On pense souvent que porter sa croix implique quelque chose d'extraordinaire qui va au-delà de la dévotion habituelle. C'est une idée fausse.
Porter sa croix signifie accomplir ses tâches quotidiennes sans se plaindre et surmonter les difficultés et les défis auxquels nous sommes confrontés avec patience. Dans un cas, cela peut impliquer d'être patient avec votre belle-mère ou votre belle-fille ; dans un autre cas, cela peut impliquer de s'occuper d'un parent ou d'un enfant malade ; dans un autre cas encore, cela peut impliquer d'effectuer chaque jour le même travail banal, monotone et routinier. Accepter toutes les circonstances dans lesquelles le Seigneur nous a placés, c'est porter notre croix.
Peu de gens sont assez forts pour comprendre et accepter cela. Dans la plupart des cas, une personne recherche un ministère « supérieur » loin de ses proches qui ont réellement besoin de son aide ou, inversement, dont elle a besoin, car ce n'est pas par hasard que le Seigneur nous a amené toutes ces personnes. C'est à travers elles que nous luttons contre nos passions, que nous affinons notre humilité, notre patience et notre courage, et que nous grandissons dans la foi.
« Dieu nous entoure toujours de personnes avec lesquelles nous devons guérir de nos défauts », a déclaré le staretz Silouane de l'Athos. Remettre à plus tard cette tâche importante, c'est se leurrer. Ce « plus tard » n'arrivera jamais. Tant que nous chercherons des moulins à vent à combattre dans des contrées lointaines, notre croix restera de côté, souillée et oubliée.
La croix, c'est faire confiance à Dieu, c'est Le rencontrer dans chaque personne qui se présente sur notre chemin ; c'est endurer les circonstances prédéterminées par Dieu. Rester humain en toute situation est la plus grande réussite qui soit.
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

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