"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

jeudi 28 mars 2019

Solidarité Kosovo


Gros plan sur les Serbes du Kosovo dans Le Figaro

L'arrestation d'Arnaud Gouillon, un scandale de plus au Kosovo. Ainsi le journaliste et romancier, Jean-Christophe BUISSON, directeur-adjoint du Figaro Magazine, conclut-il son article publié ce lundi 25 mars dans les pages du quotidien Le Figaro à l'occasion des vingt du bombardements de l'OTAN.

Historien de formation, spécialiste des Balkans, J.-C. Buisson signe d'une plume alerte une rétrospective précise ainsi qu’un éclairage actualisé sur la situation des Serbes du Kosovo. Un article de référence que Solidarité Kosovo vous invite à découvrir en intégralité ci-après.



« Qui se soucie des Serbes du Kosovo ? » par J.-C. BUISSON, Le Figaro, 25 mars 2019

Il y a vingt ans, le 24 mars 1999, à la tête d’une coalition de plusieurs pays de l’OTAN, les États-Unis bombardaient le territoire serbe de ce qui restait de la Yougoslavie depuis les accords de Dayton (1995). Une intervention militaire lancée sans accord de l’ONU, en dehors du cadre défini par le droit international garantissant notamment les souverainetés des nations, mais justifiée par le "droit d’ingérence humanitaire". Il s’agissait officiellement de sauver les populations civiles fuyant la région serbe du Kosovo où l’armée yougoslave avait lancé des opérations d’envergure destinées à rétablir l’ordre menacé par des sécessionnistes albanais locaux. Malgré l’article 35 de la Constitution de la Ve République qui oblige le son gouvernement à faire voter le Parlement lorsqu’il engage ses troupes dans un conflit, la France elle-même participa à "Allied Force".

Pour mener cette guerre excluant toute intervention de troupes au sol, on fit appel à l’organisation indépendantiste armée albanaise UCK. Jusqu’alors classée parmi les mouvements terroristes et accusée de collusion avec le crime organisé, l’UCK était soudain parée de toutes les vertus. Au bout de 78 jours de bombardements qui firent des centaines de victimes (Serbes, Albanais, civils, soldats, hommes, femmes et enfants), y compris dans les mois suivants en raison des dégâts écologiques provoqués par la destruction de certains sites des industriels polluants, Slobodan Milosevic, le dirigeant yougoslave, céda et retirera ses troupes du Kosovo le 20 juin. Un gouvernorat aux allures de protectorat international, avec, à sa tête, Bernard Kouchner, fut établi sur la région, détaché de fête de la mère patrie yougoslave. Quinze jours plus tard, les Américains bâtissaient une gigantesque base militaire de plusieurs milliers d’hommes ("Bondsteel") près de la capitale, Pristina. Les chefs des organisations militaro-mafieuse albanaises étaient, eux, érigés en héros nationaux malgré les graves accusations de crimes pesant sur eux - notamment une affaire d’assassinats de prisonniers serbes et de trafic d’organes prélevés sur les dits prisonniers, que révéleront en 2008 l’ancienne procureur du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie Carla Del Ponte dans son autobiographie et, en 2010, le rapporteur d’une commission d’enquête du Conseil de l’Europe, le sénateur suisse Dick Marty. Celui-ci a mis en cause nommément le premier ministre kosovar, Hashim Thaçi, devenu aujourd’hui président. En 2008, le Kosovo déclarait unilatéralement son indépendance. Paris, Berlin et Washington s'empressèrent de le reconnaître, au contraire de Moscou, Pékin et plusieurs pays de l’Union européenne comme l’Espagne ou la Grèce (il en est toujours ainsi aujourd’hui). Le nouvel État, dirigé par d'anciens chefs de l'UCK, était désormais jugé capable de gouverner seul ses 2 millions de citoyens et de garantir leur sécurité, leur bien-être, leur liberté. 

Est-ce le cas en 2019 ? Non. Peu suspect d’hostilité de principe à l’égard du gouvernement du Kosovo, le département d’État américain vient de publier un rapport édifiant de plusieurs dizaines de pages sur la situation locale. Agressions, cambriolages, dommages sur leurs biens ; entraves à leurs démarches judiciaires ; "discriminations institutionnelles concernant l’emploi, les services sociaux" et même, le croira-t-on ? menaçant "la liberté de mouvement, le droit de vivre chez eux" ; intimidations visant à leur interdire de pratiquer leur foi chrétienne : tel est le quotidien des 100 000 à 120 000 membres de la minorité serbe (5 % de la population) vivant au Kosovo. Dans certains villages, entourés de barbelés pour protéger leurs habitants d’agressions des Albanais, il n’y a parfois qu’un enfant. Obligé de grandir seul, sans camarade, sans école.

Tout cela se déroule en pleine Europe, dans un pays qui se situe géographiquement entre la Hongrie et la Grèce. Comment peut-on tolérer près de nous ce qui relève d’une forme d’apartheid ? Voire, de facto, de l’épuration ethnique : les milliers de réfugiés serbes ayant quitté le Kosovo en 1999 ou en 2004, lors de terribles pogroms (10 morts, 35 églises et 700 maisons brûlées) sont empêcher de revenir dans leurs foyers. Pire : l’église orthodoxe et les associations humanitaires qui viennent en aide aux derniers Serbes vivant sur cette terre sainte pour eux (elle est le foyer de naissance au Moyen Âge de l’orthodoxie serbe, ce qui lui vaut le surnom de "Jérusalem serbe") sont régulièrement soumises à des contrôles ou à des actes visant à les décourager voire à leur interdire leur activité. Ainsi en septembre dernier, le président de l’association Solidarité Kosovo, le Français Arnaud Gouillon, a-t-il été interdit de séjour au Kosovo où il œuvre depuis plus de quinze ans. Un scandale parmi d’autres dans un pays né pour mettre fin à une injustice et à laquelle il en aura substitué une autre. Avec la bénédiction coupable de l’Occident.
Dans les pages du Figaro ce lundi 25 mars 2019


L'équipe de "Solidarité Kosovo"

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Sur le blog de Maxime



Je vais dire une chose très simple à propos des agissements de « sa T.S. » Bartholomée sans m'encombrer plus longtemps des savantes controverses canoniques dont au vrai je me fous des fausses raisons qui au final ne servent qu'à fonder le mensonge.






La légitimité ultime proclamée selon laquelle le Patriarche de Constantinople Bartholomée peut agir quand il le veut, comme il le veut, où il le veut et faire ce qu’il veut, sans s’occuper de l’avis de qui que ce soit, et même pas des intéressés eux-mêmes, c’est qu'il a proclamé qu’il est le Patriarche de… « L’ÉGLISE MÈRE » de l’Église de la Russie. 
Alors je dis, comme je l’ai dit dans un autre article* à propos de la soi-disant paternité spirituelle de Bartholomée :

Sacrée conception de la maternité !…

Imaginez qu’à l’âge mûr, quand vous avez fait et organisé votre vie et fondé avec amour et fierté une nouvelle famille, avec succès de surcroît, avec votre propre descendance, fidèle aux valeurs et aux principes que vous avez souhaité transmettre et perpétuer, soudain votre génitrice prenne prétexte de son statut ancien de mère pour non seulement se mêler de vos affaires, mais les bouleverser, troubler vos enfants, les manipuler, les contraindre, les menacer, et par là même vous nier tout droit à vous en occuper comme vous l’avez fait si bien jusqu’à présent…`

Non mais, vous accepteriez ça sans étonnement, sans indignation voire colère, sans broncher aucunement, et vous laisseriez tout votre héritage entre ses mains prédatrices ?

Mais qui pourrait accepter cela ?!

*NOTE : J’avais en effet écrit dans un article précédent, au moment où Bartholomée avait convoqué au Mont Athos en 2008 environ 600 policiers, dont 200 des membres des forces anti-émeutes de la police grecque, bloquant tous les accès au monastère d'Esphigmenou pour expulser ses 105 moines qualifiés de « menaces nationale » suite à leurs critiques de la stratégie œcuméniste du patriarche et à leur refus de le commémorer dans leurs dyptiques…
"Un père qui n’est capable de répondre à ses propres enfants révoltés (à beaucoup d’égards à juste titre) que par l’appel à une force brutale extérieure à sa famille est-il digne d’être appelé père ? Quelle est l’authentique autorité spirituelle d’un tel père ? 

L’enseignement du Christ nous place constamment devant notre propre responsabilité dans ce qui nous est extérieur et nous irrite ou nous gêne chez autrui. Le Patriarche «de Constantinople» s’il veut conserver ce noble titre n'est-il pas appelé à se poser la question de la responsabilité passée et présente de son patriarcat vis-à-vis de ces 105 moines révoltés d’Esphigmenou, fussent-ils des sortes de Pharisiens forcenés. Pourquoi et comment en est-on arrivé jusqu’à ce point ?

Voilà une Institution – car pour le coup on ne saurait plus donner d’autre nom à ce ministère sacré que celui-là – qui non seulement a été imprévoyante mais qui aggrave chaque jour davantage, par sa façon répétitive et erronée de réagir, le problème que pose ce monastère à son fonctionnement hiérarchique. A une forme indéniable et chrétiennement irrecevable de violente colère doit-on répondre par une réponse de même type ? La force a déjà été utilisée… en vain. La seule solution est-elle d’augmenter l’intensité de la force employée. Toujours plus du même pour toujours plus d’erreur ?
Où est passé l’Amour ?
Est-il donc préférable et plus facile de dialoguer et faire preuve de concessions, disons d’ «amour» avec toutes les autres confessions, religions voire institutions athées sous le noble prétexte poltiquement correct de l'oecuménisme qu’avec ses propres frères ? L’admiration à peine voilée pour l’ex Patriarcat romain et la secrète ( ?) ambition de l’égaler pour se partager le monde religieux chrétien doit-elle aller jusqu’à imiter ce qui n’a même plus cours à Rome à savoir l’excommunication et bientôt l’Inquisition ? Car enfin, même à Rome, on a réussi à réintégrer la majorité des révoltés traditionnalistes contre les conséquences de Vatican II … Le Patriarcat dit œcuménique de Constantinople n'a jamais été un état comme le Vatican ou le Tibet, il ne saurait avoir les mêmes prétentions ni les mêmes revendications, mais il aurait pu être un véritable témoignage de la lumineuse foi chrétienne persécutée, du petit troupeau qui ne doit pas craindre car le Seigneur a vaincu. 

Il aurait pu être un authentique phare spirituel pour toute l'Orthodoxie, toute la Chrétienté, voire toute l'humanité (comme est souvent abusivement présenté le Dalaï Lama) vivant dans sa faiblesse mondaine mais dans sa force pneumatologique le martyre de l'unique Église, confiante en son Seigneur.
Au lieu de cela, ce qui est devenu de plus en plus une simple administration à vocation internationale, néglige, abandonne ses propres fils voire ses propres ministres tout dévoués, placés à des postes clés pour servir une diplomatie hasardeuse, sans leur fournir d'ailleurs les moyens (peut-être réservés à d'autres campagnes autant coûteuses que vaines) pour la mettre en œuvre et pour courir après la reconnaissance du monde, par tous les moyens qui n’ont qu’un rapport indirect avec la foi orthodoxe et tout simplement avec le Christ Notre Seigneur..." Maxime le minime avril 2008
Pour conclure on s'aperçoit que pour le Patriarche il y a "schismatiques" et "schismatiques" : les uns sont réintroduits dans l'Église sans même qu'ils aient besoin de se repentir de quelque façon même hypocrite, quant aux autres ils sont insultés, bousculés, condamnés, et expulsés manu militari de leur lieu de prière.
Pendant des années j'ai suivi les préceptes de Saint Païssios sur la fidélité à conserver malgré l'indignation… mais je me pose la question : peut-on se sentir encore appartenir à une "famille" dont l'indignité paternelle et maternelle sont si manifestes ?

mercredi 27 mars 2019

ST. THÉOPHANE LE RECLUS: LETTRES PAR SUR LE JUGEMENT DERNIER



La mort et le jugement

La vie est courte. Une heure, une autre, puis la mort. Donnez un compte-rendu ! Et nous ne pouvons pas dire que nous avons oublié de tenir un registre, car tous nos actes sont là. Ils attendent qu'on nous les lise et qu'on nous punisse... qu'il en soit vraiment ainsi et que nous n'ayons rien à dire à ce sujet, aucune justification. Ils seront vérifiés par la loi et la sentence sera prononcée... Si seulement ce n'était que pour quelques années ! Mais là, c'est pour toujours. Malheur à nous ! Mais nous n'avons pas envie d'avoir des remords ! Et nous ne voulons pas abandonner nos péchés... Comment est-ce possible ?! Que Ta volonté soit faite, Seigneur, Toi Qui sais toutes choses, et sauve-moi!

Soyez en bonne santé et heureux. Votre intercesseur priant,

L'évêque Théophane, le 10 décembre 1874

Le Jugement Dernier

Il y a eu tellement de prédictions que la fin des temps approche à grands pas. Et rien de tout cela ne s'est réalisé. Le Sauveur a dit que personne ne connait l'heure. Il ne sert donc à rien de deviner ou d'être dérangé par les suppositions des autres. Qu'il y aura une seconde venue (Parousie), nous n'en doutons pas. Et nous ne doutons pas non plus qu'elle arrivera soudainement de façon inattendue, malgré tous les signes avant-coureurs. Nous n'avons qu'à attendre sans cesse le Seigneur et à nous préparer pour la rencontre, sans deviner l'heure.

* * *

Seigneur, aide-nous à passer cette année dans la crainte de Dieu. Est-ce que c'est ce dont tu rêvais ?! Rien ne soutient la crainte de Dieu avec autant de force que le souvenir du Jugement dernier. Il n'est pas nécessaire de céder à l'esprit de découragement à ce sujet. Nous devrions seulement regarder attentivement autour de nous, et ce qui n'est pas agréable à Dieu devrait être immédiatement enlevé, et si nécessaire, purifié par la confession. Alors, confiant tout à la miséricorde de Dieu, il ne nous reste plus qu'à être de bonne humeur. Le Seigneur au Jugement dernier ne sera pas seulement comme s'il nous jugeait, mais aussi comme s'il nous justifiait tous. Et Il justifiera tout s'il y a au moins une petite possibilité de le faire.

13 janvier 1873

Comment nous justifierons-nous au Jugement dernier ?

"Vous n'avez rien pour vous justifier au Jugement dernier... aucune (bonne) action." Ne pensez même pas à vous justifier par vos actes. La justification dépend complètement de la mort du Seigneur sur la Croix. Mais il y a des questions secondaires, qui sont aussi comme des conditions... et bien qu'on ne puisse pas les imaginer parfaitement, on peut sincèrement vouloir les chercher - imaginer un certain succès... faisable, mais en fonction de nos forces... J'ai donné à Varvara Alexandrovna une tâche - décider en quoi consiste une "bonne défense" devant le tribunal de Christ, pour laquelle nous prions à l'ecténie... et de m'écrire une réponse. Eh bien, vous deviez aussi écrire une réponse. J'attendrai votre réponse. Mais j'ai instruit Varvara Alexandrovna : Même si elle ne peut pas le décider dans une vie... laissez-la au moins y penser tous les jours et toutes les heures.

Et que t'écrirai-je ? "Décide, et tout de suite."

Géhenne

Comment se fait-il que les saints Pères soient reconnaissants pour la géhenne ?! C'est une grande bénédiction que le Seigneur nous a révélée au sujet de la géhenne. Si nous savions qu'il y a une géhenne et que nous vivons encore si négligemment, comment vivrions-nous si nous ne le savions pas ? Maintenant, certains pécheront sans discontinuer, et puis ils y penseront.

Le cimetière

Le cimetière ! Pourquoi tant d'histoires à ce sujet ? Peu importe où nous sommes enterrés. Quel avantage l'âme tire-t-elle de son lieu d'inhumation ?

Rappelez-vous le vieil adage qui dit qu'une fois que nous avons quitté l'église... S'il y a un problème avec l'âme, on ne pourra pas le régler par des funérailles.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Icône de saint Théophane le Reclus/ Monastère de Pervijze
(Flandres)

Père Andrew Phillips: Sur l'Église Échouée du Phanariote, sa Foi Hybride et la purification de l'Église Fidèle


Le schisme phanariote de l'Eglise orthodoxe, soutenu par les Etats-Unis, était en cours depuis de nombreuses décennies. En effet, son caractère inévitable est évident depuis la réunion ratée de 2016 de l'Église phanariote de Crète avec son ordre du jour obama-esque. Les orthodoxes libres spirituellement et politiquement ont refusé d'y assister ou d'être d'accord avec elle. L'Ukraine n'a été que la goutte d'eau qui a fait déborder le vase dans leur processus schismatique, car le vase débordait depuis plus d'un siècle*. 

L'acte d'accusation est très long ; toutes les accusations sont façonnées par le nationalisme grec phanariote virulent, c'est-à-dire par son phylétisme raciste. Les pressions politiques britanniques du début du siècle dernier, sous lesquelles le Patriarcat de Constantinople s'est plongé et a entrepris ses premières activités œcuméniques hésitantes sous la direction du Patriarche Joachim III (+ 1912), ont constitué un repère évident. Pendant ce temps, le futur métropolite hérétique  Mélétios Metaxakis a été installé dans un pavillon maçonnique dans l'île vassale britannique de Chypre en 1909. Et en Russie, les intellectuels et les philosophes apostats préparaient leur rénovationnisme avec l'aide du métropolite faible de foi et pro-moderniste Antoine (Vadkovski - 1898-1912) de Saint-Pétersbourg. C'était lui qui avait protégé le renégat défroqué et le séducteur d'écolière, l'intrigant assassiné Georges Gapon qui fut assassiné.

Après la tragédie sanglante du coup d'État de Saint-Pétersbourg de 1917, les traîtres aristocrates russes émigrèrent à Paris. Le coup d'État, orchestré et soutenu par l'intrigant ambassadeur britannique Buchanan, donna carte blanche aux Phanariotes. Ils ouvrirent des diocèses et des paroisses, divisant la diaspora orthodoxe en Amérique du Nord et du Sud, en Europe occidentale et en Australie, revendiquant la juridiction papiste universelle. Ils créèrent donc  des " juridictions", c'est-à-dire des divisions. Puis ils soutinrent les rénovateurs protestants en Russie contre saint Tikhon, accepté les ordres anglicans en échange de 100 000 livres de Cantorbéry, introduisirent le calendrier papiste, abrégèrent les offices, créèrent des évêques homosexuels, comme l'allemand Aav en Finlande, où ils intriguèrent, comme aussi en Pologne et ensuite en Tchécoslovaquie, où ils créèrent un schisme. Il établirent la juridiction de Paris, encourageant l'école de philosophie moderniste et œcuménique de Paris et ne condamnant pas l'hérésie de Boulgakov, s'immisçant dans la diaspora ukrainienne après 1945, ce qui est peu canonique, adoptèrent les philosophies modernistes " néopatristiques " des Russes comme Florovsky et Schmemann et la pseudo-théologie " eucharistique " protestante d'Afanasiev, créèrent le schisme phanariote absurde en Estonie, et se baignent aujourd'hui dans la marée LGBT imposée par les Etats-Unis.

Toutefois, certains individus à Moscou sont également compromis. Ils sont toujours membres du Conseil œcuménique des Eglises (COE) et sont toujours en contact avec le Vatican et ses générations de scandales pédophiles. 

Le Vatican est contrôlé par les Etats-Unis depuis le Concile Vatican II (1962-65). C'est d'autant plus vrai depuis que les Etats-Unis ont installé le pape polonais anticommuniste, qui a caché des scandales pédophiles, après la mort soudaine et hautement suspecte du pape anticommuniste précédent**. 

Il est temps d'arrêter les jeux soviétiques du passé et d'agir par principe. Car les Phanariotes et les Papistes se sont mis d'accord pour s'unir en 2025, à l'occasion du 1700e anniversaire du premier Concile Œcuménique de Nicée en 325, lorsque, selon certains, l'élite de l'UNion Européenne prévoit également de proclamer ses Etats-Unis d'Europe, prévus depuis longtemps. 

Aujourd'hui, la ligne de conduite future de l'Eglise orthodoxe russe en particulier, et de l'ensemble du monde orthodoxe libre (= non contrôlé par les Etats-Unis) est claire en général. Il s'agit de revenir aux décisions du Concile quasi-pano-orthodoxe de Moscou en juillet 1948. L'autorité de ce Concile est telle qu'on pourrait l'appeler le Huitième Concile Œcuménique. A l'unanimité donc, les vrais théologiens comme Saint Séraphim de Sofia [de l'ERHF], critique de l'hérésie de Boulgakov sur le Sophianisme, se sont accordés sur tout.

Toute la hiérarchie russe à l'intérieur de la Russie et les hiérarchies des autres Églises locales (à l'exception des évêques de Constantinople, grecs et chypriotes, qui n'étaient pas autorisés à y assister par leurs marionnettistes américains) étaient alors en accord. Ils ont condamné à l'unanimité le papisme, qui avait ouvertement soutenu le fascisme pendant la Seconde Guerre mondiale, l'œcuménisme financé par la CIA, et refusé de reconnaître les ordres anglicans. 

C'est ainsi que le COE, fondé par les Anglo-Américains lors de leur tentative de conquête du pouvoir religieux le mois suivant, en août 1948, n'a été reconnu, sur ordre protestant, que par les trois Églises locales qui n'avaient pas été autorisées à assister au Cocile de Moscou. 

L'Église orthodoxe russe et toutes les autres Églises locales, à l'exception de la schismatique Constantinople, ont maintenant la possibilité de revenir aux décisions du Concile de 1948, unissant ainsi tous les fidèles orthodoxes de toutes nationalités. Il faut mettre fin à l'indécision et une certaine neutralité de nombreuses Églises locales. Les franges infidèles des différentes Églises locales, dont beaucoup se sont déjà effondrées de toute façon, peuvent quitter l'Église. Nous n'avons pas besoin d'églises protestantes-orthodoxes hybrides. L'œcuménisme, le modernisme et tous les autres ismes dans l'esprit de la laïcité occidentale athée, s'effondreront.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

NOTE:
* L'expression anglaise dit textuellement: c'est la dernière paille qui brise le dos du chameau!

** Jean-Paul 1er

L'égléise d'Ukraine [d'Istanbul] n'est pas l'œuvre du Christ!



Le Christ n'a menti à personne et n'a forcé personne, rappelle l'évêque de l'Église canonique [ukrainienne].

L'activité des membres de l'"église orthodoxe d'Ukraine"  [issue du schisme] et des médias qui sympathisent avec eux montre que la création de cette nouvelle structure ecclésiastique n'est pas l'œuvre du Christ, a observé le métropolite Lucas (Kovalenko) de Zaporozh'e et Melitopol' pendant une émission en direct sur la chaîne de télévision "UA : Zaporozh'e".

Selon lui, le remplacement délibéré des concepts de "communauté religieuse" et de "communauté territoriale", les tentatives d'intimidation des croyants et du clergé de l'Église orthodoxe ukrainienne [canonique] et les mensonges des médias sur le nombre de "transferts volontaires" vers l'"église orthodoxe d'Ukraine" [schismatique], tout cela contredit les enseignements du Christ.

"Ces arguments, qui confondent complètement les gens et ce que font les médias (qui mentent constamment en faveur d'une structure unique) démontrent une chose : ce n'est pas l'œuvre du Christ. Le Christ n'a menti à personne, Il n'a forcé personne. C'est une chose diabolique. Et qu'est-ce qui va lui arriver ? Elle se dispersera comme de la poussière", a commenté l'évêque de l'Église canonique sur ce qui se passe dans la vie de l'Église en Ukraine.

Le métropolite note que l'illégalité ne durera pas éternellement.

Je voudrais rappeler les paroles de Jean Chrysostome, "l'enfer règne, mais pas pour toujours", et que ceux qui vont au royaume de l'enfer, s'il vous plaît, devraient se dépêcher d'y aller", a conclu le métropolite Lucas.

Le métropolite Lucas a noté que pour l'"église orthodoxe d'Ukraine" [schismatique], le chef de l'"Eglise" n'est même pas le Christ, mais le patriarche de Constantinople, comme le dit le texte du Tomos. "Si vous le lisez attentivement, qui est le chef de l'Église ? Pour un orthodoxe, le chef de l'Église est notre Seigneur Jésus Christ. Dans le Tomos, qui est le leader ? La patriarche de Constantinople. Chef pour qui ? Pour la sainte église orthodoxe d'Ukraine, récemment créée. Pourquoi ? Qu'est-ce que c'est que ça ? Un nouveau pape", a observé le métropolite Lucas. Selon l'évêque, le Tomos a dans son texte des signes directs d'hérésie papale. Il a mis en évidence 4 signes de ce type.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

mardi 26 mars 2019

Amir Azarvan: Pourquoi vous devriez être un "fanatique religieux"


Mon fils, donne-moi ton cœur
Proverbes 23:26


Quand j'étais plus jeune et plus naïf, je supposais que lorsque quelqu'un s'identifiait comme chrétien, il le pensait vraiment. C'est-à-dire que je supposais que sa foi professée avait façonné toute sa vie ; qu'il cherchait, comme le staretz Sophrony d'Essex, à accomplir des "commandements de Dieu... la seule loi de[son] être sur cette terre et dans toute éternité".[1] Mais en cette ère de christianisme tiède, beaucoup semblent vivre avec une variante du dicton "Il est bon d'avoir une religion, mais on ne devrait pas en être fanatique".

Ce conseil commun est tout à fait raisonnable, bien sûr, selon la façon dont on définit le "fanatisme". Voyez comment saint Porphyrie de Kafsokalivia a employé le terme :

"Le fanatisme n'a rien à voir avec le Christ. Soyez un vrai chrétien. Alors vous ne tirerez pas de conclusions hâtives sur qui que ce soit, mais votre amour couvrira toutes choses "... Vous vous occuperez d'un musulman quand il sera dans le besoin, vous lui parlerez et vous lui tiendrez compagnie..." [2]

Ici, le fanatisme semble être compris comme une tendance à juger ou à refuser l'amour aux autres, y compris aux non-croyants, et il est certainement nécessaire que nous résistions à ces tendances. Mais juste avant cet extrait, saint Porphyre a enseigné que " nous devrions être des fanatiques ", et il a défini un fanatique comme " une personne qui aime le Christ de toute son âme ".[3] Lorsqu'il est formulé abstraitement, le principe que nous devons aimer le Christ de toute notre âme est suffisamment acceptable, mais lorsque nous appliquons ce principe dans des situations concrètes, il frappe inévitablement nos amis et notre famille plus terrestres comme étant " fanatique". C'est l'application zélée de ce principe qui, d'après mon expérience, en tout cas, est découragée par les conseils par lesquels j'ai commencé cet essai. Être un fanatique, selon cette compréhension, c'est traiter la religion comme un chemin objectivement vrai vers une vie transfigurée, au lieu d'une stratégie d'auto-assistance ou de loisirs plus sûre et moins transformatrice.

Maintenant, pourquoi devriez-vous être un "fanatique religieux" (ou, si vous préférez, un fanatique) ? Pour la simple raison - une raison avec laquelle aucune personne raisonnable, religieuse ou autre, ne peut être en désaccord - que nous devrions bien faire toutes choses. 

Nous devrions bien travailler, bien manger, bien enseigner, bien aimer, etc. Pour chaque domaine de la vie, il existe un ensemble spécifique de normes à l'aune desquelles nous jugeons notre conduite. Les critères selon lesquels nous jugeons un époux, en tant qu'époux, se limitent à la question de savoir s'il reste fidèle à sa femme ; sa performance en tant que professeur, par exemple, n'a aucune incidence sur le fait qu'il soit un bon mari. Ce qui différencie la foi de ces domaines et d'autres domaines de la vie, c'est que Dieu est bon en soi ; tout ce qui est bon tire sa bonté de Lui. Par conséquent, la conformité ou l'union à la "bonté consommée", qui "appartient à Dieu seul " [4], est le but pour lequel toutes les normes doivent être fixées. Je peux être à la fois un bon époux et un mauvais professeur, mais je dois m'efforcer de réussir à la fois dans le mariage et dans l'enseignement - et, en fait, dans tous les domaines de la vie - si je veux être, selon les normes spécifiques (mais globales) selon lesquelles la fidélité religieuse se mesure, un bon chrétien.

Bref, dire que tout doit être bien fait, c'est dire qu'il faut le faire d'une manière pieuse. Si, au contraire, nous devions compartimenter la vie en changeant tel ou tel domaine mais en laissant le reste intact afin de rester reconnaissable pour nos amis et notre famille, alors nous vivrions une vie pitoyable et contradictoire. 

Mais que la pression pour se conformer au christianisme tiède est grande ! Souvent, alors qu'on devrait nous reprocher de pratiquer notre foi de façon sélective - et donc insincère -, on nous loue plutôt de ne pas être "excessifs" dans notre piété. Cette réaction peut être due en partie à une tendance apparente à considérer des infidélités apparemment mineures comme des transgressions contre un principe abstrait et non contre une Personne divine. Un principe impersonnel ne peut être "affligé" par nos péchés comme le serait un Dieu personnel (Ephésiens 4:30). Je ne peux pas offenser le véganisme en mangeant occasionnellement des produits laitiers.

Mais peu importe la légèreté avec laquelle nous traitons la question aujourd'hui, une foi incohérente n'est pas du tout comme trahir son régime végétalien, mais c'est plutôt comme tromper son conjoint. Supposons qu'une épouse découvre que son époux l'a trompée un soir l'an dernier. Dans sa tentative d'excuser son infidélité, il explique que ce n'était "qu'une seule" nuit où il a commis l'adultère, et qu'il lui était donc fidèle à 99,7% de l'année. Il demande ensuite : "Ne penses-tu pas que tu es un peu extrême en t'attendant à ce que je sois fidèle à 100% de l'année ?" Elle serait plus susceptible de le frapper à la tête plutôt que de trouver son explication très satisfaisante - et qui pourrait lui en vouloir ? (En passant, les chrétiens devraient ressentir un profond sentiment de gratitude car, contrairement à la plupart des époux, notre Seigneur est toujours prêt à nous pardonner pour notre infidélité quotidienne).

Je terminerai par un petit conseil pour ceux qui commencent ou reprennent la vie spirituelle. Pendant que vous tentez d'escalader la montagne de la foi, vos amis et votre famille peuvent essayer de vous faire redescendre, vous assurant qu'il est préférable de vous installer près du pied de la montagne. 

Certains peuvent même insister sur le fait qu'il n'y a rien là-haut, même s'ils ne parlent pas d'expérience, car ils n'ont jamais tenté l'ascension eux-mêmes. A ce moment-là, demandez-leur d'arpenter les terres qui les entourent et mettez-les au défi d'expliquer ce qui, exactement, vaut la peine d'y retourner. 

Soulignez l'ironie de leurs efforts, car ils suggèrent que cette terre de mort apporte plus de joie que celle promise dans les hauteurs, et pourtant tout ce que l'on voit en bas sont des visages malheureux et des gens qui se suicident en nombre record. Éventuellement, ils pourraient revenir à la raison et vous laisser en paix. Si Dieu le veut, certains peuvent même décider de vous rejoindre dans votre ascension !

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

NOTES
[1] Archimandrite Sophrony, Sa Vie est la mienne, Editions du Cerf, 1980
[2] Elder Porphyrios, 2005, Wounded by Love: The Life and Wisdom of Elder Porphyrios (Limni, Greece: Romiosyni Books), p. 187.
[3] idem p.186
[4] St Grégoire Palamas, De Dieu et du Christ (d'après l'édition américaine:St. Gregory of Nazianzus, On God and Christ (Yonkers, NY: Saint Vladimir’s Seminary Press), p. 104.

Mgr Onuphre évoque les persécutions dont fait l’objet l’Église orthodoxe d’Ukraine

Devant le président Porochenko, le métropolite de Kiev Onuphre a évoqué les persécutions dont fait l’objet l’Église orthodoxe d’Ukraine, ainsi que le nombre de ses églises passées à la nouvelle Église autocéphale
Le 21 mars 2019 a eu lieu la rencontre du président ukrainien Petro Porochenko, à son initiative, avec les membres du Conseil panukrainien des Églises et des organisations religieuses, à laquelle a pris part le Primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, le métropolite de Kiev Onuphre. Celui-ci était accompagné du chancelier de la même Église, le métropolite de Borispol et de Brovary, ainsi que par le président du Département des affaires ecclésiastiques extérieures, l’archiprêtre Nicolas Danilevitch. Au début de la rencontre, le président a remercié le Conseil panukrainien des Églises pour son service et pour constituer un exemple d’unité dans la diversité, pour son aide bénévole à l’armée, pour sa contribution à la libération des prisonniers et des otages. Le président a souligné particulièrement la nécessité de défendre les principes de la liberté religieuse. « En tant que président et garant des droits constitutionnels, je ferai tout ce qui est possible pour défendre la liberté religieuse en Ukraine. La question de la liberté religieuse doit être l’objet de notre activité commune », a déclaré le chef de l’État ukrainien, ajoutant que « la violence ne peut jamais être la méthode de résolution des problèmes ». Prenant la parole, le métropolite Onuphre a remercié le président pour la possibilité de participer à cette rencontre et a déclaré ce qui suit : « En ces jours bénis du Grand Carême, l’Église nous appelle au repentir, à la continence, la prière et la réconciliation avec le prochain. La tâche de l’Église est de s’occuper de ce qui est spirituel, moral, de mener les hommes vers Dieu, prêcher l’amour, le pardon et la paix. La tâche de l’État est de se préoccuper du côté matériel de la vie humaine, d’observer la loi etc. Or, en ces jours du Grand Carême, comme au cours de la longue période qui l’a précédé, il se produit dans le domaine religieux, dans notre pays, des événements qui nous affligent. Je veux dire les saisies d’églises, l’immixtion des représentants du pouvoir dans les affaires ecclésiastiques et d’autres violations du droit. En particulier, les chefs des conseils de villages, des conseils municipaux, les chefs des administrations, les députés, convoquent la réunion des communautés territoriales et et organisent des votes illégaux pour changer la subordination des communautés religieuses. Cela contredit manifestement la loi N°2683 de l’Ukraine (projet de loi 4128d), où il est dit qu’une communauté religieuse peut le faire avec 2/3 des voix, et non une communauté territoriale. Cela a pour aboutissement que nos églises sont saisies par la force, nos communautés sont chassées dans la rue, nos communautés sont contraintes de prier dans des maisons rurales. En particulier, nos communautés de Volhynie prient dans des maisons : dans les villages de Nitchegovka, Krasnovolia, Teltchi, Godomitchi (district de Manevitch) ; dans les villages de Jiditchine, Klepatchi, Berestianoïé, Koultchine (district de Kivertsi), Berestetchko, Peski, Zviniatché, Skobelka (district de Gorokhovsky). Et il y en a bien d’autres, il s’agit là seulement de la région de Volhynie. Il y a de nombreux cas semblables dans les différentes régions. Souvent, la police n’intervient pas, elle ne fait qu’observer passivement. Je veux seulement souligner que ce n’est pas nous-mêmes qui nous emparons des églises, ce ne sont pas nos communautés qui font sauter les cadenas de nos églises, comme parfois l’annoncent les medias. Cela est fait par des individus étrangers à l’église, qui n’allaient pas à l’église et qui n’y vont pas. L’un des derniers cas criants a eu lieu dans la ville de Barnovka dans la région de Jitomir où, lors du dimanche du Pardon, le député du parti radical Oleg Kovalsky a réuni un « conseil » après lequel il a envoyé près de 400 personnes afin de s’emparer de l’église dédiée à la Nativité de la Mère de Dieu, appartenant à l’Église orthodoxe d’Ukraine. C’est alors qu’environ 150 personnes qui se trouvaient dans l’église, ont été battues, poussées dans l’escalier et hors de la clôture de l’église. Et pour de tels actes illégaux, la provocation de haine interreligieuse, la tentative de saisie d’églises, aucun fonctionnaire ne voit sa responsabilité engagée. Au lieu de cela, des pressions sont exercées sur un prêtre de notre Église qui défend nos lieux de culte et défend la légalité – je veux parler de l’archiprêtre Victor Zemliany dans le diocèse de Rovno, où une procédure pénale est engagée à son encontre sur la base de l’article 161 (1ère partie) et N°300 (1ère partie). Toutes les accusations sont artificielles. On tente également de lui appliquer une peine de détention préventive. Comme nous le savons, la pression sur notre prêtre est exercée sur l’ordre du chef de département du SBU de la région de Rovno, V.V. Bidriy. Dans les autres régions d’Ukraine ont lieu des procédures pénales similaires. Nous les considérons comme faites sur commande, comme un moyen de pression sur le clergé et les fidèles de notre Église orthodoxe d’Ukraine et nous considérons qu’une telle persécution dans une société démocratique est inadmissible et viole le droit de liberté confessionnelle. Dans les medias est répandue une information mensongère sur le passage de 450 paroisses de l’Église orthodoxe d’Ukraine [à la nouvelle Église, ndt]. Or, selon non propres données, seules 42 paroisses sont passées à cette dernière, dont 9 paroisses sans leurs prêtres. Les autres 55 paroisses qui soi-disant y sont passées « volontairement » le sont en fait suite à des irruptions par effraction, des violences contre les fidèles, il s’agit en fait de saisies. 137 cas ont été enregistrés, lorsque la communauté territoriale s’est prononcée pour le passage à la nouvelle structure contre la volonté de la communauté religieuse. Dans ces cas, nos fidèles avec leurs prêtres restent et célèbrent dans leurs églises, bien que les organes locaux du pouvoir ont attesté que les communautés ont soi-disant rejoint [la nouvelle structure]. Des faits de menaces, d’intimidation, de pressions sur les clercs de l’Église orthodoxe d’Ukraine, de discrimination et d’autres violations des droits et des libertés de notre Église ont déjà été signalés à l’attention du Haut Commissariat des Nations Unies pour les droits de l’homme et publiées dans leur rapport du 12 mars 2019. Tout ce qui se produit actuellement dans les villages et les différentes régions d’Ukraine se reflète négativement tant sur l’autorité du pouvoir que sur celle du Président. Aussi, je vous demanderais, Petro Olexeïevitch, de donner des instructions aux fonctionnaires locaux afin que cesse cette incitation artificielle au changement d’obédience. Cela fera cesser les conflits parmi les gens. Je suis certain que tout ce qui se produit autour de notre Église et parmi les orthodoxes en général, ce n’est pas la voie sur laquelle nous devons cheminer. C’est précisément cette voie qui ne nous amènera pas à l’unité. Il faut reconnaître le caractère erroné de cette voie, tirer des conclusions des fautes, et chercher d’autres voies de l’unité ecclésiale. La saisie et le transfert des paroisses [à la nouvelle structure] ne font que reporter le processus d’unité à des décennies. Nous avons déjà subi des choses semblables au début des années 1990. Aussi, si l’on ne peut entièrement corriger entièrement la situation, il faudrait au moins commencer par ne pas la faire empirer. Monsieur le Président, je souhaite que vous nous compreniez correctement. Nous, c’est-à-dire notre Église orthodoxe d’Ukraine, nous prononçons pour l’Ukraine, pour l’État dans son intégralité et son unité. Pour le calme, la paix, la compréhension réciproque et l’unité dans notre peuple. Nous avons toujours défendu et déclaré cela. Tout ce que j’ai mentionné plus haut ne fait que nuire à l’État. Faites que cela cesse. Je suis certain que cela est en votre pouvoir », a conclu le métropolite Onuphre. Réagissant aux paroles du primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, le président a déclaré que ni lui, ni aucune administration régionale n’a envoyé d’instructions pour faire passer les églises d’une obédience à l’autre. Le chef de l’État a conseillé dans les cas susmentionnés de s’adresser au tribunal et a également proposé au métropolite Onuphre une rencontre séparée pour discuter ces problèmes de crise. En réponse, le Primat a transmis au président la liste des églises saisies et la description d’autres faits de violations de droits à l’encontre de l’Église orthodoxe d’Ukraine. Le président a confié à ses assistants la tâche d’étudier la situation et de réagir à chaque cas concret. Les membres du Conseil panukrainien des Églises et des organisations religieuses ont également partagé avec le chef de l’État leurs pensées sur la nécessité de soutien de la part de l’État à l’institution de la famille et des valeurs traditionnelles, de l’adoption de la loi sur l’aumônerie auprès de l’armée, et ont exprimé une conviction commune sur le caractère inadmissible des violences liées au processus électoral. Les élections doivent être honnêtes et équitables, tandis que tous les candidats qui ne reçoivent pas le soutien des électeurs doivent avoir le courage de reconnaître leur défaite. À la fin de la rencontre, le Président a remercié tous les chefs religieux pour le ton ouvert de la rencontre et la discussion sincère qui permet la compréhension réciproque. À l’issue de la partie officielle de la rencontre, Petro Porochenko a eu une conversation personnelle de quelques minutes avec le métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine Onuphre.

lundi 25 mars 2019

Rencontre avec Père Païssios



Quand je suis arrivé à la cellule du staretz, j'ai tiré sur le cordon attaché à la cloche.  Bientôt, le staretz sortit la tête par la fenêtre et cria : "Qu'est-ce que tu veux, mon garçon ?"  Je me suis approché de la clôture et je lui ai demandé : "Ne me laisseras-tu pas entrer, Père ?" Il a mis les clés sur un fil qui a couru jusqu'à l'endroit où j'étais et m'a dit de verrouiller à nouveau la porte, et a commencé à marcher jusqu'à son logement.  

Lorsque j'atteignis l'avant de sa cellule sous le balcon où il se tenait, le staretz me demanda de lui remettre une veste qui était tombée par terre.  J'ai pris la veste et je la tendis pour la lui donner. Quand le staretz se pencha pour me la prendre, nos yeux se rencontrèrent pour la première fois.  

Il y avait quelque chose dans ses yeux, grands et pénétrants, qui m'aveuglait presque.  Son regard doux était puissant et sacré, transcendant les limites de la nature humaine telle que je la connaissais.  En un éclair, j'ai baissé la tête, émerveillé par le rayonnement spirituel qui était devant moi.  Je me sentais tout petit. Lorsque j'ai parcouru les trente mètres jusqu'à la maison, j'avais l'impression qu'un mystère concernant les capacités de la nature humaine s'était révélé à moi.

Lorsque nous nous sommes revus quelques secondes plus tard, j'ai vu un cher vieux moine aux yeux tout à fait normaux.  Il paraissait maintenant n'être qu'un être humain moyen, sans la moindre trace de la splendeur spirituelle que j'avais vue plus tôt.  Nous nous sommes assis et avons commencé à parler.  Après un temps, je lui ai dit : "Père, je n'embrasse pas les mains des prêtres, parce que je ne suis pas croyant." 

"Puisque tu n'es pas croyant, tu fais ce qu'il faut."

Nous avons discuté de divers sujets.  Il était si bon et gentil avec moi qu'en quelques minutes, nos âmes furent très unies. Grâce à ses vertus et à sa discrétion, je ressentis l'immense joie de connaître enfin quelqu'un en qui je pouvais avoir confiance.  À un moment donné, il a ri joyeusement et m'a demandé s'il avait la permission de m'aider spirituellement. "Je peux me promener en toi ?" demanda-t-il.

Je lui ai tellement fait confiance que j'ai dit oui tout de suite.  Je n'ai pas pu m'empêcher de sourire quand il a ajouté : "Mes pieds sentent mauvais", car il était clairement pur comme la neige avec la bonté du Christ. 

J'ai répondu : "Ça ne me dérange pas."  

Puis, avec beaucoup de douceur et de courtoisie, il est entré dans mon âme. Je sentais une présence lumineuse et guérissante s'unir à mon âme et l'illuminer d'une lumière glorieuse.  C'était comme la joie et la paix de rentrer chez soi après des années d'exil cruel.  Je ne savais même pas que dans cette vie on pouvait ressentir une paix si rajeunissante dans l'étreinte de Dieu.  Le staretz partageait ma joie.

J'ai appris plus tard que les anciens chrétiens utilisaient le terme "ivresse vigilante" pour décrire la façon dont les personnes sous l'influence de l'Esprit s'élèvent à de grandes hauteurs spirituelles, voire extatiques, tout en restant calmes et sobres - et c'est ce que j'ai ressenti en entrant dans cet état toujours plus lumineux, intense, calme et alerte.

Les moines que je rencontrais sur le chemin du retour me demandaient joyeusement si je venais de voir le staretz Païssios.  C'était presque une conspiration.  Les dons du staretz se discernaient si facilement sur mon visage qu'ils pouvaient tous le voir Et comme moi, néophyte, j'avais l'impression d'avoir été baigné d'une lumière noétique, je dis joyeusement à ces pères : "Oui".  

En effet, j'étais entré en contact avec quelque chose d'extraordinaire, de mystérieux et de divin.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

LE PATRIARCHE BARTHOLOMÉE EMPLOIE DE FAUX ARGUMENTS HISTORIQUES DANS UNE LETTRE À L'ÉGLISE ALBANAISE


Evangile selon saint Jean 8





Istanbul, le 22 mars 2019

Fin décembre, le Patriarche Bartholomée a écrit aux primats de toutes les Églises orthodoxes pour leur demander de reconnaître la création de la soi-disant "église orthodoxe d'Ukraine" et l'élection du "métropolite Épiphane Doumenko comme son primat. En janvier, le Saint Synode de l'Église albanaise a écrit au patriarche Bartholomée exprimant ses vives objections à l'accueil des hiérarques et du clergé dont les ordinations remontent à des "hiérarques" anathématisés et auto-consacrés.

Le patriarche Bartholomée répondit ensuite à Sa Béatitude l'évêque Anastasios, archevêque de Tirana et de toute l'Albanie, en invoquant un certain nombre d'exemples historiques pour justifier le droit supposé de son patriarcat de juger les appels de toute Église locale et de recevoir ce clergé. La lettre a été publiée en anglais par Archonsorg

Malheureusement pour le patriarche Bartholomée, les arguments historiques qu'il avance ne tiennent pas la route et vont souvent à l'encontre de ce qu'il essaie de faire valoir. Plusieurs analyses importantes ont été publiées sur le site Orthodox Synaxis.

Selon le patriarche Bartholomée, le schisme mélétien du IVe siècle en Egypte est un précédent historique important qui aide à justifier l'accueil de Philarète Denisenko, Macaire Maletitch, et de leurs milliers de clercs schismatiques sans réordination. "Le problème, écrit Orthodox Synaxis  dans son article "The True Story of Patriarch Bartholomew's Meletian Schism,'" "est que la caractérisation du schisme Mélétien par le patriarche, et ses résultats sont totalement et complètement inexacts, au point d'être manifestement malhonnêtes".

Le patriarche Bartholomée écrit que l'évêque Mélétios de Lycopolis en Egypte fut défroqué autour de 302 pour des actions illégales "y compris le reniement de la foi et le sacrifice aux idoles". Il persista dans le schisme, et quand la réconciliation fut réalisée plus tard, il aurait simplement soumis une liste de tous ses évêques et membres du clergé qui ont ensuite été reçus dans l'Église sans nouvelle ordination.

"C'est tellement faux, écrit Orthodox Synaxis, le clergé schismatique n'a absolument pas été reçu de nouveau dans l'Église sans réordination, mais spécifiquement en étant "confirmé par une ordination plus légitime", selon la décision des Saints Pères du Premier Concile Œcuménique. Ainsi, le précédent des Mélétiens, est, en fait, directement opposé aux actions du patriarche Bartholomée en Ukraine.

De plus, Mélétios n'a pas été défroqué pour apostasie et idolâtrie, comme le patriarche Bartholomée le prétend, mais pour avoir ordonné des prêtres en dehors de sa propre juridiction, et il n'a pas été restauré unilatéralement par le Patriarche Alexandre d'Alexandrie, comme le patriarche Bartholomée le soutient, mais précisément par le Premier Concile Œcuménique.

Rappelez-vous, le patriarche Bartholomée a toujours refusé de convoquer un concile pour faire face à la crise ukrainienne, malgré la ferveur des Églises sœurs.

Le patriarche Bartholomée déforme aussi les paroles de saint Athanase le Grand et de saint Théodore le Studite (qui témoignent spécifiquement que les Mélétiens ont dû condamner leur schisme pour revenir à l'Église, ce que les schismatiques ukrainiens n'ont jamais fait) pour faire valoir leur cause. Pour l'analyse complète, voir l'article susmentionné sur Orthodox Synaxis.

Orthodox Synaxis  conclut :

Il est presque insondable - mais c'est vrai - que le patriarche Bartholomée ait choisi d'invoquer le schisme mélétien pour défendre ses actions en Ukraine. Le schisme mélétien présente en effet des similitudes frappantes avec la situation ukrainienne, mais au lieu de soutenir les actions de Constantinople, les sources citées par le patriarche Bartholomée - et celles qu'il a choisi de ne pas citer, à savoir la Lettre du Premier Concile œcuménique - servent à mettre en accusation le comportement du patriarcat œcuménique.

Ce qui est particulièrement frappant, c'est l'audace du patriarche Bartholomée (ou de son collaborateur anonyme) de porter ce faux témoignage dans une lettre à un autre primat, le hiérarque Anastasios. Nous ne pouvons que prier pour que le patriarche soit poussé par l'exposition de cette fraude à se repentir de ses actions, et que l'Église dans son ensemble puisse saisir cette occasion pour réfléchir sur le schisme mélétien et les nombreux autres épisodes de l'histoire de l'Église qui nous guident dans notre crise actuelle. Que Dieu ait pitié de nous tous!

La lettre du Patriarche contient un argument tout aussi fallacieux en ce qui concerne le Concile de Carthage et l'étendue de l'autorité papale, qu'Orthodox Synaxis a également analysé de manière pénétrante, concluant : "Pour des raisons qui restent obscures, le patriarche Bartholomée a choisi une citation à l'appui de ses propres décisions et de son autorité dans une lettre et un Concile qui vont  dans la direction exactement opposée."

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

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dimanche 24 mars 2019

L'autocéphalie ukrainienne par le P. Théodoros Zissis,Professeur honoraire de la faculté de théologie de l’université Aristote à Salonique

Père Theodoros Zissis

Sur le blog de Laurence:


L’AUTOCEPHALIE UKRAINIENNE

Je publie ici un ouvrage, lui-même traduit du grec, que j'ai traduit sur commande. Bien sûr, il aurait mieux valu une traduction directe depuis sa langue d'origine, mais il est quand même très instructif, et, sur le plan historique, correspond à ce que j'avais toujours vu et appris, avant réécriture politique du passé, comme cela se fait couramment aujourd'hui. 


L’AUTOCEPHALIE UKRAINIENNE
dissimulation et fausse interprétation des documents
Protopresbytre Théodoros Zissis,
Professeur honoraire de la faculté de théologie de
l’université Aristote à Salonique

Préface


Dans toute l’Orthodoxie, et le reste du monde chrétien, on observe, certains avec inquiétude et angoisse, d'autres avec une joie secrète, le conflit entre deux églises, celle de Constantinople et celle de Moscou, qui a surgi à cause de la juridiction contestée sur l’Ukraine, ou plus exactement, à cause de l’ingérence arbitraire du Patriarcat Œcuménique dans les limites canoniques de l’Eglise Russe, à laquelle a toujours appartenu Kiev de façon stable, à l’exception de quelques brèves périodes de conquêtes étrangères, qui avaient provoqué sa séparation. Notre article « l’Ukraine est le territoire canonique de la Russie. Il n’y a pas de documents qui témoignent en faveur de Constantinople » a reçu le large soutien de centaines de milliers d’utilisateurs d’Internet. En une semaine, le nombre des lecteurs a dépassé trois cent milles (300 000) et continue à grandir. Dans l’article, nous avions promis de préparer un article plus approfondi, où nous présenterions de façon plus exhaustive la « vérité historique » qui est cachée et déformée par le Patriarcat Œcuménique, dans le but du maintien du schisme et d’une possible guerre civile en Ukraine.
Le Patriarcat Œcuménique, pour asseoir son ingérence anticanonique dans une autre juridiction, a publié, en particulier, une enquête juridique sous le titre « le trône Œcuménique et l’Eglise Ukrainienne – que disent les textes », dans laquelle sont présentés et commentés les documents patriarcaux d’après lesquels, soi-disant, il apparaît qu’en 1686, le Patriarcat Œcuménique aurait provisoirement transmis Kiev à l’Eglise Russe et aurait maintenant le droit de supprimer ce transfert et de restaurer sa juridiction précédente, il aurait également celui de délivrer unilatéralement l’autocéphalie à l’Ukraine, sans l’autorisation de l’Eglise Russe, à laquelle appartenait l’Ukraine depuis des siècles. Constantinople s’est déjà élancée dans cette direction à marche redoublée, en conséquence de quoi Moscou a déjà rompu la communion eucharistique avec Constantinople et accuse le patriarche Bartholomée de schisme, parce qu’il a restauré la communion avec deux groupes schismatiques en Ukraine, que l’Eglise orthodoxe russe considère à juste titre comme se trouvant toujours en situation de schisme.