"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

mardi 9 septembre 2014

SI JE SUIS L'ÉGLISE DU SAINT-ESPRIT Hiéromoine du grand schème Julien (Lazar) (1)

Hieroschemamonk Julian (Lazar). Photo: Familia ortodoxa / Viktor Roncea

Le staretz Julien (Lazar) se rapproche de la 90e année de son séjour terrestre, illuminé par sa prière incessante. Pour la pureté de son cœur, Dieu lui donna les réponses à de nombreuses questions, dont certaines ne sont même pas prononcées à haute voix. 

Le "staretz de Prodromos," que les gens avec une grande affection appellent sa montagne sainte, est le genre de père spirituel qui est de plus en plus rare sur terre: un ermite qui pleure avec vous sur vos péchés et guérit infailliblement les blessures de l'âme par des conseils avisés et par la prière. Grand observateur des commandements, il est un de ces hommes dont on dit: "quiconque les [commandements] appliquera et les enseignera, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux" (Matthieu 05:19).

Il a un cœur pur, qui reflète le ciel comme un miroir, grâce à la bonté de son cœur. Quand il est joyeux tout son visage commence à rayonner. C'est une grande joie de se trouver à proximité de lui alors, parce que vous avez le sentiment que vous êtes assis à genoux près d’un grand-père à la barbe blanche comme neige, regardant avec amour l'enfant intérieur de votre âme.

Et pourtant, même s’il a un "bon cœur et une main légère", selon l'expression du père Arsène Papacioc pour les pères spirituels, il peut aussi être extrêmement sévère pour vos péchés s'il voit que vous persistez à les commettre. Mais même dans cette sévérité (envers le péché, mais jamais envers le pécheur!) son amour pour les gens était évident.

Pour la pureté de sa vie, Dieu lui a donné le don de voir toujours (avant vous!) là où il y a une "fêlure" dans votre cœur, l'endroit par lequel les passions pénétrent dans votre âme. Précisément dans ce lieu, Abba Julien vous apprend à appliquer le remède.

Avec trois bons amis j'ai rendu visite à Abba Julien en février 2014, et un soir où nous nous sommes plaints au sujet des nombreux soucis terrestres et du manque de temps pour la prière, le staretz nous a répondu de cette façon...


Prodromos Monastery Photo: pemptousia.ro

Prodromos monastère Photo: pemptousia.ro
    
Déification

-Je vois que vous, vous êtes très occupés et que vous pourriez avoir beaucoup à dire, si c'était nécessaire de parler, mais je pense que dans cette vie, il est important de lutter pour la vie après la mort. En effet, Dieu nous a donné le temps et la vie afin que nous puissions venir à lui préparés. 

Nous ne savons pas, car il ne nous est pas donné à nous de savoir, ni le moment, ni l'heure où nous partirons au Seigneur et d’en donner notre explication. Après tout, Dieu ne nous a pas créés sans but. Il a annoncé l'objectif déjà au début de la Bible, dans le Livre de la Genèse, cf( 1:26): Et Dieu dit: Faisons l'homme à notre image et ressemblance. Le verset suivant dit que, Dieu fit l’homme, selon l'image de Dieu il le fit, et rien n'est mentionné au sujet de la ressemblance, car elle aurait dû être réalisée en Adam.

Ainsi, le but de notre vie est la déification, car il est écrit: Soyez donc parfaits, comme votre Père qui est dans les cieux est parfait (Matthieu 05:48). 

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après


Sur orthodoxie.com


Vidéo de la présentation du livre “Le patriarche Paul de Serbie. Un saint de notre temps” par Jean-Claude Larchet

Le samedi 14 juin, à 18 heures, à la librairie L’Âge d’Homme, Jean-Claude Larchet a présenté son dernier livre Le patriarche Paul de Serbie. Un saint de notre temps, paru dans la colllection « Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle ». Nous vous invitons à regarder la vidéo de la présentation.


lundi 8 septembre 2014

Un nouvel ouvrage de Jean-Claude LARCHET aux Editions du Cerf: « La vie sacramentelle »

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Les éditions du Cerf viennent de publier, sous le titre La vie sacramentelle, un nouveau livre de Jean-Claude Larchet, qui s’inscrit dans la continuité de ses deux précédents ouvrages consacrés à l’Église (L’Église, corps du Christ, tome 1, Nature et structure; tome 2,Les relations entres les Églises): « c’est seulement dans l’Église du Christ, parce qu’elle est Son corps et parce que l’Esprit Saint y est présent et actif, que l’homme peut recevoir la plénitude de la grâce, qui est pour lui la source de tous les biens spirituels présents et futurs. Cette grâce lui est d’abord communiquée, dans le Christ, par l’Esprit, au moyen des sacre­ments ».
Dans ce volume de 600 pages, l’auteur analyse chacun des principaux sacrements dans sa nature, ses fondements historiques, et la riche signification symbolique de sa forme actuelle. Il montre à la fois ses relations avec la vie communautaire et ses implications pour la vie personnelle du chrétien.La plupart des débats actuels (interchrétiens ou intraorthodoxes) sont abordés en profon­deur, concernant par exemple: les modalités de dispen­sation du baptême; le moment de la chrismation; la nature de l’eucharistie ; la fréquence et les conditions de la communion; la nature et la finalité du mariage; la possibilité du divorce et les conditions du remariage; les problèmes posés par les mariages mixtes; la façon de traiter pastoralement l’union libre; la nature, le sens, le rôle et les formes de la confession et ses relations avec la communion; le domaine d’application de l’onction des malades; la nature de l’ordination et les exigences et responsabilités du ministère sacerdotal.L’auteur répond à beaucoup de questions concrètes: les sacrements ont-ils une fonction thérapeutique? à quelle fréquence et comment faut-il se confesser? comment doit-on se préparer à la communion? à qui s’adresse le sacrement de l’onction des malades? y a-t-il un mariage pour tous? à quelles conditions le divorce est-il tolérable? quelles sanctions pour les clercs qui ont fauté? les sacrements agissent-ils par eux-mêmes? que doit faire le fidèle pour bénéficier concrètement de la grâce qu’ils dispensent?Ce livre qui s’appuie largement sur l’Écriture, les Pères et la tradition canonique et liturgique de l’Église orthodoxe, constitue un véritable manuel de vie ecclésiale, qui sera complété par un volume consacré à la vie liturgique.

dimanche 7 septembre 2014

Saint Wigbert


Fête le 13/26 août

Saint Wigbert était  un prêtre compagnon de Saint-Boniface (Winfred), apôtre de l'Allemagne. Il devint higoumène à Fritzlar (Tritzlar) en Allemagne. 

Saint Wigbert naquit en Angleterre vers 675. Il était connu pour la pureté de ses mœurs, son zèle pour le salut des âmes, son immense amour, sa connaissance pénétrante et familière des Écritures. Il avait une grande habileté pour l'enseignement, et lutta très bien dans l'ascèse monastique [podvig], et il fut fidèle en toutes choses. 

Saint-Boniface le fit venir d'Angleterre en Allemagne, de sorte que vers l'an 734 saint Wigbert alla en Allemagne, où il fut higoumène du monastère de Hersfeld en Hesse. Parmi ses élèves était saint Sturmi, premier abbé de Fulda. 

Vers 737, Boniface le transféra en Thuringe comme higoumène d'Ohrdruf, où il œuvra avec le même succès qu'à Hersfeld. Plus tard, Wigbert obtint la permission de Boniface de revenir à Hersfeld pour passer ses derniers jours dans le silence et se préparer à l'heure de la mort. 

Même à un âge avancé et dans la maladie, il poursuivit sa manière de vie austère, jusques à la fin. Le saint reposa en Christ à Hersfeld vers 746. Il fut d'abord enseveli à Fritzlar dans une tombe discrète, mais lors d'une incursion des Saxons (774), ses restes furent mis en sécurité de Büraburg, et de là, en 780, ses reliques sacrées furent transférés par l'archevêque saint Lulle à Hersfeld. 

En l'an 850 une belle église fut construite pour lui, mais elle brûla en 1037 Une nouvelle église fut construite et consacrée en 1144, mais elle brûla en 1761 dans un grand incendie, après quoi ses reliques sacrées ne furent jamais retrouvées par les hommes. 

Saint Vénérable Père Wigbert, prie Dieu pour nous! 

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

FEUILLETS LITURGIQUES DE LA CATHÉDRALE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX


25 août / 7 septembre
13ème dimanche après la Pentecôte

Translation des reliques du st apôtre Barthélémy (VI) ; St Tite, apôtre des 70, évêque de Gortyne, en Crète (I) ; Sts Barsis et Euloge, évêques d’Edesse et Protogène, confesseur, évêque de Carrhée en Mésopotamie (IV) ; St Ménas, patriarche de Constantinople (536-552) ; Synaxe des saints de Moscou ; St martyr Moïse Kojine (1931) ; St hiéromartyr Vladimir Mochtchansky, prêtre (1938).

Lectures : 1 Cor. XVI, 13–24 ; Мatth. XXI, 33–42. Apôtres: Тite. I, 1–4; II, 15 – III, 3, 12–13, 15 ; Мatth. V, 14–19.

Translation des reliques du saint et glorieux APÔTRE BARTHÉLEMY

A
près avoir proclamé le Nom du Christ dans divers lieux, le saint Apôtre Barthélemy mourut crucifié en Arménie. Les fidèles de l’endroit déposèrent son corps dans un cercueil de plomb et le cachèrent à Urbanopolis. Comme il se produisait continuellement des guérisons auprès de la dépouille du saint, des foules de chrétiens accouraient pour recevoir le soulagement de leurs maux corporels et spirituels. Voyant cela, les païens, serviteurs du diable, furent pris de fureur et saisirent la première occasion pour s’emparer du sarcophage contenant la précieuse relique et le jeter à la mer, avec les restes de quatre autres martyrs : Papien, Lucien, Grégoire et Acace . Le sarcophage surnagea néanmoins miraculeusement et transmit en de nombreux endroits la bénédiction du saint par la présence de son corps. Traversant la mer Noire et l’Hellespont, il passa dans la mer Égée et dans l’Adriatique, pour aller finalement s’échouer sur la côte de l’île de Lipari. Les corps des quatre autres saints, qui avaient escorté saint Barthélemy dans toute cette traversée, s’arrêtèrent en des lieux divers, selon le bon vouloir de la Providence : Papien à Amila en Sicile, Lucien à Messine, Grégoire à Colimène en Calabre et Acace à Ascalos. Saint Barthélemy apparut en songe à l’évêque de Lipari, Agathon, qui se leva aussitôt et se rendit sur la plage, où il découvrit avec admiration le sarcophage de plomb. Il s’écria : « Ô Lipari, d’où te vient un tel trésor et une telle gloire ? Danse de joie, exulte de recevoir un tel bien, et écrie-toi : Sois le bienvenu, ô Apôtre du Seigneur ! » Les habitants du lieu se disputèrent alors pour savoir à qui reviendrait l’honneur de voir déposer la sainte relique dans sa propriété, afin d’y bâtir une église. Mais tous leurs efforts restèrent vains. Le sarcophage demeura comme scellé sur la plage, jusqu’à ce que l’évêque, à la suite d’une révélation, le fit tirer par une paire de vaches vers le lieu déterminé par la volonté de Dieu. À cet instant, un îlot qui se trouvait à proximité de Lipari, se déplaça de plus de sept stades sous l’action d’une force divine. Agathon y fit construire une église en l’honneur du saint, où les miracles abondèrent. Sous le règne de Théophile l’iconoclaste , l’île fut prise par les Arabes et désertée par ses habitants. Ayant appris cela, le gouverneur de la ville de Bénévent envoya des chrétiens d’Amalfi prendre la sainte relique, au devant de laquelle il se porta en compagnie de l’évêque, et il la fit déposer dans une église, où de nombreux fidèles purent profiter de la grâce qui en émanait .

Tropaire du dimanche, ton 4
Свѣ́тлую воскресéнiя про́повѣдь отъ А́нгела yвѣ́дѣвша Госпо́дни yчени́цы и пра́дѣднee осужде́нie отве́ргша, Áпостоломъ xва́лящася глаго́лаху : испрове́́pжеся cме́рть, воскре́сe Xpистócъ Бо́гъ, да́руяй мípoви ве́лiю ми́лость.
Les saintes femmes, disciples du Seigneur, ayant appris de l’ange la radieuse nouvelle de la Résurrection, rejetèrent la condamnation des premiers parents, et, pleines de fierté, dirent aux Apôtres : « La mort a été dépouillée, le Christ est ressuscité, donnant au monde la grande miséricorde ! »

Tropaire des saints Apôtres, ton 3
Апо́столи святíи, моли́те ми́лостиваго Бо́га, да прегрѣше́ній оставле́ніе пода́стъ душа́мъ на́шимъ.
Ô saints Apôtres, intercédez auprès du Dieu de miséricorde, pour qu’Il accorde à nos âmes la rémission des péchés.

Kondakion du saint apôtre Barthélémy, ton 4

Яви́лся еси́ ве́ліе со́лнце Це́ркви, уче́ній сія́ніемъ и чудесы́ стра́шными просвѣща́я пою́щія тя́, Варѳоломе́е, Госпо́день апо́столе.
Tu fus un grand soleil pour l’Église  illuminant de tes splendides enseignements et de tes miracles étonnants ceux qui t'honorent, Barthélemy, saint apôtre du Seigneur.


Kondakion du saint apôtre Tite, ton 2
Па́вловъ яви́вся собесѣ́дникъ, апо́столе, съ ни́мъ на́мъ сло́во предвозвѣсти́лъ еси́ Боже́ственныя благода́ти, тайноглаго́льниче Ти́те приснопа́мятне. Сего́ ра́ди вопіе́мъ ти́: не преста́й моля́ся о всѣ́хъ на́съ.
Avec Paul, dont tu fus le confident, tu nous annonças la parole de la grâce de Dieu, bienheureux Tite, disciple choisi; c'est pourquoi nous te disons: Ne cesse pas d'intercéder pour nous tous.



Kondakion du dimanche, ton 4
Спа́съ и изба́витель мо́й изъ гро́ба я́ко Бо́гъ воскреси́ отъ у́зъ земноро́дныя, и врата́ а́дова сокруши́, и я́ко Влады́ка воскре́ce тридне́венъ.
Mon Sauveur et mon Rédempteur, au sortir du tombeau, a libéré les humains de leurs chaînes et a fracassé les portes de l’enfer ; en Maître, Il est ressuscité le troisième jour.


Hiéromoine Grégoire de la Sainte Montagne

COMMENTAIRES SUR LA DIVINE LITURGIE
DE ST JEAN CHRYSOSTOME

DIPTYQUES ET SUPPLICATIONS (SUITE)

Notre sainte Église, comme une mère bonne et aimante, montre à ses enfants l’amour divin qui brûlait dans les coeurs des saints, ce qui leur permettait de réaliser l’irréalisable. À la Table de Vie, à laquelle nous participons, les saints nous offrent leur sainte vie et leurs saintes reliques, pour que nous nous réjouissions spirituellement. Lors de l’office des matines, qui précède la divine Liturgie, nous entendons leurs combats prodigieux. «Les saints ont peiné et nous nous réjouissons ; ils ont lutté, et nous sommes dans l’allégresse. Les couronnes sont leur, et nous partageons leur gloire ; ou plutôt, la gloire appartient à toute l’Église... Les martyrs sont nos propres membres. Ainsi, si un membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance ; si un membre est glorifié, tous les membres partagent sa joie (1 Co 12, 26). La tête est couronnée, et le reste du corps exulte. Un seul devient le vainqueur olympique et toute la multitude se réjouit» (St Jean Chrysostome).

La joie des fidèles est justifiée. Les prières des saints sont l’appui et la protection du corps de l’Église. «Tel est la compassion des saints. Ils ne songent pas seulement à eux-mêmes, mais ils ne cessent d'invoquer Dieu pour tous, comme si le monde entier n'était qu'une maison, et le genre humain, un seul corps » (St Jean Chrysostome).

La vie des et l’amour des saints est une invitation à la communion eucharistique. Leur présence, tel un aimant spirituel, maintient les fidèles ensemble. Ils nous appellent à l’assemblée eucharistique et nous rassemblent autour de la Table du Seigneur. Dans cette assemblée divine, nous rendons grâce à Dieu pour les saints qu’Il nous a accordés comme protecteurs, guides et exemples pour notre vie. Nous Lui rendons grâce pour la gloire dont Il les a honorés et continue à les honorer. Nous rendons grâce aussi aux saints, parce qu’il nous font du bien de diverses manières et nous conduisent à Dieu.

Le fait que les saints deviennent la cause de la glorification par nous du saint Nom de Dieu est l’offrande la plus agréable qui puisse leur être offerte. Lorsque les saints vivaient, ils s’efforçaient de faire toute chose pour la gloire du Christ, et ils se réjouissent maintenant dans les cieux lorsque Dieu est glorifié à cause d’eux.

Si les saints, tant qu’ils se trouvaient sur terre, et alors « qu’ils n’avaient encore qu’en espérance les biens [éternels], passaient cependant leur temps à rendre grâces à Dieu en tout et à tout faire pour Sa gloire ; que penser des sentiments qui doivent être les leurs, maintenant que leur reconnaissance est beaucoup plus grande, à eux qui sont devenus parfaits en toute vertu et maintenant qu’ils n’ont plus à espérer le bonheur, mais qu’ils connaissent par expérience la munificence de leur Souverain... Voilà pourquoi ils chantent à satiété des hymnes à Dieu, et n’estiment pas suffire seuls à l’action de grâces. Aussi désirent-ils voir tous les êtres, les anges et les hommes, associés à leur cantique, afin que leur dette de gratitude envers Dieu soit un peu mieux acquittée et leur reconnaissance multipliée par le nombre de ceux qui viennent chanter avec eux» (St Nicolas Cabasilas).

Visite-nous, ô Dieu
L’incarnation du Verbe est la visite que Dieu a faite aux hommes : «Depuis les hauteurs, notre Sauveur nous a visités» (Matines de la Nativité du Christ). Alors que maintenant, nous demandons à Dieu de nous visiter, nous Lui demandons de prolonger Sa visite, c’est-à-dire que nous fassions l’expérience, par la divine Liturgie, du mystère de Son incarnation. Nous supplions le Seigneur de prolonger Sa visite divine jusqu’à Son second avènement, et de rester avec nous non pas comme un simple visiteur, mais comme le Maître de maison.

Entre la première visite du Verbe et Son deuxième avènement se déroule le siècle présent. Nous, fidèles, luttons pour aimer le Seigneur, parce que l’amour nous aide à vivre le mystère de Sa visite : Si quelqu’un m’aime, il observera ma parole, et mon Père l’aimera ; nous viendrons à lui et nous établirons chez lui notre demeure (Jn 14, 23). L’amour perpétue la visite de Dieu, et transforme l’homme en maison et en demeure de Dieu : Dieu est amour ; qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui (1 Jn 4, 16). En participant au mystère de l’amour divin, c’est-à-dire à l’Eucharistie et à la sainte Communion, nous célébrons le mystère de la visite du Seigneur dans le monde et dans notre vie ; Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui, a dit le Christ (Jn 6, 56).

LECTURES DU DIMANCHE PROCHAIN : Matines : Mc XVI, 9-20
Liturgie : 2 Cor. I, 21 – II, 4 ; Мatth. XXII, 1–14.

samedi 6 septembre 2014

Vie de la sainte reine Bathilde


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Sainte Bathilde. D'autres formes de son nom sont Bathilidis, Bathchilde, et Bauteur. 

Anglo-saxonne de naissance, sainte Bathilde fut capturée en 641 par des pillards danois et vendue à Erchinoald, officier en chef du palais de Clovis II, roi des Francs. Elle progressa rapidement dans sa faveur, car elle avait du charme, une beauté et une nature gracieuses et douces. Elle gagna aussi l'affection de ses compagnons, car elle leur accordait beaucoup de bienfaits tels que le nettoyage de leurs chaussures et la réparation de leurs vêtements, et son caractère lumineux et attrayant la faisait aimer de tous. 

L'officier, impressionné par ses belles qualités, voulait en faire sa femme, mais Bathilde, alarmé par la perspective, à la fois en raison de sa modestie et de son humble état​​, se déguisa avec de vieux vêtements et guenilles, et se cacha parmi les serviteurs inférieurs du palais; et lui, ne la trouvant à sa place habituelle, et pensant qu'elle avait fui, épous une autre femme. 

Son prétendant suivant, cependant, ne fut autre que le roi lui-même, quand elle eut rejeté ses vieux vêtements et repris sa place, il remarqua sa grâce et sa beauté, et lui déclarson amour. Ainsi, en 649, la jeune fille esclave de 19 ans Bathilde, devint reine de France, au milieu des applaudissements de la cour et du royaume. Elle donna à Clovis II trois fils: Clotaire III, Childéric II, et Théodoric III - qui tous devinrent rois. A la mort de Clovis (c. 655-657), elle fut nommée régente au nom de son fils aîné, qui n'avait que cinq ans, et dirigea habilement le royaume pendant huit ans avec Saint-Éloi (fêté le 1/14 décembre) comme conseiller. 

Elle fut une bonne reine et régna à bon escient. Contrairement à beaucoup qui s'élèvent soudainement vers une haute position et à la fortune, elle n'a jamais oublié qu'elle avait été esclave, et a fait tout en son pouvoir pour soulager ceux qui étaient en captivité. On nous dit que "la Reine Bathilde fut la plus sainte et la plus dévote des femmes; sa pieuse munificence ne connaissait pas de limites; se rappelant sa propre servitude, elle mis à part des sommes énormes pour le rachat des captifs." Elle contribuà promouvoir le christianisme en aidant le zèle de Saint Ouen (fêté le 24 août/6 septembre), Saint Léger (fête le 2/15 Octobre), et de nombreux autres évêques. 

A cette époque, les habitants les plus pauvres de France étaient souvent obligés de vendre leurs enfants comme esclaves pour répondre aux impôts écrasants qui leur étaient imposées. Bathilde réduisit cette taxation, interdit l'achat d'esclaves chrétiens et la vente de sujets français, et déclar que tout esclave qui posait le pied en France, était libre dès ce moment-là. Ainsi, cette femme éclairée gagna l'amour de son peuple et fut un pionnière dans l'abolition de l'esclavage. 

Elle fonda également plusieurs abbayes, comme celles de Corbie, Saint-Denis, et Chelles, qui devinrent des établissements civilisés dans les zones sauvages et éloignées habitées seulement des loups et autres bêtes sauvages qui rôdaient. Sous sa guidance, les forêts et les terres désertiques furent récupérées, des blés et des pâturages prirent leur place, et l'agriculture prospéra. Elle construisit des hôpitaux et vendit ses bijoux pour prendre soin des nécessiteux. Enfin, quand Clotaire eut l'âge [de gouverner], elle se retira dans sa propre abbaye royale de Chelles, près de Paris, où elle servit les autres religieuses avec humilité et obéit à l'higoumène comme le moindre des soeurs. 

Elle mourut à Chelles avant d'avoir atteint son 50e anniversaire. La mort la toucha d'une main douce; quand elle mourut, elle dit qu'elle voyait une échelle allant de l'autel vers le ciel, et elle la gravit en compagnie des anges. 

Elle est la sainte patronne des enfants. Sainte Mère Bathilde, prie Dieu pour nous!


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

vendredi 5 septembre 2014

Saint Grégoire Palamas: "Faire l'expérience de Dieu"






Il fut autrefois appelé "la cause de tous les troubles et de toutes les perturbations de l'Église." Maintenant, imaginez qu'il a été qualifié ainsi par le Patriarche de Constantinople lui-même. C'était en l'année 1344. Ce commentaire fut fait lors d'un concile de l'Eglise et cela a fait que cet homme a été jeté en prison pendant les quatre années suivantes. L'homme qui était "la cause de tous les troubles et de toutes les perturbations de l'Eglise" était saint Grégoire Palamas. 

Il a une histoire longue et compliquée, mais chacun de nous a besoin de connaître cet homme qu'était saint Grégoire Palamas, archevêque de Thessalonique. C'est pourquoi l'Église, dans sa sagesse a consacré le deuxième dimanche du Grand Carême comme Dimanche de saint Grégoire Palamas. Pourquoi cet homme fut-il appelé "la cause de tous les troubles et de toutes les perturbations de l'Eglise?" Qu'avait-il fait de si terrible? 

Il fut élevé à Constantinople dans une famille riche. Sa famille était même amie avec l'empereur, mais à partir d'un âge plutôt jeune Grégoire fut attiré par la vie de l'Eglise. Ce n'est pas surprenant car ses parents aimaient l'Eglise et invitaient fréquemment le clergé et les moines à venir passer du temps avec eux. Comme jeune homme, Grégoire quitta la vie confortable et voyagea jusques au Mont Athos en Grèce, pour se former comme moine dans les voies de la prière. Il consacra toute sa vie à Dieu parce qu'il aimait Dieu et voulait passer tout son temps au service de Dieu. Il devint sage et fort par la prière sous la direction de quelques saints hommes expérimentés. 

[… ]Il progressa et obtint le rang d'higoumène, chef de file de l'une des communautés monastiques,  et devint aussi un staretz très respecté sur la Sainte Montagne de l'Athos. 

Le véritable problème commença quand moine d'Italie,  orateur et maître très doué,  visita le Mont Athos. Ce moine était Barlaam. Il enseigna aux moines qu' 

"Il croyait que les moines du Mont Athos perdaient leur temps dans la prière contemplative plutôt que de se consacrer à l'étude. Il se moquait du labeur ascétique (podvig) et de la vie des moines, de leurs méthodes de prière, et de leurs enseignements au sujet de la Lumière Incréée vécue par les hésychastes (ceux qui pratiquent l'hésychie par la prière). Luttant contre la position traditionnelle de l'Église selon laquelle "le théologien est celui qui prie," Barlaam demanda: "Comment une intime communion de l'homme avec le divin peut -elle être obtenue par la prière, car le Divin est transcendant et "demeure dans une lumière inaccessible" (1 Timothée 5:16)? "Personne ne peut appréhender l'être essentiel de Dieu! "Barlaam était convaincu que Dieu ne peut être atteint que par le biais philosophique, en d'autres termes par la connaissance mentale, par le rationalisme." (Revue Again Vol. 27 n ° 1) 

Donc, cela conduisit à un grand conflit entre les moines et en particulier entre Grégoire et Barlaam. Pourquoi un tel conflit? Parce que Barlaam enseignait que nous faisons l'expérience de Dieu par la connaissance. Que nous connaissons Dieu d'abord par la tête [l'intellect]. C'était un type de rationalisme. C'est la conviction que la seule façon de connaître les choses est par la raison. Cela a conduit à de nombreux problèmes dans la chrétienté occidentale et finalement à la Réforme protestante. 

Le problème est qu'essentiellement, cela signifie que nous ne connaissons Dieu que par la logique comme si Dieu était une équation mathématique. Cela ne tient pas compte du fait que pendant des siècles des hommes et des femmes analphabètes mais saints, ont eu de véritables expériences de Dieu par la vie de l'Eglise. Cela signifie également que le labeur et le combat spirituels que nous entreprenons équivaut à rien, parce que Dieu n'est connu que par l'intellect. 

On nous dit que Barlaam se rendit à Constantinople et s'arrêta dans les monastères. Il refusa de participer à des vigiles, à la prière ou au jeûne, et il n'avait pas confiance dans les expériences spirituelles. En bref, il se comporta un peu comme les chrétiens modernes, même les soi-disant chrétiens orthodoxes. Il provoqua une division dans l'Église avec ses enseignements inappropriés, puis blâma Grégoire pour tout cela​​. Ce genre de chose est déjà arrivé et arrivera probablement à nouveau. 

[…] j'ai mentionné que la connaissance de Dieu n'est pas théorique, c'est une expérience réelle. Grégoire Palamas a enseigné que nous pourrions certainement connaître Dieu. Il a fait une distinction importante. Il a dit qu'il y avait deux aspects à la connaissance de Dieu. La première consistait à connaître l'essence de Dieu. C'est impossible pour un être humain. Aucun être humain n'a jamais vu Dieu. Personne ne peut comprendre Sa grandeur ou Sa gloire. 

D'un autre côté, Grégoire a enseigné que nous pouvions connaître Dieu à travers Ses énergies: par la façon dont Il agit clairement à travers le monde et nous visite. Il a comparé la connaissance de Dieu au Soleil: Dieu est comme le soleil. Ce soleil ne peut jamais être saisi ou même regardé de près. C'est impossible et pourtant nous pouvons recevoir l'énergie du Soleil Nous sentons la chaleur des rayons, nous faisons l'expérience de la lumière et de la chaleur. 

Saint Grégoire a souffert et a été emprisonné plus d'une fois pour la défense de sa compréhension de la foi. Un jour, nous pourrions avoir à être assez courageux pour souffrir pour notre foi chrétienne. On ne peut pas s'y préparer par en stockant des fusils et des munitions. On peut s'y préparer en aimant notre prochain et en stockant les paroles de Dieu dans son cœur et en devenant des hommes et des femmes de prière et en enseignant cette vie de prière à ses enfants. 

Saint Grégoire nous enseigne qu'il est possible de s'imprégner de l'amour et des bénédictions de Dieu par la communion authentique, qui est possible grâce au combat pour atteindre la prière fervente. Cela ne se fait pas automatiquement, mais cela vient par la grâce de Dieu. Dieu veut nous toucher par la prière, la prière n'est pas la méditation ou un exercice intellectuel. C'est la communion et la communion avec le Tout-Puissant. 

Aujourd'hui, on nous rappelle que nous pouvons faire l'expérience de Dieu: ce n'est pas une théorie cachée dans un livre. L'éducation et les diplômes ne vont pas si loin, l'expérience de la prière pure est un maître véritable. Lorsque nous avons lutté par le jeûne pendant quelques semaines, nous sommes enclins à penser "cela n'en vaut pas la peine." Pourquoi jeûner, pourquoi prier plus, pourquoi assister à des offices supplémentaires, pourquoi faire tout cela? 

Saint Grégoire nous répond: ces choses nous ouvrent à l'expérience de la présence de Dieu. 

Donc continuez à lutter, cela en vaut bien la peine. Gloire à Dieu à jamais. AMEN!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
citant

Jean-Claude LARCHET sur RCF


RCF-Liège: Entretien avec Jean-Claude Larchet sur son livre « Le patriarche Paul de Serbie. Un saint de notre temps »

Le père Guy Fontaine propose un entretien avec Jean-Claude Larchet à propos de son livre « Le patriarche Paul de Serbie. Un saint de notre temps »,  dans le cadre de l’émission « Une foi pour toutes » sur RCF-Liège ce jeudi 4 septembre 2014 à 17h03. L’émission sera rediffusée le vendredi 5 à 6H00 et le dimanche 7 à 11h.
Il est possible de l’écouter en direct via le site RCF.fr
L’émission pourra ensuite être téléchargée sur le site www.doyenne-orthodoxe.org  rubrique « Emissions radio RCF »
Elle sera reprise ultérieurement sur les autres antennes du réseau RCF (Radios Chrétiennes Francophones) en Belgique.