"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

lundi 5 août 2013

Exposition orthodoxe en Belgique



L’association «Patrimoine Russe» et le Monastère De la Mère de Dieu à Diksmuide présentent l’exposition de photos du Père Sabbaty
« À VALAAM »
Du 15 au 29 août 2013

Zaal Ten Berkele à Pervijze 

ouverte de 14h à 17h30


Le Saint Staretz Tavrion de Riga (1898-1978) (5)






Résistance

Sans jamais ouvertement s’opposer aux autorités soviétiques, le Père Tavrion ne leur cédait en rien. Par exemple, en 1977, pour le soixantième anniversaire de la révolution, on avait ordonné à toutes les églises de célébrer des offices d'intercession pour le bien-être des autorités. Ces offices furent célébrés et des sermons prêchés dans toutes les églises. Le staretz marqua l'événement avec le plus bref des sermons: «Donc, vous voyez combien il est bon, très tôt le matin, que nous glorifiions Dieu à la Divine Liturgie. Mais que font-ils maintenant dans les villes? Ils crient « Gloire ! Mais gloire à qui? » Bien sûr, il ne célébra pas d’offices d'intercession.
Pourquoi le gouvernement toléra-t-il l'existence d'un tel monastère? Il y avait plusieurs raisons:
Tout d'abord, il y avait l'extraordinaire capacité du père Tavrion de parler aux représentants du gouvernement. Un jour, le staretz fut soudainement convoqué à Moscou. Tout le monde était bouleversé et pleurait. Ils pensaient qu'ils ne le reverraient jamais plus. Il fut interdit à quiconque de voyager avec lui. Cependant, une moniale, qui jusque-là avait fortement détesté le staretz et avait même porté plainte contre lui auprès de l’higoumène, était maintenant plus bouleversée que quiconque et secrètement elle partit dans le même train que le père Tavrion.
L'accusation contre le père Tavrion était complètement ridicule. Apparemment, certains pèlerins s’étaient plaints que le staretz avait pris de l'argent de leur part pour des commémorations et ne leur avait pas donné un reçu. L'idée du KGB était que le staretz se troublerait, serait incapable de répondre et qu’il serait alors arrêté. Cependant, comme s'il s'attendait à leur plan, il fit semblant d'être un fonctionnaire soviétique exemplaire: «Bien sûr. J'ai apporté exprès tous les livres de comptes avec moi, s'il vous plaît, vérifiez. » Et ils dûrent le laisser partir.
La deuxième chose qui a préservé le couvent était l'argent. Trois diocèses (Lettonie. Lituanie et Estonie) étaient soutenus financièrement par d'immenses sommes venant de toute la Russie. Les moniales ont raconté que des camions entiers de farine de sarrasin, etc étaient envoyés au monastère voisin de Piukhtitsa en Estonie. Tous les chauffeurs de taxi connaissent le couvent et conduisaient joyeusement «au petit staretz qui donne beaucoup.»
En général, le staretz réussissait à obtenir tout ce dont avait besoin le Couvent des autorités avides d'argent. Par exemple, en Union soviétique, il était interdit de construire des églises ou autres bâtiments dans les monastères et les couvents. Le staretz, selon ses propres termes, «avait l’habitude d’attendre des occasions favorables». Il invitait les fonctionnaires et, tout en leur donnant quelque chose à manger, disait qu'il avait besoin de construire un établissement de bains. Les Lettons, qui étaient très propres et soignés, donnaient l'autorisation pour un établissement de bains et la construction commençait. Inaperçu, un deuxième étage était ajouté à la petite maison de bains, où les pèlerins pouvaient passer la nuit. De la même manière un réfectoire et une cuisine gigantesque furent construits sur le bûcher.
La troisième raison pour laquelle la vie du couvent était paisible était l’exceptionnellement bonne attitude de l'évêque diocésain envers le staretz. Le staretz n’enseignait jamais aux gens la haine des communistes, mais la haine de l'esprit communiste, l'esprit de l'Antéchrist. Ainsi, quand les gens venaient au couvent des paroisses modernistes, il les réprimandait beaucoup plus qu’il ne le faisait pour les communistes, dont les mères et les épouses venaient souvent en visite.
Un jour les deux artistes qui faisaient de l’art abstrait sont venus. Le staretz ne leur dit rien pour eux personnellement, mais dans son sermon du soir (il donnait le sermon deux fois à la Liturgie, une fois après l'Evangile, une fois à la fin du service, puis deux fois dans la soirée), il déclara: «Nous devons garder les règles de l'Église sur la manière de recevoir la Communion, comment jeûner et ainsi de suite. Mais si vous ne voulez pas les garder, alors que dois-je, moi  prophète, vous dire? Et en regardant directement les artistes, il a presque crié. «Hors de l'église. L'un d'eux est parti le lendemain, l'autre resta un peu plus longtemps, mais il respecta toutes les règles du couvent. Lorsque, dans ses dernières années, le staretz reçut des lettres de ces modernistes, il  grogna presque: «Brûlez les lettres, brûlez-les! Ayez pitié de moi, je suis malade, je n'ai pas le temps. » Mais en même temps, pour les lettres de gens simples, croyants ou qui voulaient croire, il avait à la fois la force et le temps de répondre.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après


Fresque d'une église de Moscou représentant Saint Jean, Apôtre de la Diaspora, Frère Joseph-Ambroise, Gardien de l'icône de la Mère de Dieu "Portaïtissa", et Père Seraphim (Rose) de Platina.


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Bien que Frère Joseph-Ambroise (Muñoz) et Père Seraphim (Rose) n'aient pas encore été glorifiés officiellement par l'Eglise, leur vénération s'est répandue jusques en Russie. Que Dieu nous protège par leurs prières!



dimanche 4 août 2013

Le Saint Staretz Tavrion de Riga (1898-1978) (4)


Offices

Le staretz accordait une grande importance à la décoration extérieure de l'église, aux chants et aux offices. Toute l’année des fleurs fraîches ornaient l'église et l'autel. Deux grands vases avec des lys blancs étaient disposés autour de l'icône de la Mère de Dieu entourée de chérubim. Et ces lys blancs, réunis avec les ailes blanches des anges, laissaient une impression indélébile.
Le staretz était un archimandrite avec trois croix, et il avait le droit de servir la Liturgie avec les portes royales ouvertes. Il faisait usage de ce privilège chaque jour. 

Au cours de la Liturgie, Père Tavrion changait trois fois de vêtements. Il commençait à officier dans un vêtement d'une couleur appropriée pour la journée (jaune, bleu, vert, etc), quand à l'Eucharistie il la célébrait toujours en habits rouges, et il donnait la Communion en vêtements blancs comme à Pâques. Il faisait tout cela pour que les différentes personnes qui se tenaient devant lui, et qui ne comprenaient presque rien, soient respectueuses et aiment de la beauté des services religieux.

A Noël, l'église était ornée d'une manière particulièrement solennelle. Deux petits sapins ornés de fils d'argent étaient placés de chaque côté de l'autel et la grande icône à l'arrière de l'autel était remplacée par une icône tout aussi importante de la Nativité du Christ. Cette icône avait été peinte par le staretz qui peignait très bien. La Mère de Dieu et [saint] Joseph étaient représentés en vêtements monastiques noirs sur l'icône. Sur la gauche, derrière le chœur, il y avait une petite icône de la Nativité, et de chaque côté de celle-ci étaient des figures en carton des bergers et des mages, également peintes par le staretz. 

Les offices de Noël avaient lieu à minuit et après la Liturgie tout le monde allait rompre le jeûne. La nourriture était alors composée de pommes de terre, de hareng, d’un morceau de fromage, de beurre et d’un œuf. C’était une fête luxueuse, parce que la veille de Noël personne n'avait mangé ou bu quoi que ce soit.

A la Dormition il y avait toujours une procession autour des deux églises du couvent, avec le suaire de la Mère de Dieu. Quand le suaire retournait à l'église, il était tenu en hauteur à la porte, et tout le monde passait en dessous. La même chose était faite à Pâques. 

A la Pentecôte, les tapis étaient sortis de l'église et des tapis de hautes herbes étaient mis à la place. En lieu et place de passage au centre de l'église, un chemin de fleurs allait de l'entrée jusques aux portes saintes. Ils faisaient également un coussin d'herbe sur laquelle le staretz se mettait à genoux quand il lisait les prières des Vêpres de la Pentecôte.

Malgré tous les efforts de Père Tavrion, le chant au couvent était terrible. Il y avait deux chœurs. Sur la droite étaient les moniales et sur la gauche les moniales secrètes qui avaient suivi le staretz depuis Yaroslavl, avec tous les pèlerins qui voulaient chanter. 

Le problème avec le chœur de gauche, c'est qu'il n'y avait pas de chef de chœur et les chanteurs de la chorale allaient et venaient, et beaucoup de choses sont chantées différemment dans différents lieux. Par conséquent, le staretz devait lui-même souvent se tenir vers le chœur. 

Sur le chœur de droite il y avait un chef de chœur, mais les chanteurs ne l'écoutaient pas beaucoup et ils chantaient tristement, comme le staretz l'a dit, «comme s’ils nous entraînaient dans la tombe».

Les petites particularités des services du staretz étaient particulièrement belles. Celles-ci faisaient la différence avec les services de tout autre prêtre. Par exemple: «Saint Dieu» était chanté par la première chorale à droite, puis Père Tavrion faisait face au peuple et s'exclamait: «Que toute l'Eglise chante», et il dirigeait le chant. Le troisième «Saint Dieu» était chanté par la chorale. L'autre occasion où il disait: « Que toute l'église chante », c'était avant le« Notre Père ».


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

samedi 3 août 2013

Le Saint Staretz Tavrion de Riga (1898-1978) (3)




Le couvent de la Transfiguration

En Mars 1969, le staretz fut nommé père spirituel du couvent de la Transfiguration près de Riga en Lettonie. Il y arriva avec un grand nombre de femmes qui l'avaient suivi, beaucoup d'entre elles étaient moniales secrètement. En moins de dix ans, qu’il devait y passer, ce couvent devint un lieu de pèlerinage pour toute la Russie.
Là, le staretz établit la coutume que tous les pèlerins au couvent devraient recevoir la Communion tous les jours. Par conséquent, la nourriture était strictement carémique et très pauvre - soupe, gruau et thé, bien que cela ait été administré trois fois par jour. Les moniales, d'autre part, ne recevaient pas la Communion aussi souvent et donc elles mangeaient séparément. 
Bien que de nombreux bâtiments dans le couvent avaient été construits par le père Tavrion, les conditions étaient très difficiles. Les pèlerins étaient mis dans de grandes salles où ils dormaient sur le sol, une quarantaine par pièce. Il n'y avait pas de chaises dans l'église et les offices étaient longs. La Liturgie commençait à 7h00, mais ceux qui devaient recevoir la Communion, lisaient la règle à 4h30 [prières avant la Communion] et il y avait ensuite la confession. Le staretz demandait que même les enfants viennent aussi tôt.
Une pèlerine raconta ce qui suit qui se passa à la fin de sa première visite. «Il m'a demandé gentiment. Eh bien, que dis-tu? Je lui ai dit: 'Père, j'ai sept enfants.» Il était radieux. «Sept enfants! Quelle merveille! Ton époux doit t’aimer beaucoup. » Et il sourit d'un sourire joyeux. J'ai dit: «Non, mon père, mon mari m'a quitté. «Il t’a laissée! Eh bien, ce n'est pas grave. Les enfants sont probablement bien ». Et il est devenu encore plus joyeux. J'ai soupiré: «Non, mon Père. Mes enfants sont désobéissants ». Et le staretz m'a dit, avec encore plus de joie: «Eh bien, c'est bien. Tout ira bien pour toi. Sept enfants – comme c’est merveilleux!» Je me suis encouragée. «Est-il vrai, mon père, que tout ira bien?» Il sourit et dit. «Eh bien, peut-être que non».
À ces mots, je suis devenue encore plus joyeuse que quand il avait dit que tout irait bien pour moi. 
Puis, soudain, il m'a regardé (habituellement il parlait aux gens sans les regarder) et il a dit. «Veux-tu être sauvée? Je vois que tu veux être sauvée. Aime les enfants ! » Et il a répété à nouveau. «Veux-tu être sauvée? Aime les enfants. Dans la vie, tout ne semble pas équitable. C'est parce que tout le monde a pris l'habitude de regarder les choses du point de vue de la vie, et les gens oublient que ce n'est qu'une petite minute, non, juste une fraction de seconde, un instant, en comparaison avec la vie éternelle. » Plus tard, il m'a dit: «Ne pense pas que Dieu est cruel ou désire nous torturer. Dieu est un Père aimant, il fait tout pour notre salut. N'oublie pas que cette vie qui passe est si courte par rapport à la vie éternelle. »

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après


vendredi 2 août 2013

Le Saint Staretz Tavrion de Riga (1898-1978) (2)



Révolution et persécution

En 1920, encore novice à Glinsk, Tikhon fut appelé par le gouvernement soviétique pour le service militaire. Il alla à Koursk et indiqua clairement aux autorités que comme moine, il ne servirait pas dans l'armée. Il fut autorisé à repartir. Sur le chemin du retour, il faillit se noyer dans les eaux printanières en crue, juste à l'extérieur du monastère. Plus tard, il écrivit un compte rendu de cette expérience en gage de gratitude à Dieu d'avoir épargné sa vie.
A Glinsk sa première obédience fur de peindre des icônes. Cependant, en 1921, il fut ordonné hiérodiacre dans le monastère Novospassky à Moscou par Vladyka Paulin (Krishetchkine), avec qui il resta jusqu'à la mort de ce dernier. En 1925, il fut ordonné prêtre et depuis ce temps il servit une Liturgie quotidienne. En 1926 Père Tavrion, était maintenant devenu higoumène du monastère de Saint-Marc à Vitebsk et en 1927 recteur de l'église Saint-Théodore. Dans cette même année, il participa à une tentative secrète échoué pour élire un nouveau patriarche, en recueillant les votes des évêques exilés.
En 1928. Père Tavrion fut nommé archimandrite « pour vos futures souffrances», comme l'a dit l'évêque Paulin, et il fut exilé à Perm avec l'évêque. Peu de temps après, il fut arrêté et condamné au camp de concentration.  Le staretz passa plus de 27 ans en exil, prisons et camps de concentration, où, entre autres choses, il aida à construire un canal. En ce qui concerne sa vie en prison, il raconta ce qui suit: «Combien grand est le sacrement de la confession! Nous étions là, couchés sur nos lits superposés et tout autour de nous, il y avait de la saleté, des jurons et des crachats. Mais pour nous, ceci était aussi brillant que le paradis. Un prisonnier m'a chuchoté à l'oreille: «Que je suis content d’être venu ici, Père! Je sais que demain ils vont me prendre à nouveau pour un interrogatoire, ils vont me torturer, je sais que je ne vais pas sortir d'ici en vie, mais pour la première fois de ma vie, j'ai déchargé mon âme dans le sacrement de la confession. »
En ce qui concerne ses années dans les camps de concentration le staretz dit: «Les gens mouraient comme des mouches. Mais j'avais creusé une petite cellule dans la terre et chaque jour, très tôt le matin, j'avais l'habitude de célébrer la Divine Liturgie. Plus tard, les religieuses à Riga racontèrent comment elles avaient des visiteurs qui avaient envoyé des raisins au staretz dans son camp, avec lequel il avait fait du vin. En 1953, le staretz fut exilé au Kazakhstan, où il endura les années les plus difficiles de sa vie, en travaillant comme gardien dans une école. En 1956, après la mort de Staline, le staretz fut «réhabilité» et nommé prêtre à la cathédrale de Perm.
En 1957, le staretz put retourner à Glinsk, où il avait commencé sa vie monastique comme novice Tikhon, près de cinquante ans auparavant. Il fut nommé higoumène, mais les moines avaient perdu l'habitude de la règle stricte et ils commencèrent à se plaindre: «Nous sommes vieux, nous sommes malades, il est difficile pour nous de nous lever tôt. Le staretz fut transféré à Yaroslavl. Glinsk ferma, et les moines furent dispersés dans différents monastères. En 1958, le staretz passa plusieurs mois dans le monastère de Pochaev. Comme les persécutions sous Khrouchtchev s’aggravèrent, plus tard la même année, il alla à Oufa et devint prêtre de la cathédrale et également secrétaire diocésain. En 1961, il servit dans le diocèse de Yaroslavl, dans le village de Nekrasovo, et en 1964 dans le village de Nekous. Il lui fut interdit de prêcher par le métropolite Jean (Wendland), lorsque le nombre de personnes qui venaient l'entendre contraria les autorités communistes.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

jeudi 1 août 2013

Le Saint Staretz Tavrion de Riga (1898-1978) (1)




Les débuts
Toute la vie du saint staretz Tavrion de Riga fut une vie de persécutions et de souffrances. Né Tikhon Batozsky dans la ville de Krasnokoutsk près de Kharkov, le 10 Août 1898, le staretz a décrit ses premières années dans les termes suivants:
« Nous avions une grande famille de dix enfants et j'étais le plus jeune. Un jour, quand j'étais couché sur le poêle, écoutant mes frères réciter leurs leçons à haute voix, maman dit: «Vous voyez, vous étudiez tout le temps, mais Tikhon sait tout sans cela. Ils m'ont testé, et c'était vrai, je savais tout: l'histoire russe, l'histoire de l'ancien monde et tout ce qu'ils étudiaient. Plus tard, quand je suis allé à l'école, dans mes cours d'histoire, je voulais glisser sous le bureau et dessiner. J'aimais vraiment le dessin. Un jour, le professeur m'a remarqué et m'a sorti en me tirant oreille. «Que fais-tu? Demanda-t-il. Je lui ai répondu: «Je sais déjà toute la leçon ». «Comment est-ce possible? A dit le professeur. Il a commencé à me tester, et c'était vrai: je savais tout, et je connaissais même les leçons à venir. Alors il m'a permis de dessiner pendant ses cours.
Nous avons tous travaillé dur, ma mère travaillait particulièrement dur. Personne ne savait quand elle se levait. Le matin, elle faisait des crêpes et nous les donnait, et nous allions à l'école, en les mangeant en chemin. Nous travaillions toute la journée, et le soir, après le souper, nous nous asseyions pour chanter. Nous étions tous très musiciens et un frère jouait même du violon. Et c'est ainsi qu'il jouait et nous chantions des chants religieux. Tous les voisins enviaient ma mère et lui disaient: «Vous avez de la chance. Personne n'a une famille comme vous ». Parce que mon père voulait que tous les garçons deveniennent officiers, et chacun d'eux le sont devenus, à part moi, il a été arrêté au cours de la guerre civile et mis en prison où il mourut. Certains des enfants ont été tués et d'autres ont été emprisonnés. J'étais dans un monastère, puis dans un camp de concentration. Maman est morte dans la maison de quelqu'un d'autre.

Je me souviens quand j'étais toute petit, ma marraine, une vieille dame pieuse, m'a emmené à l'église. Je me suis assis dans ses bras et tout autour de moi étaient des icônes et les petites flammes des lampades et des cierges. Et c'était si beau, si magnifique. J'ai tellement aimé cela que lorsque j'eus sept ans, je me suis enfui du monastère de Glinsk. Mais ils m'ont renvoyé parce que mon père voulait que tous ses enfants soient officiers. Puis, à l'âge de dix ans, je suis finalement entré au monastère en Glinsk pour de bon. Ma mère m'a dit à propos de ses dix enfants: «Nous devons donner la dîme à Dieu».

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

mercredi 31 juillet 2013

Jean-Claude LARCHET: Recension:Saint Justin (Popovitch): Vie des Saints Serbes





Saint Justin Popović, « Vie des saints serbes », Introduction de Jean-Claude Larchet, traduction et annexe de Lioubomir Mihailovitch, éditions L’Âge d’Homme, Lausanne, 2013, 473 p. (collection « Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle »).L’une des œuvres majeures de l’archimandrite Justin Popović (aujourd’hui saint Justin de Čelije) est sa Vie des saints en douze volumes, qui présente la vie des saints communément célébrés par l’Église chaque jour du calendrier liturgique. Ce travail n’est pas entièrement original puisque, dans la plupart des cas, saint Justin, bien que marquant sa rédaction de son style personnel, a repris très largement les Vies des saints écrites et publiées en Russie entre 1689 et 1705 par saint Dimitri de Rostov. C’est la raison pour laquelle il n’est sans doute pas nécessasire de publier en traduction française l’ensemble de cette œuvre. En revanche saint Justin a fait une œuvre personnelle et originale en ce qui concerne les Vies d’un certain nombre de saints inclus dans le calendrier depuis le début du XVIIIe siècle, et pour l’ensemble des saints serbes au sujet desquels il n’existait souvent que des relations anciennes. Pour cette raison et parce que les saints serbes restent en France très mal connus, c’est sur eux que se concentre ici la publication de l’œuvre hagiographique de saint Justin, ce qui constitue déjà un volume substantiel.De nouveaux saints ont été inclus dans le calendrier de l’Église serbe depuis que cette œuvre a été écrite. Leurs Vies (y compris celle de saint Justin lui-même) ont été rassemblées dans une annexe de ce livre. Rédigées par le traducteur, Lioubomir Mihailovitch, elle ne prétendent pas être complètes, mais veulent seulement éveiller ou de maintenir la mémoire de ces saints par le biais de simples repères biographiques, dans l’attente qu’une hagiographie canonique rende pleinement justice à leurs vertus.

Comme on pourra le constater, il y a parmi les saints serbes peu de moines ou de laïcs d’origine modeste. La plupart d’entre eux sont des nobles du plus haut rang qui, soit ont gardé jusqu’à la fin de leur vie les attributs du pouvoir et dont la sainteté s’est manifestée dans leurs fonctions dirigeantes, soit ont renoncé au pouvoir et à la gloire et aux richesses qui y sont attachées pour se vouer à la vie monastique. 


Les premiers ont consacré leurs capacités, leur prestige, leur pouvoir, leurs richesses à Dieu et à leur peuple, assurant à ce dernier le bien-être et la paix, assurant aussi par leurs largesses la prospérité de l’Église (tous ont été des bâtisseurs d’églises et de monastères), contribuant à répandre le mode de vie orthodoxe et, en luttant parfois jusqu’au martyre, à préserver l’intégrité de la foi droite et l’existence de l’Église contre les ennemis intérieurs et extérieurs.Les seconds ont renoncé à tout – pouvoir, gloire, richesse, confort – pour se consacrer entièrement à Dieu en menant la vie de simples moines ou moniales, faisant preuve d’un détachement beaucoup plus difficile que ceux qui n’avaient pas d’abord possédé tous ces biens. Lorsqu’ils ont quitté le monde, ils ont distribué leurs richesses aux pauvres et à l’Église, et ont souvent mis leurs compétences au service de la construction et de la direction de monastères.Le lien étroit et dominant, dans l’histoire serbe, entre la sainteté et la noblesse explique que ces Vies des saints serbes soient dans la plupart des cas très liées à l’histoire politique de la Serbie. Ce recueil n’est donc pas une hagiographie uniquement centrée sur les traits spirituels des personnages évoqués, mais fait une grande place à l’histoire et peut apparaître d’une certaine manière comme une histoire de la Serbie, laquelle à son tour n’apparaît pas comme une histoire ordinaire, uniquement centrée sur des faits politiques, mais comme une histoire spirituelle, marquée par ce que les dirigeants serbes ont fait pour Dieu, et dans une certaine mesure par Dieu, car la dynastie des Némanides en particulier a joué pour la christianisation du peuple serbe et le développement et le maintien du christianisme en Serbie un rôle analogue à celui de Constantin et de Justinien pour l’Empire byzantin.Après les saints d’ascendance noble, qui constituent de très loin la catégorie la plus nombreuse (près d’un tiers des saints recensés), une deuxième catégorie importante (un peu moins d’un tiers) est constituée par les saints évêques, archevêques ou patriarches qui ont déployé leur activité au service de la foi orthodoxe, de l’expansion et de la prospérité de l’Église serbe, et dont les vertus ont été des modèles de vie chrétienne pour le peuple.Une troisième catégorie importante de saints est constituée par les néo-martyrs, lesquels se répartissent en trois sortes. 1) La plupart d’entre eux ont été victimes des musulmans. Ce ne sont pas seulement des individus, mais parfois des groupes entiers qui ont été martyrisés, comme les saints martyrs de Momišići. La Serbie fut progressivement conquise par les Ottomans à partir du XIVe siècle et resta sous leur domination jusqu’en 1878, mais dans les dernières décennies, en Bosnie et surtout au Kosovo, de nombreux orthodoxes serbes ont été persécutés, violentés ou tués en raison de leur foi par des musulmans extrémistes; la persécution continue, et donc la liste de ces néo-martyrs est loin d’être close. 2) Un certain nombre de néo-martyrs, clercs et laïcs ont aussi été victimes, au cours de la Seconde Guerre mondiale, des oustachis, nationalistes croates qui étaient alliés à Hitler; les persécutions auxquelles ces denriers se sont livrés avaient une dimension non seulement politique et ethnique, mais également religieuse, puisqu’elles étaient la sanction appliquée aux Serbes qui ne s’étaient pas soumis aux mesures de conversion forcée au catholicisme-romain qui avaient été décrétées en 1941 par l’État croate. 3) Il faut citer aussi les clercs qui ont été persécutés par le pouvoir communiste, bien que celui-ci ait été, en Yougoslavie, moins virulent que dans les pays de l’ex-bloc soviétique ; .Une quatrième catégorie de saints est constituée par des ascètes d’origine modeste, moines pour la plupart. Dans cette catégorie s’illustrèrent notamment saint Pierre de Koriša, saint Stéphane de Piperi, saint Prochore de Pšinja, ou encore saint Syméon de Dajbabé, qui a vécu et a été canonisé récemment, et auquel un des volumes de cette collection a été consacré.Une dernière catégorie est formée de théologiens inspirés qui ont aussi été exemplaires par leur vie vertueuse et ont contribué à l’instruction et à l’édification du peuple chrétien. Parmi eux figure l’auteur de ce livre, saint Justin Popović.On constatera que deux catégories importantes de saints que l’on trouve dans l’Église russe sont absentes ici: celle des fols-en-Christ et celle des saints startsi. Mais comme le montrent justement ces deux exemples, les types spécifiques de sainteté se constituent en fonction des besoins particuliers de peuples et des conditions historiques dans lesquels ils se trouvent.S’il fallait définir les caractéristiques de la sainteté dans l’Église serbe, c’est sans aucun doute à la première catégorie que nous avons citée qu’il faudrait se référer: plus que dans tout autre Église locale les saints rois et princes y ont été nombreux, et ils ont brillé par le souci de consacrer leur pouvoir et leur richesse au développement de l’Église, au bien-être du peuple. On peut citer l’adage particulièrement frappant qui fut au quotidien celui de plusieurs rois serbes: « Amis, nous n’avons pas régné aujourd’hui car nous n’avons fait de dons à personne. » Ces saints souverains se sont aussi sacrifiés pour préserver la liberté de leur peuple, celle-ci étant dans presque tous les cas assimilée à la liberté religieuse, puisque la Serbie fut de tout temps menacée de perdre son identité spirituelle sous la pression tant des musulmans que des catholiques-romains. Ces rois et princes nourrissaient leur action par une vie spirituelle intense, marquée par le détachement, la prière, le jeûne et toutes les formes de l’ascèse chrétienne. Proches de Dieu, ils se montraient également proches du peuple, étant des exemples à la fois d’humilité et de charité.Parmi les princes et les rois devenus moines, se détachent les figures tutélaires de saint Sava et de son père saint Syméon le Myroblite, auxquels saint Justin a ici consacré les notices les plus importantes et les plus inspirées. Saint Sava, qui peut être considéré à la fois comme le Père de l’Église serbe et de l’État serbe chrétien constitue aujourd’hui encore pour les Serbes une référence absolue, unissant les vertus d’un haut degré d’accomplissement spirituel et de rayonnement pastoral à un talent d’organisateur de la vie monastique et d’inspirateur d’un État chrétien.La Serbie est un petit pays qui ne peut se targuer de compter autant de saints et d’icônes miraculeuses que l’Empire byzantin ou la sainte Russie. Il faut néanmoins avoir conscience que ceux qui sont évoqués ici ne sont qu’un « échantillon » d’une réalité bien plus vaste, connue ou inconnue.
À défaut d’être exhaustif, cet ouvrage aidera certainement le lecteur à prendre conscience de la richesse qualitative de la sainteté dans l’Église serbe, et aussi à approcher la Serbie – qui fut tant décriée par les médias occidentaux au cours de ces dernières décennies – dans ce qu’elle a de plus noble et de plus beau. Jean-Claude Larchet
in 

Une interview de Jean-Claude LARCHET


Le monastère de Séraphim-Divéyevo (fondé par saint Séraphin non loin de Sarov) publie sur son site, sous le titre « La sainteté, voilà la vraie théologie », une interview de Jean-Claude Larchet. Le théologien français y parle de la nature de la théologie, des qualités que doit avoir le théologien et du rôle qu’il doit jouer dans l’Église et dans la société. Il évoque la personnalité et l’enseignement de saint Justin Popović, qu’il a personnellement connu, et l’importance des personnalités saintes pour la vie de l’Église et son rayonnement dans le monde. Il explique pourquoi et comment la vie chrétienne en Église est la condition de la vraie liberté et du plein épanouissement de l’être humain. Il montre enfin que saint Séraphin de Sarov, bien connu comme ascète et spirituel, était néanmoins aussi, dans le plein sens du terme, un théologien. 

lundi 29 juillet 2013

Prière à la Mère de Dieu


Mère de Dieu de la Déisis


Peu importe l'affliction qui t'atteindra,
Peu importe la maladie qui te frappera,
Peu importe combien insupportable 
sera ta vie de famille, 
Ou l'instabilité de ton poste de travail,
Dans toutes ces circonstances
Tourne-toi vers la Reine des Cieux
Et demande-Lui avec des larmes
 de t'aider,
Et Elle,
Notre Souveraine 
t'entendra 
et t'aidera 
en toute circonstance.

Souviens-toi que pour Elle, 
Il n'est rien d'impossible!


Testament de l'Abbesse Rufina de Harbin ( +1943) 
Version française Claude Lopez-Ginisty

dimanche 28 juillet 2013

Saint Georges de Drama (+1959) : Enseignements






"Si vous priez sans donner l'aumône, votre prière est morte. Vos mains doivent toujours être ouvertes. Donnez l'aumône aux orphelins et aux veuves. Aumône et prières vont de pair."


"Efforcez-vous d'intensifier votre foi, et au cours de la Divine Liturgie d'être sans distraction et attaché à la célébration de l'office, afin qu'il vous soit accordé de voir les majestés de Dieu."


" Ne doivent vous impressionner ni richesse, ni honneur, mais marchez toujours justement. Mangez votre pain gagné avec votre honorable sueur, et non par des moyens injustes. 
Les choses que vous gagnez honorablement, ne les gaspillez pas sans but. Vivez honorablement et humblement, et autant que possible étendez vos mains dans la charité... 
Frappez aux portes des pauvres, des malades, des orphelins. Vous devriez préférer les maisons des affligés aux maisons de ceux qui sont joyeux. 
Si vous faites de bonnes œuvres, vous aurez une belle récompense de Dieu. "


"Aimez tous vos semblables, même vos ennemis. C'est la chose la plus fondamentale. 
Aimons toujours  non seulement ceux qui nous aiment, mais aussi ceux qui nous haïssent. Pardonnons-les et aimons les tous, même s'ils nous ont fait le plus grand mal, alors nous serons vraiment les enfants de Dieu, alors nos propres péchés seront pardonnés aussi... 
Prêchez toujours l'amour.  C'est la loi la plus fondamentale de Dieu: l'amour et l'amour seulement. "


"Dieu prend soin de tout le monde. Le désespoir est en fait un manque de foi."


"La Panaghia [La Toute Sainte Mère de Dieu] ne veut pas de grands cierges, elle veut que l'on montre de la charité aux pauvres."


Le staretz a dit que ce qui sauve l'homme ce sont "les bonnes œuvres de Dieu, l'humilité, l'obéissance, l'amour et la charité".

[Le staretz] dit à une femme qu'il avait rencontrée au monastère: "Quoi? Tu vas à l'église tous les jours et tu ne t'es pas réconciliée avec tes enfants?"

Ne vous asseyez pas à l'heure de la Divine Liturgie. Votre nous (intellect)ne devrait pas voler ça et là. Tant que vous êtes à l'église prenez la décision de consacrer tout le temps à la prière."

"Ne pensez pas seulement à ce que vous mangez, ce que vous portez, à quelle grande maison vous allez construire. Frappez aux portes des pauvres, des malades, des orphelins. Préférez plus les maisons de ceux qui sont tristes plutôt que de ceux qui sont heureux. Si vous faites de bonnes œuvres, vous aurez une grande récompense de Dieu. Vous serez redus dignes de voir des miracles, et dans l'autre vie, vous aurez une jubilation sans fin."

"Le chrétien qui aime tous les hommes a une grande récompense, surtout s'il pardonne à ceux qui lui font du mal. Car si nous n'aimons pas notre prochain, toutes les bonnes œuvres que nous faisons seront inutiles. Elles ne seront rien, elles seront sans valeur. Amour, mes frères, Dieu exige l'amour de nous."

Version française Claude Lopez-Ginisty

samedi 27 juillet 2013

La vie en Dieu



Tous les humanismes européens
tendent à remplacer
le vie en l'homme-Dieu
par une vie
selon l'homme.

Saint Justin de Tchélié

vendredi 26 juillet 2013

La bonté de Dieu



Dieu 
est si riche
en grâces
qu'Il cherche
une raison
pour avoir pitié 
d'une personne. 

Saint Anthime de Chios

jeudi 25 juillet 2013

La foi et les œuvres


Image illustrative de l'article Jean Chrysostome

Une foi correcte
n'est en rien bénéfique
à celui
dont la vie est corrompue.

Saint Jean Chrysostome

mercredi 24 juillet 2013

Saint Côme d'Etolie: L'incompréhension des jugements de Dieu


Kosmas Aitolos.jpg

Celui qui ne comprend pas les jugements de Dieu marche sur une crête comme sur le fil d'un couteau et il est facilement déséquilibré par chaque souffle de vent. 

Quand il est loué, il exulte, quand il est critiqué, il se sent amer. Quand il festoie, il devient un véritable porc, et quand il souffre à cause de difficultés, il gémit et se plaint. 

Quand il comprend, il le montre avec ostentation, et quand il ne comprend pas, il prétend le faire. 

Quand il est riche, il est vantard, et quand il est dans la pauvreté, il joue l'hypocrite. 

Gorgé, il est d'airain, et quand il jeûne, il devient arrogant. Il se dispute avec ceux qui le reprennent, et ceux qui lui pardonnent, il les considère comme des imbéciles. 

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

mardi 23 juillet 2013

Archimandrite Zacharie de Maldon: Priez sans cesse! (R)



L'archimandrite Zacharie (Zachariou), est un hiéromoine chypriote, disciple du saint staretz Sophrony de Maldon de bienheureuse mémoire.

"La prière est une question d'amour. L'homme exprime l'amour par la prière, et si nous prions, c'est une indication que nous aimons Dieu. Si nous ne prions pas, cela indique que nous n'aimons pas Dieu, car la mesure de notre prière est la mesure de notre amour pour Dieu. Saint Silouane identifie l'amour pour Dieu avec la prière, et les saints Pères disent que l'oubli de Dieu est la plus grande de toutes les passions, car c'est la seule passion qui ne sera pas combattue par la prière à l'aide du Nom de Dieu. Si nous nous humilions et que nous invoquons l'aide de Dieu, en faisant confiance à Son amour, la force nous est donnée de vaincre toute passion, mais quand nous sommes oublieux de Dieu, l'ennemi est libre de nous tuer. "

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Archimandrite Zacharias,
The Hidden Man of the Heart
The Cultivation of the Heart in Orthodox Christian Anthropology
Mount Thabor Publishing

lundi 22 juillet 2013

Staretz Germain de Stavrovouni ( 1906-1982): De la Divine Providence (R)


Elder Germanos of Stavrovouni


En quoi les gens peuvent-ils nous nuire, quand Dieu nous aime et qu'Il est prévoyant envers nous? 
+
Si tu comprends l'amour et les soins, que tes parents ont pour toi, pense que l'amour et la Providence de Dieu pour toi sont incomparablement plus grands. Aie ceci présent dans ton esprit et ne désespère jamais. 
+
Les maladies qui t'arrivent, sont des remèdes dans les mains de la Divine Providence qui guérissent ton âme des passions, du mal, et du péché. On doit accepter une maladie comme une occasion de prière et de pénitence aussi. Maintenant que tu souffres de ta maladie, il est plus difficile pour toi de pécher. Maintenant, tu ne t'adonnes pas à la satisfaction des passions, comme cela se produisait quand tu étais en bonne santé. Vois ton épreuve comme la "porte étroite et le douloureux chemin" (cf. Matt. 7:14), qui conduisent à la vie éternelle. Glorifie Dieu, Qui, avec l'Amour de Sa Providence a permis à ces difficultés temporelles, de t'ouvrir la voie de l'éternité.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

dimanche 21 juillet 2013

Le mouvement des collyvades et sa signification (II)



La contribution des Kollyvades à l'éducation et à la culture ne se limite pas à élever la conscience de soi des peuples orthodoxes vis-à-vis des deux dangers de l'assimilation par l'Est ou de l'Ouest, qui était très grande. Il y avait un autre, tout aussi large, dimension, dans laquelle ils semblaient avoir moins de succès, non pas parce que leurs enseignements étaient sans effet, mais parce que, malheureusement, de 1821 l'Etat grec moderne a été violemment coupé de la tradition orthodoxe grecque. Elle a abandonné l'éducation chrétienne traditionnelle grecque et, guidé par et en tutelle de l'Occident, s'est retourné contre son héritage byzantin, contre les Saints et les Pères de l'Église, contre tout ce qui était sacré pour la nation.
Il est connu que les Saints Kollyvades, et surtout St Athanasios de Paros, se sont affrontés avec les supporters européens et européanisation des Lumières en Grèce moderne, qui a adopté les idées des Lumières françaises et la Révolution française, et même l'athéisme de Voltaire, et qui a tenté de diriger le cours de culture grecque moderne à l'antiquité classique, vantant et en insistant sur la sagesse et la connaissance de l'antiquité du monde tout en sous-estimer ou ignorer la sagesse divine. Rationalisme, la science, la connaissance et la liberté sont les nouvelles divinités dans la religion des Lumières. La synthèse byzantin, dans lequel les éléments sains de l'ancien esprit grec ont été préservés et renforcés et pressés dans le service du message divin de l'amour, l'humilité et de la réconciliation qui dérive de l'enseignement de l'Evangile de la Croix, a été abandonné et dénigré. Il s'agissait essentiellement d'une nouvelle forme de persécution de l'église, semblable aux tentatives de l'empereur Julien l'Apostat au quatrième siècle pour relancer pur hellénisme à l'endroit du christianisme, et par Barlaam le Calabrais au XIVe siècle à introduire dans Byzance orthodoxe la scolastique et le rationalisme de la Renaissance occidentale, en rejetant la méthode éprouvée de l'illumination et de la perfection utilisé par les Pères de l'Eglise, qui a souligné la sagesse divine, mais sans rejeter la sagesse mondaine ou humaine. Les trois Pères de la IVe siècle, Basile le Grand, Grégoire le Théologien et Jean Chrysostome, avec leur éducation grecque classique et raffinée, comme saint Grégoire Palamas au XIVe siècle, barré le chemin du retour à un classicisme malsaine qui place la création au-dessus de l'incréé , la sagesse humaine au-dessus de la sagesse divine, comme l'a dit le bienheureux moine Christoforos Papoulakos sur l'observation de la mauvaise voie prise après 1821 par des universitaires et des membres du clergé grec occidentalisés, qui ont adopté dans leur intégralité les idées des Lumières européennes.
Il est à noter que les héros révolutionnaires de 1821, Kolokotrónis, Makrygiannis, Papaflessas et d'autres, qui avaient été élevés dans l'esprit de la tradition, se sont sentis trahis sur ce point. Ils avaient lutté pour libérer les Grecs contre les Turcs dans le corps, et maintenant ils ont vu la Grèce devenir esclave spirituellement, livrant son âme, pour les Européens.
Latinisation retourné sous la forme d'européanisation et de l'occidentalisation. L'Occident, qui avait été incapable de "éclairer" Byzance gratuitement avec Barlaam le Calabrais, qui est de plonger les Grecs dans l'obscurité, parce que saint Grégoire Palamas ont réagi avec le mouvement hésychaste, ni encore sous l'occupation turque en raison du mouvement hésychaste de l' Kollyvades, ont tenté à nouveau après 1821 en plaçant l'Etat grec moderne, de l'éducation et de la culture sous sa tutelle spirituelle. Il semble, cependant, qu'il est à nouveau battu.
Les Kollyvades, vilipendé, même dans le nom qu'ils ont donné, ont profondément influencé la foi orthodoxe et de la vie comme de véritables successeurs de la tradition hésychaste patristique. Tant la Sainte Montagne, qui leur élevés, et saint Grégoire Palamas peuvent être fiers de ces grands maîtres de l'orthodoxie et de la Nation.
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