"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

dimanche 10 novembre 2013

Haïjin Pravoslave (CC)


Que chaque parole 
Que tu prononces devienne
Un chant de louange

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

Eglise saint Wladimir à Donetsk ( Ukraine)

FEUILLETS LITURGIQUES DE LA CATHÉDRALE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX



28 octobre / 10 novembre
20ème dimanche après la Pentecôte

Sainte Parascève, martyre (III). Saint Térence et son épouse sainte Néonille, martyrs avec leurs enfants saints Sarbèle, Photos, Théodule, Hiérax, Nitas, Vilos et sainte Eunicée (249-250 ; saint Etienne le Sabbaïte, moine (794) ; saint Cyriaque, patriarche de Jérusalem, martyr (363) ; saint Nestor l'analphabète des Grottes de Kiev (XIV°) ; saint Arsène, archevêque de Serbie (1266) ;saint Job, abbé de Potchaev (1651) ; saint Dimitri, métropolite de Rostov (1709) ;  saint hiéromartyr Michel (Lektorsky, 1921) ; saint Arsène de Cappadoce (1924).
Lectures : Gal. I, 11-19. Lc. VIII, 26-39. Sts.: Hébr. VII, 26 - VIII, 2. Jn. X, 9-16 
VIE DE ST JOB DE POTCHAÏEV
S
aint Job, dans le monde Jean Jelezo, naquit dans une famille pieuse de Pokutcha, en Galicie, vers 1550. Ayant manifesté de l’ardeur pour les œuvres de la piété dès sa plus tendre enfance, il quitta le domicile familial à l’âge de neuf ans, et entra au monastère de la Transfiguration à Ugornitsky dans les Carpathes. Le jeune garçon faisait preuve d’une grande humilité et d’un total renoncement à sa volonté propre, aussi reçut-il la tonsure monastique dès l’âge de douze ans. Tout le temps libre dont il disposait était consacré à la prière et à la lecture d’ouvrages utiles à l’âme. L’austérité de son ascèse et sa ferveur pour la prière furent bientôt réputées dans tout l’Ouest de la Russie. Quelques années plus tard, le défenseur de l’Orthodoxie, Constantin Constantinovitch, prince d’Ostrog, désirant fonder un monastère dédié à l’Exaltation de la Sainte Croix à Duben, en vue de protéger le peuple contre le prosélytisme des jésuites et des Polonais, fit appel à Job, qui venait d’être ordonné prêtre pour assurer l’higouménat. Le saint resta vingt-deux ans à la tête de cette communauté, où les moines vivaient dans toute sa rigueur la tradition ascétique orthodoxe. Mais, brûlant du désir de mener la vie d’un simple moine, il s’enfuit un jour secrètement et entra à la laure peu connue de Potchaev, dans le diocèse de Volynie. Là encore, ses vertus ne purent rester cachées, et les moines lui demandèrent bientôt d’accepter la charge d’higoumène. Ayant accepté malgré son désir de demeurer dans l’hésychia, il instaura un régime de vie cénobitique, fit construire une église de pierre et éleva le monastère à une grande prospérité matérielle et spirituelle. Il prit aussi une part active à la lutte contre l’uniatisme, en manifestant que la plénitude de la sainteté se trouve au sein de l’Église Orthodoxe. Vers la fin de sa vie, après avoir reçu le Grand Habit angélique sous le nom de Jean, il nomma son successeur et alla mener, avec la plus grande austérité, la vie de reclus dans une grotte souterraine totalement obscure. Il s’endormit dans le Seigneur le 28 octobre 1651, âgé de presque cent ans. Huit ans plus tard, en 1659, ses reliques furent trouvées intactes, et elles n’ont cessé d’accomplir depuis quantité de guérisons miraculeuses.
VIE DE SAINT ARSÈNE DE CAPPADOCE[1]
Saint Arsène naquit vers 1840 dans la Cappadoce chrétienne, patrie des Pères de l’Église, qui, malgré l’oppression turque, gardait au début de ce siècle une surprenante vitalité chrétienne. Devenu moine à l’issue de ses études, il fut envoyé comme prêtre dans son village natal, Pharassa, pour y instruire les enfants abandonnés. Après son pèlerinage à pied en Terre Sainte, pèlerinage qu’il renouvelait tous les dix ans, il reçut le surnom de Hadjiéfendis (« maître-pèlerin »). Humble prêtre de Dieu, il fut pendant toute sa vie le père et l’âme de la population. Non content de leur enseigner les rudiments de la culture hellénique, bannie par les autorités turques, il donnait aux Grecs opprimés un exemple vivant de la grandeur et de la dignité chrétienne. Plus que toute parole ou tout enseignement, il était lui-même présence de Dieu, source abondante de grâce et de guérisons miraculeuses, non seulement pour le peuple grec, mais aussi pour les Turcs. Ne se souciant jamais de connaître l’origine ou la religion des personnes qui se présentaient à lui avec confiance, il cherchait avant tout la prière qui était appropriée à chaque cas. S’il ne la trouvait pas dans l’Euchologe, il prenait un psaume, lisait un passage de l’Évangile ou se contentait même de poser sur la tête du malade l’Évangéliaire. Les miracles du Père Arsène étaient devenus si naturels qu’il n’y avait pas d’autre médecin à Pharassa. Il était pour tous le médecin des âmes et des corps. Ceux qui ne pouvaient se déplacer lui envoyaient des vêtements. Saint Arsène lisait alors la prière adéquate ou l’écrivait sur un morceau de tissu, et la guérison était assurée. Parfois la guérison ne venait que progressivement, pour le profit de ceux qui avaient besoin de s’humilier et de prendre peu à peu conscience du secours de Dieu. Le Père Arsène refusait tous les cadeaux qu’on lui proposait en remerciement de ses bienfaits, en disant : « Notre foi ne se vend pas ! » Et il dissimulait habilement ses vertus, au moyen d’excentricités ou d’accès simulés de colère, afin d’éviter l’estime des hommes et de préserver ainsi sa tranquillité. Quand on admirait son pouvoir de thaumaturge, il répondait sévèrement : « Eh bien ! pensez-vous que je sois un saint ? Mais je ne suis qu’un pécheur pire que vous ! Ne voyez-vous pas que je me mets en colère ? C’est le Christ qui accomplit sous vos yeux les miracles. Moi je n’ai qu’à lever les mains et à Le prier. » De fait, quand il élevait les mains vers Dieu en geste d’intercession, c’était comme si son âme se brisait. On avait l’impression qu’il saisissait le Christ par les pieds et ne le laissait que lorsque sa demande avait été exaucée. Saint Arsène vivait dans une étroite cellule au sol en terre battue, en jeûnant, veillant et priant continuellement. Deux jours par semaine, et souvent davantage, il fermait sa porte pour se livrer à la pure contemplation, revêtu d’un sac et prosterné sur la cendre. Et ces jours-là, ceux qui venaient demander son secours, trouvant la porte close, prenaient un peu de poussière sur le seuil et se trouvaient sûrement guéris. Sévère envers lui-même, le Père Arsène était tout amour et compassion envers ses ouailles, en particulier à l’égard de ceux qui venaient confesser leurs péchés. Plus que par des « pénitences » ou des réprimandes, il guérissait les pécheurs par la charité. Il allait souvent, pieds nus, célébrer des vigiles dans les chapelles isolées. Il n’utilisait pas de monture, pour imiter le Christ qui allait toujours à pied, et aussi par égard pour les animaux. À plusieurs reprises des saints apparurent pour l’assister pendant la Divine Liturgie, et des fidèles purent admirer son visage alors transfiguré par la lumière divine. Doué du charisme de clairvoyance, le Père Arsène prédit bien à l’avance l’expulsion des Grecs d’Asie Mineure, et il organisa le départ des habitants de Pharassa. Lorsque l’ordre d’expulsion arriva, le 14 août 1924, le vieillard se mit à la tête de son troupeau, tel un autre Moïse, pour un exode de trois cents kilomètres à pied, au milieu des Turcs menaçants. Toujours uni à Dieu, il n’en cessait pas pour autant de répandre la miséricorde divine indistinctement sur les chrétiens et les musulmans. Conformément à ce qu’il avait annoncé à ses fidèles, il ne vécut que quarante jours après leur arrivée sur la terre grecque. Comme il était alité à l’hôpital, un de ses proches voulut écraser un pou qu’il avait décelé sur son corps. Mais le Père Arsène s’écria : « Non, ne le tue pas le pauvre ! Laisse-le manger lui aussi un peu de chair ! N’y en aurait-il donc seulement que pour les vers ? » Puis, se tournant vers ses visiteurs, il leur dit : « L’âme ! l’âme ! soignez-la davantage que la chair qui, elle, ira à la terre et sera mangée par les vers ! » Ce fut son dernier sermon et son testament. Deux jours plus tard, le 10 novembre 1924, il remit en paix son âme à Dieu, avec la confiance du fidèle serviteur. Il était âgé de quatre-vingt-trois ans. Depuis 1970, saint Arsène n’a cessé de témoigner de la familiarité qu’il a acquise auprès de Dieu par quantité d’apparitions et de miracles advenus auprès de ses précieuses reliques, qui sont déposées au couvent de Sourôti, proche de Thessalonique. Son culte a été reconnu par le Patriarcat Œcuménique en 1986.

Tropaire du dimanche, du 3ème ton
Да веселя́тся небе́сная, да ра́дуются земна́я; я́ко сотвори́ дeржа́ву мы́шцею Cвое́ю Го́сподь, попра́ cме́ртiю cме́рть, пе́рвенецъ ме́ртвыxъ бы́сть, изъ чре́ва а́дова изба́ви на́съ и подаде́ мípoви ве́лiю ми́лость.
Que les cieux soient dans l’allégresse, que la terre se réjouisse, car le Seigneur a déployé la force de Son bras. Par Sa mort, Il a vaincu la mort ! Devenu le Premier-né d’entre les morts, du sein de l’enfer, Il nous a rachetés, accordant au monde la grande miséricorde.
Tropaire de St Job de Potchaïev, ton 4
Многострада́льнаго пра́отца долготерпѣ́ніе стяжа́въ, Крести́телеву воздержа́нію уподобля́яся, боже́ственныя же ре́вности обою́ пріобща́яся, тѣ́хъ имена́ досто́йно прія́ти сподо́бился еси́, и и́стинныя вѣ́ры бы́лъ еси́ проповѣ́дникъ безбоя́зненъ; тѣ́мже мона́ховъ мно́жества ко Христу́ приве́лъ еси́, и вся́ лю́ди въ Правосла́віи утверди́лъ еси́, Іове преподо́бне о́тче на́шъ, моли́ спасти́ся душа́мъ на́шимъ.
Ayant atteint la longanimité de l’ancêtre [Job] très-éprouvé, et imité la tempérance du Baptiste, émule de leur zèle divin, tu as été digne de prendre leurs noms, et tu fus le prédicateur intrépide de la foi véritable ; aussi tu as amené la multitude des moines au Christ, et tu as affermi tous les hommes dans l’Orthodoxie, Job notre père vénérable, prie pour sauver nos âmes.

Kondakion de St Job de Potchaïev, ton 4
Яви́лся еси́ и́стинныя вѣ́ры сто́лпъ, ева́нгельскихъ же за́повѣдей ревни́тель, горды́ни обличе́ніе, смире́ннымъ же предста́тель и науче́ніе: тѣ́мже и ублажа́ющимъ тя́ грѣхо́въ отпуще́ніе испроси́ и оби́тель твою́ невреди́му сохрани́, Іове о́тче на́шъ, многострада́льному подо́бный.

Tu fus une colonne de la foi véritable, un zélateur des commandements évangéliques, le pourfendeur de l’orgueil, et le maître et le défenseur des humbles ; aussi demande pour ceux qui t’exaltent la rémission des péchés, et de préserver ton monastère, Job notre père, semblable à celui qui fut très éprouvé.

Kondakion du dimanche, du 3ème ton
Воскре́слъ ecи́́ днесь изъ гро́ба, Ще́дре, и на́съ возве́лъ ecи́ отъ вра́тъ cме́ртныxъ; дне́сь Ада́мъ лику́етъ и ра́дуется Éва, вку́пѣ же и проро́цы cъ патрiápxи воспѣва́ютъ непреста́нно Боже́ственную держа́ву вла́сти Tвоея́.
Aujourd’hui, ô Miséricordieux, Tu es ressuscité du Tombeau et Tu nous ramènes des portes de la mort. Aujourd’hui, Adam exulte, Ève se réjouit. Tous ensemble, prophètes et patriarches, ne cessent de chanter la force divine de Ta puissance !
LECTURES DU DIMANCHE PROCHAIN : Matines : Jn XXI, 1-14;  Liturgie : Gal. II, 16-20 ;  Lc VIII, 41-56


[1] Tiré du Synaxaire du Hiéromoine Macaire de Simonos-Petras.

samedi 9 novembre 2013

Pèlerinage la semaine dernière sur la tombe de Frère Joseph-Ambroise à Jordanville

Sommes-nous en train d'assister à la naissance de la persécution moderne des chrétiens en Europe?


All new members of the U.K.'s Girlguiding organization will no longer promise to 'love my God' but rather 'to be true to myself and develop my beliefs'


A partir de dimanche 1er septembre 2013, un petit changement, mais significatif commencera à affecter des centaines de milliers de jeunes filles britanniques du Royaume-Uni. Tous les nouveaux membres de l'organisation de forte de 450.000 guides-filles au Royaume-Uni ne feront plus la promesse de "d'aimer mon Dieu," mais plutôt "d'être fidèle à moi-même et de développer mes croyances."

Ce changement controversé dans le serment d'adhésion est intervenu après que l'organisation des guides-filles, l'équivalent britannique des scouts féminins américains, a fait une enquête auprès de plus de 40.000 membres et a constaté que 37% des filles "ne croient pas en un dieu." Près d'un quart de toutes les filles de 8 ans au Royaume-Uni sont membres des guides-filles.

Le changement dans l'engagement des guides-filles est très révélateur des grands changements culturels et religieux qui balaient l'Europe de l'Ouest. Traditionnellement considéré comme un continent dominé par le christianisme, les valeurs chrétiennes orthodoxes ne sont aujourd'hui épousées que par une minorité d'Européens de l'Ouest. Les opinions chrétiennes conservatrices sur tout, de l'avortement, au mariage, à l'euthanasie sont considérées non seulement comme dépassées, mais comme réellement offensives.

Il y a tout juste un peu plus de 100 ans, plus de 80% de tous les chrétiens du monde vivaient en Europe ou en Amérique du Nord. Aujourd'hui, ce nombre a chuté en dessous de 40% et la plus forte baisse a été en Europe. On croit maintenant que plus de chrétiens vont à l'église le dimanche matin en Chine que sur l'ensemble du continent européen.

Le nombre de chrétiens évangéliques, un mouvement qui est relativement franc dans sa déclaration de la doctrine chrétienne, est estimé comprendre moins de 5% de la population de l'Europe occidentale (aux États-Unis, les évangéliques représentent encore environ 40% de tous les Américains). Selon le Centre d'études sur le christianisme mondial au séminaire théologique de Gordon-Conwell, la seule grande religion en Europe de l'Ouest qui se développe actuellement est l'Islam.

La révision de l'engagement des guides-filles n'est pas le seul indicateur que les valeurs culturelles ont délaissé les croyances chrétiennes traditionnelles. Le 20 août, Barrie et Tony Dewitt-Barlow, un riche couple gay du Royaume-Uni, a confirmé qu'ils feraient dépôt d'une plainte contre la décision du gouvernement britannique permettant à certains groupes religieux de refuser de marier des couples de même sexe. Les premiers mariages homosexuels devraient commencer au Royaume-Uni en 2014 après que la législation plus tôt cette année aura légalisé le mariage gay.

Le 1er Juillet, le pasteur de rue américain Tony Miano, a été arrêté par la police de Londres pour avoir fait des remarques homophobes. Il prêchait sur ​​l'immoralité sexuelle et condamnait ostensiblement toutes les formes de "conduite sexuelle immorale". C'en était trop pour les passants, et la police a été appelée. Après sept heures d'arrestation, la police a décidé de ne pas porter plainte et Miano a été libéré.

L'an dernier, quatre chrétiens d'Europe occidentale qui ont été licenciés de leur emploi soit pour avoir porté des croix, ou pour avoir refusé d'approuver les unions homosexuelles, ont eu leur cas présenté devant la Cour européenne des Droits de l'Homme à Strasbourg, en France. Le tribunal a condamné trois des quatre, en disant que seule une employé des British Airways, avait le droit de porter son collier avec une croix, parce que la compagnie avait pris des dispositions antérieures pour que les salariés d'autres confessions puissent porter des symboles religieux.

Le mois dernier, l'administration Obama a jugé qu'une famille chrétienne qui avait fui aux États-Unis en provenance d'Allemagne après avoir affronté des amendes et des poursuites pour avoir fait du homeschooling (Enseignement à domicile par les parents, sans interférence de l'administration étatique d'enseignement) pour ses enfants, ne serait pas admissible à l'asile. En 1938, dans le cadre du Parti national-socialiste d'Adolf Hitler, l'Allemagne a adopté une loi exigeant que toutes les familles envoient leurs enfants à l'école publique. Cette loi reste en vigueur aujourd'hui, et elle est défendue comme un moyen de promouvoir "l'intégration et la cohésion sociale."

Malheureusement pour les Romeikes, qui voulait enseigner à leurs enfants selon des principes chrétiens orthodoxes, et éviter l'exposition à des concepts anti-bibliques, cette loi signifie d'éventuelles amendes, des peines  de prison et la perte de leurs enfants, pour avoir refusé d'envoyer leurs enfants à l'école publique, s'ils retournent en Allemagne. Leur avocat est entrain de faire appel, devant la Cour suprême américaine, dans leur lutte contre l'expulsion vers l'Allemagne.

Bien que tous ces événements pris par eux-mêmes peuvent ne pas justifier le titre de persécution religieuse pure et simple, il est de plus en plus clair que la discrimination et le mépris des valeurs chrétiennes conservatrices sont essentiellement la norme en Europe occidentale aujourd'hui. Ironiquement, quand, et si, la persécution pure et simple généralisée commence à avoir lieu, elle passera largement inaperçue, ne serait-ce que parce qu'il y a si peu de chrétiens qui croient en ce que l'on avait l'habitude de considérer comme la doctrine chrétienne orthodoxe.

Ceux qui sont prêts à déclarer publiquement leurs croyances religieuses sont encore moins nombreux. Combien de chrétiens plus conservateurs auront même ce droit, s'ils le font toujours, ce n'est pas clair. Avec si peu de chrétiens évangéliques conservateurs, il semble que lorsque le dernier jour du discours religieux libre en Europe de l'Ouest se terminera, ce ne sera pas par une explosion, mais par un gémissement. Si les chrétiens y prêtent  toujours attention en ce jour-là, il y a des chances qu'ils ne vivront pas en Europe.

Version française Claude Lopez-ginisty
d'après

Haïjin Pravoslave (CXCIX)


Ouvre donc tes yeux
Tout se révèlera Grâce
Au jour du Seigneur

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

vendredi 8 novembre 2013

Les miracles grecs de saint Séraphim de Sarov




Cette histoire a été racontée par une pieuse famille grecque orthodoxe qui vit en Angleterre, mais qui se rend souvent dans sa patrie. Lors de l'une de leurs visites dans les lieux saints de la Grèce, ils se déplaçaient sur ​​la péninsule de Cassandra et ils s'arrêtèrent en chemin à une église inconnue. Ils allèrent à l'intérieur. C'était une église grecque ordinaire, mais ce qui surprit ces visiteurs c'était la vénération inhabituelle de saint Séraphim de Sarov, qui pouvait être constatée à l'intérieur de l'église. Outre la grande icône habituelle du saint, il y avait aussi près d'un mur un reliquaire original avec une icône, un épitaphion (linceul), représentant le défunt saint agréable à Dieu Séraphim.
Comme nos amis grecs nous l'ont expliqué, beaucoup de gens connaissent maintenant Père Séraphim en Grèce. Par ailleurs, ce Séraphim russe est devenue si cher aux cœurs des simples croyants, qu'ils le considèrent comme leur propre saint grec, et les moins instruits pourraient même dire que Sarov est quelque part en Grèce. Néanmoins, la raison pour laquelle cette église particulière le vénérait tant, n'était pas claire, d'autant plus qu'elle se trouvait dans " un trou perdu".

Bientôt un prêtre est arrivé et a répondu à la question des visiteurs, pour dire pourquoi cette église avait été consacrée à saint Séraphim. Pourquoi et comment cela s'est passé, c'était toute une histoire, qu'il a gracieusement offert de leur raconter autour d'une tasse de thé.

L'histoire s'est avérée être tout à fait extraordinaire, même miraculeuse. Père Nectaire, c'est ainsi que le recteur de l'église se nommait, travaillait un jour à son obédience, comme simple moine au Sépulcre du Seigneur à Jérusalem. C'était son devoir d'organiser l'horaire des offices et des molebens entre les différentes juridictions orthodoxes, ainsi que pour les hétérodoxes. Il y avait un temps spécifique réservé là pour les moniales russes du couvent de Jérusalem, qui venaient y chanter et y lire des acathistes.

Eh bien, un jour, il sembla à Père Nectaire que le temps qui leur était imparti était trop long. Alors, il décida de le réduire de près de moitié. La plaidoirie en larmes des moniales n'eut aucun effet sur ​​l'administrateur sûr de lui. "La décision a été prise, veuillez vous y conformer, sans quoi vous perdrez tout droit de prier ici."

La cellule où le Père Nectaire se reposait la nuit était située au deuxième étage de l'église du bâtiment lui-même. Cette nuit-là, personne ne resta dans l'église pour prier, et toutes les portes étaient verrouillées. Soudain, un heurt léger à la porte de sa chambre se fit entendre. Père Nectaire fut extrêmement étonné. Qui cela pourrait-il être? Au deuxième coup, il ouvrit la porte. Il n'avait pas peur, mais il était perplexe. Peut-être que quelqu'un était resté dans l'église par accident...

Devant lui se tenait, un vieil homme aux cheveux gris, qui ne lui était pas familier. Il pointa un doigt menaçant vers Père Nectaire et lui dit: "N'offense pas mes filles!"
Cela fut dit en parfait grec, mais le gardien ne pouvait pas comprendre à quoi ces paroles faisaient allusion. Après les avoir répétées, le staretz disparut dans l'obscurité de l'église. Faisant le tour de l'église une fois de plus, le Père Nectaire ne trouva personne, et il retourna au repos dans sa cellule. 

Dans la matinée, il était presque sûr que cela n'avait été qu'un rêve. Mais quand les moniales russes vinrent à l'église et qu'après avoir mis en place leurs petites icônes, elles commencèrent à prier, le cœur du moine se serra de crainte révérencielle. Sur l'une des icônes était dépeint le staretz même qui lui était apparu la veille. A nouveau la voix retentit dans les oreilles du gardien, comme celle de quelqu'un présent, lui disant: "N'offense pas mes filles! "

Tombant en prostration devant l'icône, et la baisant respectueusement, Père Nectaire découvrit par les religieuses le nom du saint sur ​​lequel il ne savait rien auparavant, et il leur rendit leur temps pour la prière au Sépulcre du Seigneur.

Peu de temps après, un autre événement inhabituel se produisit dans la vie du Père Nectaire. Longtemps avant l'événement décrit au Sépulcre du Seigneur, un évêque russe âgé était venu et avait prié si longtemps et si tard, que le Père Nectaire l'invita à se reposer dans sa cellule. Il donna son lit à l'évêque, et il avait l'intention de se reposer sur le lit de camp dans le coin. Mais l'évêque âgé ne ferma pas l'œil de la nuit, utilisant seulement son chapelet sans discontinuer, assis dans le fauteuil. Père Nectaire se sentit mal à l'aise d'aller dormir, et c'est pourquoi il pria également toute la nuit avec son chapelet. Eh bien, quelques jours après l'apparition de saint Séraphim et le repentir ultérieur du gardien, le Père Nectaire reçut soudain un paquet venant de ce même évêque. Comme cela s'est avéré, l'ancien évêque avait reposé dans le Seigneur, et avait légué au moine gardien, rien moins qu'une pièce des reliques de saint Séraphim de Sarov.

La componction et la reconnaissance de Père Nectaire ne connurent pas de limites. Quelle miséricorde le saint lui avait montrée, avec quelle rapidité il lui avait pardonné, et comme il l'avait merveilleusement béni ! Alors, là, il fit le vœu, qu'à la fin de son service au Sépulcre du Seigneur, après son retour en Grèce, il construirait une église en l'honneur de saint Séraphim. Il a construit la pierre tombale près du mur, de sorte que, après sa mort, il pourrait être enterré de l'autre côté de ce mur, à l'extérieur de l'église, mais à côté [des reliques]du saint !

Version Française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Haïjin Pravoslave (CXCVIII)



Au Soleil du Christ
Tu exposes tes péchés
Et Lui Son pardon

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

Eglise saint Wladimir à Donetsk (Ukraine)

jeudi 7 novembre 2013

Moine Lazare de Dionysiou ( Mont Athos): L'apparition du prophète Elie à un soldat




Parlant avec frère Théoktiste originaire de l'Épire, le 20 juillet 1972, il m'a demandé si j'avais entendu parler du merveilleux miracle qui s'est produit il y a quinze ans à Ioannina, pour un soldat qui était de garde de la caserne. 
Je lui ai dit que je n'avais pas entendu cela, et je lui a demandé de me le raconter pour que je puisse le noter à la gloire du Prophète Elie (Élie) que l'on fête aujourd'hui.
" Ecoute", me dit-il." Un soldat était posté pour garder une caserne et vers minuit, il entendit les pas d'une personne s'approchant de lui. Le soldat pensait que c'était un officier qui, comme c'est la coutume, venait vérifier et voir s'il était éveillé ou endormi, etc. Le soldat a crié : "Arrêtez!" Mais encore une fois il a entendu les pas qui s'approchaient. Une deuxième fois, il a crié: "Halte!" Qui va là? Ayant son arme à la main, il n'a reçu aucune réponse, il a ensuite été forcé de dire: "Halte! ou je tire!"

"Dès qu'il a dit je tire, son arme est tombé de ses mains, et elle a atterri à une cinquantaine de mètres de là. Il a alors vu, tout à coup, au lieu d'un officier, comme il l'avait pensé, un prêtre d'une luminosité vive comme l'éclair! Quand il vit cela, il eut très peur. Le prêtre lui dit: " N'aie pas peur, mon enfant, n'aie pas peur, mais dis-moi, pourquoi, ô bienheureux, blasphèmes-tu le Divin Christ, la Panaghia [La Très Sainte Mère de Dieu] et les saints?"

"Eprouvant du remords, il commença à pleurer et demanda pardon pour son péché, en disant: "Pardonne-moi, Père saint, mais c'est à cause de mes  nombreuses années de mauvaises habitudes que je fais cela. Pardonne-moi."

" Le saint lui dit: "Tu vas prêcher à tout le monde de se repentir, et de ne pas blasphémer. Communique cela à la Métropole [Evêché] et à tout le monde. Même les journaux devraient publier cela!".

" Le soldat a répondu : "Ils ne me croiront pas, ô saint! Mais dis-moi, qui es-tu?

"Je suis le prophète Elie. Et pour que les gens te croient vraiment, tu leur diras qu'à cette falaise (et il montra la zone), ils creuseront, et ils trouveront une vieille église à moi dédiée, et là-dessus ils construiront une église."

" Il est allé raconter cela à l'ensemble de la ville et cela a été distribué dans tous les journaux locaux. Beaucoup crurent et changèrent leurs vies. L'association des boulangers, qui honore le prophète Elie comme son saint patron, creusa la falaise qui avait été mentionnée, et découvrit une vieille église et en construisit une nouvelle à la gloire et en l'honneur du prophète Elie."

" Le soldat a changé beaucoup de vies et de mauvaises habitudes des gens, et il a vécu le reste de sa vie comme un modèle de bon chrétien".

Par les prières de Ton Prophète Elie, ô Seigneur, aie pitié de nous. Amen!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après


Sur l'excellent blog de notre frère Maxime


Mais n’oubliez pas : « Ce que je désire, est-ce que le méchant meure? dit le Seigneur, l’Éternel. N’est-ce pas qu’il change de conduite et qu’il vive? »(Ez. 18.23)
Mais n’oubliez pas : « Ce que je désire, est-ce que le méchant meure? dit le Seigneur, l’Éternel. N’est-ce pas qu’il change de conduite et qu’il vive? »(Ez. 18.23)


Haïjin Pravoslave (CXCVII)



Etai de la Grâce
Le moine prie pour le monde
Dans son monastère

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

http://orthodoxphotos.tumblr.com/post/53678606079

mercredi 6 novembre 2013

Père Stephen Freeman: Ce que voulait dire saint Séraphim


St. Seraphim of Sarov


"Acquiers l'Esprit de Paix et mille âmes autour de toi seront sauvées." C'est peut-être la citation la plus célèbre du grand saint russe, Séraphim de Sarov. Beaucoup de ses icônes portent ces paroles. Je n'ai jamais rencontré quelqu'un qui n'aimait pas cela. D'autre part, je pense qu'il y a beaucoup de gens qui ne le comprennent pas. Et comprendre ce qu'il voulait dire, peut vous emmener au cœur même de l'Orthodoxie.

"Acquérir l'Esprit de paix," fait penser à quelque chose de merveilleux, et la plupart d'entre nous suppose que c'est le fruit de longues années de stricte pratique monastique de ce grand saint. Sans doute beaucoup de dons de saint Séraphim se sont manifestés de cette manière puissante, en raison de ses années de silence et de prière.

Mais sa déclaration sur l'acquisition de l'Esprit de Paix, n'est pas aussi compliquée ou mystérieuse que certains pourraient le penser.

À bien des égards, c'est simplement une extension de la parabole évangélique des talents:


Il en sera comme d'un homme qui, partant pour un voyage, appela ses serviteurs, et leur remit ses biens.
Il donna cinq talents à l'un, deux à l'autre, et un au troisième, à chacun selon sa capacité, et il partit.
Aussitôt celui qui avait reçu les cinq talents s'en alla, les fit valoir, et il gagna cinq autres talents.
De même, celui qui avait reçu les deux talents en gagna deux autres.
Celui qui n'en avait reçu qu'un alla faire un creux dans la terre, et cacha l'argent de son maître.
Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint, et leur fit rendre compte.
Celui qui avait reçu les cinq talents s'approcha, en apportant cinq autres talents, et il dit: Seigneur, tu m'as remis cinq talents; voici, j'en ai gagné cinq autres.
Son maître lui dit: C'est bien, bon et fidèle serviteur; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup; entre dans la joie de ton maître.
Celui qui avait reçu les deux talents s'approcha aussi, et il dit: Seigneur, tu m'as remis deux talents; voici, j'en ai gagné deux autres.
Son maître lui dit: C'est bien, bon et fidèle serviteur; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup; entre dans la joie de ton maître.
Celui qui n'avait reçu qu'un talent s'approcha ensuite, et il dit: Seigneur, je savais que tu es un homme dur, qui moissonnes où tu n'as pas semé, et qui amasses où tu n'as pas vanné;
j'ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre; voici, prends ce qui est à toi.
Son maître lui répondit: Serviteur méchant et paresseux, tu savais que je moissonne où je n'ai pas semé, et que j'amasse où je n'ai pas vanné;
il te fallait donc remettre mon argent aux banquiers, et, à mon retour, j'aurais retiré ce qui est à moi avec un intérêt.
Otez-lui donc le talent, et donnez-le à celui qui a les dix talents.
Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l'abondance, mais à celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il a.
Et le serviteur inutile, jetez-le dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents.
(Matthieu 25:14-30).


Cette parabole très familière est assez bizarre. Le Christ fait allusion à quelque chose dans l'imagerie des "talents" d'argent (ou d'or). Quoi qu'il en soit, [ce talent] a été donné librement aux serviteurs, mais les serviteurs sont censés faire quelque chose avec le don. Il doit être rendu, avec un bénéfice.

Tout d'abord, la parabole n'est pas à propos des talents [au sens particulier de capacité insigne], comme le fait de bien jouer du piano, etc.  Ce n'est pas à propos de parler en public, ou même d'être un bon enseignant pour les enfants. Il ne s'agit pas de talents [dans cette acception du terme]. Il s'agit d'une somme d'argent, mais ce n'est pas une parabole de "l'intendance" dans le sens que le Christ n'est pas en train de nous dire d'être convaincus de faire de l'argent.

C'est une parabole sur la Grâce, sur l'Esprit Saint.

Saint Séraphim, dans son propre enseignement, était presque rustre. Il dit à ses disciples "d'acquérir l'Esprit Saint", et il utilisa les comparaisons approximatives d'un homme d'affaires qui investit son argent pour en avoir plus. Son propre père était négociant. Il savait de quoi il parlait, mais l'imagerie a été reportée à la vie spirituelle, et son but fut suprêmement décrit comme "l'acquisition de l'Esprit Saint."

La question plus large alors (et cela s'applique ainsi à la parabole) est la suivante: Comment acquérons-nous la Grâce, ou le Saint-Esprit?

Veuillez noter que je ne parle pas de gagner plus de grâce et d'accomplir des œuvres afin de gagner le Saint-Esprit.

La grâce n'est rien d'autre que la vie de Dieu. En termes théologiques corrects (de l'Eglise d'Orient), la Grâce est l'énergie divine incréée. Mais cette phrase, à moins qu'elle ne soit bien comprise, peut même mener à la confusion. Je préfère parler soit de la Grâce, soit de la vie de Dieu, donnée librement à nous.

Tout d'abord, la Grâce est un don. Vous n'avez pas à aller quelque part, pour obtenir ce qui vous a déjà été donné. Ce que nous devons faire, c'est permettre à la Grâce de Dieu d'œuvrer en nous selon ce que Dieu entend pour nous.

Saint Paul prie instamment: "Nous vous supplions de ne pas recevoir la Grâce de Dieu en vain!" (2 Corinthiens 6:01 )

Chacun d'entre nous (certainement par notre baptême et notre chrismation) a reçu la grâce de Dieu pour son salut, c'est-à-dire pour donner le fruit de l'Esprit et se conformer à l'image de Dieu en Christ. La question est: qu'en faisons-nous?

Il s'agit d'une question. plus particulièrement pertinente sur ​​les petites choses de la journée. Prions-nous? Commençons-nous la journée en nous signant avant même que nos pieds aient jamais touché le sol? Lorsque nous sommes tentés de nous plaindre, au lieu de cela,  nous en abstenons-nous, et rendons-nous grâce? Condamnons-nous les autres, même si nous aurions pu être silencieux? Pardonnons-nous quand nous avons nourri une rancune ?

Il y a Grâce pour chacune de ces choses et pour des milliers d'autres. Nous sommes en mesure d'agir ainsi, parce que Dieu nous en a rendus capables. La Grâce qui est mise à profit dans nos vies produit des dividendes de Grâce. Saint Séraphim n'est pas devenu ce qu'il est grâce à un don momentané, mais à travers une vie d'ascèse et de "réinvestissement" de la Grâce qui lui a été donnée.

Quelques paroles de ce grand saint pour les petites choses de la journée :

Vous ne pouvez pas être trop doux, trop gentil. Evitez même de sembler sévère dans votre traitement de l'autre. La joie, une joie rayonnante, ruisselle du visage de celui qui donne et qui attise la joie dans le cœur de celui qui la reçoit.
*
Toute condamnation vient du Diable. Ne vous condamnez jamais les uns les autres... au lieu de condamner les autres, efforcez-vous de parvenir à la paix intérieure.
*
Restez silencieux, abstenez-vous de jugement. Cela vous élèvera au-dessus des flèches mortelles de la calomnie, de l'insulte, et de l'indignation et cela protégera vos cœurs rayonnants de tout mal.

C'est ce que saint Séraphim voulait dire!

Version Française  Claude Lopez-Ginisty
d'après

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Η Παναγία Βηθλεεμίτισσα

mardi 5 novembre 2013

Raïssa Taboranskaya: Une pomme de sainte Pélagie: Une merveilleuse histoire des saints et de notre temps




St. Pelagea of Antioch.Metropolitan Joseph (Chernov).


L 8/21 octobre, l'Église Orthodoxe honore la mémoire de sainte Pélagie († 457). Cette femme, qui fut courtisane et meneuse des danseuses d'Antioche la palestinienne, mais qui fut convertie à la foi en Dieu après avoir entendu un sermon de saint Nonnos, devint moniale au cours du cinquième siècle. Le Métropolite Joseph ( [Tchernov] † 4 septembre 1975) fut un grand hiérarque de l'Eglise orthodoxe russe qui passa plus de vingt ans dans les camps de concentration soviétiques pour sa foi. C'était un staretz et un homme de prière clairvoyant qui entreprit le labeur ascétique de la folie-en-Christ, et qui fut presque notre contemporain. Raïssa Semenovna Taboranskaya, Fille spirituelle du Métropolite Joseph, parle de la relation entre ces deux personnes saintes, sainte Pélagie et le Métropolite Joseph, qui vécurent à 1500 années d'intervalle.

***

Alors qu'il était dans les camps de Tchelyabinsk et Karaganda, Vladyka Joseph correspondait avec nous. Notre famille, avec l'aide des gentilles personnes, lui  envoya des colis mensuels de nourriture pendant les douze années de son emprisonnement. L'un de ces paquets est parvenu à Vladyka à la veille de la fête de sainte Pélagie ( 8/21 octobre). D'autres prisonniers du camp lui ont volé le paquet, mais un prisonnier a vu cela et leur a repris le paquet et l'a donné à Vladyka.
J'avais fait ce paquet moi-même, et quand j'ai vu qu'il y avait une espace libre, par la Providence de Dieu, j'y ai mis une pomme. Quand Vladyka a vu la pomme, il a écrit avec joie et exultation de l'âme:

Chère petite-fille, Raïsssa Semenovna !

Tout d'abord je m'incline devant toi et je te remercie pour la belle pomme que tu m'as envoyée dans la boîte pour la veille du jour de saints Pélagie. J'ai reçu ce paquet la veille de sa fête. Bien sûr, si ce paquet n'avait pas été envoyé par vous intentionnellement pour le 8 octobre, ce n'est toujours pas un accident, mais c'est providentiel. Oui, oui, ma chère. Surtout une pomme, oui, oui, c'est l'œuvre de Dieu. Si ces mots au sujet de la pomme t'ont intéressé ou te rendent perplexe, et que tu l'as envoyée seulement parce qu'elle est arrivée par hasard dans tes mains, et que ton amour l'envoyée à grand-père, alors laisse-moi te dire ceci: Lorsque l'acathiste [1] a été écrit à Azov au début de 1942 et terminé en été, en juin, ce jeune homme, un moine, qui l'a écrit et l'a terminé le jour de sa glorification, c'est-à-dire le premier jour où il serait lu et béni, il était très anxieux: la sainte accepterait-elle son petit travail, le Seigneur rejetterait-Il cette louange de son ascèse comme insuffisante et indigne?

Lui, le jeune homme, ce moine, fut très épuisé en esprit et il pria le Seigneur de lui donner un signe. Il pria la sainte de l'accepter ou de le rejeter. Dans la soirée avant le jour lorsque l'acathiste serait lu dans les offices divins de la matinée, cet humble et créateur auteur de l'acathiste fit un rêve. Oui, oui, c'est vrai, je t'écris ces lignes en accord avec la conscience de ma vocation!
Il se voyait dans un très grand, beau, beau jardin (plus beau que la belle et magique Sofievka [Parc aux environs d'Ouman]); il y avait de nombreux pavillons de différentes formes et styles. Cet auteur, comme s'il était toujours encore un garçon en culottes courtes et chemise, fut surpris par la beauté du jardin et de ses pavillons. Il eut peur, et il n'y avait pas de gens là-bas, le jardin était un reflet de la beauté céleste sur la terre, et les pavillons étaient faits de métaux précieux et de verre épais. Il y avait des stands et des étagères merveilleuses, et sur ​​les étagères, qui atteignaient le plafond en environ quatre rangées, se tenaient plusieurs belles, belles corbeilles de fruits différents, de beaux fruits qu'il n'avait jamais vu auparavant.

Le jeune garçon, cet auteur, regardait sans voix avec de grands yeux et un coeur qui battait toute cette beauté, et tout à coup une blanche, colombe, blanche avec une crête rouge sur sa tête entra en volant. Volant en cercles plusieurs fois autour de cette personne solitaire, elle se posa sur le haut des étagères, sur le bord de l'un des paniers tressé d'or, qui était plein des plus belles pommes dorées rouges, et, frappant l'une des pommes avec son bec, elle la jeta à ce garçon, l'auteur qui l'attrapa là la volée et s'écria en extase, " Quelle merveilleuse pomme pour un seul kopeck!" Il se réveilla les yeux pleins de larmes et le cœur battant.

Bien sûr, l'auteur compris que ses travaux, bien que ne valant qu'un kopeck, avaient néanmoins été acceptés par la sainte, et lui-même n'était encore qu'un petit, petit homme...

Le saint hiérarque, saint Nonnos, qui convertit Margarite (ancien nom de Pélagie) au christianisme, vit en songe qu'il servait la Liturgie et qu'un pigeon  noir, nauséabond volait autour de la sainte table, et quand il sortit de l'église après la Liturgie, il vola autour de sa tête. Quand il approcha de la porte, il y avait un baptistère vers la droite où ils baptisaient les adultes, et il saisit ce pigeon et le plongea trois fois dans les fonts baptismaux, après quoi il devint une blanche, blanche colombe, et un parfum remplit toute l'Église, et il disparut dans les hauteurs bleues du ciel…

Saint pelagia.jpg


Nonnos alla à Antioche, où il baptisa Margarite sous le nom de Pélagie. C'est pourquoi sainte Pélagie est appelée "petite colombe" dans le refrain de l'Ikos ["Réjouis-toi, ô Pélagie, très merveilleuse petite colombe du Christ."] Et aujourd'hui, une pomme [me parvient]... pas par hasard! Je n'en ai jamais mangé une aussi belle et aussi avoureuse de ma vie, même si j'ai été en Crimée, même si j'ai vécu dans le Caucase, et que j'ai mangé d'autres pommes! Voilà! Gloire, gloire à Dieu!

Grandpère

Ma main a un peu mal et  tremble. Oui, bientôt, peut-être, nous nous verrons. Puisse Dieu l'accorder. Un enclin devant toi, et merci.

Mâchant [la pomme], je la mange avec plaisir.

C'est ainsi que le Seigneur consola Vladyka en prison, et en le consolant, Il l'a récompensé avec une pomme céleste du jardin de sainte Pélagie. Alors, à Ouman, Vladyka a donné à mon père une icône de sainte Pélagie et a dit: "Je laisse cette icône dans votre église, car elle contient une particule des saintes reliques de la sainte. Gardez-la, fêtez toujours cette journée, et priez sainte Pélagie."

Version Française Claude Lopez-Ginisty
d'après