"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire
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jeudi 21 mai 2015

Les nouveaux maîtres iconographes roumains: ICONOGRAPHIE INNOVATRICE DANS LA MATRICE DE LA TRADITION (12 et Fin)


III. Un thème iconographique - Les Martyrs Brâncoveanu

Le Prince Constantin Brâncoveanu a été décapité en 1714 par les Ottomans avec ses quatre fils et son conseiller Ianache Văcărescu parce qu'ils ne renonçaient pas à leur foi chrétienne. 

Il est ensuite devenu l'un des princes les plus aimés de l'histoire roumaine et actuellement, il est l'un des saints les plus vénérés du pays. L'anniversaire des 300 ans du martyre a occasionné une production iconographique riche et originale développée soit par analogie avec des thèmes établis de la tradition byzantine (Décollation de saint Jean-Baptiste), soit en intégrant des thèmes iconographiques classiques (Mandylion, Vigne de Jésus, Deisis) et des scènes de martyre comme elles sont enregistrées dans les chroniques et les écrits historiques.



Bogdan Verdes, Saint Martyrs Brвncoveanu

Bogdan Verdes: saints martyrs Brâncoveanu

Gabriel Toma Chituc, Mandylion with Saint Martyrs Brвncoveanu

Gabriel Toma Chituc: 
Mandylion avec les saints martyrs Brâncoveanu

Ioan Popa, Jesus the Vine with Saint Martyrs Brвncoveanu


Ion Popa: Jésus la Vigne,
avec les saints saints martyrs Brâncoveanu



Daniel Codrescu, Deisis with Saint Martyrs Brвncoveanu

Daniel Codrescu: Déisis 
avec les saints martyrs Brâncoveanu

Elena Murariu, Saint Martyrs Brвncoveanu

Elena Murariu: les saints martyrs Brâncoveanu

Le dernier exemple appartient à Sorin Dumitrescu, un peintre au talent métaphysique de l'ancienne génération, transformé en un théoricien inspiré et charismatique de l'icône ainsi qu'en iconographe original, en dépit de la diminution du nombre d'icônes qu'il a réalisées. 

Alors que dans son début de carrière comme iconographe il interprétait la tradition Paléologienne d'une manière personnelle, il cherche ses sources actuelles d'inspiration dans les temps qui ont précédé la controverse iconoclaste.


Sorin Dumitrescu, The Iconic Model of the Brancovan Martyrdom

Sorin Dumitrescu: modèle icônique du martyre 
des saints Brâncoveanu

Avec ce dernier exemple, nous achevons notre courte excursion dans l'iconographie roumaine contemporaine. La diversité des artistes, des styles, des techniques, des médias et des sources d'inspiration dévoile un phénomène artistique et spirituel fascinant. Il sera intéressant de voir dans quelle direction l'iconographie roumaine va évoluer dans le futur.



Version française Claude Lopez-Ginisty
cité par

mercredi 20 mai 2015

Les nouveaux maîtres iconographes roumains: ICONOGRAPHIE INNOVATRICE DANS LA MATRICE DE LA TRADITION (11)


D'autres devraient être mentionnés pour la manière originale avec laquelle ils ont repensé certains thèmes classiques, par exemple Daniela Toma Musat, pour saint Georges.


Daniela Toma, St. M. George

Daniela Toma, Saint Georges


  Enfin, il convient de mentionner certains qui sont moines et artistes talentueux, capables d'innover dans le canon, comme Mère Olga,  avec son icône de saint Joachim et Anne, le moine Haralambie, avec l’icône des fondateurs vénérés de Vatopaidi, et le moine Iacob, avec son icône du Mandylion.

Mother Olga, St. Joachim and Anna (Bistrita Monastery)

Mère Olga: Joachim et Anne
Monastère de Bistrita


Monk Haralambie, The Venerable Founders of Vatopedi (Vatopedi Monastery, Mount Athos)

Moine Haralambie: Les vénérables fondateurs de Vatopaidi
(Monastère de Vatopaidi/ Mont Athos)



Monk Iacob, Mandylion (St. Tikhon's Hermitage, Mount Athos)



Moine Iacob: Le Mandylion, 
Ermitage de Saint Tikhon au mont Athos


Version française Claude Lopez-Ginisty
cité par






mardi 19 mai 2015

Les nouveaux maîtres iconographes roumains: ICONOGRAPHIE INNOVATRICE DANS LA MATRICE DE LA TRADITION (10)


A ces iconographes, il faut en ajouter beaucoup d'autres, tous avec des  talents particuliers et une production abondante. Nous ne citerons ici que quelques-uns d'entre eux pour quelques raisons particulières. 

Tout d'abord, certains ont composé de nouveaux thèmes iconographiques, comme Răzvan Gâsca avec son saint Maxime le Confesseur avec des scènes de sa vie, peint pour marquer la présence des reliques de saint Maxime le Confesseur à Iaşi en 2010.


Răzvan Gвscă, St. Maximus the Confessor with Scenes from His Life

Răzvan Gâscă, saint Maxime le Confesseur avec des scènes de sa vie

*


 De même, Marius Ghinescu pour son saint Pacôme à Saint Dimitry de Rostov, qui représente un moment dans la vie du Vénérable Pacôme de Gledin (1674-1724), ermite et évêque roumain qui a passé ses dernières années à la Laure des Grottes de Kiev .


Marius Ghinescu, St. Pachomius of Gledin Visiting St. Dimitry of Rostov

Marius Ghinescu, saint Pacôme de Gledin 
rendant visite à Saint Dimitri de Rostov



Version française Claude Lopez-Ginisty
cité par

dimanche 17 mai 2015

Les nouveaux maîtres iconographes roumains: ICONOGRAPHIE INNOVATRICE DANS LA MATRICE DE LA TRADITION (8)

Mihai Coman. 

Il enseigne les techniques de peinture d'Eglise à la Faculté de Théologie de Bucarest et a étudié la restauration en Roumanie. Toutefois, en ce qui concerne ses compétences de peinture d'icônes et de fresques, Coman affirme qu'il a appris la technique sur le Mont Athos et qu’il a compris l'icône avec le professeur et peintre Georgios Kordis», dont il est étudiant en doctorat en Grèce. 

Coman est en effet redevable aux traditions athonites et crétoises des XIVe et XVe siècles préférant les figures allongées, les gestes délicats et maniéristes et les vêtements aux surfaces largement drapées. 

Outre ses nombreuses icônes façonnées avec un raffinement minimaliste, il a peint les fresques de la chapelle de l'Université Polytechnique de Bucarest et a collaboré avec Gabriel Toma Chituc pour l'église de saint Théodose à l’Hermitage de Brazi.


Mihai Coman, Last Supper

Mihai Coman, La Cène



Mihai Coman, The Protection of the Mother of God
Mihai Coman: "Pokrov"
La Protection de la Mère de Dieu


Version française Claude Lopez-Ginisty
cité par

samedi 16 mai 2015

Les nouveaux maîtres iconographes roumains: ICONOGRAPHIE INNOVATRICE DANS LA MATRICE DE LA TRADITION (7)


Ioan Popa. 

Bien qu'il ait seulement 38 ans, Popa a déjà peint avec la technique de la fresque deux églises à Bucarest et à Alba Iulia, l'église d'un monastère dans les monts Apuseni ainsi que des baptistères et de petites chapelles du sud de l'Italie, de Chypre et du Mont Athos. 

Popa est doté d'une très bonne connaissance de l'art byzantin, de ses racines et de son héritage dans les Balkans et l'Italie du Sud. Bien documenté en histoire de l'art et doué aussi d’une vocation de chercheur, il penche artistiquement vers un "style local connecté à la tradition byzantine de l'Eglise Une". 

Il est capable de composer ses peintures murales adaptées soit à l'architecture traditionnelle ou expérimentale, et ainsi de générer des programmes iconographiques uniques.


Ioan Popa, G. Alexandrescu Hospital Chapel (Bucharest)
Ioan Popa, G. Alexandrescu
Chapelle de l'Hôpital (Bucarest)



Ioan Popa, SS Redentore Church (Manfredonia, Italy)
Ioan Popa, Église SS Redentore (Manfredonia, Italie)

Auteur de nombreuses icônes, Popa crée parfois de nouveaux cycles narratifs dans les scènes peintes dans la marge de l'icône.


Ioan Popa, St. M. George, icon

Ioan Popa, icône de saint Georges

Ioan Popa, St. Seraphim of Sarov, icon

Ion Popa, icône de saint Seraphim de Sarov


Il a accompli une fresque d'une grande originalité dans l'église dédiée à saint Jean-Baptiste à Alba Iulia. Les scènes sont réduites à l'essentiel, peintes sur de grandes zones délimitées par des inscriptions, des fragments de l'Ecriture et des textes liturgiques. Il maîtrise une technique de dessin ferme qui transmet à ses ensembles muraux une certaine monumentalité et l'atmosphère hiératique spécifique de l'art primitif.


Ioan Popa, Southern Wall, The Church of Alba Iulia


Ioan Popa, mur sud, église d'Alba Iulia


Ioan Popa, The Church of Alba Iulia, detail

Ioan Popa, L'église d'Alba Iulia, détail


Version française Claude Lopez-Ginisty
cité par

vendredi 15 mai 2015

Les nouveaux maîtres iconographes roumains: ICONOGRAPHIE INNOVATRICE DANS LA MATRICE DE LA TRADITION (6)


Gabriel Toma Chituc. 

Egalement  éduqué principalement comme peintre classique, Chituc est un iconographe original et doué d'une expressivité artistique. Dans la dernière décennie, il est devenu un iconographe prolifique cherchant à trouver le mystère de l'icône authentique inspirée par l'Esprit Saint. 

Influencé par l'art des maîtres russes de Novgorod et de Moscou, dont il a pris la transparence, la grâce et la délicatesse de portraits, il filtre tout dans un style personnel de physionomies délicates, de gestes et de mouvements élégants, de couleurs chaudes et « désaturées » et de plis raffinés. Il est original et très personnel soit quand il repense un thème classique comme l’icône de la Nativité ou l'Annonciation, ou quand il crée le portrait d'un saint ou d’un martyr.

Gabriel Toma Chituc, Nativity

Gabriel Toma Chituc, la Nativité

Gabriel Toma Chituc, Annunciation
Gabriel Toma Chituc, Annonciation

Gabriel Toma Chituc, St. M. George

Gabriel Toma Chituc, St. George

Gabriel Toma Chituc, St. Venerable George of Cernica

Gabriel Toma Chituc, Saint George le Vénérable de Cernica


Version française Claude Lopez-Ginisty
cité par

jeudi 14 mai 2015

Les nouveaux maîtres iconographes roumains: ICONOGRAPHIE INNOVATRICE DANS LA MATRICE DE LA TRADITION (5)

Elena Murariu représente la génération intermédiaire. 

Elle a travaillé en tant que spécialiste de la fresque qui a restauré différentes peintures murales du XIVe au XVIIIe siècle, puis a commencé à peindre ses propres icônes. 

Murariu peint les modèles iconographiques des princes roumains nouvellement canonisés, en composant un récit historique avec des scènes de leur vie inspirées de la chronique de type russe de l’iconographie du XVIe siècle. 

Très prolifique, elle est en mesure d'élaborer un certain sujet, par exemple le martyre des saints Brancovan, dans divers médias et techniques, depuis des icônes suivant la composition stricte du canon byzantin à d'autres modalités artistiques telles que des graphiques ou tempera sur panneau de bois. 

Ces compétences remarquables lui permettent d'insérer dans le langage iconographique classique certaines des techniques et des moyens d'expression propres à d'autres médias artistiques tels que les hachures, les traits brillants et un dynamisme accentué. 
   
Elena Murariu, St. Stephen the Great

Elena Murariu, Saint-Etienne le Grand

Elena Murariu, Holy Brancovan (Brвncoveanu) Martyrs
Elena Murariu, les saints martyrs Brancovan (Brâncoveanu)


Version française Claude Lopez-Ginisty
cité par