"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

mardi 5 mai 2026

Les thérapies oculaires byzantines étaient-elles vraiment miraculeuses ?

Saints Côme et Damien
 

Parmi les nombreuses avancées médicales de l'Empire byzantin, les thérapies oculaires dites miraculeuses se démarquent par la façon dont elles mélangent la tradition classique avec l'intervention divine perçue.

La médecine dans l'Empire byzantin ne s'est pas développée de manière isolée. Au contraire, elle a étendu et remodelé les traditions médicales gréco-romaines. Les médecins connaissaient profondément les travaux d'Hippocrate et de Galène, dont les écrits offraient un cadre systématique pour diagnostiquer et traiter les maladies, y compris les conditions affectant les yeux.

La pratique médicale en Byzance s'appuyait sur les connaissances empiriques, l'héritage de l'apprentissage classique et la croyance religieuse profondément enracinée. Dans ce contexte, l'une des caractéristiques les plus convaincantes de la culture médicale byzantine est le phénomène des thérapies oculaires « miraculeuses » - des récits de guérison des maladies oculaires par l'intervention divine, les reliques, les espaces sacrés et les pratiques rituelles.

Dans son étude, Miraculous Ophthalmological Therapies in Byzantium, le chercheur John Lascaratos explore comment ces traitements ont été compris, documentés et intégrés dans la société byzantine, en mettant l'accent sur la relation dynamique entre la foi et la médecine pour traiter les affections oculaires.

Soins oculaires et thérapies dans l'antiquité

L'ophtalmologie était un domaine relativement avancé dans l'Antiquité, avec des descriptions détaillées de la cataracte, du trachome et d'autres déficiences visuelles. Au sein de l'Empire byzantin, cependant, ce cadre médical rationnel coexistait avec une forte croyance en la guérison divine. Le résultat n'était pas un affrontement entre la science et la religion, mais une synthèse dans laquelle les deux approches étaient considérées comme valides et souvent complémentaires.

Les récits de thérapies oculaires miraculeuses ont été principalement conservés dans des textes hagiographiques - des récits racontant la vie et les miracles des saints. Ces sources décrivent fréquemment des personnes souffrant de cécité ou de maladie oculaire grave qui sont guéries par contact avec des figures sacrées, des reliques ou des substances sacrées. L'application d'huile d'une lampe brûlant devant l'icône d'un saint, ou de l'eau tirée d'une source sainte, apparaît comme un motif récurrent. De tels récits n'étaient pas compris comme symboliques, mais étaient considérés comme des interventions tangibles capables de restaurer la vue lorsque les traitements conventionnels échouaient.

L'une des caractéristiques les plus frappantes de ces comptes est leur spécificité. Les textes comprennent souvent des descriptions détaillées des symptômes, indiquant un degré d'observation clinique. Les patients sont dépeints comme souffrant de conditions que les lecteurs modernes pourraient reconnaître comme des cataractes, des opacités cornéennes ou des infections. De cette façon, le miracle n'est pas présenté en termes abstraits. Il est directement lié à des conditions médicales identifiables. Ce niveau de détail renforce la crédibilité de ces thérapies oculaires dans leur contexte historique.

Miracles et thérapies physiques dans les soins oculaires dans la société byzantine

Selon Lascaratos, le rôle des saints dans ces processus de guérison est central. Certains saints sont devenus particulièrement associés aux maladies oculaires, fonctionnant comme spécialistes spirituels en ophtalmologie. Les fidèles chercheraient leur intermédiation par la prière, le pèlerinage et les actes rituels. La guérison elle-même était souvent médiée par des objets physiques tels que des reliques, des icônes ou des substances censées porter un pouvoir divin. Ces objets servaient de conduits entre l'humain et le divin, comblant l'écart entre la croyance spirituelle et la guérison physique.

Il est important de noter que les thérapies oculaires miraculeuses n'étaient pas considérées comme un substitut au traitement médical dans la culture byzantine, mais comme une extension de celle-ci. Les médecins eux-mêmes étaient souvent des chrétiens pieux qui reconnaissaient les limites de leurs connaissances et le potentiel d'intervention divine. Dans certains cas, les médecins sont décrits comme dirigeant les patients vers des remèdes spirituels alors que les traitements conventionnels s'avéraient inefficaces. Cette approche pragmatique reflète une compréhension holistique de la santé dans laquelle les dimensions physiques et spirituelles de la condition humaine sont inséparables.

Le contexte social et culturel de Byzance a également joué un rôle important dans l'importance des thérapies miraculeuses. L'Empire byzantin était profondément religieux, le christianisme imprégnant tous les aspects de la vie. La maladie était souvent interprétée non seulement comme une maladie physique, mais aussi comme une épreuve ou une conséquence spirituelle. La guérison avait donc des implications morales et religieuses. La restauration de la vue pourrait symboliser non seulement le rétablissement physique, mais aussi l'illumination et la rédemption spirituelles.

En outre, l'aspect communautaire de la guérison miraculeuse ne doit pas être négligé. Les sites de pèlerinage et les sanctuaires de guérison étaient des centres d'interaction sociale, où les individus partageaient des expériences, renforçaient les croyances collectives et participaient à des pratiques rituelles. Ces espaces favorisaient un sentiment d'espoir et de solidarité, en particulier pour ceux qui souffraient de maladies chroniques ou débilitantes. Les récits de remèdes et de thérapies miraculeux dans la société byzantine ont servi à renforcer la foi et à promouvoir la réputation de saints et de sanctuaires spécifiques.

Saints Côme et Damien et leur rôle dans les soins oculaires

Une gamme de traitements pour les maladies oculaires était associée aux saints, notamment les saints Côme et Damien et les saints Cyr et Jean, les célèbres "Anargyroi" (Ανάργυροι, anargyres signifiant "ceux qui n'acceptent pas d'argent"). Côme et Damien étaient des frères jumeaux arabes du 3e siècle après J.-C. qui avaient embrassé le christianisme et pratiquaient également a médecine et effectuaient des opérations chirurgicales gratuitement. Ils effectuaient leur travail dans le port maritime d'Aegeae, dans la province romaine de Cilicie, où ils attiraient de nombreuses personnes dans leur foi.

Les deux saints furent crédités de guérir la cécité, la fièvre et la paralysie, et on a même dit qu'ils avaient expulsé un serpent. Leur réputation de guérisseurs, ainsi que leur foi chrétienne, conduisirent à leur arrestation par Lysias, le gouverneur de Cilicie, pendant la persécution sous l'empereur Dioclétien. Dioclétien, qui soutenait le culte des dieux olympiens, cherchait à éradiquer le christianisme de l'Empire romain. Côme et Damien furent torturés pour tenter de les forcer à renoncer à leur foi, mais ils refusèrent finalement et ils furent mis à mort.

La guérison des yeux était effectuée dans les xénons (maisons d'hôtes) attachées aux églises de l'Empire byzantin, ainsi que dans les hôpitaux qui leur étaient associés. Les schémas thérapeutiques, les traitements et même les procédures chirurgicales étaient souvent effectués la nuit pendant les périodes d'incubation, suivant le modèle de l'ancienne Asclepieia. Cette conclusion est valable malgré le fait que de nombreux auteurs racontant la vie des saints étaient du clergé, qui présentaient souvent ces traitements en termes surnaturels pour souligner l'intervention divine. Néanmoins, les descriptions des procédures indiquent que la chirurgie de la cataracte était l'une des opérations les plus couramment pratiquées.

Dimensions psychologiques et psychosomatiques de la guérison

D'un point de vue moderne et strictement scientifique, l'efficacité de ces thérapies peut sembler discutable. Cependant, il est important de considérer leurs dimensions psychologiques et psychosomatiques. La croyance en la puissance d'un saint ou d'une relique pourrait influencer de manière significative l'état mental d'un patient, façonnant sa perception des symptômes et son sentiment général de bien-être. Dans certains cas, les affections oculaires peuvent avoir été fonctionnelles ou temporaires, permettant une récupération spontanée qui a ensuite été attribuée à l'intervention divine. Même en l'absence de guérison physique, le simple fait de rechercher la guérison pouvait apporter un réconfort et un sentiment de maîtrise de sa propre vie.

John Lascaratos souligne que ces récits ne doivent pas être rejetés comme une simple superstition. Au lieu de cela, ils fournissent un aperçu précieux de la compréhension historique de la maladie, de l'importance culturelle de la vision et de la façon dont les sociétés réagissent à la maladie. Dans la pensée de l'Empire byzantin, la vision en particulier occupait une place distinctive, fonctionnant non seulement comme une capacité sensorielle, mais aussi comme une métaphore de la connaissance et de la conscience spirituelle. En conséquence, la perte de vue représentait une profonde affliction, tandis que sa restauration portait une signification symbolique profonde.

Plus largement, l'étude des thérapies oculaires miraculeuses dans la société byzantine contribue à une meilleure compréhension de l'histoire de la médecine. Elle souligne les limites d'un cadre strictement biomédical lorsqu'il est appliqué à des contextes historiques et souligne l'importance des facteurs culturels et religieux dans l'interprétation de la pratique médicale. L'exemple byzantin montre finalement que la guérison n'est pas seulement un processus technique, mais aussi une expérience profondément humaine façonnée par la croyance, la tradition et les structures sociales.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

Greek Reporter

Des officiers du Centre de recrutement de l'armée ont arrêté l'Archimandrite Théophile de la Laure des Cavernes de Kiev

Archimandrite Théophile
 

Le 1er mai 2026, des représentants du centre de recrutement territorial ont arrêté l'Archimandrite Théophile (Koshovenko), résident de la Laure des Cavernes de Kiev, à Kiev. Selon le portail SPJ, l'incident a eu lieu pendant la journée dans la partie centrale de la capitale.

Selon les sources de la publication, l'arrestation du clerc a eu lieu vers 16h00 sur le boulevard Lesya Ukrainka. À ce moment-là, l'Archimandrite Théophile était en route pour rendre visite à sa fille spirituelle âgée, qui est une de ses paroissiennes.

Nous vous rappelons que le 27 avril 2026 à Tchernivtsi, après une manifestation massive de croyants de l'Église orthodoxe ukrainienne,[UOC canonique] l'archimandrite Serge, résident du monastère de Banchen, qui avait déjà été détenu par le personnel du Centre territorial de recrutement, a été libéré. Le clerc fut libéré grâce à l'intervention du hiérarque de l'UOC, le Métropolite Longin (Jar) de Banchensk. L'évêque avait amené avec lui, sous les murs du centre,  le fils adoptif de l'archimandrite, qui est sous tutelle en raison d'un handicap grave.


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

RASKOLAM

lundi 4 mai 2026

« Matronouchka aide toujours »

 

Le 2 mai, anniversaire de sa dormition, l'Église orthodoxe commémore la bienheureuse Matrona de Moscou, l'une des saintes les plus aimées et les plus vénérées parmi les chrétiens orthodoxes en Russie. Chaque minute, des milliers et des milliers de personnes se tournent vers cette sainte pour obtenir de l'aide, et elle répond toujours. Ces témoignages, rassemblés dans le livre intitulé Miracles des saints du 21ème siècle, publié par le monastère Sretensky de Moscou, donnent aux personnes qui souffrent l'espoir que l'aide d'en Haut viendra sûrement. Tu dois juste croire !Demandez, et il vous sera donné (Mt. 7:7).

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Tatiana Reisner :

« Quelqu'un Guidait Ses Doigts ! »

Ma fille allait passer un examen dans une école de musique. Surtout, elle s'inquiétait de l'examen de piano, car elle n'était pas très bien préparée pour cela. Sachant comment Mère Matrona aide ceux qui passent des examens, elle est allée voir ses reliques la veille. Le lendemain, ma fille a joué brillamment, à un rythme très rapide ! Pendant qu'elle jouait, elle s'est rendu compte que quelqu'un guidait ses doigts. Et elle ne put pas le répéter après ça !

Olga Morozova :

« C'était La Veille De Noël »

La première fois que je suis allé vers la bienheureuse Matronouchka [petite Matrona], dont les reliques sont conservées au couvent de la Sainte Protection à Moscou, c'était pour tenir compagnie à mon ami. C'était la veille de Noël et il faisait trente degrés en dessous de zéro, et il n'y avait pas beaucoup de monde - nous n'avons fait la queue que pendant environ trois heures, alors que normalement les pèlerins font la queue pendant de nombreuses heures pour vénérer les reliques de sainte Matrona. Mon amie voulait beaucoup se marier, et bien qu'elle ne soit pas  religieuse, elle ne doutait pas de l'aide de la sainte - c'était son dernier espoir. Et elle rencontra son futur époux un mois après notre pèlerinage.

Cela me peinait, pendant longtemps, je ne pouvais pas trouver ma direction créative. Mais six mois plus tard, je suis entré à l'Académie de théâtre et maintenant j'en ai déjà obtenu mon diplôme, Dieu merci ! J'ai beaucoup entendu différentes personnes sur la façon dont Mère Matrona aide, et je n'ai jamais entendu parler de quelqu'un qui a prié devant ses reliques et est reparti sans aide. Sainte bienheureuse Matronouchka, prie Dieu pour nous !

Anna Alexeyenko :

« L'enfant Ne Pouvait Presque Rien Voir »

La bienheureuse Matrona de Moscou nous a aidés. Il y a trois ans, ma fille Julia a commencé à se plaindre que sa vue se détériorait : tout autour d'elle semblait flou. Un jour, j'ai reçu un appel téléphonique de son école et on m'a dit que quelque chose n'allait pas avec Julia et que je devais venir prendre mon enfant. Julia a soudainement cessé de voir ce qui se passait autour d'elle.

Je l'ai conduite de l'école par la main, l'avertissant à chaque fois où se trouvait le trottoir et où se trouvaient les marches. Un œil a commencé à plisser visiblement les yeux - quelque chose qui ne s'était jamais produit auparavant. Nous sommes allés à l'hôpital, mais les médecins nous ont dit qu'il s'agissait d'un spasme vasculaire et rien de terrible du tout. Mais mon enfant ne pouvait pratiquement rien voir. Nous avons réussi à prendre rendez-vous avec un bon médecin, mais nous avons dû attendre plus d'une semaine.

Sainte Matrona bénie guérit un homme malade. 


Quelques jours se sont écoulés. Julia, la cheffe du groupe musical de l'école, nous a conseillé d'aller aux reliques de la bienheureuse Matrona de Moscou, ce que nous avons fait immédiatement. Pendant que nous voyagions dans le métro, j'ai remarqué que l'œil de Julia avait cessé de se plisser.

C'était un week-end, une journée très chaude, et la file d'attente était très longue. Nous avions fait la queue pendant environ une heure lorsqu'une femme a marché le long de la ligne, nous demandant de faire du travail pour la gloire de Dieu. Je ne voulais pas quitter la file d'attente, craignant que nous n'y perdions notre place, mais ma fille a dit : « Allons-y avec elle ! », et nous y sommes allés.

On nous a donné des vêtements de travail et on nous a demandé d'aider au travail à l'église. J'ai essuyé le sol et nettoyé de la cire, tandis que Julia, en tant que malvoyante, a reçu un autre travail. Après cela, nous avons été escortés jusqu'aux reliques de sainte Matrona sans faire la queue. Ensuite, nous avons quitté le couvent et nous nous sommes dirigés vers le métro.

Soudain, Julia a dit : « Maman, je peux voir normalement ! » C'est ainsi que tout s'est terminé. Merci, Matronouchka !

Nikolai Tuzayev :

« Nous n'avons rien laissé dans une ville inconnue »

Ma femme et moi sommes partis en vacances pour rendre visite à nos proches dans la région de Volgograd (sud de la Russie). J'ai oublié mon sac sur un siège du minibus, et il y avait nos papiers d'identité, nos billets pour le voyage de retour et mon téléphone portable. Et donc, nous n'avons rien laissé dans une ville inconnue ! Je me suis précipité jusqu'au dernier arrêt de minibus et j'ai demandé aux chauffeurs ce que je desais faire. Ils ont répondu : « Pouvez-vous trouver la bonne voiture sur vingt maintenant ? » (Bien sûr, je ne me souvenais pas de son numéro). Une pochette reliquaire avec des reliques de sainte Matrona étaient autour de mon cou, et pendant tout ce temps, je la suppliais sincèrement de m'aider. En la serrant dans mon poing, sans la retirer de mon cou, j'ai continué à appeler les chauffeurs par les numéros que les gars m'avaient donnés. Et j'ai supplié Matronouchka tout le temps !

Je ne sais pas combien de temps cela a pris, mais soudainement, ils m'ont informé qu'ils avaient trouvé le chauffeur et mon sac - les passagers le lui avaient remis ! Je ne peux pas décrire les sentiments que j'ai eus : joie, étonnement, gratitude envers Dieu, envers Ste Matronouchka, aux gars, aux passagers et au chauffeur. Et un sentiment étrange que Matronouchka était proche ! C'est ainsi que la sainte nous a aidés. Merci encore, bienheureuse Matronouchka pour ton aide !

Maria Utkina :

« Matronouchka aide toujours »

Les examens à l'institut approchaient. J'ai décidé d'aller vers Matronouchka et de lui demander de l'aide pour l'admission, en invitant mes sœurs et mon frère à venir avec moi. Nous avons fait la queue pendant trois heures. Finalement, ce fut mon tour d'aller à l'icône et de prier. Après avoir fait le signe de la croix deux fois, je me suis avancée et j'ai touché l'icône avec mon front, demandant... J'ai parlé en phrases brisées, stupidement et sans confiance. Quand j'ai terminé, je me suis senti étourdie, et quelque chose émanant de l'icône m'a enveloppé de chaleur et d'une sorte de pouvoir. Je l'ai senti très clairement. En ouvrant les yeux pour ne pas tomber, j'ai fait le signe de la croix pour la troisième fois et je me suis écartée avec révérence. Ma sœur a vécu absolument la même chose.

En fin de compte, j'ai été admise à l'institut, même si c'était presque impossible - et ma sœur a donné naissance à une belle petite fille. Matronouchka a également aidé mon cousin à entrer dans l'institut. Et elle a aidé notre famille bien d'autres fois - dans les maladies, dans les dangers, et toujours.


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

ORTHOCHRISTIAN



Dans la région de Jytomyr, le recteur de l'Eglise canonique a été détenu et remis au centre de recrutement de l'armée


Dans la région de Jytomyr, les agents des forces de l'ordre ont arrêté un clerc de l'Église orthod oxe ukrainienne (UOC canonique) et l'ont remis à des représentants du centre territorial pour le recrutement. Selon la chaîne Telegram "Pershiy Kozatskyy", le détenu s'est avéré être le prêtre Ilya, qui est le recteur de l'église de la Nativité de la Sainte Vierge Marie dans le village de Novye Vorobyi.

Selon les informations fournies, la force physique a été utilisée contre le clerc pendant la détention. Des témoins oculaires et des sources rapportent que la police a utilisé du gaz poivré, à la suite de laquelle le clerc était dans un état grave pendant longtemps et avait besoin d'une assistance médicale. Cependant, malgré les demandes répétées du détenu, les agents du centre ont refusé d'appeler un médecin pour lui.

À l'heure actuelle, il est rapporté que le prêtre Ilya a déjà été envoyé à la 95e brigade d'assaut aéroportée, où il est détenu sur le territoire de l'unité militaire.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

RASKOLAM


dimanche 3 mai 2026

DIMANCHE DU PARALYTIQUE

 

Aujourd’hui, c’est le quatrième dimanche de Pâques et nous commémorons la juste Tabitha de Joppé, car elle est mentionnée dans la lecture d’aujourd’hui tirée des Actes des Apôtres. De plus, dans le calendrier des saints, nous trouvons l’apôtre Zachée, l’un des Soixante-dix. Rappelons que le dimanche de Zachée est le dernier dimanche avant le début du Triode (les dimanches précédant le Carême, le Grand Carême et la Semaine Sainte). Ce jour-là, la lecture de l’Évangile de la Liturgie porte sur la conversion inattendue de cet homme autrefois méprisé. 


Jéricho jouissait d’une prospérité économique, et les collecteurs d’impôts (publicains) pouvaient profiter de cette situation pour s’enrichir. Les publicains étaient doublement haïs parce qu’ils servaient les occupants romains et parce qu’ils étaient malhonnêtes. Il existait des grades parmi eux, comme dans toute catégorie de fonctionnaires, et Zachée occupait le rang le plus élevé. Ni le récit évangélique, ni le commentaire, ne nous indiquent la motivation précise qui le poussait à vouloir voir le Christ, mais il était animé par le besoin de le faire. De petite taille, il ne pouvait rien voir à cause de la foule, qui n’était certainement pas disposée à céder le passage à un personnage aussi impopulaire. Zachée grimpa donc dans un arbre pour mieux voir. Il y a un symbolisme dans ces éléments. Étant corrompu, Zachée était entouré d’une foule de passions et de tentations qui se traduisaient par une stature spirituelle très limitée.  La foule était stupéfaite qu’un « prophète » et un « maître » puissent proposer de rendre visite à un pécheur aussi vil. On nous dit que Zachée n’hésita pas. Il obéit à l’ordre et accueillit le Seigneur avec joie. 

On voit ici le contraste avec l’autre homme riche, qui refusa de renoncer à sa fortune même lorsque le Christ le lui suggéra. Bien que, dans ce cas-là, rien n’indiquait que cette fortune ait été acquise de manière malhonnête. Pour montrer son repentir, Zachée a cédé volontairement sa fortune. Il en a offert librement la moitié et a promis d’utiliser le reste pour dédommager ses victimes au quadruple. Pourquoi au quadruple ? Cette restitution au quadruple par un voleur était un ancien principe de la loi (Exode 22:1). Le Seigneur n’a pas seulement félicité Zachée pour son repentir, Il nous rappelle à tous que son but est de rechercher et de sauver ceux qui étaient perdus.

Zachée fait partie des soixante-dix apôtres et devint un collaborateur du saint apôtre Pierre. La tradition nous dit que le lieu de son ministère apostolique était Césarée en Palestine, où il est identifié comme le premier évêque. Il œuvra sans relâche pour amener chacun à la plénitude de la foi. Il n’est pas rapporté qu’il ait subi le martyre, comme tant d’autres apôtres, mais il est mort de mort naturelle. Cela ne signifie pas pour autant qu’il ait mené une vie de rêve, à l’abri du danger et du harcèlement. De par son expérience passée, il devait être au courant des agissements douteux de nombreux membres de l’administration romaine, mais ceux-ci ont sans doute gardé le silence, craignant ce qu’il aurait pu révéler à leur encontre. Il est commémoré aujourd’hui dans le calendrier liturgique, jour qui marque traditionnellement le jour de son repos.

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Revenons maintenant à la sainte et juste Tabitha ; dans le passage (Actes 9, 32-42) qui est lu aujourd’hui, saint Luc rapporte deux récits distincts de miracles. Après la conversion de Saul, le plus violent persécuteur de chrétiens, la situation s’est quelque peu apaisée et ceux qui croyaient au Seigneur furent réconfortés par l’effusion du Saint-Esprit et les miracles accomplis par les mains des apôtres. Saint Pierre effectuait un pèlerinage pastoral, rendant visite aux groupes dispersés de chrétiens qui avaient besoin de soutien et de conseils. Au début de ce passage, nous lisons que Pierre rendait visite aux saints à Lydda. Dans son commentaire, l’archevêque Averky nous dit : « Tous les chrétiens étaient appelés « saints » à cette époque, car ils étaient ceux qui étaient sanctifiés par la grâce de Dieu ».  Nous rencontrons ici Énée, qui était peut-être grec et, à cette époque, peut-être même pas encore chrétien, puisqu’il est décrit comme un certain homme. Le saint apôtre obéissait au commandement du Christ de prêcher à toutes les nations. Grâce à des miracles comme celui-ci, de nombreuses âmes furent amenées à la foi en Christ. 

Tabitha ressuscitée par saint Pierre


Joppé (aujourd’hui Haïfa) n’était pas loin de Lydda. Tabitha était veuve et consacrait sa vie à des œuvres de charité, notamment en habillant les femmes pauvres qui étaient dans le besoin. On nous dit qu’elle était connue sous le nom de Dorcas. Rappelons que le grec était la langue courante en Méditerranée orientale, et que les mots grecs ainsi que les influences culturelles étaient donc omniprésents. En grec, Dorcas signifie « gazelle », une créature élégante, associée dans l’Antiquité à la grâce et à la beauté féminines. Tabitha mourut et ses proches firent venir saint Pierre, qui se trouvait à proximité. Après avoir prié, et suivant l’exemple du Seigneur, le saint apôtre ordonna : « Tabitha, lève-toi ». Ce miracle convertit de nombreuses personnes. Le dernier verset de ce chapitre nous dit que Pierre accepta l’hospitalité de Simon, un tanneur. Pourquoi nous est-on précisé le métier de cet homme ? Tout simplement parce que les chefs de la synagogue considéraient le travail du tanneur comme impur. Saint Pierre montrait ainsi que le Christ était venu pour tous, sans exception. Une foi ferme et la pureté du cœur sont plus importantes que le statut social.        

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Dans l’Évangile d’aujourd’hui (Jean 5, 1-15), saint Jean nous raconte la guérison de l’homme paralysé. Ce miracle nous est présenté à travers l’évocation d’une piscine. On trouve des références bibliques à l’utilisation de l’eau dès l’Ancien Testament. Par exemple, nous lisons l’histoire du commandant syrien Naaman, à qui le prophète Élisée avait dit de se laver dans le Jourdain pour guérir de sa lèpre.  Dans le Nouveau Testament, nous apprenons que saint Jean-Baptiste baptisait dans le Jourdain et que le Christ donna pour commandement d’aller vers toutes les nations et de les baptiser. Bethesda, la piscine des Brebis, était l’eau dans laquelle on lavait les entrailles des animaux destinés au sacrifice dans le temple. Cela ne conférait pas à l’eau des propriétés magiques, car un ange venait agiter l’eau, ce qui était le signe du don de guérison de Dieu. C'était la manière dont le baptême était préfiguré pour les personnes qui vivaient sous l'Ancienne Alliance. Dans le sacrement du baptême, ce n'est pas l'eau elle-même, mais la grâce du Saint-Esprit, qui est le facteur efficace. De même, nous pouvons nous rappeler qu'il existe de nombreux puits sacrés, associés à divers saints, vers lesquels les pèlerins se rendent en quête de guérison. Pourtant, l’eau n’est que le vecteur transmettant la bénédiction de Dieu accordée par l’intercession du saint. 

Dans ce récit évangélique, il est rapporté qu’un homme (le Synaxaire l’appelle Jarah) était paralysé et ne pouvait pas profiter du pouvoir de guérison de la piscine parce qu’il ne disposait pas de l’aide dont il avait besoin. Il souffrait de cette condition malheureuse depuis 38 ans, ce qui représentait clairement une partie importante de sa vie. Aucune information précise n’est donnée sur la cause de son infirmité, bien qu’il y ait une indication plus tard. Lorsque le Christ vit l’homme, il lui demanda s’il voulait être guéri. L’homme ne répondit pas sarcastiquement : « Et pourquoi d'autre ? » ou « Pourquoi serais-je ici sinon ? » Non, il répondit poliment, expliquant le problème de n’avoir personne pour l’aider.

Le Seigneur ordonna donc à l’homme de prendre son lit – qui ressemblait sans doute à une civière – et de marcher. Il s’agissait de démontrer aux gens, qui assistaient à cette scène, que la guérison de l’homme était réelle et non une illusion. On aurait pu s’attendre, compte tenu de la réaction humaine normale, à ce que l’homme hésite en entendant un ordre aussi extraordinaire, mais il n’en fut rien : il obéit sans poser de questions.


C'était le jour du sabbat et certains Juifs interpellèrent l'homme qui avait été guéri. Leur question portait sur le strict respect de la Loi et non sur le bien-être de l'homme lui-même. Ils ne lui demandèrent pas comment ni par quels moyens l'ancien paralytique avait été guéri. Au lieu de cela, ils lui demandèrent qui lui avait dit d'enfreindre la Loi en portant son lit le jour du sabbat. À ce moment-là, l’homme ignorait la véritable identité de celui qui l’avait guéri. Le Christ s’était éloigné de cet endroit.

Plus tard, le Christ vit l’homme dans le temple. Or, après avoir constaté qu’il était guéri, la réaction la plus probable de l’homme aurait été de se dépêcher de rentrer chez lui pour raconter à tout le monde sa bonne fortune, mais sa priorité fut d’aller d’abord au temple pour remercier Dieu. C’est ainsi que l’homme découvrit l’identité de Celui qui l’avait guéri. Le Christ lui a dit de ne plus pécher. Cela pourrait indiquer que l’infirmité de l’homme était une sorte d’affliction plutôt qu’une malformation congénitale, bien qu’il ne nous soit pas dit qu’il était un homme mauvais. S’il n’avait pas été pieux, il aurait rejeté la faute sur quelqu’un d’autre lorsqu’on lui a reproché d’avoir enfreint le sabbat. Plutôt que de dire : « C’est la faute de... » « Il m’a dit de porter mon lit », a-t-il dit, « c’est Jésus qui m’a guéri ». Ainsi, dans ce récit, nous voyons que le Christ nous enseigne la signification spirituelle de l’eau. Non pas que l’eau ait un quelconque pouvoir en soi, mais que Dieu peut utiliser, et utilise effectivement, les choses matérielles comme des canaux pour dispenser Ses bénédictions et Sa grâce. D’autres exemples sont les éléments du Saint-Sacrement et l’huile d’onction. De plus, Il nous montre que si la Loi est un cadre de discipline et d’ordre, elle ne doit pas être une restriction. Le respect des coutumes et des règles pieuses est une bonne chose. Néanmoins, servir le peuple de Dieu et se soucier de son bien-être spirituel et physique doit être une priorité. 

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après


 


samedi 2 mai 2026

Alexei Tereshtchenko: LA LOI SPIRITUELLE DES PREMIERS FRUITS


Dans la Bible, il y a un commandement direct : « Tu apporteras à la maison de l'Éternel, ton Dieu, les prémices des premiers fruits de la terre.  » (Livre d'Exode 23:19). Lorsque la première grappe de raisins mûrit, ou la première gerbe de blé, un Israélite l'apportait au temple.

Quelle est la signification de cela ? Le tout premier fruit est la récolte la plus attendue ! Il y a la plus grande part de notre désir terrestre et humain. En faire don à Dieu signifie vaincre la cupidité à la racine même. Nous offrons au Seigneur une petite partie afin de sanctifier notre droit d'utiliser tout le reste. Comme l'écrit l'apôtre Paul : Or, si les prémices sont saintes, la masse l'est aussi; et si la racine est sainte, les branches le sont aussi. (Épître aux Romains 11:16). Bien que dans ce passage, il parle des ancêtres, le principe reste inchangé - la sanctification du commencement est liée à la sanctification de tout le processus.

Nous donnons au Seigneur une petite portion afin de sanctifier notre droit d'utiliser tout le reste.

Cette tradition n'est pas la poussière des siècles - elle est vivante même aujourd'hui. Regardez ceux qui apportent à l'église un panier des meilleures pommes de la première récolte, ou les plus belles tulipes de leur jardin. C'est une façon de répondre à la question des Écritures : Qu'as-tu que tu n'as pas reçu ? (1 Cor. 4:7), et de dire : À l’Éternel la terre et ce qu’elle renferme, le monde et ceux qui l’habitent ... (Ps. 24:1).

Mais si tout est clair concernant le jardin, qu'en est-il du temps ? Le temps est notre récolte moderne. Et ici, la loi des premices fonctionne tout aussi strictement.

La première pensée est le « premier né » de notre esprit

Si nous l'offrons à Dieu (« Gloire à Toi, qui nous as montré la lumière ! »), nous sanctifions tout le flux de nos pensées pour le jour à venir. Se lever pour prier avant d'ouvrir le téléphone, un livre ou s'asseoir pour le petit déjeuner - c'est notre premier fruit spirituel. Nous donnons à Dieu les toutes premières minutes, encore endormies. C'est notre offrande.



Pourquoi pas « plus tard » ?

Si dès le matin même nous permettons à l'esprit d'errer dans des pensées oisives, il sera beaucoup plus difficile plus tard de se concentrer sur Dieu. Imaginez un instrument de musique ; si vous commencez à jouer sans l'accorder, toute la musique sera désaccordée.

La prière du matin est l'accord de notre hauteur intérieure. Même quinze ou vingt minutes d'une règle du matin peuvent sanctifier toutes les heures restantes. La journée ne devient pas une site routinier, mais un service. Et lorsque, à midi, la colère envers un collègue ou l'irritation dans une file d'attente vous submerge, ce « premier fruit » fonctionnera comme une immunité. Il suffit de se rappeler : j'ai donné ce jour au Seigneur ce matin - puis-je maintenant le souiller de ma colère ?

Comment cela peut-il être transmis aux enfants ?

Souvent, les parents partent au travail avant même que leurs enfants n'ouvrent les yeux. Comment pouvons-nous donner un exemple sans transformer la foi en sermon ennuyeux ? Les enfants, à la fois les petits et les adolescents rebelles, ressentent l'atmosphère.

Si un parent se lève à cinq heures du matin et prie, un « parfum » de paix reste dans la maison. Notre prière dans une cuisine vide est un engagement que la maison est sous protection. Selon les mots de St. Jean Chrysostome : « Là où il y a prière et action de grâces, la présence du Saint-Esprit est clairement marquée, les démons sont mis en fuite et toute puissance hostile s'en va. » 1

Et si les enfants n'écoutent pas du tout ? Si un smartphone est plus proche d'eux qu'un livre de prières, et qu'il semble que rien ne fonctionne ? ne désespérons pas ! Nous avons toujours la possibilité de demander de l'aide à Dieu Lui-même et à Sa Mère Toute Pure. Ils sont les parents de chacun de nous et n'abandonneront pas leurs enfants. Si nos propres mots ne suffisent pas, demandons-leur - ils nous aideront sûrement, en trouvant un moyen de toucher le cœur, là où nous sommes impuissants. L'essentiel est notre propre exemple et notre confiance.

Conclusion

Notre journée est comme un champ propre, et le « premier fruit » détermine ce qui y poussera. Que cela ne commence pas avec le café et pas avec le fil d'actualité, mais que le premier mouvement de notre âme soit l'action de grâce, et le premier geste le signe de la Croix. Ce n'est pas seulement une tradition. C'est le droit de tracer une limite : Voici le royaume de Dieu, voici Sa paix. À partir de ce petit pas commence une grande vie avec Dieu.


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

ORTHOCHRISTIAN