"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire
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vendredi 27 décembre 2013

Père Gheorghe [Calciu] de sainte mémoire (8 et fin)




 Père Gheorghe Calciu était une icône de l'existence religieuse la plus élevée. Il nous a appris à voir et à nommer la réalité pour ce qu'elle est, il a enseigné la vérité divine et à ne pas craindre la souffrance ou la mort. Il n'a pas tout supporté pour lui-même, mais pour toute une nation, il se souciait profondément du salut de son peuple et il a vécu l'enfer pour forger un lien indestructible avec chaque individu dans sa vie.

Il a donné l'exemple et a appelé à tout le monde de suivre ses pas vers le sacrifice et les valeurs, à la fois pour les Roumains et les Européens qui ont entendu parler de sa vie de labeur et de privations. Ainsi, il s'est fait connaître dans le monde entier comme un homme qui a combattu bravement pour la liberté et la dignité humaine.

Il a appelé une nation entière à la pénitence, par son amour et il a montré qu'il y a un espoir pour le salut et une meilleure compréhension entre les peuples. Il n'a pas seulement été témoin de l'obscurité et du désespoir de la nation, mais il a pris des mesures et a démontré que le mal peut être vaincu par le sacrifice de soi. Il a conquis la peur et élevé les gens en les inspirant, en les aidant. Il les a tous ramenés à la foi, à Dieu.

Père Gheorghe Calciu a atteint la stature d'un véritable amour envers l'homme, envers son peuple. La source de son amour n'était pas une idéologie, c'était l'amour de Dieu, qui a fait l'homme à Son image. En raison de cette croyance éternelle (que l'homme a été créé à l'image de Dieu), il a trouvé la force de renoncer à sa propre vie au nom de cet amour. 

En vertu de l'esprit de sacrifice de soi, il a pu appeler une nation entière à la pénitence, à la vérité, à la foi, à la dignité, à la lutte contre les mensonges, et la malice de la gouvernance politique. Car la nation qui revient à la foi, revient à elle-même, à la dignité et nulle crainte, ou faux principes ne peuvent se comparer à la peur de perdre Dieu, le seul sentiment qui soit vrai.

Le destin de l'homme est de retourner à Dieu, d’être un citoyen du ciel. Et seuls les hommes libres peuvent voir le monde pour ce qu'il est vraiment, et voir Qui est vraiment Dieu. 

Père Calciu savait que Dieu était avec lui, le regardant et le protégeant en tout temps. C’est à lui seulement, que le Seigneur a révélé la véritable image de l'homme, comme il était censé être. "Le nouvel homme a été créé à l'image de Dieu, dans la justice et la sainteté de la vérité." Ce fut la sainteté dans laquelle, et pour laquelle le Père Gheorghe Calciu a vécu toute sa vie.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

P Calciu[1]

jeudi 26 décembre 2013

Père Gheorghe [Calciu] de sainte mémoire (7)


"La prière illumine nos vies, nous apporte l'amour, la miséricorde et la paix de l'esprit. La prière a le pouvoir de mettre le passé et le futur ensemble, de n’en faire qu’un seul temps. Elle est hors du temps et de l'espace et complète tout." 

Il connaissait le vrai sens de la vie, car il avait vécu au-delà des barrières du temps et de l'espace, grâce à l'amour inconditionnel envers l'homme.

Un jour, il célébrait la Liturgie aux côtés de Père Ghius au monastère de Cernica: "À un certain moment j'ai senti quelque chose. J'ai regardé à ma gauche et j'ai vu Père Ghius couvert de lumière, mais la lumière brillait seulement autour de lui. Il était complètement enveloppé en elle. Quand il a pris l'Eucharistie, j'ai vu ses mains couvertes de lumière." 

Père Calciu a vu la Lumière incréée de Dieu, la Lumière que seuls ceux avec un cœur pur sont autorisés à voir.

Sa vie a montré que le seul salut pour l'homme était Dieu. Grâce à son sacrifice et à la souffrance, il s'est avéré que toute personne qui reste constante dans la foi orthodoxe vaincra toute dictature, la police secrète, la prison, ou le Diable.

Sur son lit d'hôpital à Bucarest, le Père Calciu a partagé son testament [spirituel]: "Dans tout ce que vous faites, écoutez l'Église. Gardez votre foi inaltérée et n'oubliez pas que le communisme, la maçonnerie et l'œcuménisme sont les œuvres du Diable et n'ont rien en commun avec le christianisme. Méfiez-vous des antéchrists qui propagent la théorie de la coexistence. Rejetez tout type de compromis! N'ayez pas peur! Et s'il vous plaît gardez-moi dans vos prières."



Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

He was one of the greatest father confessors of our Church:



mercredi 25 décembre 2013

Père Gheorghe [Calciu] de sainte mémoire (6)



Scrisoarea Testament a Parintelui Gheorghe Calciu catre fratii de la Petru Voda. Azi: 7 ani fara Parintele Gheorghe Patimitorul. 6 ani cu Parintele Ioanichie Luptatorul la Cer. VIDEO cu Parintele Justin Marturisitorul

Père Gheorghe avec Père Cléopa-Ilie et Père Ioanniche (Balan)

"Tout ce que je suis, tout ce que je fais, tout ce que vous voyez en moi, tout ce qui est digne en moi, je le dois à la souffrance. Je n'ai rien sans cette souffrance! » Quand il a trouvé son véritable sens, il a vu que « Jésus remplissait notre souffrance de Sa présence. Ensuite, j'ai bien compris le but de tout cela: Dieu est en nous. Ce que j'ai compris avec mon cœur, mon esprit et mon âme pendant que j'étais en prison, c’est que Dieu souffre vraiment avec ceux qui sont dans la douleur", donc la souffrance humaine n'est pas en vain.

"J'ai eu beaucoup de moments de joie spirituelle pendant que j'étais en prison. ( ... ) J'étais torturé. J'étais seul et isolé. ( ... ) Il n'y a pas de chance d’avoir la liberté. Ma seule pensée était la mort (...) La joie que je ressentais venait de ce sentiment d'union spirituelle avec les autres dans la prière. (...) En prison, j'avais vécu une vie spirituelle intense. J'avais atteint une telle hauteur, que même notre esprit ne peut l’imaginer dans ce monde."

C'est l'Esprit Saint qui a donné au Père la force de parler avec courage de la vérité à tous les jeunes. C'était un grand don que d’être en mesure de défendre l'Église à l'époque de cette terreur, de s'opposer à l'athéisme et au matérialisme et à la destruction des églises. Il l'a fait avec une telle sérénité, comme on n’était pas au temps de détresse, mais de paix, il n'avait pas peur de quoi que ce soit.

"J'ai été béni par tant de grâce, que j'ai oublié et pardonné." Il ne mentionne pas les noms de ceux qui l'ont torturé. Il s'est libéré de toute l'horreur qu'il avait vécu et à réussi à trouver la paix et à effacer tous les mauvais souvenirs à travers l'acceptation de la volonté de Dieu.

"Je vous avoue que plusieurs fois mes prières ont été exaucées! J'ai prié pour les autres et mes demandes ont été accordées et j'étais terrifié! Qui étais-je, pour que Dieu m'écoute ? Soyez certain qu’un appel continu et incessant à Dieu sera exaucé , finalement. (...) C'est la puissance de la prière de Notre Seigneur Jésus-Christ. Elle brise les murs, traverse les frontières, nous relie à Dieu, elle révèle le monde invisible pour nous. Ce ne sont pas des hallucinations, mais la vérité." Ce sont les paroles de quelqu'un qui a vraiment vécu par cette prière, un homme qui a été protégé dans ses heures les plus sombres par elle, et non les paroles d'un spectateur, mais les paroles d'un martyr.

"Ne ​​cherchez pas de miracles, la relation de Dieu à l'homme est de nature spirituelle. Priez Dieu de vous bénir de Sa présence en vous. Soyez en Dieu à chaque instant. C’est là la seule façon d'être un vraiment vivant." C'est de cette manière que le Père Gheorghe Calciu vécut.



Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

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mardi 24 décembre 2013

Père Gheorghe [Calciu] de sainte mémoire (5)





Il fut l'un des plus grands confesseurs de notre Eglise : une jeune âme, chaleureuse et très ouverte, un véritable et magnifique être humain, avec un esprit vif, profond, humble, mais aussi strict en cas de besoin, un homme aimé par beaucoup, notamment par les jeunes. C’était un homme qui vécut comme un exemple de sacrifice pour Dieu, avec un don très spécial pour la prière qu'il a utilisé afin de réconcilier les gens, de réunir les familles et de résoudre des situations désespérées.

En 1980 ou 1981, le jour de Pâques, quand les cloches de l'église ont commencé à sonner, il a commencé à chanter: « Le Christ est ressuscité » et le matin, il a dit "Le Christ est ressuscité!" à l'un des gardiens les plus féroces (qui le  battait régulièrement), et celui-ci répondit "En Vérité Il est ressuscité!" "Sa réponse m'a frappé droit au cœur  (...) Et tout d'un coup ma cellule a été remplie par cette lumière que j'avais vu enfant, quand je marchais pieds nus au milieu des orties. Les murs ont tout simplement disparu,  l'air froid de ma cellule a changé, la planche en bois sur laquelle je dormais à commencé à briller et j'étais si heureux…" Après que le garde ait répondu: "En vérité, Il est ressuscité!" il n'a plus jamais levé la main sur un  quelconque des prisonniers. Ce fut un miracle, comme le fait qu'il avait dû avoir le courage de dire ceci devant d'autres gardes, sans crainte qu'ils le dénoncent.

Ceux qui sont restés avec le père saint à l'hôpital, pendant les derniers jours de sa vie disent que le Saint-Esprit reposait en son âme. Il n'a jamais demandé d’analgésiques, ne se plaignait jamais d’aucune douleur, ni ne fronçait les sourcils, son visage restait le même; il a continué à donner de l'amour à tous ceux qui venaient le voir. Chaque nuit, il allait de pièce en pièce pour en savoir davantage sur les malades. Il a mis sa propre douleur derrière lui, comme s'il n'avait pas de corps - tout comme les anges. Le diacre qui lui lisait le Psautier affirma qu’à un certain moment dans la nuit, le visage du Père commença à briller comme "les visages des saints dans les icônes". Un autre miracle s'est produit quand une chorale réunie autour de son lit chanta un psaume et sa main a commencé à faire le signe de la croix involontairement, tandis que le Père dormait. Plus tard, quand il se réveilla la Lumière divine de Dieu brillait dans ses yeux .

Par sa vie et ses enseignements, Père Gheorghe Calciu nous a laissé un message important - que la vie en Dieu est la seule solution spirituelle de notre temps. 

Un vrai miracle, c'est que le Père Calciu soit vraiment devenu un homme libre, si libre qu'il s'est sacrifié pour ceux dans le besoin, les servant sans relâche avec un amour continuel. Il a appelé les gens à se joindre à la foi et au Nom de notre Seigneur Jésus-Christ.  "Au-delà de toute ma faiblesse, Dieu m'a donné la capacité d'aimer. Si j'ai construit une église en Amérique  je l'ai fait parce que j'ai aimé tout le monde là-bas, et ils ont répondu à mon amour de la même manière. Tout est mode, une seule chose est certaine : notre relation avec Dieu, l'immortalité de nos âmes et de ce qui nous attend après la mort."

Ce sont les paroles d'un homme qui connaissait vraiment Dieu, de tout son être.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

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lundi 23 décembre 2013

Père Gheorghe [Calciu] de sainte mémoire (4)


Père Gheorghe avec le saint staretz Justin (Pârvu)

Bien qu'il ait été exilé aux États-Unis en 1985, il ne voulait pas partir, mais il l’a finalement fait, parce que sa famille ne pouvait plus supporter la terreur. Au début, il vivait avec des amis, puis ils sont allés au Monastère de la Transfiguration du Seigneur, et à la fin de 1985, ils ont déménagé à Cleveland, dans le presbytère appartenant à la communauté roumaine où ils sont restés pendant quatre ans.

Cette période a été difficile pour lui financièrement. Le Père a travaillé comme missionnaire pour "Vatra Romaneasca" l’épiscopat roumain, il a servi et prêché dans de nombreuses églises dans toute l'Amérique. Plus tard, il a voyagé en Europe en donnant des conférences, des entrevues et en rédigeant des articles pour la presse occidentale. Il a mené une vie de labeur et d’humilité, en travaillant comme maçon et charpentier, dormant dans les maisons des gens pour lesquels il travaillait, et voyant sa famille toutes les deux ou trois semaines. Il travaillait dur dans les constructions de bâtiments,  transportant des sacs de ciment comme un pauvre journalier. Cela dura quatre ans.

En 1988, il s'installa avec sa famille à Washington. Là, il continua son travail de missionnaire, conserva son emploi en tant que travailleur de la construction, et devint prêtre de la paroisse de l’Eglise de la Sainte Croix, paya ses dettes et réussit à l'organiser.

Les Etats-Unis donnèrent à Père Calciu la citoyenneté d'honneur, mais aucune aide financière, donc il travaillait deux ou trois jours par semaine dans la construction, il aidait les vieillards et les malades, il rassemblait de la nourriture et la donnait aux pauvres, consacrant le week-end à l'Eglise. En deux ou trois ans, il paya toutes les dettes que la paroisse avait contractées. Le nombre de paroissiens augmenta jusqu'à 50 familles, et bientôt l'église devint trop petite pour le nombre de croyants que le Père saint amena à la foi par son amour et sa bonté.

Il allait en pèlerinage aux monastères et y priait avec les moines, car il considérait les monastères comme les sources de la foi.

Grâce à l'amour de Père Calciu, l'église de la Sainte Croix devint une maison accueillante et chère à beaucoup de d’orthodoxes et à ceux qui, plus tard se convertirent à la foi orthodoxe, car le Père amena beaucoup d'âmes à Dieu parmi les gens qui avaient été élevés dans le vide matérialiste d'Amérique. Et il ne pouvait le faire, que parce que la grâce de Dieu lui souriait.

Il officiait pieusement la Liturgie, vivant chaque parole et chaque prière. Il était toujours avec Dieu et versait dans le cœur des gens toute sa chaleur: il était une image sacrée de la prêtrise, entièrement dédiée à Dieu et à l'homme.

  Père Calciu avait une façon très particulière d'agir et de parler à chaque personne qui venait à lui, un amour unique pour chaque homme. Il étonnait tout le monde par sa gentillesse et son humilité. Chaque fois qu'il y avait un malentendu dans la paroisse, il agissait juste humblement et tout se réglait pacifiquement.

Il avait un extraordinaire esprit de sacrifice de soi, il répondait toujours à la haine et à la désapprobation par l'amour absolu, que lui donnait le Saint-Esprit. En cela, le Père Calciu avait le pouvoir de changer le cœur des gens, parfois par sa simple présence, d'autres fois par la prière ou des paroles de conseils et de réconfort.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

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dimanche 22 décembre 2013

Père Gheorghe [Calciu] de sainte mémoire (3)



Ses séminaires étaient supervisés par le Bureau de la police secrète de sorte qu'ils n’aillent pas contre le Parti communiste, mais malgré cela, un lien très fort fut créé entre le Père Calciu et ses élèves. Ses élèves l’estimaient et se tournaient vers lui en toute circonstance.

Lorsque le tragique tremblement de terre survint en 1977, deux étudiants du Séminaire furent pris au piège dans les décombres, et personne n'eut le courage d'aller les sortir. 

Après avoir reçu un appel d'un élève, le Père fit environ 10 kms à pied et arriva sur les lieux à l'aube. Avec ses mains en sang, il se battit une demi-journée contre les débris et les planches jusqu'à ce qu'il les trouve. Il pleura, et les étudiants pleurèrent avec lui. Ils pleuraient de douleur et de joie. Ils étaient heureux le Père ait pu les sauver et qu’un amour d’une telle force été forgé entre eux par l'esprit de sacrifice de soi.

Pendant ce temps, les communistes commencèrent la démolition d'églises, de sorte que le Père lança les célèbres Sept Sermons pour les Jeunes. Mais, avant cela, il priait beaucoup parce que ce qu'il s'apprêtait à faire était très dangereux. Et, en même temps, il voulait toucher le cœur de ses élèves et ceux d'autres jeunes, et leur inspirer une foi véritable.

Le ministère de la Religion, le Bureau de la police secrète et ses collègues eurent peur. Il fut menacé à plusieurs reprises, lui et sa famille, mais il ne fléchit pas.

Il savait qu'il allait être arrêté. Entre temps, il était surveillé par le Bureau de la police secrète. Il fut arrêté, amené à l'un des bâtiments de la police secrète et condamné à mort.

Au cours de leurs sévères enquêtes, la police avait l'intention de le rendre fou et de le décourager, alors il commença à dire la prière de Notre Seigneur Jésus et à garder le silence.

Et alors, il ne sentit plus la faim, la fatigue, la soif, le besoin d'utiliser la salle de bain, la douleur, ou le sommeil, tout par la grâce de Dieu. 

Bientôt le procès commença. Parce que ses sermons avaient déjà été publiés à l'étranger et que beaucoup de gens l'avaient soutenu par des manifestations publiques, il fut condamné à dix ans et envoyé à l'asile de Jilava au lieu de la prison. Quand il y parvint, il commença à prier et à jeûner intensément.

En prison, il célébra la Liturgie chaque dimanche, malgré toutes les insultes, les menaces et la grossièreté. Il pria en permanence, même lorsque les gardes venaient dans sa cellule.

Après sa libération, le 20 Août 1984, il fut défroqué de son sacerdoce, et surveillé constamment par l'Office de la police secrète. "Je n'avais jamais imaginé, même dans mes sombres pensées, qu’après avoir été libéré d'une prison communiste, après que la hiérarchie de l'Eglise m’ait calomnié sans raison et sans tenir compte de la vérité, que, après tout cela, mon cœur allait subir encore une autre une grande douleur, causée par l'Eglise orthodoxe roumaine, mes frères qui décidèrent de me priver du don du sacerdoce." ( …)



Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

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samedi 21 décembre 2013

Père Gheorghe [Calciu] de sainte mémoire (2)








En 1949, le jour de Noël, ils commencèrent le processus de "rééducation " à Pitești.

Au cours de cette période sombre de la prison, le Père fut battu avec une telle sauvagerie, qu'il ne pouvait même pas se rappeler les lettres de l'alphabet ou la prière du Seigneur. 
Il ne restait pas d'instinct d'auto-préservation chez un seul des prisonniers. La plus grande bénédiction pour tous aurait été la mort dans ces moments. Cet état de désespoir et de manque de prière dura deux ans. Depuis qu'il était allé en prison, à l'âge de 22 ans, il avait vécu dans une terreur permanente. "Notre foi en l'homme avait été brisée, notre foi en nous-mêmes, également. Tout ce qu’il nous restait, c'était notre foi en Dieu."

Plus tard, il récupéra avec une grande difficulté de cette chute, mais avant cela, il fut emmené à Gherla, où il resta plus d'un an. Le changement, la guérison complète est arrivée quand les légionnaires furent blâmés pour le processus de "rééducation." Alors, le Père saint dit Non ! Et ce fut le moment de grâce divine, et si le Père l’avait perdue, il aurait péri. Mais il ne la perdit pas. Depuis ce moment, il ne se laissa plus aller au doute. Et pour faire face au cours de cette période d'enquête de 7 mois, il pria sans cesse, jour et nuit, et il devint plus fort, spirituellement .

En juillet 1958, il fut transféré à Jilava dans une section spéciale appelée Casimca. 

Casimca était une prison, à 7 pieds sous terre, conçue pour exterminer les gens, une cellule souterraine à l'étroit , sans lumière et très peu d'air. Il partagea sa cellule avec Costache Oprisan: "un vrai saint " pour le père Calciu, " une intelligence brillante," un homme qui "répandait la lumière autour de lui, comme les saints le faisaient" et "qui priait sans discontinuer."  

Le Père prit soin de lui, le nourrit, le lava, jusques à sa mort. Une fois, le Père entreprit la tentative la plus incroyable pour sauver une vie humaine: il coupa une de ses veines, mit le sang dans la bouilloire et l'offrit à son ami pour l'empêcher de mourir, et ce, en dépit de la malnutrition qu’il connaissait dans cette grotte de la mort. Cet acte sembla imprudent pour ses compagnons de cellule, mais le Père vivait et agissait selon des commandements moraux et religieux absolus, avec une magnifique bravoure et foi en l'amour.

Il a également déclaré que pendant son temps à Casimca il ressentait totalement la présence de Dieu. Il était là depuis trois ans.

Après Casimca il fut envoyé à Aiud [Aïoud], où il resta jusques à sa libération en 1963. Il passa presque tout son temps là-bas, à Zarca (avec des cellules terriblement inhumaines pour ceux qui ont continué à résister au processus de "rééducation"), avec Père Tudor Beju, Père Grebenea et le professeur George Manu. Le Père Beju, qui avait toujours l’Eucharistie cachée dans son manteau, avait également le courage de célébrer la Liturgie dans sa cellule.

Après 15 ans de prison, il fut libéré et contraint de vivre à Viisoara, Baragan, dans une maison abandonnée. Il travailla à la ferme d'Etat afin de gagner sa vie. 

Après Baragan, il rentra chez lui, à Mahmoudia, puis à Bucarest, où il assista aux cours de la Faculté de Linguistique, avec une spécialisation en français, mais il était malheureux, parce que, en prison, il avait promis à Dieu que s’il en sortait vivant, il deviendrait prêtre. Il lui avait été interdit de s'inscrire à la Faculté de théologie, à cause de la prison. Cependant, avec l'aide du Patriarche Justinien il entra à l'université et obtint son diplôme. Plus tard, il fut ordonné prêtre et devint professeur au Séminaire théologique de Bucarest .


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

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vendredi 20 décembre 2013

Père Gheorghe [Calciu] de sainte mémoire (1)




Père Gheorghe Calciu naquit à de simples fermiers en 1925, à Mahmoudia, village dans le delta du Danube. Il était le plus jeune de onze enfants. Il se souviendra plus tard de son village comme d’un paradis naturel et spirituel, où les gens vivaient en harmonie les uns avec les autres, avec la nature et tous les êtres vivants.

Le Père a écrit sur sa mère: "elle a vécu la vie d'une véritable  sainte laïque." [...] "Si je devais comparer tout ce que j'ai appris à la Faculté de théologie à tout ce qu'elle m'a appris, je crois que j'ai appris beaucoup plus d'elle, de ma mère."

Quand il avait 6 ou 7 ans, Dieu lui a peut-être donné le premier signe qu'il devait transcender ce monde. Il a entendu parler d'un ermite qui avait marché sur l'eau comme sur la terre ferme, alors il pria avec ferveur le Seigneur de l'aider à marcher sur l'ortie de son jardin. Il pria également saint Nicolas et parce qu'il se sentait en profonde confiance, il marcha sur les orties. "Le moment où j'ai posé le pied sur elles, quelque chose s'est passé: une lumière brillante couvrit tout le jardin. Je pouvais voir tous les détails de l'ortie sous mes pieds. Je pouvais voir les bourgeons des arbres, l'herbe, les légumes, ils étaient tous à côté de moi, et aucun d'eux ne projetait une ombre sur la terre. 
La lumière enveloppait tout. Je ne croyais pas un instant que l'ortie me nuirait d’une quelconque façon, et elle ne le fit pas. Il y avait une telle joie à l'intérieur de moi, mais je n'en étais pas conscient. Comme si elle avait toujours été là. Je marchais sans m'en rendre compte, peut-être que je le faisais trop rapidement ou trop lentement, il n'y avait plus de temps, ni de distance."

Il étudia au lycée Spiru Haret à Tulcea, où la religion était étudiée sérieusement, et où aller à l'église était obligatoire.
En 1940, il rejoignit les confréries de la Croix où il apprit l'honnêteté, l'équité, le dévouement, le travail acharné, la responsabilité, la prudence, la prière, à aider les faibles et les personnes âgées, la retenue, l’ignorance de la peur, la générosité, l'abnégation et l’acceptation du martyre. En tant que frères de la Croix, les élèves avaient le devoir d'aller à l'église tous les jours.

Après le lycée, il alla à l'école de médecine de Bucarest parce que l'idéal des Confréries de la Croix était pour tout le monde de faire quelque chose pour le peuple. En tant qu'étudiant, il grandit plus fort dans sa foi et essaya de prier d'une manière plus profonde et plus désintéressée.

Après deux années de collège, il fut arrêté le 21 mai 1948 parce qu'il avait donné asile, dans son dortoir, à un ami de lycée qui était en charge de la Confrérie de la Croix à Tulcea.

Accusé avec d'autres étudiants d'activités contre la sécurité de l'Etat, il fut arrêté et enfermé dans un des bâtiments de la police secrète, jusqu'à son procès qui eut lieu plus tard à l'automne. Il fut condamné à 8 ans de prison et envoyé à Pitești [Pitèchti], la plus redoutée des prisons communistes.

" Nos vies en prison étaient justes, peut-être beaucoup plus justes qu’à l'extérieur de celle-ci [...] notre esprit se renforça dans la foi" , dit Père Calciu, ils avaient même un calendrier pour la prière et pour les activités intellectuelles - jusqu'à ce que le processus de "rééducation " commence.

Père Gheorghe Calciu et d'autres survécurent, par la foi, à la faim, au froid, à la torture, à la terreur, car, dit-il : " En prison, sans Dieu, la prière et le pardon il n'existe aucun moyen de survivre. " 

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

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