"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire
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lundi 19 novembre 2018

Archimandrite André [Konanos]: Ne jeûnez pas sans amour...

Père André [Konanos]

Je serais très heureux d'apprendre que vous jeûnez ces jours-ci. Si vous le faites avec amour et humilité, bien sûr. Avec amour pour Dieu, Sa Mère très pure, et les gens. Si je vous vois acheter du jambon au supermarché, sachez que je ne serai pas tenté. Je penserai que vous l'achetez pour votre petit enfant. Si vous achetez du fromage, je suppose que vous suivez l'ordre strict du médecin de consommer des produits laitiers. Si je vous vois acheter du boeuf, je croirai que vous manquez probablement de fer et que vous êtes anémique. Même si j'habite à côté, si je détecte l'odeur d'un steak de poulet frit en train de cuire, j'en viendrai à l'idée que vous mangez de la viande, mais que vous ne jugez pas les autres comme je le fais si souvent, ce qui est bien pire.

En général, ces jours-ci, j'essaie de rayonner la lumière et la bonté là où mon esprit obscurci veut semer le poison, le mal et la condamnation. Une fois de plus, je me pose la même question : mon âme, pourquoi te soucies-tu de la vie de quelqu'un mais pas seulement de la tienne ?

Si vous ne savez pas quelque chose, vous feriez mieux de ne pas parler. Bien sûr, nous ne sommes pas tous silencieux, nous faisons quelques conclusions et commentaires. Essayez d'être toujours aussi sincère, ouvert, réel, authentique et vrai que possible devant Dieu.

Je me souviens comment, par une chaude journée d'été, nous avons décidé d'acheter de l'eau gazeuse en conserve, en marchant dans une rue d'Athènes avec un prêtre. Cependant, j'ai hésité parce que la bière était vendue dans la même cannette rouge que l'eau gazeuse. Je me demandais si je devais l'acheter ou non, et je l'ai acheté à la fin. Alors, en marchant près de l'Acropole, j'entendis : "À ta santé, Père !" Le voyageur  a montré la bière. J'ai répondu : "C'est de l'eau gazeuse, pas de la bière". Puis je me suis dit : même si c'était une bière, et alors ? Est-ce une tragédie de boire de la bière froide en été ?

Ne réprimandez pas les autres et ne vous attardez pas sur leurs remarques selon lesquelles vous vous êtes mal assis ou avez mal marché, que vous avez mal mangé ou êtes mal habillé, les gens peuvent se tromper concernant certaines choses. Après tout, le fait est que vous avez la conscience tranquille devant le Créateur. Vivez, la vie continue, ne faites pas attention à ces petites choses. Le plus important, c'est de toujours vivre avec Dieu. Nous parlons beaucoup de tout, mais en fait nous en savons peu.  Nous jugeons et condamnons si souvent les autres.

Un mercredi, j'ai téléchargé une photo de salade grecque sur ma page Facebook. Quelqu'un m'a écrit dans les commentaires : "Honte à toi, père, comment as-tu pu mettre du fromage dans une salade un jour de jeûne !" De nos jours, il y a de la folie partout. Je ne veux pas dire cela, mais c'est la réalité.

Après avoir choisi le rythme de vie approprié, vivez et profitez de la vie. Le plus important est d'être responsable devant Dieu et devant cinq ou six personnes proches qui vous connaissent bien, connaissent votre âme et votre être, avec qui vous êtes vous-même. Ne faites pas attention à la société, laissez-les vivre leur propre vie, et vous allez vivre la vôtre, en l'améliorant constamment.

Bonne chance dans toutes vos entreprises !

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

lundi 12 mars 2018

Père Nikon de Nea Skiti: La puissance du Jeûne



Dans cette vidéo, le père Nikon de Nea Skiti, au Mont Athos, parle de la puissance du jeûne et de l'idée fausse et commune selon laquelle "ce qui va dans la bouche n'est pas un péché, mais est péché ce qui en sort."

Père Nikon:

"Quand l'homme pratique l'ascèse, le Diable s'empare souvent de sa tête.

Parce qu'il sait quelle arme est le jeûne! Quelle puissance a le jeûne!

C'est pourquoi, pendant les périodes de jeûne, pendant le Grand Carême, le Carême de la Dormition et [pendant] le Carême de la Nativité, qui est un jeûne facile, le Diable devient fou en cherchant à détruire notre jeûne en nous faisant nous disputer, en nous déterminant à juger, à regarder ce que font les autres pour perdre la récompense que nous recevrons de Dieu pour ce jeûne.

Pendant les périodes de jeûne, nous devrions être plus prudents, plus vigilants, dans un état d'éveil plus profond et nous devrions faire plus de prière.

Que le jeûne ne soit pas seulement celui de notre estomac!

Qu'il soit celui de nos yeux aussi, que les oreilles jeûnent de ce qu'elles entendent, et que la langue jeûne de ce qu'elle dit, que le  jeûne concerne tout!

Jeûnons, mais sachez que parce que nous ferons souffrir le Diable, il nous attaquera!

Ne vous inquiétez pas du tout à ce sujet! Il ne peut rien faire! S'il le pouvait, alors il le ferait!

Et si vous entendez quelqu'un d'intelligent vous dire que l'Écriture dit que ce n'est pas un péché, ce qui entre la bouche, mais ce qui en sort, ce qu'il ou elle dit, c'est que ceci est important, comme le dit le Christ, et non ce que vous mettez dans votre bouche.

Et ils veulent dire, en utilisant les paroles du Christ, que le jeûne n'est pas nécessaire, parce que Christ Lui-même a dit que ce qui sort de ta bouche, cela te condamnera, pas ce que tu mets dans ta bouche.

Si quelqu'un vous dit une telle chose, dites-lui aussi: Si le Christ a reconnu le bienfait du jeûne, alors je jeûnerai aussi! Si je faisais plus de miracles que Christ, alors j'interromprai immédiatement mon jeûne. En attendant, s'il a bénéficié du jeûne, alors j'en bénéficierai encore plus!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

jeudi 24 mars 2016

Mère Arsenya sur le Jeûne



Quant au jeûne et à son importance, Mère Arsenya disait: "Beaucoup de gens savants de notre époque disent que le jeûne et toutes les autres règles ecclésiastiques ne sont que quelques rituels vides, une simple apparence qui ne mène à rien. Pour ma part, plus ma vie passe sur, plus je suis convaincue que toutes les règles qui ont été établies par les saints Pères sont le plus grand cadeau que Dieu nous ait fait, et que toutes apportent le salut à cause de la Grâce qui se trouve en elles. Des érudits disent: "Tous ces éléments sont des bagatelles; ce sont les vérités de l'Evangile qui comptent. "

Pourtant, je vous dis qu'il est impossible de connaître et d'avoir un aperçu des vérités de l'Évangile directement, en évitant les règles de l'Église et en les négligeant. C’est seulement à travers elles que nous sommes amenés aux hautes vérités de l'enseignement du Christ. Lorsque nous parlons de jeûne, nous parlons de nous abstenir de manger beaucoup et de faire quelque chose qui manque de mesure, afin de rendre notre corps plus léger, plus mince, et apte aux sentiments spirituels.

Le Christ, notre Sauveur, a rendu cette règle sainte, par Son jeûne de 40 jours et donc cette pratique nous est devenue salvifique - même si à cause de notre faiblesse, nous ne l’observons pas comme nous le devrions.

Pourtant, nous devons croire que par le jeûne de 40 jours de notre Seigneur Jésus-Christ, notre corps est purifié et rendu apte pour les sentiments spirituels. Nous devons croire que le jeûne ne nous sauve pas à cause de nos efforts, mais à cause de la Grâce qu'il porte en tant que règle de l’Eglise. Le carillon d'une cloche de l'église nous apporte notre salut, nous rappelant par sa sonorité que toutes les choses terrestres sont destinées à la mort. L’abstention de nourriture nous enseigne à nous abstenir de pensées et de sentiments passionnés. Cette restreinte est la première étape vers la vertu.

Le Seigneur Jésus dit: aimez vos ennemis – c’est-à-dire, ceux qui parlent mal de vous et vous méprisent. Comment devrions-nous faire? Une personne peut vous calomnier directement devant vous, vous ne pouvez pas l’aimer instantanément! Eh bien, tout d'abord, abstenez-vous de répondre en retour avec les mêmes paroles. Ensuite, empêchez vos pensées de penser mal à cette personne - et ainsi de suite.

Donc la première étape vers l'amour est dans l’abstention. Cela, à son tour, conduit également à l'aide de Dieu. Et l'aide de Dieu sera une aide réelle pour vous pendant les périodes où vous essayez de vous abstenir de toute votre force. C’est alors seulement que vous remarquerez comment vos propres pouvoirs sont faibles, que vous avez besoin de l'aide de Dieu et vous L’appelerez pour cela avec tout votre être. Et voilà comment la vraie prière est acquise.

Et tandis que nous jeûnons, notre préparation habituelle, la confession et la communion, avec ces dons de la Grâce que nous recevons après que nous avons accompli toutes ces choses, nous sont un rappel constant et nous entraînent tout près de ce sentiment de profonde repentance que nous devons nous efforcer d'atteindre au cours de notre vie sur terre. Ils nous rappellent la confession - cette confession que l'homme doit faire seulement devant Dieu, tout en réalisant sa chute et l'état de péché de son être, après quoi il doit rechercher l'union éternelle avec le Seigneur Jésus-Christ.

Voilà l'utilité du jeûne. N’ayons pas peur et ne soyons pas inquiets de ne pas l’observer correctement [le Carême] - mais réjouissons-nous plutôt que cela soit bon pour notre salut!
Version française Claude Lopez-Ginisty 
d’après
Citant
Maica Arsenia, Calea spre vindecarea inimii
[la Voie de Guérison du Cœur]

mardi 23 avril 2013

Du Jeûne (5)


Préparation pour le banquet céleste

 Le jeûne n'est pas une option. Comme ne le sont pas le repentir, la prière, l'aumône, la préparation, l'ascétisme, le ministère auprès des moindres parmi nous, la sage gestion de notre temps et de nos talents et de nos  trésors, la lutte pour surmonter nos passions, et ainsi de suite. Ils sont tous liés, interconnectés, essentiels. Ainsi nous devons jeûner, dans la mesure où nous le pouvons, sans nous comparer aux autres. Encore moins devrions-nous nous engager dans des débats publics sans fin et spirituellement dangereux sur ce que nous avons abandonné ce Carême ou comment nous sommes devenus fatigués par le jeûne de ces choses (y compris, mais à peine limités à la nourriture) auxquelles nous avons permis à nous contrôler, bien que nous ayons la possibilité, avec l'aide de Dieu, de les maîtriser.
Nous devons jeûner, dans l'Esprit Saint plutôt que dans l'esprit des Pharisiens, et en secret, sans fanfare ni discussion. Et nous devons jeûner, non pas en nous délectant dans notre capacité à transformer un gâteau au chocolat en joie de Carême, mais en permettant à notre Seigneur de nous transformer comme nous nous réjouissons en goûtant et voyant à quel point Lui, le «pain qui est descendu du ciel», est vraiment Bon. Un tel jeûne non seulement nous prépare à la célébration de l'Incarnation ou de la résurrection, mais il nous prépare pour le banquet céleste et éternel, auquel il nous invite, dans Son Royaume.
(L'auteur, un prêtre de trente-quatre ans, est recteur d'une paroisse du diocèse du Midwest de l'Eglise orthodoxe en Amérique [OCA]).

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

lundi 22 avril 2013

Du Jeûne (4)




Utiliser le gain de temps et d'argent ainsi économisé en œuvres

  Allons plus loin, cette approche légaliste du jeûne est totalement détachée de la prière et de l'aumône. Le temps économisé en ne s'inquiétant pas de ce que nous allons manger ou comment nous allons le préparer, en adaptant beaucoup moins de recettes pour les conformer à des règles de carême, pourrait être plus judicieusement dépensé dans la prière, dans l'adoration, la méditation et la lecture de l'Écriture ou des Saints Pères. Dans la mesure nous nous contentons d’aliments très simples et basiques et passons peu de temps dans la préparation des aliments pendant le jeûne, nous aurons le temps de réfléchir aux innombrables autres choses (notre colère, notre jalousie, notre égocentrisme, notre paresse, notre désespoir, notre soif de pouvoir, notre bavardage) qui sont sûrement sous notre contrôle, mais ce sont des choses à qui nous avons si souvent permis de nous contrôler.

  Et, pour aller encore un peu plus loin, l'argent économisé en achetant des aliments simples ne pourrait-il pas être utilisé plus sagement en donnant à ceux qui ont moins, ou rien? Ou bien tranquillement et anonymement en le donnant à un organisme qui aide les personnes qui sont sans travail ou sans-abri ou victimes de violence? Ne pourrions-nous pas consacrer une partie de notre temps à faire du bénévolat dans l'une de ces agences, qui donnent à manger aux personnes dans le besoin et dans un contact humain aimant et personnel qui révèle la Présence de Dieu dans ce monde?

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

dimanche 21 avril 2013

Du Jeûne (3)

Le jeûne des Passions, pas des "aliments interdits"

  Pendant la première semaine du Grand Carême il nous est rappelé que, avec le jeûne de la nourriture, nous devons jeûner de nos passions, de la colère, du bavardage, de la jalousie, tout en intensifiant notre vigilance, notre vie de prière et notre ministère envers les autres, en particulier les plus petits parmi nous. Ainsi, le jeûne comme préparation est tout à fait à l'opposé des préparations du monde qui concentrent trop souvent notre célébration sur nous-mêmes, plutôt que sur notre Seigneur et sur les mystères joyeux qu’Il partage avec nous avec tant d’amour et qu’Il nous engage à célébrer.

  Bien sûr, le jeûne de la nourriture est au cœur même de la vie ascétique. La nourriture peut être une passion, une préoccupation qui peut facilement dominer nos vies. Nous nous inquiétons plus du fait de savoir quoi manger et quoi ne pas manger. Nous luttons avec les graisses saturées, le cholestérol, les glucides et les calories. Nous buvons de l’Ensure pour prendre du poids, puis nous nous inscrivons dans une clinique pour perdre du poids. En fait, nous disposons d'un réseau de télévision entièrement consacré à la nourriture! Trop souvent, nous avons cessé de «manger pour vivre» et nous « vivons plutôt pour manger. »

  Si le jeûne doit jamais devenir une vraie solution à cette préoccupation de la nourriture, nous devons reconnaître que le jeûne ne signifie pas simplement éviter certains aliments «interdits» tout en prenant d’autres qui sont «autorisés». Il y a quelques années, on m'a donné un livre de recettes de carême qui, dans la préface, offrait une explication très détaillée de la tradition du jeûne de l'Église. Comme il fallait s'y attendre, il notait que l'on doit s'abstenir de manger de la viande et des produits carnés, des produits laitiers, du poisson, du vin et de l'huile. Et aussi, comme il fallait s'y attendre, il indiquait que la consommation de fruits de mer (queue du homard, pattes de crabe, pétoncles, crevettes et salicoques, palourdes, etc.) ne viole pas le jeûne. Mais, curieusement, cette préface émettait un avertissement, en lettres soulignées en gras, disant que lors de la consommation de coquillages, il ne fallait pas utiliser de beurre fondu, mais de la margarine fondue, puisque le beurre est un produit laitier! Comme c’est ridicule, pensais-je. Nous vider de notre passion pour la cuisine consiste à réduire non seulement la quantité et ce que nous mangeons, mais aussi combien de temps nous passons à penser à la nourriture, à la préparation des aliments, à la lecture au sujet de la nourriture, à discuter de la nourriture et à la manipulation des aliments pour s'adapter à la tradition du jeûne de l'Église .

  Le même livre de recettes offrait une recette de gâteau au chocolat de Carême, avec à la fin ces mots, «Votre famille aimera tellement ce délicieux gâteau que vous aurez envie de le servir pendant toute l'année!" Considérez ceci: On pourrait concevoir un menu de semaine du Carême qui, tout en évitant entièrement la viande et les produits carnés, les produits laitiers, le poisson, le vin et l'huile, serait complètement ascétique : la queue de homard lundi, le gambas grillées mardi, les pattes de crabe royal d’Alaska mercredi, les crevettes marinées au citron, le jeudi, et le vendredi des pétoncles, le tout avec la margarine fondue de manière à éviter le beurre, bien sûr! Légalement, ceci remplit en effet les lois de jeûne, mais cela manque complètement de l'esprit du jeûne, tout comme le délicieux gâteau de Carême au chocolat ou les «saucisses» ou les «ailes de poulet»  au tofu italien qui sont garanties "avoir la saveur des vraies choses."

  Ce n'est que mon avis, mais en approchant le jeûne de cette manière: «ceci est autorisé, mais cela ne l'est pas," non seulement on rate le but du jeûne, mais cela peut devenir une tentation spirituellement dangereuse, la même tentation à laquelle les Pharisiens ont succombé en adhérant méticuleusement aux apparences de la loi tout en restant étrangers quant à son esprit interne. Cette approche peut facilement conduire à l'orgueil spirituel et à l'illusion, et à l'auto-satisfaction qui vient en soi assurant que "alors que je me régale de ce délicieux gâteau, je suis soulagé de savoir qu'il répond à toutes les exigences du carême car il n'y a pas une goutte de produit non carémique dedans." 
Ceci, me semble-t-il, n'est ni jeûne, ni ascèse, ni désir de se libérer de préoccupation de la nourriture. En fait, cela reflète le contraire, car plus de temps est employé à trouver comment donner au tofu le goût de la saucisse qu'il n'en faudrait pour simplement et bêtement faire frire un morceau de véritable saucisse.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

samedi 20 avril 2013

Du Jeûne (2)

File:John the Baptist Prokopiy Chirin.jpg

Le jeûne comme préparation pour une fête véritable

  Notre Seigneur a jeûné pendant quarante jours avant le début de son ministère public. Cela indique que l'un des aspects du jeûne est la préparation. Les saisons de jeûne de l'Église nous préparent à célébrer, à la fête, et à concentrer notre attention sur ce que nous prévoyons de célébrer, plutôt que sur les choses banales qui se disputent trop souvent, ou dominent notre attention.

  Alors que l'alimentation est un élément essentiel de toute célébration, comme nous le rappelle Pâques, lorsque notre nourriture de fête est bénie, ou lorsque nous bénissons les fruit lors de la grande fête de la Transfiguration. Cela peut aussi être une préoccupation, quelque chose qui peut dominer notre temps et notre attention au détriment des aspects les plus importants de notre existence terrestre. Malheureusement, avant les grandes célébrations, nous avons tendance à dépenser des quantités excessives de planification de menus, d’essais de nouvelles recettes, et d’autres choses, le tout avec l'espoir que notre célébration sera mémorable, agréable et savoureuse. Dans le processus, la chose même pour laquelle nous nous rassemblons pour célébrer est souvent occultée, égarée et perdue.

  Cela est particulièrement vrai dans les jours, ou, pour être plus précis, dans le mois, conduisant à la célébration de Noël, période au cours de laquelle nous sommes tentés de concentrer nos préparations sur les denrées alimentaires, décorations, cadeaux, etc, plutôt que sur le glorieux mystère de l'Incarnation, qui est au cœur même de notre foi en tant que chrétiens. Le jeûne de la Nativité (comme toutes les saisons de jeûne) a pour but de nous rappeler de nous préparer spirituellement, à maîtriser les choses, y compris la nourriture, qui sont tout à fait à portée de notre contrôle, mais qui nous ont permis de nous contrôler, et d'appliquer la maîtrise de soi que le jeûne nous enseigne dans d'autres domaines de notre vie.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

vendredi 19 avril 2013

Du Jeûne (1)

Fr. Seraphim serves a moleben to St. Panteleimon in the monastery church.

Le jeûne n'est pas une option pour les chrétiens. La prière et l'aumône non plus. Notre Seigneur n'a pas dit "si vous jeûnez," mais plutôt "quand vous jeûnez." Lui-même a jeuné. Ceux à qui Il adressait personnellement Ses paroles et Ses enseignements ont maintenu une tradition de jeûne. Perfectionnant cette tradition en la couplant avec la prière et l'aumône, notre Seigneur a révélé que le cœur de nos vies de chrétiens est enracinée dans ces traditions ascétiques.

  Cependant, notre Seigneur était aussi clair en corrigeant ceux qui observaient le jeûne, qui priaient et qui donnaient l'aumône aux fins d'être observés et applaudis par d'autres ou comme une manière d'accomplir la loi. En effet, les Pharisiens recevaient leur récompense: ils étaient ravis d'entendre, "Comme ils sont spirituels , comme ils sont justes, comme ils sont généreux, et comme ils sont dignes d'être imités?" Mais leurs actions étaient en vain, et n’ont amené sur eux aucune bénédiction céleste. Ainsi, on nous apprend à jeûner "dans le secret," à prier "dans le secret," à donner l'aumône "dans le secret," ne permettant pas que notre main gauche sache ce que fait notre main droite, afin que notre Père céleste nous récompense ouvertement.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après