"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire
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mercredi 13 mars 2019

La consommation des animaux et ses enjeux éthiques. Une table ronde au Salon du Livre de Paris avec la participation de Jean-Claude Larchet



Jean-Claude Larchet sera présent au Salon du livre de Paris, Porte de Versailles, le lundi 18 mars, où il participera, pour son livre Les animaux dans la spiritualité orthodoxe (Éditions des Syrtes), à une table ronde sur le thème : « En-quête de société / Avons-nous dénaturé les animaux ? » ; « L’alimentation carnée est devenue l’objet d’un farouche débat dans la sphère publique, jusqu’à susciter les réflexions de chacun… devant de son assiette. Comment continuer à manger des animaux quand on connaît les abus de leur production industrielle ? À l’inverse pourquoi le fait de consommer de la viande poserait-il de tels enjeux éthiques ? »

À cette table ronde, animée par Jean-Antoine Loiseau, participeront également : Brigitte Gothière, présidente de L214, pour La face cachée de nos assiettes (Robert Laffont), Hugo Clément pour Comment j’ai arrêté de manger les animaux (Seuil), et Élodie Vieille-Blanchard pour Révolution vegane (Dunod).

La table ronde se tiendra de 16h à 17h à la scène Agora (Sciences humaines / Religion / Actualité). Elle sera suivie, de 17h à 18 h d’une séance de dédicace.


vendredi 1 février 2019

Le livre de Jean-Claude LARCHET sur les maladies des médias est paru en anglais

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Jean-Claude Larchet on New Media's social and spiritual costs

 
New Hardcover edition of My Life in Christ








 
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The New Media Epidemic
The Undermining of Society, Family, and Our Own Soul

by Jean-Claude Larchet
trans. Archibald Andrew Torrance

Pbk ISBN: 978-0-88465-471-1
6" x 9" * 208 pages


Pre-publication price through Feb. 28th: $17.95 (18% discount)
Philosopher and patrologist Dr Jean-Claude Larchet, renowned for his examinations of patristic writings on the causes and consequences of spiritual and physical illness, here tackles the pressing question of the societal and personal effects of our use of new media. The definition of new media is broad - from radio to smart phones - and the analysis of their impact is honest and straightforward. His meticulous diagnosis of their effects concludes with a discussion of the ways individuals might limit and counteract the most deleterious effects of this new epidemic and preserve our essential humanity.

jeudi 15 novembre 2018




Jean-Claude Larchet était récemment l’invité de « Hank Unplugged », le Podcast de Hank Hanegraff, largement diffusé aux États-Unis par 60 radios et de nombreux sites Web.

*

Célèbre évangéliste américain Hank Hannegraff s’est récemment converti à l’Orthodoxie. Ayant appris par cœur une grande partie de la Bible, il a animé pendant de nombreuses années une émission suivie par plusieurs millions d’auditeurs où il répondait à partir de l’Écriture, à des questions de tous ordres, ce qui lui a valu le surnom de « Bible Answer Man », nom également donné à son émission.
Bien qu’après sa conversion à l’Orthodoxie près de 100 radios sur 160 aient cessé de le diffuser, il continue à animer depuis le « Christian Research Institute » qu’il dirige, une émission intitulée « Hank Unplugged » que la page iTunes Preview où tous les épisodes sont réécoutables présente ainsi : « Pendant des décennies, des millions de personnes ont bénéficié des réponses et des idées de Hank Hanegraaff dans l’émission “Bible Answer Man”. Maintenant, Hank invite certains de ses amis les plus proches et les plus brillants esprits sur le podcast “Hank Unplugged” pour des discussions fluides et réellement engageantes. Écoutez-le alors que vous le suivez hors du studio et dans son étude pour aller plus loin et plonger plus profondément dans des questions à la fois pérennes et contemporaines intéressant les chrétiens qui pensent. »

Le 17 octobre, Jean-Claude Larchet était, à propos de son livre Théologie de la maladie, l’invité de l’émission pour une conversation en direct de 73 minutes ainsi présentée:

La santé de notre âme est plus importante que la santé de notre corps, mais à l’ère moderne du matérialisme, nous avons fait du médecin le nouveau grand-prêtre d’une civilisation à la recherche de solutions purement physiques à des problèmes considérés auparavant comme impliquant l’âme. Hank est rejoint par le professeur français Jean-Claude Larchet, un érudit prolifique, titulaire de doctorats en théologie et en philosophie, et l’un des plus éminents érudits patristiques du monde, à débattre de la maladie, de la souffrance et de l’âme d’un point de vue théologique. Son livre profond, Théologie de la maladie, examine le rôle que la souffrance et la maladie jouent dans nos vies et comment elles peuvent réellement contribuer à notre développement spirituel. Par des affirmations provocantes telles que « il ne fait aucun doute que les gens disposent aujourd’hui de beaucoup moins de ressources que leurs ancêtres pour lutter contre la maladie » et que « la santé est mauvaise si elle contribue à rendre une personne indifférente à son salut et à l’éloigner de Dieu par en lui donnant la fausse impression qu’il est autosuffisant », le professeur Larchet met au défi votre vision de la souffrance, de la maladie et de ce qu’est réellement la santé.

Les sujets abordés incluent: Est-ce que les gens aujourd’hui ont moins de ressources que leurs ancêtres pour faire face au problème de la maladie? (4 :00); la maladie spirituelle est plus grave que la maladie physique, mais notre époque moderne a fait du médecin le nouveau grand-prêtre de la civilisation (5:20); à quel point nous nous sommes détachés de la sagesse des Pères de l’Église primitive (7:10); le lien entre la communion de tous les saints et le fait de demander des prières à ceux qui sont décédés avant nous (10:45); la différence dans le corps humain avant et après la chute et les implications pour notre état ressuscité dans le monde à venir (12:20); l’homme a-t-il été créé parfait? (16:05); la déification (theosis) et ce que signifie devenir Dieu par grâce (17:05); y a-t-il un lien entre la maladie et le péché? (28:05); pourquoi la santé parfaite n’existe pas dans ce monde (28:05); discussion sur l’énergie vitale (33:00); Hank pose une question personnelle concernant son combat contre le cancer (37:10); la bonne santé est mauvaise si elle contribue à rendre une personne indifférente à son salut et la tient éloignée de Dieu en lui donnant la fausse impression d’être autosuffisante (42:30); le rôle de la souffrance dans la sensibilisation et la raison pour laquelle la maladie peut être meilleure que la santé si elle contribue à notre progrès spirituel (47:45); le rôle essentiel de la prière pour se rapprocher de Dieu (51:25); l’importance de demander à Marie, ou aux saints en général, d’intercéder pour nous dans la prière et pourquoi c’est biblique (59:25); la relation entre possession du démon et maladie (1:01:05); contrairement aux croyances modernes, la santé de l’âme est plus importante que la santé du corps (1:04:15); y a-t-il un lien entre une théologie inappropriée de la maladie et la montée du suicide? (1:07:38).

L’émission, en anglais, est réécoutable ou téléchargeable sur de nombreux sites Internet dont :

mardi 30 octobre 2018

Quelles sont la place et la responsabilité de l’homme dans la Création selon la Bible ?


À l’occasion de la parution de deux ouvrages de Jean-Claude Larchet aux éditions des Syrtes, Les fondements spirituels de la crise écologique et  Les animaux dans la spiritualité orthodoxeOrthodoxie.com a réalisé plusieurs entretiens avec leur auteur. En quoi la tradition chrétienne a une parole forte pour le monde concernant l’écologie et la crise écologique actuelle ? Quelles sont la place et la responsabilité de l’homme dans la Création selon la Bible ? Ce sont les grandes questions abordées dans ce premier entretien.

samedi 22 septembre 2018

Jean-Claude LARCHET sur KTO: Les fondements spirituels de la crise écologique



Jean-Claude Larchet était l'invité de l'émission de télévision L'orthodoxie, ici et maintenant de septembre sur KTO pour évoquer son livre qui vient de paraître Les fondements spirituels de la crise écologique (Syrtes, 2018) et Les animaux dans la spiritualité orthodoxe, chez le même éditeur, qui sera dans les librairies en octobre. Ci-dessous : la vidéo de cette émission.

dimanche 18 février 2018

Jean-Claude LARCHET sur KTO



Jean-Claude Larchet sera ce dimanche 18 février à 20h40 sur la chaîne de télévision KTO, l’un des trois invités de Régis Burnet pour le premier numéro de la série de Carême de l’émission « La Foi prise au Mot ». La série aura pour thème « les cinq sens ». Le premier numéro sera consacré au corps. Jean-Claude Larchet, auteur de « Théologie du corps» (éditions du Cerf), présentera le point de vue patristique et orthodoxe sur le statut du corps dans l’anthropologie chrétienne, et sur sa place, son rôle et son destin dans la vie spirituelle.

dimanche 4 février 2018

Nouveaux Media

L’émission Orthodoxie de ce dimanche 4 février 2018 à 8h07 sur France-Culture sera consacrée à un entretien d’Alexis Chryssostalis avec Jean-Claude Larchet à propos de son livre Malades des nouveaux médias paru aux éditions du Cerf.
Thèmes abordés: L’invasion des nouveaux médias; quand la communication est plus importante que son objet ; la destruction des relations personnelles; la désincarnation des relations; le primat du virtuel sur le réel; pathologies psychiques; l’appauvrissement de la vie spirituelle ; l’émergence d’une nouvelle religion; à l’occasion du Carême et au-delà: jeûner des écrans.

mercredi 17 mai 2017

«Le mystère et le sens théologique des icônes de la Résurrection», une interview de Jean-Claude Larchet dans l’hebdomadaire de l’Église roumaine « Lumina de Duminica »


« Lumina de Duminică », version hebdomadaire du quotidien de l’Église roumaine  « Ziarul Lumina » a publié hier, dimanche 14 mai, une nouvelle interview de Jean-Claude Larchet sur les icônes de la Résurrection. On en trouvera ici la version roumaine et ci-dessous la version française.
Le mystère et le sens théologique des icônes de la Résurrection
Interview de Jean-Claude Larchet par Ionuţ Aurelian Marinescu
  1. Pourquoi au sein de l’Orthodoxie l’icône de la Résurrection du Christ présente-t-elle la descente de Notre Seigneur aux Enfers et non pas Sa sortie du tombeau ?
Il y a eu un débat à ce sujet: le célèbre iconographe et iconologue Léonide Ouspensky a consacré un article spécial à cette question à cause de son caractère problématique.
En fait la vraie icône de la résurrection est la seconde, qui représente les femmes myrophores devant le tombeau vide, avec un ange qui leur annonce la Résurrection. C’est d’ailleurs la plus ancienne: le plus ancien exemplaire qu’on en connaît date du IIIe siècle, tandis que le plus ancien exemplaire de l’icône de la Descente aux enfers ne date que du VIe.
Il est paradoxal que l’icône relative à la plus grande de Ses fêtes (et au plus grand événement de Son Économie salvatrice – car « si le Christ n’est pas ressuscité, notre foi est vaine » (1 Co 15, 17) – le Christ ne soit pas représenté, alors qu’Il est représenté sur toutes les autres icônes des fêtes qui célèbrent les autres étapes de cette Économie.
Le Christ ressuscité n’apparaît pas pour plusieurs raisons:
1) en signe du caractère inouï de l’événement;
2) parce que les quatre Évangiles ne fournissent aucune explication du mode de la résurrection et que les icônes sont toujours fidèles au récit évangélique; la Tradition reste également muette à ce sujet;
3) du fait que le corps ressuscité n’est pas immédiatement perceptible: Marie de Magdala ne reconnaît pas le Christ près du tombeau avant qu’Il ne Se révèle à elle (Jn 20, 14-16) ; les disciples à Emmaüs ne l’identifient pas non plus: « leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître » (Lc 24, 16); même les anges ne le perçoivent pas, comme le dit un stichère des matines du ton 5 : « Tes anges incorporels ne perçurent pas Ta résurrection »).
  1. Quels sens théologiques doit donner le chrétien orthodoxe aux éléments iconographiques mis ensemble dans la représentation de la Résurrection de Notre Seigneur?
1) La Descente aux enfers est un fait très important. C’est le point le plus bas de la kénose du Fils de Dieu. C’est une étape majeure de Son Économie salvatrice, puisqu’il fait bénéficier tous les justes de l’Ancien Testament (autrement dit de tous les siècles qui ont précédé Son incarnation) du salut qu’Il a acquis à toute l’humanité, les libérant du pouvoir du diable, du péché et de la mort, et donnant aussi à tous les hommes qui ont vécu avant Sa venue parmi nous de pouvoir ressusciter.
Alors que l’icône des myrophores devant le tombeau vide est factuelle, l’icône de la Descente aux enfers présente surtout les effets spirituels de cette dernière. Elle a une forte dimension symbolique.
a) Le Christ est représenté avec Son corps, alors que les textes liturgiques nous disent qu’Il est descendu aux enfers avec Son âme tandis que Son corps reposait dans le tombeau (voir la Liturgie de saint Jean Chrysostome: « Dans le tombeau avec Ton corps, dans les enfers avec Ton âme, en tant que Dieu, au paradis avec le Larron, et sur le trône aussi Tu étais avec le Père et l’Esprit, ô Christ, Toi qui emplis tout et qu’aucun lieu ne peut contenir »).
b) L’enfer est représenté par un espace noir (qui signifie « les ténèbres extérieures », un monde imperméable à la Lumière divine). Ses portes sont à terre, croisées, foulées aux pieds par le Christ; des clés, des verrous ouverts, des chaînes déployées, y sont répartis, tout cela signifiant que le Christ a ouvert les portes de l’Hadès qui étaient jusqu’alors verrouillées pour en faire sortir ceux qui y étaient enfermés, qu’il a libérés de leurs chaînes ceux qu’il retenait captifs. Sur certains icônes, on voit à terre, les mains et les pieds liés, un homme qui représente le diable désormais réduit à l’impuissance.
c) L’icône représente en son centre Adam et Ève qui sont tirés par le Christ de leurs tombeaux comme si le Christ les ressuscitait. Or Il ne les ressuscite pas; Il les libère de l’Hadès et l’icône annonce leur résurrection future, en même temps que celui de tous les autres hommes (car ils sont, en tant que premiers parents, les racines de toute l’humanité).
Les Évangiles ne mentionnent pas la descente du Christ aux enfers (de même qu’ils ne mentionnent pas les modalités de Sa résurrection), mais saint Pierre y fait deux allusions (Ac 2, 24-32; 1 P 3, 19), et les services liturgiques du Grand Samedi en parlent beaucoup.
2) L’icône des myrophores devant le tombeau vide est riche de contenu: le fait que le Christ ne soit pas représenté montre que Sa Résurrection fait l’objet de notre foi, ce que souligne d’ailleurs fortement aussi l’épisode de Thomas: « parce que tu me vois, tu crois. Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru » (Jn 20, 29). Un autre enseignement de cette icône est que ce sont les femmes qui se rendent les premières au tombeau, et que c’est à elles et non aux disciples qu’est annoncée en premier la Résurrection (une belle expression de la valorisation des femmes par le christianisme et du fait qu’elles surpassent souvent les hommes en piété!). À leur tête Marie de Magdala, la pécheresse repentie. Un autre enseignement fort, qui coïncide avec plusieurs enseignements des Évangiles (Lc 15, 7 ; Mt 21, 31-32)!
  1. Quels repères iconographiques soulignent la divinité de Jésus-Christ dans la représentation de la Résurrection du Christ?
Dans l’icône des femmes myrophores devant le tombeau vide, la présence du Christ qui a vaincu la mort par la toute-puissance de Sa divinité, est paradoxalement signifiée par son absence. C’est une représentation que l’on peut qualifier d’apophatique.
Dans l’icône de la descente aux enfers, la divinité du Christ est affirmée par la mandorle ou le triple cercle et leur rayonnement lumineux (souligné aussi par le vêtement blanc ou doré du Christ), mais aussi par le dynamisme de Sa posture et la force de Son geste lorsqu’il tire Adam et Ève de leurs tombeaux.
  1. Comment peut l’icône peut-elle aider celui qui est faible dans la foi et comment peut-elle être correctement comprise par quelqu’un qui ne la pratique pas?
Les icônes expriment par des images les récits des Évangiles ou d’écrits apocryphes reçus par l’Église (comme dans l’icône de la Dormition, qui suit le récit du Protoévangile de Jacques). De même que les Saintes Écritures, elles n’agissent pas de façon magique, automatique, mais supposent un minimum d’adhésion de celui qui les aborde. Comme dans toutes les réalités ecclésiales dans lesquelles la grâce se transmet, vaut le principe de la synergie cher à la spiritualité orthodoxe (la grâce n’agit qu’à proportion de la réceptivité de l’homme, de manière à préserver sa liberté). Il est clair en particulier que l’icône des myrophores devant le tombeau vide fait appel à notre foi, comme le tombeau vide lui-même a fait appel à la foi des femmes myrophores puis des apôtres. Néanmoins, parfois une grâce est donnée sans que l’homme fasse quelque chose pour la recevoir. Certains hommes reçoivent des révélations (ou du moins des signes divins) non parce qu’ils en sont dignes, mais de manière gratuite, parce que Dieu juge que c’est la façon la plus appropriée de les convaincre ou de réorienter leur vie. Les non-croyants bénéficient de plus de miracles que les croyants (les premiers chrétiens s’en étonnaient déjà), parce que, comme l’expliquent saint Jean Chrysostome et saint Jean Cassien, chez les croyants la foi rend les signes inutiles. Sans aller jusque-là, l’icône bénéficie d’un pouvoir particulier, celui de l’image, qui est supérieur, pour emporter la conviction, à celui des concepts et des mots. Ceux-ci nous mettent en face d’une idée, tandis que l’image nous met en face d’une réalité.
On dit souvent que les fresques qui couvrent l’intérieur (et parfois, comme en Roumanie, l’extérieur) des églises, ont été conçues comme des catéchismes à l’intention des enfants et des illettrés. Mais elles sont pour tous un complément des Saintes Écritures qui nous donne, d’une autre façon qu’elles, un certain accès à la Révélation. Par son cadre, par sa perspective inversée, l’icône est une interface dont le contenu va vers le spectateur et en même temps l’entraîne à l’intérieur d’elle-même. Autrement dit toute icône établit une communion. Le mode de représentation propre à l’icône (si celle-ci est conforme à la tradition) permet à celui qui la regarde de transcender la dimension naturelle de la réalité représentée et lui donne accès à la dimension surnaturelle dont elle est porteuse. Elle n’est pas une représentation simplement humaine, mais une représentation divino-humaine. Même si la dimension divine ne peut être exprimée que par des moyens symboliques, elle se manifeste néanmoins avec une certaine force, qui touche à un certain degré toute personne qui la regarde avec respect. L’icône transmet une grâce: au niveau le plus élémentaire elle interpelle, à un niveau moyen elle appelle, au niveau supérieur elle révèle et unit dans une communion spirituelle.

mercredi 7 décembre 2016

Vient de paraître: Jean-Claude Larchet, « Malades des nouveaux médias »



Jean-Claude Larchet, Malades des nouveaux médias, Éditions du Cerf, 2016, 329 p.
Jean-Claude Larchet vient de publier aux éditions du Cerf un nouveau livre, grand public mais néanmoins très documenté, sur les pathologies diverses engendréees par les nouveaux médias qui envahissent notre société. Il propose, après les avoir décrites, quelques moyens pour en guérir ou s’en protéger. Nous donnons la présenation de l’éditeur et un extrait de l’avant-propos de l’auteur.

Présentation de l’éditeur:
« Qu’en est-il de la richesse et du sens de nos existences dans une société avide de vitesse, de proximité, d’immédiateté, d’information tous azimuts et de performance en tous genres ? Quel diagnostic posé sur le corps et l’esprit de l’homo connecticus ? Quelles inquiétantes pathologies gangrènent sa nature même ? Et comment lutter contre cette lente et insidieuse dislocation ?
Smartphone, réseaux sociaux, objets connectés, TV numérique, Internet, jeux vidéo, les médias sont aujourd’hui tout aussi omniprésents qu’envahissants. Et leurs effets négatifs, dans la vie professionnelle, sociale, familiale, flagrants : entre appauvrissement et illusion, nuisance et vide, destruction et épuisement, l’humanité se désincarne, l’espace et le temps disparaissent dans cette virtualité toute-puissante.
Jean-Claude Larchet poursuit dans ce nouvel essai très documenté sa série d’études sur les différents types de maladies et les thérapeutiques adaptées.
Une réflexion critique et salutaire à propos de nos systèmes de communication. Une incitation à nous protéger et à retrouver notre identité psychique et spirituelle. »

Extrait de l’avant-propos de l’auteur:
« Nul aujourd’hui ne conteste l’apport positif des nou­veaux médias en matière de communication, d’infor­ma­tion, d’accès à la culture sous ses multiples formes, et bientôt nul ne sera en me­sure de s’en passer, tant la société les intègre dans le mode de fonctionnement de ses diverses structures sociales, ad­mi­nistratives, commerciales, éduca­tives et même reli­gieuses.
On dit couramment que leur invention a provoqué dans notre société une révolution compa­rable à celle de l’élec­tricité et des nouveaux moyens de locomotion.
Il y a cependant une grande différence entre les nou­veaux médias et les autres inventions qui ont profondé­ment changé la vie de l’homme moderne.
Aucune autre technique n’a engagé notre activité jour­nalière sur d’aussi longues durées, n’a autant sollicité notre attention et notre in­tervention de manière aussi constante, n’a autant transformé nos conditions et notre mode de travail, n’a autant envahi notre vie privée, familiale et personnelle, n’a autant pénétré à l’intérieur de notre vie psychique.
Aucune autre technique n’a autant transformé nos rap­ports à l’espace et au temps, notre façon de voir le monde, nos relations avec les autres, la représentation que nous avons de nous-même, la nature et le rythme de nos activi­tés de travail et de loisir, la forme de notre communi­cation, et la nature, la structure et la forme de notre de notre vie psychique et intellectuelle.
Et aucune autre technique, par l’influence exercée sur toutes ces façons d’être qui sont la trame de notre existence, n’a eu autant d’impact sur notre vie spiri­tuelle.
De nombreux livres et articles ont vanté les avantages et les bienfaits de ces nouveaux médias, et le but de cet essai n’est pas d’apporter un éloge supplémentaire, qui serait redondant et superflu, mais, ce qui est plus rare et actuel­lement plus utile, d’inviter à une réflexion critique sur l’usage de ces nouveaux moyens de communication qui sont devenus envahissants et se révèlent avoir de nom­breux effets négatifs dont leurs utili­sateurs, tout en consta­tant une part sur eux-mêmes, leurs enfants ou leurs proches, ne sont pas toujours pleinement conscients.
Bien que face aux dérives actuelles et aux perspectives sombres de l’avenir un changement de société nous paraisse souhaitable, notre but, dans l’urgence, est d’abord pragmatique : il s’agit, à partir d’une meilleure conscience des dérives auxquelles les nouveaux médias peuvent donner lieu et de leurs effets pathologiques réels et possibles, d’apprendre à en maîtriser et à en limiter l’utilisation là où elle produit des effets indésirables.
C’est dans ce but que cet essai, avant de proposer à la fin quelques pistes thérapeutiques et prophylactiques, s’at­ta­chera surtout à établir le diagnostic et le pronostic des pathologies que les nouveaux médias ont engendrées dans les différentes sphères de l’existence sociale – politique, économique, culturelle – et surtout personnelle – cor­po­relle, psychique, intellectu­elle, et spiri­tuelle –, qui portent de graves atteintes à la vie des personnes, et vont jusqu’à modifier de manière inquiétante la nature même de l’homme.
C’est dans cette prise de conscience de la gravité de la maladie qui affecte notre civilisation que pourra s’org­a­ni­ser une résistance, dans cette résistance de la part des utilisateurs que pourra s’amorcer une décroissance de la part des producteurs, et dans cette décroissance que pourra s’envisager un changement de société qui saura redonner à la communication la dimension authentiquement hu­maine et spirituelle qu’elle a perdue. »

jeudi 29 septembre 2016

Au monastère de Sretenski aura lieu une réunion avec le théologien orthodoxe français Jean-Claude Larchet




Au monastère de Sretenski à Moscou, aura lieu une réunion avec le théologien orthodoxe français Jean-Claude Larchet

Lors de cette réunion, l'auteur parlera de ses livres édités et en cours d’édition en Russie, et il répondra également aux questions des lecteurs sur la vie spirituelle, l'Église et l'enseignement orthodoxe.

La réunion se tiendra le 27 septembre à l'auditorium du Séminaire théologique du monastère de Sretenski, au 19, Bolchaya Lubyanka. Entrée gratuite.

Jean-Claude Larchet (né en 1949) est un éminent chercheur français orthodoxe sur l'héritage patristique, théologien et écrivain.

Professeur, auteur de 23 livres traduits en 15 langues, de plus de 100 articles et 400 critiques.

Né dans une famille catholique, il est devenu orthodoxe en 1971 sous l'influence du starets russe, le Père Serge (Chevitch), qui vivait à Paris.

L'évolution de Jean-Claude Larchet vers la théologie orthodoxe s'est produite sous l'influence de personnes célèbres comme saint Justin Popovitch, l'archimandrite Sophrony Sakharov, de disciples du starets Joseph l'Hésychaste, le starets Ephrem de Katounakia, le starets Charalampos, le starets Ephrem de Philothéou et saint Païssios l’Athonite.

Les thèmes de ses livres sont très divers : les questions relatives à la santé, aux maladies (physiques, mentales et spirituelles), aux moyens de les guérir ; la souffrance ; la mort ; le corps ; la bioéthique ; la pensée de Saint Maxime le Confesseur ; la théologie des énergies divines ; l'Eglise et les Sacrements, et beaucoup d'autres.

Livres parus en russe :
Saint Maxime le Confesseur, médiateur entre l'Orient et l'Occident. Préface du Prof. A. I. Sidorov. Editions du Monastère de la Sainte Rencontre, 2004.
Le Starets Serge. Éditions de l’Université orthodoxe Saint Tikhon, 2006.
La thérapeutique des maladies mentales : l'expérience de l'Orient chrétien des premiers siècles. Ed. Monastère de la Sainte Rencontre, 2007 (2e édition 2017 ; 3e édition 2011).
Dieu ne veut pas la souffrance des hommes. Éditions Palomnik, 2014.
Saint Silouane du Mont Athos. Éditions de l’Université orthodoxe Saint Tikhon, 2015.
Le patriarche Paul. Un saint de notre temps. Editions du Monastère de la Sainte Rencontre, 2015.

Lien : http://www.pravoslavie.ru/97328.html

vendredi 4 mars 2016

Conférence de carême ce dimanche 6 mars à l’église orthodoxe de Vanves: « Le sens du jeûne » par Jean-Claude Larchet


Larchet_Vanves 

En relation avec la proche entrée dans le Grand Carême, Jean-Claude Larchet fera une conférence sur « Le sens du jeûne » ce dimanche 6 mars à 14h15 à l’église orthodoxe de la Sainte-Trinité à Vanves (16 rue Michel Ange, Vanves. Métro: « Porte de Versailles » ou « Malakoff – Plateau de Vanves ». Bus n° 89). La conférence est ouverte à tous.

lundi 26 octobre 2015

Orthodoxie.com: « Les défis de l’avenir »: une interview de Jean-Claude Larchet dans le mensuel orthodoxe russe « Foma »

« Les défis de l’avenir »: une interview de Jean-Claude Larchet dans le mensuel orthodoxe russe « Foma »



Le mensuel orthodoxe russe Foma a interrogé différentes personnalités sur la façon dont elles voient le monde dans 20 ou 30 ans. Nous reproduisons ci-dessous la version française de l’interview de Jean-Claude Larchet, intitulée « Il faut munir les enfants d’une boussole intérieure qui leur indique la bonne direction dans un monde déboussolé ».
La traduction russe dans sa version Internet se trouve ici.

Comment voyez-vous le monde du futur – dans 20-30 ans?
Je ne le vois pas du tout. L’avenir est imprévisible, non seulement à une aussi longue échéance, mais souvent à courte échéance. Qui aurait pu prévoir la première guerre mondiale en 1913? Qui aurait pu prévoir en 1916 la Révolution russe et l’installation pour près de 60 ans d’un régime communiste qui allait s’étendre à toute l’Europe de l’Est? Il suffit parfois d’un événement, lui-même imprévisible, pour changer le cours de l’histoire. D’un tout autre point de vue, qui aurait pu prévoir, il y a vingt ans, la révolution technologique que nous connaissons aujourd’hui grâce aux ordinateurs, aux téléphones portables, à l’Internet, aux réseaux sociaux, et qui a un impact considérable sur la vie des individus partout dans le monde?
Les scientifiques font des prévisions, mais elles sont peu fiables. Même les prévisions météorologiques qui ne portent pourtant que sur les prochains jours se révèlent souvent fausses.
Il y a certes des tendances, des orientations qui peuvent donner une certaine idée de l’avenir, mais leur évolution reste incertaine. Les situations les plus favorables peuvent rapidement dégénérer, et dans les situations défavorables, l’homme a une capacité de résilience surprenante.
Dans le cas de notre petite personne, l’avenir est également incertain, et nos projets souvent vains, comme nous le rappelle dans l’Évangile la parabole de l’homme riche (Lc 12, 16-21). Un proverbe dit : « Quand l’homme fait des plans, Dieu rit. » La sagesse des Pères a toujours invité chacun à se concentrer sur le présent et même à vivre chaque jour comme s’il était le dernier. Mais il est vrai que cette conception radicale doit être modulée selon les âges et les fonctions dans la société : un jeune doit faire des études en vue d’avoir plus tard un métier, un homme politique doit planifier ou un entrepreneur investir pour faire face aux besoins des prochaines années…

Quels seront-ils les défis les plus importants pour l`homme et l`humanité?
Si l’on veut parler de l’humanité en général, le principal défi sera de préserver son existence dans un monde viable. Cette existence est actuellement mise en péril. On sait que l’exploitation à outrance des ressources naturelles (eau, pétrole, gaz, etc.) risque de provoquer un pénurie dans les prochaines décennies. Le fonctionnement irresponsable de certaines industries (notamment l’absence de traitement correct des rejets et des déchets) crée un pollution de l’eau et de l’air qui menace la santé et la vie des habitants non seulement de certaines régions, mais de toute la terre. La pollution de l’air diminue dans l’atmosphère la couche d’ozone, ce qui a des conséquences de plus en plus graves : élévation de la température, élévation du niveau des mer, crises climatiques (multiplication des tempêtes, des ouragans, des pluies, des canicules…) changements de la structure du sol (comme la fonte du permafrost), disparition de certaines espèces… L’un des défis urgents est donc de nature écologique. Il s’agit de préserver les équilibres naturels de la planète.
Un autre défi important me semble être le chômage qui affecte une partie de plus en plus importante de la population dans certaines parties du monde. Le chômage a des conséquences catastrophiques non seulement sur le plan économique, mais aussi sur le plan psychologique, moral et spirituel.
Pour nous chrétiens, le grand défi est de maintenir notre existence dans un monde de plus en plus envahi 1) par l’islam, 2) par l’agnosticisme et la mentalité laïque antireligieuse, et 3) par un spiritualisme sans Dieu et surtout sans le Christ.
1) Au Moyen Orient (Irak, Syrie), les chrétiens sont éliminés, soit en étant tués, soir en étant forcés à l’exil. L’Europe se déchristianise massivement, tandis que dans certains pays comme la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne l’islam se développe de plus en plus. En France, pays traditionnellement chrétien (depuis le IIe siècle !), l’islam est devenu au cours des dernières décennies la deuxième religion du pays après le catholicisme, et selon les prévisions elle sera la première autour de 2030.
2) Il y a par ailleurs dans les pays d’Europe de l’Ouest un développement de la mentalité antireligieuse, qui dans certains cas est provoqué par le souci de limiter l’influence grandissante de l’islam, mais dont la christianisme est la première victime. Avec l’appui des autorités du gouvernement européen de Bruxelles, on élimine de plus en plus de l’espace public les signes religieux chrétiens, et certaines associations mènent une lutte ouverte contre les valeurs chrétiennes, concernant en particulier la famille.
Une partie du monde chrétien est entré dans une nouvelle ère de persécution (rappelons que le christianisme est la religion la plus persécutée dans le monde), mais je pense que dans plusieurs décennies cela affectera à un degré plus ou moins grand l’ensemble du monde chrétien. Cela ne sera pas une vraie surprise, car le martyre est inhérent depuis les origines à l’existence du christianisme. Regardez le Synaxaire : près de 90% des saints ont été des martyrs…
3) La spiritualité a un certain succès (les livres qui en traitent se vendent bien), mais il s’agit en général d’une spiritualité très générale, inspirée par le New Age et un bouddhisme de vulgarisation. C’est une spiritualité sans Dieu et surtout sans le Christ. Loin d’aller dans le sens du christianisme, elle s’y oppose donc elle aussi en se substituant à lui.

On parle souvent aujourd’hui d’un « avenir sombre » en relation avec les changements de la structure sociale de l`humanité et même de la nature humaine sur les plans physique et mental. À quel point la peur de ces perspectives est-elle raisonnable?
Il est vrai qu’il y a maintenant dans le monde occidental déchristianisé une crise de la famille.
Il a tout d’abord une crise générale du mariage : de plus en plus de couples mariés divorcent (près de 1 sur 2 dans la plupart des pays européens) et de plus en plus de jeunes vivent en couple sans être mariés, ni religieusement, ni même civilement. Et cela commence à affecter des pays traditionnellement orthodoxes comme la Grèce, où cela n’était pas imaginable il y a vingt ans. Cela s’explique en grande partie par le fait que le mariage signifie un engagement pour la vie et que les jeunes ont de plus en plus de mal à s’engager ou à respecter leurs engagements, non seulement dans ce cadre mais dans d’autres. La difficulté à s’engager tient pour une part à l’instabilité générale de la société. Beaucoup de gens craignent de fonder une famille alors que l’avenir (notamment sur le plan du travail et des revenus) est incertain pour soi-même et son conjoint, et aussi pour les enfants que l’on peut avoir. Il y a aussi au divorce et au refus du mariage d’autres causes, d’ordre spirituel : l’individualisme et le désir de liberté absolue qu’a développé l’humanisme moderne, et aussi une forme d’égoïsme caractérisé par la difficulté pour les gens de renoncer à une part de leur volonté propre, renoncement impliqué par toute forme de vie communautaire.
Un autre sujet de préoccupation est la banalisation, et en conséquence le développement de l’homosexualité, qui met en cause la structure traditionnelle du couple et de la famille telle que la concevaient jusqu’à présent les sociétés chrétiennes. Les associations et les lobbies (groupes de pression) homosexuels cherchent à imposer (dans les institutions sociales et jusque dans les écoles), dans tous les pays du monde, l’idée que l’homosexualité est une chose normale, et que l’orientation sexuelle n’est pas définie par la nature mais est une question de choix personnel. Leur volonté militante pour institutionnaliser le mariage homosexuel témoigne moins d’un intérêt pour le mariage que d’un souci de reconnaissance sociale officielle et, dans un deuxième temps, de bénéficier de diverses mesures leur permettant d’avoir des enfants. Ce deuxième point implique diverses pratiques inacceptables pour l’éthique chrétienne, comme la procréation médicalement assistée avec donneur hétérologue ou le recours à des mères de substitution. Un autre problème grave qui se pose, y compris pour des enfants adoptés, concerne le plan psychologique : c’est un fait connu depuis toujours des psychologues qu’un enfant, pour se construire psychologiquement, a besoin d’un père et d’une mère ; l’éducation d’enfants par des couples homosexuels ne peut avoir pour ces enfants que des conséquences psychologiques graves, dont on mesurera toute l’ampleur dans les prochaines générations.
Un autre sujet de préoccupation est le développement énorme qu’ont connu, au cours des dix dernières années, les nouveaux médias (la télévision, les jeux vidéos, Internet et les réseaux sociaux) avec un impact négatif sur la vie sociale, personnelle, psychique, intellectuelle et spirituelle de leurs utilisateurs: investissement important en temps et en énergie, perte de relations avec les proches (malgré l’impression d’être en relation avec tout le monde), affaiblissement des capacités de réflexion et d’attention (dû aux sollicitations permanentes et au flux incessant de textes, d’images et de sons), appauvrissement culturel (lié notamment à la diminution de la quantité et de la qualité de la lecture malgré l’omniprésence de textes), etc. Beaucoup de spécialistes de médias ont montré combien ceux-ci ne se limitent pas à nous transmettre des contenus, mais, par leur structure et leur mode de fonctionnement, reformatent notre vie intérieure et le mode de nos relations avec nous-même, avec les autres et avec Dieu, créant une sorte d’homme nouveau, l’homo connecticus qui en bien des points fait concurrence à l’homo religiosus.
Un dernier point que l’on peut évoquer en rapport avec votre question est celui de l’apparition, dans le futur, d’un homme « augmenté » par les technologies, et même de la création d’un homme bionique, constituant un nouveau modèle d’humanité ne comportant plus les imperfections de l’homme actuel. Les Américains ont depuis longtemps développé des théories et financé des recherches à ce sujet. Mais elles me semblent relever – en dehors d’applications particulières, notamment dans le domaine des prothèses – de la science-fiction. Un danger plus sérieux est constitué, dans le domaine biologique, par la création, au moyen de la génétique, de nouvelles espèces qui peuvent mettre en péril l’équilibre naturel des espèces existantes. Un danger plus grand encore est constitué par l’eugénisme dont certaines pratiques ont commencé à se répandre dans certains pays, selon lesquelles l’homme s’attribue le pouvoir et le droit de déformer et de reformer selon ses désirs la nature humaine définie et créée par Dieu.

Quelle doit-elle être l`attitude chrétienne envers ces dangers? Est-ce qu`on doit les négliger et vivre sa vie comme si rien ne se passait, se concentrer sur le moment présent ? Ou doit-on y apporter une réponse concrète, y compris au niveau de l`Église?  
En tant que chrétiens, étant minoritaires dans les pays d’Europe de l’Ouest, nous n’avons que peu de pouvoir face à ces problèmes. Nous pouvons évidemment protester par rapport à certaines dérives, proposer des perspectives conformes à notre éthique, et soutenir par notre vote les gouvernants et les partis qui mènent une politique conforme aux valeurs chrétiennes. Mais c’est parfois compliqué : par exemple en Europe de l’Ouest, les partis écologistes qui sont les plus actifs pour préserver l’avenir de la planète, ce qui est aussi un souci pour le christianisme, sont aussi les plus engagés pour soutenir les réformes sociétales – comme le droit à l’avortement, à l’euthanasie ou au mariage homosexuel – qui s’opposent aux valeurs chrétiennes.
L’Église doit quant à elle éviter de s’engager directement dans la politique. Mais elle doit être la conscience d’un monde qui a souvent perdu toute conscience, et faire entendre sa voix face aux dangers qu’encourent les hommes, face aux lois, aux créations, aux actions contraires aux valeurs chrétiennes, pour rappeler quelles sont ces valeurs et inviter à les respecter. Elle doit rappeler avec constance et courage (c’est-à-dire même si cela va à l’encontre de la ligne officielle ou de l’opinion commune) ce que sont ces valeurs, et aussi quelle est sa conception de la nature de l’homme et de sa dignité, de la personne et de sa valeur absolue qui tient à sa relation inaliénable avec Dieu dont elle est l’image.
Il n’en reste pas moins que les Pères conseillent aux croyants de travailler avant tout à la construction et au développement de leurs propre vie spirituelle. C’est notre vie intérieure avec ses valeurs et ses dispositions, qui nous rend capables, en tout temps, d’affronter correctement et positivement les problèmes de toute sorte, prévisibles ou imprévisibles. Les Pères ont toujours enseigné que c’est en nous changeant nous-même positivement que nous sommes le plus capables de changer le monde autour de nous, avec non seulement nos propres forces, mais aussi la force de la grâce que Dieu nous donne.

À quels problèmes qui affecteraient directement leur vie spirituelle nos enfants seront-ils confrontés?
Je pense que pour les enfants le principal problème – qui affecte déjà depuis longtemps les pays d’Europe occidentale, mais affecte aussi de plus en plus les pays traditionnellement orthodoxes – est de pouvoir garder leur foi, leurs valeurs et leur éthique chrétiennes dans un monde sécularisé qui les ignore et leur a substitué d’autres croyances, d’autres valeurs, d’autres éthiques, ou bien qui est agnostique, totalement indifférent à la religion, ou encore qui est hostile au christianisme.
Comment faut-il éduquer les enfants pour les aider à faire face spirituellement à l`avenir?
Il faut avant tout les munir de repères dans un monde sans repères, d’une boussole intérieure qui leur indique la bonne direction dans un monde déboussolé.
Il faut les éduquer dans la foi, les valeurs et l’éthique chrétiennes, de manière à ce qu’elles s’ancrent profondément en eux et leur deviennent en quelque sorte connaturelles. Il faut leur apprendre à comprendre le monde, à discerner en toutes circonstances le bien et le mal, à affronter les difficultés et à trouver des solutions aux problèmes en référence aux valeurs chrétiennes. J’ai envie de citer ici les paroles de saint Paul (Eph 6, 17): « C’est pour cela qu’il vous faut endosser l’armure de Dieu, afin qu’au jour mauvais vous puissiez résister et, après avoir tout mis en œuvre, rester fermes. Tenez-vous donc debout, avec la Vérité pour ceinture, la Justice pour cuirasse, et pour chaussures le zèle à propager l’Évangile de la paix ; ayez toujours en main le bouclier de la Foi, grâce auquel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du Mauvais ; enfin recevez le casque du Salut et le glaive de l’Esprit, c’est-à-dire la Parole de Dieu. » Celui qui dispose de toute cette panoplie est capable d’affronter victorieusement n’importe quelle situation.
Il est important que, dans un milieu indifférent ou hostile à la religion, face aux jugement négatifs, aux critiques ou aux moqueries, les enfants et les jeunes orthodoxes soient fiers de leur identité, aient conscience que leur foi est une richesse immense, qu’elle ne les diminue pas mais leur donne « un plus » par rapport à ceux qui en sont dépourvus. Les parents et l’Église ont un rôle important pour leur donner une telle fierté, qui n’a rien à voir avec de l’orgueil, car en étant chrétiens c’est du Christ que nous sommes fiers, de Sa victoire sur le monde, et non de nous-mêmes : « Dans le monde vous aurez à souffrir. Mais gardez courage! J’ai vaincu le monde » (Jn 16, 33).

Propos recueillis par Constantin Matsan