"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

dimanche 3 mai 2026

DIMANCHE DU PARALYTIQUE

 

Aujourd’hui, c’est le quatrième dimanche de Pâques et nous commémorons la juste Tabitha de Joppé, car elle est mentionnée dans la lecture d’aujourd’hui tirée des Actes des Apôtres. De plus, dans le calendrier des saints, nous trouvons l’apôtre Zachée, l’un des Soixante-dix. Rappelons que le dimanche de Zachée est le dernier dimanche avant le début du Triode (les dimanches précédant le Carême, le Grand Carême et la Semaine Sainte). Ce jour-là, la lecture de l’Évangile de la Liturgie porte sur la conversion inattendue de cet homme autrefois méprisé. 


Jéricho jouissait d’une prospérité économique, et les collecteurs d’impôts (publicains) pouvaient profiter de cette situation pour s’enrichir. Les publicains étaient doublement haïs parce qu’ils servaient les occupants romains et parce qu’ils étaient malhonnêtes. Il existait des grades parmi eux, comme dans toute catégorie de fonctionnaires, et Zachée occupait le rang le plus élevé. Ni le récit évangélique, ni le commentaire, ne nous indiquent la motivation précise qui le poussait à vouloir voir le Christ, mais il était animé par le besoin de le faire. De petite taille, il ne pouvait rien voir à cause de la foule, qui n’était certainement pas disposée à céder le passage à un personnage aussi impopulaire. Zachée grimpa donc dans un arbre pour mieux voir. Il y a un symbolisme dans ces éléments. Étant corrompu, Zachée était entouré d’une foule de passions et de tentations qui se traduisaient par une stature spirituelle très limitée.  La foule était stupéfaite qu’un « prophète » et un « maître » puissent proposer de rendre visite à un pécheur aussi vil. On nous dit que Zachée n’hésita pas. Il obéit à l’ordre et accueillit le Seigneur avec joie. 

On voit ici le contraste avec l’autre homme riche, qui refusa de renoncer à sa fortune même lorsque le Christ le lui suggéra. Bien que, dans ce cas-là, rien n’indiquait que cette fortune ait été acquise de manière malhonnête. Pour montrer son repentir, Zachée a cédé volontairement sa fortune. Il en a offert librement la moitié et a promis d’utiliser le reste pour dédommager ses victimes au quadruple. Pourquoi au quadruple ? Cette restitution au quadruple par un voleur était un ancien principe de la loi (Exode 22:1). Le Seigneur n’a pas seulement félicité Zachée pour son repentir, Il nous rappelle à tous que son but est de rechercher et de sauver ceux qui étaient perdus.

Zachée fait partie des soixante-dix apôtres et devint un collaborateur du saint apôtre Pierre. La tradition nous dit que le lieu de son ministère apostolique était Césarée en Palestine, où il est identifié comme le premier évêque. Il œuvra sans relâche pour amener chacun à la plénitude de la foi. Il n’est pas rapporté qu’il ait subi le martyre, comme tant d’autres apôtres, mais il est mort de mort naturelle. Cela ne signifie pas pour autant qu’il ait mené une vie de rêve, à l’abri du danger et du harcèlement. De par son expérience passée, il devait être au courant des agissements douteux de nombreux membres de l’administration romaine, mais ceux-ci ont sans doute gardé le silence, craignant ce qu’il aurait pu révéler à leur encontre. Il est commémoré aujourd’hui dans le calendrier liturgique, jour qui marque traditionnellement le jour de son repos.

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Revenons maintenant à la sainte et juste Tabitha ; dans le passage (Actes 9, 32-42) qui est lu aujourd’hui, saint Luc rapporte deux récits distincts de miracles. Après la conversion de Saul, le plus violent persécuteur de chrétiens, la situation s’est quelque peu apaisée et ceux qui croyaient au Seigneur furent réconfortés par l’effusion du Saint-Esprit et les miracles accomplis par les mains des apôtres. Saint Pierre effectuait un pèlerinage pastoral, rendant visite aux groupes dispersés de chrétiens qui avaient besoin de soutien et de conseils. Au début de ce passage, nous lisons que Pierre rendait visite aux saints à Lydda. Dans son commentaire, l’archevêque Averky nous dit : « Tous les chrétiens étaient appelés « saints » à cette époque, car ils étaient ceux qui étaient sanctifiés par la grâce de Dieu ».  Nous rencontrons ici Énée, qui était peut-être grec et, à cette époque, peut-être même pas encore chrétien, puisqu’il est décrit comme un certain homme. Le saint apôtre obéissait au commandement du Christ de prêcher à toutes les nations. Grâce à des miracles comme celui-ci, de nombreuses âmes furent amenées à la foi en Christ. 

Tabitha ressuscitée par saint Pierre


Joppé (aujourd’hui Haïfa) n’était pas loin de Lydda. Tabitha était veuve et consacrait sa vie à des œuvres de charité, notamment en habillant les femmes pauvres qui étaient dans le besoin. On nous dit qu’elle était connue sous le nom de Dorcas. Rappelons que le grec était la langue courante en Méditerranée orientale, et que les mots grecs ainsi que les influences culturelles étaient donc omniprésents. En grec, Dorcas signifie « gazelle », une créature élégante, associée dans l’Antiquité à la grâce et à la beauté féminines. Tabitha mourut et ses proches firent venir saint Pierre, qui se trouvait à proximité. Après avoir prié, et suivant l’exemple du Seigneur, le saint apôtre ordonna : « Tabitha, lève-toi ». Ce miracle convertit de nombreuses personnes. Le dernier verset de ce chapitre nous dit que Pierre accepta l’hospitalité de Simon, un tanneur. Pourquoi nous est-on précisé le métier de cet homme ? Tout simplement parce que les chefs de la synagogue considéraient le travail du tanneur comme impur. Saint Pierre montrait ainsi que le Christ était venu pour tous, sans exception. Une foi ferme et la pureté du cœur sont plus importantes que le statut social.        

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Dans l’Évangile d’aujourd’hui (Jean 5, 1-15), saint Jean nous raconte la guérison de l’homme paralysé. Ce miracle nous est présenté à travers l’évocation d’une piscine. On trouve des références bibliques à l’utilisation de l’eau dès l’Ancien Testament. Par exemple, nous lisons l’histoire du commandant syrien Naaman, à qui le prophète Élisée avait dit de se laver dans le Jourdain pour guérir de sa lèpre.  Dans le Nouveau Testament, nous apprenons que saint Jean-Baptiste baptisait dans le Jourdain et que le Christ donna pour commandement d’aller vers toutes les nations et de les baptiser. Bethesda, la piscine des Brebis, était l’eau dans laquelle on lavait les entrailles des animaux destinés au sacrifice dans le temple. Cela ne conférait pas à l’eau des propriétés magiques, car un ange venait agiter l’eau, ce qui était le signe du don de guérison de Dieu. C'était la manière dont le baptême était préfiguré pour les personnes qui vivaient sous l'Ancienne Alliance. Dans le sacrement du baptême, ce n'est pas l'eau elle-même, mais la grâce du Saint-Esprit, qui est le facteur efficace. De même, nous pouvons nous rappeler qu'il existe de nombreux puits sacrés, associés à divers saints, vers lesquels les pèlerins se rendent en quête de guérison. Pourtant, l’eau n’est que le vecteur transmettant la bénédiction de Dieu accordée par l’intercession du saint. 

Dans ce récit évangélique, il est rapporté qu’un homme (le Synaxaire l’appelle Jarah) était paralysé et ne pouvait pas profiter du pouvoir de guérison de la piscine parce qu’il ne disposait pas de l’aide dont il avait besoin. Il souffrait de cette condition malheureuse depuis 38 ans, ce qui représentait clairement une partie importante de sa vie. Aucune information précise n’est donnée sur la cause de son infirmité, bien qu’il y ait une indication plus tard. Lorsque le Christ vit l’homme, il lui demanda s’il voulait être guéri. L’homme ne répondit pas sarcastiquement : « Et pourquoi d'autre ? » ou « Pourquoi serais-je ici sinon ? » Non, il répondit poliment, expliquant le problème de n’avoir personne pour l’aider.

Le Seigneur ordonna donc à l’homme de prendre son lit – qui ressemblait sans doute à une civière – et de marcher. Il s’agissait de démontrer aux gens, qui assistaient à cette scène, que la guérison de l’homme était réelle et non une illusion. On aurait pu s’attendre, compte tenu de la réaction humaine normale, à ce que l’homme hésite en entendant un ordre aussi extraordinaire, mais il n’en fut rien : il obéit sans poser de questions.


C'était le jour du sabbat et certains Juifs interpellèrent l'homme qui avait été guéri. Leur question portait sur le strict respect de la Loi et non sur le bien-être de l'homme lui-même. Ils ne lui demandèrent pas comment ni par quels moyens l'ancien paralytique avait été guéri. Au lieu de cela, ils lui demandèrent qui lui avait dit d'enfreindre la Loi en portant son lit le jour du sabbat. À ce moment-là, l’homme ignorait la véritable identité de celui qui l’avait guéri. Le Christ s’était éloigné de cet endroit.

Plus tard, le Christ vit l’homme dans le temple. Or, après avoir constaté qu’il était guéri, la réaction la plus probable de l’homme aurait été de se dépêcher de rentrer chez lui pour raconter à tout le monde sa bonne fortune, mais sa priorité fut d’aller d’abord au temple pour remercier Dieu. C’est ainsi que l’homme découvrit l’identité de Celui qui l’avait guéri. Le Christ lui a dit de ne plus pécher. Cela pourrait indiquer que l’infirmité de l’homme était une sorte d’affliction plutôt qu’une malformation congénitale, bien qu’il ne nous soit pas dit qu’il était un homme mauvais. S’il n’avait pas été pieux, il aurait rejeté la faute sur quelqu’un d’autre lorsqu’on lui a reproché d’avoir enfreint le sabbat. Plutôt que de dire : « C’est la faute de... » « Il m’a dit de porter mon lit », a-t-il dit, « c’est Jésus qui m’a guéri ». Ainsi, dans ce récit, nous voyons que le Christ nous enseigne la signification spirituelle de l’eau. Non pas que l’eau ait un quelconque pouvoir en soi, mais que Dieu peut utiliser, et utilise effectivement, les choses matérielles comme des canaux pour dispenser Ses bénédictions et Sa grâce. D’autres exemples sont les éléments du Saint-Sacrement et l’huile d’onction. De plus, Il nous montre que si la Loi est un cadre de discipline et d’ordre, elle ne doit pas être une restriction. Le respect des coutumes et des règles pieuses est une bonne chose. Néanmoins, servir le peuple de Dieu et se soucier de son bien-être spirituel et physique doit être une priorité. 

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après


 


samedi 2 mai 2026

Alexei Tereshtchenko: LA LOI SPIRITUELLE DES PREMIERS FRUITS


Dans la Bible, il y a un commandement direct : « Tu apporteras à la maison de l'Éternel, ton Dieu, les prémices des premiers fruits de la terre.  » (Livre d'Exode 23:19). Lorsque la première grappe de raisins mûrit, ou la première gerbe de blé, un Israélite l'apportait au temple.

Quelle est la signification de cela ? Le tout premier fruit est la récolte la plus attendue ! Il y a la plus grande part de notre désir terrestre et humain. En faire don à Dieu signifie vaincre la cupidité à la racine même. Nous offrons au Seigneur une petite partie afin de sanctifier notre droit d'utiliser tout le reste. Comme l'écrit l'apôtre Paul : Or, si les prémices sont saintes, la masse l'est aussi; et si la racine est sainte, les branches le sont aussi. (Épître aux Romains 11:16). Bien que dans ce passage, il parle des ancêtres, le principe reste inchangé - la sanctification du commencement est liée à la sanctification de tout le processus.

Nous donnons au Seigneur une petite portion afin de sanctifier notre droit d'utiliser tout le reste.

Cette tradition n'est pas la poussière des siècles - elle est vivante même aujourd'hui. Regardez ceux qui apportent à l'église un panier des meilleures pommes de la première récolte, ou les plus belles tulipes de leur jardin. C'est une façon de répondre à la question des Écritures : Qu'as-tu que tu n'as pas reçu ? (1 Cor. 4:7), et de dire : À l’Éternel la terre et ce qu’elle renferme, le monde et ceux qui l’habitent ... (Ps. 24:1).

Mais si tout est clair concernant le jardin, qu'en est-il du temps ? Le temps est notre récolte moderne. Et ici, la loi des premices fonctionne tout aussi strictement.

La première pensée est le « premier né » de notre esprit

Si nous l'offrons à Dieu (« Gloire à Toi, qui nous as montré la lumière ! »), nous sanctifions tout le flux de nos pensées pour le jour à venir. Se lever pour prier avant d'ouvrir le téléphone, un livre ou s'asseoir pour le petit déjeuner - c'est notre premier fruit spirituel. Nous donnons à Dieu les toutes premières minutes, encore endormies. C'est notre offrande.



Pourquoi pas « plus tard » ?

Si dès le matin même nous permettons à l'esprit d'errer dans des pensées oisives, il sera beaucoup plus difficile plus tard de se concentrer sur Dieu. Imaginez un instrument de musique ; si vous commencez à jouer sans l'accorder, toute la musique sera désaccordée.

La prière du matin est l'accord de notre hauteur intérieure. Même quinze ou vingt minutes d'une règle du matin peuvent sanctifier toutes les heures restantes. La journée ne devient pas une site routinier, mais un service. Et lorsque, à midi, la colère envers un collègue ou l'irritation dans une file d'attente vous submerge, ce « premier fruit » fonctionnera comme une immunité. Il suffit de se rappeler : j'ai donné ce jour au Seigneur ce matin - puis-je maintenant le souiller de ma colère ?

Comment cela peut-il être transmis aux enfants ?

Souvent, les parents partent au travail avant même que leurs enfants n'ouvrent les yeux. Comment pouvons-nous donner un exemple sans transformer la foi en sermon ennuyeux ? Les enfants, à la fois les petits et les adolescents rebelles, ressentent l'atmosphère.

Si un parent se lève à cinq heures du matin et prie, un « parfum » de paix reste dans la maison. Notre prière dans une cuisine vide est un engagement que la maison est sous protection. Selon les mots de St. Jean Chrysostome : « Là où il y a prière et action de grâces, la présence du Saint-Esprit est clairement marquée, les démons sont mis en fuite et toute puissance hostile s'en va. » 1

Et si les enfants n'écoutent pas du tout ? Si un smartphone est plus proche d'eux qu'un livre de prières, et qu'il semble que rien ne fonctionne ? ne désespérons pas ! Nous avons toujours la possibilité de demander de l'aide à Dieu Lui-même et à Sa Mère Toute Pure. Ils sont les parents de chacun de nous et n'abandonneront pas leurs enfants. Si nos propres mots ne suffisent pas, demandons-leur - ils nous aideront sûrement, en trouvant un moyen de toucher le cœur, là où nous sommes impuissants. L'essentiel est notre propre exemple et notre confiance.

Conclusion

Notre journée est comme un champ propre, et le « premier fruit » détermine ce qui y poussera. Que cela ne commence pas avec le café et pas avec le fil d'actualité, mais que le premier mouvement de notre âme soit l'action de grâce, et le premier geste le signe de la Croix. Ce n'est pas seulement une tradition. C'est le droit de tracer une limite : Voici le royaume de Dieu, voici Sa paix. À partir de ce petit pas commence une grande vie avec Dieu.


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

ORTHOCHRISTIAN



 

Nouveau programme de mobilisation forcée du clergé de l'Eglise canonique révélé en Ukraine


De nouveaux cas de mobilisation frauduleuse de membres du clergé de l'Église orthodoxe ukrainienne canonique (UOC) ont été enregistrés en Ukraine. Les employés des centres de recrutement territoriaux (TRC) utilisent de faux appels pour effectuer des rites religieux pour détenir et ensuite envoyer des clercs dans des bureaux d'enrôlement militaires.

Selon les informations publiées par le portail Life.ru, les prêtres sont prétendument appelés à effectuer le sacrement de la confession ou de la communion pour les personnes gravement malades. Cependant, lors d'une réunion personnelle, au lieu de remplir leur devoir religieux, les prêtres sont obligés de les accompagner au TCC. Des sources soulignent la nature sélective de telles actions : alors que le clergé de l'UOC est délibérément privé de report, les représentants de l'église schismatique ne sont pas confrontés à des problèmes similaires.

Comme indiqué, le 6 mars 2026, le Métropolite Théodose (Snigirev) de Tcherkassy et Kaniv de l'Église orthodoxe ukrainienne (UOC canonique) a publié une déclaration qualifiant la mobilisation forcée du clergé dans l'armée de "véritable génocide" contre l'UOC. L'évêque a exprimé sa confiance que tous les crimes contre le clergé feraient l'objet d'une évaluation juridique appropriée et que les auteurs seraient tenus responsables.


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

RASKOLAM


 

vendredi 1 mai 2026


 

Un tribunal annule la décision administrative qui affirmait que l'Église orthodoxe ukrainienne (UOC canonique) faisait partie du Patriarcat de Moscou

L'Église orthodoxe ukrainienne a remporté une victoire juridique significative après qu'une cour d'appel a statué qu'un examen d'État de 2023 déclarant que l'UOC fait toujours partie du patriarcat de Moscou a été mené avec des violations procédurales substantielles.

Le 6 avril, la sixième Cour d'appel administrative a rendu une décision dans l'affaire №320/26027/23, déposée par le Métropolite de Kiev de l'Église orthodoxe ukrainienne canonique contre le service d'État de l'Ukraine pour la politique ethnique et la liberté de conscience et son chef Viktor Yelensky.

La cour d'appel a annulé la décision du tribunal de première instance et a reconnu les principaux arguments du métropolite de Kiev comme justifiés. Le tribunal a statué que le fait que l'absence de l'agence d'État à examiner la demande de récusation des membres du groupe d'experts biaisés du 10 janvier 2023 de l'UOC était illégale et constituait une violation substantielle de la procédure.

Le tribunal a conclu que cette violation "cause une défectuosité à la fois de la conclusion de l'examen religieux et de l'ordonnance contestée du service de l'État". Sur la base de cette conclusion, le tribunal a reconnu les actions de Viktor Yelensky en approuvant l'examen comme illégales et a annulé l'ordonnance du service d'État datée du 27 janvier 2023.

La décision est entrée en vigueur immédiatement après son adoption.

Contexte : L'examen de 2023

En janvier 2023, le service de l'État a annoncé les résultats d'un examen concluant que l'UOC fait toujours partie du patriarcat de Moscou malgré l'adoption par l'Église de nouvelles lois en mai 2022 déclarant son indépendance. L'examen a été ordonné par le président Zelensky à la suite d'une directive du Conseil national de sécurité et de défense de décembre 2022 visant à identifier les organisations religieuses "affiliées à des centres d'influence de la Fédération de Russie".

Le « groupe d'experts » a conclu que « le statut de l'UOC en tant que division structurelle de l'Église orthodoxe russe, qui jouit de certains droits d'indépendance, mais ne forme pas d'église autocéphale, reste inchangé ».

Cependant, l'UOC avait déposé un appel début janvier 2023 demandant que les membres biaisés soient exclus du groupe d'experts et que les spécialistes des religions internationaux soient inclus. Cet appel a été ignoré.

Selon l'archiprêtre Alexander Bakhov, chef du département juridique de l'UOC, plusieurs membres du groupe d'experts avaient fait des déclarations ouvertement hostiles à l'UOC. Il a également noté que bien que le groupe ait été chargé d'étudier les statuts de l'UOC, il a plutôt tiré des conclusions des documents de l'Église russe qui étaient avant l'amendement de ses lois par l'UOC en mai 2022.

Contexte politique

Le contexte politique de l'examen a été mis en évidence par le licenciement d'Elena Bogdan, l'ancienne chef du service d'État, moins d'une semaine après le décret de Zelensky. Bogdan avait déclaré à plusieurs reprises que les statuts de l'UOC confirmaient l'indépendance de l'Église et avait averti que son interdiction causerait une instabilité sociétale.

Son remplaçant, Viktor Yelensky, a supervisé l'examen que la cour d'appel a maintenant jugé illégal.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

ORTHOCHRISTIAN


jeudi 30 avril 2026

Métropolite Luc (Kovalenko) de Zaporojyé et Mélitopol: LES DÉMONS TRANQUILLES DE LA MODERNITÉ : POURQUOI LES MIRACLES SE SONT-ILS TUS ?

Saint Apôtre Philippe

 



Le Christ est ressuscité, mes chers lecteurs !


Aujourd'hui, nous tournons notre regard vers les pages des Actes des Apôtres, qui racontent la grande joie qui a visité la Samarie. Nous voyons Philippe le diacre - un homme "plein d'Esprit et de puissance". Son exemple est un témoin vivant que le Seigneur n'agit pas par rapport à des rangs et des titres, mais par des cœurs ouverts.

L'auteur des Écritures sacrées nous dit : Car les esprits impurs, qui criaient à haute voix, sont sortis de beaucoup qui étaient possédés avec eux : et beaucoup de gens avec des paralysies, et qui étaient boiteux, ont été guéris (Actes des Apôtres 8:7). Pourquoi les Samaritains ont-ils reçu Philippe d'un seul accord ? La réponse réside dans la pureté de leurs âmes. Bien qu'ils n'aient pas la splendeur du culte du temple de Judée, les Samaritains ont conservé la capacité de compassion. Ils ont apporté leurs souffrances aux pieds de Philippe, et grâce à leur foi, le miracle a été accompli. Le départ des démons avec un « grand cri » n'est pas seulement une métaphore. C'est le moment où la domination du Diable sur la nature humaine est brisée. Le Seigneur est venu détruire les œuvres des ténèbres, et Philippe a simplement continué cette procession libératrice.

Beaucoup demandent : Où sont de telles guérisons aujourd'hui ? Pourquoi les places de nos villes ne sont-elles pas remplies des cris de ceux qui ont été délivrés des démons ? 

Dans les premiers siècles, les miracles servaient de confirmation de la vérité, aidant les gens à distinguer la Parole de Dieu de la superstition païenne. Aujourd'hui, l'Évangile a été prêché dans le monde entier, et le Seigneur attend de nous non pas la recherche de spectacles, mais le travail de la foi dans le silence du cœur. Un miracle est une réponse à la foi. Pourtant, nous sommes devenus trop rationnels, trop autonomes. L'homme moderne cherche un médecin, un psychologue, un médium - n'importe qui sauf Dieu. De plus, comme St. Paisios de Mount Athos l'a déclaré les gens modernes sont comme des piles déchargées. Nous ne possédons plus le zèle ardent qui habitait saint Philippe le diacre.

Les paroles sur les possédés sont-elles toujours d'actualité aujourd'hui ? Sans aucun doute. Le monde a changé, mais pas pour le mieux. La possession ne se manifeste pas toujours par de l'écume à la bouche. À notre époque, elle a pris des formes plus subtiles. Nous vivons dans un océan de mots, et la Parole de Dieu nous semble simplement « une opinion parmi tant d'autres ». Nous voyons des gens perdre leur liberté, devenir esclaves de passions, d'idéologies ou de dépendances destructrices.

Des occultistes aux manipulateurs de la conscience dans les médias, les âmes sont saisies par ces forces embrassées par des personnes qui ont rejeté Dieu. 

Lorsqu'une personne refuse la volonté divine, elle devient inévitablement un jouet entre les mains des pouvoirs extraterrestres. Si autrefois les démons saisissaient les hommes par la force, aujourd'hui ils entrent par des addictions discrètes  et une fierté obstinée. Et tout comme les démons ont autrefois crié à la présence de Philippe, de même aujourd'hui aussi, la vraie prédication provoque l'agression, la moquerie ou le « cri » d'indignation chez beaucoup. La vérité irrite ceux qui se sont habitués à vivre dans le mensonge.


L'absence de guérisons de masse à notre époque n'est pas un signe que la puissance de Dieu a diminué, mais le résultat de notre fermeture intérieure. 

Nous sommes devenus trop rationnels ; nos esprits sont surchargés d'informations, de sorte que la Parole vivante de prédication semble n'être que du bruit. Si les Samaritains « prêtaient tous ensemble l’oreille » à Philippe, la société moderne répond souvent à la vérité soit avec indifférence, soit avec hostilité, comme ce cri même des esprits impurs, perturbés par la présence de la Lumière. Et nous-mêmes, malheureusement, prêchons souvent avec nos lèvres tout en niant Dieu par nos actes.

Même l'exemple du sorcier Simon le Magicien, qui cherchait à acheter la Grâce avec de l'argent, nous sert d'avertissement. Beaucoup, à notre époque, recherchent dans l'Église non pas le salut de l'âme, mais l'aide « magique » ou la prospérité terrestre. Mais comme le montre l'exemple des apôtres Pierre et Jean, la grâce ne se vend pas  - elle n'est accordée qu'à un cœur pur et repentant.

L'histoire de St. Philippe le diacre nous enseigne que les persécutions et les difficultés n'aident à la propagation de la foi que lorsque le cœur brûle d'amour pour le Christ. 

Cela nous rappelle que chacun de nous est appelé à être un porteur de joie. Bien que nous n'ayons peut-être pas le pouvoir de guérir les boiteux corporellement, nous pouvons renforcer ceux qui sont paralysés dans l'esprit par un mot gentil et par amour. Les miracles n'ont pas cessé - ils se sont simplement déplacés vers l'intérieur, dans l'âme humaine. Le plus grand miracle aujourd'hui est la repentance d'un pécheur et son retour vers la Lumière.

Que notre vie devienne un tel sermon - un sermon qui ne réveille pas les disputes, mais cette même joie pure qui embrassait autrefois toute la Samarie.

Le Christ est vraiment ressuscité !

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

ORTHOCHRISTIAN

mercredi 29 avril 2026

Saint Jean de Cronstadt


*

Confiez toutes les injustices humaines 

au Seigneur, 

car Dieu est le seul Juge, 

mais en ce qui vous concerne, 

soyez diligents 

à aimer tout le monde 

avec un cœur pur.

*

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

orthodoxquoteoftheday.com