"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

samedi 25 avril 2026

Le Christ est contemporain de tous les siècles

St. Irénée de Lyon

Dans Ta bonté, ô Dieu, tu subviens aux besoins des pauvres. Le Seigneur donnera Sa parole à ceux qui proclament l’Évangile avec une grande puissance, Lui qui est le Roi des armées des bien-aimés. 
Psaume 67, 11-13

« Le Christ n’est pas venu seulement pour ceux qui croyaient en Lui à l’époque de Tibère César… mais pour tous ceux qui, depuis le commencement, selon leurs capacités, dans leur génération, ont craint et aimé Dieu, ont pratiqué la justice et la piété envers leur prochain, et ont ardemment désiré voir le Christ et entendre Sa voix. » - Saint Irénée, 'Adversus Haereses (Contre les Hérésies)

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

NOTICE SUR SAINT IRÉNÉE.

Saint Irénée vint au monde au commencement de l’empire d’Adrien, vers l’an 120 de Jésus-Christ. Ses parents, qui sans doute étaient chrétiens, le mirent encore enfant sous la conduite de saint Polycarpe, évêque de Smyrne. Ce fut dans une si sainte école, qu’il puisa les lumières et la science profonde de la religion, qui le rendirent dans la suite un des plus grands hommes de son siècle, l’ornement de l’Église, et la terreur des hérétiques. Aussi avait-il grand soin de remarquer tout ce qu’il voyait dans ce saint vieillard pour en faire son profit ; il écoutait ses discours avec ardeur, et les gravait, non sur des tablettes, mais dans le plus profond de son cœur. C’est saint Irénée lui-même qui nous apprend toutes ces circonstances ; et il ajoute qu’à force de repasser dans son esprit les instructions de son maître, il les y  grava si profondément, qu’elles lui furent toujours très-vives et très-présentes dans la suite, et même dans sa vieillesse la plus avancée.

On ne sait point à quelle occasion saint Irénée vint dans les Gaules ; mais saint Grégoire de Tours dit qu’il y fut envoyé par saint Polycarpe. Il fut ordonné prêtre de l’Église de Lyon par saint Pothin, qui en était évêque, et il exerçait déjà les fonctions de prêtre l’an 177, lorsqu’il fut choisi par les martyrs de Lyon pour être le porteur d’une lettre qu’ils écrivaient au pape Éleuthère, où, après l’avoir salué comme leur père, ils ajoutent : « Nous avons exhorté Irénée, notre frère et notre compagnon, à rendre ces lettres à votre paternité. Nous vous supplions de le considérer comme un homme tout à fait zélé pour le testament de Jésus-Christ. C’est en cette qualité que nous vous le recommandons. Si nous avions cru que le rang et la dignité puissent donner le mérite et la vertu, nous vous l’eussions recommandé d’abord comme prêtre de l’Église ; car il l’est effectivement. » Le motif de la députation de saint Irénée fut de procurer la paix aux Églises, divisées sur la question de la pâque. On croit qu’il fut aussi porteur des lettres que les mêmes martyrs écrivirent aux Églises d’Asie et de Phrygie, au sujet des troubles que les nouvelles prophéties de Montan y avaient causées.

Saint Pothin étant mort la même année, saint Irénée fut mis en sa place, et fut le second évêque de l’Église de Lyon. Cette ville changea bientôt de face sous la conduite de son nouvel évêque ; et Dieu donna tant de force à ses prédications, qu’en peu de temps il la rendit presque toute chrétienne. Pour préserver son peuple des erreurs qui se répandaient dans les provinces près du Rhône, saint Irénée s’appliqua à en faire connaître tout le venin, à fournir des armes pour les combattre, s’attacha à en découvrir toutes les contradictions, à confirmer les néophytes dans la foi, et à ramener même les hérétiques dans le sein de l’Église ; et dans ce dessein il composa des livres contre les hérésies, dans lesquels il rapporte en détail toutes les extravagances des valentiniens et des autres hérétiques de ce temps-là, et donne toutes sortes de moyens pour les convaincre. Il travailla aussi beaucoup pour procurer la paix entre les Églises, au sujet de la fête de Pâques, et fit ensorte, parmi les siens, qu’il fut permis à chacun de suivre l’ancien usage de son Église. « C’est ainsi, dit Eusèbe, qu’Irénée, remplissant toute la signification de son nom, se montra véritablement ami de la paix par la douceur de ses mœurs, par la modération de sa conduite, et par les mouvements qu’il se donna pour la procurer à l’Église. » Il reçut la couronne du martyre dans la persécution de Sévère, l’an 202 de Jésus-Christ. Saint Irénée composa plusieurs ouvrages pour la défense de la foi et pour l’utilité de l’Église ; savoir : cinq livres contre les hérésies, une Lettre à Florin, une à Blaste, un Livre de l’Ogdoade, plusieurs lettres touchant la célébration de la fête de Pâques, dont une était adressée au pape Victor ; un Livre contre les païens, intitulé : De la Science ; un autre adressé à un Chrétien nommé Marcion ; un troisième, qui renfermait diverses disputes. On croit aussi qu’il composa un Traité contre Marcion, et un Discours sur la foi, adressé à Demètre, diacre de Vienne. Pour ce qui est du livre qui avait pour titre : De la Substance du monde, qu’on lui attribuait du temps de Photius, on convient qu’il est de Caïus, prêtre de Rome.

Saint Irénée, dit l’auteur des Siècles chrétiens, devint si profond dans la science de la religion et des saintes Écritures, qu’il fut en état de combattre à la fois tous les hérétiques de son temps, depuis Simon jusqu’à Tatien, et de les suivre jusque dans leurs derniers retranchements, à travers les détours dans lesquels ils s’embarrassaient. Ce sujet était si obscur et si compliqué par la variété des erreurs et la bizarrerie des pensées auxquelles l’esprit humain s’était déjà livré en matière de religion, que, pour y répandre du jour, il ne fallait rien moins que l’érudition et les talents d’Irénée. Il n’y a point eu d’hérésie si confuse dans ses principes, si tortueuse dans sa marche et si enveloppée de nuages, dont il n’ait percé les ténèbres ; et son ouvrage sur cet important objet peut être donné pour un modèle de discussion et de controverse à tous ceux qui s’engagent dans la même carrière. Les caractères par lesquels il apprend à distinguer la vérité de l’erreur dans les disputes de religion, sont la tradition apostolique qui transmet d’un âge à l’autre l’enseignement de la foi ; l’autorité des Écritures interprétées, non par l’Église, qui en conserve le dépôt et qui seule en connaît le vrai sens ; la succession des pasteurs qui fait remonter le ministère évangélique et, avec lui, tous les dogmes, à la source primitive et sacrée d’où ils découlent ; enfin les vrais miracles qui ne sont opérés que dans l’Église, et qu’il est toujours possible de discerner d’avec les artifices de l’imposture et les prestiges de l’enfer. Il conclut de là que la nouveauté de l’enseignement et la rupture de l’unité sont deux moyens par lesquels le fidèle peut toujours discerner les faux docteurs et juger leur doctrine ; et, par une autre conséquence des mêmes principes, il recommande l’attachement à l’Église et aux pasteurs légitimes, comme le préservatif le plus sûr qu’on puisse opposer à la contagion de l’hérésie.

Ce saint évêque consomma son laborieux ministère par le martyre, sous la persécution de Sévère, la seconde année du troisième siècle.

Source


 

Le hiérarque de l'UOC considère illégal le réenregistrement de la Cathédrale St. Alexandre Nevsky à Sloviansk


 

Le hiérarque de l'Église orthodoxe ukrainienne [canonique], l'archevêque Païsiy de Kostiantyniv, a lancé un appel officiel dans lequel il a déclaré illégale la réinscription de la cathédrale Alexandre Nevsky à Sloviansk. Selon le hiérarque, la tentative de transférer le sanctuaire à la structure de "l'église orthodoxe d'Ukraine " [OCU schismatique] a été faite contre la volonté de la communauté réelle, qui a officiellement confirmé sa loyauté envers l'Église orthodoxe ukrainienne.

Selon la chaîne Telegram de Dozor, l'évêque Païsiy a nié l'information sur le changement présumé dans le leadership de la communauté. L'évêque a souligné que la paroisse canonique a tenu une réunion juridique en décembre, au cours de laquelle la majorité des croyants s'est prononcée en faveur de rester une partie de l'UOC. Dans le même temps, des signatures à l'appui du transfert vers une autre juridiction, selon l'archevêque, ont été recueillies à l'extérieur de l'église - "dans les maisons, les appartements et les entrées".

Le hiérarque a également noté qu'en novembre, la ville et les autorités régionales ont été officiellement informées que les personnes qui ont initié le processus de transfert n'étaient pas liées à la vie paroissiale réelle de la cathédrale. Cependant, ces arguments ont été ignorés lors de l'enregistrement de la nouvelle structure. L'UOC souligne que la vie spirituelle de la communauté continue malgré les décisions administratives, et que de telles tentatives de faire pression sur l'Église dans la perspective historique n'ont pas de conséquences à long terme.


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

RASKOLAM

vendredi 24 avril 2026

Recension : « La Neptothérapie. Thérapeutique spirituelle des addictions dures et douces » de Jean-Claude Larchet

Jean-Claude Larchet, La Neptothérapie. Thérapeutique spirituelle des addictions dures et douces, Salvator, 2026, 132 pages, 16 euros.

Dans ce nouvel ouvrage, Jean-Claude Larchet se penche sur un thème qu’il a déjà approfondi à plusieurs reprises dans différents livres et notamment, pour le présent sujet, Thérapeutique des maladies spirituelleset L’inconscient spirituel. Toutefois, il ne s’agit pas là d’une reprise d’un précédent travail, mais de l’exploration plus particulière d’une question qui s’inscrit dans les maladies spirituelles tout en ayant son espace propre et qui aujourd’hui touche de manière massive notre société : celle des addictions. Une nouvelle fois (voir ces précédentes recensions), Jean-Claude Larchet aborde une question aujourd’hui cruciale pour éclairer ses différentes facettes avec la tradition chrétienne orthodoxe et pour apporter des voies de résolution, ici de guérison, provenant de cette tradition. Le propos est toujours conduit avec pédagogie, la question est bien cernée, tout comme ses tenants et ses aboutissants, les réflexions et les réponses contemporaines sont largement évoquées, les termes sont rigoureusement définis, les maux sont clairement identifiés, enfin les outils pour contrecarrer et à terme vaincre les addictions sont exposés.

C’est un véritable traité d’ascétique qui est proposé. Celui-ci vise la dimension spirituelle des addictions qui se trouve à la racine de celles-ci. Dès l’introduction, l’auteur précise (p.11) à ce sujet : « L’une des originalités de cet essai est de ne pas limiter les dépendances à celles qui sont habituellement recensées, comportant d’une part les addictions à des substances, et d’autre part les addictions à des comportements. Nous pensons que les unes et les autres sont incluses dans les addictions spirituelles que sont les passions ». Pour mettre en place un chemin de guérison, Jean-Claude Larchet s’appuie sur le riche héritage des Pères grecs et principalement ce qui est désigné par le terme nepsis (p. 28) : « Les addictions, en tant qu’ayant pour fondement les passions, peuvent être éradiquées par une méthode ascétique fondée sur ce que les Pères grecs appellent nepsis, qui consiste dans le contrôle des pensées (au sens large de représentations — venant des sens, de l’imagination, de la mémoire ou de la raison — mais aussi de désirs). » C’est pourquoi il nomme cette méthode « neptothérapie ».

C’est là que réside le cœur de l’ouvrage : l’exposition de la thérapie des Pères ascètes concernant les pensées. En effet, celles-ci sont à la fois le moteur et le carburant des addictions. L’attention, qui accompagne la nepsis, « garde du cœur » (p.94), avec le discernement permettent de les détecter, de les mettre à nu et de saisir les mécanismes et les différentes phases qui conduisent de l’apparition d’une pensée à une passion (p.99-102). Avec la vigilance, la prière apporte une aide capitale dans ce qui est un véritable combat, tandis que la patience est une qualité indispensable et que la grâce vient « compléter » de manière décisive (p.116) les forces humaines.

Un livre précieux sur un sujet essentiel !

Christophe Levalois

Source 


Athènes accueillera une discussion ouverte sur l'impact du conflit russo-ukrainien sur le patriarcat de Constantinople


Le samedi 2 mai 2026, une discussion publique aura lieu dans la capitale grecque pour analyser la relation entre le patriarcat œcuménique et le conflit russo-ukrainien actuel. L'événement réunira des experts en théologie et en littérature pour analyser la situation géopolitique en profondeur.

Selon le portail d'information Fos Fanariou, la réunion est organisée par le collectif artistique Polytropon. La discussion débutera à 19h30 dans les locaux de l'Enastron Book Café, situé au 101 Solonos Street, à Athènes.

Les conférenciers principaux de l'événement seront Kostas Koutsourelis, écrivaine et directeur du magazine Neo Planodion, et Panayitis Andriopoulos, théologien et chef du collectif Polytropop. Les participants discuteront des défis auxquels l'Église orthodoxe est confrontée dans le contexte de la confrontation militaire et du rôle de la cathédrale de Constantinople dans le processus moderne de pacification et inter-églises.

Plus tôt, nous avons signalé qu'une table ronde s'était tenue à Tbilissi, où des personnalités publiques, du clergé et des experts ont discuté de la responsabilité du patriarche Bartholomée de Constantinople pour la persécution de l'Église orthodoxe ukrainienne. L'événement, qui a été précédé par une manifestation, a été consacré à un rapport critique de l'analyste politique Gulbaat Rtskhiladze sur la pression sur l'Eglise orthodoxe  ukrainienne [UOC c<nonique].

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

RASKOLAM

jeudi 23 avril 2026

L’archevêque Averky : une brève réflexion

 

Archevêque Averky 



Le lundi de Pâques, 31 mars / 13 avril, jour de la fête de saints Jonas et Innocent, métropolites de Moscou, a marqué le 50e anniversaire de la naissance au Ciel de l’archevêque Averky de Syracuse, ancien higoumène du monastère de la Sainte-Trinité [Holy Trinity Monastery, Jordanville, USA] et recteur du séminaire orthodoxe de la Sainte-Trinité.

Cet anniversaire tombant pendant la Semaine de Pâques, période durant laquelle l’Église ne commémore pas les défunts, la mémoire de Vladyka Averky fut célébrée lors de la Panikhide générale de Radonitsa, en compagnie de tous les pères défunts du monastère de la Sainte-Trinité.

Parmi les nombreuses figures éminentes de l’Église orthodoxe russe hors frontières, Vladyka Averky reste dans les mémoires comme l’un des plus fervents défenseurs de la foi orthodoxe, mission qu’il a accomplie par ses nombreux écrits, en enseignant les enseignements anciens à ses séminaristes et en prêchant sans relâche la vérité immuable de l’orthodoxie.


Né dans une famille aristocratique de la Russie impériale, le futur Vladyka Averky dut fuir avec sa famille en Bulgarie après les tragédies de la Révolution russe et de la guerre civile. Ayant nourri dès sa jeunesse le désir de la vie monastique, il fut confirmé dans ce désir par sa rencontre avec l’archevêque Théophane de Poltava, qu’il rencontra en Bulgarie et qui l’encouragea à étudier la théologie à l’université de Sofia. Une fois ses études achevées, il fut envoyé en Tchécoslovaquie, où il reçut la tonsure et fut ordonné, afin d’entamer son ministère pastoral et missionnaire qui allait durer jusqu’en 195a,  en Europe centrale et orientale.

Au cours de ces vingt années, il fut recteur de plusieurs paroisses, rédacteur en chef d’un journal religieux, enseignant dans plusieurs écoles et formateur au séminaire. Ses affectations le conduisirentt non seulement en Tchécoslovaquie, mais aussi en Hongrie, en Serbie et en Allemagne. Après avoir survécu aux horreurs de la Seconde Guerre mondiale et passé six ans à s’occuper de réfugiés russes dans des camps de personnes déplacées en Allemagne, il fut affecté à l’enseignement au Séminaire orthodoxe de la Sainte-Trinité en 1951, avant d’y être consacré évêque en 1953 et de devenir higoumène du monastère de la Sainte-Trinité en 1960.

C'est pendant son mandat à Jordanville que Vladyka Averky exerça sa plus grande influence, s'impliquant dans tous les aspects de la vie du séminaire et participant activement à la publication de divers journaux. Il eut une influence particulière sur le père Seraphim (Rose), qui le loua dans ses nombreux écrits. Vladyka Averky s'est éteint en 1976 et il repose dans la crypte de la cathédrale du monastère de la Sainte-Trinité à Jordanville.

Tombe de l’archevêque Averky dans les cryptes du monastère de la Sainte-Trinité.

De nombreux écrits et cours du séminaire de Vladyka ont été compilés, traduits (en anglais) et publiés par Holy Trinity Publications. 

En les lisant, on comprendra que Vladyka Averky avait véritablement acquis une compréhension éclairée de notre monde déchu et des racines de l'état de maladie spirituelle de l'humanité moderne. Il cherchait à transmettre cette compréhension à son entourage, ainsi qu'à ceux qui aimaient le Christ et son Église, et c'est dans cet esprit que nous vous présentons cette liste non exhaustive.

The Four Gospels

The Acts of the Apostles

The Epistles and the Apocalypse

The Struggle For Virtue: Asceticism in a Modern Secular Society


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

ORTHODOX LIFE


mercredi 22 avril 2026

Père Dimitri de Sarrebrück Homélie du 19 avril 2026 – Dimanche de Thomas



 

« À travers les portes closes de nos cœurs » 

 

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Le Christ est ressuscité ! 

L'un des auteurs marquants du XXe siècle, l'archevêque Jean Schakhovskoy, exprime cette pensée dans l'un de ses aphorismes : « Le passé doit être enfoui dans le terreau de la gratitude envers Dieu et du repentir. Autrement, il sentira mauvais. » 


Ici, l'évêque Jean veut dire que tout, dans notre passé, se range dans l'une de ces deux catégories : soit nous y trouvons quelque chose pour quoi nous pouvons remercier Dieu, soit quelque chose pour quoi nous pouvons et devons nous repentir. Il ne semble pas y avoir de troisième option.


Comment pouvons-nous accepter sans gratitude que le Seigneur Jésus-Christ nous soit déjà apparu plusieurs fois à travers les portes closes de nos cœurs, avec sa lumière et sa grâce ? Il ne nous est pas apparu parfaitement, mais seulement dans la mesure où cela Lui était possible, afin de ne pas empiéter sur notre liberté. Il a fortifié notre foi et notre amour pour Lui ; Il nous a accordé une certaine compréhension de Lui-même ; Il nous a révélé Sa bonté ; Il nous a ouvert les yeux sur la perspective d'une vie authentique ; Il nous a réconfortés et nous a donné espérance et joie ; Il nous a incités à Le chercher de tout notre cœur. 


Et comment ne pas nous repentir de vaciller encore dans notre foi et notre amour pour Dieu, malgré toutes ces révélations déjà reçues ; d'être si souvent attristés et désespérés lorsque les choses ne se déroulent pas comme nous l’avions prévu ; et surtout, de ne toujours pas Lui accorder la première place dans nos vies ? 


Comme ce serait merveilleux si nous ouvrions enfin les portes de nos cœurs à Dieu ! Alors le Seigneur pourrait nous apparaître d'une manière totalement différente : dans Sa gloire parfaite et dans la puissance débordante de Son amour, car librement nous Le lui permettrions. Que ce serait merveilleux si nous pouvions enfin Le placer au centre de nos vies, afin qu'avec Thomas, nous puissions prononcer ces paroles : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »


Source

 


Amnesty International a documenté les faits de persécution de l'Eglise orthodoxe ukrainienne [UOC canonique] dans un rapport sur les droits de l'homme dans le monde

 

L'organisation internationale de défense des droits de l'homme Amnesty International, dans son rapport annuel pour 2026, a reflété les faits de pression sur l'Église orthodoxe ukrainienne (UOC). Le document contient des tentatives de dissolution de l'organisation religieuse en tant qu'entité juridique et une critique sévère de ces processus par des groupes d'experts de l'ONU.

Selon le rapport de l'organisation internationale des droits de l'homme Amnesty International, les autorités de l'État ukrainiens ont insisté pour rompre les liens de l'UOC avec l'Église orthodoxe russe, malgré les déclarations des représentants de l'UOC selon lesquelles les mesures nécessaires dans cette direction ont déjà été prises. Les défenseurs des droits de l'homme ont également mentionné la procédure judiciaire contre le diocèse de Kiev, qui est restée non résolue à la fin de la période de référence.

Une partie importante du rapport est consacrée à la position des experts de l'ONU, qui ont qualifié les initiatives législatives contre l'Église de « sécurité juridique insuffisante ». Les observateurs internationaux se sont dits préoccupés par le fait que l'affiliation religieuse soit en fait assimilée à une menace pour la sécurité nationale. La persécution des prêtres, des avocats et des journalistes a été qualifiée de « punition collective » et l'Ukraine a été exhortée à arrêter de tels procès.

En outre, le rapport d'Amnesty International mentionne la décision de la Cour suprême d'Ukraine, selon laquelle le refus de service militaire sur la base de croyances religieuses en vertu de la loi martiale est reconnu comme inadmissible. Les experts soulignent que, selon les normes internationales, les croyances des croyants devraient être prises en compte lors de la détermination de la forme de service.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

RASKOLAM

Nous vous rappelons que le légiste et avocat Andriy Domanskyy, qui défend devant les tribunaux les hiérarques de l'Église orthodoxe ukrainienne - les métropolites Arsène (Yakovenko) et Pavlo (Lebed), a commenté la situation avec la privation de citoyenneté du primat et métropolite de l'UOC de Kiev et de toute l'Ukraine Onuphre. L'avocat a qualifié cela de « non-sens » lorsqu'une personne née et vivant en Ukraine est privée de sa citoyenneté.


mardi 21 avril 2026

Higoumène Nektary (Morozov): JOIE CACHÉE

Photo : Archevêque Maximillian de Vologda et Veliki Ustiug.



Quelque part, j'ai lu une ligne écrite par l'archimandrite Sophrony (Sakharov), « La Grâce vient au cœur qui a souffert. » Il semble que ce soit dans une lettre au hiéromoine Dimitri (Balfour)... Et une ligne de l'apôtre Paul était quelque chose que je n'ai pas rencontré par hasard - je l'ai lue plusieurs fois, encore et encore : "car tout comme nous partageons abondamment aux souffrances du Christ, de même notre réconfort abonde à travers le Christ (2 Cor. 1:5)...

***
Donc, samedi à l'office de vigiles, pendant le Polyéléos, je regardais l'icône de St. Grégoire Palamas et réfléchissais à sa vie incroyable, à la Lumière du mont Tabor, dont il a si sagement expliqué la nature et dans laquelle il a lui-même été - êté transformé, éclairé, "atteignant les hauteurs". Dans quelle grâce il vit ! Mais alors, c'était comme si une lance avait transpercé mon cœur : Comme il a aussi souffert !

Et pas seulement lui, mais quiconque, avec le temps, n'était plus devenu un esclave, mais un ami de Dieu, l'un de ceux qui lui étaient agréables, et devenaient comme Lui dans la mesure où cela est possible pour un être humain. Peu importe de qui nous parlons - martyrs et porteurs de passion, saints hiérarques et saints moines, femmes justes et fols-en-Christ - ils ont tous dû souffrir. Seulement, ils avaient toutes sortes de souffrances différentes - certaines étaient physiques, d'autres émotionnelles, causées par des personnes mal intentionnées, ou parfois par les démons, haineux et inhumains.

Mais personne, absolument personne, comme St. Isaac le Syrien a dit : « est déjà monté au paradis en vivant froidement ». Et d'après ce que nous avons appris et que nous apprenons encore, il témoigne également qu'une personne est particulièrement prise en charge par Dieu lorsque le Seigneur lui envoie des épreuves constantes. Abba Isaac ajoute également qu'il n'y a pas d'autre voie pour se rapprocher du Christ que la voie des épreuves.

Mais ce qui est vraiment curieux, c'est qu'il écrit sur tout cela avec joie et non avec tristesse, en fait célébrant et se réjouissant. Eh bien, il ne peut pas se trouver qu'il n'ait pas senti la lance de l'épreuve blesser son cœur ! S'il ne l'avait pas ressentie, il n'aurait pas écrit aussi précisément et sagement sur les passions du découragement et du désespoir. Je ne peux pasimaginer que la cécité physique, qui l'a à jamais privé de lire les Saintes Écritures et les œuvres d'autres saints Pères, ne l'ait pas dérangé le moins du monde !

Et d'autres saints - que n'ont-ils n'ont pas enduré dans cette vie ! Mais si la lamentation les visitait le soir, la joie suivrait au matin (cf. Ps. 29:6). La Joie... D'où vient-elle ? n'était-ce pas de la compréhension de la vérité dont St. Isaac parle de manière si convaincante ? n'était-ce pas de cette compréhension avec tout leur être, de son assimilation avec toute leur âme ? C'est très probablement ainsi.

Voici donc une autre chose étrange : nous lisons Les homélies ascétiques d'Isaac, les instructions salvifiques d'Abba Dorotheos, l'échelle de l'ascension divine, et surtout le Nouveau Testament. Nous sommes censés tout savoir. Alors, quel est le problème ? Pourquoi les épreuves ne nous donnent-elles pas de la joie, mais nous rendent-elles plutôt tristes, même si nous savons qu'il s'agit d'un médicament qui nous est administré par le médecin le plus expérimenté et le plus sage ? Pourquoi y a-t-il une si grande différence entre nous et les saints ? Est-ce parce qu'ils sont saints et que nous sommes pécheurs ? Mais après tout, ce sont des gens comme nous à tous points de vue, avec fondamentalement le même "kit de démarrage", comme on dit aujourd'hui.

J'ai eu l'occasion de visiter divers hôpitaux à plusieurs reprises - pas des hôpitaux spirituels, mais des hôpitaux ordinaires et terrestres. J'ai vu comment certains patients étaient heureux d'avoir des opérations ou des procédures qui pourraient les aider, tandis que d'autres étaient prêts à se battre avec les médecins juste pour échapper à la douleur, sans laquelle tout remède serait impensable. Eh bien, il me semble que nous différons des saints de la même manière lorsque nous échouons à ces petites choses que le Seigneur nous permet de vivre. Nous arrachons les bandages, écartons la main bienveillante et nous nous enfuyons de l'hôpital quelque part pendant la nuit - dans le froid, la pluie et l'obscurité.

Est-ce étrange que ce soit si difficile pour nous ? Le Seigneur se bat pour chaque âme, pour chaque personne - Il se bat avec ses passions, avec le Diable et avec la personne elle-même. Les saints se sont battus dans cette bataille aux côtés du Seigneur. Mais trop souvent, nous nous battons... contre Lui.

Comment nous souhaitons que cette bataille se termine, comment nous aimerions finalement décider de ne pas capituler avant qui que ce soit - avant Lui - de capituler. Accepter sans murmurer, sans aucune résistance ridicule et indisciplinée contre tout ce qu'Il a préparé pour nous, pour nous humilier, et plier nos cous sous le lourd joug des épreuves - puis soudainement et c'est inattendu pour nous, sentir la joie cachée en elles ; cachée d'elles...

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

ORTHOCHRISTIAN



Le tribunal prolonge l'assignation à résidence de 24 heures pour le Métropolite Arsène, vicaire de la Laure de Svyatogorsk


Le tribunal de district de Tchechelovsky de Dnipro a décidé d'étendre la mesure de retenue sous la forme d'une arrestation à domicile 24 heures sur 24 pour le Métropolite Arsène, vicaire de la Laure de Sviatogorsk. Malgré les demandes de la défense pour atténuer les conditions de détention, le tribunal a laissé le hiérarque en état d'arrestation, tout en accordant certains assouplissements en matière de soins médicaux.

Selon le service de presse de la Laure de Svyatogorsk, la réunion a eu lieu le 20 avril 2026. Le bureau du procureur a exigé la prolongation de la mesure actuelle de retention pour deux mois supplémentaires. À leur tour, les avocats du métropolite ont demandé au tribunal de remplacer la mesure de détention provisoire de nuit par une caution personnelle, en soulignant le comportement exemplaire de l'accusé et l'absence d'infractions au cours de la période écoulée.

La juge Tatyana Bezruk, après avoir étudié les documents de l'affaire, a décidé de maintenir l'assignation à résidence 24 heures sur 24. Cependant, un changement important a été apporté à la décision : le Métropolite Arsène est autorisé à subir toute procédure médicale sans obtenir une autorisation judiciaire spéciale. Auparavant, cette possibilité n'était fournie que pour les cas de soins d'urgence. Cette décision est particulièrement pertinente étant donné que le Métropolite a récemment subi une chirurgie cardiaque.

En outre, le tribunal a fait droit à la demande de la défense pour le retour de la caution, qui a été faite l'automne dernier par vingt donateurs. De nombreux croyants de l'Église orthodoxe ukrainienne [canonique] sont venus au palais de justice pour soutenir le vicaire de la Laure, et l'adjointe de la Verkhovna Rada Victoria Hryb a participé à l'audience par conférence en ligne.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

RASKOLAM

Les nationalistes appellent le ministère de la Culture à "décoloniser" l'église de l'UOC près de la Laure des Cavernes de Kiev

 


(Après les vols d'églises, les violences subies par les clercs de l'Eglise canonique, les mensonges permanents, le vol de cadavre du prétendu patriarche de Kiev, la purification "hagiographique" déjà initiée par Serhey Dumenko [dit Métropolite Epiphane par la disgrâce du P. Bartholomée] qui conseillait aux fidèles de la secte de choisir un autre saint si leur saint patron était russe, on n'arrive pas à imaginer que la secte stanbouliote d'Ukraine puisse tomber encore plus bas. CLG)

Le chef de l'organisation extrémiste radicale de droite Fraternité (Sic!), Dmytro Korchynskyy, a lancé une initiative pour "décoloniser" l'église en l'honneur de St. Serge de Radonège, qui appartient à l'Église orthodoxe ukrainienne (UOC canonique). Le radical a fait appel au ministère de la Culture et à l'Institut de la mémoire nationale avec une demande d'élimination de la présence de l'UOC dans ce sanctuaire, situé près de la Laure des Cavernes de Kiev. Il a écrit à ce sujet sur sa page Facebook.

Dans sa publication sur le réseau social, Korchinsky a décrit le temple comme une "île du monde russe", qui, à son avis, est ignorée à tort dans le processus de décolonisation nationale. Il a exprimé sa perplexité face au fait que les institutions laïques sont activement réformées alors que les communautés religieuses de l'Église canonique restent en dehors du processus. Selon le nationaliste, les agences gouvernementales devraient prêter attention aux bâtiments d'église qui ont « squatté les structures de l'État ».

Korchinsky a accordé une attention particulière dans son discours à la sévère critique de la vénération des saints orthodoxes dont les images sont représentées dans l'église. En utilisant des manipulations historiques, il a appelé St. Serge de Radonège, un partisan du « pouvoir de la Horde », et Saint Séraphim de Sarov, un « culte construit » créé au XIXe siècle pour propager et renforcer l'influence de l'Eglise.

En outre, cette figure radicale a critiqué d'autres saints. En particulier, il a comparé le Le juste saint Jean de Cronstadt aux figures militaires modernes de la Fédération de Russie, et appelé St. Jean de Changhaï, originaire d'Ukraine, saint qui "a décidé d'être un bon Russe". Ces déclarations ont provoqué une large résonance et ont été considérées comme une tentative de faire pression sur les congrégations de l'UOC canonique.


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

Raskolam


lundi 20 avril 2026

Livre/Témoignage!

 Ce mois-ci est paru Un Suisse au Donbass, par Jean-Christophe Emmenegger, qui s’est rendu à Marioupol et en Crimée en 2023 et 2024, « pas en tant que journaliste ou reporter de guerre, embarqué dans un tour organisé, mais en homme libre de ses mouvements, à l’invitation d’une connaissance. » 


Jean-Christophe Emmenegger a présenté son livre Un Suisse au Donbass sur la Télé suisse, voici pour l’entendre:

L’auteur présentera son livre jeudi 23 avril à Lausanne, à la librairie Le Valentin.







Les chrétiens ne sont plus la majorité de la population française, révèle une nouvelle étude



La France subit une transformation majeure de sa structure religieuse. Selon les dernières statistiques, la proportion de la population chrétienne dans le pays est tombée en dessous de 50 %, ce qui indique un changement significatif du sentiment du public et une augmentation rapide du nombre de citoyens non religieux.

Selon une étude du Pew Research Center publiée en février 2026, seulement environ 46 % des résidents français s'identifient aujourd'hui comme chrétiens. Dans le même temps, 43 % des répondants affirment n'avoir aucune affiliation religieuse, et environ 9 % s'identifient comme musulmans, dont le nombre continue de croître. Dans la situation actuelle, aucun groupe religieux du pays n'a plus de majorité absolue.

Les experts soulignent que la principale raison de ces changements n'est pas seulement la croissance de la diversité religieuse, mais aussi une augmentation de la part de la population non religieuse. Il est à noter que la catégorie des chrétiens comprend non seulement les croyants pratiquants, mais aussi ceux qui ne conservent qu'un lien culturel avec le christianisme, ce qui indique un niveau extrêmement faible de vie religieuse réelle dans le pays.

Ces processus reflètent la tendance paneuropéenne à affaiblir le rôle des religions traditionnelles dans les sphères publique et culturelle. Les analystes notent que la France est devenue un exemple d'État où le rôle clé est joué non seulement par la coexistence de différentes confessions, mais aussi par l'affaiblissement progressif de l'identité religieuse en général. Cela pose de nouveaux défis à l'Église pour trouver des moyens de dialoguer avec une société qui s'éloigne de plus en plus de toute foi. 


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

RASKOLAM

dimanche 19 avril 2026

DIMANCHE DE THOMAS


Le Christ est ressuscité ! En vérité Il est  ressuscité !


Lors de la liturgie de la nuit de Pâques, la lecture de l’Épître était le début des Actes des Apôtres, rédigés par saint Luc. La lecture de l’Évangile était le début de l’Évangile selon saint Jean le Théologien. Ces deux livres de la Bible constituent la source des lectures de la liturgie jusqu’à la Pentecôte, à l’exception du dimanche des Femmes myrrhophores et du jour de l’Ascension.

Le passage d’aujourd’hui est tiré des Actes 5, 12-20 et fait suite au triste récit de la transgression d’Ananias et de Saphira. Saint Luc rapporte les miracles et les signes accomplis par les apôtres parmi le peuple. Il s’agit ici de la population en général et non pas seulement de ceux qui croyaient en la divinité du Christ. De cette manière, beaucoup d’autres se convertirent à la foi en Christ. L'expression « d'un même cœur » traduit l'unité et la concorde qui régnaient au sein de la communauté chrétienne de l'époque. Ils vivaient ensemble et priaient ensemble. Le portique de Salomon était leur lieu de rassemblement préféré, car il s'agissait d'un vaste espace couvert pouvant les accueillir tous et ouvert au public. Ainsi, grâce aux miracles et à la grande notoriété des chrétiens, de nouvelles âmes venaient chaque jour grossir leurs rangs. Le simple fait de toucher le bord du vêtement du Christ était source de guérison, mais après la Résurrection, la simple ombre de saint Pierre suffisait à accorder la guérison. C’était en effet ce qu’avait promis le Christ (Jean 14, 12). 

L’étonnant succès du ministère des apôtres provoqua une réaction de la part des autorités juives, qui avaient haï le Christ. Le récit évoque l’hostilité du grand prêtre, qui était très probablement Caïphe, bien que saint Luc ne le nomme pas. Cependant, il nous dit que le grand prêtre était aidé et soutenu par les sadducéens. Les sadducéens étaient une secte qui occupait une place prépondérante à la fin de l’époque du temple d’Hérode, mais qui tomba dans l’oubli après la destruction de Jérusalem en 70 après J.-C. Ils nourrissaient diverses croyances erronées, notamment le déni de l’immortalité de l’âme et de la vie après la mort, avec les récompenses ou les châtiments qui l’accompagnent. Dans son commentaire, l’archevêque Averky écrit : « La corruption morale et religieuse de l’élite de la société religieuse juive était si grande qu’il n’y avait rien d’étonnant à ce que les grands prêtres appartiennent à la secte des sadducéens ». Par dépit, les chefs religieux firent arrêter les apôtres et les enfermèrent dans la prison publique où étaient détenus les pires criminels. Le Seigneur leur envoya un ange qui non seulement les libéra, mais leur donna l’ordre d’être hardis et de prêcher ouvertement dans le temple.   

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Tropaire – Ton 7 

Lorsque le tombeau fut scellé, Toi, la Vie, ô Christ notre Dieu, Tu es ressuscité de la tombe, et lorsque les portes furent fermées, Toi, la Résurrection de tous, Tu te tenais parmi les disciples, et par eux, Tu as renouvelé en nous un esprit droit, selon Ta miséricorde. 

Dimanche dernier, lors des vêpres pascales, nous avons entendu la lecture de l’Évangile (Jean 20, 19-25) qui nous présente la réaction de saint Thomas à la nouvelle de la résurrection du Christ. Aujourd’hui, nous lisons ce même récit, mais il se poursuit jusqu’au verset 31, qui marque la fin de ce chapitre.



La version King James utilise l’expression « Thomas, l’un des douze, appelé Didyme ». Cela est rendu littéralement dans certaines traductions par « Jumeau ». Thomas avait-il un frère ou une sœur ? Si oui, il (ou elle) n’est mentionné(e) nulle part dans le Nouveau Testament. Thomas était de nature sceptique et avait tendance à être partagé. Le qualifier de sceptique né serait peut-être trop cynique, mais, même s’il aurait voulu accepter quelque chose, son esprit ne pouvait ignorer ses réserves à ce sujet.

Le passage que nous lisons commence le dimanche, premier jour de la semaine. Nous pouvons à peine imaginer la tension qui régnait ce soir-là, après le traumatisme de la crucifixion, puis l’annonce de la résurrection par les femmes myrrhophores plus tôt dans la journée. Nous constatons également un autre changement : les Juifs ne sont plus « nous », mais « eux ». Le fossé entre ceux qui ont accepté le Christ et ceux qui l’ont rejeté commence à se creuser. Les portes étaient fermées, mais le Christ entre, démontrant ainsi que le corps ressuscité n’est plus soumis à des contraintes physiques, bien qu’Il ne soit pas une simple apparition. Pour apaiser les craintes des disciples, Il dit : « La paix soit avec vous », ce qui signifie « n’ayez pas peur ». Nous voyons également une autre évolution. Les disciples étaient des disciples, mais en tant qu’apôtres, ils reçoivent l’autorité qui fait d’eux les représentants du Seigneur. Le Christ souffle sur eux : « Recevez le Saint-Esprit », mais il s’agit d’un don partiel qui s’achèvera à la Pentecôte, lorsqu’ils recevront la plénitude des dons spirituels et le pouvoir d’accomplir des miracles pour l’avancement du Royaume.

Thomas, pour une raison quelconque, n’était pas présent à ce moment-là. Lorsqu’il a entendu la nouvelle : « Nous avons vu le Seigneur », son esprit avait du mal à le comprendre. De nos jours, nous pourrions utiliser l’expression « tu es fou ? »explication possible. Thomas a choisi la voie de la prudence et a exigé une preuve. Une semaine plus tard, la scène se répète et, cette fois, Thomas est présent. Le Seigneur sait tout ; c’est pourquoi Il n’attend pas que Thomas prenne la parole. Il lui rapporte ses propres paroles. Thomas est inspiré, sur le plan théologique, pour exprimer les deux natures du Christ. Il L’appelle « mon Seigneur », un terme utilisé dans le monde humain, puis affirme sa foi en ajoutant « … et mon Dieu ». Les mots « Seigneur » et « Dieu » désignent une seule et même personne. Le Christ dit : « Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru. » Il ne prive pas Thomas de sa part de béatitude, mais il approuve à la fois la foi des autres qui n’ont pas exigé de preuve, et envoie un message à toutes les générations futures. On pourrait s’interroger sur le corps ressuscité du Christ, qui, libéré de la grossièreté terrestre, n’est pas retenu par les murs et les portes. En même temps, Il montre qu’Il n’est pas un fantôme en démontrant qu’Il peut être touché par des mains humaines. En effet, Il montre plus tard à nouveau cette qualité en mangeant alors qu’Il n’a aucun besoin terrestre de nourriture. Il est clair que s’Il n’était qu’un simple fantôme, Il serait incapable de manger.

L’évangéliste mentionne de nombreux autres signes. Il ne s’agit pas ici des miracles accomplis avant la crucifixion du Christ. Ceux-ci ont été accomplis sous les yeux du peuple, mais les signes dont il est question ici s’adressaient exclusivement aux apôtres, qui étaient préparés à leur mission divine. À plusieurs reprises, saint Jean nous dit qu’il y a des choses qui ne sont pas écrites dans ce livre. Nous connaissons bien  le mantra protestant : « La Bible et rien que la Bible ; si ce n’est pas dans la Bible, ce n’est pas vrai ». L’évangéliste affirme que l’Écriture fait partie de la Sainte Tradition, mais qu’elle n’en constitue pas la totalité.

Dans son commentaire, le bienheureux Théophylacte conclut ce chapitre par ces mots au sujet du Seigneur ressuscité : Il est ressuscité et il vit pour nous. Mais quiconque imagine que le Christ est mort et n’est pas ressuscité du tombeau n’a pas la vie en Lui. En effet, en pensant cela, il confirme et assure sa propre mort éternelle et sa corruption.

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Dans le calendrier, nous trouvons non seulement les saints commémorés chaque jour, mais nous constatons également que de nombreuses icônes de la Mère de Dieu ont un jour où elles sont commémorées. Le vendredi de la Semaine lumineuse, nous trouvons la Source de vie, et le dimanche, nous trouvons les icônes de la Glykofilousa (de la Tendresse). Dans un petit ouvrage consacré aux icônes thaumaturges, l’archiprêtre Feodor Kovalchuk observe : « Il existe environ 200 icônes thaumaturges de la Mère de Dieu vénérées par les fidèles orthodoxes russes ». En outre, il précise qu’il existe 300 autres icônes différentes et très aimées.

Source de Vie

Près de la Porte d’Or de Constantinople, au milieu du Ve siècle, se trouvait un bosquet de cyprès et de platanes. Ce lieu était depuis longtemps dédié à la Sainte Théotokos et il y avait une source en son centre. Depuis l’Antiquité, des miracles y avaient été rapportés, mais le lieu était devenu envahi par la végétation et l’eau était recouverte de boue. Un soldat, Leon Marcellos, remarqua un aveugle qui s’était égaré. Il aida l’homme à trouver de l’ombre et partit lui chercher de l’eau. Leon entendit alors une voix : « Leo,  va dans le bosquet, prends l’eau que tu y trouveras et donne-la à cet homme assoiffé. Puis prends un peu de boue et oins-en les yeux de l’homme. Qui suis-je ? Je réside ici depuis longtemps. Avec mon aide, construis ici un temple en mon nom afin que tous ceux qui viendront ici trouvent des réponses à leurs prières et soient complètement guéris de leurs maux ». En se promenant, Léon entendit à nouveau une voix : « Ne te donne pas la peine de chercher ailleurs, Léon, il y a de l’eau juste ici ». Il fut stupéfait, mais ne vit rien au début. Léon se précipita à l’endroit indiqué, fit ce qu’on lui avait dit et la vue de l’aveugle fut rétablie. L’apparition de la Théotokos eut lieu le 4 avril de l’an 450. Lorsque Léon devint empereur (457-473), il se souvint de cet événement et fit construire une église au-dessus de la source, qu’il nomma « la Source de la Vie ». Cette église fut détruite par les Turcs au XVe siècle, mais une nouvelle fut construite en 1835. De nombreux miracles sont attribués à la Théotokos en ce lieu. 

L'icône de la Glykofilousa (« De la Tendresse ») représente la Théotokos et l'Enfant Jésus, joue contre joue. Il existe plusieurs icônes célèbres présentant cette caractéristique, dont l'icône de Donskoï. La fondatrice de notre église aimait particulièrement l’icône de Kazan, car elle est commémorée dans le calendrier, en novembre, le jour de sa naissance. Cette icône, qui se distingue nettement des autres, représente la tête et les épaules de la Théotokos, avec l’Enfant Jésus debout à sa gauche. Nous en possédons trois exemplaires dans notre église. L'une se trouve sur l'iconostase, une autre en hauteur sur le mur ouest de l'église. Le troisième se trouve dans l'autel et a été réalisé en Roumanie avec des inscriptions en roumain, bien que l'icône soit d'origine russe, comme l'indique son nom. 

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Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après