"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

jeudi 15 décembre 2016

EDITIONS DU DESERT


Le Dieu manifesté / Homélies sur la Nativité et le Baptême du Christ de 1985 à 1999 (Boris Bobrinskoy)par editionsdudesert



Dans le vacarme de paroles qui assourdissent ce début de millénaire, la modeste voix de l’homélie dominicale a peine à se faire entendre. Pourtant, c’est un art, et un art difficile que certains continuent, contre vents et marées à faire fleurir et fructifier. Ce recueil des homélies du père Boris Bobrinskoy voudrait faire entendre une de ces voix.

Il présente une série d’homélies sur la Nativité et le Baptême du Christ, prononcées par le père Boris sur une quinzaine d'années. Dans une langage simple, chacune de ces homélies offre un éclairage particulier sur le mystère célébré. L’ensemble se présente comme un voyage spirituel en raccourci, qui emprunte le chemin du cœur plutôt que celui de la tête.

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mercredi 14 décembre 2016

La récente lettre du patriarche orthodoxe de Constantinople à l'archevêque d'Athènes...

Φιλιματα Ιούδα

Comme défenseur de l'Orthodoxie, on peut certainement trouver mieux que S.S.  Bartholomée qui se mêle des affaires de l'Eglise d'Hellade, lorsque ses excursions avec le pape romain lui laissent du temps! 
Sa lettre à l'archevêque d'Athènes est un modèle de suffisance et de cryptopapisme pathologique!

Le patriarche œcuménique Bartholomée menace de cesser la communion avec deux hiérarques de l’Église de Grèce qui critiquent le Concile de Crète


S’adressant à l’archevêque d’Athènes Jérôme par une lettre datée du 18 novembre 2016 publiée ces derniers jours dans les médias grecs, le patriarche œcuménique menace de cesser la communion avec deux hiérarques de l’Église de Grèce qui critiquent le Concile de Crète, à savoir les métropolites Ambroise de Kalavryta et Aigialea et Séraphim du Pirée. Nous publions ci-dessous la traduction intégrale de cette lettre :
« Votre Béatitude l’Archevêque d’Athènes et de toute la Grèce, Frère très aimé et affectionné dans le Christ Dieu et concélébrant de Notre Humilité, seigneur Jérôme, Président du Saint-Synode de l’Église de Grèce, embrassant fraternellement Votre vénérable Béatitude, nous vous saluons avec une joie extrême.
Il est confessé par tous que notre Sainte Église orthodoxe, l’Église, Une, Sainte, Catholique et Apostolique, se prononce et décide, pour se qui concerne son dogme et son administration, lors des saints Conciles, locaux, élargis, Majeurs ou Grands et Saints, et des Conciles œcuméniques. Quant aux décisions conciliaires prises par l’invocation du Saint-Esprit et en Lui, elles constituent une seule voix, comme saint Chrysostome le déclare en écrivant qu’ « il convient qu’il y ait toujours une seule voix dans l’Église » (Homélies sur la Ière épître aux Corinthiens 36, PG 61, 3315).
Ce principe ecclésiologique et canonique de la consultation et de la décision conciliaires étant la pierre d’angle dans la vie, la mission salvatrice, et le témoignage de notre Église orthodoxe dans le monde, nous communiquons avec Votre Très aimée et Très chère Béatitude et avec la très sainte Église de Grèce et, eu égard à notre responsabilité de Patriarche œcuménique et Président du Saint et Grand Concile qui s’est réuni en Crète, ainsi que gardien du dogme et de l’ordre canonique de l’Église d’Orient, nous attirons votre attention sur notre sérieuse préoccupation personnelle et celle du Synode de l’Église-Mère réuni autour de nous.
Des informations émanant de différentes sources d’information parviennent chaque jour à notre Patriarcat œcuménique et à Notre Humilité personnellement, selon lesquelles le protopresbytre Théodore Zisis [professeur émérite de la Faculté de théologie de Thessalonique, ndt] avec les clercs et laïcs partageant ses opinions, atteignant par l’internet et les divers moyens d’information les autres Églises orthodoxes sœurs, appellent les frères Primats et pasteurs et particulièrement le pieux peuple orthodoxe, à se rebeller contre et à mettre en doute les décisions du saint et grand Concile de notre Église orthodoxe qui s’est réuni avec bénédictions et succès en Crète, et durant lequel la contribution de Votre très chère Béatitude et de la délégation de la très sainte Église de Grèce a été constructive et utile.
Comme si cette corruption des consciences et la provocation de scandales par cette œuvre impie de ces nombreux clercs et de laïcs dans la juridiction de la très sainte Église de Grèce ne suffisait pas, ces informations, non démenties à ce jour, mentionnent que des délégations dirigées par le clerc susmentionné, a visité les très saintes Églises de Bulgarie et de Géorgie, ainsi que l’éparchie ecclésiastique de Moldavie [c’est-à-dire l’Église orthodoxe de Moldavie, auto-administrée au sein du Patriarcat de Moscou, ndt], où elle en a soulevé le plérôme, tout en étant malheureusement reçue par les frères Primats et hiérarques desdites Églises. En outre, selon cette information, ce groupe s’est présenté lui-même pendant sa présence en Géorgie comme y transmettant la conscience de l’Église de Grèce.
Votre Béatitude et le Saint Synode de la très sainte Église de Grèce approuvent aussi, assurément, que les choses diffusées et propagées à dessein et de façon scandaleuse par ces clercs et laïcs constituent, selon les paroles de saint Basile le Grand, « … les poisons des âmes (…) et que ces cerveaux… » des personnes mentionnées « … crient, pleins d’imagination provoquée par leur passion » (Lettre 210 aux premiers citoyens de Néocésarée P.G. 32,777Α). En outre « … diviser l’Église, se tenir dans des dispositions querelleuses, faire naître des dissensions, se priver constamment soi-même du concile [il s’agit ici du Concile de Nicée, ndt] : voilà ce qui est impardonnable, digne d’accusation et puni d’une grande peine » (St Jean Chrysostome, Contre les Juifs 3, PG 48,872).
Malheureusement, le groupe connu constituant le front contre l’Église canonique et les décisions du Saint et Grand Concile réuni en Crète est renforcé également par des frères hiérarques de la très sainte Église de Grèce, comme par exemple les très saints métropolites de Kalavryta et Aigialea Mgr Ambroise et du Pirée Mgr Séraphim, et ce au moyen d’écrits rédigés à temps et à contretemps, avant et après la convocation du Grand Concile, ainsi que par leur parole inconsidérée à tout sujet. Ceux qui agissent de cette façon oublient assurément que « ce qui a été pensé et décidé conciliairement est préférable et supérieur aux jugements portés individuellement » (Jean de Crète, Réponses à Constantin Cabasilas, archevêque de Dyrrachion, Ralli et Potli, Concordance des divins et saints canons », tome V, p. 403).
Aussi, nous prions Votre Béatitude et le Saint-Synode de l’Église de Grèce qui ont participé au Saint et Grand Concile de Crète et qui ont co-décidé et co-signé tous les textes conciliaires, de prendre, en application de la décision de ce Concile, selon laquelle ces textes sont contraignants pour tous les fidèles orthodoxes, clercs et laïcs (cf. Règlement de l’organisation et du fonctionnement du Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe, article 13, paragraphe 2), les mesures appropriées et de procéder aux recommandations nécessaires aux clercs mentionnés et aux dirigeants concrets de ce groupe, afin qu’ils cessent d’agir de façon anti-ecclésiale et anti-canonique ainsi que de scandaliser les âmes « pour lesquelles le Christ est mort » et de provoquer des problèmes dans l’Église orthodoxe unie. Sachant tous bien que « rien ne provoque la colère de Dieu comme le fait de diviser l’Église » (St Jean Chrysostome, Sur l’épître aux Éphésiens, PG 62,85), comme cela se produit malheureusement par la conduite des personnes mentionnées, nous n’avons aucun doute que Votre Béatitude et le Saint-Synode de la très sainte Église de Grèce agirez comme il le faut, selon l’acribie canonique, et que vous procéderez aux recommandations et aux exhortations ecclésiastiques aux clercs et laïcs mentionnés, afin qu’ils ne donnent plus lieu à des « scandales », et ce sous menace d’application, s’ils ne reviennent pas à la raison, des sanctions prévues par les divins et saints canons, pour la guérison des meurtrissures provoquées par leur conduite dans le corps de l’Église.
Aussi, nous supplions chaleureusement Votre Béatitude afin qu’elle attire particulièrement l’attention des frères hiérarques de la très sainte Église de Grèce qui ont provoqué l’agitation dans le peuple de Dieu par leurs actions, comme les métropolites susmentionnés de Kalavryta et Aigialea, et du Pirée, déclarant que s’ils ne reviennent pas eux, le Patriarcat œcuménique fera face au problème créé, par la cessation de la communion ecclésiastique et sacramentelle avec eux, comme portant atteinte à la responsabilité et au devoir de tous les Pasteurs orthodoxes envers la sauvegarde de l’unité, de la paix et du témoignage unique de l’Église orthodoxe.
Dénonçant ce qui précède avec peine dans l’âme et douleur dans notre cœur, avant que cette œuvre impie, outrepassant le droit de liberté d’expression et de critique constructive, prenne des dimensions plus grandes et difficiles à guérir, nous nous en remettons, pour ce qui a été dit, à la conscience de Votre Béatitude bien-aimée et celle de la vénérable Hiérarchie de l’Église de Grèce, et vous prions d’agréer l’expression de notre profond amour dans le Seigneur et de notre hommage approprié.
Le 18 novembre 2016
Le frère aimé en Christ de Votre respectée Béatitude,
Bartholomée de Constantinople »
et orthodoxie.com

Livres!

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Nouveauté !

Frangué, moine d'Égypte

Frangué, moine d'Égypte, par Anne Boud'hors et Chantal Heurtel. Collection « Patrimoine orthodoxe »

Des fouilles récemment menées dans une tombe d’époque pharaonique à Louqsor ont livré plusieurs centaines de tessons de poterie et d’éclats de calcaire inscrits en copte. Ils constituent la correspondance d’un ascète égyptien nommé Frangé, qui vivait et travaillait dans la tombe au VIIIe siècle. Lire la suite.
Dans la même collection : Saint Nectaire d'ÉgineLettres pastorales aux moniales d'Égine, l'un des plus beau fleuron de l'activité pastorale de saint Nectaire traduit en français.
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Nouveauté : Frangué, moine
d'Égypte. Présentation du livre le 12 décembre 2016 au MOTif
Frangué, moine d’Égypte sera présenté au MOTif, Observatoire du livre et de l’écrit en Île-de-France, le 14 décembre 2016 à 19 heures. Les auteurs, Anne boud’hors et Chantal Heurtel, dédicaceront leur ouvrage.
Frangué, moine d'Égypte vient de paraître aux éditions Lis & Parle dans la collection Patrimoine orthodoxe. Vous intéressez-vous au monachisme et à son histoire ? Souhaitez-vous savoir ce que signifie être moine au VIIIe siècle, et connaître le quotidien d'un moine égyptien vivant à cette époque ? Si tel est le cas, ce livre vous apportera des éléments de réponses. Les textes, traduits du copte et Lire la suite.
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Nouveau site Internet



Découvrez notre catalogue, avec la possibilité de commander nos livres grâce à la nouvelle boutique entièrement sécurisée : www.lisetparle.fr
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mardi 13 décembre 2016

Archiprêtre John Whiteford: Que pouvons-nous faire pour lutter en faveur des valeurs traditionnelles?


Quels sont les moyens (qu'ils soient dérivés de la doctrine, de l'histoire ou mentionnés par le leadership actuel) que les membres ordinaires de l'Église -ceux qui ont besoin d'aller travailler tous les jours et qui n'ont peut-être pas beaucoup de temps à y consacrer- peuvent utiliser pour essayer d'influencer notre culture afin d'affirmer les valeurs traditionnelles et de "repousser" ces forces qui essaient de les détruire?
Que pouvons-nous faire pour lutter en faveur des valeurs traditionnelles?
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Il y a un certain nombre de niveaux différents sur lesquels nous devons agir:

1). La chose la plus importante que nous devons faire est de commencer par nous-mêmes et de nous assurer que nous vivons une pieuse vie chrétienne, conformément à la Tradition orthodoxe. Si nous le faisons, nous influencerons ceux qui nous entourent, et ce que nous disons et faisons autrement pour défendre les valeurs traditionnelles aura du poids, alors que si nous parlons de ces valeurs, mais ne les vivons pas nous-mêmes, tout ce que nous disons et faisons est une perte de temps.

2). En allant un peu plus loin, nous devons nous assurer que nos foyers reflètent les valeurs orthodoxes chrétiennes traditionnelles. En plus de travailler sur nous-mêmes, s'assurer que nos enfants grandiront pour devenir des chrétiens orthodoxes dévoués, est le plus grand travail que nous pouvons accomplir.

3). Nous devons également travailler au sein de notre paroisse pour nous assurer qu'il y a un refuge spirituel plus accueillant pour ceux qui cherchent le salut. Une paroisse a beaucoup de choses à faire, et tout le monde ne peut pas tout faire, mais tout le monde peut faire quelque chose. Nous devrions demander à Dieu de nous montrer quelle est notre part et de la prendre aussi sérieusement que nous le ferions pour nos emplois séculiers... en fait, nous devrions prendre cela plus au sérieux.

4). Au-delà de cela, il y a un certain nombre de choses que nous pouvons faire pour ceux qui sont en dehors de nos paroisses:

A). Nous pouvons bien sûr prier pour notre pays et pour le monde entier. C'est un devoir très important que nous avons tous.

B). Puisque nous vivons dans une démocratie représentative, nous pouvons et devrions voter pour des candidats qui reflètent les valeurs chrétiennes. Nous n'avons jamais de choix parfaits, mais nous devons prier et voter pour ceux qui se rapprochent le plus des valeurs que nous soutenons. Parmi les valeurs les plus élevées que nous soutenons sont la sainteté de la vie humaine et la sainteté de la famille. Nous ne devrions pas voter pour ceux qui préfèrent pour des raisons de commodité, tuer des enfants à naître innocents. Nous ne devrions pas non plus voter pour les candidats qui cherchent à saper la définition traditionnelle du mariage ou soutenir d'autres politiques préjudiciables à la famille. Parfois, peser ces valeurs et regarder les choix que nous avons peut être difficile et, bien sûr, les chrétiens raisonnables peuvent être en désaccord, mais que tout le monde vote d'abord selon sa conscience - passeront son portefeuille.

C). Nous pouvons nous assurer que nous sommes bien informés, afin que nous puissions discuter intelligemment avec nos amis et nos collègues de ces questions, et peut-être les faire changer d'avis au fil du temps.

D). Certains peuvent être appelés à se présenter eux-mêmes à un poste public, et il n'y a aucune raison pour qu'un pieux laïc orthodoxe ne suive pas une telle voie, s'il estime que c'est ce que Dieu veut pour lui.

E). Vous pouvez soutenir des groupes qui défendent les valeurs de la Tradition avec votre temps et/ou votre argent. Vous pouvez aussi vous lancer dans des manifestations légitimes.

F). Et si cela arrive au point que le gouvernement nous demande de faire des choses que nous ne pouvons pas faire en toute conscience, ou nous interdit de faire des choses que notre conscience nous oblige à faire, nous pouvons nous engager dans la désobéissance civile.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Père John conseille à ses fidèles de lire les documents suivants 
Version française:

Librairie de la Transfiguration

Le monastère de la Transfiguration a le plaisir de vous annoncer la mise en ligne de deux nouveaux ouvrages.

Saint Théophile 

 


 
Théologie des icônes. Tome 2
Père François BRUNE
 
 
 

 
Monastère de la Transfiguration.
24120 Terrasson- Lavilledieu

lundi 12 décembre 2016

L'Immaculée Conception et l'Orthodoxie


Cher Père Ambroise,

En quoi les interprétations catholiques et orthodoxes de l'Immaculée Conception sont-elles différentes? Les explications sur les réseaux, qui parlent d'une conception différente du péché originel, ne sont pas du tout claires...

Réponse:

Les orthodoxes célèbrent le 9 Décembre la Conception (mais pas " l'Immaculée"  Conception) de la Bienheureuse Vierge Marie dans le sein de sainte Anne.

L'histoire ancienne de la Conception de sainte Anne raconte un événement miraculeux (parce qu’Anne et son époux Joachim étaient vieux, et Anne était stérile), même si elle ne dit rien au sujet du péché originel, parce que la doctrine du péché originel, exposée par le Bienheureux Augustin d'Hippone, n'avait pas encore développée lorsque cette histoire fut créée dans le culte chrétien.

Le sens de toute la doctrine de l'Immaculée Conception est relié à la doctrine augustinienne du péché originel, qui voit le péché comme une tache de culpabilité héritée.

La vision orthodoxe, exposée par les Pères comme Ephrem le Syrien, dit que la seule part héritée du péché d'Adam et Eve (le "péché ancestral") est ce qui nous rend mortels. Augustin, d'autre part, fut le premier parmi les Pères de l'Église à proposer l’héritage de la culpabilité. Cela signifierait que le Fils de Dieu a pris chair, non seulement dans un sein mortel, mais dans un sein coupable... et cela détruirait tout culte de la Mère de Dieu comme "Très Pure", comme elle a toujours été appelée.

En fait, il a fallu environ quatre siècles pour développer une doctrine "d’exemption" de la Mère de Dieu par le péché originel augustinien: le premier à proposer une telle théorie fut l'abbé carolingien Radbertus de Corbie au IXe siècle. Avant cela, personne (pas même saint Augustin!) n’avait écrit quoi que ce soit au sujet d'un statut spécial de la Vierge Marie. 

Le débat a continué avec la controverse dans l'Eglise catholique romaine, avec les Franciscains en tant que défenseurs de la doctrine de l'exemption, et les Dominicains ses adversaires. Pas même les mystiques catholiques n’étaient d'accord: Brigitte de Suède et Catherine de Sienne ont eu deux révélations opposées, l'une en faveur et l’autre opposée* à la nouvelle doctrine.

Même certains saints orthodoxes tels que saint Dimitri de Rostov, ont accepté la doctrine de l'Immaculée Conception, mais sans être motivé par la théologie augustinienne, voyant ce terme [d’Immaculée Conception] comme un simple reflet du statut de "Très Pure" attribué à la Vierge Marie.

Cependant, lorsque la doctrine a été transformée en un dogme catholique en 1854, elle a été spécifiquement liée à la théologie augustinienne, afin de ne plus être une question de spéculation sur la pureté de la Génitrice de Dieu, mais l'acceptation dogmatique d'une doctrine particulièrement pessimiste du péché, proposition d'un Père de l'Eglise (et d’un seul, contre le consensus des autres Pères). Les orthodoxes soutiennent que la nouvelle doctrine rabaisse la Vierge Marie (plutôt que de l'élever), séparant son humanité du reste de l'humanité.

La proclamation du dogme en 1954 a eu deux conséquences:

- Elle a vu la proclamation d'un dogme par le seul pape de Rome, et non par le consensus de l'Eglise;

-Elle a changé la période traditionnelle de la gestation de la Vierge Marie (9 mois moins un jour, du 9 décembre au 8 septembre) en une réplique de la période de gestation de Jésus-Christ (9 mois exactement, du 25 Mars à 25 Décembre). 


Comme neuf mois ont été considérés comme le temps idéal de la gestation humaine, l'Église [Orthodoxe] a enlevé un jour à la Vierge Marie pour souligner que seul Jésus est l'exemple parfait de la race humaine (comme elle l'a fait avec Jean-Baptiste, le "plus grand parmi ceux qui sont nés de femmes," à qui a été donné une période de gestation de neuf mois et un jour, du 23 septembre au 24 juin). 

Bien sûr, nous n’avons aucun moyen de savoir combien de jours ou d'heures les différents personnages bibliques sont restés dans le sein de leurs mères, ou si ces temps réels sont vraiment importants, mais le symbolisme de la tradition chrétienne était clair, et l'église romaine a renversé ce symbolisme, en mettant la Vierge au même niveau que le Christ.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après


*  Bernard de Claveaux et Thomas d'Equin y étaient farouchement opposés eux aussi! L'abbé Laborde, auteur d'une Relation et mémoire des opposants au nouveau dogme de l'Immaculée Conception [...]( 1855), en appelait à un Concile général contre le nouveau dogme romain (note du Traducteur).

dimanche 11 décembre 2016

Saint Isaac le Syrien: l'homme immortel


L'homme qui a trouvé l'amour mange et boit le Christ tous les jours et toutes les heures, et ainsi, il devient immortel. 

"Celui qui mangera de ce pain que je lui donnerai, dit-Il, ne goûtera jamais la mort." 

Heureux celui qui consume le pain de l'Amour, qui est Jésus! 

Celui qui mange l'Amour mange le Christ, le Dieu au-dessus de tous, comme Jean en témoigne, en disant: Dieu est Amour.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Le patriarche Cyrille est venu célébrer solennellement les 80 ans de la paroisse de Zurich


Le 7 décembre 2016, Sa Sainteté le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie a célébré la Divine liturgie à l’église de la Résurrection de Zürich.

Aux portes de l’église, les enfants de l’école du dimanche ont accueilli le Patriarche, lui présentant le pain et le sel traditionnels.

Sa Sainteté concélébrait avec le métropolite Jérémie de Suisse (Patriarcat de Constantinople),le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, le métropolite Innocent de Vilnius et de Lituanie, le métropolite Marc de Riazan et de Mikhaïlovsk, l’archevêque Théophane de Berlin et d’Allemagne, l’archevêque Michel de Genève et d’Europe occidentale, l’archevêque Serge de Solnetchnogorsk, directeur du Secrétariat administratif du Patriarcat de Moscou, l’évêque Antoine de Bogorodsk, responsable de la Direction des établissements du Patriarcat de Moscou à l’étranger, l’évêque Nestor de Chersonèse, l’archimandrite Philarète (Boulekov), vice-président du DREE, l’archiprêtre Mikhaïl Zeman, recteur de l’église de la Résurrection de Zürich, des clercs du diocèse de Chersonèse.


Des représentants de l’Église catholique romaine et d’autres communautés chrétiennes assistaient à la liturgie, chantée par le chœur « Pokrov ». L’évangile a été lu en slavon d’Église et en allemand. Après la litanie instante, le Patriarche a lu des prières pour la paix en Ukraine. Video journal télévisé Suisse alémanique et reportage de la TV Suisse alémanique

A la fin de l’office, l’archiprêtre Mikhaïl Zeman, recteur de la paroisse, s’est adressé au Patriarche Cyrille : « Aujourd’hui, nous nous réjouissons de la joie dont se réjouirent ceux qui assistèrent il y a quinze ans à la consécration de cette église, célébrée par Votre Sainteté. Nous nous réjouissons, comme beaucoup de ceux qui sont ici et participèrent aux festivités du 70e anniversaire de la paroisse, il y a 10 ans, célébrations que vous aviez présidées. Nous nous réjouissons avec la nouvelle génération de paroissiens, ceux qui ont grandi durant ces années, ici et maintenant et célèbrent avec vous le 80e anniversaire de notre communauté. Permettez-nous de nous incliner de vous remercier de la joie que vous faites à vos enfants. »


L’archiprêtre Mikhaïl a offert au Patriarche une icône des saints martyrs de Zürich, saints patrons de la ville : Félix, Régule et Exupérance.

Ensuite, le Primat de l’Église orthodoxe russe a prononcé un discours, avant d’offrir à la paroisse une icône du Sauveur en félicitant les paroissiens : « Je remercie tous ceux qui travaillent ici, et plus particulièrement ceux qui soutiennent cette sainte église ». Le Patriarche a alors remis des décorations et des distinctions à plusieurs paroissiens. Ensuite, une réception en l’honneur du 80e anniversaire de la paroisse de la Résurrection a été donnée. Lien

FEUILLETS LITURGIQUES DE LA CATHÉDRALE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX

28 novembre / 11 décembre
25ème dimanche après la Pentecôte

Saint Étienne le Jeune, moine et abbé du Mont-Saint-Auxence, martyr (766) ; saints Étienne, Basile, Grégoire, Grégoire et Jean et leurs compagnons, martyrs (VIIIème s.) ; saint Irénarque, martyr avec sept femmes à Sébaste (303) ; saint Théodore, archevêque de Rostov, iconographe (1394) ; saints néo-martyrs de Russie : Séraphim (Tchitchagov), métropolite (1937), Alexis (Veselovsky), Alexis (Smirnov), Basile (Zavgorodny), prêtres, Raphaël (Tioupine), Vincent (Nikolsky), moines, et Anisia (Maslanov) (1937), Parascève (Fedorov) (1938), Nicolas (Krylov), prêtre (1941).
Lectures : Éph. IV, 1–6. Lc. XIII, 10–17. St Étienne: II Tim. I, 8–18. Мatth. X, 23–31

VIE DE SAINT ÉTIENNE LE JEUNE[1]

S
aint Étienne le Jeune vit le jour en 715 à Constantinople, de parents pieux et distingués, qui étaient restés longtemps sans progéniture. En obtenant de Dieu ce garçon, à la suite d’une apparition de la Toute Sainte Mère de Dieu, ils firent le serment de le consacrer au service divin. Lorsque vint le moment pour les parents d’Étienne d’accomplir leur promesse et de consacrer leur fils à Dieu, l’empereur Léon III l’Isaurien (717-741) commençait à prendre ses premières mesures d’interdiction du culte des saintes images et de persécution des défenseurs de l’Orthodoxie. Ils jugèrent donc plus prudent de s’éloigner de la capitale, et de confier leur fils aux moines du Mont Saint-Auxence, près de Chalcédoine. Le jeune garçon de seize ans fut reçu avec joie par ces saints hommes et revêtit le jour même le saint Habit angélique. Il devint le disciple d’un Ancien expérimenté, du nom de Jean. Étienne montrait une parfaite obéissance et un zèle égal pour les obédiences les plus astreignantes comme pour la louange de Dieu. Au bout de quelque temps, son père mourut, et Étienne se rendit à Constantinople pour régler ses affaires et distribuer ses biens aux pauvres. Jean, son père spirituel, remit lui aussi peu après son âme à Dieu, et Étienne fut choisi à sa place comme higoumène par tous les frères réunis. Sous sa direction diligente, et grâce à sa grande humilité, le petit groupe d’ascètes grandit jusqu’à atteindre le nombre de vingt frères, suffisant pour former un monastère cénobitique. Le saint en organisa la vie, puis il se retira au sommet du mont, pour y vaquer à la prière silencieuse. La cellule qu’il se bâtit là était dépourvue de toit et exposée à toutes les intempéries, et elle était si exiguë qu’on pouvait à peine se baisser. Vêtu d’une mince tunique en tout temps, portant de lourdes chaînes sur le corps, et se contentant d’une nourriture juste suffisante pour le garder en vie, saint Étienne fit de grand progrès dans la contemplation et attira à lui, sans le vouloir, de nombreux disciples et visiteurs, qui répandirent sa renommée dans tout l’Empire. À la mort de Léon III (741), son fils Constantin V fut couronné empereur. Sitôt son autorité bien assise, il déclencha une sauvage répression contre ceux qui vénéraient les saintes images. En 754, le tyran réunit un pseudo concile, composé de plus de trois cents évêques soumis à son autorité. Il leur fit proclamer officiellement la suppression du culte des icônes. Fort de cette décision, Constantin V fit partout détruire les saintes images. Partout, des agents de l’empereur frappaient, torturaient et emprisonnaient les confesseurs. Ce fut ainsi l’occasion de mener une persécution systématique contre le monachisme. On fermait les monastères, et certains se trouvèrent même convertis en casernes, en bains ou autres édifices publics. On bafouait les moines, les obligeant à revêtir des effets laïcs et à se marier sous peine de torture. Sans crainte des représailles, saint Étienne exhortait à la résistance et apparaissait partout comme le chef du parti orthodoxe. Il fut mis en demeure par les envoyés de l’empereur de se rendre à Constantinople, pour souscrire aux décisions du concile hérétique, ce qu’il refusa après avoir courageusement renvoyé les délégués du souverain. Peu après, il fut arrêté et enfermé dans un monastère de Constantinople. Confronté aux théologiens de l’empereur en public, il exposa brillamment la tradition des saints Pères concernant la vénération des saintes icônes. Comme on le plaçait devant l’alternative : signer les décisions du concile ou mourir dans les tourments, le saint se moqua de ses accusateurs et leur démontra que ce concile ne pouvait être légitime, puisque les six premiers Conciles Œcuméniques avaient été réunis dans des églises ornées elles-mêmes d’icônes, et que ces décisions étaient manifestement hérétiques et étrangères à la tradition de l’Église. Il fut alors condamné à l’exil, en 755. Il profita de cet exil pour se retirer dans une étroite cellule au sommet d’une colonne, où il entreprit de nouveaux exploits ascétiques. Il obtint ainsi une telle faveur auprès de Dieu, qu’il accomplissait des miracles éclatants pour ceux qui venaient vers lui et confessaient la sainte foi orthodoxe, en vénérant l’image du Christ. Pour mettre fin à sa notoriété, l’empereur fit transférer saint Étienne à Constantinople, dans la prison du Prétoire. Il y retrouva trois cent quarante-deux autres moines confesseurs de la foi. Les uns avaient eu le nez coupé, d’autres les oreilles ou la langue tranchées, d’autres avaient été honteusement outragés et couverts de purin. Devant ce spectacle, le saint rendit hommage, en pleurant, à leur foi et à leur endurance. Il redonna courage aux désespérés, les exhortant à demeurer fermes sur le roc de la vraie foi jusqu’au terme du combat, et réunit les détenus en un seul corps sous sa puissante autorité spirituelle. Malgré les difficiles conditions de détention, Étienne organisa leur vie comme dans un monastère, au rythme de la louange perpétuelle de Dieu et dans la charité mutuelle. Il convertit même à l’Orthodoxie certains de ses geôliers, qui avaient écouté avec admiration les récits des luttes des saints confesseurs. Après onze mois d’emprisonnement, Étienne reçut la révélation de sa mort prochaine. Il entreprit alors un jeûne de quarante jours, pendant lesquels il enseignait nuit et jour à ses disciples la voie du salut. Puis, le dernier jour venu, il ordonna de célébrer une vigile de toute la nuit pour recevoir de Dieu la force dans son ultime combat. L’empereur avait fait afficher partout la sentence d’exécution du chef du parti orthodoxe, afin d’effrayer ceux qui cachaient chez eux des moines ou des confesseurs de la foi, si bien que, dans une grande confusion, des gens de rien, excités par les soldats, se précipitèrent au Prétoire. Le saint se présenta devant eux sans trembler et dit : « Je suis celui que vous cherchez. » Ils le jetèrent alors à terre et, attachant des cordes aux fers dans lesquels ses pieds étaient serrés, ils le traînèrent sur la voie publique, en l’injuriant et le frappant à coups de pieds et au moyen de bâtons. Lorsque le cortège parvint à l’église de Saint-Théodore, le saint se tourna vers le sanctuaire comme pour saluer le saint. Un de ces impies, nommé Philomatios, s’écria alors : « Voyez, il veut finir en martyr ! » Courant vers un poste d’eau pour les incendies, il en arracha une grande barre de bois, et en frappa le saint avec une telle violence qu’il lui brisa le crâne, laissant sa cervelle se répandre sur le sol. Philomatios fut aussitôt saisi de convulsions, et il resta la proie du démon jusqu’à sa mort. Le cadavre de saint Étienne fut alors atrocement mutilé, à coups de pierres et de bâtons, par la populace. L’ayant ensuite traîné par les rues, le sinistre cortège se rendit jusqu’au monastère où vivait la sœur du saint, dans le but de forcer cette dernière à lapider le corps de son frère. Mais elle s’était cachée, et ne l’ayant pas trouvée, les impies jetèrent le corps dans une fosse commune destinée aux païens et aux condamnés à mort. Puis ils retournèrent auprès de l’empereur pour lui relater les faits, comme s’il s’agissait d’un acte de bravoure. Ce triste événement eut lieu le 20 novembre 765, le saint étant âgé de cinquante-trois ans.
Tropaire du dimanche, 8ème ton
Съ высоты́ снизше́лъ еси́, Благоyтpóбне, погребе́нiе прiя́лъ ecи́ тридне́вное, да на́съ свободи́ши страсте́й, животе́ и воскресе́нiе на́ше, Го́споди, сла́ва Teбѣ́ !
Des hauteurs, Tu es descendu, ô Miséricordieux ! Tu as accepté d’être enseveli trois jours afin de nous libérer des passions : ô notre vie et notre résurrection, Seigneur, gloire à Toi !

Tropaire de saint Étienne le Jeune, ton 4
По́стнически предподвиза́вся на горѣ́, у́мная враго́въ ополче́нія всеору́жіемъ Креста́ погуби́лъ еси́, всеблаже́нне, па́ки же ко страда́льчеству му́жески вооружи́лся еси́, уби́въ Копрони́ма мече́мъ вѣ́ры, и обои́хъ ра́ди вѣнча́лся еси́ отъ Бо́га, преподобному́чениче Стефа́не приснопа́мятне.
Entraîné à l’ascèse dans la montagne, tu as défait par l’armure de la Croix, ô Bienheureux, les attaques intérieures des adversaires. Plein de courage, tu t’es présenté à la lutte, abattant le Copronyme par l’épée de la foi. Pour ton ascèse, comme pour ta lutte, Dieu t’a couronné, glorieux Étienne, moine et martyr.
Kondakion de saint Étienne le Jeune, ton 3
Изъ непло́дна, преподо́бне, ко́рене возрасте́ вѣ́твь первострада́льцу тезоимени́те, мона́ховъ наста́вникъ вели́къ, о́тче, яви́лся еси́ и, я́рости не убоя́вся царя́, не хотя́ща Христо́въ чествова́ти о́бразъ, сего́ ра́ди сконча́вся, му́ченическій вѣне́цъ прія́лъ еси́, Стефа́не.
D’une racine stérile a crû une branche, toi le saint qui portas le nom du premier martyr, tu fus un guide éminent des moines, ô Père, ne craignant point la fureur de l’empereur qui ne voulait pas honorer l’icône ; c’est pour elle que tu mourus, ô  Étienne, recevant la couronne du martyre.

Autre kondakion de saint Étienne le Jeune, ton 8
Тро́ицы рачи́теля и боже́ственнаго Стефа́на восхва́лимъ вѣ́рно пѣ́сньми, празднолю́бцы, отъ се́рдца, я́ко почествова́вша начерта́ніе кра́сное Влады́ки и Ма́тере Его́, и согла́сно ны́нѣ отъ любве́ возопіи́мъ ему́, ра́дующеся: ра́дуйся, о́тче присносла́вне.
Amis de la fête, louons fidèlement et de tout cœur, par des chants, le contemplateur de la Trinité, le divin Étienne, car il honora la belle image du Maître et de Sa Mère, et crions-lui maintenant par amour, dans l’allégresse : réjouis-toi, Père éternellement glorieux !

Kondakion du dimanche, ton 8
Воскpécъ изъ гро́ба, уме́ршыя воздви́глъ ecи́ и Aда́ма воскреси́лъ ecи́, и Éва лику́етъ вo Tвое́мъ воскре-се́нiи, и мipcтíи концы́ торжеству́ютъ е́же изъ ме́ртвыхъ воста́нieмъ Tвои́мъ Mногоми́лостивe.
Ressuscité du tombeau, Tu as relevé les morts et ressuscité Adam ; Ève aussi exulte en Ta Résurrection, et les confins du monde célèbrent Ton réveil d’entre les morts, ô Très-miséricordieux !

HOMÉLIE DE ST JEAN CHRYSOSTOME SUR L’ÉPÎTRE DE CE JOUR
« Moi, chargé de liens pour le Seigneur »… De même, l’apôtre écrit à Philémon : « Comme moi, le vieux Paul, qui de plus suis maintenant prisonnier de Jésus-Christ »... C'est que rien n'est beau comme les chaînes portées pour Jésus-Christ, les chaînes qui ont étreint des mains si saintes. Être enchaîné pour Jésus-Christ, c'est plus glorieux que d'être apôtre, que d'être docteur, que d'être évangéliste. Qui aime Jésus-Christ, me comprend. Oui, il sait le prix des chaînes, celui qui brûle, qui est fou de l'amour du Seigneur, et il aimerait mieux être enchaîné pour Jésus-Christ que d'habiter les cieux… La prison de l'apôtre l'emportait en magnificence sur la demeure impériale; que dis-je? Sur le ciel lui-même : car elle possédait en ce moment le prisonnier de Jésus-Christ. Et, si vous aimez Jésus-Christ, vous comprenez cette dignité, vous comprenez cette vertu, cette grâce accordée à la nature humaine de porter des chaînes pour Jésus-Christ… Quand on n'aurait d'ailleurs aucune rémunération à attendre, n'est-ce pas une récompense suffisante et très-grande, de souffrir beaucoup pour Celui qu'on aime? Ils me comprennent sans effort, ceux dont le cœur est plein d'une affection profonde, sinon pour Dieu, au moins pour la créature. Ne leur est-il pas plus doux de s'immoler pour l'objet aimé que d'en recevoir les hommages? Que d'autres nous regardent comme ridicules, quand nous disons que c'est une gloire d'être outragé, une joie d'être couvert d'opprobre; ceux qui soupirent après Jésus-Christ regardent cela comme très heureux.




[1] Tiré du Synaxaire du P. Macaire de Simonos Petras (version abrégée)