"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

lundi 21 juin 2021

Père Antoine Fraggakis: Les dernières paroles de la gérondissa Galaktia


Mère Galaktia
de bienheureuse mémoire


Elle nous a dit le 25 mars 2021 :

(Ces paroles ont été entendues par cinq personnes et je les ai immédiatement communiquées aux Métropolites qui la respectent et l'aiment).

" Je m'en vais. Je voulais rester afin de réaliser d'abord un certain souhait de ma part, mais je peux le faire à partir de là. J'ai dit au Grand Maître : 'S'il Te plaît, prends-moi maintenant ! Je ne veux pas avoir des honneurs pour ma misérable condition."


Je lui ai demandé :

"Qu'a-t-il dit ?"

"Nous verrons bien."

Elle s'est adossée tranquillement, sans aucun signe particulier le reste du temps.

Le samedi à midi, elle m'a dit spontanément :

"Penche-toi pour que je t'embrasse. Que tu aies ma bénédiction aussi longtemps que tu vivras et après la mort ! Et quoi que tu entendes, garde la bouche fermée."

Elle a dit aux dames qui se sont portées volontaires pour la servir :

"Je m'en vais ! Le moment est venu ! Les difficultés arrivent... !"

Puis elle a dit deux fois :

"La mort ! La mort est une naissance dans les cieux !"

Ce furent ses dernières paroles.

Je vous assure sur mon sacerdoce de ce qui suit :

Elle nous a laissé un ordre strict :

"Je ne veux pas beaucoup de prêtres à mes funérailles. Qu'ils y assistent, mais seuls mes deux enfants m'enterreront : le père Antonios et le père Stylianos. Je ne veux pas de fleurs. Je mourrai à une époque où il y a beaucoup de fleurs. Cela suffit. Qu'il y ait peu de gens, et il y en aura peu. C'est suffisant pour ma grande indignité. Commémorez-moi seulement, car j'en ai grand besoin. Et toi mon enfant Antoine, tu t'engageras de ton vivant à commémorer mes défunts."


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

dimanche 20 juin 2021

Serge Gefaldo: La chose la plus difficile dans l'orthodoxie est de vivre dans un pays non-orthodoxe


L'histoire de l'indonésien orthodoxe Serge Gefaldo

Geraldio Lau Gefaldo

Geraldio Lau Gefaldo


C'est samedi. La grande maison de la rue Kartajaya dans la ville indonésienne de Surabaya à Java est bondée. Tout le monde s'est rassemblé dans la cuisine, la partie la plus à l'est du bâtiment. En quelques heures, la salle à manger deviendra temporairement le saint des saints de chaque église orthodoxe : l'autel/sanctuaire. 

Le prêtre installe soigneusement une table spéciale, la recouvre d'un linge, pose un antimension et l'Évangile dessus, y met une croix de bois et allume des cierges. À gauche de l'Évangile se trouve une icône de la Mère de Dieu, à droite une icône du Sauveur. C'est la partie principale du sanctuaire : la table du saint autel. Un acolyte de vingt ans nommé Sergius Gefaldo assiste le prêtre. Il prépare l'encensoir, plie les vêtements liturgiques et essuie les icônes. Ici, dans quelques heures, ils célébreront la Radieuse Résurrection du Christ !

Geraldio Lau Gefaldo est né et a grandi dans la ville de Surabaya, en Indonésie, dans une famille protestante. À l'âge de seize ans, il a été baptisé dans l'orthodoxie sous le nom de Serge, en l'honneur de saint Serge de Radonège. Pour lui, l'orthodoxie est devenue le point final de sa quête spirituelle. Écolier, il se disait occultiste, bouddhiste, hindou...

Aujourd'hui, Serge Gefaldo a vingt ans et il est acolyte à l'église de la maison Saint Jonas de Mandchourie, évêque de Hankou, dans la ville indonésienne de Surabaya. Son histoire raconte comment les Indonésiens orthodoxes célèbrent la fête chrétienne la plus importante : la résurrection du Christ.

La mission orthodoxe moderne dans la ville de Surabaya a commencé en 2007. Cette ville portuaire est située sur la côte est de Java. C'est un centre économique important; plus de trois millions de personnes vivent ici. La population est majoritairement musulmane (90 %) ; les autres sont catholiques, protestants, bouddhistes et hindous. 

Il est très difficile de construire une église orthodoxe dans notre pays. Premièrement, le terrain est cher. Deuxièmement, vous devez rassembler de nombreux documents et obtenir les signatures d'au moins soixante personnes vivant dans la région, ce qui est irréaliste. Par conséquent, toutes les églises orthodoxes sont des églises de maison et, malheureusement, peu de gens les connaissent.

    

La paroisse de Saint Jonas de Mandchourie est la seule paroisse orthodoxe de la ville de Surabaya. Et ces jours-ci, nous traversons des moments difficiles. Auparavant, les offices étaient célébrés dans une église de maison : elle était située dans une grande salle, qui était mise à disposition gratuitement par l'un de nos paroissiens. Là, nous avions tout ce dont une église orthodoxe a besoin : une iconostase, un sanctuaire, les portes royales, un ambon, un chœur, une solea et un grand espace pour les paroissiens. Malheureusement, la pandémie a affecté nos vies, et en avril dernier, nous avons dû déménager. 

Le recteur de l'église, le Père Kirill, a offert sa maison pour les offices. Désormais, notre communauté ne se réunit qu'une fois par semaine pour la liturgie dominicale. Et à chaque fois on fait une église dans la salle à manger : d'abord on range soigneusement la pièce, on lave le sol, on époussette et on sort tout ce qui est inutile. Ensuite, nous assemblons la table du saint autel, et plaçons les icônes et les cierges dessus. Au centre du sanctuaire nous plaçons la table de l'autel : une table quadrangulaire, consacrée et recouverte d'un linge. Père Kirill assemble toujours lui-même la table de l'autel. C'est le lieu le plus sacré de chaque église, un lieu de présence spéciale de la Gloire Divine.



Cette année, nous avons commencé les préparatifs du service pascal festif du samedi matin. Lorsqu'il n'y avait plus aucune trace de la cuisine (à part un réfrigérateur dans le coin le plus éloigné), nous nous sommes habillés. Le prêtre poussa une exclamation qui marqua le début du service. Il y avait beaucoup de monde — nous étions une trentaine — et environ la moitié étaient des catéchumènes. Ce sont des jeunes, des étudiants et des diplômés universitaires. Il est d'usage dans notre paroisse que ceux qui sont récemment venus à l'Eglise suivent une catéchèse pendant un an, assistent activement aux offices religieux et se fassent baptiser ensuite.

Pendant le service pascal, nous ne pouvons pas avoir une procession religieuse à part entière car nous ne sommes pas autorisés à attirer l'attention des autres personnes dans la rue. Par conséquent, nous marchons symboliquement et solennellement en cercle dans la pièce. Malheureusement, nous ne chantons pas non plus le Canon pascal. Nous n'en avons toujours pas de traduction en indonésien.

Nous chantons le Tropaire pascal trois fois : en indonésien, en slavon et en grec. Nous avons également une version javanaise. Il existe de nombreux dialectes en Indonésie : la langue officielle est l'indonésien, mais sur l'île de Madura on parle la langue maduraise, à Bali le balinais, à Jakarta le Betawi, à Banten (la province la plus occidentale de Java) le sundanais. Le javanais est parlé dans la partie orientale de l'île où nous vivons. Nous avons chanté le Tropaire pascal en javanais pour la première fois cette année. Je me suis préparé à l'avance : j'ai trouvé le texte sur Internet, je l'ai traduit, j'ai imprimé la partition et je l'ai montrée à tout le monde. Et notre chorale, ce sont nos paroissiens. Nous lisons l'Évangile en sept langues : indonésien, javanais, slavon, grec, latin, français et néerlandais.

Nos paroissiens portent des vêtements de fête pour Pâques – les hommes portent toujours des chemises en batik. Le batik est un tissu peint à la main avec des peintures et compositions spéciales. En indonésien, « batik » signifie littéralement « une goutte de cire ». Il s'agit d'une technique de peinture spéciale qui a été inventée par les Indonésiens. En 2009, le batik a été ajouté à la liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO.

Les femmes portent très rarement des robes et des jupes, même lorsqu'elles vont à l'église. Le plus souvent, leurs vêtements sont une chemise ou un chemisier en batik et un pantalon, et un foulard sur la tête.

Nous avons également une tradition de teinture d'œufs pour Pâques. Nous utilisons deux couleurs : rouge et vert, ou les laissons simplement blancs. Nous dessinons une croix et écrivons « XB » (abréviation de « Christ est ressuscité » en slavon d'église). Et nous préparons aussi des gâteaux de Pâques. Nous avons tous les ingrédients nécessaires ici en Indonésie.

Pâques est une occasion pour les gens de se rassembler. A Pâques, il y a un sentiment de paix tranquille, que la joie de la Résurrection rayonnante du Christ nous apporte !

Un goûter

Un repas

Après la liturgie pascale de saint Jean Chrysostome, nous nous réunissons pour un repas. Cette année ne faisait pas exception. Nous avons convenu à l'avance de la nourriture que chacun de nous apporterait. Nous avons un proverbe javanais : « Si nous ne mangeons pas de riz, alors nous ne mangeons rien du tout. » Nous utilisons du riz avec tous les plats et nous adorons les brochettes de poisson et de mouton.

Comparé aux églises en Russie, nos services sont encore incomplets ici. Nous manquons de traductions indonésiennes des textes. Pour moi, la chose la plus difficile dans l'orthodoxie est de vivre dans un pays non-orthodoxe. 

Il existe six religions reconnues en Indonésie : l'islam, le protestantisme, le catholicisme, l'hindouisme, le bouddhisme et le confucianisme. Je crois que si nous avons une grande église à Surabaya, le nombre de fidèles augmentera rapidement. L'Orthodoxie deviendra alors une religion officielle. Je veux vraiment ça !

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Librairie

 

Librairie du Monastère de la Transfiguration
18 juin 2021
Mon Père, madame, monsieur
 
Nous avons le plaisir de vous informer de la mise en ligne de deux nouveaux ouvrages dans notre librairie.
Ascètes au milieu du monde
 
Hiéromoine Euthyme
 
 
 
 



Annuaire de l'Eglise orthodoxe de France 2021
 
 
 
 



Paru récemment
 
Monastère de la Transfiguration.
24120 Terrasson- Lavilledieu

La crise écologique est-elle tout d’abord une crise spirituelle ?

samedi 19 juin 2021

Fête de Notre Père parmi les saints Claude, Archevêque de Besançon et Thaumaturge (+699)



VIE DE NOTRE PERE PARMI LES SAINTS
CLAUDE LE THAUMATURGE
HIERARQUE DE BESANCON
ET HIGOUMENE DE SAINT-OYAND
(607-699)
Fêté le 6/19 juin

Selon une tradition multiséculaire de la région de Salins, saint Claude naquit au Château de Bracon près de Salins, d'une famille d'origine romaine du nom de Claudia. Cette famille avait déjà donné à l'Église un saint évêque du nom de Claude au sixième siècle, c'est la raison pour laquelle certains biographes appellent le saint thaumaturge de Besançon saint Claude II. En l'année 607, lorsqu'il naît, son père est gouverneur de la ville. Jusque dans sa septième année, on eut soin d'élever le futur hiérarque dans la crainte de Dieu et la piété, tout en lui donnant l'éducation que supposait sa naissance. À l'age de sept ans, son âme fut confiée à des précepteurs qui le formèrent dans le domaine de la connaissance profane autant que dans celui des Lettres Sacrées. Son esprit vif, son intelligence précoce, sa docilité lui firent faire des progrès rapides, de sorte “ qu'après avoir donné les heures nécessaires à l'étude, son plus grand divertissement était de lire les livres de piété et particulièrement la vie des Saints à laquelle il s'appliquait beaucoup » selon un de ses biographes Laurent Surius. Les écrits des Pères alimentaient aussi cette jeune âme pleine de douceur et avide d'écouter la Parole de Dieu. Il allait à l'église tous les jours et y demeurait longtemps les dimanches et jours de fête, assistant avec ferveur à tous les offices divins. Ce fut un enfant grave. Il cultivait la vertu et pour ce faire, fuyait les gens et les lieux qui l'auraient éloigné de son idéal. Il fréquentait surtout les personnes pieu ses dont le commerce était susceptible de nourrir son âme. Il fut vite admiré et aimé de tous à cause de la sûreté de son jugement et de sa charité. Jusques à l'âge de vingt ans, saint Claude porta les armes: il était en tant que patrice, chargé de veiller sur les frontières, celles-ci allant alors jusqu'à l'actuel canton du Valais en Suisse Romande.


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ACATHISTE


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Ô Saint thaumaturge de la terre des Gaules* Fais de nous tes dignes disciples dans le Christ* Apprends-nous la fidélité à la Parole* Et la sainte obéissance aux commandements* Tandis qu'avec toi nous chantons Alléluia!

Orthodox Cross IC XC NI KA

16 sites orthodoxes russes les plus étonnants en dehors de la Russie


Disséminées dans le monde entier, les églises orthodoxes russes sont des lieux de prière et sont également une occasion idéale pour se familiariser avec la culture et l'histoire russes.

1. La Cathédrale de la Protection de la Très Sainte Mère de Dieu (Melbourne, Australie)

Melbourne/Wikipédia

Plus de 4 000 membres sont recensés dans la congrégation de cette cathédrale. Outre les immigrés russes à Melbourne, des fidèles d'autres Églises orthodoxes : Grecs, Macédoniens, Serbes et Bulgares, assistent également souvent à ses offices.

2. L'église du Souvenir russe (Leipzig, Allemagne)

Getty Images

L'église du Souvenir russe a été érigée en 1913 pour commémorer les quelque 130 000 Russes qui ont combattu pour la libération de l'Allemagne contre Napoléon lors de la bataille des Nations près de Leipzig en 1813.

3. Monastère de la Sainte-Trinité (Jordanville, États-Unis)

Chad Husby (CC BY-SA 2.0)

Construit en 1929, c'est le plus ancien et le plus grand monastère orthodoxe russe des États-Unis. Considéré comme l'un des principaux centres spirituels de l'orthodoxie russe en Occident, il comprend le séminaire orthodoxe de la Sainte-Trinité, une maison d'édition, un atelier de peinture d'icônes et un musée.

4. Cathédrale de la Sainte Résurrection (Tokyo, Japon)

Médias de la Légion

La cathédrale a été gravement endommagée lors du grand tremblement de terre de Kantō en 1923 : le clocher et l'entrée ouest ont été détruits, toutes les structures en bois ont été brûlées dans l'incendie qui s'en est suivi, au cours duquel cloches et argenterie ont fondu dans la chaleur. Les réparations et la rénovation se sont déroulées lentement sur 70 ans jusqu'à ce qu'un important programme de restauration soit achevé au début des années 1990.

5. Église de Marie-Madeleine (Jérusalem, Israël)

Médias de la Légion

L'église a été fondée en 1881 pour commémorer l'impératrice russe Maria Alexandrovna. Les dépenses de construction ont été entièrement couvertes par ses enfants : l'empereur Alexandre III, ses quatre frères et une sœur, également nommée Maria Alexandrovna.  

6. Cathédrale orthodoxe Saint-Nicolas (Nice)

Médias de la Légion

L'une des principales attractions de la ville de Nice, dans le sud de la France, la cathédrale orthodoxe Saint-Nicolas est considérée comme la plus grande cathédrale orthodoxe orientale d'Europe occidentale.

7. Cathédrale de la Sainte Transfiguration (Los Angeles, États-Unis)

Joe Mabel (CC BY-SA 3.0)

Située à Hollywood, la cathédrale sert non seulement les Russes locaux, mais aussi les nombreux acteurs russes qui viennent à Tinseltown pour apparaître dans des films.

8. Église Sainte-Élisabeth (Wiesbaden, Allemagne)

Médias de la Légion

L'empereur russe Nicolas II aimait fréquenter cette église avec sa famille lors de leurs fréquentes visites en Allemagne. Aujourd'hui, elle abrite le plus grand cimetière orthodoxe russe d'Europe (sans compter les parties de l'ancien empire russe).

9. Église du Christ Sauveur (Sanremo, Italie)

Getty Images

Depuis sa fondation en 1912, l'église était une pomme de discorde entre le Patriarcat œcuménique de Constantinople et l'Église orthodoxe russe. En janvier 2019, il a été décidé que l'Église du Christ Sauveur serait administrée par cette dernière.

10. Église orthodoxe Saint-Nicolas (Gifhorn, Allemagne)

Presse Global Look

Construite en 1994, cette église en bois est une copie de l'église de celle de la Transfiguration, située à Souzdal, à plus de 250 km de Moscou. Faite de mélèze, elle mesure près de 27 mètres de haut et possède huit coupoles, dont certaines sont recouvertes d'or.

11. Église commémorative orthodoxe russe St. Vladimir (Jackson, New Jersey, États-Unis)

Généticien 007 (CC BY-SA 2.0)

L'idée de construire cette cathédrale est venue en 1938 lors des célébrations du 950e anniversaire de l'adoption du christianisme par le Russie Kiévienne. Les travaux de construction, cependant, n'ont commencé qu'en 1948 et ont duré près de 40 ans.

12. Église Marie-Madeleine (Weimar, Allemagne)

Presse Global Look

L'église a souvent été visitée par Johann Wolfgang von Goethe, qui a exprimé un intérêt pour la peinture d'icônes russes et le chant religieux. La grande-duchesse Maria Pavlovna de Russie, fille de l'empereur Paul Ier et épouse du grand-duc de Saxe-Weimar-Eisenach Charles Frédéric, est enterrée ici.

13. Cathédrale Saint-Nicolas (Vienne, Autriche)

Getty Images

Après que l'Armée rouge ait libéré Vienne en avril 1945, elle a offert à la cathédrale 2 645 livres de cuivre, qui a ensuite été utilisé pour fabriquer sa plus grande cloche.

14. Église de la Nativité (Florence, Italie)

Médias de la Légion

Pendant onze ans, 1925-1936, l'église fut un tombeau temporaire pour la famille royale grecque en exil : Constantin Ier de Grèce, sa mère la reine Olga Constantinovna de Russie et sa veuve Sophie de Prusse.

15. Cathédrale de la Mère de Dieu (San Francisco, États-Unis)

Getty Images

L'une des plus grandes cathédrales orthodoxes russes au monde, elle est le centre de l'orthodoxie russe sur la côte ouest américaine et accueille souvent d'importants événements religieux et réunions de membres de haut rang du clergé.

16. Église Saint-Siméon de la Merveilleuse Montagne (Dresde, Allemagne)

Bernd Hutschenreuther

L'Église est liée à de nombreuses personnalités éminentes de la culture et de l'histoire russes. Parmi ses paroissiens figuraient le fondateur de l'anarchisme collectiviste Mikhaïl Bakounine et l'écrivain russe Ivan Tourgueniev. Le célèbre homme politique russe des années 1900 Piotr Stolypine et Lyubov Dosotyevskaya, une deuxième fille du célèbre écrivain, ont été baptisés ici.


Version française 

d'après

Russian Faith

vendredi 18 juin 2021

lecteur John Nichiporuk : Qui est ce vieil homme sur l'icône de la Pentecôte ?

 
L'Église est entrée dans le nouveau temps liturgique, le temps de la Pentecôte. Cette fête couronne le plan de notre Sauveur de faire en sorte que toute la race humaine soit comme Dieu par la sanctification par le Saint-Esprit. La Pentecôte est si importante et unique qu'elle commence le décompte de toutes les semaines suivantes de l'année liturgique, nous rappelant ainsi chaque semaine cet événement crucial. Il y a une icône de la Descente du Saint-Esprit sur l'Apôtre sur les lutrins de toutes les Églises orthodoxes maintenant. Lorsque nous l'embrassons, il est difficile de ne pas remarquer une étrange figure de vieillard peinte au bas de l'icône. Qui est-il? Pourquoi ce vieil homme est-il peint sur les icônes de la Pentecôte et que pouvons-nous en apprendre ?


L'iconographie de la Pentecôte commence à se développer au VIe siècle. Nous trouvons des icônes de la fête sur les pages de titre de l'Évangile et du Psautier, dans des manuscrits anciens, des mosaïques et des fresques. À l'origine, le bas de l'image représentait des foules de personnes de diverses origines ethniques. Le récit du livre des Actes l'explique parfaitement. D'innombrables Juifs de toutes les parties du monde se réunissaient à Jérusalem pour l'ancienne fête juive de la Pentecôte. Il y a des icônes où les foules sur fond sombre sont représentées par deux ou trois personnages.

L'iconographie byzantine avait diverses manières de représenter des multitudes de personnes. Certaines icônes ont remplacé les foules par les figures de l'empereur et d'un homme noir, représentant le monde chrétien et les sauvages. Plus tard, les peintres d'icônes ont proposé une autre façon de représenter les peuples du monde : ils ont peint un roi avec un linge et douze rouleaux [à l'intérieur]. Il y avait une inscription « Кόσμος », qui signifie « l'Univers ». Malgré l'inscription, qui n'est pas présente sur toutes les icônes, l'image et le symbolisme du roi restent flous pour de nombreux chrétiens.

Il existe une opinion selon laquelle le vieillard sur l'icône signifiait à l'origine le prophète Joël , qui a ensuite été remplacé par un roi. Cette position est confirmée par le livre des Actes où saint Pierre, dans le sermon qu'il a prêché immédiatement après la descente du Saint-Esprit, a mentionné le prophète Joël, disant que c'était sa prophétie qui s'était accomplie ce jour-là, je répandrai mon esprit sur toute chair; et tes fils et tes filles prophétiseront (Joël 2:28). Bien que l'e vieillard soit parfois inscrit comme Joël, cela ne semble pas naturel dans la plupart des cas car l'iconographie orthodoxe spécifie différents vêtements pour les prophètes et les rois. Apparemment, c'est un roi, pas un prophète, qui est représenté au bas des icônes de la Pentecôte.

Selon une autre version, l'icône de la Pentecôte combine à la fois deux thèmes : celui de l'élection de l'apôtre Matthias et celui de la Descente de l'Esprit. 

Par conséquent, il y a une tentative d'associer le vieillard de l'icône au roi David. Le roi David a prophétisé dans ses psaumes au sujet de l'Ascension du Seigneur (Dieu est monté avec un cri, le Seigneur au son d'une trompette. Ps. 47:5, etc.) Après l'Ascension, les apôtres se sont réunis dans une pièce, et l'apôtre Pierre a suggéré de remplacer Judas Iscariote. Il fit de nouveau référence au roi David et fit remarquer que c'était David qui avait prédit la trahison de Judas, car il est écrit dans le livre des Psaumes : Que son habitation soit désolée, et que personne n'y habite ; et qu'un autre prenne sa place.(Actes 1 : 20). C'est la raison pour laquelle certains érudits prétendent que le vieillard sur l'icône est le roi David, dont les douze rouleaux sont douze lots du ministère apostolique parce que c'est le roi David qui avait prédit à la fois la trahison de Judas et l'ascension du Seigneur, après quoi le Le Saint-Esprit est descendu sur les apôtres. 

David est séparé des apôtres et représenté sur un fond sombre car il appartient à l'Ancien Testament. Inutile de dire que cette version semble cohérente et prometteuse d'une certaine manière mais malheureusement, ce n'est pas le cas. C'est aussi artificiel que la supposition que le vieillard est Jésus-Christ qui avait promis de rester avec les apôtres jusqu'à la fin, auquel cas sa vieillesse signifie sa préexistence et le fait qu'Il est égal au Père ; l'arrière-plan sombre en forme d'arc symbolise le fait que nous ne savons pas où Il se trouve maintenant ; sa robe rouge désigne son peuple racheté avec son Sang le plus pur ; la couronne souligne Sa dignité royale ; le drap symbolise sa pureté ; tandis que les rouleaux sont les apôtres qu'il tient dans sa main.


La véritable explication du symbolisme de l'icône doit se fonder sur le principe de continuité des images, le message théologique de l'icône et ses originaux anciens. 

La figure du vieillard n'est pas apparue à l'improviste : elle était censée être un symbole collectif de foules de nations. Le roi au fond est la race humaine qui attend que les apôtres prêchent leur Bonne Nouvelle rédemptrice, et soient oints par le Saint-Esprit. 

Les douze rouleaux représentent l'enseignement des douze apôtres, qui est pieusement conservé sur un linge. Les ténèbres alentour sont un symbole d'ignorance qui sera vaincue grâce à l'Esprit. 

Le vieillard est plus qu'un symbole de la race humaine. Il représente le monde entier, tout le Cosmos qui a besoin d'être imprégné par les énergies divines incréées qui émanent de Dieu. Car la créature a été soumise à la vanité, non pas volontairement, mais à cause de celui qui l'a soumise dans l'espérance (Rom. 8 : 20). Bien que le Cosmos soit maintenant dans les ténèbres, il n'a pas perdu sa couronne car c'est seulement l'Homme qui est tombé, et non le Cosmos dans son ensemble. 

Nous pouvons nous reconnaître à l'image de ce vieillard. Nous avons vieilli, désirant le Dieu vivant avec le reste du monde. La réalité divine alternative a fait irruption dans ce monde. Chacun de nous peut suivre ce vieillard et tendre les mains pour recevoir la Bonne Nouvelle et le Sacrifice de Jésus-Christ.

L'icône de la Pentecôte nous plonge dans l'expérience cosmique de cet événement glorieux et déclare l'appel universel de l'Église à nous rendre saints, ainsi que le monde entier avec nous, et à amener au Père ce monde nouveau, racheté. Chacun de nous est une petite particule de la nouvelle réalité de l'Église, appelé à être le compagnon de travail de Dieu et à apporter sa contribution à la cause de la transformation de la vie qui nous entoure.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

mardi 15 juin 2021

Saint Marc l'Ascète: Deux attitudes spirituelles fausses

 


Certaines personnes qui ne respectent pas les commandements pensent qu'elles croient correctement. 

D'autres gardent les commandements et attendent le Royaume comme une récompense qui leur est due par Dieu. 

Dans les deux cas, elles sont loin de la vérité.

Version française Claude Liopez-Ginisty

d'après

PEMPTOUSIA

lundi 14 juin 2021

Saint Porphyrios: inspiring dialogue with a bird


Conversation inspirée de saint Porphyrios de Kavsokalyvia avec un rossignol dans la nature sauvage du Mont Athos.

Saint Porphyrios :
« Petit rossignol, qui t'a dit que je passerais par ici ? Personne ne vient ici. C'est un endroit tellement à l'écart. Comme tu accomplis merveilleusement ton devoir, ta prière à Dieu ! Que me dis-tu, et que  m'apprends-tu, petit rossignol ! Mon Dieu, comme je suis ému. Avec ton gazouillis, cher rossignol, tu me montres comment chanter Dieu, tu m'apprends mille et mille choses…'

Je me suis dit : 'Pourquoi ? A-t-il eu un public ? Savait-il que j'étais là et que je pouvais l'entendre ? Qui l'a entendu alors qu'il se crevait la gorge en chantant ? Pourquoi est-il allé dans un endroit si caché ? Mais qu'en est-il de tous ces petits rossignols au milieu de l'épaisse forêt, dans les ravins, nuit et jour, au coucher et au lever du soleil ? Qui a entendu leur chanson déchirante ? Pourquoi sont-ils allés dans des endroits aussi secrets ? Pourquoi se sont-ils gonflés la gorge ? Le but était d'adorer, de chanter pour leur Créateur, d'adorer Dieu. C'est comme ça que je l'ai expliqué…

Ils n'étaient pas intéressés à être entendus ; mais là dans la solitude, dans la paix, dans le désert, dans le silence, ils aspiraient à être entendus, mais par qui ? Par nul autre que par le Créateur de tout, le Créateur de tout, Celui qui leur a donné la vie, le souffle et la voix.



Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après


dimanche 13 juin 2021

Archevêque Christophe Atallah: Comment n'être rien : humilité, confiance en soi et restauration de l'amour et de la joie dans le foyer chrétien


« Je ne vous donne pas comme le monde donne » (Jean 14 :27). Mais cette promesse de notre Seigneur s'applique-t-elle non seulement à Sa paix, mais aussi à d'autres bénédictions. Se pourrait-il, par exemple, que la confiance en soi d'un chrétien ait besoin d'être très différente de la confiance en soi que le monde nous offre ? Nous recherchons sans cesse l'approbation des autres, non seulement dans les interactions directes, mais en étudiant les réponses sur les réseaux sociaux, désireux de nous remplir d'évaluations et de perceptions positives de nous-mêmes par les autres.

Cependant, nous apprenons trop vite que ce genre de confiance en soi est fragile et incertain, et qu'il est sûr de nous faire défaut quand nous en avons le plus besoin. Mais si nous regardions dans la direction opposée, cherchant non pas à nous remplir mais à nous vider, à être humbles, à n'être… rien ? C'est précisément la prescription offerte par l'archevêque Christophe dans un sermon enregistré en février 2019, le dimanche du Publicain et du Pharisien (au début du Triode de Carême) dans l'archidiocèse grec-orthodoxe d'Amman, en Jordanie.

Une autre ville : un journal de culture orthodoxe

Bienheureux est le chrétien qui se rend compte qu'il n'est rien ! Ce n'est que lorsque vous réalisez que vous n'êtes rien, par humilité, que vous pouvez comprendre le verset de la Bible dans lequel le Christ a dit : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire. (Jean 15:5)

Il est à noter que nous nous inquiétons beaucoup ; nous sommes pour beaucoup attristés et troublés, mais après que les jours difficiles soient passés, après que nos maladies et nos difficultés soient passées, nous regardons en arrière et nous nous demandons : « Pourquoi en avons-nous fait autant de drame ? Ce n'était pas digne. Pourquoi, mes enfants ? Parce que Christ ne nous occupe pas tous, Il n'occupe qu'une partie de nous. Pourtant, son commandement est clair : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. (Matthieu 22:37)

Notre Seigneur veut la totalité de nous, pas seulement une partie. Si c'est seulement une partie, alors vous ne pouvez pas Le rencontrer. Il nous veut pleinement. Son commandement est clair : Son premier commandement qu'Il a écrit du doigt sur les deux tablettes de pierre qui ont été données à Moïse dans l'Ancien Testament : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. (Deutéronome 6:5)

Parce que si c'est vu d'un point de vue psychologique, certaines personnes demanderaient : « Comment, alors, puis-je avoir confiance en moi ? Bien sûr, vous devez avoir confiance en vous. Plus vous sentez que vous n'êtes rien, plus vous aurez confiance en vous en vérité. Parce que votre humilité vous mènera à la confiance en vous.

La plupart des gens, et nous aussi, avons une fausse confiance en soi, une confiance en soi terrestre et orgueilleuse. Nous n'avons pas confiance en nous spirituellement, et c'est pourquoi nous devenons des lâches à de nombreuses reprises. Nous devenons des lâches dans les épreuves, les difficultés et la détresse, et cela signifie que nous n'avons pas confiance en nous, mais une confiance d'un autre type qui est la confiance orgueilleuse et terrestre, que la société nous donne. Voyez-vous dans quelle situation tragique et catastrophique nous nous trouvons ? Très loin du Christ, de l'Église et de la spiritualité. Ce n'est pas de la confiance en soi. C'est l'orgueil et la faiblesse, la personnalité faible et la lâcheté.

Le Seigneur dit dans la parabole (Luc 18 :10-14) : « J'ai pardonné à ce publicain, il est descendu justifié, plutôt que l'autre », plutôt que le pharisien. Nous voyons ici le jugement du Seigneur, le Sauveur, concernant ces deux situations. Nous voici devant deux situations et un jugement. Devant deux situations que les gens regardaient d'une certaine manière, mais aux yeux de Dieu elles étaient vues différemment. Aux yeux des gens, ils pensaient que le jugement de Dieu se ferait d'une certaine manière. Mais le jugement de Dieu était différent de ce que les gens pensaient qu'il serait.

L'Église et les saints Pères de l'Église nous disent comment nous – chrétiens orthodoxes, enfants de l'Église – devrions être dans notre vie. Et à travers les chants de l'Église qui sont lus et entendus dans les Matines avant le Grand Carême, l'Église nous demande de ne pas prier en tant que Pharisien mais en tant que Publicain, ce qui signifie que notre prière ne doit pas être celle du Pharisien mais celle de l'un des Publicain Alors, mes enfants, prions comme le Publicain, c'est-à-dire pour réaliser que nous ne sommes rien et ainsi nous nous rapprocherons de Dieu et de notre prochain et de nous-mêmes.

Notre relation avec les autres est très importante, et c'est ici que nous pouvons voir de nombreux défauts. Si nous regardons les chrétiens d'aujourd'hui et faisons une comparaison. Si nous remontons ensuite 18 ou 19 siècles, nous lisons dans les livres et remarquons que ce qui distingue les chrétiens caractérisés, c'est leur amour les uns pour les autres.

Les païens enviaient les chrétiens pour deux choses, qui étaient la raison pour laquelle un grand nombre de païens ont rejoint le christianisme. Ces deux choses étaient l'amour et la joie. Ils ont vu comment les chrétiens s'aimaient toujours les uns les autres et étaient toujours joyeux.

Cependant, aujourd'hui, après 20 siècles, regardons notre situation. Mesurons l'amour non pas dans les plus grandes communautés, mais mesurons-le à l'intérieur de nos propres maisons chrétiennes et voyons la situation tragique. Dans la même maison, les gens ne s'aiment pas, les frères et sœurs ne s'aiment pas et ne se parlent pas. La femme ne parle pas à sa belle-mère et la belle-mère ne parle pas à sa bru etc. Nous sommes à Babylone. En parlant de joie, regardez les visages des chrétiens, à quel point ils ont l'air renfrognés et déprimés.

Nous réalisons donc que nous sommes en crise et que nous devons la résoudre. L'Eglise nous donne la solution, qui est le genre d'humble prière enseignée par la parabole évangélique du Publicain et du Pharisien. Elle nous apprend à prier et à rencontrer Dieu, en nous-mêmes et en notre prochain.


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

ANOTHER CITY

A Journal of Orthodox Culture