"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

mardi 4 février 2014

Podvig (Labeur/combat spirituel)



Tout chrétien orthodoxe qui fait même la moindre lecture spirituelle rencontrera le mot "podvig."  Bien que ce mot puisse être décrit, il ne peut pas être traduit en un seul mot [en français], ce qui est la raison pour laquelle nous continuons à l'utiliser, et nous devons donc apprendre à comprendre ce terme russe.

Le mot lui-même a été défini comme "combat spirituel."  Comme beaucoup de choses dans l'orthodoxie, en pratiquant, nous le comprenons dans nos âmes, même si nous ne pouvons pas l'expliquer. En effectuant un podvig, nous trouvons comme un moyen de nous rapprocher du Christ tandis que nous cheminons le long de la voie du salut.

Nous portons les cicatrices du péché dans notre corps, ce qui nous entraîne en bas vers la terre, comme un aimant, mais notre âme aspire à monter vers les hauteurs. Comme homme, composé de corps et d'âme, nous trouvons ces deux choses opposées l'une à l'autre. Même Saint Paul dit "Car je ne sais pas ce que je fais; le bien que je veux, je ne le fais pas; mais le mal que je hais, je le fais. Or, si je fais ce que je ne veux pas, je consens à la loi, reconnaissant qu'elle est bonne. Ainsi ce n'est plus moi qui fais cela, mais c'est le péché qui habite en moi. Car je sais que le bien n'habite pas en moi, c'est-à-dire, dans ma chair: en effet, vouloir est à ma portée; mais accomplir ce qui est bon, je ne le puis. Car je ne fais pas le bien que je veux; mais je fais le mal que je ne veux pas". ( Romains 7:15-20)

En tant que chrétiens orthodoxes, nous savons que nous devons travailler à la purification, l'illumination, la theosis (déification). La première étape de notre purification des passions, de tout ce qui nous éloigne de Dieu et qui nous enchaîne de monter sur les hauteurs, nécessite l'utilisation du podvig.

Saint Théophane le Reclus définit l'ensemble de notre vie chrétienne comme podvig. Il explique que l'esprit hait le péché, tandis que la chair y habite. Comment cette bataille en nous-mêmes peut-elle être résolue? Par le podvig, cette lutte spirituelle qui amène l'âme à la maîtrise du corps.

L'Eglise nous donne les instructions pour ce faire, par le jeûne, les prosternations, la station debout dans la prière, etc. Toutes ces choses s'opposent au corps, et tandis que nous nous acquittons de ces pratiques ascétiques, nous découvrons en effet qu'elles aident à nous rapprocher de notre Créateur et Sauveur. Comme nous aspirons à approfondir nos âmes en Christ, nous constatons que nous voulons faire plus,  aller au-delà ce que l'Eglise nous a déjà dit être les premiers pas nécessaires.

Le podvig, c'est précisément de "faire plus".

Selon saint Théophane " tous les saints acceptent que le seul vrai chemin de la vertu soit la douleur et le travail acharné… La légèreté et la facilité sont le signe d'une fausse voie. Toute personne qui ne lutte pas, n'est pas dans le podvig, elle est dans l'illusion spirituelle ("prelest ") [in Le chemin du salut, p. 209 de l'édition anglaise].

Notre Seigneur dit: "Si quelqu'un veut me suivre, qu'il renonce à lui et qu'il prenne sa croix, et qu'il me suive" (Matthieu 16:24 ). Saint Innocent, dans son livre, Indication de la Voie qui mène au Royaume des Cieux, écrit clairement que le chemin qui mène au royaume des cieux est précisément de renoncer à soi, de prendre la croix, et de suivre le Christ. Notre bien-aimé saint américain poursuit en expliquant que "renoncer à soi, signifie abandonner ses mauvaises habitudes, d'extirper du cœur tout ce qui nous lie au monde…" Il y a des croix externes et internes. Prendre sa croix signifie non seulement porter des croix posées sur nous par d'autres, ou bien envoyées par la Providence, mais... même de s'imposer des croix à soi-même et de les porter."

Voilà une claire orientation vers le podvig.

Lorsque nous prenons une croix supplémentaire, un podvig, avec la bénédiction de notre père spirituel, nous constatons que le Seigneur Lui-même vient nous aider à porter cette croix, marchant côte à côte avec nous. N'est-ce pas ce à quoi nous aspirons? Avoir le Seigneur près de soi, être près de Lui?

Tout ce qui concerne le podvig est une forme de repentir, de retournement et de retour vers la bonne voie. Parce qu'il est si intimement lié à la repentance, il ne faut jamais entreprendre une podvig spécifique sans l'approbation de son père confesseur/père spirituel. 
Le Malin est très rusé et il ne veut rien de plus que de nous attirer dans le même orgueil par lequel il est tombé. Il va essayer d'utiliser les mêmes moyens par lesquels nous essayons de surmonter nos péchés pour nous entraîner dans le péché d'orgueil. Oui, nous pouvons devenir orgueilleux et tomber dans la vaine gloire par notre propre podvig! En fait, il arrive fréquemment qu'un guide spirituel accompli dise à son enfant spirituel de renoncer à son podvig.

Quand nous entreprenons un podvig, c'est pour s'opposer au corps qui nous attire vers la terre et loin de Dieu. Est-ce que je mange trop? Alors, je dois entreprendre un podvig de jeûne supplémentaire, ou me refuser les aliments spéciaux avec lesquels j'ai tendance à me laisser aller, par gourmandise. Suis-je paresseux? Alors, je dois travailler plus durement. Je ne veux pas sortir du lit le matin? Alors je me lève plus tôt pour prier. La liste est longue et chaque personne, avec l'aide de son confesseur, sait quels vices l'affligent particulièrement. Chaque vice a une vertu opposée, et dans l'effort vers la vertu, le vice peut, avec l'aide de Dieu (car rien ne peut être accompli sans la prière et la grâce du Seigneur!), être vaincu, ou au moins atténué dans une large mesure.

Tout podvig peut être accompli pour s'opposer à une passion dont nous sommes affligés, comme indiqué ci-dessus, mais on peut aussi entreprendre un podvig comme une forme de prière pour nous-mêmes, nos familles ou toute autre personne. Un exemple de cela pourrait être le parent qui a un enfant malade. En plus de prier pour cet enfant, le parent peut prendre un podvig de prosternations et/ou de jeûne supplémentaire comme un effort supplémentaire en sus de cette prière.

En effet, nous ne pouvons pas seulement, mais nous devrions ajouter un podvig à nos prières de demande au Seigneur.

Tout au long des siècles, nous pouvons voir dans l'histoire de l'Eglise chrétienne que vivre la vie d'un chrétien signifiait [accomplir] un podvig. Les premiers siècles ont vu des centaines de milliers de martyrs, dont beaucoup sont connus de nous par leur nom, mais la majorité d'entre eux sont inconnus. 
Dans l'histoire plus récente, nous avons assisté à des décennies d'oppression communiste qui a produit des milliers de martyrs et de confesseurs de la foi, ceux qui ont refusé de renier le Christ et ont souffert au-delà de toute description. Être chrétien signifiait [accomplir] des podvigs. Il a également été clair à travers les siècles, que lorsque les chrétiens sont devenus laxistes, quand la vie extérieure a été privilégiée et non la vie intérieure, quand les abus et la corruption se sont glissés dans l'Église, les podvigs vinrent de l'extérieur sous forme de persécution islamique ou communiste. Individuellement et collectivement, nous devons réaliser que si nous n'acceptons pas et nous ne cherchons pas le podvig, il nous sera imposé!

Alors que la plupart des fidèles acceptent et observent les jours et les saisons de jeûne - et reconnaissent leurs avantages spirituels, nous avons perdu la notion de prendre pour nous-mêmes toute autre jeûne supplémentaire comme une forme de podvig. 
Alors que nous donnons volontiers et avec joie aux pauvres et à l'Eglise, c'est rarement au point de nous priver de toute nécessité de ces ressources. Nous acceptons notre règle de prière quotidienne, mais où sont les prosternations en dehors du Grand Carême?

Toutes les choses mentionnées ci-dessus (et il y en a en effet beaucoup, beaucoup plus, en fonction de chaque individu) peuvent être une forme de podvig.

La vie chrétienne dans ce monde déchu est un combat. Si nous ne luttons pas, alors sommes-nous sur la bonne voie? Quand tout va bien, nous avons tendance à laisser notre attention s'éloigner de Dieu, tandis que dans les difficultés, nous Le cherchons. 
Nous devons toujours nous rappeler qu'Adam était au Paradis où il manquait de rien, mais ce fut là qu'il perdit cette parfaite communion avec Dieu. Quand L'a-t-il retrouvé? Quand le Seigneur est descendu dans le séjour des morts, qu'Il lui a pris la main et qu'Il a délivré tous ceux qui y avaient été détenus.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
The Veil
Vol. 12, 
No. 2 
(Summer, 2005)

Jean-Claude LARCHET: Recension/Michel Quenot, Des flambeaux de lumière et leur icône. Nos Pères dans la foi


Quenot Flambeaux


Michel Quenot, Des flambeaux de lumière et leur icôneNos Pères dans la foi, Éditions Orthdruk et Éditions du Signe, Bialystok et Strasbourg, 2013, 224 p.
Le protopresbytre Michel Quenot propose dans ce nouveau livre une série de chapitres consacrés à trente Pères de l’Église, grecs et latins, des huit premiers siècles:  Clément de Rome, Polycarpe, Justin, Irénée de Lyon, Origène, Cyprien de Carthage, Antoine le Grand, Pachôme, Athanase d'Alexandrie, Hilaire de Poitiers, Éphrem le Syrien, Basile le Grand, Grégoire le Théologien, Grégoire de Nysse, Cyrille de Jérusalem, Macaire le Grand, Ambroise de Milan, Jean Chysostome, Cyrille d'Alexandrie, Augustin d’Hippone, Jean Cassien, Diadoque de Photicé, Pseudo-Denys l’Aréopagite, Benoît de Nursie, Grégoire le Grand,  Dorothée de Gaza, Jean Climaque, Maxime le Confesseur, Isaac le Syrien et Jean Damascène.
Ces chapitres brefs (de 2 à 4 pages) sont un libre hommage, s’appuyant sur quelques traits marquants de leur vie et de leur œuvre, à ces grandes figures du christianisme qui furent et restent des « flambeaux de lumière » pour l’Église et pour le monde.

L’auteur, dont la visée est à la fois pastorale et pédagogique, se veut comme d’habitude très simple. On regrette néanmois l’absence d’une bibliographie au moins sommaire qui aurait permis aux lecteurs curieux d’approfondir leur connaissance de ces grands témoins et maîtres du christianisme que cet ouvrage de vulgarisation se propose de leur faire découvrir.
L’un des principaux apports de ce livre est d'offrir, dans chaque chapitre, deux ou trois illustrations en couleur (généralement des reproductions d’icônes ou de fresques, anciennes ou contemporaines) comme toujours très bien choisies, et en l’occurrence très bien reproduites par la très performante imprimerie orthodoxe Orthdruk de Bialystok (Pologne).Le livre est en vente sur le site du monastères de la Transfiguration à Terrasson, au profit intégral du monastère.

Haïjin Pravoslave (CCLXXVI)



Lorsque ton seul bien
Sera  l’espoir du Royaume
Ta foi sera vraie

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

lundi 3 février 2014

Père Edward Pehanich:Les saintes reliques


Shrine with the relics of the holy hierarch John


Reliques de saint Jean ( Maximovitch)



Si vous entrez dans la cathédrale orthodoxe située sur Geary Boulevard à San Francisco, vous remarquerez des gens qui allument des cierges devant un petit reliquaire en forme de pavillon sur le côté droit de l'église. En regardant de près, vous verrez des gens se pencher pour embrasser le verre recouvrant le cercueil de l'archevêque de la cathédrale qui est mort en 1966. Ils vénérent les saintes reliques de saint Jean le Thaumaturge, archevêque de San Francisco. Pourquoi cette vénération d'un corps mort? Est-ce une pratique superstitieuse ou païenne qui s'est glissée dans l'Église chrétienne?

Témoignage biblique

L'honneur et la vénération des restes des saints hommes et femmes peuvent être trouvés dans la Bible, et dans la pratique des premiers chrétiens. L'exemple le plus spectaculaire est enregistrée dans l'Ancien Testament et raconte l'histoire d'un miracle accompli par le contact avec les os du Saint Prophète Elisée :

Élisée mourut, et on l'enterra. L'année suivante, des troupes de Moabites pénétrèrent dans le pays.Et comme on enterrait un homme, voici, on aperçut une de ces troupes, et l'on jeta l'homme dans le sépulcre d'Élisée. L'homme alla toucher les os d'Élisée, et il reprit vie et se leva sur ses pieds. (2 Rois:13:21 )

Le livre de la Sagesse de Sirach de l'Ancien Testament rappelle ce miracle accompli par les os d'Elisée :

Elisée fut couvert par le tourbillon,
Et Élisée fut rempli de son esprit (Elie).
Et dans ses jours, il ne tremblait devant aucune gouvernant, et personne ne l'opprimait.
Aucune parole ne pouvait le vaincre,
Et après la mort, son corps prophétisa, comme dans sa vie, il faisait des miracles,
Ainsi, même dans la mort ses œuvres étaient incroyables. (Sagesse de Sirach 48:12-14)

Dans le Nouveau Testament, les premiers chrétiens ont trouvé qu'il y avait un pouvoir miraculeux dans des mouchoirs qui avaient été en contact avec les apôtres, et même simplement l'ombre de l'apôtre Pierre était suffisante pour effectuer une guérison:

Et Dieu faisait des miracles extraordinaires par les mains de Paul, au point qu'on appliquait sur les malades des linges ou des mouchoirs qui avaient touché son corps, et les maladies les quittaient, et les esprits malins sortaient. (Actes 19:12)

Le nombre de ceux qui croyaient au Seigneur, hommes et femmes, s'augmentait de plus en plus; en sorte qu'on apportait les malades dans les rues et qu'on les plaçait sur des lits et des couchettes, afin que, lorsque Pierre passerait, son ombre au moins couvrît quelqu'un d'eux. La multitude accourait aussi des villes voisines à Jérusalem, amenant des malades et des gens tourmentés par des esprits impurs; et tous étaient guéris. (Actes 5:15)

Les premiers chrétiens

Comme lors de ces expériences avec les saints apôtres, les premiers chrétiens accordaient un honneur spécial aux corps des saints martyrs, ces hommes et ces femmes qui donnèrent leur vie pour le Seigneur. L'un des premiers documents chrétiens, datant d'environ l'an du Seigneur 155, est intitulé Le Martyre de Polycarpe. Ce document primitif raconte l'histoire du martyre de l'évêque âgé saint Polycarpe. Il nous donne un aperçu de la façon dont l'Église primitive a honoré les reliques de ses martyrs:

Et ainsi, après, nous avons pris ses os, plus précieux que des pierres précieuses et plusfines que l'or, et les avons mis dans un endroit approprié. Là, dans la mesure où nous nous le pourrons, le Seigneur nous permettra de nous réunir dans l'allégresse et la joie et de célébrer l'anniversaire de son martyre, à la fois dans la mémoire de ceux qui ont combattu ce combat, et pour la formation et la préparation de ceux qui vont combattre. (Martyre de Polycarpe, chapitre 18)


Beaucoup de Pères de l'Église ont écrit sur cette vénération des reliques des martyrs, dont saint Jean Chrysostome, saint Grégoire de Nysse, saint Jérôme et saint Grégoire de Nazianze. Saint Grégoire de Nysse, au 4ème siècle, dans son Sermon sur le saint martyr Théodore dit:

[…] s'approcher de la tombe (du martyr), nous croyons que c'est à la fois une bénédiction et une sanctification. Si quelqu'un prend de la poussière du lieu de repos de martyr, c'est un présent et un trésor méritoires. Si une personne a, à la fois la chance et la permission de toucher les reliques, cette expérience est un prix de grande valeur et semble comme un rêve à la fois à ceux qui ont été guéris et dont le vœu a été accompli […] On implore le martyr qui intercède pour nous, et c'est un préposé de Dieu pour communiquer ces faveurs et ces bénédictions que les gens recherchent.

Théologie du corps

La vénération des reliques des saints est clairement une pratique chrétienne attestée, tant par le témoignage de la Bible que par les pratiques de l'Eglise primitive. Nous honorons les reliques des saints parce que notre foi a toujours cru et enseigné que le salut ne concerne pas seulement de notre âme, mais que notre corps participe à ce salut. 
Notre corps et notre âme sont baptisés, notre corps et notre âme reçoivent l'onction dans la Chrismation, notre corps et notre âme reçoivent le Seigneur dans la Sainte Eucharistie. 
Tandis qu'à la mort notre corps et l'âme sont séparés, au Jour Dernier nos corps se lèveront de terre et rejoindront nos âmes pour recevoir le salut ou la damnation. Notre Seigneur Jésus est monté au ciel avec un corps humain, par conséquent, nos corps sont sanctifiés et saints. 
La grâce de l'Esprit Saint qui a rempli ces saints alors qu'ils étaient en vie, continue à être présente dans leur corps qui ont été et sont les temples du Saint Esprit. Comme saint Paul l'explique dans la Bible :

Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez point à vous-mêmes? (1 Corinthiens 6:19)

Le philosophe grec Platon ne croyait pas que le corps soit un temple, mais plutôt une prison ou une cage pour l'âme. Beaucoup d'Américains, alors qu'ils professent croire en la Bible, agissent comme si la philosophie de Platon était vraie. 
Il est de plus en plus courant pour les familles de renoncer à des services funéraires pour leurs proches et d'opter plutôt pour la crémation directe suivie par un "service commémoratif" ou une "célébration de la vie" pour le défunt.
Le corps est sans importance et n'est même plus nécessaire pour les funérailles
Il est assez fréquent d'entendre, lors des funérailles, des déclarations telles que : Ce n'est pas l'oncle Charlie dans ce cercueil, c'est seulement sa coquille. Les chrétiens orthodoxes honorent et respectent le corps humain à la fois avant et après la mort. 
Ce corps d'une mère qui a élevé des enfants ou le corps d'un mari qui a travaillé pour subvenir aux besoins d'une femme et d'enfants demeure saint et honoré. 
Cet organisme qui a reçu le baptême et a été nourri par l'Eucharistie demeure saint et c'est un temple sacré, même après la mort et il est traité avec honneur et respect, amené dans église et béni avec de l'eau bénite et de l'encens.

Reliques séculières

Alors que de nombreux Américains, en particulier les protestants, abhorrent la vénération des reliques des saints, notre culture américaine embrasse facilement la vénération des reliques des saints laïques. Les musées à Washington DC montrent des reliques associées à l'assassinat d'Abraham Lincoln: les gants teintés de sang qu'il portait le soir de son assassinat, des morceaux de son crâne prélevés lors de l'autopsie, la balle de plomb qui l'a tué.

Sur votre ordinateur, Ebay vous vend des reliques sacrées: récemment étaient à vendre des mèches de cheveux d'Elvis, et même une couronne de porcelaine d'une de ses dents! 

J'ai vu des brochures dans les salons funéraires offrant à la vente des colliers avec de petits flacons en cristal dans lequel vous pouviez placer certains des restes incinérés d'un être cher.

Comme des miracles ont été accomplis par les reliques du saint prophète Elisée, les miracles ont lieu aujourd'hui dans les sanctuaires contenant les reliques des saints. 

Parmi les endroits les plus populaires et bien connus comme lieux de guérisons miraculeuses, sont, sur l'île grecque d'Egine, les reliques de saint Nectaire, à Bari en Italie les reliques de saint Nicolas, et en Amérique, et à San Francisco les reliques de saint Jean le Thaumaturge.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Haïjin Pravoslave (CCLXXV)


Sainte Croix du Christ
Comme un signe qui ajoute
L’Amour au salut

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

dimanche 2 février 2014

Saint Père Porphyrios: Le combat chrétien




Ne mène pas ton combat chrétien 
avec des sermons et des arguments, 
mais avec un amour véritable. 

Quand nous nous disputons verbalement, 
les autres réagissent. 

Quand on aime les gens, 
ils sont touchés 
et nous les gagnons [au Christ].

 Quand nous aimons, 
nous pensons 
que nous offrons 
quelque chose aux autres, 
mais en réalité, 
nous sommes les premiers
 à en bénéficier. 


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Haïjin Pravoslave (CCLXXIV)


Mystère ineffable
Lorsque tu es en prière
Dieu descend au cœur


上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

FEUILLETS LITURGIQUES DE LA CATHÉDRALE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX


20 janvier / 2 février
32ème dimanche après la Pentecôte

Saint Euthyme le Grand (473). Saint Euthyme, moine du grand-habit (XIVème s.) et saint Laurent, reclus (XIIIème-XIVème s.) de la Laure des Grottes de Kiev. Saint Euthyme de Vologda (vers 1465). Saints Innas, Pinnas et Rimmas, martyrs Goths en Scythie (I°-II°). Saints Bassos, Eusèbe, Euthychès et Basilide, martyrs à Rome (303). Saint néomartyr Zacharie de Patras (1782). Saint hiéromartyr Paul Dobromyslov, prêtre (1940).

Lectures : 1 Тim. IV, 9–15. Lc. XIX, 1–10 (Zachée). Saints: Hébr. XIII, 17–21. Lc VI, 17–23.

VIE DE SAINT EUTHYME LE GRAND[1]


C
omme saint Antoine pour l’Égypte, notre saint Père Euthyme fut, quelques années plus tard, le fondateur et le père du grand mouvement monastique qui allait remplir le désert de Palestine. Accordé par Dieu à ses parents, longtemps restés sans enfants, comme fruit de leurs prières, il naquit en 378 à Mélitène, en Petite Arménie. Ayant perdu son père à l’âge de trois ans, sa mère le confia à l’évêque Eutréios qui le baptisa et le consacra aussitôt lecteur de son église. Élevé au sein de la maison épiscopale dans la vertu, la tempérance et l’application aux saintes Écritures, Euthyme apprit très tôt à accomplir l’office divin aux temps fixés, avec crainte de Dieu, et à prier d’un cœur non distrait. Il ne sortait guère que pour rendre visite aux moines des alentours et, à chaque Carême, de la Théophanie à Pâques, il s’enfonçait dans le désert pour y vivre dans le silence et la solitude. Brillant ainsi de telles vertus, il fut ordonné prêtre dès l’âge de dix-neuf ans et nommé aussitôt supérieur de tous les monastères du diocèse. Il s’acquitta de cette charge pendant une dizaine d’années, puis voyant dans ces honneurs un obstacle à la vertu, il s’enfuit vers Jérusalem, avec le désir d’imiter la conduite de notre Seigneur Jésus-Christ au désert. Il s’établit un peu en dehors de la laure de Pharan, dans une cellule de solitaire où, libéré de tout autre souci que de plaire à Dieu par les prières et par les jeûnes, il s’occupait à tresser des rameaux de palmier, afin de n’être à la charge de personne. Il se lia alors d’une si étroite amitié spirituelle avec son voisin Théoctiste que l’un et l’autre avaient tout en commun, pensée et manière de vivre. Comme les deux ascètes allaient chaque année passer tout le Carême dans le grand désert de Koutila, vers la mer Morte, ils furent un jour conduits par Dieu, jusqu’à une grotte admirable, qu’ils élurent aussitôt comme demeure et qu’ils transformèrent en église de Dieu par la vertu sanctifiante de leurs hymnes et de leurs prières. Après avoir passé quelques temps inconnus de tous et ne vivant que des herbes qui poussaient là, ils furent découverts par des bergers des environs. Dès lors des moines de Pharan commencèrent à les visiter et à se joindre à eux en nombre croissant. Comme Euthyme désirait rester libre de tout attachement, et le lieu étant trop exigu pour y mener la vie érémitique d’une laure, il fonda un coenobium dirigé par Théoctiste. Quant à lui, il demeurait en solitaire toute la semaine dans la grotte transformée en oratoire et assurait la direction spirituelle et l’enseignement des frères, le samedi et le dimanche, quand tous se réunissaient pour la vigile et la Divine Liturgie. Le vénérable Euthyme progressait ainsi sans cesse spirituellement et acquit en retour le pouvoir d’accomplir des miracles. Un jour de l’an 420, le chef d’une tribu de bédouins vint trouver le saint à la suite d’une vision et lui présenta son fils malade. Euthyme guérit l’enfant d’un signe de croix. Cette guérison rendit le nom d’Euthyme célèbre dans tout le pays. Les malades accouraient de partout en foule, en troublant fort sa retraite, aussi décida-t-il de s’enfuir, vers le désert plus profond de Rouba, à l’emplacement de l’ancienne forteresse juive de Massada, en compagnie du seul Dométien, originaire lui aussi de Mélitène. Il passa ainsi quelques années dans divers endroits où, ses miracles ayant attiré de nouveaux disciples, il fonda des monastères. Puis il retourna à proximité de saint Théoctiste et s’installa avec Dométien dans une grotte située sur une petite colline, au milieu d’une vaste plaine désertique (le Sahel). Au bout de peu de temps, Pierre lui amena une foule de Sarrasins qui demandaient le baptême. Ceux-ci ne voulurent plus quitter le saint et installèrent leur campement permanent à proximité, campement qui devint par la suite un évêché. Euthyme continuait à envoyer à Théoctiste ceux qui voulaient vivre sous sa direction, jusqu’au moment où Dieu lui ordonna, dans une vision, de commencer à recevoir lui-même des disciples et de fonder une laure, organisée sur le modèle de Pharan. Les ermites y vivaient dans l’hésychia toute la semaine, non plus dans des grottes mais dans des cellules construites par Pierre et les Sarrasins, et se réunissaient pour la vigile dominicale autour de leur prêtre et père spirituel dans l’église consacrée, en 428, par l’archevêque saint Juvénal. Lorsque saint Euthyme célébrait la Divine Liturgie un feu venu du ciel se déployait au-dessus de l’autel et les recouvrait, lui et son diacre Dométien, comme un voile. L’œil de l’intelligence illuminé par la grâce divine, il pouvait distinguer clairement ceux qui s’approchaient dignement de la sainte Communion et ceux qui, l’âme chargée de péchés, communiaient pour leur condamnation. Il discernait aussi les secrets des cœurs et prophétisait l’avenir. Malgré la grande pauvreté de la laure, le saint se montrait hospitalier et généreux envers tous ceux qui s’y présentaient. Aux nombreux miracles qu’il accomplissait, l’homme de Dieu joignait toujours un enseignement sur l’obéissance, sur la persévérance dans la condition où Dieu nous a placés et sur le repentir, si bien que la grâce qu’il déversait sur ses disciples et sur le peuple était toujours pour leur édification et leur progrès dans la vertu. Saint Euthyme, dans les temps troublés qui s’écoulèrent entre le concile d’Éphèse (431) et le concile de Chalcédoine (451), fut pour les fidèles un critère sûr de vérité et une colonne d’orthodoxie. Il envoya des disciples à l’un et l’autre des conciles, et ceux-ci y jouèrent un rôle notable. À l’issue du concile de Chalcédoine, un imposteur, Théodose, réussit à s’emparer pendant vingt mois du trône de Jérusalem et à entraîner dans le parti monophysite une grande partie des moines de Palestine, pour qui la subtile terminologie théologique du concile était peu compréhensible. Euthyme et ses disciples restèrent seuls à soutenir la foi orthodoxe. Comme saint Antoine jadis, l’éclat de la sainteté d’Euthyme était la preuve de la vérité de sa doctrine ; aussi, peu à peu, les moines les plus éminents se rangèrent-ils derrière lui. L’impératrice Eudocie, veuve de Théodose II, qui était établie en Palestine, s’était elle aussi laissée attirer par les opposants au concile. Mais frappée par les malheurs advenus à sa famille lors de la prise de Rome, elle réalisa son égarement et, cherchant à rentrer dans la communion de l’Église, elle envoya des émissaires auprès de saint Syméon le Stylite, près d’Antioche. Celui-ci l’exhorta à revenir en hâte à l’Orthodoxie et lui fit dire : « Pourquoi chercher au loin à puiser l’eau, alors que tu as près de toi la source. Tu as l’homme de Dieu Euthyme ; suis ses enseignements et tu seras sauvée ! » Eudocie se fit alors construire une tour près de la laure et y reçut les instructions d’Euthyme, comme si elles sortaient de la bouche même de Dieu. Elle prit ensuite fermement la défense de la foi et couvrit la Palestine de généreuses donations : églises, monastères et hospices. Le vénérable ascète, chargé de jours mais animé de toute la ferveur que donne l’Esprit Saint, guidait vers le Royaume des cieux quantité de disciples, parmi lesquels on compte les plus grandes figures monastiques de l’époque : saints Sabas, Cyriaque, Gérasime, et nombre d’évêques. À l’âge de quatre-vingt-dix ans, il descendit visiter Théoctiste, juste à temps pour assister à ses derniers moments, célébrer ses funérailles et désigner un nouvel higoumène. Dieu lui accorda aussi de connaître à l’avance la date de sa mort, mais il n’en dit rien jusqu’au jour où, selon sa coutume et malgré son grand âge, il devait partir passer le Carême au désert. Pendant la vigile de saint Antoine, il réunit ses disciples et leur délivra son ultime enseignement : « Gardez toujours, comme principe et comme fin de toute bonne activité, la charité sincère, qui est le lien de la perfection (Col 3, 14). Toute vertu se fortifie par la charité et l’humilité, avec l’aide de l’expérience, du temps et de la grâce. Mais la charité l’emporte sur l’humilité, car c’est par charité que le Verbe de Dieu s’est humilié en se faisant pareil à nous. » Puis il leur fit élire son successeur, leur annonça la mort prochaine de Dométien et la transformation de la laure en coenobium (482). Il leur indiqua l’endroit où devaient être construits l’église et les bâtiments, les exhorta à ne pas négliger l’hospitalité, à consoler et stimuler les frères éprouvés par les tentations et à accomplir avec dévotion tous les services divins. Après être demeuré pendant trois jours seul dans le sanctuaire, il s’endormit en paix, le 20 janvier 473, le visage serein et tout blanc, plus angélique que terrestre. Des miracles s’accomplirent alors en grand nombre et continuèrent longtemps de s’accomplir sur son tombeau, creusé à l’emplacement de sa grotte. Toute l’Église commença aussitôt à vénérer saint Euthyme comme un de ses Pères parmi les plus éminents, car, ayant mené toute sa vie dans la solitude, il n’avait néanmoins jamais cessé d’être le soutien de la foi, le missionnaire, le législateur de la vie communautaire et l’économe de la grâce de Dieu.

Tropaire du dimanche, 7ème ton
Pазрyши́лъ ecи́ Кресто́мъ Tвои́мъ сме́рть, отве́рзлъ ecи́ разбо́йнику pа́й, мироно́сицамъ пла́чь преложи́лъ ecи́ и aпо́столомъ проповѣ́дати повелѣ́лъ ecи́, я́ко воскре́слъ ecи́, Xpистé Бо́же, да́руяй мípoви вéлiю ми́лость.
Tu as détruit la mort par Ta Croix, Tu as ouvert le paradis au larron,  Tu as transformé le pleur des myrophores, et ordonné à Tes Apôtres de prêcher que Tu es ressuscité,  Christ Dieu, accordant au monde la grande miséricorde.
Tropaire de saint Euthyme, ton 4
Весели́ся, пусты́ня нераждáющая,  благодýшствуй, неболя́щая,  я́ко умнóжи тебѣ́ чáда мýжъ желáниiй духóвныхъ,  благочéстiемъ насади́въ,  воздержáнiемъ воспитáвъ добро-дѣ́телей въ совершéнство.  Тогó молитвами, Христé Бóже,  умири́ живóтъ нáшъ.
Réjouis-toi, stérile désert, rayonne d'allégresse, toi qui n'as pas connu les douleurs, car l'homme des désirs spirituels a multiplié tes enfants, les faisant croître dans la foi, les nourrissant de tempérance pour la perfection des vertus. Christ Dieu, par ses prières pacifie notre vie.

Kondakion de saint Euthyme, ton 8
Въ честнѣ́мъ рождествѣ́ твоéмъ рáдость твáрь обрѣ́те,  и въ Божéственнѣй пáмяти твоéй, преподóбне,  благодýшiе прiя́тъ мнóгихъ твоихъ чудéсъ,  отъ ни́хже подáждь богáтно въ дýши нáша и очи́сти грѣхóвъ сквéрны,  я́ко да поéмъ: аллилýiя.
En ton auguste naissance la création trouva la joie, en ta divine mémoire elle évoque le bonheur, vénérable Père, de tes miracles nombreux auxquels nous te prions de nous faire participer d'abondante façon en purifiant nos âmes de la souillure du péché, afin que nous puissions chanter: Alleluia.
Kondakion du dimanche, 7ème ton
Не ктому́ держа́ва смéртная воз-мо́жетъ держа́ти человѣ́ки; Христо́съ бо сни́де, сокруша́я и разоря́я си́лы ея́. Cвязу́емъ быва́етъ а́дъ, пpоpо́цы согла́сно ра́дуются: предста́, глаго́-люще, Спа́съ су́щымъ въ вѣ́рѣ, изыди́те, вѣ́рніи, въ воскресéніе.
Désormais l’empire de la mort ne peut retenir les mortels, car le Christ y est descendu pour briser et défaire sa puissance. L’enfer est enchaîné, les prophètes jubilent, disant d’une seule voix : « Il est venu, le Sauveur, pour ceux qui ont la foi ; fidèles, allez à la rencontre de la Résurrection ! »
LECTURES DU DIMANCHE PROCHAIN : Matines : Jn. XXI, 15-25; Liturgie : II Cor. VI, 16-17 – VII, 1 ; Rom. VIII, 28-39 ; Matth. XV, 21-28 ; Lc. XXI, 12-19


[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos-Petras (version abrégée).

예수 기도 [Iéssou Guido] / Prière de Jésus (en Coréen)








성모 탄생 축일
Nativity of our Most Holy Lady Theotokos
Cathédrale Saint Nicolas de Séoul

주 예수 그리스도 하느님의 아들이 시여 죄인인 나를 불쌍히 여기소서.

Décomposons:

주(Djou) - Seigneur

예수(Yésou) - Jésus

그리스도(Kri-seu-do) - Christ

하느님의(Ha-ne-nim-é) - de Dieu

아들이(a-deuri) - fils

시여(si-yo) 죄인인(tché-inin) - le pécheur

나를(na-reul) - moi

불쌍히 여기소서(boul-sang-hi  yogui-so-seo) - aie pitié

Grandes Vêpres de saint Nicolas