"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire
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dimanche 7 août 2022

Archevêque André de Novo-Diviyévo: La vie orthodoxe





L'Orthodoxie n'est pas seulement un rituel, ou une croyance, ou un modèle de comportement, ou toute autre chose qu'un homme peut posséder, pensant qu'il est de ce fait chrétien, et tout en étant encore spirituellement mort. 

Il s'agit plutôt d'une réalité élémentaire, ou d'un pouvoir, qui transforme un homme et lui donne la force de vivre dans les conditions les plus difficiles et les plus douloureuses, et qui le prépare à partir en paix dans la vie éternelle.

L'essence de la vraie vie orthodoxe est la piété, qui est, selon la définition de Saint Nectaire d'Optino, fondée sur l'étymologie du mot, "garder ce qui appartient à Dieu avec honneur". 

Cette doctrine est plus profonde que la simple doctrine juste, elle est l'entrée de Dieu dans tous les aspects de la vie.

Une telle attitude produit la manière orthodoxe de vivre qui n'est pas seulement faite de coutumes extérieures, ou d'un comportement qui caractérise les chrétiens orthodoxes, mais de l'ensemble de la lutte spirituelle consciente de l'homme pour qui l'Eglise et ses lois sont au centre de tout ce qu'il fait et pense.

L'expérience consciente partagée de ce mode de vie, centrée sur les offices divins journaliers, produit la véritable communauté orthodoxe, avec son sentiment de légèreté, de joie et de quiétude intérieure.

 Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

dimanche 17 mai 2020

Le code vestimentaire de l'Eglise



Question: Y a-t-il un code vestimentaire dans l'Église orthodoxe, et si oui, pourquoi?

Réponse: Tout d'abord, il faut dire que c'est un phénomène récent dans certaines Églises catholique et protestantes de recommander un code vestimentaire "casual", "détendu" ou même pas de code vestimentaire du tout pour le culte et la communion. Cette réponse ne sera pas directement une critique de cette pratique, sauf pour dire que ceci n'a jamais fait partie de la tradition chrétienne orthodoxe et c'est clairement une rupture avec elle.
Tant les Ancien et Nouveau Testament sont pleins d'appels à la pudeur et au respect envers non seulement en esprit vers l'intérieur mais aussi en apparence que on est connecté à l'autre et on l'influence. Depuis l'époque d'Adam et Eve, qui se sont couverts avec des vêtements après la chute, la manière dont on est habillé a été directement reliée à la façon dont on se situe par rapport à Dieu et à son prochain. La propreté, la simplicité, la justesse, l'humilité, etc, ne sont pas les seules vertus de l'âme, mais aussi des vertus du corps, qui, nous dit saint Paul, est le temple du Saint-Esprit.

Question: Quel est le code vestimentaire?

Réponse: Les Ecritures nous offrent un code vestimentaire, non seulement avec les rappels des principes vertueux susmentionnés, mais également des détails spécifiques concernant: le travestisme (Deutéronome 22:05), les marques corporelles (Deutéronome 14:1/ Lévitique 19:28), les cheveux tressés et l'or, ou les perles ou les vêtements coûteux (1 Timothée 2:9 1 Pierre 3:3-4), et le fait de se couvrir la tête (1 Cor. 11) pour n'en nommer que quelques-uns.

Donc, bien sûr, chacune de ces références a des nuances liées à la culture et l'époque, par exemple les hommes portent des kilts en Ecosse. Pourtant, tout comme il serait erroné de négliger ces nuances, il serait incorrect de faire fi de l'enseignement lui-même. Par conséquent, dans tout le monde orthodoxe, l'enseignement biblique demeure l'idéal ou la norme, mais l'application reste pastoralement flexible afin de parvenir à la croissance spirituelle et au progrès chez les fidèles. Pour cette raison, on va observer à la fois un strict respect du code vestimentaire comme dans les monastères ou des paroisses dont les fidèles sont issus de cultures traditionnellement orthodoxes, ainsi qu'une flexibilité appropriée dans les églises qui ont un souci pastoral et font œuvre de missionnaire dans des sociétés non-orthodoxes. En général, c'est une bonne chose que d'être au courant de la tenue vestimentaire adéquate, et pas seulement de s'abstenir de toute critique de cellle-ci, mais aussi de la suivre avec respect car elle a une portée salvifique pour nous et les autres.

Question: Quel est le code vestimentaire spécifique à notre mission?

Réponse: Il existe quatre catégories de base: 1) les hommes, 2 femmes), 3) enfants, et 4) tous.

1) Les hommes ne doivent pas porter des chapeaux, des bandanas, des shorts, des chemises sans manches, ou des chaussures de sport comme les baskets.

2) Les femmes ne devraient pas porter de mini-jupes, de vêtements moulants, des bas ou des hauts révélateurs (sauf s'ils sont couverts avec un pull ou autre vêtement), ou des chaussures de sport comme les baskets.

3) Les enfants devraient avoir un peu plus de souplesse, mais ils devraient encore porter des "vêtements d'église", afin qu'ils sachent qu'ils sont dans un lieu qui est spécial et sacré.

4) Tout le monde doit s'abstenir de vêtements qui soient impudiques, ostentatoires, ou "trop ostentatoirement à la mode", ou qui puissent détourner de l'espace de prière sacré de la Maison du Seigneur. Les vêtements ou des  parures corporelles avec des images, des symboles, ou des choses écrites ne devraient pas être portés ou au moins couvert, de sorte que les saintes icônes et la Parole de Dieu n'aient pas à rivaliser avec le logo de notre équipe de sport favorite, le nom d'un groupe de musique ou le slogan de notre parti politique.

Ceci étant dit, nous ne devrions pas prendre sur nous de faire respecter le code vestimentaire à quiconque, en particulier aux visiteurs de la Mission. Lorsque les gens se familiariseront avec le christianisme orthodoxe, ils commenceront lentement à s'adapter aux façons de l'Église, grandissant naturellement en Christ avec ce qui se rapporte à la fois à l'âme et au corps. Si vous avez des questions ou des préoccupations, s'il vous plaît parlez-en à votre prêtre.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après




Il y a quelques années visitant une grande Eglise d'Athènes avec un ami prêtre, nous avons été surpris de voir parmi les visiteurs que cornaquait un guide grec,  un touriste américain ne portant pour tout vêtement qu'un slip de bain! 
Le prêtre me demanda de lui dire en anglais que sa tenue n'était pas appropriée en un tel endroit. Ce que je fis, en lui expliquant que nous étions dans un lieu sacré. Le ressortissant de l'Oncle Sam m'agonit alors d'injures et de sarcasmes, en me disant qu'il ne croyait pas en Dieu, et que si Dieu existait, il se souciait peu de sa tenue vestimentaire. Il termina en disant que personne n'avait à lui dire comment il devait s'habiller. Je lui fis remarquer qu'aux USA, on ne l'aurait certainement pas laissé entrer dans un musée dans cette tenue. Il continua à exprimer son indignation pendant que notre groupe s'éloignait.
Un chantre qui s'était joint à nous, conclut justement que la responsabilité de cette aberration incombait au guichetier à l'entrée, qui avait  accepté de lui vendre un ticket pour la visite…

Saint Jean de Changhaï, Bruxelles et San Francisco n'admettait pas que l'on garde une cravate sous son stikharion pour servir dans le sanctuaire de l'Eglise… La cravate étant un ornement appartenant à la mode futile du monde qui n'a pas sa place dans le sanctuaire.

Une habitude inepte concernant ce que l'on peut et ne pas faire dans l'Eglise, consiste aussi à dire: "Les canons n'en parlent pas, donc ce n'est pas interdit!" Ainsi puisque les canons ne le mentionnent pas, on peut vaquer à la prière dans l'église les mains dans les poches! Je me souviens d'un jeune orthodoxe, à qui nous faisions remarquer que son attitude n'était pas appropriée, qui nous mit au défi de trouver une quelconque allusion aux mains dans les poches dans les saints canons de l'Eglise! 

Et puisque rien n'est dit à ce sujet dans le Pedalion, il devrait être possible de s'asseoir en position du lotus pendant le sermon, ou de consulter son i-Phone! (C.L.-G.)

dimanche 19 mai 2019

Qu'est-ce qu'une épitimie?



Qu'est-ce qu'un épitimie?
Un enseignement et une aide pour les pécheurs, dans le Sacrement de la Confession

L'épitimie ou la pénitence doit être comprise comme une interdiction que, selon les canons de l'Église, le prêtre en tant que médecin spirituel peut appliquer dans certains cas, afin de traiter les maladies morales de ses enfants spirituels.

Les canons contiennent de nombreuses recommandations pour les péchés comme les assassinats, l'adultère et les autres péchés de la chair, et bien d'autres circonstances. La plupart de ceux-ci spécifient une certaine période de temps pendant laquelle le pénitent a l'interdiction de recevoir la Sainte Communion.

Une épitimie ne doit pas être seulement une interdiction de recevoir les Saints Mystères. Un confesseur pourrait imposer un jeûne au-delà de ce que font les autres, des prières de repentir supplémentaires, l'exécution d'un certain nombre de prosternations, des œuvres de miséricorde, la lecture de l'Ecriture Sainte et d'autres exercices pieux.

Une pénitence spéciale ou épitimie parfois imposée par le prêtre-confesseur, n'est pas un châtiment, mais représente une action de correction ou de guérison pédagogique. Le but est d'approfondir la contrition à propos du péché et de soutenir la volonté de correction.

L'apôtre Paul dit: "Car la tristesse selon Dieu produit une repentance pour le salut, qui ne doit pas être regrettée, mais la tristesse du monde produit la mort" (2 Corinthiens 7:10).

L'un des canons du Sixième Concile Œcuménique déclare: "En recevant de Dieu le pouvoir de lier et de délier, le prêtre doit évaluer la nature du péché et de préparation des repentis, et donc utiliser les moyens appropriés de la guérison. Mais s'il n'applique pas des moyens appropriés, le salut ne sera pas disponible pour le pécheur. Car tous les péchés ne sont pas similaires, mais différents et spécifiques, et représentent de nombreux aspects de préjudice d'où le mal se développe et se disperse plus loin, sauf s'il est arrêté par la puissance de guérison. "

A notre époque pitoyable, où les chrétiens se vautrent dans l'ignorance concernant la justice, et où la société leur apprend à être de plus en plus indulgents avec eux-mêmes, le confesseur sage donne d'une main douce une épitimie. Il est important de ne pas souffler la petite flamme de contrition qui brûle chez un pénitent en dispensant une épitimie qui peut être très appropriée pour une personne spirituellement plus mature, mais qui ne serait seulement perçue comme une punition pour quelqu'un qui peine à tolérer le lait spirituel.

En tant que pasteur, le staretz Ambroise avait une approche douce, que certains ont interprété à tort comme une faiblesse.

"Un jour," écrit Vladika Anthony, "ne comprenant pas, je lui dis après la confession, "Pourquoi, Père, ne m'as-tu pas donné une épitimie? Il répondit humblement: "Tu sais, j'ai observé moi-même qu'une parole aimable agit avec plus de force que n'importe quoi d'autre".

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Icons courtesy of
used with permission.

mardi 9 avril 2019

Père John Breck:Dormition & Assomption


Dans notre tradition orthodoxe nous prenons généralement bien soin de distinguer entre la "Dormition " de la Mère de Dieu et son "Assomption" au ciel. Le premier terme, à notre avis, est bien orthodoxe, tandis que le second nous apparaît comme une désignation purement occidentale, dérivée d'un "malentendu" catholique sur la signification de cette fête, universellement célébrée le 15 août.

Il est vrai que certaines interprétations très sincères, mais erronées de la mort de [la Vierge] Marie et de son exaltation se trouvent aussi bien dans les écrits spirituels catholiques et dans les icônes contemporaines de l'Ouest: une tendance, par exemple, à exalter la Sainte Vierge à un niveau de "divinité" qui efface de manière efficace la distinction essentielle et absolue entre la vie humaine et divine. Les théologiens orthodoxes insistent pour que la "déification" (theosis) connue par la Mère de Dieu, n'engage en aucune façon une transformation ontologique de son être, de l'humanité créée à la divinité. Elle a été et restera toujours une créature humaine: la plus exaltée de toutes celles qui portent l'image de Dieu, mais toujours un être humain, dont la gloire apparaît dans son humilité, dans son simple désir d'accepter "que cela soit", selon la volonté divine.

Les icônes orthodoxes traditionnelles de son «endormissement», par conséquent, se concentrent particulièrement sur sa mort et mise au tombeau. Les disciples, "rassemblés de toutes les extrémités de la terre", l'entourent, dans une attitude de douleur et de lamentation. Derrière le cercueil sur lequel elle est posée, là est son Fils glorifié, tenant dans ses bras un enfant vêtu d'habits blancs radieux, image de l'âme de Sa mère. C'est un thème inverse. Sur tous les iconastases orthodoxes, on trouve une image sacrée de la Mère de Dieu, tenant dans ses bras son enfant nouveau-né, l'Homme-Dieu qui "a pris chair" pour sauver et sanctifier un monde déchu, pécheur, brisé. Ici, dans l'icône de la Dormition, le Fils tient dans Ses bras et offre à ce monde Sa sainte Mère, comme elle le faisait avec Lui à l'époque de sa Nativité. Lors de sa dormition, il reçoit son âme, sa vie, afin de l'exalter en Lui et avec Lui, pour la gloire, la beauté et la joie de la vie éternelle.

Dans de nombreuses icônes orthodoxes, toutefois, cette image primaire est complétée par une autre: la représentation de la Mère de Dieu montant au Ciel, accompagnée par une foule d'anges. Nous trouvons ce double motif notamment dans les icônes post-byzantines telles que la Koimesis (Dormition) du monastère de Koutloumousiou au Mont Athos, datée d'environ 1657. (Vladimir Lossky note d'autres représentations semblables dans son commentaire sur la Dormition, in Meaning of Icons (Signification des Icônes), Boston, 1969, p. 215.) Doit-on en conclure que ce double thème, qui représente à la fois la Dormition et l'Assomption de la Mère de Dieu, est simplement le résultat de l'influence occidentale?

En fait, si nous l'étiquetons "Assomption" ou "Ascension" de la Mère de Dieu, cette image complète celle de la Koimesis d'une manière qui est en parfait accord avec la théologie orthodoxe. Tout comme le Christ est mort et reposait dans la tombe, pour être ressuscité et élevé au ciel, ainsi Sa sainte Mère "s'endort", pour être élevée par son Fils et exaltée avec Lui dans le Ciel. Par Sa Résurrection et l'Ascension, il fournit les moyens par lequels la "Mère de la Vie", avec tous ceux qui demeurent en Lui, peuvent être ressuscités des la morts et élevés à la Vie transcendante.

Si nous comprenons "l'Assomption" de la Mère de Dieu à la lumière de l'Ascension de son divin Fils, nous pourrons alors apprécier la double représentation de la Dormition et de l'Ascension que l'on retrouve dans nombres de nos icônes orthodoxes. La Sainte Mère de Dieu, la Théotokos ou "Génitrice de Dieu", est le premier des fruits de l'accomplissement eschatologique qui amèneront toute l'œuvre créatrice et rédemptrice de Dieu à sa fin. Elle est le vaisseau dans lequel la Deuxième Personne de la Sainte Trinité "a pris chair" et est devenu (un) homme, afin de donner le salut à la race humaine. Son sein, "plus vaste que les cieux", contenait l'Incirconscrit. Il a pris Son existence humaine d'elle, et elle l'a accompagné avec amour et prière pendant toute la durée de son ministère terrestre, jusques au pied même de la Croix. Elle partagea pleinement Sa souffrance, supportant Sa crucifixion et Sa mort dans les profondeurs de son âme. Par conséquent, elle est l'image parfaite de l'Eglise, la communion éternelle de tous ceux qui vivent et meurent dans le Christ.

Ils seront, comme elle, ressuscités en Lui et exaltés à la même gloire à laquelle il a élevé et transformé leur nature humaine déchue. Elle est ainsi un précurseur de leur salut, une image prophétique de la vie glorifiée qui attend tous ceux qui portent le Christ dans les profondeurs intérieures de leur être, comme elle L'a porté au plus profond de ses entrailles.

Pourtant, elle est plus que cela. Elle n'est pas seulement un modèle de la communauté de destin du peuple chrétien. Elle l'accompagne également à toutes les étapes de son voyage, lui offrant , nous offrant, sa prière et son amour incessants. Dans sa Dormition et dans son élévation au ciel, elle "n'abandonne pas le monde", mais reste, comme les hymnes liturgiques de la fête le proclament, la Mère de la Vie, qui est "constante dans la prière" et "notre ferme espérance, "qui, par ses prières" délivre nos âmes de la mort! "



Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

N.B. : Le dictionnaire Slavon/Grec/Latin du XVIIIème siècle (Leksikon treïa Zîtchnii/ Lexikon Triglotton/ Dictionarium Triolingue) publié à Moscou en 1707, traduit le terme slave Ouspénié ou grec Koimisis, non par le latin Assumptio, mais par le terme Obdormitio, qui semble oublié à présent. (C. L.-G.)

mardi 17 janvier 2017

St. Jean de Cronstadt


Lorsque vous avez des pensées agréables dans votre âme, vous vous sentez heureux et calme. Quand il y a de la paix et de la joie dans votre cœur, alors l'esprit du bien, le Saint-Esprit est en vous. 

Lorsque vous êtes empli de mauvaises pensées, alors vous vous sentez déprimé et troublé, l'esprit mauvais et rusé de malignité est en vous.

**** 


Que signifie l'invocation quotidienne des saints, différents chaque jour, pendant toute l'année, et pendant toute notre vie? Cela signifie que les saints de Dieu, qui sont comme nos frères, mais parfaits, vivent et sont près de nous, toujours prêts à nous aider, par la Grâce de Dieu. 

Nous vivons avec eux dans la maison de notre Père céleste, seulement dans différentes parties de celle-ci. 

Nous vivons sur la moitié terrestre, eux dans la moitié céleste; Mais nous pouvons converser avec eux, et eux avec nous. 

Les saints de Dieu sont proches du cœur croyant, et sont prêts, en un instant, à aider ceux qui les invoquent avec foi et amour.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

lundi 28 juillet 2014

Métropolite Jonas de l'OCA: Le calme intérieur (R)


Une des choses qu'il est très difficile d'accepter, c'est cette réalité que lorsque nous portons la colère et le ressentiment et l'amertume dans nos cœurs, nous érigeons des barrières à la grâce de Dieu en nous-mêmes. Ce n'est pas que Dieu cesse de nous donner Sa grâce. C'est ce que nous disons: "Non Je ne le veux pas. "Quelle est Sa grâce? C'est Son amour, Sa miséricorde, Sa compassion, Son activité dans nos vies. 
Les saints Pères nous disent que toutes les personnes humaines sans exeption qui sont nées sur cette terre, portent l'image de Dieu non faussée en elles-mêmes. Dans notre tradition, il n'y a rien qui soit la nature déchue. Il y a des personnes tombées, mais pas de nature déchue. L'implication de cette vérité, c'est que nous n'avons pas d'excuses pour nos péchés. Nous sommes responsables de nos péchés, pour le choix que nous faisons. Nous sommes responsables de nos actions et de nos réactions. "Le Diable m'a fait faire…" n'est pas une excuse, car le Diable n'a d'autre pouvoir sur nous que celui que nous lui donnons. C'est difficile à accepter, car il est vraiment pratique de blâmer le Diable. Il est également très pratique de blâmer les autres, ou de notre passé. Mais, c'est aussi un mensonge. Nos choix sont les nôtres.

À un niveau encore plus profond, ce principe spirituel - ne réagissez pas - nous enseigne que nous devons apprendre à ne pas réagir aux pensées. Un des aspects fondamentaux de ceci, est cette vigilance intérieure. Cela peut sembler une tâche ardue, compte tenu du nombre de pensées que nous avons. Cependant, notre vigilance n'a pas besoin d'être concentrée sur nos pensées. Notre vigilance doit être centrée sur Dieu. Nous avons besoin de maintenir la prise de conscience de la présence de Dieu. Si nous pouvons maintenir la conscience de Sa présence, nos pensées n'auront aucun pouvoir sur nous. 
Nous pouvons, pour paraphraser saint Benoît, précipiter nos pensées contre la présence de Dieu. C'est un enseignement  patristique très ancien. Nous concentrons notre attention sur le souvenir de Dieu. Si nous pouvons faire cela, nous allons commencer à contrôler nos pensées dérangeantes. Nos réactions viennent de nos pensées. Après tout, si quelqu'un nous dit quelque chose de méchant, comment allons-nous réagir? Nous réagissons d'abord à travers nos réflexions, nos pensées. Peut-être que nous sommes habitués à réagir après avoir été offensés, par quelque réponse cinglante. Mais veillant sur notre esprit, afin que de maintenir la communion vivante avec Dieu ne laisse pas de place pour les pensées distrayantes. Cela nous laisse beaucoup de latitude, si nous décidons que nous devons réfléchir à quelque chose intentionnellement en Présence de Dieu. Mais dès que nous nous engageons dans quelque chose de choquant, nous laissons Dieu à l'extérieur. Et l'inverse est vrai - aussi longtemps que nous maintenons notre connexion à Dieu, nous ne serons pas capables de nous engager dans quelque chose de détestable. Nous ne réagirons pas

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

mardi 6 mai 2014

Archiprêtre Constantin Ostrovsky: Comment puis-je apprendre à me repentir sincèrement en confession ?

Entretien réalisé par Leonid Vinogradov.

How Can I Learn to Repent Sincerely in Confession?

Archiprêtre Constantin Ostrovsky

On peut apprendre dans des livres et des articles ce dont l'on doit se repentir, mais pas apprendre à se repentir. La plupart des paroissiens connaissent probablement le besoin de se confesser comme cela est requis, mais ne ressentent pas le repentir, la contrition sincère de cœur, et la volonté de ne pas répéter ses péchés. Nous les répétons, puis de nouveau les énumérons à la confession. Enfin, le prêtre nous couvre de l'épitrachelion, nous recevons la Communion, puis nous péchons de nouveau. Que devrions-nous faire? Nous en avons parlé avec l'archiprêtre Constantin Ostrovsky, recteur de l' église de la Dormition à Krasnogorsk et doyen du District de Krasnogorsk.

La contrition sincère de ses péchés et la volonté de ne pas les répéter sont de grands fruits, et en aucun cas les premières étapes de la repentance. Idéalement, toute notre vie doit être repentance. Tout le monde se souvient du commandement apostolique: Priez sans cesse (Thessaloniciens 5:17). Il s'agit de la repentance. La prière de Jésus, "Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur,"  est une prière de repentance.

Nous péchons, en raison de notre faiblesse, en continu - sinon en actes, alors en pensée. Et nous devons nous repentir continuellement. Par conséquent, je ne pense pas que nous devrions faire que les paroissiens répètent constamment leurs péchés quotidiens à la confession. Si quelqu'un sent qu'il a besoin du soutien de la prière d'un prêtre, il peut les énumérer; nous avons la confession dans notre église tous les jours, matin et soir.

Mais, à proprement parler, la confession est le Mystère de la réunification de quelqu'un avec l'Église. En commettant un péché grave, on chute loin de l'Église, et à la confession. on retourne à l'Église par le mystère: on est reçu de nouveau dans la communion eucharistique. Par conséquent, je n'insiste pas pour que les personnes qui reçoivent régulièrement la Communion aient besoin de venir à la confession, et de faire la liste de tous leurs péchés quotidiens avant chaque Communion.

La tâche du chrétien ne consiste pas à respecter des règles, mais à être en union de prière constante avec Dieu. Compte tenu de notre faiblesse, cela signifie se repentir. Pas dans le désespoir et l'auto-flagellation, mais en se repentant- c'est-à-dire dans la réalisation et la reconnaissance de notre péché et  par la foi simultanée en la miséricorde de Dieu. C'est-à-dire, dans la condition exprimée par la prière de Jésus, dans la prière du publicain.


Mais dans de nombreuses prières, il est écrit  "je suis le plus pécheur de tous ", ce qui est une évaluation plus rigoureuse. Les saints qui ont compilé ces prières l'ont probablement estimé ainsi, parce qu'ils s'évaluaient à la lumière de la grâce de Dieu. Mais un simple laïc, qui est nouveau dans l'Église, peine à se ressentir sincèrement comme le plus pécheur de tous.

Les saints eux-mêmes ne se considèrent pas ainsi immédiatement. Abba Dorothée admit devant ses maîtres, Barsanuphe le Grand et Jean le prophète: "je regarde ma vie et je comprends que je suis digne du tourment éternel; Je sais que je suis pire que tous les autres, mais je ne me ressens pas cela dans mon coeur." Et les startsy lui répondirent qu'il était sur ​​la bonne voie. Il faut une vie pour comprendre dans nos cœurs ce que nous sommes vraiment - et c'est le chemin spirituel.

Je considère qu'il n'est pas juste de dire "je suis le pire pécheur de tous," si vous ne vous considérez pas de cette façon. Moi, malheureusement, je ne pense pas de cette façon - même si je comprends que je le devrais. Mais nous, les fidèles, reconnaissons au moins nos péchés. Devons-nous attendre un miracle pour les éprouver de la façon dont les saints l'ont fait? Nous n'avons pas besoin d'attendre. Par conséquent prions maintenant même, comme nous le pouvons.

Je prononce les mots: "Aie pitié de moi, ô Dieu," mais je ne me ressens pas la contrition de cœur. Eh bien, que dois-je faire... ? Je me repens avec la foi et je vais travailler sur mon âme et maintenir la communion avec l'Église, afin que le Seigneur ne m'abandonne pas. Je vais prier avec attention, en suivant les conseils de saint Jean Climaque, en gardant mon esprit dans les paroles de la prière. 
Si cela ne fonctionne pas, je vais prier avec mes yeux et la bouche, même avec un cœur froid et un esprit absent, mais dans l'espoir que même un petit travail de cette sorte peut me rapprocher de Dieu. Comme les saints Pères l'ont dit, mieux vaut du pain avec de la cendre, que de ne pas manger du tout.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

lundi 31 mars 2014

Les défenseurs de l'au-delà: Réflexion pour le samedi des Défunts

Advocates from Beyond the Grave Talks with Elder Symeon: A Reflection For All Soul Saturdays

Source : American diocèse orthodoxe carpatho-russe des Etats-Unis

*

Le moment de mon départ approchait. Un soir, je me suis assis dans le jardin du monastère avec le Docteur Rosov, Père Vassian (Père Syméon), Père Isaïe, et Père Pimène, le sacristain. Nous avons discuté du livre de Soloviev. " L'histoire qui m'a le plus impressionné, Père Vassian " (Père Syméon), ai-je dit , "était intitulée les avocats de l'au-delà."

" Qu'est-ce que cela raconte?" Demanda Père Vassian, caressant pensivement sa barbe. "L'histoire est assez simple," répondis-je. "Sous le règne de Nicolas Ier, lorsque l'évêque Parthène Tchertkov, élevé dans la grande famille aristocratique de Naruishkin, occupait la cathèdre de Vladimir(1821-1849), un prêtre, un certain Père Avvacoum, occupait la paroisse la plus pauvre du diocèse. Fils d'un sacristain, il avait épousé une jeune fille pauvre, et ils vivaient dans une grande pauvreté.

Père Avvacoum était un homme de prière puissant et il aimait particulièrement prier pour les morts. Il avait un cahier spécial, où il inscrivait les noms de tous les défunts dont il avait entendu parler. Il les mentionnait non seulement au cours de la proscomédie (prières de préparation pour la Divine Liturgie), mais aussi matin et soir, dans ses prières privées. Pour cette raison, ses prières duraient des heures.

" Cela déplaisait souvent à son épouse, qui avait l'habitude de dire: " Tu devrais abandonner ces longues prières supplémentaires, et à la place m'aider au jardin de la maison, etc., car je suis très fatiguée. Tu n'es ni moine, ni reclus. Si tu veux prier si longtemps, va vers l'évêque et demande une meilleure paroisse où l'on pourrait se permettre d'avoir des serviteurs. Alors, tu pourras prier aussi longtemps que tu le souhaiteras.

" Père Avvacoum avait l'habitude de répondre en disant que la prière est le premier devoir d'un prêtre et ne doit pas être négligée. En ce qui concerne une meilleure paroisse, Père Avvacoum pensait qu'il était inconvenant d'en demander une à son évêque. Ils devaient attendre avec patience, jusqu'à ce qu'il leur propose un tel poste. Sa femme accepta à contrecœur.

" Pendant ce temps, la meilleure paroisse du diocèse était devenue vacante. Elle était dans une grande et riche ville industrielle. Plus de deux cents demandes furent faites à l'évêque. Parmi les candidats étaient des professeurs du Séminaire, des doyens ruraux, des maîtres en théologie, et des archiprêtres mitrés. 

Presque toutes les demandes étaient accompagnées par des lettres de recommandation de membres du clergé et de laïcs éminents, y compris du gouverneur de la province de Vladimir lui-même. Après avoir parcouru toutes les candidatures, l'évêque, à défaut d'arriver à une décision, se mit au lit.

"A peine avait-il fermé les yeux qu'il vit devant lui une grande foule de gens, des deux sexes et de différents âges et fonctions, qui suppliaient respectueusement l'évêque de nommer Père Avvacoum dans la paroisse vacante. L'évêque ne savait rien de l''existence de Père Avvacoum. L'évêque se réveilla, se signa, et se rendormit. La même foule apparut de nouveau devant lui avec la même demande. "Qui êtes-vous," demanda l'évêque, "et pourquoi aimez-vous tellement le Père Avvacoum?"

"Nous sommes des personnes défuntes qui ont été pardonnées par Dieu, et sont entrées dans le Royaume des Cieux grâce aux prières de Père Avvacoum, a répondu la foule," et elle a disparu.

"Le lendemain matin, l'évêque a appelé le secrétaire du consistoire et lui a demandé de savoir dans quelle paroisse il y avait un prêtre nommé Avvacoum, et de l'inviter à venir à Vladimir. Il y avait un seul Père Avvacoum dans le diocèse. 

Un jour, son doyen rural est venu vers lui avec un ordre de comparaître devant l'évêque le plus tôt possible.

"Père, as-tu commis une erreur ou une faute?" lui a demandé le doyen inquiet.

" Non, je ne me souviens pas d'une telle chose," a répondu Père Avvacoum. " J'y vais avec une conscience claire, sauf que je n'ai pas d'argent pour le voyage." Le doyen lui a prêté de l'argent.

" Quelques jours plus tard,  Père Avvacoum comparut devant l'évêque, qui tout de suite le reconnut du rêve. "Eh bien, Père Avvacoum," dit l'évêque, "la meilleure paroisse de mon diocèse est vacante, et 200 demandes ont été envoyées pour elle. Beaucoup de personnalités ont recommandé les candidats, mais vos défenseurs de l'autre monde étaient les plus forts de tous. Je vous nomme prêtre de cette paroisse, et quand moi-même, j'irai où va toute chair [quand je mourrai], je vous supplie de prier pour moi". L'évêque raconta alors son rêve au Père Avvacoum.

" Dieu seul connaît l'avenir," dit Père Vassian," mais nous devons prier pour les défunts. Ils sont vraiment nos défenseurs. Nous demandons aux saints canonisés d'implorer la miséricorde de Dieu pour nous. Mais il y a beaucoup de saints inconnus qui peuvent nous aider. C'est une bonne et honorable chose que de prier pour les défunts." 

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En tant que chrétiens orthodoxes, nous négligeons souvent notre responsabilité chrétienne de prier pour les morts. Malheureusement dans beaucoup de nos paroisses, c'est seulement le prêtre avec une poignée de personnes qui fréquentent les liturgies des défunts du samedi qui ont lieu pendant le temps du Carême et au moment de la fête de Saint-Dimitri. Comme l'histoire vraie ci-dessus l'atteste, la prière pour les défunts, qui est un signe de notre amour pour les membres de l'Église triomphante, est agréable à Dieu. En réponse à nos prières sincères pour les défunts, notre Seigneur , à son tour, montre Sa miséricorde pour nos proches défunts et pour nous. Assistez aux liturgies du samedi dans votre paroisse à chaque fois qu'elles sont offertes et vous serez richement bénis.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après 

lundi 25 novembre 2013

Métropolite Laure: Le combat spirituel (Podvig) ascétique de la vie dans le monde (VI et fin)





Ainsi, nous voyons que, conformément aux Écritures, en accord avec les enseignements de l'Église et des saints Pères, nous devons lutter pour aller par la voie orthodoxe du salut. Les saints apôtres ont enseigné à leurs disciples et nous instruisent ainsi : «Nous devons par beaucoup de tribulations entrer dans le royaume de Dieu» ( Actes 14:22 ) . Le Seigneur nous dit aussi : " Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là. Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent.» (Matthieu 7:13,14 ) .

Nul doute que vous serez nombreux à penser ou dire : « Et voilà, ils veulent que nous vivions comme des moines ou des ermites. Mais regardez nos amis et connaissances, et tout le monde autour de nous, ils vivent pour leur propre plaisir, font ce qu'ils veulent. et aucun d'eux n'a jamais pensé à ce qui est dit ici ; ils ne pensent pas au Royaume, à la vie future; ils ne gâchent pas leur humeur par de telles considérations. "

Oui, c'est vrai, ils vivent et ne prêtent aucune attention à la vie spirituelle. Ils ne croient pas dans cette ou dans la vie future. Il n'y a donc rien de spirituel en eux, ils n'ont pas la paix de l'âme, ou la joie spirituelle. Ils n'ont donc pas retenue, rien de valeur morale ou spirituelle qui pourraient les faire se retenir, ou pour lesquels ils pourraient se restreindre. Par conséquent, ils sont reliés à la débauche et la luxure, la criminalité, le suicide spirituel, et la faillite spirituelle.

Nous, les enfants de l'Eglise orthodoxe il faut nous méfier de cela et être prudents et de fuir tout cela comme le feu.

Sa Béatitude le Métropolite Antoine [Khrapovitsky], fondateur et premier chef de notre Eglise Orthodoxe Russe à l'Etranger, dans son excellent article intitulé « En quoi l'Orthodoxie diffère-t-elle des confessions occidentales? " écrit sur la différence profonde entre notre foi et l'hétérodoxie. Il voit cette profonde différence dans le fait que la foi orthodoxe enseigne comment organiser sa vie selon les exigences de la perfection chrétienne, tandis que l'hétérodoxie prend du christianisme que ce qui coïncide avec les conditions de la vie culturelle contemporaine.

L’Orthodoxie voit le christianisme comme un fondement éternel de la vie véritable et exigence chacun se plie et plie sa vie, jusques au temps il est d'accord avec cette norme véritable, mais les hétérodoxes regardent les bases de la vie culture contemporaine comme sur un fait inébranlable, et c’est seulement dans le domaine de ses options privées qu’il indique lesquelles d'entre elles sont approuvées du point de vue chrétien. L’Orthodoxie exige un héroïsme moral, le podvig  [labeur/exploit acétique]; l’hétérodoxie considère les éléments du christianisme qui seraient compatibles pour nous dans notre mode de vie actuel. Pour les orthodoxes, l’homme appelé à la vie après la mort, dans lequel la vraie vie va commencer , le mécanisme historiquement en forme de la vie contemporaine est une illusion insignifiant, mais pour les hétérodoxes l'enseignement sur la vie future est une idée exaltante élevée, une idée qui aide à organiser notre vie réelle ici de mieux en mieux .

Ces paroles remarquables du métropolite Antoine clairement et distinctement soulignent que abîme sans fond qui sépare la vraie foi chrétienne orthodoxe , depuis sa distorsion hétérodoxie .

L'orthodoxie est un podvig , l'aspiration à l'éternité , tandis que dans l'hétérodoxie , nous voyons un fort attachement à la terre, à la foi dans le progrès humain .

Monseigneur Anthony souligne en outre que la foi orthodoxe est une foi ascétique, et que:

L'âge d'or que les adorateurs de la «superstition du progrès» attendent sur ​​la terre est promis par le Sauveur dans la vie à venir, mais ni les Latins, ni les protestants ne veulent accepter cela pour la simple raison que (pour parler ouvertement) ils croient faiblement à la résurrection, et croient fermement dans le bonheur de la vie présente, que, au contraire , les apôtres appellent une vapeur évanescente ( cf. Jacques 4:14 : Vous qui ne savez pas ce qui arrivera demain! car, qu'est-ce votre vie? Vous êtes une vapeur qui paraît pour un peu de temps, et qui ensuite disparaît.) C'est pourquoi l'Occident pseudo-chrétien ne veut pas et ne peut pas comprendre la négation de cette vie par le christianisme, qui nous commande de lutter : Ne mentez pas les uns aux autres, vous étant dépouillés du vieil homme et de ses œuvres, et ayant revêtu l'homme nouveau, qui se renouvelle, dans la connaissance, selon l'image de celui qui l'a créé. " (Col 3:9-10).

Si nous devions suivre toutes les erreurs de l'Occident, à la fois celles qui sont entrées dans son enseignement de la foi ainsi que celles inhérentes à ses mœurs... nous verrions qu'elles sont toutes ancrées dans une incompréhension du christianisme comme combat spirituel  en vue de l’auto perfection progressive de l'individu.

Le christianisme est une religion ascétique, le christianisme est un enseignement sur l’extirpation progressive des passions, sur les moyens et les conditions de l'acquisition progressive des vertus; ces conditions sont internes, composées de lutte ascétique, et vues de l'extérieur, composées de nos croyances dogmatiques et des sacrements qui donnent la Grâce et qui n'ont qu'un seul objectif: guérir l'humanité pécheresse et nous conduire à la perfection.

Voilà ce qu'il faut retenir, et nous nous devons nous attacher à la Sainte Eglise Orthodoxe et  à ses enseignements. Ce faisant, nous ne serons pas loin de la voie du salut !

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
la conférence donnée 
au huitième pèlerinage annuel 
de St. Herman (Saint Germain d’Alaska) 
au monastère de la Sainte Trinité  de Jordanville,
 le 12/25 Décembre, 1985 
et  publié dans 
Orthodox Life 
vol. 36, no . 1 
(Janvier/ février 1986), 
pp 40-47.

dimanche 24 novembre 2013

Métropolite Laure: Le combat spirituel (Podvig) ascétique de la vie dans le monde (V)


Nous pouvons trouver chez les saints Pères quelle signification la prière devrait avoir pour nous. Les saints, qui, en fait, testèrent l'importance de la prière, écrivirent à ce sujet d’après leur expérience. Par conséquent, nous devons lire ce qu'ils ont écrit et apprendre d'eux.

Voici ce que saint Jean Chrysostome écrit à propos de la prière :

La prière est un refuge pour ceux qui sont ballotés, un point d'ancrage pour ceux jeté par les vagues, un bâton de marche pour les infirmes, un trésor pour les pauvres, un bastion pour les riches, un destructeur de maladies, un conservateur de la santé. Prier maintient nos vertus intactes et élimine rapidement tous les maux. Si la tentation nous rattrape, la prière l’entraîne facilement à l'écart, si nous perdons certains biens ou autre chose, ce qui provoque le chagrin de notre âme, elle le supprime. La prière bannit toutes les afflictions, provoque la bonne humeur, facilite le bien-être constant. Elle est la mère de l'amour de la sagesse. Celui qui peut prier sincèrement est plus riche que tout le monde, même s'il est le plus pauvre de tous. Au contraire, celui qui ne fait pas appel à la prière, même s’il est assis sur le trône d'un roi, est le plus pauvre de tous...

Sur la prière dans l'église et le fait d'assister à des services religieux, saint Jean Chrysostome dit ce qui suit :

Le juste confession des dogmes devrait être combinée avec la justice de vie et les actes, de sorte que nous ne réalisions pas notre salut à moitié seulement. Rien ne peut donc plus faciliter la droiture de conduite et la pureté de la vie que d'être ici, à l'église, et avec une attention sincère. Comme le corps a besoin de nourriture, l'âme a besoin de l'étude des Ecritures divines, car " l'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Matthieu 4:4). Pour cette raison, ceux qui ne participent pas à ce repas (Liturgie) souffrent généralement de la faim. Découvrez comment Dieu menace de la faim et la place à côté de la punition et de la torture : «Voici, les jours viennent, dit le Seigneur Dieu, où j'enverrai une famine dans le pays, non pas la disette du pain, ni une soif d'eau, mais une famine d'entendre la parole du Seigneur... " (Amos 8:11 ). N'est-ce pas folie que de tout faire et de prendre toutes les mesures pour éviter la faim physique, mais de souffrir volontairement de la faim spirituelle? Non, je vous prie et vous supplie, ne soyons pas si mal disposés envers nous-mêmes ...

En outre, saint Jean Chrysostome poursuit:

Etre ici, dans l'église est la source de toutes les bénédictions. Quand ils partent d'ici, il semble que le mari est plus respectueux de sa femme et la femme est plus gentille avec son mari, car ce n'est pas la beauté physique du corps qui rend une femme aimante, mais la vertu de l'âme, non les cosmétiques et les produits de beauté, non pas l'or et de riches vêtements, mais la chasteté, l'humilité et la crainte constante de Dieu. Cette beauté spirituelle ne se développe nulle part à un tel point que dans cet endroit merveilleux et divin (L’Eglise), où les apôtres et les prophètes, lavent, réforment et  purifient le péché du vieil homme et enfantent l'éclat de la jeunesse; où ils éteignent chaque tache, chaque tare, toute souillure de notre âme... Essayons, maris et femmes, de nous réjouir de notre beauté intérieure.

Nous prêtons très peu d'attention au jeûne, estimant que c’est quelque chose que l'Église a établi et qui est sans importance. Mais il est divinement établi. Le commandement de jeûner est aussi vieux que le monde. Il était le premier commandement donné par Dieu à l'homme. Parce que nous n'avons pas jeûné, nous avons été bannis du Paradis. Aussi devons-nous jeûner afin de pouvoir entrer à nouveau au Paradis (Saint Basile le Grand). Ne pas jeûner , c'est être comme des animaux à qui une telle chose est inconnue. L’abstinence pour le corps est une nourriture pour l'âme (Saint Jean Chrysostome). Nous ne vivons pas pour manger, mais nous mangeons pour vivre et accomplir nos devoirs. Notre Seigneur Lui-même a jeûné, comme cela est raconté dans l'Evangile. Souvent, vous et moi voyons quelqu'un dans le besoin, mais nous passons sans répondre et sans aider car nous considérons qu'il n'y a pas de gens vraiment pauvres, et personne qui soit véritablement dans le besoin. Mais selon les commandements du Seigneur, nous devons aider, nous sommes obligés de faire preuve de miséricorde. Saint Jean Chrysostome dit ceci au sujet de la miséricorde :

Considérez la miséricorde, non pas pour ce que vous donnez, mais pour ce que vous obtenez, non pas comme une perte, mais comme un gain, car à travers elle, vous recevez plus que vous ne donnez. Si vous donnez du pain, vous recevrez la vie éternelle. Vous donnez des vêtements et recevez la tunique d'immortalité; vous donnez un abri sous votre toit et vous recevez le Royaume céleste. Vous donnez des joies périssables et vous recevez les bénédictions éternelles.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
la conférence donnée 
au huitième pèlerinage annuel 
de St. Herman (Saint Germain d’Alaska) 
au monastère de la Sainte Trinité  de Jordanville,
 le 12/25 Décembre, 1985 
et  publié dans 
Orthodox Life 
vol. 36, no . 1 
(Janvier/ février 1986), 
pp 40-47.