"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

dimanche 26 mai 2024

4ème DIMANCHE DE PÂQUES: DIMANCHE DU PARALYTIQUE

Sainte Tabitha

Aujourd'hui, c'est le quatrième dimanche de Pâques et nous commémorons la juste Tabitha de Joppé parce qu'elle est mentionnée dans la lecture des Actes des Apôtres. Le calendrier des saints nous donne également d'autres exemples notables de piété et de dévotion au Christ. 

Saints Jean et Euthyme d'Iviron

Le monastère d'Iveron, sur le Mont Athos, figure aujourd'hui dans le calendrier des saints. Les Byzantins désignaient la Géorgie comme le royaume des Ibères, d'où le nom du monastère, dérivé de Iberia, qui signifie Géorgie. Il fut fondé par saint Jean l'Ibère vers l'an 980. Saint Euthyme, son fils, est plus connu. Euthyme fut emmené à Constantinople en tant qu'otage politique, mais il fut ensuite libéré et tonsuré comme moine à la grande laure d'Athanase sur le Mont Athos. Il parlait couramment le géorgien, le grec et d'autres langues, et devint plus tard higoumène du monastère d'Iveron. Il exerça cette fonction pendant quatorze ans avant de se retirer pour se consacrer à son travail de traduction de textes théologiques grecs en géorgien. Il traduisit également des ouvrages philosophiques et des discours juridiques. Sa mort, en 1028, est due à un tragique accident. Il se déplaçait à dos de mulet lorsqu'un mendiant s'approcha et fit sursauter la bête, provoquant la chute mortelle du moine.  Les reliques du saint sont conservées dans l'église Saint-Jean-Baptiste du monastère d'Iveron.

Sts martyrs d'Iviron, victimes de la barbarie papale 

On commémore également aujourd'hui les moines d'Iveron, martyrisés par les Latins au XIIIe siècle. L'histoire rapporte qu'entre 1259 et 1306, l'armée privée du pape dévasta le Mont Athos à plusieurs reprises. Les moines de Zographou et de Vatopaidi furent également martyrisés lors de ces raids des croisés. Les croisés exigèrent des moines d'Iveron qu'ils reconnaissent la suprématie de la papauté. Ils refusèrent et, en conséquence, environ deux cents moines âgés furent embarqués de force sur un navire qui sombra dans les profondeurs de la mer. Les moines plus jeunes furent emmenés en Italie et vendus comme esclaves. 

Revenons maintenant à la sainte et juste Tabitha. Dans le passage (Actes 9, 32-42) qui est lu aujourd'hui, saint Luc rapporte deux récits distincts de miracles. Après la conversion de Saul, le plus violent des persécuteurs de chrétiens, la situation s'apaisa quelque peu et ceux qui croyaient au Seigneur furent réconfortés par l'effusion de l'Esprit Saint et les miracles accomplis par les apôtres. Saint Pierre effectuait une pérégrination pastorale, visitant les groupes de chrétiens dispersés qui avaient besoin d'être soutenus et guidés. Au début de ce passage, nous lisons que Pierre rendait visite aux saints de Lydda. Dans son commentaire, l'archevêque Averky nous dit : "Tous les chrétiens étaient appelés "saints" à cette époque, parce qu'ils étaient sanctifiés par la grâce de Dieu".  Nous rencontrons ici Énée, qui était peut-être grec et, à l'époque, peut-être même pas chrétien, puisqu'il est décrit comme un certain homme. Le saint apôtre obéissait à l'ordre du Christ de prêcher à toutes les nations. Grâce à de tels miracles, de nombreuses âmes ont été amenées à la foi en Christ. 

Joppé (aujourd'hui Haïfa) n'était pas loin de Lydda. Tabitha était veuve et consacrait sa vie à des œuvres de charité, principalement en vêtant des femmes pauvres qui étaient dans le besoin. On nous dit qu'elle était connue sous le nom de Dorcas. Rappelons que le grec était la langue vernaculaire de la Méditerranée orientale et que, par conséquent, les mots grecs et les influences culturelles étaient omniprésents. En grec, Dorcas est une gazelle, une créature élégante, associée dans l'Antiquité à la grâce et à la beauté féminines. 

Saint Simon le Tanneur

Tabitha mourut et ses proches envoyèrent chercher saint Pierre qui se trouvait à proximité. Après avoir prié, et suivant l'exemple du Seigneur, le saint apôtre ordonna à Tabitha de se lever. Ce miracle en convertit plus d'un. Le dernier verset de ce chapitre nous dit que Pierre accepta l'hospitalité de Simon, un tanneur. Pourquoi nous dit-on le métier de cet homme ? Tout simplement parce que les chefs de la synagogue considéraient le travail du tanneur comme impur. Saint Pierre démontre que le Christ est venu pour tous, sans exception. Une foi ferme et la pureté du cœur sont plus importantes que le statut social.   

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Dans l'Évangile d'aujourd'hui (Jean 5, 1-15), saint Jean nous raconte la guérison d'un paralysé. Ce miracle nous est présenté par l'évocation d'un bassin d'eau. Il existe des références bibliques à l'utilisation de l'eau, même dans l'Ancien Testament. Par exemple, nous lisons le cas du commandant militaire syrien Naaman, à qui le prophète Élisée avait dit de se laver dans le Jourdain pour guérir de sa lèpre. Dans le Nouveau Testament, nous apprenons que saint Jean le Précurseur a baptisé dans le Jourdain et que le Christ a ordonné d'aller vers toutes les nations et de les baptiser. Béthesda, la piscine des moutons, était l'eau dans laquelle on lavait les entrailles des animaux sacrifiés dans le temple. Cela ne conférait pas à l'eau des propriétés magiques, car un ange venait troubler l'eau, ce qui était le signe du don de guérison de Dieu. C'est ainsi que le baptême fut préfiguré pour le peuple qui vivait sous l'Ancienne Alliance. Dans le sacrement du baptême, ce n'est pas l'eau elle-même, mais la grâce de l'Esprit Saint qui est le facteur efficace. Rappelons aussi qu'il existe de nombreux puits sacrés, associés à divers saints, vers lesquels les pèlerins se dirigent en quête de guérison. Cependant, l'eau n'est que le véhicule de la bénédiction de Dieu accordée par l'intermédiaire des intercessions du saint. 

Dans ce récit de l'Évangile, on raconte qu'un homme (le Synaxarion l'appelle Jaros) était paralysé et ne pouvait pas profiter du pouvoir de guérison de la piscine parce qu'il n'avait pas l'aide dont il avait besoin.

La guérison du paralytique
 

Il souffrait de ce malheur depuis 38 ans, ce qui représentait manifestement une grande partie de sa vie. Aucune information spécifique n'est donnée sur la cause de son infirmité, bien qu'il y ait une indication plus tard. Lorsque le Christ vit l'homme, il lui demanda s'il voulait être guéri. L'homme n'a pas répondu avec sarcasme : "De quoi ça a l'air ?" ou "Pourquoi serais-je ici ?". Non, il a répondu poliment, expliquant le problème de n'avoir personne pour l'aider. Le Seigneur a donc demandé à l'homme de prendre son lit, qui était vraisemblablement une sorte de civière, et de marcher. Cela devait montrer aux gens qui assistaient à cette scène que la guérison de l'homme était réelle et non une illusion. On aurait pu s'attendre à ce que l'homme hésite à entendre un ordre aussi extraordinaire, mais il n'en fut rien, il obéit sans poser de questions.

C'était le jour du sabbat et certains Juifs critiquèrent l'homme qui avait été guéri. Leur question portait sur la stricte observation de la loi et non sur le bien-être de l'homme lui-même. Ils n'ont pas demandé comment et par quel moyen l'ancien paralysé avait été guéri. Ils lui ont plutôt demandé qui lui avait dit d'enfreindre la loi en portant son lit le jour du sabbat. À ce moment-là, l'homme ignorait la véritable identité de son guérisseur. Le Christ s'était éloigné de cet endroit.

Plus tard, le Christ vit l'homme dans le temple. Après avoir appris qu'il était guéri, l'homme aurait probablement réagi en se dépêchant de rentrer chez lui pour raconter sa bonne fortune à tout le monde, mais sa priorité était d'aller d'abord au temple pour remercier Dieu. C'est ainsi que l'homme découvrit l'identité de son guérisseur. Le Christ lui dit de ne plus pécher. Cela pourrait indiquer que l'infirmité de l'homme était une sorte de punition plutôt qu'une condition congénitale, bien qu'il n'ait pas été un mauvais homme. S'il n'avait pas été pieux, il aurait rejeté la faute sur les autres lorsqu'on lui reprocha d'avoir enfreint le sabbat. Plutôt que de dire : "C'est sa faute, il m'a dit de porter mon lit", il a dit : "C'est Jésus qui m'a guéri". 

Ainsi, dans cette histoire, nous voyons que le Christ nous enseigne la signification spirituelle de l'eau. Non pas que l'eau ait un quelconque pouvoir en soi, mais que Dieu peut utiliser, et utilise, les choses matérielles comme des canaux pour accorder des bénédictions et des grâces. Il nous montre également que si la loi est un cadre pour la discipline et l'ordre, elle ne doit pas être une restriction. Le respect des coutumes et des règles pieuses est une bonne chose. Néanmoins, servir le peuple de Dieu et se préoccuper de son bien-être doit être une priorité.  

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après


in Mettingham. 

ENGLAND 


samedi 25 mai 2024

Métropolite de Mesogaias Nicholas: GABRIEL, UN ÉTUDIANT EN PHILOSOPHIE ATHÉE AU MONT ATHOS



Il y a quelques années, un jeune étudiant m'a approché. Il m'a dit qu'il était athée, bien que très réticent, mais aussi avec l'intensité d'un chercheur sérieux, mais qu'il se contenterait de croire, mais qu'il ne le pouvait pas. Il a essayé pendant des années [de croire] sans aucun résultat.

[Il m'a dit] qu'il avait parlé avec des professeurs et des personnes instruites, mais sa soif de quelque chose de sérieux n'a pas été satisfaite. Il a entendu parler de moi et a décidé de partager avec moi son besoin existentiel. Il m'a demandé des preuves scientifiques de l'existence de Dieu.

Je lui ai demandé : "Connais-tu les intégrales ou les équations différentielles ?".

Il m'a répondu : "Malheureusement non, je suis philosophe"

Je lui ai dit, en plaisantant : "C'est dommage ! Parce que je sais comment Le prouver comme ça"

Il s'est senti mal à l'aise et est resté silencieux pendant un moment :  "Ecoute, je suis désolé d'avoir plaisanté avec toi, mais Dieu n'est pas une preuve mathématique ou une équation. S'il était comme ça, tous les savants croiraient en lui.  Il y a d'autres façons d'approcher Dieu, tu sais.  Es-tu allé au Mont Athos ? As-tu déjà rencontré un moine ascète ?

"Père, non, mais comme j'en ai beaucoup entendu parler, je pense y aller. Je pourrais même y aller demain si tu me le dis. Connais-tu quelqu'un de bien éduqué à rencontrer ?

"Que choisirais-tu ? Quelqu'un d'instruit mais qui peut t'étourdir ou quelqu'un qui peut te réveiller et qui est un saint ?"

"J'aimerais quelqu'un d'instruit parce que j'ai peur des saints.

J'ai demandé : "La foi est une affaire de cœur, pourquoi ne pas essayer un saint ?  Quel est ton nom ?"

Il m'a répondu "Gabriel"

Je lui ai dit comment aller voir un moine ascète. Je lui ai donné le chemin pour le trouver et toutes les indications nécessaires, j'ai même dessiné une carte.

"Tu devrais aller lui dire la même chose que ce que tu m'as dit. Dis-lui : "Je suis athée, mais je veux croire en Dieu, je veux des preuves de son existence".

Il m'a répondu : "J'ai peur et j'ai honte".

Je lui ai demandé : "Pourquoi as-tu peur et honte du saint homme et pas de moi ?"

Quelques jours plus tard, il se rendit sur place et trouva l'ascète en train de converser avec un jeune homme dans sa cour. De l'autre côté, quatre autres personnes attendaient, assises sur des troncs d'arbre. Gabriel trouva parmi elles une place provisoire. Pas plus de dix minutes plus tard, le staretz termina sa conversation avec le jeune homme.

Il demanda : "Comment allez-vous, les gars ?" "Avez-vous pris un loukoum ? Avez-vous bu de l'eau ?"

Ils ont répondu "merci, Géronda", avec une gentillesse toute séculaire.

Il dit à Gabriel : "Viens ici", le distinguant des autres. "Je prends l'eau, tu prends la boîte de loukoums et tu t'approches pour que je puisse te chuchoter un secret : c'est bien d'être athée, mais avoir le nom d'un ange et d'être athée, c'est la première fois, je te le dis que je vois une chose pareille".

[Le jeune homme] a failli avoir une crise cardiaque après cette surprise.

Comment pouvait-il connaître son nom ? Qui l'avait informé de son problème ? Enfin, qu'est-ce que le staretz voulait lui dire ?

Il demanda : "Père, pourrais-je te parler un moment ?" Il réussit à peine à chuchoter.

"Ecoute, il se fait tard. Prends le loukoum, bois un peu d'eau, et va au monastère le plus proche pour passer la nuit."

" Père, je voudrais te parler, n'est-ce pas possible ?"

"Que dirons-nous, mon garçon ? Quelle est la raison de ta venue ?"

[Le jeune homme] m'a dit "à cette question, j'ai senti mon souffle s'accélérer immédiatement. La foi a envahi mon cœur. Mon monde intérieur s'est réchauffé. Sans arguments logiques, les doutes étaient résolus, sans discours, sans la présence d'une réponse claire. Les "si", les "pourquoi" et les "mais" étaient automatiquement annihilés, et il ne restait plus que le "comment" et le "à partir de maintenant, quoi".

Le coup de pouce subtil d'un saint donnait à ses pensées ce qu'un homme érudit ne pouvait pas faire, un saint qui n'était diplômé que de la quatrième classe de l'école primaire. 

Les saints sont très inspirés. On vous opère, mais vous ne ressentez aucune douleur pendant l'opération. Sans ouvrir l'estomac, ils font une greffe. Sans utiliser d'échelle ou de logique séculaire, ils vous élèvent vers des sommets jamais atteints. Sans fatiguer votre esprit, ils plantent la graine de la foi dans votre cœur.


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

ORTHOCHRISTIAN

SLOVAQUIE : RASSEMBLEMENT EN FAVEUR DE L'ÉGLISE ORTHODOXE UKRAINIENNE PERSÉCUTÉE

Photo : Premier Cosaque     

Bratislava, Slovaquie, 24 mai 2024

Un rassemblement de protestation en faveur de l'Église orthodoxe ukrainienne persécutée a eu lieu devant l'ambassade d'Ukraine dans la capitale slovaque plus tôt ce mois-ci.

La manifestation a été organisée par des réfugiés et des immigrants ukrainiens qui sont paroissiens des cathédrales de Sts. Rastislav et Nicholas, rapporte l'Union des journalistes orthodoxes en référence à la première chaîne cosaque.

L'événement a également été soutenu par des prêtres et des laïcs de l'Église orthodoxe des terres tchèques et de la Slovaquie, qui ne reconnaît que l'Église orthodoxe ukrainienne canonique sous Sa Béatitude, le Métropolite Onuphre de Kiev et de toute l'Ukraine.

Les défenseurs de l'Église orthodoxe ukrainienne canonique ont souligné :

Nous appelons les dirigeants des pays étrangers à obliger Vladimir Zelensky et tous les opposants à l'orthodoxie au sein de la direction ukrainienne à mettre fin à la persécution de l'Église orthodoxe ukrainienne canonique et à cesser d'inciter à l'hostilité interconfessionnelle, et à restituer à l'Église orthodoxe ukrainienne canonique les Cavernes de la Laure de Kiev et tous les lieux saints saisis par les nationalistes et les schismatiques.

Ils ont rappelé les promesses électorales du président Zelensky de ne pas interférer dans les questions religieuses et ont appelé à la libération de Son Éminence, le métropolite Arsène de Svyatogorsk et des journalistes qui sont injustement détenus.

Dans la vidéo sur l'Union des journalistes orthodoxes, les fidèles chantent le Christ est ressuscité et font divers discours en faveur de l'Église orthodoxe ukrainienne canonique. Un homme tient également une affiche avec une photo de son Éminence le Métropolite Longin de Bancheny après avoir été agressé physiquement dans sa propre maison.

Son éminence, le Métropolite Joanikije du Monténégro, s'est également déclaré en faveur du Métropolite Arsène injustement détenu cette semaine. Un autre hiérarque serbe, Sa Grace, l'évêque Gérasime du diocèse de Gornji Karlovac en Croatie, a publié une lettre ouverte la semaine dernière pour défendre tous les hiérarques, le clergé, les moines et les fidèles persécutés de l'Église orthodoxe ukrainienne canonique.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

ORTHOCHRISTIAN

vendredi 24 mai 2024

Rendez-vous avec la mort

 




Un vieux conte arabe nous raconte la triste histoire du janissaire du sultan de Bagdad. Un jour, le jeune janissaire se jeta plein de tristesse aux pieds de son maître, qui l'aimait beaucoup, lui demandant de lui emprunter son merveilleux cheval qui courait comme s'il volait, tellement il était rapide.

« Pourquoi ? » lui demanda le sultan.

« J'ai vu la mort dans le jardin et elle m'a fait signe. » « Avec ton cheval, je pourrai courir à Bassra et me cacher dans la foire de cet endroit. » « De cette façon, la mort ne m'atteindra pas. »

Le sultan lui donna son cheval et le janissaire partit au galop à la vitesse la plus élevée.

Le sultan descendit dans le jardin et vit la mort debout là en attente.

« Pourquoi as-tu menacé mon janissaire ? » lui demanda-t-il.

« Mais je ne l'ai pas du tout menacé », répondit la mort.

« J'ai juste levé le bras, surpris. » "Je me suis demandé : comment pourrait-il être ici quand j'ai rendez-vous avec lui dans cinq heures à la foire de Bassra.

Parfois, nous croyons vraiment que nous pourrions tromper la mort en courant ici et là. 

Souvent, l'homme se comporte de manière enfantine lorsqu'il est confronté à la mort et la peur de serrer la main à l'éternité révèle son néant et son impuissance. 

Combien de personnes semblent si courageuses quand elles sont en bonne santé et que tout se passe bien dans leur vie, elles sont comme des dragons volants dans les hauteurs du ciel et montrent leur bravoure. Mais quand un événement de leur vie les fait faire face à la mort, elles prouvent leur lâcheté totale et leur manque de courage.

Pour les vrais chrétiens, la mort n'est qu'un passage à la béatitude éternelle.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

THE ATHONITE TESTIMONY

jeudi 23 mai 2024

Le courage suprême du chrétien - la mise à nu de son âme par la confession


Samedi soir, lorsque le prêtre est venu, j'ai écrit tous mes péchés sur un papier. Après m'être présenté, exprimant mon désir de confesser mes péchés, je me suis agenouillé. Le staretz Siméon m'a reçu très gentiment. Il a revêtu ses habits liturgiques et a commencé à lire les prières d'une voix douce et lente.

Lorsque les prières ont été terminées, je l'ai prévenu en disant qu'il n'aurait peut-être jamais entendu de péchés tels que les miens et j'ai commencé à les dire à partir de la liste. Oh mon Dieu, de combien de courage un homme a-t-il besoin pour dévoiler son âme devant un autre !

Le courage moral, le courage de confesser toutes vos infamies intérieures, de les sortir devant tout le monde, c'est un véritable acte de bravoure. Même les hommes les plus courageux - qui sont appelés ainsi parce qu'ils tuent des innocents sur le champ de bataille - n'ont pas autant de courage. En confessant mes péchés, j'ai eu le sentiment d'avoir expulsé tout le poison, tous les serpents venimeux cachés de mon enfance dans mon âme. À la fin, j'ai sorti le plus grand dragon de tous : c'est ainsi que j'ai appelé mon plus grand péché.

Pendant toute la confession, j'ai pleuré. Agenouillé sous l'épitrachélion, j'ai eu l'impression d'être comme le fils prodigue, aux pieds de Dieu, revenu de la porcherie, plein de honte et en haillons.

Après la confession, je me suis levé tellement soulagé... C'était comme si je m'étais débarrassé d'une meule de pierre de mon âme. Et le prêtre, avec sa douceur et sa gentillesse bien connues, m'a réconforté, disant qu'il avait déjà entendu de tels péchés et qu'il m'avait donné de ne faire que cinquante prosternations que j'ai doublées dans mon zèle. Je faisais cinquante avant les Matines et cinquante après.



Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

L'ARCHEVÊQUE DE L'ÉGLISE MACÉDONIENNE : « LES CONDITIONS DE CONSTANTINOPLE SONT INACCEPTABLES »

     

Skopje, le 22 mai 2024

Les exigences du Patriarcat de Constantinople pour l'archevêché de l'Église orthodoxe macédonienne-Archevêché d'Ohrid [en abrégé MOC-OA Macedonian Orthodox Church, Ohrid Archbishopric sont inacceptables, dit le Primat de l'Église.

Bien que l'Église orthodoxe macédonienne-Archevêché d'Ohrid ait reçu un tomos d'autocéphalie de son Église mère du Patriarcat serbe en juin 2022, son indépendance n'a pas été reconnue par toutes les Églises locales, y compris le Patriarcat de Constantinople et l'Église de Grèce, qui ont toutes deux spécifiquement souligné le nom de l'Église - "Macédonienne" - comme un problème, car la Macédoine est également le nom d'une région en Grèce. Constantinople s'attend également à ce que l'Église orthodoxe macédonienne-Archevêché d'Ohrid  sacrifie ses multiples diocèses de la diaspora.

Il y a un point de vue parmi certaines églises hellénophones et certaines autres hiérarques que la véritable autocéphalie ne peut être accordée que par Constantinople.

Interrogé aujourd'hui par un journaliste de Televizija Star quand l'Église orthodoxe macédonienne-Archevêché d'Ohrid recevra un tomos de Constantinople, le Primat, Sa Béatitude l'archevêque Stefan d'Ohrid et de Macédoine, a déclaré que personne ne le sait, de sorte que l'Église orthodoxe macédonienne continue d'établir des relations avec d'autres Églises locales entre-temps (voir ci-dessous).

« S'ils nous donnent le tomos, nous l'accepterons, mais les conditions qui sont fixées sont inacceptables pour nous », a déclaré l'archevêque, à savoir « renoncer au nom d'« Église orthodoxe macédonienne », renoncer à la diaspora macédonienne et reconnaître l'Église ukrainienne qui est reconnue par Constantinople ».

« Nous avons notre propre nom ; il nous appartient et à personne d'autre, et donc personne ne devrait nous demander de renoncer à notre nom, qui est l'Église orthodoxe macédonienne-Archevêché d'Ohrid, contenant donc deux noms », a-t-il déclaré.

« Lorsque d'autres nations orthodoxes renonceront à leurs diasporas, nous considérerons également la nôtre, mais cette question sera difficile à résoudre ou à répondre positivement en réponse à la demande du Patriarcat œcuménique », a-t-il conclu.

L'archevêque Stefan a déclaré dans une interview en 2022 que les Églises de langue grecque sont invitées à les désigner comme l'archevêché d'Ohrid si elles le souhaitent, mais l'Église orthodoxe macédonienne continuera à se référer à elle-même par son nom complet d'Église orthodoxe macédonienne-Archevéché d'Ohrid.

Plusieurs autres hiérarques de l'Église orthodoxe macédonienne ont exprimé la même conviction que l'archevêque. Stefan dans des déclarations récentes, y compris les métropolites Timotej de Debar et KičevoAgathange de Povardarie et Petar de Prespa et de Pelagonia.

Pour sa part, le Saint-Synode macédonien a annoncé en février 2023 qu'il continuerait à défendre et à maintenir à la fois son statut autocéphale et son nom.

***

Dans l'ensemble, l'autocéphalie de l'Église macédonienne est reconnue par les Églises de Russiede Pologned'Ukraine, de Bulgarie et de Roumanie, en plus de l'Église serbe qui l'a accordée.

Pendant ce temps, les Églises de Constantinoplede Grèce, d'Antioche, de Géorgie et d'Albanie reconnaissent l'Église macédonienne comme canonique mais pas autocéphale.

Les hiérarques et le clergé de l'Église orthodoxe macédonienne ont également concélébré avec les hiérarques et le clergé des Églises de Jérusalem et de l'Église orthodoxe en Amérique, bien que leurs synodes n'aient pas officiellement abordé la question.

Jusqu'à présent, il n'y a pas eu de décisions synodales ou de concélébrations avec les hiérarques ou le clergé des Églises d'Alexandrie et de Chypre.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

ORTHOCHRISTIAN

mercredi 22 mai 2024

Dites au commencement de chaque jour nouveau et de chaque nouvelle nuit: "Que Ta volonté soit faite..."

 


Vous avez compris la foi comme pratique du bien. Sachez que vous l'avez comprise comme il se doit. Votre pratique jusqu'à présent signifiait le jeûne, la prière et l'aumône. Eh bien, ces trois  choses sont d'une grande importance. Le jeûne, la prière et l'aumone sont l'expression pratique de notre foi, de notre espérance et de notre amour. Par tout cela, vous montrez que vous vous êtes conformés à la volonté de Dieu et si vous accomplissez un autre commandement du Christ, vous prouverez à nouveau que vous vous êtes conformés à la volonté de Dieu.

Cette confiance dans la volonté de Dieu est comme une âme de tous nos agissements liés à la foi et non seulement des actes et des efforts liés à la foi, mais de toutes nos pensées, sentiments et de tous nos actes - en un mot, de toute notre vie.

Car je suis descendu du ciel, non pas pour faire ma propre volonté, mais pour faire la volonté de celui qui m'a envoyé. « (Jean 6, 38) dit le Christ. Et devant Sa souffrance, avec une sueur de sang, Il dit à Son Père : Que ce ne soit pas ma volonté, mais ta volonté. `

Il y a beaucoup de personnes baptisées qui essaient d'accomplir la loi de Dieu, mais elles ne se sont pas entièrement conformées à la volonté de Dieu. Quand les difficultés surviennent, elles blasphèment Dieu, leur Créateur. Ainsi, elles révèlent le fait qu'elles ne se sont pas conformées à la volonté de Dieu que leur foi est superficielle et que les actes de leur foi sont calculés avec la raison terrestre. Par conséquent, vous devez savoir que la pratique de notre confiance dans la volonté de Dieu est plus importante que toute autre pratique de foi que nous ferions.

Au début de chaque nouveau jourdis : Que ta volonté soit faite, Père ! ` et au début de chaque nuit, dis à nouveau « Que ta volonté soit faite, Père ! `...Et soit si vous êtes en pleine santé, soit si vous êtes alités, dites à nouveau : « Que ta volonté soit faite, Père ! « En fin de compte, quand l'heure viendra où personne ne pourra s'en débarrasser et que vous rencontrerez face à face l'ange de la mort, dites avec audace : « Que Ta volonté soit faite, mon Père et mon Seigneur ! `

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

Texte de saint Nicolas de Jitcha

cité

par

THE ATHONITE TESTIMONY

mardi 21 mai 2024

Dmitry Zlodorev: JE NE POUVAIS PAS ALLER À L'ÉGLISE, MAIS LA MÈRE DE DIEU M'A ATTENDU

 Icône de la Mère de Dieu Joie de tous les affligés 

Photo : Yuri Gripas   


Ma voiture était tombée en panne et je ne pouvais pas me rendre à l'église pour saluer l’icône de la Mère de Dieu Joie de tous les affligés. Me sentant abattu, je regardais la liturgie en ligne depuis notre cathédrale Saint Jean-Baptiste de Washington, et je me suis demandé pourquoi le Seigneur avait permis que cela m'arrive : après tout, c'était mon icône, elle est célébrée le jour de mon anniversaire. Mais lorsque le Métropolite Nicholas (Olkhovsky), premier hiérarque de l'Église russe hors frontières, qui avait apporté l'icône, a commencé à parler de l'icône miraculeuse, quelque chose s’est éclairci dans mon esprit. Après tout, j'avais l'intention d'aller à l'autre office, et alors je n'aurais pas vu celui-ci ou entendu la merveilleuse histoire racontée par le Métropolite.

Voici ce que Vladyka Nicholas a dit :

Nous ne l'avons pas particulièrement planifié, c'est hors de notre portée, de la Mère de Dieu mais je crois qu'il est providentiel que ce trésor sacré, l’icône de la Mère de Dieu -Joie de tous les affligés - visite notre église. Nous l'avons apportée du Synode des évêques à New York. C'est une icône miraculeuse, belle, salvifique, pleine de prière. La Mère de Dieu nous aime et elle est venue également pour renforcer notre foi.

L'icône a sa propre histoire. En 1920, l'évêque Nestor (Anisimov) a ouvert un refuge pour les enfants, les orphelins et les malades et les personnes âgées à Harbin [Chine], et il y a construit une église en l'honneur de l’icône de la Mère de Dieu Joie de tous les affligés. Une femme orthodoxe en a entendu parler et a présenté à Vladyka Nestor cette icône pour l'Eglise. Il faisait complètement sombre - on ne pouvait rien y voir.

Le temps a passé, et au cours d'un office, le prêtre a remarqué que l'icône avait commencé à se renouveler quelque peu. Cela a duré une heure, deux, trois, et il a regardé. En peu de temps, moins d'une journée, l'icône s'est complètement renouvelée, et tout le monde a vu le visage très pur de la Mère de Dieu, cette merveilleuse image.

Métropolite Philarète (Voznesensky)   


Puis l'icône s’est ensuite retrouvée en Europe, et le très mémorable Métropolite Philarète (Voznesensky), qui avait lui-même servi comme archimandrite à Harbin, a pu l'apporter à New York. Depuis 1965, cette icône sacrée est conservée dans la basse église de St. Serge de Radonège dans notre Synode des évêques. L'icône ne va nulle part ; elle est toujours là, et vous pouvez venir prier devant elle.

Et ici, nous avons un très merveilleux miracle. Il n’est pas de notre ressort ; il vient d'en Haut : l'icône nous rend visite. Nous pouvons la regarder, et de plus, nous pouvons prier et comprendre que nous avons aussi des ténèbres, de l’aveuglement et tout simplement du péché en nous. Mais par la prière, avec le repentir, nous pouvons nous purifier et rester des chrétiens orthodoxes éclairés par Dieu. Comme l'icône s'est renouvelée, nous pouvons également renouveler notre âme, notre cœur et notre esprit, toute notre vie. Je vous exhorte tous à vous efforcer d'y parvenir.

Métropolite Nicolas et archiprêtre Victor Potapov. 

Photo : Yuri Gripas 

    

Après avoir entendu cette histoire, j'ai décidé de demander à l'archiprêtre Seraphim Gan, chancelier du Synode de l'évêque de l'Église orthodoxe russe hors frontières, pourquoi cette icône, qui est habituellement conservée à New York, est soudainement venue à nous de manière si inattendue.

« Vladyka a décidé d'apporter l'icône pour réconforter et renforcer le troupeau de Washington, qui, comme tout le monde, jeûne pour la Semaine Sainte et la Pâque du Christ », m’a dit Père Séraphim.

Puis Batiouchka, dont le grand-père, le célèbre archiprêtre Rostislav Gan, a également servi à Harbin, a ajouté quelques détails à l'histoire. Selon lui, l'icône s'est renouvelée dans les années 1930, juste devant les gens qui priaient à la liturgie de l'église de la Maison de la Miséricorde fondée par Vladyka Nestor.

La représentation du Kamchatka à Harbin, années 1930. 

Source : Korostelyov, V. V., Orthodoxie en Mandchurie, 1898-1956 : 

Essais sur l'histoire. Moscou : 2019, p. 195 

   

La Maison de la Miséricorde était considérée comme une représentation de la mission du Kamchatka, que Vladyka Nestor dirigeait avant la révolution et à laquelle il espérait revenir. Père Seraphim a rappelé que la fraternité du podvoriye [dépendance monastique] comprenait de futurs hiérarques de l'Église russe hors frontières, à savoir le Métropolite Philarète (Voznesensky) et l'archevêque Nathaniel (Lvov).


« Il est intéressant de noter qu'à cette époque à Harbin, comme dans d'autres villes de Chine où vivaient les émigrés russes, le renouvellement miraculeux des icônes sacrées et même des fresques dans les églises se produisait », a déclaré le père Séraphim. « Ces miracles ont renforcé la foi des émigrants, qui connaissaient toutes sortes de difficultés à ce moment-là. Et maintenant, cette icône nous rappelle que le Ciel ne nous abandonne pas, que la prière nous attire la miséricorde de Dieu. »

J'avais déjà l'intention d'écrire cet article, mais quelque chose ne cessait de me faire le remettre à plus tard. Il était prévu que l'icône retournerait à New York. Mais il s'avère que mon histoire n'était pas encore terminée. Quelques jours plus tard, je me suis rendu à notre église, pour un autre office ; je n'y pensais même pas. J'ai rapidement vénéré l'icône au centre et je me suis soudain figé sur place : juste devant moi se tenait l'icône de la Joie de tous les affligés, celle même de Harbin, qui était censée être déjà de retour à New York ! « Mère de Dieu, tu m'as attendu. Merci ! » m'a traversé l'esprit.

Et maintenant, je pense que peut-être que le Seigneur et Sa Mère l'ont délibérément fait pour que je me retrouve "de manière inattendue" à l'église un autre jour, pour me donner un tel cadeau et me montrer qu'ils m'aiment ?

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

ORTHOCHRISTIAN