"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire
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mardi 13 février 2018

Marina Tchijova: "Le Gentil staretz" L'archimandrite Hippolyte (Khalin) (8)


Père Hippolyte de bienheureuse mémoire

Tombe du staretz Hippolyte
et la croix qui exsuda du myrrhon

Monument dédié au staretz Hippolyte


Bienheureuse dormition du staretz

Quand Batouchka eut un accident vasculaire cérébral à la fin de 2002, ce fut une surprise pour tout le monde, mais personne ne pensait qu'il allait mourir. Père Hippolyte fut dans un état inconscient pendant plusieurs semaines. Étonnamment, lors de la Communion, son réflexe de déglutition apparut pendant un certain temps, puis disparut à nouveau. 

Le staretz partit vers le Seigneur le 17 décembre, et fut enterré le 19, jour de St Nicholas le thaumaturge, qu’il aimait beaucoup. Le père spirituel du monastère fut enterré à l'autel de l'église Saint-Nicolas qu'il avait reconstruite. 

Après le repos en Christ de Batouchka, un miracle fut enregistré: de la croix sur sa tombe commença à couler du myrrhon. Cela arriva le neuvième jour. Beaucoup confirmèrent que la veille, et le jour même de sa mort, ils virent des phénomènes naturels inhabituels. Mais même sans cela, il était évident pour tous que la terre russe avait trouvé dans la personne de l'archimandrite Hippolyte (Khalin) un autre intercesseur au Ciel.





Saint Staretz Hippolyte, prie Dieu pour nous!


Version française Claude Lopez-Ginisty
d’après

lundi 12 février 2018

Marina Tchijova: "Le Gentil staretz" L'archimandrite Hippolyte (Khalin) (7)


Monastère de la Dormition de Beslan



Mais l'archimandrite Hippolyte aidait généralement d'une autre manière. Il bénissait ceux qui venaient chercher de l'aide pour vivre un moment au monastère, y accomplir des obédiences et prier. Et les gens restaient: certains pour une semaine, certains pour quelques mois, d'autres pour le reste de leur vie. Ils étaient sauvés par la prière et l'obéissance. Il y avait des molebens pour les malades presque tous les jours au monastère, où même les démoniaques étaient guéris, ainsi que les alcooliques, les drogués et d’autres encore. Cependant, le staretz bénissait tout le monde pour y être présent, parce qu'il croyait que "tout le monde [était] spirituellement malade aujourd'hui." Pour ces guérisons, l'Ennemi de l'humanité se vengeait lourdement sur le staretz: Son visage était couvert de cloques géantes, dont il n’était délivré que par une prière nocturne prolongée.

L'ascétisme intérieur de Père Hippolyte était caché pour nous, mais les fruits en étaient évidents pour tous. Batouchka aimait souvent répéter les paroles de l'Evangile, le Royaume des Cieux est forcé et ce sont les violents qui s’en emparent (Mt 11, 12). Ainsi disait-il, il faut d'abord se contraindre à la prière, et alors vous ne pourrez pas vivre sans elle, et vous vous dépêcherez d'obéir à votre règle de prière "comme à un rendez-vous". A la question de savoir comment il fallait prier, le staretz répondait : "Avec tendresse".

La qualité la plus importante de Batouchka était sa profonde humilité. Un jour, peu de temps avant sa mort, il mentionna à un pèlerin: «Depuis quarante ans, je me prosterne devant tout le monde.» Il n'a jamais réprimandé quiconque venait à lui - il ne pouvait le faire que de façon douce et indirecte, par une chanson ou par un poème. Il était inhabituel pour Batouchka de forcer qui que ce soit ou d'insister sur quoi que ce soit; au contraire, il persuadait toujours les gens, même quand il savait exactement quelle serait la meilleure façon de procéder. C'est peut-être pourquoi l'archimandrite Cyrille (Pavlov) a appelé le Père Hippolytus "le plus gentil Batouchka sur Terre."

"L'apôtre d'Alanya et du Caucase du Nord"

On ne sait pas pourquoi Batouchka avait une telle préoccupation particulière pour les résidents d'Ossétie. Ils l'ont même appelé lui-même «l'apôtre d'Alanya et du Caucase du Nord». Un homme a prétendu que la Théotokos elle-même l'avait chargé de prier pour cette terre. Il est évident que Batouchka, doté du don de clairvoyance, avait prévu les événements tragiques qui se produiraient dans le Caucase du Nord après sa mort. Il estimait que «le Caucase ne serait sauvé que par des monastères». Ce n'est pas un hasard si le monastère de la Dormition fondé par le staretz à Beslan est situé à 200 mètres de l'école où un acte terroriste célèbre a eu lieu en 2004. Un centre de réhabilitation pour les enfants affectés par cette tragédie a été construit plus tard dans le couvent d'Alanya. Batouchka lui-même a spécifié l'endroit pour la construction des monastères en Ossétie.

Il y a une histoire intéressante à propos de la future higoumène du monastère d'Alagir, Mère Nona (Bagaeva), et du Père Hippolyte. Père Hippolyte rencontra Natasha (ainsi était-elle était connue dans le monde) quand elle alla voir le staretz pour le travail. Elle était réalisatrice pour la télévision ossète, et elle devait tourner un spectacle sur une personnalité intéressante et connue. Comme beaucoup d'Ossètes allaient voir le staretz, Natacha décida de l'interroger, mais l'higoumène du monastère de Rylsk ne pouvait bien sûr pas donner d'interview. Cependant, dans leur conversation, il demanda à la jeune fille: «Savez-vous que vous êtes une moniale?» Cela rendit Natalia très fâchée, et elle se demanda comment on pouvait savoir une telle chose. "Les moniales ont une croix qui brille sur leurs fronts", répondit Batouchka. 

La jeune fille ne s'attendait absolument pas à entendre une telle «révélation» sur elle-même, mais elle fut encore plus surprise. Une femme entra en courant dans sa cellule, à la recherche de "Natacha la réalisatrice", et le staretz dit que l'higoumène d'Alanya elle-même était venue lui rendre visite, montrant "Natacha la réalisatrice". Elle ne savait même pas à ce moment-là ce qu’était une higoumène; mais un an plus tard, elle fut tonsurée au monastère Saint-Nicolas et elle dirige aujourd'hui le monastère de la Théophanie à Alanya.



Version française Claude Lopez-Ginisty
d’après



dimanche 11 février 2018

Marina Tchijova: "Le Gentil staretz" L'archimandrite Hippolyte (Khalin) (6)


Monastère de Rilsk

Mais l'archimandrite Hippolyte aidait généralement d'une autre manière. Il bénissait ceux qui venaient chercher de l'aide pour vivre un moment au monastère, y accomplir des obédiences et prier. Et les gens restaient: certains pour une semaine, certains pour quelques mois, d'autres pour le reste de leur vie. Ils étaient sauvés par la prière et l'obéissance. Il y avait des molebens pour les malades presque tous les jours au monastère, où même les démoniaques étaient guéris, ainsi que les alcooliques, les drogués et d’autres encore. Cependant, le staretz bénissait tout le monde pour y être présent, parce qu'il croyait que "tout le monde [était] spirituellement malade aujourd'hui." Pour ces guérisons, l'Ennemi de l'humanité se vengeait lourdement sur le staretz: Son visage était couvert de cloques géantes, dont il n’était délivré que par une prière nocturne prolongée.

L'ascétisme intérieur de Père Hippolyte était caché pour nous, mais les fruits en étaient évidents pour tous. Batouchka aimait souvent répéter les paroles de l'Evangile, le Royaume des Cieux est forcé et ce sont les violents qui s’en emparent (Mt 11, 12). Ainsi disait-il, il faut d'abord se contraindre à la prière, et alors vous ne pourrez pas vivre sans elle, et vous vous dépêcherez d'obéir à votre règle de prière "comme à un rendez-vous". A la question de savoir comment il fallait prier, le staretz répondait : "Avec tendresse".

La qualité la plus importante de Batouchka était sa profonde humilité. Un jour, peu de temps avant sa mort, il mentionna à un pèlerin: «Depuis quarante ans, je me prosterne devant tout le monde.» Il n'a jamais réprimandé quiconque venait à lui - il ne pouvait le faire que de façon douce et indirecte, par une chanson ou par un poème. Il était inhabituel pour Batouchka de forcer qui que ce soit ou d'insister sur quoi que ce soit; au contraire, il persuadait toujours les gens, même quand il savait exactement quelle serait la meilleure façon de procéder. C'est peut-être pourquoi l'archimandrite Cyrille (Pavlov) a appelé le Père Hippolytus "le plus gentil Batouchka sur Terre."


Version française Claude Lopez-Ginisty
d’après
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samedi 10 février 2018

Marina Tchijova: "Le Gentil staretz" L'archimandrite Hippolyte (Khalin) (5)



Monastère de Rilsk



Batouchka ne faisait jamais d'homélies; il n'était pas connu pour son éloquence. Généralement, il parlait très peu et tranquillement, souvent de façon inaudible, de sorte que vous ne pouviez pas toujours entendre ce qu'il disait au début - vous deviez lui demander de répéter. Il appelait tous les hommes «Père». «Eh bien, comment va votre salut, mon Père?» demandait habituellement le staretz au début d'une conversation. À la fin, il disait: «Prions», ou il conseillait de lire l'akathiste à saint Nicolas le thaumaturge, qu'il vénérait particulièrement.

Un jour, une femme dont le fils avait le sida, sur les conseils de ses amis, saisissant ce dernier espoir, décida de se tourner vers le Père Hippolyte pour avoir de l'aide. Ils avaient voyagé de loin. Le staretz signa le fils de la femme et dit: «Tu n'as pas de sida.» Tout le long du chemin, la femme pleura d'indignation: «Nous avons trouvé un saint, et il ne sait rien du tout; Nous sommes venus si loin en vain. »De retour à la maison, son fils fut examiné à nouveau, et ... ils ne lui trouvèrent aucune maladie.

Mais l'archimandrite Hippolyte aidait généralement d'une autre manière. Il bénissait ceux qui venaient chercher de l'aide pour vivre un moment au monastère, y accomplir des obédiences et prier. Et les gens restaient: certains pour une semaine, certains pour quelques mois, d'autres pour le reste de leur vie. Ils étaient sauvés par la prière et l'obéissance. Il y avait des molebens pour les malades presque tous les jours au monastère, où même les démoniaques étaient guéris, ainsi que les alcooliques, les drogués et d’autres encore. Cependant, le staretz bénissait tout le monde pour y être présent, parce qu'il croyait que "tout le monde [était] spirituellement malade aujourd'hui." Pour ces guérisons, l'Ennemi de l'humanité se vengeait lourdement sur le staretz: Son visage était couvert de cloques géantes, dont il n’était délivré que par une prière nocturne prolongée. 

L'ascétisme intérieur de Père Hippolyte était caché pour nous, mais les fruits en étaient évidents pour tous. Batouchka aimait souvent répéter les paroles de l'Evangile, le Royaume des Cieux est forcé et ce sont les violents qui s’en emparent (Mt 11, 12). Ainsi disait-il, il faut d'abord se contraindre à la prière, et alors vous ne pourrez pas vivre sans elle, et vous vous dépêcherez d'obéir à votre règle de prière "comme à un rendez-vous". A la question de savoir comment il fallait prier, le staretz répondait : "Avec tendresse".

Version française Claude Lopez-Ginisty
d’après

vendredi 9 février 2018

Marina Tchijova: "Le Gentil staretz" L'archimandrite Hippolyte (Khalin) (4)


Du Mont Athos, Batouchka retourna d'abord à Petchory. Il fut élevé au rang d'archimandrite et un peu plus tard d'higoumène. En 1986, il fut envoyé dans son diocèse de Koursk, où il devait, en tant que recteur, reconstruire plusieurs églises de village. Père Hippolyte fut envoyé en 1991en tant qu'higoumène au monastère de Rylsk-Saint Nicholas. Il passa ses onze dernières années dans ce monastère. Batouchka a dû restaurer le monastère et ressusciter la vie monastique presque à partir de zéro. L'une des plus anciennes églises de Russie se trouvait alors dans un état délabré.

Le Père ne réussit pas immédiatement à remettre le monastère en ordre. Au début, surtout dans la première année de son higouménat, l’archimandrite Hippolyte dut même entendre des plaintes de la hiérarchie parce que les travaux de restauration progressaient trop lentement. Bientôt, cependant, un grand nombre de personnes commencèrent à venir voir le staretz. Il réussit à donner au monastère une apparence bien soignée et l'état économique du monastère s'améliora considérablement. Fait intéressant, Batouchka lui-même ne participa jamais à la construction. Sa seule activité était la prière. Chaque jour, le père Hippolyte marchait seul [en priant] autour de l'église. Il y avait là les gens, les outils et les matériaux nécessaires à la construction.

Cependant, le staretz ne recherchait pas une décoration extérieure trop chère - il s'intéressait davantage à ce qu'il y avait à l'intérieur. Il appartenait au nombre de ces prêtres qui ne se préoccupaient pas tant de l'embellissement des églises que de l'embellissement des âmes humaines. C'est peut-être pourquoi tant de gens voulaient voir le staretz. Il avait tellement d'amour et de compassion qu'il pouvait recevoir n'importe qui dans son cœur - des hommes d'affaires aux alcooliques sans-abri. Sous le Père Hippolyte, le monastère était ouvert jour et nuit pour tous ceux qui étaient dans le besoin. Parfois, l'higoumène devait même s’entendre accuser d’avoir fait un lieu saint dans un «tripot». Il y avait là ceux qui avaient été condamnés, et les toxicomanes, tous rejetés par la société. Beaucoup d'entre eux abandonnèrent leurs vies antérieures, furent guéris et reçurent une grande aide spirituelle.

Le staretz possédait un don extraordinaire d'amour et de consolation. Il fut également distingué par son extraordinaire douceur et simplicité. Le barde orthodoxe Eugène Fokine se souvient de Batouchka: "Sa simplicité était telle qu'il ne pouvait en être autrement." Mais le staretz cachait avec zèle tous ses dons spirituels. Beaucoup étaient même perplexes, pourquoi un tel flot incessant de personnes venaient-elles voir le Père. Hippolyte ? Extérieurement, il ne faisait aucune impression particulièrement vive, et il était presque impossible de reconnaître un staretz pneumatophore en lui. Par conséquent, ceux qui allaient au monastère en attendant des miracles ou des prophéties furent déçus.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d’après
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jeudi 8 février 2018

Marina Tchijova: "Le Gentil staretz" L'archimandrite Hippolyte (Khalin) (3)


Père Hippolyte

De l'ermitage de Glinsk, où il ne passa qu'un an, Serge fut envoyé au monastère des grottes de Pskov. Là, il rencontra des startsy pneumatophores tels que le moine mégaloschème Syméon (Jelnine) et le moine mégaloschème Nicolas (Monakhov). Cependant, le plus proche spirituellement de lui était hiéromoine mégaloschème Michel (Pitkevitch), qui arriva de Valaam en 1957. Serge devint son assistant de cellule. Il fut très vite tonsuré, puis ordonné hiérodiacre et, en 1960, hiéromoine. Serge reçut son nom monastique en l'honneur du hiéromartyr Hippolyte de Rome. Il passa six ans à Pétechory, jusqu'en 1966, où il fut envoyé au Mont Athos.
Peu de choses ont été conservées sur la vie du père Hippolyte sur la Sainte Montagne. On sait qu'il y chanta sur les kliros  et travaillait dans les champs, et aujourd'hui sur le Mont Athos il y a des cèdres du Liban que le staretz a planté qui y poussent. Batouchka a également essayé d'élever des poulets, et ils l'aimaient beaucoup et marchaient derrière lui. 
Certains Grecs plaisantaient en appelant le Père Hippolyte "pieds nus", en raison de la similitude du mot grec à son nom. [Son nom en russe est “Ипполит” (Ippolit), et “pieds nus” en grec c’est “ξυπόλυτος” (“Ksipolitos”)]On sait qu'avant la canonisation de saint Silouane l'Athonite, Batouchka réussit à sauver les reliques de l'ascète, que certains moines, doutant de la sainteté du vénérable moine, voulaient cacher dans un lieu inaccessible. Il est remarquable que le père Hippolyte vêcut dans la même cellule où le saint vivait et priait. Aussi, comme saint Silouane l'Athonite, il a longtemps assuré l'obédience d'intendant du monastère.
Père Hippolyte a représenté son monastère dans la communauté sacrée [Parlement Athonite] pendant quatre ans, ce qui témoigne de sa haute autorité parmi les frères. Il convient de noter que Batouchka connaissait bien le grec, communiquant librement dans cette langue.
Père Hippolyte avait le mal du pays. Il écrivait souvent à ses amis: «Chérissez le fait que vous vivez en Russie. Embrassez votre terre. »
Il passa dix-huit ans sur la Sainte Montagne.

Père Hippolyte au Mont Athos



Le staretz tomba gravement malade en 1984 et ne put rester sur le Mont Athos plus longtemps parce que le climat local n'était pas propice à son rétablissement. Ainsi, le hiéromoine Hippolyte se retrouva chez lui, en Russie.
Version française Claude Lopez-Ginisty
d’après

mercredi 7 février 2018

Marina Tchijova: "Le Gentil staretz" L'archimandrite Hippolyte (Khalin) (2)

Ermitage de Glinsk
*

Quand, à vingt-neuf ans, Serge se trouva aux portes de l'Ermitage de Glinsk, puis décida d'accepter le monachisme, ses parents ne s'y opposèrent pas. Plusieurs années plus tard, il plaisantait à propos de lui-même: "Personne ne voulait m'épouser, alors je devais aller dans un monastère".

Serge alla à l'ermitage, dans l'espoir d'obtenir une bénédiction pour poursuivre ses études au séminaire, mais il y resta en tant que novice. Les Pères dirent que le monastère serait un séminaire et une académie pour lui. Le célèbre staretz mégaloschème l’archimandrite Andronique (Loukach) devint le père spirituel du jeune novice. Beaucoup ont noté qu'ils étaient remarquablement similaires, même dans le tempérament et le comportement. On sait qu'à ce moment-là le staretz guérit le novice Serge Khalin d’une grave pneumonie, qui aurait pu aboutir à une issue fatale. Cela les rapprocha encore plus. Un  jour, dans sa simplicité, Serge demanda à son père spirituel qui deviendrait staretz après lui. "Toi !" répondit ce guide clairvoyant.
Quand, à vingt-neuf ans, Serge se trouva aux portes de l'Ermitage de Glinsk, puis décida d'accepter le monachisme, ses parents ne s'y opposèrent pas. Plusieurs années plus tard, il plaisantait à propos de lui-même: "Personne ne voulait m'épouser, alors je devais aller dans un monastère".
Archimandrite Andronique

Serge alla à l'ermitage, dans l'espoir d'obtenir une bénédiction pour poursuivre ses études au séminaire, mais il y resta en tant que novice. Les Pères dirent que le monastère serait un séminaire et une académie pour lui. Le célèbre staretz mégaloschème l’archimandrite Andronique (Loukach) devint le père spirituel du jeune novice. Beaucoup ont noté qu'ils étaient remarquablement similaires, même dans le tempérament et le comportement. On sait qu'à ce moment-là le staretz guérit le novice Serge Khalin d’une grave pneumonie, qui aurait pu aboutir à une issue fatale. Cela les rapprocha encore plus. Un  jour, dans sa simplicité, Serge demanda à son père spirituel qui deviendrait staretz après lui. "Toi !" répondit ce guide clairvoyant.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d’après

mardi 6 février 2018

Marina Tchijova: "Le Gentil staretz" L'archimandrite Hippolyte (Khalin) (1)

Archimandrite Hippolyte (Khalin)
Dans les années 1990, un flot incessant de gens venait en longues files de tous les coins de la Russie au monastère Rylsk-Saint Nicholas dans la province de Koursk, -ils venaient pour résoudre leurs questions les plus importantes, pour avoir de l'aide, et de la consolation. L'higoumène du monastère à cette époque était l'archimandrite Hippolyte (Khalin, † 2002) - un staretz russe d'une rare gentillesse qui était passé par l'école spirituelle du Mont Athos. L’archimandrite mégaloschème Macaire (Bolotov) a dit de lui un jour "Si la Russie avait une centaine de tels startsy, elle se déracinerait et monterait au ciel."
Le 17 décembre [2017 fut] est le quinzième anniversaire du repos en Christ du staretz Hippolyte.
*
Un staretz athonite russe
Au milieu du XXe siècle, l'existence du monachisme russe sur le Mont Athos était en grande question. Il y avait alors moins de dix moines au monastère de Saint Pantéléimon. La vie spirituelle y était ralentie, mais de toute évidence, elle s'estompait. Le monastère aurait déjà pu passer aux Grecs... Mais en 1966, il se passa quelque chose qui sauva littéralement le monastère russe et lui permit de renaître. Pour la première fois, l'Union soviétique autorisa la délégation de plusieurs moines au monastère, dont l'archimandrite Hippolyte (Khalin). En arrivant quelques années plus tard, l’archimandrite Iliy (Nozdrin) dit que c'était seulement grâce à ces moines que le monastère Athonite put être sauvé.



Serge Khalin, comme le futur archimandrite Hippolyte était connu dans le monde, était le huitième enfant de la famille paysanne d'Ivan et d'Evdokia Khalin. Il naquit dans le village de Subbotino dans la province de Koursk. Son anniversaire, le 18 avril 1928, tomba mercredi de la semaine lumineuse. Le garçon était le plus jeune enfant de la famille. Ses trois frères étaient morts sur le front, ainsi Serge a dû travailler dur déjà dans son enfance, pour aider ses parents. Cependant, cela ne l'empêcha pas de terminer ses études secondaires, puis d'étudier dans une fonderie et, un peu plus tard, de recevoir une éducation dans une école pédagogique.


Après un bref passage à l'entretien des routes, Serge fut enrôlé au service militaire en 1948. Comme il le rappelle lui-même, dans l'armée, il disait souvent le «Notre Père» la nuit sous les couvertures. On sait que Serge eut une foi profonde en Dieu dès son enfance. C'était en grande partie dû à son oncle Michel qui servait comme prêtre. Outre lui, la famille Khalin n'avait pas seulement des prêtres, mais aussi des moines. Ils se rappellent que dans sa jeunesse, Serge avait une valise pleine de livres spirituels, qu'il lisait souvent, sous son lit. Il aimait aussi chanter et apprendre par cœur de nombreux poèmes de poètes russes, dont il se souvint même jusqu'à un âge avancé.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d’après





mercredi 9 novembre 2016

L'archimandrite Hippolyte de bienheureuse mémoire!


Staretz Hippolyte

D’octobre 1991 au 17 décembre 2002, l’archimandrite Hippolyte [Halin] avait la charge de supérieur du Monastère Saint-Nicolas de Ryla. On l’appelait le staretz du Mont Athos, et l’on venait de toute la Russie au monastère de la petite ville russe provinciale, pour obtenir des conseils spirituels auprès de lui. Il était le réconfort et l’aide de tous ceux qu'éprouvaient des afflictions et qui souffraient de maladies physiques et mentales graves. 

Père Hippolyte amena beaucoup de gens à la foi. Pour ceux qui étaient à la recherche de la vie spirituelle, il était un maître sage et patient. Ses enfants spirituels ont rejoint les rangs de la prêtrise et de la vie monastique, renaissance nécessaire après la folie de l'athéisme en Russie.

   L'higoumène du Monastère Saint Nicolas de Ryla, l’archimandrite Hippolyte [Halin] est né au cours de la sainte semaine de Pâques, le Mercredi Lumineux 18 Avril 1928 au village de Subbotino, dans la région de Koursk, dans une famille de simples paysans - Ivan Konstantinovich Halin et Evdokia Nikolayevna Halina. Ils eurent 8 enfants: 4 garçons et 4 filles. 

Serge, était le nom d’Hippolyte dans le monde, c’était le plus jeune. Tous ses frères furent tués au front, et sur lui, encore enfant, reposèrent les lourds fardeaux du dur travail rural. Depuis l'enfance, Serge était croyant, d'autant plus que dans la famille Halin il y avaient des prêtres et des moines, et son oncle, le prêtre Michel, servait dans l'église du village voisin. Les parents se rappelaient que lorsque Serge était encore jeune, il avait sous son lit une valise avec des livres au contenu spirituel, et il lisait et relisait constamment, surtout la Bible, mais, apparemment, extérieurement, rien ne trahissait sa foi en Dieu. 
Serge (futur Père Hippolyte) à l'armée

Père Hippolyte se rappelait plus tard: "Parfois, même dans l'armée, quand tous étaient au lit, caché sous la couverture, je lisais le "Notre Père…"  "En général, je me plaisais à regarder les prêtres malgré le fait que tout le monde autour de moi se moquait d'eux, et les jeunes gars chantaient des chansonnettes à propos du clergé. Je voulais intérieurement devenir prêtre." 

Malgré les temps difficiles, Serge put terminer 10 années de lycée, étudier à la faculté par correspondance, puis être diplômé de l’Ecole Normale. Après avoir servi trois ans dans l'armée, il a quelque temps travaillé dans le monde et en 1957, à l'âge de 29 ans, il partit à l’ermitage de Glinsk, comme novice. Ses parents n’y étaient pas opposés, ils l’ont en fait béni, en disant: "Fils, nous avons déjà vécu notre vie, choisis ton chemin comme tu le souhaites." Les frères de Père Hippolyte, morts au front, étaient célibataires, mais les pieux parents n'insistèrent pas pour que leur fils cadet ait une famille et qu’ainsi il perpétue leur nom. Père Hippolyte plaisantait ainsi ensuite: "Personne n’a voulu se marier avec moi, et alors j’ai dû aller au monastère."

  Au désert de  Glinsk,  Serge devint un enfant spirituel du célèbre staretz l’archimandrite mégaloschème Andronique (Loukach), dont on disait que le père était semblable par le caractère. Le staretz Andronique était surnommé "celui qui prend en charge les âmes humaines." A son propos, on écrivit que l'humilité et la douceur régnaient sans partage dans son âme, qu'il était obéissant et plein d'amour. Il semble que ce sont ces qualités de son staretz, prises comme exemple, que se prit à imiter le novice Serge. Ces qualités sont alors apparues en particulier pendant le ministère public du staretz Hippolyte. Dans le livre "L’ermitage de Glinsk et ses Startsy, " il y a  une courte histoire sur la façon dont Père Andronique, par sa prière, guérit de la pneumonie lobaire le novice Serge [Halin], futur staretz Hippolyte.

Le moine Hippolyte

   Dans cette communauté, Serge vécut dans la même cellule avec un jeune novice, Ivan Maslov, qui devint plus tard un staretz et théologien célèbre, l’archimandrite mégaloschème  Ivan [Maslov]. Ivan Maslov était très malade et très faible et son ami Serge Halin s’occupait de lui comme un infirmier, lui appliquait des compresses.

Serge resta à l’ermitage de  Glinsk une année incomplète. En Novembre 1957, il entra au monastère de la Dormition de Pskov-Petchersky (Petchory), où le métropolite  de Pskov Jean [Razumov] le tonsura d'abord comme moine, puis l’ordonna diacre, et en 1960 - à la prêtrise. Et là, le Seigneur ne laissa pas le père sans direction spirituelle. 

À Petchory, commença pour lui une communion spirituelle étroite avec trois grands startsy, le hiéromoine mégaloschème Syméon (Jelnine), glorifié parmi les saints en 2003, et les derniers startsy de Valaam, qui vivaient à Petchory: le hiéromoine mégaloschème Michel ]Pitkevitch] et le moine mégaloschème Nicolas [Monakhov]. 

Avec amour et gratitude plus tard, le Père s’est rappelé de ces startsy. Surtout à propos du père Michel, dont il a pendant un certain temps été l’assistant. "Regarde, Serge, ne sois pas un coq, mais une poule !" C’est ainsi que le staretz enseignait l'humilité à son assistant. 

D’après les propres paroles du Père Hippolyte, le staretz Michel et lui-même étaient spirituellement très proches et se confessaient l’un à l’autre. Et, de toute évidence, le staretz Hippolyte apprit beaucoup des ascètes de Petchory. "Toute ma vie, je me souviendrai de ce moine humble, calme, et paisible" – disait au sujet du père Hippolyte, le recteur de l’église Saint-Nicolas à Klenniki, dans le centre de Moscou, l’archiprêtre Alexandrе [Koulikov] récemment décédé. Père Alexandre, étant encore très jeune prêtre venait à Petchory, et se rendait à la cellule de Père Hippolyte.

Père Hippolyte à Petchory

En 1966, du monastère de Pskov-Petchersky, Père Hippolyte fut envoyé au Mont Athos au monastère russe de Saint-Panteleimon, où.  à cette époque la vie monastique perdait de sa vivacité, et il n’y restait qu’une dizaine de moines. Il fut parmi les cinq premiers moines d'Union Soviétique qui y furent envoyés après que le gouvernement soviétique athée ait permis à l'Eglise orthodoxe russe d’envoyer des moines au Mont Athos. 

L’archimandrite mégaloschème Elie, qui arriva à la Sainte Montagne dix ans après l'arrivée du père Hippolyte, a déclaré: "Ce sont les cinq moines qui ont sauvé la situation, parce qu’il restait peu de Russes, et le monastère pouvait être donné aux Grecs. " Mais d'abord, on réagit à leur présence avec suspicion, voire avec hostilité, [...]. "
Père Hippolyte au Mont Athos

  Mais ces cinq pères et ceux qui après eux vinrent d'URSS, de toute évidence, gagnèrent la confiance des moines de l’Athos par leur vie et leurs labeurs au monastère de Saint-Panteleimon. 

Père Hippolyte vécut 18 ans sur le mont Athos, exerçant l’obédience de trésorier et d’économe tout comme le saint staretz Silouane, dans la cellule duquel on suppose qu’il a vécu. Il était très difficile pour lui de s’occuper de l’intendance, car à l'époque soviétique, les autorités interdisaient d'aider le monastère. Et selon les souvenirs de l’archimandrite Abel [Makedonov], qui dirigea pendant quatre ans le monastère de Saint Panteleimon sur le Mont Athos, on apprend que parfois, assis avec le Père Hippolyte, ils étaient affligés et se demandaient comment nourrir le lendemain les moines, comment faire les réparations nécessaires, comment survivre. Mais par la grâce de Dieu, le monastère existait, on priait, les problèmes étaient résolus tranquillement. 

Hormis sa charge d’économe, le Père Hippolyte reçut la tâche d’être le représentant du monastère à la Sainte Communauté [Gouvernement athonite] du Mont Athos. Le moine Macaire, père spirituel actuel du monastère de Saint-Panteleimon sur le Mont Athos a dit qu'il avait rencontré des Grecs de la Sainte Communauté qui se souviennent encore de Père d'Hippolyte comme d’un moine très humble et très diligent. L’archimandrite mégaloschème Elie, se souvenant de la période athonite de sa vie, a parlé du père Hippolyte comme d’un frère affectueux en Christ, bienheureux, bon,  et d’une grande force de prière.


En 1984, le père fut très malade et il alla se faire soigner en Russie. Et, il y resta. Pendant un temps, il servit dans les églises rurales du diocèse de Koursk, avec puis la bénédiction de l'archevêque Juvénal [Tarasov], il dirigea les moines du monastère renaissant de Saint-Nicolas de Ryla. 

Sur les épaules du moine affaibli et déjà âgé, c’était un lourd fardeau avec la restauration et le relèvement de l'ancien monastère, la cohésion et l'éducation de la fraternité, l'organisation de l'activité économique, la nourriture de nombreux pèlerins. Père Hippolyte priait continuellement pour les frères qui lui étaient confiés, pour les pèlerins, et pour tous ceux qui avaient recours à son aide. Il créa sur la terre de Ryla plusieurs skites, où s’installèrent de petites communautés monastiques. La skite féminine de Bolchegneuchevo obtint finalement le statut de monastère dédié à la Mère de Dieu "de Kazan". Avec son aide, en Ossétie du Nord, s’ouvrit le monastère masculin alanien de la Sainte Dormition.

Staretz Hippolyte au milieu de ses moines.

L’ascèse de prière, les lourds travaux de restauration du monastère minèrent la santé de Père Hippolyte. Dans les dernières années de sa vie, il fut gravement malade,  le 17 décembre 2002, le Seigneur rappela à Lui Son fidèle guerrier et ouvrier dans le domaine spirituel.


Tombe de Père Hippolyte

Les funérailles eurent  lieu le jour de la fête de saint Nicolas, évêque de Myre en Lycie, saint auquel Père Hippolyte s'adressait constamment en prières. Il bénissait aussi ses enfants spirituels pour qu’ils prient le saint dans toutes les circonstances, les afflictions et les peines.

Beaucoup de gens vinrent vers le prêtre pour son dernier voyage terrestre. Il fut enterré près du sanctuaire de l’église restaurée de Saint Nicolas – église principale du monastère. Sur la tombe de Père Hippolyte, il y a une croix de bronze sur un piédestal de granit, une veilleuse y brûle perpétuellement, et on y dépose toujours des fleurs fraîches. Les orthodoxes n’oublient pas leur maître et Père aimant, et sur sa tombe prient constamment des pèlerins qui viennent de différentes villes de Russie, d'Ukraine, et de l'étranger proche et lointain.

Monument à la gloire du staretz Hippolyte
vraisemblablement inspiré de cette photo 
où l'on voit  le staretz nourrir un écureuil!




Sur le territoire du parc du palais "Marino" s’élève un monument consacré à l’archimandrite Hippolyte, œuvre de l’artiste du peuple de Russie, le sculpteur V.M. Klykov. Mais le monument principal au Père Hippolyte a été érigé par la gratitude et l’amour du peuple.


Version française Claude Lopez-Ginisty
D’après
(Remerciements à Bernard Le Caro qui a vérifié la traduction)
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ANNEXES:
Sur le monastère de Pétchory
Voir ICI
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Sur le palais Marino,
Voir ICI
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Père Hippolyte à Pâques

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Icône du staretz Hippolyte:


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