"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

jeudi 18 octobre 2018

Zoya Jalnina: Principes de vie de la Grande Duchesse Elisabeth (4)




Vue du couvent de Marthe et Marie, vers 1900

Extrait d'une lettre à Nicolas II (26 mars, 18 avril 1909)
Ma nouvelle vie commence dans deux semaines, une vie bénie dans l'Eglise. Il semble que je laisse derrière moi mon passé, avec ses péchés et ses erreurs, espérant des buts plus élevés et une existence plus pure. Pour moi, prononcer des vœux monastiques est quelque chose de plus sérieux que le mariage pour une jeune femme. Je me fiance au Christ et à Son service. Je Lui donne tout ce que j'ai, à Lui et à mon prochain.

D'un télégramme et d'une lettre au professeur A. A. A. Dmitrievsky de l'Académie théologique de Saint-Pétersbourg (1911) :
 Certains doutent que j'aie décidé de prendre cette décision par moi-même, sans l'influence de personne. Beaucoup pensent que j'ai pris sur moi une croix insupportable, et que je l'abandonnerai ou bien que je tomberai sous son poids. Cependant, je ne prends pas cela comme une croix, mais comme un chemin plein de lumière, montré par Dieu après la mort de Serge ; j'ai vu les lueurs de cette lumière dans mon âme depuis longtemps. Ce n'est pas une transition ; c'est quelque chose qui a surgi en moi, qui prend forme [...]; J'ai été absolument étonnée de voir un combat se dérouler. Ils voulaient m'entraver, me décourager en me faisant souffrir. Ils l'ont fait avec amour et avec les meilleures intentions, mais sans comprendre mon caractère.
Moniales de Marthe et Marie

Sur les relations avec les gens : "Je dois faire les mêmes choses qu'eux"
Extrait d'une lettre à E. N. Narishkina (1910) :
Comme beaucoup d'autres, vous me direz : "Restez dans votre palais comme une veuve et faites tes bonnes oeuvres "d'en haut"." Si je veux que les autres suivent mes principes, je dois faire les choses comme eux, passer par les mêmes problèmes. Je dois être assez forte pour les réconforter et inspirer par mon propre exemple. Je ne suis ni intelligente ni douée, je n'ai que de l'amour pour Christ, mais je suis faible. Nous ne pouvons exprimer notre amour pour Lui et notre fidélité qu'en réconfortant les gens autour de nous. En faisant cela, nous pouvons Lui consacrer notre vie.

Les moniales avec un groupe de soldats de la Première Guerre mondiale
*
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
-->

Jean-Claude LARCHET à l'émission Orthodoxie sur France Culture: L'homme couronnement de la Création

Jean-Claude Larchet était l'invité d'Alexis Chryssostalis dans l'émission "Orthodoxie" de ce dimanche 14 octobre 2018 sur France Culture.
Cette émission abordait le thème de "L'homme couronnement de la création", dans une première partie relative au dernier livre de l'auteur, Les fondements spirituels de la crise écologique (Éditions des Syrtes).
L'entretien porte en particulier sur: les enjeux théologiques et anthropologiques dans la crise écologique; les différents courants de pensée nés aux États-Unis qui se développent en Europe aussi, en particulier "l'écologie radicale; la place de Dieu dans la nature et la place que celui-ci a réservée à l'homme; les rapports idéaux entre l'homme et la nature ; les origines de la crise depuis la Renaissance jusqu'à nos jours; les solutions spirituelles à la crise écologique.
La deuxième partie de l'émission sera diffusée le 28 octobre. Elle portera sur un autre livre du même auteur, qui se situe dans la continuité de celui-ci et paraîtra jeudi prochain 18 octobre 2018 : Les animaux dans la spiritualité orthodoxe (Éditions des Syrtes - collection "Beaux livres").

mercredi 17 octobre 2018

Déclaration du Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe à la suite des empiétements du Patriarcat de Constantinople sur le territoire canonique de l’Église russe



La Déclaration a été adoptée au cours de la séance du Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe du 15 octobre 2018, à Minsk.
C’est avec une profonde douleur que le Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe a reçu la nouvelle des décisions prises par le Saint-Synode de l’Église orthodoxe de Constantinople, publiée le 11 octobre 2018 par le Patriarcat de Constantinople : sur la confirmation de l’intention « d’octoyer l’autocéphalie à l’Église ukrainienne » ; sur l’ouverture d’une « stavropégie » du Patriarcat de Constantinople à Kiev ; sur « le rétablissement dans leur rang épiscopal ou sacerdotal » des leaders du schisme ukrainien et de leurs partisans et « sur le retour de leurs fidèles dans la communion ecclésiale » ; sur « l’annulation des effets » de l’acte synodal du Patriarcat de Constantinople de 1686, concernant le transfert de la métropole de Kiev au Patriarcat de Moscou.
Ces décisions illégales, le Synode de l’Église constantinopolitaine les a prises unilatéralement, ignorant les appels de l’Église orthodoxe ukrainienne et du plérôme de l’Église orthodoxe russe, ainsi que ceux des Églises orthodoxes locales sœurs, de leurs primats et des hiérarques, à initier une discussion panorthodoxe du problème.
Le rétablissement dans la communion de l’Église de schismatiques et, d’autant plus, d’excommuniés, équivaut à la formation d’un schisme et est sévèrement condamné par les canons de la Sainte Église : « Si… quelqu’un des évêques, des presbytres, des diacres ou quiconque du clergé reste en communion avec les excommuniés, il doit être excommunié lui-même, parce qu’il bouleverse la discipline ecclésiastique » (2e canon du Concile d’Antioche ; canons apostoliques 10, 11).
La décision du Patriarcat de Constantinople sur le « rétablissement » du statut canonique et la réception dans la communion de l’ex-métropolite Philarète Denissenko, excommunié, ignore plusieurs décisions consécutives des Conciles épiscopaux de l’Église orthodoxe russe, dont la validité ne fait aucun doute.
Le métropolite Philarète (Denissenko) a été déposé et réduit à l’état laïcs par une décision du Concile épiscopal de l’Église orthodoxe ukrainienne de Kharkov, en date du 27 mai 1992, pour n’avoir pas tenu les serments jurés sur la croix et l’Évangile lors du précédent Concile épiscopal de l’Église orthodoxse russe.
Le Concile épiscopal de l’Église orthodoxe russe, par un décret du 11 juin 1992, a confirmé la décision du Concile de Kharkov, et déposé Philarète Denissenko, le privant de tous ses rangs ecclésiastiques selon les chefs d’accusation suivants : « Traitement cruel et hautain envers le clergé subordonné, autoritarisme et chantage (Tit 1, 7-8 ; canon apostolique 27) ; a introduit le scandale parmi les fidèles par sa conduite et sa vie privée (Mt 18, 7 ; 3e canon du Ier Concile œcuménique ; 5e canon du VIeConcile œcuménique) ; parjure (25e canon apostolique) ; calomnie publique et blasphème contre le Concile épiscopal (6e canon du IIe Concile œcuménique) ; célébrations de rites, y compris d’ordinations sacerdotales, en état d’interdiction (28e canon apostolique) ; formation d’un schisme dans l’Église (15ecanon du Concile de Prime-Second). » Toutes les ordinations célébrées par Philarète après sa réduction à l’état laïc, à compter du 27 mai 1992, ainsi que les pénitences qu’il a imposées, sont reconnues comme invalides.
Malgré les appels constants au repentir, après avoir été déchu de sa dignité archiépiscopale, Philarète Denissenko a poursuivi son activité schismatique, notamment sur le territoire d’autres Églises locales. Il a été frappé d’anathème par un décret du Concile épiscopal de l’Église orthodoxe russe de 1997.
Ces décisions ont été reconnues par toutes les Églises orthodoxes locales, y compris par l’Église constantinopolitaine. Le 26 août 1992, Sa Sainteté le patriarche Bartholomée de Constantinople a répondu à la lettre de Sa Sainteté le patriarche Alexis de Moscou et de toute la Russie annonçant la déposition du métropolite de Kiev Philarète : « Notre Sainte et Grande Église du Christ, reconnaissant la plénitude de la compétence exclusive de votre Sainte Église russe sur cette question, prend acte de la décision synodale au sujet du susnommé ».
Dans une lettre de Sa Sainteté le patriarche Bartholomée au patriarche Alexis, datée du 7 avril 1997, sur l’anathématisation de Philarète Denissenko, il est déclaré : « Ayant reçu l’avis de la décision susmentionnée, nous en avons informé la hiérarchie de notre trône œcuménique et l’avons prié de ne plus avoir désormais aucune communion ecclésiale avec les personnes susdites. »
A présent, après plus de deux décennies, le Patriarcat de Constantinople a modifié sa position pour des raisons politiques.
En décidant d’acquitter les leaders du schisme et de « légaliser » leur hiérarchie, le Saint-Synode de l’Église constantinopolitaine se réfère à des « privilèges canoniques du patriarche de Constantinople » inexistants, consistant à « recevoir les appels des hiérarques et des clercs de toutes les Églises autocéphales ». Ces prétentions, sous la forme sous laquelle elles sont exercées aujourd’hui par le patriarche de Constantinople, n’ont jamais eu le soutien du plérôme de l’Église orthodoxe : elles sont dépourvues de tout fondement dans les saints canons et les contredisent directement, notamment le 15e canon du Concile d’Antioche : « Lorsqu’un évêque a été accusé de diverses fautes et que tous les évêques de la province ont été unanimes à porter sur lui un jugement défavorable, il ne pourra plus se présenter devant un autre tribunal, mais la décision des évêques de la province restera irrévocable. » Elles sont aussi démenties par la pratique des décisions des Saints Conciles œcuméniques et locaux et par les commentaires des canonistes byzantins et modernes faisant autorités.
Ainsi, Jean Zonaras écrit : « [Le patriarche] de Constantinople est reconnu comme juge non pas sur tous les métropolites en général, mais uniquement sur ceux qui lui sont subordonnés. Ainsi ni les métropolites de Syrie, ni ceux de Palestine, de Phénicie, ni d’Égypte ne peuvent-ils être déférés en dépit de leur volonté devant son tribunal, mais les métropolites syriens dépendent du jugement du patriarche d’Antioche, ceux de Palestine du patriarche de Jérusalem, et ceux d’Égypte sont jugés par celui d’Alexandrie, par lesquels ils sont ordonnés et auxquels ils sont subordonnés. »
Le 116e (118e) canon du Concile de Carthage souligne l’impossibilité de recevoir dans la communion un individu condamné par une autre Église locale : « Quiconque privé de la communion… se rend en cachette au delà des mers pour y communier, recevra comme peine d’être déchu de la cléricature ». On retrouve la même idée dans la lettre canonique du Concile au pape Célestin : « Ceux qui, dans leur diocèse, sont déchus de la communion, qu’ils ne soient pas reçus dans la communion par ta sainteté… Quelles que soient les affaires commençées, elles doivent être achevées à leur place. »
Saint Nicodème l’Hagiorite, dans son « Pédalion », source du droit ecclésiastique faisant autorité pour l’Église de Constantinople, interprète le 9e canon du IV Concile œcuménique, rejetant l’erreur d’un droit de Constantinople à recevoir les appels des autres Églises : « Le primat de Constantinople n’a pas le droit d’agir dans les diocèses et dans les régions d’autres patriarches, et cette règle ne lui a pas donné le droit de recevoir les appellations sur quelque affaire que ce soit dans l’Église universelle… » Énumérant différents arguments pour étayer cette thèse, se référant à l’application des décisions des Conciles œcuméniques, saint Nicodème tire la conclusion suivante : « Aujourd’hui… le primat de Constantinople est le premier, le seul et le dernier juge sur les métropolites qui lui sont subordonnés, mais non pas sur ceux qui sont subordonnés à d’autres patriarches. Car, comme nous l’avons dit, le dernier et le juge commun à tous les patriarches, c’est le Concile œcuménique, et personne d’autre. » D’où il appert que le Synode de l’Église de Constantinople n’a canoniquement pas le droit d’annuler les sentences judiciaires rendues par le Concile épiscopal de l’Église orthodoxe russe.
S’approprier le pouvoir d’annuler des décisions, judiciaires ou autres, d’autres Églises orthodoxes locales, n’est qu’une des manifestations de la nouvelle fausse doctrine proclamée désormais par l’Église de Constantinople, attribuant au patriarche de Constantinople les droits d’un « premier sans égaux » (primus sine paribus) avec juridiction universelle. « Cette vision qu’a le Patriarcat de Constantinople de ses propres droits et pleins-pouvoirs entre en contradiction totale avec la tradition canonique multiséculaire sur laquelle est fondée l’existence de l’Église orthodoxe russe et celle des autres Églises locales » prévenait le Concile épiscopal de l’Église orthodoxe russe de 2008 dans sa définition « De l’unité de l’Église ». Dans le même document, le Concile appelait l’Église de Constantinople « à témoigner de la prudence jusqu’à l’analyse panorthodoxe des inovations énumérées, et à s’abstenir de démarches pouvant briser l’unité orthodoxe. Cela concerne particulièrement les tentatives de révision des frontières canoniques des Églises orthodoxes locales. »
L’acte de 1686, confirmant la translation de la métropole de Kiev dans la juridiction du Patriarcat de Moscou, signé par Sa Sainteté le patriarche Denis IV de Constantinople et par le Saint-Synode de l’Église constantinopolitaine, n’est pas sujet à révision. La décision de révoquer ce document est nulle. Dans le cas contraire, il serait possible d’annuler n’importe quel document délimitant le territoire canonique et déterminant le statut d’une Église locale, indépendamment de son ancienneté, de son autorité et de sa reconnaissance par la communauté ecclésiale.
Ni l’acte synodal de 1686, ni les autres documents l’accompagnant ne disent rien du caractère provisoire du transfert de la métropole de Kiev à la juridiction du Patriarcat de Moscou, ni non plus de la possibilité d’annuler cet acte. La tentative des hiérarques du Patriarcat de Constantinople de réviser cet acte plus de trois ans ans après son édition, parce que poursuivant des objectifs politiques et vénaux, est contraire à l’esprit des saints canons de l’Église orthodoxe, qui n’admettent pas la possibilité de réviser des frontières ecclésiales délimitées et qui n’ont pas été discutées pendant une longue période de temps. Ainsi, le canon 129 (133) du Concile de Carthage proclame : «Si quelqu’un (…) convertit une localité à l’unité catholique et la possède pendant trois ans sans réclamation de personne, on ne la lui réclamera désormais plus, à condition cependant, que dans ces trois ans il y eût un évêque qui devait la réclamer et n’en fit rien. » Quant au 17e canon du IVe Concile œcuménique, il établit un délai de trente ans pour réexaminer en concile des controverses d’appartenance, même celle de paroisses : « Les paroisses de campagne ou de village appartenant à une Église doivent rester sans changement aux évêques qui les possèdent, surtout s’ils les ont administrées sans conteste depuis trente ans. »
Comment est-il possible d’annuler des décisions qui ont été appliquées pendant trois cents ans ? Cela reviendrait à une tentative de considérer « comme nulle et non avenue » toute l’histoire consécutive de développement de la vie ecclésiale. Le Patriarcat de Constantinople semble ne pas remarquer que les frontières de la métropole de Kiev de 1686, dont il annonce maintenant le retour en son sein, différaient considérablement des frontières actuelles de l’Église orthodoxe ukrainienne, et n’englobaient qu’une petite partie de celle-ci. La métropole de Kiev d’aujourd’hui comporte en tant que telle la ville de Kiev et quelques districts autour. La plus grande partie des diocèses de l’Église orthodoxe ukrainienne, notamment à l’Est et au Sud du pays, a été fondée et s’est développée dans le cadre de l’Église russe autocéphale, étant le fruit de son travail missionnaire et pastoral. La manœuvre du Patriarcat de Constantinople aujourd’hui est une tentative de ravir ce qui ne lui a jamais appartenu.
L’acte de 1686 a mis fin à deux cents ans de division forcée dans l’histoire multiséculaire de l’Église russe qui, malgré les circonstances politiques changeantes, a toujours eu conscience de constituer un tout. Après la réunification de l’Église russe en 1686, et durant plus de trois cents ans, personne n’a jamais douté que les orthodoxes d’Ukraine faisaient partie des fidèles de l’Église russe, et non du Patriarcat de Constantinople. Aujourd’hui, malgré la pression de forces anticléricales, ces millions de croyants chérissent l’unité de l’Église de toute la Rus’ et lui sont fidèles.
La tentative du Patriarcat de Constantinople pour décider du destin de l’Église orthodoxe ukrainienne sans son accord, est un empiétement anticanonique sur des territoires ecclésiastiques étrangers. La règle canonique proclame : « Cette même règle sera aussi observée dans les autres diocèses et dans toutes les provinces, en sorte qu’aucun des évêques aimés de Dieu ne s’empare d’une autre province, qui ne fût déjà et dès le début sous son autorité ou sous celle de ses prédécesseurs; et s’il s’en était emparé et par force se la fût assujettie, il la rendra, afin que les canons des pères ne soient pas enfreints, ni que sous le prétexte d’actes sacrés ne s’insinue l’orgueil de la puissance mondaine et que sans nous en rendre compte nous perdions peu à peu la liberté, que nous a donnée par son propre Sang Jésus Christ notre Seigneur, le Libérateur de tous les hommes. » (IIIe Concile œcuménique, 8ecanon). La décision du Patriarcat de Constantinople d’ériger sa « stavropégie » à Kiev avec l’accord des autorités civiles, sans concertation ni accord avec la hiérarchie canonique de l’Église orthodoxe ukrainienne, tombe sous le coup de ce canon.
Se justifiant hypocritement par le désir de rétablir l’unité de l’Orthodoxie ukrainienne, le Patriarcat de Constantinople provoque une plus grande division par ses décisions inconsidérées et politiquement intéressées ; elles aggravent les souffrances de l’Église orthodoxe canonique d’Ukraine.
L’accueil dans la communion de schismatiques et d’une personne frappée d’anathème par une autre Église locale avec tous les « évêques » et les « clercs » qu’elle a ordonnés, l’impiétement sur des territoires canoniques étrangers, la tentative de renier ses propres décisions historiques et ses obligations, tout cela place le Patriarcat de Constantinople hors de l’espace canonique et, à notre grand regret, fait qu’il nous est impossible de demeurer en communion eucharistique avec ses hiérarques, son clergé et ses laïcs. Désormais, et jusqu’à ce que le Patriarcat de Constantinople désavoue ses décisions anticanoniques, il est impossible à tous les ministres de l’Église orthodoxe russe de concélébrer avec les clercs de l’Église constantinopolitaine, et aux laïcs de participer aux sacrements célébrés dans leurs églises.
Le transfert d’hiérarques ou de clercs d’une Église canonique à un groupe schismatique ou le partage de la communion eucharistique avec ces derniers est un crime canonique et entraîne les peines qui s’imposent le cas échéant.
Nous nous souvenons avec affliction de la prédiction de notre Seigneur Jésus Christ sur les temps d’épreuves, où les chrétiens auront tout particulièrement à souffrir : « Parce que l’iniquité se sera accrue, la charité du plus grand nombre se refroidira » (Mt 24, 12). Dans un contexte où les fondements des rapports interorthodoxes sont si profondément érodés, devant un mépris aussi total des normes du droit canon ecclésiastique, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe estime de son devoir de se lever pour défendre les fondements de l’Orthodoxie, pour défendre la Sainte Tradition de l’Église, à laquelle on substitue des doctrines nouvelles et étrangères sur l’autorité universelle du premier des primats.
Nous appelons les primats et les Saints-Synodes des Églises orthodoxes locales à évaluer comme il se doit les actes anticanoniques susmentionnés du Patriarcat de Moscou et à chercher ensemble un moyen de sortir de la crise extrêmement grave qui déchire le corps de l’Église une, sainte, catholique et apostolique.
Nous exprimons notre soutien plein et entier à Sa Béatitude le métropolite Onuphre de Kiev et de toute l’Ukraine et au plérôme de l’Église orthodoxe ukrainienne en ces temps si difficiles pour elle. Nous prions pour que ses fidèles enfants soient fermes dans la défense courageuse de la vérité et de l’unité de l’Église canonique en Ukraine.
Nous demandons aux hiérarques, au clergé, aux moines et aux laïcs de toute l’Église orthodoxe russe de redoubler les prières pour nos frères et sœurs dans la foi en Ukraine. Que la protection de la Très-Sainte Reine des Cieux, des vénérables pères des Grottes de Kiev, de saint Job de Potchaïév, des nouveaux-martyrs, des confesseurs et de tous les saints de l’Églsie russe demeure sur nous tous.

***
"Au cours de la séance du Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe, le 15 octobre 2018, à Minsk, une déclaration a été adoptée, faisant suite aux empiétements du Patriarcat de Constantinople sur le territoire canonique de l’Église orthodoxe russe.
Les membres du Saint-Synode ont reconnu impossible de demeurer plus longtemps en communion eucharistique avec le Patriarcat de Constantinople.
La déclaration précise notamment : « L’accueil dans la communion des schismatiques et d’une personne frappée d’anathème par une autre Église locale avec tous les « évêques » et les « clercs » qu’elle a ordonnés, l’empiétement sur des territoires canoniques étrangers, la tentative de renier ses propres décisions historiques et ses obligations, tout cela place le Patriarcat de Constantinople en dehors des canons et, à notre grand regret, fait qu’il nous est impossible de poursuivre la communion eucharistique avec ses hiérarques, son clergé et ses laïcs. »
« Désormais et jusqu’à ce que le Patriarcat de Constantinople désavoue ses décisions anticanoniques, il est impossible à tous les ministres de l’Église orthodoxe russe de concélébrer avec les clercs de l’Église constantinopolitaine, et aux laïcs de participer aux sacrements célébrés dans leurs églises », est-il précisé dans le document."


Sic transit gloria mundi!

Métropolite Michel Laroche:

Dans ce nouvel ouvrage le Métropolite Michel Laroche aborde, avec une très grande liberté de parole, l'une des questions qui divisent aujourd'hui l'Eglise Orthodoxe : 
le papisme du Patriarcat de Constantinople. Il retrace pour nous les principales étapes de ce papisme au cours de la période turque de l'histoire de la Seconde Rome, avec la disparition, durant la même période, de nombreuses Eglises autocéphales, ainsi que de la soumission des patriarcats apostoliques historiques au siège de la Grande Eglise. Il nous explique comment ces Eglises ont toutes, avec l'effondrement de l'Empire Turc, autoproclamé leur autocéphalie au XIXe siècle et au début du XXe siècle, subissant en représailles, de la part du Patriarcat Œcuménique, l'excommunication. Très documenté, cet ouvrage d'érudition nous permet de mieux comprendre les racines historiques de la guerre ecclésiologique qui existe aujourd'hui entre le Patriarcat de Constantinople et le Patriarcat de Moscou à propos de deux visions antagonistes de l'Eglise Orthodoxe, et de l'avenir d'une Orthodoxie Occidentale organisée en une Eglise véritablement locale.


Et voici ce qu'écrit le même " Métropolite" (séide du "patriarche excommunié et  marié  Philarète,  reconnu à présent par le "Patriarche" Bartholomée qui a levé toutes les sanctions prises à son encontre):

“Toutes les excommunications sont levées depuis aujourd’hui par le Saint Synode de la Grande Église,  le patriarcat de Constantinople,  présidé par Sa Toute Sainteté le Patriarche Bartholoméos Ier, et l’ensemble de notre épiscopat autour de notre Saint Primat Sa Sainteté le Patriarche Filaret de Kiev et de toute la Russ’ Ukrainienne sommes entrés dans la communion de l’Eglise Orthodoxe universelle. Le Christ est vraiment Ressuscité !
+ Métropolite Michel de Paris et de toute la France (sic!).”


mardi 16 octobre 2018

Zoya Jalnina: Principes de vie de la Grande Duchesse Elisabeth (3)


Extrait d'une lettre à l'impératrice Maria Feodorovna (8 mars 1905) :
Une petite croix blanche, installée sur le lieu de sa mort, a été une consolation pour moi. Le soir suivant, j'ai pu m'y rendre pour prier ; en fermant les yeux, j'ai vu ce pur symbole du Christ juste devant moi. C'est une grande miséricorde. Après ce soir-là, chaque fois que je me couche, je dis : "Bonne nuit !". Je prie, et un sentiment de paix imprègne mon cœur et mon âme.
Sur la prière : "Je ne sais pas bien prier."
Extrait d'une lettre à la duchesse Z. N. N. Yousoupova (23 juin 1908) :
La prière aux reliques de saint Alexis de Moscou m'a rendue calme et paisible dans mon cœur et dans mon âme. J'aimerais que vous ayez l'occasion de venir aux reliques, de les vénérer et de prier, afin que la paix puisse vous embrasser et demeurer en vous. A peine ai-je prié... Hélas, je ne sais pas comment bien prier. Je suis tombée, littéralement tombée devant elles, comme un enfant sur le sein de sa mère. Je ne priais pour rien car mon cœur était plein de paix, je me suis rendu compte que je me tenais près du saint, sur qui je pouvais compter, et avec qui je ne suis pas seule.

Broderie faite à la main d'Elizabeth Feodorovna. L'image des sœurs Marthe et Marie signifie le chemin du service aux autres, choisi par la Grande Duchesse : les bonnes actions et la prière.
 Sur les vœux monastiques : "Je les ai pris comme le chemin du salut, pas comme une croix"
 Quatre ans après la mort de son mari, Elizabeth Feodorovna vendit tous ses bijoux et ses biens, et la partie, appartenant aux Romanov, elle la leur rendit. Avec les bénéfices, elle ouvrit le couvent de Marthe et Marie.
Elizabeth Feodorovna, sœur de la miséricorde
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

lundi 15 octobre 2018

Zoya Jalnina: Principes de vie de la Grande Duchesse Elisabeth (2)


Extrait d'une lettre à V. F. Dzhunkovsky, aide du Grand-Duc Serge Alexandrovitch (1905) :

La révolution ne peut pas se terminer de si tôt, elle risque de se détériorer brusquement et de devenir quelque chose de chronique, ce qui ne peut que se produire. Il est de mon devoir d'aider les pauvres victimes de la rébellion. Je préférerais être tuée par un premier tir accidentel, plutôt que de rester ici à ne rien faire.


La révolution de 1905-1907, barricades dans la ruelle Ekaterinininsky (Moscou)
Extrait d'une lettre au tsar Nicolas II (29 décembre 1916) :

D'énormes vagues vont bientôt s'abattre sur nous <...> Toutes les classes, les classes inférieures et supérieures, même celles qui sont maintenant à la guerre, sont au bout de leur corde ! <...> Quelles autres tragédies peuvent nous frapper ? Quelles autres misères nous attendent ?

Serge Alexandrovitch et Elizabeth Feodorovna, 1892
 "Connaissant le cœur généreux de mon défunt mari, je vous pardonne."
Le terroriste social-révolutionnaire Ivan Kaliaev, 
qui en 1905 assassina Serge Alexandrovich
En 1905, l’époux  de sainte Elisabeth, le gouverneur général de Moscou, le Grand-Duc Sergue Alexandrovitch, fut assassiné avec une bombe par le terroriste social-révolutionnaire Ivan Kaliaev. Quand Elizabeth Feodorovna entendit la détonation de la bombe qui explosa non loin de leur maison, elle se précipita dehors pour récupérer les restes démembrés. Puis elle passa des heures en prière. Quelque temps plus tard, elle demanda à l'empereur d'avoir pitié de l'assassin. Elle rendit visite à Kaliaev en prison. Lui laissant l'Evangile, elle lui dit qu'elle lui avait pardonné.
Extrait d'un télégramme chiffré, rédigé par le chef du Sénat E. B. Vasilyev (8 février 1905) :
La Grande-Duchesse rencontra l'assassin dans le bureau de l'unité Pyatnitsky à 20 heures le 7 février au soir. A la question de savoir qui elle était, la Grande-Duchesse répondit : "Je suis l’épouse de l'homme que vous avez tué. Dites-moi, pourquoi avez-vous fait ça ?" L'accusé se leva pour répondre : "J'ai fait ce dont j'avais été accusé. C'est la faute du régime existant." Pleine de miséricorde, la Grande-Duchesse dit : "Connaissant le cœur généreux de mon défunt mari, je vous pardonne", et elle bénit l'assassin. Puis elle resta seule avec le criminel pendant une vingtaine de minutes. A la fin de la réunion, il dit à l'officier : "La Grande Duchesse est bonne, et vous êtes tous cruels."
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

dimanche 14 octobre 2018

Zoya Jalnina: Principes de vie de la Grande Duchesse Elisabeth (1)


Les actes et les lettres sont les choses qui montrent de la meilleure façon possible quel genre de personne est quelqu'un. Les lettres de la Grande-Duchesse Elisabeth révèlent les principes qui ont été les bases de sa vie et de ses relations avec son entourage. Ces lettres nous aident à comprendre les raisons pour lesquelles elle, qui était une beauté de la haute société est devenue une sainte dans sa vie.
En Russie, Elizabeth Feodorovna n'était pas seulement connue comme "la plus belle princesse d'Europe", sœur de l'impératrice et épouse de l'oncle du tsar. Le pays la connut comme fondatrice du couvent de Marthe et Marie, un couvent d'un type nouveau.
En 1918, Elizabeth Fiodorovna était sur l'ordre de Lénine jetée dans une mine abandonnée, cachée dans une forêt impénétrable, pour que personne ne puisse jamais la retrouver.
Elizabeth Feodorovna aimait beaucoup la nature. Elle pouvait passer des heures à marcher, sans dames d'honneur, sans tenir compte des règles formelles de l'étiquette.

Sur la foi : "Les attributs visuels me rappellent la partie intérieure de la foi"
En épousant le Grand-Duc Serge Alexandrovitch, Elizabeth Fiodorovna était libre de rester luthérienne, comme elle l'avait été de naissance. Selon les règles de l'époque, la conversion n'était nécessaire que pour ceux qui épousaient les héritiers du trône russe. Toutefois, à la septième année de mariage, elle décida d'adopter la foi orthodoxe. Elle fit ce pas de son plein gré, pas pour son époux.


Sainte Elisabeth avec sa famille : son père, Louis IV, Grand-Duc de Hesse et du Rhin ; sa sœur Alix (future impératrice Alexandra Fyodorovna), princesse Elisabeth, sa sœur aînée Victoria et son frère Ernst Louis.
Extrait d'une lettre à son père, Louis IV, Grand-Duc de Hesse et du Rhin (1er janvier 1891) :
 J'ai pris cette décision[de me convertir à l'Orthodoxie] uniquement en raison de ma foi profonde. Je sens que je dois me tenir devant Dieu avec un cœur pur et fidèle. Comme il serait facile que tout reste tel qu'il est aujourd'hui, et comme c'est faux et hypocrite à la fois ! Comment puis-je mentir à tout le monde, prétendre être protestante et le montrer par mon apparence, alors que mon âme a déjà embrassé la foi orthodoxe ? Après avoir passé six ans dans ce pays et avoir déjà "trouvé" la religion, j'ai réfléchi, réfléchi longuement, longuement, à tout.
À ma grande surprise, je comprends presque parfaitement les textes et les services en slave, même si je n'ai jamais appris la langue. Vous dites que je suis enchanté par la splendeur des églises. Mais je ne pense pas que tu aies raison. Je ne suis impressionné par rien de visuel ni par le service lui-même, mais par le fondement de la foi. Les attributs visuels me rappellent la partie intérieure.  
-->
A propos de la révolution : "Je préférerais être tuée par un premier tir accidentel, plutôt que de rester ici à ne rien faire"
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Sur le blog de Maxime: PRIÈRE POUR LA PAIX ET L'UNITÉ EN UKRAINE


Baptême de la Rus'

Seigneur Jésus Christ notre Dieu, pose un regard miséricordieux sur l’affliction et le cri de douleur extrême de Tes enfants qui demeurent sur la terre ukrainienne. Délivre ton peuple de la guerre civile, fais cesser le sang qui coule et fais reculer les malheurs qui se dressent contre lui. Donne un refuge aux sans-abri, nourris ceux qui ont faim, réconforte ceux qui pleurent et réunis ceux qui sont divisés. N’abandonne pas le troupeau qui t’appartient, affligé par la faute de sa propre famille, mais plutôt, dans ta bienveillance, favorise la réconciliation sans tarder. Adoucis les cœurs des sans miséricorde et accorde leur la conversion afin qu’ils Te connaissent. Accorde la paix à ton Église et à ses enfants, afin que nous puissions Te glorifier d'un seul cœur et d'une seule bouche, Toi, notre Seigneur et Sauveur, aux siècles des siècles. Amen.
(trad. de la source par Maxime le minime)

https://orthodoxe-ordinaire.blogspot.com/2018/10/priere-pour-la-paix-et-lunite-en-ukraine.html

samedi 13 octobre 2018

TROIS SAINTES FEMMES ANARGYRES





À côté de l'entrée du monastère de saint Côme d’Etolie, à Mega Dendron dans la ville de Thermo de la province de Trichonida, l'higoumène Euthymia a récemment construit une chapelle dédiée aux trois saints femmes anargyres Zinaïde, Philonelle et Hermione. Ces trois femmes martyres furent reconnues pour leurs capacités de guérison au cours de leur vie. Zinaïde et Philonelle étaient sœurs et sont commémorées ensemble le 11 octobre 24 octobre avec le calendrier des Pères), tandis qu'Hermione était la fille de l'apôtre Philippe, et elle est commémorée le 4 septembre ( 17 septembre avec le calendrier des Pères) . Le souvenir de ces trois femmes anargyres est célébré dans leur chapelle le 11 octobre.


La chapelle des 3 saintes anargyres


Saintes Zinaïde et Philonelle

Une tradition forte dans le monde chrétien orthodoxe fut celle des saints médecins anargyres. Cette catégorie de saints était composée de médecins qualifiés qui, en tant que chrétiens, ajoutaient non seulement une dimension holistique à leur pratique, mais traitaient les pauvres et les défavorisés sans frais pour leurs soins. Ils combinaient la médecine clinique avec la prière, ne dédaignant jamais les produits pharmaceutiques ni les pratiques médicales traditionnelles.


Il est intéressant de noter que cette tradition a été créée par trois femmes - la première de la longue série de «médecins anargyres». Autant que nous sachions, le premier de ces grands "médecins anargyres" était des femmes. Les sœurs Zinaide et Philonelle naquirent dans le district de Tarse au début du premier siècle.Elles étaient cousines ​​de l'apôtre Paul et sœurs du premier évêque chrétien de Tarse, Jason. Elles sont nées dans une famille juive hautement éduquée. Les deux sœurs sont entrées dans la célèbre école de Tarse pour étudier la philosophie, mais elles ont été particulièrement attirées par les conférences des théoriciens de la médecine. Elles ont été converties au christianisme par leur frère Jason et ont été très attirées par l'Amour et la compassion du Christ. Après leur baptême, toutes deux se consacrèrent davantage à l'étude de la médecine et commencèrent à appliquer les principes et les idées chrétiennes à la philosophie médicale. Le christianisme orthodoxe enseignait que le salut est un processus de guérison. Les deux sœurs furent profondément impressionnées par la prise de conscience du fait que Christ liait la guérison de toute la personne, spirituelle et physique, à la présence du Royaume Céleste.


Lorsque Zinaïde et Philonelle finirent leurs études, elles se rendirent en Thessalie, où de nombreuses sources de minéraux médicinaux coulaient dans les nombreuses cavernes des montagnes de Felion. Les sœurs achetèrent une de ces sources médicinales et construisirent un petit logement et une clinique dans sa caverne.


Philonelle était une érudite patiente et attentive, déterminée à séparer la médecine des notions de magie et d’astrologie. Elle était également très intéressée par les problèmes de santé des femmes et elle devint une pionnière de la gynécologie. 


Zinaïde, qui était davantage une femme contemplative, s'intéressait vivement à la souffrance des enfants et travaillait au développement des soins pédiatriques. Vers la fin de sa vie, Zinaïde s'intéressa à ce que nous appellerions maintenant "la médecine psychiatrique". Beaucoup de ceux qui venait à leur hôpital souffraient de dépression sévère et d'autres maladies psychiatriques. Zinaïde eut la sagesse de reconnaître ces maladies comme de véritables maladies et se préoccupa de leurs causes et de leur traitement. Dans l'Eglise orthodoxe, les deux sœurs sont appelées "les amis de la paix".

Sainte Hermione

L'autre pionnière de la sainte tradition anargyre était Hermione, fille de Philippe le Diacre (Actes chapitre 6). Elle naquit à Césarée de Palestine au début du premier siècle. Aux côtés de sa sœur Eukhidia, sainte Hermione acheta une maison et fonda une clinique médicale consacrée au traitement des pauvres et des sans-abri. Des chambres furent ajoutées pour les voyageurs pauvres qui étaient malades. De cette façon, Hermione initia la tradition des auberges hospitalières chrétiennes ou "xenodokhia" (ce mot devint en grec moderne le terme « hôpital), qui deviendront une partie intégrante de la fonction des premiers diocèses chrétiens orthodoxes.



Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après



vendredi 12 octobre 2018

Protodiacre Vladimir Vasilik : Réponse aux observations erronées de l’Archevêque Job [Guetcha] de Telmessos

-->
P.Bartholomée et A. Job

Le 17 septembre 2018, le représentant de l'Église orthodoxe de Constantinople au Conseil œcuménique des Églises, Mgr Job (Getcha), archevêque de Telmessos, a donné une interview aux médias ukrainiens[1] dans laquelle il déclare que l'Ukraine a toujours été le territoire canonique du Patriarcat de Constantinople. Il est à noter que Mgr Job, archevêque de Telmessos, a été écarté de l'administration de l'archidiocèse d'Europe occidentale en 2015, à la suite de nombreuses demandes des fidèles orthodoxes et du corps enseignant de l'Institut Saint-Serge, en raison de ses manières autoritaires et de son incapacité à construire un dialogue avec ses fidèles. Il lance maintenant un appel à la direction de l'Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou pour qu'elle engage un dialogue d'amour avec les schismatiques.
L'archevêque Job a fait de son mieux pour convaincre ses lecteurs que l'Ukraine est toujours restée un diocèse du Patriarcat de Constantinople, à partir du baptême de Rus', et même après le transfert officiel de tous les droits de la Métropole de Kiev au Patriarche Joachim de Moscou par le Patriarche Dionysios de Constantinople.

C'est ce qu'il dit dans son interview :
C'est vrai. L'Ukraine était et restait, même après 1686, le territoire canonique du Patriarcat œcuménique. Après l’adhésion au milieu du XVIIe siècle de l’Ukraine de la rive gauche à l'État de Moscou, l’Église de Kiev  était divisée en plusieurs parties entre différents pays rivaux (Russie, Pologne et Turquie), raison pour laquelle à Kiev depuis longtemps on ne pouvait choisir aucun métropolite. Dans cette situation difficile, le patriarche œcuménique, afin de ne pas laisser les fidèles ukrainiens sans soins pastoraux, une partie de l'Église kiévienne dans les territoires subordonnés à la Russie fut transmise en 1686 sous la tutelle temporaire du patriarche de Moscou, pour que ce dernier puisse nommer à Kiev et dans d’autres diocèses de l’Ukraine de la rive gauche ( l'Hetmanat cosaque) un métropolite et des évêques. En même temps, une exigence principale restait en vigueur : que les métropolites de Kiev continuent à rester autonomes par rapport à Moscou comme exarques du patriarche œcuménique, et qu'ils commémorent son nom sans exception à tous les services divins. Ce n'était en aucun cas le transfert de la métropole de Kiev sous l'autorité des patriarches de Moscou.[2]

Son Éminence Job, est, pour le moins, de mauvaise foi. En fait, après le Concile de Kiev qui a élu le Métropolite Gédéon (Tchetvertinsky), comme le note le grand historien de l'Eglise russe, le métropolite Macaire (Boulgakov), le hetman Samoïlovitch et Gédéon (Tchetvertinsky) ont écrit au Tsar et au Patriarche, demandant d'envoyer des messagers[3] de Moscou à Constantinople pour recevoir le consentement du Patriarche de Constantinople à soumettre la métropole de Kiev au Patriarche de Moscou, et demandé que les droits et privilèges de la métropole de Kiev soient respectés. Cependant, la réponse à leur envoi consistait en un extrait des Chroniques confirmant les droits des patriarches de Moscou sur la métropole  de Kiev. 4] La gramota [ écrit de ratification] envoyé en réponse parlait de la façon dont les droits et privilèges du Métropolite de Kiev seraient préservés, mais on lui a refusé le titre d'exarque du Patriarche de Constantinople. [5]

Les ambassadeurs russes à Constantinople, Alekseev et Lisitsa, ont fermement insisté sur cette position, rencontrant la résistance du Patriarche Dosithée de Jérusalem (qui considérait que le Patriarche de Constantinople ne devait pas renoncer à la Métropole de Kiev au profit du Patriarche de Moscou et que la question concernait tous les Patriarches orientaux) et la ténacité du Patriarche Dionysios de Constantinople. La question est la suivante : auraient-ils tant résisté s'il n'avait été question que d'un vicariat temporaire ?

Cependant, après le consentement du grand Vizir à transférer la métropole de Kiev sous l'autorité du Patriarche de Moscou, Dionysios est devenu plus complaisant, car il avait besoin de la confirmation de son élection au Patriarcat. Le Patriarche Dionysios a envoyé plusieurs gramotas par l'intermédiaire d'Alexeïev (au Tsar, au Patriarche de Moscou, à le hetman et au métropolite de Kiev), dont l'essence est qu’il remettait la métropole de Kiev au Patriarche de Moscou. [6]

Ces gramotas ne disent rien sur le statut du métropolite en tant qu'exarque, ni sur la nécessité pour le Métropolite de Kiev de commémorer le Patriarche de Constantinople, ce qui serait, d'un point de vue canonique, incompatible avec sa consécration par le Patriarche de Moscou. De plus, connaissant la scrupulosité canonique des dirigeants de l'empire moscovite, il ne fait aucun doute qu'ils ont demandé un transfert complet et inconditionnel de la métropole de Kiev.

Les publicistes de Constantinople aiment à spéculer qu'après avoir reçu la gramota, l'ambassadeur Nikita Alekseev a offert au Patriarche Dionysios un cadeau de 200 pièces d'or et trois sorok[7] de sable. Cependant, puisqu'il a eu lieu immédiatement après que le Patriarche eut exprimé sa volonté, ce fait doit être considéré comme un don gratuit d'une Église fraternelle, et non comme un pot-de-vin. De plus, cela ne valait pas la peine pour eux de dégrader le Patriarche de Constantinople de cette façon.

Pour convaincre ses lecteurs de la légitimité des revendications en Ukraine, l'Archevêque Job est prêt à compter sur tous ceux qu'il peut trouver, y compris l'esclave turc et traître aux intérêts de la petite Russie, Petro Dorochenko. C'est ce que l'archevêque Job affirme solennellement :

En outre, la juridiction du Patriarcat œcuménique a été invariablement étendue à la Bucovine ukrainienne et à la partie méridionale dite Khanat de l'Ukraine, qui était alors officiellement sous le protectorat du Khanat de Crimée et de l'Empire ottoman. De plus, l’hetman Petro Dorochenko a essayé de former un État ukrainien sous le protectorat des sultans ottomans, comme ce fut le cas en Moldavie-Vallachie. Ses collaborateurs étaient le métropolite Joseph (Nielubovich-Tukalsky), qui prônait la préservation de la métropole de Kiev sous la juridiction du Patriarcat œcuménique. Suite aux efforts de l’Hetman Dorochenko lors du traité de paix de Buczacz en 1672, tout le territoire de la Podolie orientale et occidentale (de Buczacz à Bratslav) se retira de Pologne. Sur le territoire de laPodolie ukrainienne, de 1672 à 1699, il y avait le l'Eyalet de Podolie ou l’Eyalet de Kamianets (du turc ottoman pour province ou gouvernorat) dans l'Empire ottoman avec un centre administratif à Kamianets (maintenant Kamianets-Podilsky). Après la mort du métropolite Joseph (Nielubovich-Tukalsky), le patriarche œcuménique Jacob nomma le métropolite Pancrate pour la ville de Kamianets en août 1681, établissant ainsi la métropole de Kamianets dans le cadre du Patriarcat œcuménique (qui a été en fonction jusqu'en 1699).

Ici Vladyka Job a touché une des pages les plus douloureuses et honteuses de l'histoire du Patriarcat de Constantinople et de la Petite Russie.

En effet, quelques années après la mort du Métropolite Joseph (Neljubovitch-Tukalsky, † 1675) de Kiev, en 1681, une métropole du Patriarcat de Constantinople fut créé en Podolie, dirigé par Pancrace, "Métropolite de Kamenets et Podolsk et de toute la Petite Russie, exarque de Constantinople". Son autorité ne s'étendait qu'à la partie de la Confédération polono-lituanienne dont s’était emparé l'Empire ottoman - le reste de l'aire métropolitaine de Kiev était sous l'administration de l'évêque Joseph (Tchoumljansky) de Lvov, un uniate secret, que le roi polonais nomma administrateur du siège de Kiev en 1679.

L'Empire ottoman fut directement impliqué dans les affaires ukrainiennes après que Petro Dorochenko, hetman de la rive droite, soit devenu son citoyen en 1669. 8] En 1672, après une légère résistance, le sultan Mehmet IV s'empara de la puissante forteresse de Kamenets-Podolsky. Les habitants furent épargnés, mais les plus belles filles furent envoyées au harem du sultan et presque toutes les églises furent converties en mosquées. Il ne restait plus qu'une église orthodoxe, une église catholique et une église arménienne. Ainsi, dans la capitale de la métropole des Kamenets, dont Son Eminence Job est si fier, il n'y avait qu'une ( !) église orthodoxe. La campagne militaire réussie de la Porte[9] contre la Confédération polono-lituanienne en Ukraine en 1672-1676 conduisit au transfert de la Podolie et de son centre à Kamenets-Podolsky dans l'Empire ottoman et à la création de l’ Eyalet  de Kamenets-Podolsky. La souveraineté des Ottomans sur les régions de Kiev et de Bratslav fut reconnue. Les domaines de Petro Dorochenko ont ainsi conservé une autonomie assez illusoire. [10]


Le traité Juravno de 1676 entre la Confédération polono-lituanienne et l'Empire ottoman a finalement conféré aux Ottomans la majeure partie du territoire de la rive droite de l'Ukraine. Dans le même temps, le transfert de la Podolie à la juridiction de l'Empire ottoman a conduit à l'établissement de la domination ottomane sur ces territoires. Selon les informations de l'homme d'État ottoman Sari Mehmet Pacha, une partie importante de la population quitta la région après la conclusion du traité polono-turc de 1672. 11] A cet égard, Istanbul avait un projet de colonisation de ces territoires par les Tatars de Lipka. 12] En même temps, le reste de la population non musulmane était soumis à des impôts élevés[13] et au soi-disant impôt sur le sang (devshirme) fut introduite : la pratique du recrutement forcé des enfants des sujets chrétiens de l'Empire dans le corps des janissaires (gardes personnels du sultan). Rien qu'en 1673, environ 800 garçons furent recrutés comme janissaires sur le territoire de l'Eyalet nouvellement formé, puis circoncis de force et convertis à l'Islam. [14]

Dans les territoires soumis aux autorités ottomanes, la construction de nouvelles églises orthodoxes fut interdite et certaines des églises existantes furent fermées et converties en mosquées. 15] Sur le territoire du soi-disant Hetmanat lui-même, les forces ottomanes se comportaient de telle manière que Dorochenko dut présenter au début de 1673 une pétition pour une gramota qui protégerait des attaques les églises chrétiennes sur le territoire du "Vilayet Ukrainien". Cependant, ils n'ont pas beaucoup prêté attention au gramota. Les Ottomans ont détruit toute la population masculine de la ville d'Ouman. A Tchigirine, un représentant du sultan a affirmé avoir arraché la mitre de la tête du Métropolite lors d'une procession de la Croix parce que les Grecs n'étaient pas autorisés à la porter à Istanbul. L'union avec les Ottomans a compromis Dorochenko et lui a coûté le soutien de la société ukrainienne. L'arrivée des forces ottomanes (et avec elles de l'exarque patriarcal), que Dorochenko et le Métropolite Joseph avaient demandée, a conduit la plupart de l'Hetmanat à ne plus obéir à Dorochenko. De la rive droite du Dniepr commença un exode massif, et à partir de 1675, non seulement les gens simples, mais aussi ceux proches de l’hetman commencèrent à partir. Ainsi, l'occupation ottomane de la Podolie, où les métropoles de Kamenets et de Podolsk furent créés, séparées du siège métropolitain de Kiev, a entraîné la disparition complète du christianisme de ce territoire.

Les plans expansionnistes des Ottomans dans la seconde moitié des années 1760 s'étendirent à Kiev et à la rive gauche de l'Ukraine. 16] S’ils avait réussi, toute la population orthodoxe d'Ukraine aurait été dans la même situation, car les orthodoxes occupaient déjà une partie de la rive droite. C'est précisément à ces plans que certains historiens associent un retard conscient dans la nomination du nouveau chef de la métropole de Kiev par le Patriarche de Constantinople.

Ainsi, la volonté de Dorochenko et du Métropolite Joseph de protéger l'indépendance de l'Hetmanat sans la Russie et contre la Russie en alliance avec les Ottomans n'a rien apporté de bon pour l'Eglise orthodoxe en terre ukrainienne, mais a entraîné un affaiblissement significatif de l'Hetmanat en Ukraine, la destruction des églises, l'islamisation de nombreux Petits-russes, la mort de milliers de personnes et la fuite de dizaines de milliers de citoyens ukrainiens. Les déclarations de défense de la foi se sont transformées en trahison de l'Orthodoxie. La véritable histoire de la métropole de Kamenets-Podolsky est l'une des pages les plus honteuses de l'histoire de l'Eglise de Constantinople dans l'exercice de sa juridiction sur les futures terres ukrainiennes.

Cependant, les campagnes militaires ultérieures entre les forces russo-ukrainiennes et l'armée ottomane en 1677-1681 ont forcé les Ottomans à abandonner d'autres politiques expansionnistes. La rive droite du Dniepr a été décimée et abandonnée par la majorité de la population locale. 18] Par exemple, après la prise de Kanev par les troupes ottomanes au début de l'automne 1678, la ville fut encore dévastée en janvier 1679 et "l'église de la Très Sainte Mère de Dieu était pleine de cadavres". Voici ce qui aurait attendu  toute l'Ukraine.

Comme nous le voyons, l'archevêque Job ne recule devant rien dans son argumentation, y compris à l'utilisation de prêtres vagabonds nomades comme argument que Constantinople et l'Ukraine n'ont pas vraiment reconnu l'autorité du Patriarche de Moscou. C'est ce qu'il dit à son public inexpérimenté :

... À ce sujet, dans l’Ukraine de la rive gauche (l’Hetmanat cosaque), juste après les événements de 1686, un mouvement ecclésiastique interne a acquis une nouvelle force, connu sous le nom de« prêtres errants » ou « prêtres sauvages. » Son existence était due au fait que les paroisses orthodoxes ukrainiennes, ne voulant pas reconnaître l'autorité du Patriarcat de Moscou, invitaient chez elles des prêtres ordonnés dans la juridiction du Patriarcat œcuménique dans l’Ukraine de la rive gauche et en Moldo-Valachie. Tout au long du XVIIIe siècle, l'administration séculière et religieuse russe a brutalement persécuté ce mouvement et ses représentants, capturant et emprisonnant ces prêtres dits « non canoniques ». Malgré cela, jusqu'à la fin du XVIIIe siècle les fidèles de l’Ukraine de la rive gauche risquant leurs vies se rendaient en Moldavie-Valachie pour recevoir une ordination sacerdotale des évêques du Patriarcat œcuménique, contournant l'administration synodale russe. Et les hiérarques du Patriarcat œcuménique n'ont pratiquement jamais refusé de telles demandes des fidèles orthodoxes de l’l’Ukraine de la rive gauche.

Il ne s'agissait pas seulement de "prêtres errants" qui sont fréquemment apparus dans les pays ukrainiens après 1686, mais aussi d'évêques errants, généralement grecs ou serbes, et souvent évêques diocésains, bien qu'absents de leur diocèse sans autorisation. En 1694, le Patriarche Adrien de Moscou écrivit au Métropolite de Kiev et à l'hetman Mazepa au sujet des évêques grecs et serbes qui erraient dans la Petite Russie, notant leurs ministères autoproclamés et demandant aux autorités religieuses et séculières de la Petite Russie de surveiller plus étroitement leurs activités. 20] Suite à la correspondance du patriarche Adrien, un décret fut publié pour leur interdire de servir dans les églises des nombreux " évêques grecs inconnus " qui voyageaient à travers l'Ukraine, et pour les affecter à la vie monastique. Le Patriarche Dosithée de Jérusalem a soutenu la décision du Patriarche Adrien. De plus, après la mort du Patriarche Adrien, le Patriarche Dosithée écrivit au Tsar Pierre en 1702 qu'il ne faisait pas confiance au clergé errant : "Mais les vagabonds, et d'autres, qui se déplacent d'un endroit à un autre, pourraient introduire quelques innovations dans l'Église", et il avertit :


Si des Serbes, des Grecs ou des gens d'une autre nation viennent ici, que votre empire souverain et protégé par Dieu ne fasse jamais métropolite ou patriarche d’un Serbe, ou d’un Grec, ou d’un Ruthène, mais seulement d’ un Moscovite, mais un Moscovite natif, avec de nombreux grands mérites. [21] [22]


Évidemment, les Patriarches orientaux ont reconnu le droit du Patriarche de Moscou de résoudre seul la question du clergé "errant" sur le territoire canonique de l'Église orthodoxe russe. Quant à l'activité du clergé valaque dans les terres ukrainiennes, en Podolie, avec un petit nombre de membres du clergé orthodoxe et la restriction par les autorités polonaises de tout lien avec la métropole de Kiev, elle servait souvent le clergé valaque, qui était aussi, en général, vagant. Ces clercs étaient souvent sous interdit dans les diocèses de Valachie.

L'une de ces personnalités hautes en couleur était l'évêque Epiphane de Tchigirine, que les évêques du trône œcuménique avaient soi-disant consacré pour l'Ukraine en violation de la loi de 1686. En fait, il avait falsifié ses documents, et a été ordonné pour un bon prix à Iaşi ; il fut actif en Ukraine pendant un certain temps, puis il fut arrêté  et emmené à Saint-Pétersbourg où il fut déposé, et emprisonné aux Solovki. Il s'est enfui et s'est retrouvé dans les rangs des anciens croyants russes (pas ukrainiens !), avec qui il n'avait rien à voir au départ. Ce sont les types d'opportunistes que l'archevêque Job offre comme preuve de son prétendu bon droit. L'exemple "brillant" de Mgr Epiphane nous conduit d'ailleurs à un autre problème : le rôle du Patriarcat de Constantinople dans la fomentation du schisme russe du XVIIe siècle, en commençant par le Tomos en 1654, en passant par les anathèmes du Concile de 1667, et enfin en terminant par les consécrations célébrées par Ambroise de Belaïa Krinitsa, mort en communion avec le Patriarcat de Constantinople.

Mgr Job ne peut pas ne pas savoir que les canons des conciles œcuméniques et locaux condamnent sévèrement les prêtres et les moines errants, leur ordonnant d'être soumis à diverses punitions, jusqu'à l'excommunication et leur destitution (Canons 4, 5, 6 et 8 du Concile de Chalcédoine). Pourquoi les "prêtres sauvages" ne sont-ils pas condamnés par vous ? Pourquoi étaient-ils contre Moscou ? Ou pourquoi tant de prêtres de Constantinople sont-ils en position de "prêtres sauvages", qui n'ont pas de lieu de service permanent ?

Lisons encore :



Car, à Constantinople, il était impensable que l'Église-fille de Moscou puisse rompre les accords et tentent par la force d’abolir la juridiction canonique de la mère de l’Église de Constantinople en Ukraine. C'est pour cette raison que plus tard, après l'effondrement de l'Empire russe, le Patriarcat œcuménique, afin d’octroyer l'autocéphalie à l’Église orthodoxe en Pologne, a été contraint de déclarer non-canonique et invalide l’acte de 1686 et ce par un tomos particulier daté du 13 novembre 1924.

[...]

Sur la base de ce droit historique et canonique concernant les diocèses orthodoxes sur le territoire de l'Ukraine occidentale et de la Biélorussie occidentale occupés par la Pologne, le Patriarcat œcuménique a promulgué un tomos le 13 novembre 1924 qui octroie l'autocéphale à l'Église orthodoxe en Pologne. Ce tomos a invalidé l'acte de 1686, qui transférait la métropole de Kiev, sous la juridiction au patriarche de Moscou, pour en assurer temporairement la tutelle (l'administration). Le tomos du patriarche œcuménique de 1924 déclare que cette annexion était contraire aux canons et que le Patriarcat de Moscou ne remplissait pas les conditions stipulées dans l`Acte de 1686, selon lequel la métropole de Kiev devait se conformer au droit à son autonomie et au lien juridique qui lui était accordé par le Patriarcat œcuménique.

Ainsi, l'Église orthodoxe autocéphale en Pologne (et, en fait, en Ukraine occidentale et en Biélorussie occidentale) a été proclamée comme le successeur de la métropole autonome historique de Kiev-Galicie du Patriarcat œcuménique. D'ailleurs, le chef de l'Église orthodoxe autocéphale de Pologne, le métropolite de Varsovie et toute la Pologne, était considéré comme le supérieur de Laure de la Sainte-Dormition de Pochaev. Pendant l'occupation allemande, déjà en 1941, elle débuta dans les diocèses ukrainiens occidentaux sous la tutelle de l'Eglise orthodoxe en Pologne, avec la bénédiction de son primat, le métropolite Denis (Valedinsky) de Varsovie, conformément à un décret du 24 décembre 1941, une "Administration de l'Église orthodoxe sur les terres ukrainiennes libérées" a été créée, dirigée par son administrateur, le métropolite Polycarpe (Sikorsky) de Lutsk, qui était un évêque canonique de l'Église orthodoxe autocéphale en Pologne. Cette administration est souvent appelée « Église orthodoxe autocéphale ukrainienne » (UAOC), mais cette étiquette n'est pas correcte, car elle était une extension de la juridiction ecclésiastique de l'Église orthodoxe autocéphale en Pologne dans les parties occupées par l'Allemagne des terres ukrainiennes, en se fondant sur le fait que l'Église de Pologne a reçu son autocéphalie sur le fondement de la métropole de Kiev. Les locum tenens du Trône métropolitain de Kiev à l'époque étaient considérés comme le métropolite Denis (Valedinsky) de Varsovie, qui a été déclaré Primat canonique de l'Église orthodoxe autocéphale dans les territoires de Pologne, Ukraine et Belarus, reconnu par le Trône œcuménique et d'autres Églises orthodoxes locales.


 Encore une fois, ce dont l'archevêque Job pense se vanter est une triste et honteuse chronique d’iniquités - tant de la part des autorités laïques que des autorités ecclésiastiques. Tout d'abord, l'archevêque Job oublie de mentionner que le patriarche Grégoire VII, qui a promulgué ce Tomos, a créé le schisme le plus récent dans le monde orthodoxe, introduisant le nouveau calendrier dans le Patriarcat de Constantinople, et que c'est lui qui a soutenu les rénovateurs soviétiques et conseillé au Patriarche légitime Tikhon de renoncer au pouvoir. Mais même lui n'a pas osé déclarer la loi de 1686 juridiquement nulle et non avenue. La formulation exacte de Tomos du 13 novembre 1924 est la suivante :

La séparation initiale de notre trône de la Métropole de Kiev et des Églises orthodoxes de Lituanie et de Pologne qui en dépendaient et leur adhésion à la Sainte Église de Moscou n’a pas été accompli en conformité  e avec les règles canoniques.

C'est-à-dire que Tomos exprime l'opinion que le transfert du Métropolite de Kiev au Patriarcat de Moscou n'était pas entièrement canonique, mais ne dit rien au sujet de considérer invalide le transfert du siège de Kiev de Constantinople à l'Eglise russe en 1686. La seule base juridique du Tomos de 1924 pour l'adoption de l'autocéphalie de l'Église polonaise était le changement récent des frontières de l'État :

Les droits relatifs aux affaires ecclésiastiques... doivent correspondre aux changements politiques et administratifs.

Cependant, si Constantinople observait strictement les canons pertinents du Concile de Chalcédoine, elle devrait se séparer de ses diocèses de Thrace, de Macédoine et de Crète, qui feraient partie de l'Église de Grèce.

La seule base pour les Tomos était l'exécution de l'ordre bien rémunéré par le gouvernement polonais, dirigé par l'ancien socialiste et terroriste Józef Piłsudski, cruel persécuteur de l'Eglise orthodoxe. En Pologne, plus de 700 églises orthodoxes ont été détruites entre les deux guerres, dont un chef-d'œuvre architectural, la majestueuse cathédrale Saint-Alexandre-Nevski, qui a été dynamitée en 1922.

Immédiatement après le traité de Riga en 1921, les autorités polonaises étaient déterminées à résoudre la question de l'Église orthodoxe en créant une Église autocéphale dépendant du gouvernement national. Les sentiments nationalistes, y compris la russophobie, l'ukrainophobie et la phobie bélarussienne des personnalités politiques les plus influentes, qui se sont exprimées dans la lutte contre les langues russe, ukrainienne et biélorusse et dans la persécution de la foi orthodoxe et du peuple russe, y ont joué un rôle important. Les autorités ont exhorté les évêques du diocèse de Varsovie - d'abord Georges (Jarotchevsky), puis Denis (Waledyński) - à obtenir une autonomie totale, puis l'autocéphalie de l'Église orthodoxe de Pologne. Les évêques qui étaient contre l'autocéphalie polonaise (et, de plus, des dizaines de prêtres ordinaires) furent isolés et placés en résidence surveillée dans des monastères ou expulsés de Pologne. Pendant cette période, ils n'ont pas revendiqué les paroisses laissées en Ukraine. De plus, Georges Jarotchevsky a été contraint de résoudre le problème du statut canonique du diocèse prérévolutionnaire de Volhynie-Jitomir, qui avait été divisé entre la Pologne et l'Union soviétique, et a obtenu de Mgr Averky (Kedrov) de Volhynie-Jitomir un consentement écrit pour transférer la partie occidentale du diocèse de Volhynie-Jitomir avec la Laure de Potchaïev. à la juridiction des métropoles de Varsovie

Parallèlement, le Patriarcat de Constantinople profite de la situation en 1924 pour renforcer son influence.

L'autocéphalie accordée à l'Église orthodoxe en Pologne était très différente de l'autocéphalie habituelle. Ainsi, l'Eglise orthodoxe de Pologne a dû introduire la commémoration obligatoire du nom du Patriarche de Constantinople dans toutes ses églises, a été obligée de recevoir le saint chrême du Patriarcat œcuménique et a été privée des droits de relations avec les autres Eglises autocéphales, qui devaient également être réalisés par le Patriarcat œcuménique. Constantinople nomma un apocrisiaire spécial ayant rang d’évêque pour superviser les affaires de l'Église en Pologne, etc. Ces restrictions liturgiques, inter-ecclésiastiques, judiciaires et administratives témoignent du fait que l'Église orthodoxe de Pologne avait reçu une autocéphalie non canonique, ce qu'on appelle l'"autocéphalie partielle", c'est-à-dire qu'elle avait été transférée à la juridiction du trône de Constantinople et à sa disposition. Portant atteinte une fois de plu às l'intégrité de l'Église russe, Constantinople ne s'est pas limité aux diocèses orthodoxes de l'État polonais, mais le Tomos du 13 novembre 1924 a exprimé sans équivoque l'opinion que toute la métropole du sud de la Russie, une fois séparée de son unité avec l'Église russe par Constantinople et réunie ensuite avec le patriarcat de Moscou en 1687, devait être à nouveau soumise à Constantinople. [23]

Au début de la guerre contre l'Union soviétique, le Métropolite Denis (Waledyński) ordonna à l'imprimerie synodale polonaise d'imprimer des formulaires intitulés "L'humble Denis, Patriarche de Moscou et de toute la Russie" ( !), qui furent tenus secrets jusqu'en automne 1941 mais furent ensuite détruits. En d'autres termes, le métropolite Denis de Varsovie avait opté pour un brigandage canonique, avec le soutien des nazis, ennemis maléfiques de l'humanité en général, et des Slaves et de la Pologne en particulier. Fin septembre 1941, "le conseil ecclésiastique orthodoxe pan-ukrainien" invita le Métropolite Denis à diriger l'"Église autocéphale ukrainienne" restaurée, et il était prêt à accepter cette invitation. Toutefois, les autorités allemandes lui interdirent d'entrer sur le territoire de l'Ukraine occupée. Le 24 décembre 1941, le Métropolite Denis nomma l'archevêque Polycarpe (Sikorsky) "administrateur provisoire de l'Église orthodoxe autocéphale dans les terres libérées d'Ukraine". Les autocéphalistes se sont référés à l'autorité du Métropolite Denis, très haut placé aux yeux des autorités allemandes, et qui intercédait pour euxavec succès auprès du ministère allemand des Affaires étrangères. Vladyka Denis a vraiment essayé de devenir le patriarche de toute la Russie et de répandre l'Eglise orthodoxe autocéphale ukrainienne dans tous les territoires occupés par les Allemands autant que possible : Ainsi, des paroisses de l'Église orthodoxe autocéphale ukrainienne ont été créées en 1942-1943 également aux frontières avec l'Ukraine des territoires occupés de la RSFSR,[24] dans la province de Koursk, sous la juridiction de Théophile (Bouldovsky), reçues dans l'Église orthodoxe autocéphale ukrainienne, bien que celle-ci n'ait jamais eu aucune relation avec la métropole de Kiev. C'est d'ailleurs ce qui s'est passé dans les provinces voisines de Koursk et d'Orel pendant l'occupation allemande. Voici le témoignage d'Alexandre Vert dans son célèbre livre La Russie dans la guerre de 1941-1945 :

Ils ont exhumé les corps de la tombe dans le grand bâtiment en briques de la prison d'Orel. De loin, ils ressemblaient à des poupées de chiffon vert brun : ils étaient empilées près de la tombe, d'où ils avaient été enlevés. Deux représentants des autorités triaient les crânes - plusieurs d'entre eux avaient des impacts de ballse à l'arrière de la tête, tandis que d'autres n'avaient pas de tels trous. Une odeur aigre et de renfermé est venue du puits. Ils ont exhumé 200 corps, mais à en juger par la longueur et la profondeur de la fosse, il y en avait au moins 5 000 autres. Beaucoup de "spécimens" étaient des crânes de femmes, mais la plupart étaient ceux d'hommes. La moitié d'entre eux étaient des prisonniers de guerre soviétiques morts de faim et de diverses maladies. Les autres étaient des soldats ou des civils qui avaient été tués d'un coup à l'arrière de la tête. Les exécutions ont eu lieu à 10 heures le mardi et le vendredi. La section de la Gestapo qui a procédé aux exécutions se présentait systématiquement en prison deux fois par semaine. Et beaucoup d'autres ont été tués à Orel en plus de ceux-là. Certains ont été pendus publiquement comme "partisans" sur la place de la ville. [25]

Sur les 114 000 habitants de la ville d'Orel, 30 000 sont restés : les autres ont été tués par les Allemands ou sont morts de faim, ont été exilés en Allemagne ou ont fui.

Après l'évacuation des évêques de l'Église orthodoxe autocéphale ukrainienne avant que les troupes soviétiques n'avancent vers Varsovie, ils ont conféré au Métropolite Denis le titre de "Patriarche de toute l'Ukraine" le dimanche des Rameaux 1944. Le Métropolite Denis, qui a reçu un gramota et le nouveau titre, a prononcé un discours de gratitude en langue ukrainienne. Pendant plusieurs mois, le nom du Métropolite Denis comme "Patriarche de toute l'Ukraine" était commémoré dans les offices des églises de l'Eglise orthodoxe autocéphale ukrainienne. Bien sûr, il n'y avait aucune reconnaissance de son patriarcat autoproclamé par les Eglises canoniques. Après la Seconde Guerre mondiale, en juin 1948, le Métropolite Dionysios, alors écarté de l'administration de l'Eglise polonaise, s’adressa au Patriarche Alexis Ier de Moscou, offrant "un repentir sincère pour tous ses péchés en relation avec l'Eglise mère".

Nous pourrions aborder d'autres aspects de l'interview de l'archevêque Job, en particulier son désir fervent de réhabiliter le déloyal et incestueux Ivan Mazepa et de le présenter, avec son complice Filipp d’Orel, comme un combattant pour une constitution ukrainienne (à laquelle personne ne pensait alors même à cette époque). Cependant, ce que nous avons dit ci-dessus est suffisant pour évaluer la compétence ( !) de l'archevêque Job.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après 

Notes

1] Archevêque Job (Getcha) de Telmessos, Ukraine a toujours été le territoire canonique du Patriarcat œcuménique, https://glavcom.ua/ru/interview/arhiepiskop-telmisskiy-iov-gecha-ukraina-vsegda-byla-kanonicheskoy-territoriey-vselenskogo-patriarhata-528608.html

2] https://orthodoxie.com/jobgetcha/
3] Métropolite Macaire (Boulgakov), Histoire de l'Eglise russe, partie V (Moscou, 1996), 8:400.

4] Actes du sud-ouest de la Russie, partie 1, 5:120

5] Ibid.

6] Ibid, p. 142-143.

Une ancienne unité russe comptait les peaux d'animaux.

8] Ayverdi S., Türk - Rus Münâsebetleri ve Muhârebeleri. İstanbul, 2012. pp. 169-170 ; S. F. Oreshkova, "The Ottoman Empire in the second half of the 17th century : internal problems and challenges of foreign policy", The Ottoman Empire and the countries of Central, Eastern and South-Eastern Europe in the 17th century, Moscou 2001, 2 : 19.

9] Le gouvernement central de l'Empire ottoman.

10] Selon le chercheur turc M. İnbaı, il était important pour les Ottomans d'établir leur présence en Ukraine, ce qui leur permettait de s'ingérer ouvertement dans les affaires politiques de la région, y compris le contrôle direct de leurs territoires vassaux, avec lesquels le gouvernement ottoman cherchait à créer une base pratique pour la participation des forces de Crimée aux campagnes turques en Europe (voir İnbaı M. Ukrayna'da Osmanlılar : Kamaniçe seferi ve organizasyonu (1672). İstanbul, 2003. pp.18-19).

[11] Defterdâr Sarı Mehmed Pacha, Zübde-i Vekaiyat : Tahlil ve Metin (1066-1116/1656-1704) / Hazirlayan A. Özcan, Ankara, 1995, p. 28.

[12] İnbaı M., op. cit. pp. 18-19.

13] Kołodziejczyk D., Podole pod pod panowaniem tureckim : Ejalet Kamieniecki 1672-1699. Warszawa, 1994. p. 88.

[14] Defterdar Sarı Mehmed Pachaa... p. 28. Voir aussi : Actes relatifs à l'histoire du sud et de l'ouest de la Russie, recueillis et publiés par la Commission archéologique (Saint-Pétersbourg, 1879) 11 : 242 ; B. N. Florja, "Les guerres de l'Empire ottoman avec les pays d'Europe de l'Est (1672-1681)", L'Empire ottoman et les pays d'Europe centrale, orientale et du Sud-Est au 17e siècle, partie 2 (Moscou, 2001), 114-115.

[15] Defterdar Sarı Mehmed Pachaa. Op. cit. S. 28-29 ; Florja, "Guerres...., 114.
[16] Karaköse H. Çehrin Seferi ve Osmanlı'nın Ukrayna Politikası // Merzifonlu Kara Mustafa Paşa Uluslararası Sempozyumu (08-11 Haziran 2000). Merzifon, 2000. S. 155-171.

17] Vassily Daudov, envoyé à Istanbul à la fin de 1678, rapporta à Moscou à l'été 1679 des informations qui circulaient dans les cercles militaires ottomans, selon lesquelles le sultan voulait soumettre "toute la Petite Russie le long du fleuve Seym, détenu par les Cosaques". ( РГАДА. 89. 89. 89. Оп. Оп. 1. Кн. 19. Л. 99 об.).

17] M.R. Yafarova, La confrontation russo-ottomane en 1677-1681. (D. M., 2017).

18] Kostomarov, N. I., Ruines // Kostomarov N. I., Complete works : Monographs and historical studies (St. Petersburg, 1905) 15 : 322 ; B. N. Florja, "La Russie, la Confédération polono-lituanienne et la rive droite de l'Ukraine dans les dernières années de l'hetmanat de P. Dorochenko (1673-1676)", Antica Rus'. Themes of medieval studies (2016), 3 : 86-90.

[19] РГАДА. Ф. 89. Оп. 1. Кн. 19. Л. 87 об.
20] AYZR, 1re partie, vol. 5, Actes relatifs à l'affaire de la subordination de la métropole de Kiev au Patriarcat de Moscou (1620-1694) (Kiev, 1872), 129 : 406-413.

21] Voir N.F. Kapterev, Relations du patriarche Dosithée de Jérusalem avec le gouvernement russe (1669-1700). (Moscou, 1891), appendice 8.

22] Les Russes d'ici sont le peuple du sud-ouest de la Russie, la principauté russo-lituanienne, et les Moscovites d'ici ne sont pas seulement les citoyens de Moscou, mais aussi de la grande Moscovie. Les "mérites" ici peuvent aussi être des "avantages" ou de la "dignité".

23] Alexej Buevskij, "Patriarche Grégoire VII de Constantinople et l'Église orthodoxe russe", Magazine du Patriarcat de Moscou (1953), 4 : 33-38 ; http://archive.e-vestnik.ru/page/index/195304214.html

24] République socialiste fédérative soviétique de Russie.

25]Aleksandr Vert, Russia in the 1941-1945 War, Moscou : Boenizdat, 2001.