Aujourd'hui, l'Évangile nous propose la parabole du Fils Prodigue (Luc 15, 11-32). Une fois de plus, cette parabole est riche en symbolisme : l'homme qui a deux fils représente Dieu, et les deux fils représentent les deux caractéristiques humaines, les justes et les pécheurs. Les dons de Dieu sont nombreux et sont accordés à chacun d'entre nous. Le commentaire nous rappelle que toutes ces choses données par Dieu peuvent être considérées comme des biens, y compris le ciel, la terre, toute la création, la loi et les prophètes. La génération pécheresse qui a suivi, symbolisée par le fils cadet, a fait du ciel un dieu, a adoré la terre, a rejeté la loi de Dieu et a persécuté les prophètes. Dieu nous accorde Ses bénédictions à tous, mais n'oblige personne à Le servir contre son gré. S'il avait voulu nous contraindre, Il ne nous aurait pas donné le libre arbitre.
Le fils cadet partit pour un pays lointain. Lorsque nous nous rebellons contre Dieu, nous nous éloignons beaucoup de Lui. Si la vertu peut être une entité simple et unique, le vice qui lui est opposé peut être multiforme et complexe, une erreur en entraînant et en créant une autre. Le fils cadet a tout gaspillé par son propre choix. Puis une grande famine s'est abattue et le jeune homme a commencé à souffrir. La famine était une absence de pain, mais c'était aussi l'absence de tout ce qui était bon, à savoir les bénédictions de Dieu. Il a donc commencé à être dans le besoin. On nous rappelle qu'il n'y a pas de manque pour ceux qui craignent le Seigneur (Psaume 33:9).
De retour auprès de son père et ayant admis ses fautes, le jeune homme fut accueilli avec joie. Son père l'embrassa et le serra dans ses bras en signe de pardon et de réconciliation. Les serviteurs, qui symbolisent ici les anges, ont pris soin du jeune pénitent et lui ont rendu sa robe, qui peut être considérée soit comme le vêtement d'incorruptibilité que nous portions avant de commettre notre premier péché, soit comme la robe honorifique du baptême, qui est la première chose que nous avons reçue après être entrés sacramentellement dans l'Église.
C'est alors que le frère aîné entre en scène. Il a appris le retour de son jeune frère et la réaction de son père. La question qui se pose est la suivante : comment le fils, qui a été fidèle dans son service envers son père, peut-il céder à une telle envie apparente ? La réponse se trouve dans le contexte dans lequel cette parabole a été racontée. Regardez les événements précédents et les paraboles qui ont été racontées auparavant en réaction aux pharisiens, qui se considéraient comme purs et justes, et qui critiquaient donc avec indignation le Seigneur pour avoir accueilli des prostituées et des publicains. Il est parfois difficile de comprendre l'effusion de la compassion de Dieu. Dans son commentaire, Théophylacte observe :
Dans cette parabole, le Seigneur dit donc aux pharisiens des paroles comme celles-ci : « Supposons que vous soyez aussi justes que le fils aîné et que vous plaisiez au Père ; Je vous supplie, vous qui êtes justes et purs, de ne pas murmurer, comme l'a fait ce fils aîné, contre la joie que nous manifestons pour le salut du pécheur, qui est aussi un fils. »
Le message de la parabole aux pharisiens, et en fait à nous tous, est de ne pas nous irriter de regarder dans nos cœurs et dans nos esprits. Notre Dieu miséricordieux voit peut-être en effet une vertu secrète qui n'est pas apparente aux autres, mais qui est la raison pour laquelle Dieu regarde favorablement cette âme.
Dans le kontakion de ce dimanche, nous lisons : « J'ai stupidement fui Ta gloire, ô Père, gaspillant dans le péché la richesse que Tu m'avais donnée. C'est pourquoi, avec les paroles du fils prodigue, je crie vers Toi : Père compatissant. Accepte-moi dans mon repentir et fais de moi l'un de Tes serviteurs.
Le kontakion est chanté dans le Canon à Matines. Aujourd'hui, nous ne pouvons manquer de remarquer que, bien que le sujet soit, en théorie, le Fils Prodigue de la parabole, l'ensemble du texte du Canon est exprimé à la première personne.
Cela devrait nous faire réfléchir. La parabole a été racontée comme une instruction aux pharisiens. Récemment, dans les lectures de l'Évangile du dimanche, nous avons beaucoup entendu parler de leur attitude critique. Nous savons combien il est facile d'adopter cette mentalité. Dans l'histoire de ce pays, nous avons vu le puritanisme être confondu avec la pureté. Aujourd'hui, en ce dimanche, on nous donne l'exemple du repentir du Fils Prodigue, mais ce concept n'est pas spécifique à un genre. Au milieu du Grand Carême, nous entendrons la lecture liturgique de la vie de sainte Marie l'Égyptienne, autre exemple de débauche dans la jeunesse et de repentance ultérieure. L'Église nous donne toutes ces choses pour notre instruction et nous pouvons y voir un thème récurrent.
Alors, pourquoi le Canon est-il à la première personne ? La réponse est afin que nous soyons mis en garde contre la mentalité du pharisien, qui aurait pu dire : « Dieu, je Te remercie de ne pas avoir passé ma jeunesse comme le Fils Prodigue.
J'ai gaspillé dans une vie dissolue les richesses que mon père m'avait données, et maintenant je suis réduit à la pauvreté. Je suis rempli de honte et esclave de pensées stériles. C'est pourquoi je crie vers Toi qui aimes les hommes : aie pitié de moi et sauve-moi. (extrait de l'Ode 6)
Gémis maintenant, mon âme, misérable, et crie à haute voix vers le Christ : « Ô Seigneur, qui pour moi es devenu pauvre de Ton plein gré, dans ma pauvreté, je manque de toute bonne œuvre : rends-moi riche de l'abondance de Tes bénédictions, car Toi seul es plein d'amour et de miséricorde. » (extrait de l'Ode 9)
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Dans le calendrier des saints d'aujourd'hui, nous trouvons une famille sanctifiée, Xénophon, son épouse Marie, avec Jean et Arcadios, leurs fils.
Ils formaient une famille aisée à Constantinople au Ve siècle. Malgré leur richesse et leur position sociale, ils menaient une vie chrétienne modeste et vertueuse. Afin de compléter l'éducation de leurs fils, ils les envoyèrent dans la ville phénicienne de Beyrouth, mais ceux-ci furent victimes d'un naufrage pendant le voyage. La mer déchaînée les rejeta sur des rivages différents. Affligés par la situation, chacun pensant que son frère s'était noyé, ils décidèrent tous deux de se consacrer à la vie ascétique. En l'absence de nouvelles, les parents présumèrent que leurs fils avaient péri. Xénophon, déjà assez âgé, fit confiance au Seigneur et consola son épouse en conséquence.
Quelques années plus tard, lors d'un pèlerinage en Terre Sainte, ils découvrirent que Jean et Arcadios vivaient dans l'ascétisme, mais dans des monastères différents. Les parents reconnaissants rendirent grâce à Dieu d'avoir réuni la famille. Xénophon et Maria décidèrent tous deux de consacrer leur vie à Dieu et entrèrent dans des monastères séparés. Jean et Arcadios, après avoir pris congé de leurs parents, se retirèrent dans le désert où ils se consacrèrent à la prière et au jeûne. La bénédiction de Dieu leur accorda les dons de thaumaturgie et de discernement. Xénophon et Maria, travaillant en silence et observant un jeûne strict, reçurent également le don d'accomplir des miracles. Nous pouvons également rappeler que sainte Marie est la sainte patronne de la fondatrice de notre église ici à Mettingham.
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
in Mettingham.


