"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

mardi 22 janvier 2019

Schisme ukrainien de Constantinople suite...


Le patriarche Théophile III de Jérusalem (photo) n'a pas concélébré la Théophanie avec les schismatiques ukrainiens, malgré les pressions de Constantinople, d'Israël et des Etats-Unis [de quel droit? NdT).

Le patriarche Jean X d'Antioche a réitéré son soutien total à l'Église orthodoxe canonique ukrainienne et à l'Église orthodoxe russe, bien que, comme l'a récemment confirmé le président Assad, des tentatives artificielles visant à demander l'autocéphalie du Liban pour diviser le patriarcat d'Antioche aient commencé.


lundi 21 janvier 2019

Anniversaire du Martyre du Roi Louis XVI

Il y avait à la skite de Gethsémani,
avant la révolution russe,
une icône
du Roi-Martyr Louis XVI



Icône du roi-martyr Louis XVI




Testament de Sa Majesté le Roy Louis XVI,
rédigé le 25 décembre 1792,
envoyé à la Commune de Paris le 21 janvier 1793.

Au nom de la très Sainte Trinité du Père du Fils et du St Esprit. Aujourd’hui vingt cinquième jour de Décembre, mil sept cent quatre vingt douze. Moi Louis XVIe du nom Roy de France, étant depuis plus de quatres mois enfermé avec ma famille dans la Tour du Temple à Paris, par ceux qui étoient mes sujets, et privé de toute communication quelconque, mesme depuis le onze du courant avec ma famille de plus impliqué dans un Procès dont il est impossible de prévoir l’issue à cause des passions des hommes, et dont on ne trouve aucun prétexte ni moyen dans aucune Loy existante, n’ayant que Dieu pour témoin de mes pensées et auquel je puisse m’adresser. Je déclare ici en sa présence mes dernières volontés et mes sentiments.
Je laisse mon âme à Dieu mon créateur, je le prie de la recevoir dans sa miséricorde, de ne pas la juger d’après ses mérites, mais par ceux de Notre Seigneur Jésus Christ qui s’est offert en sacrifice à Dieu son Père, pour nous autres hommes quelqu’indignes que nous en fussions, et moi le premier.
[…]
Je prie Dieu de me pardonner tous mes péchés. J’ai cherché à les connoitre scrupuleusement à les détester et à m’humilier en sa présence, ne pouvant me servir du Ministère d’un Prestre Catholique. Je prie Dieu de recevoir la confession que je lui en ai faite et surtout le repentir profond que j’ai d’avoir mis mon nom, (quoique cela fut contre ma volonté) à des actes qui peuvent estre contraires à la discipline et à la croyance de l’Eglise Catholique à laqu’elle je suis toujours resté sincérement uni de cœur. Je prie Dieu de recevoir la ferme résolution ou je suis s’il m’accorde vie, de me servir aussitôt que je le pourroi du Ministère d’un Prestre Catholique, pour m’accuser de tous mes péchés, et recevoir le Sacrement de Pénitence.
Je prie tous ceux que je pourrois avoir offensés par inadvertance (car je ne me rappelle pas d’avoir fait sciemment aucune offense à personne), ou à ceux à qui j’aurois pu avoir donné de mauvais exemples ou des scandales, de me pardonner le mal qu’ils croient que je peux leur avoir fait.
Je prie tous ceux qui ont de la Charité d’unir leurs prières aux miennes, pour obtenir de Dieu le pardon de mes péchés.
Je pardonne de tout mon cœur à ceux qui se sont fait mes ennemis sans que je leur en aie donné aucun sujet, et je prie Dieu de leur pardonner, de même que ceux qui par un faux zèle, ou par un zèle mal entendu, m’ont fait beaucoup de mal.
Je recommande à Dieu, ma femme, mes enfants, ma sœur, mes Tantes, mes Frères, et tous ceux qui me sont attachés par les liens du Sang, ou par quelque autre manière que ce puisse être. Je prie Dieu particulièrement de jeter des yeux de miséricorde sur ma femme, mes enfants et ma sœur qui souffrent depuis longtemps avec moi, de les soutenir par sa grâce s’ils viennent à me perdre, et tant qu’ils resteront dans ce monde périssable.
Je recommande mes enfants à ma femme, je n’ai jamais douté de sa tendresse maternelle pour eux; je lui recommande surtout d’en faire de bons chrétiens et d’honnestes hommes, de leur faire regarder les grandeurs de ce monde-ci (s’ils sont condamnés à les éprouver) que comme des biens dangereux et périssables, et de tourner leurs regards vers la seule gloire solide et durable de l’Eternité. Je prie ma sœur de vouloir bien continuer sa tendresse à mes enfants, et de leur tenir lieu de Mère, s’ils avoient le malheur de perdre la leur.
Je prie ma femme de me pardonner tous les maux qu’elle souffre pour moi, et les chagrins que je pourrois lui avoir donnés dans le cours de notre union, comme elle peut être sûre que je ne garde rien contre elle si elle croyoit avoir quelque chose à se reprocher.
Je recommande bien vivement à mes enfants, après ce qu’ils doivent à Dieu qui doit marcher avant tout, de rester toujours unis entre eux, soumis et obéissants à leur Mère, et reconnoissants de tous les soins et les peines qu’elle se donne pour eux, et en mémoire de moi. je les prie de regarder ma sœur comme une seconde Mère.
Je recommande à mon fils, s’il avoit le malheur de devenir Roy de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses Concitoyens, qu’il doit oublier toute haine et tout ressentiment, et nommément tout ce qui a rapport aux malheurs et aux chagrins que j’éprouve. Qu’il ne peut faire le bonheur des Peuples qu’en régnant suivant les Loys, mais en même temps qu’un Roy ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire, et qu’autrement, étant lié dans ses opérations et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile.
Je recommande à mon fils d’avoir soin de toutes les personnes qui m’étoient attachées, autant que les circonstances où il se trouvera lui en donneront les facultés, de songer que c’est une dette sacrée que j’ai contractée envers les enfants ou les parents de ceux qui ont péri pour moi, et ensuite de ceux qui sont malheureux pour moi. Je sais qu’il y a plusieurs personnes de celles qui m’étoient attachées, qui ne se sont pas conduites envers moi comme elles le devoient, et qui ont même montré de l’ingratitude, mais je leur pardonne, (souvent, dans les moment de troubles et d’effervescence, on n’est pas le maître de soi) et je prie mon fils, s’il en trouve l’occasion, de ne songer qu’à leur malheur.
Je voudrois pouvoir témoigner ici ma reconnaissance à ceux qui m’ont montré un véritable attachement et désintéressé. D’un côté si j’étois sensiblement touché de l’ingratitude et de la déloyauté de gens à qui je n’avois jamais témoigné que des bontés, à eux et à leurs parents ou amis, de l’autre, j’ai eu de la consolation à voir l’attachement et l’intérest gratuit que beaucoup de personnes m’ont montrés. Je les prie d’en recevoir tous mes remerciements; dans la situation où sont encore les choses, je craindrois de les compromettre si je parlois plus explicitement, mais je recommande spécialement à mon fils de chercher les occasions de pouvoir les reconnaître.
Je croirois calomnier cependant les sentiments de la Nation, si je ne recommandois ouvertement à mon fils MM. de Chamilly et Hue, que leur véritable attachement pour moi avoit portés à s’enfermer avec moi dans ce triste séjour, et qui ont pensé en être les malheureuses victimes. Je lui recommande aussi Cléry des soins duquel j’ai eu tout lieu de me louer depuis qu’il est avec moi. Comme c’est lui qui est resté avec moi jusqu’à la fin, je prie M. de la Commune de lui remettre mes hardes, mes livres, ma montre, ma bourse, et les autres petits effets qui ont été déposés au Conseil de la Commune.
Je pardonne encore très volontiers a ceux qui me gardoient, les mauvais traitements et les gesnes dont ils ont cru devoir user envers moi. J’ai trouvé quelques âmes sensibles et compatissantes, que celles-là jouissent dans leur cœur de la tranquillité que doit leur donner leur façon de penser.
Je prie MM. de Malesherbes, Tronchet et de Sèze, de recevoir ici tous mes remerciements et l’expression de ma sensibilité pour tous les soins et les peines qu’ils se sont donnés pour moi.
Je finis en déclarant devant Dieu et prest à paroitre devant lui, que je ne me reproche aucun des crimes qui sont avancés contre moi.
Fait double à la Tour du Temple le 25 Décembre 1792.
Louis.



Dernière page du testament de Louis XVI.



***

"En coupant la tête à Louis XVI, la Révolution a coupé la tête à tous les pères de famille. Il n’y a plus de famille aujourd’hui, il n’y a plus que des individus."

Honoré de Balzac,
Mémoires de deux jeunes mariées (1841)

Sur le blog saint Materne en 2017!

http://stmaterne.blogspot.ch/2017/01/louis-xvi-ou-la-mise-mort-rituelle-de.html


Louis XVI ou la mise à mort rituelle de tout ce qui touche au Christ

Les régicides de France inspireront ceux de Russie. On retrouve les mêmes traits par la suite, avec les campagnes de dénigrement haineux, de diffamation post-mortem. Jusque dans nos manuels scolaires. Arracher tout ce qui est au Christ ici bas, tel est leur but.



« L’attentat contre la personne de Louis XVI vise le Roi-Christ, l’incarnation divine, et non la chair effrayée de l’homme. » (Albert Camus)
« Le 21 janvier, avec le meurtre du Roi-prêtre, s’achève ce qu’on a appelé significativement la passion de Louis XVI. Certes, c’est un répugnant scandale d’avoir présenté, comme un grand moment de notre histoire, l’assassinat public d’un homme faible et bon. Cet échafaud ne marque pas un sommet, il s’en faut. Il reste au moins que, par ses attendus et ses conséquences, le jugement du roi est à la charnière de notre histoire contemporaine. Il symbolise la désacralisation de cette histoire et la désincarnation du Dieu Chrétien. Dieu, jusqu’ici, se mêlait à l’histoire par les Rois. Mais on tue son représentant historique, il n’y a plus de roi. Il n’y a donc plus qu’une apparence de Dieu relégué dans le ciel des principes.

Les révolutionnaires peuvent se réclamer de l’Evangile. En fait, ils portent au Christianisme un coup terrible, dont il ne s’est pas encore relevé. Il semble vraiment que l’exécution du Roi, suivie, on le sait, de scènes convulsives, de suicides ou de folie, s’est déroulée tout entière dans la conscience de ce qui s’accomplissait. Louis XVI semble avoir, parfois, douté de son droit divin, quoiqu’il ait refusé systématiquement tous les projets de loi qui portaient atteinte à sa foi. Mais à partir du moment où il soupçonne ou connaît son sort, il semble s’identifier, son langage le montre, à sa mission divine, pour qu’il soit bien dit que l’attentat contre sa personne vise le Roi-Christ, l’incarnation divine, et non la chair effrayée de l’homme. Son livre de chevet, au Temple, est l’Imitation de Jésus-Christ. La douceur, la perfection que cet homme, de sensibilité pourtant moyenne, apporte à ses derniers moments, ses remarques indifférentes sur tout ce qui est du monde extérieur et, pour finir, sa brève défaillance sur l’échafaud solitaire, devant ce terrible tambour qui couvrait sa voix, si loin de ce peuple dont il espérait se faire entendre, tout cela laisse imaginer que ce n’est pas Capet qui meurt mais Louis de droit divin, et avec lui, d’une certaine manière, la Chrétienté temporelle. Pour mieux affirmer encore ce lien sacré, son confesseur le soutient dans sa défaillance, en lui rappelant sa « ressemblance » avec le Dieu de douleur. Et Louis XVI alors se reprend, en reprenant le langage de ce Dieu : « Je boirai, dit-il, le calice jusqu’à la lie ». Puis il se laisse aller, frémissant, aux mains ignobles du bourreau. »

Saint Païssi Velitchkovsky: La Providence de Dieu

Преподобный Паисий Величковский


Et quand n'importe quel type de chagrin, des démons ou des hommes, vient sur nous, que ce soit une affliction ou un malheur, prions alors Dieu avec diligence. Demandons avec larmes, sans anxiété ni souci, comment nous pourrions être délivrés de cette épreuve, car il n'est nulle affliction qui ne vienne sur nous sans la Providence de Dieu.

Aimons alors la voie étroite et difficile de la vie d'afflictions, car cette voie étroite et pénible conduit au Royaume des Cieux.

Donc, ne fuyons pas les dangers, les malheurs, les nécessités et les afflictions, mais endurons tout ce qui est pénible, difficile et déplaisant virilement, jusques au moment où nous recevrons l'aide divine. Il sied à un ascète, à un saint de Dieu d'être fort dans toute affliction, d'y placer son cœur comme sur une terre ferme, et de ne pas être faible comme l'eau. 

La vie qui tourne comme une roue est inconstante et désordonnée. Quelquefois il y a pour l'homme la prospérité, quelque honneur aussi, mais n'attache pas ton cœur à cela. 

Quelquefois il y a la persécution des hommes, ne sois pas affligé alors. 

Quelquefois les démons attaquent par les afflictions et les passions, n'en sois pas triste non plus.

Tout ceci nous arrive et cela est permis par Dieu pour notre salut. Et cela disparaît à nouveau, comme Sa grâce l'ordonne, afin et de nous châtier, et de nous faire miséricorde. 
A Lui est la gloire, maintenant et toujours et aux siècles des siècles. 
Amen!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après Saint Païssi Velitchkovsky
in Little Russian Philokalia
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA
1994

Sur Orthodoxie.com:L’Archevêché des églises orthodoxes russes en Europe occidentale défend son unité



Dans un communiqué, daté du 17 janvier, le conseil de l’Archevêché des églises orthodoxes russes en Europe occidentale fait savoir :
« Ces derniers jours, de nombreux prêtres et diacres de l’Archevêché ont reçu un courrier du métropolite grec du pays où ils résident, leur intimant l’ordre de cesser de commémorer leur propre archevêque, de rejoindre le clergé des métropoles grecques, de considérer que, d’ores et déjà, nos paroisses et communautés font partie de ces métropoles et leur ordonnant enfin de leur remettre tous les documents et registres paroissiaux utiles. À ce sujet, le conseil de l’Archevêché renvoie à son communiqué du 30 novembre dernier et apporte ici quelques précisions.
Cette intervention d’évêques extérieurs dans le corps même de notre archevêché, même s’il s’agit d’évêques du même patriarcat, est irrégulière au regard de l’ecclésiologie et du droit : en effet, Son Éminence l’archevêque Jean est le seul évêque dirigeant légitime des paroisses orthodoxes de tradition russe en Europe occidentale. Le 28 mars 2016, il a été élu de manière régulière par l’assemblée générale extraordinaire de l’Archevêché, composée de tous les clercs et des laïcs délégués des paroisses qui composent notre corps ecclésial ; le 22 avril 2016, le Saint-Synode du Patriarcat œcuménique a entériné cette élection. À partir de ce moment, l’archevêque Jean a été installé dans ses fonctions de manière définitive. Depuis lors, il n’a ni démissionné ni demandé une quelconque mise à la retraite et demeure, par définition même du ministère épiscopal, l’organe de la catholicité du diocèse et le président de l’Union diocésaine qui est la personne morale de droit français assurant la communion de toutes les paroisses et communautés de l’Archevêché. (…)
En effet, pour dissoudre l’Archevêché fondé en 1921 (c’est-à-dire avant même sa réception dans le Patriarcat de Constantinople), seule l’assemblée générale est compétente. Elle a été convoquée valablement pour le 23 février prochain et comporte un seul point à son ordre du jour : la discussion sur cette décision du Patriarcat. (…)
Si le Patriarcat œcuménique fermait la porte à toute possibilité de l’Archevêché de demeurer dans son sein, l’assemblée générale aviserait en conséquence. Toutefois, ni les métropolites grecs d’Europe occidentale, ni le conseil de l’Archevêché, ni même l’archevêque ne peuvent se substituer à l’assemblée ecclésiale qui a été valablement convoquée pour le 23 février prochain. »
L’intégralité du communiqué est en ligne ici.


dimanche 20 janvier 2019

Sur orthodoxie.com: Ukraine : un office de la Théophanie interrompu par un attentat terroriste



Le 18 janvier, pendant l’office des vigiles de la fête de la Théophanie, des inconnus ont lancé des explosifs dans le narthex de l’église de la Sainte-Transfiguration de l’Église orthodoxe ukrainienne (Patriarcat de Moscou) à Soumy. Selon le site web du diocèse de Soumy personne dans l’église surpeuplée n’a été blessé. D’après la même source, toute une série de provocations a eu lieu à Soumy ces derniers temps. La même église a été vandalisée par des graffitis le 15 janvier dernier.

samedi 19 janvier 2019

Père André [Konanos] La vie spirituelle doit être sans hypocrisie!


Notre vie est pleine de difficultés, mais après tout, cela ne nous arrive-t-il pas à cause de nos propres passions ? Cela n'arrive-t-il pas à cause de nos "si" ? N'est-ce pas à cause de notre façon de parler et d'agir ? A cause de notre hypocrisie et de notre mensonge ? Tu n'es pas d'accord avec moi ? Néanmoins, la connaissance de soi et la reconnaissance de ce fait nous aideront à aimer notre prochain, à devenir plus indulgents, sincères et authentiques - fondamentalement, à devenir plus humains. Si nous devenons plus humains, nous deviendrons comme Dieu, nous aussi. Quand nous atterrirons, nous volerons. Vous devez vous tenir fermement sur le sol avant de pouvoir décoller et voler. D'abord vous faites un pas sûr, puis vous défiez la gravité. D'abord vous devez devenir un vrai humain et ensuite un homme-Dieu.

C'est une grande réussite que d'être simple, humble, naturel et amical. Vous devez toujours vous assurer d'être qui vous êtes : une vraie personne. Nous devrions tous nous efforcer d'atteindre cet objectif.

Un higoumène du mont Athos avait l'habitude de partager quelques souvenirs de sa vie. Voici ce qu'il nous a dit à propos du père spirituel qu'il avait quand il était jeune : "Un jour, mon père spirituel et moi sommes allés à Athènes en voiture. Une jolie fille qui portait de beaux vêtements a traversé la rue quand notre voiture s'est arrêtée aux feux de circulation. Elle mettait les gens mal à l'aise. Mon père spirituel a dit : " Oh ! combien de belles créatures de Dieu marchent dans les rues ! Il y a tant de jolies filles dans ce monde. Elles émeuvent tout le monde !" L'higoumène poursuivit son histoire : "Alors j'ai demandé à mon père spirituel : "Geronda, es-tu troublé toi aussi ?""Bien sûr, mon cher. Comment ne pas être troublé quand on voit une telle fille ? Tout le monde le serait. Et je me suis dit : " C'est pour ça que j'aime mon Geronda ! C'est quelqu'un de bien. Il est pieux mais aussi véritablement humain. 
Plus tard, à Athènes, j'ai rencontré une femme qui m'a parlé de son conseiller spirituel : " Mon père spirituel a tout transcendé. C'est un Ange. Il ne touche pas le sol. "Rien ne le dérange." Le vieil higoumène ajouta : "C'est ce que j'ai répondu:'Non, non, non ! Je ne veux pas d'un Geronda comme ça. Je préfère mon Geronda. C'est un homme simple, un homme normal comme nous tous."

Voici un exemple d'un père spirituel que vous pouvez approcher sans crainte et sans terreur. Les saints disent que c'est la raison pour laquelle Jésus a laissé les apôtres et les prêtres comme ses successeurs pour entendre les confessions et pour interagir avec le monde. Cela a été fait pour que les croyants se sentent à l'aise, pour qu'ils n'aient pas peur de leurs chefs et sachent qu'ils sont comme nous. Ils peuvent nous comprendre parce qu'ils vivent les mêmes tentations. C'est vrai : quoi que vous fassiez, je fais la même chose.

L'histoire que j'ai mentionnée m'a été racontée par l'abbé du monastère de Dochiariou, le père Grégoire, décédé il y a quelques semaines. Son père spirituel, qui a admis ses propres tentations, était le saint Amphilochios de Patmos récemment glorifié comme saint par l'Eglise.

Les vrais gens : les pécheurs et les fanatiques, les repentants, les saints qui demandent constamment la miséricorde de Dieu et vivent honnêtement et authentiquement, avec tout ce que cela implique... Ils ne me choquent pas. Je ne les aime pas particulièrement, et pourtant ils ne me rendent pas nerveux. Au contraire, ils me font me sentir soulagé, plein d'espoir et inspiré pour faire le bien et éviter l'hypocrisie. Ô Seigneur, prends pitié de nous par les prières et l'intercession de tes saints !

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après


vendredi 18 janvier 2019

Apparition de la Mère de Dieu au Vietnam


La nouvelle illuminée Anna, avec une jambe encore dans le plâtre!

Le Père Georges Maximov, un prêtre de Moscou qui officie souvent lors de voyages missionnaires à travers l'Asie, a posté sur sa page Facebook les paroles d'une Vietnamienne qui s'est convertie à l'Orthodoxie après que la Mère de Dieu lui soit apparue.

La femme, Nguyen Thi Mai Anh, ancienne bouddhiste vivant et travaillant à V?ng Tàu, au Vietnam, a été baptisée dans la sainte Orthodoxie le Samedi Saint de cette année.

Elle écrit qu'il s'est passé quelque chose d'incroyable dans sa vie il y a environ un an : "J'étais dans le coma à l'hôpital. Pendant ce temps, j'ai vu un rayonnement, une lumière vive, et directement devant moi apparut la Vierge Marie,  la Mère de Dieu. Elle m'a donné une bouteille d'eau et m'a donné à boire. Dès que j'ai bu l'eau, la lumière et la Mère de Dieu ont disparu ont disparu."

"Le lendemain matin, poursuit-elle, je suis soudain sortie du coma après être restée inconsciente si longtemps. Mme Nguyen a survécu, et elle a commencé à prier le Seigneur Jésus-Christ et Sa Mère pour un prompt rétablissement, et elle a décidé qu'elle deviendrait chrétienne à son retour chez elle.

"Quelques jours plus tard, une autre vision m'est apparue dans un rêve, qu'il y aurait un homme qui me conduirait à l'Église, et que j'y mangerais du pain et boirais de l'eau bénite avec tout le monde, et que je marcherais dans l'église, " poursuit-elle.

Après sasortie de l'hôpital et son retour à la maison, une amie vint à elle, portant une icône de la Mère de Dieu avec le Sauveur. "Je fus incroyablement heureuse, parce que c'était la même image que j'avais vue dans mon rêve. J'étais très heureuse et j'ai raconté à mon ami ce que j'avais vu dans le rêve, et il m'a emmené dans une église orthodoxe où les Russes prient dans le 5ème arrondissement de la ville de V?ng Tàu, pour y rencontrer le Seigneur et la Mère de Dieu," se souvient Nguyen.

La femme fut ensuite baptisée dans la même église et "née de nouveau sous la protection de la Très Sainte Mère de Dieu et par la grâce du Seigneur".

"Je suis infiniment heureuse ! s'exclame-t-elle, continuant, "Merci à Toi, Seigneur et à Toi, ô Mère de Dieu, pour ma "seconde naissance" et le don de la Fontaine de Vie !

Le Père Georges note qu'elle s'est cassé la jambe juste avant son baptême, mais cela ne l'a pas découragée. Elle a été baptisée sous le nom d'Anna et elle lit maintenant les prières en vietnamien pendant les offices.

Version fran4aise Claude Lopez-Ginisty
d'après

Une déclaration de l'évêque Kallistos (Ware)

Evêque Kallistos ]Ware]

Certains médias ukrainiens ont relevé que le Tomos octroyant l'autocéphalie à la nouvelle église n'a pas été signé par l'ensemble des membres du synode du patriarcat de Constantinople. 

Il s'en est suivi une situation insolite: il a fallu faire revenir le document d'Ukraine à Istanbul La moitié des dignitaires de l'Eglise ayant apposé leurs signatures ne font pas partie du synode. De nombreux membres attitrés du synode ont refusé de signer. 

Le 9 janvier le métropolite Kallistos ( l'évêque métropolite de l'Église Orthodoxe dépendant du Patriarcat œcuménique de Constantinople, en Grande Bretagne ) a déclaré lors d'une intervention dans le cadre de "The International Orthodox Theological Association": "Le patriarcat de Constantinople a donné l'autocéphalie à des groupes de schismatiques sous la direction de Philarète Denissenko et du métropolite Macaire. 

La légalisation des schismatiques ukrainiens a été une grave erreur". Il est déjà possible de conclure que l'action du patriarche Bartholomé en Ukraine ne bénéficie pas d'un soutien sans réserve dans son entourage. Lien Trad PO 
Source en français: 

jeudi 17 janvier 2019

Père André [Konanos]: Quoi que tu fasses, le christ te trouvera...


Père André [Konanos]


Quoi que tu fasses, le Christ te trouvera certainement. Ne crois-tu pas en Christ ? Quoi qu'il en soit, mais tes intentions sont bonnes, demande-Lui de venir à toi. Il le fera. Demande-Lui ça. Dis : "Dieu, j'ai entendu dire que Tu existes. J'ai entendu, mais je ne Te sens pas, je ne crois pas en Toi. Pourtant, je veux que Tu viennes à moi. Je ne peux pas le faire, mais Tu le peux, Tu le dois ! Comment puis-je Te comprendre ? Comment mon esprit limité peut-il comprendre le Dieu infini ? Comment mon âme peut-elle sentir le Christ, Qui est au-dessus de toutes nos pensées et actions ?"

Au début, Dieu a fait le premier pas. Il a été le premier à nous aimer. Cependant, Il a besoin de trouver une place dans notre âme pour faire ce pas maintenant.

Il est essentiel pour une âme de Le chercher, de Le pourchasser, et de douter aussi. C'est le seul moyen de trouver Dieu.

Poursuis-le. Il s'éloigne de nous volontairement pour que nous soyons encore plus avides de Lui, pour que nous voulions Le trouver encore plus. Pourtant, Il s'éloigne, car l'engagement envers Lui doit être dynamique et non statique. Dieu est une Personne. Il évite volontairement la voie facile, parce que nous sommes habitués à ce que tout nous vienne facilement, habitués aux commodités, habitués à nous tourner vers Lui en péchant. Dans de tels cas, Dieu se retire.

Comme l'enseigne saint Silouane l'Athonite, une seule pensée maléfique suffit à chasser le Christ ; une seule pensée maléfique, un seul sentiment : jalousie, ou haine, ou animosité, ou mépris, ou un regard ironique. N'importe quel élément de cette "liste" suffit à aliéner le Christ. Cependant, si tu désires vraiment, sincèrement Le trouver, Il te trouvera. Même si tu doutes encore, tu fais des erreurs, tu hésites, hésitez, même si parfois tu perda la foi, le temps viendra, où Il viendra à toi.

Quand tu vois le Christ, quand tu fais l'expérience personnelle, quand tu sens le contact de Dieu comme si une autre personne t'avait touché, alors tu comprends que ce n'est pas une fiction. Tu en seras toi-même convaincus, ton âme en sera convaincue, finalement convaincue. Tu développeras ce qu'on appelle la bienveillance. C'est quand une personne commence à chercher de tout son cœur le Christ et commence vraiment à Le voir : sincèrement, comme Lui-même veut se rapprocher de toi.

Je ne sais pas quelle voie Dieu choisit dans chaque cas particulier, mais l'impression sera si forte, en effet, qu'après cela rien ne pourra ébranler ta foi, quoi qu'on te dise. Tu n'écouteras pas d'arguments ou d'opinions. C'est comme avec les conjoints amoureux : si un étranger commence à mal parler à l'un de l'autre, ils ne l'écouteront même pas : les gens amoureux vivent dans une autre réalité, vivent les uns pour les autres, et leur amour et leur bonheur sont si grands qu'ils ne se soucient pas vraiment de ce que pensent les autres. Tu peux aussi répondre à tous les arguments "raisonnables" comme celui-ci, "Je ne te comprends pas, je ne comprends pas tes arguments. Je ne discuterai pas avec toi. Si ma joie, mon visage heureux ne te rassurent pas, alors moi, à mon tour, je n'essaierai même pas de le faire. Tu le comprendras à chaque fois que tu en auras envie".

Pourtant, bien sûr, on ne peut voir le Christ, Le comprendre et Le sentir qu'à travers l'attitude envers les autres. Il est impossible de contourner son prochain sur le chemin de Dieu. La façon dont nous traitons les autres est très importante. C'est-à-dire, si vous entretenez de bonnes relations avec les gens, ils vous aiment, ils vous parlent, vous traitez tout le monde avec humilité et indulgence sans colère, aspérité et irritation, alors dans ce cas vous ouvrez vraiment la voie à votre vie pour Christ. Saint Jean l'Evangéliste dit donc dans son épître qu'il est impossible d'aimer Dieu et, en même temps, de haïr son frère, qui est proche, qui est son prochain. Après tout, Dieu est plus loin que le prochain. Nous ne voyons même pas Dieu. Comment peux-tu dire que tu as une foi vivante et que tu aimes Dieu, Que tu ne vois pas, en affligeant ton frère, que tu vois ?

Dieu dit qu'Il ne veut même pas de notre prière si nous n'avons pas la paix entre nous. "Va d'abord faire la paix avec ton frère". Tu ne peux pas apporter des dons à l'église, apporter des cierges, cinq pains et de l'huile sainte à Dieu dans l'espoir de Le rencontrer s'il n'y a pas de paix entre ton prochain et toi.Tu ne ressentiras rien. Rien. Rien.

Dieu ne s'achète pas. Comme on ne peut pas acheter l'expérience de communiquer avec Lui. Dieu veut qu'on s'aime d'abord. Ce n'est qu'alors qu'Il acceptera notre service et sera prêt à venir à nous.

C'est pourquoi Dieu se révèle à nous à travers les gens ordinaires. C'est-à-dire qu'il arrive qu'une personne ressente le Christ à travers son prochain et qu'elle reçoive de lui une réponse sur l'endroit où Il se trouve.

Tu te souviens peut-être d'une parabole sur une femme qui cherchait le Christ. "Dieu, - elle a prié un jour ainsi, - viens à moi !" Puis trois étrangers frappèrent à sa porte, mais elle ne les laissa pas entrer. Le soir venu, la femme dit : "Eh bien, Dieu a promis de venir, mais Il ne l'a jamais fait". "C'était moi, - répondit Dieu. - J'étais ce pauvre homme. Tu ne m'as pas laissé entrer".

Dieu se révèle à nous à travers ceux qui sont proches. Tu ne peux parvenir à aimer ton prochain, mais en même temps tu veux sentir la présence du Christ, n'est-ce pas ? Cela n'arrivera presque jamais. C'est pourquoi Saint Silouane l'Athonite, un saint merveilleux et aimé de beaucoup, enseigne : la manière la plus sûre d'attirer le Christ est de parvenir à aimer ses ennemis. Tu en es venu à aimer un ennemi : c'est ça. Ainsi, tu rencontreras bientôt le Christ. Bien sûr, le mieux, c'est de ne pas avoir d'ennemis du tout. En fait, nous ne connaissons pas les vrais ennemis, car notre seul ennemi principal est le Diable et l'égoïsme. Nous n'avons pas d'ennemis parmi les gens. Dieu les laisse juste venir dans nos vies pour nous aider à grandir spirituellement à travers les ressentiments et les peines. Ce qui se passe n'est pas de leur faute. Nous sommes à blâmer d'être en colère et de vivre avec cette colère, cette haine, cette vengeance et cette envie. Les mauvaises personnes n'existent pas.

Ainsi, quand nous apprendrons à aimer notre prochain, il sera beaucoup plus facile de rapprocher le Christ de nous. Beaucoup y parviennent, mais ceux qui souffrent sont les premiers à le faire. Dans ce cas, la souffrance peut être de nature totalement différente. Une personne a mal aux dents, une autre a mal à la tête, une autre souffre d'insomnie et une autre est gravement malade : elle est à l'hôpital pour une injection, une chimiothérapie, une radiothérapie ou une grossesse difficile, elle doit rester au lit pendant plusieurs mois.

La douleur entrave le mouvement. Elle nous paralyse, nous déprime et nous dérange, surtout si on ne l'accepte pas avec humilité. Absolument tout le monde souffre, il n'y a pas une seule personne qui n'ait pas souffert dans cette vie. En attendant, tout le monde ne voit pas le Christ. La souffrance ne portera de fruit que si elle est accueillie avec humilité comme un don de Dieu. Si tues blessé, mais que tu grognes, que tu te plains, tu regimbes ("Pourquoi moi ?"), et tu t'inquiètes, alors tu ne verras pas le Christ. Il n'est pas dit que tous ceux qui souffrent seront sauvés. Ceux qui endurent la douleur avec humilité en suivant l'exemple de Dieu, seront sauvés.

Si la souffrance est perçue comme une réponse à Dieu, alors Dieu sera révélé à travers cette souffrance.

La douleur présente la connaissance, l'illumination divine, l'expérience divine. Combien de fois Dieu Lui-même, la Sainte Mère, les Saints ou les Anges sont venus à ceux qui étaient en prison ou en soins intensifs ! Dieu Lui-même est venu vers ces gens dans leur souffrance, parce qu'Il a vu combien ils étaient impuissants et inconsolables. Il est venu les consoler, car Dieu est le Consolateur. Oui, le Consolateur n'est pas seulement le Saint-Esprit. Toute la Sainte Trinité : Dieu le Père et Dieu le Fils sont aussi le Consolateur. Dieu est le Consolateur et Il réconforte.

Saint Silouane l'Athonite raconte deux cas, où des moines du Mont Athos, malades et souffrant physiquement, ont vu le Christ dans une Liturgie à la place des prêtres et de leurs pères spirituels. Je crois que ces deux exemples sont en fait plus ou moins naturels, après tout, la Liturgie elle-même est un miracle, et voir un miracle dans un miracle est tout à fait possible. Pourtant, voir Dieu dans sa souffrance est un miracle incroyable, un paradoxe insondable. Quand tu vois le Christ dans une Liturgie, c'est compréhensible. Cependant, quand tu Le vois en soins intensifs, où tu pourrais penser que tout t'a abandonné et qu'il n'y a personne auprès de toi, c'est un miracle étonnant et un grand réconfort.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

P. James Rosselli: Avons-nous un pape?

Le P. James Rosselli est recteur de l'église orthodoxe Saint-Joseph d'Arimathie et maison de prière, un ministère de rite occidental de l'ERHF. Il est l'auteur de The Transformed Life : Living and Growing in Christ, livre électronique publié par l'American Orthodox Institute et disponible sur Kindle, Smashwords et Barnes and Noble Nook.

Des milliers de personnes se rassemblent sur la place de l'Indépendance de Kiev, alors que la fumée montante des églises en flammes annonce ce qui pourrait être l'aube d'une nouvelle ère. Les cœurs battent vite et la chaleur monte de la multitude malgré le froid. Des centaines de membres du clergé et de religieux, dont beaucoup sont assignés à résidence ou surveillés depuis des prisons ou des hôpitaux, rejoignent le reste du monde orthodoxe en attendant la réponse à la question qui préoccupe tout le monde...

Une partie du linceul 814 de Charlemagne. 
IL représente un quadrige 
et a été fabriqué à Constantinople. 
Photo : Wikipédia.

    
"Anticipation" serait mieux qualifié de "trépidation". C'est une secousse que l'Église n'a pas connue depuis près de mille ans : un patriarche renégat qui tente de parier sa primauté honorifique en un pouvoir ecclésial absolu.

A partir de l'an 800, le Pape romain fut le primat incontesté de l'Occident et le protecteur du Saint Empire romain. Son pouvoir était garanti par l'innovateur césaropapiste Charlemagne et son armée franque. En Occident, c'était absolu.

C'est ce que Bartholomée cherche à accomplir à l'Est. Son Charlemagne est Petro Porochenko, le président ukrainien violemment anti-russe. Toute la structure des forces de Porochenko marche maintenant derrière l'invasion de Bartholomée, y compris son commandant de la milice volontaire, qui proclame allègrement que "la chasse aux prêtres de l'Eglise orthodoxe ukrainienne [celle canonique de Moscou]  plaît à Dieu". Oui, vous avez bien lu : la chasse.

La suspension de la communion par la Russie n'a pas découragé Bartholomée. D'ailleurs, le Pacte de Constantinople de 1686, vieux de trois cents ans, qui affirmait l'Ukraine comme territoire canonique du Patriarcat russe, le calendrier liturgique et les diptyques de son Église, ainsi que ses propres déclarations à ce sujet, ne l'ont pas fait non plus. Malheureusement, il n'est pas découragé non plus par le chaos, l'effusion de sang et la profanation d'églises que ses actions ont causés.

L'invasion de Bartholomée s'est produite malgré les objections de toutes les autres Églises locales. Il les a ignorés, avec l'assurance apparente que la seule mesure qu'ils prendront sera l'"objection". Il a clairement revendiqué l'autorité absolue sur toute l'Orthodoxie, y compris le "droit" de s'installer où bon lui semble, et même de créer de nouvelles églises, par le fiat et la force des armes.

Reste la question : "Avons-nous un pape ?" carrément entre les mains des Églises locales, elles-mêmes. Comment vont-ils réagir ?

Puisque Constantinople les ignore, sans parler des canons, les Églises devraient-elles suspendre la communion avec elle et convoquer un Concile de clarification, disons, sous Alexandrie ? Beaucoup semblent le penser. L'alternative est de continuer à objecter verbalement (et inefficacement), concédant ainsi à Bartholomée son pontificat désiré. Et de mettre fin au pèlerinage de 2000 ans de l'Orthodoxie. Une Église nouvelle, embrassant l'hérésie papiste, renaîtrait de ses cendres.

La volonté de Dieu, peut-être ? Ou aurions-nous simplement épargné des ennuis aux portes de l'enfer, et nous serions-nous vaincus nous-mêmes ?

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après



mercredi 16 janvier 2019

Métropolite Sawa de Varsovie et de toute la Pologne Sur l'octroi par le patriarche Bartholomée de l'autocéphalie à l'"Église orthodoxe d'Ukraine": "LE CHAOS NOUS ATTEND".



Sa Béatitude le métropolite Sawa de Varsovie et de toute la Pologne et tout l'épiscopat de l'Église orthodoxe polonaise se sont montrés parmi les plus ardents partisans de Sa Béatitude le métropolite Onuphre de Kiev et de toute l'Ukraine et de l'Église orthodoxe ukrainienne canonique, alors que se poursuit la crise de l'autocéphalie dirigée par le patriarcat de Constantinople.

En mai, le Synode de l'Église polonaise a souligné la nécessité de se repentir des schismatiques ukrainiens, avant de les admettre à nouveau dans l'Église et de tenir une discussion panorthodoxe sur la fourniture de l'autocéphalie (ni l'un ni l'autre n'ayant eu lieu) ; fin septembre, le métropolite Sawa a personnellement renouvelé l'appel au Patriarche Bartholomée de convoquer un conseil panorthodoxe pour résoudre la crise ukrainienne, comme l'ont fait plusieurs Synodes, primats et hiérarchies ; le 16 novembre, le Conseil épiscopal de l'Église polonaise a adopté une résolution interdisant au clergé polonais d'avoir une communion liturgique ou de prière avec les représentants du "Patriarcat de Kiev" ou de l'"Église orthodoxe autocéphale ukrainienne" - les deux groupes qui se sont unis le 15 décembre dans la nouvelle "Église orthodoxe" schismatique ; Le métropolite Sawa a écrit une lettre d'appui personnelle au métropolite Onuphre à la mi-décembre à la suite du scandaleux "concile d'unification", qui, aux yeux de Constantinople, a supprimé le métropolite Onuphre comme métropolite canonique de Kiev ; et enfin, le métropolite Sawa a spécifiquement rejeté la demande du Patriarche Bartholomée pour qu'il reconnaisse la nouvelle structure ukrainienne et commémore son "primate", le "métropolite" Epiphane Doumenko, à la Divine Liturgie, en disant que le Patriarche Bartholomée a agi de façon anticanonique et que les schismatiques ukrainiens n'ont aucune grâce d'ordination.

Dans l'interview ci-dessous, Sa Béatitude Sawa explique en outre la position de l'Église polonaise.

***

Votre Béatitude, avez-vous envoyé vos vœux et vos salutations au nouveau métropolite d'Epiphane de Kiev ?

-Non, je ne l'ai pas fait. Un grand mal a été fait à ce jeune laïc, ayant été nommé métropolite. À la lumière du droit canonique, il n'est pas un ecclésiastique. Il n'a pas été ordonné par une Église orthodoxe canonique.

-Si je comprends bien, Votre Béatitude, vous êtes contre l'autocéphalie pour l'Église orthodoxe ukrainienne ?

-Non, pas du tout. La presse fabrique parfois des choses aussi provocatrices. Je crois que chaque nation a droit à sa propre Église. Dès le début, lorsque la question de l'autocéphalie pour l'Ukraine est apparue, j'étais pour, mais selon les termes adoptés dans notre loi orthodoxe.

Qu'est-ce que ça veut dire ? D'une manière différente de celle proposée par Constantinople ?

-Selon nos canons, une suspension est levée par celui qui l'a imposée. Les schismatiques ukrainiens qui ont créé le Patriarcat de Kiev et l'autocéphalie ont été exclus par le Patriarcat de Moscou il y a vingt ans, et lui seul a le droit de les restaurer au sein de l'Eglise, pas le Patriarche Bartholomée de Constantinople, à condition que les schismatiques se repentent et offrent pénitence. Plus tard, ils pourront être ordonnés et créer ensemble une Église autocéphale en Ukraine.

-Mais c'est irréaliste aujourd'hui.

-Malheureusement, c'est probablement le cas. Les choses sont vraiment allées trop loin. C'est toute la fierté, l'orgueil de Philarète, qui a été utilisée par le premier président de l'Ukraine, Leonid Kravtchouk. De plus en plus, je pense que cette question est entre les seules mains de Dieu. Sinon, nous ne sortirons jamais de cette situation créée par Satan. Je suis convaincu que les autorités ukrainiennes devraient d'abord unir le pays et mettre fin à la guerre, et ensuite seulement s'occuper des questions ecclésiastiques. De grands changements s'imposent à cet égard. En Pologne, nous avons une relation juridiquement réglementée avec l'État - l'Église catholique a son concordat, et nous avons nos lois qui réglementent les questions de propriété. En Ukraine, tout ce qui succède au régime communiste est entre les mains de l'Etat - il peut même priver l'Eglise de son enregistrement. L'essentiel, cependant, est que l'Église soit créée par l'unification des fidèles. Ils devraient décider à quelle église ils veulent appartenir. Il n'y a pas d'unité de ce type aujourd'hui en Ukraine.

-Les Ukrainiens pensent que l'Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou soutient l'annexion de la Crimée et la guerre en Ukraine orientale. N'est-ce pas une raison suffisante pour s'en séparer ?

-Ce sont des questions politiques. Je ne m'occupe pas de ça.

Votre Béatitude, votre position concernant l'autocéphalie ukrainienne a-t-elle été élaborée en consultation avec le Patriarcat de Moscou ?

-Notre position ne dépend pas de Moscou. Nous la prenons nous-mêmes sur la base du dogme et des canons orthodoxes. C'est la chose la plus importante pour nous.

-Le 6 janvier, le Patriarche Bartholomée remettra un tomos au Métropolite Epiphane de Kiev, établissant une église orthodoxe légale et indépendante en Ukraine. Quelle est la prochaine étape ?


-Je lui conseille de ne pas le faire. Et pas seulement moi - le Patriarche d'Antioche a suggéré de convoquer un concile de l'Eglise orthodoxe dès que possible pour discuter de la situation en Ukraine et trouver une solution canonique à ce problème. Il vaudrait mieux retarder l'octroi du tomos à l'Ukraine et réunir la question dans une décision panorthodoxe.

Alors, on se rassemble, et puis ? Il y a un plan ?

-Je pense que le Patriarche Cyrille est également prêt pour le dialogue. Sa dernière lettre au Patriarche Bartholomée en témoigne. Du moins, c'est comme ça que je le vois. Tout d'abord, Moscou, Constantinople et Kiev devraient en parler. S'ils trouvent une solution, nous l'accepterons.

Et si le Patriarche Bartholomée ne reporte rien mais réalise son plan, que va-t-il se passer ?

-Ce sera le chaos, comme c'est le cas maintenant. J'apprécie beaucoup le Patriarche Bartholomée, je l'aime vraiment, mais il s'est trouvé, par son propre désir, dans une situation très difficile ; il subit des pressions de différents côtés. Il n'a probablement pas d'autre choix maintenant que de délivrer un tomos à l'Ukraine.

Sera-t-elle défavorable à l'Église orthodoxe polonaise ?

-J'ai déjà parlé du droit canon. Le violer est un mauvais précédent. Nous ne pouvons pas exclure qu'en Pologne, où vivent plus d'un million d'Ukrainiens, un groupe de croyants apparaîtra pour qui Philarète va essayer d'organiser ses paroisses en Pologne. J'ai récemment appris que le secteur de droite* a déjà étudié la possibilité d'une visite d'Épiphane en Pologne. Le chaos nous attend.3

Wiesław Romanowski
s'est entretenu avec le métropolite Sawa de Varsovie et toute la Pologne
Traduit par Jesse Dominick

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

NOTES

* Pravy Sektor: organisation fasciste ultranationaliste ukrainienne qui ne semble pas gêner le bon Patriarche Bartholomée

Les actions du patriarche de Constantinople peuvent provoquer des divisions au sein des églises locales, a déclaré l'archevêque Théodose.


Le monde pan-orthodoxe pourrait à nouveau se briser, comme en 1054, en se partageant maintenant en Orthodoxie et en "phanarodoxie"[1]. Ce point de vue a été exprimé par le vicaire du diocèse de Kiev, Vladyka Théodose, archevêque de Boyarska  dans un entretien avec Pravoslavie.ru.

Selon le hiérarque, un scénario pessimiste et optimiste est aujourd'hui possible dans le monde ecclésial en liaison avec les actions de Constantinople. Le premier implique le début des persécutions contre l'Église orthodoxe ukrainienne [canonique].

"Cependant, Constantinople ne reconnaît pas ses erreurs, comme ce fut le cas au XXe siècle, et il  insistera sur la justesse des décisions et sa primauté de pouvoir, le" papisme "oriental, a déclaré Vladyka Théodose. «Parallèlement, tous les sanctuaires du monde, y compris le Saint-Sépulcre et la Sainte Montagne, autoriseront le blasphème des représentants des schismes ukrainiens qui ne bénéficient pas de la Grâce du sacerdoce. Dans cette situation, les Églises locales seront progressivement contraintes de déterminer si elles restent orthodoxes ou si elles rejoignent le nouveau "pape".

La hiérarchie n'exclut pas que la division puisse se situer non seulement le long des frontières des Eglises, c'est-à-dire entre les Eglises locales, mais aussi au sein des Eglises elles-mêmes.

«La frontière est entre entre les ascètes de la foi, les adeptes des canons de l'Orthodoxie, d'une part, et les œcuménistes, les« libéraux »religieux et les ethnophiles, d'autre part», a déclaré l'archevêque Théodose. - En d'autres termes, le monde orthodoxe jadis uni pourrait à nouveau se séparer. Il sera dispersé vers deux pôles spirituels différents, comme en 1054, maintenant divisé en orthodoxie et en phanarodoxie. En même temps, parallèlement à une confrontation purement religieuse, la lutte pour la construction d’églises et de monastères entre orthodoxes et «phanarodoxes» [2] dans des Églises autrefois unies commencera parfois. Cela peut créer des tensions civiles dans certains États. Ce que l'Europe ait déjà vécu il y a des centaines d'années peut se reproduire dans les pays orthodoxes au XXIe siècle ».

Selon le hiérarque, la position d'une seule personne - le patriarche de Constantinople, qui s'estimait en droit de décider pour l'ensemble de l'Église du Christ, pour toute l'Orthodoxie, peut mener à toute cette tragédie.

«Si cela se produit, alors, sans aucun doute, la postérité l'appellera le nouvel Erostrate [3]. Je pense que si tout cela se produit, à partir de ce moment-là, la Grâce des sacrements se tarira les communautés qui s’éloignent de plus en plus de la Véritable Église du Christ, même si elles conservent extérieurement l’apparence des structures de l’Eglise. À mesure qu'elles sont retirées de l'Orthodoxie, la grâce du Saint-Esprit diminuera de plus en plus, jusqu'à ce qu'elle devienne complètement absente. Là où règnent l'orgueil et l'hérésie, il n'y a pas de Grâce. Que tout cela ne soit pas le cas pour nos frères », a conclu l'archevêque Théodose.

Auparavant, le métropolite Chrysostome, chef de la métropole de l'Église orthodoxe serbe, avait vivement critiqué les actions de Constantinople en Ukraine et avait tristement déclaré que «la célébration de Noël cette année restera dans l'histoire de l'Église divisée et fragmentée».

Comme le rapportait l'ALE, le 6 janvier (nouveau style), dans la cathédrale Saint-Georges d'Istanbul, le patriarche de Constantinople a présenté au «métropolite de Kiev et de toute l'Ukraine» Epiphane[4], le Tomos  et la crosse de hiérarque.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
                                                      

NOTES

[1] Papophilie béate du "patriarcat" d'Istanbul (autrefois Constantinople) ou de ce qu'il en reste!

[2]fidèles non de l'Orthodoxie, mais séides néopapistes du Phanar d'Istanbul
Cf. notice de wikipedia

[3] Cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89rostrate

[4] Laïc schismatique qui n'a reçu aucune ordination orthodoxe valide, et qui reste donc un laïc schismatique!