"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

mardi 23 avril 2024

L' Aide donnée à une âme condamnée

 



Dans la matinée du 30 novembre 1974, à la commémoration du saint Apôtre André, alors que le vénérable Père [Païssios] était dans sa cellule sur le Mont Athos, récitant la prière de Jésus à genoux sur son lit, un jeune homme apparut soudain devant lui et dit :

« Nous devons y aller, car tu es un témoin ».

« Un témoin ? demanda-t-il avec étonnement.

« Oui, un témoin au tribunal ».

Immédiatement, sans comprendre comment, il se retrouva dans le cimetière de Konitsa, devant une tombe. Le jeune homme, d'un mouvement doux, ouvrit la tombe, et le vénérable Père vit une vieille femme qu'il connaissait à l'intérieur. Bien qu'elle ait été à moitié décomposée et qu'elle émettait une puanteur insupportable, il ne détourna pas son visage d'elle. Il entra dans la tombe et l'embrassa avec une grande tristesse. Elle s'écria : « Père, aide-moi ! Père, aide-moi ! » Puis elle dit :

« Dis-moi, y a-t-il déjà eu un moment où tu m'as demandé quelque chose et que je ne te l'ai pas donné ? »

« Tu m'as toujours donné encore plus que ce que j'ai demandé », répondit le vénérable Père.

Alorss ce jeune homme, qui était son ange gardien et savait tout sur cette âme, lui dit : « Dors en paix. » Et, recouvrant la tombe, il dit au staretz Païssios : « Allons-y. » Et immédiatement le vénérable Père se retrouva au même endroit, agenouillé sur son lit. À ce moment-là, il  comprit que l'âme avait besoin de beaucoup de prière parce que, quand elle était riche, elle ne faisait pas l'aumône à ses pauvres voisins villageois, mais elle n'épargnait aucune dépense pour lui parce qu'elle l'aimait beaucoup.

Le vénérable Père pria avec ferveur pour cette âme. Après deux mois, le 30 janvier 1975, il reçut une notification que Dieu avait entendu sa prière. Tout comme avant, il récitait la prière de Jésus quand soudain il  vit devant lui un gouffre comme un entonnoir, rempli de nombreuses personnes, y compris des évêques, tourmentées et criant de désespoir. Au-dessus de cet abîme terrifiant, il vit la femme âgée assise sur un nuage blanc. À côté d'elle se tenait le jeune homme, son ange gardien, qui lui essuyait et lui nettoyait le visage, qui ressemblait à celui d'une petite fille. Le vénérable Père l'a embrassa une fois de plus, mais cette fois avec joie. Puis il se retira un peu, afin que les condamnés ne le voient pas et que leur tourment ne s'augmente pas, et il chanta "Saint Dieu" [le Trisaghion]à Dieu.

Certes, de tels cas furent nombreux dans la vie du vénérable Père, comme deux ans plus tôt, il l'avait écrit dans l'une de ses lettres : "Dieu aide les défuntss et en même temps, Il révèle aux moines une joie indescriptible, qu'il leur offre à la suite de leur prière faite avec tristesse pour les défunts. Comme s'Il leur disait : « Ne vous inquiétez pas, mes enfants, j'ai aussi aidé les défunts. »

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

THE ATHONITE TESTIMONY

lundi 22 avril 2024

Méditation sur Genèse 13:15-17


"Car tout le pays que tu vois, je te le donne en possession... 

Va, parcours le pays en long et en large" (Gn 13,15-17).

Méditation :

Le Seigneur a donné en possession à Abraham la terre promise. Et le Seigneur te donne la même chose au sens spirituel. Acquiers donc, sur ce fondement spirituel, ce qui t'est donné par une promesse inébranlable. 

C'est ton bien, la bonne part, qui peut satisfaire pleinement ton âme. Lève-toi et marche par la foi sur ta terre, et entre dans son usage. Lève-toi, marche sur toute la largeur et la longueur de l'Amour qui t'a été donné (Eph. 3:18), regarde-le, assimile-le et commence à marcher dans sa puissance.

Peut-être connaîtras-tu une épreuve ou un chagrin secret. Alors, cherche la profondeur de l'Amour de Jésus-Christ ! Après tout, c'est ton héritage. Il pénétrera jusqu'au plus profond de ton chagrin et de tes préoccupations.

Tu t'inquiètes pour quelqu'un qui t'est cher ? Veux-tu l'aider ? Lève-toi, lève-toi et marche dans la largeur de l'héritage qui t'est donné. Que l'étendue de l'amour du Christ t'enveloppe, embrassant toutes les âmes dont tu te préoccupes, et toi aussi, prépare-toi à répandre sur elles et sur toi la bénédiction et la paix. Cherche-Le, cherche Son souffle, les richesses de Sa compassion, immerge-toi dans cette abondance et chemine en elle.

Tu t'inquiètes de la séparation avec tes proches, de la séparation avec celui que tu voudrais suivre pas à pas et que tu ne peux pas suivre parce que tu es loin ?

Pense alors à la grandeur de l'amour du Christ, qui s'étend partout et à tous, et qui atteint là où tes mains ne peuvent aller. Laisse tout à cet amour et sois tranquille.

Tu t'inquiètes pour quelqu'un que tu as aimé et qui n'est plus sur cette terre, tu désires ardemment t'unir à lui dans la patrie tant désirée et hâter l'heure de la rencontre ? Saisis alors la hauteur de l'Amour du Christ qui, étant avec ceux qui sont au Ciel, console ceux qui sont sur terre et unit tout le monde. 

Cet amour descend vers toi d'en haut et t'élève jusqu'au lieu où Dieu lui-même essuie toutes les larmes de nos yeux. 

Accroche-toi à cet Amour, laisse-le t'étreindre avec ceux que tu aimes, et tu seras réconforté.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Washington DC
USA


dimanche 21 avril 2024

5e DIMANCHE DE GRAND CARÊME

 

Ste Marie d'Egypte

 Tropaire Ton 5

Illuminée par la grâce de la Croix, tu apparus comme une lumière éclatante de repentir, dissipant les ténèbres des passions, ô très sainte. Tu apparus comme un ange en chair et en os à saint Zossime dans le désert. Intercède pour nous uprès du Christ , ô Marie, notre juste Mère.

Aujourd'hui, l'Église se souvient de sainte Marie d'Égypte qui passa 47 ans seule dans le désert, se repentant de son ancien mode de vie. Dimanche dernier, nous pensions à saint Jean Climaque, modèle des ascètes, et ce dimanche, nous commémorons sainte Marie d'Égypte, modèle des pénitents. Le patriarche saint Sophronede Jérusalem (634-638) a relaté sa vie avec force détails.

La première partie du récit nous parle de saint Zossime, hiérarque en Palestine au Ve siècle. Il avait été emmené dans un monastère dès son enfance et y avait passé toute sa vie. Comme il menait une vie ascétique très stricte, faite de prières et de jeûnes, les gens venaient lui demander des conseils spirituels. Ayant passé plus de 50 ans au monastère, il pensait avoir appris tout ce qu'il y avait à savoir sur la vie spirituelle. Le pèlerinage de sa vie le conduisit dans un autre monastère, près du Jourdain. La coutume des moines de ce monastère était d'aller passer tout le Grand Carême dans la solitude du désert, pour ne revenir au monastère que le Dimanche des Rameaux.

St. Zossime et sainte Marie d'Egypte

Zossime priait seul dans le désert lorsqu'il aperçut une silhouette humaine à quelque distance. Comme sa solitude était envahie, il alla voir par qui. La personne s'enfuit et le moine fit de même. L'inconnue finit par révéler qu'elle était une femme et qu'elle était nue. Elle s'adressa au moine par son nom et lui demanda d'emprunter son manteau par souci de pudeur. Le fait qu'elle connaisse son nom choqua Zossime plus que son sexe et son état, mais il comprit qu'elle avait dû recevoir de Dieu le don de vision spirituelle. C'est ainsi qu'ils commencèrent à parler. Elle s'appelait Marie et était née en Égypte. À l'âge de 12 ans, elle avait abandonné ses parents et s'était rendue à Alexandrie. Dans cette ville, pendant 17 ans, elle avait vécu une vie de dépravation totale.

Un jour, Marie vit des gens se presser au port pour embarquer. En réponse à ses questions, elle découvrit qu'ils se rendaient à Jérusalem pour la Vénération de la Croix et elle décida de les accompagner. À Jérusalem, elle constata qu'une barrière invisible l'empêchait d'entrer dans l'église. Voyant l'icône de la Mère de Dieu à l'entrée de l'église, Marie pria et promit de se repentir de son ancien mode de vie. Ainsi, elle put entrer dans l'église et vénérer la précieuse Croix du Christ. Conformément à son vœu, Marie se rendit dans le désert au-delà du Jourdain et passa les 47 années suivantes, complètement seule, dans la prière et le jeûne, jusqu'à sa rencontre avec saint Zossime.

L'Église utilise l'histoire de sainte Marie d'Égypte pour nous enseigner deux leçons. Dans le cas de Marie, à Alexandrie, elle avait vécu une vie aussi éloignée que possible de la vertu chrétienne, mais elle s'était repentie et était revenue sur la voie du salut. Nous nous souvenons donc d'elle comme d'une sainte parce qu'elle nous montre que, même si nous nous éloignons de la vie chrétienne, il n'est jamais trop tard pour se repentir. L'exemple de Zossime est un avertissement pour nous. Il pensait avoir progressé dans la vie spirituelle, mais cela l'avait rendu orgueilleux. C'est alors qu'il rencontra une personne tout à fait improbable, mais qui était bien plus avancée que lui dans la vie ascétique. Cela lui apprit l'humilité. Si vous n'avez pas lu la vie complète de sainte Marie d'Egypte, nous vous recommandons de le faire.

+

Il y a deux passages de l'Évangile aujourd'hui, l'un pour le dimanche, Marc 10, 32-45, et l'autre pour le saint, Luc 7, 36-50.



Dans le passage de saint Marc, le Seigneur commence à préparer les disciples à ce qui va se passer. Il le fait pour atténuer leur angoisse. Il a connu à l'avance Sa passion, il est donc clair qu'il pouvait y échapper, mais il montre qu'il accepte volontiers la souffrance et la mort. La consolation qu'il offre est qu'il ressuscitera le troisième jour. 

Nous lisons ensuite la question posée par Jacques et Jean. Dans le récit qu'il fait de cet incident, saint Matthieu dit que les disciples ont emmené leur mère avec eux et qu'elle a posé la question au nom de ses fils. L'implication est qu'ils imaginent que le Royaume est terrestre et qu'ils demandent un statut mondain. Le Christ ne les appelait pas à l'honneur et à la gloire, mais à tout sacrifier pour Lui, et il leur dit que c'est ce qui se passerait. 

Nous voyons que même les disciples sont sujets à la faiblesse humaine. Deux d'entre eux cherchaient à obtenir un avantage et dix étaient contrariés parce qu'ils se sentaient exclus. Il nous est facile d'imaginer que les saints étaient tous et toujours parfaits. Nous voyons ici qu'ils sont très humains et qu'ils souffrent des mêmes tentations et difficultés que le reste d'entre nous. La différence est qu'ils finissent par triompher alors que nous continuons souvent à lutter. Comme le dit Théophylacte : Le Christ les guérit, en les calmant d'abord en les appelant à lui, puis en leur montrant que la recherche des honneurs et le désir de la première place sont le comportement des païens. 


Dans l'Évangile de saint Luc, nous rencontrons un pharisien qui, bien qu'il ait invité le Seigneur dans sa maison, n'a pas été franc et honnête dans ses intentions. Il a démontré son manque de foi lorsqu'il a dit de manière désobligeante du Christ : "S'il était un prophète..." 

Le Seigneur accepte les services de la femme dont l'offrande venait de son cœur. Il confronte ensuite le pharisien à son manque de courtoisie envers un invité et lui montre qu'il connaît le cœur de la femme, qu'il compare favorablement à celui du pharisien. Le Christ ne dit pas à la femme : "Je te sauverai", mais il lui dit : " Ta foi t'a sauvée ; va en paix".


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après


in Mettingham. 

ENGLAND 



samedi 20 avril 2024

La prière de Jésus est-elle une "vaine répétition" ?

 

Le Pharisien et le Publicain

La prière de Jésus, "Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de moi, pécheur", est une profonde expression de la foi parmi de nombreux chrétiens orthodoxes.

Loin d'être une vaine répétition, la prière devient profondément significative lorsque l'on prie avec un cœur sincère, se reconnaissant comme un pécheur ayant besoin de la miséricorde de Dieu - un peu comme le publicain [percepteur d'impôts] dans la parabole du pharisien et du publicain (Luc 18:9114), ou l'aveugle qui rechercha la guérison auprès de Jésus (Marc 10:46-52 ; Luc 18:35-43). 

Cette prière est un appel des profondeurs de son être, en reconnaissance de Dieu en tant que Créateur et Sauveur, et elle exprime un désir d'être purifié du péché, d'être uni avec Dieu et d'atteindre la vie éternelle dans Son Royaume. Il reflète l'humilité et la repentance du Fils prodigue (Luc 15:11-32), reconnaissant sa péché et sa séparation de Dieu et cherchant sa grande miséricorde.

En contraste avec la pratique des mantras dans les religions orientales telles que le bouddhisme et l'hindouisme, où les mantras sont des énoncés sacrés pour la méditation, la concentration et le développement spirituel, il est important de reconnaître les cadres théologiques et philosophiques distincts. Bien que la prière de Jésus et les mantras impliquent la répétition, leurs buts et leurs contextes diffèrent considérablement. 

La prière de Jésus recherche la miséricorde de Dieu, vise la théosis [déification] ou l'union avec Dieu, concept étranger aux objectifs des pratiques du mantra oriental, qui pourrait se concentrer sur la concentration, l'esprit paisible, l'illumination ou les qualités spirituelles.

En répondant aux préoccupations de la vaine répétition, en particulier dans une perspective qui donne la priorité aux Écritures, il est utile d'examiner Matthieu 6:7, où le terme "βατταλογήσητε" souvent traduit par "répétitions vaines" (dans les anciennes traductions) est mieux compris comme "bavardage". De nombreuses traductions contemporaines et la Bible d'étude orthodoxe offrent des idées qui clarifient que l'enseignement de Jésus est contre la répétition insensée, et non contre la répétition elle-même. L'avertissement de Jésus dans Matthieu 6:7 contre le bavardage - prière vide et dénuée de sens - souligne l'importance de l'intention du cœur dans la prière, et non la quantité de mots.

Cette perspective est soutenue par des enseignements orthodoxes qui mettent l'accent sur la prière comme communion intime avec Dieu, menant à la vision de Sa Gloire. 

La prière, pour être authentique, doit être humble, personnelle et sincère, en évitant l'hypocrisie et la prétention de piété. L'utilisation répétée de la prière de Jésus, lorsqu'elle est faite avec la conscience de la nécessité de la miséricorde de Dieu, n'est pas vaine, mais une pratique spirituelle profonde encourageant la communion continue avec Dieu.

Essentiellement, si la prière de Jésus est abordée avec un cœur sincère, reconnaissant son péché et cherchant la miséricorde et la transformation de Dieu, elle transcende la simple répétition et devient une discipline spirituelle vitale. Elle se conforme à l'exhortation de Paul de prier sans cesse [1 Thessaloniciens 5:17], invitant les croyants à une relation plus profonde avec Dieu par une prière constante et sincère.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

vendredi 19 avril 2024

Métropolite Onuphre: SUR LE PRINCIPAL DANGER DE LA PASSION DE LA LUXURE

Sa Béatitude le Métropolite Onuphre de l'Église orthodoxe ukrainienne, à la veille du jeudi du Grand Canon (2017), a prononcé quelques paroles sur la passion de la luxure. 



L'office de Ste Marie d'Égypte est généralement célébré le mercredi soir. Il s'agit d'un long office, le seul service de l'année au cours duquel l'ensemble du Grand Canon de St. André de Crète est lu. La vie de la grande ascète, Ste Marie d'Égypte, qui lutta contre la passion de la luxure pendant dix-sept ans, est également lue.

Votre Béatitude, quelle est la racine de la passion de la luxure ?

—La racine de la passion de la luxure est dans l'orgueil humain, dans la résistance de l'homme à se soumettre à la seule loi morale que le Seigneur lui a donnée. 

Le nom même de celui-ci (en slavon ecclésiastique, cela se nomme блаудная страсть [bludnaya strast, passion dévastatrice]). La racine, blud, implique de se perdre, de perdre le chemin) nous dit que celui qui l'a s'est perdu dans ses sentiments - il a cessé de comprendre lesquels de ses sentiments sont bons et lesquels sont mauvais ; qu'il ne faut pas se laisser aller aux mauvais sentiments , qu'il faut leur résister. La passion de la luxure rend une personne vide, et cela est clairement démontré dans la parabole du fils prodigue du Sauveur. Le fils prodigue a quitté la maison de son père pour une terre lointaine et y a gaspillé tous ses biens, vivant prodigieusement. Il se dépouilla, fut dans une grande dmisère et se détruisit presque entièrement.

Selon les enseignements des saints Pères, comment pouvons-nous lutter contre cette passion ?

—Les saints Pères enseignent que pour conquérir la passion de la luxure, nous avons besoin de prière et de jeûne. Vous ne vous purifierez pas complètement tout de suite, et un jeûne ne fera pas de vous un ange. Vous devez vous purifier progressivement. 

Ste Marie d'Égypte est venue dans le désert, a souffert et s'est tourmentée pendant dix-sept ans, et les passions l'ont attaquée comme des animaux sauvages. Elle a tout enduré et a lutté contre elles, et le Seigneur l'a purifiée. 

À la fin de ses luttes ascétiques, l'âme de Ste Marie d'Egypte avait déjà acquis la paix, et elle se réjouissait de son temps dans le désert. Il en va de même pour une personne qui passe progressivement de jeûne en jeûne, s'efforçant de se limiter d'un jour de jeûne à l'autre, en restant dans les limites de la loi divine et atteignant finalement la mesure de la perfection.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

ORTHOCHRISTIAN

jeudi 18 avril 2024

St. Joseph l'Hésychaste et la prière de Jésus

 

St Joseph l'Hésychaste


J'étais très heureux que tu aies un tel zèle pour recevoir des avantages spirituels. Je suis moi-même impatient d'aider tout frère qui cherche son salut.

Alors, mon frère bien-aimé, ouvre tes oreilles ! Le but de l'homme dans la vie est de trouver Dieu. Mais il ne le trouvera pas si Dieu ne le trouve pas en premier. Nous vivons et nous déplaçons en Lui, mais nos passions ont fermé nos yeux spirituels et nous ne voyons pas. Mais quand notre Dieu tes bon tournera son regard vers nous, alors nous nous réveillerons comme si nous dormions et nous commencerons à chercher notre salut.

Ainsi, je réponds à ta première question : maintenant, Dieu t'a vu, t'a éclairé et t'a guidé. Où que tu sois, travaille. Dis la prière sans cesse avec ta langue et ton esprit. Lorsque la langue se fatigue, laisse l'esprit commencer. Et quand l'esprit se fatigue, laisse la langue la dire. Seulement ne l'arrête pas. Fais beaucoup de prosternations. Veille [en prière] autant que tu le peux. Et si la flamme et l'Amour de Dieu commencaient à brûler dans ton cœur et que tu cherches la paix et ne peux plus rester dans le monde - parce qu'en toi la prière brûle - alors écrives-moi et je te dirai quoi faire.

Et si la grâce ne fonctionne pas de cette façon, mais que tu as toujours le zèle d'accomplir les commandements de Dieu, alors calme-toi comme tu es parce que tu vas bien. Ne cherche rien d'autre. Tu découvriras la différence entre trente, soixante et cent en lisant l'Evergetinos*. Tu y trouveras beaucoup d'autres écrits de ce genre et tu en recevras un grand bienfait.

Maintenant, je réponds aux autres questions que tu m'as posées. La prière doit être faite par la parole intérieure. Mais parce que l'esprit n'est pas utilisé pour la dire et l'oublie, c'est pourquoi elle est dite parfois avec la bouche et d'autres fois avec l'esprit. Et cela doit être fait jusqu'à ce que l'esprit s'y habitue. Ainsi, la prière devient une œuvre.

Ce travail, c'est quand en disant la prière, tu ressens en toi-même la joie et le désir de la dire sans cesse. Ainsi, lorsque l'esprit commence à dire la prière et qu'elle devient la joie dont je te parle, alors elle sera dite d'elle-même sans cesser en toi-même sans aucune contrainte. C'est ce qu'on appelle le travail ressenti, parce que la grâce fonctionne sans la volonté de l'homme. Il marche, dort, se réveille et en lui-même, la prière se dit sans cesse. Et quelqu'un comme celui-ci a la paix et la joie.

Maintenant, à propos des heures de prière. Parce que tu vis dans le monde et que tu as tant d'inquiétudes, fais ta prière chaque fois que tu as le temps. Mais oblige-toi constamment  [à la faire] et ne la néglige pas. En ce qui concerne la contemplation que tu vises à atteindre, c'est difficile à réaliser parce qu'il est nécessaire d'avoir une hésychie complète.

La condition spirituelle a trois étapes et la grâce fonctionne en l'homme conformément à celles-ci.

La première étape est appelée purificatrice, lorsque l'homme se nettoie lui-même. Tu es maintenant à ce stade, et la grâce purifiante est celle qui fonctionne en toi-même. Toute aspiration que tu as pour les choses spirituelles est due à la grâce. Rien ne vient de toi. C'est la grâce qui travaille tout mystiquement. Si tu te forces, cette grâce reste avec toi pendant quelques années. Et si l'homme fait des progrès grâce à la prière de Jésus dite avec l'esprit, il reçoit une autre sorte de grâce, qui est tout à fait différente.

La première, comme je l'ai dit, s'appelle purificatrice et l'homme qui prie ressent un mouvement divin en lui-même.

La deuxième étape est appelée éclairante. À ce stade, l'âme reçoit la lumière de la connaissance et tombe dans la contemplation de Dieu. Pas de lumières tromneuses, pas de délires, pas d'images, seulement la clarté de l'esprit, la pureté de la pensée, la profondeur de la compréhension. Pour atteindre ce stade, l'homme qui prie a besoin d'une grande paix et d'un  sage conseiller éclairé.

La troisième étape - l'ombrage de la grâce - est celle où fonctionne la grâce qui te rend impeccable et c'est un grand cadeau.

Je ne t'écris pas à ce sujet maintenant parce que ce n'est pas nécessaire. Mais si tu veux lire à ce sujet, j'ai décrit malgré mon ignorance un livre manuscrit intitulé « La trompette mue par le Saint-Esprit » lorsque ces énergies fonctionnent. Essaie de le trouver. Achete également saint Macaire et abba Isaac et tu en bénéficieras grandement. Et pour toute question que tu pourrais avoir, écris-moi et je te répondrai avec plaisir.


Maintenant, j'écris tout le temps à ceux qui me posent des questions. Cette année, certaines personnes sont venues d'Allemagne seulement pour en apprendre davantage sur la prière de Jésus. D'autres m'écrivent depuis l'Amérique avec beaucoup d'amour. De Paris, il y en a beaucoup qui me cherchent avec ferveur. Et si nous avons tout cela à notre disposition, pourquoi devrions-nous être inactifs ? Est-ce comme creuser la terre quand nous prononçons sans cesse le nom du Christ afin qu'il ait pitié de nous ?

Il y a une fausse opinion donnée par le Tentateur disant que si quelqu'un dit la prière, il peut être trompé. Mais en fait, c'est une illusion.

Qui le veut devrait l'essayer [id est dire la prière]. Et quand l'œuvre de prière sera longue, elle deviendra un paradis en lui-même. Cela le libérera de ses passions, il deviendra un homme différent. Et s'il est en solitude, les avantages donnés par la prière sont innombrables !

Version française  Claude Lopez-Ginisty

d'après

THE ATHONITE TESTIMONY


*Evergetinos: Paroles et exemples des Anciens. Recueil ascétique de Paul Evergetinos.La version française  peut être acquise ICIhttps://www.librairie-monastere.fr/evergetinos/866-evergetinos-les-4-tomes.html

mercredi 17 avril 2024

Saint Syméon le Nouveau Théologien: Des larmes et de la prière

 


La personne fidèle, qui prête toujours attention aux commandements de Dieu et les suit, lorsqu'elle accomplit tous les commandements divins et dirige ses pensées vers leur hauteur, c'est-à-dire vers une vie et une pureté sans défaut, en trouvant ses propres mesures, se considérera comme impuissante et incapable d'atteindre la hauteur des commandements, se sentant même très pauvre et indigne de recevoir Dieu, de Lui rendre grâce et de Le glorifier, comme celle qui n'a pas encore acquis son propre bien ; et celle qui contemple ces choses sur elle-même, dans son âme, pleurera sans aucun doute avec  des larmes vraiment bénies. 


Et ces pleurs recevront du réconfort et rendra douce son âme.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
citant St. Syméon
Extrait de la Catéchèse

Création à Genève de l’Association internationale des droits de l’homme « L’Église contre la xénophobie et la discrimination religieuse »

 Sur Orthodoxie.com

Le 19 décembre 2023, les organisations non gouvernementales suivantes, dotées d’un statut consultatif auprès du Conseil économique et social des Nations Unies (CESNU) :

– Public Advocacy

– VSI Zmogaus teisiu apsauga

– «European institute for religion and law»,

ainsi que des chefs religieux :

– le métropolite Theodose Snigiriev, défenseur des droits de l’homme, évêque diocésain de Tcherkassy et Kaniv (Église orthodoxe ukrainienne) ;

– le métropolite Jonathan Yeletskiy, évêque diocésain de Toulchine et Bratslav (Église orthodoxe ukrainienne) ;

– le métropolite de Bostra Timothée Margaritis, exarque du Saint-Sépulcre sur l’île de Chypre (Église orthodoxe de Jérusalem) ;

– l’archevêque de Sébaste Théodose Hanna (Église orthodoxe de Jérusalem) ;

– le métropolite de Berlin et d’Allemagne, Mark Arndt (premier vice-président du Synode des évêques de l’Église orthodoxe russe hors-frontières) ;

– le métropolite de Lovetch, Gabriel Dinev (Église orthodoxe bulgare) ;

– l’archiprêtre Dmitriy Sidor, défenseur des droits de l’homme, recteur de la cathédrale de l’Exaltation de la Croix d’Oujgorod (Église orthodoxe ukrainienne),

ont signé un accord portant sur la création de l’Association de défense des droits de l’homme «l’Église contre la xénophobie et la discrimination». La nouvelle association de défense des droits humains est une réponse aux violations des droits des croyants de l’Église orthodoxe ukrainienne en Ukraine.

Contact presse : Public organization „Public Advocacy” ngopublic@proton.me

Le texte complet du communiqué est disponible ici !

Source

mardi 16 avril 2024

L'UKRAINE CIBLE UN REPRÉSENTANT DE L'ÉGLISE CANONIQUE APRÈS QU'IL AIT INFORMÉ UN GROUPE INTERNATIONAL SURLA PERSÉCUTION DE L'EGLISE ORTHODOXE UKRAINIENNE CANONIQUE



Kiev, le 15 avril 2024     

Le 10 avril, son éminence, le Métropolite Augustin de Bila Tserkva et l'archiprêtre Nikolai Danilevitch, chef adjoint du département des relations ecclésiastiques externes de l'Église orthodoxe ukrainienne canonique, ont rencontré des représentants de la Conférence des Églises européennes à l'Académie théologique de Kiev.

Le clergé de l'Église orthodoxe ukrainienne canonique a informé la délégation invitée de la situation ecclésiastique en Ukraine, en particulier en transmettant sa position sur le projet de loi n° 8371, par lequel le gouvernement a l'intention d'interdire l'Église orthodoxe sur le territoire de l'Ukraine.

Deux jours plus tard, le service de sécurité ukrainien (SBU) est allé perquisitionner la maison de Père Nikolai dans la province de Kiev. Il a été informé de soupçons pour les mêmes accusations que l'Ukraine utilise contre tous les religieux de l'Église orthodoxe ukrainienne canonique qu'elle cible : incitation à l'inimitié religieuse (ce qui signifie qu'il est contre l'Église schismatique "orthodoxe d'Ukraine" [créée par Constantinople avec des défroqués et des schismatiques NdT] et justifie la guerre de la Russie contre l'Ukraine.

Le SBU estime que tout en supervisant les paroisses de l'Église orthodoxe ukrainienne canonique à l'étranger, le Père Nikolai, « sous le couvert de la tutelle spirituelle supposée des immigrants ukrainiens, a diffusé les récits de propagande de la Fédération de Russie ».

Le service de sécurité rapporte également qu'il a trouvé divers documents russes en sa possession, "ce qui indique qu'il peut avoir la citoyenneté de l'État agresseur".

« Je rejette toute accusation concernant mes actes répréhensibles présumés et je les considère comme sans fondement et absurdes... En même temps, je voudrais noter que ma position patriotique est connue de tout le monde », a dit le père. Nikolai

En ce qui concerne les documents russes, le Père Nikolai a expliqué que bien avant la guerre, il avait étudié à l'Académie théologique de Moscou, et qu'il avait donc une carte de bibliothèque russe, une inscription et une police d'assurance. Concernant la photo d'un document de l'Académie diplomatique russe, le Père Nikolai a expliqué qu'il avait suivi un cours d'anglais d'entrée dans l'établissement.

Père Nikolai souligne qu'il n'a jamais eu la citoyenneté russe.

En ce qui concerne l'accusation selon laquelle les paroisses de l'Église orthodoxe ukrainienne canonique sont utilisées pour diffuser des récits pro-Kremlin, le Père Nikolai a expliqué que la décision d'ouvrir plus activement les paroisses à l'étranger a été prise au même concile au cours duquel l'Église orthodoxe ukrainienne canonique s'est séparée du Patriarcat de Moscou, et que ces paroisses servent précisément ceux qui ont quitté l'Ukraine à cause de la guerre.

Le vicariat d'Europe occidentale de l'Église orthodoxe ukrainienne canonique a publié une déclaration pour défendre le Père Nikolai, soulignant que « l'archiprêtre Nikolai Danilevitch est un patriote dévoué de l'Ukraine, qu'il n'a jamais caché, et a exprimé sa position pro-ukrainienne constante, à la fois dans les discours publics et dans les communications privées ». La déclaration note que le Père Nikolai a exprimé à plusieurs reprises de telles positions sur les médias sociaux.


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

ORTHOCHRISTIAN

lundi 15 avril 2024

Méditation sur le Carême

 

Cathédrale St John the Baptist 

Washington DC

Lien vers la vue panoramique à 360 °

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[...]ne cause pas, par ton aliment, la perte de celui pour lequel le Christ est mort. ((Romains 14,15)

Méditation :

La loi qui régit toute notre vie doit être l'amour ; l'amour doit résoudre tous les problèmes. Notre liberté d'agir doit s'arrêter là où nous pouvons contrarier notre frère. 

Saint Paul, reconnaissant parfaitement que rien ne peut être impur en soi, nous conseille néanmoins, par amour pour nos frères, de ne pas manger de viande, par respect pour l'opinion d'autrui, afin de "ne pas détruire l'œuvre de Dieu à cause de la nourriture" (Romains 14,20). [ Il est bien de ne pas manger de viande, de ne pas boire de vin, et de s'abstenir de ce qui peut être pour ton frère une occasion de chute, de scandale ou de faiblesse. Romains 14,21]

Nous sommes libres de manger n'importe quel aliment malgré l'opinion de nos proches, mais par amour, nous devons être prêts à nous en priver. Nous ne devons jamais oublier nos proches et, en nous habituant à penser constamment à eux, nous apprenons à les prendre en considération dans tout ce que nous faisons et, tout en restant libres, à soumettre cette liberté à une loi supérieure : la loi de l'amour.

Cette règle ne s'applique pas seulement à la nourriture, mais à beaucoup de choses que nous faisons. "Aucun de nous ne vit pour lui-même" (Romains 14,7) : chaque action influence nos proches, en bien ou en mal, et a une importance bien plus grande que nous ne le pensons. 

Si nous pouvons "détruire notre frère" même par la nourriture, à plus forte raison pouvons-nous le faire par une parole méchante ou un mensonge, un jugement sévère, un mauvais exemple ou un mauvais conseil. 

Prenez donc garde à votre façon d'agir, non pas comme des gens sans sagesse, mais comme des gens sages" (Ephésiens 5:15).

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

Russian Cathedral St. John the Baptist

dimanche 14 avril 2024

4ème DIMANCHE Du GRAND CAREME



Commémoration de saint Jean Climaque

Aujourd'hui, nous commémorons saint Jean Climaque : saint Jean de l'Échelle, car ce moine duVIe siècle est l'auteur de l'Échelle de l'ascension divine, un livre écrit principalement pour les moines. 

Dans ce livre, saint Jean utilise souvent le terme " exil , ce qui implique que la vie monastique est une vie en exil, loin des exigences et des distractions de la vie actuelle. Comme il le dit au point 13 de l'étape 3, il est un exilé qui, ayant de la connaissance, est assis comme quelqu'un qui parle une langue étrangère parmi des gens d'une autre langue.

L'échelle sainte de St. Jean Climaque

 Cependant, le livre n'est pas si étroit qu'il ne s'applique qu'aux moines. Au point 3 de l'étape 1, nous lisons : " Dieu appartient à tous les êtres libres. Il est la vie de tous, le salut de tous - fidèles et infidèles, justes et injustes, pieux et impies, passionnés et indifférents, moines et laïcs, sages et simples, sains et malades, jeunes et vieux - tout comme l'effusion de lumière, la vue du soleil et les changements de saisons sont pour tous les mêmes ; "car il n'y a pas d'acception de personnes avec Dieu". Romains 2:11

Saint Jean Climaque est né au VIe siècle, très probablement vers 525, bien que l'on ne connaisse pas le lieu exact de sa naissance. La tradition veut qu'il soit né à l'est de la Méditerranée, peut-être en Palestine ou en Syrie. La source la plus ancienne est la brève Vita écrite par un proche contemporain du saint, le moine Daniel du monastère de Raithu. L'auteur conclut en disant :  En peu de mots, j' ai essayé d'inclure beaucoup de choses, car la brièveté est louée, même par les rhétoriciens. Malgré cela, il s'agit en grande partie d'un éloge plutôt que d'une biographie détaillée. Nous ne savons rien de son enfance, mais, selon la tradition, Jean a été inspiré par la recherche de la solitude de la vie monastique dès l'âge de seize ans et il s'est donc rendu au Sinaï. Après dix-neuf ans passés au monastère, il se retira à Thola, un endroit plus éloigné, pour y vivre en ermite.

Mont Sinaï avec Monastère Ste Catherine

Alors que saint Jean venait de faire profession de moine, il accompagna Abba (père) Martyrios lors d'une visite à Anastase le Grand. Saint Anastase lui demanda : "Dis-moi, Abba Martyrios, d'où vient ce garçon et qui l'a professé ?". Martyrios répondit : "C'est ton serviteur, mon père, et c'est moi qui l'ai professé". "C'est une chose merveilleuse, abba Martyrios, répondit saint Anastase, qui aurait cru que tu avais professé l'higoumène du Sinaï ? Le saint homme ne se trompait pas, car quelque quarante ans plus tard, saint Jean fut appelé à revenir de son ermitage pour assumer cette même responsabilité.

St. Anastase le Grand

La grande œuvre de saint Jean, pour laquelle on se souvient de lui, est son livre écrit pour l'instruction des moines. À ce sujet, le métropolite Philarète a déclaré dans un sermon : " On l'a surnommé "l'Échelle" parce qu'il a écrit un ouvrage immortel, "l'Échelle de l'ascension divine"Dans cet ouvrage, nous voyons comment, par le biais de trente marches, le chrétien s'élève progressivement du bas vers les hauteurs de la perfection spirituelle suprême.

Nous voyons comment une vertu en entraîne une autre, l'homme s'élevant de plus en plus haut et parvenant enfin à cette hauteur où demeure la couronne des vertus, appelée "amour chrétien".

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Sermon sur la Montagne: Les Béatitudes

Au cours de la Liturgie, deux lectures de l'Évangile sont proposées. La première, pour le dimanche, est Marc 9, 17-31. Ce miracle de guérison est rapporté dans les trois évangiles synoptiques. Le passage de l'Évangile pour saint Jean Climaque est le récit de Matthieu sur l'enseignement des Béatitudes par le Christ (Mt 4, 25 - 5, 12), qui est à la fois bref et explicite.

Commencer la lecture de l'Évangile du dimanche au verset 17 peut sembler étrange mais, pour les besoins de l'étude, revenez en arrière et regardez les versets qui précèdent immédiatement celui-ci. Nous voyons alors qu'un débat était déjà en cours. Dans la séquence chronologique, cela suit la Transfiguration, lorsque Pierre, Jacques et Jean étaient avec le Seigneur. En l'absence du Christ, les pharisiens avaient profité de l'occasion pour défier les neuf autres disciples et tenter de les détourner de la vérité. Comme d'habitude, les foules sont présentes et, voyant le Christ revenir, elles s'avancent pour Le saluer. Un homme avec un fils malade s'avance et explique la situation. Malheureusement, l'homme n'avait pas une foi solide et avait critiqué les disciples parce qu'ils n'avaient pas réussi à guérir son fils. Dans sa détresse et sa déception, il avait ouvertement accusé les disciples. Le Seigneur a répondu : "A celui qui croit, tout est possible", ce qui a retourné la question, impliquant que l'incrédulité de l'homme avait empêché la guérison de son fils. Il est possible que de nombreuses personnes dans la foule aient été scandalisées par l'échec apparent des disciples, mais le Christ s'est adressé non seulement au père de l'enfant et à la foule, mais aussi à la nation tout entière, en disant : "Ô génération incrédule". Lorsqu'il dit : "Combien de temps serai-je avec vous ? le Christ laisse entendre que c'est un supplice pour lui de vivre avec leur incrédulité. Nous voyons que, bien qu'Il leur fasse des reproches, Il accorde la guérison. Cependant, Il l'attribue à la foi du croyant plutôt qu'à Sa propre puissance. Le Seigneur ordonne au mauvais esprit de sortir et de ne pas revenir. Sans cet ordre direct, le démon aurait continué à affliger le fils.

Les disciples ont honte de leur échec et craignent d'avoir perdu la grâce qui leur a été accordée. Ils ont demandé l'aide du Seigneur. Celui-ci leur a répondu que la puissance spirituelle repose sur la prière et le jeûne. Ces deux facteurs sont essentiels et nous comprenons ainsi pourquoi l'Église utilise ce miracle pour nous enseigner cette leçon au cours du Grand Carême.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après


in Mettingham. 

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