"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

jeudi 11 février 2010

Hésychie (57)



Regarde au-delà
De l'instant présent
Et tu verras après le Golgotha
Le jardin de la résurrection

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

mercredi 10 février 2010

Pourquoi les enfants perdent la foi en Dieu/Archiprêtre Serge Tchetverikov



Pourquoi certaines personnes sont-elles capables de connaître Dieu et de croire en Lui jusqu'à la fin de leurs jours, tandis que d'autres perdent leur foi, alors qu'elles étaient encore jeunes? Comment cette perte de la foi se produit-elle et par quels moyens la foi peut-elle être conservée ou renouvelée?

Avant de répondre à ces questions, je voudrais dire quelques mots à ceux qui disent que les croyances religieuses ne doivent pas être imposées aux enfants.

La foi religieuse ne peut être imposée à une personne, ce n'est pas quelque chose qui est étranger à l'homme, mais, au contraire, c'est un besoin essentiel de la nature humaine, elle constitue le contenu principal de la vie intérieure de l'homme.

Quand nous prenons soin de faire qu'un enfant grandisse sincère, bon, quand nous développons en lui une compréhension correcte et un goût pour la beauté, nous ne lui imposons pas quelque chose d'étranger ou de contraire à sa nature, nous l'aidons seulement à extraire cette chose de l'intérieur lui-même, nous l'aidons à reconnaître en lui ces traits et ces mouvements qui sont communs à toutes les âmes humaines.

La même chose devrait être dite concernant la connaissance de Dieu.

Selon le principe de ne rien imposer à l'âme d'un enfant, nous en viendrions généralement à renoncer à toute aide à l'enfant pour se développer et renforcer les talents et les capacités de son âme. Nous devrions le laisser livré à lui-même jusqu'au moment où il a grandi et il décide des principes à adopter et à rejeter.

Mais dans un tel cas, nous n'aurions pas surveillé l'enfant contre les influences extérieures, mais on aurait seulement rendues ces influences chaotiques et arbitraires.

Revenons à la question de savoir pourquoi certaines personnes conservent dans leur cœur une foi constante et inébranlable jusques à la fin de leurs jours, tandis que d'autres la perdent, parfois complètement et retournent parfois à elle avec beaucoup de difficultés et de souffrance?

Quelle est la raison d'un tel phénomène? Il me semble que cela dépend de la direction que prend vie intérieure d'une personne dans sa petite enfance. Si une personne, consciemment ou instinctivement, est en mesure de préserver une relation correcte entre elle et Dieu, elle ne perdra pas la foi, mais si son ego occupe une place prééminente inconvenante et dominante dans son âme, sa foi sera supprimée. Dans la petite enfance la nature d'une personne, n'occupe pas encore la première place, ne devient pas encore un objet d'adoration. Pour cette raison, il est dit: Si vous ne devenez pas comme des enfants, vous n'entrerez point dans le Royaume des Cieux. Avec les années qui s'écoulent, notre égoïsme inné grandit de plus en plus en nous, devient le centre de notre attention et l'objet de notre contentement.

Et cette vie égoïste centrée sur soi, va généralement sur deux direction: la direction de la sensualité, de la gratification du corps, et la direction de l'orgueil, de la confiance stricte en la raison, et de l'adulation de la raison en général et de sa propre raison en particulier.

Ces deux canaux ne coexistent généralement pas au sein d'une seule et même personne. Certains sont dominés par les tentations de la sensualité, tandis que d'autres le sont par les tentations de la raison. Avec l'âge, la sensualité se change parfois en sexualité malsaine, phénomène qui épargne souvent ceux qui sont dominés par la raison et l'orgueil.

La sensualité et l'orgueil - deux façons de servir sa nature - sont précisément ces traits qui, comme nous le savons, se sont manifestés dans le péché originel d'Adam et Eve, et ont créé une barrière entre eux et Dieu.

Ce qui est arrivé à nos ancêtres, nous arrive maintenant.

La direction malsaine de notre vie intérieure depuis l'enfance, qui conduit au développement en nous de l'une sensualité ou de l'orgueil, pollue la pureté de notre vision spirituelle intérieure, nous prive de voir Dieu. Nous nous éloignons de Dieu, nous demeurons seuls dans notre vie égoïste, avec toutes les conséquences d'une telle condition.

Tel est le processus de notre abandon de Dieu.

Chez ceux cependant qui réussissent à maintenir une relation correcte avec Dieu, le développement d'attitudes égoïstes, sensuelles et orgueilleuses est entravé par le souvenir de Dieu, ces gens préservent leur pureté de cœur et leur humilité d'esprit, leur corps et leur esprit sont placés tous deux dans un cadre de conscience religieuse et de devoir. Ils regardent tout ce qui surgit au sein de leur âme du haut de leur conscience religieuse, ils évaluent leurs sentiments et passions correctement, et ils ne leur permettent pas de prendre le contrôle de leur être. Malgré toutes les tentations qui viennent sur leur chemin, ils ne perdent pas l'orientation fondamentale de leur vie.

Ainsi, le but et la difficulté de l'orientation religieuse consiste à aider l'enfant, et plus tard l'adolescent, à préserver la bonne relation entre lui et Dieu et de ne pas permettre le développement en lui-même des tentations de la sensualité et de l'orgueil, qui polluent la clarté de la vision spirituelle intérieure.

Me souvenant de ma jeunesse, je dois admettre que c'est précisément à travers un tel processus interne que j'ai perdu ma foi religieuse, quand j'avais 13 ou 14 ans. Les séductions de la sensualité, la confiance excessive dans la raison et l'orgueil de la rationalité qui se développaient en moi, ont tué mon âme. Et je n'étais pas seul, la majorité de mes amis ont subi le même sort.

Si un instructeur spirituel expérimenté s'était trouvé à nos côtés et avait regardé dans nos âmes, peut-être aurait-il trouvé quelque chose de bon en elles, mais surtout il aurait trouvé l'oisiveté, la gourmandise, la tromperie, l'hypocrisie, l'assurance de soi, la croyance démesurée en nos compétences et nos aptitudes, une attitude critique et sceptique envers les opinions des autres, une tendance prendre des décisions à la hâte, l'entêtement et une attitude de confiance envers toutes sortes de théories négatives, etc...

La seule chose qu'il n'aurait pas trouvé dans notre âme aurait été le souvenir de Dieu, et le calme intérieur et l'humilité qu'il engendre.

Nous n'avons pas eu un tel instructeur. Notre professeur de religion, un vénérable archiprêtre, avait à peine eu le temps de vérifier nos leçons de loi de Dieu [catéchisme] et d'en expliquer davantage. Et nous considérions ces leçons avec le même ennui et la même indifférence que toutes les autres. En dehors de ces leçons nous n'avions aucun contact avec notre professeur. La confession, où nous allions une fois l'an, nous y allions sans comprendre que ce soit.

Et rien ne nous empêchait de devenir spirituellement morts.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Prochain article (suite):
Comment préserver ou renouveler la foi d'un enfant

Hésychie (56)


Seigneur lorsque je suis épuisé
Accepte mon mutisme
Comme une prière d'acquiescement
A Ta Sainte Volonté pour mon âme

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

mardi 9 février 2010

La conscience de Dieu/ Père Vladimir Berzonsky


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"Je dormais, mais mon cœur était éveillé. Écoute, un bruit! Mon bien aimé frappe à la porte!" (Cantique des Cantiques 5:2)

Pour les chrétiens orthodoxes sérieux, la brève histoire d'amour de l'Ancien Testament appelée Cantique des Cantiques contient les indices les plus forts sur la façon d'entrer en contact avec le Tout-Puissant Seigneur vivant.

Une telle phrase est celle citée plus haut: je dormais, mais mon cœur était éveillé. Même pendant que nous dormons, nous ne sommes pas morts à la présence de l'Esprit Saint, qui étant "présent partout et remplissant tout", prie pour nous et nous permet de rester en contact avec la Sainte Trinité.

Éveillé ou endormi, nous gardons les canaux de la Grâce ouverts. Une façon de pratiquer la conscience de la Présence de Dieu, est de réciter des prières brèves, comme "Seigneur, aie pitié", ou "Seigneur Jésus, sois avec moi." Les Pères du désert parlent de lancer des fléchettes sur le ciel. Ce n'est pas tant les mots [qui comptent], mais il importe que les canaux de communication restent ouverts entre le Seigneur et votre cœur. Et vous le saurez par la sensation de chaleur intérieure qui pourra venir en vous.

"Mon amant frappe à la porte!" Pensez aux paroles du Seigneur Jésus: "Je me tiens à la porte et je frappe." Le Seigneur est derrière la porte de notre coeur, attendant d'y être invité. Notre Dieu est si respectueux de notre liberté qu'Il ne va jamais là où Il n'est pas désiré, pas même quand Il sait que cela est toujours au mieux de nos intérêts. Nous pouvons nous traiter les uns les autres par l'intimidation, la force, le cajolerie ou la tromperie. Dieu ne fait jamais cela. Il frappe à la porte du cœur avec patience, en attendant d'être accueilli.

Vous pouvez dire que vous ne L'avez jamais entendu. Pourquoi n'a-t-Il pas frappé plus fort, crié, ou fait quelque bruit qui aurait indiqué clairement que c'était Lui, et non pas un bruit naturel. Pourtant, il y a beaucoup d'êtres à travers les siècles qui L'ont entendu dans le vent, l'orage, le tonnerre, même dans le bruissement des feuilles ou le chant des oiseaux. Ont-ils eu raison? Peut-être, du moins le Psalmiste le croyait-il : "La voix du Seigneur est sur les eaux, le Dieu de gloire tonne... La voix du Seigneur brise les cèdres... La voix du Seigneur fit trembler le désert... La voix du Seigneur tord les chênes... " (Psaume 29).

Moines et moniales et d'autres entendent Sa voix dans les sons du silence. Il faut un énorme effort pour faire taire la clameur du monde; cependant même les meilleurs écouteurs [...] ne feront pas taire les murmures de culpabilité quand vous trouvez un endroit tranquille, ou les les cris sans-voix de ces murmures qui, dans votre vie passée ou présente envahissent votre silence et demandent d'être entendus. Il faut un grand effort mariné dans la grâce baptismale pour séparer votre conscience de leurs appels.

L'esprit se souvient des événements, et pas tellement des dates. Qu'est-ce qui fait que des impacts émotionnels du passé émergent sans cesse comme des bulles à la surface de la conscience? Il n'est pas impossible de séparer ses pensées d'eux, mais cela nécessite un effort spirituel énorme. Nous sommes des gens de passion qui vivent dans un temps rempli de passion. La société nous apprend à "tout dire", à considérer la maîtrise de soi comme moins humaine que les éruptions émotionnelles. La spiritualité orthodoxe chrétienne exige le contraire.

La sérénité intérieure fait appel à l'absence de passion. L'Esprit Saint sera avec vous si votre intention est de lutter contre toutes les passions qui envahissent votre conscience et vous empêchent de parvenir à la paix de l'âme. Les Pères de l'Église ont réalisé cela et ils parlent dans leurs écrits de l'effort qu'il faudra faire pour gagner le contrôle de vos pensées, ou plus précisément, pour entrer en bataille et vaincre les démons qui vous contrôlent et vous confinent dans la prison de votre esprit.

C'est une lutte héroïque, mais si vous sentez que cela ne sert à rien, que c'est une tentative impossible, que vous êtes ce que vous êtes, et que vous ne pouvez pas changer, alors vous êtes déjà battus.

D'un autre côté, si vous considérez le prix à gagner, vous poursuivrez votre objectif et ferez l'effort avec bonheur. C'est le Christ Lui-même qui est à l'extérieur de la porte de votre coeur, attendant d'être invité à l'intérieur. Jusqu'à ce que vous trouviez la poignée de la porte, vous ne serez pas en mesure de Le recevoir dans le salon de votre âme, et à moins que vous ne le fassiez, vous ne connaîtrez jamais la liberté véritable.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
St. Mary Magdalene Orthodox Church
Monthly Bulletin
Volume 8, Number 10, October 2009
Fenton, MI,
USA

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Hésychie (55)



Accepter que Sa volonté
Soit faite comme au Ciel
Sur la terre des vivants
Voilà la foi véritable

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

lundi 8 février 2010

La Sainteté: Professeur Alexis Ossipov


Alexis Ossipov
Théologien russe

De quoi a besoin une personne pour devenir un saint et pourquoi l'Église ne peut-elle jamais reconnaître une personne comme sainte alors que la personne est encore vivante? Ces questions sont la pierre angulaire de la vie spirituelle chrétienne. Alexis Ossipov, professeur à l'académie spirituelle de Moscou et théologien de renom, va répondre à ces questions.
Comme nous le savons par l'Évangile, la première personne qui soit jamais entrée au ciel a été le larron (Luc 23:39-43), un voleur dont les mains étaient couvertes de sang. Il s'agit d'un fait étonnant sans équivalent dans aucune autre religion du monde. Alors, pourquoi l'homme a-t-il été sauvé?

L'Évangile est très clair à ce sujet. L'auteur du méfait a été sauvé parce qu'il s'est rendu compte que sa vie était pleine d'immondices, parce qu'il a senti qu'il n'était pas digne d'être sauvé, et à cause de son repentir sincère devant le Sauveur. Le larron était pleinement conscient et n'avait absolument aucun doute qu'il ne pouvait pas être là où l'homme sur la croix allait être. C'est pourquoi il a prononcé ces paroles, si incroyablement humbles dans son agonie terrible, en s'adressant au Christ, "Seigneur, souviens-toi de moi quand tu viendras dans Ton royaume" (Luc 23:42). Il n'a pas demandé le soulagement de la douleur ou la miséricorde, mais il a demandé au Seigneur de se souvenir de lui dans le lieu où il pensait qu'il ne serait jamais. C'est ce qui était suffisant pour être sauvé. En effet, comme le dit le Psaume, "un cœur brisé et contrit, ô Dieu, Tu ne le mépriseras pas" (Ps. 51:17). La vie d'un saint commence par faire attention à sa propre vie morale, à son état intérieur. Il faudrait comparer ses sentiments et ses aspirations avec les Commandements de l'Évangile, et la manière dont le Christ a agi. Cela révèle un tout nouveau monde à l'intérieur du cœur d'une personne, un monde étrange et inconnu qui souvent ne paraît pas très bon.

D'une part, nous sommes absolument sûrs que nous sommes gentils, intelligents, honnêtes, etc En un mot, que nous sommes bons et justes. C'est pourquoi il ne nous vient jamais à l'esprit que nous pourrions aboutir en dehors du Royaume des Cieux. Au contraire, nous pensons que nous allons certainement être là, au moins quelque part dans un "coin" du Ciel. Il se peut que je ne sois pas un grand saint, comme je me le dis souvent, mais je suis encore un croyant, un chrétien orthodoxe, je vais à l'église, je confesse mes péchés, et je reçois la Communion... Comment ne pas être sauvé? Je n'ai jamais tué ou volé, ou trompé mon épouse, ou violé les lois, de quoi d'autre ai-je besoin? Je me sens comme un saint légitime. J'ai juste besoin d'être canonisé, pendant que je suis encore en vie.

Mais d'un autre côté, si nous prêtons attention à nos paroles, à nos souhaits, à nos sentiments et nos attitudes à l'égard des amis et des ennemis, et si l'on compare tout cela avec ce que notre conscience nous dit et à ce que dit l'Evangile, nous commençons à voir les choses très différemment. Il s'avère que je ne puis m'empêcher de juger, d'envier, de me vanter, de trop manger, etc... Il y a tellement de choses je ne puis m'empêcher de faire, que je ne peux plus me voir comme une "bonne personne". Même si je fais quelque chose de bien, c'est parce que je suis prétentieux ou calculateur. J'entends le grand nombre de péchés à la confession publique et je me rends compte que 99% des péchés de cette liste sont mes péchés. C'est-à-dire que je vois que je n'arrive pas à respecter les normes énoncées dans l'Evangile.

Peut-on devenir un saint déjà de son vivant? Pour répondre à cette question, nous devons comprendre que la sainteté, cela consiste à avoir le Saint-Esprit, un état qui peut changer souvent tout au long de la vie d'une personne, car Dieu seul ne connaît pas de changement. Ce n'est pas un oiseau que nous pouvons prendre et enfermer dans une cage afin qu'il ne puisse s'échapper. Mais cela consiste à surveiller son "vieil homme", à être vigilant dans le cœur et l'esprit, comme si nous étions les défenseurs d'une forteresse assiégée. Si les gardes de la forteresse font preuve de négligence, toute l'armée peut perdre la bataille. De même, il y eut des cas dans l'histoire du christianisme, où certains ascètes atteignirent les dons de prophétie ou de miracles, mais perdirent la concentration de leurs pensées et de leurs sentiments. En conséquence, ils ne furent plus capables de voir leurs "ennemis intérieurs", et de bien réfléchir à leurs réalisations, et beaucoup de ces personnes moururent spirituellement. Il y eut d'autres qui ne s'élevèrent dans leur sainteté dessus de la pureté d'un enfant. Saint Ignace (Bryanchaninov) citait saint Macaire le Grand qui a écrit qu'il y avait des âmes qui avaient reçu la grâce de Dieu, mais étant spirituellement inexpérimentées, comme des enfants, elles étaient tombées en s'éloignant de la sagesse qui est nécessaire pour un ascète véritable. Dans de nombreux monastères de tels startsy étaient appelés "saints mais non expérimentés", et les autres moines étaient réservés et prudents quand il s'agissait de les consulter.

C'est seulement en réalisant que nous sommes incapables de vaincre nos passions et nos péchés par nous-mêmes que nous pouvons obtenir l'humilité. C'est le début de la vie spirituelle juste. Car cela seulement nous fait perdre nos illusions sur nous-mêmes, révélant le véritable état de nos âmes, qui est si loin de la pureté de l'Évangile. Cela rend une personne en mesure de chercher le Sauveur, de se tourner vers le Christ. SaintPierre Damascène a déclaré: "Le premier signe que l'âme commence à s'améliorer, c'est quand on voit ses péchés innombrables comme le sable de la mer". Je dois répéter que ce n'est que le commencement du chemin vers la sainteté. Mais s'il n'y a pas de commencement, il n'y a pas de suite.

Version Française Claude Lopez-Ginisty
d'après
UNPLEASANT DIAGNOSIS. The First Step to Sainthood.
in


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Hésychie (54)



N'enferme pas Dieu
Dans tes définitions et tes idées
Laisse-Le dans ce miracle pur
D'être Tout à tous

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

Joëlle Cheuzeville: Le voleur de l'icône aux Editions Metropolis


Timothée le voleur de l’icône

Timofej, der Bilderdieb en allemand, en français Timothée le voleur de l’icône: il s’agit d’un conte russe magnifique et édifiant traduit par Joëlle Cheuzeville. L’histoire se passe à la fin du XVIIIème siècle. Le jeune Timothée Toutalev entreprend un long voyage à travers la Sibérie jusqu’à Nijni-Novgorod où il doit acheter une icône pour un riche marchand d’Omsk. Après de nombreuses péripéties Timothée vole l’icône afin de garder l’argent pour lui. Mais sur le chemin de retour s’opère une transformation intérieure… L’histoire pleine de suspense est passionnante et l’atmosphère russe bien rendue. Ce livre s’adresse à tous, jeunes et moins jeunes.

L’auteur de l’édition allemande Willi Fährmann, est né en 1929 à Duisburg. Il est un auteur de littérature d’enfance et de jeunesse qui compte parmi les plus renommés. Il a reçu le Grand Prix de l’Académie de Littérature d’Enfance et de Jeunesse pour l’ensemble de son œuvre. Ses livres ont été publiés en millions d’exemplaires par les éditions Arena-Verlag. Le grand méchant Balèze a été publié en France par Hachette Jeunesse. Les chaînes de télévision Arte et ZDF ont adapté pour l’écran son livre ‘Der lange Weg des Lukas B.’

On peut commander le roman à l'adresse qui suit:
LIBRAIRIE DE LA METROPOLE ORTHODOXE ROUMAINE
1, bd du Général Leclerc, 91470 Limours,
FRANCE.


dimanche 7 février 2010

Père Nicolae Steinhardt de bienheureuse mémoire: Enseignements



Le Père Nicolae Steinhardt est né le 12 juillet 1912. Il était juif et surtout connu pour son Jurnalul Fericirii (Journal de la Félicité / ou du Bonheur, voir photo ci-dessous, première version fortement censurée par les séides de l'étoile sanglante au pouvoir en 1972). Son père, Oscar Steinhardt, était architecte et ingénieur. En 1934, il fut diplômé de l'École de Droit et de Littérature de l'Université de Bucarest. Dans la même année, il publia sous le pseudonyme d'Antisthius le roman parodique "A la manière de Cioran, Noica, Eliade ...". Il refusa d'adhérer au communisme et d'accepter les idées communistes et devint chauffeur de camion pour un magasin de nourriture pendant le régime communiste jusqu'à ce qu'il ait un grave accident de voiture. À la suite de la pression de ses amis, il entre à nouveau dans l'activité littéraire. En 1980, il devient moine et il meurt en mars 1989, avant de voir la révolution roumaine contre le communisme.

Il a été condamné à 12 ans de travaux forcés et a connu les goulags roumains de Jilava, Gherla et Aiud dont il a été libéré en 1964.


Donnez vous recevrez

Aveugle, peu judicieux, et d'esprit étroit comme je le suis, je n'étais pas assez fou et inconscient au point de croire que le Christ nous demande de donner de notre excédent: cela, même les païens le font. J'étais cependant non qualifié et assez perdu dans les ténèbres pour penser - ce qui semble tout à fait en accord avec l'enseignement chrétien - que nous sommes invités à donner à partir du peu que nous avons, sinon même du très peu que nous avons. Je suis même allé aussi loin que d'être d'accord avec l'idée qu'à partir de la parabole des deux talents mis par la veuve dans la boîte à offrandes (Mc 12:41-44, Lc 21.1-4), il s'ensuit que nous devrions donner tout ce que nous avons, toutes nos possessions.

Il a fallu que je tombe sur la lecture, il y a quelques temps, d'un texte du poète français Henri Michaux (1899-1988) pour comprendre, avec tremblements et frissons, que le Christ demande tout autre chose: donner ce que nous n'avons pas.

Combien j'étais aveugle, manquant de sagesse et étroit d'esprit. Et enfermé dans les chaînes du sens commun le plus lamentable, comment aurais-je pu imaginer que le Christ-Dieu qui a accepté de prendre un corps et d'être crucifié sur la Croix comme le plus malheureux et le plus méchant des mortels, nous demanderait de donner à partir de l notre excédent ou de nos petites possessions, ou même de donner leur intégralité ? Comment aurait-il nous appeler à des actions si simples, tellement en conformité avec ce monde, c'est-à-dire si possibles ! Paul Claudel n'a-t-il pas défini Dieu pour nous, Lui attribuant cette parole: "Pourquoi avez-vous peur? Je suis l'impossible qui vous regarde."

Le Christ, fait précisément cette demande: l'impossible: donner ce que nous n'avons pas!

Mais écoutons Michaux: dans le monastère où il aimerait être reçu, un simple candidat pour le monachisme se présente. Il avoue à l'higoumène: Vous savez, mon père, que je n'ai ni foi, ni lumière, ni essence, ni courage, ni confiance en moi, et que je ne puis être d'aucun secours à moi-même, et encore moins pour qui que ce soit d'autre; je n'ai rien.

Il aurait été logique pour lui d'être rejeté immédiatement. Non, cependant ce ne fut pas le cas. L'higoumène (l'abbé, comme le dit le poète français) lui répondit: Qu'est-ce que cela a à voir! Vous n'avez pas la foi, pas la lumière, en les donnant à d'autres vous les aurez, aussi. Les cherchant chez un autre, vous pourrez les gagner pour vous. Votre frère, votre prochain et son semblable, c'est lui que vous devez aider avec ce que vous n'avez pas. Allez: votre cellule est dans ce couloir, troisième porte sur la droite.

Pas de l'excédent, et non pas d'après le peu que vous avez, mais à partir de ce que vous ne possédez pas, de ce qui vous manque. Donnez à un autre ce que vous n'avez pas - la foi, la lumière, la confiance, l'espoir - vous pourrez en acquérir aussi.

"Il faut l'aider avec ce que vous n'avez pas."
"Donnez ce que vous n'avez pas, vous acquerrez aussi, la nudité, le désert, ce qui te manque."
"Avec ce que vous croyez que vous n'avez pas, mais qui est, et qui sera en vous.
Plus profond que la profondeur de votre ego. Plus mystérieux, plus couvert, plus claire, la souce vive qui coule sans cesse, appelant, invitant à la communion. "

Oui, seulement de cette manière, vous serez en mesure de parler en tant que serviteur du Christ, le seul, plein de mystère: paradoxalement (comme Il nous l'a toujours enseigné: si vous voulez régir, servez, si vous désirez que l'on vous exalte, humiliez-vous, si vous voulez sauver votre âme, perdez-la pour moi, si vous voulez retrouver votre pureté, admettez votre culpabilité) et de manière surprenante (si vous donnez ce que vous n'avez pas, vous gagnerez aussi ce que vous avez donné aux autres) .

Je pense que nulle part, sauf dans les Évangiles, des paroles plus claires et plus chrétiennes été dites ailleurs que dans le petit poème de Michaux, Paroles qui m'ont stupéfait et enthousiasmé. Peut-être dans quelques fragments des Frères Karamazov et les Démons [de Dostoïevsky], peut-être que Cervantes en créant El nuestro Senor Don Quijote, El Christo Español, peut-être Albert Camus dans le texte sur Oscar Wilde (intitulé L'Artiste dans les prisons) et sur le la Voie du Christ, non par la souffrance et la douleur (une voie bonne, quoique inférieure), mais par un excès de bonheur et des moments d'euphorie (une voie supérieure). Je crois que nulle part un poète ou un écrivain n'a parlé d'une manière plus appropriée de l'Inaccessible.

Donnant ce que nous n'avons pas, nous gagnons en retour, avec une démesure inimaginable§, ce que nous avons osé donner à l'autre. La leçon est valable pour tout chrétien, clerc ou laïc. Pour le moine, surtout. Qu'il ne s'inquiéte pas, n'ait pas peur, ne soit pas inquiet, le moine qui sent son moi intérieur est désert, hanté par le manque de croyance et la faiblesse, plein d'obscurité et d'aridité, qu'il ne se préoccupe pas le moins du monde de cela. Ces tentations de désespoir, sont les inconvenantes farces du Malin. [Que le moine] donne à ceux qui viennent à lui, dans sa cellule, dans le jardin du monastère, sur le perron de la maison des hôtes, aux portes, afin qu'ils puissent trouver la foi, la force, la lumière et une lueur d'espoir, celle qu'ils attendent de lui et qu'il sait très bien que, dans ce moment, il ne peut pas avoir. Qu'il les leur donne. Et, en les leur donnant, ices dons reviendront vers lui et il aura bénéficié des dons faits aux autres.

"Donnant la lumière que vous n'avez pas, vous aussi, vous l'aurez."

Les paroles de Michaux, peut-être ne clarifient-elles pas plus en profondeur le texte de Matthieu 25 à propos du Redoutable Jugement? Peut-être que les bons, n'ont pasdonné à ceux qui étaient assoiffés de l'eau dontils manquaient, aux affamés de la nourriture qu'ils n'avaient pas, à ceux qui étaient nus, les vêtements dont ils étaient dépourvus?

Le secret de la vie monastique se révèle le suivant: oser donner ce qui, temporairement, peut vous faire défaut. Voici donc le paradoxe chrétien dans sa totalité, splendeur et vertu. Mais voici la promesse étonnante: donnez ce que vous n'avez pas, vous gagnerez ce que vous avez su donner à partir de la vacuité de votre être. Le don supranaturel se reflète sur vous, vous revient comme un boomerang, comme un rayon de lumière projetée sur un miroir, et vous enrichit, vous remplit, vous comble.

Bien sûr! Il ne pouvait pas en être autrement! Comment pourrait-on penser, même pour un instant (pour ne pas dire des années!) que le Christ veut donner à partir de ce que nous avons: l'excédent, le tout petit. Quelle dérision, louable effort en vérité! Trop humain, œuvre pauvre et pitoyable! Quelque chose de différent est demandé de nous: ce qui semble être impossible. Quelque chose d'autre est promis: ce qui ne peut être ni conçu, ni cru.

Que toute crainte, incertitude, pusillanimité, peur de l'hypocrisie disparaisse de nous, les moines: le moine est destiné à donner aux autres la foi et la lumière, même s'il peut en manquer pendant un temps plus court ou plus long. Même s'il est dans une crise d'apathie. Même s'il était coupable d'affaiblissement de son zèle et de fermeté dans le monachisme.

Pourrait-il le faire? Pourrait-il accomplir le miracle? Bien sûr, puisqu'il fait partie de ceux dont le Christ dit qu'ils ne sont pas de ce monde, comme je ne suis pas de ce monde" (Jean 17:16). Et encore: "Mais je prie non seulement pour eux, mais pour ceux qui croiront en moi par leur parole." (Jean 17:20). Et dans le livre des Actes (20:35) Paul dit aussi: "Il faut aider les faibles et se rappeler les paroles du Seigneur Jésus: "Il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir."

En vérité, en donnant au-delé de ce qui est naturel, nous recevons la grâce surabondante. Ainsi, que le faible dise: donne-moi, Seigneur, quand je suis perdu et nu, la force et l'impudence d'être en mesure de donner de ce que je n'ai pas. Et fais que ce don qui est mien, paradoxal, absurde et audacieux, revienne vers moi par Ta miséricorde, qui considère la sagesse de l'homme comme folie et l'adage "nemo dat quod non habet" comme airain sonore et cymbale retentissante. Toi Qui ne demande que l'impossible et ne fais seulement ce que l'esprit humain ne peut pas comprendre.

Moine Nicolae Steinhardt

version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
( Texte & Photos)


Video sur Père Nicolae

Père Nicolae: Mémoire éternelle!



Acathiste à saint Raphaël de Brooklyn


Acathiste ICI

Hésychie (53)



Quand Dieu permet aux saints
De te visiter dans ta prière
Prends les mains qui se tendent du Ciel
Et garde cette joie comme un trésor

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

Valaam

samedi 6 février 2010

Saint Raphael de Brooklyn ( 1860-1915)

رفائيل هواويني

Saint-Raphaël (Hawaweeny), premier évêque orthodoxe consacré dans le Nouveau Monde, est né à Beyrouth, le 8 Novembre 1860, de pieux parents orthodoxes, Michael et Mariam Hawaweeny. En raison de la violente persécution des chrétiens de Damas en Juillet 1860, qui vit le martyre du prêtre de la paroisse de la famille Hawaweeny et de centaines de leurs voisins, Michael et son épouse enceinte Mariam s'enfuirent de Damas à Beyrouth. C'est là que le futur saint vit la lumière du jour. En effet, comme la vie de l'enfant se déroulait, il était évident qu'il n'aurait pas de cité permanente dans ce monde, mais il rechercherait la cité qui est à venir (Hébreux 13:14).

Il reçut son enseignement primaire et secondaire dans les écoles paroissiales de Damas, et sa formation théologique d'abord à l'école de théologie du Patriarcat Œcuménique, à Halki à Constantinople. Il a ensuite étudié à l'Académie théologique de Kiev, en Russie impériale, a servi comme recteur du métochion du Patriarcat d'Antioche à Moscou et a enseigné à l'Académie théologique de Kazan.

Pendant ce temps, l'Eglise syro-arabe aux Etats-Unis augmentait à un rythme croissant. Une Société de Bienfaisance Syrienne Orthodoxe fut organisée à New York et son président, le Docteur Ibrahim Arbeely, a contacté Saint-Raphaël, alors prêtre en Russie, pour qu'il vienne aux États-Unis. En 1895 il vint aux États-Unis et fut chargé de toute la mission orthodoxe syrienne.

Il fut affecté à New York et organisa la paroisse, qui devint plus tard la cathédrale Saint-Nicolas de Brooklyn. Il a supervisé le développement d'autres communautés syriennes, a beaucoup voyagé à travers les États-Unis pour organiser des paroisses en 1896. En 1898, Saint Raphaël a publié un grand livre d'offices en arabe à l'usage de ses églises.

En 1898, Saint Raphaël a été le représentant de la Mission américaine chargé de saluer Saint Tikhon (Bellavine [Futur Patriarche et martyr de Russie] ), le nouvel évêque du diocèse. À la liturgie, le 15 Décembre 1898, il a parlé de la mission de Saint Tikhon dans son sermon. "Il a été envoyé ici pour paître le troupeau du Christ - Russes, Slaves, Syro-arabes, et Grecs, qui sont éparpillés sur tout le continent d'Amérique du Nord." Saint Tikhon a reconnu ses qualités de meneur d'hommes tempérées par sa piété et il voulut que saint Raphaël soit l'un de ses évêques vicaires. Le Saint-Synode de Russie l'a approuvé et il fut consacré évêque à la cathédrale Saint-Nicolas à Brooklyn le 13 Mars 1904.

Pour les seize années qui suivirent, saint Raphaël a continué son travail parmi les orthodoxes syriens et a également aidé Saint Tikhon et ses successeurs à administrer la mission d'Amérique du Nord. Il consacra les terrains du monastère Saint-Tikhon à South Canaan, en Pennsylvanie, premier monastère orthodoxe du Nouveau Monde.

Auteur de nombreux ouvrages, articles et traductions de livres liturgiques du grec à l'arabe, il a aussi fondé le journal Al-Kalimat [La Parole/Le Verbe en arabe] en 1905 pour répandre la Parole dans les lieux où il ne pouvait pas être lui-même. Al-Kalimat rebaptisé The Word [La Parole/Le Verbe en anglais] est la publication officielle de l'archidiocèse d'Antioche. Après vingt ans de service en Amérique du Nord, à l'âge de 55 ans, Saint Raphaël s'endormit en Christ le 27 Février 1915. Au moment de son trépas, il administrait trente congrégations syriennes orthodoxes de 25.000 fidèles.

Les reliques sacrées de Saint Raphaël ont d'abord été inhumées dans une crypte sous la sainte table à sa Cathédrale Saint-Nicolas (7 Mars 915), plus tard, elles furent enterrées dans la section syrienne du cimetière Mount Olivet de Brooklyn (2 avril 1922) et, enfin, elles ont été amenées au cimetière de la Sainte Résurrection au Village d'Antioche près de Ligonier, en Pennsylvanie (15 août 1988). Sa sainteté a été officiellement proclamée le 29 Mars 2000, et sa glorification célébrée le 29 Mai 2000, au monastère Saint-Tikhon.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
The Antiochian Orthodox Christian Archidiocese of North America
The Orthodox Church in America

The tomb of St. Raphael at Antiochian Village, Ligonier, Pennsylvania

Tombe du saint

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Saint Raphaël de Brooklyn, prie Dieu pour nous!

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Hésychie (52)



Considère que chaque jour
Peut être le dernier
Et vis chaque instant
Comme le premier jour
De ta rencontre avec le Christ

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)