"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

dimanche 22 juillet 2018

Paroles de saint Nicolas de Jitcha sur le Mahatma Gandhi (R)



(La lettre suivante fut écrite par saint Nicolas (Vélimirovitch) à un noble britannique du nom de Charles B.)

Comme homme de foi, vous êtes troublé par la pensée suivante: que va faire la Providence de Gandhi? Et quel est le sens de l'apparition de cet étrange personnage parmi les hommes d'État et les politiciens de notre temps?

Un avertissement de Dieu. C'est certainement le sens qu’a le guide de la grande nation indienne. Grâce à cette personne, la Providence montre aux politiciens et aux hommes d'État du monde, même aux chrétiens, qu'il existe d'autres méthodes dans la politique que l'adresse, la ruse et la violence. La méthode politique de Gandhi est très simple et évidente: il n’a besoin de rien d'autre que de l'homme qui crie et de Dieu qui écoute. Contre les armes, les munitions et l'armée, Gandhi place le jeûne; contre l’habileté, la ruse et la violence, la prière, et contre la querelle politique, le silence. Comme cela paraît chétif et pitoyable aux yeux des hommes modernes, n’est-ce pas?

Dans les manuels scolaires politiques modernes, ces trois méthodes ne sont même pas mentionnées dans les notes. Le jeûne, la prière et le silence! Il n’est pas un seul un homme d'Etat en Europe ou en Amérique qui ne verrait pas avec ironie ces trois secrets de l'Etat indien comme trois branches sèches opposées sur le champ de bataille contre un tas d'acier, de plomb, de feu et de poison. Cependant, Gandhi réussit avec ces trois «sortilèges», et il réussit, à l'étonnement du monde entier. Et qu’ils le veulent ou non, les législateurs politiques en Angleterre et dans d'autres pays auront à ajouter un chapitre dans leurs manuels scolaires: "Le jeûne, la prière et le silence comme armes puissantes en politique." Imaginez, ne serait-ce pas une chance pour toute l'humanité si ces méthodes de Gandhi, qui n’est pas baptisé, remplaçaient en sciences politiques, les méthodes de Machiavel qui fut baptisé?

Mais ce n'est pas la méthode de l'Indien en tant que telle qui est une surprise pour le monde, mais plutôt la personne qui utilise cette méthode. La méthode est chrétienne, aussi vieille que la foi chrétienne, et pourtant, elle est nouvelle à notre époque. L'exemple du jeûne, de la prière et du silence a été montré par le Christ à ses disciples. Ils l'ont donné à l'Eglise, ainsi que tout leur exemple, et l'Église, l’a transmis les mains aux fidèles de génération en génération jusques à ce jour.

Le jeûne est un sacrifice, le silence est l'examen actif de soi, la prière est un cri vers Dieu. Ce sont les trois sources de la puissance spirituelle qui rendent l'homme victorieux dans les combats et excellent dans la vie. Y a-t-il un homme qui ne puisse s'armer de ces armes? Et quelle force brute dans ce monde peut-elle vaincre ces armes? Bien entendu, ces trois choses ne sont pas toute de la foi chrétienne, mais elles sont seulement une partie de ses règles, ses mystères surnaturels.

Malheureusement, à notre époque, parmi les chrétiens, beaucoup de ces principes sont bafoués, et de nombreux merveilleux mystères sont oubliés. Les gens ont commencé à penser que l'on gagne uniquement en utilisant l'acier, que les nuages de grêle se dispersent seulement par les canons, que les maladies ne se guérissent que par des pilules, et que tout le monde peut être expliqué simplement par le biais de l'électricité. Les énergies spirituelles et morales sont presque considérées comme une œuvre magique.

Je pense que c'est la raison pour laquelle la Providence toujours active, a choisi Gandhi, un homme non-baptisé, pour servir d'avertissement aux baptisés, en particulier à ceux des baptisés qui accumulent malheur sur malheur sur eux-mêmes et sur leurs peuples en utilisant des moyens impitoyables et durs.

L'Évangile nous dit aussi que la Providence utilise parfois de tels avertissements pour le bien du peuple. Votre Grâce se rend compte immédiatement que je fais allusion au centenier romain de Capharnaüm (Matthieu 8). D'un côté, vous voyez les anciens d'Israël qui, comme monothéistes élus de l’époque, se vantaient de leur foi, tout en rejetant le Christ, et, d'autre part, vous voyez le païen romain méprisé qui est venu au Christ avec grande foi et humilité, lui demandant de guérir son serviteur. Et quand Jésus l'entendit, il fut étonné et dit à ceux qui le suivaient: "En vérité je vous le dis, pas même en Israël je n'ai pas trouvé une telle foi."

Le monde chrétien est le nouvel Israël baptisé. Écoutez! Le Christ ne dit-Il pas les mêmes paroles aujourd'hui à la conscience des Anciens chrétiens en pointant vers le chef actuel de l'Inde?

Que la paix et santé du Seigneur soient sur vous.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

samedi 21 juillet 2018

Théodore RIGINIOTES, Théologien: Lettre d'un chrétien orthodoxe à nos frères indiens (R)


Tous les saints d'Amérique du Nord
Tous les saints d'Amérique du Nord 
avec au premier plan saint Pierre 
l'Indien Aléoutien.

Je vais être franc. Nous, chrétiens orthodoxes reconnaissons et honorons les bons esprits qui ont été créés par le Grand Esprit, nous construisons des églises en leur honneur et les prions. Nous les appelons les "anges" (messagers). Mais nous ne pensons pas que les esprits adorés par nos frères indiens sont bons. Nous savons que les bons esprits reconnaissent et adorent la Sainte Trinité, et reconnaissent et adorent le Grand Esprit qui S'est fait homme, Jésus-Christ. Nous avons de nombreux exemples où les bons esprits, les anges, reconnaissent Jésus-Christ comme le Grand Dieu et lui offrent un culte. Ils le font en permanence dans leur propre monde, où ils vivent. Ainsi, tout esprit qui ne reconnaît pas et n’adore pas la Sainte Trinité et Jésus-Christ ne peut pas être un bon esprit, même s’il semble être ainsi.
L '«esprit du monde», que nos frères indiens reconnaissent et respectent (certains d'entre eux L’appellent "Manitou", un nom qui est devenu connu des hommes blancs), semble être la grâce de l'Esprit Saint, du cœur du "Grand Esprit", qui a créé le monde, Il préserve et protège.

Les saints orthodoxes vivent dans l'amour pour tous les êtres du monde, beaucoup d'entre eux vivent dans les forêts avec les créatures de la nature, ils sont leurs amis et ils communiquent avec eux. Cependant, ils n'adorent pas les "esprits animaux", mais plutôt le Grand Esprit qui a créé tous les autres esprits. Avec leurs prières et leurs cérémonies sacrées, ils apportent la grâce (bénédiction) du Grand Esprit dans les montagnes, les forêts, les rivières, les villes et le monde entier.

Il n'est pas important pour nous, que quelqu'un acquière des "pouvoirs spéciaux" avec l'aide des esprits. Les saints guérissent les malades et prédisent l'avenir avec la grâce du Père, du Fils (Jésus-Christ), et du Saint-Esprit, en d'autres termes du Grand Esprit Lui-même, et non à l'aide d'autres esprits. Bien sûr, ils honorent les bons esprits des anges et les âmes des saints, ils parlent souvent avec eux, et font très attention à distinguer la communication des bons esprits, des pièges des méchants (en général, nous honorons tous les frères défunts et prions continuellement le Grand Esprit afin qu'ils se retrouvent tous finalement dans Sa Lumière).

Ainsi, j'exhorte et prie nos frères indiens d’en apprendre davantage sur l'orthodoxie, non seulement par la lecture de livres et d'articles sur l'Internet, mais aussi en visitant les lieux saints en Amérique, comme les églises et monastères orthodoxes dans tout le continent américain. Certains endroits, parmi beaucoup d'autres, sont le monastère grec orthodoxe Saint-Antoine d'Arizona et celui de la Fraternité de Saint-Germain d’Alaska à Platina, en Californie, il serait certainement utile de contacter le Père Peter Gilquist et ses collègues de la Mission évangélique de l'archidiocèse orthodoxe d'Antioche aux Etats-Unis (ceux qui sont venus à l'orthodoxie du protestantisme en 1987, après une recherche organisée et rigoureuse).

Nous, les chrétiens orthodoxes sommes comme tous les hommes, pleins de faiblesses et de défauts. Parmi nous, tous ne sont pas bons. Mais, aujourd'hui encore, nombreux sont ceux qui appliquent les enseignements du Christ dans toute leur mesure et arrivent à une union avec Lui. Il y a même des gens obscurs et  pauvres dans des quartiers de villes et de villages qui ont atteint un grande sainteté.

Ma patrie, la Grèce, est aujourd'hui très pauvre et contrôlée par les grandes entreprises multinationales, comme le reste du monde. Beaucoup d'entre nous avons presque oublié notre tradition et se sont adaptés à la culture des nations occidentales, qui a pris dans le monde entier (culture qui a été combattue par les Indiens). Heureusement, il y a encore beaucoup de gens de mon peuple qui résistent aussi, ainsi que certaines régions qui gardent le trésor précieux, la culture, la sagesse et la sainteté de la religion orthodoxe. Un tel endroit est la "Sainte Montagne", le Mont Athos (un exemple unique dans le monde), qui est situé en Grèce. Là-bas, beaucoup de gens de nombreuses nations du monde entier ont appris à connaître l'Orthodoxie et ont compris combien elle est importante pour eux et pour toute l'humanité.

Sur ce lien, vous pouvez voir l'histoire d'un chef indien qui vécut et mourut en chrétien orthodoxe, dans le même temps défendant la tradition de sa tribu. Il a même commencé à traduire les paroles de la cérémonie la plus sacrée de l'orthodoxie dans la propre langue de son peuple...
Sur ce lien, vous pouvez voir l'histoire d'un Afro-Américain qui découvrit l'Orthodoxie et devint prêtre orthodoxe, trouvant ainsi la vraie liberté et la façon de se battre pour elle, pour le bien de son peuple, de nos frères noirs..

Sur ce lien, vous pouvez voir [en anglais] l'histoire d'un prêtre américain blanc bouddhiste, que le Christ lui-même appela à l'orthodoxie, chose qu'il n'avait jamais imaginée possible...

Vous n'avez pas rien appris d'important à propos de l'Orthodoxie par cette lettre venant de moi. Ce n'était qu'une invitation humble, pleine d'amour, car c'est à vous d'en apprendre encore plus.

Je vous souhaite la paix et la grâce du Grand Esprit, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, dans vos cœurs. Que chaque désir juste de votre peuple, et de tous les peuples persécutés, soit accompli.
Avec beaucoup de respect pour votre histoire et votre culture,

De la lointaine Grèce,

Theodoros Riginiotis.



Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Theodoros RIGINIOTES, Théologien
A Letter from an Orthodox Christian 
to our Indian Brothers
in 
OODE

vendredi 20 juillet 2018

Géronda Aimilianos: "Remerciez Dieu pour tout ce qui arrive"



Par-dessus tout, 
priez sans cesse 
et 
remerciez Dieu 
pour tout ce qui vous arrive.

(Règle de saint Antoine le Grand) 

Antoine le Grand est un réaliste. Ses règles ou ses canons ne sont pas une formule qu'il a trouvée et qu'il nous a lancée. Chacun d'eux [canon de prière] a quelque chose d'unique concernant la vie du moine et, si l'on manque l'un d'eux, tout s'écroule. Il dit que nous devons prier sans cesse mais en même temps remercier Dieu pour tout ce qui nous arrive. Il utilise une conjonction de coordination parce que ces deux choses ne peuvent pas être séparées, elles vont ensemble. Nous remercions Dieu pour des choses agréables, mais encore plus pour autre chose : dans la vie, les choses ne se déroulent pas toujours comme nous le voudrions. Nous prions, par exemple, et il semble que Dieu n'écoute pas. Nous demandons notre santé, et notre maladie s'aggrave. Nous demandons à Dieu de nous accorder certaines choses et Il ne nous donne rien. Tout est à l'envers.

Les gens qui n'apprennent pas à remercier Dieu pour tout, surtout pour l'adversité, n'avanceront jamais d'un pouce au-delà de l'endroit où ils se trouvaient lorsque leur mère les a mis au monde. Ils ne feront aucun progrès. Et, bien sûr, quand leurs mères les portaient, ces gens étaient des bébés innocents, ils avaient une sainteté naturelle, alors que nous avons la cruauté, et la connaissance qui nous rend coupables. 

Nous devons donc apprendre à remercier Dieu. Quand nous avons de mauvaises pensées, quand notre frère dit quelque chose et que nous ressentons de la haine en nous, nous devons, à ce moment-là, remercier Dieu et sourire à notre frère. Si nous ne le faisons pas, il est impossible d'avancer d'un pas, parce que tout nous semblera pervers. Et puis, en particulier, les autres et nos circonstances nous feront avoir de mauvaises pensées, des tentations, des passions et des contrariétés.

La prière incessante et la gratitude envers Dieu pour tout ce qui nous arrive sont les conditions nécessaires à une vie naturelle. Si les gens ne remercient pas Dieu pour tout, ils ne peuvent même pas prier, ni vivre dans l'état monastique. 

Les gens doivent être reconnaissants pour tout ce qui leur arrive dans le monastère, que cela vienne de leur monde intérieur ou de la fraternité, des ennemis ou des démons. 

Par exemple, un moine a de mauvaises pensées qui le tourmentent. Il ne devrait pas s'inquiéter, mais devrait se réjouir et remercier Dieu. Il devrait dire au démon : "Arrière Satan!" et le chasser, ou, s'il refuse de partir, le moine devrait pouvoir dire : "Le lit est assez grand pour nous deux. Couche avec moi. Tourne-toi de l'autre côté pour que je n'aie pas à supporter ta mauvaise haleine". Le démon partira alors comme l'éclair.

La prière incessante et la gratitude pour tout sont directement liées à notre règle personnelle. En d'autres termes, n'importe qui peut accomplir sa règle quand il apprend à prier sans cesse. 

Et quiconque accomplit sa règle [de prière] peut avoir une prière incessante. S'il veut séparer sa règle de la prière incessante, toutes deux vont s'écrouler. C'est fondamental et nous devons nous en souvenir. Manquez votre règle pendant deux jours et vous verrez que vous oublierez de dire "Gloire à toi, notre Dieu" même une fois par jour. C'est une loi.

 Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

jeudi 19 juillet 2018

Père Aimilianos: La connaissance de la méchanceté des autres...


La connaissance 
de la méchanceté des autres,
 c'est-à-dire du mal 
qu'ils font,
 grand ou petit,
 diminue nos pouvoirs,
 parce qu'elle n'est pas en phase  
avec Dieu.

*

Si je fais du bien
à ceux qui me font du mal, 
cela m'apporte la paix. 

Car à la fin, 
tout le monde 
a des pierres d'achoppement pour nous.

 Par une parole, un regard,
 leur manière de marcher,
 leur joie, leur chagrin, 
elles interfèrent avec notre propre progrès. 

C'est pourquoi il faut avoir peur
 et trembler 
pour ne pas réagir 
à ces pierres d'achoppement
 qui perturbent la paix 
de notre esprit et de notre cœur,
et
qui pourraient devenir
 la cause
de notre séparation d'avec Dieu.

*
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

mercredi 18 juillet 2018

Père Johannes L. Jacobse: Un miracle de Père Païssios

Je n'ai pas parlé de ce miracle de Géronda Païssios publiquement jusqu'à ce que le miracle soit complet, ce qui est presque le cas. On m'a demandé d'écrire un récit du miracle à inclure dans les documents envoyés au Patriarcat œcuménique où une décision sera bientôt prise sur la glorification du staretz Païssios en tant que saint. Je l'offre ici pour la gloire de Dieu et l'édification du lecteur. 
Père Johannes
*
Saint Païssios l'Athonite

18 décembre 2013
Naples, Floride USA


Tôt le matin du 2 avril 2013, j'ai regardé mon téléphone et j'ai vu un texte de Patti, la mère de Jérémie, "Jérémie a eu un grave accident de voiture. Nous sommes en route pour l'hôpital." Jérémie avait 23 ans à l'époque. Elle venait de recevoir la nouvelle de la police qui s'était présentée à sa porte pour le lui dire.

Je me suis précipité à l'hôpital. Bientôt, le reste de la famille de Jérémie est arrivé et nous avons appris la nouvelle. Ça n'avait pas l'air bon. La voiture de Jérémie a heurté le trottoir, roulé trois fois, et les ambulanciers l'ont trouvé assis à l'extérieur de la voiture à peine conscient. Il avait de multiples fractures du crâne, avait glissé dans l'inconscience et était allongé sur la civière de la salle d'urgence.

J'ai dit à la famille que c'était une période désespérée, mais dans les périodes désespérées, nous priions et nous allions demander à Dieu de sauver Jérémie. Puis nous avons prié et j'ai oint Jérémie d'huile. Il y avait du brouillard ce matin-là, de sorte que l'hélicoptère ne pouvait pas transporter Jérémie au centre de traumatologie de Fort Myers, à proximité. Au lieu de cela, ils y sont allés en voiture.

Les trois jours suivants ont été avec des hauts et des bas. Nous ne savions pas si Jérémie allait vivre. Pendant ce temps, Dimitri, un ami de Jérémie en Grèce a entendu parler de l'accident et a parlé à Emily, la sœur de Jérémie, de Géronda Païssios, en particulier de la façon dont le staretz a aidé de nombreux jeunes qui avaient subi des lésions cérébrales dans des accidents de voiture en Grèce.

Dimitri a dit à Emily quoi faire. Prenez une photo de Géronda Païsssios (Dimitri en a envoyé une par courriel) et mettez-la dans sa chambre d'hôpital et demandez son intercession directe. J'ai épinglé la photo sur le lit près du côté de la tête de Jérémie qui avait été blessé. Nous avons commencé à demander à Dieu l'intercession du staretz pour Jérémie. Une semaine plus tard, l'huile d'onction arriva que Dimitri envoya du monastère où le staretz avait passé ses derniers jours en Grèce et nous en avons oint Jérémie. Par Dimitri, Géronda Païssios est venu à nous.

Des milliers de prières ont été dites pour Jérémie et nous y avons ajouté les nôtres. Je pourrais dire le jour où Géronda Païsssios s'est joint à nous, ou du moins quand j'ai appris qu'il était avec nous. C'était comme si le poids des prières s'élevait d'une manière ou d'une autre, ce que j'appelle "l'appel à la cavalerie" - un terme américain qui signifie que nous sommes rejoints par des combattants à cheval qui siègent plus haut et voient le champ de bataille plus clairement et rendent tangible la perspective de la victoire. C'est arrivé le troisième jour. Nous pouvions sentir la présence et la force du staretz avec nous. Certaines infirmières ont fait remarquer qu'elles pouvaient sentir un pouvoir dans la chambre de Jérémie.

Nous avons prié et oint Jérémie tous les jours. Ce fut une période particulièrement difficile pour sa famille, mais l'espoir n'a pas faibli, même s'il y eut des moments de doute et d'épuisement. Jérémie fut dans un coma induit pendant cinq semaines pour donner à son cerveau le temps de guérir et nous avons attendu avec beaucoup d'impatience son retour à la conscience afin de pouvoir avoir une idée de l'étendue de ses blessures et de sa guérison.


La première liturgie de Jérémie après l'accident.

Finalement, le moment est venu de le sevrer de ses médicaments. Il fallut trois jours pour que la sédation dégage son corps. Le troisième jour, la conscience de Jérémie revint. Un test de la fonction cérébrale d'une personne après une blessure grave est de savoir si elle peut répondre aux ordres. En entrant dans la pièce, j'ai demandé à Jérémie de me donner un "pouce levé". Il a levé son pouce. Puis je lui ai demandé de faire le signe de croix. Il l'a fait. Nous savions alors que nous pourrions être témoins d'un miracle.

Après quelques mois, Jérémie a été libéré de l'hôpital et s'est rendu au Shepherd Center d'Atlanta, en Géorgie (hôpital spécialisé dans les lésions cérébrales). Là, les médecins ont ouvertement dit que sa survie et l'étendue de sa guérison était un miracle. 

Le 15 août 2013, la partie de son crâne qui avait été enlevée quelques jours après son accident (pour permettre au cerveau de gonfler) a été rattachée de nouveau. Le chirurgien a dit à Jérémie que 95 % de ses patients qui avaient subi le genre de blessure qu'il a subie ne survivent pas. Les 5 % restants, selon un autre médecin, sont habituellement mis en institutions pour le reste de leur vie.


Aujourd'hui (18 décembre 2013) Jeremiah pêche au large du Golfe du Mexique avec ses amis. Sa guérison est presque complète. Nous nous attendons à un rétablissement plein et complet.

Nous sommes remplis de gratitude envers Dieu et Son serviteur le staretz Païssios pour la guérison de Jérémie. Nous sommes reconnaissants pour l'autorévélation de Dieu à la famille et aux amis de Jérémie - un événement qui dépasse notre compréhension pour le saisir entièrement, mais que nous voyons d'innombrables façons. Notre Seigneur a touché des centaines de vies et certaines ont été changées.

Gloire à Dieu en toutes choses!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

mardi 17 juillet 2018

Père George Elliot: L'orthodoxie et l'écologie (R)


Tandis que le mouvement humaniste continue de croître dans notre monde mourant, en mettant l'homme au centre de l'univers, indépendant de Dieu, c'est notre attitude qui est responsable du viol de la nature. C'est de notre exploitation de la Création.

Dans les Vies des Saints, nous voyons que toute la création n'est possible que par Dieu. Les Saints, dans leurs écrits et enseignements, sont conscients de leur position dans la Création et ils ont compassion et amour pour toute la création. Ils nous enseignent que les hommes et les femmes qui reconnaissent la suprématie de Dieu, peuvent avoir le même amour pour Sa Création.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
icône: 

Ceci est l'introduction d'un posdcast ( en anglais) de Père George Elliot, ceux qui désirent l'écouter, peuvent le faire sur le lien suivant:

lundi 16 juillet 2018

Jean-Claude LARCHET: Recension/ Ancien Joseph de Vatopaidi, « Papa Ephrem de Katounakia »



Ancien Joseph de Vatopaidi, Papa Ephrem de Katounakia. Traduit du grec par les sœurs de Solan, préface de l’higoumène Éphrem de Vatopaidi, introduction de Jean-Claude Larchet, collection « Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle », L’Age d’Homme, Laudanne, 2018, 150 p.

Le Père Éphrem de Katounakia – que ses proches appelaient « Papa », nom couramment donné à tout prêtre (papas) en Grèce – fut l’une des figures les plus marquantes du Mont-Athos dans la seconde moitié du XXe siècle. La collection « Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle » lui avait consacré un premier volume, écrit par son premier disciple, le Père Joseph de Katounakia (L’Ancien Éphrem de Katounakia, 2012). Elle lui en dédie ici un second, qui n’est nullement une répétition du précédent, mais vient plutôt le compléter. Moins détaillé quant à la vie du grand spirituel, il est d’une certaine manière plus personnel, puisqu’il témoigne avant tout de l’amour fraternel qui l’a étroitement uni, pendant plusieurs décennies, avec l’auteur, le Père Joseph de Vatopaidi (1921-2009). Tous deux furent d’abord très liés au sein de la petite communauté de l’Ancien Joseph l’Hésychaste, dont le Père Éphrem fut le prêtre desservant avant que d’autres prêtres ne fussent ordonnés en son sein, tandis que le Père Joseph était un disciple de l’Ancien. Lorsque la communauté fut dispersée après la dormition de ce dernier, le Père Joseph, son disciple, fonda sa propre communauté à Néa-Skiti, avant qu’elle ne se transplante au monastère de Vatopaidi pour en assurer le renouveau sous la conduite de l’actuel higoumène l’archimandrite Éphrem, tandis que le Père Joseph, devenu « l’Ancien Joseph de Vatopaidi », en assurait la paternité spirituelle ; dans le même temps, le Père Éphrem de Katounakia vécut de longues années comme ermite dans le désert des Katounakia, avant d’accepter un, puis plusieurs disciples. Tous deux gardèrent cependant des relations suivies, se rendant visite et s’écrivant régulièrement.

Outre le témoignage d’une relation personnelle d’amitié et de fraternité spirituelles intenses, ce livre veut avant tout mettre en valeur les charismes de celui que tous appelaient familièrement « Papa Éphrem », et avant tout sa vertu qui en a été la source principale de ces charismes : l’obéissance (l’ouvrage est d’ailleurs sous titré « L’obéissant charismatique »).

Un deuxième point sur lequel insiste ce livre est la prière. De son vivant le Père Éphrem avait la réputation d’être, avec l’Ancien Charalampos, l’un des deux plus grands hésychastes du Mont-Athos. La Prière de Jésus, qu’il avait appris à pratiquer avec attention et vigilance sous la direction spirituelle de l’Ancien Joseph l’Hésychaste, était devenue pour lui « prière du cœur », spontanée et continue, si bien qu’il mettait parfaitement en pratique le conseil de l’Apôtre « Priez sans cesse » (1 Th 5, 17).

Il avait expérimenté l’un des fruits les plus élevés de la Prière : la connaissance surnaturelle des mystères divins, et c’est par une expérience identique à celle d’Évagre (qui affirmait : « est théologien celui qui prie vraiment ») qu’il pouvait dire et redire : « la prière engendre la théologie ».

On trouvera dans ces pages un résumé des riches enseignements du Père Éphrem sur la Prière de Jésus : ses conditions, ses moyens, son but, ses effets.

On trouvera aussi dans ce livre beaucoup de conseils utiles pour faire face aux épreuves et aux tribulations de la vie, en particulier aux maladies et aux souffrances, par lesquelles Papa Éphrem ne fut pas épargné, mais qu’il apprit à traverser et à surmonter dans l’esprit qui convient à un disciple du Christ.

De nombreux autres sujets encore sont abordés, à propos desquels l’Ancien Éphrem témoigne de son expérience et dispense ses recommandations : la façon, pour chacun, d’observer fidèlement son programme spirituel et de mener avec constance le combat spirituel intérieur ; la nécessité de surveiller ses pensées et de les soumettre à un examen de conscience régulier ;  l’importance de la confession et de la sainte communion, etc. De nombreux témoignages et anecdotes constituent autant d’apophtegmes riches d’enseignement.

On procurer ce livre sur le site Internet de L’Age d’Homme.
Jean-Claude Larchet

dimanche 15 juillet 2018

Archimandrite Aimilianos: Montrez le paradis par ce que vous dites et faites...

Archimandrite Aimilianos

En conclusion, je voudrais lire quelques lignes d'un discours de saint Basile le Grand : "Que les paroles de consolation arrivent avant le reste de votre discours, confirmant votre amour pour votre prochain."

St. Basile le Grand

Vous qui êtes dans le monastère, quand vous approchez votre frère ; vous qui êtes mariés, quand vous approchez votre conjoint ; vous qui êtes père ou mère, quand vous approchez votre enfant : "Que les mots de consolation arrivent avant le reste de votre discours." 

Quoi que vous disiez, quoi que vous pensiez dire, dites-le seulement après avoir dit un ou deux mots qui donneront aux autres de la joie, de la consolation, un souffle de vie. Faites-leur dire : "Je me sens soulagé, je ressens de la joie." 

Rendez les autres fiers de vous, vous aimer, danser de joie quand ils vous voient. Parce que chacun dans sa vie, dans sa maison, dans son corps et dans son âme, a des douleurs, des maladies, des difficultés, des tourments, et chacun les cache dans la bourse secrète de son cœur et de sa maison, afin que les autres ne le sachent pas. 

Je ne sais pas dans quelle sorte de douleur vous êtes, et vous ne savez pas dans quelle douleur je suis. Je peux rire, crier et paraître heureux, mais au fond de moi, je souffre et je ris pour cacher mon chagrin. Et donc avant toute chose, saluez l'autre personne avec le sourire.



Et Saint Basile ajoute ceci : "Que ton visage soit lumineux, afin de donner de la joie à celui qui parle avec toi." Une fois que vous avez fait sourire l'autre personne, n'arrêtez pas de sourire. C'est ce que signifie avoir un "visage radieux." Que votre visage soit un soleil radieux, afin que tout au long de la conversation, l'autre continue à ressentir le même bonheur. 

"Prenez plaisir à chaque réussite de votre prochain." En ce qui concerne les réussites de votre prochain, réjouissez-vous avec lui. "Car ses réussites sont les vôtres, et les vôtres sont les siennes." Que l'un partage la joie de l'autre.



De cette façon, il peut y avoir une rencontre, une vraie relation sociale, des moines et des personnes mariées, de tous les gens, des saints et des pécheurs, nous donnant à tous le droit et la capacité de prier. 

Et quand on dit : "Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de moi", tout le monde est inclus : mon époux, mon épouse, mes frères et sœurs, mes enfants, le monde entier. 



Quand Dieu voit un tel amour, quand Il voit le paradis dans mon cœur, que mon cœur a de la place pour tout le monde, alors il lui sera impossible de ne pas trouver de la place dans Son paradis pour moi et pour vous.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

samedi 14 juillet 2018

Prêtre Andrei Chizhenko: LE PLUS IMPORTANT MIRACLE DES APÔTRES PIERRE ET PAUL




    
Le mot "apôtre" traduit du grec signifie "émissaire". Les apôtres du Christ ont été envoyés dans le monde pour apporter la bonne nouvelle de l'Évangile, pour apporter le témoignage du Christ, et pour fonder et confirmer l'Église.

Un groupe d'hommes, une centaine, a pris le monde entier dans les filets du Christ. Et c'est un miracle absolu et merveilleux ! C'est la preuve la plus importante que Dieu était avec eux et que Dieu est avec nous, qui sommes leurs disciples et leurs enfants. Après tout, toute la puissance de l'Empire romain, enflammée par la colère des Juifs, était contre eux. Quatre-vingt-dix pour cent de tous les Romains aristocratiques civilisés, les Grecs intellectuels raffinés et des centaines de tribus barbares et grossières d'Europe et d'Asie n'avaient jamais entendu parler du Christ. De plus, ils ne voulaient pas entendre parler de Lui, et ils ont pris une position agressive contre les apôtres. Le paganisme officiel romain, centré autour de la figure déifiée de l'empereur, semblait être une puissance solide et invincible.

Mais comme on le chante dans la vieille chanson rock and roll (en russe), "Une petite pousse a fendu le rocher." Un peu plus de 300 ans passèrent et le colosse de la religion païenne s'écrasa, et à sa place bourgeonna l'arbre vivant de l'Orthodoxie.

N'est-ce pas un miracle ? Il semblait que tout était contre lui. Il semblait que toutes les conditions terrestres existantes n'étaient rien d'autre que mortellement dangereuses pour le christianisme. En termes biologiques, il s'agissait d'un environnement agressif et hostile.

Mais la vigne du Christ s'épanouit et porte du fruit...

L'infatigabilité des apôtres est aussi stupéfiante au-delà de toute imagination. Lisez simplement ce qu'ils ont atteint aux extrémités de la terre et à quelles tribus hostiles ils sont allés pour prêcher l'Evangile : Rome, la Grèce, l'Espagne, la Grande-Bretagne, l'Afrique, l'Iran, l'Inde, le Caucase ?

Et partout cette vigne plantée par la main droite de Dieu a pris racine. C'est parce que l'homme ne l'a pas plantée ; le Seigneur l'a plantée.

Et nous devons probablement aussi comprendre que nous sommes les descendants directs et les héritiers des apôtres, que le monde, qui est resté païen à bien des égards - ou plutôt qui conserve l'inclination à revenir au paganisme - exige de nous le zèle apostolique et le témoignage du Christ. Dans nos familles, au travail, dans les transports publics, le chrétien est un apôtre, c'est-à-dire un émissaire du Christ.

En passant devant une église orthodoxe dans le bus, on peut se signer ou se retourner honteusement. A la maison, fatigués après le travail, nous pouvons soit enseigner à notre enfant le "Notre Père", soit lui donner une tablette avec internet, et nous plonger dans l'internet ou la télévision...

Il y a énormément de possibilités pour le chrétien moderne d'être apôtre. Il est important que le cœur brûle de foi et de recherche de Dieu et de soif de Sa connaissance. Il est important que nous soyons à la fois le rocher (Pierre) et le petit (Paul, Paulos en latin, signifie "moindre, petit") - c'est-à-dire que nous soyons à la fois un rocher indestructible de la foi orthodoxe et rempli de cette petitesse, nous percevant comme petits, pauvres en esprit ; c'est-à-dire, ayant œuvré avec l'aide de Dieu pour posséder la vertu de l'humilité, sans laquelle il n'y a pas de salut. 

En attendant, bien sûr, ne pas oublier la vertu de l'amour. Et nous attendent nos propres Corinthiens, Romains et Thessaloniciens dans nos familles, dans le métro et les bus, et au travail. Et le Seigneur est le même pour nous que pour les apôtres.

Saint chef des apôtres Pierre et Paul, priez Dieu pour nous !

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

vendredi 13 juillet 2018

Père Artemy: Conseils pour guérir la dépression


Le Père Artemy parle très doucement, phénomène assez inhabituel en Russie, où les prêtres puissants qui parlent souvent sans détour et directement sont plus la règle que l'exception. Entre-temps, il utilise souvent un langage symbolique et poétique, trahissant sa formation littéraire (Dites-nous ce que vous en pensez dans les commentaires !). 

Ici, il parle de la Dépression, le fléau du monde riche et prodigue... comment renverser les ténèbres et les transformer en lumière. 



Chers amis !

Beaucoup d'entre vous savent que dans la plupart des pays européens prospères, par exemple en Suède, les gens souffrent de dépression et de dépression inexplicable. La même situation se retrouve dans les villes qui offrent la vie la plus confortable tant pour les autochtones que pour les soi-disant réfugiés qui obtiennent 1000 euros par mois avec un logement gratuit.

Aux Etats-Unis, connus pour la plus forte consommation d'énergie par tête (plus élevée qu'en Europe, sans parler des pays du Tiers Monde), on ne peut se passer de psychologues, de psychanalystes, d'astrologues et de psychiatres. Et presque tout le monde prend des antidépresseurs.

Il est raisonnable de prendre des médicaments dans certains cas, mais lorsqu'il s'agit de la majorité de la population, il y a là quelque chose de louche, n'est-ce pas ?

Il s'avère que le niveau de prospérité et les exigences croissantes n'apportent pas le bonheur à l'âme. Ils ne donnent pas la vivacité, la joie et l'hilarité au cœur. Au contraire, les adolescents chéris et suralimentés qui reçoivent de la nourriture et un logement ne savent pas comment gérer leur vide intérieur et comment le combler. Ils souffrent d'un manque de sens de la vie. A la recherche d'adrénaline, ils font parfois des choses terribles, extrêmes ou suicidaires. D'autres s'adonnent à une agressivité irrationnelle, ils aiment faire souffrir les autres. Qu'est-ce que cela montre clairement ? Cette vie sans Jésus-Christ est vide.

Ceux qui n'ont pas gagné une fondation en Jésus-Christ et ne connaissent pas le Dieu vivant et qui se sont retirés de la grâce de Dieu ne sont pas complètement des gens, mais des créatures intelligentes à deux pattes souffrant de douleurs intérieures sans fin. Ce n'est pas le corps qui souffre, mais l'âme, notre moi éternel.

C'est pourquoi l'acathiste à  Notre très doux Seigneur Jésus (un type d'hymne récité par des chrétiens orthodoxes orientaux ou catholiques orientaux, dédié à un saint, un événement saint ou à l'une des personnes de la Sainte Trinité) que nous lisons avec un sentiment spécial et une pensée profonde, contient de tels mots :

Jésus, joie de mon cœur !

Comme cette phrase semble inattendue et étonnante ! Pour la personne éloignée de l'Eglise et de tout sentiment religieux, la religion et la foi ne sont qu'un ensemble de règles, principalement des interdictions et des tabous. On ne peut pas faire ceci et cela - quelle vie ennuyeuse ! De telles personnes peuvent penser que ces règles ne doivent être suivies que parce que " la plus haute autorité continue de nous surveiller..."

Naturellement, l'âme qui n'a aucune raison d'être joyeuse évite désespérément de telles leçons de morale ennuyeuses.

Pendant ce temps, le roi David, parent éloigné du Dieu incarné, prévoyant la venue dans le monde de Notre Seigneur Jésus-Christ, Lui adressait à Lui, le Fils de Dieu, de telles paroles mystérieuses :

Tu es mon refuge contre la tribulation qui m'enserre; ô ma joie, délivre-moi de ceux qui me cernent. (Psaume 31:7)

Dieu est la plénitude qui remplit tout en tout. Il est le Sauveur, Alpha et Oméga, le Début et la Fin, la Fontaine, la Raison et la Destination de l'existence humaine. Il est la fontaine qui coule abondamment. Ce n'est que par l'unité vivante avec Jésus-Christ et le contact mystérieux avec Lui par la foi, la repentance, la prière et en suivant Ses commandements que nous pouvons sentir que notre cœur prend vie après la mort. L'espace du cœur est rempli d'une eau mystérieuse, joyeuse et vivifiante - la grâce de l'Esprit Saint.

Ainsi, la foi, l'espérance et l'amour sont des qualités très justes, vitales et inspirantes. Paul l'Apôtre, en pensant aux fruits de la foi, met la joie de l'existence comme l'une des joies principales. Jésus-Christ s'adresse à ses disciples :

"Si vous ne vous convertissez pas et ne devenez comme des petits enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux." (Matthieu 18:3)

Et le Royaume des Cieux n'entrera pas en vous.

Souvenons-nous des jours dorés de notre enfance. A l'âge de 3, 5, 6 ans, nous avons pu être heureux avec chaque jour à venir. Le monde, étonnant et éternellement diversifié, nous attirait. Notre âme innocente fut émerveillée par les couleurs de l'été et de l'automne. Chaque son, chaque ligne ou forme, chaque petite pierre et chaque brin d'herbe étaient des objets de notre longue contemplation et peut-être même de réflexion (si les enfants réfléchissent lorsqu'ils sont seuls...). C'est le signe d'une âme chrétienne juste, douce, humble de cœur, orante et sage, qui perçoit le saint don de la vie comme précieux. Si notre courte vie sur terre est si belle, alors quoi et Qui l'âme trouve-t-elle " le plus beau des enfants des hommes" (Psaume 44:3) ?

Il témoigne de lui-même : "Je suis le chemin, la vérité et la vie " (Jean 14:6). La vie en abondance. Il est Lumière (1 Jean 1:5), et il y a de la vie pour tous les gens dans cette Lumière. Ainsi, la vraie foi en Christ ressuscité, la foi voyant et chaude, par-dessus tout, tinte dans un cœur comme une joie mystérieuse. "Eurêka ! On m'a montré quelque chose ! J'ai trouvé quelque chose que mon âme cherche depuis ma jeunesse."

Le Christ Sauveur est vraiment la raison vivante de notre être. Il est l'exemple parfait, l'idéal Que nous pouvons et devons nous efforcer d'atteindre. Il n'est pas un Absolu froid, caché quelque part au loin. Mais Il est le Dieu vivant, qui nous voit, nous entend et nous aime, Qui étend Ses bras jusqu'à nous depuis la Croix. De plus, Il nous offre son aide à chaque minute ou seconde de notre vie. Il nous soutient et nous fortifie, nous tient à l'écart des tentations, nous tend Sa main secourable dans notre lutte contre le mal qui frappe à la porte de notre cœur.  

"Jésus, joie de mon cœur !"

Les chrétiens vraiment croyants commencent et finissent leur journée en remerciant Dieu.

"Ô Seigneur, merci pour la nuit. Bénis mon jour à venir."

Souvenons-nous de notre ancêtre, le Prince Vladimir le Soleil Radiant, Monomaque qui était le descendant du Saint Prince Vladimir le Grand. Il a participé à plus de 44 batailles au cours de sa vie, riche en événements. Le Prince Vladimir Monomaque adorait la nature, la chasse, le confort de sa maison. Il fut un mari fidèle à son épouse et avait un caractère paisible et ne recherchait pas la guerre. Comment commençait-il sa journée ? Il se levait avec le soleil (et c'est pourquoi il reçut un surnom si inhabituel) et adressait immédiatement une prière glorieuse au Créateur.

"Merci Seigneur, de m'avoir donné de voir Ta fabuleuse Lumière. Ajoute-moi un mois ou une année de vie pour que je puisse me repentir de tous mes péchés et louer Ton Saint Nom."

Ainsi, le meilleur remède à la douleur et à la détresse, au blues de Pouchkine et à la mélancolie, au désespoir, qui parfois claque à nos talons, c'est l'amour et la foi en Christ. Non pas le genre de foi que les méchants montrent (car ils croient aussi et tremblent devant Sa présence), mais la foi qui fait que notre cœur remercie Dieu et qui laisse un beau sourire sur notre visage. 

Nous sommes appelés à accomplir une juste alliance dans notre vie courte, et pour cette raison si belle, une vie de prière à Dieu et d'amour pour les gens.

Alors, n'oublions pas les premières paroles du Christ adressées aux Apôtres et aux femmes myrrhophores juste après Sa résurrection d'entre les morts :

"Réjouissez-vous. Et je le redis : "Réjouissez-vous!"

Et c'est pourquoi l'acathiste nous fait penser aux paroles :

"Jésus, joie de mon cœur !"

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

jeudi 12 juillet 2018

Sur orttodossiatorino.net: Les sacrements catholiques sont-ils valides ?


La question sur la validité des sacrements catholiques ouvre un débat qui fait trembler de peur (1) beaucoup plus les théologiens que moi-même, auteur de ces lignes... Je peux comprendre que la réponse d'un simple pasteur orthodoxe peut ne pas être satisfaisante.

Le concept même de " validité " doit être défini de manière très précise et sans ambiguïté pour tout le monde, ce qui n'est pas toujours possible. 

Un jour, on m'a demandé si pour moi, un prêtre anglican est un vrai prêtre. J'ai été forcé de répondre que pour moi, un prêtre anglican est un vrai prêtre anglican! En d'autres termes, tant qu'il exerce son ministère dans la Communion anglicane, il ne devrait pas y avoir de problème avec sa "validité", mais s'il décide de passer le Rubicon (ou plutôt le Tibre, ou peut-être la Moscova...) alors il devrait s'adapter à la vision de l'Église dans laquelle il cherche refuge. Si ceci "valide" ses ordres, tant mieux, si ce n'est pas le cas (peut-être en disant au prêtre anglican que je ne peux pas accepter sa prêtrise parce que le prêtre en question est une femme!...), alors il devra accepter le jugement, ou se préparer à passer un autre fleuve.

En soi, je pense qu'il est inutile de se demander si un sacrement réalisé en dehors de la communion de l'Église est "valide" ou "authentique". Il sera tout au plus possible de parler de son "authentification" au moment où la communion est rétablie. Jusque-là, débattre de sa validité est une question dépourvue de pertinence (2) qui n'apporte aucun bienfait.

Il est plutôt inutile d'argumenter sur la "validité" d'un sacrement à partir d'un seul cas miraculeux, non seulement parce que cela ne tient pas compte du fait que le miracle pourrait se produire même sans appareil sacramentel, mais parce que tous les cas similaires devraient être authentifiés. 

Un exemple : nous voyons un cas de miracle eucharistique dans l'Église romaine (par exemple une hostie sanglante, mais il y a des dizaines de miracles similaires) et nous concluons que l'Eucharistie de l'Église romaine est "valide" : bien, mais nous devons aussi examiner les nombreux cas dans lesquels les miracles eucharistiques se produisent dans les "petites églises" séparées de Rome, et souvent avec des théologies plutôt aberrantes : toutes "valides" même dans ces parties ?

En fin de compte, j'ai l'impression que l'on parle de "validité" davantage pour se sentir plus sûr de soi. Je ne pense pas que cet attachement ait une vraie valeur, dans un contexte de foi.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après



(1) Allusion à l'expression utilisée par Dante dans son premier chant de l'Enfer pour indiquer une grande peur (Cf. Vedi la bestia per cu'io mi volsi;aiutami da lei, famoso saggio,ch'ella mi fa tremar le vene e i polsi.)
(2) L'expression italienne, plus savoureuse parle d'une question de laine caprine ( una questione di lana caprina)