"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

mercredi 10 août 2022

Staretz Sophrony et l'œcuménisme


Saint staretz Sophrony


Pardonnez-moi; Peut-être tout cela est-il superflu. À ce stade, je voudrais parler un peu du fait que, de nos jours, une partie importante du monde chrétien tend à accepter l'une des hérésies les plus dangereuses. Elle consiste, en ce que les gens disent que, de nos jours, il n'y a pas une seule Église qui ait gardé pleinement l'enseignement véritable du Christ; Ou qui possède une connaissance complète du mystère de la vie chrétienne sainte et pleine de grâce sur le plan éthique et ascétique. 

Beaucoup d'Églises, soit-disant, qui sont nominalement chrétiennes ont la même grâce et, à cause de cela, nous devons aller vers l'union des Églises sur la base d'un programme commun. L'une des questions les plus fréquentes que l'on rencontre est la question de savoir qui sera sauvé et qui ne sera pas sauvé. Ces gens pensent généralement que ce ne sont pas seulement les orthodoxes qui seront sauvés (selon l'enseignement orthodoxe), non seulement les catholiques (selon l'enseignement catholique), mais en général tous les gens vertueux qui croient au Christ. Ce point de vue est passé des protestants aux fidèles d'autres Églises. Il en est beaucoup parmi les orthodoxes qui partagent cette opinion.

Certaines personnes pensent qu'aucune des Églises existantes ne peut recevoir la plénitude de la connaissance et de la grâce, car chacun d'entre elle à un ou plusieurs degrés a dévié de la vérité. Elles pensent que seulement maintenant «à la fin des siècles» ils (ces sages) ont pleinement saisi l'esprit de l'enseignement du Christ et que tout le monde chrétien a été égaré depuis plusieurs siècles jusqu'à maintenant. 

Maintenant, il est temps de réunir toutes les parties séparées dans une Église universelle et apostolique qui aura la plénitude de la vérité sous tous ses aspects, même si cette union n'embrasse que ce qui est commun à toutes les Églises. Et ce qui est encore pire, certains pensent dans leurs cœurs à une certaine compréhension haute, supra-ecclésiale, mystique de la religion chrétienne, qui... Je n'en dirai plus à ce sujet.

J'ai fait une digression pour discuter de ceci pour une seule raison: vous dire que je vous demande (et je prie Dieu pour cela) de ne pas être trompé par tout cela, mais d'être convaincu fermement dans votre cœur et votre esprit que sur cette terre, il y a une Eglise unique et vraie que le Christ a fondée; Que cette Eglise conserve intacte l'enseignement du Christ, qu'elle possède dans sa totalité (et non dans ses membres individuels) la plénitude de la connaissance, de la Grâce et de l'infaillibilité. [Je veux que vous en soyez convaincu] que ce qui, pour plusieurs personnes, semble être incomplet dans son enseignement, n'est autre que le potentiel d'une élaboration savante de ses richesses inépuisables et infinies, mais cela ne contredit en rien ce que j'ai dit ci-dessus d'elle possédant la plénitude de la connaissance.

La forme définitive d'expression de l'enseignement de l'Église aux Conciles Œcuméniques ne peut être soumise à aucun changement. Tous les travaux universitaires futurs doivent obligatoirement concorder avec ce qui a été donné dans la révélation divine et dans l'enseignement des Conciles Œcuméniques de l'Église. 

Il en est de même de la Grâce: seule l'Église Une et unique peut avoir la plénitude de la Grâce. Toutes les autres Églises, cependant, ont de la grâce en raison de leur foi en Christ, mais pas dans sa plénitude. 

Nous pouvons, en outre, croire que, de nos jours, il y a encore des gens qui, par la grâce du Saint-Esprit, sont équivalents aux grands saints de l'Église d'autrefois. (Je le dis en rapport avec ce que j'ai entendu dire de plusieurs personnes en Russie.) [C'est] parce que Christ est le même hier, aujourd'hui et à jamais (Hébreux 13: 8). Tout cela est la vérité. Quiconque s'écarte de cette foi ne tiendra pas. 

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Classical Christianity

mardi 9 août 2022

Saint Kevin et le merle



On raconte une histoire à propos de saint Kevin de Glendalough. Debout en prière dans une position monastique traditionnelle celtique avec ses bras tendus en forme de croix, un merle est venu et a construit un nid et y a pondu ses œufs. 

Afin de ne pas perturber les œufs, saint Kevin est resté dans la position jusqu'à ce que les œufs éclosent. A un moment, un ange est venu vers Kevin et lui a ordonné d'arrêter la pénitence. Le saint a répondu: " Ce n'est pas grand chose pour moi de supporter cette douleur de tenir ma main sous le merle pour le bien du Roi de Ciel."

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

*



Ton 2
Tropaire à saint Kevin de Glendalough, 
higoumène en Irlande,
(Natalice en 618 A.D.)

Fils de la noblesse du Comté de Leinster,*
Tu fus éduqué par le moine saint Pétroc.*
Ordonné prêtre, tu partis vivre en ermite*
Dans une grotte où des disciples affluèrent.*
Lors, tu fus higoumène de ce monastère.*
Saint Kevin, prie le Christ d'avoir de nous mercy!

*

lundi 8 août 2022

Saint Côme d'Etolie: Le sacrifice pour le frère





"Si tu veux l'amour parfait, va vendre tous tes biens, donne-les en aumône, et va là où tu trouves un maître, et vends-toi comme esclave. Peux-tu faire cela et être parfait? Cela semble lourd… "

"Tu ne peux pas faire cela? Fais autre chose. Ne te vends pas comme esclave. Vends simplement tes biens. Donne-les tous en aumône. Peux-tu le faire? Cela semble encore lourd… "

"Allons plus loin. Tu ne peux pas donner tous tes biens. Donne la moitié. Donne le tiers."

"Donne un cinquième. Même cela, semble lourd. "

"Fais autre chose. Donne un dixième. Peux-tu le faire? Cela a toujours l'air lourd. "

"Fais autre chose. Ne fais pas la charité. Ne te vends pas comme esclave. Avançons un peu plus; ne prends pas le vêtement de ton frère, ne prends pas son pain. Ne le persécute pas, ne le mange pas avec ta langue [par la médisance]. Ne peux-tu pas faire cela non plus? "

"Allons encore plus loin: Tu as trouvé ton frère dans la boue et tu ne veux pas l'en faire sortir. D'accord, tu ne veux pas lui faire du bien. NE LUI FAIS PAS DE MAL. Laisse-le."

"Comment voulons-nous être sauvés, frères, si une chose paraît lourde et l'autre semble lourde aussi. Comment avancerons-nous? Nous n'avons pas de lieu même pour descendre. Dieu est miséricordieux. Oui, mais il est également juste. Et il a une verge de fer. *"

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
http://thehandmaid.wordpress.com/

Mon père vous a battus avec des verges, 
et moi je vous châtierai avec des verges de fer .
 [De Sacy, Bible, Rois, III, XII, 11]

dimanche 7 août 2022

Archevêque André de Novo-Diviyévo: La vie orthodoxe





L'Orthodoxie n'est pas seulement un rituel, ou une croyance, ou un modèle de comportement, ou toute autre chose qu'un homme peut posséder, pensant qu'il est de ce fait chrétien, et tout en étant encore spirituellement mort. 

Il s'agit plutôt d'une réalité élémentaire, ou d'un pouvoir, qui transforme un homme et lui donne la force de vivre dans les conditions les plus difficiles et les plus douloureuses, et qui le prépare à partir en paix dans la vie éternelle.

L'essence de la vraie vie orthodoxe est la piété, qui est, selon la définition de Saint Nectaire d'Optino, fondée sur l'étymologie du mot, "garder ce qui appartient à Dieu avec honneur". 

Cette doctrine est plus profonde que la simple doctrine juste, elle est l'entrée de Dieu dans tous les aspects de la vie.

Une telle attitude produit la manière orthodoxe de vivre qui n'est pas seulement faite de coutumes extérieures, ou d'un comportement qui caractérise les chrétiens orthodoxes, mais de l'ensemble de la lutte spirituelle consciente de l'homme pour qui l'Eglise et ses lois sont au centre de tout ce qu'il fait et pense.

L'expérience consciente partagée de ce mode de vie, centrée sur les offices divins journaliers, produit la véritable communauté orthodoxe, avec son sentiment de légèreté, de joie et de quiétude intérieure.

 Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

mardi 2 août 2022

St. Luc de Simféropol sur la façon de prier


Quand je parle de prière, on me répond souvent : « Je ne sais pas comment prier. Enseignez-moi à prier." Que dois-je répondre ?

Je réponds tout d'abord que la prière est la plus grande et la plus difficile de toutes les œuvres humaines. Nous savons qu'aucune tâche difficile n'est apprise facilement. Une longue étude est nécessaire dans toutes les matières, dans tous les arts. Si une longue étude est nécessaire dans les domaines de l'humanité, alors d'autant plus dans ce  domaine qui est le plus grand de tous. Étudiez, étudiez, étudiez sans fin - et cela vous sera donné.

Comment commencer à apprendre ?

Voici comment : il y a beaucoup de prières compilées et écrites par de grands saints de Dieu, de grands saints, de grands saints et des martyrs. ...N'inventez pas vos propres prières, priez avec celles que la Sainte Église vous enseigne. Mais en lisant ces prières, plongez dans chacune de leurs paroles, arrêtez-vous dans chaque détour, dans chaque distraction par rapport aux paroles de la prière. Si vous priez ainsi, alors les saintes prières des grands saints de Dieu sanctifieront vos âmes.

La prière de Jésus

Mais il y a une prière de plus - la prière de Jésus - elle est considérée comme la plus importante et la plus nécessaire pour tous les moines.

"Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur."

Cette prière fait vraiment des miracles, et elle est donc considérée comme extrêmement importante, sinon la plus importante de toutes. Apprenez cette prière, commencez par elle. Apprenez-la de cette façon : verrouillez la porte de votre chambre, tenez-vous debout si vous voulez ; asseyez-vous même sur une chaise si vous le voulez, agenouillez-vous si vous voulez.

Comment ?

La tête baissée, tout d'abord, regardez dans votre cœur, en méditant et en vous souvenant lequel de la grande multitude de péchés tourmente le plus votre cœur, qui est très répugnant pour Dieu.

...Debout, assis, à genoux, trouvez votre péché le plus grave, baissez la tête et suppliez le Seigneur Jésus, tout d'abord, pour le pardon de votre péché ... Priez la prière de Jésus, surtout avec le chapelet et dites : « Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi pécheur. » Et à ce moment, pensez à votre péché le plus grave. Répétez cette prière au moins cent fois, en concentrant toujours vos pensées sur votre péché le plus grave et le plus répugnant. En commençant par cela, habituez-vous à vous souvenir d'autres péchés.

Demandez pardon.

En priant la prière de Jésus, vous garderez tous les péchés dans votre esprit et demanderez pardon au Seigneur non seulement pour les plus difficiles, mais aussi pour tous vos péchés. Cette prière fera un miracle dans vos âmes. Vous aurez honte ; lorsque vous commencerez à confesser votre péché le plus grave devant Dieu, vous ressentirez un désir insistant d'être libéré, d'être libéré sans faute, de ce vil péché.

Chemin vers la liberté.

En priant comme cela jour après jour, vous serez de plus en plus libérés de votre péché principal et de tous vos autres péchés, et votre âme sera transformée. Vous commencerez vous-même à remarquer comment votre attitude envers votre prochain va changer : vous remarquerez vous-même que vous devenez de plus en plus doux, patient, paisible, humble. Vous traiterez les gens avec beaucoup de soin, vous vous assurerez de ne blesser ou d'offenser personne et quoi que ce soit. Et la prière de Jésus transformera votre cœur et produira ce miracle - le miracle invisible de la Grâce de Dieu dans votre cœur.

Voici ce que je voulais vous dire à propos de la prière.

Et si vous voulez purifier votre cœur, si vous voulez vous tenir sans crainte devant le Christ, le Juge redoutable, alors suivez ce que je vous conseille. Priez, priez la prière de Jésus et, surtout, repentez-vous, repentez-vous...

Repentez-vous !

La prière de repentance devrait être votre prière la plus importante et la plus constante. Mais à mesure qu'elle purifie votre cœur, vous apprendrez à prier non seulement pour vous-même, mais aussi pour ceux qui sont proches et lointains, pour toute la race humaine, et la prière la plus sainte et la plus agréable à Dieu pour ceux qui vous haïssent et vous offensent se manifestera.

Forme la plus élevée de la prière.

Plus tôt, je vous ai conseillé de ne pas imiter les sectaires en composant vos propres prières, mais maintenant je dirai qu'il y a une forme de prière plus élevée - la prière sans paroles, le cri de l'âme à Dieu, l'ouverture des Cieux et l'introduction de la communion la plus vivante avec Dieu.

Que le Seigneur nous garantisse tous d'acquérir une telle prière ! Mais cela ne viendra que lorsque nous deviendrons de vrais temples du Saint-Esprit. Amen.


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

ORTHODOX WAY OF LIFE


lundi 1 août 2022

ARCHIPRÈTRE MICHAEL GILLIS: La lâcheté dans la Vie Spirituelle

Lâcheté Dans La Vie Spirituelle


St. Isaac le Syrien dit qu'il y a plusieurs façons dont le Diable attaque une personne. Le but de ces attaques est de nous faire reculer de notre quête de piété. La transformation à l'image du Christ est une expérience synergique. Nous travaillons ensemble avec le Christ. D'un autre côté, c'est aussi toute la Grâce. Il n'y a pas d'amour, de joie, de paix ou de patience (ou aucun autre fruit de l'Esprit) sans que Dieu ne se donne d'abord à nous, car la Grâce n'est rien de moins que Dieu qui vient à nous.

Néanmoins, il y a une acceptation ou une coopération de notre part. Une partie de ce que signifie être un être humain et non un simple animal est que nous pouvons choisir de coopérer avec la Grâce de Dieu pour nous élever au-dessus de nos convoitises, peurs et impulsions purement animales (et parfois sous-animales). Cette élévation de nous-mêmes, ou mieux, notre coopération avec l'élévation de Dieu de nous, exige des efforts de notre part. Notre nature a été tordue, pervertie, par la chute générale de l'humanité et notre participation personnelle à cette chute. Le Christ, l'être humain parfait, est venu non seulement nous montrer à quoi ressemble un être humain sain, mais aussi nous fournir la puissance de l'Esprit Saint de nous repentir : pour commencer à redresser notre moi tordu.

St. Isaac nous conseille, quelle que soit notre part dans la vie, si nous voulons coopérer avec la Grâce de Dieu dans notre vie, nous devons accepter volontairement, sans crainte, des souffrances temporaires pour l'amour que la bonté que Dieu offre (Homélie 39). Par des souffrances temporaires, saint Isaac signifie les souffrances de cette vie, par opposition aux souffrances potentielles de l'âge à venir.

Il y a ici une ironie significative. La souffrance dans cette vie est inévitable. Tout le monde souffre - vous pouvez vous mentir à vous-même et parfois vous engourdir ou vous soigner de diverses manières pour obtenir un soulagement temporaire de la douleur, mais tout le monde souffre quand même. La peur de cette souffrance est l'une des armes les plus efficaces du Diable pour nous empêcher de poursuivre la repentance et une relation fidèle avec Dieu. Remarquez que ce n'est pas la souffrance que le Diable utilise - la souffrance est omniprésente dans ce monde brisé. C'est la peur de la souffrance qui est l'arme du Diable.

Saint Isaac énumère quatre circonstances dans lesquelles le Diable peut attaquer une personne avec la tentation.

  1. « Cela est permis par l'ordre du Ciel »
  2. « Il se pourrait que l'homme lui-même devienne laxiste et s'abandonne à des pensées honteuses et à la distraction »
  3. [La personne] « devient fière et vaniteuse »
  4. « Ou [la personne] accepte des pensées de doute et de lâcheté. »

Je suis intrigué par le mot « lâcheté ». Ce n'est pas un mot qui apparaît très souvent dans les discussions sur la vie spirituelle. Ce sont les lâches,  dit saint Isaac, qui sont poussés par le Diable comme par un ouragan. Les lâches sont ceux qui préfèrent renier Dieu plutôt que de renoncer à eux-mêmes, qui laissent la peur de la souffrance les empêcher de coopérer avec la Grâce de Dieu.

La souffrance est un mystère spirituel. Les athlètes savent depuis les temps anciens que l'acceptation disciplinée de la privation, de la souffrance et de la douleur est le prix que l'on paie pour rester en forme. Une fois qu'un athlète accepte cela, il ou elle ressent, simplement comme une question de routine - souvent une routine heureuse - un régime de vie discipliné ainsi que la douleur et l'épuisement d'exercices étendus, souvent ennuyeux et répétitifs. Si elle n'était pas librement choisie, la vie d'un athlète serait considérée comme pire que celle d'un prisonnier dans un camp de travaux forcés. La souffrance n'est pas le problème, c'est le choix qui est le problème. C'est l'un des mystères spirituels de la souffrance.

Un athlète choisit la souffrance temporelle pour une récompense temporelle. Le Christ nous appelle à Le suivre, à participer à Sa souffrance en « acceptant volontairement » (pour utiliser les paroles de saint Isaac) les diverses souffrances de cette vie temporelle que nous rencontrons dans notre quête de l'Amour de Dieu et du prochain. Il y a un verset dans le prophète Osée (7:14 LXX) qui dit : « Ils ne crient pas vers moi dans leur cœur, Mais ils se lamentent sur leur couche; Ils se sont mutilés pour avoir du blé et du moût, Et ils s’éloignent de moi.» L'automutilation, « se couper », était une forme courante de sacrifice aux dieux païens. Ce verset semble s'appliquer aujourd'hui à toutes les façons dont nous sommes prêts à souffrir pour obtenir un gain temporel : un meilleur emploi, une meilleure voiture, un meilleur corps physique, une meilleure éducation, une meilleure position sociale. En tant que culture, nous ne rechignons pas à nous « mutiler » d'une manière ou d'une autre pour un gain temporel ; mais quand il s'agit de gain spirituel, nous avons soudainement peur. Nous devenons lâches.

La souffrance volontaire n'est pas le but de la vie chrétienne. La ressemblance avec Christ est le but. Plus tôt dans la prophétie d'Osée, on nous dit que le sacrifice n'est pas ce que Dieu regarde dans son peuple : « Car je désire la miséricorde et non le sacrifice, et la connaissance de Dieu plus que des holocaustes entiers » (6, 6 LXX). Dieu veut que nous L'aimions de tout notre cœur et que nous aimions notre prochain comme nous-mêmes. C'est ainsi que nous coopérons avec la Grâce de Dieu et que nous faisons l'expérience de la puissance transformatrice de Dieu dans nos vies. Le Diable utilise la peur de la souffrance et de la privation pour nous empêcher de donner toute notre vie à Dieu. Cependant, nous pouvons, si nous le voulons, devenir des athlètes du Christ. Nous pouvons accepter volontairement l'ascèse (du mot grec signifiant « entraînement sportif ») que l'Église nous enseigne à suivre et nous pouvons accepter volontairement les diverses douleurs et déceptions que la vie nous réserve parce que, comme les athlètes, nous avons un but. Notre but est la ressemblance avec le Christ.

Notre récompense n'est pas dans cette vie, elle est dans la vie à venir. Mais même dans cette vie, nous commençons à faire l'expérience de la Vie future. Même maintenant, nous faisons l'expérience d'une partie de la joie, d'une partie de la paix, d'une partie de la consolation et du réconfort du siècle à venir. 

Notre chemin à travers ce monde est douloureux - rien ne peut être fait pour changer cela. C'est le chemin que l'humanité a choisi. Mais notre Dieu est généreux, nous aidant en cours de route et nous donnant un avant-goût du banquet éternel à venir. 

Seulement soyons courageux. Ne craignons pas ce qui doit être enduré de toute façon. Considérons plutôt avec espérance et anticipation joyeuse le prix : la guérison de nos vies brisées par la participation à la Vie même de Dieu.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

dimanche 31 juillet 2022

Jackie Morfesi: Les chrétiens tièdes et craintifs sont le terrain de jeu du Diable

 

Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n'es ni froid ni bouillant,

 je te vomirai de ma bouche. 

Apcalypse 3:16


Les ténèbres se réjouissent des chrétiens qui ont peur de faire rayonner leur lumière. En fait, un chrétien craintif est le terrain de jeu du Diable.

J'ai eu la chance d'avoir une mère, Lucia -que sa mémoire soit éternelle-, qui avait l'audace de me dire la vérité scripturaire. Elle savait exactement ce qu'il fallait dire pour planter une graine dans mon cœur qui prendrait racine et pousserait pour les années à venir. Je me souviens très bien qu'elle m'a regardée quand j'étais enfant debout dans notre cuisine du New Jersey et m'a dit que Dieu ne voulait pas des tièdes.

« Ainsi donc, parce que tu es tiède, et que tu n'es ni froid ni bouillant, je te vomirrai de ma bouche » (Apocalypse 3:16). Paroles puissantes que chacun de nous doit prendre à cœur. Mais qu'est-ce que cela signifie que d'être tiède ? Dans cette citation de l'Ecriture, il est question des chrétiens tièdes de l'Eglise de Laodicée, mais il s'agit d'une tragédie qui, à notre époque, peut affecter tous les chrétiens, en particulier.

En tant que familier de la Parole sainte de Dieu, j'entends souvent un passage  de l'Ecriture et cela m'en rappelle un autre. L'avertissement d'être tiède rappelle : « Car Dieu ne nous a pas donné l'esprit de crainte, mais de puissance, d'amour et d'esprit sain » (2 Timothée 1:7). La raison pour laquelle ce passage de l'Ecriture me vient à l'esprit est que la peur est à la racine même de la raison pour laquelle nous sommes tièdes.

Nous sommes tièdes parce que nous avons peur.
Peur de ce que les autres peuvent penser de nous.
- Peur des chuchotements derrière notre dos.
Peur que les regards indiquent une désapprobation.
Peur des hypothèses que les autres peuvent faire à notre sujet.
Peur de ce que nous pourrions perdre ou risquer en restant fidèles à notre foi.
Mais ce dont nous avons également peur, c'est de notre propre lumière. La Lumière même dont nous avons été dotés lors de notre baptême. La Lumière du Saint-Esprit qui est en nous.

Nous avons un million d'excuses pour lesquelles nous sommes tièdes. Nous disons que c'est révélateur de notre humilité. Révélateur de notre manque de fierté. De notre douceur. Mais en vérité, cela indique notre complicité. Manque de foi. Manque de courage et lâcheté. Cela indique que nous diminuons la puissance et l'amour de Dieu sur nos vies et que nous ne croyons pas en Ses promesses. Dieu n'a aucune limitation. Nous sommes ceux qui, par péché, imposons des limites à Dieu. Un jour, nous nous tiendrons tous devant le tribunal du redoutable Jugement de Dieu et le Christ n'aura pas de tiédeur alors qu'Il parlera hardiment en notre nom, pour informer notre Père de notre feu ou de notre absence de feu.

Je suis fatiguée des excuses. Il y a un million d'excuses. Pourquoi fermons-nous les yeux ? Pourquoi frémissons-nous pour parler. J'ai même entendu de la part de chrétiens bien intentionnés qu'ils n'ont pas l'intelligence ou les connaissances nécessaires pour parler de leur foi, ou pour témoigner. Imaginez être un Enfant de Dieu, un disciple du Christ, et ne pas sentir que nous avons le droit de témoigner de notre Dieu et de ce qu'Il a fait dans nos vies et de ce qu'Il peut faire dans la vie des autres.

Nous devons nous garder de nous contenter et de suivre une foi tiède. Les paroles et les murmures des ténèbres, ne viennent pas seulement nous attaquer personnellement, mais ils viennent à nous par la bouche des autres. Il arrive un moment où il est non seulement juste, mais saint de s'éloigner de quoi que ce soit et de quiconque a l'intention de dire mensonge et limitation de la puissance, de l'Amour et de la Miséricorde de Dieu. Il n'y a pas de honte à établir des limites pour les puissances défavorables, même pour les puissances défavorables qui nous parviennent par la vie et les paroles des autres. Ceux qui choisissent volontairement et consciemment de regarder la souffrance et de ne pas avoir de miséricorde. Qui constatent volontiers l'injustice et choisissent de se taire. Ceux qui choisissent de parler des limitations et non de l'abondance.

Nous devons être responsables de nos dons et de nos talents, en les utilisant avec vérité et compassion, sans calomnie ni méchanceté, sinon le jour viendra où ils nous seront enlevés. Cela inclut le don de la parole. Nous savons très bien que Dieu fera taire les langues des menteurs et des séducteurs. « Les lèvres fausses sont en horreur à l'Eternel, Mais ceux qui agissent avec vérité lui sont agréables.» (Proverbes 12:22).

Je suis courageuse. Dieu merci, je suis courageuse. Je crois que c'était mon devoir d'être courageuse et ma mère, dans sa sagesse maternelle, savait que ce serait ma vocation. Elle s'est assurée de planter la graine à l'intérieur de mon cœur afin que je me souvienne de ses paroles au moment où j'ai senti l'insécurité venir sur moi. Nous savons tous qui plante les graines de la peur et de l'insécurité dans nos cœurs et nos âmes, et ce n'est pas Dieu mais les impies.

Les ténèbres se réjouissent des chrétiens qui ont peur de faire rayonner leur lumière. En fait, un chrétien craintif est le terrain de jeu du Diable.


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

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samedi 30 juillet 2022

Père Seraphim [Rose] (1934-1982): Vivre à une époque où les faux enseignants sont nombreux


Jamais il n'y a eu une époque avec autant de faux enseignants que ce pitoyable XXe siècle, aussi riche en gadgets matériels et si pauvre en esprit et en âme.

Chaque opinion imaginable, même la plus absurde, même celle qui a été rejetée jusqu'à présent par le consentement universel de tous les peuples civilisés - a maintenant sa plate-forme et son propre « enseignant ».

Quelques-uns de ces enseignants viennent avec une démonstration ou une promesse de "pouvoir spirituel" et de faux miracles, comme certains occultistes et "charismatiques" ; mais la plupart des enseignants contemporains n'offrent rien de plus qu'une faible concoction d'idées non digérées qu'ils reçoivent "de nulle part", pour ainsi dire, ou d'un "sage" (ou d'une femme sage) moderne autoproclamé qui en sait plus que tous les anciens simplement en vivant dans nos temps modernes "éclairés".

En conséquence, la philosophie compte mille écoles, et le « christianisme » – mille sectes. Où se trouve la vérité dans tout cela, si elle se trouve réellement dans nos temps les plus malavisés ?

En un seul endroit se trouve la source du véritable enseignement, venant de Dieu Lui-même, non altéré au fil des siècles, mais toujours actuel, étant une seule et même chose chez tous ceux qui l'enseignent vraiment, conduisant ceux qui le suivent au salut éternel.

Cet endroit est l'Église orthodoxe, la source est la grâce du Très Saint-Esprit, et les véritables enseignants de la doctrine divine qui découle de cette source sont les Pères Saints de l'Église orthodoxe.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

vendredi 29 juillet 2022

Père Vladimir Dolgikh: Quand la prière l'emporte sur la raison : les prières salvifiques de sainte Monique

 

Saints Augustin et Monique par Ary Scheffer, 1854

Lorsque nous sommes en difficulté et que quelqu'un nous dit de prier, nous pouvons balayer son conseil d'un revers de la main. Mais cette réaction pourrait révéler notre incapacité à prier ou notre incrédulité quant à la puissance de la prière.

Il est dans la nature humaine d'exagérer la vérité de ses croyances. Parfois, le caractère d'une personne peut exacerber cette tendance et créer l'envie de montrer quelque chose aux autres, de les convaincre de changer leurs opinions et d'influencer leurs opinions. Lorsque la vérité et le mensonge se mélangent tellement qu'ils deviennent presque indiscernables, beaucoup seront prêts à entrer dans une dispute. Mais une dispute conduit rarement à la vérité, mais seulement à plus d'amertume et de colère.

Invariablement, chaque différend soulève la question : que devons-nous faire face aux injustices qui affligent notre monde ? Mais le conseil de prier est reçu avec scepticisme. Beaucoup le rejetteront en plaisantant: « Priez, jeûnez et écoutez la radio chrétienne, et cela résoudra tous vos problèmes. » Cependant, un appel à la prière est peut-être la recommandation la plus sage que l'on puisse recevoir dans sa situation difficile. Les personnes qui prient de bonne foi seront récompensées, et l'histoire du christianisme offre de nombreux exemples. Considérons l'un d'eux - la vie de sainte Monique, mère du bienheureux Augustin, commémorée par l'Église le 17 mai. C'était une femme fragile, et sa patience infinie a multiplié la puissance de sa prière à de nombreuses reprises.

Elle a élevé l'un des enseignants et des saints les plus éminents de l'Église connus bien au-delà du monde chrétien. Comment a-t-elle accompli cet immense exploit, même si elle n'a jamais pratiqué aucune des méthodes classiques d'éducation ?

Les biographies des saints brossent souvent un tableau familier : le futur saint grandit dans une famille pieuse, apprenant à vivre en tant que chrétien à partir de l'exemple de ses parents. La vie de sainte Monique était très différente. Sa situation était similaire à celle qui affecte la vie de nombreuses personnes de nos jours. Son mari païen allait avec d'autres femmes et ne jugeait pas cela honteux. Son fils, essentiellement hérétique, vivait en concubinage, comme nous le dirions aujourd'hui. En général, on qualifierait sa vie de stressante et extrêmement traumatisante.

Si vous avez lu les Confessions du bienheureux Augustin, vous avez peut-être remarqué la tendresse avec laquelle il écrit sur sa mère. La plupart des informations sur la vie de Monique proviennent de ce livre.

Sainte Monique ne voyait pas ses difficultés comme des souffrances insupportables. Elle se maria tôt, contre sa volonté, comme beaucoup de femmes de son temps. Néanmoins, elle aimait son mari Patrice. Comme le rappelle saint Augustin, Monique ne s'est jamais plainte mais elle priait pour son mari avec véhémence, patience et fidélité.

Ses prières portèrent leur fruit. Finalement, Patrice cessa ses outrages et se convertit au christianisme. Elle conquit son mari, mais elle avait encore besoin de ramener son fils à la raison.

Comment peut-on trouver des mots pour décrire l'angoisse d'une mère alors qu'elle voit son fils sur le chemin de la damnation éternelle ? Comme nous nous en souvenons, le bienheureux Augustin avait embrassé la doctrine du manichéisme. Pour apprécier la gravité de sa situation, permettez-moi de mentionner que le manichéisme n'était pas seulement une hérésie chrétienne, mais un enseignement gnostique basé sur une compréhension déformée du texte biblique. Les adeptes du manichéisme préconisaient une religion universelle, avec des principes prêchés publiquement et en privé. Sa flexibilité phénoménale lui  permit d'assimiler presque n'importe quel système religieux. Pas étonnant que de nombreux érudits aient qualifié le manichéisme d'hérésie mondiale.

Le bienheureux Augustin était le seul enfant de Monique, mais il était peut-être le plus expérimenté de tous. Jeune homme naturellement doué, il embrassa non seulement l'hérésie personnellement, mais il y attira aussi  beaucoup de ses amis. Que pourrait faire sa mère ? Servir les acathistes ou demander des prières d'intercession à l'Eglise ? Ni l'un ni l'autre n'était disponible à son époque. Elle pouvait aussi s'armer d'une batterie d'arguments pour convaincre son fils d'abandonner les faux enseignements. Cela aurait-il fonctionné ? Peut-être pas, surtout si l'on considère à quel point son fils s'était abîmé dans l'hérésie. Beaucoup de ceux qui ont été dans des situations similaires confirmeraient la futilité de se disputer avec quelqu'un qui était si égaré qu'il n'écouterait pas la voix de la raison.

Sainte Monique pria. Nous ne savons pas comment elle le fit, mais nous savons qu'il lui fallut dix longues années. Pendant toutes ces années, elle pria sans trace de désespoir ou de récriminations, ni réponse directe de Dieu. Elle priait avec patience et foi, espérant que le Seigneur l'entendrait et accomplirait un miracle. Le Seigneur entendit ses prières, et finalement, elle retrouva son fils.

Sainte Monica vécut 56 ans et vit son fils se convertir au Christ. Enfin, elle pouvait se tenir devant Dieu en paix. Les sceptiques pourraient dire qu'elle pria si fort et si longtemps pour ne sauver que deux personnes. Mais ce sont les personnes qui lui étaient les plus précieuses - son mari prodigue et son fils, schismatique. Ils trouvèrent le Christ, et son fils  devint l'un des enseignants chrétiens les plus remarquables du monde.

L'ampleur de l'accomplissement de sainte Monique est évidente. Mais rappelons-nous que la prière faisait naturellement partie de sa vie. Dans ce contexte, il convient de rappeler les paroles de saint Jean Chrysostome qui énonça ces conditions pour que le Seigneur entende nos supplications :

« Le Seigneur tiendra compte de nos prières, premièrement, si nous en sommes dignes ; deuxièmement, si nous suivons Ses commandements ; troisièmement, si nous prions sans cesse ; quatrièmement, si nous ne demandons rien de cette parole ; cinquièmement, si ce que nous demandons nous sera utile ; et sixièmement, si nous faisons ce que nous devons de notre côté.

Souvenons-nous donc de ces six conditions alors que nous commémorons sainte Monique pour nous protéger contre le désespoir, vivre nos vies et lutter pour le salut de nos proches avec patience. Puissions-nous tous avoir la sagesse de ne pas entrer dans des disputes infructueuses qui ne font que multiplier l'amertume et la colère.


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

THE CATALOGUE OF GOOD DEEDS

jeudi 28 juillet 2022

Père Gabriel Rochelle: LE CHEMIN SPIRITUEL DE SAINT SÉRAPHIM DE SAROV

St. Séraphim de Sarov pria sur un rocher pendant mille jours


Dans l'Église orthodoxe, des saints apparaissent. Aucun bureau central d'une institution ne vérifie, ne qualifie et ne certifie une personne comme sainte. En un mot, nous sommes tous saints. Le mot signifie simplement « mis à part » et c'est ainsi que les chrétiens se comprennent depuis les temps anciens : mis à part pour le service de Dieu dans le monde, mais pas de ce monde. "Celui qui aime vraiment Dieu se considère comme un vagabond et un nouveau venu sur terre, car en lui il y a un effort vers Dieu dans l'âme et dans l'esprit, qui contemple Dieu seul." Certaines personnes apparaissent comme des personnes remarquables dans l'église. Leur principale caractéristique est la recherche de vivre en présence de Dieu avec chaque fibre de leur être, et de reconnaître la présence de Dieu dans la création et l'humanité.

Un tel saint était Séraphim de Sarov, auteur de la citation ci-dessus. Seraphim est né Prohor Moshnin en 1759 à Koursk, en Russie, dans une famille marchande, et il a fait preuve d'une forte sensibilité spirituelle dès son enfance. Après s'être remis d'une maladie infantile, il entra au monastère de Sarov en 1778. En 1786, il fit les vœux définitifs pour devenir moine et reçut le nom de Seraphim, qui signifie "feu" ou "brûlure", en partie à cause de son zèle pour la prière. Après 1793, l'année où il fut ordonné prêtre de l'Eglise, il partit dans un ermitage forestier à huit kilomètres au nord du monastère, et il commença à voir les gens comme staretz (terme russe pour désigner un ancien, c'est-à-dire un père spirituel]. Les gens affluèrent vers lui au cours des dernières décennies de sa vie. Au début de cette période, il subit de graves passages à tabac aux mains de voleurs, 
ce qui le laissa bossu pour le reste de sa vie. Au procès de ces hommes, qui avaient été capturés, Seraphim leur offrit des paroles de pardon.

Les animaux de la forêt aimaient particulièrement Séraphim, et il les nourrissait alors même que la légende dit qu'ils le nourrissaient aussi. Parmi ses amis animaux se trouvait un ours souvent représenté avec lui sur l'une des icônes qui commémorent sa vie. Notre bénédiction animale annuelle à saint Antoine de la mission du désert ce samedi est en l'honneur de saint Séraphim.

Saint Seraphim dit à propos de la foi : "La foi, selon les enseignements de saint Antioche, est le début de notre union avec Dieu : les vrais croyants sont la pierre de l'Église de Dieu, préparée pour l'édifice de Dieu le Père, qui est élevé jusqu'aux sommets par la puissance de Jésus-Christ, c'est-à-dire par la Croix et l'aide de la grâce de l'Esprit Saint. "La foi sans les œuvres est morte" (Jacques 2:26). Les œuvres de la foi (fruits de l'Esprit) sont l'amour, la paix, la patience, la miséricorde, l'humilité et le port de sa croix. La vraie foi ne peut rester sans œuvres. Celui qui croit vraiment accomplira aussi sûrement de bonnes œuvres."

Au cœur de l'approche de la foi de Séraphim  se trouvait l'acquisition de l'Esprit Saint, qu'il appela le "vrai but de la vie chrétienne". Il consacra sa vie à cette acquisition par la prière et la discipline et il insista sur la même pratique pour ses visiteurs. Son dicton le plus mémorable est : "Acquéiers la paix, et des milliers de personnes autour de toi seront sauvées." La prière, la discipline ascétique et les actes de miséricorde y parviennent depuis longtemps. Seraphim a dit : "Seules les actes accomplis pour le Christ nous donnent les fruits du Saint-Esprit."

L'Église orthodoxe en Russie a reconnu Séraphin comme saint en 1903, la 70e année après sa mort. Les églises orthodoxes du monde entier ont célébré le centenaire de sa reconnaissance en tant que saint en 2003. Les gens continuent à venir prier sur la tombe de saint Seraphim et à faire l'expérience de sa présence dans leur vie de nombreuses façons pour obtenir des conseils et des guérisons.


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

ORTHOCHRISTIAN


Les reliques de l'archevêque Théophane de Poltava arrivent en Russie


Merci à Père C. qui m'a transmis le lien!

mardi 26 juillet 2022

LES RESTES DE L'ARCHEVÊQUE THÉOPHANE DE POLTAVA, CONFESSEUR DES MARTYRS ROYAUX, RETOURNENT EN RUSSIE POUR ÊTRE REINHUMES

Limeray, Région de la vallée de la Loire, France, 25 juillet 2022

azbyka.ruazbyka.ru     

Depuis son décès en 1940, les restes de Son Éminence l'archevêque Théophane de Poltava, connu sous le nom de Nouveau Reclus, reposaient dans le cimetière municipal de la petite bourgade de Limeray dans la région française de la vallée de la Loire.

Mais le jeudi 21 juillet, le processus de réinhumation de sa dépouille en Russie, sa patrie, où il fut jadis confesseur des martyrs impériaux, a commencé. Les restes du hiérarque furent exhumés ce matin-là, et Son Éminence l'archevêque Nestor de Madrid et de Lisbonne servit une panikhide, rapporte le diocèse de Korsun.

L'exhumation et l'office furent suivis par le maire local, les clercs et fidèles qui vinrent spécialement en France pour l'occasion.

Le même jour, les restes de l'archevêque furent envoyés à St. Pétersbourg, où ils seront inhumés au cimetière de Volkovo.

cerkov-ru.comcerkov-ru.com     ***

Le futur archevêque Théophane naquit dans une famille de prêtres dans le Gouvernorat de Saint-Pétersbourg en 1874.

Il étudia à l'école de théologie de la Laure St. Alexandre Nevsky, puis au Séminaire et à l'Académie théologique de Saint-Pétersbourg. Il fut tonsuré moine sous le nom de Théophane en 1898. Il fut ordonné hiérodiacre et hiéromoine plus tard la même année.

En 1901, Père Théophane fut élevé au rang d'archimandrite et nommé inspecteur d'Académie par intérim. Il obtint sa maîtrise en théologie en 1905. Il eut également l'occasion de rencontrer le tzar Nicolas cette année-là, après quoi il fut nommé père spirituel de la famille impériale.

En février 1909, il devint recteur de l'Académie de théologie de Saint-Pétersbourg, et plus tard ce mois-là, il fut consacré évêque à la Laure de l'église St. Alexandre Nevsky. L'année suivante, il fut nommé au diocèse de Tauride, bien qu'il ait été transféré au diocèse d'Astrakhan en 1912, où on se souvenait de lui pour son ascèse rare, sa simplicité et son accessibilité, et le mépris total de son bien-être matériel. Sa maison devint un refuge pour les pauvres, qui y recevaient toute l'aide nécessaire. Cependant, il y contracta la malaria et sa tuberculose préexistante s'aggrava.

En 1913, il fut transféré à Poltava, où il resta jusqu'après la terrible révolution de 1917. En 1918, il fut élevé au rang d'archevêque. En novembre 1920, avec d'autres évêques du Sud, il accepta le sort triste de l'exil.

Il se rendit à Constantinople, puis en Yougoslavie, en Bulgarie et enfin en France, où il se retira en réclusion, vivant la vie d'un ermite dans des grottes, où il pouvait se consacrer entièrement à la prière. Il reposa en Christ en 1940.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

ORTHOCHRISTIAN