"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

mercredi 6 avril 2016

Le métropolite de Gori et Ateni André clarifie la position de l’Église orthodoxe de Géorgie à l’égard du Concile panorthodoxe

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La position de l’Église orthodoxe de Géorgie à l’égard du futur Concile panorthodoxe et particulièrement du projet de texte concernant « les relations avec l’ensemble du monde chrétien » ont fait l’objet d’informations contradictoires, qui ont été publiées ici et .
Le métropolite de Gori et d’Ateni André a clarifié, dans une lettre datée du 27 mars 2016 et publiée le 1er avril sur le site grec Amen.gr, la position de l’Église orthodoxe de Géorgie, et ce à la suite d’un article du grand protopresbytre Georges Tsetsis (Patriarcat œcuménique) publié par le même site :
« Le 3 mars 2016, l’agence d’information grecque « AMEN.gr » a publié un article du grand protopresbytre Georges Tsetsis sous le titre « Un fait ou une provocation – la décision de l’Église de Géorgie ». Puisque je suis l’un des représentants géorgiens « pointilleux » [à la Synaxe des Primats 21-28.1.2016, ndt], je me considère obligé de procéder aux commentaires ci-dessous.
Pour commencer, je souhaite mentionner que la Représentation de l’Église de Géorgie s’est rendue à toutes les réunions préconciliaires et y a pris part dans un esprit de fraternité, d’unité et de coopération avec toutes les Églises-sœurs, dans un esprit de soutien au Patriarcat œcuménique, qui a travaillé plus que tous et a porté la charge principale de l’œuvre de préparation du Saint et Grand Concile. Passons maintenant à l’article. Dès le début, le père Georges déclare que les représentants géorgiens « les ont harcelé » à la Vème Consultation préconciliaire afin d’obtenir l’inclusion dans le texte « Relations de l’Église orthodoxe avec l’ensemble du monde chrétien » d’un nombre non négligeable de nos positions. Pour donner une image plus claire, il convient d’abord de décrire le climat dans lequel se sont déroulés les travaux de la Commission spéciale inter-orthodoxe, qui a été convoquée en 2014 sur la décision des Primats orthodoxes. Le rédacteur de l’article en question se réfère précisément à cette question, lorsqu’il dit : « Il est vrai que le comportement opiniâtre et pointilleux des frères géorgiens lors des Conférences et des Commissions inter-orthodoxes exaspère et crée des impasses ».
1. C’est un fait connu qu’il a été donné mandat à la commission en question de revoir les textes de 1982 et 1986 et de les soumettre à la Vème réunion préconciliaire pour validation. Concrètement, il s’agissait de la révision des textes : « L’Église orthodoxe et le Mouvement œcuménique », « Les relations de l’Église orthodoxe envers l’ensemble du monde chrétien » et « La contribution de l’Église orthodoxe à la réalisation de la paix, de la justice, de la liberté, de la fraternité et de l’amour entre les peuples et à la suppression des discriminations raciales et autres» et de l’étude si nécessaire des textes : « Le problème du calendrier commun », « Les empêchements au mariage » et « L’importance du jeûne et son observation aujourd’hui ». Malgré la clarté du mandat, S.E. le Président, lors des réunions de la Commission spéciale à Chambésy, sur le motif que les textes sous révision avaient été adoptés par des organismes supérieurs à la Commission (c’est-à-dire par des Réunions panorthodoxes pré-concilaires ayant siégé au cours de différentes années) n’a pas permis aux Représentants des Églises de procéder à « des changements essentiels », chose avec laquelle nous ne pouvions être d’accord, car la Commission spéciale disposait de cette compétence. L’attitude susmentionnée du Président, à l’égard de tous les textes, n’a pas changé, malgré les réactions fortes des Représentants des différentes Églises. Toutefois, cette interdiction, pour des raisons inconnues, n’était pas valable pour les changements que le Président lui-même a proposés ou sur lesquels il était d’accord. C’est ainsi que furent fusionnés deux textes, que les paragraphes concernant l’évaluation des dialogues menés avec les différentes confessions ont été enlevés, et d’autres points importants encore ont été modifiés. Par conséquent, il ne restait rien d’autre à faire pour notre représentation, si ce n’était d’attendre la Vème Réunion préconciliaire, afin d’obtenir les changements que nous sollicitions. La seule exception était constituée par les textes : « La question du calendrier commun » et « Les empêchements au mariage », au sujet desquels la majorité absolue des Églises a déclaré sa position négative. Quant à l’Église de Géorgie, elle a refusé de les signer. Il nous a été répondu à cela par la Présidence que, puisque ces textes avaient déjà été entérinés par la IIIème Réunion préconciliaire en 1982, ils seraient renvoyés directement au Grand Concile sous leur forme initiale. L’Église de Géorgie était catégoriquement en désaccord avec cela et, par des lettres officielles, a demandé au Patriarcat œcuménique ou bien que ces deux sujets soient supprimés de la liste des thèmes du Saint et Grand Concile, ou bien qu’ils soient discutés davantage. Nous avons ainsi obtenu qu’à la Synaxe des Primats de 2016, le texte « Question du calendrier commun » soit supprimé de la liste des thèmes, tandis que le texte « Empêchements au mariage » serait soumis à une révision. En ce qui concerne ce dernier sujet, certaines autres Églises-sœurs avaient une position semblable à la nôtre.
2. Après la fin des travaux de la Commission spéciale inter-orthodoxe, l’Église de Géorgie, après avoir été informée par ses représentants des résultats de ladite Commission, a envoyé, de la part du Catholicos-Patriarche de Géorgie, une lettre à Sa Toute-Sainteté le Patriarche œcuménique, dans laquelle, entre autres, ont été exprimées les réflexions et observations ci-dessous sur les textes renvoyés à la Vème Réunion pré-concilaire pour y être revus et validés :
a) « Les textes préparés pour le Saint et Grand Concile doivent souligner clairement et incontestablement que l’Église orthodoxe est la seule Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique, dans laquelle existent la succession apostolique, le véritable Baptême, la Divine Eucharistie et les autres Mystères de la Foi chrétienne ».
b) « Qu’il soit déclaré de la façon la plus nette que, selon sa nature ontologique, il est impossible que l’unité de l’Église soit rompue. Pour cette raison, l’Église orthodoxe mène toujours un dialogue avec les différentes Confessions, dans le but de leur retour au sein de l’Église ».
c) Le texte « Relations de l’Église orthodoxe envers l’ensemble du monde chrétien », doit comporter l’évaluation des dialogues bilatéraux menés jusqu’à aujourd’hui avec les différentes Confessions chrétiennes, car c’est précisément à la compétence du Grand et Saint Concile qu’appartient la détermination de la stratégie de leur continuation ».
d) « Nous considérons inacceptable la soumission au Grand Concile, sous leur forme actuelle, des textes « Le problème du calendrier commun » et « les empêchements au mariage », car ceux-ci viennent en opposition à la Tradition canonique de l’Église orthodoxe ».
Il était également dit dans la Lettre que les textes qui ont déjà passé tous les stades de la préparation, doivent être publiés, afin de donner suffisamment de temps au plérôme de l’Église pour les étudier et exprimer son point de vue.
3. C’est en ayant de telles directives et dans une disposition constructive pour les travaux, que nous, représentants de l’Église de Géorgie, sommes allés à la Vème Réunion préconciliaire. Cependant, des surprises nous y ont attendu. Lorsque les travaux ont commencé, S.E. le Président a déclaré que, à son avis, la Réunion ne disposait pas de la compétence pour introduire des modifications dans les textes des Réunion préconciliaires de 1982 et de 1986, mais seulement pour apporter des modifications aux modifications (sic) que nous avions nous-mêmes apportées dans le cadre de la Commission spéciale inter-orthodoxe !
Lorsque nous en sommes arrivés à étudier le texte « Relations de l’Église orthodoxe avec l’ensemble du monde chrétien », il a été enlevé aux représentants des très saintes Églises d’Antioche et de Géorgie le droit qui leur était assuré par le Règlement d’exprimer leurs vues, au motif que nous n’avions pas soumis de propositions écrites au sujet des changements souhaités aux textes. La participation paritaire des représentants des Églises d’Antioche et de Géorgie aux travaux des réunions a été mise aux voix de l’assemblée plénière de la Conférence. Nous nous sommes sentis très froissés. Finalement, ce droit nous a été « donné », mais nous ne pûmes toutefois l’exercer pour la révision du texte entier. Si notre position est appelée « comportement opiniâtre et pointilleux », comment appeler alors l’action du Président de la Commission spéciale qui, pendant sept heures ( !), s’est efforcé de « convaincre » les représentants des Églises au sujet d’un seul paragraphe afin qu’ils l’adoptent tel que celui-ci le voulait.
4. En vue de la session prévue de la Commission inter-orthodoxe pour la rédaction du règlement des travaux du Concile (Athènes, 15-19 décembre 2015), le chef du Département des Relations extérieurs de l’Église de Géorgie, le métropolite Gérasime, décrivant les événements affligeants qui se sont produits lors de la Vème Conférence préconciliaire, a écrit au Patriarcat œcuménique : « Malgré cela, les représentants de notre Église, mus par un esprit de coopération, ont signé la plupart des documents. Toutefois, l’Église de Géorgie n’a pas encore pris de décision conciliaire sur les textes figurant à l’ordre du jour du Saint et Grand Concile, car nous attendons qu’ils prennent leur forme finale. Peut-être, les autres Églises se trouvent dans la même situation. Pour cette raison, le Règlement du fonctionnement et de conduite des travaux du Saint et Grand Concile doit absolument prévoir la possibilité d’examen et de ratification des textes paragraphe par paragraphe.
Le métropolite, exprimant la position de notre Église au sujet du caractère obligatoire des décisions du futur Concile a souligné dans sa lettre encore une fois la nécessité de la publication des documents adoptés et a dit en outre que : « Pour le caractère obligatoire de leurs décisions, il était nécessaire, même pour les Conciles Œcuméniques, d’être en accord complet avec l’enseignement des saints Pères et d’être reçus par le Plérôme de l’Église ».
5. À la fin de son article, le père Georges Tsetsis déclare que l’Église de Géorgie « est captive des cercles fondamentalistes » et appelle les Églises qui « exercent quelque influence sur l’espace de l’Europe orientale (et que suivaient à la trace les frères géorgiens pendant toute la durée de la préparation du Grand Concile) » de l’influencer afin qu’elle change sa position.
Il est naturel qu’un prêtre d’âge avancé, qui a consacré la majeure partie de sa vie à la préparation du Saint et Grand Concile et aux dialogues, se sente importuné. De même que d’autres qui ont y ont excessivement travaillé. Pour cette raison, nous nous efforcerons de faire face aux accusations avec patience et les faire contrer par des faits.
En tout premier lieu, disons que nos critères sont théologiques. Nous ne trouvons pas « sous la captivité des cercles fondamentalistes », pas plus que certaines Églises n’exercent d’influences sur la nôtre. Aussi, c’est pour des raisons dogmatiques que notre Patriarche n’a pas signé le texte sur « Le Mystère du mariage et ses empêchements ». Comme on le sait le texte n’a pas non plus été signé par la représentation d’Antioche. Il convient de mentionner ici que le texte sur l’ « Empêchement au mariage » (tout commecelui sur la « Question du calendrier commun ») a été rejeté par le Saint-Synode de l’Église de Géorgie le 8 octobre 1998 déjà. Lors de la Synaxe des Primats à Genève (21-28 janvier 2016), nous avons signé le texte « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain», rejeté par nous lors de la Vème Conférence préconciliaire, pour la seule raison que les remarques dogmatiques que nous avions proposées avaient été prises en considération (la même chose a été faite par l’Église de Russie, qui avait ses propres propositions). Lors de la dernière Assemblée des évêques de l’Église de Géorgie, pendant laquelle ont été discutés les textes de l’ordre du jour du Saint et Grand Concile, le texte « Relations de l’Eglise orthodoxe envers l’ensemble du monde chrétien » a été l’objet d’une critique sévère unanime. Rappelons que lors de la dernière rencontre à Chambésy, le patriarche de Géorgie a dit très clairement dans son discours que « les décisions que nous avons prises aujourd’hui ici seront soumises au jugement de l’Assemblée de notre hiérarchie ».
Non seulement l’Église de Géorgie, mais celles aussi de Russie, de Chypre et de Grèce, comme on le sait, après la dernière Synaxe des Primats, on mis en discussion et pour évaluation les textes proposés pour le Grand Concile.
6. Nous avons publié la décision de notre Saint-Synode en géorgien et sa diffusion plus large n’est pas de notre responsabilité.
7. Le père Georges exprime son fort désagrément au sujet de la prise de décisions sur le principe de l’unanimité. Or, ce principe est en vigueur depuis des décennies au stade préparatoire du Grand Concile, et les Primats, par leur décision de 2014, l’ont étendu au Concile lui-même. Leur décision est-elle mise en question ?
8. L’adhésion de l’Église de Géorgie au COE, auquel participaient alors toutes les Églises orthodoxes, constituait à cette époque quasiment la seule opportunité pour l’Église, qui se trouvait derrière le rideau de fer, de communiquer avec les Églises orthodoxes-sœurs et le monde extérieur. C’est un fait que le présent patriarche Élie II, a été élu en 1979, pour cinq ans, président du COE. Comme on le sait, cet organisme a huit Présidents, tandis que le rôle décisif dans sa direction et ses orientations est joué par le Secrétaire Général.
Pour ce qui concerne la sortie de l’Église de Géorgie du COE, dans le même passage de la lettre du patriarche Élie II, auquel se réfère le père Georges, la raison dogmatique ressort clairement: « Étant donné que souvent les intérêts des Orthodoxes ne sont pas pris en compte, et puisque dernièrement il a été observé une tendance à attribuer à cela une sorte de caractère ecclésiologique, l’Église orthodoxe de Géorgie a considéré opportun de quitter le COE ».
9. Dans ce monde, les problèmes ne manqueront pas pour l’Église du Christ. Aujourd’hui également, il y a des Églises-sœurs qui vivent dans un environnement hostile. Par la Grâce de Dieu, cependant, dans l’histoire de la Géorgie actuelle, il n’y a pas de siège autour de la Maison Patriarcale par des dissidents armés [contrairement à ce qui est affirmé dans la lettre du protopresbytre Georges, ndt]. Une telle information ne peut être qualifiée autrement que comme fallacieuse. Ce n’est pas le cas, car le Catholicos Patriarche Élie II dispose de l’amour et d’une considération illimitée et générale.
10. Pour ce qui concerne l’aide humanitaire qu’a reçue la Géorgie au moyen du COE, nous sommes particulièrement reconnaissants à Sa Toute-Sainteté le Patriarche Bartholomée personnellement, qui se distingue par sa sagesse et sa charité, et à tous ceux des hommes qui ont assisté le peuple géorgien en ces années très difficiles. Ce rappel du soutien accordé est cependant déplacé et nous demandons à notre tour : depuis quand y aurait-il lieu de sacrifier les principes moraux à l’aide matérielle ?
11. On peut être attristé par le fait que le respectable protopresbytre parle du danger de « torpillage » du Concile par l’Église de Géorgie, et ne mentionne pas le fait que, précisément pour ne pas empêcher le Concile, l’Église [de Géorgie], dans une initiative de bonne volonté, a déclaré lors de la dernière Synaxe à Genève, qu’elle accepte le retrait de l’agenda du Grand Concile du sujet, d’importance majeure pour nous, des Diptyques, et le report des discussions à leur sujet dans un temps ultérieur au Concile, ce pour quoi elle a reçu des critiques.
12. Il est temps, dit le père Georges, que cesse le refrain selon lequel l’Église de Géorgie serait la seule qui défend vigoureusement la Foi orthodoxe. S’il existe réellement un tel refrain, nous serons les premiers à demander qu’il cesse.
* * *
Au moment où ces lignes sont écrites, l’Église de Géorgie se prépare pour la Crète, afin de prendre part au Saint et Grand Concile, et il est absolument normal qu’un examen en profondeur des textes ait lieu, que les remarques justifiées des théologiens orthodoxes et du troupeau ami de Dieu soient prises en considération. C’est la raison pour laquelle nous avons demandé la publication, en temps opportun, des textes, ainsi que la participation au Saint et Grand Concile de clercs, moines et théologiens orthodoxes avec droit à la parole.
Nous croyons fermement que toutes les imperfections existantes seront corrigées. Mus par l’Esprit Saint, les participants au Saint et Grand Concile, exprimant la voix unanime de tous les membres de l’Église catholique, confesseront encore une fois à haute voix les vérités éternelles, auxquelles l’Église est fidèle depuis le jour de sa fondation. Amen. Le métropolite de Gori et d’Ateni André »

procession à Optino


Bernard Le Caro: Le Grand Carême


Présentation ce samedi 9 avril à la librairie L’Age d’Homme par Bernard Le Caro de la 2e édition de son livre “Le Grand Carême” et des “Chroniques du monastère de Séraphimo- Divéyevo” du métropolite Séraphin Tchitchagov

mardi 5 avril 2016

Archiprêtre Vladimir [Vorobyov]: La vie spirituelle (suite)

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ment peut-on avoir une vie spirituelle?

-       On ne peut pas donner de réponse définitive.
       
 La vie spirituelle ne peut pas être " achetée", même avec une sorte de contrat. "L'Esprit souffle où il veut. " "...Ce n’est pas par mesure qu'Il donne l'Esprit" (Jean 3: 34). 

Dieu veut donner à chaque personne la Grâce du Saint-Esprit - et Il la donne toujours, chaque fois qu'une personne peut la tenir dans son cœur.

Quand une personne aspire à être considérée comme digne de la Grâce de Dieu et le demande à Dieu, alors, même si elle n’est pas sainte, mais qu’elle a un cœur pur et qu'elle aime Dieu, Dieu lui donne Sa Grâce.

Afin que la vie avec Dieu devienne permanence, des actes sont nécessaires, c'est ce que les anciens appelaient l’ascétisme. 

Cela ne signifie pas qu'il est nécessaire d'aller dans le désert. 

Cela signifie que les gens ne se livrent pas à leurs passions, ils se limitent sur la terre, pour faire place à l'Esprit Saint. Dieu n’est pas relégué à la  "deuxième place" dans le cœur de l'homme. 

On doit lui donner la "première place."

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Pravmir

Podcast de l’émission de radio “Orthodoxie” (France-Culture) du dimanche 3 avril : “La vie liturgique, 1ère partie”, avec Jean-Claude Larchet




L’émission “Orthodoxie” sur France-Culture, du dimanche 3 avril a pour thème “L’organisation liturgique du grand Carême”L’invité d’Alexis Chryssostalis est Jean-Claude Larchet, auteur de “La vie liturgique”, récemment paru aux éditions du Cerf.La présentation générale du livre est suivie de la présentation de l’ordre des dimanches du Triode du pré-Carême, puis du Triode du Carême, en dégageant la cohérence de l’ensemble et la signification de chacun relativement au progrès spirituel attendu de cette période où la vie spirituelle est plus intense. L’émission se conclut par une brève analyse de la signification de la liturgie des présanctifiés, une particularité du grand Carême.
L’émission peut être réécoutée sur la page de l’émission Orthodoxie,

Elle peut aussi être téléchargée sur les pages de podcast de l’émission (1, 2).

Sur le blog de Maxime

L'opposition des moines du Mont Athos à l'œcuménisme par Geronda Placide Deseille
"On reproche souvent aux moines du Mont Athos leur opposition à l’œcuménisme, et on les accuse volontiers de sacrifier la charité à la vérité. Il nous fut aisé de constater, dès notre premier voyage, alors que nous étions encore catholiques romains et que la pensée de devenir orthodoxes nous était tout-à-fait étrangère, combien les moines de l’Athos savent allier une charité très délicate et pleine d’attentions envers les personnes, quelles que soient leurs convictions et leur appartenance religieuse, à l’intransigeance doctrinale. À leurs yeux d’ailleurs, le total respect de la vérité est l’un des premiers devoirs que leur impose la charité envers autrui.
Lire la suite ICI

lundi 4 avril 2016

Archiprêtre Vladimir [Vorobyov]: La vie spirituelle

 
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Père Vladimir (photo)
répond aux questions des étudiants 
de l'université Saint-Tikhon
  
Qu’est-ce que la vie spirituelle?
- Comment pouvons-nous comprendre si oui ou non le Saint-Esprit est une personne? À la fin de Janvier 1978, je suis allé vers un merveilleux staretz, l’archimandrite Tavrion [Batozskiy]. Il était gravement malade du cancer, et je ne savais pas si je le verrais ou non.


Archimandrite Tavrion Batozskiy

Il fallait aller dans les bois depuis l'arrêt de bus. Il faisait assez sombre. La neige scintillait et les étoiles étaient en feu. Lorsque je suis entré dans le monastère, il semblait que tout le monde était endormi, mais il y avait déjà beaucoup de pèlerins dans le temple. Ceux qui venaient au monastère, recevaient la Sainte Communion tous les jours. Beaucoup critiquaient le Père Tavrion pour cela.
Je suis allé dans le temple et je les ai entendus lire quelque chose, et après un certain temps, j’ai réalisé que c’était une homélie de Syméon le Nouveau Théologien. Ils lisaient le passage où saint Syméon explique: si quelqu'un dit que le Saint-Esprit en lui, mais qu’il est pas perceptible, alors – ce n’est pas vrai, parce que la présence du Saint-Esprit dans son cœur ne peut être confondue [avec quoi que ce soit]. C’est comme un parfum dans les narines ou de la lumière dans l'œil.
Soudain, le père Tavrion sortit de l'autel et dit: "Vous savez, je donne ma bénédiction à tous pour recevoir fréquemment la Communion. Quand j’arriverai au Jugement Dernier, Dieu me demandera: "Comment pouvais-tu donner la Communion à tout le monde tous les jours?  D'où as-tu acquis une telle confiance ?"Je Lui répondrai: "Je les ai prévenus. Les paroles de saint Syméon sont une mise en garde. "
Cela signifie: Ne vous trompez pas. Si vous ne vous sentez pas la présence du Saint-Esprit, cela signifie qu’Il est pas en vous. Dans ce cas, n’allez pas à la Communion fréquemment. Vous n'êtes pas prêts à vivre la grâce d'une vie spirituelle.
L’apôtre Paul parle un peu différemment à ce sujet: "Toute personne qui n'a pas l'Esprit du Christ ne lui appartient pas" (Rom. 8: 9). La vie spirituelle ne consiste pas en larges intérêts intellectuels. Ce n’est pas de la littérature, ni du théâtre, ni un conservatoire. C’est la vie du Saint-Esprit dans le cœur.
La présence du Saint-Esprit peut être reconnue par les signes qui ont conduit l'apôtre Paul et Séraphim de Sarov. C’est le monde du cœur. C’est la joie du Seigneur. C’est l'amour de Dieu et du peuple. C’est la piété, la chasteté et de la pureté.
Lorsque le cœur d'une personne est libre de passions, il appartient à Dieu et c’est facile pour l'âme, car avec Dieu, il n'y a rien à craindre. Dieu est toujours joyeux. Quand un homme est avec Dieu, il ne veut rien de grossier ou de vil, comme l'ivresse, la drogue, la fornication, ou le ressentiment impur. Il ne peut pas avoir de désespoir et connaître la dépression.
Être captif du péché est difficile. Avec Dieu, il n'y a pas de captivité, même si une personne est en prison. Pourtant, avec Dieu, il y a la liberté. Comme le mentionnent les confesseurs du vingtième siècle: "Avec Dieu, le bien est toujours partout."
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

SOLIDARITE KOSOVO


Dans le cadre de sa politique en faveur du développement de la pratique sportive dans les enclaves chrétiennes du Kosovo-Métochie, Solidarité Kosovo apporte son soutien au club de foot de Ropotovo. Grâce au matériel technique acheté ainsi qu’aux tenues sportives neuves récoltées, les jeunes joueurs serbes disposent désormais de conditions d’entraînement de qualité. De quoi leur donner envie de continuer à mouiller le maillot !


Le club de football de Ropotovo a sollicité l'aide de Solidarité Kosovo

Le football, école de la vie

Si en Europe occidentale, l’image du football a été émaillée par des scandales à répétition, elle n’a rien perdu de son éclat au Kosovo. Au contraire, la discipline continue d’attirer de jeunes recrues et son nombre de licenciés est en constante progression. Si bien que le « ballon rond » occupe sans conteste la première marche du podium des sports pratiqués dans les enclaves.

« La mission des clubs est devenue double. Elle est à la fois sportive et éducative » explique Arnaud Gouillon, Directeur de Solidarité Kosovo. « Lorsqu’un jeune prend une licence, comme ici à Ropotovo, il entre dans une structure qui l’oblige à de la discipline. Le foot est un sport collectif qui enseigne l’esprit d’équipe et la cohésion avant même les règles et la stratégie. Physiquement, il développe la coordination, la réflexion, l’adresse et l’endurance.  Ce sont toutes ces vertus éducatives et sportives que Solidarité Kosovo entend promouvoir en apportant un soutien aux clubs sportifs de la région. »








A gauche, père Serdjan et Arnaud Gouillon distribuent aux jeunes joueurs les nouvelles tenues

Une aide conjointe de Solidarité Kosovo et du FC Nantes

Dans l’est du Kosovo à Ropotovo, le champ de la commune a été aménagé en terrain de foot.  Parfois gelé, souvent boueux et quelques fois râpeux, trente enfants s’y pressent quotidiennement pour s’écorcher les genoux et se forger le caractère. Comme tous les bambins amoureux du ballon rond, ils ont rêvé de porter un maillot griffé d'un grand club de foot européen. Un vœu que Solidarité Kosovo vient de réaliser grâce à la générosité du Football Club de Nantes. Tenues d’entrainement, maillots, vestes, shorts, chaussettes et bonnets, plus de quarante tenues complètes ont été offertes aux jeunes joueurs serbes qui disposent désormais de la panoplie complète des « Canaris ». De plus, pour parfaire ce don vestimentaire, Solidarité Kosovo a financé l’achat de matériel technique de terrain.









 La panoplie complètes des Canaries a été accueillie avec joie par les footballeurs en herbe

Ému par ces dons,  le Président du Club de Ropotovo a souhaité « remercier les bénévoles, les donateurs de Solidarité Kosovo ainsi que les dirigeants du FC Nantes pour leurs généreuses attentions. Nos jeunes joueurs pourront évoluer sur un terrain de qualité. Il me tarde de les voir revêtir leurs belles tenues jaunes et vertes et jeter leurs survêtements troués et déchirés.»

A Ropotovo, aux côtés du drapeau serbe qui orne l’entrée du club figure à présent l’emblématique blason de l’octuple champion de France. De La Beaujoire à Ropotovo, que vivent les valeurs du sport et de la solidarité !
 

Au premier rang, le père Serdjan et Arnaud Gouillon posent aux côtés des dirigeants du club de Ropoto entourés des jeunes pousses arborant les couleurs vert et jaune du FC Nantes


L'équipe de "Solidarité Kosovo"

PS : les personnes souhaitant nous aider peuvent contribuer au développement de nos activités en nous faisant un don. Par chèque à l’ordre de « Solidarité Kosovo », BP 1777, 38220 Vizille ou par Internet en cliquant sur paypal :
http://www.solidarite-kosovo.org/fr/dons-en-ligne 


PS2 :« Solidarité Kosovo » étant reconnu d’intérêt général, chaque don ouvre droit à une déduction fiscale à hauteur de 66% du montant du don. A titre d'exemple, un don de 100 € vous permet de déduire 66 € sur la somme de vos impôts à payer. Ainsi votre don ne vous coûte en réalité que 34 €.

http://www.solidarite-kosovo.org/        Solidarité Kosovo BP 1777, 38220 VIZILLE, FRANCE
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Librairie

Le monastère de la Transfiguration a le plaisir de vous annoncer la parution de trois nouveaux ouvrages.
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Les belles histoires des saints de France

Texte de Francine Bay. Illustration de Gilles Weissmann
 



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Rappel: Les Chroniques de Divéévo: http://www.librairie-monastere.fr/vies-de-saints/344-chroniques-du-monastere-de-seraphimo-diveyevo-tome-2-les-moniales-et-le-monastere-9782914857154.html

Monastère de la Transfiguration.
24120 Terrasson- Lavilledieu






dimanche 3 avril 2016

Trois hiérarques chrétiens grecs orthodoxes qui ont essayé d'arrêter l'Holocauste dans leur pays. (3/3)


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CHRYSOSTOMOS, métropolite de Zante
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"Je marcherai ensemble avec les Juifs directement dans la chambre à gaz."
Bien sûr, il y a aussi l'histoire de survie intemporelle de la communauté juive qui dans toute l'Europe qui ne perdit pas une seule âme pendant l'Holocauste, sur l'île grecque de Zante (Zakynthos) grâce aux efforts déployés par le métropolite de l'île, Chrysostomos.
Lorsqu'on lui a demandé les Juifs de l'île, il offrit son propre nom, et celui du maire de l’île, comme Juifs, et se mit à dire au commandant allemand qu'il était prêt à marcher avec ses voisins juifs directement aux chambres à gaz, si cela était son destin.
"Les Juifs de Zante sont Grecs, épris de paix et industrieux. Ils sont de pur sang Zantien et totalement inoffensifs. Je vous prie d'annuler l'ordonnance pénale."
Lorsque le commandant persista et menaça Chrysostomos et le maire de leur vie, et de sévères représailles contre la population civile de l'île, ils lui remirent un morceau de papier avec leurs propres deux noms griffonnés dessus.
"Je suis à votre merci," dit Chrysostomos au nazi. "Vous pouvez m’arrêter, pas eux. Si cela ne vous satisfait pas, sachez alors que je marcherai ensemble avec les Juifs directement dans la chambre à gaz."
Trois hiérarques orthodoxes grecs, chacun avec des positions de haut niveau d'autorité morale, ont parlé à leur Dieu et ont répondu avec ce qu'ils croyaient être leur responsabilité morale et éthique pour sauver leur compatriotes humains- sans considération pour leur religion.
 Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
 Source: www.pappaspost.com



FEUILLETS LITURGIQUES DE LA CATHÉDRALE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX


21 mars /3 avril
3ème dimanche de Carême – de la Croix

Saint Jacques, évêque et confesseur à Constantinople (IXème s.) ; saint Birille, évêque de Catane (I-IIème s.) ; saint Lupicin, abbé de Condat (480) ; saint Thomas, patriarche de Constantinople (610) ; saint Séraphim de Vyritsa (1949) ; saint hiéromartyr Vladimir (Vvedensky), prêtre 1931.

Liturgie de saint Basile le Grand

Lectures: Hébr. IV, 14 - V, 6 ;  / Mc VIII, 34 - IX, 1

AU SUJET DU DIMANCHE DE LA VÉNÉRATION DE LA SAINTE CROIX
A
u  milieu du Carême, l’Église expose la Croix à la vue des fidèles, afin d’affermir ceux qui jeûnent et de les encourager à continuer leur labeur, par le souvenir de la Passion du Seigneur. La vénération de la Croix continue durant la quatrième semaine du Carême, jusqu’au vendredi. Le sens de la fête est indiqué par le synaxaire du jour : « puisque, lors du carême de quarante jours, nous sommes, nous aussi, en quelque sorte crucifiés (...) et ressentons une certaine amertume, étant abattus et découragés,  la vénérable et vivifiante Croix est exposée pour nous redonner courage et force, nous rappelant les souffrances du Christ, et nous consolant (...)De même que ceux qui accomplissent un voyage long et  difficile, alors qu’ils sont fatigués, s’ils trouvent un arbre au feuillage épanoui,  se reposent à son ombre et, comme régénérés, continuent leur chemin. De même, au temps du carême, au milieu du chemin étroit et pénible, les Saints Pères ont planté la Croix vivifiante, nous amenant le repos et la fraîcheur, pour que nous puissions courageusement et facilement achever le reste du chemin... » Dans le but de nous encourager encore plus à faire œuvre de patience dans les labeurs ascétiques, la Sainte Église nous rappelle en ce jour, afin de nous consoler, la fête de Pâques qui s’approche, en chantant les souffrances du Sauveur en même temps que Sa joyeuse Résurrection : « Nous adorons Ta Croix ô Maître et nous chantons Ta sainte Résurrection ». 
Au lieu du Trisaghion, on chante :
Kpeсту́ Tвоему́ покланя́емся Влады́ко и свято́е Bocкресе́ніe Твое́ сла́вимъ.
Nous adorons Ta Croix ô Maître et nous chantons Ta sainte Résurrection.


Tropaire du dimanche, 3ème ton
Да веселя́тся небе́сная, да ра́дуются земна́я; я́ко сотвори́ дeржа́ву мы́ш-цею Cвое́ю Го́сподь, попра́ cме́ртiю cме́рть, пе́рвенецъ ме́ртвыxъ бы́сть, изъ чре́ва а́дова изба́ви на́съ и подаде́ мípoви ве́лiю ми́лость.
Que les cieux soient dans l’allégresse, que la terre se réjouisse, car le Seigneur a déployé la force de Son bras. Par Sa mort, Il a vaincu la mort ! Devenu le Premier-né d’entre les morts, du sein de l’enfer, Il nous a rachetés, accordant au monde la grande miséricorde.

Tropaire de la Croix, ton 1
Спаси́, Го́споди, лю́ди Твоя́ и благослови́ достоя́ніе Tвое́, побѣ́ды правосла́внымъ христіáномъ на сопроти́вныя да́руя, и твое́ coxpaня́я Кресто́мъ твои́мъ жи́тельство.
Seigneur, sauve Ton peuple et bénis Ton héritage ; accorde aux chrétiens orthodoxes la victoire sur les ennemis et garde Ton peuple par Ta Croix.

Kondakion de la Croix, ton 7
Не ктому́ пла́менное оpýжіе xpaни́тъ вра́тъ Еде́мскихъ; на ты́я бо на́йде пресла́вный coýзъ дре́во кре́стное, сме́ртнoe жа́ло, и а́дова побѣ́да прогна́ся; предста́лъ бо ecи́ Cпáce мой, вопія́ cýщымъ во а́дѣ : вни́дите па́ки въ páй.
Désormais le glaive de feu ne garde plus la porte de l’Eden, car le bois de la Croix l’empêche de flamboyer ; l’aiguillon de la mort est émoussé, la victoire échappe à l’enfer ; ô mon Sauveur, Tu es venu dire aux captifs de l’enfer : entrez à nouveau dans le paradis !

Au lieu de « Il est digne en vérité... », ton 8
О Teбѣ́  páдуeтся, Благода́тная, вся́кая твápь, Áнгельскій coбópъ и человѣ́ческiй póдъ, ocвяще́нный xpáме и paю́ слове́сный, дѣ́вственнaя пoxвaлó, изъ Heя́же Бо́гъ воплоти́cя, и Mладе́нецъ бы́́сть, пpéжде вѣ́къ сы́й Бо́гъ  нáшъ; Ложесна́ бо Tвоя́ пpecто́лъ coтвopи́, и чpéво Tвое́ простра́ннѣe небécъ coдѣ́лa. О Teбѣ́ páдуeтся Благода́тная, вся́кая твápь, cлáва Teбѣ́.
En Toi se réjouissent ô Pleine de Grâce, toute la création, le chœur des anges et le genre humain. Ô Temple sanctifié, ô paradis spirituel, ô Gloire virginale, c’est en Toi que Dieu s’est incarné, en Toi qu’est devenu petit enfant Celui qui est notre Dieu avant tous les siècles. De Ton sein, Il a fait un trône plus vaste que les cieux. Ô Pleine de Grâce, toute la création se réjouit en Toi. Gloire à Toi.


HOMÉLIE DE ST JEAN CHRYSOSTOME SUR LE JEÛNE

Vous voyez comme Dieu s'irrite lorsqu'on dédaigne le jeûne: écoutez comme il s'apaise lorsqu'on le pratique. Vous méprisez le jeûne, Dieu porte contre vous une sentence de mort; vous le pratiquez, Dieu la révoque. Comme il voulait vous montrer toute la vertu de ce pieux exercice, il lui a donné le pouvoir de rappeler des voies du trépas et de ramener à la vie des hommes déjà condamnés, déjà sous le poids d'une sentence et qu'on traînait au supplice, et cet effet ne s'est pas étendu à deux ou trois, à vingt hommes seulement, mais à tous les Ninivites. Une ville immense et magnifique, couchée dans la poussière, sur le bord du précipice, allait recevoir du ciel le coup qui devait la faire rouler dans l'abîme, lorsque le jeûne, comme une vertu survenue d'en-haut, l'a arrachée des portes de la mort et l'a ramenée à la vie. Mais déroulons ensemble des pages de cette grande histoire. Le Seigneur adressa la parole à Jonas, dit l'Écriture, va, lui dit-Il, dans la grande ville de Ninive. (Jon. 1, 12.) D'abord Dieu cherche à intéresser le prophète, dont il prévoit la fuite, par la grandeur et l'importance de la ville. Mais entendons la prédiction : Encore trois jours, et Ninive sera détruite. (Id. III, 4.) Pourquoi annoncer à l'avance tout le mal que vous allez faire? —Afin de n'être pas obligé d'accomplir ce que j'annonce. Ainsi, vous l'entendez, Il menace ce peuple des feux de l'enfer, pour ne pas l'y jeter. Que Mes paroles, dit-Il, vous inspirent un salutaire effroi, afin que vous n'en éprouviez pas l'effet. Pourquoi resserre-t-Il le temps dans un si court espace? C'est pour nous montrer toute la vertu de ces barbares, je veux dire des Ninivites qui, en trois jours, savent écarter de leurs têtes les maux qu'avaient mérités leurs crimes. C'est aussi pour que vous admiriez la clémence de Dieu, dont une pénitence de trois jours suffit pour désarmer le courroux, et que vous ne tombiez pas dans l'abattement, quel que soit d'ailleurs le nombre de vos péchés. En effet, de même qu'une âme engourdie dans la paresse ne travaille que faiblement à son salut et à sa réconciliation avec Dieu, quoiqu'elle ait tout le temps nécessaire à la pénitence, de même une âme embrasée d'une sainte ardeur, et qui s'empresse de se laver de ses péchés dans les eaux de la pénitence, peut, dans un court espace de temps, effacer jusqu'à la trace de ses souillures. Pierre n'a-t-il pas renié trois fois son Maître ? Trois fois n'a-t-il pas juré qu'il ne Le connaissait pas? Les paroles d'une misérable servante n'avaient-elles pas glacé son courage ? Eh bien ! A-t-il eu besoin de plusieurs années de pénitence? Non, sans doute, il s'est relevé la même nuit qu'il était tombé ; blessure et remède se sont suivis de près; malade, il a recouvré soudain la santé. Comment? Par son repentir et par ses larmes. Que dis-je? Par des torrents de larmes qu'il versa. Car l'Évangéliste ne dit pas seulement qu'il pleura, mais qu'il pleura amèrement. (Matt. XXVI, 75.) Il n'y a pas d'expression assez forte pour peindre l'abondance de ses pleurs ; l'événement le fait voir clairement. Après cette chute déplorable sans doute, puisque rien ne peut égaler l'horreur de ce reniement honteux, après cette chute, Pierre remonte à sa dignité première, et Dieu lui confie le gouvernement du monde entier, et ce qu'il y a de plus admirable, il nous le montre plus attaché au Seigneur que tous les apôtres ensemble. Pierre, lui dit-Il, m'aimez-vous plus que ne font ceux-ci? (Jean, XXI, 15.) Est-il un exemple plus éclatant de ce que peut le repentir? Pour qu'on ne dise pas que si Dieu a pardonné aux Ninivites, cela n'a rien d'étonnant, puisque c'étaient des hommes grossiers et ignorants, et pour que l'on n'atténue pas la Miséricorde Divine en s'autorisant de ces paroles: Le serviteur qui n'aura pas su la volonté de son maître, et qui ne l'aura pas exécutée, sera moins battu (Luc, XII, 48), voilà Pierre qui vient rendre témoignage : Pierre connaissait parfaitement cette Sainte Volonté. Cependant, tombé de si haut et si bas, il recouvre toute la confiance du Sauveur. Vous-même, donc, quelque faute que vous ayez commise, ne désespérez pas de votre Salut. Ce qu'il y a de plus terrible dans le péché, c'est d'y persévérer. Il n'y a pas de chute plus lourde que celle dont on ne saurait se relever; c'est ce malheur qui arrache des larmes des yeux de Paul, des soupirs de sa poitrine. Puisse Dieu, dit-il, lorsque je serai revenu chez vous, ne pas m'humilier! Puissé-je ne pas être obligé d'en pleurer plusieurs, non-seulement de ceux qui auront péché, mais de ceux qui, étant tombés dans des impuretés, dans des fornications et des dérèglements infâmes, n'en auraient point fait pénitence. (II Cor. XII, 21.) Certes il n'y a pas pour la pénitence de temps plus propice que le temps du jeûne. Mais je reviens à l'histoire de Ninive. Le prophète entendant ces paroles descendit au rivage de Joppé, pour se retirer à Tarsis, et fuir de devant la Face du Seigneur. (Jon. I, 3.) Homme, où donc fuis-tu? N'as-tu pas entendu la voix du Prophète? Où irai-je pour me dérober à Ton Esprit? Et où m'enfuirai-je de devant Ta Face? (Ps. CXXXVIII, 7.) Sur la terre? Mais la terre et tout ce qu'elle renferme est au Seigneur. (Ps. XXIII, 1.) Dans l'enfer? Si j'y descends, Tu y es encore. (Ps. CXXXVIII, 8.) Dans le ciel? Si j'y monte, Tu y es. (Ibid. 10.) Dans la mer? Ta main m'y soutiendra. Jonas l'éprouva. Mais la nature du péché est telle, qu'il jette les âmes dans les ténèbres de l'ignorance. Quand l'ivresse, en rendant la tête pesante, éteint en l'homme la lumière de la raison, il marche au hasard et sans rien voir, et tombe dans le précipice, le gouffre ouvert sous ses pas; c'est ainsi que ceux qui pèchent sont enchaînés par les liens d'une sorte d'ivresse et ne savent plus ce qu'ils font; le présent et l'avenir échappent à leurs yeux éblouis. Dites-moi, est-ce le Seigneur que vous fuyez? Attendez un peu, et l'événement vous prouvera que la mer elle-même, son esclave obéissante, ne saurait vous soustraire à Son Pouvoir. Jonas, en effet, avait à peine mis le pied sur le vaisseau, que la mer souleva ses flots et amoncela ses vagues comme des montagnes; et de même qu'une servante fidèle, venant à rencontrer un de ses compagnons fuyant loin de son maître après lui avoir fait un larcin, ne le quitte pas et fait auprès de ceux qui voudraient le recevoir tous ses efforts pour les en détourner, jusqu'à ce qu'enfin elle le ramène à la maison; de même la mer, reconnaissant en Jonas l'esclave fugitif, suscite aux matelots mille embarras, fait naître mille obstacles, gronde, élève sa grande voix, non pas pour le condamner, mais pour menacer le vaisseau et ceux qui le montent d'un prochain naufrage, s'ils ne lui rendent pas celui qui, comme elle, doit obéir au Seigneur. Que firent donc les matelots? Ils jetèrent dans la mer la charge du vaisseau qui n'en fut pas soulagé (Jon. I, 5) ; car le même fardeau y était resté, le corps du prophète, charge pesante, moins par elle-même que par la grandeur du péché. Car rien n'est plus lourd en effet que le péché et la désobéissance. 

Jacques Julliard dans Marianne: En Asie et en Afrique, les chrétiens sont devenus les nouveaux juifs

Après l'attaque terroriste de Lahore, au Pakistan, qui a fait 72 morts et 300 blessés, regardons les choses en face : dans les pays d’Asie et d’Afrique où ils sont minoritaires, les chrétiens sont devenus les juifs du monde contemporain, persécutés et menacés de disparition.


Nous autres Occidentaux pensions avoir connu le sommet de l’horreur avec ces attentats islamistes aveugles qui ont ensanglanté depuis des années Madrid, Londres, plus récemment Paris et maintenant Bruxelles. Mais il y a pis que les attentats aveugles ; il y a les attentats ciblés, comme ceux qui ont visé les juifs à Toulouse, au musée juif de Bruxelles, au supermarché kasher de la porte de Vincennes : à la barbarie ordinaire s’ajoute le racisme le plus abject. Il me semble qu’on ne l’a pas assez dit.

Et maintenant, les chrétiens, et plus précisément les enfants chrétiens ! Ce n’est pas la première fois que les talibans s’en prennent aux enfants. On se souvient – enfin, espérons-le – des 144 victimes, dont 132 enfants, assassinées de sang-froid dans une école de Peshawar le 16 décembre 2014. Il y a quelque chose qui glace le sang, quelque chose de proprement nazi dans cette manière de faire. Jean-Marc Rouillan trouve les djihadistes « courageux ». Ce n’est pas, en dépit ou à cause de leur mépris de la mort, le mot qui me serait venu spontanément à l’esprit. Il est vrai qu’en matière d’assassinat de sang-froid, l’ancien chef d’Action directe en connaît un rayon. IL EST TEMPS D’EN FINIR AVEC LE DÉNI ET LA COMPLAISANCE POUR LA PROPAGANDE ISLAMISTE

Il faut s’imaginer la scène : un parc public dans la grande ville de Lahore, où les chrétiens pakistanais – moins de 2 % de la population – célèbrent Pâques, la fête de la Résurrection. Le kamikaze bardé d’explosifs se dirige délibérément vers les balançoires, là où jouent les petits : 72 morts, plus de 300 blessés. Certains médias, notamment dans les radios et les télés, ont traité ce « fait divers » en une phrase, après un quart d’heure consacré aux attentats de Bruxelles, donnant entièrement raison à Jean-Marie Le Pen quand il affirme que la compassion est avant tout affaire de proximité : mes frères avant mes cousins, mes cousins avant mes amis, mes amis avant les étrangers, etc. Dans le traitement médiatique de l’horreur terroriste, il y a 5 % d’information, 5 % d’humanité et 90 % de marketing.

Le groupe taliban Jamaat-ul-Ahrar, qui a revendiqué l’attentat de Lahore, a tenu à préciser que les chrétiens étaient la cible. L’existence d’une minorité chrétienne, composée pour la plupart d’anciens « intouchables », est intolérable pour ces fanatiques, car leur objectif est le même que celui de l’Etat Islamique : imposer la domination de l’islam au monde entier, y appliquer la charia, et détruire physiquement tout ce qui s’oppose à ce dessein. Dans cette perspective, il est de bonne guerre de s’attaquer aux minorités, notamment chrétiennes, et aux enfants, qui représentent l’avenir. Ces groupes demandent notamment la mise à mort d’Asia Bibi, une chrétienne condamnée injustement pour blasphème.

C’est pourquoi il est temps d’en finir avec le déni, et avec la complaisance pour la propagande islamiste, qui n’est pas le seul fait des djihadistes, mais de la quasi-totalité des gouvernements musulmans : ce qui, au chapitre du religieux, domine aujourd’hui le monde, c’est n’est pas « l’islamophobie », c’est la persécution contre les chrétiens.

L’ONG protestante Portes ouvertes, qui dresse chaque année un index mondial de la persécution des chrétiens à travers le monde, a trouvé que, sur les 50 pays les plus touchés, 40 d’entre eux sont à majorité et à gouvernement musulman. Dans certains, comme l’Arabie saoudite ou la Somalie, l’exercice, même privé, de la religion chrétienne est interdit et puni d’emprisonnement, parfois de mort : églises saccagées et brûlées, lynchages, meurtres de chrétiens demeurés impunis, discriminations administratives… L’objectif est clair : c’est purement et simplement l’éradication du christianisme dans tous les pays où il n’est pas majoritaire. Le processus est en cours dans les lieux mêmes qui le virent naître, c’est-à-dire le Proche-Orient.

PENDANT CE TEMPS-LÀ, FRANÇOIS HOLLANDE DÉCORE LE PRINCE HÉRITIER D’ARABIE SAOUDITE Car il n’y a pas que l’Etat islamique : les talibans, AQMI, les Chabab, Boko Haram, pour ne citer que quelques-unes des principales organisations persécutrices, sont les formes régionales d’un fanatisme qui est aujourd’hui, sous des formes à la fois diffuses et barbares, une menace pour la liberté du monde, comme le furent en leur temps le nazisme, puis le stalinisme. Que l’on ne pense pas du reste que l’islam est seul en cause : l’Inde, la Chine, la Corée du Nord figurent parmi les pays où la persécution est la plus forte.

Regardons les choses en face : dans les pays d’Asie et d’Afrique où ils sont minoritaires, les chrétiens sont devenus les juifs du monde contemporain : persécutés et menacés de disparition. Et, comme tous les grands crimes, ce n’est qu’après coup que l’on en prendra conscience, et qu’on instituera un « devoir de mémoire »…

Pendant ce temps-là, le président de la République française décore lui-même de la Légion d’honneur le prince héritier d’Arabie saoudite, le pays qui a armé financièrement et intellectuellement le djihadisme, et dont le régime résume à soi seul toutes les formes d’atteinte aux droits de l’homme. Comment donc les ennemis de notre civilisation pourraient-ils nous respecter, quand ils voient ses plus hauts représentants se prosterner devant eux ? La lâcheté n’a jamais été la voie du salut. C’est à juste titre que nous sommes méprisés et que nous devenons méprisables.