"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

dimanche 29 mars 2026

5e DIMANCHE DU GRAND CARÊME

Ste Marie l'Egyptienne

Aujourd’hui, l’Église commémore sainte Marie l’Égyptienne qui passa 47 ans seule dans le désert, se repentant de son ancien mode de vie. Dimanche dernier, nous avons pensé à saint Jean Climaque, modèle des ascètes, et ce dimanche, nous célébrons sainte Marie l’Égyptienne, modèle des pénitents. Sa vie fut consignée par le Patriarche saint Sophrone de Jérusalem (634-638). Dans les pages d’introduction du Triode de Carême, on peut lire : « Certains auteurs modernes ont remis en question l’exactitude historique du récit de saint Sophrone, mais il n’y a en soi rien d’impossible dans une telle histoire. En 1890, le prêtre grec Joachim Spetsieris a trouvé une femme ermite dans le désert au-delà du Jourdain, vivant presque exactement comme sainte Marie. ».

St. Sophrone de Jérusalem


En réalité, il y a sans doute toujours eu des sceptiques et des incrédules. Saint Sophrone en était conscient. Au début de son récit, il dit : « En écrivant la Vie de sainte Marie l’Égyptienne, je crains de dissimuler par mon silence les œuvres de Dieu. Me souvenant du malheur du serviteur qui cacha dans la terre le talent que Dieu lui avait donné (Mt 25, 18-25), je me dois de transmettre le récit sacré qui m’est parvenu. « Et que personne ne pense que j’ai eu l’audace d’écrire des mensonges ou de mettre en doute cette grande merveille ; puisse-je ne jamais mentir sur les choses sacrées ! S’il se trouve des gens qui, après avoir lu ce récit, n’y croient pas, que le Seigneur ait pitié d’eux car, réfléchissant à la faiblesse de la nature, ils jugent impossibles ces choses accomplies par des saints ».

St. Zossime et ste Marie



La première partie du récit nous parle de saint Zossime, qui était hiéromoine en Palestine au Ve siècle. Il avait été emmené dans un monastère dès son enfance et y avait passé toute sa vie. Comme il menait une vie ascétique très stricte, faite de prière et de jeûne, les gens venaient le consulter pour obtenir des conseils spirituels. Après avoir passé plus de 50 ans au monastère, il pensait avoir appris tout ce qu’il y avait à savoir sur la vie spirituelle. Le pèlerinage de sa vie le conduisit dans un autre monastère situé près du Jourdain. La coutume des moines de ce monastère était de passer tout le Grand Carême en solitude dans le désert, pour ne revenir au monastère que le dimanche des Rameaux.

C’est ainsi qu’il arriva que Zossime, alors qu’il priait seul dans le désert, aperçut une silhouette humaine au loin. Sa solitude était envahie, il alla donc voir de qui il s’agissait. La personne s’enfuit et le moine courut à son tour. Finalement, l’étrangère révéla qu’elle était une femme et qu’elle était nue. Elle s'adressa au moine en l'appelant par son nom et lui demanda de lui prêter son manteau par pudeur. Le fait qu'elle connaisse son nom choqua Zossime davantage que son sexe et sa situation, mais il comprit qu'elle avait dû recevoir de Dieu le don de la vision spirituelle. C'est ainsi qu'ils entamèrent la conversation. Elle s'appelait Marie et était née en Égypte. À l'âge de 12 ans, elle avait quitté ses parents pour se rendre à Alexandrie. Dans cette ville, pendant 17 ans, elle mena une vie de débauche totale. 

Un jour, Marie vit des gens se précipiter vers le port pour embarquer sur des navires. En posant des questions, elle découvrit qu’ils se rendaient à Jérusalem pour la Vénération de la Croix et elle décida de les accompagner. À Jérusalem, elle constata qu’une barrière invisible l’empêchait d’entrer dans l’église. En voyant l’icône de la Mère de Dieu, à l’entrée de l’église, Marie pria et promit de se repentir de son ancien mode de vie. Ainsi, elle put entrer dans l’église et vénérer la Précieuse Croix du Christ. Pour accomplir son vœu, Marie se rendit dans le désert au-delà du Jourdain et y passa les 47 années suivantes, complètement seule, dans la prière et le jeûne, jusqu’à sa rencontre avec saint Zossime. 

L’Église utilise l’histoire de sainte Marie l’Égyptienne pour nous enseigner deux leçons. Dans le cas de Marie, à Alexandrie, elle menait une vie aussi éloignée que possible de la vertu chrétienne, mais elle se repentit et revint sur le Chemin du Salut. Ainsi, nous la commémorons comme sainte car elle nous montre que, quelle que soit la distance à laquelle nous nous sommes éloignés de la vie chrétienne, il n’est jamais trop tard ***L'exemple de Zossime est pour nous un avertissement. Il pensait avoir progressé dans la vie spirituelle, mais cela l'avait rendu orgueilleux. C'est alors qu'il rencontra une personne des plus inattendues, mais qui était bien plus avancée que lui dans la vie ascétique. Cela lui enseigna l'humilité. Si vous n'avez pas lu la vie complète de sainte Marie l'Égyptienne, je vous recommande de le faire. 

***

Il y a deux canons aux Matines. Le premier est basé sur la parabole du riche et de Lazare, en grande partie à la première personne, et contient une leçon sérieuse pour tous les chrétiens. 

(Extrait du Cantique 8 du Canon).

Je me suis enrichi de plaisirs sensuels, comme le riche d’autrefois qui s’habillait chaque jour de pourpre ; et, me délectant des bonnes choses de la vie, je me suis condamné au luxe et à la tromperie. C’est pourquoi je Te prie, ô Christ miséricordieux : délivre-moi pour toujours du feu éternel. 

Le deuxième Canon est en l’honneur de sainte Marie l’Égyptienne. 

(Extrait du Cantique 9 du Canon). 

Ayant sagement renoncé à toutes les choses de cette terre, tu es devenue une demeure sanctifiée de l’Esprit. Prie le Christ, notre seul Libérateur, afin que nous, qui célébrions avec foi ta sainte mémoire puissions être libérés des périls de ce monde

***


Il y a aujourd’hui deux passages de l’Évangile : l’un pour le dimanche, Marc 10, 32-45, et l’autre pour le saint, Luc 7, 36-50.

Dans le passage de saint Marc, le Seigneur commence à préparer les disciples à ce qui va advenir. Il le fait pour apaiser leur angoisse. Il a la prescience de Sa Passion ; il est donc clair qu’Il pourrait y échapper, mais Il montre qu’Il accepte volontairement la souffrance et la mort. La consolation qu’Il leur offre est qu’Il ressuscitera le troisième jour. Ensuite nous lisons la question posée par Jacques et Jean. Dans son récit de cet incident, saint Matthieu dit que les disciples emmenèrent leur mère avec eux et qu’elle posa la question au nom de ses fils. Cela implique qu’ils imaginent le Royaume comme un royaume terrestre et qu’ils demandent un statut mondain. Le Christ ne les appelait pas à l’honneur et à la gloire, mais à tout sacrifier pour Lui, et Il leur a dit que c’est ce qui allait se passer. Nous voyons comment même les disciples sont soumis à la faiblesse humaine. Deux cherchaient à tirer profit et dix étaient contrariés parce qu’ils se sentaient exclus. Il est facile pour nous d’imaginer que les saints étaient tous, et toujours, parfaits. Nous voyons ici qu’ils sont très humains et qu’ils souffrent des mêmes tentations et difficultés que nous tous. La différence est qu’ils triomphent finalement, alors que nous continuons souvent à lutter. Comme le dit Théophylacte : « Le Christ les guérit, d’abord en les apaisant en les appelant à Lui, puis en leur montrant que rechercher les honneurs et désirer la première place est le comportement des païens. » 

Dans l’Évangile selon saint Luc, nous rencontrons un pharisien qui, bien qu’il ait invité le Seigneur chez lui, n’était ni sincère ni honnête dans ses intentions. Il a montré son manque de foi en parlant du Christ avec mépris : « … s’il était prophète… ». Le Seigneur accepte le geste de la femme dont l’offrande venait du cœur. Puis Il confronte le pharisien à son manque de courtoisie élémentaire envers un invité et lui montre qu’Il connaît bel et bien le cœur de la femme, qu’Il compare favorablement à celui du pharisien. Le Christ ne dit pas à la femme « Je te sauverai », mais Il dit : « Ta foi t’a sauvée ; va en paix. » 

(Tropaire de sainte Marie d’Égypte – Ton 5)

Éclairée par la grâce de la Croix, tu as été vue comme une lumière éclatante de repentance, dissipant les ténèbres des passions, ô toute sainte. Tu es apparue comme un ange incarné au saint Zossime dans le désert. Intercède auprès du Christ pour nous, ô Marie, notre juste Mère. 


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

in Mettingham. 


Un hiérarque du "patriarcat de Kiev" rapporte des menaces de mort de la part des représentants de l'OCU /schismatique)

Nikon Grablyuk
 

Le chef du diocèse d'Odessa-Balta du "patriarcat" orthodoxe de Kiev, Nikon Grablyuk, a publié une déclaration officielle dans laquelle il a signalé des menaces pour sa vie et sa santé, qui, selon lui, proviennent de représentants de "l'église" orthodoxe d'Ukraine (OCU schismatique). L'incident s'est produit après la cérémonie funéraire pour Philarète Denysenko.

Selon Hrabliuk sur son compte Facebook, sur le chemin de l'hôtel, deux hommes non identifiés l'ont approché et ont commencé à le menacer de violence physique. Nikon a considéré cet incident comme une tentative sérieuse sur sa vie. À cet égard, il a également mis en garde le clergé du diocèse d'Odesa-Baltsk de l'UOC-KP sur le danger potentiel et les menaces possibles contre eux.

Dans un appel officiel aux organismes d'application de la loi, Nikon a appelé la police à prêter attention à la situation. Il a directement souligné qu'en cas de disparition ou de mort soudaine, l'entière responsabilité serait placée sur les représentants de l'OCU.

Plus tôt, il a été rapporté que les représentants du "patriarcat" de Kiev n'ont pas pu participer à la cérémonie d'enterrement officielle de leur chef spirituel Philarète Denysenko, invoquant la pression et les menaces des partisans de l'OCU. En raison de l'impossibilité d'assister au rite funéraire principal, le chef nouvellement élu de l'organisation, Nikodim, a organisé un service funéraire alternatif et a annoncé une période de quarante jours de prières intenses dans toutes les communautés de la structure.


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

Raskolnet

Librairie

 

Librairie du monastère de la Transfiguration
28 mars 2026
Chers amis,
Nous avons le plaisir de vous proposer cette semaine deux nouveaux ouvrages remarquables sur Jeanne d'Arc et Saint Niphon.
 
Nouveautés
 
 
 
25,00 €

Le vrai visage de Jeanne d'Arc
 
François REDON

En 2025, à Domremy-la-Pucelle, on fêtait solennellement le sixième centenaire des apparitions du saint Archange Michel et des saintes martyres Catherine et Marguerite. Pour notre sainte française, les années qui suivirent furent une période « d’initiation secrète » en attendant l’ère de floraison dans une vie publique et active, non voulue, mais assumée jusqu’au sacrifice ultime. Il est sans doute providentiel que six siècles plus tard, nous exhumions une ancienne étude concernant la personnalité de Jeanne qui nous permet de mieux cerner la personnalité de Jeanne, comment cette « initiation » longue de cinq ou six ans, ont domestiqué, modelé et transfiguré la personne hors normes de cette sainte bien humaine, loin de l’image légendaire qui nous est souvent proposée.
 
L’essai que nous vous présentons a été composé en 1946, mais il était resté inédit. L’auteur, François Redon, scrute « le vrai visage de Jeanne d’Arc » : ses vertus de courage, de virilité, de combativité et de compassion, même pour les ennemis de la France, et ses combats intérieurs dont l’intensité n’était pas moindre que celle de ses combats militaires. Un modèle du soldat chrétien.
 
Pour les lecteurs qui s’étonneraient qu’un éditeur orthodoxe publie un livre sur une sainte catholique, nous faisons précéder ce traité d’une introduction montrant que le type de sainteté de Jeanne pourrait aussi être reconnu par l’Orthodoxie, car elle est en harmonie avec celle des grands saints soldats martyrs, tels saints Martin de Tours, Julien de Brioude ou Maurice d’Agaune. « Sa » sainteté dépasse les critères de la sainteté spécifiquement catholique, même trois siècles après ce désastreux schisme de 1054. La publication de cet ouvrage est une contribution à l’œcuménisme auquel tout le monde aspire et vise à faire connaître Jeanne d’Arc comme une aide et un modèle de nos combats internes, et ceux propres à notre tumultueuse époque.
 
 
 
28,50 €

Vie du Bienheureux Niphon
Un évêque mystique

Saint Niphon, évêque de Constantiane, vivait au IVe Siècle, époque des premiers Grands Conciles Œcuméniques. Il était contemporain et ami de saint Athanase-le-Grand, archevêque d’Alexandrie avec lequel il était personnellement lié, ainsi que des Jean Chrysostome, Basile-le-Grand, Grégoire le Théologien et Grégoire de Nazianze, Hilaire de Poitiers et de nombreux autres. C’est une époque où l’Église s’organisait, fécondée par la réflexion des grands théologiens les « Pères de l’Église ». Saint Niphon est l’un de ces hommes d’exception, mais beaucoup moins connu. Il a éprouvé, au cœur d’une vie « mondaine » pas toujours exemplaire a priori, la connaissance du « monde spirituel», au travers d’une radicale conversion du cœur. Son biographe consigne ici les confidences intimes de son maître relatives à ses visions extraordinaires et il transcrit ses prières fulgurantes, propres à réchauffer nos âmes lassées ou découragées par notre stérilité et nos échecs intérieurs. Les prières qu’il adresse à Dieu représentent une révélation pour nous. Elles sont exprimées avec une poésie qui seule peut exprimer le « Sublime » : la révélation de l’extraordinaire Majesté de Dieu, de Sa non moins éminente miséricorde et de Sa prodigieuse proximité. Ses élans s’apparentent aux magnifiques homélies d’un saint Épiphane de Salamine (Chypre) Les lecteurs grecs y ont été sensibles puisqu’à ce jour il y a déjà eu treize éditions de cette relation. Nous avons l’honneur de vous en présenter la première en français, en espérant que ces derniers y seront aussi réceptifs que les Grecs.
 
 
Ce livre est une Révélation, une « apocalypse » !
 
Quelques livres ou CD pour le grand carême
 

 
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Monastère de la Transfiguration
24120 Terrasson-Lavilledieu