"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

jeudi 5 novembre 2020

Père André Chigenko: Quelle est la différence entre la crainte de Dieu et la panique?

 Quelle est la différence entre la peur de Dieu et la panique?

Aujourd'hui, ce sujet est particulièrement pertinent dans le cadre de la pandémie de coronavirus. La crainte de Dieu diffère de la panique dans le fait que, lorsqu'une personne succombe à la panique, elle est détachée du Seigneur. Au contraire, lorsqu'une personne est remplie de la crainte de Dieu, elle est unie à Lui et se rapproche de Lui. La crainte de Dieu inclut la soif de Dieu, la conscience et la perception de la Présence divine, la peur d'offenser Dieu par son péché, de se retirer loin du Tout-Puissant et de se détacher de la Grâce divine.

Ainsi, le fondement de la crainte de Dieu est la perception de la Présence divine. Ou, en d'autres termes, nous devons croire de tout cœur et inébranlablement au dogme de la Divine Providence. C'est ainsi que ce dogme est formulé par le catéchisme orthodoxe: «La Providence de Dieu est l'action incessante de l'omnipotence, de la sagesse et de la bonté de Dieu, avec lesquelles Dieu préserve l'existence et la force des créatures, les dirige vers de bons buts, les aide dans toute bonne action, et supprime ou corrige le mal qui survient par le retrait de la bonté, le supprime et le transforme en de bonnes conséquences. 

Rappelons-nous aussi les paroles de l'Évangile dites par le Sauveur Lui-même: «Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou? et l'un d'eux ne tombera pas à terre sans votre Père. Mais les cheveux mêmes de votre tête sont tous comptés. Ne craignez donc pas, vous avez plus de valeur que beaucoup de moineaux. »(Matthieu 10: 29-31). Et encore: "Mais il ne périra pas un cheveu de votre tête." (Luc 21:18). Dans l'interprétation de ces textes bibliques, le saint et juste Jean de Cronstadt s'est exclamé: «Quelle complète sécurité est promise à ceux qui souffrent pour la vérité! Le tout-puissant Seigneur de la vie et de la mort est vu dans ces paroles. 

Je voudrais également vous rappeler le célèbre dicton suivant: "Dieu est plus proche de l'homme que l'âme ne l'est du corps." Autrement dit, Il est aussi proche que possible. Symboliquement parlant, il nous porte toujours à travers la vie . «Quelle sécurité totale est promise à ceux qui souffrent pour la vérité! Le Seigneur tout-puissant de la vie et de la mort est vu dans ces paroles. Je voudrais également vous rappeler le célèbre dicton suivant: "Dieu est plus proche de l'homme que l'âme ne l'est du corps." Autrement dit, Il est aussi proche que possible. Symboliquement parlant, il nous porte toujours dans Ses bras à travers la vie. 

La panique commence là où la foi en la Providence de Dieu est perdue. Là où une personne semble en interne essayer de couper sa connexion avec le Seigneur, son Créateur, et se fier complètement au destin (dans son ancienne compréhension païenne grecque), ou au karma (dans les formulations païennes indiennes à la mode), ou au hasard, certains sorte de chaos, que les gens essaient d'élever au rang de divinité, ou de leur propre chef, ce qui arrive très souvent. Très souvent, vous pouvez entendre cette déclaration: «En fait, j'ai tout réalisé moi-même.» C'est une certaine devise fière de la vie. Et une telle personne, habituée à vivre sans Dieu, a l'opinion que son monde fragile - son corps fragile, une boîte d'allumettes de son appartement, la richesse matérielle accumulée par lui - est un béton armé inébranlable. Il pense qu'il en sera toujours ainsi. 

Mais quand, à cause des douleurs et des épreuves permises par Dieu, une personne perd tout cela ou qu'il y a une menace de le perdre, elle succombe à la panique, à un état de peur illogique fougueux irrationnel. Et si elle l'a perdue, il entre dans un état de découragement et de désespoir, qui peut aboutir au plus terrible péché mortel: le suicide.

Pourquoi cela arrive-t-il? Parce qu'on a un système de valeurs incorrect. Dieu est la Sainte Trinité: Père et Fils et Saint-Esprit. Dieu n'est pas une matière morte qui sera tôt ou tard détruite. 

De plus, Dieu se soucie constamment de vous. Si une maladie affecte quelqu'un, cela lui a été permis. Tournez-vous vers Lui et soyez patient, priez, prenez garde, faites attention, mais soyez patient. 

Le Seigneur miséricordieux ne vous laissera pas périr. Il a préparé le meilleur pour vous. En effet, vous êtes Son trésor, vous êtes Son fils bien-aimé ou Sa fille bien-aimée. Si vous le cherchez, Il se révélera à vous en temps voulu, et cette communication avec le Dieu vivant deviendra pour vous le plus grand bonheur!

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

PRAVMIR

mercredi 4 novembre 2020

Père George: Comment utiliser son temps avec profit [spirituel] pendant la pandémie

 Using Time Wisely at Home During the Pandemic

Le Christ est ressuscité ! En vérité Il ressuscité !

Nous constatons que pendant cette pandémie, alors que toute notre famille est à la maison, il est bon de trouver des moyens créatifs et imaginatifs et de profiter de cette occasion unique pour renforcer nos relations les uns avec les autres et pour passer ce temps précieux de manière sage et bénéfique pour tous.

En tant que croyants chrétiens orthodoxes, nous sommes vraiment bénis par une tradition et un héritage spirituel merveilleux et riche qui nous offrent des conseils et des ressources incroyables pour renforcer spirituellement notre famille. Il serait d'un grand bénéfice spirituel pour nous de nous tourner vers la lecture des passages de la Sainte Écriture, de nous familiariser avec les vertus et les vies saintes des Saints de notre Église, d'étudier les écrits sacrés des Saints Pères et Mères de l'Église, de renforcer notre communion avec Notre Créateur et Dieu par une prière incessante.

Il existe de nombreuses possibilités de former un lien solide avec Dieu. Notre famille s'efforce toujours d'être centrée sur le Christ. Tout ce que nous faisons tourne autour de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ qui veille sur nous et qui désire habiter dans nos cœurs. Lorsque notre famille participe totalement à la vie de l'Eglise par le culte, les mystères et les vertus vivantes, Dieu nous accorde Sa Grâce et d'abondantes bénédictions.

Il n'y a pas de plus grand témoignage que de suivre volontairement le Christ Dieu, de placer notre confiance totale en lui et de lui permettre de nous conduire au salut. Sans Lui, la vie n'a aucun sens, aucun but.  Il est notre tout ! Nos cœurs doivent être purs et ouverts à Sa Grâce et être prêts à obéir à Ses commandements divins.

Le temps ici sur terre est précieux et nous devons toujours l'utiliser à bon escient. Notre vie doit être une expérience positive, fructueuse, philanthropique, constructive et significative. Tout comme nous atteignons la maturité physique, émotionnelle et psychologique, nous devrions également nous efforcer d'atteindre la maturité spirituelle, pour en arriver au point où nous disons comme saint Paul : "Ce n'est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi" (Galates 2:20). De même que la vie dans la chair implique la personne entière, corps et âme, de même la vie "dans la foi" implique toute la personne.

Il y a tant de merveilleuses leçons à tirer lorsque chacun est chez lui et comment chacun peut redécouvrir le chemin qui mène au Christ notre Seigneur. Priez individuellement, et en famille, pour la force et l'inspiration spirituelles. Cherchez les mots "force" et "fort" dans la concordance de votre Sainte Bible et trouvez des passages relatifs à la force divine. Voyez aussi où se trouvent les mots humilité, obéissance, amour et sacrifice pour des liens plus forts avec la force.

Si vous n'avez jamais ouvert la Sainte Bible, ouvrez-la maintenant et n'ayez pas peur. Vous n'avez pas besoin d'être un bibliste ou un théologien pour lire la Sainte Écriture. Vous n'êtes pas là pour donner une interprétation théologique mais pour être édifié par la Parole de Dieu. Commencez par lire les Évangiles et progressivement les Épîtres (Lettres) de saint Paul. Vous n'êtes soumis à aucune pression pour la parcourir à un moment précis. Sachez que lorsque vous vous tournez vers la Sainte Bible, vous devez l'aborder avec foi, humilité et en comprenant que notre Seigneur vous parle par Sa divine Parole . Cela devient en fait un dialogue d'amour entre Lui et vous. 

Absorbez tout ce que vous lisez lentement et sans crainte. Vous trouverez ainsi l'inspiration, le réconfort, l'espoir, la force, la paix intérieure et le courage.

Saint Théophane le Reclus a écrit : "Le but final de l'homme est la communion avec Dieu. Le chemin vers cette communion a été défini avec précision : la foi, et le cheminement dans les Commandements avec l'aide de la Grâce de Dieu". Nous recherchons la sainteté et l'union avec Dieu comme l'ont enseigné les saints Apôtres et les saints Pères de l'Eglise. 

Notre Sauveur et Seigneur ressuscité est venu pour nous sauver et nous ouvrir les portes du Ciel. Il nous a montré comment vivre grâce à Son enseignement et à Son exemple divins.  En vous rapprochant de lui, vous augmentez votre capacité à faire face aux différents défis que vous pouvez rencontrer dans la vie. Vous augmentez votre capacité à vivre selon les vertus et les préceptes chrétiens.


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

PRAVMIR


mardi 3 novembre 2020

Une famille qui prie ensemble

A Family That Prays Together…

 

Ô Seigneur, ôte de moi tout orgueil destructeur et donne un aspect prudent à mes yeux ; bride ma langue, rends mes oreilles obéissantes à Tes Saints Commandements, donne-moi de la patience dans les afflictions, rends mon coeur sage et fort dans la tolérance, la bonté, la retenue, la sympathie, la charité, l'amour, l'humilité, la paix envers moi-même et envers tous les autres, et en rejetant l'indolence et la paresse des démons auxquels autrefois je me livrais comme s'il s'agissait de simples "confiseries."

Accorde-moi le don d'une discrétion aguerrie pour pouvoir discerner quelles pensées et quels jugements préférer. Accorde-moi aussi la capacité de discerner les machinations du Diable et de les rejeter, ainsi que de la rejeter lui.. Et puissé-je couper toute ma volonté pour m'en remettre à Ta Providence, espérant recevoir de Toi, qui est ma Lumière, mon salut. Et je Te bénis, je Te glorifie et je T'adore, ainsi que le Père et le Fils, avec qui Tu es coéternel et coexistant, toujours, maintenant et pour toujours et aux siècles des siècles. Amen ( Saint Syméon le Nouveau Théologien)

La prière est essentielle pour le croyant chrétien. "Il est évident pour tous que sans la prière, il est tout à fait impossible de cultiver la vertu et de vivre une vie vertueuse. Car comment peut-on être vertueux si l'on ne prie pas et si l'on ne s'incline pas toujours avec respect devant celui Qui fournit et donne la vertu ? 

Saint Jean Chrysostome écrit : "La prière ne nous purifie pas seulement du péché, elle nous protège aussi de grands dangers." C'est pourquoi le saint Apôtre Paul insiste et nous le rappelle constamment : " Persévérez dans la prière, veillez-y avec actions de grâces" (Col. 4, 2). Dans un autre lieu, il dit : "Réjouissez-vous toujours, priez sans cesse, en toute chose rendez grâce ; car telle est la volonté de Dieu en Jésus-Christ à votre égard" (1 Thessaloniciens 5:17). Il écrit à nouveau dans un autre endroit : "Faites en tout temps par l'Esprit toutes sortes de prières et de supplications. Veillez à cela avec une entière persévérance, et priez pour tous les saints." (Ephésiens 6:18). Avec de nombreuses paroles divines de ce genre, le prééminent saint Paul nous exhorte à vivre notre vie dans la prière et à nourrir constamment notre esprit avec elle, car "tous les êtres humains ont besoin de la prière tout comme les arbres ont besoin d'eau". De même que les arbres ne peuvent pas porter de fruits s'ils ne boivent pas de leurs racines une eau abondante, de même nous ne pouvons pas produire le précieux fruit de la piété si nous ne sommes pas nourris par la prière.

Beaucoup de nos familles sont isolées et même isolées à cause de la menace de la pandémie. Les chrétiens orthodoxes, comme d'autres, travaillent à la maison et les enfants reçoivent un enseignement en ligne ou virtuel. Les parents et les enfants passent plus de temps ensemble, ce qui est une bonne chose. C'est aussi une occasion précieuse pour nos familles chrétiennes de tourner leur attention vers le Dieu tout-puissant et aimant dans la prière. 

Les enfants devraient apprendre à prier par leurs parents et à prier ensemble quotidiennement en famille. Les enfants devraient être encouragés à lire la Sainte Bible et la vie vertueuse de leur saint personnel et intercesseur. 

La vie spirituelle chrétienne orthodoxe peut être renforcée pendant cette période des plus dangereuses. Nos enfants sont très effrayés par tout ce qu'ils entendent sur ce virus et ils doivent donc savoir que Dieu les protégera, ainsi que leur famille et leurs amis. La prière est le plus grand don que Dieu nous ait fait.

La prière est essentielle et constitue une bénédiction, un honneur et un privilège uniques accordés à l'humanité. "C'est cette communion avec Dieu qui non seulement nous définit comme des êtres humains, mais nous offre aussi la victoire sur Satan, le péché et la mort". Notre foi nous oblige à remercier Dieu, non seulement lorsqu'il accède à nos demandes, mais toujours et pour toutes choses. Rien dans notre vie n'est arbitraire. Tout ce qui arrive et tout ce qui n'arrive pas est sous la Providence divine et la sagesse de Dieu, et nous devrions pouvoir l'accepter avec gratitude et humilité.

Nous trouvons réconfort et inspiration dans la prière. "...enseigne-nous Tes commandements, car nous ne savons pas comment prier convenablement si Tu ne nous conduis pas, Seigneur, par Ton Esprit Saint. C'est pourquoi nous prions, si jusqu'à ce moment nous avons péché, en parole, en acte ou en pensée, délibérément ou non, délie Seigneur, remet, pardonne.." "Fais briller dans nos cœurs le vrai Soleil de Ta Justice ; éclaire notre esprit et gouverne nos sens afin que, comme de jour, en marchant avec grâce, dans la voie de Tes préceptes, nous atteignions la vie éternelle. 

Car avec Toi est la Source de la vie, et ainsi, nous pouvons être trouvés dignes de nous réjouir de Ta Lumière inaccessible. Car Tu es notre Dieu, et c'est à Toi que nous rendons gloire ; au Père, au Fils et au Saint-Esprit, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen." (Office des Matines)

Priez pour moi comme je prie toujours pour vous.

Avec Amour en notre Sauveur Jésus-Christ,

+Père George

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

PRAVMIR



lundi 2 novembre 2020

Père Gabriel, fol-en-Christ de Géorgie

Pourquoi avons-nous besoin des prières du matin et du soir?

 Why Do We Need Morning and Evening Prayers?

Récemment, Sa Béatitude le Métropolite Onuphre de Kiev et de toute l'Ukraine a prononcé des paroles intéressantes dans l'un de ses sermons. Elles concernaient le monde qui essaie de contrecarrer la prière d'une personne et de dissoudre son union avec Dieu.

En effet, la vanité de cette vallée de la vie est d'essayer de submerger une personne et de la noyer, comme l'a fait la mer déchaînée avec l'apôtre Pierre essayant de marcher sur l'eau vers le Christ. L'essentiel ici est de ne pas perdre le cap et de garder la direction de l'âme vers Dieu. Il est toujours prêt à aider.

En satisfaisant nos passions dans cette course aux valeurs matérielles, à la mollesse et au confort, nous perdons la chose la plus importante - notre union avec Dieu, un dialogue avec le Dieu vivant, qui est "l'unique chose nécessaire", comme le disent souvent les Pères de l'Église en répétant les paroles de l'Évangile.

Cela devient particulièrement évident dans l'exemple de l'attitude d'un chrétien face aux règles de la prière du matin et du soir.

Oh, combien de fois n'avons-nous pas envie de les lire ! Et parmi les nombreuses excuses disponibles, il y en a : "Je suis très fatigué", "Je veux regarder ma série télévisée préférée", "J'ai besoin de passer du temps sur les réseaux sociaux", "Je dois discuter avec ma famille, mes amis ou mes proches", "Je dois travailler jusque tard dans la nuit", et ainsi de suite.

Mais soyons honnêtes avec nous-mêmes et, avec l'aide de Dieu, regardons sous la surface de ce problème. La vanité de la vie terrestre n'a pas seulement des propriétés corporelles ou matérielles. Comme une pieuvre, elle pénètre nos esprits, nos âmes et nos cœurs, les empoisonnant. 

Le besoin d'être dans cette agitation pendant de nombreuses heures chaque jour devient une sorte d'addiction, dont nous ne pouvons plus nous passer. En gros, une personne peut rester assise sans bouger, mais il n'y a pas de paix dans son âme. Ses mains et ses genoux "dansent" déjà, essayant de courir et de plonger dans cette agitation. 

Pourquoi l'alcoolisme est-il si courant ? C'est parce que son action de "commutation" inhibe rapidement l'esprit. Combien de fois entendons-nous des phrases comme "je bois pour me détendre" ou "je ne peux pas me détendre autrement" de la part d'un alcoolique ? En effet, cette course continue à travers la vallée de la vie terrestre avec sa vanité externe et interne, est difficile à supporter pour notre psyché. Il en résulte un stress constant et une tension nerveuse constante.

Mais il existe une issue bien meilleure et plus sûre, la voie de la prière. Par analogie avec les alcooliques, notre devise pourrait être "Je prie pour me détendre". Cependant, les gens prient beaucoup moins qu'ils ne boivent. Pourquoi ? Parce que dans l'ivresse, il n'est pas nécessaire de faire un premier effort alors que dans la prière, cet effort est absolument nécessaire. Quel est cet effort exactement ?

L'instauration d'une règle de prière est un processus assez douloureux. Il faut sortir de ce cercle sans fin, comme si l'on sortait une jambe d'un marécage. Plus précisément, il ne s'agit pas d'une seule jambe, mais de tout le corps. Dieu sait combien c'est douloureux et difficile ! C'est comme une sorte d'opération chirurgicale qui vous ampute du monde. 

Les parties de votre corps grincent et gémissent comme un plaquage sur un vieux voilier en bois. De nombreuses parties de votre corps résistent à la prière. Et vous êtes si fatigué.. Si fatigué! 

Mais si vous n'abandonnez pas et continuez à suivre la règle de prière, alors un miracle se produit. Il se produit souvent de manière assez inattendue et ce peut être une surprise totale pour vous. 

Soudain, vous avez l'impression que le soleil est apparu à travers des nuages de plomb impénétrables. Vous vous sentez dans un tout autre monde. Vous avez peut-être l'impression d'avoir dit la prière de manière distraite, sans y prêter attention, mais soudain, une seule parole vous ouvre la porte de Dieu. En vous laissant vous approcher de Lui, Il entre Lui-même dans votre demeure. Tout en vous devient soudain purifié, uniforme et "démêlé". Alors la lumière arrive, donnant l'impression qu'une personne s'est levée pour prier, et qu'une personne complètement différente a terminé.

C'est l'effet spirituel de guérison et de purification de la règle de prière ! Après tout, notre tâche principale sur cette terre est d'apprendre à parler avec le Dieu vivant. Tout le reste n'est que de l'eau qui s'écoule à travers un tamis qui fuit, ou du sable qui coule entre nos doigts.


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

https://blog.obitel-minsk.com/2020/10/about-the-importance-of-morning-and-evening-prayers.html
citant 
https://pravlife.org/ru/content/zachem-nuzhny-utrennie-i-vechernie-molitvy



dimanche 1 novembre 2020

Père Michael GILLIS: Sur certaines idées fausses concernant les confesseurs

 

La confession prend différentes formes selon les circonstances et votre relation avec votre confesseur. Au minimum, elle consiste à se tenir devant l'icône du Christ, à dire une courte prière, à confesser son péché à Dieu en présence du prêtre, à recevoir les conseils du prêtre et à s'agenouiller pour recevoir l'absolution.

Cependant, la confession prend parfois la forme d'une conversation assise - ou du moins commence de cette façon, surtout si votre confesseur est plutôt un père spirituel pour vous. Parfois, les deux rôles de confesseur et de père spirituel sont confondus, mais un confesseur est tout prêtre (ayant l'autorité épiscopale pour le faire) qui entend la confession et absout le péché. 

Un père spirituel peut être ou ne pas être un prêtre, mais c'est quelqu'un qui vous guide spirituellement. En Amérique du Nord, il y a si peu de moines et de prêtres que c'est généralement le prêtre de votre paroisse qui remplit les deux rôles. Dieu est fidèle, et généralement un prêtre de paroisse suffit pour les deux rôles. Il arrive parfois que quelqu'un ne s'entende pas bien avec son prêtre et qu'il doive chercher un père spirituel ailleurs, bien qu'il puisse se confesser et recevoir l'absolution de son prêtre, même si cela peut être gênant (les confessions sont souvent gênantes, quelle que soit votre relation avec votre confesseur - c'est juste une question à régler).

Certaines personnes ont l'idée fausse qu'un moine est un meilleur confesseur qu'un prêtre de paroisse. Les moines et les moniales sont des personnes qui luttent pour le salut, tout comme vous et moi. Seuls quelques moines deviennent des pères (ou des mères) spirituels. 

Il faut être très prudent lorsqu'on cherche et reçoit des conseils spirituels. D'une part, nous avons tous besoin d'être guidés ; mais d'autre part, des conseils inappropriés peuvent être très destructeurs (tant dans votre propre vie que dans celle de ceux qui vous entourent). 

Le mieux est de commencer par le prêtre de votre paroisse et de rester avec lui en tant que père spirituel et confesseur pendant au moins quelques années. Si vous n'arrivez pas à vous entendre avec votre prêtre cela aussi doit être une question de confession. Si vous rencontrez d'autres personnes dont vous pensez qu'elles peuvent avoir de la sagesse pour vous, vous pouvez aussi leur parler (mais pas pour comparer des conseils ou vous plaindre de votre prêtre). 

Si vous trouvez les conseils de quelqu'un utiles, et que cette personne n'est pas un prêtre ayant autorité pour entendre la confession et absoudre les péchés, vous pouvez continuer à obtenir des conseils de cette personne, mais vous devez dire à votre prêtre, qui vous confessera quand même, que vous obtenez des conseils spirituels de quelqu'un d'autre (dites à votre prêtre qui est cette personne - l'honnêteté est essentielle). 

Si votre père spirituel est un prêtre qui entend la confession, vous devez alors dire à votre prêtre que vous voulez aller vous confesser à cet autre prêtre. Il est essentiel que votre prêtre sache que vous vous confessez régulièrement, car c'est lui qui est chargé de vous donner la Sainte Communion.

Il y a une sorte d'orgueil subtil que j'ai moi-même éprouvé et que je soupçonne être commun. Il s'agit d'un orgueil qui pense que seul un staretz, quelqu'un de clairvoyant et de très avancé spirituellement, peut m'aider à surmonter mes péchés et mes passions. Cette attitude d'orgueil suppose que si seulement je pouvais entendre les bons conseils, je les suivrais certainement et serais ainsi sauvé de mes péchés et de mes passions. C'est une illusion. 

Mon expérience m'a montré que si je ne peux pas accepter et suivre les conseils que je reçois du prêtre de ma paroisse, je ne pourrai certainement pas suivre les conseils d'un staretz théophore. Nous devons nous humilier et croire que Dieu nous a donné le confesseur/père spirituel dont nous avons besoin, et que Dieu amènera quelqu'un d'autre au moment opportun si cela est vraiment nécessaire.

Cela ne veut pas dire que chaque conseil de notre confesseur/père spirituel est toujours le bon pour nous. Les prêtres ne sont pas des magiciens. Votre relation avec votre prêtre n'est que cela : une relation. Vous devez communiquer. Vous devez dire ce qui fonctionne bien pour vous et ce qui ne fonctionne pas. Vous devez essayer de suivre ses conseils, mais vous devez aussi être honnête sur vos faiblesses. L'humilité est la clé.

La confession et la paternité spirituelle sont des dons de Dieu pour nous aider sur le chemin du Salut. C'est un chemin qui implique une lutte. Il n'y a pas de raccourcis ni de passages secrets. Il n'y a que la repentance, la confession et le pardon qui produisent la douceur, l'humilité et la maîtrise de soi. Ce sont les outils que Dieu nous a donnés pour notre salut : pour nous rendre semblables à Lui.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

PRAVMIR

THE LAST MARTYR OF THE 20th CENTURY/ Frère Joseph Muñoz

samedi 31 octobre 2020

Père Paisie: LA SAGESSE DE DIEU SE RÉVÈLE DANS LES TENTATIONS ET LES DIFFICULTES

Icône du Christ Sauveur

 

Les tentations se rapprochent des hommes de la même manière que les cils se rapprochent les uns des autres. 

Et Dieu a ordonné cette chose avec sagesse afin que nous puissions en tirer un bénéfice spirituel. 

Cela signifie qu'il faut frapper avec insistance à la porte de la miséricorde de Dieu lorsque vous êtes entouré de tentations et à cause de la peur des douleurs, votre esprit devrait être ancré dans la mémoire de Dieu, afin qu'en priant avec ferveur vous vous rapprochiez de Lui. 

Et ainsi votre coeur sera sanctifié, en prononçant sans cesse le Nom de Dieu. 

Si vous faites cela, lorsque vous Le priez, Il vous écoutera.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

THE ATHONITE TESTIMONY

vendredi 30 octobre 2020

Père Paisie: Sacrifice


Il était une fois un beau roi qui aimait manger, boire et faire la fête. Et il avait 365 femmes dans son harem. En traversant un jour un désert, sans une goutte d'eau, il rencontra un ermite. Et en le regardant avec pitié, il s'exclama :

- Quel sacrifice !

Mais le staretz lui dit :

- Ton sacrifice est plus grand!

- Comment cela se fait-il ?

- Réfléchis-y : Je n'ai quitté que ce monde éphémère mais tu as renoncé au monde éternel...


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

THE ATHONITE TESTIMONY

jeudi 29 octobre 2020

La vie spirituelle authentique

uproot


Ne nous attendons pas 

à ce que le monde vain

 soit facilement 

déraciné en nous

tant que nous nous contentons 

de rester 

dans ce monde vain. 


Lorsque nous nous éloignons 

du monde,

 alors notre intellect 

s'éloigne aussi facilement du monde 

et 

veut être proche de Dieu.


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

PEMPTOUSIA

mercredi 28 octobre 2020

Archimandrite Dimitrios [Kavvadias]: Une jeune fille turque devenue chrétienne

 

24 octobre 2020

Le cas de Sœur Agathoniki est un merveilleux exemple de la Providence de Dieu, en ce sens qu'Il la choisit dans les rangs des Turcs ottomans et la dirigéa vers le fait de devenir son épouse. Sœur Agathoniki Karazepouni venait des profondeurs de l'Asie Mineure. Son nom musulman était Aly Moula et son père était un hodja ["prêtre"/maître d'école/conseiller]. Il était très sage et expérimenté, et de nombreuses personnes sont venues le voir pour lui demander ses précieux conseils. Il disait : "Un de mes enfants trahira notre religion et deviendra giaour" [turc : gâvur, infidèle, particulièrement chrétien].

L'enfant grandit et se distingua par sa modestie et sa générosité d'esprit. Elle aimait particulièrement les chrétiens et elle sentait que quelque chose l'attirait vers eux.

L'occasion de se couper de sa famille se présenta au moment du déracinement des Grecs d'Asie Mineure après les événements de 1922.

C'était une petite fille de neuf ans lorsqu'elle quitta la maison de son père et suivit les chrétiens persécutés. Elle cousit également un rouleau de pièces de monnaie dans l'ourlet de sa jupe pour ne pas être sans le sou.

Sur le port, une surprise désagréable l'attendait : son beau-frère, qui était juge, était là sur le quai avec d'autres Turcs, observant les chrétiens qui étaient contraints, comme des animaux, de quitter leurs terres héréditaires. Pour échapper à son regard, la petit Aly se cacha sous les jupes gonflées d'une chrétienne ronde et put ainsi monter à bord du bateau sans se faire remarquer. Le bateau arriva à Mytilène et elle vécut avec plusieurs familles chrétiennes pendant six mois. De là, elle alla dans une autre famille à Serrès, puis à Kavala et finit à Drama. Comme elle était une enfant très bonne, obéissante et volontaire, elle était très aimée des chrétiens, qui la traitaient comme l'une des leurs.

Un jour, il y eut un office de bénédiction de l'huile sacrée dans la maison où elle vivait à l'époque. Elle entendit le prêtre dire que le contenu de la lampe-icône ne devait pas être jeté, alors elle la prit et avala tout: l'huile, le vin, le porte-mèche et la mèche elle-même. Cette nuit-là, elle  vit saint Jean-Baptiste dans son sommeil et il lui dit : "Tu as bien fait, mon enfant, mais si tu n'es pas baptisée, cela ne te fera aucun bien".

Dès lors, son désir d'être baptisée s'accrut rapidement et de jour en jour. Mais personne ne l'aida à le faire, par crainte de représailles de la part des autres Turcs si le fait était connu. Finalement, elle fut en fait baptisée quelque part près de Kavala et reçut le nom de Sophia.

Les années passèrent et la petite fille devint une belle jeune femme, qui voulait se consacrer entièrement au Christ, bien qu'elle ne connaisse rien du monachisme. Elle apprit par d'autres personnes l'existence de l'île de Tinos et se mit en pèlerinage pour s'y rendre (ayant eu auparavant une vision de la Vierge qui l'appelait à le faire).

Elle y passa six mois et dormit dans la cour de l'Evangelistria*. Ses difficultés émurent Pandelis Filipousis, le gardien des icônes du saint sanctuaire, au point que, outre ce dont elle avait besoin en termes de nourriture et de logement, il lui fournit également un refuge. Il la protégea, en partie parce qu'il avait une chapelle familiale sur sa terre dédiée à Sainte-Sophie.

Son protecteur et le prêtre Stylianos Kornaros, ainsi que le père de cette dernière, l'emmenèrent au monastère de Kekhrovouni. C'était alors l'automne 1938 et Sophia avait 25 ans.

L'higoumène, Theofano Vidali, fut ravie de voir la jeune femme, mais refusa de la garder. Elle craignait que sa famille ne la cherche et ne détruise le monastère.

Elle lui dit de retourner à l'Evangélistria. Mais finalement, face au zèle de la jeune femme, elle céda et la mis en obédience à une religieuse  âgée aveugle, Elisabeth Karazepouni, de Castellorizo. En raison de son malheur et parce que sa disciple Kassiani était alitée, elle descendit à l'Evangelistria avec un muletier et deux de ses animaux pour ramener Sophia au monastère. Sœur Elisabeth fut ravie de la faire novice et l'inscrivit comme moniale dans le registre du monastère avec son propre nom de famille, Karazepouni.

Elle fut faite moniale du grand habit en 1942, par le Métropolite Philarète de Syros-Tinos. A cause de l'occupation allemande, c'était une période difficile, et tout ce qu'ils eurent à offrir en guise de douceur à l'occasion de sa tonsure fut du raisin.

Sœur Agathoniki ne parlait jamais le turc et ne mentionnait jamais sa religion ou ses détails personnels. Il lui suffisait qu'elle soit acceptée en tant que chrétienne.

Elle priait beaucoup avec le chapelet, car elle ne savait pas lire. Après la mort de Sœur Elisabeth, Sœur Sophia fit le tour des cellules et  demanda aux moniales de lui lire les Vies des Saints et les textes patristiques. Son âme avait soif d'entendre parler de la vie et des réalisations des saints. Comme elle ne savait pas lire, elle ne savait évidemment pas non plus écrire et mettait une croix à la place de sa signature.

Elle jeûna beaucoup. Pendant les jeûnes, elle ne mangeait que du pain sec (biscottes) et, seulement le week-end, elle prenait quelques petits pains plats et des légumes verts. Elle vivait dans une pauvreté absolue et n'avait pas de biens. Elle n'avait pas d'artisanat, mais offrait ses services auxiliaires. Elle ramassait les fils pour le tissage et moulait le café. Elle était prête à apporter son aide partout où on en avait besoin. Outre Sœur Elisabeth, elle s'occupait également de Sœur Cassienne, qui était très âgée.

En 1980, en la fête de l'archange Michel et de toutes les puissances célestes, elle eut une attaque et s'endormit en Christ quelques mois plus tard, le 28 mars 1981.

Elle était très simple, réservée et très aimée. Les autres moniales parlent toutes en bien d'elle et demandent ses prières.

Si vous sortez des murs du monastère, à l'église de la Toussaint, dans le cimetière, vous verrez ce qui suit sur la boîte contenant ses ossements :

Les ossements de la sœur Agathoniki Karapezouni.

Elle était ottomane de naissance,

et baptisée par révélation divine.

Ayant vécu en tant que moniale agréable à Dieu,

elle alla reposer en Christ le 28/3/1981.

"J'attends la résurrection des morts

et la vie du siècle à venir".


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

PEMPTOUSIA

Source : Hieromonk Dimitrios Kavvadias, Γέροντες και γυναικείος μοναχισμός, publié par le Saint et Grand Monastère de Vatopaidi.


NOTE:

* L'église principale de l'île, dédiée à l'Annonciation, bien que la plus grande célébration soit celle de la Dormition. C'est peut-être le site de pèlerinage le plus important en Grèce et il est construit autour de l'endroit où la Mère de Dieu a dit à la religieuse Pélagie où une célèbre icône de la Mère de Dieu, qui fait des miracles, avait été enterrée.

mardi 27 octobre 2020

Méditation: Je vous donne ma paix ( St. Jean 14:27)

 

Seigneur, donne-moi aussi Ta paix ! Je n'ai pas l'esprit pacifique de l'humilité, je sais qu'aucun effort, aucune considération ne me fera y parvenir, car cela dépasse mon entendement. 

Calme mon âme anxieuse, égoïste et agitée, comme une mère calme un enfant qui pleure. 

Je ne sais pas comment tu vas le faire faire, mais je sais que lorsqu'un enfant ne peut toujours pas venir vers sa mère, celle-ci se hâte de le faire, et Tu es plus proche que n'importe quelle mère.

Tu es le Père tout-puissant, Tu insuffles la Lumière et la Vie à toutes choses. 

Fais briller Ta lumière sur moi et remplis mon âme de Ta paix. 

Je ne peux pas pénétrer la profondeur de Ton amour, mais je sais que Tu as tellement aimé le monde que Tu as envoyé Ton Fils unique afin de sauver ce monde et moi-même. 

Je sais que Ton amour couvre le monde entier et moi-même. 

Je sais que Tu apportes la paix au monde et la bonne volonté entre les hommes et que Ta paix subjugue aussi mon âme angoissée, et Ta miséricorde s'étend aussi à moi, le premier des pécheurs.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après Cathédrale St. John the Baptist

Washington DC

USA

lundi 26 octobre 2020

LA CHARITÉ CHRÉTIENNE NE SE LIVRE PAS AUX PÉCHÉS : UN HIÉRARQUE UKRAINIEN COMMENTE LE SOUTIEN DU PAPE AUX UNIONS CIVILES HOMOSEXUELLES

Métropolite Antoine
 

Kiev, le 23 octobre 2020


La récente déclaration du pape François en faveur des unions civiles homosexuelles contient un certain nombre d'incohérences et de contradictions par rapport à l'enseignement chrétien, a déclaré hier Son Éminence le Métropolite Antoine of Boryspil and Brovary, Chancelier de l'Église orthodoxe ukrainienne.

Dans un nouveau documentaire, "Francesco", publié mercredi, le pape François a déclaré "Les homosexuels ont le droit d'être dans une famille. Ils sont enfants de Dieu et ont le droit d'avoir une famille. Personne ne devrait être rejeté ou rendu malheureux à cause de cela".

Cependant, "Il y a déjà un certain nombre de contradictions dans cette seule  a déclaré Vladyka Antoine  dans un commentaire à la revue ukrainienne Vie Orthodoxe

"Bien sûr, nous sommes tous des enfants de Dieu - à la fois les justes et les pécheurs, et tous seront jugés par le Seigneur. Mais que signifie "tout le monde a droit à une famille" ? La famille est un don de Dieu, donné à nos premiers parents en même temps que le commandement : Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l'assujettissez; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre. (Genèse 1:28)", a expliqué le hiérarque. 

Selon l'enseignement chrétien, le fondement de la famille est le mariage d'un homme et d'une femme, donc "De quel genre de famille parle le pape ? demande le Métropolite Antoine. Le mariage homosexuel ne peut être accepté par l'Eglise, malgré des arguments simples sur la façon dont les gens devraient être heureux. 

"Nous savons que le vrai bonheur ne peut être atteint que dans l'union avec le Seigneur, et non dans une union pécheresse qui satisfait la luxure", souligne-t-il.

Et qu'est-ce que la création d'une loi sur les "unions civiles" a à voir avec l'Eglise de toute façon, demande le Chancelier ukrainien. "Il y a beaucoup de questions, et elles sont toutes en suspens."

Le Métropolite Antoine commente également une scène du documentaire où le pape François parle avec un couple de même sexe et leur conseille de laisser leurs préoccupations de côté et d'aller à l'église "malgré l'indignation de qui que ce soit."

"Il y a beaucoup de questions ici aussi", dit-il. "Faut-il amener les enfants à l'église ? Bien sûr. Mais comment une visite à l'église peut-elle influencer les enfants qui voient leurs "parents" vivre publiquement dans le péché tous les jours, d'autant plus que ce péché n'est plus appelé péché...  

Les gens peuvent dire que le pape ne faisait que montrer de la charité, mais "En fait, la charité chrétienne signifie amener le pécheur à se repentir, et non se livrer à ses péchés. La compassion ne signifie pas la justification. Il existe un principe ancien : "Aimez le pécheur, haïssez le péché". Est-ce qu'on le voit ici ? Hélas, non", a commenté le Métropolite Antoine.

Son Eminence conclut par un fort avertissement:

Certains sont perplexes quant à la façon dont nous pouvons discuter sérieusement des déclarations du pape, alors que nous avons maintenant de nombreux divorces, avortements et autres facteurs négatifs. Je pense que c'est une sorte de pharisaïsme. Après tout, l'Église condamne le divorce et l'avortement de la même manière. La tâche de l'Église est de témoigner de la Vérité en tout lieu, ici et dans le monde entier. Et si nous ignorons la substitution des valeurs chrétiennes par le culte essentiellement de la tolérance anti-Dieu, cette attaque ne tardera pas à nous atteindre.


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

ORTHOCHRISTIAN


Véhémente protestation de la part de quatre hiérarques ce l’Église de Chypre après la commémoration du métropolite Épiphane [Doumenko] par l’archevêque Chrysostome


Véhémente protestation de la part de quatre hiérarques ce l’Église de Chypre après la commémoration du métropolite Épiphane [Doumenko] par l’archevêque Chrysostome

Les métropolites Nicéphore de Kykkos, Athanase de Limassol, Isaïe de Tamassos et Nicolas d’Amathonte, de l’Église orthodoxe de Chypre, ont adressé au primat de leur Église, l’archevêque Chrysostome, la protestation suivante après la commémoration par celui-ci du métropolite Épiphane [Doumenko], de la nouvelle Église autocéphale d’Ukraine :

 

« Avec beaucoup d’inquiétude, mais aussi une profonde tristesse, nous avons appris la commémoration en tant que « Primat de l’Église ukrainienne » d’Épiphane [Doumenko], aujourd’hui le 24 octobre 2020, pendant la divine Liturgie au monastère de la Mère de Dieu « Chrysorroïatissa », où a eu lieu le sacre épiscopal de S.E. l’évêque d’Arsinoé Pancrace.

 

1. L’acte en question de l’Archevêque constitue une violation flagrante de la structure synodale, collégiale et démocratique de notre Église orthodoxe et du fonctionnement, sur la base de ce système, de l’Église orthodoxe de Chypre.

 

2. Cette question [de l’autocéphalie ukrainienne, ndt] a été soulevée par Sa Béatitude [l’archevêque Chrysostome], lors d’une session récente du Saint-Synode (le 9 septembre 2020) et la décision a alors été prise de l’examiner au cours d’une autre de ses sessions, afin que soient entendues les opinions et les positions de tous les membres du Saint-Synode et que soit prise à ce sujet une décision synodale.

 

3. La promotion d’Épiphane en tant que « Primat de l’Église d’Ukraine » par Sa Toute-Sainteté le patriarche œcuménique de Constantinople Mgr Bartholomée, qui a eu lieu dans un passé récent, a provoqué des fissures dans l’unité de l’Église orthodoxe et, jusqu’à ce jour, seuls l’Église de Grèce et le Patriarcat d’Alexandrie, pour des raisons qui ne nous concernent pas ici, l’ont reconnue. Toutes les autres Églises orthodoxes locales observent une position négative sur la question (Nous mentionnerons ici que lors de la « consécration » de l’Épiphane en question, aucun représentant des Églises orthodoxes locales orthodoxes n’était présent, avec tout ce que cela peut signifier).

 

4. Celui qui a été proclamé par le patriarche œcuménique Bartholomée «Primat » de l’Église d’Ukraine n’est en aucun cas consacré canoniquement et ce parce qu’il provient de groupes schismatiques de l’Église ukrainienne. Si, réellement, Sa Toute-Sainteté le Patriarche œcuménique voulait suivre l’ordre nomo-canonique de l’octroi de l’autocéphalie à l’Église d’Ukraine, il aurait fallu qu’il s’adressât au métropolite canonique de Kiev Mgr Onuphre, et qu’il ait pour ce faire l’accord du Patriarcat de Moscou, auquel celui-ci appartient, de même que l’accord des Primat des Églises locales orthodoxes.

 

5. L’acte du Patriarche œcuménique Bartholomée d’octroyer « l’autocéphalie » à des structures schismatiques de l’Église d’Ukraine constitue un agissement arbitraire, anti-canonique et anti-ecclésial, en ce sens que l’Église orthodoxe ukrainienne appartient à la juridiction du Patriarcat de Moscou et il s’agit, comme nous l’avons mentionné, d’une intrusion dans la juridiction du Patriarcat en question. Réagissant à cela l’Église de Russie, de façon justifiée, a cessé la communion ecclésiale avec le Patriarcat œcuménique, et les Églises de Grèce et d’Alexandrie.

 

6. L’octroi de l’Autocéphalie a du sens et est possible, selon les saints canons et la pratique de notre Église seulement dans le cas où il obtient l’accord préalable des Primats des Églises orthodoxes locales. Dans le cas présent, à l’encontre de ce que contiennent les saints canons et la Tradition ecclésiale et en contradiction avec ses déclarations plus anciennes, le patriarche œcuménique a agi unilatéralement et arbitrairement. Et malheureusement, le Primat de l’Église de Chypre a suivi cet exemple, en ignorant et en méprisant son Saint-Synode.

 

7. La décision de l’Archevêque de Chypre de commémorer comme « Primat de l’Église ukrainienne », Épiphane, aggrave encore la situation tendue entre les Églises orthodoxes, renforce le schisme menaçant l’Orthodoxie universelle et intègre dans ce climat, inconsidérément, l’Église de Chypre également.

 

8. Nous appelons Sa Béatitude [l’archevêque Chrysostome] d’annuler immédiatement son Acte anti-canonique et invalide et, simultanément, nous demandons à tous nos confrères les évêques de l’Église de Chypre d’exiger une convocation extraordinaire de notre Saint-Synode pour trancher cette question et de prendre la décision y afférente.

 

9. Nous devons, enfin, souligner aussi l’inopportunité de l’Acte de notre Primat, en raison des temps critiques que nous traversons, avec notre problème national, mais aussi en raison des actions provocatrices de la boulimie expansionniste turque, menaçant l’intégrité de notre nation.

Nous exposons ce qui précède avec bonne foi, prenant en considération notre conscience épiscopale et notre devoir sacré de préserver l’ordre canonique et l’unité de l’Église, pour éviter le péché mortel du schisme que, selon S. Jean Chrysostome « le sang du martyre même ne peut laver ».

Nicosie, le 24 octobre 2020″

Source

traduit par Orthodoxie.com