"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

dimanche 5 février 2023

DIMANCHE DU PUBLICAIN ET DU PHARISIEN


Aujourd'hui, non seulement nous commençons le Triode avec le premier dimanche précédant le Carême, mais nous commémorons également les nouveaux martyrs et confesseurs de la persécution bolchevique en Russie. Il serait impossible de rendre justice à ce vaste sujet en quelques paragraphes, mais nous pouvons nous pencher sur un représentant des multitudes qui ont souffert pour le Christ dans la première moitié du 20e siècle. 

Sts Nouveaux-Martyrs Russes


Saint Patriarche Tikhon

Vasily Ivanovich Bellavin est né en 1865 (l'année où cette maison a été construite) et il a été tonsuré comme moine en 1891, recevant le nom monastique de Tikhon, en l'honneur de St Tikhon de Zadonsk. Il fut élevé à l'épiscopat en 1897 et l'année suivante, il fut affecté à l'Amérique.

 À cette époque, il y avait des paroisses orthodoxes immigrées dispersées dans toute l'Amérique du Nord mais, en raison de leur diversité ethnique, elles n'étaient pas bien organisées. En tant qu'archipasteur, l'évêque Tikhon a beaucoup voyagé, visitant des communautés isolées. Dans son zèle missionnaire, il s'est rendu compte qu'un facteur commun serait la langue et a donc approuvé la traduction des services et des sacrements de l'Église en langue vernaculaire. C'est ainsi qu'est né le livre connu sous le nom de Hapgood Service Book, du nom de la traductrice, Isobel Hapgood. Le format est basé sur le Book of Common Prayer anglican, mais tenter de rassembler les services byzantins en un seul volume n'est pas très satisfaisant en raison de leur complexité. Pourtant, au tout début du XXe siècle, promouvoir l'utilisation de l'anglais dans les services religieux était une idée clairvoyante et plutôt révolutionnaire, non seulement pour le bénéfice de la jeune génération qui grandissait avec l'anglais comme première langue, mais aussi pour rendre plus largement accessible le riche trésor des services de l'Église. L'approbation de St Tikhon publiée dans le livre de service comprend le paragraphe suivant :

Avec la sincérité de la prière et de l'âme, nous invoquons la bénédiction de Dieu sur cette pieuse entreprise, qui a pour objet de répandre sur terre la foi du Christ et de favoriser la communion vivante des croyants dans le Christ avec notre Seigneur et Sauveur, qui est admirable dans Ses saints ; et nous souhaitons un succès et une joie abondants dans l'Esprit Saint à tous ceux qui travailleront à cette grande œuvre.

Après un interrègne de 217 ans, saint Tikhon fut élu patriarche de Moscou en novembre 1917, devenant ainsi le 11e patriarche. Bien qu'il soit qualifié de confesseur plutôt que de nouveau martyr, on peut dire que les souffrances qu'il a endurées aux mains des bolcheviks qui haïssaient Dieu ont constitué un lent martyre. Ce grand et saint homme a rejoint sa récompense éternelle le jour de la fête de l'Annonciation en 1925. Notre église a récemment été bénie par le don d'une icône du patriarche St Tikhon.  En outre, nous possédons une petite icône n bois, sculptée en bas-relief, dans lequel est encastré un fragment du cercueil original de St Tikhon. 

Saint Patriarche Tikhon, prie Dieu pour nous.

+

La lecture de l'Évangile de ce dimanche est la parabole du publicain et du pharisien (Luc 18, 10-14) dans laquelle le Seigneur nous met tous en garde contre le péché d'orgueil.

Dans cette parabole, nous voyons deux prototypes. Le pharisien était le gardien de la loi, combinant les caractéristiques d'avocat, de policier et de magistrat. En tant que tel, il cultivait l'image publique de droiture et de vertu. Le publicain (collecteur d'impôts) était un objet de méfiance, voire de haine, dont on ne disait jamais rien de bon. Il nous est montré que l'amour de soi est la cause première du problème. Il se manifeste sous de nombreuses formes : présomption, arrogance, vanité, mais surtout orgueil. La parabole est une leçon pour tous ceux qui ont confiance en eux-mêmes et n'attribuent pas tout à Dieu.

Regardez les premiers mots du pharisien : "Dieu, je Te remercie". Cela ressemble à l'attitude d'un homme reconnaissant qui remercie Dieu de l'avoir sauvé de l'erreur. Il ne le fait pas, mais au contraire, il s'attribue les vertus qu'il imagine et en informe Dieu. S'il croyait avoir reçu un don de Dieu, il n'aurait pas jugé les autres mais aurait fait preuve de pitié. Au contraire, confiant dans sa propre justice, il a regardé les autres hommes de haut en les jugeant et en les méprisant. Notez que le pharisien et le publicain se tenaient tous deux dans le temple, mais il y avait une différence. Le premier se tenait droit, avec une attitude [disant] "regardez-moi", tandis que le second s'inclinait humblement, les yeux baissés, conscient de son indignité. 

Le pharisien était si égocentrique qu'il dressait la liste de ses vertus imaginaires en ajoutant qu'il respectait exactement la lettre de la loi, en jeûnant deux fois par semaine (le lundi et le jeudi, ce qui était la coutume à l'époque) et en donnant la dîme. L'Église nous enseigne à jeûner deux fois dans la semaine, mais le mercredi (le jour où le Christ fut vendu pour trente pièces d'argent) et le vendredi (le jour où le Christ fut crucifié). La semaine prochaine, pour nous rappeler de ne pas être orgueilleux comme le pharisien, nous sommes libérés du jeûne le mercredi et le vendredi. 

Le publicain était beaucoup moins loquace. Il ne murmura qu'une seule phrase : "Dieu ait pitié de moi, pécheur". Si cela vous semble familier, c'est le cas. C'est le sentiment de la Prière de Jésus, Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur. Cette expression d'humilité de la part du publicain attira sur lui la bénédiction de Dieu, car Dieu résiste aux orgueilleux et fait grâce aux humbles (Première épître générale de Pierre 5:5).

La Prière de Jésus occupe une place très particulière dans la spiritualité orthodoxe. Dans le classique russe, Les récits du Pèlerin russe, nous rencontrons un homme dont le cœur a été touché par une phrase qu'il a entendue à l'église, Priez sans cesse (1 Thessaloniciens 5:17). Il s'est ensuite mis en quête de savoir comment une telle chose pouvait être possible. Dans sa quête, il rencontra un staretz (père spirituel) qui lui fit découvrir la Prière de Jésus et la Philocalie. Le tchotki (chapelet de prière de laine nouée) peut être considéré comme un dispositif de comptage. Dans les siècles passés, de nombreux chrétiens pieux étaient analphabètes et ne pouvaient donc pas utiliser de livres de prière. Une règle de prière conçue pour eux consistait à réciter la prière de Jésus un nombre déterminé de fois, par exemple 600 prières à la place des vêpres et 400 pour les petites complies. Par ailleurs, le tchotki peut être une aide à la concentration, mais il n'est pas indispensable à cette fin. Le staretz explique qu'il s'agit d'une prière intérieure qui n'a pas besoin d'être dite à haute voix. Il cite le conseil de saint Siméon le Nouveau Théologien de se taire et de laisser ses pensées aller de la tête au cœur en disant la prière, dans son esprit, tout en expirant. Vous pouvez le faire quelques fois ou continuellement. Tout en étant avertis d'éviter l'orgueil du pharisien par l'exemption du jeûne, nous sommes encouragés à cultiver une âme humble en utilisant la prière de Jésus, en particulier lorsque la tentation nous assaille.   

Dans l'introduction du Triode, nous lisons : La faute du pharisien est qu'il n'a aucun désir de changer sa façon de voir les choses ; il est complaisant, satisfait de lui-même, et ainsi il ne laisse aucun espace à Dieu pour agir en lui. Le publicain, par contre, aspire vraiment à un "changement d'attitude" : il est insatisfait de lui-même, "pauvre en esprit", et là où il y a cette insatisfaction salvatrice de soi, il y a de la place pour que Dieu agisse.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après


in Mettingham. 

ENGLAND

samedi 4 février 2023

L'ARCHEVEQUE ELPIDOPHORE À L'ASSEMBLÉE DES ÉVÊQUES : NOUS AVONS DES CONFLITS PARCE QUE VOUS NE RECONNAISSEZ PAS L'ÉGLISE UKRAINIENNE DE CONSTANTINOPLE


Ce qui caractérise les déclarations des membres du patriarcat de Constantinople, mis à par leur dérive papale délétère et éhontée,  leur abandon des canons de l’Orthodoxie, c'est leur incommensurable culot! Savent-ils qui est le père du mensonge? (NdT)

Los Angeles, 1er février 2023

L'Assemblée des évêques orthodoxes canoniques des États-Unis a ouvert sa dernière session à la Cathédrale orthodoxe grecque de Ste Sophia à Los Angeles le 30 janvier.

En tant que président de l'Assemblée, l'archevêque Elpidophoros de l'archidiocèse grec orthodoxe (patriarcat de Constantinople) a prononcé le discours d'ouverture.

L'archevêque a commencé par rappeler l'objectif de l'Assemblée des évêques, comme indiqué dans son règlement d'opération :

Le but de l'Assemblée épiscopale est de manifester l'unité de l'Église orthodoxe, de promouvoir la collaboration entre les églises dans tous les domaines du ministère pastoral et de maintenir, de préserver et de développer les intérêts des communautés qui appartiennent aux évêques orthodoxes canoniques de la région.

Citant le patriarche Bartholomée, l'archevêque Elpidophore a souligné que l'Assemblée prend des décisions par consensus, parce que « L'institution synodale tire son origine des profondeurs du mystère de l'Église... En professant à travers le symbole sacré notre foi dans l'Église unique, sainte, catholique et apostolique, nous proclamons également sa synodalité... »

« En d'autres termes, nous ne pouvons pas séparer notre affirmation sur le Seigneur Jésus-Christ de notre responsabilité d'agir de manière synodale », a ajouté l'archevêque.

Dans le même temps, il a noté qu'il existe des différences entre les évêques de l'Assemblée et entre les Églises locales dans le monde orthodoxe, en particulier en ce qui concerne la guerre en Ukraine.

Et : « Le manque de reconnaissance de l'Église orthodoxe d'Ukraine sous les métropolite (sic) Epiphanio par les juridictions de cette salle, à l'exception de celles du Patriarcat œcuménique, continue d'être une source de conflit et de désaccord. »

Rappelons que la majorité des Églises locales rejettent la création et la reconnaissance de la soi-disant "église orthodoxe d'Ukraine" précisément parce que cela a été fait unilatéralement par Constantinople. Les hiérarques et les synodes locaux appellent à une synaxe panorthodoxe depuis 2018 pour traiter de la question, mais le patriarche Bartholomée a régulièrement refusé de se réunir avec ses confrères hiérarques.

En raison de l'ingérence anti-canonique de Constantinople en Ukraine, l'Église orthodoxe russe s'est retirée des assemblées locales des évêques de toute la diaspora, car elles sont présidées par des hiérarques de Constantinople.

Mais l'archevêque Elpidophore s'engage à ramener nos frères russes à la table », dit-il.

Le chef du GOARCH [Archidiocèe grec d'Amérique] a également abordé la question des multiples juridictions et de leurs allégeances ecclésiastiques, en disant : "Chacun d'entre nous a une allégeance à notre Église mère, et nos frères de l'OCA, dans leur statut indépendant, ont une allégeance interne les uns envers les autres. Il n'y a rien de mal dans ces allégeances, tant qu'elles n'inhibent pas notre allégeance au Christ ! »

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

ORTHOCHRISTIAN


Nouveau aux Editions des Syrtes

 

Editions des Syrtes
 
Deux inédits de Mgr Antoine Bloom
aux Éditions des Syrtes
 
En librairie  le 3 février
 
Dieu et l'homme. La foi et le doute
 
 
192 pages – 11 €
 
Mgr Antoine développe dans cet ouvrage des thèmes intimement liés dans sa pensée : la rencontre avec Dieu par son prochain ; le problème de la foi – et du doute ; et enfin, une réflexion sur Dieu et sur l’homme. Ces notions essentielles pour le chrétien sont toujours appuyées par les Saintes Écritures que Mgr Antoine cite abondamment mais aussi par la littérature européenne qu’il mentionne tout au long du livre.
Dieu et l'homme est le deuxième tome d’une série de cinq conférences données par Mgr Antoine Bloom en Belgique (1969-1973).
Une préface d’Olga Lossky-Laham, écrivaine et théologienne française, éclaire la parole de Mgr Antoine pour chaque volume.
 
Commander le livre >>
Vivre la communauté chrétienne
 
 
176 pages – 11 €
 
Cette troisième conférence traite des différents aspects liés à la vie dans une commaunté chrétienne, religieuse ou laïque.
Mgr Antoine analyse les divers éléments qui peuvent constituer la base d’une communauté, la solidarité malgré les divergences, la relation entre l’individu et le
groupe, l’action et la contemplation. Pour chaque aspect abordé, Mgr Antoine de Souroge apporte des citations ou des paraboles  tirées des  Saintes Écritures. 
Préface d’Olga Lossky.
 
Commander le livre >>
Mgr Antoine de Souroge  (1914-2003)
 
Le métropolite Antoine Bloom est né à Lausanne dans une famille de diplomates russes contrainte à l’exil suite aux changements de pouvoir en Russie, avant de se fixer définitivement à Paris.
À l’âge de quatorze ans, alors athée convaincu, il vit une remarquable conversion, expérimentant la présence du Christ en lisant l’Évangile de Marc. 
Après la guerre, il devient prêtre puis évêque de Souroge en Angleterre. 
Ses livres, dont la plupart traitent de la prière, et ses innombrables conférences, homélies et retraites, font de lui une des personnalités chrétiennes les plus en vue en Grande-Bretagne et dans le monde francophone.
 
Du même auteur, aux Éditions des Syrtes:
 
Étapes de la vie spirituelle
 
 
160 pages – 9 €
 
Monseigneur Antoine, considéré à juste titre comme un des plus grands spirituels du XXe siècle, nous donne des clés pour comprendre les Saintes Écritures dans un langage clair, compréhensible et profond.
En analysant et expliquant les paraboles lues aux offices précédant le Grand Carême, telles celle du Christ dans la tempête ou la guérison de l’aveugle, Mgr Antoine nous offre une réflexion sur la véritable place de Dieu en nous, et l’importance de la croyance dans ce monde.
 
Préface d'Olga Lossky.


 
 
Commander le livre >>
Rencontre avec Olga Lossky
autour de Mgr Antoine Bloom

 
Vendredi 10 février 2023
20 h 30
 
Entrée libre
Livres en vente sur place
 
Chapelle de la Visitation, local paroissial de l'église Saint-Léon
11, rue du Cardinal Amette, Paris 15e
Métro : Duplex ou La Motte-Picquet-Grenelle
 
 
 
Retrouvez l'ensemble des titres de la collection Orthodoxie sur le site Internet des éditions des Syrtes
 
 
Éditions des Syrtes
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1204 GENEVE – SUISSE

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vendredi 3 février 2023

Saint Sophrony de Maldon: La prière de Jésus





Gardez la prière, 

continuez à lutter, 

et vous passerez la journée 

sans péché. 



Tout le reste 

sera donné 

par Dieu Lui-même.




Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

Konstantin Shemliuk: Comment le Phanar utilise la guerre en Ukraine pour consolider son pouvoir


Le patriarche Bartholomée a déclaré qu'en raison de la guerre en Ukraine, toutes les Églises devraient reconnaître l'OCU [id est "l'église (sic)schismatique qu'il a créée et qui n'est reconnue que par 3 églises grecques] S'agit-il d'un désir de s'affirmer davantage aux dépens des Ukrainiens ?

Le 25 janvier, lors de la conférence "Ukraine - Autocéphalie et la guerre qui a changé le monde", le chef du Phanar a fait plusieurs déclarations bruyantes. Ses principales thèses sont les suivantes.

  1. L'Eglise orthodoxe russe tente d'imposer une nouvelle ecclésiologie qui renverse l'ordre ecclésiastique sur la base de nouvelles données. Mais il doit comprendre que le Phanar est la seule garantie de l'unité de l'orthodoxie. Sans le Phanar, l'orthodoxie tombera dans un maelström de nationalisme(1).
  2. Ce n'est pas le Phanar mais l'Eglise orthodoxe russe qui revendique la papauté. Elle veut transformer l'orthodoxie en une "confédération d'Eglises" pour avoir son mot à dire.
  3. Il n'y a pas besoin d'un conseil œcuménique sur la question ukrainienne. Au lieu de cela, les Eglises devraient simplement reconnaître l'OCU [l'église (sic)schismatique qu'il a créée et qui n'est reconnue que par 3 églises grecques]
  4. Il n'y a pas de division de l'orthodoxie sur l'OCU [ son schisme délétère] (2). Au contraire, le Tomos "est une contribution essentielle à l'unité de l'orthodoxie en tant qu'expression pratique de l'ecclésiologie orthodoxe".
  5. Il y a une guerre en Ukraine et donc toutes les Églises devraient reconnaître l'OCU et Epifphane Dumenko. De cette façon, ils "soutenront le peuple ukrainien". (3)

Examinons ce qui se cache derrière ces mots et les déclarations du patriarche Bartholomée peuvent-elles être considérées moralement et raisonnablement justifiées ?

Une nouvelle ecclésiologie ?

Selon le patriarche Bartholomée, l'Église orthodoxe russe tente d'imposer une nouvelle ecclésiologie qui détruit l'ordre de l'Église. "Mais il doit comprendre que le Patriarcat œcuménique est la seule garantie de l'unité de l'orthodoxie. Sans le Patriarcat œcuménique, l'orthodoxie tombera dans le vortex du nationalisme ..."

Cette déclaration est basée sur de fausses hypothèses.

Tout d'abord, ce sont les représentants du Phanar qui prennent au sérieux la construction de l'idée de "Premier sans égal", qui peut bien être considérée comme l'introduction de nouveaux éléments dans la doctrine de l'Église. Voici quelques citations.

Le patriarche Bartholomée : "L'orthodoxie ne peut exister sans le patriarcat œcuménique... Si le Patriarcat œcuménique... quitte la scène inter-orthodoxe, les Églises locales deviendront « comme des moutons sans berger ».

L'archevêque Elpidophore : "L'archevêque de Constantinople et, par conséquent, le patriarche œcuménique, est le premier sans égal."

Le métropolite Efstathios de Monemvasia et Sparte : "Bien qu'en général, nous considérions le Christ comme le chef de notre Église, sur terre c'est le patriarche œcuménique." (4)

Qu'est-ce que c'est si ce n'est une nouvelle ecclésiologie ?

Deuxièmement, le degré de manifeste du nationalisme dans les Églises de langue grecque, ainsi que dans l'OCU [schismatique} (5), est vraiment important.

Par exemple, le métropolite Maximos d'Ioannina croit que l'hellénisme a rendu possible la prédication de l'Évangile, tandis que le patriarche Théodore d'Alexandrie encourage explicitement les diplômés du séminaire à répandre non pas la parole du Christ, mais l'hellénisme.

L'OCU [schismatique]  n'est pas en retard. Par exemple, Dumenko déclare qu'il est fier d'être un "disciple de Bandera". Et l'un de ses associés croit que les nazis ukrainiens de la division SS "Galice" sont des saints.

Par conséquent, les paroles du patriarche Bartholomée selon lesquelles "sans le patriarcat œcuménique, l'orthodoxie tombera dans le vortex du nationalisme" ne sont que surprenantes.

Géopolitique et Tomos

Au tout début de son discours, le patriarche Bartholomée a déclaré que l'octroi du Tomos à l'OCU n'avait rien à voir avec la géopolitique. Après tout, nous nous souvenons tous parfaitement du rôle des États-Unis. Le département d'État a joué dans toute l'histoire de "l'autocéphalie ukrainienne".

Par exemple, bien avant l'arrivée de Petro Porochenko au pouvoir, le chef du schismatique ukrainien Philarète Denisenko s'est rendu aux États-Unis 13 fois où il a rencontré des lobbyistes grecs et des politiciens américains, dont Joe Biden. Sam Brownback, ambassadeur en Général pour la liberté religieuse internationale, a été le plus actif dans l'octroi du Tomos à l'OCU. Par exemple, il s'est envolé pour Kiev le 11 septembre, au milieu de négociations pour unir les schismatiques en une seule structure religieuse.

Même après l'octroi de "l'autocéphalie", le métropolitain séraphin de Kythira de l'Église orthodoxe grecque a déclaré que les États-Unis faisaient pression sur les Églises locales pour qu'elles reconnaissent le Tomos de l'OCU. Mike Pompeo, le secrétaire d'État de l'époque, ne l'a pas caché, affirmant lors d'une visite à Kiev que son pays avait obtenu la reconnaissance internationale de l'OCU et soutenait Epiphane Dumenko. Et le soutien américain n'a pas été fourni par des intérêts philanthropiques, mais par des intérêts géopolitiques, car, selon l'ambassadeur américain à Athènes Geoffrey Pyatt, "le soutien au Patriarcat de Constantinople est une question de sécurité nationale américaine".

Par conséquent, les paroles du patriarche Bartholomée selon lesquelles le Tomos et la politique étrangère de l'Amérique ne sont en aucun cas liées sont fausses.

La meilleure défense est une attaque

Le 24 décembre 2022, l'ancien responsable du département d'État américain Larry Johnson a écrit un article sur son blog dans lequel il a déclaré que les autorités ukrainiennes poursuivaient l'Église orthodoxe ukrainienne en utilisant des méthodes "stalinistes".

Nick Stamatakis, rédacteur en chef de l'édition américaine "Нelleniscope", a précédé la publication de Johnson en blâmant directement le patriarche Bartholomée pour ce qui se passe en Ukraine aujourd'hui. Il écrit : "Les décisions et les actions imprudentes de Bartholomée ont provoqué un schisme dans l'orthodoxie, ont sapé le pouvoir de l'hellénistime dans le monde entier et permis au patriarche de mener son mode de vie dispendieux."

Stamatakis poursuit : "À quoi pense-t-il, se détendre dans sa villa de 10 millions de dollars surplombant le Bosphore et se demander quand utiliser le jacuzzi ? Est-il "heureux" de la ruine que ses "politiques" ont infligée à l'Ukraine ? N'en doutez pas, le "Soleil de la Vérité" - le Christ, dont nous avons célébré la naissance aujourd'hui, lui fera bientôt justice..."

"Нelleniscope" est la ressource de langue anglaise de la diaspora grecque aux États-Unis, et cette diaspora, à son tour, est loin d'être la dernière place dans la politique du pays. Par conséquent, de telles déclarations sont un coup tout à fait tangible à l'image et à l'autorité du Phanar aux États-Unis. Comment le patriarche a-t-il réagi ?

Il a agi selon les meilleures traditions de son ami actuel, le [pape] jésuite François. En termes simples, au lieu de s'excuser, le patriarche Bartholomée a décidé de blâmer ... la RDC pour tous les problèmes de l'Ukraine.

Selon lui, la guerre est artificiellement liée par l'Église de Russie à l'autocéphalie de l'Ukraine afin de couvrir sa responsabilité et ses grandes ambitions : "C'est la Russie qui a approfondi l'écart entre les Ukrainiens et les Russes, et non l'Autocéphalie de l'Ukraine qui a été donnée au peuple ukrainien souffrant. La réaction de la Russie découle d'une tentative de domination du peuple ukrainien et de l'absence d'une conscience ecclésiastique saine."

Tout d'abord, le schisme autocéphalique est, après tout, un schisme au sein du peuple orthodoxe ukrainien, un schisme qui n'est pas apparu hier et non après la remise du Tomos.

Deuxièmement, l'"autocéphalie" n'a été "accordée" qu'à une partie du peuple ukrainien.

Troisièmement, c'est le Phanar qui "s'impose" aux Ukrainiens et met constamment l'accent sur son rôle dans la formation spirituelle de notre peuple (en omettant 600 ans sans son interférence).

Eh bien, en ce qui est de la "conscience"... La quantité de contre-vérités flagrantes que nous avons entendues de la bouche du patriarche Bartholomée indique certainement qu'il a un grave problème de conscience.

Reconnaissance de la guerre et de l'OCU

Une autre chose est surprenante : comment le chef de l'église locale peut-il manipuler de manière si flagrante le chagrin humain et la guerre ? Par exemple, il a dit que puisqu'il y a une guerre en Ukraine, toutes les Églises doivent reconnaître l'OCU et Epiphane Dumenko. De cette façon, ils "soutiendront le peuple ukrainien".

Cependant, tout d'abord, nous ne pouvons pas dire que la guerre peut justifier la violation des canons ou des règlements de l'Église. Les Canons ne peuvent pas être brisés, ni en temps de paix, ni en temps de guerre, ni en tout autre temps.

Ainsi, cette déclaration du patriarche Bartholomée est perçue comme une tentative de forcer d'autres Églises à accepter son autorité, en ne s'appuyant pas sur les institutions ecclésiastiques, mais uniquement sur les réalités militaires.

Deuxièmement, les mots "la reconnaissance de l'OCU soutiendra le peuple ukrainien" sont un mensonge. Parce que le peuple ukrainien est également composé de plusieurs millions de croyants à l'Eglise orthodoxe ukrainienne [canonique du Métropolite Onuphre]. D'autres Églises les soutiendront-ils en reconnaissant l'OCU schismatique ou, au contraire, n'encourageront-elles que les autorités à détruire immédiatement l'UOC [qui compte 70% des orthodoxes ukrainiens] ? La réponse est évidente.

Quoi qu'il en soit, en écoutant le message du patriarche Bartholomée, il semble qu'il essaie d'utiliser le thème de la guerre à son avantage. Pour lui, le chagrin humain, la souffrance et les larmes ne sont que des outils avec lesquels il essaie de renforcer sa position en Orthodoxie et d'affaiblir le "rival". Au lieu d'appeler ses subordonnés de l'OCU schismatique à ne pas inciter à la haine envers les fidèles de l'UOC canonique, le patriarche Bartholomée les soutient de toutes les manières possibles. Ses récentes déclarations selon lesquelles l'ensemble de la Laure des Cavernes  de Kiev doit appartenir à l'OCU schismatique sont choquantes. Se rend-il compte que dans ce cas, les frères du monastère seront jetés dans la rue ? Que des milliers de paroissiens des églises de la Laure seront obligés de chercher de nouvelles paroisses ? Bien sûr, il le fait. Et cette position de Bartholomée ne surprend personne. Parce que le Phanar l'a déjà fait auparavant.

Par exemple, dans les années 1920, lorsque les bolcheviks ont organisé la soi-disant "Église vivante" en opposition à la l'Eglise orthodoxe russe canonique. Et là encore, au milieu des représailles contre les prêtres et les hiérarques de l'Église russe, le Phanar a soutenu l'"Église vivante", aggravant ainsi seulement la situation à l'intérieur du pays déchiré par la guerre. Et tout cela uniquement afin de renforcer leur autorité, de gagner pour eux-mêmes certaines préférences. La même chose se passe maintenant.

Malheureusement, nous voyons que la crise de l'Orthodoxie ne fait qu'empirer. La guerre, la souffrance et le chagrin, au lieu d'unir les chrétiens, sont utilisés par certains d'entre eux pour promouvoir leurs propres intérêts. Nous ne pouvons que prier pour que cela ne conduise pas à de nouvelles divisions.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

Union des Journalistes Orthodoxes

( Ukrainiens du Métropolite Onuphre)


Notes du Traducteur:

(1) Cela ne manque pas de saveur lorsque l'on constate qu'en fait le Phanar veut que toutes les Eglises reconnaissent non sa primauté d'honneur -comme la tradition le demande depuis des siècles- mais une primauté papale qui l'a fait passer de la formule Primus inter pares [Premier parmi ses égaux], à la formule Primus sine Paribus [Premier sans égaux]

(2) Alors pourquoi le schisme qu'il a créé n'est-il reconnue que par 3 Eglises  grecques?

(3) Argument particulièrement  spécieux: Serge Dumenko dit Métropolite Epiphane ordonné par le schismatique "patriarche Philarète" réduit à l'état laïc, est un laïc devenu Métropolite par la volonté criminelle du patriarche du Phanar!. En quoi approuver un "crime canonique " devrait-il présider  aux destinées de toute l'Orthodoxie?]

(4) Un hiérarque orthodoxe peut-il dire un tel blasphème? Ainsi le patriarche du Phanar serait un sorte de vicaire du Christ sur terre, comme prétend l'être le pape de Rome?

(5) Faut-il rappeler que Serge Dumenko alias Epiphane recommande à ses ouailles de changer de saint(e) patron(ne) pour écarter les saints russes de leur vie spirituelle.