"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire
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vendredi 22 janvier 2016

Commémoration à Zagreb du hiéromartyr Dosithée, premier métropolite orthodoxe de cette ville et confesseur



À l’occasion de la fête du saint hiéromartyr Dosithée, la liturgie a été célébrée en la chapelle Saint-Sava, au centre spirituel de l’Église orthodoxe serbe de Zagreb. L’office était célébré par l’archimandrite Daniel (Ljubotina), assisté du hiéromoine Nikon et du diacre Branimir Jokić. Assistaient à la liturgie le métropolite de Zagreb et Ljubljana Porphyre, les fidèles de la paroisse de Zagreb et les élèves du lycée orthodoxe de Zagreb. 
 
La commémoration de saint Dosithée et l’entrée dans la nouvelle année 2016 se sont poursuivis dans la salle des fêtes du Centre spirituel par un programme préparé par les membres des associations culturelles et artistiques des orthodoxes russes de Zagreb et des environs. Dans son allocution, l’archimandrite Daniel s’est adressé aux hôtes en parlant de la vie, des souffrances et de la confession du métropolite Dosithée. Celui-ci, entre autres, avait montré une attention particulière envers les Russes émigrés qui, après leur arrivée à Zagreb, dans un délai relativement court, avec son soutien, avaient réussi à organiser leur vie culturelle, culturelle et politique, mais aussi à mettre en place des organisations et des institutions sociales qui ont assisté les élèves, les étudiants et les nécessiteux, laissant une trace indélébile dans toute la vie de Zagreb. 
 
Dans le cadre du programme de la manifestation ont été exécutés des chants spirituels et populaires, ainsi que de morceaux de musique classique. Mme Nathalie Vidmarović, professeur à la Faculté de philosophie de Zagreb a remercié le métropolite Porphyre et l’Église orthodoxe serbe pour l’organisation devenue maintenant traditionnelle de cette rencontre, à laquelle assistait les représentants des ambassades de Russie, Serbie et Grèce, ainsi que le Conseil de la minorité nationale serbe de la ville de Zagreb. Né en 1878 à Belgrade, le hiéromoine Dosithée (Vasić), après des études à Kiev, à la Sorbonne et à Genève a été sacré évêque en 1913 et nommé à Niš, qui était alors le diocèse le plus grand de l’Église orthodoxe serbe. Dès 1920, l’évêque Dosithée déploya une activité pastorale importante en Tchécoslovaquie, puis revint à Niš. En 1931, l’Église orthodoxe serbe décida de créer un diocèse à Zagreb. 
 
En 1933, l’évêque Dosithée fut élu unanimement métropolite du nouveau diocèse. Le 10 avril 1941, le jour même de la proclamation de « l’État indépendant de Croatie », le métropolite Dosithée fut arrêté par les oustachis. Le jour de l’arrestation, il était malade et alité. Il fut conduit à moitié déshabillé dans la rue, où l’on se moquait de lui et on le frappait. Il fut ensuite incarcéré dans une prison de Zagreb, où il se trouva en compagnie des pires criminels. Un témoin a écrit : « Il était terrible de voir le vieux métropolite Dosithée, malade, infirme et complètement épuisé par les coups, se trouvant dans le corridor de la prison parmi les criminels ». Selon le récit du gardien, parmi ceux qui excellaient dans la violence à l’égard du métropolite, se trouvait une étudiante qui le frappait à coup de révolver sur la tête et les mains, lui arrachait la barbe et lui crachait au visage. 
 
Un autre témoin rapporte qu’une prostituée avait rossé le métropolite. On avait promis la liberté à celle-ci à condition qu’elle frappât le prélat à coup de matraque. Le métropolite fut frappé à ce point qu’il perdit connaissance. Le 7 mai 1941, il fut transféré dans un état grave à Belgrade, à la prison de la Gestapo. Arrivé à la gare, il perdit connaissance. À Belgrade, deux SS accompagnèrent le métropolite en haillons, respirant difficilement et n’étant pas en état de parler. Tout son corps était couvert d’ecchymoses et de contusions. Il fut ensuite transféré dans un sanatorium, où il resta une quinzaine de jours, inconscient. Après un séjour à l’hôpital, où les médecins constatèrent qu’ils ne pouvaient rien faire, il fut placé au monastère de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu (Vavedenje), à Belgrade, en 1943. 
 
Le 13 janvier 1945, le métropolite Dosithée y mourut des séquelles de ses blessures et des sévices qu’il avait subis et fut enterré au monastère, où l’on vénère désormais ses saintes reliques. Il fut canonisé en 1998 par l’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe serbe.
et orthodoxie.com

jeudi 5 avril 2012

SOUVENIRS D’UNE RESCAPÉE DES CAMPS OUSTACHIS



Icône des nouveaux martyrs de Jasenovac
victime de la barbarie oustachie et romaine


L’auteur des lignes qui suivent est Smilja Tišma, aujourd’hui retraitée, qui a perdu dans les camps oustachis ses deux parents, ainsi que quinze membres de la famille de sa mère. 
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Tout a commencé ce 19 mai 1941. Ma sœur cadette Dese et moi-même sommes parties jouer dans une petite forêt, distante de la maison d’environ un kilomètre. J’étais alors âgée de neuf ans et demi et ma sœur, de huit ans et demi. De retour à la maison, nous avons eu un choc : la porte d’entrée était grande ouverte, et la maison était vide. Nous ayant aperçus, notre voisin croate nous a expliqué, visiblement troublé, que ma mère, mon frère et ma sœur avaient été emmenés par les oustachis. Il nous a exhorté à les rejoindre, en nous écriant : « Les enfants, courrez, courrez, vous les rattraperez ! »
Tout cela s’est passé dans un village de Slavonie appelé Zrinska. Les oustachis étaient entrés dans le village et avaient pris avec eux tous les habitants serbes : hommes, femmes, enfants et même les nouveaux nés.
Au bout de plusieurs heures de marche, nous avons rejoint la colonne interminable de plusieurs milliers de prisonniers. Nous avons réussi à retrouver notre mère Mara, accompagnée de notre frère Nicolas, âgé de sept ans, et la petite Marie, âgée de trois ans. Nous avons été très heureuses de retrouver notre mère qui, elle, pleurait amèrement. Elle seule savait ce qui nous attendait. Elle nous embrassait en sanglotant et répétait : « Mes enfants, c’est Sainte Parascève qui vous sauvera ! » (…).
Nous avons alors été conduits au camp d’extermination de Jasenovac, où nous avons été placés dans un recoin, à ciel ouvert, sans possibilité de nous protéger du soleil. Nous entendions, jour et nuit, les cris terrifiants des gens égorgés ou assassinés. La peur nous paralysait. Nous étions muettes. Les têtes rasées, nous ressemblions à des cadavres vivants.
Au bout de quelque temps, pour des raisons inconnues, nous fûmes transférées au camp de Stara Gradiška, où le martyre a continué. Nous ne pouvions pas dormir à cause des cris des enfants, qu’on entendait jour et nuit. Nous avons appris plus tard que l’on enduisait leurs lèvres de poison et que ces enfants mouraient dans des souffrances atroces.
Après avoir été transférés dans un autre camp, de nouvelles atrocités nous attendaient. Ils décidèrent de séparer les mères de leurs enfants. Cela s’est passé le jour même de la fête de sainte Parascève, en 1942. Des cris effrayants et désespérés déchiraient l’air et c’est à peine si nous pouvions entendre les paroles de notre mère, qui nous caressait et nous embrassait, en disant : « Mes enfants, c’est sainte Parascève qui vous sauvera ! » Cela a été la dernière fois que nous avons vu notre mère, et nous ignorons tout de son sort.
Nous, les enfants, avons été transférés au camp de Jastrebarsko (1). Au tendre soin de notre mère s’est substituée la protection de la sainte et, en effet, après des années passées dans les camps, nous avons réussi à en sortir, à l’aide de quelques personnes courageuses, parmi lesquelles notre voisin croate, qui s’est porté garant pour nous. De retour au village, nous avons trouvé toutes les maisons serbes incendiées et rasées.

Ce récit a été publié par le journal « Vesti » du 28.9.2011.
Version française Danica Le Caro
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(1) Le camp de Jastrebarsko était destiné aux enfants serbes âgés de 1 mois jusqu’à quatorze ans. Il fut ouvert durant deux mois en 1942. Au cours de ces deux mois, 1018 enfants moururent dans ce camp, qui était gardé par les sœurs de la Congrégation de la Charité!!!