"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

jeudi 6 août 2009

Prier (234)



N'esquive pas l'épreuve
Qui va te purifier
Et te remettre sur le chemin de l'essentiel

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

mercredi 5 août 2009

Saint Séraphim de Viritsa: Vie



Saint Séraphim de Viritsa (Basile Mouraviov dans le monde) est né en 1866 à Tchérémovsky, dans la province de Yaroslav. Ses parents, Nicolas et Chione étaient paysans. Quand il atteignit ses dix ans, son père mourut et il resta avec sa mère malade et sa sœur Olga.

Un voisin compatissant, l'amena avec lui à Saint Petersbourg et lui trouva un travail comme employé dans un magasin. Mais l'enfant avait le désir secret de devenir moine. Il alla donc un jour au monastère de Saint Alexandre Nevsky et il parla de sa vocation à un satretz. Ce dernier lui recommanda de rester dans le monde et de fonder une famille. Il retourna donc travailler au magasin, envoyant régulièrement de l'argent à sa famille.

A l'âge de vingt-quatre ans, il se maria avec Olga et eut deux enfants, Nicolas et Olga. Il s'établit à son compte comme fourreur. Il devint riche. Sa fille Olga mourut et les deux époux vécurent alors comme frères et sœurs. A l'âge de trente ans, il donna son argent à divers monastères et quand Nicolas fut grand, il décida d'un commun accord avec Olga qu'ils se sépareraient et iraient vivre la vie monastique. Avant d'accepter, avec son épouse de se séparer et d'entrer dans la vie monastique, il fit un jour un rêve que, plus tard, il lia à son père spirituel, le moine Barnabé de la skite de Gethsémani. Dans ce rêve, il était en pèlerinage pour rendre visite à un monastère de Saint Nicolas et en route, dont il perdit son chemin et s'aventura dans une forêt. Dans la forêt, un vieil homme lui a demandé des instructions pour aller vers ce même monastère; le vieil homme avait un sac sur le dos et une hache dans sa main. Il a réalisé que cet homme était Saint Séraphim de Sarov. Le vieil homme s'assit sous un arbre et fut très vite rejoint par le propre père spirituel de Basile, Barnabé. Dans cette vision, même si Basile put voir qu'il était assis entre les deux pères, il ne put pas entendre de la discussion qu'ils avaient.

À l'âge de cinquante-quatre ans, en 1920, lui et sa femme se sont discrètement séparés et sont entrés dans la vie monastique. Son épouse entra au monastère féminin de la Très Sainte Vierge Marie d'Iviron de Saint-Pétersbourg, et elle adopta le nom de "Christine" quand elle fut tonsurée moniale. Elle mourut en 1945. Il entra dans la Laure de Saint Alexandre Nevski comme un novice en Septembre 1920, et un mois plus tard, il fut tonsuré moine, prenant alors le nom de "Barnabé". Il fut ordonné diacre, peu après, et le 29 août 1921, Barnabas fut ordonné prêtre par le Métropolite Benjamin de Kazan.

Il fut rebaptisé "Séraphim" en 1927, en l'honneur de Saint Séraphim de Sarov, quand il prit le Grand Schème. Il devint le père spirituel de la Laure Saint Alexandre Nevski à Saint-Pétersbourg, où, comme staretz clairvoyant, il a également confessé des milliers de laïcs. Il a dit: "Je suis la salle de stockage où les épreuves des gens sont rassemblées." À l'imitation de son saint patron, il pria mille nuits sur un rocher devant une icône de Saint Séraphim de Sarov.
En 1927, l'évêque Alexis (Chimansky) vint le voir pour lui demander s'il voulait quitter la Russie. C'était le temps de lourdes persécutions. Avant que l'évêque n'ait pu dire un seul mot, saint Séraphim lui dit: "Beaucoup veulent maintenant quitter la Russie, mais il n'y a rien à craindre. On a besoin de vous ici. Vous deviendrez Patriarche et vous gouvernerez [l'Eglise] pendant vint-cinq ans."

Vinrent les persécutions généralisées...Les moines de la Laure furent arrêtés, exilés et envoyés au Goulag. Beaucoup furent exécutés. Depuis 1929, le staretz fut arrêté quatorze fois. Il continua à exercer son sacerdoce dans les camps où il encouragea se compagnons de captivité.
En 1933 il revint des camps et s'établit à Vyritsa.

Les fidèles commencèrent à venir le voir et à lui exposer leurs problèmes spirituels. Il fut inquiété à nouveau et faillit être arrêté, mais finalement on le laissa en paix.

En 1941 les Allemands envahirent la région, sans trop de mal pour les fidèles. Père Séraphim devint faible et un autre prêtre (Père Alexis Kibardine)dut venir servir dans l'église de la Mère de Dieu de Kazan.

En 1949, trop faible, il resta allité, mais le flot des visiteurs ne tarit pas.

Peu avant son natalice, la Très Sainte Génitrice de Dieu lui apparut et lui dit de recevoir la Sainte Communion tous les jours. Le père Alexis (Kibardine)lui apportait la Sainte Communion à deux heures du matin, mais un jour il s'endormit et n'arriva qu'à quatre heures du matin. Il s'excusa auprès du saint et remarqua une lumière qui l'entourait. Le père lui dit: "Père, ne t'en fais pas, les saints Anges m'ont déjà apporté la Communion!" Voyant son visage rayonnant, Père Alexis savait que c'était vrai.

Il demanda alors à Père Alexis d'aller avertir le Patriarche que dans deux semaines il irait rejoindre le Seigneur. Père Alexis alla informer le Patriarche. Le Patriarche se tourna vers les icônes et se signa. Quand il se retourna ses yeux étaient emplis de larmes qui coulaient le long de ses joues. "Je suis Patriarche depuis quatre ans. Il me reste vingt et un an. C'est ce que m'a dit le saint staretz!" Le Patriarche Alexis mourut en 1970, exactement comme saint Séraphim l'avait prédit.

Il reposa dans le Seigneur, le 21 mars/ 3 avril 1949. Dans les heures qui précédaient sa mort, il avait demandé que l'on lise les acathistes à la Très Sainte Mère de Dieu, à saint Séraphim de Sarov et à saint Nicolas. Une semaine après sa naissance au Ciel, une douce fragrance pouvait être sentie dans Vyritsa. Il fut enseveli dans l'attente de la résurrection au cimetière près de l'église de l'icône de Kazan de Vyritsa et sa tombe devint un lieu de pèlerinage.

l'Eglise de Russie le glorifia en août 2000. Il est fêté le 21 mars/3 avril.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
&
icône: source mentionnée ci-dessus

Prier (233)



L'Amour ineffable et le silence
La certitude malgré ton indignité
D'être aimé de Lui
Voilà le recueillement parfait
Et la prière véritable

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

mardi 4 août 2009

Père Geoffrey Korz: Le rejet de la Médecine Spirituelle



On ne sera pas surpris d'apprendre que la plupart des gens cherchent l'aide de conseils spirituels, seulement lorsqu'ils en ont un réel besoin, en dernière extrémité. L'Église reconnaît la maladie et le péché et la mort dans le monde, et le Seigneur donne à son Église d'être l'hôpital spirituel du monde. Tout comme un hôpital est voué à la guérison des maladies physiques, il est de bon sens que ceux qui sont spirituellement malades (ce qui comprend chacun d'entre nous) de rechercher la thérapie et la médecine, où elles peuvent être trouvées. Pour l'Église, le remède est à trouver dans les Saints Mystères de la Communion et de la Confession.

Pour ceux qui recherchent l'avis d'un médecin pour soigner leur cancer, il semblerait étrange de refuser des avis médicaux. Nous allons voir un médecin parce que nous sommes persuadés que le médecin a tout à nous offrir dans son hôpital pour notre maladie. Par exemple, si le cancer était tellement grave qu'il nécessitait un régime strict, de la chimiothérapie, de la radiothérapie, et un régime alimentaire spécial, nous ne nous attendons pas à voir des résultats positifs par le simple fait d'être à la maison devant la télévision, ou par l'élaboration de notre propre méthode de traitement. Si nous décidons en premier lieu de mettre au point notre propre traitement, il serait insensé de consulter les médecins. Pourquoi faire perdre du temps à tout le monde inutilement?

Dans le cas de l'hôpital spirituel qui est l'Église, la grâce de l'Esprit Saint travaille activement à travers les Saints Mystères, qui nous sont transmis dans le sacerdoce. Contrairement à un médecin de notre corps, les "qualifications" humaines ne font pas obstacle dans la façon d'obtenir suffisamment de médicaments pour la guérison de nos âmes. La grâce du sacerdoce, permet à la grâce de Dieu d'œuvrer, afin que la direction spirituelle donnée dans la sainte confession soit suffisante pour notre santé spirituelle. Alors que des "spécialistes" spirituels existent sous la forme de saints startsy, nous pouvons tirer profit de la médecine spirituelle du Christ dans le saint mystère de la Confession avec n'importe quel prêtre.



En fait, allons-nous de la Confession de cette façon, si nous y allons d'ailleurs? Ne nous considérons-nous pas comme meilleurs conseillers spirituels que le prêtre, qui ne donne pas son "avis", mais en fait, dit les paroles inspirées par la Grâce? Les Pères témoignent que les paroles qu'ils disent lors de la sainte Confession ne sont pas les paroles qu'ils ont l'intention de dire à leurs enfants spirituels; beaucoup achèvent des heures de Confession en se demandant d'où proviennent ces paroles! Bien sûr, nous connaissons la vraie réponse: le vrai médecin est le Grand Médecin, qui laisse le sacerdoce non pas dépendant de lui-même, de son éducation au séminaire, des cours de psychologie ou de cours de formation en conseil, mais de Sa grâce.

Si l'on accepte la réalité de la grâce du sacerdoce et de mystères de la Sainte Communion et de la Confession, nous n'avons pas d'autre choix que d'accepter totalement la parole que le Seigneur nous donne par ces Saints Mystères. Tous les chrétiens orthodoxes - même le prêtre et les évêques - doivent faire ce pas à chaque fois qu'ils mettent leur tête sous l'épitrachelion sacerdotal pour l'absolution de leurs péchés. Chaque fois que nous faisons cela, nous allons accepterons la médecine du Seigneur, et nous nous efforcerons autant qu'il est en notre pouvoir pour prendre le remède comme il est prescrit, de ne pas rechercher une seconde ordonnance spirituelle, ou d'oublier, ou de négliger de retourner voir le médecin spirituel sur une base régulière, habituellement à peu près une fois par mois.

Approcher les Saints Mystères avec une autre attitude n'est pas simplement un blasphème contre la grâce de l'Esprit Saint, c'est un suicide spirituel. En rejetant les Saints Mystères, nous rejetons la seule chose qui pourrait vraiment nous faire du bien, de l'intérieur. Les rejeter, c'est perdre la plus grande chance d'a voir une vie saine et de l'âme et du corps.

Les rejeter revient, en substance, à dire "Non merci, Docteur", et non pas à un médecin de la terre, mais au le Grand Médecin Lui-même, c'est-à-dire à Dieu!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Prier (232)



Ne relativise rien des choses de la foi
Ne juge pas inutile le moindre de Ses Commandements
On ôte une minuscule pierre dans la digue
Et l'eau s'écoule et se perd à jamais
En rompant tous les barrages établis

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)


lundi 3 août 2009

Par ses prières: l'intervention de Sainte Elisabeth de Russie dans la vie d'Elisabeth Hawkins




Je veux partager la façon dont la Grande-Duchesse Elizabeth m'a aidée en me guidant vers l'orthodoxie et comment elle a renforcé ma foi.

En tant que mère divorcée non remariée, je vivais avec mon fils de huit ans, Timothy, près d'Albany à New York. Mon frère aîné était devenu moine au monastère de la Sainte-Trinité, à Jordanville, et venait occasionnellement nous rendre visite. Il me parlait de sa foi orthodoxe, et je semblais l'écouter, mais je n'étais pas intéressée, et donc je n'ai pas vraiment entendu ce qu'il me disait. Un tournant s'est produit en avril 1989. Père Théophylacte est venu nous rendre visite un soir, et après son départ, j'ai commencé à me demander s'il y avait quelque chose de vrai dans ce qu'il avait dit.

Pendant de nombreuses années, j'avais été la recherche d'une église où je me sentirais chez moi. Nous avions été élevés en Baptistes et Luthériens, et j'avais été baptisée à l'âge de dix-neuf ans dans l'église luthérienne. Mais je trouvais qu'il manquait quelque chose, et au fil des ans, j'ai également assisté à des offices dans les églises méthodiste, réformée hollandaise et catholique romaine. J'étais récemment devenue membre d'une église presbytérienne, mais, là aussi, je n'étais pas vraiment satisfaite, et je continuais de prier pour que Dieu me conduise vers une église où je ne ressentirais pas ce vide.

C'est peu après la visite de Père Théophylacte du mois d'avril que j'ai appris que j'avais une excroissance sur ma thyroïde. Les médecins ont pensé qu'elle était cancéreuse, et j'ai été effrayée. J'ai toujours été très sportive et en bonne forme physique, et soudain, j'ai été confrontée à un cancer. Ceci sans aucun doute a intensifié mon désir de trouver la "bonne Eglise", et en Juillet, j'ai enfin répondu à l'invitation du Père Théophylacte de visiter le monastère. Cela me fit une grande impression - et pas seulement sur moi mais aussi sur Timothy. Mon frère nous a fait faire un tour du monastère, et nous avons même assisté à un enterrement. Pour la première fois que je suis vraiment ouverte à ce qu'il avait à dire et j'ai posé des questions.

Au début d'août je suis allée de nouveau au monastère en voiture, et j'ai assisté à ma première Divine Liturgie. Il s'agissait d'une expérience profondément émouvante. En dépit de mes inquiétudes à propos du cancer, je me suis sentie très calme. Plus tard ce mois-ci, je devais subir une intervention chirurgicale pour enlever l'excroissance de ma thyroïde. Le Père Théophylacte a demandé à l'un des hiéromoines de servir un molieben pour moi, ce qui a été fait devant l'icône "Joie Inattendue", et la tumeur s'est avérée être bénigne. Je crois fermement que c'était un miracle.




Après ma chirurgie, le Père Théophylacte est venu et m'a oint avec de l'huile de Saint Nectaire. Il est parti et tout à coup, inexplicablement, j'ai été envahie par un profond sentiment de repentance. J'ai pleuré et pleuré. Puis j'ai commencé à lire un livre que le Père Théophylacte avait apporté avec lui: Sainte Elisabeth la Nouvelle-Martyre par Ludmila Koehler. Je n'ai jamais été une grande lectrice, mais ce livre m'a captivé. J'ai ressenti une proximité avec la Grande-Duchesse martyre, et j'ai été émue aux larmes par sa vie.

Peu de temps après, lors d'un de nos voyages à Jordanville, Timothy et moi, nous nous sommes rendus au monastère féminin voisin qui est dédié à Sainte Elizabeth. Là, j'ai vécu la paix et le contentement. J'ai à peine remarqué les deux heures de route du retour à la maison dans la pluie battante.

Ce soir-là, j'ai encadré la photo de Sainte Elisabeth que l'une des moniales m'avait donnée, et l'ai mise sur ma table de chevet. Je me suis réveillée cette nuit-là en voyant de la lumière en provenance de la photo. La Grande-Duchesse avait un chapelet blanc dans la main et elle le tendait vers moi. Un sentiment de paix m'enveloppa. Après des années de recherche, je savais que j'étais sur la bonne voie.

En Novembre de cette année, Timothy et moi sommes devenus catéchumènes. Chaque week-end, nous sommes allés au Monastère, pour assister aux Offices Divins. Nous avons été baptisés le 7 avril 1990, Samedi de Lazare, qui coïncidait cette année avec la fête de l'Annonciation. J'ai pris le nom d'Elisabeth d'après la Grande-Duchesse martyre. Jamais je n'avais eu une telle joie et un tel bonheur intérieurs. Cette nuit-là, je me suis réveillée et j'ai vue Sainte Elisabeth, vêtue en habits monastiques noirs, priant à genoux à mon chevet.

Timothy et moi avons continué nos voyages du week-end au Monastère, jusqu'à ce que, en Juillet, nous avons été en mesure de déménager à Jordanville. Par les prières de Sainte Elisabeth, nous avons été autorisés à rester près de la communauté de moniales. Ce fut une grande bénédiction, car je suis vite devenu très malade. Après quatre jours à l'hôpital et de nombreux examens, les médecins étaient encore incertains quant à ce qui était à l'origine de mes douleurs. ce fut seulement en Mars qu'ils ont finalement déterminé que je souffrais d'endometdosis. Avec mes problèmes de santé aggravés par l'insécurité financière, je suis sûre que je serais devenu déprimée si j'avais pas eu le soutien des moniales. Nous avons continué à vivre à la communauté jusqu'au mois d'août, lorsque nous avons emménagé dans notre appartement à Richfield Springs, à seulement dix kilomètres du monastère.

Je crois vraiment que c'est par la prière et l'intercession de Sainte Elisabeth que la grande miséricorde de Dieu a été si généreusement manifestée à notre égard dans les événements de ces deux ans et demi: mon opération réussie, le fait que je devienne familière du Monastère de la Sainte Trinité et du monastère de Sainte Elizabeth, notre baptême dans la véritable Église, le fait que j'ai pris le nom d'Elisabeth et que j'ai Sainte Elisabeth comme protectrice céleste, et le fait de vivre dans la communauté de Sainte Elisabeth pendant une année au cours de ma maladie, où j'ai pu acquérir une base solide dans la foi orthodoxe...

Comme si tout cela n'était pas une bénédiction assez grande, en Septembre 1993, une femme âgée a demandé à ma marraine (une des moniales de la communauté de Sainte Elisabeth) et à moi-même de l'accompagner en Russie - et elle a payé pour les dépenses de notre voyage. A Moscou nous séjournions à la Communauté de Marthe et Marie, fondée par sainte Élisabeth, et nous avons été là pour sa fête, le 5/18 septembre. Les bâtiments conventuels avaient un besoin criant de réparations, mais on pouvait néanmoins fortement sentir la présence de la Grande-Duchesse. Les rosiers blancs, qu'elle avait plantés fleurissaient encore, et j'ai eu le privilège de jouer sur son piano.

St. Elizabeth


Je suis tellement indigne de tout ce qui s'est passé, et j'en donne tout l'honneur et toute la louange à Dieu et la reconnaissance à Saint Elisabeth pour sa fidèle intercession. J'espère que ceux qui lisent ceci et qui ne sont pas encore bien familiarisés avec Sainte Elisabeth voudront en savoir plus sur sa vie personnelle des plus inspirantes. Il existe deux biographies disponibles en anglais: le livre de Ludmila Koehler, qui a déjà été mentionné, et la Grande-Duchesse Elizabeth de Russie: Nouvelle Martyre du joug communiste par Lubov Millar. Sa vie a été consacrée à aider les gens, et elle continue d'aider les gens, même maintenant, comme moi-même je puis en témoigner.

Version et adaptation française
Claude Lopez-Ginisty
d'après
St. John the Baptist Orthodox Church
cité par

Livres sur Sainte Elisabeth en français:

Maurice Paléologue, Aux Portes du Jugement Dernier, (épuisé, mais on le trouve chez les bouquinistes. M. Paléologue était Ambassadeur de France auprès de la Russie Impériale)
Lioubov Miller, Sainte Elisabeth, Princesse Allemande, Martyre Russe, Editions Temps et Périodes, Paris 2009


Prier (231)



Lorsque tu t'indignes à propos des autres
Et que tu les critiques sans discernement
Tu détruis peu à peu en ton âme
La paix que ta prière avait difficilement établi

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

dimanche 2 août 2009

La compassion/ Père Stephen Freeman



Il a été dit que la récession, c'est quand quelqu'un perd son emploi, la dépression, c'est quand vous perdez votre emploi. Je suis trop jeune pour me souvenir de la Grande Dépression, même si tous les adultes que je connaissais étant enfant avaient traversé cette période. En 1928, mon arrière-grand-père paternel a tout perdu (ferme, machines agricoles, maison, etc) dans le Crash du coton qui a précédé la Grande Dépression. Mon père avait quatre ans et il a voyagé depuis la Géorgie du Sud jusques en Caroline du Sud dans un wagon agricole (sinistre, même à l'époque!). Sa famille s'est mise à la culture, avec les plus pauvres des pauvres dans cette économie agricole. À l'âge de quatre ans, il a commencé à travailler à la cueillette du coton, à faire tout ce qu'il pouvait faire. C'étaient des temps difficiles.

Lorsque j'ai eu dix ans, la base aérienne a fermé. L'entreprise de réparation automobile de mon père, était en grande partie dépendante de la clientèle qui travaillait ou était stationnée à la base. Nous avons perdu beaucoup - je me souviens d'une période d'environ quatre ou cinq ans pendant laquelle les choses ont été beaucoup plus "maigre" qu'elles ne l'étaient auparavant.

Les récessions vont et viennent. Les dépressions, aussi, vont et viennent, mais avec un plus grand impact. Historiquement, il est intéressant de constater que la grande dépression n'a pas été un temps d'augmentation de la fréquentation de l'église en Amérique. Je dirais que c'était un temps d'augmentation de la prière. Si vous avez très faim, vous priez. L'Amérique a cet étrange phénomène d'augmentation de la fréquentation de l'église qui accompagne généralement les périodes de prospérité. Beaucoup d'autres pays, notamment plusieurs auxquels je pense en Europe (Irlande est à part) ont vu chuter la fréquentation de l'église où venait la prospérité.

Je pense que tout cela a quelque chose à voir avec l'étrange mariage de la prospérité et de la piété en Amérique. Dans la plupart des cas, il n'est pas aussi flagrant que ceux qui prêchent un Evangile de la prospérité, mais l'Evangile de prospérité ne serait même pas prêché en Amérique, si elle n'avait pas d'un public déjà acquis à cette notion. A un certain niveau, notre culture met sur un même plan la richesse et la Grâce de Dieu (Dieu a déversé Sa grâce sur toi, dit un de nos hymnes patriotiques).

Historiquement, l'orthodoxie a toujours résisté à l'Evangile de prospérité, il a sans doute, toujours été tenu en échec par la présence constante de la pauvreté volontaire des moines. Le monachisme n'est pas considéré comme une vocation unique au sein de l'orthodoxie, mais simplement comme la vocation chrétienne poussée au maximum. Le typicon (le livre qui guide la pratique liturgique et ascétique) est le même livre pour les moines et les laïcs. Le laïc n'applique pas le typicon d'une manière aussi stricte. Mais l'idéal reste le même.

Ceci est moins évident en Amérique, où une présence monastique a été lente à prendre racine. Mais l'idéal ascétique demeure néanmoins.

Economie fait toutes sortes de choses - et nous devons toujours à prier pour les besoins du monde. Nous devrions également garder à l'esprit que la prospérité, perçue comme signe de la faveur de Dieu est une étrange "hérésie" de notre monde moderne. De la même façon, l'effondrement de l'économie peut ne pas être un signe de la défaveur de Dieu. Juger les autres n'est pas l'œuvre de l'Esprit Saint dans nos vies. La prière l'est.

Saint Paul nous enseigne à «nous réjouir avec ceux qui se réjouissent, et à pleurer avec ceux qui pleurent» (Romains 12:15). Nous semblons être dans un temps où vous, moi et les autres seront dans un de ces cas de figures - avec peut-être plus de larmes que d'habitude. Ainsi, nos prières pour le monde devant Dieu ne doivent pas être timides, nous devons pleurer à cause de la douleur des autres et nous devrions ne pas nous réjouir pour la douleur d'un seul être.

Version française et adaption
Claude Lopez-ginisty
d'après
Me, You and the Other Guy
in
Glory to God for All Things
cité par

Prier (230)



Veille toujours à ne pas être inactif
Mais veille aussi à ne pas t'illusionner
En passant que tu peux remplacer la prière
Par une constante agitation
Pour une cause que tu juges bonne

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

samedi 1 août 2009

Dix étapes pour avoir une meilleure vie de prière


1) Réservez-vous un espace de prière dans votre maison: Que ce soit dans le coin de votre bureau ou une petite étagère dans votre chambre, il est important d'avoir un endroit où vous pouvez mettre votre Bible, vos icônes, etc... Faites que cet espace ne soit utilisé que pour Dieu seul.

2) Réservez du temps pour cela: Intégrez la prière dans votre activité de tous les jours et ayez du temps réservé pour tourner vos pensées vers Dieu.

3) Procurez-vous une bibliothèque: Démarrez avec une Bible, puis prenez un petit livre de prières orthodoxes, après cela commencez la collecte de livres. Voici quelques suggestions: Petite Philocalie de la Prière du Cœur, Récits du Pèlerin Russe, Pour la Vie du Monde (Père Alexandre Schmemann), l'Ecole de la Prière (Métropolite Antoine Bloom), La Voie Orthodoxe (Evêque Kallistos Ware), Le Chemin des Ascètes (Tito Collander).

4) Faites un "Beau Coin": Dans votre coin de prière mettez des icônes (Christ, Mère de Dieu, Ange Gardien et Saint Patron), livres d'office, encens, lampade, croix, tchotki ( chapelet de laine), etc... Utilisez vos cinq sens dans la prière.

5) Priez: Parlez avec votre cœur. Apprenez la prière de l'Église. Récitez la prière de Jésus ou le Notre Père. Intégrez également vos propres prières et pensées.

6) Trouvez un guide spirituel: il s'agit d'une étape très importante. Il faut établir une relation avec un membre du clergé, moine ou moniale, qui va devenir votre guide spirituel. Il/elle vous aidera à orienter et à équilibrer votre vie de prière. Le sacrement de la confession peut être reçu de votre prêtre.

7) Le jeûne et l'aumône: Jeûner ajoute une dimension à votre vie de prière. Votre pratique du jeûne doit être réglementée pour éviter les dommages physiques et spirituels. Quant à l'aumône, donnez où vous voyez un besoin et ayez confiance, le Seigneur pourvoira.

8) Bâtissez sur ce que vous avez déjà: Si vous avez déjà une habitude de prière, développez-la. Si, par exemple, vous priez avant d'aller dormir, il sera plus facile de lire un chapitre de la Bible avant la prière du coucher, plutôt que de mettre en place un certain temps au cours de la journée pour cela.

9) Sanctifiez tout ce que vous faites. Vous pouvez avoir mis de côté le temps et l'espace pour votre prière, mais cela ne signifie pas que vous devez séparer votre vie en sacré et profane. Remerciez Dieu pour ce que vous avez à tout moment, et informez-Le de toutes vos préoccupations. Consacrez-Lui tout ce que vous faites.

10) Rappelez-vous la puissance de la Croix Vivifiante, le signe de Croix est un rappel du Christ dans nos vies. On se bénit en mettant l'index, le majeur et le pouce ensemble, ils représentent la Sainte Trinité. Les deux doigts repliés sur la paume représentent les deux natures du Christ - Dieu et Homme. Les chrétiens orthodoxes se signent à partir de la tête, ils descendent sur la poitrine et vont d'épaule à épaule, de droite à gauche. Ce symbole unique et global indique que la croix est l'inspiration, l'énergie et, en fait, le contenu même de notre vie.

Version & adaptation française
Claude Lopez-Ginisty
d'après
Ten Steps to a Better Prayer Life
Saint Barbara Greek Orthodox Church
cité par

Prier (229)



Ton dialogue avec Dieu
Doit être prière et silence
Afin qu'Il t'entende et que tu L'écoutes

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

vendredi 31 juillet 2009

La garde de la Jérusalem intérieure/ La prière selon saint Séraphim de Sarov (17)


Dans une conversation avec un moine, le lumineux Staretz se livre et parlant de lui, il nous encourage à le suivre sur les chemins de Dieu. Et partageant avec nous son expérience personnelle et une grande grâce qui lui a été donnée par la prière, il désire que nous soyons aussi des amis de Dieu.
« Ma joie, je t’en prie, acquiers l’Esprit de Paix ! » disait Père Séraphim à [un] moine et aussitôt, il commença à expliquer ce que signifiait acquérir l’Esprit de Paix.
« Cela signifie se mettre en un état tel que notre esprit ne sera pas dérangé par quoi que soit. On doit être comme un homme mort ou bien complètement sourd et aveugle à toute épreuve, calomnie, accusations et persécutions qui sont le lot inévitable de tous ceux qui désirent suivre le chemin salvateur du Christ. Car on doit passer par de nombreuses épreuves pour entrer dans le Royaume des Cieux. C’est la voie par laquelle de nombreux justes furent sauvés et héritèrent du Royaume Céleste. Et comparé à cela toute la gloire du monde n’est rien ; toutes les réjouissances de ce monde ne sont pas même une ombre de ce qui est préparé dans les demeures célestes pour ceux qui aiment Dieu : là est l’éternelle joie et le triomphe éternel. Afin que notre esprit ait la liberté de s’élever jusques à ce lieu et qu’il soit nourri de l’entretien le plus doux avec le Seigneur, il faut devenir humble par les veilles, la prière et la mémoire constante du Seigneur.
Et moi l’humble Séraphim, je parcours l’Evangile chaque jour. Le lundi je lis Saint Matthieu du début à la fin ; le mardi Saint Marc ; Le mercredi Saint Luc ; le Jeudi Saint Jean ; les autres jours, je les consacre à la lecture des Actes et aux Epîtres des Apôtres. Et pas un seul jour, je ne néglige de lire l’Epître et l’Evangile du jour et les lectures consacrées aux saints.
Ainsi par cette lecture, non seulement mon âme, mais même mon corps se réjouit et est vivifié car je converse avec le Seigneur, je garde en mon intellect Sa vie, et Ses Souffrances et nuit et jour je glorifie et remercie mon Rédempteur pour toutes les miséricordes qui sont déversées sur les hommes et sur moi-même qui en suis indigne. »
Puis avec une joie indescriptible, il dit : « Bien, je vais te raconter quelque chose au sujet du pauvre Séraphim ! J’ai particulièrement goûté les paroles de mon Seigneur Jésus-Christ, « Dans la maison de mon père il y a plusieurs demeures » ( c‘est-à-dire pour ceux qui Le servent et glorifient Son Saint Nom). A ces paroles, moi l’humble Séraphim, je me suis arrêté et j’ai désiré voir ces célestes demeures… Et j’ai prié mon Seigneur Jésus-Christ de me les montrer et le Seigneur ne me priva pas, dans mon indigence, de Sa Grâce. Il accomplit mon désir et ma requête, et je fus ainsi transporté vers ces demeures célestes. Seulement je ne sais si c’était dans mon corps ou sans lui, Dieu le sait : c’est une chose difficile à concevoir. De la joie et la douceur céleste que j’ai eues en partage, il est impossible d’en dire mot. »
A ces paroles, le Père Séraphim devint silencieux…Il inclina la tête, caressant doucement son cœur de sa main… Son visage commença à changer progressivement et il devint si lumineux qu’il était impossible de le regarder. Pendant ce silence sacré, il était avec une ineffable humilité, comme [absorbé] dans la contemplation.
Puis le Père Séraphim recommença à parler. « Oh, si seulement tu pouvais savoir » dit le Staretz au moine, « quelle joie, quelle douceur attend les âmes des justes au Ciel, alors tu serais déterminé à supporter dès cette vie passagère, toute épreuve, persécution et calomnie avec gratitude. Si cette cellule qui est nôtre - en disant cela il montrait sa cellule- était pleine de vers, et si ces vers devaient manger notre chair pendant toute notre vie temporelle, alors nous devrions désirer grandement y consentir, ne serait-ce que pour ne pas être privés de cette joie céleste que Dieu a préparée pour ceux Qui L’aiment. Là, il n’y a ni maladie, ni peine ni lamentation, il n’est que douceur et ineffable réjouissance ; là, les justes brilleront comme le soleil. Mais si le saint Apôtre Paul lui-même ( 2 Corinthiens 12,2-4) ne pouvait expliquer cette gloire et cette joie célestes, alors quelle autre langue humaine pourrait décrire la beauté de la Haute Demeure dans laquelle les âmes des justes seront établies ? »
Pour conclure sa causerie, le Staretz parla de la nécessité de prendre grand soin de son propre salut dès maintenant avant que le temps favorable pour ce faire ne soit révolu. » ( in Chroniques du Couvent de Diviyévo publiées à Saint Petersbourg en 1903, année de la glorification parmi les saints du Staretz Séraphim de Sarov)
Que les derniers mots de ces précieux et salvifiques enseignements soient les paroles bénies prononcées par l’humble thaumaturge de Sarov Séraphim s’adressant à Nicolas Aléxandrovitch Motovilov après l’entretien qu’il eut avec lui sur le but de la vie chrétienne. Elles s’adressent aussi à nous puisque le Staretz l’avait prédit…
« Et ainsi, ami de Dieu, à présent je vous ai parlé et vous ai donné une démonstration pratique de tout ce qu’il a plu au Seigneur et à la Mère de Dieu de vous dire et de vous monter par l’entremise du pauvre Séraphim. Maintenant, allez en paix ! Que le Seigneur et la Mère de Dieu soient toujours avec vous, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen ! Maintenant, allez en paix ! » ( Entretien avec Motovilov : Chapitre 7, La Paix et la Chaleur de la Grâce)

(Saint Triphon le 9/22 avril 2003 A.D., Grand Mardi de la Semaine Sainte & Mémoire des Saints Raphaël, Nicolas & enfant Irène, Néomartyrs de Lesbos)

Claude Lopez-Ginisty,
La Garde de la Jérusalem Intérieure,
La prière selon Saint Séraphim de Sarov,
Editions du Désert,
2003
(épuisé)

Prier (228)



Le Psautier du saint Roi David
Est le miroir de ton âme
Il en présente toutes les facettes
Et dans la joie la tristesse ou la révolte
Il te permet de louer Dieu

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

jeudi 30 juillet 2009

La garde de la Jérusalem intérieure/ La prière selon saint Séraphim de Sarov (16)


Le but de toute prière est retour vers le Royaume dont nos premiers ancêtres, par leur désobéissance, furent chassés. Depuis, sur la terre des vivants, nous errons à la recherche d’un havre de paix qui ressemble à ce que nos premiers pères ont perdu. Ce refuge qui nous paraît si loin, est dans nos cœurs, mais nous n’en connaissons plus le chemin salvifique. Les Pères Saints, comme des bornes orantes, balisent notre pérégrination ici-bas et, nous racontant l’Eden perdu, tentent de nous faire cheminer vers lui. Saint Séraphim fait plus encore pour nous. Par dessus les épaules de Nicolas Alexandrovitch Motovilov à qui il montre clairement et tangiblement ce que nous pourrions être si nous vivions la plénitude de l’Esprit selon notre vocation, ses mains saintes tenant également nos épaules, comme pour nous transmettre cette joie indicible du Règne Divin, il nous exhorte à accomplir cette vocation en le répétant pour que nous le sachions d’une manière indubitable que notre Dieu est vivant et que le Royaume est déjà et tout d’abord au dedans de nous. Il ne tient qu’à nous d’y pénétrer.

Claude Lopez-Ginisty,
La Garde de la Jérusalem Intérieure,
La prière selon Saint Séraphim de Sarov,
Editions du Désert,
2003
(épuisé)

Prier (227)



Si tu savais combien
Dieu croit en toi
Ta foi déplacerait les montagnes

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

mercredi 29 juillet 2009

Discours de Vladika Ambroise


Nous reprenons l'introduction & l'illustration de Maxime dans son blog sur un texte de Vladika Ambroise de Vevey d'éternelle mémoire et le rappel de son allocution lorsqu'il devint évêque, allocution publiée sur le blog du moinillon en commentaire par Michoutka

Puissions-nous avoir encore beaucoup d'autres pasteurs comme celui-là qui nous permettent d'expérimenter ce qu'est un authentique pasteur. Вечная память! ( Maxime)


Allocution prononcée par
Mgr Ambroise, évêque de Vevey,
lors de son sacre épiscopal (26 Septembre 1993)

Il y a une quarantaine d'années, j'avais alors quelque six ans, sous la forte impression de la divine Liturgie pontificale célébrée en notre église Sainte-Barbara de Vevey par l'évêque Léonty de bienheureuse mémoire, j'avais déclaré à ma mère que je voulais devenir jardinier la semaine et évêque le dimanche. Je ne suis pas devenu jardinier ...
Quant à l'ambition de devenir évêque, je peux honnêtement dire qu'elle n'a jamais dépassé le stade des ambitions enfantines, comme celle de devenir agent de police ou pilote d'avion. En quarante ans j'ai grandi, j'ai reçu de l'instruction, peut-être me suis-je un peu assagi.


****

Mes grands-parents sont tous quatre venus jeunes de Russie, ils sont arrivés en Suisse entre 1918 et 1921, ils se sont mariés à Vevey; mes parents sont nés à Lausanne, à leur tour ils se sont mariés à Vevey, et je suis né à Vevey en 1947, aîné d'une famille de trois enfants.

A l'exception de trois années, toute ma vie s'est déroulée dans un rayon de trente kilomètres entre Montreux et Lausanne.

Malgré des difficultés de tous ordres, familiales, de santé, professionnelles, matérielles, je veux rendre hommage à mes parents et à toute ma famille d'avoir su préserver notre enfance dans des circonstances parfois troublées.
Après un baccalauréat classique, j'ai suivi les cours de la faculté de droit de Lausanne, mais certains obstacles ajoutés à un cas de conscience m'ont détourné de la pratique du droit; aussi ai-je été enseignant pendant sept ans avant de m'engager dans la voie de la prêtrise.

****
Dès mon enfance, j'ai aimé l'Église. On ne peut cependant dire que dans notre famille on ne manquait aucun office — en ce temps-là, aller à l'église, c'était lointain et coûteux; et, de plus, l'attitude familiale était, à vrai dire, assez mondaine. Toutefois, aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours ressenti à l'église quelque chose de chaleureux et d'intime. Maintenant, je réalise combien est juste l'expression «la maison du Père» relativement à l'église, malgré les caprices qui m'en ont quelque peu éloigné quand j'étais adolescent.

Par sa constante disponibilité, sa tendresse et son amour, notre cher recteur, l'archiprêtre Igor Troyanoff, a eu une immense influence sur moi, et je peux dire que sans lui, je ne serais pas aujourd'hui devant vous; à mes yeux, le père Igor figure l'image inaltérable du bon pasteur. Il ne m'a pas enseigné, il m'a montré combien la vie hors l'Église est vaine.

Depuis le temps des études et jusqu'au sacerdoce, j'ai souvent eu l'occasion d'aller à la Sainte Montagne de l'Athos où m'ont été révélées la signification et la grandeur de la vie monastique et je regrette maintenant de n'avoir pas su alors l'approcher de plus près. Je veux relever aussi combien m'est cher et important le lien spirituel qui m'unit aux moniales-confesseurs du monastère de Pokrov en Bulgarie qui, des années durant, ont enduré de lourdes épreuves, non seulement de la part d'un pouvoir athée, mais aussi de la part d'une autorité ecclésiastique réduite en servitude.

En 1975, j'ai mis fin à mon travail à l'école et Mgr l'Archevêque Antony m'a paternellement accueilli à Genève, il m'a nommé concierge de cette église et, en même temps, il m'a enseigné, guidé, préparé à la prêtrise. Ces trois années que j'ai passées ici ont été sans conteste une période décisive de ma vie et je dois témoigner que le principal artisan de cette évolution a été Mgr Antony, non seulement comme archevêque, mais aussi comme guide fidèle et aimant. Depuis ce temps, j'ai toujours trouvé en Monseigneur un ferme appui, un amour et une patience constants, malgré mes chutes, mes erreurs, mes découragements et mon indocilité.
En 1978, Mgr Antony m'a nommé dans ma paroisse natale où je sers à ce jour.


****

Il y a dix-sept ans jour pour jour, j'ai été ordonné prêtre en cette cathédrale. Il me vient inconsciemment de comparer mon état d'esprit d'alors et d'aujourd'hui. Le dimanche 13/26 septembre 1976, je suis venu ici tout en émoi, mais aussi avec joie : devant moi je voyais une nouvelle étape de ma vie s'ouvrir. Je m'y étais préparé, insuffisamment, et j'y aspirais de toute mon âme. Tandis qu'aujourd'hui je suis aussi très ému, mais avec crainte. Et cette crainte, ce n'est pas la crainte de Dieu, mais une terreur humaine. Je me vois comme un imposteur : on a trouvé en moi des qualités que je n'ai pas; pendant les années de mon sacerdoce, j'ai montré mon indignité et mon incompétence, et c'est comme si on ne le remarquait pas; je remplis mal mes obligations et on m'appelle au degré suprême du service ecclésial !

«Je remercie, j'accepte et je ne dis rien de contraire.» Je pense qu'à ce jour, cette phrase a été la plus difficile que j'aie eue à prononcer. «Je remercie» : oui, je remercie sincèrement, éminentissimes Seigneurs, parce que vous m'avez prêté attention et que vous m'avez jugé capable, dans mon indignité, de porter avec l'omophore le poids du service épiscopal; la confiance que vous me manifestez me donne la force que je n'ai pas. «J'accepte», comme j'aurais aimé refuser ! mais je comprends qu'un refus de ma part ne serait pas l'indice de ma discrétion ou de mon humilité, mais le signe de ma paresse et de mon indifférence aux affaires de l'Église; j'accepte, non parce que je me sente à la hauteur, mais parce que le Seigneur a dit : Ma force s'accomplit dans la faiblesse. «Et je ne dis rien de contraire» : ô pontifes de l'Église du Christ ! bientôt vous invoquerez l'Esprit-Saint, c'est-à-dire «la Grâce divine qui guérit toute infirmité et qui emplit ce qui est vide». Mais suis-je fort pour porter cette force toute-puissante de l'Esprit-Saint ? Suis-je assez fidèle pour guider le troupeau de l'Église et enseigner mon prochain ? A ces questions j'aimerais être capable de répondre : Je crois, Seigneur, viens en aide à mon manque de foi.


****

Actuellement, on peut observer que de toutes parts, des attaques sont portées contre l'Église du Christ et le troupeau de Dieu. Quand une lutte ouverte ou des persécutions s'exercent contre l'Eglise, l'ennemi du genre humain est manifeste et l'on voit tout de suite de quel côté il faut se défendre.

Le danger s'accroît considérablement quand vient la «douce pression» de l'accommodement progressif à ce monde. Elle s'impose peu à peu, insensiblement, car on ne saurait appeler apostasie aucun élément de cette pression pris séparément, mais la conjonction de ces «détails» révèle soudain combien nous nous éloignons de l'Eglise, si l'on ne demeure constamment vigilant.
Mais le plus terrible et le plus affligeant, c'est «ceux qui viennent vêtus de peaux de brebis et qui au-dedans sont des loups ravisseurs», c'est-à-dire ceux qui se donnent pour zélateurs de l'Orthodoxie et qui, profitant de leur haute position dans l'Eglise, s'efforcent de détruire de l'intérieur l'Eglise du Christ, en se soumettant «aux princes et aux fils des hommes» ou bien en enseignant la compromission avec les hérésies par une fausse piété au nom de l'amour mutuel et de la piété ou encore par l'esprit de domination humaine.
En me tenant devant vous, pontifes de l'Eglise du Christ, je vous demande et vous prie instamment d'intercéder auprès du Seigneur pour qu'au moment où vous invoquerez sur moi l'Esprit Saint, Il m'envoie l'esprit de discernement, de peur que je ne viole les promesses qui sont liées à le confession de foi et qui doivent me guider.
Et vous tous qui êtes ici présents, peuple de l'Eglise du Christ, je vous demande de prier sans cesse pour moi, pécheur et indigne, et de ne pas me juger.

Cathédrale de l'Exaltation-de-la-Sainte Croix
Genève, le 13/26 Septembre 1993

La garde de la Jérusalem intérieure/ La prière selon saint Séraphim de Sarov (15)


La prière est conversation avec Dieu, mais souvent nous oublions les recommandations de silence que nous donne saint Séraphim. Prier c’est aussi attendre que ce dialogue soit véritablement dialogue, et sans discernement, il peut nous arriver de pratiquer un monologue intérieur et de ne pas entendre alors que nous ne recherchons véritablement que ce divin contact. Le but ultime de la prière est donc la cessation de la prière lorsque l’on accède à la Présence de Dieu et que tout n’est plus qu’adoration, béatitude, évidence de toutes choses dans un silence majestueux et ineffable. Saint Séraphim a beaucoup insisté sur la valeur intrinsèque du silence dans la prière, à présent, il donne à ce même silence, un sens plus haut. Il nous enseigne que le but ultime de la prière est atteint lorsque celle-ci est absente, parce qu’elle n’est plus nécessaire lorsque nous pouvons véritablement demeurer muet en présence de Dieu lorsqu’Il S’est manifesté et que par Son Saint Esprit, il ne nous fait plus désirer que cet instant éternel où tout devient vrai, évident, ineffable parce que nous avons enfin, fruit d’une longue litanie de prières et de supplications, atteint le but. Nous avons intégré le Royaume, ou plutôt, le Royaume a fait, par l’Esprit Saint de Dieu, Sa demeure en nous. L’Ecriture nous dit que le Royaume de Dieu ne vient pas de manière à frapper les esprits car en fait, il est en nous (Luc. 17. 21. Nous voyons réalisée cette parole et saint Séraphim nous enseigne le plus beau silence : celui de Dieu Saint Esprit, venu en nous.
« En vérité, dans la prière il nous est accordé de converser avec Lui, notre Dieu plein de Grâce et vivifiant, notre Sauveur. Mais même à ce moment, nous devons prier Dieu jusques au moment où le Saint Esprit descend sur nous dans la plénitude de la Grâce céleste de Lui seul connue. Et quand il daigne nous visiter, nous devons cesser de prier. Pourquoi devrions-nous Le prier alors et Lui dire « viens et demeure en nous, et purifie-nous de toute souillure et sauve nos âmes, Toi Qui es Bon », quand il est déjà venu à nous qui croyons en Lui et qui avons en vérité invoqué Son Saint Nom, ayant faim et soif de Sa venue afin de Le recevoir, Lui le Consolateur, dans les demeures de notre âme ?
Ami de Dieu, je vais vous expliquer ceci avec un exemple,. Imaginez… vous m’avez invité à vous rendre visite et à votre invitation je suis venu pour avoir une conversation avec vous. [ Je suis là, devant vous] Mais vous continuez à m’inviter en disant : « Entrez s’il vous plaît ! Entrez donc ! » Alors je serai forcé de penser. « Que lui arrive-t-il ? A-t-il perdu l’esprit ? » Il en est ainsi avec avec le Saint Esprit, notre Seigneur et Dieu. C’est pour cela qu’il est dit : « Tenez vous cois et sachez que Je suis Dieu » ( Psaume 45, 10), c’est-à-dire, J’apparaîtrai et Je continuerai à apparaître à quiconque croit en Moi et M’invoque ; et Je parlerai avec Lui comme autrefois Je conversais avec Adam en Paradis, avec Abraham et Jacob et les autres serviteurs qui furent Miens, avec Moïse et Job et ceux qui étaient pareils à eux.
Beaucoup expliquent que ce silence se rapporte seulement aux affaires du monde, autrement dit, pendant cette conversation de prière, on doit être « silencieux » au sujet des problèmes matériels. Mais au Nom de Dieu, je vous dis que non seulement il faut en effet être mort à ces problèmes pendant la prière, mais quand le pouvoir omnipotent du Saint Esprit condescend à nous visiter dans la plénitude de Ses ineffables bontés, nous devons aussi être morts à la prière.
L’âme parle et converse durant la prière, mais à la descente du Saint Esprit, nous devons rester dans un silence complet afin d’entendre clairement et intelligiblement toutes les paroles concernant la Vie éternelle qu’Il daignera alors nous communiquer. » ( Entretien avec Motovilov Chapitre 3 : Le But de la Vie Chrétienne)

Claude Lopez-Ginisty,
La Garde de la Jérusalem Intérieure,
La prière selon Saint Séraphim de Sarov,
Editions du Désert,
2003
(épuisé)

Prier (226)



Fais confiance au Maître
C'est Lui Qui
Si tu es sage
Te guidera dans les épreuves
Et embellira ta vie de Son Amour

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)