"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

samedi 17 avril 2021

LE PARADIS EST VIDE. IL ATTEND D'ÊTRE REMPLI PAR LES ENFANTS DE DIEU



Certains paysans allèrent voir un professeur qui craignait Dieu, pensant que, puisqu'il était enseignant, il saurait leur parler de Dieu. C'est pourquoi ils lui dirent:

«Maître, voulez-vous nous dire: qu'est-ce que Dieu?

«Venez demain et je vous le dirai.»

Quand ils vinrent le lendemain, il leur dit:

«Venez demain.»

Ils vinrent le lendemain mais rien. Cela continua pendant plusieurs jours.

«Professeur ne nous direz vous rien à la fin?

`Même si vous veniez ici tous les jours du reste de votre vie, vous dire ce qu'est Dieu, je ne vous le dirais pas, parce que Dieu ne peut pas être compris et Il ne peut pas être connu: Il est illimité pour l'esprit, est au-dessus de tout, au-dessus de tous les attributs que peut donner la théologie cataphatique.

Notre destination, mes fils, n'est pas de vivre ici sur cette terre d'exil mais de nous délecter des bonnes choses qui nous attendent au Ciel. Voici le stade, l'arène de bataille et selon la façon dont chacun de nous se bat, il sera conduit à ce qui est au-dessus. Le paradis est vide. Il attend d'être rempli des enfants de Dieu.

Les anges ont hâte de nous voir au Ciel pour trouver leur paix, car ils craignent que les démons ne nous abattent et qu'ils ne soient privés de nous, leurs frères. Les anges nous aiment beaucoup. 

Si un homme de Dieu au cours de sa prière et de sa communication avec Dieu est rempli d'amour pour Lui et pour tout homme, les anges le sont encore plus puisqu'ils sont sans péché et ils se réjouissent sans cesse en Dieu et ils reçoivent une énorme quantité d'amour divin - selon les critères humains de mesure - et ils nous aiment nous qui combattons ici avec les démons et avec nos passions. Et ils nous aident dans notre combat. Dieu les envoie pour aider les gens qui essaient de gagner Son royaume.

Pour chaque homme baptisé, il y a un ange gardien mais il y a tellement d'autres anges qui aident les âmes à éviter le péché. Grand est l'amour des anges pour nous. Ils nous attendent au paradis. Ils glorifient Dieu sans cesser d'être émuss par Lui parce qu'Il leur donne les chants divins et Il les nourrit de Sa félicité. Et ils contemplent étonnés cette Lumière sans fin. À cause de cette grande Lumière, ils ne voient rien d'autre autour d'eux.

Ils vivent dans cette félicité et disent: Pourquoi les gens, les créatures de Dieu, pour qui Dieu est descendu sur terre, s'est incarné, a été crucifié et a versé Son sang, ne viendront-ils pas ici aussi? Pourquoi être condamné? L'enfer est terrible! Ils le savent aussi parce que c'est juste l'opposé du bonheur qu'ils ressentent.

Tous ceux qui sont au-dessus, au Ciel, qu'ils soient anges ou hommes, connaissent toute notre condition. Ils connaissent nos pensées, ils savent tout sur nous et prient pour nous parce qu'ils sont dans la réalité réalité et ils voient maintenant purement, pas comme dans un miroir comme nous les gens voyons partiellement tout ce qui a un rapport avec Dieu. Ils savent bien toutes choses et c'est pourquoi ils souhaitent vivement ne pas nous perdre.

Et quand nous péchons et dévions du droit chemin, outre le fait qu'ils prient pour nous, ils ressentent une grande douleur pour nous. Si nous souffrons les uns pour les autres et nous attristons quand nous voyons qu'un de nos frères ne va pas bien et que nous prions pour lui, ils prient encore plus pour nous car ils connaissent toute la ruse des démons et ce que signifie l'enfer et avec quelle facilité  les gens qui luttent sur terre y tombent.

Dieu est notre Père, un Père qui a tant d'amour que nous ne pouvons pas l'imaginer. Même si nous rassemblions tous les pères de la terre, nous ne pourrions faire en sorte qu'un père soit comme le Père Céleste. Et si un père avec des défauts humains pardonne si généreusement, Dieu le Père peut pardonner beaucoup plus généreusement. Pas septante fois sept fois comme le Seigneur l'a dit à l'apôtre saint Pierre, mais pendant une infinité de fois septante sept fois, ce qui signifie qu'il nous pardonne à tout moment.

Puisque nous avons un tel Père, nous ne devons pas avoir peur, nous devons demander Son pardon et nous ressentirons immédiatement Son Amour, seulement nous ne devons pas L'offenser. Comme nous ne souhaitons pas blesser quelqu'un qui nous aime et essayer de ne pas attrister cette personne, nous ne devons pas attrister Dieu le Père qui nous aime infiniment. Nous devrions essayer d'avoir cette conscience de la Présence et de l'Amour de Dieu comme pensée permanente dans notre esprit parce qu'elle est conforme à la vérité et à la réalité.

Le temps passe, s'enfuit, nous quitte et nous approchons de la fin. Prenons un bon départ et prenons garde à nous-mêmes, ouvrons les yeux de notre âme et voyons Dieu. Sentons que nous vivons et nous nous mouvons et recevons la vie dans la Présence et les bras de Dieu.

C'est notre Créateur, notre Père, Celui Qui est notre Providence, c'est Lui Qui nous aime d'une manière illimitée selon Sa nature. Nous sommes les créations de Dieu. Pour être vraiment Ses enfants, nous devons cheminer sur la Voie de ses commandements en suivant les conseils et l'obéossance que nous avons hérités de nos saints Pères. 

Et par les prières de notre saint staretz, Joseph puissions nous tous être couverts par la Grâce de Dieu et avoir la contemplation spirituelle de Dieu et ne pas L'attrister par notre vie. Amen.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

vendredi 16 avril 2021

Staretz Ephraim d'Arizona: "La vie de l'homme est un martyre ..."


Jésus-Christ, Fils de Dieu, 
Sauveur et Rédempteur du monde (source)

«La vie de l'homme est un martyre. Depuis notre chute du vrai bonheur, nous récoltons le fruit de la désobéissance:« [La terre] produira des épines et des ronces »(Gn 3, 18) - la terre du cœur le fera aussi. Comment saurons-nous que nous sommes des exilés, sinon par les afflictions et les tourments?

Il n'y a personne qui n'ait quelque chose qui l'afflige. Les pieux chrétiens sont également affligés, mais au plus profond de leur âme, ils ont aussi l'espoir qu'un jour les nombreuses afflictions aboutiront à un repos béni pour eux. 

Sans afflictions et souffrances que personne ne s'attende au repos dans la vie au-delà de la tombe. Cette vie est pour ceux qui ont œuvré et ont été lourdement chargés par le poids de cette vie présente.

Bien sûr, les saints eurent beaucoup de grâce et de force spirituelle, et ils se réjouissaient de la souffrance. Mais nous, et moi d'abord, souffrons et parfois notre patience se brise. Mais gloire à Dieu, qui nous éclaire pour nous repentir et nous corriger. «L'esprit est prompt, mais la chair est faible.» (Mt. 26:41). "

( source )

Grands Martyrs du Christ: 
Sts. Georges le tropéophore, Dimitri le myrrhoblyte, Tryphon l'Anargyre, Jean, Vare et Boniface les Soldats 

Par les prières de nos Saints Pères, Seigneur Jésus-Christ notre Dieu, ayez pitié de nous et sauve-nous! Amen!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

jeudi 15 avril 2021

Saint Jean de Cronstadt: LE JEÛNE CORPOREL

On nous dit : Ce n'est pas grave de manger de la nourriture non carêmique pendant le carême. Ce n'est pas grave si vous portez de belles tenues coûteuses, si vous allez au théâtre, à des fêtes, à des bals masqués, si vous utilisez de la belle porcelaine coûteuse, des meubles, des carrosses chers et des chevaux fringants, si vous amassez et thésaurisez des choses, etc. 

Mais qu'est-ce qui détourne notre cœur de Dieu, de la source de vie ? A cause de quoi perdons-nous la vie éternelle ? N'est-ce pas à cause de la gourmandise, des vêtements coûteux comme ceux de l'homme riche de l'Évangile, des théâtres et des mascarades ? 

Qu'est-ce qui nous rend dur de cœur envers les pauvres et même envers nos proches ? N'est-ce pas notre passion pour les sucreries, pour la satisfaction du ventre en général, pour les vêtements, pour la vaisselle coûteuse, les meubles, les voitures, pour l'argent et les autres choses ? Est-il possible de servir Dieu et Mammon, d'être un ami du monde et un ami de Dieu, de servir le Christ et Bélial ? C'est impossible.

Pourquoi Adam et Eve ont-ils perdu le Paradis, pourquoi sont-ils tombés dans le péché et la mort ? N'était-ce pas à cause d'un seul mal ? 

Examinons attentivement pourquoi nous ne nous soucions pas du salut de notre âme, qui a coûté si cher au Fils de Dieu. 

Pourquoi accumulons-nous péché sur péché, tombons-nous sans cesse dans l'opposition à Dieu, dans une vie de vanité ? N'est-ce pas à cause de la passion pour les choses terrestres et surtout pour les plaisirs terrestres ? 

Pourquoi notre cœur devient-il grossier ? Pourquoi devenons-nous chair et non esprit, pervertissant notre nature morale ? N'est-ce pas à cause de la passion pour la nourriture, la boisson et les autres plaisirs terrestres ? 

Comment, après cela, peut-on dire que cela n'a pas d'importance de manger des aliments non-carémiques pendant le Carême ? Le fait de parler ainsi est en fait de l'orgueil, de l'oisiveté, de la désobéissance, du refus de se soumettre à Dieu et une séparation d'avec Lui.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

Parish Life, mars 2021

Cathédrale Saint John the Baptist 

Washington, DC

USA

mercredi 14 avril 2021

Photios Kontoglou sur la Toute Sainte, l'humble Reine Mère de Dieu



La Très-sainte Génitrice de Dieu et le Christ entourés d'anges représentés dans l'icône miraculeuse de la Panagia Pantanassa (Reine de tous) chérie par le monastère de Vatopaidi, Mont Athos ( source )

"La Toute Sainte [Mère de Dieu] est l'ornement spirituel de l'Orthodoxie. Pour nous Grecs [et pour tous les peuples], elle est la mère douloureuse, la consolation, la protectrice, qui se tient à nos côtés en toutes circonstances.

" Dans chaque partie de la Grèce sont construites d'innombrables églises et des monastères, des palais pour cette humble reine, et une multitude de chapelles dans les montagnes, les champs, les îles, qui sont fragrantes de son parfum virginal et spirituel.

«Au sein de chacun [de ces lieux] se trouve son ancienne icône honorée avec ses cheveux noirs et son visage doré, qui reçoit toutes les larmes de nos fidèles torturés, car nous n'avons personne d'autre pour nous aider que la Toute Sainte: 'nous qui péchons n'avons personne d'autre, qui intercède pour nous devant Dieu, priant sans fin, dans les maux et tous les dangers, pour nous qui sommes accablés de nos nombreux péchés et erreurs » (Paraclèse à la Génitrice de Dieu).
  
" La beauté de la Toute Sainte n'est pas une beauté corporelle, mais spirituelle, parce que là où il y a de la douleur se trouve aussi la sainteté, il n'y a que la beauté spirituelle. La beauté corporelle apporte l'excitation corporelle, mais la beauté spirituelle apporte la contrition, le respect et l'amour pur. Telle est la beauté de notre Toute Sainte.
  
"Et cette beauté est représentée dans ses icônes [byzantines] que façonnent les hommes pieux, qui jeûnent et chantent et se retrouvent avec un cœur contrit et une pureté spirituelle.
  
" Sur le visage de la Toute Sainte sont représentées cette beauté mystique qui attire comme un aimant les âmes pieuses et leur apporte le silence et la consolation. "


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

*

Photios Kontoglou avec sa famille


SOLIDARITE KOSOVO

 

 
Solidarite Kosovo
 
Le monastère de Decani parmi les sept sites les plus menacés d’Europe
 
Le 8 avril, l’association "Europa Nostra" publiait une liste des "sept monuments et sites les plus menacés" d’Europe en 2021. Parmi eux, le monastère serbe orthodoxe de Visoki Decani au Kosovo, l’un des plus importants de l’orthodoxie serbe, que nos soutiens connaissent bien puisque nous condamnons depuis plus de 16 ans les attaques dont il est la cible.

 
C’est une nomination qui fait résonnance au plaidoyer mené durant presque deux décennie par Solidarité Kosovo et aujourd’hui partagé par « Europa Nostra » qui alerte sur les dangers pesant sur le monastère de Visoki Decani. Une désignation loin d’être anodine compte tenu de l’autorité et de l’influence accordée à l’association. Fondée en 1963 à Paris, Europa Nostra a pour objectif de « célébrer, protéger et faire connaître notre héritage culturel ». Elle est aujourd’hui reconnue comme l’une des plus importantes associations de défense du patrimoine en Europe, avec des membres venant de plus de 40 pays.
 
A l’occasion de cette nomination, Solidarité Kosovo souhaite rappeler de nombreux faits reflétant l’insoutenable épée de Damoclès qui plane sur le monastère de Visoki Decani ainsi que sur sa communauté paroissiale.
 
– Le fait que quatre attaques à la roquette ont été dirigées contre le monastère de Visoki Decani depuis la fin de la guerre en 1999 ;
 
– Le fait que des militaires de la Kfor continuent de garder ce même monastère jour et nuit, avec bunkers et checkpoints ;
 
– Le fait que ces militaires ont déjoué en janvier 2016 une attaque en arrêtant quatre hommes armés juste devant la porte du monastère, au pied de la muraille construite par Solidarité Kosovo à la demande des moines ;
 
– Le fait que les moines du monastère sont en procès depuis des années avec la municipalité de Decani, qui refuse de leur rendre un terrain qui leur appartient ;
 
– Le fait que des pèlerins sont chaque année empêchés de se rendre dans le monastère, notamment pour y fêter Pâques ou Noël ;
 
– Le fait que des tags à la gloire de Daesh ont été retrouvés sur les murs du monastère.
 
Sur la situation générale des Serbes au Kosovo, nous rappelons que le Département d’État américain lui-même a reconnu en 2019 qu’une attaque contre les personnes ou les biens de cette minorité avait lieu tous les deux jours en moyenne. Nous rappelons également que cette situation s’est encore dégradée l’année dernière, avec une augmentation de ces attaques et une aggravation de leur violence.
 
Nous rappelons enfin que de nombreuses personnes ayant apporté leur soutien à la minorité serbe du Kosovo ont été purement et simplement interdites de séjour par Pristina, sans aucune raison valable. Parmi elles, le Prix Nobel de littérature, l’autrichien Peter Handke, qui a notamment écrit un livre sur l’enclave serbe de Velika Hoca, ainsi que plusieurs humanitaires, dont le Président de Solidarité Kosovo, Arnaud Gouillon.
 
Preuve supplémentaire, comme s’il en fallait d’autres, de l’acharnement politique et médiatique par les autorités de Pristina contre les Serbes du Kosovo, l’Abbé du monastère de Visoki Decani, Sava Janjic, vient d’être accusé par voie de presse de crimes de guerres. Une réaction aussi violente que grotesque à l’annonce de la liste d’Europa Nostra qui fait craindre aux autorités albanaises de voir soulever la question très épineuse des Serbes du Kosovo jusqu’à lors couvert par l’omerta.
 
 
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mardi 13 avril 2021

Higoumène Tryphon: Les péchés des autres

Les péchés des autres



Lorsque nous détournons les yeux de nos propres échecs, lacunes et péchés, nous remarquons les échecs des autres.

Au fur et à mesure que les péchés des autres attirent notre attention, notre attention se détourne de nos propres luttes avec les passions, et nous commençons à tomber davantage dans le péché, nos yeux se détournant du Seigneur.

Lorsque notre attention n'est plus tournée vers la conquête de nos propres passions, nos cœurs deviennent vulnérables et nous commençons à dépenser notre énergie à nous préoccuper de notre prochain. Ses péchés deviennent le sujet brûlant avec nos amis bavards, et nous tombons plus loin dans la souillure de nos propres péchés. À ce stade, Abba Sisoes demande: «Comment pouvons-nous garder le cœur si la langue laisse la porte de la forteresse ouverte?»

Si nous voulons nous sortir du bourbier du péché, et avec l'aide du Christ, être transformés et guéris, nos yeux ne doivent jamais regarder les péchés des autres, «Car une personne ne peut être inquiète ou préoccupée par les affaires des autres si elle se contente de se concentrer sur l'œuvre de ses propres mains (St. John Cassian).

[Lors] du Grand et Saint Carême, recentrons-nous et préparons-nous à la lutte à venir. Faisons de ce Grand Jeûne le plus profitable de tous, dans le but d'acquérir un cœur humble et contrit.

Si nous nous concentrons uniquement sur nos propres échecs, nous trouverons que cette saison de Carême sera la plus profitable de toutes, et nous serons élevés par Dieu, et notre célébration de la Sainte Pâque sera la plus glorieuse de toutes.

Souvenez-vous que le Grand et Saint Carême a été créé pour nous comme un temps de repentir, de renouveau et de restauration du cœur, de l'esprit et du corps.

Gardons nos yeux spirituels fixés sur le Christ, et soyons ouverts à la guérison de notre âme qui vient pour nous par ce même Christ Jésus, que nous vénérons et que nous adorons.


Avec amour en Christ,
Higoumène Tryphon


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

lundi 12 avril 2021

PAUL DE TAGANROG, UN SAINT DANS LE MONDE

 

Il y a cinq ans a eu lieu en Russie la canonisation du bienheureux staretz Paul de Taganrog. Par sa vie, il a incarné l’exemple brillant et exigeant de la sainteté dans le monde. Sa mémoire est fêtée le 23 mars et le 20 juin.

Paul Stojkov naquit le 21 novembre 1792 et reçut son prénom en l’honneur de S. Paul, patriarche de Constantinople, le confesseur, dont la mémoire est commémorée le 19 novembre. Les parents du garçon, Paul et Parascève Stojkov, étaient des nobles aisés du district de Krolevets, dans la province de Tchernigov, et un grand nombre de paysans étaient attachés à leur domaine. De toute évidence, c’étaient des gens pieux. Cependant, ils rêvaient de donner à Paul, comme frère aîné, une bonne instruction, et ils lui assurèrent une vie confortable. Le bienheureux a dit lui-même : « Tout mon souhait de jeunesse était de prier Dieu, et mon intention, d’aller dans les lieux saints ». À seize ans déjà, il quitta la maison paternelle et partit pèleriner aux lieux saints de Russie, ce qu’il fit pendant une année entière. Lorsque Paul revint à la maison, son père le punit sévèrement et l’empêcha désormais de se rendre dans les saints lieux. Le saint reconnut lui-même par la suite que son père ne partageait pas ses aspirations, mais fut toutefois impuissant à les changer : lorsque Paul eut 25 ans, il donna à son fils sa part d’héritage, lui donnant sa bénédiction de l’utiliser à sa guise, et le laissa partir. Paul commença par libérer tous les paysans attachés à son domaine, et distribua aux pauvres l’argent de la vente de ses biens. Après cela, il put réaliser son rêve d’antan, à savoir partir pèleriner aux lieux saints. On sait que ce pèlerinage du bienheureux Paul dura dix ans. Pendant cette période de sa vie, il put visiter de nombreux monastères, laissant à chacun d’entre eux, des dons importants. Par la suite, il aimera visiter les monastères de Solovki, des Grottes de Kiev et de Potchaïev.

À l’âge de 35 ans, Paul apparaît dans la ville de Taganrog et y restera pour toujours. Pendant longtemps, il vécut chez des gens, dans différents appartements. Son dernier refuge devint l’appartement dans la ruelle Depaldovski (actuellement Tourgueniev), où il n’avait pas seulement sa cellule, mais louait toute une petite maison. Il s’habillait très simplement, portait un vêtement de paysan et parlait en petit-russien, de telle façon qu’il était difficile de même deviner sa noble origine. Doté naturellement d’une grande force physique, Paul se faisait embaucher pour des travaux journaliers et travaillait sans s’épargner. Cependant, dès que la cloche résonnait, il quittait tout et se précipitait à l’église, sans manquer aucun office. Il se plaisait le plus à la cathédrale de la Dormition, pour laquelle il acquit de nombreuses icônes, veilleuses et fit toute une série d’autres dons. Paul aimait allumer les veilleuses et nettoyer les icônes, il portait toujours avec lui un petit banc et une serviette blanche pour le faire. 

On racontait aussi que lorsque l’on construisit des chapelles adjacentes à la cathédrale (à cette époque, Paul était d’un âge avancé), il portait lui-même les briques, inspirant les autres par son exemple. Une fois, le recteur de la cathédrale qui était bien disposé envers le bienheureux, vit au moment de la Grande Entrée de la Liturgie le bienheureux revêtu d’ornements liturgiques resplendissants, comme ceux d’un évêque. Après cette vision, il eut une relation encore meilleure avec le saint. Il est vrai que les membres du clergé ne vénéraient pas ainsi le staretz, certains n’étaient pas bienveillants à son égard. Lorsqu’il ne pouvait plus travailler, il avait l’habitude, après l’office, de se rendre au marché. Paul marchait constamment avec un bâton à la main et deux sacs en toile sur les épaules. Les commerçants s’efforçaient de le faire venir chez eux, car ils savaient qu’après leur journée serait réussie. Beaucoup lui donnaient des produits alimentaires en guise d’aumône, mais le bienheureux ne les acceptait pas de tous, et il chassait même certains avec son bâton. Lorsqu’il s’installa dans une maison séparée, Paul commença à donner sa bénédiction à certains de vivre en sa compagnie un certain temps, tandis que d’autres purent y rester toujours. 

C’est ainsi que, peu à peu, une communauté commença à se constituer. Le vieillard se distinguait par une grande sévérité, n’accordait de faveurs à personne. En particulier, il n’aimait pas la désobéissance. Toutefois, lorsque des visiteurs venaient chez lui, il dénonçait leurs péchés de façon originale : en présence de l’un des novices, il nommait leurs péchés, comme s’ils étaient ceux de celui-ci. Le novice haussait alors les épaules et demandait pardon, mais le visiteur lui-même comprenait que ses propres péchés étaient ainsi dénoncés, et il partait avec un profit spirituel. 

Se préoccupant principalement de la vie intérieure, le bienheureux Paul d’attribuait que fort peu d’importance à la propreté de sa cellule. Il donnait à ses novices sa bénédiction pour la nettoyer seulement une fois par semaine, le samedi. Ce faisant, il les bénissait pour ramasser les ordures dans des sacs qui restaient encore trois jours dans la maison, et ensuite, il les faisait brûler. Il ne donnait pas sa bénédiction pour les jeter. Il dormait sur un banc étroit, qu’il ne recouvrait de rien et il plaçait sous sa tête l’un de ses vêtements en guise d’oreiller. Il dormait très peu, il estimait particulièrement la prière nocturne. Sur les murs de sa cellule, il y avait de nombreuses icônes, devant lesquelles brûlaient tout le temps des veilleuses, et aussi des bacs de sable sur lesquels brûlaient aussi une grande quantité de cierges en permanence. Dans sa cellule se trouvaient toujours de nombreux sacs et corbeilles avec toutes sortes de provisions qu’il distribuait à ses visiteurs nécessiteux. Le bienheureux faisait du bien en particulier aux prisonniers. 

Chaque semaine, il envoyait à la prison toutes sortes de nourritures, il s’intéressait aux malades et les aidait plus intensément. Lorsque l’un des prisonniers mourrait, le saint achetait lui-même un cercueil, un vêtement et tout ce qui était nécessaire à l’enterrement. Grâce à lui, tous les détenus étaient enterrés chrétiennement. Ayant aimé dès sa jeunesse le haut-fait de pèleriner, le bienheureux ne l’abandonna pas à un âge plus avancé. Habituellement, il prenait avec lui quelques novices, et allait avec eux vénérer les saints lieux. Ce faisant, Paul attribuait une grande importance à toutes les épreuves et difficultés qu’ils devaient absolument supporter pendant le voyage. Avec le temps, alors qu’il ne pouvait plus lui-même entreprendre de tels voyages, il aimait bénir ses novices pour de tels pèlerinages, les aidant toujours en voyage de façon invisible. Le staretz Paul de Taganrog, ou « Pavlo Pavlovitch », comme beaucoup l’appelaient, avait reçu de Dieu de nombreux dons spirituels. Il avait notamment le don de clairvoyance. 

De nombreuses paroles du bienheureux se réalisèrent par la suite. Ainsi, il prédit au hiéromoine Damien (Kasatos) qu’avec le temps, il deviendrait un grand homme, tel « qu’il ne puisse être plus grand ». De nombreuses années après, ce hiéromoine devint patriarche de Jérusalem. Le bienheureux Paul a guéri de très nombreuses personnes, parfois même quand les médecins avaient renoncé à soigner le patient. Parfois, la maladie cessait après que le staretz ait tapé avec son bâton sur l’endroit malade. Un homme, dont l’épouse était mourante à la maison, ayant entendu parler de ce thaumaturge inhabituel se rendit chez lui malgré la longue distance, avec le dernier espoir. Or, à peine était-il arrivé sur le seuil de la maison qu’il reçut un coup de bâton sur la tête et l’entendit dire : « Pourquoi es-tu venu ? Ta femme est à la maison et a préparé des vareniki (sorte de raviolis). Ne comprenant rien, l’homme partit chez lui. Mais il fut encore plus étonné lorsqu’il trouva sa femme à la maison en bonne santé, qui lui avait déjà préparé un bol de vareniki. Il s’avéra qu’elle fut guérie le moment même où le staretz Paul le frappa légèrement son mari à la tête. 

Des cas semblables, l’un plus incroyable les uns que les autres étaient nombreux. Mais la vie du staretz arrivait à sa fin. On sait que peu avant son trépas, S. Jean de Cronstadt lui rendit visite. La tradition qui a été conservée témoigne que celui-ci salua Paul par les paroles : « Bonjour, colonne qui va de la terre au ciel », ce à quoi ce dernier répondit : « Bonjour à toi, soleil qui brille depuis l’occident jusqu’à l’orient ».  Le bienheureux Paul est décédé le 23 mars 1879, après avoir, peu avant, communié aux Saints Mystères. La nuit même lors de laquelle le staretz est mort, un archiprêtre connu de Taganrog, qui avait pris en grippe le juste durant sa vie, vit que les anges avec des chants joyeux accompagnaient au ciel une sainte âme quelconque. À sa question, « c’est l’âme de qui ? », il reçut la réponse « Pavlo Pavlovitch ». Après cela, l’archiprêtre se repentit amèrement pour sa mauvaise attitude envers le staretz. Le trépas de Paul fut encore marqué par un miracle. Lorsqu’il décéda, nombreux furent ceux qui virent une ombre jaunâtre passer sur tout son corps, après quoi le corps entier se blanchit, comme la neige, tandis que la joie éclairait le visage du défunt. Le staretz avait prédit qu’il y aurait beaucoup de « mouches » le jour de son enterrement. Il voulait dire par cela, qu’une foule immense de personnes viendrait lui faire ses adieux. Et effectivement, il y eut tant de monde, que beaucoup durent faire la queue pendant plusieurs heures pour arriver jusqu’à la tombe du bienheureux Paul pour lui faire leurs adieux. 

Il y eut alors beaucoup de guérisons. Le staretz Paul était fort vénéré alors qu’il était encore en vie, mais après son trépas, le nombre de ceux qui le vénéraient s’était encore accru. Les paroles du saint s’accomplirent encore : « Bien que je meure, ma place [l’emplacement de ma tombe] ne restera pas vide… » Non seulement la tombe du staretz devint un lieu de pèlerinage, mais également sa cellule qui, jusqu’à présent reçoit de nombreux visiteurs. Avec le temps, ceux qui vénéraient le saint bâtirent une chapelle au cimetière. La canonisation tant attendue du staretz Paul au titre des saints vénérés localement eu lieu le 20 juin 1999. Ce jour, ses reliques furent transférées solennellement en l’église Saint-Nicolas de Taganrog. « On a transporté Paul à la tombe, et de la tombe, à la cathédrale », aimait fredonner souvent le bienheureux avant sa mort. La canonisation du saint fut accompagnée de miracles. Alors qu’elle eut lieu lors d’une belle journée, avec un ciel clair, un arc-en-ciel apparut ; plus tard, sur le lieu des célébrations, les nuages constituèrent une croix dans le ciel. La canonisation au titre de toute l’Église de Russie eut lieu en 2016. Sa mémoire est fêtée le 10/23 mars et le 7/20 juin.

Le bienheureux Paul guidait ceux qui venaient chez lui par de nombreux conseils, dont certains nous sont parvenus. Il est connu qu’il estimait grandement les œuvres caritatives et la bienfaisance, notamment l’ornement des saintes églises. Il insistait pour que dans les maisons des fidèles, il y ait toujours suffisamment d’huile pour les veilleuses, de cierges et d’encens, afin qu’une veilleuse brûle devant une icône sans interruption. Il enseignait d’honorer les fêtes ecclésiales les jours du dimanche, mais aussi le vendredi, qu’il vénérait particulièrement, enseignant à remettre ce jour-là toutes les affaires sans importance à plus tard. 

Il louait hautement les pèlerinages, le vagabondage pour le Christ avec toutes les difficultés et les privations qui lui sont liées. 

D’autres enseignements du saint ont été conservés. « Prie fortement et avec insistance. Un sentiment mauvais te suggérera que cette prière n’est pas sincère, qu’elle est pleine de doutes, mais prie malgré cela. Lorsque tu fais quelque chose de mal, ne perds pas courage et prie, car qui peut t’aider dans tout cela ? Quel homme ? Personne, si ce n’est Dieu et prie-Le, prie et prie toujours. Il a l’éternelle vérité et une force invincible ! Prie Dieu toujours. Il faut rechercher la consolation et le plaisir dans la prière. Il faut considérer la veille dans la prière comme le moment le plus empli de grâce. Il faut aimer la pureté de l’âme plus que la propreté corporelle et y aspirer de toutes les forces de l’âme et la soutenir sans relâche par les bonnes œuvres, le labeur et les prières. Sois un bon zélateur de l’Orthodoxie ! Depuis les Apôtres et jusqu’à maintenant, l’Église se maintient malgré les faiblesses, tant des pasteurs que des fidèles, elle est sainte, et il n’y a de vérité qu’en elle et nulle part ailleurs ! »

Version française Bernard Le Caro d'après

«Столп от земли до неба» / 

Православие.Ru (pravoslavie.ru)

dimanche 11 avril 2021

Père Ephraîm d'Arizona: Que se passe-t-il au moment de la mort? | Le départ de l'âme | Enseignements chrétiens orthodoxes


Video avec sous-titres en anglais ( Il faut les activer)

La traduction en français est donnée ci-dessous.

~ Dimanche du jugement dernier ~
Dans cet enregistrement de la voix de Père Ephraïm d'Arizona, il parle du moment de la mort d'un point de vue chrétien orthodoxe. Qu'adviendra-t-il après la mort? Que se passe-t-il après notre mort? Quel est l'état de l'âme après la mort? L'important ici est que "nous devons considérer toutes choses et les remettre en ordre, pour chacun de nous et dire:" Il n'y a pas d'autre moyen, je dois me précipiter, je dois me battre! "" Il n'y a pas de temps à perdre.

Père Éphraïm d'Arizona:
Je pense au jugement qui nous sera infligé ...

LE MOMENT DE LA MORT… CE MOMENT TERRIFIANT OÙ L'ÂME CONTEMPLE MILLE CHOSES DIFFÉRENTES, MILLE VÉRITÉS DIFFÉRENTES… parce que l'esprit trie les choses, l'âme se débarrasse des tracas et des soucis terrestres… parce qu'elle sent qu'elle s'en va.

Elle va rencontrer le juge. Elle comprend que tout se termine maintenant. Elle commence à croiser les démons. Elle ressent la réalité à ce moment-là. Tout le reste s'estompe, les luttes, les illuasions spirituelles, l'infidélité, les péchés, les passions... tout se sépare et spirituellement elle croit alors de tout son cœur qu'elle ne finit pas en tant qu'âme, mais elle s'en va seulement comme le disent les Pères [de l'Église].

Pour cette raison, la plupart du temps, les laïcs avertissent leur famille qu'ils sont sur le point de partir et souhaitent dire au revoir à leur famille comme s'ils partaient en voyage.

Gens de peu de foi et de peu de piété! Mais, à ce moment-là, leur âme leur parle d'une manière spéciale. Ils ont le sentiment que cette vie était fausse… que c'était un jeu qui s'est terminé maintenant… et les personnes laissées pour compte sont en quelque sorte dans l'erreur car elles ne savent pas ce qui les attend, quelque chose qui m'est venu maintenant.

Mais, l'homme qui part ne peut pas dire ces choses. Dieu ne le permet pas. L'âme contemple toutes ces choses et demande:«QUE SE PASSE-T-IL EN CE MOMENT…? OÙ EST MON TEMPS? ».

Elle demande du temps pour revenir vers elle pour qu'elle puisse prier. Mais maintenant, la fête est terminée. Elle part pour l'autre monde et ce qui est fait est fait. Le temps ne revient pas. Vous ne récupérez pas une seconde de toutes les années qui se sont écoulées. Puis vient le contrôle de la conscience. Le temps est passé pour de bon. La prière que j'aurais pu faire, maintenant ne peut pas être faite. Et ainsi, chacun de nous part pour l'autre monde avec le contrôle de la conscience.

Chacun dit la prière, mais on n'a pas la force nécessaire, on prononce lentement les mots, on pense à des choses non pertinentes et on ne prête pas attention à elle. Toutes ces choses, au moment de la mort, reviendront. La conscience dira: «Tu n'as pas fait ceci et tu n'as pas fait cela. A ce moment-là, tu as rendu quelqu'un triste… une autre fois, tu as jugé, tu as menti, tu as oublié ton devoir…»Toutes ces choses, notre conscience nous les présentera! Les démons les ont écrites avec chaque détail. Nous aurons peur de ce qu'ils vont nous montrer. Nous les avons déjà oubliées… à cause de la faiblesse humaine, à cause du chagrin, à cause de beaucoup de choses, nous les avons oubliés. Et pourtant, ils les ont toutes écrites. Et pendant que notre âme monte, nous les rencontrerons devant nous. Alors l'esprit reviendra à sa place, mais il sera [trop] tard.

Maintenant que nous écoutons la Parole de Dieu, que nous écoutons tout ce qui nous adviendra, nous devons considérer toutes choses et les remettre en ordre, chacun de nous et avant tout, moi-même. Et dire:"IL N'Y A PAS D'AUTRE MOYEN, JE DOIS ME PRÉCIPITER, JE DOIS ME BATTRE!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
ELDERSORG