"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

dimanche 1 octobre 2017

ACATHISTE A NOTRE MERE PARMI LES SAINTS RACHEL DE BORODINO


Kondakion 1
Révérende Mère Rachel, jeune fille choisie par le Roi céleste, fidèle servante de la Très Sainte Mère de Dieu, moderne thaumaturge et secours très merveilleux des orthodoxes, glorifiant Dieu Qui t’a glorifiée, nous chantons tes louanges, car tu as de l'audace devant la Sainte Trinité. Sauve-nous de toutes les tribulations quand nous faisons appel à toi ainsi :
Réjouis-toi, sainte Rachel, trésor de Borodino, joie et fierté de Moscou!

Ikos 1
Ô Rachel, le Créateur des anges dans Sa propre gloire t’a donné, comme un trésor précieux au peuple russe au moment du grand bouleversement et du tumulte. Ceux qui ont vu ta vie angélique et la Grâce qui jaillissaient de toi, ne périront pas dans leurs péchés, car ils se tourneront vers leur Créateur en repentance et chanteront cet hymne de louange:
Réjouis-toi, ô étoile qui brille dans la fosse ténébreuse de l'impiété!
Réjouis-toi, car en vivant ta vie, tu prêchas le Christ, le Soleil de Justice.
Réjouis-toi, car tu revêtis l'armure du courage au moment des vaines persécutions de la foi véritable!
Réjouis-toi, car tu souffris avec les nouveaux martyrs russes!
Réjouis-toi, car, ici sur terre, tu imitas la transcendance du Père dans les Cieux!
Réjouis-toi, car tu acceptas de Lui la couronne impérissable.
Réjouis-toi, car tu es une échelle de vertus qui s'éleva au Ciel!
Réjouis-toi, car tu imitas les anges dans ta chair!
Réjouis-toi, car tu es le rétablissement très merveilleux et très prompt de tous ceux qui chutent!
Réjouis-toi, car tu délivres des larmes tous ceux qui souffrent!
Réjouis-toi, fervente intercession des guerriers orthodoxes!
Réjouissez-vous, honorable défense de la Sainte Russie!
Réjouis-toi, sainte Rachel, trésor de Borodino, joie et fierté de Moscou!

Kondakion 2
Depuis ton enfance, tu souhaitas servir le Seigneur. C’est pourquoi le Seigneur Dieu, ayant vu le désir de ton cœur, t'appela pour suivre la voie étroite du monachisme. Cette voie manque de réconfort et elle est emplie de souffrance; mais elle t’a conduite au Royaume céleste. Débordante d'amour pour Dieu, de tout ton cœur, avec toute ton âme et de toutes tes forces, tu crias sans cesse: Alléluia.

Ikos 2
Toi qui es honorable, dès ta jeunesse tu avais déjà acquis la sagesse de l’âge mûr! Tu t’éloignas donc des joies mondaines et tu te tournas vers les joies de la Parole de Dieu. Remplis d’admiration par la manifestation d'une telle providence divine pour toi, nous nous exclamons:
Réjouis-toi, car tu aimas l'Église et la prière depuis tes jeunes années!
Réjouis-toi, car tu aimas le silence et tu cultivas des pensées rayonnantes vers Dieu!
Réjouis-toi, car tu  bâtis la fondation de ta force dans ta jeunesse!
Réjouis-toi, car tu portas le joug du Christ!
Réjouis-toi, car tu es la pieuse fille de parents aimant Dieu!
Réjouis-toi, car tu quittas le confort de la maison paternelle pour suivre le Christ!
Réjouis-toi, car tu gardas une disposition d’amour pour Dieu!
Réjouis-toi, car tu illuminas ton esprit par la foi!
Réjouis-toi, car depuis l'enfance tu partageas tes bénédictions avec les orphelins et les indigents.
Réjouis-toi, car tu revêtis ceux qui étaient nus chez les chrétiens;
Réjouis-toi, car tu es une belle jeune fille, emplie de la Grâce de Dieu!
Réjouis-toi, car tu appris la sagesse d'en Haut.
Réjouis-toi, sainte Rachel, trésor de Borodino, joie et fierté de Moscou!

Kondakion 3
Par les pouvoirs du Dieu Saint et par Sa Providence mystérieuse, tu arrivas à Kiev pour vénérer les reliques du Vénérable Théodose, que tu aimais depuis ton enfance. Apercevant le saint monastère des Grottes de Kiev, tu chantas au Seigneur:
Alléluia!

Ikos 3
Etant encore une toute jeune femme, ayant envie de vivre une vie égale à celle des anges, te tenant devant les reliques de saint Théodose, tu lui demandas de révéler la volonté de Dieu te concernant. Considérant ta diligence et ta foi indubitable, nous clamons:
Réjouis-toi, car tu honoras le fondateur du monachisme russe avec ferveur!
Réjouis-toi, car tu vins à ses reliques avec foi!
Réjouis-toi, car une main invisible t'emmena vers les saintes reliques!
Réjouis-toi, car tu t'agenouillas devant les reliques avec des larmes aux yeux!
Réjouis-toi, car saint Théodose se révéla à toi!
Réjouis-toi, car tu conversas avec lui face à face!
Réjouis-toi, car tu reçus la bénédiction du premier higoumène du monastère des Grottes!
Réjouis-toi, car il te mit sur le chemin du monachisme!
Réjouis-toi, car saint Théodose te guida, comme un père, durant toute ta vie!
Réjouis-toi, car tu es maintenant glorifiée avec lui dans le Royaume céleste!
Réjouis-toi, car tu es une tendre tige greffée sur la racine du monachisme russe!
Réjouis-toi, car tu donnas d'innombrables fruits pour l'avancement de la foi orthodoxe.
Réjouis-toi, sainte Rachel, trésor de Borodino, joie et fierté de Moscou!

Kondakion 4
Ô Vénérable Rachel, cédant à une tempête de pensées de doute, ton père bienveillant voulait que tu te maries; toi cependant, tu choisis le seul et unique Epoux parmi tous les autres hommes, à qui ton âme était déjà fiancée, et tu te détournas du mariage terrestre, en chantant à Dieu: Alléluia!

Ikos 4
Ô colombe sans tache, tu fus blessée en écoutant les admonestations insistantes de tes parents, qui voulaient te donner en mariage à un homme mortel. Tu fis un pèlerinage en ville de Smolensk pour voir l'icône miraculeuse de la Mère de Dieu Hodigitria, lui demandant de diriger ton chemin vers le Christ,  l’Unique Epoux Immortel. C’est pourquoi nous te disons:
Réjouis-toi, car tu mis ta confiance dans la Mère de Dieu!
Réjouis-toi, car tu surmontas les intrigues de l'Ennemi avec l’aide de la Toute Pure!
Réjouis-toi, car la Toute Pure ne t’abandonna pas!
Réjouis-toi, car elle dirigea tes pas vers le monastère de l'Ascension!
Réjouis-toi, car tu considéras le saint monastère comme un paradis terrestre!
Réjouis-toi, car tu y louas le Créateur avec ton cœur et tes lèvres!
Réjouis-toi, car tu fus comme un oiseau qui a échappé aux pièges de la vie mondaine!
Réjouis-toi, car tu fleuris dans les cours du Seigneur comme une fleur merveilleuse!
Réjouis-toi, ô pure jeune fille, qui en  larmes supplia la Brebis Toute Pure!
Réjouis-toi, car tu fus également appelée douce brebis!
Réjouis-toi, ô colombe qui nichas sous le toit du Très Haut!
Réjouis-toi, car avec les vierges sages, tu entras joyeusement dans la chambre des noces!
Réjouis-toi, sainte Rachel, trésor de Borodino, joie et fierté de Moscou!

Kondakion 5
Ô Rachel, le très merveilleux Théodose fut ton astre directeur vers Dieu. Tu suivis ses pas, tu imitas sa sainte vie et tu eus part à sa force par un service diligent à la communauté, par le jeûne, la prière vigilante et la mortification de la chair. Nous, qui ne pouvons que voir ces efforts en vue du salut, nous chantons vers le Christ Qui t’affermit: Alléluia!

Ikos 5
En voyant que ton père ne te laisserait pas sans attention et sans soutien même si tu étais entrée dans un monastère, combattant la chair et faisant l'aumône dans l'abnégation ascétique, tu quittas le monastère et tu devins pèlerine. Considérant ton zèle pour la vertu, nous te disons:
Réjouis-toi, gardienne zélée des Commandements de l'Évangile!
Réjouis-toi, qui fus emplie d’exaltation pour la non-possession!
Réjouis-toi, car tu t’éloignas de la sollicitude de tes parents pour rechercher la protection du Christ!
Réjouis-toi, car tu rejetas la beauté terrestre jusques à la fin!
Réjouis-toi, car le monde te vit comme une pèlerine sans nom.
Réjouis-toi, car tu imitas le Christ par ta pauvreté volontaire.
Réjouis-toi, car tu souffris l’injure et la violence des gens!
Réjouis-toi, car tu eus le Christ et Sa Pure Mère comme compagnons!
Réjouis-toi, car tu subis le reproche et l'humiliation des hommes!
Réjouis-toi, car tu préféras la faim à la satiété!
Réjouis-toi, car tu choisis l'inconfort corporel au confort de la chair!
Réjouis-toi, car tu as part maintenant à la nourriture d'immortalité!
Réjouis-toi, car tu jouis à présent de la consolation du Royaume céleste!
Réjouis-toi, sainte Rachel, trésor de Borodino, joie et fierté de Moscou!

Kondakion 6
Ô glorieuse Rachel, la terre de Smolensk abonde en anecdotes sur tes actes vertueux. Les gens racontent comment, par ton intercession, la Génitrice de Dieu multiplia le pain et la nourriture, et fit que beaucoup de gens furent nourris, ce qui rendit perplexes et fit honte aux femmes fourbes qui tentèrent de t’humilier, elles qui ne savait comment chanter: Alléluia!

Ikos 6
Ô juste Mère, tu fus jugée digne de l'illumination céleste, car tu vis la Génitrice de Dieu immaculée dans ta merveilleuse vision. Et ayant à tes côtés la Sainte Nourrice du mur indestructible de la Chasteté, tu  parcourus ton chemin de salut avec joie. C’est pourquoi nous t’offrons l’ornement de ces  guirlandes poétiques:
Réjouis-toi, car tu gardas ta chasteté comme un bijou précieux!
Réjouis-toi, car tu demandas à la Génitrice de Dieu d’être la gardienne de ton innocence!
Réjouis-toi, car tu ne voulais voir rien de ce monde que le seul Christ!
Réjouis-toi, car tu réchauffas ton âme et ton corps grâce à l'amour de Dieu!
Réjouis-toi, car tu méprisas la beauté des vêtements et de la chair!
Réjouis-toi, car tu leur préféras les vêtements de la demeure céleste et le souvenir de la mort!
Réjouis-toi, car tu réussis sagement à détourner les tourments des passions!
Réjouis-toi, car tu ne voulus servir que Dieu seul!
Réjouis-toi, modèle d’un jeûne qui dura toute la vie!
Réjouis-toi, disciple véritable des anciens Pères et Mères ascétes!
Réjouis-toi, car tu demeures maintenant dans la chambre nuptiale du Christ!
Réjouis-toi, notre intercession devant le Tout-Puissant.
Réjouis-toi, sainte Rachel, trésor de Borodino, joie et fierté de Moscou!

Kondakion 7
Désireux de te manifester à Son peuple, le Seigneur Ami des hommes dirigea tes pas vers le monastère de la grotte de Sviatogorsky, où vivait le vénérable ermite Jean. Le vénérable père te révéla de nombreux merveilleux mystères, et quand tu retournas au monastère et que tu servis ceux qui y souffraient, tu écoutas avec joie ses paroles de sagesse divine comme si elles émanaient du  Seigneur lui-même et tu t’exclamas :
Alléluia!

Ikos 7
Ô très merveilleuse Rachel, avec beaucoup de labeur et de luttes, tu renouvelas ton âme, et ce faisant, tu devins un vase digne du Saint-Esprit. Te soumettant à l'obéissance monastique, par ton humilité semblable à celle du Christ, tu frappas l’orgueilleux Satan; c’est pourquoi nous te disons:
Réjouis-toi, qui eus comme guide la Reine Très Pure!
Réjouis-toi, par notre Souveraine, tu fus dirigée vers le monastère!
Réjouis-toi, car tu servis avec diligence la confrérie monastique!
Réjouis-toi, car, en obédience à la cuisine, tu manifestas les dons de la Grâce!
Réjouis-toi, car tu construisis une maison de vertu sur le roc des Commandements!
Réjouis-toi, car tu noyas le Pharaon des vaines pensées dans la mer d'humilité!
Réjouis-toi, car tu levas courageusement ton épée contre le monde, la chair et le Diable!
Réjouis-toi, car tu acceptas la couronne de victoire du Fondateur du martyre Lui-même!
Réjouis-toi, car tu aimas le Seigneur de l'amour d'un Séraphin!
Réjouis-toi, car tu fus honorée par les hôtes incorporels du paradis!
Réjouis-toi, car là où est Christ, tu es aussi!
Réjouis-toi, car, grâce à tes prières, nous recevons la grande miséricorde de Christ!
Réjouis-toi, sainte Rachel, trésor de Borodino, joie et fierté de Moscou!

Kondakion 8
Ô vénérable Mère, tout au long de ton pèlerinage terrestre, tu restas constamment une pèlerine à la poursuite de la patrie céleste. Pour ce faire, le Seigneur te permit de servir Son Très Saint Nom au monastère du Très Miséricordieux Sauveur, qui avait été construit sur la terre où de nombreux soldats avaient versé leur sang. Dans cet endroit, tes nombreux dons et tes miracles illuminèrent beaucoup de gens qui chantèrent alors vers Dieu: Alléluia!

Ikos 8
Ô merveilleuse Rachel, en t’offrant entièrement en sacrifice au Seigneur, tu transformas ta vie immaculée en encens suave pour le Maître. Tu offris une aide gratuite à ceux qui venaient à toi avec foi ; tu donnas la force aux infirmes, et ainsi tu accomplis les Commandements du Christ; c’est pourquoi nous chantons:
Réjouis-toi, car tu œuvras dans le monastère dédié à l'image du Christ non-faite-de-main-d’homme !
Réjouis-toi, car tu embellis ton âme, non-faite-de-main-d’homme , avec la béatitude de tes vertus.
Réjouis-toi, car tu acquis la Grâce du Saint-Esprit!
Réjouis-toi, car tu restauras l'image de Dieu en toi-même!
Réjouis-toi, notre mère qui est emplie d'amour envers ta progéniture spirituelle!
Réjouis-toi, qui dénonçais avec discernement les péchés secrets!
Réjouis-toi, car tu fus pour tes enfants spirituels une nourrice pleine de zèle et d'amour!
Réjouis-toi, car tu les nourris avec le lait de tes paroles et le pur lait de ton âme !
Réjouis-toi, car tu leur appris à suivre les Commandements du Seigneur!
Réjouis-toi, car tu transformas de nombreux cœurs de pierre en puits de compassion !
Réjouis-toi, prompt secours des malades et des affligés!
Réjouis-toi, sage mentor de ceux qui sont perdus!
Réjouis-toi, sainte Rachel, trésor de Borodino, joie et fierté de Moscou!

Kondakion 9
Ô Bienheureuse Rachel, nos esprits sont remplis d'étonnement en voyant le bon plaisir de Dieu reposant sur toi, car tu servis à l'autel du Seigneur et tu eus des visions merveilleuses. Ainsi, emplie de la joie spirituelle, tu clamas au Seigneur:
Alléluia!

Ikos 9
Les orateurs éloquents ne peuvent exprimer la chaleur de ton amour donné par Dieu, ô pieuse Rachel, et tu le déversas abondamment sur les orthodoxes. Malgré l’infirmité de ton propre corps, tu fus, par la puissance de Dieu, une véritable guérisseuse et une thaumaturge. C’est pourquoi nous te louons ainsi :
Réjouis-toi, prédicatrice de la puissance et de la sagesse de Dieu!
Réjouis-toi, car tu affermis ceux qui étaient faibles dans leur foi!
Réjouis-toi, disciple zélée de la sagesse spirituelle!
Réjouis-toi, donatrice de nourriture spirituelle et corporelle!
Réjouis-toi, car tu ramenas à la vie ceux que les médecins avaient déclarés incurables!
Réjouis-toi, aide de ceux qui ont perdu le chemin de la vraie foi!
Réjouis-toi, car tu guidas judicieusement ceux qui parcouraient l’océan de la vie!
Réjouis-toi, car tu enseignas aux jeunes gens le véritable respect de Dieu!
Réjouis-toi, car le don de la prophétie déborde en toi!
Réjouis-toi, car tu vis l'avenir comme présent!
Réjouis-toi, car tu délivras beaucoup d’êtres de la mort subite!
Réjouis-toi, car tu sauvas beaucoup de fidèles du péril spirituel!
Réjouis-toi, sainte Rachel, trésor de Borodino, joie et fierté de Moscou!

Kondakion 10
Ô Rachel, par amour des enfants perdus, le Seigneur miséricordieux t’envoya dans le monde pour être un témoin de la vérité du Christ, Et tu y allas, comme un agneau dans un repaire de loups, rassemblant les brebis perdues, les faisant entrer dans le sûr bercail de l'Église, afin que la foi orthodoxe inonde notre terre de Lumière, inspirant à tous de chanter: Alléluia!

Ikos 10
Ô Mère Rachel, tu fus révélée comme un mur inébranlable de sainteté, emplie de la sagesse de Dieu. Tu protégeas des doctrines spirituellement pernicieuses tous ceux qui venaient à toi; tu fortifias ceux qui étaient faibles en esprit; Tu les défendis par tes prières. Tu nous avais prévenus du mal indescriptible qui allait bientôt dévorer notre terre de Russie. Et nous les pécheurs émerveillés de ces soins divins pour nous, nous disons humblement:
Réjouis-toi, mur indestructible de l'Orthodoxie!
Réjouis-toi, veilleuse de prière inextinguible pour le monde!
Réjouis-toi, mer d'amour remplie par Dieu!
Réjouis-toi, flamme de lampade, allumée d’en Haut!
Réjouis-toi, protectrice contre la malveillance satanique!
Réjouis-toi, libératrice des troubles et des afflictions humains!
Réjouis-toi, car tu sauvas de nombreux fils de Russie de l’abîme des péchés!
Réjouis-toi, car tu les dirigeas sur la voie de la repentance!
Réjouis-toi, car tu étreignis dans ton amour non seulement les fidèles, mais aussi les infidèles!
Réjouis-toi, car tu prêchas l'humilité du Christ aux faibles et aux pécheurs!
Réjouis-toi, car tu pris soins des pauvres, veuves et orphelins!
Réjouis-toi, car tu nourris les affamés et tu donnas de l'eau à ceux qui avaient soif!
Réjouis-toi, sainte Rachel, trésor de Borodino, joie et fierté de Moscou!

Kondakion 11
Ô sainte Rachel digne d'éloge, aucun hymne ne peut exprimer la richesse de tes dons spirituels, car non seulement par ta vie ascétique, tu devins lumineuse, mais tu  servis également ton prochain avec désintéressement, et tu confessas ta foi en Christ à la face des autorités qui avaient rejeté Dieu. C’est pourquoi, nous louons Dieu, qui est admirable dans Ses saints, et nous Lui chantons: Alléluia!

Ikos 11
Très bienheureuse Mère Rachel, brillant pour le peuple russe comme une cierge lumineux au milieu des ténèbres de la déraison, nous te considérons comme une manifestation de Dieu. Tu brillas par la lumière de ta vie juste au temps où la lumière de la vie vertueuse s’était éteinte dans la terre russe. Nos esprits sont éclairés par les paroles de Dieu comme par la lumière de l'aube, et nous te clamons:
Réjouis-toi, rayon de lumière provenant du Soleil de Vérité!
Réjouis-toi, aube éternelle de la Lumière sans déclin!
Réjouis-toi, éclair qui illumine les âmes par tes paroles!
Réjouis-toi, tonnerre qui frappe de crainte les âmes des ennemis de l'Eglise!
Réjouis-toi, marieuse qui amenas des vierges sages au Christ,  l’Epoux!
Réjouis-toi, conseillère de ceux qui ont choisi la chasteté!
Réjouis-toi, car tu bénis tes enfants spirituels pour qu’ils soient des confesseurs!
Réjouis-toi, car tu leur donnas de la force par tes prières!
Réjouis-toi, lampe rayonnante de l'illumination spirituelle!
Réjouis-toi, source inépuisable de la charité et des aumônes!
Réjouis-toi, car tu nous appelles, nous pécheurs, à la repentance!
Réjouis-toi, car tu nous enseignes à aimer notre prochain!
Réjouis-toi, sainte Rachel, trésor de Borodino, joie et fierté de Moscou!

Kondakion 12
Très glorieuse Rachel, le Seigneur Ami des hommes offrit Sa grâce éternelle en te révélant comme sainte nouvelle et défense toujours vigilante de la Russie au temps de la persécution de Son église. Nous remercions tous le Seigneur pour cela, et nous crions vers Lui: Alléluia!

Ikos 12
Ô Sainte Mère Rachel, nous louons ton honorable dormition par des hymnes, et nous te magnifions, car par toi notre Seigneur est exalté et glorifié, et nous enseignons aux autres à chanter pour toi:
Réjouis-toi, ô sainte, qui triomphes dans les cieux avec tous les saints!
Réjouis-toi, car tu chantes avec eux l’hymne de victoire!
Réjouis-toi, car tu es vêtue d'un vêtement blanc d'éternité!
Réjouis-toi, car tu es ornée de chasteté!
Réjouis-toi, car tu as bien justement reçu une couronne du Christ!
Réjouis-toi, car tu nous as montré le chemin vers le Royaume des Cieux!
Réjouis-toi, sainte anargyre!
Réjouis-toi, intercession irréprochable pour ton peuple devant Dieu!
Réjouis-toi, armure invincible de l'Église du Christ!
Réjouis-toi, sage conseillère des moines et des moniales dans leur bataille spirituelle!
Réjouis-toi, vigne fructueuse du vignoble de Borodino!
Réjouis-toi, fleur parfumée des prairies spirituelles de Russie!
Réjouis-toi, sainte Rachel, trésor de Borodino, joie et fierté de Moscou!

Kondakion 13
Ô très bénie et divinement sage Rachel, souviens-toi jusques à la fin de tous ceux qui souffrent et sont indigents, accepte notre humble prière et porte notre supplication au trône du Dieu Tout-Puissant. Prie le Christ notre Maître d’aider tous les chrétiens orthodoxes à combattre le mal, demande-Lui de pardonner nos péchés au Jour du Jugement Dernier et de nous laisser entrer dans le Royaume Céleste en chantant: Alléluia! Alléluia! Alléluia!

Ikos 1
Ô Rachel, le Créateur des anges dans Sa propre gloire t’a donné, comme un trésor précieux au peuple russe au moment du grand bouleversement et du tumulte. Ceux qui ont vu ta vie angélique et la Grâce qui jaillissaient de toi, ne périront pas dans leurs péchés, car ils se tourneront vers leur Créateur en repentance et chanteront cet hymne de louange:
Réjouis-toi, ô étoile qui brille dans la fosse ténébreuse de l'impiété!
Réjouis-toi, car en vivant ta vie, tu prêchas le Christ, le Soleil de Justice.
Réjouis-toi, car tu revêtis l'armure du courage au moment des vaines persécutions de la foi véritable!
Réjouis-toi, car tu souffris avec les nouveaux martyrs russes!
Réjouis-toi, car, ici sur terre, tu imitas la transcendance du Père dans les Cieux!
Réjouis-toi, car tu acceptas de Lui la couronne impérissable.
Réjouis-toi, car tu es une échelle de vertus qui s'éleva au Ciel!
Réjouis-toi, car tu imitas les anges dans ta chair!
Réjouis-toi, car tu es le rétablissement très merveilleux et très prompt de tous ceux qui chutent!
Réjouis-toi, car tu délivres des larmes tous ceux qui souffrent!
Réjouis-toi, fervente intercession des guerriers orthodoxes!
Réjouissez-vous, honorable défense de la Sainte Russie!
Réjouis-toi, sainte Rachel, trésor de Borodino, joie et fierté de Moscou!

Kondakion 1
Révérende Mère Rachel, jeune fille choisie par le Roi céleste, fidèle servante de la Très Sainte Mère de Dieu, moderne thaumaturge et secours très merveilleux des orthodoxes, glorifiant Dieu Qui t’a glorifiée, nous chantons tes louanges, car tu as de l'audace devant la Sainte Trinité. Sauve-nous de toutes les tribulations quand nous faisons appel à toi ainsi :
Réjouis-toi, sainte Rachel, trésor de Borodino, joie et fierté de Moscou!
Version française Claude Lopez-Ginisty
D’après la version anglaise
De Paul Stetsenko et Maria Murray
*
Fin et gloire à notre Dieu !
-->
*

samedi 30 septembre 2017

Saint Ephrem le Syrien: La préparation du cœur


Ô mes frères,
efforçons-nous de faire
que nos cœurs soient prêts devant Dieu:

Prêts à écouter la Parole de Dieu,
Prêts à suivre la volonté de Dieu,
Prêts à glorifier le Dieu Vivant.

Ô Dieu, notre immortel Créateur,
Aide-nous à préparer nos cœurs,
Afin qu'ils soient des vases de Ta Grâce vivifiante.

A Toi soit la gloire et la louange à jamais.
Amen!

Combien merveilleuse est cette abondance
qui fait que le Seigneur
puisse résider en nous continuellement,
Car Il a quitté les Cieux
et
Il est descendu [parmi nous]:

Sanctifions pour Lui
La chambre nuptiale de nos cœurs.

Saint Ephrem le Syrien
Homélies Arméniennes 47,
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Sebastien Brock
The Luminous Eye

vendredi 29 septembre 2017

Saint Isaac le Syrien: De la Compassion (R)



Qu'est-ce qu'un cœur miséricordieux? C'est un cœur qui brûle pour le bien de toute la création, pour les hommes, pour les oiseaux, pour les animaux, pour les démons et pour toute chose créée, et par leur souvenir et à leur vue, les yeux d'un homme miséricordieux, versent des larmes abondantes. 

De la miséricorde forte et véhémente, qui saisit son cœur et de sa grande compassion, son cœur est humilié et il ne peut pas supporter d'entendre ou de voir toute blessure ou douleur légère dans la création. 

Pour cette raison, il offre continuellement des prières en pleurs, même pour les bêtes irrationnelles, pour les ennemis de la vérité et pour ceux qui lui nuisent, pour qu'ils soient protégés et reçoivent la miséricorde. 

Et de la même manière, il prie même pour la famille des reptiles en raison de la grande compassion qui brûle dans son cœur sans mesure à la ressemblance de Dieu. "(Homélie 81).


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après 

NOTA BENE...



Inutile de faire des commentaires anonymes. Je ne prendrai pas en compte les messages pour le blog qui n'indiquent pas une adresse mail. D'autre part, il ne me semble pas qu'il faille un grand effort pour rester dans les limites de la politesse et de la courtoisie lorsque l'on désire réagir à un message. Enfin les commentaires ne sont pas ouverts, car ce blog n'est pas un forum.

jeudi 28 septembre 2017

Saint Maxime le Confesseur: Le blasphème



Quand l'intellect commence à progresser dans l'amour pour Dieu, le démon du blasphème commence à le tenter, suggérant des pensées telles qu'aucun homme, mais que seul le Diable pouvait [...] inventer. Il le fait par envie, de sorte que l'homme de Dieu, dans son désespoir à la pensée de telles pensées, n'ose plus s'élever vers Dieu dans sa prière habituelle. Mais le Démon n'arrive pas encore à ses propres fins par ce moyen. Au contraire, il nous rend plus endurants. Car par ses attaques et nos représailles, nous devenons plus expérimentés et plus authentiques dans notre amour pour Dieu. "(Deuxième centurie sur l'amour, 14.)


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

SOLIDARITE KOSOVO


Vous pouvez aider les Serbes du Kosovo
à retrouver l'autonomie alimentaire

Chers amis,
Cet été, nous avons lancé notre toute première opération de financement participatif (crowdfunding), sur le site "Credofunding" : nous avons proposé aux internautes de nous aider à financer les vacances au bord de la mer de 40 enfants des enclaves chrétiennes.
Pour nous, cela a été une expérience passionnante, qui nous a permis de toucher un public bien plus large que d'habitude. Nous avons eu de nombreux retours de gens qui découvraient la situation des enclaves serbes et qui ont été touchés par cette injustice d'autant plus frappante qu'elle est souvent ignorée.
Expérience passionnante, donc, mais également un grand succès puisque notre objectif a été rempli et même dépassé : nous avions besoin de 8 000 euros, nous en avons reçu plus de 10 000, offerts par 119 personnes, dont une large proportions n'avaient jamais été donateurs de l'association auparavant. Un tel succès pour une première opération est une chose rare et nous tenons encore une fois à vous en remercier : merci à tous ceux qui ont fait un don, qui ont partagé la projet à leurs proches ou sur les réseaux sociaux, mais aussi à tous les autres qui nous ont soutenu par la pensée ou la prière. Chacun agit comme il le peut et c'est les actions de tous qui font le succès de l'ensemble ; merci à tous !
Nous vous écrivons aujourd'hui pour vous présenter notre nouvelle opération de financement participatif, toujours sur le site "Credofunding", que vous pouvez découvrir en cliquant sur l'image ci-dessous : il s'agit cette fois-ci d'acheter avant l'hiver 150 cochons pour la ferme porcine que nous sommes en train de construire au coeur du Kosovo. 
cliquer sur le lien ci-après



Janco et deux de ses enfants lors d'une visite du père Serdjan, responsable du bureau permanent de l'association à Gracanica au Kosovo, en juin dernier.
Nous comptons sur vous pour, cette fois encore, vous faire l'écho de cette opération auprès de vos proches. Ce n'est qu'ainsi qu'elle aura une chance d'être couronnée de succès.
Vous pouvez la partager de plusieurs manières, d'abord en copiant et collant ce lien dans un message électronique ou sur les réseaux sociaux : 

https://www.credofunding.fr/fr/autonomie-alimentaire-chretiens-kosovo
Mais également en allant aimer, commenter et partager la publication que nous avons postée sur Facebook en cliquant ici ou en retweetant notre message sur Twitter en cliquant ici.
Cette deuxième opération est vitale pour nos amis serbes, puisqu'il s'agit de renforcer leur autonomie alimentaire. Nous comptons vraiment sur votre engagement à nos côtés. Le succès d'une telle opération se joue dans la première semaine : si elle est assez partagée dès le départ, elle aura toutes les chance d'être couronnée de succès.
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mercredi 27 septembre 2017

Quel âge a la foi orthodoxe?

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Mandylion
de Simon Ushakov 1677Galerie Tretyakov Moscou

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Si vous êtes Luthérien, votre religion a été fondée par Martin Luther, un ex-moine de l'Église catholique, en 1517.

Si vous appartenez à l'Église d'Angleterre, votre religion a été fondée par le roi Henri VIII en 1534 parce que le pape ne lui accordait pas le divorce, avec le droit de se remarier.

Si vous êtes presbytérien, votre religion a été fondée en Ecosse par John Knox en 1560.

Si vous êtes congrégationaliste protestant, votre religion a pour origine de Robert Brown en Hollande en 1582.

Si vous êtes protestant épiscopalien, votre religion était un rejeton de l'Église d'Angleterre, fondée par Samuel Senbury dans les colonies américaines au 17ème siècle.

Si vous êtes baptiste, vous devez les principes de votre religion à John Smyth, qui l'a lancée à Amsterdam en 1606.

Si vous êtes de l'Église réformée néerlandaise, vous reconnaissez Michelis Jones comme fondateur parce qu'il a créé votre religion à New York en 1628.

Si vous êtes méthodiste, votre religion a été fondée par John et Charles Wesley en Angleterre en 1774.

Si vous êtes mormon (Saints des Derniers Jours [sic!]), Joseph Smith a initié votre religion à Palmyra, New York, en 1829.

Si vous célébrez votre foi avec l'Armée du Salut, votre secte a commencé avec William Booth à Londres en 1865.

Si vous êtes membre de la "Christian Science [Science Chrétienne]", vous considérez 1879 comme l'année où votre religion est née, et Mary Baker Eddy comme sa fondatrice.

Si vous appartenez à l'une des organisations religieuses connues sous le nom d'Église du Nazaréen, de l'Évangile pentecôtiste, de l'Église de la Sainteté ou des Témoins de Jéhovah, votre religion est l'une des centaines de nouvelles sectes fondées par les hommes au cours des cent dernières années .

Si vous êtes catholique romain, votre église a partagé le même riche patrimoine apostolique et doctrinal que l'Église orthodoxe pendant les 1000 premières années de son histoire, car au cours du premier millénaire, elles étaient une seule et même église. 

Lamentablement, en 1054, le pape de Rome s'est séparé des quatre autres patriarcats apostoliques (qui comprennent Constantinople, Alexandrie, Antioche et Jérusalem), en manipulant le Credo original de l'Église, et en se considérant comme infaillible. Ainsi, votre église a 1.000 ans.

Si vous êtes chrétien orthodoxe, votre religion a été fondée en l'an 33 par Jésus-Christ, Fils de Dieu. 

Cela n'a pas changé depuis cette époque. Notre église a maintenant près de 2.000 ans. Et c'est pour cette raison que l'Orthodoxie, l'Église des Apôtres et des Pères est considérée comme la véritable " Église Une, sainte, catholique, et apostolique". 

C'est le plus grand héritage que nous pouvons transmettre aux jeunes gens du nouveau millénaire.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
OrthodoxPhotos.com
http://www.orthodoxphotos.com/history.shtml

mardi 26 septembre 2017

Père Ilarion Felea (21 mars 1903 - 18 septembre 1961)




Comme j'aime Ta loi, Seigneur; 
C'est ma méditation tout le jour. 
(Psaume 118: 97)

Fils d'un prêtre de Hunedoara, le Père Ilarion Felea était un théologien profond et un pratiquant de la prière incessante. Par une vie de difficultés, il escalada la route vers le Thabor, où il trouva la lumière brillante et incréée du Christ.





Le Père Ilarion obtint des baccalauréats en théologie de l'Université de Sibiu et de littérature et de philosophie de Cluj et un doctorat en théologie de Bucarest. Il mit ses talents en pratique en tant que professeur de dogmatique et d'apologétique, en tant que recteur de l'Académie théologique d'Arad, et en tant que père confesseur à la cathédrale d'Arad, qu'il transforma en un véritable centre de culture et de pratique religieuse.

Son activité pédagogique fut impressionnante: il rédigea des centaines d'articles, d'études théologiques, d'écrits homilétiques et hagiographiques, ainsi que la série Vers le Thabor, véritable Philocalie.

Des centaines de fidèles, en particulier les jeunes avec une faim des trésors de l'Orthodoxie, furent attirés par l'amour du Père pour les autres, par son exemple vivant de foi et de sacrifice, et par son éloquence - ce qui fit également de lui la cible pour la Sécurité. Il fut d'abord arrêté en 1949 et enfermé pendant un an dans la prison d'Aïoud. Quand il fut libéré et revint parmi les fidèles, il reprit son travail missionnaire avec la même passion, confessant la foi véritable dans des sermons et des articles.

En septembre 1958, il fut arrêté à nouveau et soumis à une enquête violente. Il fut condamné à vingt ans de travail forcé pour "activités contre la classe ouvrière" et il fut emprisonné d'abord dans la prison de Gherla, puis à Aïoud. Là, avec le Père Dumitru Stăniloae, il conserva le feu de la prière en servant dans sa cellule secrètement et autant que possible, la Divine Liturgie, pour les prisonniers.

En fait, la prière fut son plus grand soutien tout au long des épreuves de sa vie, le seul moyen pour lui d'être plus proche du Christ. Le Père Ilarion a écrit que "le péché c'est ce qui nous sépare de Dieu et tache nos âmes; La prière est ce qui nous purifie, nous sanctifie et ouvre la voie à l'amour et à la lumière de Dieu. Celui qui avance dans la prière se rapproche de Dieu. Un homme qui s'assoit parmi les fleurs pendant longtemps supportera leur parfum. La même chose arrive avec l'homme qui passe beaucoup de temps à prier: son âme portera le parfum de la vie divine."

Comme c'est le cas pour tous ceux qui suivent le Christ, le Père Ilarion Felea n'eut pas peur de ceux qui tuent le corps, mais il prit soin de garder les mains des infidèles loin de son âme irréprochable. Refusant toute sorte de compromis avec le régime athée, il porta sa croix avec dignité, restant un apôtre du Christ jusqu'à la fin derrière les barreaux de la prison.

Le froid, la faim et toutes les tortures auxquelles il fut soumis accélèrent sa mort, une mort qui brilla avec le halo du martyre. Sans croix et sans nom, son corps fut jeté à Râpa Robilor (Le Ravin des Esclaves) à Aïoud, lieu de sépulture de l'élite spirituelle de la Roumanie d'après-guerre.


Version française Claude LOPEZ-GINISTY
d'après

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Sur le blog de Maxime


La bienheureuse Xénia vécut au XVIIIe siècle. Épouse du colonel André Théodorovitch Petrov, chanteur à la cour de la tzarine Élisabeth, rien ne semblait la destiner à l’ascèse terrible de la folie pour le Christ. N’ayant pas eu d’enfants, elle aimait d’autant plus son époux, reportant sur lui l’amour qu’elle eût dispensé à ceux-ci. Au cours d’une réception au cours de laquelle il avait beaucoup bu, André Théodorovitch, pourtant jeune et en bonne santé, mourut soudain sans avoir eu le temps de se préparer spirituellement et sans avoir communié une ultime fois aux Saints Mystères du Christ. Xénia changea alors totalement. Elle se revêtit des habits de son mari et demanda que, désormais, on ne l’appelle plus qu’André Théodorovitch.
Réalisant la vanité des biens terrestres et le caractère très transitoire des joies de la vie ici-bas, elle se dépouilla de ce qu’elle avait. LIRE LA SUITE ICI



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lundi 25 septembre 2017

Jean-Claude LARCHET: Recension/ Rod Dreher, Comment être chrétien dans un monde qui ne l’est plus. Le pari bénédictin.




Rod Dreher, Comment être chrétien dans un monde qui ne l’est plus. Le pari bénédictin, Artège, paris, 2017, 372 p.

Né en 1967, Rod Dreher, qui vit à Bâton Rouge (Louisiane), est actuellement journaliste pour le magazine The American Conservative. Il a auparavant collaboré à des journaux prestigieux comme le New York Times (il y collabore encore périodiquement), le New York Post, la National Review et la National Review Online, The Weekly Standard, The Wall Street Journal, Touchstone, Men’s Health, le Los Angeles Times, le Dallas Morning News. Il a été également analyste à CNN, Fox News, MSNBC, Court TV. Il a été nommé plusieurs fois pour le prix Pulitzer. Originaire d’une famille méthodiste, il s’est converti au catholicisme en 1993 puis à l’Orthodoxie en 2006. Il a raconté dans un article intitulé « Qu’y a-t-il de si attirant dans l’Orthodoxie? », récemment traduit sur l’excellent site orthodoxologie.blogspot.fr., les raisons de sa conversion à l’Orthodoxie.

Ce premier livre qu’il publie en français, s’est vendu – sous le titre The Benedict Option – à 40.000 exemplaires aux États-Unis et y a suscité de vifs débats, bien que l’idée du « pari bénédictin » qui est son thème central, soit avancée par l’auteur depuis une quinzaine d’années, notamment dans un blog éponyme.

Dreher part d’une constatation de base: le christianisme et ses valeurs deviennent minoritaires dans nos sociétés occidentales, et les chrétiens risquent dans un proche avenir d’être soumis à des principes, des règles et des modes de vie qui sont non seulement étrangers à leur éthique, mais incompatibles avec elle et avec la foi qui les fonde, et d’être persécutés s’ils ne s’y plient pas, car ce véritable « déluge » (titre du 1er chapitre), s’accompagne de pressions sociales diverses (politiques, médiatiques, juridiques, psychologiques, etc.).

L’un des points de départ de la réflexion de Rod Dreher, est la place exorbitante prise dans les sociétés occidentales contemporaines par le mouvement LGBT (Lesbien-Gay-Bisexuel-Transsexuel), qui dispose d’importants moyens de propagande, peut légalement infiltrer le système scolaire et former les jeunes cerveaux à sa « théorie du genre » (gender theory), a fait voter des lois qui font condamner comme raciste toute critique, même théorique, de ses principes, se montre d’une intolérance extrême au nom de la tolérance, et parvient avec arrogance à imposer ses vues minoritaires à la majorité avec l’appui des lobbies médiatiques et politiques. Ce fait sociétal a été pour Rod Dreher – avec d’autres facteurs (comme la sécularisation galopante, le développement de l’individualisme et du consumérisme…) qui témoignent d’une décadence profonde du monde chrétien (qu’il compare à celle de l’Empire romain) et d’un changement de paradigme de notre civilisation (en particulier de ses bases familiales et de ses références éthiques) – un moteur important de sa décision de proposer aux chrétiens de réagir concrètement. Cette réaction a peu de chance, selon l’auteur, de réussir sous la forme d’un engagement politique – un engagement à droite peut en partie ralentir, mais non empêcher ce mouvement de décadence. Elle peut en revanche réussir par la construction, par tous les chrétiens, d’une société fondée sur leurs valeurs morales communes et, s’inspirant, quant à son mode d’organisation, de la règle monastique de saint Benoît d’où le sous-titre du livre (qui est son titre principal dans l’édition américaine): « Le pari bénédictin ». Cette construction doit d’abord prendre la forme d’un retrait par rapport aux éléments toxiques des sociétés post-modernes, non dans la fuite et l’isolement, mais par rapport à tous les facteurs – notamment médiatiques et éducatifs – qui contribuent à éloigner les hommes (avant tout les enfants et les adolescentes) des valeurs chrétiennes. Il s’agit, autrement dit, d’organiser la résistance. Mais il s’agit en même temps d’élaborer sur la base des valeurs fondamentales du christianisme, un modèle communautaire solide, capable de constituer une alternative aux modèles sociétaux actuels, voire, s’il se développe (comme ce fut le cas de la civilisation chrétienne après la chute de l’Empire romain), de s’y substituer. Selon l’auteur, il faut repenser la nature et la structure des communautés chrétiennes et les revivifier, car « les Églises » actuelles sont très faibles, largement contaminées par les valeurs post-modernes extérieures au christianisme, et inaptes à opposer la résistance et l’alternative souhaitables.

Je laisse la place à l’auteur pour présenter l’origine et le sens de sa démarche telle qu’il les expose dans son introduction:

« Je me rendis compte que les Églises, dont la mienne, se montraient incapables de lutter efficacement contre les forces du déclin culturel. Le christianisme historique et traditionnel – aussi bien protestant que catholique ou orthodoxe – avait pour devoir d’être une véritable puissance de résistance à l’individualisme et au sécularisme radicaux du monde moderne. On racontait volontiers que les chrétiens conservateurs menaient une guerre culturelle, mais, à part contre l’avortement et le mariage homosexuel, le combat des miens me paraissait inexistant. Nous semblions nous satisfaire d’endosser le rôle de chapelains d’une culture acquise au consumérisme, qui avait perdu toute notion de la réalité du christianisme.

Dans mon livre Crunchy Cons, publié en 2006, j’explorai cette sensibilité conservatrice que l’on peut qualifier de “contre-culture par la tradition”. J’y citai l’œuvre du philosophe Alasdair MacIntyre, pour qui la civilisation occidentale avait perdu ses amarres philosophiques. Le temps approchait, disait-il, où les hommes et les femmes de bien comprendraient qu’il ne serait plus possible à ceux qui désirent une existence en accord avec les vertus de la tradition de participer activement à la société contemporaine. Il leur faudrait trouver de nouvelles manières de vivre en communauté, à l’exemple de saint Benoît qui, au VIe siècle, donna naissance au monachisme occidental, offrant ainsi une réponse à l’effondrement de la civilisation romaine.

J’avais nommé ce retrait stratégique appelé de ses vœux par MacIntyre le « pari bénédictin ». L’idée principale en était que les chrétiens conservateurs sérieux ne pouvaient plus mener une existence légère, ordinaire ; qu’il fallait développer des solutions innovantes, collectives, pour nous aider à maintenir notre foi et nos convictions au milieu d’un monde qui y était de plus en plus hostile. Il allait falloir choisir avec radicalité un christianisme de contre-culture, un nouveau mode de vie, sous peine de condamner nos enfants et leurs enfants à l’assimilation.

Une décennie durant, j’ai beaucoup écrit sur ce pari bénédictin, sans que jamais l’idée dépasse un cercle plutôt restreint de chrétiens conservateurs. Pendant ce temps, la “génération du millénaire” se mit à abandonner l’Église, dans des proportions encore jamais vues. Et il est presque certain qu’elle ne savait même pas ce qu’elle rejetait : de récentes recherches sociologiques ont montré que les jeunes adultes ignorent, quasiment tous, les enseignements et usages de la foi chrétienne historique.

Le déclin constant du christianisme et la montée proportionnelle de l’hostilité vis-à-vis des valeurs traditionnelles ont atteint un point critique en avril 2015, lorsque l’État de l’Indiana a fait passer une version locale de l’acte fédéral de restauration de la liberté religieuse. La loi se contentait de permettre que l’argument d’atteinte à la liberté religieuse soit entendu en justice dans le cadre de procès en discrimination. Elle n’affirmait pas que cet argument ferait nécessairement gagner les accusés, mais les militants des droits homosexuels la décrivirent comme “sectaire”. Et pour la première fois, le monde des affaires prit parti dans la guerre culturelle en défendant avec fermeté les droits de la communauté gay. Sous la pression des grandes entreprises, l’Indiana fit machine arrière. Une semaine plus tard, c’était au tour de l’Arkansas.

Cette affaire fut un tournant: elle démontrait que, si les grandes entreprises faisaient opposition, les responsables républicains, même dans des États où ils avaient la majorité, préféraient ne pas prendre position pour la liberté religieuse. Défendre l’orthodoxie chrétienne sur les questions de sexualité devenait, dans l’esprit de tous, un acte inacceptable de bigoterie. C’était la débâcle pour les chrétiens conservateurs. Nous vivions dans un nouveau pays.

Deux mois plus tard, la Cour Suprême faisait du mariage entre personnes de même sexe un droit constitutionnel. Ce fut aux États-Unis une décision populaire: l’opinion, en l’espace d’une décennie, avait radicalement changé sur la question des droits des homosexuels et du mariage gay. Sitôt ce droit acquis, les militants et leurs alliés politiques, les démocrates, se remirent à la lutte, cette fois pour les droits des transgenres.

Depuis l’arrêt Obergefell, les chrétiens qui restent attachés à l’enseignement de la Bible sur la sexualité et le mariage ont acquis, de l’avis général (et, de plus en plus, avec l’appui de la loi), le même statut que les racistes. La guerre culturelle entamée avec la révolution sexuelle des années 1960 s’est soldée par une défaire des chrétiens conservateurs. La gauche culturelle – autrement dit, le courant de pensée dominant – n’a nullement l’intention de vivre en paix après sa victoire. Au contraire, elle continue de pousser pour établir une occupation dure et impitoyable, aidée par le désarroi des chrétiens, qui ne comprennent pas ce qui se passe. Qu’on ne s’y trompe pas: l’élection surprise de Donald Trump n’empêchera rien. Tout au plus est-elle un sursis.

Si j’ai écrit ce livre, c’est pour réveiller l’Église, l’encourager à agir, à se renforcer tant qu’il est encore temps. Si nous voulons survivre, il nous faut retourner aux racines de notre foi, dans nos pensées comme dans nos actes. Il va nous falloir renouer avec des habitudes intérieures que les croyants occidentaux ont délaissées. Il va nous falloir radicalement changer nos vies, notre vision du monde. En un mot, il va nous falloir être l’Église, sans compromis, quel qu’en soit le coût.

Ce livre n’est pas un programme politique, ni un manuel pratique de spiritualité, ni une énième lamentation sur la décadence. Certes, il propose une critique de la société moderne d’un point de vue chrétien traditionnel, mais il a d’abord pour but de présenter les initiatives de ces chrétiens qui cherchent, de manière créative, à vivre leur foi en dehors de la culture dominante, dans la joie et malgré les ténèbres. J’espère vous donner l’envie de vous en inspirer, de collaborer avec les chrétiens de votre entourage, de votre région, pour bâtir des réponses aux défis que ce monde lance à l’Église. Pour que le sel ne perde pas sa saveur, nous devons agir. Il se fait tard, et ce n’est pas un exercice.

Pour Alasdair Maclntyre, nous sommes dans l’attente d’ « un nouveau saint Benoît, sans doute très différent du premier ». Le philosophe veut parler d’un chef inspiré, novateur, qui trouvera une nouvelle façon de vivre la tradition en communauté, qui permettra la survie dans un temps d’épreuve. Le pape émérite Benoît XVI prédit un monde dans lequel l’Église vivra en petits cercles composés de chrétiens engagés, dévoués à leur foi et se tenant à l’écart de la société contemporaine pour l’amour de la vérité. Lisez ce livre, apprenez de ceux que vous y rencontrerez, soyez inspiré par le témoignage des moines. Laissez-les parler à votre cœur, à votre raison, puis agissez localement, renforcez-vous, renforcez votre famille, votre église, votre école, votre communauté.

Dans la première partie de ce livre, j’exposerai, tel que je le conçois, le défi de l’Amérique post-chrétienne. J’y chercherai les racines philosophiques et théologiques de la fragmentation de notre société, puis expliquerai quel soutien les croyants d’aujourd’hui peuvent trouver dans les vertus que contient la règle de saint Benoît, un guide pratique pour la vie monastique qui joua un grand rôle dans la préservation de la culture chrétienne, au cours de ce que certains appellent l’Age sombre.

Je décrirai dans la deuxième comment le mode de vie chrétien prescrit par la Règle peut être adapté à l’existence des laïcs chrétiens modernes, quelle que soit leur confession. La Règle propose des pistes pour aborder la politique, la foi, la famille, la communauté, l’éducation et le travail. Je montrerai comment ces pistes se manifestent concrètement chez beaucoup de chrétiens dont on devrait écouter ce qu’ils ont à dire. Enfin, j’analyserai l’importance cruciale de ces croyants qui se confrontent avec résolution, en pensée et en acte, aux deux phénomènes les plus puissants du monde moderne, qui déstabilisent l’Église dans ses fondements: la sexualité et la technologie.

J’espère que vous finirez par convenir que les chrétiens sont entrés dans un temps de grandes décisions. Les choix que nous faisons aujourd’hui auront des conséquences sur la vie de nos descendants, sur notre nation, sur notre civilisation. Jésus-Christ a promis que les portes de l’Enfer ne sauraient atteindre Son Église, mais Il n’a pas promis qu’elles ne la vaincraient pas en Occident. Tout dépend de nous, de ce que nous allons décider, ici et maintenant. »

Tandis que le premier chapitre de l’essai, intitulé « le déluge », présente l’irruption des valeurs anti-chrétiennes au cours de ces dernières décennies, le chapitre 2 analyse les racines anciennes de la crise que vivent les sociétés occidentales (le nominalisme, la Renaissance, la Réforme, les Lumières, la démocratie, la capitalisme et le romantisme, le triomphe de l’Eros). Le chapitre 9 approfondit la question de la révolution sexuelle et propose quelques solutions pour l’affronter, tandis que le chapitre 10 décrit les méfaits des techniques modernes, notamment numériques, et propose une limitation de l’usage de la télévision, d’Internet et des réseaux sociaux. Le chapitre 3 présente quelques éléments de la règle bénédictine dont l’application serait salutaire pour l’homme post-moderne : ordre, prière, travail, ascèse, stabilité, communauté, hospitalité, équilibre… Le chapitre 4 invite à construire une nouvelle forme de politique qui serait anti-politique et prendrait la forme d’une communauté chrétienne organisée, avec ses propres institutions (notamment scolaires) permettant d’échapper aux institutions délétères de nos sociétés actuelles. Le chapitre 5 propose quelques principes d’un mode de vie nouveau, inspiré par l’Église: redécouvrir la valeur du passé (au lieu de le nier au nom de la modernité et du prétendu progrès), redécouvrir la liturgie, renouer avec l’ascèse, renforcer la discipline de l’Église, évangéliser par la bonté et la beauté, accepter l’exil et la possibilité du martyre. Le chapitre 7 quant à lui présente les principe qui devraient participer à la constitutions d’un « village chrétien » à l’échelle de nos sociétés : faire de son foyer un petit monastère, faire savoir aux enfants que leur famille est différente des autres (et en être fier), s’assurer qu’ils ont un bon groupe d’amis, vivre à proximité des membres de sa communauté, faire vivre le réseau social de l’Église, nouer des relations entre Églises, aimer la communauté… Le chapitre 7 redéfinit l’éducation comme formation chrétienne et en énonce les principes: donner à sa famille une éducation bien ordonnée, enseigner l’Écriture aux enfants, enseigner aux jeunes l’histoire de la civilisation occidentale (dénigrée et méprisée par le système scolaire actuel), retirer ses enfants de l’enseignement public (qui contribue à l’étouffement des valeurs chrétiennes), ne pas se faire d’illusion sur les écoles chrétiennes existantes (qui très souvent s’assimilent au modèle libéral moderne), monter des écoles chrétiennes classiques, faire l’école à la maison, revenir aux classiques… Le chapitre 8 concerne les changements à apporter au monde de l’économie et du travail: « acheter chrétien » même si c’est plus cher, constituer un réseau professionnel chrétien, redécouvrir les métiers, se préparer à la pauvreté et à la marginalisation.

On le voit, ce livre se situe dans la ligne d’un conservatisme décomplexé, à la fois religieux et politique. L’auteur travaille d’ailleurs dans un journal qui, comme son nom l’indique, se situe dans la ligne politique des conservateurs américains, autrement dit des « Républicains », et il est habituel aux États-Unis de classer les chrétiens en libéraux ou conservateurs, et de parler de « gauche chrétienne » et de « droite chrétienne », comme nous le faisons en France pour les partis politiques et leurs sympathisants.

Ce n’est pas seulement en se positionnant par rapport à ce type de catégories qui situent la religion à proximité de la politique mais par son style (journalistique et usant constamment de la première personne) et par son contexte (celui de la société américaine actuelle) que ce livre est très américain dans son esprit et dans sa forme, et pour une part en décalage avec la mentalité et le contexte européens.

Il n’en reste pas moins vrai que la sécularisation de la société et tous les problèmes sociétaux qui remettent en cause les valeurs chrétiennes aux États-Unis, touchent de plus en plus nos sociétés européennes, les processus de globalisation et de mondialisation qui affectent l’ensemble des sociétés contemporaines tendant à uniformiser celles-ci à l’échelle du monde.

Tout en n’étant pas (encore) un reflet de ce que nous vivons, et tout en ayant une tonalité pessimiste et une tendance à la dramatisation, ce livre nous concerne et nous parle.

Il est vrai que si les valeurs antichrétiennes gagnent rapidement du terrain dans le même temps que les sociétés occidentales se déchristianisent à grande vitesse, ce n’est pas seulement en raison des moyens de diffusion dont elles disposent, mais aussi en raison du manque d’activité et de réactivité des chrétiens eux-mêmes, de leur faiblesse à affirmer leur foi et leur identité, de l’insuffisance de leur conviction dans l’expression et l’incarnation de leur éthique, de leur manque d’esprit apostolique et missionnaire dans la société où ils vivent (jusque dans la crainte de s’afficher comme chrétiens), et de leur incapacité de proposer par leur propre exemple un modèle de vie personnelle et de communauté enviable. La sécularisation inhérente au protestantisme depuis ses origines et qui a gravement affecté le catholicisme depuis le concile Vatican II et continue à l’affecter malgré un certain retour de celui-ci, depuis Jean-Paul II et Benoît XVI, à des formes plus conformes à ses traditions antérieures, a une grande part de responsabilité dans la sécularisation que connaissent les sociétés occidentales depuis plusieurs décennies, dans la perversion et l’oubli des valeurs chrétiennes de référence, et dans l’irruption de pseudo-valeurs de substitution. Selon la parabole de l’évangile (Mt 12, 44-45), quand on laisse la maison vide, de méchants démons y entrent…

Le renforcement de l’Église comme communauté, mettant à la disposition des fidèles, comme ce fut le cas dans le passé, des institutions (en particulier éducatives) transmettant et diffusant ses valeurs, et aussi (comme dans les institutions caritatives) les incarnant est un projet essentiel pour son maintien et sa reviviscence.

Les chrétiens doivent-ils pour autant se couper de la société et de ses institutions au risque de former un ghetto? Cela ne risquerait-il pas d’accentuer et d’institutionnaliser leur mise à l’écart et leur mise en minorité? La communautarisation telle qu’elle existe par exemple au Canada (avec l’appui officiel de l’État, qui préfère ce modèle d’intégration au modèle d’assimilation américain) où chaque communauté a ses propres institutions (écoles, collèges, lycées, universités, hôpitaux, maison de retraite, etc.) est-elle une solution? De tous temps les chrétiens ont eu pour tâche de préserver leur foi, leur éthique et leur mode de vie, à travers la vie et les institutions ecclésiales et au sein de leurs familles, ces « églises domestiques » comme les appelait saint Jean Chrysostome. Mais ils ne se sont pas pour autant coupés et séparés du monde environnant, à l’exception des moines, dont c’était la vocation particulière. Le Christ n’a jamais prétendu fonder en ce monde une société parallèle à la société civile, et il a commandé à ses disciples « de rendre à César ce qui est à César ». Il a affirmé clairement: « mon royaume n’est pas de ce monde ». Il a demandé aux chrétiens de témoigner de leur foi dans la société et pas à côté d’elle. Et s’il est vrai que l’Église constitue une société, celle-ci est de nature spirituelle et, dans sa plénitude, eschatologique. Porter témoignage de leur foi, coûte que coûte au sein de la société où ils vivaient lors même qu’elle était antichrétienne, leur a d’ailleurs coûté cher pendant de longues périodes de l’Histoire où dans de vastes espaces géographiques, que ce soit au temps des persécutions des premiers siècles, au temps des conquêtes et de l’oppression persane et ottomane, sous le régime communiste, et plus récemment dans les zones dominées par l’intégrisme islamiste, où des millions de chrétiens ont, dans le martyr, payé de leurs souffrances, de leur sang et de leur mort.

Un autre problème majeur du livre de Dreher est que tout en préconisant une société chrétienne faite de « petites communautés », il considère le christianisme comme un ensemble unifié, dont les membres seraient tous susceptibles d’adopter sans tarder le modèle qu’il propose. Il parle souvent de « l’Église » au singulier, mais dans la situation actuelle ce terme ne peut, pour différentes raisons, inclure les différentes confessions chrétiennes que l’auteur a en vue dans son projet global.

On ne peut que s’associer au souhait de Dreher de voir un jour les chrétiens réunis, mais outre que les divergences dogmatiques et ecclésiologiques qui les séparent sont loin de pouvoir trouver une solution, ils restent fortement divisés quant aux valeurs morales elles-mêmes. Réunir les chrétiens conservateurs en tant que tels risque de constituer une base à tous égards insuffisante.

Un autre trait frappant du livre de Dreher est qu’il comporte de multiples références à des auteurs catholiques et protestants, mais ne cite aucun auteur orthodoxe (excepté Schmemann sur la question du jeûne). Peut-être est-ce parce qu’il considère que le modèle bénédictin, qui a conservé beaucoup des valeurs et de traits de la vie spirituelle sur lesquelles tous les chrétiens s’entendaient au cours du premier millénaire, suffit à ses yeux (non au sens strict, en tant qu’ordre monastique, mais au sens large, par les valeurs qu’il incarne) à représenter le modèle orthodoxe (et donc peut-être est-ce là que nous trouverons une réponse aux questions que nous avons posées précédemment). C’est ce que semble indiquer ce passage du 1er chapitre:

« Vous ferez dans ce livre la connaissance d’hommes et de femmes qui sont les Benoît d’aujourd’hui. Certains vivent à la campagne, d’autres à la ville. D’autres encore sont dans les banlieues. Tous sont des chrétiens orthodoxes convaincus c’est-à-dire, théologiquement, des conservateurs appartenant à l’une des trois branches principales du christianisme historique – qui savent que les chrétiens doivent quitter Babylone, s’en séparer soit métaphoriquement, soit littéralement, sans quoi leur foi ne tiendra plus guère que le temps d’une génération ou deux dans cette culture de mort. Ils ont, au contraire de bien d’autres, accepté de reconnaître cette vérité que la politique ne nous sauvera pas. Plutôt que d’essayer de rafistoler l’ordre établi, ils ont reconnu que le royaume auquel ils appartiennent n’est pas de ce monde, et ont décidé de ne pas compromettre cette citoyenneté. Ces chrétiens orthodoxes font ce que j’appelle le “pari bénédictin”, une stratégie tirée de l’enseignement de l’Écriture et de la sagesse de l’Église des premiers temps, qui consiste à embrasser l’ “exil sur place” pour former une contre-culture vivace. Conscients de la dangerosité du sécularisme moderne et de la fragmentation causée par le relativisme, les chrétiens partis sur la voie de Benoît cherchent dans la Bible et la Règle les pratiques et modes de vie communautaires qui régiront leur vie. Plutôt que la panique ou la complaisance, ils choisissent la raison: le nouvel ordre n’est pas un problème à résoudre, mais une réalité avec laquelle il faut vivre. Ces chrétiens apprennent à survivre avec foi et inspiration, à approfondir leur vie de prière, à changer leur manière d’être, à se recentrer sur leur famille et leur communauté plutôt que sur la politique partisane, à construire des églises, des écoles et d’autres institutions dans lesquelles la foi chrétienne pourra survivre et s’épanouir pendant le déluge. »

Il est cependant évident que le modèle bénédictin, quelles que soient ses vertus, est trop limité et lié à un contexte historique occidental pour représenter le mode de vie orthodoxe dans toute son ampleur. Mais il est vrai que par leur conservatisme religieux (qui leur est souvent reproché dans un monde devenu liquide et presque entièrement gagné au libéralisme et au modernisme) les Orthodoxes traditionnels (qui sont la majorité des fidèles dans les pays orthodoxes) sont, parmi les chrétiens, ceux qui ont le plus fidèlement conservé l’esprit, les valeurs et le mode de vie du christianisme tel qu’il a été fondé par le Christ et transmis par les Apôtres et les Pères, et, en conséquence, il est vrai aussi que l’Église orthodoxe est actuellement, parmi toutes les communautés se réclamant du christianisme, particulièrement bien placée pour résister aux assauts anti-chrétiens du monde séculier post-moderne, et pour proposer, par sa capacité à englober spirituellement toutes les dimensions de la vie quotidienne, un modèle de vie alternatif fondé sur les valeurs chrétiennes authentiques. C’est d’ailleurs ce qui a convaincu Rod Dreher et sa famille de rejoindre l’Église orthodoxe, comme il l’explique dans son article déjà cité : « Qu’y a-t-il de si attirant dans l’Orthodoxie ? »

Rod Dreher sera en France du 28 septembre au 6 octobre. Il présentera son livre le dimanche 1er octobre à 11h30 à la Paroisse Ste Parascève-Ste Geneviève, Crypte St François (sous l’église St Sulpice), 35 rue St-Sulpice, Paris 6e, Métro St-Sulpice ou Odéon.

Jean-Claude Larchet

dimanche 24 septembre 2017

Le staretz Païssios vous a opéré ce matin!



Nikolaos Koulouris, professeur du Département juridique de l'Université européenne de Chypre relate l'événement suivant...

En 2012, Stelios Kreouzos, journaliste de la Cyprus Broadcasting Corporation et étudiant chez moi au département de droit de l'Université européenne de Chypre, a été diagnostiqué avec des liquides dans les poumons et le cœur. Il a souffert pendant un an et demi, subissant un traitement à l'hôpital pendant de longues périodes. En fin de compte, son médecin lui recommanda de subir une opération pour drainer le liquide et mettre un terme à ses difficultés. Le chirurgien dit au patient qu'il y avait des dangers considérables dans l'opération.

La veille de l'opération planifiée, l'homme est allé à l'hôpital. Il était naturellement préoccupé par le résultat de l'opération. Il a reçu la visite l'après-midi d'une cousine qui lui a apporté un livre du staretz, maintenant saint Païssios l'Athonite, lequel, lui a -t-elle dit, l'aiderait à le rétablir. Je devrais dire que, jusqu'à ce moment, l'homme n'avait eu qu'une relation superficielle et formelle avec Dieu et la foi orthodoxe, comme, hélas, la plupart des Grecs. Il commença à lire le livre du staretz. À un certain moment, il atteignit le passage où, selon son biographe, le staretz  demandait à Dieu de lui envoyer une forme de cancer pour le tester, et cela fit une grande impression sur l'homme. Mais ce fut la parole suivante qui l'émua profondément: "Dieu, chaque jour de ma vie est entre tes mains." En larmes, dans un état très émotif, mon élève commença à répéter à haute voix ces paroles du staretz à plusieurs reprises: "Dieu, chaque jour de ma vie est entre tes mains». C'était une forme de prière indirecte, mais pleine de substance, pour le succès de l'opération.

Quand son épouse l'entendit, elle alla dans la chambre dans une certaine détresse et lui demanda pourquoi il pleurait, afin de le calmer et de lui assurer que l'opération irait bien. Il lui demanda de le laisser seul dans la chambre, d'aller à la maison et de s'occuper de leurs deux jeunes enfants. Elle devait dormir et se calmer.

Alors il fut laissé seul dans la pièce, où il continua à répéter les paroles du staretz et à pleurer. Plus tard, lorsque la nuit était bien avancée, il perçut, comme dans une vision, la présence d'un homme portant l'habit monastique. Instinctivement, et sans se rendre compte de l'importance totale de ce qu'il disait, il se tourna vers le moine et dit: "Père Païssios, si tu viens pour moi, aide-moi à faire que l'opération soit réussie." Et il continua à pleurer et à répéter les paroles du staretz en disant "Dieu, chaque jour de ma vie est entre tes mains." Cela se poursuivivit jusqu'à 5:45 au matin du jour où l'opération devait être effectuée. Il s'endormit, mais avant de le faire, il regarda sa montre et il se souvient que c'était cette heure.

À 7 heures du matin, une infirmière vint le réveiller et le préparer à l'opération. A  la grande surprise de l'infirmière, les vêtements et la literie de l'homme étaient trempés. L'infirmière lui demanda s'il s'était renversé de l'eau sur lui,  et l'homme dit que non.

On lui donna des vêtements secs, et on l'emmena dans une pièce à proximité pour que les procédures finales soient effectuéees pour trouver l'emplacement précis et la quantité de liquide dans les poumons et le cœur, car le chirurgien aurait besoin de l'information pour l'opération.

Lorsque le technicien releva les informations, il dit à l'infirmière d'amener le patient à une autre machine parce que celle qu'il avait utilisée souvent ne fonctionnait pas correctement, et que cette fois-ci, elle n'avait rien montré.

Il fut donc emmené vers une autre machine particulièrement fiable, et qui n'avait jamais eu de problèmes. À son étonnement, le technicien vit qu'il n'y avait aucun signe de liquide dans une partie du corps du patient. Il prit immédiatement contact avec le chirurgien pour lui en parler.

Il se trouve que ce chirurgien particulier était un homme proche de Dieu, et il était déjà conscient de ce qui s'était passé dans la chambre du patient la veille, car, entre-temps, ce dernier l'avait mentionné. Le chirurgien déclara au technicien: "J'ai une bonne idée de ce qui s'est passé, mais juste pour être complètement sûr, emmenez-le faire une [autre] analyse, avec une mention sur le diagnostic de la position et de la quantité du fluide dans son corps."

Et c'est ce qu'ils firent. Lorsque l'examen fut terminé, le médecin qui examina les résultats entra en contact avec le chirurgien de mon élève, et lui a dit qu'il devait y avoir eu une erreur dans la note de recommandation et que le patient devait avoir été envoyé pour examen pour une autre raison. Il le dit parce que les résultats montraient "qu'il n'y avait aucune trace de liquide dans le corps du patient."

 Le chirurgien dit ensuite à l'infirmière de ramener l'homme dans sa chambre. Le chirurgien l'accompagna et dit au patient d'enlever sa tenue d'hôpital, de mettre ses vêtements habituels et de rentrer à la maison. Mon étudiant posa la question évidente: "Mais qu'en est-il de l'opération, docteur?" Ce dernier répondit: "Le staretz Païssios vous a opéré ce matin!"

Tout cela m'a été dit personnellement par mon élève, qui loue Dieu depuis ce jour et  qui commémore Saint Païssios aujourd'hui.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après