"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

dimanche 6 septembre 2026

Saint Joseph Damascène (8)

 


Un grand homme de la Renaissance 


Au 19e siècle, le Père Joseph a été, sans aucun doute, le plus grand homme de la Renaissance de l'Église d'Antioche. À cette époque, Antioche était dans une situation pathétique: le schisme des Melkites conduisitt à des répercussions très critiques à différents niveaux, en particulier sur le plan pastoral. 

Les missionnaires protestants furent très actifs et dynamiques, tandis que l'Eglise était impuissante et faible, ignorante et pauvre. A partir de 1724, les hiérarques étaient étrangers à la terre et à la lutte de son peuple. Antioche vécut sous bonne garde, sous prétexte qu'elle allait se désintégrer progressivement et devenir catholique. Au nom de l'Orthodoxie, à la fois Constantinople et Jérusalem s'arrogeaient entre eux l'autorité de nommer les évêques d'Antioche, en essayant de déterminer son destin. A cette époque il n'y avait pas de prêtres compétents, pas de souci pastoral. L'Eglise d'Antioche pourrait être décrite comme un navire frappé par les vagues, et prêt à couler... Au milieu de ces défis et dangers, le père Joseph a fleuri comme une branche nouvelle de piété, ayant une grande ferveur envers Dieu et l'Eglise du Christ sur terre...

Ensuite, la Renaissance a commencé... La vie du Père Joseph, la ferveur, la piété, la pauvreté, l'amour de la connaissance, la persistance de la pastorale, la prédication, l'orientation, des écrits, les traductions, l'école et la vigilance ont créé une atmosphère de renaissance, motivé les esprits, touché le coeur, et renforcé la détermination. Une nouvelle génération, une nouvelle pensée, et une nouvelle orientation ont fleuri. "et les os s'approchèrent les uns des autres. Je regardai, et voici, il leur vint des nerfs, la chair crût, et la peau les couvrit par-dessus; mais il n'y avait point en eux d'esprit. Il me dit: Prophétise, et parle à l'esprit! prophétise, fils de l'homme, et dis à l'esprit: Ainsi parle le Seigneur, l'Éternel: Esprit, viens des quatre vents, souffle sur ces morts, et qu'ils revivent! Je prophétisai, selon l'ordre qu'il m'avait donné. Et l'esprit entra en eux, et ils reprirent vie, et ils se tinrent sur leurs pieds: c'était une armée nombreuse, très nombreuse." (Ezéchiel 37:7-10).

Plus de 50 dirigeants de l'église étudièrent sous lui, et devinrent aussi attentif que lui: le Patriarche Meletios Al-Doumani (1906), premier patriarche autochtone depuis 1724, Gabriel Chatila, les régions métropolitaines de Beyrouth et du Liban (1901), le grand érudit Garasimos Yared (1899), les régions métropolitaines de Zahlé, Saidnaia et Maloula, et ses élèves dont plus de dix ont été évêques, ainsi qu'un grand nombre de prêtres, parmi lesquels l'archimandrite Athanase Kaseer (1863), fondateur du séminaire de Balamand, le Père Spyridon Sarouf ( 1858), doyen de la faculté cléricale de Jérusalem et rédacteur en chef des publications du Saint-Sépulcre; l'archiprêtre Jean Doumai (1904), fondateur de la maison d'édition arabe à Damas, auxquels il faut ajouter quelques laïcs de renom comme Dimitiri Chahadeh, pilier de la renaissance ; Michael Klaila, administrateur de l'école patriarcale de Damas, et le docteur Michael Machakah (1888). Ce qu'il désirait a été accompli durant sa vie et après sa mort; souvent il répéta: "J'ai planté la graine de la vigne véritable du Christ, et je suis en attente de la récolte." Toutes ces choses peuvent être expliquées par la déclaration du Métropolite Gabriel Chatila: "Les étoiles de Damas sont trois: L'apôtre Paul, Jean de Damas, et Joseph Mouhana Al-Haddad."

Sa vie devait être couronnée par une fin égale à sa piété et à son grand amour, par lequel il glorifia Dieu à travers son martyre. 


Version française Claude Lopez-Ginisty 
d'après
antiochianarch.org.au

samedi 5 septembre 2026

Saint Joseph Damascène (7)


Les missionnaires protestants contre le père Joseph 


Le Père Joseph eut plus d'une confrontation avec les protestants. Les plus importantes ont été dans les villes de Hasbaia et Rachaia, puis dans la ville de Damas. Dans la ville de Hasbaia, les missionnaires protestants américains eurent beaucoup de succès grâce à leur école qu'ils avaient établie dans cette ville. Plus de 150 personnes se convertirent au protestantisme, à la suite d'un conflit entre le peuple orthodoxe dans ces deux villes. Comme envoyé du patriarche Methodios, le Père Joseph fut en mesure de ramener quelques-unes des brebis égarées au bercail orthodoxe. Après avoir réfuté les missionnaires à plusieurs reprises, il réussit à les contenir. A Damas, il s'efforça par sa sollicitude pastorale, et sa prédication, de guider son peuple vers l'illumination et à le prémunir contre les sectes et les hérésies qui circulaient alors. 

Il est mentionné qu'un missionnaire anglais du nom de Grame avait l'habitude de rencontrer le Père Joseph et de discuter de questions bibliques avec lui. Réalisant que ce missionnaire dénaturait les réponses données par le Père Joseph sur les questions soulevées, il lui demanda d'envoyer les questions sous une forme écrite. Au début, ils pensaient l'avoir confondu, lorsqu'il négligea de leur répondre. Quand ils vinrent au début du Grand Carême, il répondit à toutes leurs questions avec précision, jusqu'à ce qu'ils partent surpris par l'exactitude de ses connaissances et sa recherche. On dit qu'à la suite de cet incident, ils mirent fin à leur campagne missionnaire dans la congrégation orthodoxe.


Version française Claude Lopez-Ginisty 
d'après
antiochianarch.org.au


vendredi 4 septembre 2026

Saint Joseph Damascène (6)

 


Le Père Joseph contre les Melkites 


A l'époque du père Joseph, le problème pour traiter avec les Melkites - ils faisaient récemment partie de l'Eglise orthodoxe - était l'obstacle le plus difficile et le plus douloureux auquel devaient faire face les enfants de la foi orthodoxe. À cette époque, tous les efforts étaient dirigés vers les schismatiques pour qu'ils reviennent à l'Eglise. En traitant de cette question, certains ont suivi la voie de la pression politique et administrative, d'autres ont suivi la voie consistant à chercher un accord mutuel. Le Père Joseph appartient au second groupe. 

Il haïssait la violence, il ne cèda pas à l'idée d'avoir des liens avec l'Empire ottoman pour battre et opprimer les Melkites. C'était un agissement non profitable, cela renforçait la séparation, et affaiblissaitt l'unité. 

La mesure de son succès nous est inconnue, mais ce qui s'est passé en 1857, et les années suivantes, montre que sa vision était plus correcte que les autres. Cette année-là, lorsque le patriarche melkite Clément a imposé le calendrier occidental à son Eglise, de nombreux fidèles prirentt ombrage de cette procédure, et décidèrent de revenir à l'Église Mère. Un groupe d'entre eux, sous la direction d'Al-Chibli Demachki, George Anjouri, Joseph Fouraeig, Moïse Al-Bahri, Sarkis Dibanah et Peter Al Jahel contactèrent le père Joseph, qui les accueillit à bras ouverts, les affermit et lutta pour les éclairer pendant 3 années consécutives. Il préfaça un livre écrit par Al-Chibli Demachki à propos des protestations de ce groupe. Le titre du livre était: La loi chrétienne est au-dessus des considérations astrologiques, il fut imprimé dans la maison d'édition du Saint-Sépulcre en 1858. La taille du groupe a commencé à croître rapidement, jusqu'à ce qu'il soit dit que s'il n'y n'avait pas eu le martyre du Père Joseph lors du massacre de 1860, il aurait réussi à ramener le reste des Melkites à la foi orthodoxe. 



Version française Claude Lopez-Ginisty 
d'après
antiochianarch.org.au


 


jeudi 3 septembre 2026

Saint Joseph Damascène (5)


Sa bibliothèque et ses écrits 

Nous n'avons pas connaissance de la taille de sa bibliothèque, car elle s'est soit envolée (sic) en flammes ou a été pillée pendant les calamités de 1860, quand il reçut la couronne du martyre. Son neveu, Joseph Abraham Al-Haddad a indiqué que le père Joseph possédait environ 1827 livres (ou probablement 2827 livres) en l'an 1840.

Ses écrits sont nombreux: il a comparé le livre des Psaumes, le bréviaire, le Liturgikon, et le livre des Epîtres avec leur original grec. Il a traduit en arabe le livre catéchétique de Philarète, métropolite de Moscou. 

En copiant les manuscrits, il avait l'habitude de les comparer avec d'autres manuscrits et de les corriger; ses versions étaient exactes comme "une pièce d'argent authentique." Il a dirigé la traduction du diacre Abdallah Al-Fadel Al-Antaki du livre de Saint Basile sur la Genèse, ainsi que 30 sermons de saint Grégoire le Théologien. Il avait l'habitude de terminer ces manuscrits avec le colophon suivant: "Ce livre a été copié à partir d'un ancien manuscrit, et complètement vérifié par rapport à celui-ci." Et avec son sceau et sa signature, il avait l'habitude de graver cette formule. Tous les bureaux d'éditions orthodoxes, comme Saint-Georges à Beyrouth, le Saint-Sépulcre à Jérusalem, les maisons d'édition en arabe de Russie. . . comptaient sur le Père Joseph dans l'édition, la comparaison et la relecture des épreuves de leurs livres. En théologie, littérature et érudition son sceau était un gage de confiance. Dans la traduction du grec en arabe, et de l'arabe au grec, il joignit ses efforts à ceux de Yannis Papadopoulos. Il a fait une grande contribution à l'édition de la traduction en arabe de la Bible, qui est connue comme l'édition de Londres. Tous les projets, préparé par M. Fares Al-Shidiak et M. Lee, ont dû être corrigés par le Père Joseph, en les comparant aux originaux en langues grecque et hébraïque.

Dans sa contribution littéraire, il a montré sa fidélité dans l'endurance et de la régularité, il se plaignait toujours de la mauvaise interprétation des maisons d'édition. Nous n'avons pas connaissance de ses propres écrits, à l'exception de quelques articles. Apparemment, il ne se croyait pas digne de rester en phase avec les grands Pères de l'Église, il se bornait à traduire, à publier, et à présenter leurs écrits aux fidèles comme un pur héritage intact et sans tache. 


Version française Claude Lopez-Ginisty 
d'après
antiochianarch.org.au


 

mercredi 2 septembre 2026

Saint Joseph Damascène (4)



Caractéristiques d'un homme de Dieu 

Une des principales caractéristiques de cet archiprêtre et professeur était sa pauvreté. Certaines sources mentionnent que son ministère à l'Église n'était pas rétribué. L'un des chercheurs de Russie a dit qu'il n'avait pas de revenu pour l'enseignement à l'école, il gagnait sa vie par le travail de ses enfants. L'argent ne le tenta jamais.

En raison de sa réputation immaculée, Cyril II, Patriarche de Jérusalem (1845-1872), lui demanda d'enseigner l'arabe à l'école cléricale de Jérusalem (Al-Mousalabah). Quand il a refusé, le patriarche lui a offert un salaire tentant - vingt-cinq livres - en plus de l'appartement, et du salaire sacerdotal. Il a refusé en dépit de son indigence. Il a dit "J'ai été appelé à desservir la paroisse de Damas; Celui qui m'a appelé me donnera satisfaction."

Il fut un véritable adorateur, fervent dans sa foi, très patient, juste, doux, calme, humble, compatissant, et une personne sympathique, il détestait parler de lui, il se sentait gêné par les éloges des autres, ne sachant pas comment leur répondre. Il était sage et patient dans sa sollicitude pastorale, il réfutait les érudits en parlant leur langue et avait l'habitude de convaincre les gens simples en utilisant leur langage. Quand quelques personnes simples d'esprit quittèrent l'Eglise pour une raison insignifiante, le Patriarche Methodios lui a demandé de les y ramener. Après qu'il les ait rencontrées, il n'a manifesté aucun ressentiment pour leur comportement, mais il les a traitées avec bonté, leur montrant quelques petites icônes, ces êtres revinrent repentis après qu'il ait touché leur cœur. 

En tant qu'universitaire, il fut professeur parmi les enseignants, l'étoile de l'Orient, et l'intellectuel du travail. Beaucoup d'hétérodoxes contemporains attestent qu'il fut l'un des grands érudits chrétiens de son époque. "Dans l'Église orthodoxe, c'était une personne très originale par sa connaissance, il n'y avait personne comme lui, à l'exception de George Lian. 

En tant qu'homme d'Église, il était considéré comme un grand théologien, comme la fierté de l'orthodoxie, un hieromartyr et un exemple de droiture et de piété. Telles sont les caractéristiques de l'archiprêtre Joseph Damascène: Il est un membre du peuple de Dieu. 

Version française Claude Lopez-Ginisty 
d'après
antiochianarch.org.au


mardi 1 septembre 2026

Saint Joseph Damascène (3)


L'école patriarcale 

Nous ne savons pas exactement qui a créé l'école patriarcale de Damas, ni quand elle a été établie. Il est confirmé que l'école a été associée au XIXe siècle avec le nom du père Joseph, jusqu'à ce qu'elle devienne connue comme son école.

Quand il a pris en charge l'école en 1836, il a réuni ses élèves avec ses propres étudiants. Puis, il n'a ménagé aucun effort pour la développer, par la nomination d'un conseil d'administration et il a donné aux enseignants des salaires réguliers, jusqu'à ce qu'il attire des étudiants de toute la Syrie et du Liban. 

La préoccupation du Père Joseph était d'éduquer l'esprit des jeunes hommes orthodoxes, et de "les préparer au sacerdoce et à servir le troupeau d'une manière utile." Les frais de scolarité étaient couverts par les fidèles et par le Patriarcat.

Sa vision était de faire croître l'intérêt pour les études théologiques. En 1852, au cours du Patriarcat de Hiérotheos (de 1850 à 1885), le père Joseph prit l'initiative d'ouvrir un département d'études théologiques, cherchant à l'élever au niveau d'autres séminaires théologiques du monde orthodoxe. Douze étudiants y étaient inscrits, et tous devinrent évêques dans l'Église. Son martyre en 1860 mit fin à son rêve, qui visait à établir le département sur des bases solides.

Il insufflait à ses étudiants l'esprit de paix et d'heureuse réussite, qui peut être trouvée parmi les saints, jusqu'à ce que cet esprit divin se déploie comme une chaîne au-delà de ses étudiants et diplômés pour parvenir à toutes leurs connaissances, collègues et amis. Ainsi, son enseignement s'est répandu, et son éducation porta le fruit de la justice. Il est mentionné que le père Joseph a été pour une période de temps l'un des professeurs du séminaire de Balamand, entre 1833 et 1840.

Version française Claude Lopez-Ginisty 
d'après
antiochianarch.org.au


 

lundi 31 août 2026

Saint Joseph Damascène (2)



Joseph comme archiprêtre 

Prenant conscience de sa réputation honorable, la paroisse demanda au Patriarche Séraphin (1813-1823) de Damas de l'ordonner pour qu'il soit leur pasteur. Comme le patriarche avait une grande admiration pour lui, il l'ordonna diacre, puis prêtre en une semaine alors qu'il n'avait encore que 24 ans (1817). Lorsque son successeur, le patriarche Méthodios (1824-1850), eut connaissance de sa ferveur, de sa piété, de ses connaissances et de son intrépidité, il l'éleva au rang d'archiprêtre, et lui donna le titre de Grand Économe. 

Prenant un grand intérêt à la prédication pendant de nombreuses années à la chaire de la cathédrale patriarcale (Al-Mariameih), il obtint d'excellents résultats dans sa prédication. Certaines personnes le considéraient comme le successeur de saint Jean Chrysostome: Naaman Kasatly fit son éloge dans son livre Le Jardin Luxuriant, le qualifiant de prédicateur créatif.

À la fin du 19ème siècle, c'est-à-dire, 39 ans après sa mort, Amin Kairala mentionna dans son livre: La Fragrante Odeur que les personnes âgées répétaient encore certains de ses sermons. L'écho de ses sermons étaient encore sensible jusques au début du 20e siècle; Habib Al-Zaiat, écrivain melkite, mentionna qu'il était connu chez les orthodoxes arabes par sa connaissance et sa prédication.

Dans ses sermons, il s'est distingué par ses preuves et ses réponses convaincantes et irréfutables. Selon Issa Al-Iskander Maloouf, il avait une voix calme qui pouvait être entendue de loin. Les gens écoutaient ses paroles, avec avidité et joie et mettaient en pratique ses conseils et gardaient ses commandements. 

Parallèlement à ses sermons, il agissait avec diligence, réconfortant les cœurs brisés, consolant ceux qui étaient frappés par l'épreuve, aidant les plus démunis et donnant de la force aux faibles. 

En 1848, lors de la propagation de la fièvre jaune à Damas, le père Joseph manifesta une grande ferveur dans le ministère auprès des malades et pour enterrer les morts, sans être troublé par la possibilité de contracter cette fièvre contagieuse, parce qu'il avait une foi profonde en Dieu. Bien qu'il ait perdu l'un de ses enfants par cette maladie contagieuse, il était infatigable à faire son devoir pastoral. Sa ferveur, sa fermeté et sa compassion augmentèrent. Il était très respecté par le peuple de Damas, qui voyait en lui l'image de saint Paul qui dit: "Nous sommes pressés de toute manière, mais non réduits à l'extrémité; dans la détresse, mais non dans le désespoir; persécutés, mais non abandonnés; abattus, mais non perdus; portant toujours avec nous dans notre corps la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus soit aussi manifestée dans notre corps." (2 Corinthiens 4:8-10).

Parmi ses multiples efforts, il réussit à détourner le peuple loin de nombreuses traditions non-orthodoxes concernant les fiançailles, les mariages et les enterrements. De même qu'il était compétent dans la construction des âmes, il était compétent dans la construction d'églises. En 1845, il restaura l'église de Saint-Nicolas, qui était à côté de la cathédrale patriarcale, mais elle fut dotruite par le feu pendant les événements horribles de 1860. 

Version française Claude Lopez-Ginisty 
d'après
antiochianarch.org.au

dimanche 30 août 2026

Saint Joseph Damascène (1)


Tropaire: Ton 5 

Ô fidèles, honorons le martyr du Christ, 
Le prêtre de l'Eglise d'Antioche, 
Qui a baptisé la terre, les églises, 
et le peuple de la Syrie, 
Dans la parole du Seigneur, 
Dans son sang et dans 
le sang de ses compagnons. 
Etant baptisé, depuis sa jeunesse, 
par la lumière de l'Evangile, 
Il a travaillé, enseigné 
Et gardé l'Église du Christ avec ses brebis. 
C'est pourquoi, ô Joseph Damascène, 
Sois notre exemple et notre protecteur 
Et notre fervent intercesseur auprès du Sauveur 




Introduction 

Le nom du hiéromartyr est Joseph, fils de Moïse, fils de George Mouhana Al-Haddad, connu comme le Père Joseph Mouhana Al-Haddad. D'habitude, il prend plaisir à se présenter comme une personne dont l'origine est de Beyrouth, mais sa patrie est Damas, et sa foi est orthodoxe. 

Son père a quitté Beyrouth dans le dernier quart du 18e siècle, il s'est établi à Damas, où il travaillait le tissage, se maria et engendra trois fils: Moïse, Abraham et Joseph. L'origine de sa famille remonte aux Ghassanides - ses ancêtres sont partis vers le village libanais d'Al-Firzul au 16ème siècle, et de là à Biskinta, au Mont-Liban, puis à Beyrouth. 

Ses biographes décrivent Joseph comme un prêtre de taille moyenne, au teint blanc, d'apparence digne, avec un grand front, des yeux vifs et intelligents, et une barbe touffue, dans laquelle les poils gris se sont éparpillés en lignes, jusqu'à ce qu'ils ressemblent aux rayons du soleil au lever du jour. 

Sa naissance et sa jeunesse 

Il naquit en mai 1793, dans une famille pauvre mais pieuse. À un âge précoce, il a obtenu une certaine éducation, donc il avait une certaine connaissance de l'arabe, et d'un peu de grec. N'ayant pas les moyens de payer sa scolarité, son père a décidé de mettre un terme à ses études pour le mettre à travailler dans l'industrie de la soie. Son désir de savoir, cependant, n'a pas été éteint par la pauvreté et la misère, il a donc décidé de trouver une solution. Il a commencé à travailler toute la journée et de s'instruire la nuit - la nécessité en fit une personne qui se fit toute seule. Très probablement, Moïse, son frère aîné, qui était un écrivain bien instruit et une personne connaissant bien la langue arabe, le poussa à un tel désir vers la connaissance. Moïse avait une petite bibliothèque à la maison, avec laquelle Joseph entreprit l'étude, mais, malheureusement, Moïse quitta cette vie à l'âge de 25 ans, il est dit qu'il est mort parce qu'il se surmena dans l'étude. Cette épreuve eut un impact ambivalent sur les parents de Joseph concernant le désir ardent de Joseph [d'étudier avec] des livres. Le flambeau de la connaissance, cependant, continua à brûler dans le cœur de Joseph. 

Atteignant l'âge de 14 ans, le jeune homme commença à lire les livres de son frère, mais il était frustré parce qu'il ne pouvait comprendre seulement une petite partie de ce qu'il lisait. N'y parvenant pas, il ne se découragea pas, et sa détermination augmenta considérablement. Sa question était: "L'auteur de ces livres n'était-ce pas un être humain comme moi, pourquoi est-ce que je n'arrive pas à les comprendre?! Je devrais en saisir le sens." 

Puis, il étudia avec un vieillard musulman damascène, Mouhamad Al-Attar, qui fut l'un des plus grands érudits de son époque, il apprit de lui l'arabe, la logique, l'art du débat et le raisonnement droit. Il a alors interrompu ses études, cependant, parce que le coût de l'écolage et des livres étaient un fardeau trop pesant pour son père, il fut obligé de revenir à son style de vie ancien: travailler toute la journée, et s'instruire lui-même pendant la nuit.

À ce stade, il est important de mentionner que la scolarité était alors associée à la spiritualité et la théologie. Nous ne devons pas oublier que la Bible était le livre le plus important. Joseph consacrait sa soirée de tout coeur à étudier la Torah, les Psaumes et le Nouveau Testament, en comparant le texte grec de la Septante à la traduction en arabe, jusqu'à ce qu'il atteigne le maîtrise de la traduction de et vers le grec. Ses connaissances ne se limitaient pas à la langue grecque, mais il fut capable de mémoriser une très grande partie de la Bible. Il persista, avec grande avidité, à saisir toutes les occasions possibles pour avoir plus d'éducation. Joseph étudia la théologie et l'histoire sous M. George Sabagh Chahadeh. Il a ensuite commencé à enseigner à son domicile, il a appris l'hébreu avec l'un de ses étudiants juifs.

Son effort tenace suscita la crainte de ses parents, alors ils essayèrent de le dissuader de l'apprentissage et de l'enseignement, de peur qu'il subisse le même sort que son frère. Ayant échoué dans leurs efforts, ils essayèrent une autre stratégie: On le donna en mariage à une jeune femme damascène dont le nom était Mariam Al-Kourshi, alors qu'il n'était encore âgé que de 19 ans (1812). Le mariage, cependant, ne put le détourner de sa quête de connaissance; sa biographie nous apprend que, même la nuit de ses noces, il continua à lire et étudier

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
antiochianarch.org.au


 

samedi 29 août 2026

Saint Ignace du Caucase (Briantchaninov): De la vigilance spirituelle

Свт. Игнатий Брянчанинов



La vigilance est cause de la pureté du cœuret donc aussi une cause de la vision de Dieu, qui est accordée par la grâce de la puretéet qui élève la pureté du cœur jusques à l'absence bénie de passion.

La vigilance est inséparable de la prière incessante. Elle est née de la prière, et elle donne naissance à la prière.

La vigilance est la vie spirituelle. La vigilance est la vie célesteLa vigilance est l' humilité véritable qui concentre tous ses espoirs en Dieu...  

La vigilance est obtenue de manière progressiveElle est acquise par une pratique longue et continue.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Ignatius Brianchaninov 
The Arena
An Offering to contemporary Monasticism
cité par Monachos.net

vendredi 28 août 2026

Père Zachariah Lynch renouvelle son appel aux chrétiens orthodoxes grecs à s'opposer à la persécution de l'Église orthodoxe ukrainienne canonique

Père Zachariah

PUEBLO, CO - Un nouvel appel exhorte les dirigeants et les fidèles de l'archidiocèse orthodoxe grec d'Amérique (GOARCH) à s'exprimer contre ce que son auteur décrit comme la persécution de l'Église orthodoxe ukrainienne (UOC canonique). L'appel, publié lundi par le Père. Zechariah Lynch, reprend un essai qu'il a publié pour la première fois en 2019 et soutient que les développements entourant la reconnaissance de "l'église" orthodoxe d'Ukraine (OCU schismatique) ont rendu ses préoccupations antérieures encore plus urgentes.

Père Zachariah Lynch, qui est prêtre à l'église orthodoxe de l'archange Michel (OCA) à Pueblo, au Colorado, souligne en particulier la présentation prévue le 26 septembre 2026 d'un prix "Beacon of Hope" au président ukrainien Volodymyr Zelensky au Sanctuaire national de St Nicolas à New York. Il se demande s'il est approprié d'honorer Zelensky alors que, à son avis, les autorités ukrainiennes sont responsables d'actions contre le clergé et les fidèles de l'UOC.

Il cite également la récente attaque du monastère de Sviatohirsk, au cours de laquelle un moine a été tué et deux autres auraient été gravement blessés. Tout en reconnaissant qu'il n'a aucune preuve directe reliant le gouvernement ukrainien ou l'OCU à l'attaque, Lynch déclare qu'elle est "le fruit de l'encouragement continu de la persécution contre l'UOC".

L'auteur met également en évidence les enlèvements de prêtres de l'UOC et les et les appels aux chrétiens orthodoxes grecs en Amérique pour qu'ils réfléchissent à la façon dont ils réagiraient si leur propre clergé était ait soumis à un traitement similaire. « Maintenant, demandez-vous, et si c'était votre prêtre ? » demande-t-il, exhortant les fidèles de GOARCH à contacter leurs hiérarques et leurs prêtres et à exprimer leur opposition à la persécution de l'UOC. L'un des cas cités était l'enlèvement récent d'un prêtre de l'UOC à Lutsk.

Lynch continue : Au cours des sept années qui se sont écoulées depuis que j'ai initialement publié mon appel aux Grecs orthodoxes, la direction du Phanar et de la GOARCH n'a fait qu'intensifier sa position et son soutien à la fausse "église" (OCU schismatique).

En Amérique, ce serait une bénédiction de voir l'Assemblée des évêques élever la voix et condamner la persécution de l'UOC. Cela se produira-t-il ? Ou la politique nous empêchera-t-elle de parler au nom des chrétiens qui souffrent ?

L'appel se termine par un défi direct aux chrétiens orthodoxes d'origine grecque et aux membres de GOARCH de défendre les chrétiens orthodoxes persécutés, quelles que soient les considérations politiques. Lynch invoque l'exemple des générations précédentes de chrétiens orthodoxes qui ont subi des persécutions pour le bien de la foi et demande si les chrétiens orthodoxes contemporains parleront également lorsque les autres croyants souffriront.

Ma grand-mère est une grecque de sang pur ; ma lignée de ce côté remonte à la Cappadoce, où mes ancêtres ont vécu pendant des siècles (ils sont partis au moment de l'échange de population). C'est un grand encouragement de savoir que de nombreux Grecs (y compris mes ancêtres) se tenaient comme une enclume dans la Sainte Orthodoxie sous le marteau implacable de la domination musulmane turque.

Ont-ils enduré la persécution, la saisie de biens et même la mort pour le trône œcuménique de Constantinople ? Ou était-ce plutôt pour la vérité de la Sainte Orthodoxie ? Oui, en fin de compte, ils ont enduré pour l'amour du Christ Jésus et de son Église, l'orthodoxie.

Grecs orthodoxes, ne voyez-vous pas vos frères et sœurs orthodoxes en Ukraine souffrir vaillamment, comme l'ont fait autrefois vos ancêtres ? Ils ont été persécutés par les forces gouvernementales, les hérétiques et les nationalistes radicaux. Ils ont perdu des bâtiments d'église, ils ont été forcés de quitter leurs maisons, ils ont été battus - le tout pour la même Sainte Vérité que vos ancêtres. Maintenant, ne vous tenez-vous pas aux côtés de vos frères orthodoxes ? Ou vos propres ancêtres vous condamneront-ils, votre silence et, pour certains, le soutien actif du mensonge ? Lève-toi ! Tenez-vous dans votre héritage louable en tant que défenseurs de l'orthodoxie !

Il conclut :

Les Grecs orthodoxes honoreront-ils leur ascendance et leur héritage louables en s'exprimant pour défendre leurs véritables frères orthodoxes en Ukraine ? Ou deviendront-ils comme de nouveaux Turcs : participants à la persécution active des autres frères orthodoxes ?


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

UOJ 


 

jeudi 27 août 2026

Père Savatie (Bastovoi): Réflexions


 

Il est clair que la grâce est enlevée aux chrétiens lorsque les mensonges sont de plus en plus pris pour la vérité, et la voix de ceux qui crient dans le désert est noyée par la foule qui crie : « Crucifie-le ! »

Le mot « troupeau » n'a jamais été aussi approprié pour les gens qu'à l'époque, à l'époque de Pilate et aujourd'hui. Mais à l'époque et aujourd'hui, bénis sont les quelques-uns qui continuent à se tenir à la Croix, et malheur aux multitudes qui fusionnent avec le flux de la haine !

***

Le seul problème vraiment important est que nous ne sommes plus unis par des personnes partageant les mêmes idées.

La foi est devenue une occasion de discussion, pas d'unité. 

Il est plus facile aujourd'hui de comprendre la signification de la demande liturgique : « Ayant demandé l'unité de la foi et la communion du Saint-Esprit, confions-nous les uns les autres et toute notre vie au Christ notre Dieu. »Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

ORTHOCHRISTIAN

mercredi 26 août 2026

Saint Ephrem le Syrien: La participation aux Divins Mystères

Frères, 
pratiquons l'hésychie, 
le jeûne, 
les prières et les larmes; 
rassemblons-nous dans l'église, 
travaillons de nos mains; 
parlons des saints Pères; 
obéissons à la vérité, 
et écoutons les divines Ecritures,
de sorte que 
notre esprit ne devienne pas stérile 
(et qu'y croissent les ronces des mauvaises pensées). 


Et rendons-nous certainement dignes 
de participer aux Mystères Divins et Immaculés, 
afin que notre âme 
puisse être purifiée des pensées 
d'incrédulité et d'impureté, 
et afin que le Seigneur vienne habiter en nous
et nous délivre du Malin.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
St. Nicodemus the Hagiorite
Concerning Frequent Communion of the Immaculate Mysteries of Christ
cité par

mardi 25 août 2026

LE MÉTROPOLITE LUC DÉNONCE LA PROFANATION SATANIQUE DES RELIQUES DES GROTTES DE KIEV

 


Zaporozhye, province de Zaporojye, Ukraine, 22 août 2025


Son éminence le Métropolite Luc de Zaporojye de l'Église orthodoxe ukrainienne canonique a prononcé une condamnation ferme de la manipulation par le gouvernement ukrainien des reliques sacrées dans les grottes de la Laure de Kiev, qualifiant les actions récentes des employés des musées d'État de "satanisme" et de "moquerie démoniaque du sanctuaire".

Dans une déclaration abordant la situation où des travailleurs du musée ont été photographiés en train de retirer et de mal gérer des reliquaires contenant des reliques de saints à l'extérieur et de les empiler au hasard dans une salle de stockage sous les escaliers, le Métropolite Luc accuse les autorités d'hypocrisie, notant que si les bolcheviks « ont au moins honnêtement déclaré : « nous sommes athées » et ont ouvertement fait la guerre à l'Église », les fonctionnaires actuels « se couvrent de paroles sur la « foi en Dieu », se présentent comme croyants, mais en réalité, agissent pire que leurs enseignants idéologiques, parce qu'ils sont hypocrites et essaient de légaliser le sacrilège ».

Le Métropolite conteste directement les affirmations du directeur de la réserve selon lesquelles ils « créent quelque chose de nouveau pour le bien du pays », déclarant : « Le blasphème peut-il avoir un pouvoir créatif ? Non ! Tout ce qui est construit sur le piétinement des sanctuaires s'effondre inévitablement. »

Il critique particulièrement la caractérisation de leur travail par la direction du musée comme représentant "l'intersection de la spiritualité, de la culture et des innovations", arguant que "là où les reliques des saints de Dieu sont profanées, la lumière du Christ est couverte d'une soi-disant spiritualité étrangère et démoniaque".

Le Métropolite Luc aborde également les rapports selon lesquels les autorités préparent des documents de l'UNESCO pour enregistrer le premier service d'épiphanie Dumenko, le chef de la structure schismatique, dans les grottes près des reliques en tant que « patrimoine culturel intangible ». Il prévient que si « dans les archives terrestres, ils seront appelés « créateurs », dans les livres célestes, ils sont des blasphémateurs et des traîtres du Christ ».

Le Métropolite conclut en rappelant que « On ne se moque pas de Dieu » et que les événements actuels représentent un test de foi pour les enfants de l'Église, les appelant à « confesser plus fermement le Christ, comme nos Pères l'ont fait en période de persécution ».

Version française Claude Lopez-.Ginisty

d'après

ORTHOCHRISTIAN

lundi 24 août 2026

Archimandrite Spiridon Bilalis: Ils ont complètement dévié

Le seul Chef de l'Eglise

 

L'Église est une et unique

Selon la position commune des Pères et des Saints Conciles, l'Église est u
nique parce que le Christ, sa Tête, ne peut pas avoir plus de corps. L'Église est une et unique, parce qu'elle est le corps du Christ un et unique. La division de l'Église est ontologiquement impossible, c'est pourquoi il n'y a jamais eu de division de l'Église, mais seulement une séparation de l'Église. Selon la parole du Seigneur, la vigne n'est pas divisée, seuls les sarments infructueux sont desséchées (paraphrase d'après Jean 15, 1-6).


Les hérétiques et les schismatiques se sont séparés de l'Église indivisible du Christ à différentes époques et ont ainsi cessé d'être membres de l'Église et de son corps. Ce furent d'abord les gnostiques, puis les ariens et les combattants contre le Saint-Esprit, puis les monophysites et les iconoclastes, puis les catholiques, les protestants, les unitaires et toutes les autres légions d'hérétiques et de schismatiques.

Le dogme de l'infaillibilité du pape est plus qu'une hérésie. C'est la plus grande des hérésies, une opposition sans égale contre le Christ Théanthrope [Dieu et Homme]. C'est une nouvelle trahison du Christ, une nouvelle crucifixion du Christ sur la croix de l'humanisme papal.

L'unification des Églises ne pourra pas se réaliser si les Églises catholiques et protestantes ne reviennent pas complètement à la position orthodoxe du début, dont elles se sont complètement écartées.

Le XXème siècle ne restera pas dans l'histoire de l'Eglise comme l'âge de l'Eglise tel qu'il est déjà défini puisque les Eglises d'Occident ne corrigent pas leurs déviations qui affectent l'essence et la signification de l'Eglise. Les déviations ecclésiastiques de l'Occident, comme nous le savons, ont agi pendant des siècles pour le changement des questions ecclésiastiques et ont poussé à la liberté dogmatique du Vatican et du protestantisme, ce qui a conduit aux innovations occidentales sur la foi et le culte, ce qui est contraire aux Saintes Ecritures et aux Saintes Traditions.

L'œcuménisme, la plus grande hérésie du XXème siècle prêchant l'union dogmatique et religieuse et tendant à fonder une sorte de pan-religion par l'unification de toutes les croyances et religions chrétiennes, représente un danger mortel pour l'Orthodoxie.

L'Église orthodoxe n'est pas une Église parmi d'autres. Elle est l'unique Église du Christ, celle qui conserve, enseigne et garde inchangée la foi des Apôtres, des Saints Pères, des croyants orthodoxes, la seule capable de soutenir le peuple troublé d'aujourd'hui.


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après