"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

mercredi 22 mai 2019

Père Lawrence Farley: Un Psaume pour ceux qui désespèrent


Dans les six psaumes [Exapsalme] récités à chaque Matines de l'Église orthodoxe, on trouve un psaume unique parmi les psaumes du Psautier. 

Le psaume 87 des Septante (88 dans l'autre numérotation) est un psaume qui ne contient pas une lueur de lumière ou d'espérance. IL commence par ces mots : "Seigneur, Dieu de mon salut,  le jour et la nuit j'ai crié devant Toi ! Que ma prière entre en Ta présence ; incline l'oreille vers ma supplication ! Car mon âme est remplie de maux, et ma vie est au bord des enfers. J'ai été compté parmi ceux qui descendent dans la fosse ; Je suis devenu un homme sans secours, libre parmi les morts, comme ceux qui ont été blessés à mort, et dorment dans la tombe, eux dont tu ne te souviens plus, et que tu as écartés loin de ta main. On m'a mis au plus profond de la fosse dans les ténèbres et l'ombre de la mort." [1]Le psalmiste continue à se plaindre de versets en versets, sans espoir en vue. Et il termine sur une note de désespoir.

C'est unique parmi les psaumes. Beaucoup de psaumes contiennent de telles plaintes et lamentations. Dans beaucoup d'autres psaumes, le psalmiste crie vers Dieu, soulignant sa peine et demandant de l'aide. Prenons, par exemple, le psaume 6 : "Je me suis fatigué à gémir; de mes larmes, chaque nuit, je baigne ma couche. L'irritation a troublé mon œil, j'ai vieilli parmi tous mes adversaires."  Pourtant, son psaume se termine sur une note de confiance et de joie : "Que tous mes ennemis rougissent, et soient jetés dans un grand trouble, qu'ai plus vite ils retournent en arrière, couverts de honte." Ou considérez le Psaume 9. Cela commence par un questionnement perplexe sur l'amour de Dieu : "Pourquoi Seigneur es-tu parti loin de nous? ? Pourquoi nous dédaigner dans le besoin et la tribulation? Tandis que s'élève l'impie, le pauvre est consumé; il est pris aux ruses que les méchants ont tramées". Mais ce psaume se termine aussi sur une note de triomphe et de confiance en Dieu : "Le désir des pauvres, Seigneur, tu l'as exaucé; la préparation de leur cœur, ton oreille y a été attentive, pour rendre justice à l'orphelin et à l'opprimé." Mais il n'y a pas de fin aussi prometteuse dans le Psaume 87. Ce terrible psaume se termine par des paroles qui tombent comme un drap mortuaire sur le cœur humain : "Tu as éloigné de moi mes amis et mes proches, et mes compagnons, à cause de ma misère." Le psalmiste crie vers Dieu, et il n'y a pas de réponse, pas de lumière au bout du tunnel, pas d'espoir d'une réponse définitive. Tout s'estompe en noir.

Pourquoi trouve-t-on un psaume si terrible dans le Psautier ? Qu'est-ce que cela signifie ? Je suggère deux choses.

Tout d'abord, cela révèle que Dieu ne protège pas Ses enfants de tels moments de ténèbres et de désespoir. Le monde est un endroit dangereux, et personne n'est à l'abri de ses dangers ou à l'abri d'une catastrophe qui frappe avec une injustice arbitraire. Certains prédicateurs (souvent ceux qui vous sourient à la télévision) promettent que si vous devenez chrétien, vous trouverez une immunité heureuse contre de tels dangers, et vous passerez votre vie indemne, à l'abri des catastrophes et des ténèbres qui frappent les autres. Vous serez en bonne santé et riches ; vous vivrez (selon les paroles d'un de ces heureux évangélistes) "comme un enfant de roi", et il ne pleuvra jamais sur votre nuque!

Le Psaume 87 révèle qu'il n'en est rien. Dieu ne promet jamais à ses enfants l'immunité contre les ténèbres qui remplissaient le cœur du psalmiste d'un tel désespoir. Il est possible qu'un jour, vous aussi, vous serez comptés parmi ceux qui descendront dans la fosse, et que vous habiterez dans des régions sombres et profondes. Vous chercherez de l'aide et du réconfort autour de vous, pour découvrir que vos compagnons sont dans l'obscurité. Cela ne signifie pas que Dieu vous a abandonné, ou que vous n'êtes donc pas un de Ses enfants. Cela ne signifie pas que vous avez péché d'une manière ou d'une autre, et que Dieu vous punit. Cela signifie seulement que Dieu ne protège pas les siens des afflictions communes des hommes, et que la foi chrétienne exige du courage chrétien.

Deuxièmement et surtout, ce psaume révèle les profondeurs dans lesquelles Dieu lui-même était prêt à descendre pour nous sauver. Car le Christ, en assumant notre condition humaine dans le sein d'une adolescente juive, a aussi partagé tout ce qui appartenait à cette condition, y compris l'obscurité et le désespoir qui tombent parfois sur le cœur. 

C'est pourquoi ce psaume est utilisé dans les Vêpres du Vendredi Saint, où il décrit la mort et l'enterrement du Christ : "J'ai été compté parmi ceux qui descendent dans la fosse, etc..." Dieu n'a pas exempté même son Fils des troubles qui obscurcissent notre vie et nous conduisent au désespoir. Sur la Croix, le Christ s'écria : "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? après quoi Il fut mis au plus profond de la fosse dans les ténèbres et l'ombre de la mort, au séjour des morts. Il n'y a aucune profondeur à laquelle nous ne pouvons descendre que le Christ n'ait déjà sondée pour nous.

Que se passe-t-il ensuite ? Que se passe-t-il après le Psaume 87 ? Il ne sert à rien de tourner la page du Psautier pour regarder le Psaume 88, car le Psautier est une collection de psaumes, et non un journal théologique séquentiel. (D'ailleurs, le Psaume 88 se termine aussi sur une note de perplexité angoissée.) Pour savoir ce qui se passe ensuite, nous ne regardons pas les pages du Psautier, mais la vie du Christ. Après avoir été mis au plus profond de la fosse dans les ténèbres et l'ombre de la mort, le deuxième jour de sa mort, Il s'est levé en triomphe le troisième jour. Dans un échange béni, le Christ a pris sur Lui toute notre douleur et notre affliction humains, afin qu'Il partage avec nous Son triomphe divin et Sa joie.

Les psaumes du Psautier, comme tout le reste dans les Écritures hébraïques, trouvent leur accomplissement en Christ, et donc pour comprendre pleinement ces psaumes, nous devons nous tourner vers Jésus pour voir leur sens dans notre vie. Malgré toutes ses ténèbres apparentes et son désespoir, le psaume 87 enseigne finalement le triomphe de l'Amour de Dieu, car il révèle en Christ que même ceux qui habitent dans les ténèbres profondes peuvent trouver leur espérance en Lui.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après


NOTE
[1] Toutes les citations des psaumes viennent de la version du Psautier des Septante de Père Placide [Deseille] de bienheureuse mémoire. Le version anglaise des psaumes utilisée par le Père Lawrence Farley est quelquefois légèrement différente.

Le Concile de l'Eglise serbe rejette officiellement "l'église orthodoxe ukrainienne" schismatique


Le Patriarcat serbe ne reconnaît pas "la structure dirigée par les citoyens Denisenko et Doumenko". La seule Église reconnue par lui en Ukraine est l'Eglise orthodoxe ukrainienne canonique.

Suite à la réunion du Conseil des évêques de l'Église orthodoxe serbe, qui s'est tenue du 9 au 18 mai 2019 au monastère de Zica et dans la ville de Kraljevo, un communiqué de presse officiel a été publié, qui évalue notamment la question ecclésiastique ukrainienne.

Au cours de la rencontre sous la direction du Patriarche Irinej de Serbie, " les questions de la vie et de la mission de l'Eglise orthodoxe serbe dans le monde moderne, pleine de grands défis spirituels et de tentations " ont été discutées.

Le plus grand problème de l'Eglise orthodoxe aujourd'hui est la scission de l'Eglise en Ukraine et la tentative infructueuse du patriarcat de Constantinople d'aborder le problème "n'importe comment", unilatéralement, sans dialogue avec l'Eglise canonique en Ukraine et avec l'Eglise orthodoxe russe, et en général sans consultations pan-orthodoxes," dit la déclaration.

Les hiérarques soulignent, "A cet égard, le Concile réaffirme sa position actuelle : notre Eglise ne reconnaît pas la structure nouvellement créée en Ukraine, dirigée par les citoyens Denisenko et Doumenko".

Les évêques ont également réaffirmé leur soutien à l'Église orthodoxe ukrainienne canonique, dirigée par Sa Béatitude le Métropolite Onuphre de Kiev et de toute l'Ukraine.

Comme l'Union des Journalistes Orthodoxes l'a rapporté, le Patriarcat serbe avait précédemment envoyé à toutes les Eglises locales des lettres indiquant que l'Eglise orthodoxe serbe ne reconnaît pas l'église orthodoxe d'Ukraine  [schismatique] et considère que les actions de Phanar en Ukraine sont non canoniques. La seule Eglise reconnue par le Patriarcat serbe en Ukraine est l'UOC, a rapporté l'Eglise orthodoxe serbe.

En outre, une déclaration officielle de l'Église orthodoxe serbe, publiée en février de cette année, souligne que la seule Église que le Patriarcat serbe reconnaît en Ukraine est ll'Église orthodoxe ukrainienne canonique [du Métropolite Onuphre].

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après


mardi 21 mai 2019

LE MÉTROPOLITE DE KIEV CÉLÈBRE LA LITURGIE AU TOMBEAU DU SEIGNEUR


Jérusalem, le 20 mai 2019
 

Sa Béatitude le Métropolite Onuphre de Kiev et de toute l'Ukraine, primat de l'Église orthodoxe ukrainienne canonique, aimé et respecté dans toute l'Église orthodoxe, a eu l'honneur de célébrer dimanche, la Divine Liturgie au tombeau du Seigneur dans l'église du Saint-Sépulcre à Jérusalem.

Le Métropolite Onuphre est actuellement en pèlerinage en Terre Sainte, où il a été accueilli avec joie par les pèlerins :


Sa Béatitude a concélébré par les hiérarques du Patriarcat de Jérusalem et d'autres Églises locales, ainsi qu'avec Sa Grâce l'évêque Eusèbe de Shepetovsky et Slavuta, qui accompagnait son primat, et le clergé des Églises ukrainienne et estonienne, rapporte le site de l'Église Orthodoxe Ukrainienne.


   
Le primat ukrainien a offert une prière pour son troupeau et une prière pour la paix en Ukraine tout enofficiant dans le lieu le plus saint du monde.

Vendredi, le Métropolite Onuphre fut avec Sa Béatitude le Patriarche Théophile III de Jérusalem, qui a noté que si l'Eglise est toujours dans un état d'épreuve et de persécution, à cet égard " l'Eglise ukrainienne traverse une période particulière de son histoire ".


    
Le Patriarche a souligné que des prières sont toujours offertes dans les Lieux Saints de Terre Sainte pour que le Seigneur protège son Eglise et ses fidèles en Ukraine. Le Métropolite Onuphre l'a remercié pour ses prières et a transmis la gratitude de tout le clergé ukrainien et des fidèles à l'Église de Jérusalem.

Il est à noter que bien que les hiérarques, le clergé et les pèlerins de l'Église canonique ukrainienne soient fréquemment reçus par le Patriarche Théophile et servent dans les lieux saints de Jérusalem, il a été absolument interdit au "clergé" de l'église schismatique  d'y servir et il n'a pas été reçu en audience par le Patriarche.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
ORTHOCHRISTIAN

lundi 20 mai 2019

Le « Game of Thrones »[1] de l’église ukrainienne schismatique :Philarète a perdu la bataille, mais il espère gagner la guerre

Le sieur Philarète Denisenko

Philarète reste minoritaire : seuls quatre "évêques" sont venus à son appel!
*
Les principales thèses de l'allocution de Philarète Denisenko, "patriarche (sic) honoraire" de l’église ukrainienne schismatique et chef du « patriarcat de Kiev ».
Philarète Denisenko, le "patriarche honoraire" ou "grand-père" de l’église ukrainienne [schismatique], comme l'a surnommé Mgr Daniel (Zelinsky), archevêque phanariote, a annoncé la renaissance de l'Église orthodoxe ukrainienne du patriarcat de Kiev (schismatique). De plus, il a dit en langage clair que cela se ferait en rompant avec l’église ukrainienne autocéphale d’Epiphane.
Pour réaliser ses projets, il a convoqué l'"épiscopat" dans sa cathédrale Saint-Vladimir les 13 et 14 mai pour une "conversation amicale". Cependant, seuls 4 des 60 "évêques" ont rejoint ses bannières.
Un échec ? Oui, peut-être, mais pas pour Philarète. Au lendemain de cette "conversation amicale", le service de presse du "patriarcat de l’église ukrainienne" schismatique a publié un discours de Philarète à tout le troupeau ukrainien, puis le "grand-père" de l'OCU l'a annoncé lors d'une conférence de presse. Analysons les messages clés de ce document.
D'abord : Le Patriarcat de Kiev était, est et sera !
Une citation du discours:
1. "Le patriarcat de Kiev (sic) n'a pas besoin d'être restauré, car il était, est et sera.
2. Le patriarche Philarète reste le hiérarque actuel. Il a sa propre éparchie - Kiev, il est membre permanent du Saint Synode. Donc s'il y a un patriarche actuel, il y a un patriarcat de Kiev.
3. L ’église ukrainienne [schismatique] du patriarcat de Kiev reste enregistrée auprès des organes de l'Etat. En particulier, le patriarcat de Kiev est enregistré. Cela signifie que légalement le patriarcat de Kiev continue d'exister."
Selon les décisions du patriarcat de Constantinople et le statut de l’église ukrainienne [schismatique], Philarète est un "patriarche" par intérim, mais pas un "patriarche" agissant, il est un "patriarche honoraire". Mgr Daniel (Zelinsky) a décrit ce titre comme une sorte de "bibelot" pour qu'une personne âgée puisse s'amuser dans sa vieillesse. Et il n'a pas son éparchie. Selon les statuts de l' l’église ukrainienne [schismatique] il ne gère actuellement que deux monastères de Kiev. Toutefois, selon le statut de l’église ukrainienne du « patriarcat de Kiev », c'est-à-dire une organisation religieuse enregistrée qui n'est pas au stade de la liquidation, Philarète est le chef de cette église ( sic) et en est le "patriarche" actuel.
Le discours de Philarète explique comment le patriarcat de Kiev, liquidé lors du "Concile d'unification" du 15 décembre 2018, est soudainement redevenu actif. Et cette explication nous montre le deuxième message du document.
Deuxièmement : Nous avons menti, nous mentons et nous mentirons.

Tout ce qui se passe est un terrible déjà vu. Rappelons comment Philarète Denisenko, lors du Conseil épiscopal de Moscou au début du mois d'avril 1992, a juré sous serment devant la Croix et l'Evangile (un enregistrement audio pertinent peut être trouvé sur Internet) qu'il quittera le poste de chef de l'église orthodoxe ukrainienne. Mais à son arrivée à Kiev, il convoqua une conférence de presse le 14 avril 1992, au cours de laquelle il déclara qu'il n'irait nulle part, tandis que le serment de son évêque était prononcé "pour des raisons diplomatiques".
De même, aujourd'hui, Philarète ne nie pas que le patriarcat de Kiev  s'est dissous lui-même, ne nie pas qu'il a refusé d'être le chef de l’église ukrainienne [schismatique] autocéphale, ne nie pas qu'il a accepté le statut de métropolite au lieu de patriarche, mais prétend que cela a été fait une manière "conjoncturelle".
Une citation du discours:
"Notre refus du statut de patriarche était purement conjoncturel."
Par conséquent, du point de vue du "patriarche d'honneur", tout mensonge et faux, toute fraude peut être justifiée par la situation. Le discours indique directement que le consentement à la dissolution du patriarcat de Kiev et au retrait de Philarète de la direction n'était rien de plus qu'une tentative de saisir frauduleusement le Tomos et de se moquer du patriarche Bartholomée de Constantinople.
Le patriarcat de Kiev remplissait officiellement les conditions du patriarche Bartholomée.
Une citation du discours:
"Pourquoi le Patriarche œcuménique a-t-il exigé de refuser le statut de patriarcat ? Parce que l'Eglise orthodoxe ukrainienne en statut de patriarcat ne peut faire partie du patriarcat de Constantinople. Mais il était nécessaire que l'église orthodoxe ukrainienne autocéphale [schismatique] fasse théoriquement partie du patriarcat de Constantinople. Qu'est-ce qu'on devait faire ? Refuser de faire théoriquement partie du patriarcat de Constantinople ? Le patriarche œcuménique n'aurait alors pas le droit canonique d'accorder partiellement le Tomos. Pour obtenir le Tomos, il faut d'abord devenir la métropole de Kiev au sein du patriarcat de Constantinople. C'est pourquoi le patriarche œcuménique demanda et posa comme condition que je ne présente pas ma candidature au poste de Primat, tandis que le métropolite Emmanuel, président du Concile, - que je ne porte pas l'insigne patriarcal au Concile."
 "Notre refus du statut de Patriarcat était purement conjoncturel."
Extrait du discours de Philarète Denisenko
Le "grand-père de « l’église orthodoxe ukrainienne" explique aussi ses actions frauduleuses. Quoi Phanariotes, vous voulez qu'on renonce au statut de patriarche ? Ok - tout ce que vous voulez !
Une citation du discours:
"Pour la convocation du Concile et l'octroi du Tomos, le « patriarche » Philarète devait remplir les conditions suivantes : ne pas présenter sa candidature au poste de Primat. Pourquoi ? Parce que l'Eglise orthodoxe ukrainienne ne serait reconnue par l'église autocéphale qu'en tant que métropolite, et non en tant que patriarcat."
Voulez-vous que le patriarcat de Kiev soit liquidé ? Tenez, voilà !
Une citation du discours:
"La deuxième condition de la part du patriarche œcuménique est la signature des évêques sur la dissolution du patriarcat de Kiev."
Nous ferons tout, donnez-nous juste le Tomos !
Une citation du discours:
"Que devait faire le patriarche Philarète dans ces conditions ? Refuser au nom de la gestion de l'église ou accepter d'être humilié afin d'obtenir le Tomos. Le patriarche Philarète a choisi l'humiliation. Par conséquent, nous avons le Tomos de notre autocéphalie."
Philarète et le patriarcat de Kiev ont formellement rempli toutes les conditions, mais en réalité c'était une tromperie consciente, un mensonge délibéré. Philarète savait bien que tout cela n'était pas valable. 
Une citation du discours:
"Seul le Concile local de l'Église, convoqué par le « patriarcat de Kiev », peut annuler la décision sur la création du patriarcat de Kiev. Ce Concile n'existait pas. Cela signifie que le patriarcat de Kiev reste, il continue à fonctionner, d'autant plus qu'il est enregistré auprès des organes de l'Etat. On peut objecter que le 15 décembre 2018, nous avons refusé le statut de patriarcat au Concile local de la cathédrale Sainte-Sophie. Oui ! Au Concile local, mais ce Concile n'était pas le Concile de l'église autocéphale ukrainienne, mais le Concile de la métropole de Kiev du patriarcat de Constantinople."
En outre, Philarète fournit des arguments confirmant l'illégitimité du Concile du  15 décembre 2018 et, par conséquent, l'invalidité de toutes ses décisions d'auto dissolution et le rejet du statut de patriarcat. Elles sont les suivantes :
- Le Concile a été convoqué par le patriarche Bartholomée plutôt que par les primats des églises ukrainiennes, c'est-à-dire le « patriarcat de Kiev » et l’église ukrainienne autécéphale ;
- Le représentant du patriarche de Constantinople, le métropolite Emmanuel, a présidé le Concile ;
- Les hiérarques du Patriarcat de Constantinople ont pris une part active au Concile, qui n'aurait pas ce droit si c'était un Concile valide du patriarcat de Kiev.
La fraude est évidente : prendre des décisions délibérément invalides pour obtenir le Tomos du Patriarche Bartholomée, qui a mordu à l'hameçon et accordé le Tomos.
Le mensonge se poursuit aujourd'hui et se poursuivra à l'avenir.
Une citation du discours:
"Nous sommes d'accord sur le statut de la métropole et remercions sincèrement le patriarche œcuménique de Constantinople Bartholomée de nous avoir accordé le Tomos et d’avoir eu le courage de défendre l'ordre canonique dans l'Église (sic !!!). Mais à l'avenir, nous voulons être reconnus avec le statut de Patriarcat."
"Seul le Concile local de l'Église, convoqué par le patriarcat de Kiev, peut annuler la décision sur la création du patriarcat de Kiev. Ce Concile n'existait pas."
Une citation du discours de Philarète Denisenko
Comment vous êtes-vous mis d'accord sur le statut de la métropole, si dans les toutes premières lignes de l'allocution vous dites que " le Patriarcat de Kiev était, est et sera " ? Le "Grand-père " reconnaît qu'il ment aux forces extérieures disant que l'église orthodoxe ukrainienne est un patriarcat, et aux forces intérieures - que l'église orthodoxe ukrainienne est une métropole.
Une citation du discours:
"Par conséquent, à l'extérieur, nous sommes la métropole, tandis qu'à l'intérieur, nous continuons à être le patriarcat."

Quel Janus hypocrite ! D'ailleurs, selon la mythologie romaine antique, le Janus à deux visages est "la divinité de toutes les entreprises, portes, entrées et sorties".
Troisièmement : Nous avons juré, jurons et jurerons allégeance au nouveau pouvoir.
Denisenko a toujours été remarquable pour avoir prêté serment d'allégeance à tout gouvernement qui fut établi dans l'État.
Il a fidèlement servi le gouvernement soviétique et a été bien traité pour cela. Le prêtre et écrivain spirituel Pavel Adelheim a rappelé qu'en 1959, étudiant au Séminaire théologique de Kiev, il avait écouté le discours du recteur de l'époque, l’archimandrite Philarète, sur l'amour du pouvoir soviétique : "Moi, fils d'un mineur, je suis devenu archimandrite et recteur. Sous quel autre pouvoir cela pourrait-il arriver ?! Sous le ciel de qui vivez-vous ?! Vous mangez le pain de qui ?! Sur quelle terre marchent les gens ?! Vous êtes ingrats, les autorités soviétiques vous éduquent, mais vous... ”
Mais lorsque le pouvoir soviétique s'effondra, Philarète commença à le vilipender de toutes les manières possibles, et à louer la nouvelle puissance ukrainienne de toutes les manières possibles. Mais jusqu'à l'effondrement de l'URSS en 1991, tout était exactement le contraire. Or, à peine Petro Porochenko avait-il quitté le poste de Président que Philarète le déclara apostat et jura allégeance aux nouveaux dirigeants de l'Ukraine, parmi lesquels il nomme non seulement Vladimir Zelensky, mais... Igor Kolomoisky.
Une citation du discours :
"Il ne fait aucun doute que le président Petro Porochenko a joué un rôle important (en recevant le Tomos - Ed.) aux côtés de la Verkhovna Rada d'Ukraine, dirigée par son président Andrei Parubiy. Mais Porochenko a renié ses promesses et a accepté de liquider le Patriarcat de Kiev."
 C'est à dire ! Le dirigeant est vaincu - et on peut lui reprocher la liquidation du patriarcat de Kiev. Le fait que Philarète lui-même ait donné le même consentement, ayant signé le document sur la liquidation du « patriarcat de Kiev » avec ses "évêques", n'est pas pris en compte. Après tout, c'était "purement conjoncturel". Pour avoir le tomos en poche, mentez autant que vous voulez !
Une autre chose, c'est le nouveau président. Devant lui, vous devez faire valoir tous vos mérites.
Une citation du discours:
"Personne ne peut nier que le patriarcat de Kiev a obtenu ce résultat. Sans lui, il n'y aurait pas de Tomos, parce qu'il n'y aurait personne à qui le donner. C'est clair non seulement pour les dirigeants de l'église, mais aussi pour les laïcs, comme le nouveau président élu de l'Ukraine V. Zelensky, l'homme d'affaires I. Kolomoisky et d'autres."
Qu'est-ce que Kolomoisky, qui est basé en Israël, a à voir avec le Tomos ? Pourtant, le "grand-père de l’église orthodoxe ukrainienne" a le pressentiment de savoir qui va résoudre les problèmes et à qui il doit prêter serment d'allégeance.
Quatrièmement : Nous avons eu, avons et aurons des paroisses à l’étranger
Comme on le sait, l'une des dispositions du fameux Tomos sur « l'église » autocéphale et l'une des conditions de son octroi est le transfert de toutes les paroisses étrangères des [deux entités schismatiques ukrainiennes –celle de Philarète et celle de Macaire] sous la juridiction du Phanar. Philarète était d'accord, mais, encore une fois, avec son hypocrisie innée, ce cas, comme beaucoup d'autres, n'était que "conjoncturel".
En fait, Philarète déclare le maintien des paroisses étrangères dans la juridiction du « patriarcat de Kiev » […]. A cette fin, il refuse même le nom "d’église orthodoxe d'Ukraine" et insiste sur le nom "d’église orthodoxe ukrainienne", qu'il considère comme faisant partie de sa confession pour une raison quelconque.¨
Une citation du discours de Philarète Denisenko:
"Pourquoi nous ne sommes pas d'accord avec le nom de l'église orthodoxe d'Ukraine ou en Ukraine.
1. Parce que toutes les Églises autocéphales ont un titre adjectival : l'Église orthodoxe russe, pas l'Église orthodoxe en Russie ; l'Église orthodoxe roumaine, pas l'Église orthodoxe en Roumanie ; l'Église orthodoxe bulgare, pas l'Église orthodoxe en Bulgarie ; et toutes les Églises qui reçoivent le Tomos de l'Église de Constantinople aussi. Seule notre Église a été appelée différemment des autres - pas l'église orthodoxe ukrainienne, mais l'église orthodoxe d'Ukraine.
2. Qu'est-ce qui se cache derrière tout cela ? Cela signifie que les ukrainiens orthodoxes en dehors de l'Ukraine n'appartiennent pas à l'Église orthodoxe ukrainienne. Et c'est ce qu'on dit dans le Tomos. Les ukrainiens orthodoxes à l'étranger ont été scandalisés par cette situation. Ils veulent appartenir à leur église natale.
3. Toutes les Églises orthodoxes autocéphales conservent leur émigration, à l'exception des Églises grecques. Toute la diaspora grecque est canoniquement subordonnée au patriarche œcuménique.
4. Par conséquent, nous devrions également être appelés église orthodoxe ukrainienne, plutôt qu’église orthodoxe d'Ukraine, afin que notre émigration ukrainienne puisse jouir du droit d'appartenir à son Église natale".
Cinquièmement : C'est uniquement la faute d'Epiphane qui suit la volonté de Moscou.
Les accusations du "patriarche honoraire" de l’église autocéphale d’Ukraine envers le chef de l’église autocéphale d’Ukraine se résument au fait qu’Epiphane Doumenko :
- ne respecte pas ce qui a été convenu lors du "concile d'union" du 15 décembre 2018 ;
- a essayé lors de la première réunion du Synode de "l'église autocéphale  ukrainienne d'inscrire Philarète sur la liste des retraités ;
- n'a jamais officié avec le "patriarche" pendant cinq mois, même le jour du 90e anniversaire de ce dernier ;
- ne rencontre pas Philarète et ne l'appelle pas ;
- déconnecte (sic) l'église orthodoxe d’Ukraine ;
- menace de la révocation du Tomos mais fait tout pour que cela se produise.
Quiconque ne reconnaît pas l'existence du Patriarcat de Kiev - et il s’agit de Petro Porochenko, Epiphane Doumenko, le chef du département du ministère de la Culture pour les affaires religieuses Andrei Yurach, et bien d'autres – sont déclarés forces anti-ukrainiennes.
Une citation du discours :
"Aujourd'hui, toutes les forces anti-ukrainiennes ont rejoint la destruction du patriarcat de Kiev en Ukraine."
Epiphane Doumenko, à son tour, est directement accusé de travailler pour Moscou.
Une citation du discours :
"Moscou est satisfaite de la situation dans « l’église orthodoxe d’Ukraine ». Ce qu'elle n'a pas réussi à réaliser à travers divers efforts est maintenant réalisé par les actes de l'actuel primat de cette église !
Sixièmement : Ce qu'il faut faire, selon le "patriarche d'honneur".
Donner à Philarète un pouvoir réel et non "honorifique" au sein de « l’église autocéphale d’Ukraine » ! Et en particulier, de lui donner le droit de présider les réunions du Synode et du Concile  de cette « église ».
Une citation du discours:
"Afin de rectifier la situation, qui peut être rectifiée, il est nécessaire de respecter les accords qui ont été conclus devant le Concile en présence du Président Porochenko et des évêques. Cela signifie que le Primat est responsable de la représentation extérieure de « l'église ukrainienne », tandis que le patriarche est responsable de la vie interne de l'église en Ukraine, mais en coopération avec le primat. Le primat ne fait rien dans l'église sans le consentement du patriarche. Le patriarche préside les réunions du Saint Synode et des Conciles de l'église en Ukraine afin de préserver son unité, sa croissance et son établissement".
Ainsi, la guerre à tous les opposants du Patriarcat de Kiev et, surtout, à Epiphane a été déclarée ! Le fait que Philarète ait publié son discours après avoir été ouvertement soutenu par seulement 4 des 60 "évêques" signifie que ce fait ne le dérange pas du tout. Qui sortira vainqueur de ce "Game of Thrones", qui soutenir et sur qui parier, en fait, n'est pas important. Il est important que de plus en plus de gens, tant en Ukraine qu'à l'étranger, qui regardent tous ces jeux, comprennent que l'ensemble du projet avec l'OCU, tout comme le PK de l'UOC et l'UAOC [2], n'a rien à voir avec l'Église du Christ.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d’après
NOTES :
[2] id est avec les diverses « églises » ukrainiennes schismatiques reconnues- seul le Diable sait pourquoi- par Bartholomée d’Istanbul, qui s’est totalement fourvoyé, et a entraîné son "patriarcat" dans cette boue puante, dont il ne pourra sortir que par le repentir, mais en est-il seulement capable ? On peut en douter -hélas- pour l’Eglise du Christ, et pour la Grande Eglise de Dieu qui était à Constantinople (NDT)
-->


dimanche 19 mai 2019

Qu'est-ce qu'une épitimie?



Qu'est-ce qu'un épitimie?
Un enseignement et une aide pour les pécheurs, dans le Sacrement de la Confession

L'épitimie ou la pénitence doit être comprise comme une interdiction que, selon les canons de l'Église, le prêtre en tant que médecin spirituel peut appliquer dans certains cas, afin de traiter les maladies morales de ses enfants spirituels.

Les canons contiennent de nombreuses recommandations pour les péchés comme les assassinats, l'adultère et les autres péchés de la chair, et bien d'autres circonstances. La plupart de ceux-ci spécifient une certaine période de temps pendant laquelle le pénitent a l'interdiction de recevoir la Sainte Communion.

Une épitimie ne doit pas être seulement une interdiction de recevoir les Saints Mystères. Un confesseur pourrait imposer un jeûne au-delà de ce que font les autres, des prières de repentir supplémentaires, l'exécution d'un certain nombre de prosternations, des œuvres de miséricorde, la lecture de l'Ecriture Sainte et d'autres exercices pieux.

Une pénitence spéciale ou épitimie parfois imposée par le prêtre-confesseur, n'est pas un châtiment, mais représente une action de correction ou de guérison pédagogique. Le but est d'approfondir la contrition à propos du péché et de soutenir la volonté de correction.

L'apôtre Paul dit: "Car la tristesse selon Dieu produit une repentance pour le salut, qui ne doit pas être regrettée, mais la tristesse du monde produit la mort" (2 Corinthiens 7:10).

L'un des canons du Sixième Concile Œcuménique déclare: "En recevant de Dieu le pouvoir de lier et de délier, le prêtre doit évaluer la nature du péché et de préparation des repentis, et donc utiliser les moyens appropriés de la guérison. Mais s'il n'applique pas des moyens appropriés, le salut ne sera pas disponible pour le pécheur. Car tous les péchés ne sont pas similaires, mais différents et spécifiques, et représentent de nombreux aspects de préjudice d'où le mal se développe et se disperse plus loin, sauf s'il est arrêté par la puissance de guérison. "

A notre époque pitoyable, où les chrétiens se vautrent dans l'ignorance concernant la justice, et où la société leur apprend à être de plus en plus indulgents avec eux-mêmes, le confesseur sage donne d'une main douce une épitimie. Il est important de ne pas souffler la petite flamme de contrition qui brûle chez un pénitent en dispensant une épitimie qui peut être très appropriée pour une personne spirituellement plus mature, mais qui ne serait seulement perçue comme une punition pour quelqu'un qui peine à tolérer le lait spirituel.

En tant que pasteur, le staretz Ambroise avait une approche douce, que certains ont interprété à tort comme une faiblesse.

"Un jour," écrit Vladika Anthony, "ne comprenant pas, je lui dis après la confession, "Pourquoi, Père, ne m'as-tu pas donné une épitimie? Il répondit humblement: "Tu sais, j'ai observé moi-même qu'une parole aimable agit avec plus de force que n'importe quoi d'autre".

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Icons courtesy of
used with permission.

ÉVÊQUE TRANSFUGE DRABINKO : SI J'AVAIS TOUT SU, JE NE SERAIS PEUT-ÊTRE PAS ALLÉ AU "CONSEIL DE L'UNIFICATION".


Kiev, le 16 mai 2019

Alexandre Drabinko, ancien métropolite de l'Église orthodoxe ukrainienne canonique, fut l'un des deux seuls hiérarques, avec Siméon Tchostatski, ancien métropolite de Vinnitsa, qui
quitta l'Église canonique et assista en décembre au "concile d'unification" de Constantinople qui a créa un nouveau corps schismatique, "l'église orthodoxe d'Ukraine" (OCU).

Drabinko et Tchostatski étaient tous deux des sympathisants connus du mouvement d'autocéphalie schismatique et personne n'a été surpris qu'ils aient assisté au "concile" et aient fait défection.

Cependant, Drabinko dit maintenant que s'il avait su tout ce qui se passait dans les coulisses, il n'aurait peut-être pas assisté au "concile". Cette déclaration est venue dans ses commentaires sur le conflit public entre le "patriarche" Philarète Denisenko et le "primat" de l'OCU le "métropolite" Epiphane Doumenko dans une entrevue donnée au site  ukrainien Gromadske hier.

Selon l'ancien métropolite, le conflit autour de l'OCU a commencé dès le premier jour du "concile d'unification". Tous les évêques réunis attendaient Philarète et ses évêques du "patriarcat de Kiev (sic!)" (PK) qui renonçaient à dissoudre ou non le patriarcat de Kiev, comme le demandait Constantinople.

"Vladyka Emmanuel, qui représentait le patriarche œcuménique, était très ennuyé par une telle position, la réticence à dissoudre le patriarcat de Kiev, et on en est même venu à des remarques plutôt non constructives les uns envers les autres. C'est alors que tout le monde a compris que la position du patriarche Philarète aurait sa place ", se souvient Drabinko.

En ce qui concerne les déclarations de Philarète selon lesquelles qu'il devrait gouverner l'OCU, Epiphane ne le représentant qu'aux fonctions externes, Drabinko a déclaré : "Je n'exclus pas que ces accords aient pu avoir lieu. Cependant, personne n'a informé le concile local de l'existence de ces ententes. Ceux qui étaient présents ne savaient pas pour les accords."

"Si cette information avait été transmise à l'évêque de l'UOC, aux laïcs qui représentaient l'UOC avec nous, aux évêques autocéphalistes et aux laïcs - nous ne savons pas comment les événements futurs auraient eu lieu ", a commenté l'ancien évêque canonique.

De plus, Drabinko n'a pas exclu qu'il n'aurait pas assisté sciemment à un tel concile : "Je n'exclus pas que je n'aurais pas participé à un concile qui proposerait que le primat ne soit pas volontairement choisi comme primat de l'église, mais patriarche autoproclamé Philarète, selon certains accords.

De plus, le conflit ouvert entre le "patriarche Honoraire" Philarète et le "métropolite" montre au monde que quelque chose ne va pas dans "l'église ukrainienne autocéphale"  [schismatique] croit Drabinko, qui attribue à cela la diminution du nombre de paroisses canoniques qui passent à l'"l'église ukrainienne autocéphale" [schismatique].

"J'associe[le nombre décroissant] à ce conflit. Si nous n'avions pas eu de conflit interne, ce qui montre à l'extérieur que quelque chose ne va pas. Le conflit devrait être surmonté par l'"esprit conciliaire", qui devrait être exprimé par le primat Epiphane Doumenko.

Version française Claude Lopez-Ginisty 
d'après

samedi 18 mai 2019

Sagesse spirituelle du staretz roumain Proclu: LE COEUR QUI EST REMPLI DE COLÈRE NE PEUT PAS RECEVOIR L'ESPRIT SAINT !

Moine Proclu (Nicău)

Le staretz Proclu naquit le 13 novembre 1928 dans le village roumain de Micolu Belan, dans la région de Neamts. A l'âge de douze ans, il partit pour le monastère de Sihastria, où il vécut comme novice pendant huit ans et y reçut la tonsure monastique en 1948. 

Le moine Proclu était un fils spirituel fidèle de l'archimandrite Cleopa (Ilie) et il suivi ses paroles toute sa vie. En 1959, commença en Roumanie, la campagne  contre les monastères, quand ils furent fermés tous les moines qui n'avaient pas atteint l'âge de la retraite furent expulsés. Le Père Proclu en faisait partie. Il avait trente et un ans. Avec la bénédiction de du staretz Cléopa, il retourna dans son village natal et commença à vivre la vie érémitique, se réfugiant dans une pauvre hutte. Le Père Proclu passa le reste de ses cinquante-huit années de vie dans ce labeur ascétique et, le 27 janvier 2017, il partit paisiblement vers le Seigneur en la quatre-vingt-neuvième année de sa vie.

***
    
Faisons tout par amour !

Je suis heureux que vous soyez à la recherche du Seigneur Jésus-Christ. Quiconque s'accroche à l'Église acquerra le paradis. Pour qui l'Église est Mère, Dieu est son Père. Sinon, c'est en vain que nous prononçons la prière, "Notre Père". Quiconque prie le "Notre Père" doit accepter l'Église comme sa mère.

En arrivant à l'endroit où il est écrit : "Et pardonne-nous nos dettes, comme nous pardonnons à nos débiteurs"[1], nous devons nous demander si nous n'avons offensé quiconque d'une manière ou d'une autre sans jamais demander pardon pour cela. Ou, quelqu'un nous a-t-il déjà demandé de pardonner son erreur et nous ne lui avons pas pardonné ? Si je ne fais pas ce qui est dit dans la prière, cela signifie que je mens quand je prie, et que je ne suis pas un véritable enfant de Dieu.

En vérité, on ne peut dire le "Notre Père" que si l'on pardonne à tous ceux qui nous ont causé des souffrances, des difficultés, ou ont péché de quelque manière que ce soit contre nous. Celui qui ne pardonne pas, je ne sais pas comment il peut réciter cette prière. De telles personnes se trompent cruellement.

Le plus grand problème de notre époque est l'inimitié. Le cœur qui est rempli de colère ne peut pas recevoir l'Esprit Saint !

Quand vous êtes pris par le souvenir des torts, votre cœur est rempli de colère et votre âme sent qu'elle est en enfer. Au mieux de nos capacités, ne nous vengeons pas de ceux qui nous offensent. Ne nous souvenons du mal de personne ; et si quelqu'un nous dérange, prions pour lui : "Seigneur, pardonne à celui qui m'a contrarié !"

La meilleure façon de vaincre le Diable est de faire preuve de patience. Tant que nous endurons et que nous ne nous vengeons pas, l'esprit de paix nous calme. Dans la mesure où nous prions pour nos ennemis et où nous nous blâmons nous-mêmes, nous sentirons une grande paix dans notre âme. Et si nos pensées nous disent que " tel ou tel est aussi à blâmer et pas seulement moi ", et que cette pensée nous conquiert, alors l'Esprit Saint nous quitte, nous commençons à sentir la lourdeur dans notre âme, et nous ne pouvons plus la supporter.

Si une personne n'a pas d'humilité, alors après de nombreux châtiments, coups et peines, elle commence à reconnaître qu'elle n'est rien d'autre qu'un animal, une bête, et parfois même inférieure à une bête. Alors elle commence à chercher la Vérité, la Lumière, et elle a honte d'avoir péché. Et s'il lui reste encore des jours dans sa vie, elle commence à se repentir. Mais si elle ne le fait pas... Que Dieu nous protège !

Les peines et les épreuves nous aident à acquérir le don de la sérénité et de l'humilité. Le don de la sérénité s'acquiert surtout chez ceux qui ne veulent pas se venger.

Si je veux aider quelqu'un, je dois l'aider avec miséricorde ; je dois avoir pitié de lui, et tout ce que je lui dis doit être dit avec miséricorde. Je n'arriverai à rien en grinçant des dents, car c'est le commandement du Seigneur que de tout faire avec amour.[2]

Le jugement que l'on porte sur notre prochain éloigne l'activité de l'Esprit Saint

Dans les situations difficiles, comme en prison, la prière du soir  est très utile. Prions le Dieu Bon  de tout notre cœur ! Et ce faisant, afin que notre prière soit acceptée, n'ayons de rancune envers personne ; et si quelqu'un nous en veut, il n'obtiendra rien, tant que nous n'aurons pas de rancune envers quiconque. Alors notre prière sera agréable à Dieu. C'est une grande chose de prier sans avoir aucun désagrément avec quelqu'un d'autre ! La prière nocturne est très précieuse.

Certains viennent me voir et me disent : "Untel m'a jeté un sort et le Diable est entré en moi. Je suis tourmenté ; je suis allé aux offices de l'onction, à l'église, mais sans résultat.

Je leur dis : "Regardez, ces prières sont d'une grande aide si, quand vient le temps de s'endormir, nous ne nous endormons pas l'esprit distrait, mais nous nous endormons en priant et que nous ne portons aucun mal contre quiconque.

Tant que je considère qu'un tel ou tel m'a jeté un sort, ma prière n'a aucun pouvoir. Le Saint-Esprit aide quand nous ne portons aucun mal contre quiconque.

S'il m'arrivait de juger quelqu'un ou de dire du mal de quelqu'un, je pourrais corriger ce péché en me confessant, en me souvenant de cette personne en prière et en ne disant jamais du mal de lui.

Si nous voyons que quelqu'un nous regarde avec colère, nous devons prier en pensant pour lui que le Dieu Bon lui apporte la paix. Cela aide beaucoup à gagner une personne qui a de l'inimitié envers vous. Un ennemi peut être conquis de cette façon : avec des cadeaux et un mot gentil. Alors le Saint-Esprit chasse les mauvais esprits qui l'ont emmené captif, et il fait la paix.

Celui qui ne veut pas aller à l'église et prendre un bon départ a une conscience qui ne lui fait plus de reproches, et Dieu l'abandonne. Et puis, puisque le Saint-Esprit l'a abandonné, le Diable prend le dessus sur lui avec force et il peut finir par se noyer, ou tomber sous une automobile, ou même se pendre.

Ne luttez pas contre une personne ; nous devons lutter contre l'esprit du mal. Notre combat est comme ça : Nous ne pouvons rien faire par notre propre force, mais l'Esprit Saint nous aide à la mesure de notre prière avec humilité. [3]


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

NOTES:
[1] Autre versiuon de la phrase du Notre Père, pardonne-nous nos offenses... "Que tout ce que vous faites, se fasse par amour" 1 Corinthiens 16:14

[2] "A ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres" (Jean 13:35).

[3] D'après le livre: Moine Proclu Nicau, Conscience, Dis-moi! (Monah Proclu NicăuConștiință, spune-mi tu. Sfânta Mănăstire Putna, 2016).



vendredi 17 mai 2019

Hésychie


C’est simple. Permets-moi de le dire: n'abandonne pas. Tout ce qui te fait penser que cela en vaut la peine, tout ce qui est bon, tout ce qui rend ton cœur vraiment heureux, traque-le, ne le laissez pas partir. C’est si simple. Notre vie est trop courte pour laisser le temps courir inutilement. Indifféremment.

As-tu eu l’opportunité de rendre les choses plus belles? Ne la laisse pas se perdre! Au Nom de Dieu! Même si tout est contre toi, bats-toi ? Tu m’entends? En toi l'espoir est toujours là. Et il attend pour te sourire. Car il nous sourit toujours du côté opposé. Par tout homme que nous rencontrons. À chaque occasion. À chaque respiration. Dans chaque soupir et larme. Dans chacune de nos prières profondes.

Nos mains peuvent peindre les vents. Notre cœur – autant que cela est possible - peut encore sourire. Les fleurs à l'extérieur de la tombe du Christ nous indiquent le chemin. La beauté révoltée, les innocents, cela seulement peut changer le monde. Crois-le. Et tu verras comment ta vérité changera avec le temps. Silencieuse. Humble. Douce.

Version française Claude Lopez-Ginisty