Joseph comme archiprêtre
Prenant conscience de sa réputation honorable, la paroisse demanda au Patriarche Séraphin (1813-1823) de Damas de l'ordonner pour qu'il soit leur pasteur. Comme le patriarche avait une grande admiration pour lui, il l'ordonna diacre, puis prêtre en une semaine alors qu'il n'avait encore que 24 ans (1817). Lorsque son successeur, le patriarche Méthodios (1824-1850), eut connaissance de sa ferveur, de sa piété, de ses connaissances et de son intrépidité, il l'éleva au rang d'archiprêtre, et lui donna le titre de Grand Économe.
Prenant un grand intérêt à la prédication pendant de nombreuses années à la chaire de la cathédrale patriarcale (Al-Mariameih), il obtint d'excellents résultats dans sa prédication. Certaines personnes le considéraient comme le successeur de saint Jean Chrysostome: Naaman Kasatly fit son éloge dans son livre Le Jardin Luxuriant, le qualifiant de prédicateur créatif.
À la fin du 19ème siècle, c'est-à-dire, 39 ans après sa mort, Amin Kairala mentionna dans son livre: La Fragrante Odeur que les personnes âgées répétaient encore certains de ses sermons. L'écho de ses sermons étaient encore sensible jusques au début du 20e siècle; Habib Al-Zaiat, écrivain melkite, mentionna qu'il était connu chez les orthodoxes arabes par sa connaissance et sa prédication.
Dans ses sermons, il s'est distingué par ses preuves et ses réponses convaincantes et irréfutables. Selon Issa Al-Iskander Maloouf, il avait une voix calme qui pouvait être entendue de loin. Les gens écoutaient ses paroles, avec avidité et joie et mettaient en pratique ses conseils et gardaient ses commandements.
Parallèlement à ses sermons, il agissait avec diligence, réconfortant les cœurs brisés, consolant ceux qui étaient frappés par l'épreuve, aidant les plus démunis et donnant de la force aux faibles.
En 1848, lors de la propagation de la fièvre jaune à Damas, le père Joseph manifesta une grande ferveur dans le ministère auprès des malades et pour enterrer les morts, sans être troublé par la possibilité de contracter cette fièvre contagieuse, parce qu'il avait une foi profonde en Dieu. Bien qu'il ait perdu l'un de ses enfants par cette maladie contagieuse, il était infatigable à faire son devoir pastoral. Sa ferveur, sa fermeté et sa compassion augmentèrent. Il était très respecté par le peuple de Damas, qui voyait en lui l'image de saint Paul qui dit: "Nous sommes pressés de toute manière, mais non réduits à l'extrémité; dans la détresse, mais non dans le désespoir; persécutés, mais non abandonnés; abattus, mais non perdus; portant toujours avec nous dans notre corps la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus soit aussi manifestée dans notre corps." (2 Corinthiens 4:8-10).
Parmi ses multiples efforts, il réussit à détourner le peuple loin de nombreuses traditions non-orthodoxes concernant les fiançailles, les mariages et les enterrements. De même qu'il était compétent dans la construction des âmes, il était compétent dans la construction d'églises. En 1845, il restaura l'église de Saint-Nicolas, qui était à côté de la cathédrale patriarcale, mais elle fut dotruite par le feu pendant les événements horribles de 1860.
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
antiochianarch.org.au
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