev, qui est restée non résolue à la fin de la période de référence.

Une partie importante du rapport est consacrée à la position des experts de l'ONU, qui ont qualifié les initiatives législatives contre l'Église de « sécurité juridique insuffisante ». Les observateurs internationaux se sont dits préoccupés par le fait que l'affiliation religieuse soit en fait assimilée à une menace pour la sécurité nationale. La persécution des prêtres, des avocats et des journalistes a été qualifiée de « punition collective » et l'Ukraine a été exhortée à arrêter de tels procès.

En outre, le rapport d'Amnesty International mentionne la décision de la Cour suprême d'Ukraine, selon laquelle le refus de service militaire sur la base de croyances religieuses en vertu de la loi martiale est reconnu comme inadmissible. Les experts soulignent que, selon les normes internationales, les croyances des croyants devraient être prises en compte lors de la détermination de la forme de service.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

RASKOLAM

Nous vous rappelons que le légiste et avocat Andriy Domanskyy, qui défend devant les tribunaux les hiérarques de l'Église orthodoxe ukrainienne - les métropolites Arsène (Yakovenko) et Pavlo (Lebed), a commenté la situation avec la privation de citoyenneté du primat et métropolite de l'UOC de Kiev et de toute l'Ukraine Onuphre. L'avocat a qualifié cela de « non-sens » lorsqu'une personne née et vivant en Ukraine est privée de sa citoyenneté.


mardi 21 avril 2026

Higoumène Nektary (Morozov): JOIE CACHÉE

Photo : Archevêque Maximillian de Vologda et Veliki Ustiug.



Quelque part, j'ai lu une ligne écrite par l'archimandrite Sophrony (Sakharov), « La Grâce vient au cœur qui a souffert. » Il semble que ce soit dans une lettre au hiéromoine Dimitri (Balfour)... Et une ligne de l'apôtre Paul était quelque chose que je n'ai pas rencontré par hasard - je l'ai lue plusieurs fois, encore et encore : "car tout comme nous partageons abondamment aux souffrances du Christ, de même notre réconfort abonde à travers le Christ (2 Cor. 1:5)...

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Donc, samedi à l'office de vigiles, pendant le Polyéléos, je regardais l'icône de St. Grégoire Palamas et réfléchissais à sa vie incroyable, à la Lumière du mont Tabor, dont il a si sagement expliqué la nature et dans laquelle il a lui-même été - êté transformé, éclairé, "atteignant les hauteurs". Dans quelle grâce il vit ! Mais alors, c'était comme si une lance avait transpercé mon cœur : Comme il a aussi souffert !

Et pas seulement lui, mais quiconque, avec le temps, n'était plus devenu un esclave, mais un ami de Dieu, l'un de ceux qui lui étaient agréables, et devenaient comme Lui dans la mesure où cela est possible pour un être humain. Peu importe de qui nous parlons - martyrs et porteurs de passion, saints hiérarques et saints moines, femmes justes et fols-en-Christ - ils ont tous dû souffrir. Seulement, ils avaient toutes sortes de souffrances différentes - certaines étaient physiques, d'autres émotionnelles, causées par des personnes mal intentionnées, ou parfois par les démons, haineux et inhumains.

Mais personne, absolument personne, comme St. Isaac le Syrien a dit : « est déjà monté au paradis en vivant froidement ». Et d'après ce que nous avons appris et que nous apprenons encore, il témoigne également qu'une personne est particulièrement prise en charge par Dieu lorsque le Seigneur lui envoie des épreuves constantes. Abba Isaac ajoute également qu'il n'y a pas d'autre voie pour se rapprocher du Christ que la voie des épreuves.

Mais ce qui est vraiment curieux, c'est qu'il écrit sur tout cela avec joie et non avec tristesse, en fait célébrant et se réjouissant. Eh bien, il ne peut pas se trouver qu'il n'ait pas senti la lance de l'épreuve blesser son cœur ! S'il ne l'avait pas ressentie, il n'aurait pas écrit aussi précisément et sagement sur les passions du découragement et du désespoir. Je ne peux pasimaginer que la cécité physique, qui l'a à jamais privé de lire les Saintes Écritures et les œuvres d'autres saints Pères, ne l'ait pas dérangé le moins du monde !

Et d'autres saints - que n'ont-ils n'ont pas enduré dans cette vie ! Mais si la lamentation les visitait le soir, la joie suivrait au matin (cf. Ps. 29:6). La Joie... D'où vient-elle ? n'était-ce pas de la compréhension de la vérité dont St. Isaac parle de manière si convaincante ? n'était-ce pas de cette compréhension avec tout leur être, de son assimilation avec toute leur âme ? C'est très probablement ainsi.

Voici donc une autre chose étrange : nous lisons Les homélies ascétiques d'Isaac, les instructions salvifiques d'Abba Dorotheos, l'échelle de l'ascension divine, et surtout le Nouveau Testament. Nous sommes censés tout savoir. Alors, quel est le problème ? Pourquoi les épreuves ne nous donnent-elles pas de la joie, mais nous rendent-elles plutôt tristes, même si nous savons qu'il s'agit d'un médicament qui nous est administré par le médecin le plus expérimenté et le plus sage ? Pourquoi y a-t-il une si grande différence entre nous et les saints ? Est-ce parce qu'ils sont saints et que nous sommes pécheurs ? Mais après tout, ce sont des gens comme nous à tous points de vue, avec fondamentalement le même "kit de démarrage", comme on dit aujourd'hui.

J'ai eu l'occasion de visiter divers hôpitaux à plusieurs reprises - pas des hôpitaux spirituels, mais des hôpitaux ordinaires et terrestres. J'ai vu comment certains patients étaient heureux d'avoir des opérations ou des procédures qui pourraient les aider, tandis que d'autres étaient prêts à se battre avec les médecins juste pour échapper à la douleur, sans laquelle tout remède serait impensable. Eh bien, il me semble que nous différons des saints de la même manière lorsque nous échouons à ces petites choses que le Seigneur nous permet de vivre. Nous arrachons les bandages, écartons la main bienveillante et nous nous enfuyons de l'hôpital quelque part pendant la nuit - dans le froid, la pluie et l'obscurité.

Est-ce étrange que ce soit si difficile pour nous ? Le Seigneur se bat pour chaque âme, pour chaque personne - Il se bat avec ses passions, avec le Diable et avec la personne elle-même. Les saints se sont battus dans cette bataille aux côtés du Seigneur. Mais trop souvent, nous nous battons... contre Lui.

Comment nous souhaitons que cette bataille se termine, comment nous aimerions finalement décider de ne pas capituler avant qui que ce soit - avant Lui - de capituler. Accepter sans murmurer, sans aucune résistance ridicule et indisciplinée contre tout ce qu'Il a préparé pour nous, pour nous humilier, et plier nos cous sous le lourd joug des épreuves - puis soudainement et c'est inattendu pour nous, sentir la joie cachée en elles ; cachée d'elles...

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

ORTHOCHRISTIAN



Le tribunal prolonge l'assignation à résidence de 24 heures pour le Métropolite Arsène, vicaire de la Laure de Svyatogorsk


Le tribunal de district de Tchechelovsky de Dnipro a décidé d'étendre la mesure de retenue sous la forme d'une arrestation à domicile 24 heures sur 24 pour le Métropolite Arsène, vicaire de la Laure de Sviatogorsk. Malgré les demandes de la défense pour atténuer les conditions de détention, le tribunal a laissé le hiérarque en état d'arrestation, tout en accordant certains assouplissements en matière de soins médicaux.

Selon le service de presse de la Laure de Svyatogorsk, la réunion a eu lieu le 20 avril 2026. Le bureau du procureur a exigé la prolongation de la mesure actuelle de retention pour deux mois supplémentaires. À leur tour, les avocats du métropolite ont demandé au tribunal de remplacer la mesure de détention provisoire de nuit par une caution personnelle, en soulignant le comportement exemplaire de l'accusé et l'absence d'infractions au cours de la période écoulée.

La juge Tatyana Bezruk, après avoir étudié les documents de l'affaire, a décidé de maintenir l'assignation à résidence 24 heures sur 24. Cependant, un changement important a été apporté à la décision : le Métropolite Arsène est autorisé à subir toute procédure médicale sans obtenir une autorisation judiciaire spéciale. Auparavant, cette possibilité n'était fournie que pour les cas de soins d'urgence. Cette décision est particulièrement pertinente étant donné que le Métropolite a récemment subi une chirurgie cardiaque.

En outre, le tribunal a fait droit à la demande de la défense pour le retour de la caution, qui a été faite l'automne dernier par vingt donateurs. De nombreux croyants de l'Église orthodoxe ukrainienne [canonique] sont venus au palais de justice pour soutenir le vicaire de la Laure, et l'adjointe de la Verkhovna Rada Victoria Hryb a participé à l'audience par conférence en ligne.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

RASKOLAM

Les nationalistes appellent le ministère de la Culture à "décoloniser" l'église de l'UOC près de la Laure des Cavernes de Kiev

 


(Après les vols d'églises, les violences subies par les clercs de l'Eglise canonique, les mensonges permanents, le vol de cadavre du prétendu patriarche de Kiev, la purification "hagiographique" déjà initiée par Serhey Dumenko [dit Métropolite Epiphane par la disgrâce du P. Bartholomée] qui conseillait aux fidèles de la secte de choisir un autre saint si leur saint patron était russe, on n'arrive pas à imaginer que la secte stanbouliote d'Ukraine puisse tomber encore plus bas. CLG)

Le chef de l'organisation extrémiste radicale de droite Fraternité (Sic!), Dmytro Korchynskyy, a lancé une initiative pour "décoloniser" l'église en l'honneur de St. Serge de Radonège, qui appartient à l'Église orthodoxe ukrainienne (UOC canonique). Le radical a fait appel au ministère de la Culture et à l'Institut de la mémoire nationale avec une demande d'élimination de la présence de l'UOC dans ce sanctuaire, situé près de la Laure des Cavernes de Kiev. Il a écrit à ce sujet sur sa page Facebook.

Dans sa publication sur le réseau social, Korchinsky a décrit le temple comme une "île du monde russe", qui, à son avis, est ignorée à tort dans le processus de décolonisation nationale. Il a exprimé sa perplexité face au fait que les institutions laïques sont activement réformées alors que les communautés religieuses de l'Église canonique restent en dehors du processus. Selon le nationaliste, les agences gouvernementales devraient prêter attention aux bâtiments d'église qui ont « squatté les structures de l'État ».

Korchinsky a accordé une attention particulière dans son discours à la sévère critique de la vénération des saints orthodoxes dont les images sont représentées dans l'église. En utilisant des manipulations historiques, il a appelé St. Serge de Radonège, un partisan du « pouvoir de la Horde », et Saint Séraphim de Sarov, un « culte construit » créé au XIXe siècle pour propager et renforcer l'influence de l'Eglise.

En outre, cette figure radicale a critiqué d'autres saints. En particulier, il a comparé le Le juste saint Jean de Cronstadt aux figures militaires modernes de la Fédération de Russie, et appelé St. Jean de Changhaï, originaire d'Ukraine, saint qui "a décidé d'être un bon Russe". Ces déclarations ont provoqué une large résonance et ont été considérées comme une tentative de faire pression sur les congrégations de l'UOC canonique.


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

Raskolam