"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

mardi 13 octobre 2009

Sur Orthodoxie.com...

Importants remous au sein des Églises orthodoxes à propos de la prochaine réunion de la commission internationale mixte de dialogue à Chypre.



La prochaine réunion de la commission internationale mixte de dialogue qui doit se tenir à Chypre pour, dans la suite de la réunion de Ravenne, discuter de la question de la primauté du pape de Rome, suscite des craintes et d’importants remous dans les Églises orthodoxes, en particulier au sein de l’Église de Grèce.
Une «Confession de foi contre l’œcuménisme» est depuis le mois d’avril proposée à la signature des fidèles orthodoxes, notamment sur plusieurs sites Internet Elle a recueilli à ce jour 8600 signatures, dont celles de six métropolites et évêques grecs, serbe et bulgare, de cinq higoumènes du Mont-Athos, de trente-six higoumènes d’importants monastères de Grèce, de Chypre, de Serbie et des États-Unis, de professeurs de facultés de théologie (dont l’ex-doyen de la faculté de théologie d’Athènes et le professeur de patristique de la faculté de théologie de Thessalonique), de cinq cent trente clercs, moines et moniales de Grèce, du Mont-Athos, de Serbie, de Roumanie, de Palestine et de divers autres pays, et de plusieurs milliers de laïcs de différentes origines. Fait nouveau, ce document n’émane pas de groupes extrémistes non canoniques (habituellement qualifiés de «zélotes», au premier rang desquels se trouvent les «vieux-calendaristes»), mais est promu et approuvé par des personnalités connues et des fidèles rattachés canoniquement à l’Église orthodoxe.
La Sainte-Communauté du Mont-Athos, plusieurs métropolites, et un professeur de dogmatique de l’Université Aristote de Thessalonique ont par ailleurs publié des déclarations indépendantes constituant des mises en garde par rapport à la prochaine réunion de la commission de dialogue à Chypre.
Ce mouvement a pris naissance à la suite de la réunion de Ravenne, qui a constitué un pas important dans le rapprochement du Patriarcat de Constantinople avec l’Église catholique romaine, en particulier pour la reconnaissance d’une certaine primauté du pape de Rome, est s’est trouvé accéléré par la crainte de voir un accord définitif se réaliser sur ce point au cours de la prochaine réunion organisée à Chypre.
Cette réaction a pris suffisamment d’ampleur pour inquiéter le patriarche de Constantinople Bartholomée et son adjoint en matière de politique extérieure (qui est le principal artisan de la politique de rapprochement avec Rome et le président de la Commission internationale mixte de dialogue du côté orthodoxe), le métropolite Jean de Pergame, qui ont tous deux publié des déclarations où est clairement évoqué un risque de schisme au sein de l’Église orthodoxe.

A. La « Confession de foi », dont on peut lire ici l’intégralité du texte en grec et en anglais, proclame notamment :
«1. Nous gardons intact et inaltéré tout ce que les conciles et les Pères ont institué. Nous acceptions tout ce qu’il sont accepté et condamnons tout ce qu’ils ont condamné ; en conséquence, nous évitons toute relation avec ceux qui innovent en matière de foi. Nous n’ajoutons, n’enlevons et ne changeons rien en matière de foi. [...] Avec les saints Pères et les conciles, nous rejetons et anathématisons toutes les hérésies qui se sont présentées dans le cheminement historique de l’Église. Des anciennes hérésies qui ont survécu jusqu’à ce jour, nous condamnons le monophysisme (depuis sa forme extrême chez Eutychès jusqu’à celle que lui ont donnée Sévère et Dioscore), en conformité avec les décisions du IVe concile oecuménique et l’enseignement christologique des saints Pères et Docteurs, comme S. Maxime le Confesseur, S. Jean Damascène, le grand Photius et aussi les offices liturgiques de l’Église.
2. Nous proclamons que le papisme [ndlr: nom habituellement donné en Grèce au catholicisme romain, en raison de l'importance qu'il reconnaît au pape] est une matrice d’hérésies et d’erreurs. L’enseignement du Filioque, c’est-à-dire de la procession du Saint-Esprit à partir du Père et du Fils, est contraire a tout ce que le Christ lui-même a enseigné au sujet du Saint Esprit. Le chœur tout entier des Pères, réunis en conciles ou individuellement, regarde le papisme comme une hérésie parce que, en plus du Filioque, il a produit une foule d’erreurs telle que: la primauté et l’infaillibilité du pape, l’usage de pain sans levain, le feu du purgatoire, l’immaculée conception de la Mère de Dieu, l’achat de l’absolution (le commerce des indulgences). Il a altéré à peu près tout ce qui concerne l’enseignement et la pratique relatifs au baptême, à la chrismation, à la divine eucharistie et aux autres sacrements et a transformé l’Église en un État séculier. Le papisme de l’époque moderne a plus encore que le papisme médiéval dévié de l’enseignement de l’Église, a tel point qu’on ne peut plus le comprendre dans la continuité de l’ancienne Église d’Occident. Il a introduit de nombreuses exagérations dans sa mariologie, comme l’enseignement que la Mère de Dieu est co-rédemptrice de l’humanité. Il a renforcé le mouvement charismatique ou les groupes pentecôtiste (prétendument centrés sur l’Esprit). Il a adopté d’autres innovations dans le culte liturgique, tels que la danse et l’usage d’instruments de musique. Il a abrégé la Divine Liturgie et en a ruiné l’essence. Dans le domaine de l’œcuménisme, il a jeté, avec son concile Vatican II, les bases d’une pan-religion, en reconnaissant une vie spirituelle aux membres des autres religions. Le minimalisme dogmatique a conduit à un minimalisme des exigences morales [...]. En continuant à soutenir l’“unia” (qui est une caricature de l’Orthodoxie, au moyen de laquelle elle fait parmi les croyants de nombreux prosélytes et victimes), le papisme a saboté le dialogue et contredit ses intentions prétendument sincères concernant l’union. [...]
3. La même chose est vraie, à un plus haut degré, pour le protestantisme qui, comme enfant du papisme, a hérité de beaucoup d’hérésies, et en a ajouté de nombreuses autres. Il a rejeté la Tradition, accepté la Bible comme seule référence (sola scriptura) tout en l’interprétant de manière erronée ; il a aboli le sacerdoce comme grâce sacramentelle spécifique, tout comme la vénération des saints et des saintes icônes ; il a avili la personne de la Sainte Mère de Dieu ; il a rejeté le monachisme; des saints mystères, il accepte seulement le baptême et la divine eucharistie, mais en altérant aussi à leur sujet l’enseignement et la pratique de l’Église ; il enseigne la prédestination et le salut par la foi seule. Sa part la plus progressiste a introduit la prêtrise pour les femmes et le mariage pour les homosexuels, lesquels sont même acceptés pour la prêtrise. Mais surtout, il manque d’ecclésiologie, car la notion d’Église telle qu’elle est perçue par l’Église orthodoxe est pour lui inexistante.
4. Le seul moyen de rétablir la communion avec les hérétiques est le rejet par eux de l’erreur, et leur repentir, afin que puisse se produire une union et une paix véritables : l’union avec la vérité et non avec l’hérésie.
Pour l’incorporation des hérétiques dans l’Église, la rigueur canonique exige qu’ils soient reçus par le baptême. Le précédent “baptême” accompli en dehors de l’Église sans la triple immersion et émersion du baptisé dans de l’eau spécialement sanctifiée et réalisé par un prêtre qui n’est pas orthodoxe n’est en aucun cas un baptême ; un tel acte est privé de la grâce du Saint-Esprit. [...] La nouvelle tentative des œcuménistes de promouvoir l’opinion selon laquelle nous avons un baptême commun avec les hérétiques est infondée. [...]
5. Étant entendu que les hérétiques continuent à demeurer dans l’erreur, nous évitons la communion avec eux, particulièrement dans la prière commune. L’attitude sévère de l’Église à l’égard des hérétiques provient du véritable amour et de l’intérêt sincère qu’elle a pour leur salut, ainsi que du souci pastoral qu’elle a pour les fidèles, afin qu’ils ne tombent pas dans l’hérésie. Les saints canons dans leur totalité interdisent non seulement les célébrations communes qui ont lieu dans les églises, mais aussi les prières communes qui prennent place dans des lieux privés [...].
6. Jusqu’au début du XXe s., l’Église avait une attitude immuable et stable dans le rejet et la condamnation de toutes les hérésies, comme cela figure dans le Synodicon de l’orthodoxie, lu le Dimanche de l’Orthodoxie. Malheureusement, cette attitude, dès le début du XXe s., a commencé graduellement à être abandonnée après l’encyclique du Patriarcat œcuménique en 1920 adressée “aux Églises du Christ en tout lieu”, qui, pour la première fois désigne officiellement les hérésies comme des Églises [...].
7. Ce syncrétisme inter-chrétien est désormais élargi en syncrétisme interreligieux, qui met à égalité toutes les religions avec [...] la seule Église du Christ. En conséquence, il rejette non seulement le dogme de l’Église une, sainte, catholique et apostolique, mais aussi le dogme fondamental de la seule Révélation au monde et du seul salut des hommes par Jésus Christ.
8. Nous croyons et nous confessons que c’est seulement dans le Christ qu’il existe une possibilité de salut. L’Église n’est pas seulement la véritable Église, elle est la seule Église. Elle seule est restée fidèle à l’Évangile, aux conciles et aux Pères, et, en conséquence, elle seule représente la véritable Église catholique du Christ. Pour le bienheureux père Justin Popovitch, l’œcuménisme est le nom commun pour les pseudo-Églises de l’Europe occidentale. Leur nom commun est en fait “panhérésie” […].
Cette panhérésie, a été acceptée par beaucoup de patriarches, archevêques, évêques, clercs, moines et laïcs orthodoxes. Ils l’enseignent “la tête nue”, la mettant en pratique et l’imposant en acte, communiquant de toutes sortes de façons avec les hérétiques, par des concélébrations, des échanges de visites, des collaborations pastorales, se plaçant ainsi en dehors de l’Église. Notre position, suivant les décisions canoniques conciliaires et des saints, est manifeste. Chacun doit faire face à ses propres responsabilités.
9. Il y a naturellement des responsabilités collectives et principalement chez nos hiérarques et théologiens œcuménistes, envers le plérôme orthodoxe et leur troupeau. Nous leurs déclarons avec crainte de Dieu et amour que cette attitude et leurs ouvertures envers les activités œcuménistes sont condamnables de tout côté parce que :
a) ils mettent en doute notre tradition et foi orthodoxe et patristique;
b) ils sèment le doute dans les cœurs du troupeau et indisposent beaucoup de personnes, les menant ainsi à la division et au schisme;
c) ils attirent une partie du troupeau dans l’erreur et ainsi dans la chute spirituelle.
Aussi, nous proclamons que, pour ces raisons, ceux qui se meuvent dans cette irresponsabilité œcuméniste, quelle que soit leur place dans l’organisme ecclésial, se trouvent en contradiction avec la tradition de nos saints et par voie de conséquence en opposition avec eux.
C’est pour cette raison que leur attitude doit être condamnée et rejetée par l’ensemble des hiérarques et du peuple fidèle.»

C. Le 26 septembre, le métropolite de Pergame Jean (Zizioulas) a adressé la lettre suivante «à tous les métropolites de l’Église d’Hellade au sujet de la Confession de foi contre l’œcuménisme» :
«On répand, de façon on ne peut plus mensongère et calomniatrice, que la signature de l’union des Églises est imminente! Un confrère, professeur de théologie, connu pour son inimitié envers ma personne, a rendu visite à un hiérarque de l’Église d’Hellade et lui a déclaré qu’il savait avec certitude (!) que l’union avait déjà été décidée (à Ravenne !) et que sa proclamation n’était qu’une question de temps!!! Les clercs et les laïcs me demandent s’il est vrai qu’au mois d’octobre à Chypre sera signée l’union! Il est manifeste que de cette façon on cherche à provoquer l’inquiétude dans le peuple de Dieu, avec des conséquences imprévues pour l’unité de l’Église. Mais ceux qui propagent cela savent assurément (s’ils n’ont pas été aveuglés par la passion, le fanatisme ou la manie de se mettre en avant), premièrement que le dialogue théologique mené doit connaître encore un très long parcours, car les différences théologiques, qui se sont accumulées durant mille ans de séparation, sont nombreuses. Deuxièmement, que la commission du dialogue est complètement incompétente pour «signer» l’union, étant donné que ce droit appartient aux conciles des Églises. Pourquoi donc cette désinformation plus que mensongère? Ceux qui répandent ces “informations” mensongères ne pensent pas aux conséquences pour l’unité de l’Église : “Celui qui vous trouble, quel qu’il soit, en portera la peine” (Gal 5, 10).
Éminence, le devoir de tous, en particulier des évêques, placés par Dieu pour se préoccuper du maintien de l’unité canonique de leur troupeau, est énorme. Le risque est ecclésiologique: quelle est l’autorité et la validité des décisions conciliaires? Obéirons-nous aux décisions conciliaires, comme nous le faisons, étant mis en place pour cela, ou bien aux “zélotes” de l’orthodoxie ? L’orthodoxie existe-t-elle, et les dogmes de foi, sans décisions conciliaires? Prenez position, nous vous en prions, sur ce sujet avant que nous soyons conduits à un dédain complet des décisions conciliaires et à ce que votre troupeau soit divisé en raison de notre éventuelle négligence».
Source: 1.

C. Le 2 octobre dernier, S.S. le patriarche œcuménique Bartholomée a adressé une lettre à S .B. Hiéronymos, archevêque d’Athènes et primat de toute la Grèce, au sujet de cette «Confession de foi contre l’œcuménisme», dont voici les principaux passages :
«À ce sujet, par consultation synodale, nous souhaitons vous exprimer la profonde préoccupation du Patriarcat œcuménique et ce pour les raisons suivantes:
C’est un fait connu que depuis longtemps existent et sont cultivées, particulièrement dans le cadre de l’Église d’Hellade, des tendances zélatrices, qui se manifestent par la polémique, parfois aiguë et inappropriée, contre les dialogues et les contacts de l’Église orthodoxe avec les hétérodoxes. Certes, l’Église orthodoxe, n’a jamais empêché ni blâmé l’expression de critiques envers les actes et les décisions de l’Église, raison pour laquelle nous n’avons jamais protesté contre ces tendances, bien que, comme nous l’avons dit, elles se manifestent souvent de façon inappropriée, fanatique et, par voie de conséquence, impie. Nous nous serions abstenus de nous adresser à vous, s’il s’agissait une critique de cette sorte, bien qu’inconvenante et inappropriée.
Mais le cas de la «confession» en question présente certaines particularités qui provoquent notre inquiétude, étant donné que :
a) Ce texte se donne le titre de “Confession de foi”, rivalisant, d’une certaine façon — ou quoi qu’il en soit constituant un parallèle — avec les «Confessions de foi» officielles, comme celles des conciles saints et œcuméniques ou d’autres “confessions” portant les noms de personnalités telles que Pierre Moghila, Dosithée de Jérusalem et d’autres. Mais tandis que ces dernières ont fait l’objet d’une ratification synodale, la «confession» dont il est ici question n’a été aucunement ratifiée de cette façon, et, par ce titre égare une partie du peuple fidèle, se présentant comme une telle “Confession”.
b) La “Confession” comprend in fine la proclamation que tous ceux qui communiquent avec les hétérodoxes et prient avec eux, se trouvent automatiquement en dehors de l’Église. Cela signifie que tous les patriarches et les autres primats d’Églises autocéphales avec leurs Saint-Synodes respectifs, en tant que participants à ces contacts et dialogues se sont mis en dehors de l’Église!!! Les signataires de la “confession”, de cette façon, nous taxent d’extérieurs à l’Église, c’est-à-dire de schismatiques. On peut se demander par conséquent pourquoi ils n’ont pas rompu la communion sacramentelle avec nous, étant donné que nous nous tous nous trouvons, selon eux, “en-dehors de l’Église”. Le germe du schisme existe dans les expressions susmentionnées de la “Confession”, ce qui convient de provoquer l’inquiétude de tous les pasteurs de l’Église.
c) Cette inquiétude s’aggrave encore par le fait que la “Confession” est signée également par certains évêques de l’Église d’Hellade, comme si la confession qu’ils ont donnée lors de leur sacre épiscopal était insuffisante. Nous voulons croire que les hiérarques signataires ont agi sans prendre conscience du fait que ce faisant ils mènent au schisme à l’intérieur de la hiérarchie, étant donné que les contacts avec les hétérodoxes ont été entérinés par les décisions conciliaires de toutes les Églises orthodoxes. Car il est incompréhensible que ces évêques, d’une part, par leur signature sous la “Confession” affirmant que ceux qui participent à des contacts avec les hétérodoxes “se mettent automatiquement hors de l’Église”, se considèrent d’autre part dans leur vie liturgique et autre en communion avec eux, commémorant notamment leur nom lors de la divine liturgie.
Béatitude, les contacts avec les hétérodoxes, comprenant des dialogues théologiques avec eux, ne constituent pas des actes de certaines Églises ou personnalités, mais, comme nous l’avons dit, des décisions de toutes les Églises orthodoxes sans exception, y compris la très sainte Église d’Hellade, comme l’est la décision de la IIIe Consultation pan-orthodoxe préparatoire au concile (1986) ainsi que les accords portant sur le contenu de notre dialogue théologique avec l’Église catholique-romaine, signés et joints en copie et envoyés.
La constatation que cela est oublié par les signataires de cette “Confession” nous afflige grandement. L’Église d’Hellade, ne condamnant pas, mais acceptant tacitement la mise en circulation du texte de la “confession de foi”, selon laquelle sont mis hors de l’Église tous ceux qui participent aux relations avec les hétérodoxes, signé notamment par certains de ces évêques, pose problème non seulement dans son troupeau mais aussi relativement à sa communion avec les autres Églises orthodoxes.
En conséquence, nous demandons à Votre Béatitude et à la vénérable hiérarchie auprès d’elle, de prendre le plus vite possible, officiellement, position à l’égard de la “Confession de foi” mentionnée et de ses clercs qui l’ont signée, prenant en considération le danger que court l’unité de l’Église, la tolérance qui a été montrée prouvant qu’elle constitue un encouragement pour certains de ses évêques à de tels actes séparatistes.»
Texte complet : 1.

Certains observateurs ont fait part de leur étonnement que, dans cette lettre, le patriarche Bartholomée:
1) au lieu de contribuer à rétablir l’unité et la paix en rassurant les fidèles inquiets quant à ses intentions, semble inciter les hiérarques et clercs signataires de la «Confession de foi» à mettre leurs actes en accord avec celle-ci en cessant la commémoration de la hiérarchie dans les dyptiques et en se séparant de l’Église.
2) assimile (comme le fait aussi dans sa lettre le métropolite Jean de Pergame) à des conciles ayant autorité des commissions inter-ecclésiales ou pan-orthodoxes qui sont simplement constituées d’experts et ont en vue d’organiser le dialogue, et dont les membres participent à celui-ci, sans que leurs prises de positions, y compris celles exprimées dans les communiqués finals, aient une valeur autre que consultative et soient toujours ratifiées par les Saints-Synodes de leurs Églises respectives (on peut même constater que, dans la plupart des cas, seul le patriarcat de Constantinople a entériné de telles conclusions).
D’un autre point de vue, de nombreuses critiques se sont élevées en Grèce contre l’intervention du patriarche Bartholomée auprès de l’archevêque d’Athènes et celle du métropolite Jean de Pergame auprès des hiérarques de l’Église d’Hellade, considérant ces interventions des hiérarques du Patriarcat de Constantinople comme des ingérences intolérables dans les affaires d’une Église autocéphale. On pourra lire ici, par exemple, la réponse de Dimitrios Tseleggidis, professeur à la Faculté de Théologie de Thessalonique, au Métropolite Jean de Pergame.

D. Le 8 octobre dernier, la Sainte-Communauté du Mont-Athos a publié le communiqué suivant :
« Décision officielle de la Sainte-Communauté du Mont-Athos au sujet de la réunion de la communion mixte du dialogue entre l’Église orthodoxe et les catholiques romains.
La Sainte-Communauté a pris la décision suivante :
À travers les siècles, la Sainte Montagne reste, par la grâce du Christ, la fidèle gardienne de la sainte foi orthodoxe, que les apôtres prédicateurs de Dieu ont transmis à l’Église et que nos Pères théophores avec les saints conciles œcuméniques ont préservée intacte. Cette tradition a été fidèlement par les pères athonites qui nous ont précédés.
Ayant été informés que la réunion de la commission mixte internationale de dialogue théologique entre l’Église orthodoxe et les catholiques-romains, va examiner la question du “rôle de l’évêque de Rome dans la communion des Églises durant le premier millénaire”, notre sainte communauté, ignorant l’ordre du jour exact du dialogue concerné, exprime sa vive inquiétude et sa perplexité, car la primauté papale est discutée sans que le papisme ait préalablement renoncé à ses dogmes hérétiques et son caractère séculier (cf. l’État du Vatican). La seule condition préalable à la discussion de la question de la primauté est le retour des catholiques romains à la foi orthodoxe et à la conciliarité de l’Église orthodoxe, et non “l’union dans la diversité” des dogmes.
L’Église orthodoxe est la seule “Église, une, sainte et apostolique”, comme l’a proclamé, en la vénérable église du Protaton, Sa Toute-Sainteté le patriarche œcuménique Bartholomée le 21.8.2008, lors de sa visite sur la Sainte Montagne. C’est ce que nous croyons aussi, et nous resterons fidèles à ce que les saints Pères ont prêché. »

E. Le 10 septembre 2009, M. Dimitrios Tseleggidis, professeur de dogmatique à l’Université Aristote de Thessalonique, avait mis en garde les membres de la Commission internationale mixte de dialogue devant se réunir à Chypre au cours du mois d’octobre, contre le risque de dissocier les problèmes ecclésiologiques des problèmes dogmatiques (comme tendent à le faire depuis plusieurs années les organisateurs du dialogue pour une double raison : 1) le manque d’espoir de trouver une solution aux différents dogmatiques qui opposent les deux Églises ; 2) l’orientation par l’Église catholique romaine du dialogue dans les sens de sa principale préoccupation : voir l’autorité du pape de Rome reconnue par l’ensemble du monde chrétien ; 3) la confirmation de cette orientation par le patriarcat de Constantinople désireux avant tout de se voir reconnaître une autorité du même genre dans l'ensemble du monde orthodoxe). Le professeur D. Tseleggidis souligne que la solution des problèmes dogmatiques constitue un prérequis de la solution des problèmes ecclésiologiques.
Il pose cette question : «Comment, dans le cadre de ce dialogue, pouvons nous raisonnablement discuter de la place institutionnelle et hiérarchique d’une personne (à savoir le pape) au sein de l’Église aussi longtemps que cette personne est, non seulement en pratique mais dans le principe, en dehors de l’Église ? Si, en dépit de cela, on discute de la primauté de l’évêque de Rome d’un point de vue purement théorique, permettez-moi de vous rappeler cette indiscutable vérité : à aucun moment, au cours du premier millénaire, l’Église n’a reconnu dans la personne du pape de Rome la primauté d’autorité et de pouvoir à un niveau global. L’autorité suprême sur l’Église œcuménique (l’Église dans sa totalité) a toujours et seulement été exercée par les conciles œcuméniques.»
Source :
http://www.impantokratoros.gr/2609A16D.en.aspx

Prier (302)



Le futur de ton âme
N'est pas limité à demain
Mais prévu pour l'éternité

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

lundi 12 octobre 2009

Icône & vie de saint Boudimir (Sokolovic), nouveau martyr serbe



СВЕТИ СВЕШТЕНОМУЧЕНИК
БУДИМИР СОКОЛОВИЋ ДОБРУНСКИ

Будимир Соколовић рођен је 5.априла 1910. године у Тегарама, општина Факовићи срез Сребреница. Послије ниже Гиманзије свршио је Богословију у Цетињу 1931. године. Рукоположен је за ђакона и свештеника 7. и 8. августа 1932. године од митрополита Петра (Зимонића). Постављен је за пароха закаљског у намјесништву горашком. Премјештен је 1933. године на парохију у Добруну. Године 1935. положио је парохијски практични испит . Исте године 1935 подигнута је црква брвнара у Бијелом Брду посвећена Преподобној мати Параскеви. За вријеме другог свјетског рата 1942. године постављен је привремено за помоћника пароху у селу Кремна у архијерејском намјесништву златиборском. Партизани су га стријељали мучки 1945. године са неколико хиљада српских младића војника. Канонизација у чин Светитеља Свештеномученика обављена је 2. августа 2005. године. Његове мошти са моштима још неколико свештеника почивају у цркви Светог Пророка Илије у Миљевини у мермерној скрипти

LE SAINT HIEROMARTYR BUDIMIR (SOKOLOVIĆ) DE DOBRUN

Boudimir Sokolović est né le 5 avril 1910 à Tegarame, près de Srebrenica. Après avoir terminé le gymnase, il acheva ses études au séminaire de Cetinje en 1931. Il fut ordonné diacre et prêtre, respectivement le 7 et 8 août 1932 par le métropolite Pierre (Zimonić). Il fut nommé recteur de la paroisse de Zakalj, puis à Dobrun. Durant la seconde guerre mondiale, en 1942, il fut nommé provisoirement assistant du recteur de la paroisse du village de Kreman, près de Zlatibor. Les partisans le fusillèrent en 1945 avec plusieurs milliers de jeunes soldats serbes. La canonisation du saint hiéromartyr eut lieu le 2 août 2005. Ses reliques, ainsi que celles de plusieurs prêtres reposent dans l’église du saint prophète Elie à Miljevina, dans la crypte.

Version française Bernard Le Caro
que nous remercions vivement
source:


Frank Schaeffer: L'orthodoxie se vit!


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Il me semble que les convertis comme moi et les futurs convertis devraient être encouragés à explorer honnêtement les nombreuses différences significatives entre l'Occident latin et l'Orient orthodoxe.

Je pense quelquefois qu'un esprit protestant de triomphalisme évangélique, qui met trop l'accent sur les nombres et la croissance, "à la born again" et un triomphalisme écuméniste de style catholique romain qui veut amener "l'union entre tous les chrétiens", conduisent certains orthodoxes à faire des tentatives presque hypocrites pour minimiser les différences entre l'Orient et l'Occident.

Il me semble qu'un accroissement [du nombre des fidèles] à n'importe quel prix, et l'unité [des églises] à n'importe quel prix représentent une tendance dangereuse pour les orthodoxes. A mon avis, la vie orthodoxe est un combat pour la qualité spirituelle, et non pour la quantité. Il vaut mieux qu'il y ait un saint moine qu'un millier de convertis enthousiastes à une "Orthodoxie Occidentalisée." Et mieux vaut une pure communauté orthodoxe, qu'un millier de bureaucrates signant des documents qui ont pour objet "d'unir tous les chrétiens."

Cela ne signifie pas que nous n'ayons pas besoin d'évangélisme orthodoxe plus agressif. Nous en avons besoin. mais nos efforts évangéliques orthodoxes doivent être orthodoxes, et ne pas être seulement des imitations réchauffées des méthodes romaines ou protestantes.

L'Eglise orthodoxe n'est pas une démocratie, ni un produit qui a besoin d'être promu. La Vérité est la Vérité, et tout accroissement numérique accompli pour lui-même, est à l'opposé du combat ascétique qui marque la conversion spirituelle. Selon les Pères, être sauvé, prend toute une vie de combat qui commence seulement au baptême et à la chrismation. Faire entrer des gens dans l'Eglise, est la chose la plus facile du monde. Aider des convertis pécheurs, stupides, mal informés comme moi-même à devenir pleinement orthodoxes est plus difficile.
[...]
L'orthodoxie ne peut pas être étudiée, mais seulement vécue. C'est dans les profondeurs du mystère orthodoxe, et non dans un assemblage de nouvelles règles théologiques, que se cache la Perle de Grand Prix!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Frank Schaeffer
Letters To Father Aristotle
Regina Orthodox Press
Salisbury, Ma, USA, 1995

Illustration
Courtesy of www.eikonographos.com/used with permission

La vertu active


Saint Théophane le Reclus: Sur l'Ascension

S'il est impossible à un homme
de marcher s'il n'a pas de jambes,
même si le reste de son corps est sain,
ainsi il est impossible d'approcher Dieu,
ou d'atteindre Dieu dans la prière
sans vertu active.

Saint Théophane le Reclus

Prier (301)



La pérennité de la Tradition
C'est que toute ancienne pratique
Soit comme nouvelle et vraie
Dans l'écrin des siècles et de l'éternité

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

dimanche 11 octobre 2009

Evêque Alexander (Mileant):Sur L'île des Lépreux


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"Heureux les cœurs purs car ils verront Dieu." (Matthieu 5:8)

Notre école de paroisse accueille les enfants qui ne sont pas orthodoxes, à condition qu'ils soient disposés à apprendre les prières et le catéchisme avec le reste des enfants orthodoxes. Il y a quelques années, la mère d'une élève m'a téléphoné et avec colère a déclaré qu'elle allait retirer sa fille de notre école parce que nous déformions la foi chrétienne. Pour appuyer sa thèse, elle cita le fait que nous exigions des enfants qu'ils apprennent une prière qui dit ", et purifie-nous de toute souillure" (la prière "Roi céleste"). "Nous sommes chrétiens», dit la femme, "et nous sommes donc saints et purs. Il n'y a aucune raison d'inculquer aux enfants des sentiments sombres de péché et de pénitence! Il s'est avéré que cette femme appartenait à une secte charismatique.

Malheureusement, une telle conception naïve de sa propre infaillibilité et de la sainteté, avec une incapacité à comprendre l'essence du christianisme, caractérise les dénominations protestantes depuis l'époque de Martin Luther (au début du 16ème siècle). Un éminent théologien protestant résume la compréhension protestante du christianisme ainsi: "La justification du pécheur est un acte de Dieu qui englobe tout. Quand un croyant est justifié, tous ses péchés - passées, présents et futurs - sont pardonnés. Au moment où Dieu le déclare justifié, la totalité de ses péchés est pardonné »(William GT Shed, Dogmatic Theology (Théologie Dogmatique), Grand Rapids: Zondervan 1888).

Apparemment, la foi en Jésus-Christ garantit automatiquement à un homme, si ce n'est pas l'absence de péché, au moins une absence de culpabilité pour ses péchés. Une telle opinion est non seulement radicalement fausse, mais aussi très dangereuse, car cela prive l'homme de puissants moyens de régénération que notre Seigneur Jésus-Christ a donné aux croyants pour leur purification spirituelle et leur sanctification.
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Tout d'abord, une maladie spirituelle est très différente d'une maladie physique. D'une part, les maladies spirituelles sont indissociables de notre ego, de notre libre arbitre, de notre subconscient, de nos expériences, de nos habitudes et préférences. Quand le Seigneur Jésus-Christ guérissait les gens qui souffraient de diverses maladies physiques, il le faisait instantanément, de sorte qu'ils étaient libérés de leurs infirmités, une fois pour toutes et ne nécessitaient aucun traitement supplémentaire. Malheureusement, la guérison spirituelle, qui est la régénération d'une âme endommagée par le péché, est un processus plus lent et plus complexe, dans lequel l'homme lui-même doit jouer un rôle plus actif. Ceci advient parce que le péché est devenu profondément enraciné dans notre nature, et presque entièrement imbriqué en elle.

Si nous voulons chercher des exemples de la sainteté chrétienne, on doit naturellement se tourner vers l'Église des premiers chrétiens. En lisant les livres du Nouveau Testament, cependant, on est frappé par le fait que, bien que les dons de la grâce aient été abondants et que de nombreux exemples de sublime sainteté se rencontraient chez les chrétiens ordinaires, il y avait plus que quelques cas isolés de nature contraire. En fait, quelques semaines seulement après la descente de l'Esprit Saint sur les Apôtres et la formation de la première communauté chrétienne de Jérusalem, nous voyons l'apparence du favoritisme et de l'injustice chez les croyants, dans l'affaire de la distribution des secours (Actes 6: 1). Saint Paul l'Apôtre fustige les chrétiens de Corinthe pour l'envie, la vanité, l'orgueil, la combativité et l'esprit procédurier (1 Cor. 3:1-4; 1 Cor. 4:8; 1 Cor. 6:1-9). Il leur reproche également d'avoir toléré, même avec indulgence, et accepté en leur sein un adultère qui avait enlevé la femme de son père (1 Cor. 5,1-7). En outre, il les invite à éviter les péchés d'impureté (1 Cor. 6:15-19), et les met en garde contre les bouffissures d'orgueil, à cause du don des langues (1 Cor. 12-14). Il accuse les chrétiens de Galatie de "se mordre et de se dévorer" les uns les autres (Galates 5:15). Les Apôtres ont à mettre en garde les chrétiens contre l'ivresse et l'excès à leurs agapes, c'est-à- dire durant les Liturgies (2 Pierre. 2:13; 1 Cor. 11:17-32). Saint Paul reproche aux chrétiens de manger de la nourriture offerte aux idoles et de scandaliser les autres chrétiens (1 Cor. 8). Il mentionne également la trahison des faux frères. Dans les lettres aux Églises d'Asie Mineure qui se trouvent au début du livre de l'Apocalypse, il y a une critique de la tiédeur, de l'arrogance et de l'orgueil. En d'autres termes, avec les chrétiens aux normes spirituelles élevées, il y avait ceux qui étaient comme moralement dégradés autant que les païens ordinaires, parce qu'ils étaient devenus négligents après leur baptême et qu'ils étaient vaincus par leurs anciennes passions.

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Notre condition humaine peut être comparée à la vie sur une île de lépreux, où les habitants en sont à différents stades de rétablissement. Le sacrement du baptême emporte la lèpre du péché et insuffle un grand pouvoir spirituel en l'homme. Les cicatrices du péché, cependant, ne disparaissent pas tout de suite. Une certaine prédisposition au péché demeure. Il existe de nombreux facteurs qui menacent l'homme par des occasions de tomber dans le péché: les tentations extérieures, la vie dans un environnement défavorable, ses propres habitudes de péché et ses faiblesses, l'immaturité spirituelle, ce qui est charnel, l'inconstance et la faiblesse. Si l'on ne lutte pas contre les petits péchés et les petites faiblesses et qu'on les purifie par la pénitence, ils se transforment avec le temps en une charge morale qui pèse lourdement sur la conscience du chrétien: ils peuvent l'amener à un "naufrage"spirituel (1 Tim. 1:19) .
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C'est une triste réalité de la vie, que les petits péchés sont aussi inévitables que la poussière de l'air. Tout comme il est nécessaire de se laver tous les jours et de nettoyer sa chambre, il est également nécessaire de se repentir en permanence pour ses manquements quotidiens. Qui pourrait se considérer comme plus saint ou plus parfait que les Apôtres du Christ? Pourtant, même eux ne se considéraient pas comme étant sans péché. " Nous bronchons tous de nombreuses manières", écrit l'apôtre saint Jacques (Jacques 3:2). "Si nous disons que nous n'avons pas péché, nous en faisons un menteur, et Sa parole n'est point en nous ... Si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous abusons, la vérité n'est point en nous. Si nous confessons nos péchés, Il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité", écrit l'apôtre saint Jean (1 Jean 1:10, 8-9). L'Apôtre saint Paul est douloureusement conscient de sa propre indignité: "Jésus Christ est venu dans le monde pour sauver les pécheurs, dont je suis le premier" (1 Tim. 1:15). Notez qu'il ne dit pas "j'étais", mais "je suis", évidemment, parce qu'il a continué à se repentir pour avoir persécuté les croyants. La tradition nous dit que les yeux de l'apôtre Pierre étaient toujours été un peu rougis, car, quand il entendait les coqs chanter la nuit, il se réveillait, se souvenait de son reniement du Christ et commençait à pleurer.


L'apôtre saint Jean enseigne aux chrétiens à s'occuper de leur état spirituel en ces termes: «Mes petits enfants, ces choses je vous les écris, afin que vous ne péchez point. Et si quelqu'un a péché, nous avons un avocat auprès du Père Jésus Christ, le Juste, et Il est la propitiation pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais aussi pour les péchés du monde entier .... Mais si nous marchons dans la lumière ... le sang de Jésus-Christ, son Fils nous purifie de tous les péchés .... Et tout homme qui a cette espérance en lui se purifie, comme Lui-même est pur "(1 Jean 2:1-2; 1:7; 3:3). D'une façon similaire, saint Paul écrit: "Ayant donc de telles promesses, bien-aimés, purifions-nous de toute souillure de la chair et l'esprit, en achevant notre sanctification dans la crainte de Dieu" (2 Cor. 7:1; cf. He 9. :13-14). De toute évidence, dans ces passages, les Apôtres n'appellent pas les païens à la repentance, mais les chrétiens, et les mots qu'ils utilisent, "purifie" et "purifions-nous," suggèrent que la pureté morale a ses nuances, comme le fait de pécher. Pour la même raison, un autre passage dit: "Celui qui est injuste, qu'il soit encore injuste, et celui qui est souillé, qu'il se souille encore; et celui qui est juste, qu'il soit juste encore, et celui qui est saint, qu'il se sanctifie encore " (Apoc. 22:11).

Ainsi, la moralité irréprochable est un objectif et un idéal, et non une condition déjà atteinte. Les paraboles évangéliques du filet jeté dans la mer, et celle du blé et l'ivraie, nous disent que l'Église n'est pas faite que de saints, mais qu'Elle comprend des gens de différents niveaux spirituels, et même des pécheurs. C'est ce que saint Paul, l'Apôtre a à dire sur l'Église: "Dans une grande maison il n'y a pas seulement des vases d'or et d'argent, mais aussi de bois et de terre, et certains sont des vases d'honneur, et d'autres d'un usage vil" ( 2 Tim. 2:20). Ce n'est qu'en référence au futur Royaume des Cieux qu'il est dit qu'"il ne peut en aucun cas entrer en lui rien de souillé, ni personne qui se livre à l'abomination, et au mensonge: mais ceux qui sont écrits dans le livre de vie de l'Agneau " ( Rev 21:27).

L'origine de nos problèmes spirituels, c'est que nous sommes nés avec une nature humaine qui est atteinte par le péché. Que pourrait-il y avoir de plus pur et plus innocent qu'un enfant? Pourtant, même dans les conditions les plus favorables de la vie familiale, les enfants sont parfois têtus, cruels et malhonnêtes, ils sont susceptibles d'être trompeurs, de mentir, de frapper un autre enfant ou de casser méchamment le jouet d'un autre enfant. Les parents prennent souvent ces choses pour des gamineries. Ils doivent comprendre, cependant, que, à moins qu'ils enseignent à leurs enfants de prendre garde à leurs mauvaises tendances et à les combattre, ces tendances peuvent avec le temps devenir des passions indisciplinées et désordonnées. C'est pourquoi l'Église demande aux enfants d'aller se confesser à partir de l'âge de sept ans.

Lorsque les membres des confessions protestantes, se regardent comme des saints sans péché, tout simplement parce qu'ils croient en Jésus-Christ, ils se font un grand mal spirituel, ils se privent de ces moyens de grâce que le Seigneur nous a donnés pour notre régénération spirituelle. Parmi ces moyens de grâce sont les examens fréquents et attentifs de sa conscience, une repentance constante, la confession des péchés devant un père spirituel et la réception du Corps et du Sang du Christ dans la Sainte Communion.

Supposons que vous croyez sincèrement en Christ et que vous essayez de vivre une vie chrétienne. Vous n'avez pas tué personne, vous n'avez pas commis l'adultère, vous n'avez rien volé, vous ne vous enivrez pas; vous vivez une vie de travail tempérée. Est-ce à dire que vous êtes complètement irréprochable? Qu'en est-il des pensées impures et des sentiments qui naissent en nous involontairement? Qu'en est-il des paroles inutiles, des vantardises, des sentiments de jalousie ou de colère dans le coeur? Que penser d'une indifférence à la vérité et de l'acceptation de faux enseignements - péchés dont tous les protestants se sont rendus coupables? Qu'en est-il de l'amour de soi, de la vaine gloire, du sentiment de sa propre supériorité, de l'orgueil, de la suspicion, de la jubilation à propos des malheurs des autres, de la pusillanimité, du découragement, de la condamnation d'autrui, de la torpeur spirituelle, de la paresse, de la perte du temps, de l'hypocrisie ou de la convoitise des yeux? Qu'en est-il de l'attachement aux biens terrestres et du confort, du rêve de devenir riche, ou de l'insensibilité et de l'indifférence envers la souffrance des autres? Y a-t-il quelqu'un qui puisse analyser minutieusement sa vie, ou même un jour de celle-ci, et déclarer qu'il est tout à fait juste, même saint? Si la réponse est non, alors il est impur (cf. Matt. 15:18-20), et il doit se repentir et demander à Dieu de l'aider à amender sa vie.


Il est paradoxal que ceux qui étaient vraiment justes - des hommes tels que saint Séraphim de Sarov, le staretz Ambroise d'Optina, saint Jean de Cronstadt, l'archevêque Jean de Shanghaï et d'autres comme eux - se sont toujours repentis, avec une contrition sincère de leurs péchés et de leurs fautes, alors que certains de nos pseudos chrétiens contemporains, évitent toute forme de combat spirituel, se promènent, eux, la tête haute et regardent en bas avec mépris le reste de nous, pécheurs. C'est pour ces "saints satisfaits d'eux-mêmes" que le Seigneur a dit: "Je connais tes œuvres, que tu n'es ni froid ni chaud .... Tu dis, je suis riche, et je me suis enrichi, et je n'ai besoin de rien; et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu, je te conseille d'acheter de moi de l'or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche, et vêtu de blanc blanc, afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse pas "(Apoc. 3:15-18).

La pire chose à propos du protestantisme, c'est qu'il a considérablement abaissé les normes morales. Naturellement, les gens peuvent avoir des idées différentes de la pureté. Un rustaud est heureux tant qu'il n'y a pas de nourriture qui pourrit dans sa chambre et que ses draps ne se collent pas à lui, tandis qu'un obsédé de la pureté souffre de la moindre violation de l'ordre.

Dieu ne veut pas que nous vivions selon des normes négligées. Il désire que chacun d'entre nous fasse de sérieux efforts vers la perfection spirituelle. "Vous soyez saints, car je suis saint" (Lév. 11:45). Notez que la béatitude se référant au "cœur pur"(Matthieu 5:8) vient au septième rang des autres béatitudes. Elle est précédée par des déclarations sur l'humilité (les pauvres en esprit), le repentir (ceux qui pleurent), la douceur, un ardent effort vers la justice (ceux qui ont faim et soif de justice) et la miséricorde. En d'autres termes, la pureté du cœur est atteinte par un effort intense, et par conséquent, "Heureux les cœurs purs: ils verront Dieu".
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Un triste conséquence de notre état endommagé par le péché est l'opposition radicale qui existe entre les nobles aspirations de notre esprit et les désirs désordonnés de notre chair. Le problème de cette dichotomie interne est si important que les Saintes Ecritures lui accordent la plus grande attention. Elles nous appellent à nous forcer de vivre une vie spirituelle. Nous allons citer ici que quelques-uns des passages les plus frappants.

"Marchez selon l'Esprit, et vous ne comblerez pas les désirs de la chair. Car la chair convoite contre l'Esprit, et l'esprit contre la chair, et ces choses sont opposées l'une à l'autre, de sorte que vous ne pouvez pas faire les choses que vous souhaitez."(Galates 5:16-17). "Car la chair est la mort, mais pour être Esprit, c'est la vie et la paix. Parce que la chair est inimitié contre Dieu .... donc, frères, nous ne sommes point redevables à la chair, pour vivre selon la chair. Car Si vous vivez selon la chair, vous mourrez; mais si, par l'Esprit, vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez »(Romains 8.6-7, 12-13). "Que personne ne dise quand il est tenté, je suis tenté de Dieu, car Dieu ne peut être tenté par le mal, Il ne tente personne: Mais chacun est tenté quand il est attiré par sa propre convoitise, et séduit. Alors lorsque le désir a conçu, il enfante le péché, et le péché, quand il est consommé, produit la mort "(Jacques 1:13-15). "Ainsi donc, puisque le Christ a souffert pour nous dans la chair, armez-vous, avec le même esprit: celui qui a souffert dans la chair a cessé de pécher, il ne devrait plus vivre le reste de son temps dans la chair selon les convoitises des hommes, mais selon la volonté de Dieu »(1 Pet. 4:1-2).

Parfois, cette guerre contre les tentations peut devenir très intense, exigeant de nous de grands efforts spirituels, comme saint Paul l'a écrit à certains chrétiens qui étaient découragés: «Vous n'avez pas encore résisté jusqu'au sang, en luttant contre le péché" (Hébreux 12: 4).


Pour résumer les enseignements des Apôtres que nous avons cités ici, saint Jean de Cronstadt dit: "Gardez bien à l'esprit que vous êtes une personne à deux faces. Une face est charnelle, vieille et malade à cause des passions. Vous devez mortifier celle-ci, ne pas céder à ses demandes insistantes et pécheresses. L'autre est spirituelle, nouvelle, elle recherche le Christ, vivant dans le Christ et trouvant en Lui sa vie et son repos. "

Afin d'échapper à l'asservissement aux désirs désordonnés de la chair qui aime le péché, un chrétien doit toujours se battre avec les tentations et ne pas permettre aux péchés de s'accumuler sur sa conscience. Comme saint Séraphin de Sarov l'enseigne,

"Celui qui veut être sauvé doit toujours avoir un cœur contrit et enclin à la repentance." "Le sacrifice pour Dieu est un esprit brisé: un cœur brisé et humilié Dieu ne le méprise point."(Ps. 50:17). Avec un tel esprit contrit, un homme peut facilement et sans dommage éviter tous les pièges rusés du diable, qui dirige tous ses efforts en vue de troubler l'esprit de l'homme et semer son ivraie au milieu de la perturbation créée ... Tout au long de notre vie, nous offensons la majesté de Dieu par notre chute dans le péché, et par conséquent nous devrions toujours nous demander humblement au Seigneur le pardon de nos péchés. "

Il est stupide et destructreur de nous tromper en pensant que nous ne sommes pas pires que les autres, et que Dieu nous aime, et donc que tout va pour le mieux. Non, le péché est un mal moral sérieux. Dans le sacrement du Baptême, le Seigneur nous purifie de notre lèpre spirituelle et nous insuffle une énergie spirituelle nouvelle. Pourtant, les cicatrices de notre maladie ancienne, restent avec nous, tout comme le danger d'une rechute de vie parmi le reste des "lépreux".

L'Eglise nous offre de puissantes armes pour la prévention du péché et, pour le combattre. Le jeûne, l'ascèse, la pénitence, la confession - toutes ces choses peuvent sembler sombres, en particulier à une personne hétérodoxe qui cherche dans le christianisme que ce qui est joyeux et facile. Il faut comprendre que la perfection spirituelle, la droiture, la sainteté, la proximité avec Dieu, la contemplation de Dieu, le Royaume des Cieux et de la béatitude éternelle sont tous des aspects différents d'une qualité qui occupe une place centrale parmi eux. C'est la pureté du cœur, qui s'acquiert par l'accomplissement du combat contre ses propres fautes. Ici, nous découvrons une loi claire: plus le cristal est pur, plus il transmet de lumière, plus le diamant est poli, mieux il brille.

Ainsi, si l'on veut obtenir toutes les bénédictions qui nous sont promises, examinons attentivement notre état spirituel et repentons-nous sincèrement, même de nos plus petits péchés. Le chemin est étroit, et parfois raide, mais il n'y a pas d'autre moyen!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Illustrations:
icon courtesy of
used with permission


Prier (300)



Laisse la raison au monde
Et loue la logique de Dieu
Qui t'aime ardemment
Malgré ton indignité notoire

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

Sur le Bog de Maxime: APPEL DE LA COMMUNAUTE CHYPRIOTE DE FRANCE



LA COMMUNAUTE CHYPRIOTE DE FRANCE LANCE UN APPEL
NON A l'illumination de la Tour Eiffel aux couleurs de la Turquie


Dans le cadre de « la saison de la Turquie en France », organisée par le Ministère de la Culture et de la Communication, il est prévu que la Tour Eiffel soit illuminée aux couleurs de la Turquie du 8 au 29 octobre.


C’EST INACCEPTABLE !

En effet, les turcs ont envahi CHYPRE en juillet 1974 et occupent, depuis, plus de 36% du territoire; ils ont commis des crimes contre l’humanité, qu’ils continuent de nier alors que les preuves s’accumulent; par ailleurs, la République de Chypre, c’est-à-dire l’île dans sa totalité est entrée dans l’Union Européenne le 1er mai 2004; il est donc indéniable, qu’ ACTUELLEMENT LA TURQUIE OCCUPE L’UNION EUROPEENNE avec plusieurs dizaines de milliers de soldats).
Lire la suite ICI

Des cartes distribuées dans les écoles d'Istanboul redessinent les frontières de la Turquie


Un CD préparé par la Direction de l'éducation provinciale d'Istanbul a redessiné la carte de la Turquie pour y inclure des parties du nord de l'Irak.

L'erreur a choqué la direction elle-même et placé les responsables de l'éducation dans une situation délicate car elle vient juste après que les livres scolaires du Ministère de l'Education se soient trompés sur les dates de certaines fêtes nationales.

Le ministère signale qu'il a ordonné mercredi que les CD soient récupérés des écoles et des parents qui les avait reçus.

Un CD a été distribué aux écoles dans le cadre du projet d'éducation des parents et sur celui-ci la carte de la Turquie comprend les villes de Mossoul et Kirkouk, au nord de l'Irak comme étant à l'intérieur des frontières de la Turquie. Il montre aussi l'île de Chypre et l'Arménie comme faisant partie de la Turquie. Certaines parties de la Géorgie et de la Bulgarie ont également été décrites comme étant à l'intérieur des frontières de la Turquie.

Le projet a été élaboré durant le mandat de l'ancien directeur de l'éducation à Istanbul, Ata Özer, et ces discrépances ont choqué l'actuel directeur Muammer Yıldız.

L'erreur de la carte s'ajoute à l'embarras suscité par des manuels scolaires établis par le ministère de l'Éducation et distribués gratuitement aux élèves qui ont également quelques erreurs très flagrantes. La fête du Jour de la Victoire du 30 août est omise et une date incorrecte est citée pour la journée des enfants et de la souveraineté nationale, célébrée le 23 avril. La journée a été marquée comme étant au 29 Avril dans les livres.

"Une telle carte est inacceptable. C'est une grosse erreur qui peut créer un débat inutile. Je suis très triste, dit Yıldız, qui a ouvert une enquête sur la question.

Yıldız dit que l'information a été compilée à partir de différentes sources, mais que personne n'ait remarqué les discrépances sinon après qu'elle ait été envoyée à toutes les écoles d'Istanbul, a été encore plus choquant.

"On ne peut pas utiliser comme excuse que la carte a échappé à l'attention de nos gens qui travaillent sur le projet. J'aurais préféré que cela n'ait pas eu lieu. Mais quelqu'un de chez nous devrait avoir repéré [cette faute] et nous prévenir", a déclaré Yildiz.

Istanbul a été choisie comme province pilote pour évaluer l'efficacité du projet. L'objectif est d'éduquer les parents sur diverses questions, allant des premiers soins à la façon de traiter les enfants, avant le début de la période scolaire. Il a été effectué durant la semaine avant que les écoles ont commencé le programme "s'habituer à l'école" programme pour les enfants sur le point de commencer leurs études. Environ 230.000 enfants ont commencé leur première année d'école primaire dans la province d'Istanbul cette année.

L'objectif était d'avoir une semaine d'orientation pour l'ensemble de ces enfants et pour leurs parents.
Abbas Güçlü
Istanbul-Milliyet

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
&

22 Septembre 2009: Cimetières chrétiens profanés en Turquie dans l'indifférence générale des média!

Photo: Nikos Manginas
Environ 90 pierres tombales sont brisées. Des incidents de cette nature ne sont pas rares dans la ville, mais la presse locale ne les a pas signalés. Ce n'est que récemment et grâce à un film, que les jeunes Turcs ont commencé à se renseigner sur les pogroms antichrétiens du passé. Le Patriarche œcuménique Bartholomée visite le cimetière en question.

Istanbul (Agence Fides) - Un cimetière chrétien a été profané à Istanbul. une ou plusieurs personnes inconnues ont brisé 90 pierres tombales qui portait le signe de la croix et le nom du défunt. L'incident s'est produit il y a quelques jours dans le cimetière historique de Valoukli près de l'antique monastère de Valoukli, seul monastère dédié à La Mère de Dieu encore ouvert à Istanbul, situé à l'extérieur des anciens remparts de Théodose, et dont s'occupent cinq moniales qui n'y résiednt point.

Les cimetières chrétiens d'Istanbul ont été profanés à plusieurs reprises au cours des 20 dernières années. Le dernier outrage a ravivé des souvenirs des événements tragiques de Septembre 1955, quand les églises, les cimetières et les propriétés appartenant à la communauté orthodoxe d'Istanbul ont été profanées et détruites dans un pogrom. Finalement, surnommé le pogrom de Septembre, l'événement est le fruit de l'establishment politico-bureaucratico-militaire de Turquie, connu ici comme Derin Devlet ou état profond.

Le pogrom est resté gravé dans la mémoire des chrétiens d'Istanbul qui alors ont réalisé que leur survie dans la ville serait difficile, voire impossible.

Les jeunes Turcs ont appris les différents épisodes tragiques très récemment, lorsque Guz Sancisi, film de la jeune femme réalisatrice turque Tomris Giritlioglu, a été projeté dans les salles locales et a reçu de bonnes critiques et un succès commercial.

Il est également important de garder à l'esprit que les cimetières chrétiens sont très grands et servent comme rappel de la petite présence chrétienne dans ce pays.

Compte tenu du développement considérable d'Istanbul, les cimetières chrétiens sont devenus entourés d'habitations humaines et sont convoités par les promoteurs.

Une loi adoptée dans les années 1930 a transféré les titres aux cimetières aux municipalités; jusques alors, ils avaient appartenu à des fondations religieuses.

Outragé et peiné par ce qui s'est passé, le Patriarche œcuménique Bartholomée Ier (photo), est allé voir le cimetière profané, demandant pourquoi de tels actes continuent de frapper les cimetières chrétiens.

Malgré la gravité de l'incident, la presse locale n'en a pas fait mention.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

samedi 10 octobre 2009

Saint Pierre et le chant du coq?


Icône du Sinaï
File:Gustave Doré, St Peter Denying Christ.jpg

La réponse à la question: Qu'a dit Jésus à Saint-Pierre qu'il arriverait avant qu'il ne Le renie? peut se trouver dans quelques passages de l'Evangile, comme le vingt-sixième chapitre de l'Evangile de saint Matthieu:

Jésus lui dit: En vérité, je te le dis, que cette nuit,
avant que le coq ne chante, tu me renieras trois fois.

Bien qu'incorrecte, la réponse la plus commune à cette question est que le coq ne chantera pas trois fois avant que Pierre ne renie le Christ. Si vous posez cette question à Google, vous trouverez toutes sortes de traductions bibliques [...], comme "un coq ne chantera pas jusqu'à ce que tu m'aies renié trois fois" et "avant qu'un coq ne chante, tu me renieras trois fois" et même "avant qu'un coq ne chante trois fois tu vas me renier". Comme enfant, j'ai assisté à une pièce de théâtre intitulée
La Passion, au cours de laquelle on entendait trois fois le chant du coq. Cependant, le verset ci-dessus ne dit rien de la sorte.

Bien que difficile à lire, peut-être la question serait mieux formulée ainsi,

Quand Jésus a-t-il dit à Saint-Pierre qu'aurait lieu son reniement?

En réalité, notre Seigneur faisait allusion aux trois gardes de trois heures de la nuit appelées le chant du coq. Cette garde couvrait les heures entre minuit et 3h00 et se rapportait à la période qui précède l'aube de la journée. Ceci est la période au cours de laquelle l'Eglise prescrit l'office de minuit. Donc, ce que Jésus a dit, selon nos calculs, c'est que Saint-Pierre Le renierait trois fois avant la période entre minuit et 3h00.

Par les prières de l'Eglise, c'est au cours de l'office de minuit, que le coq chante, que nous cultivons des larmes de repentir, alors que nous commémorons l'agonie du Christ qui pleurait au Jardin de Gethsémani. Nous demandons à Dieu Sa grande miséricorde, tandis nous pleurons à cause de notre incapacité à veiller avec le Christ, car nous, comme un autre Pierre, Le renions par notre péché.

En vérité, je te le dis, que cette nuit,
avant l'office de minuit, tu me renieras trois fois.

Lorsqu'elles sont libellées de cette façon, les paroles pointent moins sur Saint-Pierre et plus sur le Christ.

Bien sûr, dans des traductions [...], nous lisons dans l'Evangile de Saint Marc que Jésus dit à saint Pierre que celui-ci Le renierait avant que le coq ne chante deux fois. Nous lisons aussi dans le récit évangélique lui-même, que saint Pierre a effectivement entendu le premier et le deuxième chant du coq. Mais il y a un problème avec cette interprétation, signifiant le chant d'un coq. La loi juive interdisait la présence de volailles dans les limites de Jérusalem. Donc, personne n'a entendu le chant d'un coq véritable, mais les sentinelles romaines ont fait résonner leurs trompettes à la relève des gardes, une fois dans une direction, un seconde fois dans l'autre direction. Saint Pierre a renié le Christ avant que ne sonnent les trompettes et que les sentinelles n'aient changé les positions de garde. (Autre chose secondaire: le mot latin pour trompette utilisé par les soldats romains est
gulliculum et cela signifie le coq chante.)


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Prier (299)


Ce n'est pas le pèlerinage
Qui importe vraiment
Mais cette part du Royaume
Que tu en rapportes

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

Un nouvel ouvrage de Jean-Claude Larchet: Théologie du Corps

D'après la recension du site ORTHODOXIE.COM

Après avoir étudié le corps successivement dans son état de perfection originelle, dans son état de déchéance, et dans sa restauration par le Christ, Verbe incarné, il souligne particulièrement sa place et son rôle dans la vie spirituelle. Il montre comment le corps peut être transfiguré et divinisé par l’action conjuguée de l’ascèse bien comprise et de la grâce, avant d’évoquer son destin final dans la mort et dans la résurrection, et dans la participation éternelle à la vie divine.
Des développements particulièrement instructifs sont consacrés à la maîtrise du corps, à sa fonction dans la prière de Jésus, au sens du jeûne (aujourd’hui si souvent oublié) et à la signification profonde des gestes et postures (signes de croix, inclinations, métanies, prosternations...) qui accompagnent la prière collective et individuelle, à la participation des sens (en particulier la vue, l’ouïe et l’odorat) à la vie liturgique, aux icônes (qui représentent les corps transfigurés) et aux reliques (qui portent et communiquent la grâce des corps déifiés).
S'opposant à une conception encore très répandue, ce livre, qui se fonde surtout sur l'anthropologie des Pères grecs, montre que le christianisme, loin de dévaloriser et de mépriser le corps, l'a au contraire valorisé plus que toute autre religion. Cette valorisation va d'une conception de la création où le corps est considéré comme porteur, lui aussi, de l'image de Dieu, jusqu'à une représentation de la vie future à laquelle le corps est appelé à participer, en passant par une conception de la personne humaine comme composée indissociablement d'une âme et d'un corps. Cette valeur exceptionnelle reconnue au corps est sans aucun doute liée à ce qui constitue le fondement même du christianisme, à savoir l'Incarnation, c'est-à-dire le fait que le Fils de Dieu est devenu homme en assumant non seulement une âme humaine, mais encore un corps humain, et qu'Il a donné à l'homme de pouvoir être sauvé et déifié dans tout son être, âme et corps. Après avoir étudié le corps successivement dans son état de perfection originelle, dans son état de déchéance, et dans sa restauration par le Christ, ce livre souligne particulièrement sa place et son rôle dans la vie spirituelle, et montre comment il peut être transfiguré et divinisé par l'action conjuguée de l'ascèse bien comprise et de la grâce, avant d'évoquer son destin final dans la résurrection et la participation éternelle à la vie divine. Dans notre monde qui a perdu le sens de la véritable valeur du corps, soit en lui vouant un culte idolâtrique, soit en en faisant un objet mercantile ou un instrument de jouissance, l'apport de ce livre, écrit dans un style accessible à tous, est particulièrement salutaire.

Biographie de l'auteur

Jean-Claude Larchet, patrologue et théologien orthodoxe de renommée internationale, a publié une quinzaine de livres aux Editions du Cerf.