"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

mardi 26 janvier 2016

Compte-rendu de l’allocution du patriarche de Moscou Cyrille à la synaxe des primats de l’Église orthodoxe à Genève-Chambésy



Le service de presse du patriarche de Moscou a publié le compte-rendu suivant de l’allocution du patriarche de Moscou Cyrille à la synaxe des primats de l’Église orthodoxe à Genève-Chambésy .
Le 22 janvier, le patriarche de Moscou Cyrille s’est adressé aux participants à la synaxe des primats de l’Église orthodoxe à Genève-Chambésy. Au début de son allocution, le primat de l’Église orthodoxe russe a mentionné que chaque rencontre des primats des Églises orthodoxes constitue un événement qui revêt une signification particulière. « C’est la possibilité d’échanger des opinions, de discuter des problèmes qui nous préoccupent, de prendre des décisions concertées sur les questions d’importance pour toute l’orthodoxie. Mais avant tout, c’est la possibilité de ressentir à nouveau notre unité, lorsque nous communions ensemble à un seul Calice, ayant conscience que nous tous sommes un seul corps en Christ », a déclaré le patriarche, exprimant également sa reconnaissance au patriarche de Constantinople Bartholomée, qui a agi en tant qu’initiateur et organisateur de la présente rencontre. Ensuite, le patriarche Cyrille a soulevé les différents aspects de la préparation du Concile panorthodoxe. « En nous réunissant ensemble, nous avons pleinement et clairement conscience que notre Église est une et catholique, que la préservation et le renforcement de son unité constitue un souci de première importance, qui est à la base de tout notre ministère. Le saint et grand Concile est appelé à être le témoignage visible, clair et convaincant de l’unité de l’Église orthodoxe, et nous comprenons tous que le Concile ne peut être tel que s’il reflète l’unanimité authentique des Églises orthodoxes locales. Afin d’atteindre une telle unanimité, il nous faut tous travailler de façon renforcée pendant la période préconciliaire », a souligné le patriarche. Dans ce contexte, le primat a constaté avec satisfaction que « la préoccupation causée par l’absence de reconnaissance panorthodoxe de S.B. le métropolite Rostislav, primat de l’Église orthodoxe des Terres tchèques et de Slovaquie, exprimée à plusieurs reprises tant par le Patriarcat de Moscou, que par d’autres Églises, a été écoutée. Aussi, Sa Béatitude est présente aujourd’hui parmi nous, recevant maintenant la due reconnaissance de toutes les Églises locales ». Abordant les problèmes faisant obstacles à l’unanimité intégrale parmi les Églises orthodoxes locales, le patriarche Cyrille a exprimé ses regrets au sujet de l’interruption de la communion entre les Patriarcats d’Antioche et de Jérusalem. Son rétablissement, selon la conviction du patriarche de Moscou, constitue une tâche essentielle de nos jours, alors que le monde entier suit avec angoisse les événements au Moyen Orient, car « c’est précisément des communautés religieuses de cette région que les hommes attendent en premier lieu un exemple de cohésion, d’aptitude à surmonter les différends ». Au cours de son allocution, le patriarche Cyrille a donné un éclairage détaillé sur la situation ecclésiale en Ukraine. « Aujourd’hui, plus de 30 églises de l’Église orthodoxe d’Ukraine ont été saisies par la violence [par les schismatiques, ndt], pas moins d’une dizaine sont menacées d’attaques de la part des schismatiques et nationalistes, qui font passer ces faits pour un soi-disant passage volontaire des fidèles à l’ainsi nommé « Patriarcat de Kiev », a souligné le primat, qui a ajouté : « En fait, il s’agit là de véritables raids, d’attaques menées par des bandits pour s’emparer des églises. Ces attaques sont accomplies par des groupes de personnes n’ayant rien à faire avec les communautés paroissiales. Ensuite, à l’aide des autorités, elles falsifient des documents légaux, s’emparent de l’église avec les forces paramilitaires nationalistes, et jettent dehors la communauté paroissiale avec son prêtre ! » Le primat de l’Église orthodoxe russe a exprimé sa profonde préoccupation au sujet des actions de certains hiérarques du Patriarcat de Constantinople qui, lorsqu’ils visitent l’Ukraine, expriment leur soutien aux schismatiques, soi-disant au nom de Sa Sainteté le patriarche de Constantinople et, ce faisant, sèment le trouble parmi les fidèles et le clergé ukrainien. On ne pourrait s’imaginer, a continué le patriarche Cyrille, qu’en Suisse, en Grèce ou un autre pays européen, des représentants d’une autre confession puissent venir dans une église orthodoxe et « prendre la décision » que ce sont eux qui, désormais, utiliseraient cette église. « Or, en Ukraine, cela est maintenant une réalité. Les communautés de l’Église canonique chassées de leurs lieux de culte gagnent tous leurs procès en justice, mais les schismatiques et leurs milices de malfaiteurs armés ignorent les décisions des tribunaux », a souligné avec tristesse le primat. Comme exemple criant de la haine des nationalistes envers les fidèles de l’Église canonique en Ukraine, le patriarche Cyrille a mentionné la situation dans le village de Ptitchya, dans le district de Rovno, soulignant que les sectateurs du schisme « sèment le mal, provoquent consciemment des conflits inter-religieux, divisent la société ukrainienne ». « Tout récemment, l’un de leurs partisans a déclaré publiquement : si le métropolite Onuphre [primat de l’Église canonique, ndt] appartient jusqu’à maintenant à l’Église canonique, c’est pour l’unique raison que l’on n’a pas trouvé un instrument de torture adéquat – un fer à repasser ou un fer à souder. Il est terrible d’imaginer ce qui se passerait si ces bandits recevaient une légalisation canonique et se fondaient dans notre milieu ! » a déclaré le patriarche Cyrille. Celui-ci a exprimé sa reconnaissance aux Églises locales sœurs – notamment aux Églises d’Alexandrie, d’Antioche, de Jérusalem, de Serbie, de Bulgarie et de Pologne – pour leurs prières et leur soutien à l’Église orthodoxe d’Ukraine. « S.S. le patriarche de Serbie Irénée m’a écrit à juste titre, au sujet des schismatiques ukrainiens : ces gens n’appartiennent que nominalement à l’orthodoxie et « leur mépris des normes de la morale chrétienne, leur inclination à la haine, au mensonge et à verser le sang constitue un témoignage vivant de cela », a communiqué le patriarche Cyrille, qui a poursuivi : « Pour de tels gens, il n’y a qu’une voie menant à l’Église, c’est la pénitence. On nous demande pourquoi nous ne voulons pas nous unir à eux. Or, ils exigent de nous de commencer le dialogue pratiquement sur un pied d’égalité. Mais quel peut être l’accord entre le Christ et Bélial ? » « Le peuple orthodoxe d’Ukraine, tout comme auparavant, soutient l’Église canonique » a témoigné le patriarche, qui a évoqué les dizaines de milliers de fidèles qui s’étaient rassemblés et priaient lors de la procession à Kiev, le jour de la fête du saint prince Vladimir égal-aux-apôtres. Je crois dans l’avenir de l’Église orthodoxe d’Ukraine : ses fidèles sont unis dans leur condamnation du schisme, et la violence ainsi que le mal les renforcent dans leur exploit d’amour et de foi ». Ensuite, le patriarche Cyrille a mentionné que le processus de préparation du Concile panorthodoxe, ces derniers temps, s’est notablement activé. Le patriarche s’est arrêté sur les causes de la non exécution d’un certain nombre de mandats confiés par la précédente synaxe des primats, dans le cadre de l’activité de la Commission spéciale inter-orthodoxe et de la Vème Conférence préconciliaire panorthodoxe. Entre autres, le primat a souligné l’importance de prendre en compte les positions de toutes les Églises locales, qui accomplissent leur mission dans diverses conditions. À ce sujet ont été mentionnées des suggestions qui, jusqu’à présent, sont restées sans suite, lesquelles, durant les deux dernières années, ont été portées à l’ordre du jour pour le Concile panorthodoxe de la part de plusieurs Églises locales, dont celles d’Antioche, de Russie, de Géorgie, de Serbie et de Bulgarie. En outre, le primat de l’Église orthodoxe russe a exprimé sa conviction qu’il était indispensable de réexaminer le projet du document sur « la question du calendrier », soulignant que le thème « de la fixation d’une date de Pâques plus exacte » n’est absolument pas actuelle pour l’Église orthodoxe et ne peut que semer le trouble parmi de nombreux fidèles. Non moins préoccupant est, selon les paroles du patriarche, le projet du document « sur les empêchements au mariage », dans lequel n’est contenue qu’une sèche énumération des empêchements canoniques, tandis que la position de l’Église concernant l’institution de la famille dans le monde contemporain n’est nullement reflétée. Le primat de l’Église orthodoxe russe a nommé le thème de « l’autocéphalie et le mode de sa proclamation » comme étant l’une des directions très importante des travaux, proposant de confirmer lors du Concile l’accord de principe déjà atteint au cours des sessions de la commission préparatoire inter-orthodoxe, à savoir que l’institution de nouvelles Églises autocéphales doit être accomplie sur une échelle panorthodoxe, nécessitant de parvenir à un consensus de toutes les Églises locales orthodoxes dans chaque cas distinct. La nécessité a également été soulignée d’une étude préliminaire approfondie du document conciliaire sur le thème de la « diaspora orthodoxe ». La question du lieu du déroulement du Concile, abordée dans le discours du patriarche Cyrille, et qui avait été déjà soulevé dans la lettre au patriarche de Serbie Irénée [au patriarche Bartholomée], a fait l’objet d’une discussion longue et approfondie. « Comme nous le voyons, de nombreuses questions doivent encore être résolues par nous, ensemble, afin de rendre possible la convocation du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe. J’en suis convaincu : la cause réelle pour laquelle une convergence n’a pas été atteinte, jusqu’à présent, sur de nombreux documents, ne provient pas de l’existence d’opinions opposées dans les différentes Églises, mais dans l’inefficacité de la méthodologie du Concile », a souligné le patriarche Cyrille. À ce sujet, le primat a partagé l’expérience de l’activité de la « Conférence inter-conciliaire » de l’Église orthodoxe russe, sous la forme d’une discussion ouverte, qui permet à tout membre intéressé de l’Église d’exprimer sa position. « Je pense que c’est précisément ainsi, de façon ouverte, que doit se dérouler la préparation du Concile, si nous sommes vraiment intéressés à son déroulement réussi », a dit le primat, soulignant l’importance de la publication des projets de documents conciliaires et de remédier ainsi au déficit d’informations fiables, qui provoque des soupçons chez beaucoup de fidèles. « Je suis convaincu que la publication, qui a mûri depuis longtemps, des projets des documents conciliaires et la possibilité de libre discussion à leur sujet, non seulement ne fera pas obstacle au déroulement du Concile, mais nous montrera à nous-mêmes et au monde entier le caractère authentiquement conciliaire de notre Église, ce qui aidera au renforcement de l’unité panorthodoxe », a déclaré le patriarche Cyrille, appelant tous les participants à prier le Seigneur pour qu’Il envoie Son aide lors des travaux communs pour le bien de l’Église et pour la résolution des difficultés qui surgissent sur la voie de la réalisation du Concile panorthodoxe.

SOLIDARITE KOSOVO








Arnaud Gouillon parmi les 20 personnalités de l'année 2015 en Serbie






Novak Djokovic, Arnaud Gouillon et Sava Janjic 
parmi les 20 personnalités 
ayant marqué l'année 2015 en Serbie

Comme chaque année, Blic a rendu son verdict. Le magazine serbe a publié le 31 décembre dernier  son célèbre classement des vingt personnalités qui ont marqué l’actualité serbe en 2015. Si le tennisman Novak Djoković domine toujours le classement en se maintenant sur la première marche du podium - quasiment mano a mano avec  le père Sava Janjić, higoumène du monastère de Visoki Dečani - Arnaud Gouillon crée la surprise en intégrant le fameux palmarès. Une nouvelle qui ravira tous les acteurs de l’association humanitaire « Solidarité Kosovo » dont l’œuvre a également été primée par l’intermédiaire de son jeune directeur-fondateur.

2015, un bon cru pour Arnaud Gouillon

C’est l’outsider de l’année.  Arnaud Gouillon, la petite trentaine, est à la tête de l’ONG la plus populaire en Serbie.  Son visage est désormais connu du grand public et c’est en grande partie grâce à la télévision dont il est régulièrement l’invité. Le petit écran lui consacre des émissions spéciales, des reportages en prime-time tout comme des interviews lors des « JT ».  Ses apparitions audiovisuelles sont l’occasion d’évoquer l’actualité humanitaire au Kosovo-Métochie en faveur de la minorité serbe qu’il accomplit par le truchement de Solidarité Kosovo. Un exercice médiatique qu’il exécute dans un « serbe admirable à la grammaire soignée » comme le vantait récemment le journaliste vedette de la chaine de service public serbe.













Le Ministre de l'intérieur serbe Nebojsa Stefanovic remet le décret de naturalisation au fondateur de Solidarité Kosovo Arnaud Gouillon

Nationalité au mérite : une reconnaissance institutionnelle
Le succès populaire d’Arnaud Gouillon est remonté jusqu’au sommet de l’État. En avril dernier, lors de sa réunion ordinaire, le Conseil des ministres lui décerne un titre des plus honorifiques. Il est consacré « citoyen d’honneur de la Serbie » lors d’une cérémonie officielle au « Palais de Serbie » -Palata Srbije-, le bâtiment principal du Gouvernement serbe. « Le Premier ministre honore les mérites exceptionnels dont vous avez fait preuve en vous engageant à la tête de l’association humanitaire Solidarité Kosovo ainsi que le service éminent rendu aux Serbes du Kosovo» a déclaré le ministre de l’Intérieur, Nebojša Stefanović, devant un parterre de journalistes avant de lui remettre son décret de naturalisation ainsi que son passeport serbe.  Poursuivant son allocution, le ministre de l’Intérieur a rappelé l'infatigable travail humanitaire que le jeune dirigeant français orchestre depuis onze ans et en a également salué les succès.




Arnaud Gouillon au Palais de Serbie lors de la cérémonie officielle de remise de la citoyenneté serbe pour services rendus

Un parcours auréolé de succès
 
Visiblement ému, Arnaud Gouillon a souhaité partager cet honneur avec tous les donateurs et soutiens indéfectibles de Solidarité Kosovo. Cette haute distinction rend hommage aux qualités de cœur et d'esprit de son récipiendaire tout comme aux bonnes volontés et aux concours de tous ceux qu’il a su rallier et mobiliser au service de la noble tâche qu’il s’est assignée.

La citoyenneté d’honneur fera donc briller d’un nouvel éclat un parcours déjà étincelant, et reconnu comme tel par la Serbie, puisque celle-ci lui avait déjà décerné le prix de l’action la plus noble de l’année ainsi que la médaille du roi Stefan Decanski, remise par l’évêque du Kosovo-Métochie à Rome en 2012.
L'équipe de "Solidarité Kosovo"

PS : les personnes souhaitant nous aider peuvent contribuer au développement de nos activités en nous faisant un don. Par chèque à l’ordre de « Solidarité Kosovo », BP 1777, 38220 Vizille ou par Internet en cliquant sur paypal :
https://www.paypal.com/fr/cgi-bin/webscr?cmd=_flow&SESSION=OEVW2MabgNpxA5_QtDp7HaUZddbkrVetHaB-ObONGXg5KPvS2JOn1YvyUAu&dispatch=5885d80a13c0db1f8e263663d3faee8d64ad11bbf4d2a5a1a0d303a50933f9b2

PS2 : « Solidarité Kosovo » étant reconnu d’intérêt général, chaque don ouvre droit à une déduction fiscale à hauteur de 66% du montant du don. A titre d'exemple, un don de 100 € vous permet de déduire 66 € sur la somme de vos impôts à payer. Ainsi votre don ne vous coûte en réalité que 34 €.

Sur le blog Saint Materne

Catholicisme-romain et Protestantisme: très proches l'un de l'autre.. très loin de l'Orthodoxie! (saint Justin Popovic)

"Le grand théologien contemporain Saint Justin Popovic (25 mars 1894-25 mars 1979), phare de l'Orthodoxie, canonisé le 29 avril 2010 a bien vu les liens unissant le protestantisme et le catholicisme romain" (p. Luc D.) :



"Le catholicisme romain et le protestantisme sont des christianismes selon l'invention de l'orgueilleux homme européen, et non pas selon l'humble Dieu-Homme."
(La mission intérieure de notre Eglise - La réalisation de l'Orthodoxie, 1923)


lundi 25 janvier 2016

Moine Vsevolod:L'île de l'Amour Divin/ Patéricon de Jordanville (III)

Il y a quelques années, de passage au Monastère de la Sainte Trinité à Jordanville avec mon épouse, nous allions partir lorsqu'un jeune orthodoxe américain est venu vers nous avec un vieillard. Le vieillard avait l'air curieux et très éveillé. Il lui a demandé en russe si le grand-père (moi!) était avec sa petite-fille ou sa fille (il parlait de mon épouse qui paraissait un peu plus jeune que moi!). Ayant eu notre réponse, et satisfait, il repartit lentement vers le monastère sans rien dire de plus... C.L.-G.

Levouchka ( et Leva Diminutif de Lev/ Léon)

A présent que nous avons vu le rucher, continuons notre marche. Notre chemin devient de plus en plus escarpé, mais nous ne devons pas aller loin, car depuis la colline ici, nous voyons le cimetière du monastère... mais, qui voyons-nous venir vers nous? Levouchka! Quelle chance. Qu'est-ce qu'il porte? Un grand seau d'eau en plastique.

"Salut Leva. Où emportes-tu ce seau?"

"J'ai besoin d'eau pour les fleurs pour les fleurs en bas, près du bâtiment du séminaire."

" Mais pourquoi dois-tu utiliser l'eau du cimetière?" (Il y a plusieurs grands barils d'eau de pluie au cimetière) " Le seau est lourd et tu vas devoir le porter jusqu'en bas de la colline. Tu aurais dû utiliser l'eau près du bâtiment du séminaire pour arroser les fleurs."

Levouschka rit avec malice et dit." Non, cette eau n'est pas bonne!" 
 
Allez, devinez, est-il fou ou bien... Instinctivement on se souvient des histoires du Livre des Vies des Pères, dans lesquelles des moines traînaient des pierres d'un endroit à un autre pour humilier leur chair.

Levouchka de Jordanville, y a-t-il quelqu'un qui ne le connaisse pas? Jordanville ne serait pas Jordanville sans lui. C'est un des plus anciens habitants de Jordanville avec sa grâce Laure [l'higoumène] et l'archimandrite Flore. Ils se connaissent depuis qu'ils se sont rencontrés au monastère de Ladomirovo en Russie-Carpathique. Les frères de ce monastère ont déménagé à Jordanville en 1946, et ils ont rejoint les quelques frères de la communauté du monastère de la Sainte Trinité.

Lev Pavlinets se surnomme lui-même le moscovite, même si ses parents l'ont ramené de Russie en 1919, quand il n'avait qu'un an. Ceci arriva peu après la Révolution et aujourd'hui il a déjà plus de huitante ans. 
 
Pendant la période où il vivait en Serbie avec ses parents, il a été gâté par de nombreux et célèbres hiérarques contemporains. Le Patriarche Serbe Barnabé laissait Leva s'asseoir sur ses genoux quand il l'emmenait faire une promenade dans sa voiture. Le Métropolite Antoine (Khrapovitsky) l'appelait tendrement "Pavlintchik", surnom qu'il avait formé pour plaisanter sur son prénom et qui signifie le "petit paon". 
 
Le Métropolite Euloge lui donnait des bonbons. Levouchka se souvient de tous, de même qu'il se souvient de saint Jean, hiérarque de Changhaï et de San Francisco. Pourtant pour lui, ce dernier est plus qu'un hiérarque, c'est un de ses contemporains aussi.

" Ah, donc tu parles de ce hiéromoine qui enseignait dans le Séminaire Serbe?" dit Levouchka en parlant de saint Jean, mais il parle de lui avec respect.

" Leva, quel souvenirs as-tu de lui?"

" Je me souviens qu'il disait qu'il ne faut pas offenser les pauvres."

"Pourquoi? As-tu offensé les pauvres?"

" Non, mais il y avait un mendiant appelé Boja avec un cou tordu qui était assis près de l'église de saint Marc. C'est à propos de lui que ce Maximovitch parlait."
 
Si Levouchka est de bonne humeur, il se peut qu'il montre comment l'un ou l'autre de ces hiérarques servait, imitant leur voix et leur manière d'officier.

Les parents de Levouchka appartenaient à la noblesse. Sa mère passa les dernières années de sa vie comme moniale au couvent de Novo-Diviyevo, qui est situé pas très loin de New York. Levouchka reçut une bonne éducation quand il était enfant, mais quand il eut environ dix ans, il fut gravement malade. Par la grâce de Dieu, il survécut, mais il resta le petit garçon Levouchka, pour le reste de sa vie.

A Jordanville, il n'est pas difficile de le distinguer des autres habitants du monastère ou des séminaristes. Des bottes énormes (souvent jaunes) trop grandes pour lui, une veste à carreaux, deux ou trois cravates autour de son cou, un chapeau, généralement un chapeau de femme, (quelquefois un chapeau d'homme), et toujours un bâton, voilà les vêtements de Levouchka. Et bien sûr, il faut mentionner les grandes croix que Levouchka porte, soit sous ou sur sa chemise, parfois, il en porte plusieurs à la fois. 
 
L'été il aime cueillir d'énormes bouquets de fleurs, ou briser des branches de lilas et les planter sur les revers de son manteau, en sorte qu'il ressemble à un arbre vivant.

Malgré son âge considérable, Levouchka est encore fort; il a une obédience très exigeante dans la cuisine du monastère et en général il a l'air bien. Son exemple montre que la vie monastique non seulement affermit et renouvelle l'âme, mais aussi le corps. 
 
Tout le monde est ami avec Levouchka, et plus particulièrement les jeunes séminaristes. Il est sur un pied d'égalité avec eux. Un des moines a dit de lui. "Dieu merci, nous avons au moins une personne dont personne n'a peur". Il est en effet facile d'être ami avec Levouchka.

Les sujets de conversation favoris de Levouchka, sont le mariage, ce à quoi ressemblent certaines tombes du cimetière, la mort de Palkan (un chien). Il demande souvent aux gens s'ils sont carpatho-russes etc. En un mot, il semble n'être rien moins qu'un fou. Mais seulement si l'on juge selon les apparences. Qu'arrive-t-il si on y regarde de plus près?

"Levouchka, hé, Levouchka, quelle est la chose la plus importante dans la vie?"

" C'est la foi, la foi orthodoxe,"dit-il, résolument et avec confiance.

" Et ceux qui ne sont pas orthodoxes, seront-ils sauvés?"

"Je ne sais pas"

" Et comment arrivons-nous au salut?"

" Comme une balle. Une balle roule en bas de la route, et elle roulera directement dans le Royaume des Cieux."

Levouhka sourit avec bienveillance tandis qu'il dit ces paroles. Ses yeux, habituellement lumineux et clairs, semblent à ce moment bruns foncés et très profonds. Son regard pénètre l'âme. Mais ce n'est que pour un instant. Et puis, il repart avec les carpatho-russes, le mariage, Palkan le chien, le cimetière... Et en parlant du cimetière...Le voici, réparti de chaque côté de la route. Disons au revoir à Levouchka et rentrons dans la nécropole de Jordanville.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après le texte du site Русскiй Инокъ /Rousky Inok 
(Le Moine Russe) de Jordanville
Русскiй Инокъ

Jean-Claude LARCHET/ Recension: Lioubomir Mihailovitch, « Les sanctuaires orthodoxes serbes en Dalmatie »


Lioubomir Mihailovitch, Les sanctuaires orthodoxes serbes en Dalmatie, Metokhia, Paris, 2015, 168 p.
Ce petit livre nous invite à découvrir le riche patrimoine architectural et spirituel serbe de Dalmatie, une région qui fait actuellement partie du territoire de la Croatie.
Deux cartes situent tout d’abord cette contrée, avant que ne soit présenté son contexte géographique et démographique, et que n’en soit dressé un bref historique. Évangélisée par Tite, disciple de l’apôtre Paul, elle fut très tôt habitée par les Serbes et les Croates, connut les occupations vénitienne, napoléonienne et autrichienne, avant de subir l’épreuve des deux grandes guerres du XXe siècle, la seconde donnant lieu à de multiples exactions de la part des Oustachis, suivies de peu par les persécutions communistes du régime de Tito. La guerre interethnique des années 90 entraîna la destruction de nombreux sanctuaires et provoqua le départ de leur terre natale de plusieurs centaines de milliers de Serbes.
Après une évocation générale du patrimoine religieux serbe, un long chapitre présente en détail les principaux sanctuaires, constituant un véritable guide pour ceux qui souhaitent entreprendre un pèlerinage dans cette belle région située au bord de l’Adriatique, qui accueille depuis plusieurs années de nombreux touristes.
La seconde moité du livre rassemble des interviews de l’évêque actuel, Monseigneur Photije qui permettent de mieux connaître la vie du diocèse serbe.
Une annexe présente des photos en couleur des principales églises.
Le livre peut être acquis au prix de 5 euros à l’église Saint-Sava, rue du Simplon, Paris XIXe.

dimanche 24 janvier 2016

Entrevue avec l'archimandrite Elie: Guidance spirituelle et libre arbitre (5 et fin)



Alors, que doit faire une personne qui vient d'entrer dans l'Eglise et qui est à la recherche d'un père spirituel? Comment doit-elle prendre la bonne décision?
Il est important de se rappeler que notre monde se trouve dans le mal et que nous sommes tous pécheurs, après la chute d'Adam. Tout le monde, y compris chaque père spirituel, a ses péchés. L'idéal complet ne se produit jamais.
En effet, il y a des gens dotés d'une grande connaissance et d’une grande expérience spirituelle vers qui on peut aller pour des conseils spirituels. Cependant, il faut choisir avec soin, en gardant à l'esprit que même un très bon père spirituel peut, pour une raison quelconque, ne pas être approprié pour vous personnellement. Même un père spirituel très érudit et très expérimenté pourrait ne pas convenir pour des critères purement humains, ce qui rend difficile de construire une relation. Par conséquent, il est important de tout prendre en considération, y compris la compatibilité humaine.
Par ailleurs, je voudrais rappeler ce que Théophane le Reclus dit sur le fondement de la vie spirituelle. Qu’est le Royaume des Cieux? Il est la communion avec Dieu, la pureté de l'âme, et la grâce de Dieu. Se purifier de ses péchés et se tourner personnellement vers Dieu sont les raisons les plus importantes pour que l'on entre dans l'Eglise. Si quelqu'un a appris à se repentir, comment modifier son âme, et comment prier - alors il peut vivre sous l’obédience de n’importe quel père spirituel; il peut agir par lui-même; il peut choisir de manière indépendante pour le bien et lutter l’atteindre. Mais s’il n'a pas appris à faire cela, alors aucun père spirituel ne sera en mesure de l'aider.
Il est également important, de se confier à quelqu'un, d’évaluer la situation de manière indépendante. Il est essentiel que l'on corrèle les paroles de son père spirituel avec les paroles de l'Evangile, avec l'enseignement des Pères de l'Eglise, et avec les décisions conciliaires de l'Eglise, qui sont importants à étudier et à comprendre. Aucun père spirituel n’a le pouvoir de les remplacer.
Et, bien sûr, quelqu'un qui est entré dans l'Église a besoin de prier sans cesse - car, après tout, la communion avec Dieu est l'objectif principal auquel aspire chaque chrétien.
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

samedi 23 janvier 2016

Entrevue avec l'archimandrite Elie: Guidance spirituelle et libre arbitre (4)



Une grande partie de l'attrait des monastères pour les nouveaux convertis est connecté avec le fait que le chemin monastique est censé être plus correct et plus salvifique, tandis que la vie d'un laïc semble comme une sorte de "demi-mesure."
Les vies des moines et des laïcs, bien sûr, diffèrent sérieusement. Ce sont deux chemins différents, mais menant également à l'objectif principal de la vie humaine: le salut de l'âme et l'union avec Dieu.
Lorsque quelqu'un entre dans un monastère, il consacre entièrement sa vie au salut de l'âme. Sa vie est faite de prière et d'obéissance, ce qui devrait être une partie intégrante de la vie de tout moine. Et ici, en fait, le rôle du guide spirituel, et le degré de subordination à lui, devrait être nettement plus élevé.
Mais la vie d'un laïc est également subordonnée au même objectif de salut. La différence est que, pour un laïc, elle est accompagnée par d'autres fonctions: veiller aux besoins de sa famille, élever ses enfants, et d'autres préoccupations importantes et agréables à Dieu. En outre, celui dont la vie n’est pas retiré du monde est confronté à une masse de tentations mondaines - mais cela est non seulement un danger supplémentaire, mais aussi une opportunité supplémentaire, parce que, en surmontant ces tentations, on acquiert une expérience spirituelle inestimable.
Il est important de rappeler que le Seigneur sait à qui envoyer telle ou telle épreuve. Il n'y a personne qui ne puisse pas être sauvé. Par conséquent, dans le choix de son chemin, il faut se rappeler que tant la vie du moine que la vie du laïc sont également salvifiques. Il est important de faire son choix de manière réfléchie et sans précipitation, en fonction des priorités internes de chacun - puis d'agir en conformité avec sa conscience et la vérité de Dieu.
 Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

vendredi 22 janvier 2016

Entrevue avec l'archimandrite Elie: Guidance spirituelle et libre arbitre (3)

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Mais que faire si un père spirituel rompt ouvertement la volonté humaine en essayant de ne pas enseigner, mais de commander?
Alors il n’est pas un père spirituel. Qu'y a-t-il à dire de plus? Tout a été dit dans l'Évangile. Regardez comment le Sauveur a agi, comment les apôtres ont agi. Voilà comment un père spirituel doit agir, aussi. Mais s’il n’agit pas selon l'Écriture et ne suit pas les Commandements de l'Evangile, mais tente d'utiliser la force -, alors comment peut-il être le maître spirituel d'un chrétien?
Bien sûr, il faut encourager une personne à changer, il faut la corriger et la guider - mais, dans le même temps, il ne faut en aucun cas supprimer sa personnalité.
Certaines personnes, par principe, cherchent un père spirituel dans un monastère, ne jetant pas même un regard dans l'église à côté de chez eux...
Encore une fois, il est incorrect pour quelqu’un de regarder au loin sur la mer, pensant que tout sera mieux là-bas. 

Le starez Silouane a dit que si une personne croit son père spirituel, le Seigneur lui révélera la sagesse par son père spirituel, que celui-ci soit le degré de sagesse, d’éducation ou d’expérience que peut avoir le père spirituel. Ici, le demandeur doit avoir plus de confiance dans le Seigneur. 

Si l'on se fie à Dieu, alors la grâce de Dieu va révéler au demandeur ce qui est nécessaire.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Commémoration à Zagreb du hiéromartyr Dosithée, premier métropolite orthodoxe de cette ville et confesseur



À l’occasion de la fête du saint hiéromartyr Dosithée, la liturgie a été célébrée en la chapelle Saint-Sava, au centre spirituel de l’Église orthodoxe serbe de Zagreb. L’office était célébré par l’archimandrite Daniel (Ljubotina), assisté du hiéromoine Nikon et du diacre Branimir Jokić. Assistaient à la liturgie le métropolite de Zagreb et Ljubljana Porphyre, les fidèles de la paroisse de Zagreb et les élèves du lycée orthodoxe de Zagreb. 
 
La commémoration de saint Dosithée et l’entrée dans la nouvelle année 2016 se sont poursuivis dans la salle des fêtes du Centre spirituel par un programme préparé par les membres des associations culturelles et artistiques des orthodoxes russes de Zagreb et des environs. Dans son allocution, l’archimandrite Daniel s’est adressé aux hôtes en parlant de la vie, des souffrances et de la confession du métropolite Dosithée. Celui-ci, entre autres, avait montré une attention particulière envers les Russes émigrés qui, après leur arrivée à Zagreb, dans un délai relativement court, avec son soutien, avaient réussi à organiser leur vie culturelle, culturelle et politique, mais aussi à mettre en place des organisations et des institutions sociales qui ont assisté les élèves, les étudiants et les nécessiteux, laissant une trace indélébile dans toute la vie de Zagreb. 
 
Dans le cadre du programme de la manifestation ont été exécutés des chants spirituels et populaires, ainsi que de morceaux de musique classique. Mme Nathalie Vidmarović, professeur à la Faculté de philosophie de Zagreb a remercié le métropolite Porphyre et l’Église orthodoxe serbe pour l’organisation devenue maintenant traditionnelle de cette rencontre, à laquelle assistait les représentants des ambassades de Russie, Serbie et Grèce, ainsi que le Conseil de la minorité nationale serbe de la ville de Zagreb. Né en 1878 à Belgrade, le hiéromoine Dosithée (Vasić), après des études à Kiev, à la Sorbonne et à Genève a été sacré évêque en 1913 et nommé à Niš, qui était alors le diocèse le plus grand de l’Église orthodoxe serbe. Dès 1920, l’évêque Dosithée déploya une activité pastorale importante en Tchécoslovaquie, puis revint à Niš. En 1931, l’Église orthodoxe serbe décida de créer un diocèse à Zagreb. 
 
En 1933, l’évêque Dosithée fut élu unanimement métropolite du nouveau diocèse. Le 10 avril 1941, le jour même de la proclamation de « l’État indépendant de Croatie », le métropolite Dosithée fut arrêté par les oustachis. Le jour de l’arrestation, il était malade et alité. Il fut conduit à moitié déshabillé dans la rue, où l’on se moquait de lui et on le frappait. Il fut ensuite incarcéré dans une prison de Zagreb, où il se trouva en compagnie des pires criminels. Un témoin a écrit : « Il était terrible de voir le vieux métropolite Dosithée, malade, infirme et complètement épuisé par les coups, se trouvant dans le corridor de la prison parmi les criminels ». Selon le récit du gardien, parmi ceux qui excellaient dans la violence à l’égard du métropolite, se trouvait une étudiante qui le frappait à coup de révolver sur la tête et les mains, lui arrachait la barbe et lui crachait au visage. 
 
Un autre témoin rapporte qu’une prostituée avait rossé le métropolite. On avait promis la liberté à celle-ci à condition qu’elle frappât le prélat à coup de matraque. Le métropolite fut frappé à ce point qu’il perdit connaissance. Le 7 mai 1941, il fut transféré dans un état grave à Belgrade, à la prison de la Gestapo. Arrivé à la gare, il perdit connaissance. À Belgrade, deux SS accompagnèrent le métropolite en haillons, respirant difficilement et n’étant pas en état de parler. Tout son corps était couvert d’ecchymoses et de contusions. Il fut ensuite transféré dans un sanatorium, où il resta une quinzaine de jours, inconscient. Après un séjour à l’hôpital, où les médecins constatèrent qu’ils ne pouvaient rien faire, il fut placé au monastère de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu (Vavedenje), à Belgrade, en 1943. 
 
Le 13 janvier 1945, le métropolite Dosithée y mourut des séquelles de ses blessures et des sévices qu’il avait subis et fut enterré au monastère, où l’on vénère désormais ses saintes reliques. Il fut canonisé en 1998 par l’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe serbe.
et orthodoxie.com

jeudi 21 janvier 2016

Entrevue avec l'archimandrite Elie: Guidance spirituelle et libre arbitre (2)

 


On pense qu’un père spirituel doit enseigner une manière de penser et de grandir spirituellement indépendamment. Cependant, beaucoup de gens préfèrent tout simplement se confier entièrement à un prêtre, demander conseil, même quel type de papier de tapisserie acheter ! Beaucoup de gens condamnent le fait qu’un laïc renonce à sa volonté propre. Est-ce en effet impropre?

Une personne doit préserver sa volonté propre et prendre ses propres décisions, parce que seule une personne peut elle-même faire des choix définitifs dans sa propre âme.

Le Seigneur ne pouvait-il pas sauver Judas en l’empêchant de Le trahir? Il aurait pu le faire, bien sûr. Alors pourquoi ne le fit-Il pas? Parce que ce ne pouvait être fait que par la violence. Forcer quelqu'un est inadmissible pour Dieu, pour la sainteté de Dieu. Un bien obligatoire ne peut pas être bon. Après tout, pourquoi le Sauveur fut-Il crucifié?

Il pouvait rendre le monde idéal, sans défauts sur la terre, laissant l'homme sans besoin de rien, ni d’armées, ni de chancelleries. Mais le Seigneur ne pouvait le faire que par la force, en brisant la libre volonté du peuple. Mais il n'a pas fait cela, en laissant ouverte la possibilité aux gens de choisir indépendamment entre le bien et le mal.

Notre vie sociale donne à une personne une connaissance, une culture, et une expérience utilisables- mais il est laissé à chacun de savoir comment l'utiliser. C’est la même chose dans la vie spirituelle. Le Seigneur nous donne – à travers Sa mission rédemptrice, par la Croix - la possibilité de surmonter nos faiblesses et d'en découdre avec le Diable. Pourtant, nous ne pouvons profiter de cette opportunité que par notre libre arbitre.

Le Seigneur a créé l'univers pour nous; Il nous a donné des lois par lesquelles vivre; Il nous a donné de l'eau, de la nourriture et tout le nécessaire. Mais comment vivre dans ce monde, dépend principalement de notre propre volonté, de notre propre travail, et de notre propre connaissance. Par conséquent, il est important que la vie se fonde sur le respect des préceptes divins et sur un libre choix humain.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
PRAVMIR 





mercredi 20 janvier 2016

Entrevue avec l'archimandrite Elie: Guidance spirituelle et libre arbitre (1)


L’archimandrite mégaloschème Elie (Nozdrine) est l'un des pères spirituels les plus renommés et les plus respectés de l'Eglise orthodoxe russe aujourd'hui. Il sert actuellement comme père spirituel de Sa Sainteté, le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie (son camarade de classe de l'Académie théologique), et du monastère d'Optina. Alexei Sokolov a mené cette interview.

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Batiouchka, dites-moi, pourquoi la guidance spirituelle est-elle nécessaire pour quelqu'un qui entre dans l'Église? Et en quoi devrait-elle consister?

La vie spirituelle doit être apprise; c’est peut-être l'apprentissage le plus important de notre monde, sans lequel notre société est condamnée. Voyez où nous a conduit l'impiété: le rejet de la vie selon les Commandements. Ce n’est pas par hasard qu’au milieu du siècle [dernier], le monde se tenait au bord de la destruction et de la catastrophe nucléaire, précisément en ces années au cours desquelles il a été promis de «montrer le dernier prêtre» à la télévision dans un proche avenir. [1] Maintenant, le terrorisme, la haine satanique, et la dégradation de nos villages partagent tous une racine commune, allant vers la destruction de la continuité de l'expérience spirituelle, sans laquelle nous ne pouvons pas vivre une vie normale. Cela permet non seulement d’éloigner l’homme du salut dans la vie éternelle, cela se révèle aussi destructeur de notre vie sociale actuelle.

La tâche de l'enseignement spirituel est précisément la restauration et le renforcement de la tradition de transmission, de préservation, et d’augmentation de l'expérience spirituelle. L'importance de ce ministère est représenté par le fait que dans l'Evangile, le Seigneur Lui-même est appelé le Maître. Après tout, Lui-même nous a donné un exemple: le Sauveur marchait à travers toute la Palestine avec ses disciples, faisant comme d'autres enseignants de l'époque faisaient - non seulement en Israël, mais aussi à Athènes et en Orient. Ainsi le Christ nous a montré qu'une salle d’étude chauffée n’est pas nécessaire pour l'apprentissage spirituel; on peut apprendre sur des roches nues. La chose la plus importante est ce qu'il faut apprendre, et comment.

Le christianisme offre une réponse très claire. Notre foi, et la richesse de nos vies spirituelles, sont acquises tout d'abord par la communion directe avec Dieu – c’est-à-dire par la prière, par laquelle sa foi est établie. Sans cela, selon Théophane le Reclus -ancien recteur de l'Académie théologique de Pétersbourg, soit dit en passant- les connaissances théoriques et l'éducation sont de peu de valeur. Mais, dans le même temps, cela ne nie pas la valeur de la connaissance, qui est aussi une partie intégrante de la vie spirituelle, celle qui ne peut en aucun cas être négligée. Pourquoi avons-nous tant de problèmes aujourd'hui, y compris dans la vie spirituelle, et pour trouver un père spirituel? Tout le mal réside dans l'absence d'éducation orthodoxe et de connaissance dans le domaine de la théologie. Quand un enfant obtient, dès le début, au moins une certaine compréhension de ce qu’est la vie spirituelle, et de ce qu'est la foi, alors il peut éviter de nombreuses erreurs.

L'apprentissage de la vie spirituelle signifie combiner la prière et de l'éducation. Et, bien sûr, il est particulièrement important de comprendre qu'un père spirituel ne peut pas offrir en cinq ou dix minutes ce qui prend des années pour acquérir une vie spirituelle normale. Après tout, il arrive fréquemment que quelqu'un entre dans l'Eglise pensant qu'il deviendra immédiatement un saint, et obtiendra des dons spirituels spéciaux de Dieu. Mais cela ne se produit pas.

La prière et le fait de se tourner vers Dieu devraient être combinés avec l'éducation, l'acquisition de connaissances, et des changements dans la vie quotidienne.

C’est seulement vers ces changements qu’un père spirituel doit guider, mais lui seul ne peut pas offrir beaucoup à quelqu'un qui n’est pas prêt à le recevoir. Un père spirituel peut expliquer quelque chose, mais -comme il est dit dans la parabole évangélique- le semeur peut semer, mais quand les moineaux et les corneilles arrivent à tire d’aile et picorent les grains, l'homme est de nouveau laissé vide. Une personne et son père spirituel devraient coopérer, agissant en tant que collègues. Seulement alors, on peut commencer à parler de véritable croissance spirituelle d'une personne.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
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[1] Ces paroles, attribuées à Khrouchtchev, sont entrées dans la conscience des masses d'Union Soviétique; à la fois l'origine de la déclaration et de l'année prédite sont contestées. Le mot traduit ici par «prêtre» est «pope», terme péjoratif.

Jean-Claude LARCHET: Lioubomir Mihailovitch, Le monastère orthodoxe de Žiča (Jitcha). Au cœur de la spiritualité serbe, Metokhia, Paris, 2015, 128 p.




Ce petit livre présente l’histoire passée et récente du monastère de Žiča (Jitcha), qui est situé au cœur de la Serbie et est l’un des plus anciens monastères serbes, fondé au début du XIIIe siècle par le roi Stefan le Premier Couronné et son frère saint Sava, premier archevêque serbe.

Après l’évocation de la construction et de la décoration du monastère et de son église, l’auteur donne la traduction d’un sermon qu’y a prononcé saint Sava lors de la fête de l’Ascension 1221. Il évoque ensuite les premières destructions et reconstructions entre le XIIIe et le XVIe siècle, puis, du XVIIe au XIX siècle les combats pour la survie du monastère face aux incessantes exactions ottomanes. Un chapitre entier est dédié à l’œuvre de restauration entreprise en 1855-1857 par l’évêque Joanikije Nešković. À la fin du XIXe et au début du XXe siècle, le monastère vit la reprise des cérémonies d’onction des monarques (Žiča étant à la monarchie serbe ce que fut Reims à la monarchie française). Pendant l’épiscopat de saint Nicolas Velimirović (qui prit place entre 1934 et 1941), le monastère connut une renaissance spirituelle remarquable. C’est au monastère que se réunissait lors des grandes fêtes le mouvement des Bogomoljci (Ceux-qui-prient-Dieu) que saint Nicolas avait fondé, et l’on compta jusqu’à 100.000 participants lors de la fête de l’Exaltation de la Croix de 1938, ce qui donne une idée de son ampleur. C’est à la fin des Liturgies qu’il célébrait que l’évêque Nicolas avait l’habitude de prononcer ses homélies, qui ont laissé une marque indélébile sur tous ceux qui l’écoutaient. Il commençait souvent à parler les yeux fermés, puis il les ouvrait et parcourait du regard toute l’assistance. « Chacun, rapporte son ancien élève l’archimandrite Jovan Radosavljević, avait l’impression que l’évêque le regardait et s’adressait à lui personnellement. Une force bienfaisante et une énergie irradiaient de lui, de sorte que son homélie conduisait les assistants vers une joie quasi céleste. Puis quand il tapait du pied ou avec sa crosse épiscopale, ou quand il faisait un geste de la main avec la croix, nous sentions tous qu’il voulait souligner une pensée ou une expression, afin que tout le monde s’en souvienne car elles venaient du Christ et étaient salvatrices. À la fin, il bénissait toute l’assistance, puis récitait des prières pour les malades rassemblés devant les Portes Royales de l’iconostase. Au moment d’ôter ses ornements liturgiques, il les déposait sur les malades et la puissance bienfaisante de ses saintes prières était si connue que des malades venaient de très loin pour qu’il prie pour eux. » L’évêque Nicolas avait l’intention de créer en ce lieu un grand centre spirituel pour le peuple serbe, mais la Seconde guerre mondiale l’empêcha de réaliser ce projet. Cette guerre fut pour le monastère un véritable martyre, les nazis ayant la volonté de détruire le patrimoine spirituel serbe. L’évêque Nicolas fut arrêté en juillet 1941, et le monastère bombardé en octobre de la même année. L’higoumène Danilo, le père Rafaïlo et quelques moniales âgées restèrent cependant sur place afin de garder ce qui restait des bâtiments. Un chapitre évoque les années de l’après guerre, redues difficiles par le manque de moyens matériels pour assurer la reconstruction et par les persécutions du nouvel État communiste. Des administrateurs succédèrent à l’évêque Nicolas, avant que puissent être nommés deux évêques qui contribuèrent successivement à la restauration matérielle et spirituelle du monastère: Vasilije Kostić et Stefan Boca. Les malheurs du monastère n’étaient pas finis pour autant, puisqu’il subit de gros dommages lors du tremblement de terre de 1987. Un dernier chapitre évoque le dynamisme actuel du monastère. Il est suivi d’une homélie prononcée par l’évêque Nicolas le 15 août 1940, et d’un entretien avec l’actuelle higoumène, Mère Hélène. Une annexe présente des photos en couleur qui donnent un aperçu des bâtiments, des quelques belles fresques anciennes qu’ils ont conservées, et des travaux iconographiques et agricoles actuel des moniales.

Le livre, qui est un bel hommage à l’un des plus importants monastères serbes, qui fait connaître une histoire peu connue du public francophone, et dont plusieurs chapitres évoquent la puissante et rayonnante personnalité de saint Nicolas Vemimirović, peut être acquis au prix de 5 euros à l’église Saint-Sava, rue du Simplon, Paris XIXe.


mardi 19 janvier 2016

Moine Moïse de la sainte Montagne: La confession



La confession est un commandement donné par Dieu, et c'est l'un des sacrements de notre Église. 

La confession n'est pas un acte formel, habituel ("pour être tranquille", ou "en vue des jours de fête à venir"), forcé et sans préparation, venant d'un devoir ou d'une obligation isolés et uniquement pour [accorder] un soulagement psychologique . 

La confession doit toujours être combinée à la repentance. Un saint staretz de la Sainte Montagne avait coutume de dire: "Beaucoup se confessent, mais peu se repentent! [1]

La repentance est un processus interne de contrition et de regret librement voulu, que nous éprouvons pour nous être éloignés de Dieu par le péché. 

Le vrai repentir n'a rien à voir avec la douleur intolérable, le chagrin excessif et les implacables sentiments de culpabilité. Ceci ne serait pas un repentir sincère, mais un égoïsme secret, un sentiment que notre «moi» est foulé aux pieds; une colère qui s'adresse à notre moi, qui alors demande vengeance, car il est démasqué et couvert de honte - chose qu'il ne peut pas tolérer. 

La repentance signifie un changement dans nos pensées, notre mentalité, c'est une volte-face, c'est une greffe de moralité et un sentiment d'horreur du péché. 

Le repentir, signifie aussi un amour de la vertu, la bienveillance, et un désir, une volonté et une forte disposition à être réunis au Christ par la grâce de l'Esprit Saint Omnipotent. 

La repentance commence dans les profondeurs du cœur, mais elle aboutit nécessairement dans le sacrement de la Confession divine et de sacrée.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
http://www.impantokratoros.gr/EE1D343A.en.aspx


[1] Staretz Aemilianos du monastère de Simonopetra, sur la Sainte Montagne

APPEL!



Cette nuit la température à Saint-Pétersbourg est descendue à -15°! Une grave crise frappe la Russie. Les hausses constantes des prix touchent les plus pauvres qui sont de plus en plus nombreux.
L’an dernier, à Saint-Pétersbourg, plus de 1194 personnes sans abri sont encore mortes dans la rue faute d’avoir trouvé de l’aide.

Grâce à vos dons, des associations et paroisses russes sauvent de la mort et des amputations des centaines d’hommes et de femmes chaque année. Les moyens manquent pour chauffer les tentes de nuit jusqu’à fin mars, distribuer des repas chauds et des couvertures, pour les soins d’urgence et tenir jusqu’au printemps.
Chaque rouble, chaque euro comptent pour sauver des vies. Chaque nuit, des personnes n’ayant pas trouvé d’abri ne se réveillent pas le matin venu. En accentuant nos efforts, nous permettrons à nos amis de Saint-Pétersbourg et Vladimir de tenir jusqu’à la fin de l’hiver ! Soyons nombreux à les aider ! Merci de vos dons ! Pour plus de renseignements, téléphonez-moi au 00 33 (0)1 42 50 53 46.

-Par chèque à ACER-RUSSIE 91, rue Olivier de Serres, 75015 Paris
à l'ordre d'ACER-RUSSIE en indiquant au dos " Appel urgent froid "

-Par un don en ligne en toute sécurité ICI

-Par Virement : La Banque Postale, ACER-RUSSIE, IBAN FR 45 2004 1000 0115 37 359Y02097 BIC: PSSTFRPPPAR

Un reçu fiscal sera envoyé à chaque donateur


Merci encore de votre fidélité et de votre soutien, Bonne et heureuse année 2016!

Amicalement
Alexandre Eltchaninoff