"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

mercredi 20 mai 2015

Les nouveaux maîtres iconographes roumains: ICONOGRAPHIE INNOVATRICE DANS LA MATRICE DE LA TRADITION (11)


D'autres devraient être mentionnés pour la manière originale avec laquelle ils ont repensé certains thèmes classiques, par exemple Daniela Toma Musat, pour saint Georges.


Daniela Toma, St. M. George

Daniela Toma, Saint Georges


  Enfin, il convient de mentionner certains qui sont moines et artistes talentueux, capables d'innover dans le canon, comme Mère Olga,  avec son icône de saint Joachim et Anne, le moine Haralambie, avec l’icône des fondateurs vénérés de Vatopaidi, et le moine Iacob, avec son icône du Mandylion.

Mother Olga, St. Joachim and Anna (Bistrita Monastery)

Mère Olga: Joachim et Anne
Monastère de Bistrita


Monk Haralambie, The Venerable Founders of Vatopedi (Vatopedi Monastery, Mount Athos)

Moine Haralambie: Les vénérables fondateurs de Vatopaidi
(Monastère de Vatopaidi/ Mont Athos)



Monk Iacob, Mandylion (St. Tikhon's Hermitage, Mount Athos)



Moine Iacob: Le Mandylion, 
Ermitage de Saint Tikhon au mont Athos


Version française Claude Lopez-Ginisty
cité par






mardi 19 mai 2015

Les nouveaux maîtres iconographes roumains: ICONOGRAPHIE INNOVATRICE DANS LA MATRICE DE LA TRADITION (10)


A ces iconographes, il faut en ajouter beaucoup d'autres, tous avec des  talents particuliers et une production abondante. Nous ne citerons ici que quelques-uns d'entre eux pour quelques raisons particulières. 

Tout d'abord, certains ont composé de nouveaux thèmes iconographiques, comme Răzvan Gâsca avec son saint Maxime le Confesseur avec des scènes de sa vie, peint pour marquer la présence des reliques de saint Maxime le Confesseur à Iaşi en 2010.


Răzvan Gвscă, St. Maximus the Confessor with Scenes from His Life

Răzvan Gâscă, saint Maxime le Confesseur avec des scènes de sa vie

*


 De même, Marius Ghinescu pour son saint Pacôme à Saint Dimitry de Rostov, qui représente un moment dans la vie du Vénérable Pacôme de Gledin (1674-1724), ermite et évêque roumain qui a passé ses dernières années à la Laure des Grottes de Kiev .


Marius Ghinescu, St. Pachomius of Gledin Visiting St. Dimitry of Rostov

Marius Ghinescu, saint Pacôme de Gledin 
rendant visite à Saint Dimitri de Rostov



Version française Claude Lopez-Ginisty
cité par

"Le mensonge n'est jamais innocent." Albert Camus [Caligula]


Loup déguisé en brebis est toujours un loup... Wallpaper

Ecoutant par hasard la Radio Suisse Romande, la 1ère (RSR1) hier soir, j'entendis parler de l'Ukraine et de la situation religieuse de ce pays déchiré. Quelle ne fut ma surprise d'entendre une voix doucereuse, vanter avec des trémolos, les mérites incontestables du "patriarche"(sic) orthodoxe (re-sic) Philarète Denyssenko, aussi véritablement patriarche que le truculent Gérard Depardieu est première danseuse au Bolchoï. 

Habitué à "l'ignorance qui ne s'apprend pas" [dixit Gérard de Nerval] des hétérodoxes en matière d'Orthodoxie, je décidai d'écouter encore ces sornettes, lorsque le nom du spécialiste autoproclamé fut donné par le journaliste de la RSR. 

Il s'agissait de M. Arjakovsky! 

Ce dernier poursuivit sa péroraison inepte et tendancieuse, en ne tarissant pas de louanges sur les uniates… et en n'ayant pas de paroles assez dures pour le Patriarche de Moscou Cyrille… et bien sûr, il compara -avec ce sens inné de la nuance que possède tous les imbéciles heureux- M. Poutine à Hitler, avec des arguments que n'aurait pas refusés Goebbels lui-même.

M. Arjakovsky a le droit de penser ce qu'il pense, il lui est permis d'admirer l'homme de paix Denyssenko qui a décoré McCain, le plus obtus des faucons américains, qui a réclamé l'intervention armée des USA; il peut aussi faire semblant d'ignorer, lors d'une ses conférences à Lausanne (1) il y a quelques mois (à laquelle une immense foule de 8 personnes assistait!), que la soldatesque ukrainienne commet aussi des crimes de guerre contre des civils russes innocents; il peut aussi excuser ces agissements criminels en disant comme il le fit sur Arte, que l'armée ukrainienne ne faisait que défendre sa patrie, mais peut-être devrait-il éviter de laisser penser qu'il s'exprime en tant qu'orthodoxe russe, alors qu'il ne représente que lui-même. Ce serait certainement plus décent, puisque sa préférence va aux schismatiques, aux uniates, et aux catholiques romains, et c'est déjà dommageable pour la foi orthodoxe qu'il prétend incarner dans sa petite personne pour laquelle il a certainement une immense admiration. 

Et, puisqu'il participe déjà (et s'en vante) aux sacrements latins, et dégouline d'une admiration maladive et sans borne pour "l'union de Florence"[qu'aucune Eglise orthodoxe n'a jamais acceptée], pourquoi ne rejoint-il pas Rome, et ne cesse-t-il pas définitivement ses élucubrations uniatisantes et stupidement partisanes?

Claude Lopez-Ginisty


(1) voir aussi: http://orthodoxologie.blogspot.ch/2014/12/cumenisme-ou-uniatisme.html

Jean-Claude LARCHET: L’Évangile selon saint Jean et les chapitres 1-2 des Actes des Apôtres. Présentation et illustration par le père Michel Quenot




Ce nouveau livre propose le texte de l’Évangile selon saint Jean et les chapitres 1-2 des Actes des Apôtres, avec une introduction de 5 pages du père Michel Quenot. L’originalité de cette publication tient aux illustrations iconographiques qu’elle contient toutes les deux pages, et qui sont, comme dans tous les ouvrages publiés par le père Michel Quenot, choisies avec un goût très sûr. On peut regretter que l’auteur ait choisi le texte œcuménique de la Bible (TOB), qui, en raison de certains choix discutables (facilités par l’absence effective de participants orthodoxes dans l’élaboration de la traduction du Nouveau Testament), n’est pratiquement pas retenu par les paroisses et les fidèles orthodoxes. Mais le livre vise un public plus large, qu’il aura sans doute le mérite d’initier à la beauté et à la pertinence des illustrations orthodoxes : les icônes entrent en quelque sorte en synergie avec le texte, puisqu’elles sont une façon d’exprimer par les formes et les couleurs ce que celui-ci exprime par des mots.


lundi 18 mai 2015

Les nouveaux maîtres iconographes roumains: ICONOGRAPHIE INNOVATRICE DANS LA MATRICE DE LA TRADITION (9)


Diacre Nicolae Bălan. 

Après ses études d’iconographie à la Faculté de théologie dans le département de l'art monumental, il suivit des cours à la Faculté des Beaux-Arts pour améliorer ses techniques de dessin et de composition. Balan est un dessinateur doué et il a peint la chapelle métropolitaine de Limours (France) et l'église de la Sainte Trinité à Alba Iulia. 

Il démontre un talent particulier dans l'organisation de surfaces murales complexes, dans une élaboration habile de scènes murales et en mettant l'accent sur le thème principal autour duquel gravite toute la composition.

Nicolae Bălan, Memorial Church from Alba Iulia

Nicolae Bălan, Eglise mémoriale d’Alba Iulia



Nicolae Bălan, Altar crucifix

Nicolae Bălan, Crucifix d’autel



Nicolae Bălan, Memorial Church from Alba Iulia, Detail from the vault

Nicolae Bălan, Eglise mémoriale d’Alba Iulia, Détail de la voûte

Version française Claude Lopez-Ginisty
cité par









Orthodoxie (France 2) : Entretien avec Jean-Claude Larchet sur les “Lettres spirituelles” de l’higoumène Nikon Vorobiev



L’émission Orthodoxie sur France 2 du dimanche 17 mai de 9h30 à 10 h était consacrée à un entretien avec Jean-Claude Larchet sur le livre “Lettres spirituelles” de l’higoumène Nikon Vorobiev, récemment paru dans la collection “Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle” aux éditions L’Âge d’Homme. L’émission peut être revue en replay sur ce site.

dimanche 17 mai 2015

Les nouveaux maîtres iconographes roumains: ICONOGRAPHIE INNOVATRICE DANS LA MATRICE DE LA TRADITION (8)

Mihai Coman. 

Il enseigne les techniques de peinture d'Eglise à la Faculté de Théologie de Bucarest et a étudié la restauration en Roumanie. Toutefois, en ce qui concerne ses compétences de peinture d'icônes et de fresques, Coman affirme qu'il a appris la technique sur le Mont Athos et qu’il a compris l'icône avec le professeur et peintre Georgios Kordis», dont il est étudiant en doctorat en Grèce. 

Coman est en effet redevable aux traditions athonites et crétoises des XIVe et XVe siècles préférant les figures allongées, les gestes délicats et maniéristes et les vêtements aux surfaces largement drapées. 

Outre ses nombreuses icônes façonnées avec un raffinement minimaliste, il a peint les fresques de la chapelle de l'Université Polytechnique de Bucarest et a collaboré avec Gabriel Toma Chituc pour l'église de saint Théodose à l’Hermitage de Brazi.


Mihai Coman, Last Supper

Mihai Coman, La Cène



Mihai Coman, The Protection of the Mother of God
Mihai Coman: "Pokrov"
La Protection de la Mère de Dieu


Version française Claude Lopez-Ginisty
cité par

FEUILLETS LITURGIQUES DE LA CATHÉDRALE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX



4/17 mai
6ème dimanche de Pâques, de l’Aveugle-né

Sainte martyre Pélagie, vierge à Tarse (vers 290) ; saints Nicétas, Cyrille, Nicéphore, Clément et Isaac de Novgorod (XIV-XV) ; saint hiéromartyr Érasme, évêque de Formia (303) ; saint Albian, évêque d'Anée, martyr avec ses disciples (304) ; saint Sylvain, évêque de Gaza, et ses 40 disciples (311) : saint hiéromartyr Jean Vasiliev, prêtre (1942) ; saint hiéromartyr Nicolas, diacre (1943).

Lectures : Actes XVI, 16 – 34 / Jn. IX, 1 – 38

DIMANCHE DE L’AVEUGLE-NÉ
E
n ce dimanche est commémoré le don de la vue accordé par notre Seigneur Jésus-Christ à l’aveugle-né. Le miracle de la guérison de l’aveugle convient tout à fait aux jours de la Pentecôte chrétienne : à l’instar des autres événements commémorés par la Sainte Église en cette période, ce miracle annonce la puissance et la gloire Divines du Seigneur ressuscité (Jn IX, 31-33,38). Selon les explications du synaxaire, le miracle de la guérison de l’aveugle-né est commémoré ce dimanche, parce qu’il fut accompli le jour de la Pentecôte. Dans l’exemple de l’aveugle-né, l’Église présente la figure de chaque pécheur, qui est un aveugle de naissance, « parce que tous ont péchés et sont privés de la gloire de Dieu » (Rom. III, 33), tandis que par le don de la lumière miraculeuse aux yeux spirituels et corporels de l’aveugle, elle nous enseigne que l’Illuminateur véritable est le seul Seigneur. Ce n’est que dans Sa Lumière que nous pouvons voir la Lumière véritable et salvatrice. Selon les enseignements de St. Tykhon de Zadonsk (+ 1783), « ce que sont les ténèbres matérielles pour l’œil, c’est le péché pour l’âme de l’homme ; les ténèbres spirituelles assombrissent et aveuglent à ce point les yeux spirituels, que le pécheur chemine comme un aveugle : il ne sait pas où son chemin le mène ; il ne voit pas devant lui la fosse de la perte éternelle, dans laquelle il doit tomber ; il ne fait pas la différence entre le vice et la vertu, entre le mal et le bien, entre la vérité et le mensonge ».


Tropaire de Pâques, ton 5
Хpистócъ вocкpéce изъ ме́ртвыхъ, cме́ртію cме́рть попра́въ и су́щымъ во гробѣ́xъ живо́тъ дарова́въ.

Le Christ est ressuscité des morts, par Sa mort Il a vaincu la mort, et à ceux qui sont dans les tombeaux, Il a donné la Vie.
Tropaire du dimanche du 5ème ton
Собезнача́льное Сло́во Oтцу́ и Дýxoви, отъ Дѣ́вы ро́ждшeecя на спасе́нie на́ше, воспои́мъ вѣ́рній и поклони́мся, я́ко  благоволи́ пло́тію взы́ти на кре́стъ, и cме́рть претерпѣ́ти, и воскреси́ти уме́ршыя сла́внымъ воскресе́ніемъ Cвои́мъ.
Fidèles, chantons et adorons le Verbe coéternel au Père et à l’Esprit, né d’une Vierge pour notre salut : car il Lui a plu, en Sa chair, de monter sur la Croix, de subir la mort et de relever les défunts par Sa glorieuse Résurrection !

Kondakion de l’Aveugle-né, ton 4
Душе́вныма очи́ма ослѣпле́нъ, къ Teбѣ́ Хpисте́ прихожду́, я́коже слѣ́пый отъ poжде́нія, покая́ніемъ зову́ Tи : Tы́ cýщихъ во тмѣ́ свѣ́тъ пресвѣ́тлый.

Les yeux de mon âme étant aveugles, je viens à Toi, ô Christ, comme l’aveugle de naissance, et dans le repentir je Te clame : Tu es la Lumière très éclatante pour ceux qui sont dans les ténèbres.
Kondakion de Pâques, ton 8
А́щe и во гpóбъ снизшéлъ ecи́, Безсме́ртнe, но́ а́дову paзpyши́лъ ecи́ cи́лу, и воскре́слъ ecи́, я́ко побѣди́тель, Xpистé Бо́же, жена́мъ мироно́сицамъ вѣща́вый : páдуйтеся, и Tвои́мъ Aпо́столомъ ми́ръ да́руяй, па́дшымъ подая́й вocкpecéнie.

Bien que Tu sois descendu, ô Immortel, dans le Tombeau, Tu as cependant détruit la puissance de l’enfer et Tu es ressuscité en vainqueur, ô Christ Dieu. Aux femmes myrophores Tu as annoncé : Réjouissez-vous, et à Tes apôtres Tu as donné la paix, Toi qui accordes à ceux qui sont tombés la Résurrection.
Au lieu de « il est digne en vérité » (ton 1):
А́нгелъ вопiя́ше Благода́тнѣй: Чи́стая Дѣ́во, ра́дуйся, и па́ки реку́: Ра́дуйся! Тво́й Сы́нъ воскре́се тридне́венъ отъ гро́ба и ме́ртвыя воздви́гнувый: лю́дiе веселит́еся. Свѣти́ся, свѣти́ся Но́вый Iерусали́ме, сла́ва бо Госпо́дня на Тебѣ́ возсiя́. Лику́й ны́нѣ и весели́ся, Сiо́не. Ты́ же, Чи́стая, красу́йся, Богоро́дице, о воста́нiи Рождества́ Твоего́.

L’Ange s’écria à la Pleine de Grâce : Vierge pure, réjouis-Toi, et je Te répète « Réjouis-Toi », car Ton Fils est ressuscité le troisième jour du Tombeau, et, ayant redressé les morts, peuples réjouissez-vous. Resplendis, resplendis, nouvelle Jérusalem, car la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. Exulte maintenant et réjouis-toi Sion. Et toi, toute pure Mère de Dieu, réjouis-toi en la Résurrection de Ton Fils.


HOMÉLIE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME SUR LA LECTURE DES ACTES DES APÔTRES DE CE JOUR
Que peut-on trouver d'égal à leurs âmes? Battus de verges, ils étaient couverts de blessures, ils avaient subi mille injures, encouru les plus grands dangers, ils étaient attachés au fond d'un cachot; or, même dans cet état, ils ne songeaient pas au sommeil ; ils veillaient, au contraire. Voyez tout l'avantage des tribulations ! Tandis que nous autres, couchés dans des lits moelleux, à l'abri de tout danger, nous dormons toute la nuit. Peut-être leur position même les excitait-elle à veiller. Ils ne cédèrent point à la tyrannie du sommeil, à l'accablement de la douleur, à l'abattement de la crainte ; tout cela, au contraire, les animait et les réjouissait. «Vers minuit, ils priaient et chantaient les louanges de Dieu ; les prisonniers les entendaient ». C'était pour eux une chose nouvelle et étonnante. « Tout à coup il se fit un si grand tremblement de terre, que les fondements de la prison en furent ébranlés; toutes les portes s'ouvrirent en même temps et les liens de tous les prisonniers furent rompus ». La terre trembla afin que le geôlier fût éveillé, et les portes s'ouvrirent pour rendre le miracle plus frappant, mais les autres prisonniers ne s'en aperçurent pas, car ils se seraient tous enfuis. « Le geôlier s'étant éveillé et voyant toutes les portes de la prison ouvertes, tira son épée et voulut se tuer, s'imaginant que les prisonniers s'étaient sauvés. Mais Paul lui cria à haute voix: Ne «vous faites pas de mal, car nous sommes tous ici ». II admira encore plus la bonté de Paul: il s'étonna de voir un homme qui, pouvant fuir, ne l'avait pas fait, et qui le détournait de se tuer lui-même. « Alors le geôlier ayant demandé de la lumière, entra et se jeta en tremblant aux pieds de Paul et de Silas, et les ayant fait sortir, il leur dit : « Seigneurs, que faut-il que je fasse pour être sauvé ? » Voyez jusqu'où allait son admiration ! « Ils lui répondirent: Crois à Notre Seigneur Jésus-Christ et tu seras sauvé, toi et ta famille. Et ils lui annoncèrent la parole du Seigneur, ainsi qu'à tous ceux qui étaient dans sa maison ». En se hâtant de parler ainsi à leur geôlier, ils montraient toute leur bonté pour lui. « A cette même heure de la nuit, il lava leurs plaies, et aussitôt il fut baptisé avec toute sa famille. Puis les ayant menés dans son logement, il leur servit à manger; et il se réjouit avec toute sa maison de ce qu'il avait cru en Dieu». Il les soigna ainsi comme pour les remercier et leur rendre hommage. « Le jour étant venu, les magistrats lui envoyèrent dire par des huissiers qu'il laissât aller ces prisonniers ». Les magistrats avaient sans doute appris ce qui s'était passé, mais ils n'osaient pas les mettre ouvertement en liberté. « Aussitôt le geôlier vint dire à Paul : Les magistrats ont mandé qu'on vous élargisse ; sortez donc maintenant et allez en paix. Mais Paul dit aux huissiers : Après nous avoir publiquement battus de verges, sans connaissance de cause, nous qui sommes citoyens romains, ils nous ont mis en prison, et maintenant ils nous font sortir en secret. Il n'en sera pas ainsi, mais qu'ils viennent eux-mêmes nous en tirer. Les huissiers rapportèrent ces paroles aux magistrats qui eurent peur, ayant appris qu'ils étaient citoyens romains. Ils vinrent donc leur faire des excuses, et, les ayant mis hors de la prison, ils les supplièrent de se retirer de la ville. Et eux, au sortir de la prison, ils allèrent chez Lydie, et ayant vu les frères, ils les consolèrent et partirent». Paul ne part point aussitôt après l'ordre des magistrats, peut-être à cause de Lydie et des autres frères, ou bien pour intimider les magistrats en évitant de s'éloigner avec trop de résignation, et aussi pour encourager les fidèles. Ils avaient donc, mes bien-aimés, trois griefs contre les magistrats: ils étaient citoyens romains, non condamnés, et on les avait jetés publiquement en prison. Ainsi les apôtres ne négligent point toutes ces considérations humaines. Comparons cette nuit à celles que nous passons au milieu des festins, de l'ivresse, de la débauche; celles où notre sommeil est aussi pesant que la mort, ou bien nos veilles plus pénibles que ce sommeil même. Les uns, en effet, quand ils dorment, sont privés de tout sentiment : les autres ne veillent que pour leur perte et leur malheur, à préparer des intrigues, à gagner de l'argent, à combiner des vengeances, à méditer des méchancetés, à repasser les injures qu'ils ont dites ou entendues dans la journée; c'est ainsi qu'ils rallument leur colère et s'excitent à tous les crimes. Voyez comme Pierre dormait : la Providence l'avait voulu; en effet, quand l'Ange se présenta, personne ne devait voir ce qui se passait. La délivrance de Paul fut encore disposée pour éviter que le geôlier se tuât lui-même. Pourquoi n'y eut-il pas d'autre miracle? Parce que cela suffisait pour entraîner et convaincre cet homme qui aurait été dans un grand danger, si Paul avait été délivré autrement; car un miracle nous touche moins que ce qui peut nous sauver : ce qui suivit servait à prouver que le tremblement de terre n'était pas un phénomène ordinaire. Il eut lieu la nuit, parce que rien ne se faisait pour l'ostentation, mais tout pour le salut des hommes. Cet homme n'était pas méchant; il avait mis les apôtres au cachot parce qu'il en avait reçu l'ordre, mais non de son propre mouvement. Pourquoi Paul n'éleva-t-il pas la voix tout d'abord ? Cet homme était plein de trouble et d'émotion et ne l'aurait pas écouté. Aussi quand il le voit prêt à se tuer, il l'arrête et lui crie : « Nous sommes tous là ! » Alors le geôlier, « ayant demandé de la lumière, entra et se prosterna devant Paul et Silas ». Le geôlier tombe aux pieds de ses prisonniers. « Il les fait sortir et leur dit : Seigneurs, que faut-il que je fasse pour être sauvé? » En effet, de quoi parlaient les apôtres? Observez aussi que le geôlier ne les aime pas seulement parce qu'ils l'ont sauvé, mais parce qu'il admire leur puissance.
VIE DE SAINTE PÉLAGIE DE TARSE[1]
Sainte Pélagie était issue d’une noble famille de Tarse (Cilicie) installée à Rome, et avait été fiancée à l’un des fils de l’empereur Dioclétien. Ayant entendu parler des progrès accomplis par la foi chrétienne, elle chercha à apprendre ce qu’elle professait. Peu après, elle vit en rêve l’évêque de Rome en train de baptiser un grand nombre de catéchumènes. Celui-ci se tourna vers elle et l’invita à renaître aussi à la vie éternelle. À son réveil Pélagie prit congé de ses parents, sous prétexte d’aller rendre visite à sa nourrice, et elle se rendit en hâte chez l’évêque qui la baptisa. Elle remit alors ses riches vêtements au prélat, pour qu’il les distribuât aux pauvres, et elle arriva chez sa nourrice, vêtue simplement, sans apprêt, à la manière des gens du peuple. Comme sa nourrice avait refusé de la recevoir, elle rentra chez elle. Sa mère, en voyant son accoutrement, comprit ce qui s’était passé, et elle essaya de convaincre sa fille de renier le Christ et de s’habiller comme les gens de sa condition. Mais la jeune fille restait inébranlable et confessait que pour rien au monde elle n’abandonnerait l’Époux de son âme. Sa mère informa le fils de Dioclétien que sa fiancée dédaignait son alliance, et celui-ci, désespéré, se donna la mort. Lorsque l’empereur apprit cette nouvelle, il entra dans une violente fureur et fit enfermer la sainte dans un bœuf d’airain rougi au feu, où elle accomplit son union définitive avec le Christ.

LECTURES DU DIMANCHE PROCHAIN : Matines : Jean XXI, 1-14. Liturgie : Actes XX, 16-18, 28-36 ; Jean. XVII, 1-13





[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras