"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

samedi 12 novembre 2016

Le chapelet



Il est très important d'utiliser un chapelet lorsque nous disons la Prière de Jésus, parce qu'elle aide nos esprits à se concentrer en utilisant notre sens du toucher, notre perception sensorielle la plus sensible. 

Même si 90% des informations transmises au cerveau humain sont visuelles, les stimuli tactiles ont la propriété de créer une impression plus profonde sur nous. Essayez de dire la prière de Jésus avec le chapelet et puis sans. Vous verrez que l'esprit est plus concentré lors de l'utilisation du chapelet.

Grâce à son nombre facilement divisible de noeuds (33,100,300 etc.), le chapelet nous aide à être constants, à surmonter notre nature déchue qui est habituellement victime des influences quotidiennes. De plus, chaque 25ème nœud du chapelet est d'une couleur et/ou d'une matière différente, ce qui est encore une aide supplémentaire pour accomplir un certain nombre de prières quotidiennes, en nous permettant d'arrêter et de (re)commencer notre prière facilement.

C'est pourquoi le chapelet nous aide beaucoup dans notre vie spirituelle. Bien sûr, nous pouvons utiliser d'autres moyens pour prier, mais les chapelets sont les outils traditionnels les plus recommandés pour cela.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Déforestation et Edition inutile...



Il y  a maintenant une édition française (Avec une couverture particulièrement laide!) du roman de théologie-fiction de l'ineffable John C.

Ce qu'avait écrit le site orthodoxe de Turin, à  propos de l'édition anglaise, me paraît toujours d'actualité. Il est regrettable que l'on sacrifie des forêts pour publier de telles inepties. Il y a quelques temps, il a été dévoilé que lorsque le patriarche Bartholomée allait déclarer la pseudo église de monsieur Denyssenko ("patriarche Philarète" pour la CIA) hérétique, un simple coup de téléphone de l'Ambassade américaine, l'en a définitivement dissuadé.  

Alors comme apôtre et visionnaire, on fait beaucoup mieux. Les pleureuses  habituelles de l'Orthodoxie, qui fulminent contre les orthodoxes traditionnels qui ne partagent pas leurs dérives cacodoxes, devraient plutôt manifester activement leur soutien à leur pauvre patriarche captif, et demander aux américains de confiner leur intervention délétère à des sujets qui les concernent vraiment!
C.L.-G.
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Article du blog orthodossiatorino:
Peut-être que la seule ligne non-controversée du titre du livre est celle qui dit "Bartholomée."

Si le désir était d'éveiller le scepticisme sur le rôle du patriarche œcuménique, nous pouvons dire que l'archidiacre John Chryssavgis, réussit admirablement, avec cet exemple d'hagiographie qui n'a même pas eu la décence d'attendre d'être publiée post-mortem.
 Source:

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Papolatrie stanbouliote

Le titre du livre est en effet très éloquent:
25 ans à guider l'Orient chrétien
BARTHOLOMEE
Apôtre et visionnaire
avec un avant propos du pape François.
L'archidiacre John, plus doué pour une sorte de science-fiction théologique de bas étage et pour un humour ecclésiastique très involontaire, que pour la tradition orthodoxe authentique et multiséculaire, ne semble pas savoir que le "patriarche" Bartholomée ne guide pas le moins du monde l'Orient Chrétien, car un patriarche orthodoxe n'est pas un pape, même si une petite camarilla de crypto-papistes stanbouliotes et parisiens, semble actuellement vouloir imposer cette vision aux médias particulièrement ignorants d'Occident. 
C.L.-G.

vendredi 11 novembre 2016

Les preuves de l'existence de Dieu

Higoumène Ephraim de Vatopaidi ( Mont Athos)
avec un reliquaire contenant la ceinture de la Mère de Dieu

Quelles sont les preuves de l'existence de Dieu?

Tout d'abord, pour celui qui est enfermé dans son propre raisonnement, il est impossible avec des moyens humains de lui prouver l'existence de Dieu, parce que Dieu n'impose Son existence à personne. Un tel homme ne peut être convaincu que par notre exemple personnel et notre prière.

Cependant, voici quelques preuves qui, selon les saints Pères, aideront une âme ouverte:

Le plus important est le sentiment pratique des énergies divines dans nos cœurs et dans notre vie. C'est la plus grande preuve: notre expérience personnelle.

En plus de cela, nous avons l'expérience des autres, de nos jours, et à travers l'histoire, des miracles, et de beaucoup d'autres expériences merveilleuses.

Une troisième preuve est l'harmonie de toute la Création. Nous pouvons voir qu'un être super-intelligent a créé, arrangé et adapté toutes ces choses dans une immense symphonie pour notre bonheur.

La preuve finale est notre logique: toutes les choses sont créées ou incréées. Les choses créées doivent être créées par Quelqu'un Qui est avant tout.

Les plus grandes preuves sont à l'intérieur de nos cœurs, c'est pourquoi nous vénérons avec beaucoup d'amour (en d'autres termes, avec notre cœur) les choses liées à Dieu et à Ses saints.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

jeudi 10 novembre 2016

Père Serge Model: Un pionnier du renouveau patristique dans la théologie orthodoxe : l’archevêque Basile [Krivochéine] (1900-1985)


Archevêque Basile [Krivochéine] (1900-1985)

Depuis l’époque des Lumières, la théologie orthodoxe a été fortement influencée par l’Occident – situation que le père Georges Florovsky qualifiait de « pseudomorphose » ou de « captivité babylonienne ». Il faudra attendre le 20e siècle pour constater un renouveau de la pensée orthodoxe. Différents courants ont participé de cette renaissance (dans laquelle l’Institut Saint-Serge à Paris a joué un rôle de premier plan) : l’idéalisme philosophique, qui trouvera son prolongement dans les doctrines sophiologiques, l’ecclésiologie eucharistique, ou encore ce qu’on appellera la « synthèse néopatristique », qui propose une redécouverte des Pères de l’Église, comprise à la fois comme un retour aux fondamentaux de leur pensée et comme une actualisation de celle-ci. Parmi les grandes figures de ce dernier mouvement, celle d’un de ses pionniers, l’archevêque orthodoxe russe Basile (Krivochéine), reste méconnue.
Né le 30 juillet 1900 à Saint-Pétersbourg dans une famille éminente de la Russie impériale, Vsévolod Krivochéine entama des études de philologie et d’histoire aux universités de sa ville natale puis de Moscou. La révolution d’octobre 1917 l’amena à s’engager dans l’Armée blanche, avec laquelle il fut évacué en 1920 vers la France, où il acheva une licence ès lettres à la Sorbonne et s’inscrivit en 1925 au cours préparatoire à l’Institut Saint-Serge qui venait d’ouvrir. En septembre 1925, cependant, il décida (avec son ami Serge Sakharoff – le futur archimandrite Sophrony) de devenir moine au Mont Athos.
Ayant prononcé ses vœux – sous le nom de Basile – au monastère russe de Saint-Panteleimon, il y demeurera vingt-deux ans, dans l’ascèse, la prière et le travail, notamment administratif (en tant que secrétaire du monastère). Mais il se consacra surtout à la théologie : dès 1936, il publiera une étude sur La doctrine ascétique et théologique de saint Grégoire Palamas, qui fera impression. S’efforçant de tirer le docteur de l’hésychasme de l’oubli dans lequel il était tombé et de répondre aux critiques modernes du « palamisme », Krivochéine y analyse particulièrement la pensée de saint Grégoire sur la relation entre Dieu et l’homme : la distinction palamite entre l’essence et les énergies divines doit être « comprise comme ayant un caractère ontologique, objectif », sans cependant introduire de complexité en Dieu, les énergies « n’étant pas des réalités hypostatiques en elles-mêmes » mais Dieu « dans son activité et sa révélation au monde », explique-t-il. Considérant la pensée de Palamas comme l’expression la plus aboutie de la spiritualité orthodoxe, Basile Krivochéine affirme qu’elle seule peut fonder théologiquement l’authenticité de l’expérience spirituelle, « puisque ce n’est qu’en partant de cette doctrine que l’on peut affirmer de façon cohérente la réalité de la communion entre Dieu et l’homme et de la déification, sans tomber dans une confusion panthéiste entre le Créateur et la créature ».
Après la Seconde guerre mondiale, le contexte de la guerre civile grecque forcera cependant des moines russes – dont Basile Krivochéine – à quitter le Mont Athos. Invité à participer au Patristic Greek Lexicon édité à Oxford par le professeur Lampe, l’ancien athonite s’installera dans cette ville, où il sera ordonné prêtre le 22 mai 1951 (malgré les difficultés, il avait choisi le patriarcat de Moscou par désir de communion avec l’Église-mère et de lien direct avec la Russie et son peuple).
Le père Basile publiera dans des revues européennes divers travaux sur la spiritualité, la mystique et la patristique byzantines (et, plus tard, sur des questions ecclésiologiques ou canoniques), participera aux Conférences internationales d’études patristiques d’Oxford et au dialogue théologique orthodoxe-anglican. Le fruit principal de son séjour en Grande-Bretagne sera cependant son édition critique des Catéchèses de saint Syméon le Nouveau Théologien, qui paraîtra en 1963-65 dans la prestigieuse collection patristique française « Sources chrétiennes ». Il parachèvera ses recherches en publiant, en 1980, une biographie fondamentale du saint : Dans la lumière du Christ. St Syméon le Nouveau Théologien (949-1022). Vie, doctrine, écrits. Mgr Basile s’y efforce surtout – dans une démarche que Mgr Kallistos (Ware) qualifiera de « kénose académique » – de « laisser Syméon parler de lui-même », afin de « faire connaître la pensée authentique » de ce grand mystique byzantin, pour lequel l’expérience personnelle de la vision de Dieu constitue un élément essentiel de la vie chrétienne.
Reconnu lui-même comme un théologien de haut niveau (en 1964, un doctorat « pour l’ensemble de son œuvre » lui sera attribué par l’Académie de théologie de sa ville natale), Basile Krivochéine est appelé à l’épiscopat dans l’Église russe. Sacré à Londres le 14 juin 1959, il sera d’abord évêque auxiliaire à Paris, puis archevêque diocésain à Bruxelles à partir de 1960.
L’archevêque Basile contribuera au développement de l’Église orthodoxe en Belgique et aux Pays-Bas, en bénissant la création des premières paroisses en langues locales, en participant aux Congrès inter-orthodoxes, et en présentant, à travers des conférences et des articles, divers aspects du christianisme orthodoxe à des publics variés. Engagé dans le dialogue œcuménique au niveau local ou international (notamment au COE), il représentera également son Église dans le processus préconciliaire panorthodoxe de l’époque (conférences de Rhodes 1961, 1963 et 1964 et de Chambésy-Genève 1968).
Érudit de renom, membre de sociétés savantes, rédacteur du Messager de l’Exarchat du patriarche russe en Europe occidentale, intervenant aux colloques œcuméniques du monastère de Chevetogne et aux Semaines d’Études liturgiques de l’Institut Saint-Serge, Mgr Basile était aussi engagé dans la défense des droits de l’homme et notamment des croyants persécutés dans son pays natal (comme Soljénitsyne en 1974 ou les prêtres Dimitri Doudko et Gleb Yakounine en 1980).
Le 22 septembre 1985, l’archevêque Basile Krivochéine sera rappelé à Dieu durant un voyage en Russie, et inhumé dans sa ville natale. Traduites en différentes langues, plusieurs fois rééditées, ses œuvres constituent, jusqu’à nos jours, une référence dans le domaine des études patristiques notamment.
La méthode théologique de Mgr Basile se caractérise par une analyse scientifique des textes, la publication de longues citations des auteurs étudiés, un commentaire tout en nuances et le refus de simplifier ou de « styliser » la pensée patristique en une somme systématique, de même que le rejet de ce qu’il appelait « la rhétorique et le triomphalisme orthodoxe ». Alors que la théologie orthodoxe se contentait souvent, jusque-là, d’une simple « glose » des Pères, l’archevêque Basile (dont, selon le père Antoine Lambrechts, « la véritable patrie ici sur terre était la foi des Pères ») a contribué à la création d’une patrologie orthodoxe digne de ce nom.
« Notre foi est exprimée, commentée et formulée dans les œuvres des saints Pères », affirme en effet Mgr Basile. « Certes, l’Église n’a jamais dogmatisé les œuvres des saints Pères, ni suivi leurs opinions théologiques particulières, ni limité à eux le développement de la pensée théologique. Néanmoins, les conciles œcuméniques débutaient leurs décisions dogmatiques par les mots : “Suivant les saints Pèresˮ. Par-là, ils exprimaient leur conviction que la fidélité à l’esprit des saints Pères est le signe distinctif essentiel de la théologie orthodoxe ».


Archiprêtre Serge Model

Cet article est écrit sur base du mémoire “Ατη πίστις τν Πατέρωνˮ. L’archevêque Basile (Krivochéine) en tant que pionnier du renouveau patristique dans la théologie orthodoxe, présenté en juin 2014 à l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge à Paris.


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Site intéressant sur l'archevêque Basile


SOLIDARITE KOSOVO


Le bâtiment technique de l’exploitation horticole vient d’être livré

L’extension du site horticole a éclos. En mai dernier, Solidarité Kosovo annonçait la construction d’un bâtiment technique en complément de l’exploitation horticole alors inaugurée. Situé nord du Kosovo sur les terres de l’Église, le domaine floral est composé de trois serres agricoles auxquelles s’ajoute désormais un bâtiment technique qui abrite l’appareillage agricole.

Ce site propose des fleurs à la vente dont les profits sont reversés au financement des emplois de la soupe populaire diocésaine. Cette activité d’autofinancement s’inscrit dans le plan d’autonomie alimentaire des enclaves chrétiennes du Kosovo développé par Solidarité Kosovo en partenariat avec la soupe diocésaine et l’Église.


L'outil à la main, les trois salariés de l'exploitation agricole posent aux côtés de Svetlana, Directrice de la Soupe diocésaine ainsi que du prêtre Bogomir.
Ils se trouvent à l'entrée du nouveau bâtiment orné de la plaque de Solidarité Kosovo. 

Des conditions d’exploitation efficientes 

Le projet touche à son aboutissement. Après cinq mois de travaux, le bâtiment technique vient d’être livré. Grâce à cet aménagement, les cultures bénéficieront d’un système de production horticole efficient alliant performances productives et facilités logistiques.

Parmi les fleurs qui sont déjà cultivées sur le site diocésain figurent notamment la rose, le freesia, le chrysanthème et le gerbera. La recette issue de leurs ventes permet de financer le salaire des trois agriculteurs employés par la soupe diocésaine et exclusivement dédiés au site horticole.

A l'intérieur, l'appareillage prend place progressivement

Les fleurs à la vente font recette pour la soupe diocésaine

Lors de l’inauguration de la bâtisse, Arnaud Gouillon, directeur de Solidarité Kosovo, a annoncé sa nouvelle ambition. « Le site horticole continuera à se développer. Au printemps prochain, il accueillera deux nouvelles serres afin d’augmenter ses capacités de production et par extension ses recettes. Grâce à cette dynamique, Solidarité Kosovo espère créer à terme de nouveaux emplois. »


Grâce au nouveau bâtiment technique, les conditions d'exploitation sont efficientes 

Solidarité Kosovo ne manquera pas de vous informer de l'élargissement du site horticole dès qu’il sera d’actualité.



Partout sur les terres cultivées, les remerciements fleurissent à l’endroit des généreux donateurs et Solidarité Kosovo à cœur à vous les transmettre. Merci pour cet espoir semé!





Photo archives Solidarité Kosovo - Svetlana et Arnaud Gouillon dans l'une des serres horticoles du site 

L'équipe de "Solidarité Kosovo"

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mercredi 9 novembre 2016

L'archimandrite Hippolyte de bienheureuse mémoire!


Staretz Hippolyte

D’octobre 1991 au 17 décembre 2002, l’archimandrite Hippolyte [Halin] avait la charge de supérieur du Monastère Saint-Nicolas de Ryla. On l’appelait le staretz du Mont Athos, et l’on venait de toute la Russie au monastère de la petite ville russe provinciale, pour obtenir des conseils spirituels auprès de lui. Il était le réconfort et l’aide de tous ceux qu'éprouvaient des afflictions et qui souffraient de maladies physiques et mentales graves. 

Père Hippolyte amena beaucoup de gens à la foi. Pour ceux qui étaient à la recherche de la vie spirituelle, il était un maître sage et patient. Ses enfants spirituels ont rejoint les rangs de la prêtrise et de la vie monastique, renaissance nécessaire après la folie de l'athéisme en Russie.

   L'higoumène du Monastère Saint Nicolas de Ryla, l’archimandrite Hippolyte [Halin] est né au cours de la sainte semaine de Pâques, le Mercredi Lumineux 18 Avril 1928 au village de Subbotino, dans la région de Koursk, dans une famille de simples paysans - Ivan Konstantinovich Halin et Evdokia Nikolayevna Halina. Ils eurent 8 enfants: 4 garçons et 4 filles. 

Serge, était le nom d’Hippolyte dans le monde, c’était le plus jeune. Tous ses frères furent tués au front, et sur lui, encore enfant, reposèrent les lourds fardeaux du dur travail rural. Depuis l'enfance, Serge était croyant, d'autant plus que dans la famille Halin il y avaient des prêtres et des moines, et son oncle, le prêtre Michel, servait dans l'église du village voisin. Les parents se rappelaient que lorsque Serge était encore jeune, il avait sous son lit une valise avec des livres au contenu spirituel, et il lisait et relisait constamment, surtout la Bible, mais, apparemment, extérieurement, rien ne trahissait sa foi en Dieu. 
Serge (futur Père Hippolyte) à l'armée

Père Hippolyte se rappelait plus tard: "Parfois, même dans l'armée, quand tous étaient au lit, caché sous la couverture, je lisais le "Notre Père…"  "En général, je me plaisais à regarder les prêtres malgré le fait que tout le monde autour de moi se moquait d'eux, et les jeunes gars chantaient des chansonnettes à propos du clergé. Je voulais intérieurement devenir prêtre." 

Malgré les temps difficiles, Serge put terminer 10 années de lycée, étudier à la faculté par correspondance, puis être diplômé de l’Ecole Normale. Après avoir servi trois ans dans l'armée, il a quelque temps travaillé dans le monde et en 1957, à l'âge de 29 ans, il partit à l’ermitage de Glinsk, comme novice. Ses parents n’y étaient pas opposés, ils l’ont en fait béni, en disant: "Fils, nous avons déjà vécu notre vie, choisis ton chemin comme tu le souhaites." Les frères de Père Hippolyte, morts au front, étaient célibataires, mais les pieux parents n'insistèrent pas pour que leur fils cadet ait une famille et qu’ainsi il perpétue leur nom. Père Hippolyte plaisantait ainsi ensuite: "Personne n’a voulu se marier avec moi, et alors j’ai dû aller au monastère."

  Au désert de  Glinsk,  Serge devint un enfant spirituel du célèbre staretz l’archimandrite mégaloschème Andronique (Loukach), dont on disait que le père était semblable par le caractère. Le staretz Andronique était surnommé "celui qui prend en charge les âmes humaines." A son propos, on écrivit que l'humilité et la douceur régnaient sans partage dans son âme, qu'il était obéissant et plein d'amour. Il semble que ce sont ces qualités de son staretz, prises comme exemple, que se prit à imiter le novice Serge. Ces qualités sont alors apparues en particulier pendant le ministère public du staretz Hippolyte. Dans le livre "L’ermitage de Glinsk et ses Startsy, " il y a  une courte histoire sur la façon dont Père Andronique, par sa prière, guérit de la pneumonie lobaire le novice Serge [Halin], futur staretz Hippolyte.

Le moine Hippolyte

   Dans cette communauté, Serge vécut dans la même cellule avec un jeune novice, Ivan Maslov, qui devint plus tard un staretz et théologien célèbre, l’archimandrite mégaloschème  Ivan [Maslov]. Ivan Maslov était très malade et très faible et son ami Serge Halin s’occupait de lui comme un infirmier, lui appliquait des compresses.

Serge resta à l’ermitage de  Glinsk une année incomplète. En Novembre 1957, il entra au monastère de la Dormition de Pskov-Petchersky (Petchory), où le métropolite  de Pskov Jean [Razumov] le tonsura d'abord comme moine, puis l’ordonna diacre, et en 1960 - à la prêtrise. Et là, le Seigneur ne laissa pas le père sans direction spirituelle. 

À Petchory, commença pour lui une communion spirituelle étroite avec trois grands startsy, le hiéromoine mégaloschème Syméon (Jelnine), glorifié parmi les saints en 2003, et les derniers startsy de Valaam, qui vivaient à Petchory: le hiéromoine mégaloschème Michel ]Pitkevitch] et le moine mégaloschème Nicolas [Monakhov]. 

Avec amour et gratitude plus tard, le Père s’est rappelé de ces startsy. Surtout à propos du père Michel, dont il a pendant un certain temps été l’assistant. "Regarde, Serge, ne sois pas un coq, mais une poule !" C’est ainsi que le staretz enseignait l'humilité à son assistant. 

D’après les propres paroles du Père Hippolyte, le staretz Michel et lui-même étaient spirituellement très proches et se confessaient l’un à l’autre. Et, de toute évidence, le staretz Hippolyte apprit beaucoup des ascètes de Petchory. "Toute ma vie, je me souviendrai de ce moine humble, calme, et paisible" – disait au sujet du père Hippolyte, le recteur de l’église Saint-Nicolas à Klenniki, dans le centre de Moscou, l’archiprêtre Alexandrе [Koulikov] récemment décédé. Père Alexandre, étant encore très jeune prêtre venait à Petchory, et se rendait à la cellule de Père Hippolyte.

Père Hippolyte à Petchory

En 1966, du monastère de Pskov-Petchersky, Père Hippolyte fut envoyé au Mont Athos au monastère russe de Saint-Panteleimon, où.  à cette époque la vie monastique perdait de sa vivacité, et il n’y restait qu’une dizaine de moines. Il fut parmi les cinq premiers moines d'Union Soviétique qui y furent envoyés après que le gouvernement soviétique athée ait permis à l'Eglise orthodoxe russe d’envoyer des moines au Mont Athos. 

L’archimandrite mégaloschème Elie, qui arriva à la Sainte Montagne dix ans après l'arrivée du père Hippolyte, a déclaré: "Ce sont les cinq moines qui ont sauvé la situation, parce qu’il restait peu de Russes, et le monastère pouvait être donné aux Grecs. " Mais d'abord, on réagit à leur présence avec suspicion, voire avec hostilité, [...]. "
Père Hippolyte au Mont Athos

  Mais ces cinq pères et ceux qui après eux vinrent d'URSS, de toute évidence, gagnèrent la confiance des moines de l’Athos par leur vie et leurs labeurs au monastère de Saint-Panteleimon. 

Père Hippolyte vécut 18 ans sur le mont Athos, exerçant l’obédience de trésorier et d’économe tout comme le saint staretz Silouane, dans la cellule duquel on suppose qu’il a vécu. Il était très difficile pour lui de s’occuper de l’intendance, car à l'époque soviétique, les autorités interdisaient d'aider le monastère. Et selon les souvenirs de l’archimandrite Abel [Makedonov], qui dirigea pendant quatre ans le monastère de Saint Panteleimon sur le Mont Athos, on apprend que parfois, assis avec le Père Hippolyte, ils étaient affligés et se demandaient comment nourrir le lendemain les moines, comment faire les réparations nécessaires, comment survivre. Mais par la grâce de Dieu, le monastère existait, on priait, les problèmes étaient résolus tranquillement. 

Hormis sa charge d’économe, le Père Hippolyte reçut la tâche d’être le représentant du monastère à la Sainte Communauté [Gouvernement athonite] du Mont Athos. Le moine Macaire, père spirituel actuel du monastère de Saint-Panteleimon sur le Mont Athos a dit qu'il avait rencontré des Grecs de la Sainte Communauté qui se souviennent encore de Père d'Hippolyte comme d’un moine très humble et très diligent. L’archimandrite mégaloschème Elie, se souvenant de la période athonite de sa vie, a parlé du père Hippolyte comme d’un frère affectueux en Christ, bienheureux, bon,  et d’une grande force de prière.


En 1984, le père fut très malade et il alla se faire soigner en Russie. Et, il y resta. Pendant un temps, il servit dans les églises rurales du diocèse de Koursk, avec puis la bénédiction de l'archevêque Juvénal [Tarasov], il dirigea les moines du monastère renaissant de Saint-Nicolas de Ryla. 

Sur les épaules du moine affaibli et déjà âgé, c’était un lourd fardeau avec la restauration et le relèvement de l'ancien monastère, la cohésion et l'éducation de la fraternité, l'organisation de l'activité économique, la nourriture de nombreux pèlerins. Père Hippolyte priait continuellement pour les frères qui lui étaient confiés, pour les pèlerins, et pour tous ceux qui avaient recours à son aide. Il créa sur la terre de Ryla plusieurs skites, où s’installèrent de petites communautés monastiques. La skite féminine de Bolchegneuchevo obtint finalement le statut de monastère dédié à la Mère de Dieu "de Kazan". Avec son aide, en Ossétie du Nord, s’ouvrit le monastère masculin alanien de la Sainte Dormition.

Staretz Hippolyte au milieu de ses moines.

L’ascèse de prière, les lourds travaux de restauration du monastère minèrent la santé de Père Hippolyte. Dans les dernières années de sa vie, il fut gravement malade,  le 17 décembre 2002, le Seigneur rappela à Lui Son fidèle guerrier et ouvrier dans le domaine spirituel.


Tombe de Père Hippolyte

Les funérailles eurent  lieu le jour de la fête de saint Nicolas, évêque de Myre en Lycie, saint auquel Père Hippolyte s'adressait constamment en prières. Il bénissait aussi ses enfants spirituels pour qu’ils prient le saint dans toutes les circonstances, les afflictions et les peines.

Beaucoup de gens vinrent vers le prêtre pour son dernier voyage terrestre. Il fut enterré près du sanctuaire de l’église restaurée de Saint Nicolas – église principale du monastère. Sur la tombe de Père Hippolyte, il y a une croix de bronze sur un piédestal de granit, une veilleuse y brûle perpétuellement, et on y dépose toujours des fleurs fraîches. Les orthodoxes n’oublient pas leur maître et Père aimant, et sur sa tombe prient constamment des pèlerins qui viennent de différentes villes de Russie, d'Ukraine, et de l'étranger proche et lointain.

Monument à la gloire du staretz Hippolyte
vraisemblablement inspiré de cette photo 
où l'on voit  le staretz nourrir un écureuil!




Sur le territoire du parc du palais "Marino" s’élève un monument consacré à l’archimandrite Hippolyte, œuvre de l’artiste du peuple de Russie, le sculpteur V.M. Klykov. Mais le monument principal au Père Hippolyte a été érigé par la gratitude et l’amour du peuple.


Version française Claude Lopez-Ginisty
D’après
(Remerciements à Bernard Le Caro qui a vérifié la traduction)
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ANNEXES:
Sur le monastère de Pétchory
Voir ICI
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Sur le palais Marino,
Voir ICI
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Père Hippolyte à Pâques

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Icône du staretz Hippolyte:


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mardi 8 novembre 2016

La Longue Histoire de la Russophobie


Changera-t-il jamais?

L'ancien rédacteur en chef de la Tribune de Genève, [Guy Mettan-RI] est allé en visite à Moscou et a présenté son nouveau livre La Russie et l’Occident : Un millier d'années de guerre, qui passe en revue le phénomène de la russophobie : ses racines, l’évolution historique et ses incarnations modernes. Izvestia a eu l'occasion de l’interviewer.

Qu'est-ce qui vous a poussé à écrire sur ce sujet ?

Il y a deux raisons pour lesquelles j’ai commencé ce travail. La première est une raison personnelle, familiale. En 1994, ma femme et moi avons adopté une fillette russe, qui a maintenant 25 ans. Son nom est Oksana, et elle est de la région de Vladimir. Après son adoption, je me suis intéressé à apprendre autant de choses que possible sur la Russie, et à me familiariser avec ce grand pays. Dans les années 1990, on pouvait obtenir la citoyenneté russe après l’adoption d’un enfant russe. Alors nous l'avons fait: mon épouse et moi sommes citoyens de Russie et de Suisse, et la Russie est devenue une partie de la vie et de l’histoire de notre famille. Je suis un citoyen de Russie, mais je paie des impôts en Suisse.

La deuxième raison pour laquelle j’ai commencé ce travail est professionnelle. Mes voyages en Russie m’ont donné l’occasion d’apprendre ce qu’était ce pays. J’ai compris quelle différence il y avait entre la Russie présentée dans les médias occidentaux et celle que j’ai vue moi-même. Je ne pouvais supporter cette situation et j'ai décidé d’enquêter sur les raisons de cette situation.

Ce qui m’a fait réellement démarrer ce projet, ce sont les événements en Ukraine en 2014. J’ai vu la presse occidentale soutenir systématiquement un seul côté, n'exprimer qu’un seul point de vue -celui du gouvernement qui a usurpé le pouvoir à Kiev. Et j’ai décidé de comprendre pourquoi cela s’est passé.

Il est important de comprendre que je n’essayais pas de répondre à la question de savoir qui était à blâmer pour les événements en Ukraine. Je m'intéressais à savoir pourquoi les médias occidentaux présentaient cette histoire à leur façon. Qu'est-ce qui était à l’origine d’une telle relation négative accrue envers la Russie ?

Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur l’idée maîtresse de votre livre ?

J’ai regardé l’histoire, et j'ai conclu que toute cette russophobie a commencé quand Charlemagne a créé l’Empire d’Occident, il y a 1 200 ans, jetant les bases pour la grande scission religieuse de 1054. Charlemagne créa son empire en opposition à la situation existante, lorsque le centre du monde civilisé était Byzance.

La chose la plus choquante que j’ai réalisée, c'est que tout ce qui nous a été enseigné à l’école était erroné. On nous a affirmé que les dissidents appartenaient à l’Eglise d’Orient, qui s'est séparée de Rome. Maintenant, je sais que ce qui est arrivé, était tout le contraire : ce fut l’église catholique d’Occident qui entra en dissidence avec l’Eglise universelle, tandis que l’Eglise d’Orient est restée et est toujours orthodoxe.

Afin d'en faire porter la responsabilité à d'autres qu’eux-mêmes, les théologiens occidentaux de l’époque ont lancé une campagne pour justifier de mettre ce blâme sur l’Eglise d’Orient. Ils ont utilisé des arguments qui reviennent encore et encore dans le cadre de l’affrontement entre l’Occident et la Russie. À l’époque, au moyen-âge, ils commencèrent à se référer au monde grec, c'est-à-dire à Byzance, comme à un "territoire de tyrannie et de barbarie" pour nier leur responsabilité pour le schisme.

Après la chute de Constantinople, Byzance vit sa fin, et la Russie prit la place de Byzance comme Troisième Rome, et toutes ces superstitions, tous ces mensonges au sujet de la désacralisation du monde hellénique, furent automatiquement transférés à la Russie.

Il est étrange de voir les notes des voyageurs occidentaux, à travers la Russie, à partir du XIVe siècle : ils décrivent tous la Russie dans les mêmes termes qu’ils avaient utilisés pour décrire Byzance. Ces affabulations, cette critique ont considérablement augmenté après les réformes de Pierre le Grand et de Catherine la Grande, lorsque la Russie est devenue puissante sur la scène politique européenne. Et à la fin du XVIIIe siècle, c'était devenu la russophobie.

Né en France sous Louis XV, elle a été utilisée pendant un certain temps par Napoléon pour justifier l’animosité envers la Russie, qui empêchait la politique expansionniste de la France. Le "Testament de Pierre le Grand" a été utilisé par Napoléon comme justification pour sa campagne de Russie.

Nous pouvons comparer cela avec les temps modernes, quand pour atteindre leurs objectifs, les américains inventèrent le mensonge selon lequel Saddam Hussein avait des armes de destruction massive. La russophobie existait en France comme idéologie politique jusqu’au XIXe siècle, quand, après avoir perdu la guerre franco-prussienne, le France s’est rendu compte que son principal ennemi n’était plus la Russie, mais l'Allemagne, devenant alors l’alliée de la Russie.

Pour ce qui est de l’Angleterre, la russophobie y apparut vers 1815, lorsque la Grande-Bretagne, en alliance avec la Russie, a battu Napoléon. Une fois que l’ennemi commun fut battu, l'Angleterre inversa la tendance, et fit de la Russie son ennemie, alimentant la russophobie. Depuis les années 1820, Londres utilisa une idéologie antirusse pour masquer ses politiques expansionnistes, tant dans la région méditerranéenne que dans d’autres régions – l'Egypte, l’Inde et la Chine. 

En Allemagne, la situation ne changea pas jusqu'à la fin du XIXe siècle, lorsque l’Empire allemand fut créé. Celui-ci n’avait pas de colonies, et il n’y avait aucun endroit pour en obtenir, puisque l’Angleterre, la France, l'Espagne et le Portugal avaient eu une longueur d’avance. Toutes les colonies ayant été attribués sans la Russie, un mouvement politique apparut en Allemagne, qui recherchait "l'expansion vers l’Est", c'est-à-dire, l’Ukraine et la Russie moderne. Cette tentative échoua au cours de la première guerre mondiale, et plus tard, Hitler utilisa la même idéologie.

Ce n’est certes pas par hasard que les historiens allemands furent à l’origine de ce que l'on appelle le "révisionnisme", la tendance à sous-estimer la contribution de l’URSS à la victoire sur le Troisième Reich, surestimant la contribution des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne.

Le troisième type de russophobie est américain, et il a commencé en 1945. Dès qu’ils battirent l’Allemagne grâce à des efforts communs avec l’URSS, au détriment de millions de vies soviétiques, la même histoire, née après la victoire sur Napoléon en 1815 fut diffusée. Le cours fut inversé et l'allié d’hier devint l'ennemi majeur. C’est ainsi que la guerre froide a commencé.

Les américains utilisèrent les mêmes arguments que les anglais en 1815, affirmant qu’ils "luttaient contre le communisme, la tyrannie, l’expansionnisme", leurs arguments étant à peine différents, à l’exception de la soi-disant lutte contre le communisme. Cela s’avérait être un "gimmick", parce que lorsque l’Union soviétique s’effondra, cela ne mit pas fin à la confrontation entre l’Occident et la Russie.

L’histoire du XIXe siècle se répète : les Etats-Unis continuent de parler d’une "menace" émanant prétendument de Russie, afin d’atteindre leurs propres objectifs, de promouvoir leurs propres intérêts, et de poursuivre leur propre expansion. Aujourd'hui, ils diabolisent la Russie afin de placer des missiles de l’OTAN en Pologne, en utilisant les mêmes paroles et les mêmes arguments que Napoléon utilisa il y a 200 ans.

Un jour à une conférence internationale au milieu des années 1990, j’ai parlé à un journaliste du Danemark. Il m’a dit pourquoi l’Europe avait tellement peur de la Russie : "Voyez comme la Russie est grande et combien le Danemark est petit. Nous avons toujours peur de vous. Nous avons toujours peur de votre agressivité."

Si vous regardez la carte, vous verrez que le territoire de la Russie domine toute l’Europe. Alors quand les européens regardent la carte, ils se sentent anxieux et inquiets, parce que "ce grand pays ne peut pas être autre chose qu’une menace." En outre, les cartes européennes représentent délibérément la Russie comme étant encore plus grande qu'elle ne l'est réellement, augmentant la russophobie. Son immense taille est grande pour les caricaturistes européens, qui dessinent traditionnellement la Russie comme un énorme ours debout devant une Europe minuscule.

Récemment, j'ai lu la déclaration suivante d'un auteur français: "L'Europe est une péninsule en Eurasie." Que diriez-vous à cela?

Aujourd'hui, l'Europe est frustrée. En tant que puissance coloniale, elle a dominé le monde pendant deux siècles et demi. Aujourd'hui, la situation est totalement différente et l'Europe est mal à l'aise. Elle est utilisée pour jouer un rôle différent. C'est pourquoi elle est anxieuse. D'une part, l'ego européen se trouve dans cette situation inconfortable; D'autre part, l'Union européenne a atteint les limites de son développement et a des problèmes internes. C'est pourquoi il est facile de blâmer la Russie pour tout.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
RUSSIA INSIDER
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Pour les lecteurs italophones, le site ortodossiatorino
a publié une version en italien de ce texte
ICI

Restera-t-il encore des idiots utiles pour le "dialogue" dans la vérité, après ces déclarations catholiques romaines éhontées?

Comment peut-on comparer
 l'ordure satanique Stépinac de sinistre mémoire
qui a déclaré: "Hitler est un envoyé de Dieu."
("Mgr" Stepinac [béatifié par JP II]), 
in 
"La Sentinelle croate" du 1er janvier 1942), 
ami du "poglavnik" [führer] oustachio-nazi croate
Ante Pavelitch,
et qui couvrit le génocide 
des Orthodoxes, des Juifs et des Tziganes

et 

Saint Nicolas [Vélimirovitch] 
qui fut déporté par les nazis 
à Dachau ?!

Nous conseillons au triste sire Stanislav Hočevar, la lecture 
du livre de Marco Aurelio Rivelli
sur Stepinac, 
"L'archevêque du Génocide"

C.L.-G.

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Communiqué du Saint-Synode des évêques de l’Église orthodoxe serbe au sujet des déclarations de l’archevêque catholique-romain de Belgrade Stanislav Hočevar 

« Partageant avec le peuple orthodoxe serbe entier, comme avec les autres orthodoxes, et aussi de nombreux chrétiens non orthodoxes à travers le monde, la vénération dans la prière envers la personnalité du saint évêque de Žiča et d’Ohrid Nicolas Velimirović, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe serbe ressent le devoir d’exprimer publiquement son indignation à l’occasion des déclarations inappropriées et malveillantes de l’archevêque [catholique-romain, ndt] de Belgrade Mgr Stanislav Hočevar, données au journal belgradois « Politika » le 28 octobre de cette année, par lesquelles, celui-ci a pris la liberté, selon des critères connus de lui, de mettre en question la sainteté du Nouveau Chrysostome [i.e. saint Nicolas Velimirović, ndt], allant jusqu’à le comparer avec le cardinal Stepinac ou le proclamer encore l’équivalent serbe de celui-ci. À la différence de l’archevêque de Cantorbéry Justin Welby, qui avec le patriarche de Serbie Irénée, en la cathédrale Saint-Paul de Londres a marqué récemment, de façon solennelle, le centième anniversaire du discours historique de Nicolas [i.e. le discours de St Nicolas Velimirović dans cette cathédrale, ndt], l’archevêque catholique-romain de Belgrade n’est pas obligé de connaître l’œuvre pastorale et spirituelle du saint hiérarque à Ohrid, Bitolj et Žiča, ni son activité multilatérale inter-ecclésiale. Il n’a surtout pas besoin de s’intéresser à ses œuvres théologiques et littéraires, dont la « Centurie sur la charité » et son expérience de l’ennemi comme « d’un ami brutal», à la différence de Stepinac qui a écrit que « l’Orthodoxie byzantine » constitue « la malédiction de l’Europe », et que les Croates et les Serbes, par voie de conséquence, sont deux mondes incompatibles. Il n’est pas obligé de savoir non plus que, à la différence de Stepinac, saint Nicolas a été interné durant toute la Seconde guerre mondiale à Ljubostinja, Vojvolica et finalement au camp tristement célèbre de Dachau. Nous ne lui contestons pas le droit de mettre en question le sens de la décision du chef de sa propre Église, le pape François, de former une Commission mixte constituée de membres de la Conférence des évêques de Croatie et de l’Église orthodoxe serbe, qui doit examiner de façon responsable et conforme à la vérité le rôle d’Aloïs Stepinac avant, pendant et après la Seconde guerre mondiale. Le Saint-Synode des évêques lui conteste cependant le droit d’utiliser son engagement en faveur de la visite du pape François en Serbie comme petite monnaie d’échange pour envenimer – inconsciemment et peut-être consciemment – les relations de l’Église orthodoxe serbe avec le Saint-Siège. Cet empressement, nous en sommes sûrs, ne sera pas couronné de succès.
Pour le président du Saint-Synode des évêques, l’évêque de Bačka Irénée, membre du Saint-Synode et porte-parole de l’Église orthodoxe serbe ».
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