"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

dimanche 4 juillet 2021

PRIERE AVEC LE CHAPELET ORTHODOXE (R)

LE CHAPELET ORTHODOXE / LA PRIERE AVEC LE CHAPELET
I) Sur la prière avec le chapelet II) Traduction du texte du Monastère de Dionysiou de l'Athos sur l'utilisation du chapelet pour les offices. III) Annexe I: Prières de l'Eglise IV) Annexe II: Les divers types de chapelets orthodoxes: Tchotki/ Komboskini et Lestovka/Vervitsa
I) Sur la prière avec le chapelet
La prière mentale avec le chapelet est pratiquée régulièrement par les moines pendant toutes leurs activités en dehors des offices, ceci en vertu de l'injonction de l'Apôtre: " Priez sans cesse".
Le texte du Monastère de Dionysiou sur la Sainte Montagne de l'Athos qui va suivre, s'adresse à tous, mais plus particulièrement aux laïcs qui, vivant dans le monde, désirent s'unir à la prière incessante de l'Eglise et ne peuvent le faire en assistant aux offices parce qu'ils sont empêchés de le faire à cause de leur travail, de leur éloignement du Saint Lieu, de la maladie, ou pour toute autre raison...
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La Sainte Montagne de l'Athos
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Il ne s'agit pas de choisir entre aller assister à l'office ou le faire sur son chapelet, la question ne se pose pas,si on a la possibilité d'aller à l'Eglise, il faut s’y rendre.
Le chapelet ne remplace pas un office auquel on peut effectivement assister, il permet de s'unir en prière à la prière de l'Eglise quand on ne peut pas, pour des raisons graves et sérieuses, être présent à la prière commune. Il permet aussi dans les temps morts de notre vie, transports, attente, voyages...de sanctifier le temps par l'oraison mentale.
Voici donc le texte du monastère de Dionysiou de la Sainte Montagne de l’Athos :
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II) Traduction du texte du Monastère de Dionysiou de l'Athos sur l'utilisation du chapelet pour les offices.
LA PRIERE AVEC LE CHAPELET
( "Seigneur Jésus-Christ Fils de Dieu, aie pitié de moi!")
Chers Frères,
Nos ennemis les démons ne dorment pas et s'efforcent sans discontinuer de nous faire tomber par les péchés et à cause d'eux et de nos passions, ils nous précipitent au plus profond de l'enfer. Nous ne pouvons les affronter qu'avec la prière. La lecture de livres spirituels est bonne et utile. Nous aident aussi la lecture des offices de l'Eglise et le fait d'y assister, pour autant que nous ayons la possibilité de le faire.
Pour beaucoup pourtant, une manière de remplacer les autres modes de prières est l'utilisation du chapelet. A chaque grain, est invoqué le Nom du Seigneur Jésus, en disant cette prière:"Seigneur Jésus-Christ Fils de Dieu, aie pitié de moi" ou plus simplement:"Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de moi"
On commence ainsi:
Par les prières de nos Saints Pères, Seigneur Jésus-Christ notre Dieu, aie pitié de nous. Amen! 
Gloire à Toi notre Dieu, gloire à toi!
Roi Céleste, Consolateur, Esprit de Vérité,Toi qui es partout présent et Qui emplis tout, Trésor des biens et Donateur de vie, viens et demeure en nous, purifie-nous de toute souillure et sauve nos âmes, Toi Qui es bon!
Saint Dieu, Saint Fort, Saint Immortel, aie pitié de nous! ( 3X) )
Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit,
Et maintenant et toujours et aux siècles des siècles.
Amen!
Très sainte Trinité , aie pitié de nous,
Seigneur, purifie-nous de nos péchés,
Maître, pardonne nos iniquités,
Saint, visite-nous et guéris nos infirmités à cause de Ton Nom!
Kyrie eleison ( Ter )
Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit,
Et maintenant et toujours et aux siècles des siècles.
Amen!
Notre Père Qui es aux cieux, que Ton Nom soit sanctifié, que Ton règne vienne, que Ta volonté soit faite, sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd'hui notre pain substantiel, Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous induis pas en tentation,mais délivre-nous du Malin.
Psaume 50
Aie pitié de moi, ô Dieu, selon Ta grande miséricorde, et dans Ton immense compassion, efface mon péché. Lave-moi de plus en plus de mon iniquité, et de mon péché purifie-moi. Car je connais mon iniquité, et mon péché est constamment devant moi. Contre Toi seul, j'ai péché, et j'ai fait le mal sous Tes yeux. Ainsi, tu seras trouvé juste en Tes paroles, et Tu seras vainqueur quand on Te jugera. Vois: dans l'iniquité j'ai été conçu, et j'étais dans le péché quand ma mère m'a enfanté. Mais Tu aimes la vérité: Tu m'as révélé les mystères et les secrets de Ta sagesse. Tu m'aspergeras avec l'hysope, et je serai purifié, tu me laveras, et je deviendrai plus blanc que la neige. Tu me feras entendre des paroles de joie et d'allégresse, et ils exulteront, les os humiliés. Détourne Ta face de mes péchés, efface toutes mes iniquités.
Crée en moi un coeur pur, ô Dieu,et renouvelle en ma poitrine un esprit droit. Ne me rejette pas loin de Ta face,et ne retire pas de moi Ton Esprit Saint. Rends-moi la joie de ton salut, et fortifie-moi par l'Esprit souverain. J'enseignerai Tes voies aux pécheurs, et les impies reviendront vers Toi. Délivre-moi du sang, ô Dieu, Dieu de mon salut, et ma langue exultera pour Ta justice. Seigneur, ouvre mes lèvres; et ma bouche annoncera Ta louange.
Si Tu avais voulu un sacrifice, je Te l'aurais offert, mais Tu ne prends aucun plaisir aux holocaustes. Le sacrifice qui convient à Dieu, c'est un esprit brisé; un coeur broyé et humilié, Dieu ne le méprise point. Accorde Tes bienfaits à Sion dans Ta bienveillance, Seigneur,et que soient relevés les murs de Jérusalem; alors Tu prendras plaisir au sacrifice de justice, à l'oblation et aux holocaustes, alors on offrira de jeunes taureaux sur Ton autel. ( version du Psaume 50: Père Placide [Deseille])
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Faisons une brève prière impromptue une fois par jour avec une courte doxologie, une prière d'action de grâce, une confession, une demande de rémission des péchés,l'affermissement de nos frères en Christ dans le combat pour le Bien et ensuite la prière avec le chapelet comme suit:
(pour ceux qui préfèrent utiliser la prière de l'Eglise, voir Annexe I)
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VEPRES
Avec le chapelet ou la montre si l'on n'a pas de chapelet. On utilise le chapelet à 300 grains ou celui à 100 grains.
Trois Chapelets à 300 grains au Christ ou bien 15 minutes avec la montre
Un Chapelet à 300 grains à la Mère de Dieu Toute Sainte ou 5 minutes avec la montre
Un Chapelet à 100 grains au Saint du jour ou 2 minutes avec la montre
Un Chapelet à 100 grains au Saint de la paroisse ou 2 minutes avec la montre
Un Chapelet à 100 grains au Saint de la Semaine ou 2 minutes avec la montre
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APODIPNON ou COMPLIES
Même chose que pour les Vêpres avec en outre 2 Chapelets à 300 grains à la Mère de Dieu Toute Sainte ou 10 minutes avec la montre. Puis un Chapelet à 100 grains à l'Ange gardien ou 2 minutes avec la montre.
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OFFICE DE MINUIT
Quatre Chapelets à 300 grains au Christ ou 15minutes avec la montre et un Chapelet à 300 grains à la Toute Sainte Mère de Dieu ou 15 minutes avec la montre.
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MATINES
Neuf Chapelets à 300 grains au Christ ou 1 heure avec la montre, trois Chapelets à 300 grains à la Toute Sainte Mère de Dieu ou 15 minutes avec la montre. Ensuite, un Chapelet à 100 grains au Saint du jour, à celui de la paroisse et de la semaine comme pour les Vêpres ou 2minutes pour chacun d'eux avec la montre. Ensuite, un Chapelet à 300 grains à tous les Saints ou 5 minutes avec la montre.
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SAINTE COMMUNION
4 Chapelets à 300 grains au Christ ou 15minutes avec la montre. Un Chapelet à 100 grains à la Mère de Dieu toute Sainte ou 5 minutes avec la montre.
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PARACLESE
Pour le Christ, la Mère de Dieu Toute Sainte ou pour un Saint, 2 Chapelets à 300 grains ou 10 minutes.
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HEURES ( PRIME, TIERCE, SEXTE et NONE)
6 Chapelets à 300 grains au Christ ou 1/2heure avec la montre, 2 Chapelets à 300 grains à la Mère de Dieu Toute Sainte ou 10 minutes avec la montre.
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Quand vous n'avez pas beaucoup de temps libre, en voyageant dans le bus, ou en tout autre lieu où vous vous trouvez, au lieu de lier conversation avec l'un ou l'autre, regardez votre montre, fermez vos oreilles et dîtes la prière comme indiqué auparavant.
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Avec l'habitude, l'attention continue, et la prière perpétuelle, on devient une cible difficile à atteindre pour le Malin. Avec cela et avec la culture de la Charité, de la Compassion, de la Foi, de la Commisération, de la Componction, de l'auto-accusation, la confiance en Dieu, la Confession régulière des fautes et la Sainte Communion, on acquiert un robuste arsenal spirituel et on s'assure avec la Grâce de Dieu, une protection presque inattaquable contre les flêches mortelles du Diable. Le Seigneur a dit: " Sans moi, vous ne pouvez rien faire." Ainsi,connaissant notre faiblesse devenons humbles et plaçons en Dieu notre confiance afin de ne pas être déshonorés et de nous glorifier toujours dans le Père, le Fils et le Saint Esprit, en tout temps, maintenant et toujours et dans les siècles. Amen!
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Avec le chapelet
pour le Christ, on dit: " Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de moi."
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pour la Mère de Dieu Toute Sainte, on dit:" Très Sainte Mère de Dieu Sauve moi."
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pour le Saint du jour, on dit: " Saint ............. intercède pour moi."
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pour le Saint de la paroisse, on dit: "Saint ............. intercède pour moi."
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pour le Saint de la semaine, on dit: " Saint ............. intercède pour moi."
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Saints de la Semaine: Lundi: " Saints Archanges, intercédez auprès de Dieu pour moi."
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Mardi: "Baptiste du Christ, intercède pour moi."
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Mercredi et Vendredi: " Croix du Christ, sauve-moi par Ta puissance."
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Jeudi: " Saints Apôtres intercédez pour moi" et "Saint Nicolas intercède pour moi"
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Samedi: " Tous les Saints, intercédez pour moi."
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Dimanche: " Très Sainte Trinité ( Dieu) aie pitié de moi.
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A l'Ange Gardien, on dit:" Saint Ange qui est mien, protège-moi."
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Traduction et Adaptation du grec
 Claude Lopez-Ginisty 

III) Annexe I: Prières de l'Eglise
http://i48.servimg.com/u/f48/11/68/10/56/th/is711.jpg
Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit,
et maintenant et toujours et aux siècles des siècles, amen!
Louez le Seigneur dans Ses saints,
louez-le au firmament de Sa puissance.
Louez-Le pour Ses hauts faits,
louez-Le selon Sa grandeur infinie.
Louez-Le au son de la trompe,
Louez-Le sur la harpe et la cithare.
Louez-Le par le tambourin et la danse,
Louez-Le au son des cordes et desinstruments.
Louez-Le avec les cymbales retentissantes,
louez-Le avec les cymbales de jubilation,
que tout esprit loue le Seigneur ( Ps. 150)
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Absous, remets et pardonne, ô Dieu, mes transgressions volontaires et involontaires, en paroles et en action, connues ou inconnues, en pensée et en actions, de jour et de nuit, pardonne-moi tout,car Tu es bon et Ami de l'homme.
+
Seigneur Ami de l'homme, pardonne à ceux qui nous haïssent et nous offensent, rends le bien à ceux qui font le bien, accorde à tous nos frères et à nos parents qui sont au loin toutes les demandes qu'ils Te font pour leur salut et la vie éternelle.
IV) Annexe II: Les divers types de chapelets orthodoxes: Tchotki/ Komboskini et Lestovka/Vervitsa
LES CHAPELETS ORTHODOXES
Le chapelet le plus utilisé dans le monde orthodoxe est actuellement le chapelet de laine. Il est constitué de nœuds de laine séparés par des perles de couleur. Il est généralement noir et se termine souvent par une croix grecque faite, elle aussi de laine. On l'appelle Tchotki en russe et Komboskini en grec.
Il existe diverses sortes de chapelets de laine:
* Le chapelet à 33 nœuds appelé aussi chapelet palestinien.
* le chapelet à 50 nœuds, à 100 nœuds, à 300 nœuds... Il existe même des chapelets à 600 nœuds! 
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La jeunesse orthodoxe Arabe du Patriarcat d'Antioche a remis en usage un chapelet traditionnel en bois découpé, en forme de poisson articulé.
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L'Eglise Russe avait autrefois l'usage d'un chapelet typiquement russe appelé Vervitsa ou Lestovka. ( On peut voir ce chapelet dans les mains de Saint Séraphim de Sarov sur certaines représentations iconographiques du saint et un des chapelets de ce type ayant appartenu à Saint Séraphim se trouve au Saint Monastère de LESNA à Provémont -France).

Ce chapelet est basé sur l'Echelle Sainte de Saint Jean Climaque, en effet, au lieu de grains ou de nœuds, il était constitué d'échelons disposés sur une lanière de cuir.

Le chapelet appelé Lestovka ou "échelle"comportait d'abord quatre feuilles ( triangles) symbolisant les 4 Evangélistes. La couture autour des feuilles symbolisait l'unité de l'enseignement de l'Evangile. Entre les feuilles étaient 7 pièces mobiles en mémoire des 7 mystères de l'Eglise. Là ou l'Echelle était jointe aux feuilles ( les feuilles jouant le rôle de la croix terminant les chapelets traditionnels), il y avait 3 grands échelons de chaque côté, et 3 autres échelons sur l'échelle elle-même, symbole des 9 ordres angéliques et aussi des 9 mois que passa le Seigneur dans le sein de la Mère de Dieu. Un espace vide après la jonction représentait la terre. Puis venaient les12 échelons pour les 12 apôtres, puis les 39 échelons pour les 39 semaines et 2 jours pendant lesquels la Toute Sainte porta en Son sein le Christ. 33 autres échelons symbolisaient les 33 années du Seigneur sur notre terre. Enfin il y avait 17 échelons qui représentaient les 17 prophètes qui avaient prophétisé la venue du Christ.
En utilisant la Lestovka ou Echelle, on dit les trois prières du Vieux Rite sur les trois échelons extrêmes :
O Dieu aie pitié de moi pécheur,
Tu m'as créé, Seigneur, aie pitié de moi
J'ai péché incommensurablement, Seigneur, 
aie pitié de moi et pardonne-moi pécheur.
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Les 17 échelons étaient utilisés pour la prière de St Ephrem, les 12 pour les 12 Kyrie eleison et les 39 ( + espace) pour les 40 Kyrie eleison en Eglise. ( d'après "An Explanation of the Lestovka in OLD ORTHODOX PRAYER BOOK, Russian Orthodox Church of the Nativity of Christ,ERIE, PENNSYLVANIA, U.S.A.)
Ce chapelet est encore utilisé par les Orthodoxes Starovyères ( « Vieux Ritualistes » , aussi appelés« Vieux-Croyants »).

Traduction & Adaptation Claude Lopez-Ginisty
Lien pour apprendre à faire un tchotki ou komboskini http://www.wattfamily.org/prayerope.html 
FIN & GLOIRE A NOTRE DIEU !

samedi 3 juillet 2021

Higoumène Nikon (Lazar): COMMENT RENDRE VOTRE PRIÈRE FRUCTUEUSE


L'higumène Nikon [disciple du staretz Ephraïm de Philothéou qui partit en Arizona]est le recteur de la kellia athonite de Saint Spyridon, Lappartenant à Néa Skiti .



Toutes les vertus nous préparent à l'union avec Dieu. C'est le but de notre vie - l'union avec Dieu, la déification, comme disent les théologiens. Toutes les vertus... Cependant, quelque chose de merveilleux arrive avec la prière ! La prière nous relie à Dieu et ne nous prépare pas seulement à l'union avec Lui. Par conséquent, nous devons nous préparer à rencontrer Dieu. Faites attention à la façon dont nous nous présentons devant Dieu. C'est important. Ce n'est pas une petite chose.

Nous ne prétendrons pas que la prière est une activité purement spirituelle et se réfère uniquement à l'âme. Non! Un jour, un homme instruit m'a dit :

- Quelle différence cela fait-il quant à ma position dans la prière ? Ce qui est important, c'est de savoir comment mon âme apparaît.

Oui, mais seulement ce que ni nous ni lui ne savions, et c'est une vérité très importante, qui a été découverte par un saint à l'Église : l'âme est modelée selon le corps. L'âme prend la pose du corps. Nous ne pouvons pas nous asseoir dans la position du lotus, comme le font les hindous, et dire : « Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de moi. Non. Nous nous tiendrons les bras croisés, nous nous couvrirons du signe de la Sainte Croix et prierons.

Higoumène Nikon (Lazar)

Le corps doit aussi apprendre à prier. Pas seulement l'âme. Nous garderons cela à l'esprit afin de le mettre en pratique. Par exemple, nous ne nous sentons pas toujours bien, nous n'avons pas toujours envie de prier : peut-être sommes-nous fatigués, ou l'indifférence à la prière nous envahit, ou peut-être est-ce une tentation du Diable, qui nous amène un état de mélancolie, de tristesse et de sécheresse spirituelle. Que pouvons-nous donc faire si nous n'avons aucun désir de prier ?

Alors nous nous signons et disons : "Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de moi". Inclinons-nous et relevons-nous : "Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de moi !" - inclinez-vous et relevez-vous. "Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de moi!" - et inclinez-vous à nouveau, et relevez-vous. Et le corps entraînera l'âme avec lui. L'âme commencera également à se prosterner. L'âme commencera également à s'accroupir et à s'élever avec le corps. Cela nous préparera à nous tenir correctement debout dans la prière. C'est la première chose. Faites maintenant attention à la seconde.

Avant de commencer une prière, oublions tout le mal que nous avons enduré de la part de notre prochain. Si pendant la prière nous nous souvenons de celui qui nous a affligés, notre prière deviendra vaine. Ne nous souvenons pas du mal ! Toute notre vie, chaque jour nous nous battrons pour cela, et encore plus pendant la prière. Savez-vous ce que disent les Pères ? Celui qui se souvient du mal se suicide, il se tue. Par conséquent, oublions tout mal qui nous a été fait.

Un Père de l'Église dit que quiconque prie et se souvient du mal est comme un homme qui sème sur un terrain rocheux. Combien de racines pousseront d'une graine semée sur une pierre, la même quantité de fruit sera portée par la prière de celui qui se souvient du mal.

Que disons-nous dans la prière de notre Père ? "Et remet-nous nos dettes, comme nous les remettons aussi nos débiteurs." Comprenons-nous ce que nous disons ? Nous prions Dieu de nous pardonner dans la mesure où nous nous pardonnons nous-mêmes. [Nous disons] qu'Il nous pardonnera comme nous pardonnons. Pensez à ce que nous disons ! Nous Le prions de nous pardonner et de le faire dans la mesure où nous nous pardonnons nous-mêmes. Hélas pour nous !

Par conséquent, ce que je vous dis est si important: que nous nous tenions correctement (première étape de la préparation) et oublions tout mal que les autres nous ont fait (deuxième étape). Et puis commençons à prier. Nous serons toujours attentifs à ces points.

Et par où commençons-nous notre prière ? Nous commencerons toujours par l'action de grâce. Tout d'abord, remercions Dieu ! Avant de faire ou de dire quoi que ce soit, remerciez d'abord Dieu.

Pourquoi devrions-nous Le remercier ? Pour tout ce qui se passe autour de nous? Pour tout ce qu'on endure ? Pour toutes les maladies que nous avons ? Pour quelle raison? Réfléchissez! Avons-nous des raisons de Lui être reconnaissants ? Nous regardons généralement ce qui nous manque. Et nous faisons bien de nous battre pour cela, pour y parvenir. Mais avons-nous déjà pensé à tout ce que nous avons déjà ? 

Par exemple, pourquoi Dieu nous a-t-il donné ces yeux ? Nous le devait-Il ? Avons-nous déjà remercié Dieu pour ce que nous voyons ? Et pourquoi devrions-nous voir? N'aurions-nous pas pu être nés aveugles ? Qu'avons-nous fait pour recevoir ce don [de la vue]? Nous n'avons absolument rien fait ! Nous sommes nés voyants, nous n'avons même pas commencé à faire quoi que ce soit pour mériter le don de la vue. Avons-nous remercié Dieu pour ce que nous voyons ?

Le saint Apôtre Paul dit que nous devons rendre grâce pour tout (Cf. 1 Thess. 5:18). Et il entend ici aussi les choses désagréables qui nous arrivent. Remerciez pour tout! Et nous sommes arrivés à un tel état d'impiété que nous ne remercions même pas Dieu pour Ses dons. Nous nous imaginons aussi être de bons chrétiens ! Alors voyons ce qui nous manque, prions Dieu de réaliser nos désirs. Mais remercions-Le aussi pour ce que nous avons déjà reçu.

Reconnaissant ceux qui ont appris à dire : « Gloire à toi, Seigneur ! », Dieu attire à Lui par Son amour, exauçant immédiatement leurs demandes. Dieu exauce rapidement les demandes des reconnaissants, car il sait qu'ils ne s'éloigneront pas de Lui. Et aux ingrats, qui n'ont pas appris à dire : " Gloire à toi, Seigneur ! " Et qui ne remercient pas Dieu pour Ses dons, Dieu hésite à satisfaire leurs désirs. L'ingrat, qui n'a pas appris à dire : « Gloire à toi, Seigneur ! », prie et prie, et Dieu hésite à répondre à ses demandes. Et Il le fait exprès, afin de les garder en prière le plus longtemps possible, pour les garder auprès de Lui le plus longtemps possible.

Alors, voulons-nous que Dieu nous entende ? Commençons alors par : « Gloire à toi, Seigneur ! Merci, Seigneur, pour ce que je vois et j'entends, j'ai une maison, j'ai de quoi m'habiller, j'ai un lit pour pouvoir dormir! J'ai des amis, je peux parler, j'entends !" 

Et puis passons à la deuxième étape de la prière - la confession. Nous confessons nos péchés devant Dieu. Dieu les connaît, mais nous devons en être conscients nous-mêmes. Parce que nous aimons oublier ce que nous avons fait. Et nous nous considérons toujours comme meilleurs que nous ne sommes. Par conséquent, nous n'acceptons pas les critiques des autres.

L'action de grâce est suivie d'une confession, puis d'une pétition : « Seigneur, je veux ceci, je veux cela. Aide-moi à réussir ceci ou cela. Aide-moi à y parvenir." Et n'oublions pas que le Christ lui-même nous exhorte : « Demandez, et il vous sera donné » (Matthieu 7 : 7).

Version française Claude Lopez-Ginisty
et

vendredi 2 juillet 2021

Archiprêtre Viatcheslav Reznikov: Le salut hors de l'Église



Actes 10 : 21-23

En tant que chrétiens, nous avons choisi l'Eglise comme chemin vers la vie éternelle. Mais est-ce vraiment le seul moyen ? Qu'en est-il des gens qui croient différemment, ou ne croient peut-être pas du tout, mais font beaucoup plus de bien que nous ? Il y a des opinions différentes à ce sujet. Mais toutes nos spéculations ne peuvent ni ouvrir ni fermer les portes du Ciel.

Le sermon d'aujourd'hui porte sur Corneille le centurion. Il fait partie de ceux qui nous font parfois douter de l'unicité de notre parcours. Bien qu'il ne soit pas chrétien, Corneille savait qu'il n'y a qu'un seul Dieu et c'était un « homme pieux qui craignait Dieu avec toute sa maison, faisait généreusement l'aumône au peuple et priait constamment Dieu ». Un jour, un Ange lui apparut. Connaissant la justice de Corneille, il aurait pu dire quelque chose comme : « Corneille, tu as plu à Dieu et maintenant tu es sauvé et tu peux entrer dans le Royaume des Cieux !

Mais au lieu de cela, l'ange dit : « Tes prières et tes aumônes sont montées en mémorial devant Dieu. Envoie maintenant des hommes à Joppé vers un certain Simon qui s'appelle Pierre ; il ta donnera un message par lequel toi et toute ta famille serez sauvés. Corneille appela Pierre et entendit parler de Jésus-Christ, de Son incarnation, de Sa vie terrestre, de Sa crucifixion « pour nous les hommes et pour notre salut » et de Sa résurrection. Pendant que Corneille écoutait, le Saint-Esprit descendit sur lui et il reçut, de l'Apôtre, le saint baptême avec sa famille.

Cet exemple montre clairement que ce n'est ni la foi au Dieu unique, ni les prières, ni la charité qui nous sauvent, mais seulement la foi au Seigneur Jésus-Christ incarné et crucifié. La porte du salut n'est ouverte que par Son Sang, et nous n'entrons dans cette porte que par le saint baptême, de la manière qu'Il nous a Lui-même commandée.

Le Seigneur veut le salut pour tous. Il a commandé à Pierre l'Apôtre de « ne considérer personne comme profane ou impur ». La recherche de Dieu n'est jamais vaine, et les bonnes actions non plus. Mais tout cela ne fait que témoigner devant Dieu que notre âme est vivante et non désespérée. Il enverra son messager pour montrer la porte du salut à ceux qui la recherchent sincèrement et diligemment. Mais il est impossible de contourner cette porte qu'est le Christ, car Lui seul est le Chemin, la Vérité et la Vie.

Ainsi, notre question ne devrait pas être simplement par curiosité vaine, de savoir qui sera ou ne sera pas sauvé. La question devrait être : comment puis-je moi-même être sauvé ? Et puis, comme Corneille, nous pouvons être considérés comme dignes d'être sauvés nous-mêmes, nos maisons et beaucoup autour de nous.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Comment les chrétiens devraient utiliser leur temps libre en termes de monde moderne

 



Très probablement, les inventeurs d'Internet qui a modestement commencé comme un petit réseau de partage d'informations‚ n'espéraient pas, même dans leurs rêves les plus fous, qu'en moins de 50 ans, leur invention deviendrait ce qui est aujourd'hui le plus grand échange d'informations qui ait jamais existé. 

La bibliothèque d'Alexandrie ? Jeu d'enfant ! Pensez à tout ce qui passe par Internet aujourd'hui : les sites Web‚ les e-mails les actualités‚ la télévision‚ les réseaux sociaux‚ le divertissement‚ les finances‚ le bricolage‚ les appels téléphoniques‚ les appels vidéo‚ les encyclopédies‚ les livres électroniques‚ les cartes et nous sommes sommes encore à la surface. Tout ce que vous voulez, attend d'être trouvé au simple contact  d'un doigt. Personne ne demande quoi que ce soit à personne avant de « googler » les informations.

Avec une connexion Internet à portée de main, on se sent comme un enfant dans un magasin de jouets, toujours prêt à s'engager et à découvrir. 

Vous vous réveillez le matin et la première chose que vous faites est de vérifier votre téléphone. Ai-je raté quelque chose pendant que je dormais ? Comment va la bourse ? Des urgences au travail ? Comment vont mes amis sur Facebook, des selfies idiots ? 

Est-ce que quelqu'un a aimé mon Instagram ? Combien de likes ai-je eu ? Nous marchons comme des zombies, les yeux rivés sur nos smartphones avant même d'avoir eu la chance de prendre une tasse de café. Et qui a inventé la règle selon laquelle vous ne pouvez pas envoyer de SMS et conduire ? N'était-ce pas suffisant de ne pas pouvoir boire et conduire ? Heureusement, il y a les feux rouges‚ où tout le monde vérifie ce qui s'est passé dans les trois dernières minutes depuis le feu rouge précédent. Vous ne me croyez pas ? Regardez autour de vous la prochaine fois que vous êtes à un feu rouge, c'est-à-dire si vous n'êtes pas sur votre téléphone.

Cette avalanche d'informations sur tout et n'importe quoi nous a tous transformés en drogués de l'information. Nous vérifions constamment nos téléphones en attendant la prochaine nouvelle ou la prochaine conversation. Nous vivons et respirons l'information. Il n'y a qu'un seul inconvénient à cette dépendance‚ nous commençons à avoir de moins en moins de temps. Paradoxalement‚ quand nous pouvons trouver quelque chose plus rapidement que jamais‚ nous finissons par avoir moins de temps que jamais. Le travail ne s'achève pas‚ les conversations‚ à moins d'être virtuelles sont au bord de l'extinction‚ les interactions humaines sont à nu car elles vous éloignent de l'envie de tout savoir maintenant !

Où cette connaissance nous mène-t-elle ? On peut dire que si nous recherchons la bonne information, c'est une bonne chose. Disons que l'on s'intéresse à Dieu ; en utilisant seulement un smartphone, on peut trouver toutes les traductions de la Bible jamais imaginées‚ tous les écrits des Pères‚ on peut demander des conseils spirituels en ligne ou même assister virtuellement à un service dominical en streaming. 

Plusieurs fois cependant nous restons au niveau de la recherche. Hypnotisés par les informations sur la foi, nous n'avons plus le temps de vivre réellement la foi. Avec autant de livres de prières virtuels disponibles, nous ne trouvons pas le temps de prier.

Cependant, avoir la connaissance de Dieu ne signifie pas que l'on connaît Dieu. Dieu n'est pas dans l'information Le concernant. Connaître Dieu, c'est être avec Lui, faire l'expérience de la communion immédiate avec Lui. La connaissance n'est bonne que si elle conduit à l'action‚ la connaissance sans action est inutile ou même carrément dangereuse. 

Adam et Eve savaient qu'ils mourraient s'ils mangeaient de l'arbre, mais ils ont été tentés par la promesse d'encore plus de connaissances. Ils en savaient assez pour les garder en communion avec Dieu‚ pour vivre éternellement dans le bonheur sans rien manquer‚ pourtant ils voulaient plus et dans cette tentation ils ont perdu le Paradis. Parfois, en savoir plus, surtout avant l'heure, peut nous éloigner de la pratique de ce que nous savons déjà.


Il ne faut pas comprendre tout cela comme une rébellion contre le savoir et une invitation à l'obscurantisme‚ mais comme une mise en garde contre le mirage du « tout savoir » qui peut être dévorant. 

Prendre du temps pour la prière personnelle‚ être physiquement à l'église‚ rendre visite à un ami à l'hôpital‚ nourrir ceux qui ont faim là où ils vivent‚ nous aidera davantage à découvrir Dieu grâce à l'accès à des informations brutes sur Lui. 

Connaître les Écritures et la théologie, c'est bien‚ mais Dieu n'est pas un Être théorique‚ Il est une véritable Trinité de Personnes divines qui interagissent les unes avec les autres et avec nous. De cette interaction, nous apprenons qui Il est et qui nous sommes ; en faisant‚ en aimant‚ en étant ensemble‚ maintenant et dans l'éternité.

Une histoire des moines d'Egypte parle de trois frères qui rendaient parfois visite à un staretz. Deux d'entre eux profitaient toujours des visites et avaient beaucoup de questions à poser. Le troisième s'asseyait toujours avec eux, sans rien demander. 

Après quelques visites, le staretz lui demanda directement: 'Tu n'as pas de questions ? Tu ne veux pas en savoir plus ?' Le frère répondit 'Pour moi, il me suffit d'être en ta présence'. 

À l'ère de l'information gratuite mais accablante, nous devrions envisager de suivre les conseils du frère sage et, peut-être, de temps en temps, nous libérer d'Internet et reconnaître la présence de Dieu autour de nous. Partagez une tasse de thé avec un ami‚ regardez un enfant jouer‚ écoutez le chant d'un oiseau‚ et‚ en prenant ce temps pour penser à Dieu‚ vous pourrez peut-être entendre Dieu frapper à la porte de votre cœur.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

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jeudi 1 juillet 2021

Le thé et les briques peuvent-ils être plus importants que la prière de Jésus ? Une histoire racontée par l'ancien Paisios de la Sainte Montagne



« Lorsqu'en 1953 je suis arrivé au monastère d'Esphigmenou, en tant que novice, j'ai été affecté à l'aide au réfectoire.

Un jour, un vieux moine assez décrépit d'environ quatre-vingts ans m'a demandé de lui apporter quelquefois de la soupe dans sa cellule, et ainsi, finissant mon obédience, je versais de la soupe dans un bol et je la lui apportais.

Il y avait un frère là-bas qui n'aimait pas ça. Une fois qu'il m'avait vu verser la soupe, il a commencé son refrain habituel.

— Écoute, ne l'habitue pas à la vie facile. Il s'y habituera et commencera à te harceler en te demandant une chose après l'autre. Tu finiras par passer tout ton temps avec ce vieil homme jusqu'à ce que tu n'en aies plus pour garder ta règle de prière monastique. Tu aurais dû le voir me torturer avec ses requêtes ! Je ne l'ai aidé qu'une seule fois quand il a attrapé un rhume, et il ne voulait tout simplement pas me laisser tranquille. Il n'arrêtait pas de frapper sur mon mur avec son « Montre-moi de l'amour et fais-moi du thé » ou « Montre-moi de l'amour et aide-moi à me retourner de l'autre côté ». Et puis de nouveau après quelques minutes : toc-toc, 'Montre de l'amour et mets une brique chaude sur le bas de mon dos'… une brique, verse-moi du thé'. Mais je dois prier, hein ?.. J'ai ma règle de prière !.. Quand suis-je censé le faire si ce vieil homme continue de me rendre fou ?..'

Pouvez-vous imaginer ce cauchemar? Je ne peux pas m'en désintéresser ! Un vieil homme souffre et gémit derrière le mur demandant de l'aide à un moine, mais le moine dit « non » car il ne veut pas interrompre sa règle de prière !

C'est le signe d'un état complètement glacial et sans âme.

Quels doutes peut-il y avoir quand il est clair comme le jour que ces briques et ce thé seraient d'une bien plus grande importance pour Dieu que n'importe quel nombre possible d'enclins et de prières « parfaits » !

Après tout, debout avec son chapelet devant le Christ, ce moine lui a demandé : 'Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de moi' en s'en prenant à son prochain souffrant ».

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après






mercredi 30 juin 2021

Michael Fiocca: Hors des routes secondaires sur le chemin illuminé




Ce que nous sommes censés être


« La personne qui aime Dieu valorise la connaissance de Dieu plus que tout ce qui a été créé par Dieu, et poursuit une telle connaissance ardemment et sans cesse. »

-Saint Maxime le Confesseur

Lorsque nous parlons de quelque chose comme étant générique, cela suscite souvent l'idée qu'un produit est « médiocre » ou « moins fiable ». J'admets que je trouve que mes serviettes en papier génériques sont moins faciles à déchirer, mes miettes de pain génériques nécessitent un peu plus d'épices et mon chargeur de téléphone générique s'épuise trop rapidement. De la même manière, j'ai trouvé que ma forme générique de foi et de spiritualité était rapidement sèche et stérile. Comme un nom de marque, il ne possédait pas cette qualité qui m'a donné envie de plus. Comme la marque générique, j'ai accepté l'incomplétude, c'est-à-dire la non-catholicité, si je puis me permettre, de ma vie spirituelle. Je dois cette réalisation à mon épouse bien-aimée, Lucy, qui a décrit un jour notre confession (religion) antérieure à notre prêtre comme

"une forme générique d'orthodoxie".

À l'école primaire, j'étais toujours celui qui servait la messe, qui aimait être entouré des prêtres et qui faisait ouvertement connaître sa foi catholique romaine. Au lycée, j'ai décidé que le but de ma vie était d'être prêtre catholique. Je ne me marierais jamais. Je ne me convertirais jamais. Essentiellement, j'avais les réponses et ma vie planifiée. Pendant ce temps au lycée, je suis devenu très actif dans la messe en latin, et dès ma première année à l'université, j'ai dit à mes parents que j'avais l'intention d'entrer au séminaire à l'automne suivant. Ma mère était compréhensive et savait ce que je voulais vraiment faire, mais mon père a répondu très négativement et décidé qu'il ne voulait plus parler avec moi. Il était difficile d'accepter leur réaction mitigée quand j'ai vu d'autres jeunes gens recevoir des réponses joyeuses, mais j'ai continué le combat. (J'utilise cette expression parce que j'ai aussi servi dans l'armée*).

L'été précédant mon entrée prévue, alors que j'avais été accepté dans un séminaire catholique romain, j'ai rencontré ma futura compagne de voyage vers le Ciel. Ces deux mois d'été furent extrêmement éprouvants, pour être honnête. Mon cœur et mon esprit étaient tournés vers le séminaire, mais encore plus que mon cœur et mon esprit n'étaient attachés à Lucy – il y avait quelque chose que je ne pouvais pas abandonner. À la fin, la volonté de Dieu a prévalu et j'ai choisi de me retirer du séminaire avant même qu'il ne commence, pour être avec Lucy.

Alors que nous commencions ce voyage, je l'ai exposée à la messe en latin, et par l'œuvre du Saint-Esprit, sa foi a grandi et est devenue fructueuse. Elle s'est développée spirituellement et a mûri d'une manière admirable. Notre foi a commencé à faire partie de notre vie commune, mais nous n'en étions pas encore là.

Quelques années plus tard, j'ai appris que ma grand-mère paternelle, qui s'était endormie quatre ans auparavant, était une chrétienne orthodoxe, appartenant très probablement à la juridiction grecque. Adhérant à ma loyauté envers Rome, j'ai décidé d'explorer le rite byzantin de l'Église catholique romaine. Nous avons passé plusieurs années à fréquenter une paroisse ukrainienne et byzantine (anciennement « ruthène ») et en même temps j'ai servi la messe en latin en tant qu'acolyte. De toute évidence, nos dimanches étaient chargés, mais notre exposition initiale à l'Est se déroulait. Après un certain temps, nous avons fait d'une paroisse notre foyer permanent, car nous en avons trouvé une qui était un peu plus proche de l'orthodoxie en ce qui concerne l'expression liturgique, et que la juridiction à laquelle elle appartenait était plus ouverte à adhérer à la théologie orthodoxe parmi la plupart des personnes que nous avons rencontrées. En outre, les catholiques de rite byzantin sont encouragés à suivre la théologie orthodoxe, mais cela n'est pas évident dans tous les endroits.

Au cours de ces années de rite byzantin, Lucy et moi avons souvent visité des paroisses orthodoxes, en particulier le monastère Saint-Tikhon. À plusieurs reprises, nous quittions la liturgie en nous disant :

"C'est comme ça que nous sommes censés être."

Cependant, je n'arrêtais pas de m'assurer qu'être « catholique » était la seule « voie ». Je ne quitterais jamais Rome. Au fil du temps, ma lecture de l'histoire de l'Église s'est accrue, mes discussions avec les chrétiens orthodoxes et les catholiques byzantins sont devenues plus substantielles et notre vie de prière s'est épanouie à mesure que nous utilisions la spiritualité orthodoxe. 

Comme beaucoup le disent d'eux-mêmes qui ont vécu un voyage similaire, Lucy et moi étions déjà orthodoxes dans notre cœur et dans nos esprits. Nous avions embrassé presque secrètement certains points théologiques (orthodoxes) incompatibles avec la théologie occidentale. Cela nous a laissé nous demander comment nous pouvions être « orthodoxes en communion avec Rome” quand il était clair qu'un côté s'écartait de ce qui était autrefois cru, tandis qu'un autre côté refusait simplement d'abandonner la Foi. C'était comme essayer de forcer ensemble deux aimants du même pôle. La lutte interne causait plus de décadence et d'incertitude.

Le sommet de ce voyage fut rendu manifeste le Jour du Souvenir de 2017. Lucy et moi avons décidé de visiter St. Tikhon après avoir vu en ligne leur pèlerinage du week-end. Maintenant que je m'en souviens au moment où j'écris ceci, la première personne à côté de laquelle je me suis garé quand nous sommes arrivés, qui était aussi la première personne à qui j'ai parlé ce jour-là, est un lecteur de ma paroisse ! Dieu sait certainement ce qu'il fait ! Nous nous sommes immédiatement rendus à la chapelle pour vénérer l'icône hawaïenne de la Mère de Dieu, ruisselante de myrrhe. En entrant, bien que ce soit le jour de l'apogée de ce pèlerinage, avec plus d'une centaine de personnes, il n'y avait pas une seule personne dans cette église du monastère autre que Lucy et moi. Comme notre expérience précédente était avec des icônes myrrhoblyte, nous avons rencontré le parfum céleste, et nous sommes approchés de la Mère de Dieu pour implorer ses prières.

Ma supplication envers elle était profonde et du cœur - je voulais servir l'Église (byzantine) et je l'ai suppliée de prier pour moi pour que mon chemin soit illuminé sur le bon chemin vers le Ciel pour Lucy et moi, et pour le sentiment dans mon cœur d'avoir de la place pour grandir. Comme Lucy restait à l'intérieur de l'église, j'ai décidé de sortir et de me promener. Au cours de l'heure suivante, j'ai rencontré deux prêtres orthodoxes dont les interactions avec moi étaient clairement une réponse à mes prières. Après cela est venue une journée pleine d'expériences si extraordinaires pour nous deux que je suis resté abasourdi et à court de mots, mais aussi de pensées ! Nous sommes rentrés à l'hôtel ce soir-là, et tout en dînant (du moins en essayant de manger, car j'étais encore en admiration devant ma journée), nous nous sommes regardés et avons dit :

« Je pense que nous devons devenir orthodoxes. »

Alors que j'étais assis là, à table, j'ai envoyé un e-mail à mon pasteur actuel depuis mon téléphone – c'est à quel point j'étais contraint et ému ce jour-là.
Nous croyons certainement que les prières non seulement de la Mère de Dieu ont été exaucées ce jour-là, mais aussi celles de Saint Alexis Toth, un ancien prêtre catholique de rite byzantin qui entra plus tard dans l'Église orthodoxe. Ses reliques se trouvent dans l'église du monastère de Saint-Tikhon, où il est vénéré par de nombreux fidèles, dont moi. Je l'invoque souvent dans la prière, car je crois qu'il comprend bien notre cheminement.

Ma foi et celle de Lucy n'est plus générique, défectueuse ou incomplète - elle est actualisée, accomplie, manifestée et catholique [universelle] - c'est-à-dire qu'elle est complète. Nous sommes sortis des routes secondaires pour aller sur le chemin illuminé où nous allons cheminer et terminer le combat ensemble. Notre compréhension de Dieu était autrefois théorique, mais maintenant nous l'expérimentons, Lui, Son Église et Ses saints d'une manière réelle.

En ce temps du Grand Carême, en attendant la Résurrection, soyons attentifs à la direction dans laquelle vont nos vies, et discernons si c'est bien la volonté de Dieu. Si l'on peut prendre position pour soutenir et défendre l'Église orthodoxe, il n'y a rien qui se compare à l'expérience et au caractère céleste des offices liturgiques et à la pureté des enseignements de l'Église.

« Tout périra, sauf ce que l'âme a recueilli par l'amour et la prière. »

-Saint Jean Maximovitch le Thaumaturge

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après




* Le terme pour persévérer est ici soldiered qui fait allusion à l'obéissance dans l'armée (ndT)

mardi 29 juin 2021

Christopher Petersen: Mon cheminement vers l'orthodoxie chrétienne



Je m'appelle Christopher Petersen, et voici mon histoire d'entrée dans l'orthodoxie. Je n'ai pas du tout été élevé dans un foyer religieux. Nous avons commencé à aller à l'église après le décès de mes deux grands-parents. Je dirais que j'étais en 6e ou 7e année. La famille de mon père était luthérienne, c'est donc là que nous allions. J'ai été baptisé alors que j'étais un jeune adulte, et mon père a fait mémoriser à ma sœur et moi le Notre Père et le Symbole des Apôtres [Credo]. Je suis passé par la confirmation et j'ai été confirmé en tant que jeune adulte. Mais c'était là toute l'étendue de mon éducation religieuse. On ne parlait pas souvent de religion dans notre maison. Ironiquement, je suis reconnaissant pour cela. À mon avis, c'était, d'une certaine manière, probablement pour le mieux. J'ai un trouble bipolaire, et les personnes atteintes de ce trouble ont tendance à être plus à risque de narcissisme et de possession idéologique.

J'ai rejoint le Corps des Marines en 2006. Je suis devenu un disciple dévoué du Christ vers 2008. J'ai commencé à m'éloigner progressivement du luthéranisme au profit d'autres formes de christianisme. J'ai passé peu de temps parmi les évangéliques, mais j'ai vite découvert que ce n'était pas pour moi. Plus j'en apprenais sur la Bible et son monde, plus je commençais à réaliser que très peu de cette théologie était basée sur une véritable vision biblique du monde. 

J'ai passé un court laps de temps à lire des livres de télévangélistes et de prédicateurs de rue populaires. Il ne m'a pas fallu longtemps pour réaliser que la plupart de ce travail est spirituellement faible et intellectuellement superficiel. Bref, ma perception était que la plupart de ces gens sont des charlatans. J'ai finalement fait mon chemin dans le mouvement « juif messianique », et j'y suis resté pendant environ une décennie. Dans cet « espace », j'ai été exposé aux sources juives classiques, et même aux sources judéo-chrétiennes. J'ai toujours un grand amour pour ces œuvres. C'est à ce moment que je me suis trouvé capable de proclamer les mêmes paroles que mon « père spirituel », Rabbi Abraham Joshua Heschel,


"J'ai demandé un miracle et Tu me l'as donné."

J'ai découvert l'ascendance juive du côté maternel en 2016. Finalement, j'ai dû comprendre la réalité que le mouvement «juif messianique» était et est une branche du christianisme évangélique. Dans ce contexte, j'ai commencé à découvrir à quel point le christianisme en Occident est décalé. Surtout l'évangélisation. J'ai commencé à voir à quel point la mythologie et la philosophie grecques ont influencé les doctrines protestantes. Je n'ai rien contre la mythologie et la philosophie grecques. Mon seul point est que ce n'est pas le contexte de la Bible, ou de ses auteurs, (j'ai personnellement un amour profond pour la philosophie et la mythologie). J'ai commencé à voir clairement, à travers mes études, que l'apologétique chrétienne est fondamentalement une logique aristotélicienne. Que le paradigme « Ciel et enfer » est fondamentalement le dualisme platonicien.

La Bible est rarement interprétée dans le contexte dans lequel elle a été écrite. J'ai commencé à voir que, là oû les chrétiens occidentaux sont allés, le texte biblique est interprété à travers le prisme de la mythologie et de la philosophie grecques ; plutôt qu'à travers les lentilles de la théologie hébraïque - id est la vision du monde des auteurs bibliques. J'ai rapidement commencé à réaliser que le christianisme évangélique possédait une multitude de problèmes. Le moindre n'est pas leur lecture particulière de la Bible.

Je me suis plongé dans la littérature juive. Les enseignements du Rabbin. Je suis devenu profondément attiré par le judaïsme hassidique et j'ai passé le reste de mon temps, jusqu'à ce que je passe à l'orthodoxie, dans cet espace. Je suis devenu un étudiant dévoué d'un rabbin en particulier – Abraham Joshua Heschel. J'ai fait la connaissance d'un rabbin qui est maintenant un ami. Il m'a enseigné la langue hébraïque et le hassidus, (œuvres de piété hassidiques), et même quelques-unes des œuvres classiques de la Kabbale. C'est à cette époque que j'ai découvert mon ascendance juive du côté maternel. On m'a donné un nom hébreu, Feivel, d'après un juif chrétien qui m'a fortement influencé. J'ai été étonné de la très haute éthique que l'on trouve dans la littérature hassidique. Je n'avais jamais rien rencontré de tel avant nulle part ailleurs. J'ai vu, dans tout ce travail, un lien direct avec la pensée et la théologie apostoliques. Il existe également de nombreux écrits érudits dans ce domaine. C'est à la lumière de toutes ces études que j'ai été  amené à l'orthodoxie. C'est à ce moment-là que j'ai commencé à voir l'évangélisation comme une sorte de parasite, construit sur une structure religieuse. Poussé par l'arrogance et l'égocentrisme... Par l'idéologie et un besoin narcissique de contrôler le comportement des autres. Une chose importante que j'ai apprise du Dr Jordan Peterson sur l'idéologie :

« Pour moi, l'idéologie est corrompue ; c'est un parasite des structures religieuses. Être un idéologue, c'est avoir toutes les choses terribles qui sont associées à la certitude religieuse et aucune à l'utilité. Si vous êtes un idéologue, vous croyez tout ce que vous pensez. Si vous êtes religieux, il y a là un mystère.

J'ai appris que toute possession idéologique, peu importe d'où elle vient, est incroyablement dangereuse. Que le fondamentaliste religieux est aussi dangereux qu'un marxiste.

Je m'oppose à l'évangélisation pour une multitude de raisons. Comme je l'ai expliqué plus tôt, les axiomes et notions généraux ont leurs origines dans des enseignements qui ne sont pas indigènes aux écrits bibliques, ou à l'esprit et à l'orientation de ces écrits. Et, pour la plupart, sont en conflit direct avec la théologie biblique.

Toutes mes études m'ont finalement amené au christianisme orthodoxe. Au début, j'ai été étonné de voir à quel point l'orthodoxie sonnait et ressemblait au judaïsme hassidique. La pensée et la théologie étaient les mêmes. La différence n'est pas celle de la croyance, mais celle du degré. J'avais vraiment l'impression de participer à quelque chose d'ancien. Je n'ai eu à changer aucune de mes croyances fondamentales. J'ai l'impression que cette foi a été faite sur mesure pour moi. Je sens que je suis exactement à ma place.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après





lundi 28 juin 2021

Le célèbre auteur britannique Paul Kingsworth baptisé dans un monastère orthodoxe en Irlande



Le célèbre auteur, penseur et activiste britannique Paul Kingsnorth a été uni au Christ lors du saint baptême au monastère orthodoxe roumain de Shannonbridge, en Irlande, le 6 janvier de cette année, pour la fête du baptême du Christ.

« En tant que nouveau venu occidental dans l'orthodoxie, j'ai devant moi le voyage d'apprentissage d'une vie, mais j'ai déjà l'impression d'être rentré chez moi », a-t-il commenté à propos de cette étape capitale.

Kingsnorth, 49 ans, qui vit dans la campagne de Galway, en Irlande, est connu à la fois pour ses livres de fiction et ses essais sur l'environnement, ainsi que pour le projet militant écologiste Dark Mountain Project , qu'il a fondé en 2009 et dirigé jusqu'en 2017. Cependant, il ne fut jamais matérialiste, comme beaucoup d'autres dans le mouvement, dit-il. Au lieu de cela, il a cherché une vérité plus profonde pendant de nombreuses années.


« J'ai découvert l'orthodoxie chrétienne pour la première fois il y a quatre ans lorsque je suis entré dans une petite église de Bucarest. Cette expérience puissante est restée en moi, mais je n'aurais pas pu savoir qu'elle me conduirait sur un chemin qui m'amènerait à devenir membre de l'Église roumaine », a déclaré Kingsnorth à l'agence de presse Basilica.

« Je me sentais à la fois joyeux et apaisé après… et froid ! Mais avec le sentiment plus fort que j'étais arrivé quelque part où j'étais censé être. Ma réception dans l'Église a été un grand privilège, et la communauté [roumaine] ici en Irlande a été très accueillante pour moi et ma famille », a déclaré l'écrivain.

Le père Tudor G..., qui a baptisé Kingsnorth, se souvient qu'il a fait comprendre au célèbre écrivain qu'être chrétien est un travail sans fin qui devrait apporter une joie spirituelle, plus profonde que les premiers sentiments d'enthousiasme lors de la découverte de l'orthodoxie.

Sur son propre site Web, Kingsnorth écrit qu'il était sur une longue recherche spirituelle qui l'a mené à travers le bouddhisme zen, le taoïsme, la mythologie, le soufisme, le traditionalisme, la Wicca et diverses autres pratiques. Cependant, quelque chose manquait toujours.

Il écrit:

Puis, en 2020, alors que le monde était bouleversé, moi aussi. De façon inattendue, et initialement contre mon gré, je me suis retrouvé entraîné avec détermination vers le christianisme. C'est une longue histoire, que je raconterai peut-être un jour. Qu'il suffise de dire que j'ai commencé l'année en tant qu'éco-païen éclectique avec une douleur informe de longue date dans mon cœur, et l'ai terminée en chrétien pratiquant, la douleur disparue et remplacée par la chose que, tout au long, j'avais recherchée. En janvier 2021, j'ai été baptisé et reçu dans l'Église orthodoxe orientale. Je ne sais pas où le chemin mène d'ici, mais je sais enfin comment le parcourir.

Rod Dreher, auteur orthodoxe et admirateur de Kingsnorth, qui lui a un jour recommandé de lire La Montagne du Silence de Kyriacos Markide, écrit que,

« Paul est différent. Il voit le vide de notre civilisation mécanique avec des yeux beaucoup plus sages et scrutateurs que Houellebecq, mais il a aussi de l'espoir, car avant même d'être chrétien, Paul croyait au sacré. Il sentait la présence du divin immanent dans la nature. Il lui suffisait de prendre contact avec la Source.

En septembre, OrthoChristian a rapporté que l'acteur et musicien orthodoxe Jonathan Jackson a déménagé en Irlande pour aider à soutenir le monastère orthodoxe roumain nouvellement créé de la Source Vivifiante à Shannonbridge.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

dimanche 27 juin 2021

« Les essentiels » du dernier numéro de « La Vie » consacré à Jean-Claude Larchet


L’hebdomadaire La Vie, n° 3956 du 24 juin, consacre son cahier central « Les essentiels » à Jean-Claude Larchet. Dans une longue interview, celui-ci évoque son itinéraire spirituel vers et dans l’orthodoxie, et son intérêt pour les thèmes, qui dominent son œuvre, de la maladie, de la souffrance et de la mort, et des manières de leur faire face dans une perspective chrétienne. Figurent aussi dans ce cahier des conseils pour « affronter positivement la maladie » et un extrait de son livre Petite théologie pour les temps de pandémie, récemment paru aux éditions des Syrtes.

Saint Nicolas de Jitcha: L'action et la parole



Une bonne action faite en silence
vaut plus qu'une bonne action
faite et commentée en paroles,
et 
elle a incomparablement plus de valeur
que la plus spirituelle des explication
sans bonne action.


De saint Nicolas de Myre en Lycie,
aucune parole n'a été conservée,
mais ses actions sont restées.


A trois reprises,
sans explication,
il vint de nuit chez un pauvre homme
et il jeta secrètement
un sac d'or par la fenêtre.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Saint Nicolas de Jitcha
cité par