"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

vendredi 6 juin 2008

Moine Vsevolod:L'île de l'Amour Divin/ Patéricon de Jordanville (II)




Hiérodiacre Innocent tenant le trikerion-dikerion
avec des abeilles qui volent autour de lui


Beaucoup de moines se sont occupés des ruches du monastère, mais nous parlerons de l'un d'entre eux, l'apiculteur Père Innocent.

Père Innocent,( Igor Pretov dans le monde) est né le 15 mai ( ancien Calendrier) 1915 dans le gouvernement de Primorsk, dans une famille cosaque. La mère d'Igor était pieuse et lui-même avait le goût de la prière. Ses amis se moquaient de lui, " Pourquoi pries-tu tout le temps?" Beaucoup étaient surpris de voir Igor constamment à l'église, seul parmi les vieilles femmes. Pendant les jours du soulèvement russe, la famille d'Igor quitta la Russie en même temps que l'armée blanche et termina son périple en Mandchourie. Là, Igor se maria et il apprit aussi le métier d'apiculteur. De Mandchourie, il déménagea en Australie avec sa famille. Il devint assez riche la-bas, pourtant il donnait toujours de l'argent aux pauvres. Les richesse ne pouvaient retenir son âme pieuse dans son aspiration à servir Dieu. Dans la seconde moitié de sa vie, Père Innocent décida de quitter ce vain monde et de devenir moine. Au monastère, en plus de son service de diacre, Père Innocent avait deux autres obédiences monastiques: il travaillait au rucher et il remplissait et allumait les lampades des icônes et les cierges avant les offices.

Au rucher, Père Innocent travaillait sans filet de protection. Il n'avait pas peur des abeilles et elles n'avaient pas peur de lui et elles ne le piquaient pas. Il disait souvent que les abeilles étaient comme ses propres enfants. Quand le Père Innocent commença à chanter dans le chœur, les choristes remarquaient quelquefois une abeille posée sur sa soutane. Il prenait doucement l'abeille, la mettait dans sa poche et la remportait au rucher. Voici ce qui arriva un jour... Le second jour de Pâques, les frères marchaient en procession autour de l'église. Soudain venant de nulle part, arriva un essaim d'abeilles et elles fondirent toutes sur les fleurs de lilas qui ornaient le dikerion et le trikerion. Les hipodiacres étaient effrayés, mais Père Innocent ne l'était pas le moins du monde, et en fait, il était vraiment content. Il marcha avec solennité avec la procession, tenant le dikerion et le trikerion qui étaient totalement recouverts d'abeilles.

Tant que Père Innocent était vivant, il y avait beaucoup de miel au monastère. Il donnait généreusement ce miel comme bénédiction du monastère, et les gens faisaient de généreuses donations. Père Innocent recevait des commandes du monde entier, d'Argentine, d'Australie, et d'autres pays. Même si on pouvait trouver partout du miel, tout le monde voulait en obtenir de Père Innocent lui-même, comme bénédiction. On pouvait voir que ce miel était produit avec des prières.

Et Père Innocent était un grand homme de prière. La prière était sa condition naturelle. Quand il était au rucher, il travaillait d'une manière mesurée, sans hâte et il priait sans cesse. Pour lui son obédience monastique était comme la suite de la Liturgie.

Un jour, l'incident suivant très instructif, eut lieu... Père Innocent devait aller quelque part pour ses obédiences et il dit à un novice: "Je serais de retour dans peu de temps, j'ai besoin de me laver les mains pour enlever l'huile des lampades." Et il s'en fut. Dix minutes passèrent, puis une demie-heure et il ne revenait toujours pas. Le novice alla voir ce qui était arrivé. Il alla et trouva le Père Innocent debout devant l'évier, tenant ses mains sous l'eau, dans un état de demie-conscience: il était immergé dans la prière contemplative.

Père Innocent pratiquait la prière de Jésus et était capable de voir le monde spirituel, celui des anges et celui des démons. Pour lui, c'était naturel. Quelquefois il demandait aux gens autour de lui s'ils avaient ou non senti la présence d'un esprit impur. Evidemment, personne ne pouvait rien voir.

Les démons battirent Père Innocent en plusieurs occasions. Les frères du monastère étaient déconcertés par les marques de coups qui apparaissaient quelquefois sur son visage. Un jour, l'archimandrite Serge ( Romberg) dont la cellule était proche de celle de Père Innocent, entendit un bruit de remue-ménage qui venait de la cellule de son voisin et puis tout redevint calme. Au matin on entendait des gémissements étouffés venant de la cellule de Père Innocent. Père Serge y entra et vit que le locataire de la cellule avait été poussé, tête la première dans une étroite ouverture entre le mur et la tête du lit. D'abord il essaya de libérer Père Innocent tout seul, mais il n'y parvint point, alors il appela deux autres frères pour l'aider. Tous trois eurent beaucoup de mal à libérer Père Innocent.

Il est difficile de dire exactement combien de temps dormait Père Innocent. Le matin, il se levait avant les autres frères pour allumer les lampades de l'église. Le soir, revenant à sa cellule après les complies, Père Innocent commençait à lire sa règle de cellule monastique. Il s'immergeait profondément dans la prière. Il pouvait rester encore longtemps concentré dans la prière devant son coin d'icônes après cela. On voyait souvent une lumière dans sa cellule la nuit. On dit que quelquefois il se tenait ainsi debout jusques au matin. Et alors, il était temps d'aller à l'église allumer les lampades des icônes avant l'office de minuit, qui commence à cinq heures du matin à Jordanville.

Père Innocent jeûnait rigoureusement et pour cela, il était ascétiquement maigre. Pourtant il cachait son jeûne. En général, son comportement était modeste et humble. Si quiconque était fâché à cause de lui, il essayait toujours d'être le premier à demander pardon. Il se prosternait à terre devant l'autre personne même s'il n'avait rien à se reprocher. Quand quelqu'un demandait de l'aide à Père Innocent,il essayait d'être secourable. Il recevait des lettres de remerciements du monde entier. On lui envoyait des dons qu'il donnait à ceux qui étaient dans le besoin. Cependant, il n'acceptait jamais d'argent de quiconque. Un jour une compagnie australienne lui envoya 10.000 dollars en paiement de quelques services rendus par Père Innocent quand il était encore laïc. Pourtant, il refusa catégoriquement le chèque et insista pour qu'il soit renvoyé.
2. Père Innocent, l'apiculteur ( troisième & dernière partie)
Beaucoup de moines se sont occupés des ruches du monastère, mais nous parlerons de l'un d'entre eux, l'apiculteur Père Innocent.
Père Innocent,( Igor Pretov dans le monde) est né le 15 mai ( ancien Calendrier) 1915 dans le gouvernement de Primorsk, dans une famille cosaque. La mère d'Igor était pieuse et lui-même avait le goût de la prière. Ses amis se moquaient de lui, " Pourquoi pries-tu tout le temps?" Beaucoup étaient surpris de voir Igor constamment à l'église, seul parmi les vieilles femmes. Pendant les jours du soulèvement russe, la famille d'Igor quitta la Russie en même temps que l'armée blanche et termina son périple en Mandchourie. Là, Igor se maria et il apprit aussi le métier d'apiculteur. De Mandchourie, il déménagea en Australie avec sa famille. Il devint assez riche la-bas, pourtant il donnait toujours de l'argent aux pauvres. Les richesse ne pouvaient retenir son âme pieuse dans son aspiration à servir Dieu. Dans la seconde moitié de sa vie, Père Innocent décida de quitter ce vain monde et de devenir moine. Au monastère, en plus de son service de diacre, Père Innocent avait deux autres obédiences monastiques: il travaillait au rucher et il remplissait et allumait les lampades des icônes et les cierges avant les offices.

Au rucher, Père Innocent travaillait sans filet de protection. Il n'avait pas peur des abeilles et elles n'avaient pas peur de lui et elles ne le piquaient pas. Il disait souvent que les abeilles étaient comme ses propres enfants. Quand le Père Innocent commença à chanter dans le chœur, les choristes remarquaient quelquefois une abeille posée sur sa soutane. Il prenait doucement l'abeille, la mettait dans sa poche et la remportait au rucher. Voici ce qui arriva un jour... Le second jour de Pâques, les frères marchaient en procession autour de l'église. Soudain venant de nulle part, arriva un essaim d'abeilles et elles fondirent toutes sur les fleurs de lilas qui ornaient le dikerion et le trikerion. Les hipodiacres étaient effrayés, mais Père Innocent ne l'était pas le moins du monde, et en fait, il était vraiment content. Il marcha avec solennité avec la procession, tenant le dikerion et le trikerion qui étaient totalement recouverts d'abeilles.

Tant que Père Innocent était vivant, il y avait beaucoup de miel au monastère. Il donnait généreusement ce miel comme bénédiction du monastère, et les gens faisaient de généreuses donations. Père Innocent recevait des commandes du monde entier, d'Argentine, d'Australie, et d'autres pays. Même si on pouvait trouver partout du miel, tout le monde voulait en obtenir de Père Innocent lui-même, comme bénédiction. On pouvait voir que ce miel était produit avec des prières.

Et Père Innocent était un grand homme de prière. La prière était sa condition naturelle. Quand il était au rucher, il travaillait d'une manière mesurée, sans hâte et il priait sans cesse. Pour lui son obédience monastique était comme la suite de la Liturgie.

Un jour, l'incident suivant très instructif, eut lieu... Père Innocent devait aller quelque part pour ses obédiences et il dit à un novice: "Je serais de retour dans peu de temps, j'ai besoin de me laver les mains pour enlever l'huile des lampades." Et il s'en fut. Dix minutes passèrent, puis une demie-heure et il ne revenait toujours pas. Le novice alla voir ce qui était arrivé. Il alla et trouva le Père Innocent debout devant l'évier, tenant ses mains sous l'eau, dans un état de demie-conscience: il était immergé dans la prière contemplative.

Père Innocent pratiquait la prière de Jésus et était capable de voir le monde spirituel, celui des anges et celui des démons. Pour lui, c'était naturel. Quelquefois il demandait aux gens autour de lui s'ils avaient ou non senti la présence d'un esprit impur. Evidemment, personne ne pouvait rien voir.

Les démons battirent Père Innocent en plusieurs occasions. Les frères du monastère étaient déconcertés par les marques de coups qui apparaissaient quelquefois sur son visage. Un jour, l'archimandrite Serge ( Romberg) dont la cellule était proche de celle de Père Innocent, entendit un bruit de remue-ménage qui venait de la cellule de son voisin et puis tout redevint calme. Au matin on entendait des gémissements étouffés venant de la cellule de Père Innocent. Père Serge y entra et vit que le locataire de la cellule avait été poussé, tête la première dans une étroite ouverture entre le mur et la tête du lit. D'abord il essaya de libérer Père Innocent tout seul, mais il n'y parvint point, alors il appela deux autres frères pour l'aider. Tous trois eurent beaucoup de mal à libérer Père Innocent.

Il est difficile de dire exactement combien de temps dormait Père Innocent. Le matin, il se levait avant les autres frères pour allumer les lampades de l'église. Le soir, revenant à sa cellule après les complies, Père Innocent commençait à lire sa règle de cellule monastique. Il s'immergeait profondément dans la prière. Il pouvait rester encore longtemps concentré dans la prière devant son coin d'icônes après cela. On voyait souvent une lumière dans sa cellule la nuit. On dit que quelquefois il se tenait ainsi debout jusques au matin. Et alors, il était temps d'aller à l'église allumer les lampades des icônes avant l'office de minuit, qui commence à cinq heures du matin à Jordanville.

Père Innocent jeûnait rigoureusement et pour cela, il était ascétiquement maigre. Pourtant il cachait son jeûne. En général, son comportement était modeste et humble. Si quiconque était fâché à cause de lui, il essayait toujours d'être le premier à demander pardon. Il se prosternait à terre devant l'autre personne même s'il n'avait rien à se reprocher. Quand quelqu'un demandait de l'aide à Père Innocent,il essayait d'être secourable. Il recevait des lettres de remerciements du monde entier. On lui envoyait des dons qu'il donnait à ceux qui étaient dans le besoin. Cependant, il n'acceptait jamais d'argent de quiconque. Un jour une compagnie australienne lui envoya 10.000 dollars en paiement de quelques services rendus par Père Innocent quand il était encore laïc. Pourtant, il refusa catégoriquement le chèque et insista pour qu'il soit renvoyé.


Père Innocent vénérait profondément le Tzar martyr Nicolas II et sa famille avant même que les nouveaux martyrs et confesseurs de Russie ne soient glorifiés en 1981. Il y avait un portrait de la famille impériale dans le dortoir du séminaire, et chaque matin Père Innocent venait le vénérait et après seulement, il vaquait à son obédience. Vers la fin de sa vie, Père Innocent dut abandonner son obédience au rucher à cause de ses problèmes de santé et se mettre en retraite; néanmoins, il voulait toujours savoir comment allaient ses enfants les abeilles. Bientôt les médecins découvrirent que Père Innocent avait un cancer. La période de préparation au passage pour l'autre monde commença. Pourtant la préparation ne fut pas très difficile pour Père Innocent, car il s'était efforcé de ne pas être trop attaché dans son cœur à quoi que ce soit dans le monde. Ce n'était pas pour rien que son dicton préféré était: " Eté, hiver, été, hiver et puis nous sommes partis!"

Un jour, plusieurs des frères du monastère se rendirent à l'hôpital pour voir comment allait Père Innocent. Il était inconscient quand ils arrivèrent. Ils commencèrent à discuter pour savoir auel acathiste il fallait lire pour prier pour sa santé. L'un d'entre eux dit: " Pourquoi devrions-nous lire un acathiste? Il ne comprends rien de toute façon" Soudain, Père Innocent à la surprise générale ouvrit les yeux, se tourna vers le frère qui avait parlé et dit distinctement: " C'est toi qui ne comprends rien!"

Père Innocent s'éteignit le 25 septembre ( Ancien style) 1983. Pendant l'office d'ensevelissement qui eut lieu le 28 septembre ( idem), surgies de nulle part, des abeilles vinrent se poser sur le cercueil de Père Innocent, comme pour lui dire au revoir avant son ultime voyage. Ainsi, même les créatures muettes peuvent-elles devenir loyales et obéissantes à une personne qui a acquis la grâce du Saint Esprit.

Les frères se trompèrent accidentellement dans la date du quarantième jour. Donc, exactement au quarantième jour après son trépas, un des frères qui vivait au quatrième étage du bâtiment du monastère, entendirent soudain un petit bruit insistant de heurt sur la fenêtre de sa cellule. Il regarda par la fenêtre, mais évidemment, il ne vit personne. Il se cacha alors près de la fenêtre et à sa surprise, il vit des abeilles qui venaient en volant cogner à la vitre. Le frère alla voir l'archimandrite Wladimir ( Soukhobok). En regardant le calendrier, ils découvrirent qu'ils avaient fait une erreur en calculant le quarantième jour. Ils réalisèrent que c'était en ce jour le quarantième jour et que le Seigneur le leur avait miraculeusement rappelé par les abeilles. L'erreur fut réparée et les frères du monastère célébrèrent la mémoire du Père hiérodiacre Innocent à temps.

En conclusion, nous citerons une lettre d'un des frères du monastère, écrite après la mort de Père Innocent. " Aujourd'hui nous avons enseveli notre bien-aimé et aimant Père Innocent. Il est mort d'un cancer du foie dans l'hôpital de Cooperstown vers sept heures du soir, le dimanche 12/25 septembre dans le dernier jour de l'après-fête de la Nativité de la Mère de Dieu. Il communia pour la dernière fois plusieurs jours avant sa mort. Vers la fin de son séjour à l'hôpital, où il passa cinq ou six semaines, on peut dire qu'il communia toutes les semaines. Il aurait été préférable bien sûr qu'il meure ici, à la maison (id est au monastère). A propos, Père Hermogène est entrain de mourir à présent de la même maladie, ici. Il est conscient, mais il ne veut rien manger. Il est devenu très maigre et il souffre beaucoup. Pourtant Père Hermogène se prépare à mourir tout comme Père Innocent le fit, comme un moine. Père Innocent fut enterré dans le coin du cimetière des frères, près de Père Géronte et de Père Joseph ( Ivan Kozlov le comptable). Ainsi les rangées se remplissent lentement.

Bien que la nouvelle de la mort de Père Innocent soit triste, elle est joyeuse en même temps. Il y a un sentiment de fête dans le cœur. Cette joie ne laisse pas l'âme prendre le deuil. Ce sentiment d'amour et de tendresse peut être exprimé dans les paroles du prokiménon, " Bienheureux est la voie où tu dois marcher frère, car un lieu de repos est préparé pour toi," et dans les paroles de la dernière stichère: " Mes frères et mes amis spirituels dans l'ascèse, ne m'oubliez pas quand vous priez, mais quand vous voyez ma tombe, souvenez-vous de mon amour, et priez le Christ qu'Il établisse mon âme parmi les justes."

Notre propre père Nicodème l'Aghiorite, écrivit dans le journal de prière de Père Théodose de Caroulia ( Je l'ai lu récemment),"peu de temps après la mort du Staretz, j'ai lu un dicton qu'il citait habituellement dans le livre d'Ignace Briantchaninov. " Si le jour de la mort de quelqu'un, il y a de la joie dans ton cœur, c'est un signe que son âme a été acceptée par Dieu."

Plusieurs mois avant la mort de Père Innocent, je lui ai rendu visite ( Ce que je faisais souvent, pour voir comment il allait, pour l'aider ou pour bavarder) et je l'ai trouvé pris d'une horrible terreur. Je lui demandé: "Père Innocent, que se passe-t-il?" Il parlait avec nervosité et rapidement à travers ses larmes, " La mort, j'ai ressenti une telle peur de la mort. Bientôt je serai mort." Le reste de ses paroles était presque incohérent, mais il répéta deux fois la dernière phrase. Peu de temps après, il tomba malade, pourtant tout le monde croyait qu'il était devenu faible à cause de son jeûne trop rigoureux, ce qui en partie était vrai. Les frères essayèrent de lui faire prendre du poids, mais il refusait tout, alors les autres et moi-même nous le réprimandions souvent pour cela. Sa condition empira; nous nous tournâmes vers les docteurs, mais ils ne purent nous dire ce qui n'allait pas chez lui. A la fin ils comprirent qu'il avait un cancer et qu'il était incurable. Sa fille vint d'Australie. 
Pendant sa maladie, il souffrit beaucoup des attaques des esprits malins, pourtant le Seigneur "vint à son secours" comme le dit le Psalmiste. Il lui fut dit de se battre et de ne pas abandonner. Dieu merci, il sortit du combat vainqueur, comme cela fut attesté à la fois avant et après son enterrement par le fait qu'il apparut à des personnes à qui il dit souvent:" Gloire à Dieu! Gloire à Dieu pour tout!"
Trois personnes différentes virent Père Innocent dans des rêves. Il apparut d'abord à Père Méthode son frère hiérodiacre. Père Méthode me raconta plus tard," Je l'ai vu dans le réfectoire, je pense, et je lui ai demandé, alors comment vas-tu là-bas? Et il a répondu * Bien...Très bien...A présent tout va bien... Et il était si rayonnant et si joyeux."
Ceci arriva trois jours avant la mort de Père Innocent. Après, j'ai entendu qu'il était aussi apparu en rêve à un séminariste. Le séminariste vit Père Innocent dans l'église, déjà dans son cercueil, habillé de blanc. pourtant pour quelque raison, le cercueil était tourné vers le peuple ( il était à l'envers) et Père Innocent bougeait à l'intérieur du cercueil. Père Wladimir ( Sukhobok) fit ce commentaire: " Il s'est beaucoup battu contre les démons ici et il se bat encore contre eux là-bas, mais il ne le fait plus pour lui, mais pour nous."
La troisième fois, Père Innocent apparut à une femme venue en pèlerinage au monastère.Elle le respectait profondément et l'aimait. Il était resplendissant et joyeux. 
Quand il fut ramené de l'hôpital, et que nous l'habillions, je remarquai que son visage était très serein. Pendant deux nuits on a lu le psautier près de lui et durant la seconde nuit en particulier, j'ai remarqué combien il était agréable de lire et combien on se sentait bien dans l'église. L'archevêque Laure ( Plus tard Métropolite) officia pour l'office de pannikhide avec plusieurs archimandrites et hiéromoines. Il n'y avait pas beaucoup de gens présents, pourtant on pouvait dire que l'église était pleine. Pendant tout l'office, je pensais à toutes les épreuves, les tentations, les exploits ascétiques et les difficultés qu'il avait traversés et comment il avait tout enduré. Il ne jugeait pas les autres, pardonnait à ceux qui l'avaient offensé, était toujours aimable; peu de personnes l'avaient jamais vu malheureux. Et comme tout le monde le savait, il avait beaucoup d'amour en lui.
Quand ils descendaient déjà son cercueil en terre, une pensée traversa mon esprit comme l'éclair. " Dieu montrera-t-il que son âme a été acceptée [parmi les élus]? Lorsque je répondis à cette pensée par ces paroles, " Que tout soit selon la volonté de Dieu", une magnifique feuille d'automne tomba d'un arbre, exactement au milieu de la croix sur le couvercle de son cercueil. Les autres n'y firent peut-être pas attention, mais je remarquai aussi qu'à ce moment-même, un oiseau se mit à chanter. Après douze prosternations, j'accompagnais à pied sa grâce [l'higoumène Laure], car je faisais office de sous-diacre. Mais les personnes qui restèrent dirent qu'après vint un essaim d'abeilles. Elles se mirent en cercle autour de la tombe et se posèrent sur le cercueil. Les ouvrières de Père Innocent venaient dire adieu à leur maître aimant.
Le soir, après vêpres et matines, juste avant le repas du soir, j'allai à la tombe du Père Innocent méditant et priant. Soudain, je vis un chat qui s'approchait lentement de la tombe. Le chat la renifla, creusa le monticule avec sa patte et puis commença à courir comme s'il jouait avec quelqu'un. Alors arriva un autre chat, puis un troisième et puis un quatrième. Il jouaient joyeusement, nullement gênés par ma présence. Je fus touché et remerciai Dieu de m'avoir permis de voir un tel miracle.
"Béni sont ceux que Tu as élus et amenés vers Toi, ô Seigneur!" Cher Père Innocent, repose-toi de tes nombreux labeurs et prie Dieu qu'Il sauve nos âmes! "

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après le texte du site Rousky Inok 
( Le Moine Russe) de Jordanville
Русскiй Инокъ (На главную)

mercredi 4 juin 2008

Vie d'Alexandra Avdeyevna




Illustration: Le Moine Russe 1910



Alexandra Avdeyevna vécut vers les années 1820. elle passa la plus grande partie de sa vie à Toumbotine ( Province de Gorbatovsk), village où elle mourut.

Sa vie fut étrange et curieuse. Elle séjournait souvent dans les bains et autres lieux inhabitables pour le commun des mortels. Ainsi, elle vécut lontemps dans le jardin de Père Alexandre Tchernovsk. Elle vécut aussi dans un dense buisson de framboisiers, se roula nue dans les orties, et parla en utilisant des phrases sans rapports les unes avec les autres... Au milieu de la journée, elle avait l'habitude d'aller en courant vers le clocher de l'église paroissiale et elle commençait à sonner les cloches. Quelquefois, elle était extrêmement agitée et criait jusqu'à en avoir la voix enrouée. Quelle que fût la période de l'année, hiver ou été, elle portait un manteau de peau de mouton en haîllons.

Les gens considéraient qu'elle n'était qu'une folle, et attribuaient cela au fait que son époux la battait. Elle était la fille du diacre Avdi de l'Eglise de la Protection de la Mère de Dieu à Nijni-Novgorod. Son père avait été défroqué à cause de son intempérance. Ayant perdu son premier mari, diacre lui aussi au diocèse de Semenov, elle épousa Vassily Ivanov Glazunov, paysan du villade de Toumbotine.
Il avait une grande famille de sa première épouse: neuf enfants!. Il était extrêmement rude et sévère et se comportait d'une manière inhumaine avec Alexandra. Fréquemment, il la déshabillait, l'attachait par ses cheveux à une clôture et la battait sans merci avec sa ceinture. Il faisait cela, disait-il, parce qu'elle refusait de l'aider au travail de la ferme; en fait Alexandra venait de la ville et n'était pas capable de faire le rude labeur de la ferme. Les gens attribuaiuent sa folie à cette vie pénible.

Quelle qu'en ait été la raison, pendant vingt ans, Alexandra Avdeyevna vécut d'une manière étrange. Pendant cette période, elle refusa de manger de la nourriture qui ne soit pas carémique. Sa sœur, femme de diacre, la suppliait souvent de rompre le jeûne à Pâques, mais elle répondait toujours: " Je suis rassasiée, Matouchka ma sœur. Quel jour radieux [id est Pascal]sommes-nous aujourd'hui? Non, c'est le Grand Vendredi [Vendredi Saint]. Ces "Grands Vendredis" continuèrent toute sa vie. Elle n'acceptait pas d'autre nourriture que des biscuits carémiques durs et du pain noir avec de l'eau. Si quelqu'un lui offrait quelque chose de meilleur, elle refusait, disant que la nourriture offerte était mêlée d'arsenic!

Pendant les jeûnes stricts, Alexandra Avdeyevna se montrait quelquefois clairvoyante. Anna, veuve d'un prêtre local, vivait à Toumbotine avec son gendre, le prêtre Vassily Pguioulkovski. En 1839, il déménagea dans une autre paroisse et la vieille femme dut aller avec lui. Longtemps avant que cela n'arrive, longtemps avant que personne n'y pense même ou ne puisse deviner que cela arriverait, à chaque fois que la vieille femme rendait visite à Alexandra Avdeyevna, cette dernière s'adressait à elle comme à "Anna, celle qui va partir..."

Quand le gendre d'Alexandra Avdeyevna, le père diacre Shakov mourut, sa sœur et le reste de la famille en furent réduits à une telle pauvreté, qu'il dûrent accepter l'aumône. Un jour, un bienfaiteur discret, laissa quatre paquets de concombres frais dans la remise de la maison. Aucun des menbres de la famille ne savait cela. A ce moment, Alexandra Avdeyevna étaiit comme éà son habitude assise sur le poële. Bien qu'elle n'ait pas quitté le poële pendant plusieurs jours, elle se tourna soudain vers sa sœur et lui dit: " Regarde, Annie, Peux-tu croire que la petite Marina nous a apporté tant de concombres?" Et en fait, comme Alexandra Avdeyevna l'avait indiqué, un boisseau entier de concombres fut trouvé dans la remise.

Un paysan du village de Zavalistch laissa Alexandra Avdeyevna habiter dans sa maison. A partir de ce moment, soudain, toute son affaire fermière, devint prospère d'une manière inattendue.. En toute situation, il avait de l'aide. Ce paysan mentionna cela lui-même à ses voisins et à ses amis, et il fut convaincu que la miséricorde de Dieu le visitait parce qu'Alexandra Avdeyevna vivait dans sa maison.
Après avoir vécu trois ans dans la maison du paysan, elle partit dans la maison de sa sœur à Tomboutine. La femme du diacre, elle et sa famille étaient dans une noire misère. A partir du moment de l'arrivée d'Alexandra Avdeyevna dans cette maison, leur pauvreté fut comme enlevée par une main inconnue. Les paroissiens de Toumbotine, avaient un grand respect pour Anna. Il pleuvait littéralement sur sa sœur des aumônes de tous côtés, et ce n'étaient pas de pains durs, mais de sacs entiers de farine!

La veuve du prêtre de Neapolitansk avait été extrêment malheureuse dans sa vie d'épouse car son mari avait été alcoolique. Avant que cette femme ne soit mariée, Alexandra Avdeyevna l'avait appelée martyre, six, sept, dix fois!

Beaucoup de gens rendaient visite à Alexandra Avdeyevna, non seulement des paroissiens de Toumbotine, mais aussi des villages et des villes environnants. Elle avait l'habitude de faire des reproches -directement ou indirectement- s'ils avaient des vices graves et cachés. Elle était plus particulièrement intolérante avec les gens qui vivaient en concubinage. Elle disait que le monstre de Babylone aux treize têtes était enroulé autour du cou de ces gens. D'eux, non seulement elle refusait les offrandes, mais elle leur jetait leurs cadeaux au visage.

Elle eut une mort merveilleuse. En bonne santé ce jour-là, elle lava le sol de la maison de sa sœur et dit à sa famille qu'elle attendait des invités rares et précieux. Puis elle jeta sa chemise usée, en mit une blanche propre et prépara tout pour l'office de la Sainte Onction, annonçant qu'elle mourrait ce jour-là!

Alexandra Avdeyevna demanda à ses nièces Synclétique et Marie d'appeler le prêtre afin qu'il lui donne la Sainte Communion et la Sainte Onction. Quand la nièce plus âgée refusa catégoriquement de lui obéir, considérant cette requête comme venant d'une vieille femme folle ayant des lubies ( sa sœur était au marché à Pavlov), elle dit à la plus jeune: Matouchka petite Marie, ( plus tard, elle devint en effet Matouchka [femme de prêtre]; elle épousa un séminariste qui servit une paroisse prospère du diocèse de Kostroma), va chercher le Père Michel!" Et elle y alla...

Le Père Michel prenait son déjeuner à ce moment-là et il demanda à la jeune fille d'attendre qu'il ait fini. Tout de suite après le déjeuner, il prit les Saints Dons de réserve et le Trebnik ( Livre des offices) et s'en alla avec la jeune fille vers Alexandra Avdeyevna.Quand il offrit de lire les prières de la Communion, Alexandra Avdeyevna fit une prosternation et dit: " Je suis profondément reconnaissante, Batouchka [petit père]que vous m'ayez confessée et donnée l'Onction. A présent, s'il vous plaît, lisez les prières pour les mourants." Mais le Père Michel, ne prêta aucune attention à ses paroles, et lut quand même les prières appropriées pour la Communion. Pendant ce temps, Alexandra Avdeyevna était allongée sur le banc. Elle fit le signe de la Croix et en un bref instant, son âme passa dans l'éternité.

Ceci arriva le 5/18 mai. 
Alexandra Avdeyevna était très pâle et décharnée à cause du jeûne.

Servante de Dieu Alexandra Avdeyevna, intercède pour nous!



Version Française Claude Lopez
d'après
"Strugglers for Piety of the 18th and 19th Centuries"

lundi 2 juin 2008

Glorification du staretz Jean du Nouveau Valaam: Le Christ est parmi nous!


Staretz Jean


Ivan Alexeyevitch ALEKSEYEV est né en 1873 au Nord de Moscou. Il entra à 16 ans au monastère de Valamo. Après 4 ans, il en sortit pour effectuer son service militaire. Il passa ensuite deux ans avec sa famille et six ans après l’avoir quittée, il retourna à Valamo (1900). Il devint moine en 1910 sous le nom de Iakinf.
En 1921, il fut ordonné diacre puis prêtre et fut envoyé comme higoumène du monastère de saint Tryphon à Petsamo dans le Cercle Arctique. 11 ans plus tard, il retourna à Valamo et fut placé à la tête de la petite communauté monastique qui vivait sur l’île Saint-Jean-Baptiste. Il y prit le grand schème sous le nom de Jean.
Il fut choisi par les moines comme confesseur en 1938.
Le monastère de Valamo fut abandonné pendant la dernière guerre et il dut fuir avec les autres au Nouveau Valamo en Finlande. Il naquit au ciel paisiblement en 1958.

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Ses conseils et instructions spirituels sont écrits dans une langue très simple et sont le miel venu tout droit des enseignements des saints pères théophores.

Je ne suis pas allé beaucoup à l’école et j’écris comme je parle.

La prière est le plus difficile de tous les exercices spirituels et elle demande jusqu’à notre dernier souffle, l’énergie nécessaire pour un dur combat... Pourtant le Seigneur dans sa Miséricorde accorde aussi de temps en temps un répit à celui qui prie, afin qu’il ne soit pas affaibli. Établis toi-même le temps de ta règle de prière personnelle, sa durée selon le temps dont tu disposes, il n’y a là rien d’arbitraire : sois modeste afin d’éviter la hâte et afin de n’être pas esclave de la règle.

Les saints pères appellent la prière la reine des vertus, car elle attire les autres vertus. Saint Agathon disait : la prière est combat jusqu’au dernier souffle.

Ne sois pas déconcerté si ton cœur est sec pendant la prière, continue, garde l’attention sur la partie supérieure de ta poitrine comme je te l’ai dit. Au travail et devant les autres, essaie de te tenir l’esprit devant Dieu, c’est-à-dire en te souvenant de Dieu et du fait qu’Il est toujours présent.

Le Seigneur accorde la prière à ceux qui prient.

La prière et le souvenir de Dieu sont équivalents : on peut marcher ou travailler et penser à Dieu, c’est aussi une prière.


Tu écris que tes maladies t’ont été envoyées par Dieu pour tes péchés. Non, tu ne dois pas penser ainsi. Les voies du Seigneur sont insondables et nos esprits limités ne peuvent comprendre quelles différentes sortes de maladies et de chagrins sont envoyés par Dieu aux différents pécheurs que nous sommes.


Il a pris chair humaine et a souffert comme un homme, non pas pour les saints, mais pour les pécheurs comme toi et moi.

Tu ne dois pas désespérer car il n’existe pas de péché qui soit plus grand que la Compassion de Dieu.


La caractéristique de l’homme est de tomber, celle du diable est de ne jamais se repentir.

Quand tu es dans les tourments, attends la paix, quand tu es dans la paix, attends les tourments.


Accorde-nous, Seigneur, de vivre selon ta Volonté, car nous pécheurs ne savons ce qui est bon pour nous.

L’attention est l’âme de la prière.


Tu écris : le Seigneur me pardonnera-t-Il ? Tu t’es confessé et repenti, le Seigneur t’a pardonné et ne se souvient plus de tes péchés (cf Ézéchiel) Sois-en sûr ! L’apôtre Carpe (cf. 2 Tm 4,13) priait le Seigneur de punir deux pécheurs. Un hérétique avait attiré un orthodoxe dans son hérésie et maintenant l’apôtre priait le Seigneur de les punir. Le Seigneur lui montra cette vision : le ciel s’ouvrit, une lumière brillante resplendit. L’apôtre leva les yeux et vit le Seigneur. Le Seigneur lui dit : baisse ton regard maintenant. L’apôtre regarda et il vit ces deux pécheurs au bord d’un ravin et au-dessous, il y avait un énorme serpent effrayant. Le Seigneur lui a dit : veux-tu que Je punisse ces pécheurs ? L’apôtre se réjouissait de ce qu’ils allaient être punis. Alors le Seigneur envoya deux anges pour sauver les pécheurs et Il dit à l’apôtre : frappe-Moi etcrucifie-Moi une seconde fois ; Je suis encore prêt à souffrir pour les pécheurs. La vision prit fin. Tu vois comme la Compassion de Dieu est grande : Il est prêt à souffrir à nouveau pour nous pécheurs et toi tu doutes que le Seigneur te pardonne tes péchés.

N’aie pas confiance en toi de ce côté-ci de la tombe.

Sache que nous ne pouvons traverser cette vie sans tribulations. (Le Seigneur l’a dit : dans ce monde vous aurez des tribulations. (Jn 16,23)

Les saints pères disent : cache les péchés de ton prochain et les tiens seront cachés.

Il est bon quelquefois de se remémorer ses péchés passés car cela donne naissance à l’humilité, mais quand le souvenir des péchés passés conduit au désespoir, il est clair que l’ennemi essaie de troubler l’âme. Ne l’écoute pas, calme-toi, ne sois pas anéanti, déprimé, essaie de chasser de telles pensées par la prière.

Tu m’écris que spirituellement tu ne vas pas bien, que quelque chose manque,probablement la foi et l’amour du Seigneur. L’ennemi te trouble, mon enfant. Ne l’écoute pas. Tu as la foi et tu aimes Dieu. Ta crainte est vaine parce qu’elle vient de l’amour-propre. Vis comme tu le fais ; ne réfléchis pas trop. Après tout tu t’observes et tu désires progresser et ce désir est la moitié du salut. Que veux-tu de plus ?

Si une âme pécheresse tombe en enfer, la sainte Église prie pour cette âme et le Seigneur la libère des chaînes de l’enfer. Moi qui suis pécheur, je crois en la prière de l’Église.

Ne sois pas surpris qu’il y ait en toi des passions : elles sont là pour nous rappeler que nous ne sommes que des êtres humains et pour nous enseigner l’humilité.
Répète chaque jour la prière à la Mère de Dieu (Vierge Marie ô Mère de Dieu, Réjouis-toi,pleine de grâce) douze fois et trente-sept fois la prière de Jésus.

Les saints pères comparent l’obéissance au martyre.

Il est triste d’entendre que des prêtres enseignent à leurs enfants spirituels de se faire des images mentales du Sauveur, de la Mère de Dieu et des saints quand ils prient. Cette manière de prier est incorrecte et même dangereuse. Je vais te dire brièvement comment prier d’après les saints pères. L’intellect devrait être enfermé dans les paroles de la prière et l’attention portée sur la partie supérieure de la poitrine, car l’attention est l’âme de la prière. L’attention ne doit pas être « pressée » sur le cœur. Si l’attention se porte sur la poitrine, le cœur s’y joindra par « sympathie ». Quand un sentiment de tendresse et une sensation de chaleur apparaissent, ne crois pas avoir reçu quelque chose de grand. C’est le résultat naturel de la concentration et non une illusion du malin. Le Seigneur par Sa Grâce, donne la consolation à celui qui prie.

Les saints pères disent que même chez les saints, des défaillances de la nature humaine subsistent, ceci pour qu’ils gardent l’humilité.

Être au Thabor avec le Sauveur est une chose très joyeuse, mais quand il s’agit d’être au Golgotha, sois patient.

Cela ne sert à rien de se contenter de lire et de demander comment être sauvé. Il faut s’exercer, travailler, purifier notre cœur des passions. Tu sais maintenant ce qu’est la vie spirituelle. Le temps est venu, commence le combat.Que le Seigneur soit ton Maître et ne m’oublie pas dans tes saintes prières.

Même s’il est difficile pour toi de développer ta vie spirituelle dans le monde, sache que le Seigneur aide ceux qui essaient de le faire.

Le Seigneur nous garde dans la vertu, non pas en réponse à nos efforts, mais en réponse à notre humilité. Là où il y a eu une chute, elle fut précédée par l’orgueil, dit saint Jean Climaque.

Les saints pères, par leur propre expérience, ont étudié en détail les subtilités de la nature humaine et ils nous consolent, nous offrant des écrits détaillés sur la manière de combattre le péché.
Lis chaque jour un chapitre de l’évangile et des épîtres.

Dans le choix d’une voie spirituelle, on doit être guidé par la sainte Écriture et non par l’instinct.

Un certain staretz a dit : si l’âme n’a que des paroles et aucune action, elle est comme un arbre qui fleurit sans porter de fruits. Les fleurs ne font qu’attirer l’œil et quand on les quitte on les oublie, mais le fruit de l’arbre satisfait la faim de l’homme et lui donne la force de vivre sa vie.

Tu écris que quelquefois, pendant la prière tu es très perturbé par des penséesblasphématoires. Elles sont si viles que tu as honte de regarder les icônes ou de parler au prêtre. Ne sois pas embarrassé. De telles pensées ne sont pas nôtres mais viennent de l’ennemi du genre humain, le démon. N’y prête pas attention et essaie de tourner tes pensées vers quelque chose d’extérieur.

Il y a des gens, qui par ignorance du sens de l’Écriture, se sont attachés à l’enseignement déplacé selon lequel certains sont prédestinés au salut et d’autres à la destruction…Comme si notre Seigneur, dans sa Grâce et son Amour de l’homme voulait que quiconque périsse.

Les démons de la vaine gloire sont les prophètes de nos rêves.

Ta santé n’est pas très bonne, ne sois pas désespéré : soumets-toi à la Volonté de Dieu. Nous mourrons tous demain, si ce n’est aujourd’hui déjà.

Voici ce que j’ai observé, c’est une très grande faute et une faiblesse que d’être anxieux de prolonger notre vie. De toutes façons, la vie et la mort sont entre les Mains de Dieu et le Seigneur a dit : cherchez d’abord le royaume de Dieu et le reste vous sera donné par surcroît.

Les afflictions ont deux vertus : la première est de développer notre zèle envers Dieu et de faire naître en nous une gratitude qui vienne du fond du cœur. La seconde est de nous délivrer des vains soucis et des choses secondaires.

Saints pères, priez Dieu pour nous pécheurs et ouvrez nos esprits étroits afin que nous comprenions vos écrits.

Tu écris que tu n’as pas encore commencé (ta vie spirituelle), ce sentiment est bon car il conduit à l’humilité.

Plus l’homme s’approche de Dieu, plus il voit ses fautes et son état pécheur.

Le Seigneur connaît notre faiblesse et Il nous a accordé le repentir quotidien, jusques au jour de notre mort.

Le souvenir de la mort est un don de Dieu. Il est dit : souviens-toi de ta fin et tu ne pécheras plus.

La chose la plus profitable est de considérer les autres comme bons et toi-même comme le pire de tous. Observe-toi et tu verras que tu es pire que quiconque.

La prière d’un enfant est prompte à atteindre Dieu. (Le Seigneur nous a demandé d’être semblables aux petits enfants.)

Nous devrions nous souvenir que notre vie passe très rapidement et qu’elle est une préparation pour la vie éternelle à venir.

Les oiseaux sont si petits et leurs pattes sont pareilles à des allumettes et ils se débrouillent pour trouver leur nourriture pendant la saison froide. Gloire à Ta Sagesse, Seigneur, gloire à Ta création !

Tu aimes à lire les vies des saints, continue à le faire, elles sont une grande source d’inspiration pour les pécheurs que nous sommes.

Souviens-toi de l’heure de la mort et ne condamne jamais plus personne pour quoi que ce soit, ce que tu condamnes chez les autres te fera tomber dans les mêmes péchés, il ne peut en être autrement.

(À une femme qui devant s’occuper de plusieurs choses dans l’église, et qui se plaignait de ne pouvoir suivre les offices), saint Macaire a dit : le travail est pour ceux qui prient et la prière pour ceux qui travaillent.

En fait, le moine diffère du laïc seulement par le fait qu’il n’est pas marié e tainsi les laïcs devraient — et doivent en fait — vivre la même vie que les moines dans l’accomplissement des commandements.

Que le Seigneur t’accorde la sagesse. Il est inutile pour toi de te tourmenter et de penser que tu as oublié certainement de confesser un péché, les péchés qui conduisent à la mort, sont ceux dont tu es conscient et dont tu ne te repens pas.

Ne sois pas troublé si des pensées charnelles t’attaquent. Quelquefois, il est naturel qu’il en soit ainsi. La seule Grâce de Dieu peut nous en délivrer, mais je sais pourtant qu’elles reviendront en nous jusqu’au dernier jour. Même la vieillesse n’est pas exempte de leurs attaques.

Aucune maladie ne nous vient sans la Volonté de Dieu.

Ne sois pas abattu si tu es distant pendant la prière. Continue à te forcer à prier.

Bien sûr, il est assez effrayant de mourir, la crainte de la mort est caractéristique de tous, dit saint Jean Climaque, mais le désespoir et la tristesse viennent de l’ennemi.

Tu as commencé à avoir une mauvaise santé. Que faire ? Soumets-toi à la Volonté de Dieu : les maladies nous rappellent notre passage dans l’éternité. Je te souhaite santé du corps et salut de l’âme. Que le Seigneur te garde.

(À quelqu’un dont l’époux n’était pas orthodoxe) Sois fidèle à ton époux, ne sois pas fausse avec lui et obéis-lui en tout, excepté en ce qu’exige l’Orthodoxie. Il n’est pas nécessaire de parler de sujets religieux, mais si lui-même vient à aborder le sujet, réponds-lui ce que tu sais, mais prie Dieu intérieurement. Enseigne, non pas par la parole mais par l’exemple d’une vie chrétienne vertueuse. Ne le force pas à aller à l’église. S’il veut y aller c’est une autre chose. Sois satisfaite et reconnaissante de ce qu’il ne t’empêche pas d’y aller. Prie pour lui simplement, comme un enfant : Seigneur, sauve et aie pitié de mon époux, préserve-le et enseigne-lui la vérité. Laisse le reste à la Volonté de Dieu et sois en paix.

Les Saintes Écritures nous disent qu’il y aura la vie éternelle et l’éternelle souffrance : nous devons y croire fermement et ne pas nous engager dans des discussions théologiques ardues avec nos petits esprits limités et nos cœurs qui ne sont pas purifiés des passions.

Saint Isaac le Syrien dit : fuis les raisonnements sur les dogmes comme tu fuirais un lion furieux.

S’il n’y avait pas d’afflictions, il n’y aurait pas de salut.

Il est un remède aux afflictions, dit saint Marc l’Ascète : la patience et la prière.

Notre grande erreur est de ne pas assez penser à notre passage dans l’autre monde.Notre vie dans cette vallée de larmes n’est après tout rien qu’un chemin vers l’éternité et une préparation. Ô éternité, éternité sans fin ! Bien qu’ici-bas il y ait la douleur et que la vie soit quelquefois très dure et les peines lourdes et que les maladies frappent, il y a la pensée réconfortante quej e mourrai et que tout cela cessera. Mais qu’est-ce qui nous attend après ? Seigneur, par les décrets que Tu connais, sauve-nous pécheurs, amen!

La Compassion de Dieu envers nous les pécheurs est incroyable : Il a pris chair et Il est devenu vrai homme (sans le péché). Je ne te cache pas que je pleure en écrivant.

Comprends cependant que sans les humiliations, on ne peut pas devenir humble.

Mon enfant spirituel, ne sois pas déprimé, ne désespère pas du salut de ton âme,ces pensées viennent du démon, ne les accepte pas.


Traduction française Claude Lopez-Ginisty
d'après: 
Father John: Christ Is in Our Midst: Letters of a Russian Monk
SVS Seminary Press, USA, 1996

vendredi 30 mai 2008

Saint Père Gheorghe Calciu-Dumitreasa: Entrevue





Le Père Gheorghe Calciu Dumitreasa est un confesseur roumain du XXème siècle. Il est né le 23 novembre 1925 à Mahmudia, en Roumanie. Etudiant en médecine, il est arrêté et envoyé au goulag roumain où il passe de nombreuses années. Il appartenait à une famille de paysans fermiers et il était le dernier des onze enfants d'un couple chrétien pieux et fervent. Il fut le seul à faire des études. A la faculté de médecine de Bucarest, il rencontra des fidèles du mouvement hésychaste "Le Buisson Ardent". Arrêté après deux ans d'études, pour avoir protesté contre l'introduction des cours de marxisme dans les écoles, il fut envoyé en rééducation jusqu'en 1952, puis jusqu'en 1964, date de sa libération, fut transféré de prisons en prisons. Il y rencontra des prêtres et Constantin Oprisan, martyr pour la foi orthodoxe. Il devint professeur de français à l'Institut de Théologie de Bucarest, fit ses études théologiques, et en 1973 fut ordonné prêtre. Ses causeries et ses réunions de prière le soir eurent un grand succès auprès des étudiants. Ses Sept Homélies pour la Jeunesse lui valurent d'être arrêté, emprisonné pour la seconde fois, condamné à mort pour avoir "révélé des secrets d'état". Il faillit mourir de faim mais Dieu lui permit de voir la Lumière Incrée. A cause de la grande agitation causée par son arrestation et son emprisonnement, et surtout à cause de la pression internationale, il fut libéré en 1984, assigné à résidence et empêché d'exercer son ministère. En 1985, il fut expulsé de Roumanie avec sa famille vers les USA où il vécut jusqu'à sa naissance au ciel le 21 novembre 2006. Il repose selon son vœu au monastère des Archanges de Petru Voda en Roumanie.

Père Gheorghe, Mémoire Eternelle!

Question: Pourriez vous dire quelques mots sur votre attitude envers les ennemis? Il me semble que votre attitude envers vos ennemis a beaucoup changé pendant que vous étiez en prison?

Père Gheorghe CALCIU: Oui, sous la torture, dans les conditions de la prison, il est difficile d'aimer son ennemi. C'est très difficile, mais je vous ai dit que je n'étais pas théologien au début. J'étais étudiant en médecine. J'étais très fidèle. Je tenais cela de ma mère. Mais j'étais un homme jeune, et de nombreuses fois, je me suis emporté contre ceux qui me torturaient, mes ennemis...
En prison, j'ai rencontré des prêtres, des moines et d'eux ( Et surtout en ayant vécu avec Constantin Oprisan dans ma cellule), j'ai appris ce que cela signifie d'aimer ses ennemis. Quand ils vous laissent sortir de prison, chacun, tout prisonnier, essaie de mettre sur le papier ses souvenirs de prison. La Securitate ( Police politique communiste roumaine) connaissait très bien notre psychologie, parce qu'il y avait dans ses rangs de très bons psychologues. Ils avaient l'expérience de cinquante ans en Russie et de vingt ans en Roumanie. Ils connaissaient chaque mécanisme de notre âme. Je veux dire chaque mécanisme psychologique, pas spirituel. Et ils savaient qu'après la libération, chacun essaierait de rédiger ses souvenirs. Ils ont commencé à fouiller nos maisons. Ils ont tout confisqué, mais ils ne m'ont pas fouillé. J'ai commencé à jeter mes souvenirs sur le papier et toute la rage à commencé à monter en moi. La torture, mon emprisonnement, et les blessures, les blessures spirituelles devinrent très présentes en mon âme et je comnmençai à haïr. J'ai commencé à haïr mes ennemis. J'ai écrit huitante pages et parce que j'ai senti que la haine avait commencé à croître en moi, j'ai détruit ces pages.
Au moment où j'ai détruit ces pages, mon âme est devenue calme, libre de toute haine envers mes ennemis. Après, je suis venu en Amérique. J'ai été invité à parler dans de nombreuses villes et états d'Amérique, dans des églises en Amérique, en Europe, partout. Je n'ai jamais prononcé ler nom de mes tortionnaires. Je considérai que prononcer le nom d'un quelconque de mes tortionnaires, équivalait à le livrer à la haine des gens. Dieu connaît le nom de tout le monde. Dieu sait ce qu'Il doit faire d'eux. Je n'avais pas le droit de les juger ou de les livrer à la rage des gens puisque j'étais déjà un homme libre. Souvent, j'étais un homme libre en prison, plus libre que maintenant, parce que je connaissais la Vérité et que la Vérité me donnait la liberté. Alors il est simple de comprendre pourquoi je n'ai pas haï mon tortionnaire et pourquoi je ne hais point mes ennemis maintenant. J'essaie d'être bon. Quelquefois j'y parviens, quelquefois je...de toutes façons, j'essaie d'être bon.

Question: Père, une autre question. En Amérique quand nous entendons des confessions, en tant que confesseurs, nous entendons de nombreuses fois: " Je pardonnerai, mais je n'oublierai pas." Je vous entends dire qu'en brûlant le manuscrit de ce qui vous était arrivé, vous essayez d'oublier. Vous devez aussi pardonner, mais j'imagine que vous avez encore le souvenir de ce qui vous est arrivé...
Père Gheorghe CALCIU: Cela ne me gêne pas. Je considère que mes souffrances en prison ont été à mon avantage... J'avais beaucoup de péchés, mais les souffrances ont purifié mon âme. Mais concernant ce thème. "pardonner, mais ne pas oublier", il y avait un moine appelé Nicolae Steinhardt. Il était juif. Il fut arrêté, et en prison, il se convertit à l'orthodoxie. Il fut baptisé par un moine en prison, et son parrain fut un autre prisonnier. Il écrivit un livre intitulé le Journal du Bonheur qui parlait de ses souffrances en prison. Quel paradoxe que de donner un tel titre à un livre qui parlait des souffrances par lesquelles il était passé en prison. Néanmoins, il considérait toutes ses souffrances comme un bonheur pour lui. Il disait: "J'ai rencontré beaucoup de gens en prison qui disaient, je pardonne , mais je ne puis oublier. Imaginez que vous êtes avec le prêtre en confession, vous êtes en face de lui et vous lui dites: Père, je ne peux pas oublier, mais je pardonne. Le prêtre vous donne l'absolution, mais à ce moment, le Christ vient devant vous et dit au prêtre: Père, vous pouvez lui pardonner, mais je ne peux pas oublier ses péchés. Je lui pardonne, mais je ne puis oublier ses péchés. Quel sorte de sentiment auriez-vous si Dieu vous disait: Je pardonne, mais je ne puis oublier? Il en va de même pour soi. Donc, il y a un problème. Vous ne pouvez pas pardonner sans oublier, parce que le souvenir est toujours dans votre esprit et aux moments difficiles, vous vous souvenez de cette haine. Et j'en ai moi-même l'expérience.
Traduction française Claude Lopez-Ginisty
d'après: 
THE ORTHODOX WORD
July-August 2007
Platina, California, USA

jeudi 29 mai 2008

Athos: Sagesse de La Sainte Montagne




Il y a quelques temps, j'ai rencontré un moine cénobitique qui parlait d'une manière merveilleusement expressive. Il parlait de la crainte de Dieu, de la piété, et de la logique humaine. Jamais auparavant dans ma vie, je n'avais rencontré quiconque qui s'exprimait d'une manière aussi vivante. Ses paroles étaient comme une source jaillissante. Son discours était exact, pur, ardent, et accompagné de gestes gracieux et spontanés. Il disait des choses comme celles-ci:
" Une personne pleine de respect a la crainte de Dieu. Celui qui craint Dieu est également humble. Dieu garde les humbles. Seule une personne logique est humble. L'arrogant est illogique."

et aussi:
"Celui qui ne se soucie pas de son âme, devient brutal, se transforme en bête ou bien est rempli d'illusions sur lui-même."


Qu'est-ce que le monachisme?
" Un dur labeur, dit un ascète contemporain à un nouveau soldat du Christ, " Si tu veux réussir dans la vocation monastique, je n'ai qu'une chose à te dire, mon enfant, assure-toi d'aimer le travail physique."

Le grand hésychaste Chariton le Confesseur, à chaque fois qu'il recevait un invité, ce qu'il faisait avec beaucoup d'amour et de gentillesse, avait coutûme de dire: " En ce temps-là, le Christ commença à travailler et à prêcher." Il évitait les conversations inutiles comme si elles étaient cause de nombreux maux.


Un staretz disait: "Plus une personne est spirituelle, et moins elle veut avoir de droits dans sa vie."


Dans le kellion de la Sainte Trinité à Karyès, vivait le Père Cyrille, homme au visage doux, amical et aimable. Il était très vieux, avait une barbe blanche et une expression lumineuse. A cause de son apparence, on aurait pu supposer qu'il était le recteur de quelque université, mais en fait de toute sa vie, il n'avait jamais quitté l'Athos.

Un staretz a dit: "Aujourd'hui, nous essayons de devenir justes avec très peu d'efforts. Nous avons abandonné la tradition. Nous ne considérons plus ceux qui sont au sommet et comment ils ont gagné la course en première place. Nous voyons seulement ceux qui sont arrivés derniers."


Le Père Modeste de Kostamonitou avait l'habitude de dire: "Fais toi comme règle de ne jamais chercher les fautes des autres."


Le moine de Dionysiou Chrysostome écrivit sur sa petite table dans sa cellule: 
Bientôt, je vais mourir. Que devrais-je faire?
1. Devrais-je appeler l'higoumène pour me confesser?
2. Dois-je demander pardon à quiconque?
3. Après cela? Après cela, je devrais me confier à la miséricorde de Dieu.


Un ascète contemporain a dit: " Aujourd'hui il y a beaucoup de farine pour faire de la pâte pour le pain, mais il n'y a pas de levain pour la faire lever."

Fréquemment les Pères de la Sainte Montagne disent: " C'est ta manière de vivre qui te sauve, pas le lieu où tu vis!"

Version française Claude Lopez-Ginisty d'après
Archimandrite Ioannikios: An Athonite Gerontikon
St Gregory Palamas Monastery/ 1997 /Thessaloniki /Grèce

mercredi 28 mai 2008

Archimandrite Nektarios SERFES/ Homélie sur la Nativité du Seigneur














Traduit avec la bénédiction de l'Archimandrite Nektarios (Serfes) que nous remercions. Eis polla eti!

A présent, je voudrais vous vous demander: avez-vous vu l'enfant-Christ, dans le Temple de votre Eglise? L'Eglise que nous aimons tous et l'Eglise où nous prions et communions fraternellement. On cherche l'enfant-Christ! Il n'a que douze ans, il naquit dans une grotte, dans la ville de Bethléem. Ce saint enfant s'est attardé à Jérusalem: Joseph et Sa Mère le savaient, ils ne peuvent Le trouver. Ils ont cherché partout. Ils L'ont cherché parmi leurs amis, ils ont vérifié qu'Il n'était pas avec d'autres voyageurs, mais ils ne peuvent toujours pas retrouver l'enfant-Christ!

L'avez-vous vu? Aidez à Le retrouver s'il vous plaît! Jésus était parmi Ses parents ou Ses connaissances. Il n'était pas avec ceux qui étaient physiquement liés à Lui ...Jésus n'est pas au milieu de la foule du peuple. Que nous tous qui voulons sérieusement Le trouver, nous sachions où Le trouver... Où Le trouvons-nous? Dans le Temple, priant, parlant au Rabbin et à ceux qui étaient membres du Temple, les docteurs érudits qui Lui posent simplement des questions. La Mère de Dieu et saint Joseph le Fiancé, L'ont trouvé! Quelle délice spirituel! Quelle joie! L'enfant-Christ a été retrouvé! Gloire à Dieu!

A présent, nous aussi chrétiens aimants luttant [pour le Royaume], devons réaliser que si nous ouvrons vraiment les yeux, nous pouvons également trouver l'enfant-Christ! Comment? Si nous avons les yeux de l'Amour, nous Le trouverons parmi les saints prophètes qui nous entourent dans l'Eglise, parmi les saints, et les saints martyrs ainsi que parmi les saints anges. Gloire à Dieu en tout! Gloire, honneur et adoration à notre Seigneur Dieu!

Le Christ notre Seigneur est parmi nous, veillant réellement sur nous dans Son Amour et bénissant chacun d'entre nous, tandis qu'Il nous voit et nous entend tous! L'Amour de Dieu est sans fin, Son Amour est bienfaisant, Sa sagesse est pure comme la vérité. Nous trouvons ceci dans nos précieuses Saintes Ecritures, dans l'enseignement des saints Pères, dans la vie de la Mère de Dieu, des prophètes, des saints, des martyrs et des saints anges.

L'Eglise n'est-elle pas le meilleur et le plus saints des lieux où nous puissions être, à prier...Ne devrions-nous pas aller à l'Eglise le plus souvent possible pour y chercher l'enfant-Christ, le Sauveur du monde et Le glorifier?

Si nous Le cherchons vraiment et que nous réalisons que dans nos vies nous devons mener le combat spirituel, nous contemplerons en vérité le Seigneur Christ. Nous pouvons Le trouver, non seulement avec le grand amour chrétien, mais aussi avec l'humilité et avec la superbe prière aimante ainsi que nous L'avons trouvé [dans le Temple]!

Gloire à Dieu, l'enfant-Christ a été retrouvé!

Paix à vos âmes!

Humblement en Christ notre Seigneur

Archimandrite Nektarios (Serfes)
qui 
prie pour vous
et
avec vous!


Saint Syméon le Nouveau Théologien. Hymne 57


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Celui qui aime Dieu, hait le monde. 

Je suis retenu captif par les ténèbres et je vois la vérité
Qui n'est rien, si ce n'est l'espérance certaine.
Quelle sorte d'espérance?
Une espérance telle que les yeux n'en ont pas vue.
En quoi consiste-t-elle?
C'est la vie que tout homme désire.
Mais cette vie, qu'est-ce si ce n'est pas Dieu,
le Créateur de tous?
Aimez-Le et haïssez le monde!
Le monde c'est la mort, 
car que possède-t-il 
qui soit durable?


Traduction française Claude Lopez-Ginisty
d'après: St. Symeon The New Theologian, Hymns of Divine Love
Dimension Books, New Jersey, USA ( sans date)

mardi 27 mai 2008

La Protection de la Tradition Orthodoxe

Cathédrale Sainte Barbara de Vevey (Helvétie)

Un des plus grands succès de Satan a été de séparer les gens des traditions vivantes de L'Eglise et d'instiller dans les esprits la notion que chacun avait le droit et la capacité d'interpréter l'Ecriture pour lui-même. Le concept contemporain d'enlèvement des chrétiens avant la grande tribulation de la fin des temps est un résultat logique de cette attitude fausse.
La Sainte Tradition, vivante dépositaire des enseignements du Christ, a été justement appelée " la vie du Saint Esprit dans l'Eglise" ( Vladimir Lossky). Sans cette Tradition remplie de l'Esprit, l'Evangile ne peut être compris correctement et Satan ne peut être vaincu.
Saint Basile le Grand, qui écrivait au quatrième siècle, déclara, "concernant les enseignements de l'Eglise...nous avons reçu quelques sources écrites tandis que d'autres nous ont été données secrètement par la Tradition apostolique. Les deux sources ont une force égale dans la vraie religion. Personne ne rejetterait l'une de ces sources, personne en aucun cas, personne, même s'il est peu familier des ordonnances de l'Eglise. Si nous attaquions les coutûmes non écrites, les jugeant de peu d'importance, nous mutilerions fatalement l'Evangile.

En ces temps périlleux, il est impératif que les chrétiens regardent au-delà des interprétations peu profondes et spéculatives de la modernité, pour aller vers les terrains fermes des enseignements chrétiens authentiques, enracinés dans la Sainte Ecriture. Le témoignage du Saint Esprit dans le Christiannisme a un millénaire de pensée unifiée, commençant avec les temps apostoliques, avec toutes les questions auxquelles sont confrontés les croyants aujourd'hui encore. Et c'est par cette richesse de cette pensée chrétienne consistante que des doctrines telles que l'enlèvement des croyants peuvent être vues comme les stratagèmes dangereux qu'ils sont en vérité.

Dennis E. Engleman 
in 
Ultimate Things/ An Orthodox Perspective on the End Times
Conciliar Press, Ben Lomond , California, USA 1995
Traduction française de Claude Lopez-Ginisty

lundi 26 mai 2008

Saint Séraphim de Sarov: Petite Chanson


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Icon of St. Seraphim of Sarov

Saint Séraphim de Sarov est avec toi sans cesse
Aux jours de la joie et aux jours de la détresse
Comme un fin liseret de tendresse et d’amour
Sur la trame du temps il est présent toujours
+
Ton cœur le connaît bien ce chemin de forêt
Et ton âme se souvient aussi du rocher
Où mille jours et mille nuits dans la prière
Il demeura face à Dieu et au Mystère
+
Tu chemines avec lui sur le fossé béni
Qui part du monastère et va en paradis
Et disant l’oraison à la Mère de Dieu
Tu quittes la terre pour aller dans les cieux
+
Tu t’achemines dans ton cœur vers sa retraite
Où tu le vois nourrir un ours et d’autres bêtes
Car il a recouvré l’innocence d’Adam
Et dans son regard bleu tu redeviens enfant
+
Tu sais que le Royaume est au-dedans de toi
Que par la prière tu y accèderas
Si tu demandes son intercession au père
Comme Motovilov tu verras la Lumière
+
Dans le calme béni de notre Grande Eglise
Il est des saints très doux et des saintes exquises
Mais l’ermite de Sarov a dans notre cœur
Une place de choix qui fait notre bonheur
+
Il est la douceur et la bonté incarnées
La vive bénédiction qui nous est donnée
Viatique de la joie et de la compassion
Sur le chemin ardu de la Résurrection
+
Fasse le Ciel qu’au moment de notre naissance
Dans l’au-delà après notre terrestre errance
Le bon Séraphim nous accueille auprès du Roi
En nous disant " Christ est ressuscité ma joie ! " 
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Claude Lopez-Ginisty (En Attendant la Parousie)

samedi 24 mai 2008

Jean-Louis Palierne: Mémoire Eternelle!

Notre Fraternité en Christ: 
In memoriam Jean-Louis Palierne...

Une lecture nécessaire: Jean-Louis Palierne Mais où donc se cache l'Eglise orthodoxe?: La trop longue errance des Français Editions l'AGE D'HOMME.Ce livre a eu peu de recensions dans la presse orthodoxe lors de sa parution. Il faut le lire. La réflexion de l'auteur est toujours d'actualité. Jean-Louis Palierne est né au ciel le 7 novembre 2007. 



Présentation de l'éditeur
" Nous souhaitons proposer une description et une analyse de la situation dans laquelle se trouve l'orthodoxie en France, et nous pensons que nous pourrons conclure sur une parole d'espoir. Nous nous efforcerons tout d'abord d'expliquer pourquoi des Occidentaux en nombre croissant cherchent à entrer dans l'Eglise orthodoxe, et nous tenterons de retracer ce qu'a été leur quête jusqu'à notre époque. Or sur cette voie, la recherche des Occidentaux est amenée à rencontrer une version bien particulière de l'Orthodoxie, à laquelle nous donnerons le nom de Modernisme, dont nous nous efforcerons de décrire et d'analyser la physionomie et le mode d'intervention. Nous serons alors amené à rappeler ce que devrait être la manière de recevoir les convertis qui souhaitent faire retour à l'Eglise orthodoxe que l'Occident avait jadis abandonnée. Nous serons donc conduits à évaluer les conséquences qu'a eues sur l'Eglise orthodoxe l'émergence, puis le développement du modernisme au sein de ses communautés occidentales. Devant les difficultés que leur a causées le modernisme dans leur recherche de l'Orthodoxie, les Occidentaux ont réagi de diverses manières, que nous tenterons ensuite de décrire. Pour conclure, nous chercherons à dégager les leçons de cette difficile situation. " 

Brêve Biographie de l'auteur
Jean-Louis Palierne a traduit de nombreux chefs-d'œuvre de la théologie orthodoxe, quelle soit grecque, serbe ou russe. Homme d'une foi ardente, il livre ici un bilan avisé de l'expérience orthodoxe occidentale, sous-tendu par une interrogation profonde : qu'est-ce que l'homme moderne peut et doit attendre de l'Orthodoxie ?
Pour commander ce livre en Suisse: Librairie l'Age d'Homme ou n'importe quelle autre librairie.
Recension du livre par Jean-Claude Larchet:
Autres livres de Jean-Louis Palierne: «Philosophie orthodoxe de la vérité» (L’Age d’Homme), «Les Voies de la connaissance de Dieu» (L’Age d’Homme), «L’homme et le Dieu-homme»«L’eucharistie, l’évêque et l’Église» du métropolite Jean de Pergame (Desclée de Brouwer), «Le vivant divinisé» de Panayotis Nellas (Cerf), «Entretiens avec un ermite de la sainte Montagne sur la prière du cœur» (Seuil) et «La vie après la mort» du métropolite Hiérothée Vlachos (L’Age d’Homme). Il a enfin traduit de l’anglais «Les voies de la théologie russe».
Terminons par les belles paroles de Vladika Athanase Yevtitch lors de l'office pour Jean-Louis Palierne:
"Cher Jean-Louis, frère dans le Christ, en accompagnant ton âme du sanctuaire de Saint Sava au sanctuaire céleste, et ton corps dans la terre où il reposera jusqu’à la résurrection des corps, nous prions et nous croyons et nous espérons avec confiance : que là-bas tu rencontreras et saint Sava, et saint Irénée de Lyon, et saint Germain de Paris, et le saint père Justin panorthodoxe, et que le Seigneur t’installera dans la lumière de Sa face, dans Son Royaume, le Royaume du Père, du Fils et du Saint Esprit, de la Trinité de même nature et indivisible, à laquelle reviennent la gloire et la gratitude. Et à toi, notre frère dans le Christ Sauveur, paix à l’âme et au corps et mémoire éternelle dans le Royaume de Dieu, pour lequel nous nous préparons tous et dans lequel nous espérons nous rencontrer bientôt et chanter ensemble : Christ est ressuscité !
Le jour de saint Arsène le Serbe, 2007. "

St Staretz Justin

"Rappel à Dieu de Jean-Louis Palierne": Texte de Jean-Michel du blog Stmaterne:
Puisse-t-il reposer avec les saints, en particulier son père spirituel l'Ancien Justin de bienheureuse mémoire, saint Nicolas de Zicha, saint Silouane l'Athonite, tous les saints Orthodoxes des Gaules et de France, sous le voile protecteur et la paix virginale de la Théotokos.
Texte complet: http://stmaterne.blogspot.com/2007/11/in-memoriam-jean-louis-palierne.html
Que Dieu accorde à Son serviteur Jean-Louis une mémoire éternelle!