Aujourd'hui, c'est le Dimanche des Laitages, également connu sous le nom de Dimanche du Pardon, qui est le dernier jour avant le début du Grand Carême.
Premièrement, il pourrait être édifiant de regarder le Calendrier des Saints, car il nous rappelle que c'est l'anniversaire de la découverte des reliques du saint patriarche Tikhon. Un chapitre du livre Everyday Saintsest consacré au récit de cet événement étonnant. À une occasion précédente, nous avons examiné le service de l'évêque Tikhon enAmérique, où son ministère était missionnaire et vraiment apostolique. En 1917, ce saint hiérarque fut élu patriarche de Moscou. C'était un honneur, mais aussi une lourde croix à porter. Les bolcheviks leconsidéraient comme leur principal ennemi et ne perdaient aucuneoccasion de lui causer du chagrin. Bien que saint Tikhon soit appeléconfesseur de la Foi, plutôt que martyr, il n'est pas déraisonnable de décrire l'angoisse et les tourments qu'il a subis comme un lent martyre.Il est allé à sa récompense céleste le jour de la fête de l'Annonciation en1925 et a été inhumé au monastère de Donskoï.
Les bolcheviks avaient craint que sa tombe ne devienne un lieu de pèlerinage. Tout au long de la période soviétique, on pensait que les reliques sacrées du patriarche avaient été perdues. Il y avait de nombreuses rumeurs selon lesquelles elles avaient été enlevées et cachées, ou pire encore, que les Soviétiques avaient emmené le cercueil et les restes mortels dans un crématorium pour les incinérer.Cependant, cette dernière horreur ne s'était pas produite et, miraculeusement, en 1992, le cercueil contenant les reliques sacrées fut redécouvert. Dans notre église, l'icône en bois du patriarche saint Tikhon, sculptée en bas-relief, contient un petit fragment du cercueil d'origine.
+ Dans le livre Lenten Spring de Thomas Hopko, nous trouvons le paragraphe suivant au chapitre 4, qui a pour titre Retour au Père. "Les gens se sentent malheureux et ils ne savent pas pourquoi. Ils sententque quelque chose ne va pas mais ils ne peuvent pas mettre le doigt sur quoi que ce soit. Ils se sentent mal à l'aise dans le monde, confus et frustrés, aliénés et éloignés, et ils ne peuvent pas l'expliquer. Ils ont toutet pourtant ils en veulent plus. Et quand ils l'obtiennent, ils sont toujours vides et insatisfaits. Ils veulent le bonheur et la paix, et rien ne semble les apporter. Ils veulent l'épanouissement, et cela ne semble jamais venir. Tout va bien, et pourtant tout va mal. En Amérique, c'est presque une maladie nationale. Elle est recouverte d'une activité frénétique et d'une course sans fin. Elle est enterrée dans les activités et les événements. Elle est noyée dans les programmes télévisés et les jeux.Mais quand le mouvement s'arrête et que le cadran est éteint et que tout est silencieux.....alors la peur s'installe, et l'insignifiance de tout cela, et l'ennui et la peur.
Pourquoi en est-il ainsi? Parce que l'Église nous le dit, nous ne sommes vraiment pas chez nous. Nous sommes en exil. Nous sommes aliénéset éloignés de notre vrai pays. Nous ne sommes pas avec Dieu notre Père dans la terre des vivants. Nous sommes spirituellement malades. Et certains d'entre nous sont déjà morts.” Ce passage résume l'éthique de la société contemporaine qui nous entoure. Bien que le PèreThomas se réfère à l'Amérique, où il vivait, la même descriptioncorrespond à la plupart de la société contemporaine.
À l'approche du Grand Carême, nous avons réfléchi à la question du jeûne et il est facile de gémir et d'être sombre à ce sujet. Les disciplinesdu Carême remontent à plusieurs siècles et c'est pourquoi il n'y a aucune mention du café, du tabagisme ou de la télévision, pour ne citer que quelques choses qui étaient inconnues au premier millénaire.Quelle est la vertu du jeûne? Est-ce la substitution d'alternatives végétaliennes? Mis à part les jours de jeûne, lorsqu'on nous demandece que nous aimerions manger, nous pourrions dire: “Je voudrais une tarte au porc” ou “Je voudrais un sandwich au fromage”. L'essence du choix est que je l'aimerais. La décision est entièrement centrée sur l'ego.
Dans le Grand Carême, et les jours de pénitence en général, noussommes invités à ne pas nous mettre à la première place, mais à êtreplus effacés et, par conséquent, théocentriques. Dans la Liturgie du dimanche du Carnaval, nous avons entendu lire le passage de l'Évangile dans lequel le Christ mentionne des actes de gentillesse tels que nourrir les affamés et accueillir les étrangers. Cela pourrait être compris comme signifiant que la chose la plus importante est de faire quelque chose. Bien sûr, c'est important, mais deux semaines plus tôt, nous avons entendu, dans la lecture de l'Évangile, parler du Pharisien qui faisait des choses techniquement correctes, jeûnait et faisait l'aumône, mais il était critiqué à cause de ses motivations. C'est là que nous voyons le thème émerger. Aucune de ces leçons et avertissements ne sont autonomes, mais font partie de quelque chose de beaucoup plus large et ne doivent pas être sortis de leur contexte.Une partie centrale de ce thème en développement est la Parabole du Fils Prodigue.
Le Grand Carême commence demain et nous sommes dans la dernièreétape de notre préparation. La lecture de l'Évangile d'aujourd'hui (Matthieu 6: 14-21) est brève et si explicite que même le commentaire de Théophylacte est assez bref. Le chapitre 6 de l'Évangile de saint Matthieu commence par les paroles du Christ sur l'aumône, qui, dit-Il, devrait se faire tranquillement. Les riches donateurs qui font de gros dons de bienfaisance sous le feu de la publicité ont leur récompense, qui est une louange mondaine. On nous apprend à ne pas rechercherles honneurs du monde, mais plutôt à faire ce qui plaît à Dieu.
Le chapitre se poursuit avec les disciples qui apprennent à prier et on leur donne les paroles que nous connaissons comme la Prière du Seigneur. Ensuite, nous arrivons aux versets qui sont lus dans la liturgie aujourd'hui. Le commentaire attire notre attention sur la tristesse feintedes hypocrites, qui ont maquillé leurs visages pâles. Ce stratagèmethéâtral, pour impliquer la douleur, est rejeté comme sans valeur.Ensuite, il y a une référence à l'huile, évidemment l'huile d'olive. Il y a une note de bas de page d'un traducteur plus tôt dans le commentairequi dit:..... en grec les mots pour "olive" et "miséricorde", elaias et eleos, sont très similaires à l'oreille, bien qu'ils n'aient aucun rapport étymologique. Ces deux mots sont fréquemment associés l'un à l'autre.C'est un exemple où une nuance dans une langue peut être rendue, seulement avec difficulté, dans une traduction. Ainsi, la référence à l'onction implique de faire preuve de miséricorde et cela s'exprime dans l'aumône. La lecture se termine par le sujet qui a surgi plusieurs fois auparavant, la question des possessions matérielles.
Dans le Canon et les autres textes liturgiques d'aujourd'hui, le pronom à la première personne est utilisé parce que je ne devrais pas examiner les fautes d'une autre personne, ou pointer du doigt une autre personne, Adam ou qui que ce soit, mais je m'accuse seul. Cetteapproche est démontrée à la fin des Vêpres du dimanche après-midi lorsque nous avons le rite du pardon mutuel.
Nous demandons pardon les uns aux autres pour tous nos manquements, alors que nous n'avons pas été à la hauteur de notre appel chrétien. Nous nous humilions devant nos frères et sœurs en Christ en reconnaissant nos propres faiblesses. Ce n'est que par une humilité authentique que nous pouvons nous rapprocher de Dieu.
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
in Mettingham.





