"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

lundi 31 août 2026

Saint Joseph Damascène (2)



Joseph comme archiprêtre 

Prenant conscience de sa réputation honorable, la paroisse demanda au Patriarche Séraphin (1813-1823) de Damas de l'ordonner pour qu'il soit leur pasteur. Comme le patriarche avait une grande admiration pour lui, il l'ordonna diacre, puis prêtre en une semaine alors qu'il n'avait encore que 24 ans (1817). Lorsque son successeur, le patriarche Méthodios (1824-1850), eut connaissance de sa ferveur, de sa piété, de ses connaissances et de son intrépidité, il l'éleva au rang d'archiprêtre, et lui donna le titre de Grand Économe. 

Prenant un grand intérêt à la prédication pendant de nombreuses années à la chaire de la cathédrale patriarcale (Al-Mariameih), il obtint d'excellents résultats dans sa prédication. Certaines personnes le considéraient comme le successeur de saint Jean Chrysostome: Naaman Kasatly fit son éloge dans son livre Le Jardin Luxuriant, le qualifiant de prédicateur créatif.

À la fin du 19ème siècle, c'est-à-dire, 39 ans après sa mort, Amin Kairala mentionna dans son livre: La Fragrante Odeur que les personnes âgées répétaient encore certains de ses sermons. L'écho de ses sermons étaient encore sensible jusques au début du 20e siècle; Habib Al-Zaiat, écrivain melkite, mentionna qu'il était connu chez les orthodoxes arabes par sa connaissance et sa prédication.

Dans ses sermons, il s'est distingué par ses preuves et ses réponses convaincantes et irréfutables. Selon Issa Al-Iskander Maloouf, il avait une voix calme qui pouvait être entendue de loin. Les gens écoutaient ses paroles, avec avidité et joie et mettaient en pratique ses conseils et gardaient ses commandements. 

Parallèlement à ses sermons, il agissait avec diligence, réconfortant les cœurs brisés, consolant ceux qui étaient frappés par l'épreuve, aidant les plus démunis et donnant de la force aux faibles. 

En 1848, lors de la propagation de la fièvre jaune à Damas, le père Joseph manifesta une grande ferveur dans le ministère auprès des malades et pour enterrer les morts, sans être troublé par la possibilité de contracter cette fièvre contagieuse, parce qu'il avait une foi profonde en Dieu. Bien qu'il ait perdu l'un de ses enfants par cette maladie contagieuse, il était infatigable à faire son devoir pastoral. Sa ferveur, sa fermeté et sa compassion augmentèrent. Il était très respecté par le peuple de Damas, qui voyait en lui l'image de saint Paul qui dit: "Nous sommes pressés de toute manière, mais non réduits à l'extrémité; dans la détresse, mais non dans le désespoir; persécutés, mais non abandonnés; abattus, mais non perdus; portant toujours avec nous dans notre corps la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus soit aussi manifestée dans notre corps." (2 Corinthiens 4:8-10).

Parmi ses multiples efforts, il réussit à détourner le peuple loin de nombreuses traditions non-orthodoxes concernant les fiançailles, les mariages et les enterrements. De même qu'il était compétent dans la construction des âmes, il était compétent dans la construction d'églises. En 1845, il restaura l'église de Saint-Nicolas, qui était à côté de la cathédrale patriarcale, mais elle fut dotruite par le feu pendant les événements horribles de 1860. 

Version française Claude Lopez-Ginisty 
d'après
antiochianarch.org.au

dimanche 30 août 2026

Saint Joseph Damascène (1)


Tropaire: Ton 5 

Ô fidèles, honorons le martyr du Christ, 
Le prêtre de l'Eglise d'Antioche, 
Qui a baptisé la terre, les églises, 
et le peuple de la Syrie, 
Dans la parole du Seigneur, 
Dans son sang et dans 
le sang de ses compagnons. 
Etant baptisé, depuis sa jeunesse, 
par la lumière de l'Evangile, 
Il a travaillé, enseigné 
Et gardé l'Église du Christ avec ses brebis. 
C'est pourquoi, ô Joseph Damascène, 
Sois notre exemple et notre protecteur 
Et notre fervent intercesseur auprès du Sauveur 




Introduction 

Le nom du hiéromartyr est Joseph, fils de Moïse, fils de George Mouhana Al-Haddad, connu comme le Père Joseph Mouhana Al-Haddad. D'habitude, il prend plaisir à se présenter comme une personne dont l'origine est de Beyrouth, mais sa patrie est Damas, et sa foi est orthodoxe. 

Son père a quitté Beyrouth dans le dernier quart du 18e siècle, il s'est établi à Damas, où il travaillait le tissage, se maria et engendra trois fils: Moïse, Abraham et Joseph. L'origine de sa famille remonte aux Ghassanides - ses ancêtres sont partis vers le village libanais d'Al-Firzul au 16ème siècle, et de là à Biskinta, au Mont-Liban, puis à Beyrouth. 

Ses biographes décrivent Joseph comme un prêtre de taille moyenne, au teint blanc, d'apparence digne, avec un grand front, des yeux vifs et intelligents, et une barbe touffue, dans laquelle les poils gris se sont éparpillés en lignes, jusqu'à ce qu'ils ressemblent aux rayons du soleil au lever du jour. 

Sa naissance et sa jeunesse 

Il naquit en mai 1793, dans une famille pauvre mais pieuse. À un âge précoce, il a obtenu une certaine éducation, donc il avait une certaine connaissance de l'arabe, et d'un peu de grec. N'ayant pas les moyens de payer sa scolarité, son père a décidé de mettre un terme à ses études pour le mettre à travailler dans l'industrie de la soie. Son désir de savoir, cependant, n'a pas été éteint par la pauvreté et la misère, il a donc décidé de trouver une solution. Il a commencé à travailler toute la journée et de s'instruire la nuit - la nécessité en fit une personne qui se fit toute seule. Très probablement, Moïse, son frère aîné, qui était un écrivain bien instruit et une personne connaissant bien la langue arabe, le poussa à un tel désir vers la connaissance. Moïse avait une petite bibliothèque à la maison, avec laquelle Joseph entreprit l'étude, mais, malheureusement, Moïse quitta cette vie à l'âge de 25 ans, il est dit qu'il est mort parce qu'il se surmena dans l'étude. Cette épreuve eut un impact ambivalent sur les parents de Joseph concernant le désir ardent de Joseph [d'étudier avec] des livres. Le flambeau de la connaissance, cependant, continua à brûler dans le cœur de Joseph. 

Atteignant l'âge de 14 ans, le jeune homme commença à lire les livres de son frère, mais il était frustré parce qu'il ne pouvait comprendre seulement une petite partie de ce qu'il lisait. N'y parvenant pas, il ne se découragea pas, et sa détermination augmenta considérablement. Sa question était: "L'auteur de ces livres n'était-ce pas un être humain comme moi, pourquoi est-ce que je n'arrive pas à les comprendre?! Je devrais en saisir le sens." 

Puis, il étudia avec un vieillard musulman damascène, Mouhamad Al-Attar, qui fut l'un des plus grands érudits de son époque, il apprit de lui l'arabe, la logique, l'art du débat et le raisonnement droit. Il a alors interrompu ses études, cependant, parce que le coût de l'écolage et des livres étaient un fardeau trop pesant pour son père, il fut obligé de revenir à son style de vie ancien: travailler toute la journée, et s'instruire lui-même pendant la nuit.

À ce stade, il est important de mentionner que la scolarité était alors associée à la spiritualité et la théologie. Nous ne devons pas oublier que la Bible était le livre le plus important. Joseph consacrait sa soirée de tout coeur à étudier la Torah, les Psaumes et le Nouveau Testament, en comparant le texte grec de la Septante à la traduction en arabe, jusqu'à ce qu'il atteigne le maîtrise de la traduction de et vers le grec. Ses connaissances ne se limitaient pas à la langue grecque, mais il fut capable de mémoriser une très grande partie de la Bible. Il persista, avec grande avidité, à saisir toutes les occasions possibles pour avoir plus d'éducation. Joseph étudia la théologie et l'histoire sous M. George Sabagh Chahadeh. Il a ensuite commencé à enseigner à son domicile, il a appris l'hébreu avec l'un de ses étudiants juifs.

Son effort tenace suscita la crainte de ses parents, alors ils essayèrent de le dissuader de l'apprentissage et de l'enseignement, de peur qu'il subisse le même sort que son frère. Ayant échoué dans leurs efforts, ils essayèrent une autre stratégie: On le donna en mariage à une jeune femme damascène dont le nom était Mariam Al-Kourshi, alors qu'il n'était encore âgé que de 19 ans (1812). Le mariage, cependant, ne put le détourner de sa quête de connaissance; sa biographie nous apprend que, même la nuit de ses noces, il continua à lire et étudier

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
antiochianarch.org.au