"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

jeudi 17 octobre 2019

St Ambroise d'Optino: l'humilité




Dieu a créé l'homme de chair, 

d'abord pour qu'il soit humble, 

en se rappelant que son corps a été créé

de la terre 

et doit retourner 

à la terre ; 

ensuite, 

pour pardonner à l'homme de chair 

car c'est un homme faible.

mercredi 16 octobre 2019

Des hiérarques grecs demande à l'Archevêque Jérôme de ne pas concélébrer avec le patriarche Bartholomée samedi



Dans le sillage de la confusion qui a suivi la session extraordinaire du Conseil épiscopal de l'Église orthodoxe grecque, le métropolite Séraphin de Kythira et plusieurs autres hiérarchies de l'Église demanderaient à Mgr Jérôme, archevêque d'Athènes, de ne pas concélébrer la divine liturgie avec le patriarche Bartholomée le samedi 19 octobre, à Thessalonique, comme prévu. 

En août, le Saint Synode a reconnu "le privilège du primat de l'Église de Grèce de continuer à traiter la question de la reconnaissance de l'Église d'Ukraine", et le Conseil des évêques a réaffirmé cette reconnaissance samedi dernier. 

Dans sa propre présentation faite samedi, l’archevêque Jérôme, qui a été habilité à traiter la question au nom de l'Eglise grecque, a recommandé que l'Eglise grecque reconnaisse "l'église orthodoxe d’Ukraine" [schismatique]. Pour certains hiérarques, cela implique une reconnaissance, tandis que d'autres ont rejeté l'idée que l'Église reconnaissait "l'église orthodoxe d’Ukraine" [schismatique], car aucun vote sur cette question spécifique n'a eu lieu. 

Ainsi, nombreux sont ceux qui s'attendent à ce que le samedi soit le jour où la position de l'archevêque deviendra claire, car Epiphane "métropolite" Doumenko de l'OCU sera certainement commémorée dans une liturgie avec le patriarche Bartholomée. Il y a aussi des rumeurs selon lesquelles Epiphane lui-même apparaîtra à Thessalonique pour concélébrer, bien que, comme l'a noté OrthoChristian, il soit déjà attendu à New York pour recevoir un prix des droits de l'homme de l'Ordre de Saint André de Constantinople. 

Dans sa déclaration dans laquelle il précise qu'aucun vote sur la reconnaissance de "l'église orthodoxe d’Ukraine" [schismatique] n'a eu lieu samedi, lue Métropolite Séraphim de Kythira fait appel à l’Archevêque Jérôme et au patriarche Bartholomée de ne pas précipiter et de ne pas exacerber la situation en concélébrant avec Epiphane. 

"Permettez-moi de conclure mon allocution par un appel chaleureux et sincère à Sa Sainteté le patriarche œcuménique Bartholomée et à Sa Béatitude l'Archevêque Jérôme d'Athènes et de toute la Grèce, en leur demandant de ne pas se presser et de ne pas créer une situation critique dans l'Église, et de ne pas commencer des services divins hiérarchiques communs avec le soi-disant " primat " de la nouvelle " autocéphalie " jusqu'à une discussion panorthodoxe de ce problème canonique et ecclésiologique complexe et, pourrait-on dire, explosif ", écrit avec émotion Son Éminence. 

De plus, dans une interview à RIA-Novosti, le métropolite a exprimé de fortes craintes quant à l'aggravation de la situation qui résulterait de la Liturgie de samedi. 

"Nous craignons que la situation ne s'aggrave et, je l'espère, qu'elle n'en arrive pas là. Si dans quelques jours, quand ils auront une liturgie commune à Thessalonique, ils commémorent Epiphane, je crains qu'il y ait une escalade", a-t-il dit, ajoutant qu'il craignait même un bain de sang. 

"Nous sommes exactement onze à ne pas vouloir que la question de l'autocéphalie aille plus loin. Nous disons qu'un nouveau Conseil des évêques devrait avoir lieu... Personnellement, je ne suis d'accord avec rien sur la question de la reconnaissance de l'autocéphalie," a commenté le Métropolite Séraphim. 

Il a ajouté qu'il craignait également des excès sur la Sainte Montagne lors de la visite du Patriarche du 19 au 22 octobre. Il n'y a que quatre monastères qui soutiennent la reconnaissance, alors que 16 sont contre, a dit le Métropolite. 

De plus, la chaîne ukrainienne Pravblog rapporte que ses sources indiquent qu'un groupe d'évêques de l'Église grecque a demandé à l’Archevêque Jérôme de ne pas aller à Thessalonique le 19 octobre et de ne pas officier avec le patriarche Bartholomée, qui commémorera Epiphane. 

L’Archevêque Jérôme aurait répondu dans une conversation privée en disant, "Je vais y réfléchir, parce que j'ai été entraîné dans tout ça. » 

Version française Claude Lopez-Ginisty 

d’après 


LES MÉTROPOLITES SÉRAPHIM DU PIRÉE ET DE KYTHIRA DISENT QU'IL N'Y A PAS EU DE VOTE, PAS DE RECONNAISSANCE DE L'OCU

Métropolite Séraphim de Kythira (à gauche), 
Métropolite Séraphim du Pirée (à droite). 
Photos : agionoros.ru 

Athènes, le 14 octobre 2019

Alors que les médias ont déclaré que le Conseil épiscopal de l'Église grecque a décidé de reconnaître l'"Église orthodoxe d'Ukraine" schismatique samedi, s'appuyant sur les déclarations du métropolite Hiérothée Vlachos à la presse, deux hauts responsables de l'Église grecque disent que ce n'est pas vrai. 

Les deux métropolites séraphim du Pirée et Séraphim de Kythira, qui ont tous deux abordé la question ukrainienne plusieurs fois auparavant, ont fait des déclarations dans le sillage de la session de samedi, déclarant que la question de la reconnaissance de l'UCO n'avait pas été soumise au vote et que les hiérarques avaient simplement confirmé la décision antérieure du Saint Synode. 

En août, le Saint Synode de l'Église grecque " reconnaissait le droit canonique du Patriarche œcuménique de délivrer le statut d'autocéphalie ", bien que, comme l'écrivait OrthoChristian à cette époque, il n'était pas clair si le Synode parlait des droits de Constantinople en général ou spécifiquement dans la situation ukrainienne. 

Le Synode a également reconnu "le privilège du primat de l'Église de Grèce de traiter plus avant la question de la reconnaissance de l'Église d'Ukraine". 

Selon les deux Séraphim, ces reconnaissances ont été affirmées par le Conseil épiscopal, et rien de plus. 

En fait, en tant que Métropolite, le Métropolite Daniel de Kaisariani a insisté pour qu'un vote ait lieu, mais cela ne s'est pas produit, souligne Séraphim de Kythira. Mais, écrit-il, les décisions sont prises dans l'Église orthodoxe par un vote, alors s'il n'y a pas eu de vote, comment aurait-il pu y avoir une décision ? 

Par conséquent, il déplore que les délibérations du Conseil aient immédiatement fait l'objet d'une pirouette, et que le Métropolite Hiérothée ait dit à la presse que les décisions du Concile impliquent que l'Eglise grecque a reconnu « l’église orthodoxe ukrainienne » [schismatique]. 

Bien sûr, la nouvelle s'est rapidement répandue dans le monde orthodoxe, et les hiérarques de plusieurs Églises locales ont déjà offert des réactions formelles et informelles à la supposée décision de l'Église grecque. 

Alors que l’Archevêque Jérôme recommandait de reconnaître « l’église orthodoxe ukrainienne » [schismatique], le Métropolite Séraphim de Kythira fait valoir que l'autorisation de l'Archevêque Jérôme pour traiter la question plus avant est sujette à interprétation. La question sera-t-elle simplement réglée par l’Archevêque Jérôme concélébrant ou commémorant avec Epiphane Doumenko à la Liturgie ? 

Le Métropolite Séraphim demande : Avec ce privilège, l’Archevêque Jérôme gérera-t-il, avec sagesse et prudence, la question canonique et ecclésiologique brûlante qui s'est posée de telle sorte qu'elle sera résolue de manière conciliaire et canonique avec les autres primats, ou qu'il procédera à la résoudre par lui-même ? 

De plus, le Métropolite Séraphim de Kythira écrit que les reportages confus des médias sur seulement 7 métropolitains qui s'opposaient à la reconnaissance de l'OCU étaient une grande erreur, une erreur qu'il espère avoir faite involontairement. En fait, écrit-il, de nombreuses hiérarques s'y opposent. Quelques-uns s'y sont ouvertement opposés, tandis que d'autres n'ont pas ressenti le besoin de répéter ce qui a été dit par d'autres, écrit le hiérarque de Kythira. Il note qu'il y a des hiérarques des "Nouvelles Terres", qui relèvent officiellement de la juridiction de Constantinople, qui s'opposent aussi à l'autocéphalie pour « l’église orthodoxe ukrainienne » [schismatique], mais qui ne se sont pas prononcés parce qu'ils ne veulent pas que leur point de vue devienne public. 

En particulier, le Métropolite Séraphim de Kythira note que le Métropolite Séraphim du Pirée a approfondi la question, l'explorant d'un point de vue canonique et ecclésiologique. 

Le Métropolite de Kythira conclut avec sa propre position sur cette question, que les hiérarques ont totalement ignoré une lettre qui leur est parvenue de Sa Béatitude le Métropolite Onuphre de Kiev et de Toute l'Ukraine, Primat de l'Église canonique ukrainienne, et ils ont ignoré le fait que le Patriarche de Constantinople ne peut recevoir une pétition d'une autre Église locale. 

Ce deuxième point est également soulevé par le Métropolite Séraphim du Pirée, comme il l'a déjà fait auparavant, soulignant que toutes les actions de Constantinople en Ukraine sont illégitimes parce qu'elles ont été faites en dehors de son propre territoire canonique et au-delà de ses droits canoniques. Seul un Concile œcuménique peut prendre de telles décisions, écrit le hiérarque du Pirée. 

Le Métropolite Séraphim de Kythira termine en appelant l'Archevêque et le Patriarche à éviter toute autre action et à attendre une décision pan-orthodoxe. 

De plus, une source au sein de l'Église grecque a également déclaré à RIA-Novosti que la décision des hiérarques ne signifie pas la reconnaissance de « l’église orthodoxe ukrainienne » [schismatique], car il n'y a pas eu de vote direct sur la reconnaissance. Il dit, au contraire, que cela ne viendra que lorsque l’archevêque Jérôme commencera à commémorer Epiphane Doumenko à la Liturgie. 

"Tout ce qui est écrit en ce moment vise à servir les intérêts du Patriarcat œcuménique et est mobilisé pour promouvoir la décision du patriarcat œcuménique ", a dit la source. 

Selon elle, la position de certaines hiérarques qui prônent la reconnaissance de l'autocéphalie de « l’église orthodoxe ukrainienne » [schismatique], comme le métropolite Hiérothée (Vlachos), qui a immédiatement dépeint les décisions du Conseil comme une reconnaissance de « l’église orthodoxe ukrainienne » [schismatique], l'ont fait parce qu'ils voulaient accéder au trône primatial. 

La source a également déclaré que la reconnaissance de « l’église orthodoxe ukrainienne » [schismatique] conduira à un schisme dans l'Église grecque, et il a exprimé l'espoir que l'Église russe ne se précipitera pas pour prendre une décision tant que la situation ne sera pas complètement clarifiée.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après


Sur Orthodoxie.com/Le métropolite d’Alba Iulia Irénée met en garde les moines contre les « tentations de la technologie »





Le métropolite d’Alba Iulia Irénée met en garde les moines contre les « tentations de la technologie » 

L’archevêque d’Alba Iulia, le métropolite Irénée, met en garde les moines contre l’abus de leurs téléphones mobiles, ordinateurs portables et tablettes, et la perte de leur temps sur les réseaux sociaux. 

Il a évoqué les « tentations » de la technologie moderne, dans une communication présentée lors de la Synaxe des starets (en Roumanie, titre attribué à certains supérieurs de monastères et de skites, ndlr), higoumènes et pères spirituels de la Métropole de Transylvanie, qui s’est tenue au monastère de l’Assomption de la Vierge Marie d’Izvorul Mureșului le 10 septembre 2019. 

« En ce nouvel âge et ce nouveau millénaire, nous assistons à une accélération de l’évolution de la technologie informatique et à la numérisation radicale de l’activité humaine. Peut-être qu’aucune autre invention n’a réussi à transformer profondément la vie humaine comme l’ont fait les nouveaux médias et les réseaux sociaux en ligne. Bien qu’elle donne l’impression d’une communication libre et ouverte, cette communication est en réalité artificielle et stérile, ce qui rend les gens plus solitaires qu’unis, comme le montre le chercheur américain Brian Primack de l’Université de Pittsburgh. 

Avec tous leurs apports, en tant que produits venant du monde exclusivement, les nouveaux médias promeuvent des attitudes mondaines telles que le plaisir et les discours creux. De cette façon, on perd son état spirituel et on reste dans une pensée mondaine qui chasse la grâce et laisse le cœur vide. 

Le chrétien et le moine, conscients de leur vocation, fuient ces moyens qui sont causes d’instabilité, d’indiscipline et de perte de temps, car les nouveaux médias captivent l’attention de l’homme et lui font perdre la notion du temps. La vie spirituelle authentique trouve sa stabilité et repose dans la prière liturgique et personnelle, dans la vie évangélique et dans la concentration sur la « seule chose à faire » (cf. Lc 10, 42). Ce n’est que de cette manière que les moines peuvent être « la lumière pour les séculiers », selon l’expression de saint Jean Climaque. 

Le téléphone mobile est un moyen de communication important utilisant la technologie numérique qui, s’enrichissant progressivement d’autres fonctions, permet la connexion à Internet et aux réseaux sociaux, obtenant ainsi le statut de « téléphone intelligent ». Nous remarquons avec douleur que le téléphone nous vole le temps que nous devrions utiliser pour prier, lire la Bible, contempler. 

Comme l’a dit un moine athonite, pour nous moines, le chapelet doit être le seul téléphone portable. Malheureusement, les moines qui utilisent dans leurs cellules les smartphones, les ordinateurs portables et les tablettes ne peuvent plus rester dans la solitude et l’hésychia. En naviguant sur Internet, ils sont immergés dans un monde agréable, qui répond en permanence à leurs désirs et à leurs passions. 

Peut-être que vous diriez que par le biais des médias et des réseaux sociaux, vous entrez facilement en contact avec les autres, vous les réconfortez et vous leur faites du bien, vous les aidez. Mais, comme le dit le théologien Jean-Claude Larchet, « ce type de communication est en fait devenu un substitut de la communion, laquelle, dans sa réalité spirituelle, est basée sur la communion avec le même Corps et le même Esprit au sein d’une communauté concrète ». 

Le moine contemporain n’a pas besoin d’identité virtuelle pour communiquer avec le monde, même avec une intention missionnaire. Ses armes doivent rester les armes spirituelles : la prière pour lui-même et le monde, le renoncement à sa volonté propre et l’ascèse. Saint Païssios l’Athonite déclare : « Le moine ne doit pas avoir pour objectif d’afficher une évolution matérielle. C’est une honte pour le monachisme. » 

Nous comprenons, bien sûr, que pour les besoins administratifs du monastère, des moyens techniques spécifiques soient utilisés, mais cela ne signifie pas que chaque moine doit y avoir accès, car cela provoquerait sa chute. En gaspillant son temps par l’usage excessif des réseaux sociaux (facebook, instagram, twitter, whatsapp, linked.in etc.), le moine fait montre d’un manque de maturité spirituelle et de discernement. 

En remplaçant l’esprit philocalique par l’esprit mondain qu’il considère comme un développement ou un progrès, l’effort ascétique, la règle de prière quotidienne, l’obéissance, et même le temps de repos sont diminués. En bref, l’ancien principe monastique Ora et labora! (Prie et travaille!) est affecté. 

On demande aux moines d’appliquer l’ordre monastique: vigilance, renoncement, détachement et hésychia, qui contribuent au rassemblement des facultés spirituelles et procurent une stabilité intérieure. Si les nouveaux médias provoquent agitation, insatisfaction et peurs, entretenant les convoitises et les passions troublantes pour l’âme, en revanche « la paix extérieure apporte la paix intérieure, la paix de l’âme, et constitue la condition indispensable pour le bon travail spirituel », comme le dit saint Païssios l’Athonite. 

N’oublions pas les mots d’Abba Arsène: « Pourquoi êtes-vous venu? », c’est-à-dire demandons-nous pourquoi nous sommes venus au monastère. Ne permettons pas, à travers la petite fenêtre de l’écran, de revenir au monde que nous avons quitté par la grande porte. Veillons à ne pas devenir un homo connecticus par le biais de la technologie numérique, à ne pas nous éloigner de Dieu, de notre prochain et de nous-mêmes, et à ne pas nous diriger vers un monde dégradé et transitoire », a déclaré le métropolite Irénée. 

et


Sur le blog de Laurence...


[...]

J'ai ensuite parlé avec le père Valentin de la situation de schisme provoquée par les Américains par l'intermédiaire du patriarche Bartholomée, et rendue irréparable par la trahison des hiérarques grecs. 

Avec beaucoup d'orthodoxes que je connais, je ne suis désormais plus en communion. "Comment pourrais-je rester en communion avec des gens qui le sont, depuis la décision de leur synode, avec des imposteurs plus ou moins criminels comme Philarète et Epiphane Doumenko, lesquels à présent, se jettent de surcroît dans les bras des uniates et de leur métropolite menteur et complice des massacres au Donbass?

- Impossible, impossible, m'a répondu le père Valentin, pourtant très héllénophile. C'est devenu impossible, c'est fini. Le schisme est acté."

Bien sûr, comme au temps du premier schisme du XI° siècle, des gens qui ne savent rien, continueront à aller, déterminés par leur position géographique, dans leurs églises habituelles, et se retrouveront de facto d'un côté ou de l'autre sans l'avoir vraiment décidé. Mais moi, je sais. 

Les hiérarques grecs qui ont suivi Bartholomée savent ce qu'ils font, comme le leur a dit le métropolite de Zaporojié. Ils vouent consciemment des millions de croyants et leur pasteur, à juste titre respecté de tous, aux persécutions d'intrigants impurs, aux ordres d'une bande de mafieux supranationaux notoirement sataniques et antichrétiens. 

Leur pardonner est l'affaire de Dieu, pas la mienne. Je Lui rends grâce de m'avoir fait monter dans la dernière arche plutôt que de m'avoir laissée en occident, dans la nef des fous.

[...]

mardi 15 octobre 2019

Sur l'excellent blog Ortodossiatorino: Άξιοι!

Malgré la tristesse du choix récent et répréhensible du Conseil épiscopal de l'Église de Grèce, n'oublions pas les métropolitains qui se sont opposés à une décision dont on se souviendra certainement comme une page noire de l'Orthodoxie grecque. 

Nous honorons ceux qui ont su résister aux pressions, tant parmi les métropolites présents au Conseil d'Athènes que parmi ceux qui ont exprimé leur désaccord depuis longtemps:



Άξιοι!


André de Dryïnoupolis, Pogoniani et Konitsa


Daniel de Kaisariani, Vironos et d'Imetto


Germain d'Elide et d'Olénie


Côme d'Aitolie et d'Acarnanie


Nectaire de Corfou et des Iles diapontiques


Nicolas de  Mésogée et de Lauréotique 


Séraphim de Karystia et Skyros


Séraphim de Cythère et d'Anticythère


Séraphim du Pirée



Syméon de Nouvelle Smyrne




ALEXIS SMIRNOV: UN AN APRÈS LE JOUR OÙ LE TOMOS A ÉTÉ OCTROYE À L'UKRAINE: À QUI LA FAUTE ET QUE FAIRE?

φιλήματα ιουδα

L’anniversaire des événements qui ont véritablement secoué le monde orthodoxe et l’ont mis au seuil d’une scission à grande échelle approche. Il s’agit d’une réunion du Saint-Synode du patriarcat de Constantinople du 11 octobre [l'an dernier], qui a abouti à une déclaration sur la «levée» des anathèmes et des interdictions des fondateurs du schisme en Ukraine, à l’annulation du transfert de la métropole de Kiev au Patriarcat de Moscou et à la confirmation de l’octroi de «l’autocéphalie à l’église orthodoxe ukrainienne».

Ainsi, bien avant les événements d'octobre, il était possible de deviner ce qui se passait. Le dernier "signal d'alarme" a été la cessation de la commémoration du Patriarche Bartholomée par l’Eglise orthodoxe russe après que le Phanar eut envahi le territoire canonique de l’Eglise orthodoxe ukrainienne [canonique] en septembre et y ait envoyé ses exarques. Même après cela, à notre avis, il restait encore suffisamment de temps pour prévenir une catastrophe imminente. 


Pourquoi était-il nécessaire de laisser surgir le problème, qu'il s'agit maintenant de surmonter "héroïquement" ?
Une question logique se pose : pourquoi avons-nous dû laisser surgir le problème, qui doit maintenant être "héroïquement" surmonté ? N'était-il pas plus efficace d'agir de façon proactive et de ne pas permettre aux fanatiques de faire une erreur qui est peut-être devenue irréparable aujourd'hui ? Et si les voix critiques officielles des Églises au niveau des Synodes et des Conciles étaient 13 sur 14, et non trois ou quatre ? Avec un appel à soutenir la proposition faite par l'Eglise orthodoxe russe en septembre d'examiner la question ukrainienne dans une cathédrale.

Une scène du "Seigneur des Anneaux" - une conversation sur l'Entente dans la forêt ancienne - apparaît dans la mémoire. Alors qu'une guerre se déroule à l'extérieur de leur monastère - Saruman crée une armée d'Uruk-Kais qui, avec les Orques, prennent d'assaut Rohan - ils ont une conversation tranquille dans leur langue ancienne, se demandant s’il faut aller à la guerre ou rester dans leur cachette. Ceux qui se souviennent du travail de Tolkien savent ce qui a poussé les Ents à rejoindre l'union des nations libres - jusqu'à ce que la guerre les touche personnellement, ils voulaient rester à distance : "Ce n'est pas notre guerre, les hobbits ! Seule l'attaque de Saruman les a motivés à s'élever contre lui.

Dans ce contexte, on peut noter la position passive des observateurs, qui a été prise par les Eglises hellénique et géorgienne (qui ont dit qu'elles réagiraient après), le refus de l'Eglise bulgare de soutenir la proposition de ses trois hiérarques d'examiner la question sous tous ses aspects orthodoxes, etc. Il est également intéressant de lire la déclaration de l'archevêque Job (Getcha) selon laquelle certains d'entre eux ont accepté de soutenir les actions de Constantinople lors de leurs visites dans les Eglises. Si tel est bien le cas, ils sont aussi pleinement responsables de la crise ukrainienne sur un pied d'égalité avec le patriarche Bartholomée, ce qui lui donne l'espoir d'une issue heureuse de son entreprise.

Un tel comportement des Églises peut se justifier en partie par le fait que la politique de Constantinople était extrêmement opaque. Jusqu'en août-septembre, il a assuré qu'il agirait d'une manière canonique et qu'il voulait seulement aider, et non interférer. Il en a parlé, par exemple, lors d'une rencontre personnelle avec la délégation de l'Eglise orthodoxe ukrainienne [canonique] en juin dernier. Très probablement, il n'y a pas eu de spécificité lors des rencontres de la délégation de Constantinople avec les Primats des Églises.

Pas un seul document sur la base duquel Constantinople a pris des décisions n'a été publié et rendu public.

En outre, pratiquement aucun document sur la base duquel Constantinople a pris ses décisions n'a été publié et rendu public. Un an s'est écoulé, et les Eglises locales n'ont pas encore vu le vrai texte du rapport de Mgr Macaire, évêque de Christopoulos (Griniezakis), qui aurait justifié la juridiction de Constantinople en Ukraine (le texte publié sur le site de l'Eglise orthodoxe ukrainienne [canonique] aux Etats-Unis et sur РИСУ [ Agence de Presse de l’église schismatique] en septembre, a été déclaré être un faux après que le contenu de ce texte eut été critiqué par l’Eglise orthodoxe russe). De même, aucun argument officiel connu n'a incité les fanatiques à "supprimer" l'anathème et les interdictions religieuses de Philarète et à "restaurer" toute la "hiérarchie" du « patriarcat de Kiev » et de « l’église orthodoxe ukrainienne autocéphale [schismatique] ».

La réaction des Eglises après l’octroi du tomos

Cependant, même après l’octroi du tomos à l’église orthodoxe ukrainienne schismatique], l'adoption de soi-disant "lois anti-églises" et le début des répressions de l'Etat contre l’Eglise orthodoxe ukrainienne [canonique], les Eglises locales n'ont pas pu prendre une position ferme. Les Églises serbe, polonaise et celle d'Antioche sont restées les plus actives, qui, outre les nombreuses déclarations des Primats critiquant Bartholomée, ont pris des décisions au niveau des Synodes ou des Conseils épiscopaux, indiquant très clairement que le «patriarcat ukrainien de Kiev [schismatique]»ne pouvait être reconnu. Nous prenons également note de la déclaration du Synode de l'Église roumaine, dans laquelle il a soutenu l'idée d'une assemblée entièrement orthodoxe. Les autres se sont exprimés de manière très rationnelle ou sont restés silencieux, préférant retarder l'examen de la question ukrainienne dans le cadre de diverses commissions.

Il y a eu plusieurs exceptions, en plus des Églises mentionnées ci-dessus :

1. En mars de cette année, la correspondance du Primat de l'Eglise albanaise avec le Patriarche Bartholomée a été connue. Il s'est avéré qu'en janvier, Mgr Anastase a envoyé une lettre au chef de l'Église de Constantinople avec un examen critique de ses actions. Cette correspondance est intéressante parce qu'elle contient une critique théologique détaillée de la légalisation du schisme, à laquelle Bartholomée n'eut aucune objection convaincante.

2. A son tour, en février, l'Eglise de Chypre a publié un communiqué officiel dans lequel une critique sévère de l'Eglise russe pour sa non-participation au Concile de Crète (comme si elle justifiait le refus de Constantinople de considérer la cathédrale du problème ukrainien) apparaît clairement. Cependant, plusieurs points concernaient également la critique des actions de Constantinople en ce qui concerne la reconnaissance "rétroactive" de l'"évêché" du « patriarcat de Kiev » [schismatique] et de l’"église orthodoxe ukrainienne autocéphale » [idem].

Déjà sur l'exemple de ces deux réactions la tendance de réduction artificielle du problème à la question de l'orthodoxie illégale dans les groupes qui divisent est visible. En même temps, les Grecs ont tendance à garder le silence sur l'abolition absurde de l'acte de 1686 et l'invasion de la juridiction d'autrui. C'est pourtant l'une des principales causes de la crise. En même temps, aucune Église grecque n'a encore douté de l'institution du "Patriarcat œcuménique" et remis en cause publiquement ses "privilèges".

La rencontre des quatre Primats des Églises grecques à Chypre en avril de cette année a donné un certain espoir pour une solution possible et le rétablissement du statu quo. Le Primat de l'Église de Chypre, Mgr Chrysostome, a offert de servir de médiateur dans la restauration du dialogue entre Constantinople et Moscou. Plusieurs sources ont rapporté que les Églises grecques avaient un plan pour retirer le tomos et organiser une réunion de clercs entièrement orthodoxes, au cours de laquelle Bartholomée serait forcé d'annuler ses décisions.

Mgr Chrysostome a eu le temps de rencontrer les Primats de plusieurs Églises et a annoncé une rencontre avec le Patriarche Cyrille. Mais tout s'est arrêté là. Plus tard, dans une de ses interviews, Chrysostome a noté avec parcimonie que le Patriarche Bartholomée n'aimait pas son activité. Il est fort possible qu'il ait pensé à la visite du Métropolite Emmanuel de France (11 juin) à Chypre, qui, selon la publication de Vima Orthodoxia, a lu un message de colère du Patriarche Bartholomée, semblable aux cris du souverain sur ses subordonnés.
Que ce soit une coïncidence ou non, le 16 juin, le Patriarche Théodore d'Alexandrie a soudainement parlé de l'intention de Chrysostome de demander au patriarche Bartholomée de rencontrer le Patriarche Cyrille pour discuter de la question ukrainienne dans un cadre informel.

Il semble que l'activité des "Quatre chypriotes" se soit réduite jusqu'à présent à persuader le patriarche Bartholomée de se limiter à une conversation avec le patriarche Cyrille. D'après certaines nuances de l'interview de Mgr Chrysostome, on peut aussi voir qu'il fait tout d'un coup d'œil à Constantinople et sans tenir compte de ses intérêts, il ne fera rien. Et cela signifie qu'il est peu probable que la réunion des orthodoxes sans le consentement de Bartholomée ait lieu. Dans le même temps, Constantinople elle-même ne démontre aucune démarche qui assouplisse ses décisions et prouve sa volonté d'engager le dialogue. De plus, il servira avec les représentants de l’église orthodoxe ukrainienne schismatique et cherche à impliquer des représentants d'autres Églises dans ce service.

Quoi qu'il en soit, les Chypriotes a priori ne peuvent proposer une solution qui satisferait pleinement l'Eglise orthodoxe ukrainienne [canonique] et l’Eglise orthodoxe russe, d'une part, et Constantinople, d'autre part. Les contradictions sont trop grandes. Très probablement, le "monde grec" tend à résoudre le problème aux dépens de l’Eglise orthodoxe russe poussant le Patriarche Cyrille à faire des compromis avec le Patriarche Bartholomée. Après cela, lors de la rencontre des Primats, ce compromis (et en fait, la reddition de l'Église orthodoxe russe) sera fixé par d'autres Églises.

Déjà dans le communiqué de février de l'Eglise chypriote on peut voir des allusions à la forme de ce compromis - la consolidation de deux juridictions parallèles sur le territoire de l'Ukraine, par analogie avec le "scénario estonien". En même temps, le maximum auquel Constantinople peut céder est la redistribution de la hiérarchie de l’église schismatique.

La neutralité de l'Eglise chypriote joue plus en faveur de Constantinople qu'en faveur de l’Eglise orthodoxe russe.

Par conséquent, soyons francs, la neutralité de l'Église de Chypre (si ce n'est pas une couverture pour des actions dures contre Bartholomée) joue plus en faveur de Constantinople qu'en faveur de l’Eglise orthodoxe russe. En général, avec n'importe quel compromis, Constantinople sera le seul à gagner, car il acquerra de toute façon ce qu'il n'a jamais eu, et l’Eglise orthodoxe russe perdra une partie importante de ce qu'il avait. Et le statu quo ne sera donc pas rétabli.
En outre, la justification de la neutralité que Chrysostome lui-même a exprimée est assez controversée. Selon lui, l'adoption de la position d'une des parties au conflit "avec une précision mathématique conduira à une scission. Mais de quel genre de schisme s'agit-il ? Quelle Église oserait soutenir Constantinople si la majorité s'opposait à son aventure ? Au contraire, la détermination des Églises est plus susceptible d'empêcher une scission et de forcer Constantinople à faire des concessions.

Rôle de l’Eglise d’Hellade

Dans ce contexte, il est nécessaire de mentionner séparément l'Église hellénique qui, en octobre, examinera la question ukrainienne au Concile des évêques, qui réunira 80 évêques de l'Église. S'ils prennent le parti de Constantinople, cela rendra complètement signifiante la mission des Chypriotes, car le Patriarche Bartholomée se figera dans sa position  et sera encore plus actif dans l'attaque de l’Eglise orthodoxe russe.

Depuis près d'un an, l'Eglise hellénique est sous la pression de Constantinople et des diplomates américains, qui visitent les hiérarchies grecs avec une fréquence de tirs de mitrailleuses. Dans ces conditions, l'archevêque Jérôme, comme il le pouvait, retarde la réponse. Pendant ce temps, une discussion théologique publique assez intense a eu lieu au sein de cette Église. Du côté du  Phanar se trouvait l'un des auteurs du texte du tomos - Blaise Fidas - et - de façon inattendue - le métropolite Hiérothée (Vlachos), plus quelques hiérarques des "Nouveaux Territoires » [faisant partie du synode de l’Eglise d’Hellade, mais dépendant aussi d’Istanbul. Ndt]. D'autre part, Anastase (Gotzopoulos), Théodore (Zisis) et Dimitri (Celengides), qui étaient également soutenus par certains évêques grecs de la « Grèce ancienne », ont exprimé leurs positions.
L'autre jour, le Métropolite Séraphim de Kifir a décrit les détails du Synode de l'Église hellénique, qui a eu lieu fin août. Et cela a été confirmé par le fait que du côté de Constantinople il y a principalement des évêques des "Nouvelles Terres", qui ont une double subordination et sont largement dépendants de l'Église de Constantinople. Alors que le reste de l'épiscopat est enclin à soutenir l'Église russe.

La proposition la première a été faite par le Métropolite Hiérothée presque immédiatement après le Synode - de reconnaître les "privilèges" de Constantinople pour le don d'autocéphalie et de tenir une nouvelle assemblée unificatrice de « l’église schismatique du tomos" et de l'Eglise orthodoxe ukrainienne [canonique], qui devrait créer un "Synode" commun et élire un nouveau chef (c'est-à-dire, en fait, finir ce que Bartholomée voulait appliquer). A leur tour, 179 représentants des clercs grecs, critiques à l'égard de Bartholomée, ont appelé les dirigeants de l'Eglise à reconnaître l'Ukraine comme territoire canonique de l'Eglise orthodoxe russe et à déclarer la non reconnaissance de l’église ukrainienne schismatique.

Il n'y a pas de position unifiée sur la question ukrainienne au sein de l’Eglise d’Hellade.

Tout ceci indique qu'il n'y a pas de position commune sur la question ukrainienne au sein de l’Eglise d’Hellade. Et en cas de décision unilatérale en faveur de Constantinople, elle peut être menacée par une scission interne. Ce que les hiérarques grecques choisiront - la solidarité nationale [ethnique en fait] avec Bartholomée, qui représente l'unité du monde grec pour les Grecs, ou la fidélité à l'Orthodoxie dans son ensemble - nous le verrons dans un avenir proche.

« L'église orthodoxe ukrainienne schismatique est l'avant-garde du nouvel uniatisme

Alors que les Eglises locales ne peuvent pas décider qui est à blâmer et quoi faire, le Patriarche Bartholomée met en œuvre une politique qui met en lumière pourquoi il n'abandonnera de toute façon pas le "projet autocéphale".

Il s'agit de l'intensité accrue des contacts entre le Phanar et le Vatican. Le patriarche Bartholomée est depuis longtemps passé d'une déclaration générale sur la nécessité de l'unité entre l'Eglise orthodoxe et l'église catholique romaine à un plan concret pour la "restaurer". En contrôlant la commission sur le dialogue orthodoxe-catholique, il prépare une formule pour la primauté du Pape, qui sera offerte à tout le monde orthodoxe.

En témoigne le fait que lors de la rencontre de la délégation du Phanar avec le Pape en juin, Mgr Job (Getcha) a remis une lettre du Patriarche Bartholomée, dans laquelle le chef de l'Église de Constantinople notait qu'en novembre prochain, le travail sur le document concernant le rôle spécial du Pape au cours du premier millénaire devrait être achevé.

Rappelons que l’Eglise orthodoxe russe était la seule Eglise qui n'avait pas signé le prétendu Document de Ravenne (dédié à la primauté du Pape) et avait engagé une polémique avec Constantinople sur la question de la primauté dans l'Eglise. Par ailleurs, le Patriarcat de Moscou a refusé de participer au Concile crétois, dont l'un des buts était l'approbation du document "Sur l'attitude de l'Orthodoxie envers le reste du monde chrétien", qui, selon de nombreux théologiens, ouvre la voie à la plus large interprétation œcuménique.

Ainsi, il est possible de dire sans exagération que pour Constantinople, l'Eglise russe est l'adversaire de base sur la voie de la réalisation d'une nouvelle union avec Rome. Dans ce contexte, le "projet autocéphale" en Ukraine vise à affaiblir la position de l'Eglise orthodoxe russe et à marginaliser progressivement son influence dans le monde orthodoxe. En conséquence, le Vatican, qui considère toujours le Patriarcat de Moscou comme un élément important du dialogue œcuménique (et l'Eglise orthodoxe russe n'est pas pressée de le dissuader de le faire), a réduit son intérêt pour ce projet.

Dans ce contexte, la rencontre du Patriarche Bartholomée avec le chef des greco-catholiques ukrainiens [id est des uniates] semble intéressante. Au cours de cette rencontre, Svyatoslav Chevtchouk a déclaré que c'est l’église orthodoxe ukrainienne [schismatique] qui devrait devenir le principal interlocuteur dans le dialogue œcuménique au lieu de l'Église orthodoxe russe (et cette thèse est en cours d'élaboration dans les médias uniates). Nous pouvons conclure que le Phanar et l’église uniate d’Ukraine sont devenus des alliés naturels dans leur lutte contre l’Eglise orthodoxe russe.

Les gréco-catholiques [id est les uniates] promeuvent depuis longtemps l'idée d'un patriarcat ukrainien commun sur la base de l’église uniate, qui devrait également inclure les Ukrainiens orthodoxes. Le chef de « l'église orthodoxe ukrainienne" [schismatique] envoie aussi des signaux bien précis disant que sa structure n'est pas contre l'unification, mais que les clés sont au Vatican et... à Constantinople.

Pour Constantinople, l'Ukraine deviendra un terrain d'essai pour une union avec l'Église catholique, et le "patriarcat" uni deviendra un modèle d'union entre l'Orthodoxie et le catholicisme  romain, qui conduira progressivement le reste des Églises orthodoxes.

Pour Constantinople lui-même, l'avantage sera un accord entre lui et le Vatican pour reconnaître ses "privilèges" dans le monde orthodoxe. Tout le monde en bénéficiera, sauf l'Orthodoxie elle-même. En outre, plus les Églises orthodoxes locales temporisent, plus la menace d'une destruction complète de l'identité orthodoxe devient réelle.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après


La Prière de Père Gabriel

lundi 14 octobre 2019

La reddition des grecs



Eh bien, ce n'est pas une histoire que j'ai jamais voulu écrire ou des paroles que j'ai jamais voulu entendre. Mais il n'y a pas d'autre possibilité : l'Église de Grèce a jeté l'éponge.

Ils devraient avoir honte. C'est ce qui arrive quand vous avez des hommes compromis dans l'épiscopat. J'imagine qu'au cours de sa dernière visite, Pompeo a pris plusieurs résistants et leur a passé des dossiers scellés. Il a probablement dit quelque chose du genre : "Ce serait dommage que cela devienne public un jour".

C'est comme ça que ça marche!

Mais maintenant le troupeau croyant de l'Église de Grèce va se flétrir. J'imagine que certains regarderont plus gentiment les restes de l'Ancien Calendrier. Les plus marginaux cesseront tout simplement d'aller à l'église et rejoindront les rangs des non-croyants. Et pourquoi pas ? Quand une Église locale devient si corrompue qu'elle ne peut résister aux calomnies de l'État (ou pire, des acteurs étatiques étrangers comme Pompeo), alors quel genre d'Église avez-vous ?

[...]

En attendant, je m'attends à ce que le schisme entre Istanbul et le reste de l'Orthodoxie continue. Des jours sombres nous attendent. Je dis ces paroles non pas parce que je suis pessimiste, mais parce que je suis réaliste.

Il vaut mieux que les gens sachent ce qui se passe. Tout comme le débat démocrate de l'autre soir, dans lequel Beto O'Rourke a déclaré sans ambages que le gouvernement fédéral devrait annuler l'exemption fiscale des églises qui ne respectent pas le programme LGBT [Lesbiennes, Gays, Bisexuels, Transexuels]*.

Ça arrive, les gars. Préparez-vous en conséquence!

P.S. Après le 28 octobre, où les Grecs du général Jean Metaxas repoussèrent l'invasion italienne et firent un pied de nez à la Wehrmacht, Winston Churchill se leva pour prononcer ces paroles émouvantes au Parlement : "Que l'on ne dise jamais que les Grecs se battent comme des héros, mais que les héros se battent comme des Grecs!"

Hélas, ces paroles sont maintenant nulles et non avenues. Ils parlent d'une autre race, d'un autre peuple.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

NOTE:
* LGBT c'est bien sûr le mouvement Lesbien, Gay, Bi et Trans... Un humoriste  américain [Ben Watkins in The Salt Lake Tribune June 13, 2013] a amélioré cet acronyme en y ajoutant encore quelques lettres: LGBTQRST 
Q pour queer (homo en argot)
R pour ceux qui font du skate (skateboard Riding) et ne veulent pas être discriminés
S singer (chanteur) pour ceux qui aiment chanter le soir au diner et devraient avoir les mêmes droits que les autres
T pour ceux qui prennent du Trax
et pourquoi pas ajouter W pour les femmes (women) qui aimeraient avoir plus d'un époux?


La trahison de Judas

Jérôme d'Athènes

ΑΝΑΞΙΟΣ !
ΑΝΑΞΙΟΣ !
ΑΝΑΞΙΟΣ !


Le baiser de Judas

*

Rappel utile:

"L'Église du Christ existe 

même lorsqu'elle est limitée 

à trois croyants orthodoxes, 

même si tous les évêques 

sont des hérétiques..." 

 Saint Théodore de Constantinople

dimanche 13 octobre 2019

La Prière de Jésus


La "Prière de Jésus" est la prière la plus puissante, qui contient les mots "Seigneur Jésus Christ, aie pitié de moi". Cette formule originale et traditionnelle de base variait et varie encore légèrement selon la période historique et l'école d'enseignement qui l'utilisait. Les ajouts les plus courants, mais pas les seuls, sont "Seigneur Jésus-Christ,[fils de Dieu], aie pitié de moi,[pécheur]". Et il y a d'autres variations.

Dans tous les cas, nous recommandons la forme la plus courte parce que, surtout de nos jours, nos esprits sont très faibles, alors la forme la plus courte, originale, aidera l'esprit à garder la prière plus facilement.

La règle d'or est de ne pas former de pensées, et de rejeter les pensées et les images qui viennent. Nous devrions simplement être attentifs aux paroles de la prière et enfermer notre esprit en elles.

Il faut la dire le plus possible - plus ou moins sans cesse - de préférence à l'aide d'un chapelet de prière car cela rassemble beaucoup mieux l'esprit.

Au début, il vaut mieux dire la prière oralement, en chuchotant (si vous ne distrayez pas les autres). Chuchoter la prière aide beaucoup, surtout quand quelqu'un fait des tâches manuelles.

Bien sûr, vous devez avoir une vie spirituelle normale à l'église - la confession régulière étant l'aspect le plus important ici. Un autre aspect très important de notre vie spirituelle est l'obéissance. Etre désobéissant est un moyen sûr de remplir son esprit de beaucoup de pensées et de guerre démoniaque qui entravera grandement la prière.

La "prière noétique" (aussi appelée "prière de l'esprit") et la "prière du cœur" ne sont que deux étapes spéciales de la prière de Jésus.

Si Dieu le veut, si une personne progresse dans la prière, alors la prière commence à "travailler" - c'est-à-dire à se dire seule, dans le "mental" de la personne. La personne ne fait plus aucun effort, mais la prière est dite sans cesse par la Grâce de Dieu, même si la personne parle, mange ou même dort. Quand nous disons que la prière est dite dans "l'esprit" d'une personne, c'est-à-dire la "prière de l'esprit" ou "prière noétique", nous disons que la prière est dite dans les aspects rationnels (parties) de l'âme qui sont dans les domaines de la logique et de l'intellect (νούς), habituellement traduits par "esprit."

Si une personne avance davantage, alors la grâce de Dieu amène la prière de l'esprit dans le "cœur" - c'est-à-dire dans les aspects irrationnels de l'âme - l'aspect inflammatoire et l'aspect appétitif.

Alors, le "mental" et le "cœur" s'unissent - et la personne surmonte le comportement chaotique interne de ses aspects, et atteint alors une force profonde et pacifique : la joie et la sagesse que la Grâce confère dans l'unité de son âme.

Si nous ne faisons pas correctement la prière, elle n'aura pas les résultats escomptés, ce qui n'est évidemment pas souhaitable. Mais ne pensez pas que cela aura des effets néfastes - sauf dans les cas où quelqu'un fait la prière tout en ayant des pensées de grande fierté, d'infatuation, d'illusion, de recherche de miracles, de lumière, de vision d'anges, etc.

Tomber dans l'illusion ou avoir des problèmes névrotiques est le résultat classique d'une âme très sûre d'elle et fière. Si quelqu'un se confesse régulièrement, ne croit pas et ne donne pas d'importance à ses pensées et aux diverses expériences pseudo-spirituelles (que le Malin peut apporter), il est très sûr. N'ayez pas peur de prier la prière de Jésus à cause de cela.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Jean-Claude LARCHET: Recension/Jean M. Foundoulis, Catéchèses liturgiques, Éditions Apostolia, Limours, 2019, 369 p.




Ce livre, magnifiquement édité par les éditions Apostolia de la Métropole orthodoxe roumaine d’Europe occidentale et méridionale, rassemble des émissions de la radio de Macédoine, diffusées en 1971, où Jean Foundoulis (1927-2007), professeur de Théologie liturgique à la faculté de théologie de Thessalonique de 1969 à 1996, se proposait d’initier aux services liturgiques un public populaire. Ces textes, publiés en grec à Thessalonique en 1971 sous le titre « Le culte liturgique », sont donc simples et vivants dans leur forme et leur contenu. Ils se répartissent en quatre sections correspondant aux quatre cycles de l’année liturgique : 1) le cycle journalier (comprenant : les Vêpres, les Complies, l’Office de minuit, les Matines, les Heures) ; 2) le cycle du Triode (avec les services de préparation au Grand carême, ceux du Grand carême, ceux de la Grande semaine) ; 3) le cycle du Pentecostaire ; 4) le cycle des Fêtes fixes. Chaque chapitre (correspondant à une émission) compte environ 7 pages où l’office est situé et justifié dans sa plage temporelle et son contenu, où sa thématique et son ordre sont brièvement exposés, où quelques particularités sont expliquées, et où quelques extraits caractéristiques sont présentés.

Le professeur Foundoulis n’était pas seulement un historien et un « théoricien » de la liturgie, c’était aussi un « homme d’église », personnellement immergé dans la vie liturgique, c’est pourquoi ses textes ont aussi une tonalité spirituelle qui reflètent sa propre expérience.

Ces textes, traduits par les moniales de Solan et brièvement introduits par Bernard Le Caro, directeur de la collection « Doxologie » où ils paraissent, seront utiles pour la catéchèse des jeunes et des nouveaux convertis, mais permettront aussi à beaucoup de fidèles d’entrer plus profondément dans le sens particulier et global des services auxquels ils assistent, et avant cela de participer davantage aux services qui entourent la Divine Liturgie elle-même, à laquelle, dans les pays occidentaux, se limite malheureusement trop souvent la vie liturgique, pourtant essentielle à la sanctification du temps et de la personne du chrétien.

On peut formuler deux regrets concernant ce livre : que les Divines Liturgies (de saint Jean Chrysostome et de saint Basile) ne soit pas incluses, et que par contre une place inutile soit accordée aux offices asmatiques des Vêpres, des Matines, de Tierce, de Sexte et des Typiques et de la Pannychis (à ne pas confondre avec la Pannychide!) alors que ces offices sont depuis longtemps tombés en désuétude et intéressent certes les historiens mais pas les simples fidèles auxquels s’adresse cet ouvrage.

Jean-Claude Larchet

Sur Orthodoxie.com: Le métropolite Syméon de Néa Smyrni au sujet de L’Ukraine : « L’Église ne nous appartient pas, c’est nous qui appartenons à l’Église !»



« Votre Béatitude,

Éminents Frères et Membres du Synode,

J’ai ressenti la nécessité – mieux, mon devoir, en tant qu’évêque de l’Église et humble membre du précieux organisme de notre Hiérarchie, de m’adresser à vous à l’occasion du début des travaux de la réunion ordinaire de cette sainte institution. La raison en est l’information qui a circulé sans être démentie de façon compétente, que sera posée devant la hiérarchie la question dite « ukrainienne », alors qu’elle n’était pas comprise dans l’ordre du jour des travaux de la Hiérarchie, lequel a été établi par le Saint-Synode permanent de la période passée et qui nous a été envoyé en temps opportun selon ce qui est prévu. 

J’ai choisi, pour une question aussi sérieuse et délicate, de m’adresser à Vous dans un esprit conciliaire, car je pense que le saint corps de l’Assemblée des évêques d’une Église est, en premier lieu et principalement, le lieu où il conviendrait que soient examinées et discutées les questions de cette nature. 

1) La première chose que je veux vous soumettre est la profonde tristesse et la grande angoisse qui s’emparent de mon âme au sujet de la situation qui s’est créée dans notre sainte Église orthodoxe. À savoir que l’Église sœur de Russie avec ses nombreux fidèles et l’Église de Constantinople avec son premier trône, notre Patriarcat œcuménique, se trouvent dans une controverse sans précédent à l’occasion de l’octroi de l’autocéphalie ukrainienne. Moscou a rompu la communion ecclésiale et eucharistique avec le Patriarcat œcuménique et procède à des agissements qui ébranlent l’unité ecclésiale ainsi que le respect du territoire ecclésiastique du Patriarcat œcuménique et de ses pasteurs locaux, évêques et prêtres. La situation en question, si elle n’est pas un schisme au sein de notre Église orthodoxe, ouvre toute grande la porte qui y conduit. Et les autres Églises orthodoxes, les anciens Patriarcat et les Églises autocéphales, ont ou bien exprimé leur opposition quant au problème qui a surgi ou ont adopté une position attentiste. Toute cette situation m’inquiète le plus profondément. Cela nous compromet aux yeux des chrétiens hétérodoxes et du monde entier. Les critères nationalistes, comme il semble, prévaudront dans les choix de tous. Et le danger que se forment deux « blocs », hellénophone et slavophone, ce qui a perturbé pendant des années nos relations ecclésiastiques inter-orthodoxes, est maintenant visible à l’œil nu. 

2) Je ne souhaite pas aborder l’examen historique et canonique du problème, à savoir à qui appartient la métropole de Kiev et, par conséquent, l’octroi de l’autocéphalie. La compréhension différente des sources historiques, l’interprétation des saints Canons de façon a soutenir les vues ou les intentions formulées, et le recours sélectif à la pratique ecclésiale de la part des intéressés immédiats et de ceux qui sont intervenus dans le problème, ont provoqué une confusion énorme autour de cette question. Bien qu’ayant une attitude traditionnelle, je ressens la nécessité de souligner que nous ne vivons pas au IVème ou au Vème siècle. Les structures ecclésiales ne sont pas celles qui existaient jadis autour du bassin méditerranéen et un peu plus loin. Des continents entiers ont été découverts depuis. L’Église s’est étendue au monde entier. Et elle n’a plus devant elle le Judaïsme et le paganisme. Autour de nous se sont produits et continuent à se produire des changements cosmogéniques. Sommes-nous justifiés de les ignorer ? 

3) Malgré cela, que l’on me permette de mentionner laconiquement ce qui suit : 

a) L’autocéphalie ukrainienne et les conditions dans lesquelles elle a été octroyée ne présentent aucune similitude avec les autocéphalies qui ont été accordées précédemment par notre Patriarcat œcuménique. Ces dernières avaient été demandées par les Églises locales canoniques des nouveaux États, et réclamées dans de nombreux cas par les détenteurs de l’autorité séculière également. 

b) La reconnaissance hâtive des schismatiques (sans qu’ils expriment le repentir) et des « auto-consacrés » – en contournant l’Église locale canonique, mais aussi le Patriarcat de Moscou qui avait condamné les schismatiques – et l’octroi de l’autocéphalie à la nouvelle structure ecclésiastique engendrent à juste titre des interrogations et provoquent des oppositions. On néglige, malheureusement, le fait qu’actuellement, nous avons deux métropolites de Kiev dans la même ville et deux Églises locales parallèles. Kiev et l’Ukraine, en fin de compte, n’est pas un pays de la diaspora mais une entité nationale unifiée. 

c) L’Église du Christ vit dans le monde et chemine dans l’histoire. Il est donc normal que notre vie soit influencée par des développements sociaux et divers autres changements. Cela vaut pour toutes les Églises locales. Pour ce qui concerne l’Église d’Ukraine, cela était vrai beaucoup plus pour le passé, comme nous le dit l’histoire. Or, le phénomène, comme nous le voyons, continue à être vrai aujourd’hui aussi. L’Ukraine constitue un territoire sur lequel s’affrontent les aspirations géopolitiques de l’Orient et de l’Occident. Et on se demande : les États-Unis visaient-ils à l’octroi de l’autocéphalie, raison pour laquelle après l’obtention de celle-ci, ils ont exprimé à maintes reprises leur satisfaction ? L’opposition de l’Église de Russie est-elle seulement de caractère ecclésiastique ou exprime-t-elle la tentative de Moscou de maintenir sous son influence la République d’Ukraine, comme c’était le cas jusqu’à récemment ? Est-il concevable, cependant, que nous, pasteurs responsables de l’Église qui devons tous lutter avant tout pour l’unité de l’Église du Christ, nous nous allions ou nous cédions aux plans ou aux rivalités des dirigeants de ce monde ? 

4) On soutient que l’octroi de l’autocéphalie contribuerait à surmonter les schismes, à l’unification ecclésiale des orthodoxes et à la pacification ecclésiale de l’Ukraine. Mais comme les faits le montrent, cela n’a pas réussi. On a observé – du moins lorsque l’ex-président Porochenko était au pouvoir – des persécutions de fidèles et des saisies d’églises appartenant à l’Église se trouvant sous le métropolite Onuphre. Une tentative de changer le nom de son Église par la loi a été faite, laquelle a été invalidée par le tribunal. Mais aussi, la nouvelle structure ecclésiale qui a reçu l’autocéphalie s’est divisée. Le « patriarche d’honneur » Philarète l’a quittée, suivi par une quinzaine d’évêques et proférant parallèlement – lui-même et ses évêques – de graves accusations contre tous. 

5) Et j’en viens à notre problème. Selon mon humble avis, la reconnaissance ou non de la nouvelle autocéphalie n’est pas de la compétence exclusive du Primat [i.e. l’archevêque Jérôme, ndt], ni du Saint-Synode permanent, mais de l’Assemblée des évêques. Notre Église n’est pas dirigée par un statut patriarcal, mais synodal. L’article 4 de nos statuts est plus que clair à ce sujet. La question est extrêmement sérieuse. Si la dernière réunion du Saint-Synode considérait que son examen [de la question ukrainienne, ndt] s’impose, il aurait fallu la porter à l’ordre du jour de la présente session ordinaire. Je pense que pour le sujet en question, si le Synode décide de l’aborder, il doit être convoqué une assemblée extraordinaire, avec un ou plusieurs rapporteurs. Et aussi, que les hiérarques prennent connaissance des documents officiels existants, ainsi que du contenu des contacts y relatifs de Sa Béatitude autour de cette question. Affronter ce problème hâtivement, de façon bâclée, exposera et impliquera notre Église dans des aventures. C’est une erreur que de croire qu’une telle façon d’affronter le problème constituera un soutien au Patriarcat œcuménique. 

6) Il est nécessaire que le ton baisse parmi tous et de tous les côtés. Et aussi de la part de ceux qui s’empressent à mettre par écrit leurs opinions. La passion assombrit l’esprit et l’agressivité blesse l’amour en Christ. L’Église est (aussi) une communauté d’amour. Les chrétiens « doivent s’aimer les uns les autres » (I Jn IV, 11). Russes, Serbes, Roumains, Grecs, Européens, Asiatiques, Africains, Américains, nous sommes tous les précieux membres du saint corps du Christ « qui est l’Église » (Col. 1,24). Et même si nous jugeons que nous avons le devoir de défendre quelque chose, nous devons le faire autant que possible « sans passion ». « Un serviteur du Seigneur ne doit pas se quereller, mais être affable envers tous» (2 Tim. 2,24). L’Église ne nous appartient pas. Nous appartenons à l’Église, par la grâce du Seigneur. C’est le Seigneur Jésus, qui est chef de l’Église et non pas nous, quelle que soit la fonction que nous exerçons dans l’Église, par la divine condescendance. L’amour et le souci du Seigneur pour l’Église sont incomparablement plus grands que les nôtres. Pour cette raison, au-delà de ce qui « nous a été ordonné », et de ce que nous devons faire comme des serviteurs « inutiles » (Lc XVII, 10), nous prions ardemment Celui qui soutient Son Église à nous éclairer nous aussi, Ses serviteurs, et à comprendre correctement, ainsi qu’à bien accomplir, notre devoir devant la Mère commune à nous tous, l’Église de Dieu. 

7) Je veux croire que Sa Toute-Sainteté le patriarche Bartholomée, un homme d’Église aux charismes exceptionnels – qui n’est toutefois pas infaillible ! – avec le profond sens des responsabilités qui le distingue pour la fonction qui lui a été confiée par Dieu et son grand amour de l’Église, fera ce qui est possible pour que l’Église orthodoxe sorte de l’impasse où elle semble avoir abouti. 

Au nom du respect, de l’estime et du grand amour en Christ que je nourris envers son honorable personne (sentiments qu’il connaît bien), mon humble personne le supplie à genoux à faire cela. 

Votre Béatitude, Éminents Frères, Il est probable, si son traitement ultérieur n’est pas constructif, que la question ukrainienne porte un coup fatal à l’unité de l’Église orthodoxe. Quelqu’un a dit, exagérant manifestement, que cela nous rappelle les jours de 1054 ! Je demande humblement que nous ne nous hâtions pas à prendre position. Il est bon que de tels problèmes soient évités, car si finalement ils se créent, y faire face ne sera pas facile et cela exigera du temps. Je demande particulièrement à Sa Béatitude de prendre toute initiative nécessaire et procéder à toute intervention qu’il juge utile pour aborder paisiblement cette question. En cela, il est aidé, entre autres, par l’esprit humble qui le distingue et son doux caractère. Avant tout, élevons notre demande « pour la stabilité des saintes Églises de Dieu et l’union de tous », ce plus souvent et avec plus d’ardeur. Le moindre Frère en Christ, 

† Syméon de Nea Smyrni ».