"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

dimanche 8 mai 2022

La joie est indispensable à une vie chrétienne authentique



Appel à la joie. Sautez de joie spirituelle, invitation à se réjouir.

Telle est la grande invitation que l'Église adresse à chacun de nous. `Hommes de bien, réjouissez-vous, rayonnez de joie. Venez participer à la fête de la Sainte Mère de Dieu, à la fête des délices. Rassemblez-vous avec les puissances incorporelles, avec les anges, criez sur tous les chemins votre joie : « Réjouis-toi, Sainte Mère de Dieu, et toujours Vierge Marie.`

L'expression « réjouis-toi » est l'invitation à la joie que l'Église nous a adressée, à nous fidèles, comme il y a longtemps l'archange Gabriel appela la Sainte Mère de Dieu à se réjouir. Nous l'entendons lorsque nous sommes invités à participer à la fête en l'honneur de la Sainte Mère de Dieu, notre Mère à tous.

Lors de cette fête, on n'entend qu'un seul message béni, comme une douce ivresse : réjouis-toi!

C'est le trésor de l'Église et toute sa splendeur.

`Réjouis-toi` est "l'ordre" que l'archange  Gabriel adressa à la Vierge Marie, mais aussi le grand don pour l'homme de la Vierge, l'incarnation de toute l'Église.

Il a été révélé de cette manière que la joie est un attribut intrinsèque du divin. La salutation `réjouis-toi` le prouve parfaitement.

La joie en l'honneur de la Sainte Mère de Dieu, étant elle-même un réceptacle de joie, est la richesse de l'Église pour l'au-delà, dans l'éternité.

L'Eglise glorifie par des hymnes et des chants « le réceptacle choisi pour la joie» qui est la Sainte Mère de Dieu.

L'Eglise vise à ce que personne ne reste exclu de la grande fête de la joie, car elle ne garde pas la joie sous le boisseau et ne la garde pas seulement pour elle-même.

La Sainte Mère de Dieu n'est pas seulement la fille de la Grâce, mais aussi sa Mère qui a reçu la joie et la donne en présent aux croyants. C'est là que réside sa splendeur.

Le joyau béni de donner et de recevoir la joie conduit notre esprit à une réalité émouvante :

L'Église est la source de la joie, la seule source et la seule demeure de la joie dans ce monde.

De plus, la joie est le privilège réservé exclusivement aux chrétiens. L'injonction : « réjouis-toi » dite dans les acathistes et également exprimée par la bouche de l'apôtre saint Paul « soyez toujours joyeux » sont les prémisses indispensables de toute vie chrétienne authentique. La joie est l'attribut et le trait distinctif du vrai chrétien. De l'Église, il vit le monde ennuyé et sans joie (χαρά «hara » – « joie », a-haros » signifie « ennuyeux, insipide, incolore, sans joie, étranger à la joie ».

Dans l'Église se trouve la Joie incarnée, la Parole incarnée de Dieu, l'accomplissement de la joie, le plaisir et la félicité.

Ceux qui ignorent la joie du christianisme commettent une grosse erreur car de cette façon ils annulent le sens de l'injonction de l'archange, des acathistes, déformant le fondement de la vie chrétienne.

Avec toutes ces pulsions insistantes et chaleureuses de l'Église à se réjouir, très peu de chrétiens sont les chrétiens dont la vie est une vie de joie réelle. Malheureusement, de nombreuses fois, nous ne sommes pas en mesure d'accueillir la joie.

Nous sommes cultivés et éduqués dans un esprit de tristesse et de désespoir. L'invitation de l'Église à participer à la merveilleuse fête de la joie nous trouve mal préparés et incapables d'y répondre comme nous le devrions. Nous prouvons que nous n'avons pas bien compris le fait que la joie est l'élément déterminant et essentiel de notre identité de chrétien et que les notions de joie et de chrétien sont absolument inséparables.

Je pense que tout d'abord la cause est la désobéissance, la différence entre l'attitude de la Sainte Mère de Dieu à l'égard de l'injonction de réjouissance venant de Dieu et notre propre attitude envers la même injonction.

La Sainte Mère de Dieu accomplit l'injonction de Dieu et se réjouit. Elle n'a pas dit un mot sur l'envie de se réjouir venant de l'Ange, elle l'a simplement laissé passer doucement de la bouche de l'Ange dans son cœur.

Elle a laissé le Christ devenir sa joie.

Dieu nous adresse aussi l'appel à la joie par l'Église, mais nous ne l'écoutons pas. De plus, nous nous y opposons. Dans un monde de douleurs, de malheurs, de guerres, de deuil, de mort, de violence, de restrictions, comment devenir un « réceptacle de joie » ?

Cela semble absolument impossible.

Le serpent de la désobéissance, de l'opposition, de l'infidélité féroce plane autour de notre cœur, l'empêchant de se réjouir et rendant impossible de se réjouir dans le monde moderne et l'interdisant complètement. Aujourd'hui, seul un homme innocent peut se réjouir...

Le manque de foi, les doutes du rationalisme ferment les portes de la joie. La désobéissance nous rend insensibles, négligents à l'injonction divine à la joie. C'est pourquoi nous ne la partageons pas, parce que nous n'avons pas écouté l'injonction de Dieu comme l'a fait la Sainte Mère de Dieu. C'est pourquoi nous ne pouvons pas participer à la joie.

Tourmentés, avec des âmes méchantes, rationalistes, émus uniquement par des intérêts matériels, hypocrites, étroits d'esprit, incapables d'humilité et esclaves de l'égoïsme, nous sommes devenus incapables d'écouter l'injonction de Dieu, insensibles et pétrifiés, sans aucune foi dans les miracles, cette foi qui nous conduirait au lumineux univers de la joie.

Malgré cela, la joie est tout le temps envoyée dans le monde. L'invitation à la joie reste éternellement impérissable. Elle demeure comme un billet d'entrée pour le Royaume des Cieux, que l'Église nous donne à tous avec sa foi profonde que cette joie peut devenir permanente dans notre existence. Il suffit d'écouter ce « réjouis-toi » prononcé par l'Ange et de purifier nos âmes avec humilité.

Version Française Claude Lopez-Ginisty

d'après

THE ATHONITE TESTIMONY


samedi 7 mai 2022

Père Antoine Alevizopoulos: L'Onction (Ευχελαιο = = Efheleo huile bénite)



Le Christ a donné à ses disciples le pouvoir "de guérir toute maladie et toute infirmité" (Matthieu 10:1). Ils oignait les malades avec de l'huile et les guérissait (Marc 6:13).

Ce pouvoir de guérison est resté, selon la volonté du Seigneur, comme une faculté de l'Église: "Quelqu'un parmi vous est malade? Qu'il invite les presbytres de l'Église, et qu'ils prient pour lui après  l'avoir oint d'huile au nom du Seigneur. Et la bénédiction par la foi sauvera le malade et le Seigneur le relèvera et s'il a péché, ses péchés lui seront pardonnés "(Jacques 5:14-15).

Le mystère (sacrement) est effectuée par "les Presbytres de l'Église." Les éléments du mystère sont l'utilisation de l'huile et de la prière "avec foi." En d'autres termes, ce n'est pas quelque chose de magique; cela requiert la participation. Le salut sera fourni par le Seigneur avec Son Sang propitiatoire. Il ne sera pas seulement pour la guérison physique, mais également pour la guérison spirituelle.

Ici, le pardon des péchés ne signifie pas le remplacement du mystère de la sainte confession, puisque l'onction va de pair avec la confession. Cela ne signifie pas forcer Dieu à accorder la santé du corps. C'est plus le mystère de l'amour de l'Église pour celui qui souffre. Par ce mystère, nous confions désormais complètement notre frère chrétien à la Providence et à l'amour de Dieu.

La première Église dispensait ce mystère.

Dans le "Décret Egyptien" d'Hippolyte (236), il existe une prière pour la sanctification concise de l'huile sainte: "afin que, en sanctifiant cette huile, accorde la santé, ô Dieu, à ceux qui en ont besoin et qui la reçoivent; comme tu as oint rois, prêtres, prophètes, accorde également la santé à ceux qui en goûtent et à ceux qui en ont besoin" (par Père Trembela, Dogmatique Vol. 3, p. 351).

Dans la prière conservée dans les "Constitutions Apostoliques" (Διαταγές των Aπoστόλωνvers 380 après Jésus-Christ), le célébrant conclut: "Accorde la puissance qui donne la santé, qui éloigne les maladies, qui fait fuir les démons, qui expulse toutes les activités du mal avec l'aide du Christ... (Const. Apost. 8, 29:2-3) "

Saint Jean Chrysostome commémore ceux qui "guérirent leurs afflictions, s'étant approchés avec la foi et qui au moment opportun, ont été oints avec l'huile" (Chrys. Evang. Matt., Discours 32). À un autre moment, il ajoute que les prêtres ont le pouvoir de pardonner les péchés, non seulement quand ils nous régénérent, mais aussi plus tard. Ce père de l'Eglise justifie ce pouvoir avec Jacques 5:14 (Quelqu'un parmi vous est-il malade? Qu'il appelle les anciens( presbytres) de l'Église, et que les anciens prient pour lui, en l'oignant d'huile au nom du Seigneur; la prière de la foi sauvera le malade, et le Seigneur le relèvera; et s'il a commis des péchés, il lui sera pardonné.).

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

mercredi 4 mai 2022

Par la prière, on peut sortir une âme de l'enfer!

 


Plusieurs fois lors de ses vigiles, le staretz priait pour le père George, le prêtre de son village natal, qui l'avait baptisé.

Celui-ci était un homme saint qui vivait dans la chasteté. Il faisait beaucoup d'aumônes et expulsait les démons des gens. Il servait la Divine Liturgie tous les jours et y mentionnait des milliers de noms et ensuite il allait sur les tombes et lisait des trisagions [courtes pannikhides] pour les défunts. Il avait établi dans son esprit, aussi simple que lui, de sortir tous les pécheurs de l'enfer. Ainsi, le père George apparut au staretz stupéfait et lui di :

`Jusqu'à présent, j'avais pensé que les défunts ne trouveraient le salut qu'avec les Liturgies, les pannikhides et les trisagions. Mais maintenant, j'ai vu qu'ils trouvent aussi le salut avec vos prières, les prières des ermites sortent les âmes de l'enfer.

C'est pourquoi le staretz nous a dit que la miséricorde de Dieu est grande et non seulement avec la Sainte Liturgie, mais aussi avec la prière, vous pouvez sortir une âme de l'enfer.

`Sais-tu ce que disent les gens de l'enfer ? `

`Qu'est-ce qu'ils disent, géronda ? `

`Oh, s'il y avait un prêtre de notre peuple pour se souvenir de nous à la Divine Liturgie ou quelqu'un d'autre avec son chapelet pour nous envoyer un petit paquet en signe de miséricorde.

Et il nous a conseillé de prier pour les défunts avec nos chapelets:

`Vous tous qui avez des connaissances ou des parents parmi les défunts priez pour eux afin qu'ils puissent trouver du réconfort et que leurs âmes soient sauvées.

[Extrait de My starets Joseph the Hesychast- par le Pieux Ephrem de Philothéou, Editions Evanghelismos.]

Version Française Claude Lopez-Ginisty

d'après

THE ATHONITE TESTIMONY

Extrait de My starets Joseph the Hesychast – Pious Ephrem the Philotheos, Evanghelismos Publishing.

mardi 3 mai 2022

« Sans cesse », Vraiment ?



Quelqu'un m'a posé des questions sur la prière de Jésus :

<<Qu'est-ce que cela signifie de « prier sans cesse » ? Dites-vous réellement la prière de Jésus partout ? Sur la plage, dans un restaurant, quand vous êtes avec d'autres personnes ? Vraiment, tout le temps ? >>

C'est une excellente question. Voici comment j'ai répondu.

<<Comment ça marche, c'est que vous passez un peu de temps chaque jour à ne rien faire d'autre que de dire la prière de Jésus - pour commencer, peut-être 10 minutes. Vous partez de là. Continuez à ajouter de la prière à différents moments de la journée. Une « grande » pratique (augmentation du montant) et plusieurs pratiques courtes. Ces sessions ne devraient pas être seulement la prière de Jésus, mais au moins les prières du Trisagion (Puis "Roi céleste" et « Notre Père ») et d'autres prières prières et offices courts, selon ce qui vous convient le mieux. Demandez conseil à votre prêtre.

La chose vraiment importante est de dire la prière au Seigneur Jésus, et de ne pas la dire comme « OK, c'est là que je répète beaucoup cette prière. » Le but n'est pas d'être vraiment doué pour dire la prière de Jésus. C'est le lien avec lui qui compte. Au début, vous avez probablement l'impression de parler à un mur de briques. Mais ça fond, et vous le sentez là, en train d'écouter. Ensuite, vous savez ce que vous cherchez, et le dicton vérifie que « Dire la prière de Jésus vous enseigne comment dire la prière de Jésus ».

Vous avez donc un temps de prière majeur et plusieurs autres plus petits. Avec le temps, tous ces temps de prière se tricotent. Il devient homogène, constant. Finalement, vous ne dites plus les paroles de la prière dans votre esprit ; vous restez simplement en présence de Jésus. Alors les mots ne sont plus nécessaires. Vous savez juste à travers et à travers que le Seigneur est à vos côtés.

À ce stade, vous pouvez être « en prière », dans le sens d'adorer intérieurement le Seigneur, sur la plage, dans un restaurant, dans n'importe quel groupe de personnes. Cela n'interfère pas avec le fait que vous fassiez des choses et que vous parliez, parce que ce n'est plus une question de mots. C'est comme avoir votre ami à côté de vous pendant que vous traversez votre journée ; cela améliore la journée de manière incommensurable, sans diviser votre attention.

Cependant, continuez à faire vos temps de prière quotidiens. Je pense qu'il est correct de les changer, je le fais. Je le prends comme un bon signe si je ne parviens pas à compléter ma règle de prière. Je pense qu'il est bon d'exiger plus de moi-même que je ne peux réellement en remplir. Donc, si je ne parviens pas à compléter parfaitement ma règle de prière, alors elle est à peu près au bon niveau pour ce que je devrais me demander de faire.

Les paroles de la prière de Jésus ne disparaissent pas de façon permanente. Lorsque vous commencez à passer par votre chapelet de prière, commencez par prononcer les paroles de la prière. Peut-être continuerez-vous à les dire jusqu'au bout. Au jour le jour, cela peut être différent. De plus, la prière peut vous parvenir tout au long de la journée, en guise de rappel.

Que Dieu vous bénisse et vous conduise en toutes choses ! Demandez conseil à votre prêtre et à votre père/mère spirituel. Je ne peux partager que ce qui a fonctionné pour moi. >>


Version française Claude Lopez-Ginisty

D'après 

PRAVMIR


lundi 2 mai 2022

Père George Calciu: L'œcuménisme - Une grande tentation


En ce qui concerne les compromis à l'intérieur de l'Église... aujourd'hui, il y a l'idée même que l'œcuménisme est une nécessité dans l'espace ecclésial. Qu'en pensez-vous ?


– Si nous obéissons au Diable, cela signifie-t-il que c'est une nécessité ? Ce n'est pas une nécessité, mais un péché, une très grande tentation, une hérésie. Je pense que l'Église orthodoxe devrait se soucier de ses propres activités, ne pas s'intéresser à l'œcuménisme et aux autres "mouvements". Qu'elle vive en Christ tel qu'elle a vécu jusqu'à présent.


– Quelle est la force de l'orthodoxie ?

- La force de l'orthodoxie réside dans le fait qu'elle n'a rien changé des canons fixes jusqu'à ce qu'elle ait rompu avec les catholiques, tandis que la force du catholicisme romain réside dans le nombre et l'organisation. La force du catholicisme s'effondre aujourd'hui alors que la force de l'orthodoxie demeure. Si l'orthodoxie tombe, elle tombe par les péchés des gens qui s'y trouvent, pas par autre chose. Parce que l'orthodoxie elle-même est invincible.

– Nous faiblissons donc à l'intérieur de notre Église...

– Oui. Le problème est que nous nous sommes corrompus nous-mêmes, pas les autres. Même maintenant, dans la Communauté européenne, chaque Église pourrait conserver sa pleine identité, sans compromis ni préjudice pour la doctrine religieuse, si elle était consciente qu'elle devait conserver cette identité.

– Ici, nous devrions changer un peu les mentalités...

– Eh bien, c'est le problème. Si nous perdons notre attachement à la tradition orthodoxe et que nous nous diluons dans cette masse de l'œcuménisme, absurde et criminel, ou si ce n'est pas criminel,  antichrétien même, alors nous nous perdons sûrement. C'est un désastre ! Et certains le font... Ne comprennent-ils vraiment pas le danger ? Ou sont-ils « achetés » ? Je ne sais pas, je ne comprends pas...

– Comment voyez-vous l'état actuel de notre Église ?


- C'est comme dans cette histoire, notre mère nous racontait alors qu'elle était enfant, à propos de la légion des démons qui venaient à la maison de la veuve alors qu'elle priait avec ses sept enfants. La même chose se produit aujourd'hui, il y a une grande légion de démons qui court autour de l'Église. 
Je veux dire que cela se produit avec n'importe quelle Église orthodoxe dans le monde, pas seulement avec notre Église orthodoxe ; des millions de diables courent autour d'elle. 
Il y a eu beaucoup de troubles à toutes les époques de l'histoire, mais aujourd'hui, il y en a beaucoup d'autres, nous le voyons. Il y a aussi beaucoup de prêtres désobéissants et beaucoup de moines errants qui ne devraient pas quitter leurs monastères comme ils le veulent. 

Beaucoup de moines vont en Occident, que cherchent-ils là-bas ? Ils devraient rester dans les monastères. S'ils n'aiment pas leur monastère parce qu'il est œcuménique ou pour une autre raison, ils peuvent en choisir un autre, parce qu'ils sont autorisés à le faire. 

Je veux dire que nous devons nous imposer une discipline par laquelle nous respectons l'autorité de l'Église, jusqu'à ce qu'il soit également digne du Christ de la respecter. Mais restez en face de Satan ! Soyez comme un pilier inébranlable ! En sachant que s'il se heurte à un prêtre, un moine ou un évêque, il sera vaincu ».

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
citant
 Viata parintelui Gheorghe Calciu 

dupa marturiile sale si ale altora“, 

Editura Christiana, 

Bucuresti, 2007

dimanche 1 mai 2022

Staretz Julian Lazăr de la Skite roumaine de Saint-Jean-Baptiste, sur l'Athos : à propos de la prière et de la sainteté


« Nous ne savons pas à quoi ressemble Dieu, comme nous lisons dans Jean 1:18, Personne n'a jamais vu Dieu. C'est vrai, mais nous pouvons Le rencontrer dans la prière. Va dans ta maison, dans ta chambre, dans ton cœur, et surtout, pense vraiment à qui tu parleras, puis dis comme moi, un vieil homme, je te l'enseigne : « Je te remercie, ô Seigneur, de m'avoir conduit à Te parler ; moi... le plus grand pécheur de tous ! » Et puis tiens-toi debout et parle avec Dieu.

Après tout, que veut-Il de nous ? Que nous rejetions de l'intérieur de nous tout le péché qui nous souille. À minuit ou même midi, parce que nous péchons tout au long de la journée, entre au plus profond de ton âme et parle à Celui qui pardonne toutes tes iniquités (cf. Psaume 103:2). Et puis dis : « Pardonne-moi, Seigneur, pardonne-moi, car je ne savais pas que [ces iniquités] se produisent sous Tes yeux ! Après tout, j'avais le cœur mort et je n'ai pas pensé à Toi. » Fais-le tout au long de la journée et apprends à te tenir devant Dieu, car ainsi tu te purifieras et tu te prépareras au Jugement à venir.

Et encore une fois, tu verras non seulement ta petitesse et l'abondance de tes péchés, mais aussi la bonté de Dieu, qui ne désire pas la mort de l'impie, comme que l'impie se détourne de sa voie et vive (Ez. 33:11).

Toutes les prières sont belles, et il est bon que tu lises à la fois le Livre des Heures et le Canon de Supplication à la Très Sainte Mère de Dieu. Mais si tu as peu de temps, tiens-toi devant Dieu comme je te l'ai enseigné, et parle-Lui du plus profond de ton cœur. Fais ceci et commence à toucher Dieu ! Et tu te rendras compte que tout ce que tu fais, tu le fais devant Dieu !

Et encore une fois, rappelle-toi que lorsque tes prières cessent, alors le péché commence ! Même la cessation de la prière elle-même est un péché. En effet, Dieu a dit : « Soyez saints ! » Et je n'ai jamais entendu parler de saints qui n'aient pas prié. Même l'apôtre Paul a dit de prier « sans cesse » ! Sans cesse – pas de temps en temps.

Au cours des siècles précédents, il n'y avait pas de prêtres, pas d'églises, pas de monastères, juste une communauté de croyants au milieu du monde païen. L'apôtre leur a dit de prier sans cesse, et cette exhortation s'applique également à toi qui n'as pas le temps de prier. Après tout, même ceux qui vivaient à l'époque apostolique ne savaient pas combien de temps ils auraient pour prier, parce qu'ils étaient toujours persécutés »...

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
citant

samedi 30 avril 2022

Métropolite Onuphre : le monde est changé individuellement par chaque personne


Metropolitan Onuphry : le monde est changé par chaque personne individuellement

Si nous ne nous changeons pas pour le mieux, mais que nous nous faisons des reproches les uns aux autres, le monde descendra dans l'abîme du mal.

Chacun doit d'abord s'inquiéter de sa propre amélioration, alors il y aura moins de mal dans le monde, a déclaré Sa Béatitude le Métropolite Onuphre de Kiev et de toute l'Ukraine dans son sermon à l'église de saint Agapit des grottes de la Sainte Dormition de  la Laure Kiev-Petchersk le 24 avril 2022, jour de la fête de la Sainte Résurrection du Christ Notre-Seigneur, rapporte le Département de l'Information et de l'Éducation de l'Église orthodoxe ukrainienne.

« La fête de la Résurrection nous donne un brillant espoir que le mal ne peut pas conquérir le monde. Le Mal est vaincu par le Bien. La vie a vaincu la mort. La vérité l'a emporté. Et en Christ, nous trouvons une aide forte, remplie de grâce pour surmonter le mal et les difficultés qui adviennent sur le chemin de notre vie. Par conséquent, la fête de Pâques du Christ est une fête d'une espérance lumineuse », a noté Sa Béatitude le Métropolite Onuphre.

Il a souligné que le monde est changé lorsque chacun de nous commence séparément à essayer de vivre avec Dieu.

« Si je m'inquiète de ma propre amélioration et chacun de vous de la vôtre, alors le monde sera changé pour le mieux. Si j'essaie de vous changer et que vous essayez de me corriger, alors rien ne fonctionnera pour nous et le monde descendra dans l'abîme du mal. Par conséquent, la Résurrection du Christ nous enseigne que chacun doit se soucier, avant tout, d'être avec Dieu. Si l'âme d'une personne est avec Dieu, alors elle est utile à la fois à elle-même et au monde entier - à tout le monde autour d'elle », a souligné Sa Béatitude le Métropolite Onuphre.

« Que le Seigneur, en ces jours saints, nous envoie l'esprit de paix, que le Seigneur bénisse notre terre, notre peuple ukrainien avec paix, afin que les gens soient libérés de la peur, du désarroi, du désespoir, afin que les gens retournent à un mode de vie normal et, bien sûr, que nous construisions notre vie selon les lois sacrées de Dieu. Parce que les lois sacrées conduisent une personne à la sainteté, les lois pernicieuses la conduisent à la destruction.

Que le Seigneur, Qui S'est sacrifié pour le salut du monde, nous aide à nous sacrifier en Christ, afin que nous puissions être de fidèles enfants de notre Sauveur et Créateur, Qui nous a tant aimés qu'Il est venu sur terre pour nous, a accepté la souffrance, la mort volontaire sur la Croix et est glorieusement ressuscité d'entre les morts. Le Christ est ressuscité ! » a dit  le Métropolite.

Le Métropolite a remercié le troupeau pour son amour, sa patience et son aide et l'a félicité à l'occasion de la lumineuse Résurrection du Christ. Après l'office, Sa Béatitude distribua des cadeaux pascaux aux paroissiens.


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

PRAVMIR

Marina Shmeleva: HIRONDELLES DU CHRIST

Il y a des films qui rassemblent tout le public, et il y a ceux qui laissent chacun seul avec lui-même. Ce dernier cas a eu lieu lors de la première du film de Yulia Bocharova, Hirondelles du Christ. Les paroissiens de diverses églises de Pokrovsk [1] se sont réunis dans l'auditorium, mais j'ai eu le sentiment de le regarder absolument seul - l'histoire était si intime.

Sur un miracle simple et évident

Les hirondelles du Christ sont des moines. Ceux qui ont renoncé au monde et qui, en retour, ont acquis le Ciel et l'Univers entier. Le métropolite Amfilohije du Monténégro et du Littoral en ont parlé ainsi, avec amour et affection. C'est un véritable héros - du film et de l'histoire qui a formé la base de son intrigue. Il est aussi la mère, le père et le sage grand-père de son clergé, de ses moines et de ses paroissiens ordinaires.

Un film sur un miracle, étonnamment simple et évident. L'histoire est assez récente, et à première vue, il s'agit de la propriété de l'église. Dans la nuit du 26 au 27 décembre 2019, le Parlement monténégrin (la Skupština) a adopté le projet de loi « Sur la liberté de religion et de croyance et le statut juridique des communautés religieuses ». Il prévoyait la confiscation de l'Église serbe au Monténégro et le transfert à la propriété de l'État d'objets et de terres utilisés par les communautés religieuses, s'ils avaient appartenu à l'État avant le 1er décembre 1918 ou s'il n'y avait pas de documents sur leur enregistrement en tant que propriété de l'Église (le plus souvent, il s'agit de plus de 650 églises et monastères, dont le célèbre monastère d'Ostrog, où St. Basile d'Ostrog a lutté spirituellement.

Mais en fait, nous ne parlons pas de bâtiments, mais de foi, de traditions et des sanctuaires sacrés qui sont si chers au cœur serbe, des monastères restaurés par le dur labeur des moines ordinaires. Et sur les priorités dans la vie, la hiérarchie des valeurs que vous ressentez clairement dans des moments aussi dramatiques. De nombreux habitants du Monténégro l'ont compris et ont commencé à protester. Mais pas dans le langage des rassemblements, des manifestations et des émeutes, mais avec celui de la prière, des processions avec él Croix et des sermons. Les fidèles du Monténégro étaient soutenus par la Serbie orthodoxe. Le Saint-Synode de l'Église orthodoxe russe a également délivré un message spécial.

« Nous étions au centre même des événements historiques réels qui ont influencé la vie future de toute une nation. Je me souviens m'être tenu sur le clocher de la cathédrale de Podgorica et d'avoir vu de mes propres yeux comment la ville était remplie de croyants qui priaient pour leur Église, leurs familles et leurs traditions. C'est une véritable confession de foi de nos jours, un christianisme vivant. Le métropolite Amfilohije a prononcé ses sermons les plus ardents et a pu rassembler des centaines de milliers de croyants pour la prière », se souvient Yulia Bocharova.

En terminant le film, elle a admis que la fin était destinée à être différente. Mais le 30 octobre 2020, Vladyka Amfilohije est parti vers Dieu. Et le quarantième jour après son repos en Christ, le gouvernement du Monténégro a approuvé des amendements à la loi sur les communautés religieuses, et le différend a été résolu en faveur des anciennes églises et monastères, en faveur de la foi et de la fidélité des paroissiens ordinaires - et de toutes les hirondelles du Christ qui font leurs nids dans les hautes montagnes du Montenégro.

Un pèlerinage et un vol

Le film semble parler d'un conflit, mais vous vous en souvenez à peine lorsque vous quittez l'auditorium. Cela laisse une impression très paisible et très profonde. Il s'agit principalement d'elles - des hirondelles aspirant au Ciel. À propos de ces personnes qui « voient l'essence même en chaque personne. Et si quelqu'un a le cœur brisé, il partagera un morceau du leur. » À propos de personnes étranges qui, par leur lutte tranquille et modeste, sauvent le monde, guérissent les âmes humaines et prêchent silencieusement la simple vérité :  sans le Christ, le monde est devenu étrange, malade et brisé. Et vivre, s'oublier, n'est pas étrange. C'est la norme pour l'homme, qui a été créé par Dieu.

En admirant la nature étonnante du Monténégro, vous êtes figés devant la grandeur du plan du Créateur. « La vie est le mystère de l'amour de Dieu pour l'homme », la voix de l'auteur du film fait écho à mes pensées. Elle partage ses expériences et ses réflexions de manière très subtile, délicate et discrète. Ainsi, tout le film crée un sentiment de conversation sincère, laissant de la place aux expériences du spectateur.

Et tout le film est à la fois un vol au-dessus du magnifique Monténégro et un pèlerinage dans ses églises et monastères. Il y a beaucoup d'événements importants et de noms serbes dans l'histoire, ainsi que beaucoup d'amour incroyable des Serbes pour le peuple russe. « Je pense que nous sommes un seul peuple », dit l'une des personnes interrogées. Et quand vous entendez des histoires sur des saints qui étaient serbes de naissance, mais élevés en Russie, sur la façon dont Vladyka vénérait les saints russes, vous le croyez de tout votre cœur.

« Celui qui n'est pas allé à Ostrog n'a pas prié, et celui qui n'a pas été sur la montagne Rumija ne s'est pas repenti », dit un dicton local. Rumija est une montagne de plus de 1 500 mètres de haut. Elle est couronnée par une petite église en l'honneur de la Sainte Trinité. La légende veut que cette église, détruite il y a de nombreux siècles par les Turcs, serait restaurée et même descendue « du ciel ». Et c'est ce qui s'est passé - en 2005, elle a descendue sur la falaise par hélicoptère.

Cette église au sommet de la montagne est associée au nom du martyr Jovan Vladimir et à sa croix. Aujourd'hui, la croix du saint est conservée par la famille Androvic. Pour la fête de la Sainte Trinité, ils l'apportent aux fidèles et marchent en procession la nuit jusqu'au sommet de Rumija pour y célébrer la Divine Liturgie, avec une joie particulière au lever du soleil.

En-dessous, à une altitude de 1000 mètres, il y a un couvent dédié à saint Serge de Radonège. L'idée de dédier un couvent à cet illustre saint russe a été proposée par le métropolite Amfilohije. Initialement, il était juste prévu de construire une maison ici pour une personne qui s'occupe de l'église de la Sainte Trinité. Mais qui pouvait le faire mieux que saint Serge ?

Le climat est rude ici - les tornades démolissent parfois les bâtiments. La vie est austère, l'eau et l'électricité sont strictement limitées. Les Monténégrins ont été surpris qu'un couvent y soit ouvert, mais ils se sont apaisés parce que des moniales russes venaient à Rumija.

Comment, les Moscovites d'hier, survivent-elles dans des conditions aussi difficiles ? « La vie est telle que partout vous devez supporter quelque chose. Ainsi, le cœur humain est purifié », a répondu simplement un des membres du couvent à notre question. « Les Serbes disent : « Nous devrions apprendre des Russes la repentance, et ils devraient apprendre de nous la joie. » Qu'est-ce qui peut être ajouté à cela ? Cette amitié entre nos peuples fraternels existe probablement pour cette importante leçon.

Douleur et amour

Il est impossible de parler des Serbes sans mentionner le Kosovo. Des images d'archives d'hostilités frappent une corde sensible profonde dans notre cœur : comme nous sommes sans défense sur terre ! Mais c'est si nous ne vivons que sur terre et que nous comptons sur les choses terrestres. « L'amour nous remplit de sens, à la lumière duquel nous pouvons comprendre la souffrance », c'est cet amour qui a aidé Vladyka Amfilohije à survivre à différentes choses. « Nous avons vu beaucoup de choses, nous en avons enterré beaucoup », il ne veut pas parler longuement de chagrin. Il doit être enduré par la prière.

     

Le métropolite Amfilohije, disciple et novice de l'Ancien Païssios l'Hagiorite, se souvient avec un sourire comment un serpent rampait jusqu'au saint, et il l'a nourri : « Je l'aurais tué. » Et e staretz a dit : « Vous, Monténégrins sauvages, vous tueriez et tueriez. » Leçon importante d'un saint staretz : il n'y a pas de gagnants dans la guerre du mal contre le mal, mais la bonté et l'amour l'emportent toujours.

« Le métropolite aime les gens, et les gens l'aiment » - quelle simple phrase ! Mais il contient à la fois l'héritage de Vladyka et le but de la vie de chacun de nous. « La vraie vie n'est pas dans le succès extérieur, elle est en nous. C'est une victoire dans l'esprit », raconte l'auteur du film. Les Hirondelles gagnent en vol. Et nous les suivons au moins avec un regard admiratif. Et le film de Yulia Bocharova aidera tous les spectateurs à cet égard.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

ORTHOCHRISTIAN

[1]  L'auteur fait référence à la ville d'Engels (nommée d'après Friedrich Engels) dans la région de Saratov, dans le sud de la Russie, qui s'appelait Pokrovsk (en l'honneur du Voile protecteur de la Mère de Dieu) avant 1931.

Sur Orthodoxie.com

Deux églises de la région de Kiev appartenant à l’Église orthodoxe ukrainienne* ont été fermées par les autorités locales la veille de Pâques en vue de leur transfert à l’Église autocéphale **( schismatique créée par le Phanar au mépris de tous les canons)d’Ukraine


 *(canonique)

**( schismatique créée par le Phanar au mépris de tous les canons)

vendredi 29 avril 2022

Hiéromartyr Thaddée (Ouspensky): NOUS ENTENDRONS LA VOIX DU CHRIST DANS NOS ÂMES/ homélie pour la Semaine Lumineuse



*     

« Nous fêtons l'anéantissement de la mort, la destruction de l'enfer, les prémices d'une vie nouvelle et éternelle » (Canon pascal, Ode 7)

***

Maintenant, la mort, dernier ennemi de l'humanité, est détruit ; maintenant, la mort est engloutie pour toujours, et nous sommes passés de la mort à la Vie, de la puissance de l'enfer au Royaume de la vie divine. Au lieu d'une vie passée à la recherche de joies terrestres fugaces et illusoires qui laissent nos cœurs insatisfaits même au moment où il semblerait que le frisson de la félicité et du bonheur ait étreint tout notre être, maintenant le début d'une vie remplie de joie spirituelle éternelle et indestructible est exposé. Sans aucun doute, beaucoup d'entre nous ont eu des aperçus, pour ainsi dire, de cette joie céleste au cours de la « nuit festive et salvatrice » (cf. Canon pascal, Ode 7) de la Résurrection du Christ.

Mais pourquoi cette joie, qui brillait un instant dans nos cœurs comme un rayon de lumière vivifiant, a-t-elle bientôt complètement disparu chez certains, alors que chez d'autres, elle n'a laissé qu'un faible souvenir ou une attente lasse jusqu'à ce qu'elle revienne ? Bien sûr, parce qu'au lieu de cette joie pure et céleste, ils sont rapidement revenus à aimer des choses qui semblent plus joyeuses sur Terre ; les nourritures terrestres ont été préférés à la Communion de la Pâque Divine et Très Sainte ; au lieu de la boisson de l'incorruptibilité et de la source de joie divine, ils ont préféré boire la coupe des plaisirs de la chair qui assombrit l'esprit. 

Mais si nous nous sentons faibles et impuissants à vaincre en nous-mêmes et à expulser de nos cœurs ces pensées et désirs séduisants de la chair qui ferment devant nous les portes de la chambre nuptiale bénie du Christ, qui a été ouverte la nuit radieuse de la résurrection du Christ, alors évaluons au moins vraiment ces pensées et ces désirs qui rendent peut-être, peut-être, nos cœurs semblables à des tombeaux qui paraissent beaux extérieurement, mais qui, au dedans sont pleins d'ossements de morts et de toute espèce d'impureté (cf. Mt. 23:27) ! ouvrons à nouveau les portes de notre ouïe, afin que les paroles des hymnes de l'Église, si remplis de triomphe spirituel, puissent entrer à par elles !

Lorsque ces paroles parviendront aux portes intérieures de nos cœurs, nous entendrons à nouveau dans nos âmes la voix du Christ, qui est venu souper avec nous (Apocalypse 3:20) et traîneront les restes de notre vie spirituelle, pourrie par les passions - c'est-à-dire nos cœurs, liés par l'amour du péché - hors des tombes (Ezéchiel. 37:11-14). 

Et si Sa visitation ne nous rend pas cette joie ancienne, qui nous a ravis au point d'oublier toutes choses terrestres, alors nous sentirons au moins une grande puissance en nous-mêmes pour la bataille contre les désirs abusifs de la chair. 

Nos ennemis spirituels disparaîtront comme de la fumée, et nous ferons l'expérience de la puissance de ces paroles que nous entendons si souvent ces jours-ci : « Que Dieu se lève, que ses ennemis soient dispersés ! » Une fois qu'elles seront conquis, nous verrons à nouveau dans nos âmes ce que nous avons vu la nuit de la Résurrection - l'image et le début, pour ainsi dire, de cette vie joyeuse et légère devant laquelle les joies terrestres perdront toute attraction.

Amen.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

ORTHOCHRISTIAN

***



Tropaire du saint hiéromartyr Thaddée,

Fêté le 18/31 décembre

Ton 4

Partageant les voies des Apôtres, / tu devins un successeur sur leur siège. / Par la pratique de la vertu, tu trouvas le chemin de la contemplation divine, ô toi qui fus inspiré par Dieu ; / en enseignant la parole de vérité sans erreur, tu défendis la foi, / jusques à même verser ton sang. / Saint hiéromartyr Thaddée, supplie le Christ Dieu de sauver nos âmes.

*

Saint hiéromartyr Thaddée (Ouspensky), archevêque de Tver.

Jour de fête le 18/31 décembre.

Son grand-père l'aimait plus que tous ses petits-enfants, le surnommant l'évêque. Alors qu'il étudiait encore à l'Académie de Théologie, il acquit la prière constante. Elle se disait tranquillement dans son âme, même lors de ses conversations peu fréquentes avec d'autres étudiants. Il était encore dans le monde, mais il vivait déjà comme un moine.

Alors qu'il étudiait à l'Académie théologique de Moscou, il assista à la visite à la Laure du saint et juste Jean de Cronstadt. Cette rencontre le bouleversa, laissant des impressions indélébiles dans son âme. C'est le Père Jean qui résolut les doutes du jeune homme : accepter le sacerdoce dans le monde ou bien accepter le monachisme.

À l'âge de 25 ans, il fut tonsuré moine sous le nom de Thaddée.
Professeur au séminaire théologique, il devint une figure éminente de l'Eglise ; par lui, tout prit vie et commença à fonctionner. En même temps, le père Thaddée menait une vie monastique stricte, qui se distinguait par un jeûne incroyable.

Il mena des activités scientifiques. Il créa des « Notes sur la didactique (générale et méthodologiquee de la Loi de Dieu et de la langue slave) », qui devinrent la base de l'enseignement de la Loi de Dieu [catéchisme] dans les écoles.

À l'âge de 30 ans, il fut Archimandrite (1902), inspecteur des écoles de théologie. Il officiait et prêchait souvent. Il se battit pour l'esprit et l'âme des jeunes. Six ans plus tard, il fut évêque. Le rêve chéri de Vladyka Thaddée, né alors qu'il était encore laïc, s'était réalisé - devenir enseignant ; maintenant, il était hiérarque et enseignant et il passa beaucoup de temps et d'efforts pour la cause de l'éducation publique. Et pour la Patrie, un temps terrible fut l'approche de la Première Guerre mondiale.

Le maître fut transféré du diocèse où il était, au diocèse où il fut le plus utile. 1917 trouva l'évêque Thaddée à la cathèdre de Vladikavkaz. 

En 1919, il fut élevé au rang d'archevêque. Les ennemis du pouvoir soviétique voulaient faire de lui leur bannière, mais il s'y opposa :

« Je n'ai pas participé et je ne peux pas participer à la rébellion. Le clergé ne doit pas non plus être entraîné dans la lutte politique. »

Il fut arrêté en 1921, essayant de convaincre les rebelles. Il n'y avait rien contre Vladyka. Après quatre mois de prison, il fut libéré.

En 1922, nouvelle arrestation pour distribution de l'appel du Patriarche Tikhon. En prison, au prisonnier avec lui, le Métropolite dit : « Pour nous, le temps chrétien actuel est venu : non pas la tristesse, mais la joie devrait remplir nos âmes. Maintenant, nos âmes doivent être ouvertes à l'exploit et au sacrifice. Ne t’inquiète pas, le Christ est avec nous. »

Il y eut une autre anecdote. Les dons à la prison pour Vladyka Thaddée étaient collectés par Vera Vasilievna Truks. L'archevêque les donnait entièrement au chef de la cellule, et il les divisait entre tous. Mais un jour, lorsque « le transfert habituel arriva, Vladyka en réserva une petite partie et la mit sous l'oreiller, et donna le reste au chef. On lui laissa entendre prudemment que, disons, il s'était fait une réserve pour lui-même.

- Non, non, pas pour moi. Aujourd'hui, notre frère viendra à nous, il a besoin d'être nourri, et lui donnera-t-on de la nourriture aujourd'hui ?

Dans la soirée, l'évêque Athanase (Sakharov) fut amené à la cellule, et Vladyka Thaddée lui donna de la nourriture de la réserve

L'archevêque fut libéré le 23. Partout où Vladyka vivait, il n'avait rien à lui. On lui donnait du thé ou à déjeuner - il buvait et mangeait, si on ne les lui donnait pas – il ne demandait pas. Il se considéra toujours comme un invité et dépendant de quelqu'un qui le servait et l’aidait.

Le 28, il fut nommé au département de Tver. Il était clair pour lui que Dieu était le Maître de toutes choses. 

En 1936, les rénovateurs, avec l'aide des autorités, occupèrent presque toutes les églises orthodoxes du diocèse. Vladyka servit dans ce dernier. Au cours de l'été 1937, l’archevêque fut arrêté. Il fut courageux pendant l'interrogatoire. Il fut placé dans une cellule avec des criminels. Ils se moquèrent de lui. Il endura tout le tourment et l'humiliation avec douceur et humilité. 

Allongé sous les nasses et priant constamment, lors de ses derniers jours sur terre, il portait humblement une croix, maintenant pesante d'humiliation et d'opprobre. 

La Mère de Dieu prit sa défense. Une nuit, elle apparut au chef des criminels et lui dit:


Ne touchez pas au saint homme, sinon vous mourrez tous d'une mort cruelle.

Le lendemain matin, [le chef des criminels] raconta le rêve à ses camarades, et ils se précipitèrent pour voir si le saint staretz était encore en vie. Sous leurs pieds brilla une lumière éblouissante. Quand ils sortirent, ils demandèrent tous pardon à l'archevêque. À partir de ce jour, toutes les moqueries cessèrent pour lui.

Dix jours plus tard, les autorités condamnèrent l’archevêque à la peine de mort.

Les reliques de saint Thaddée se trouvent maintenant dans la cathédrale de l'Ascension.




Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après



P.S: Un grand merci à Françoise L. qui m'a signalé quelques fautes de frappe corrigées à présent.

όσ. Παΐσιος Αγιορείτης - Χριστός ανέστη/ St Païssios l'Athonite chante le Tropaire Pascal

Librairie du Monastère de la Transfiguration






L'Odyssée de Saint Paul

Dominique Bar





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L'impératrice Hélène et la Sainte Croix
Mauricette Vial-Andru




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Terre d'Israël, Terre d'Evangile - Hymnes

Jacques Agbodjan





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Saint Nil Sorsky (1433 - 1508)






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