"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

mardi 26 juillet 2016

SOLIDARITE KOSOVO





La cinquième édition de la classe de mer s’est terminée





Ce lundi matin, ils se réveillent dans leurs chambres. Chez eux, dans leurs enclaves... Un retour à la réalité difficile quand quelques jours plus tôt ils nageaient dans les eaux chaudes du Monténégro. C'est le lot de 42 enfants de la classe de mer 2016 qui ont bouclé leurs valises la semaine dernière à Tivat après avoir passé huit jours dans la charmante station balnéaire de l’Adriatique. Après de belles – premières - vacances et des souvenirs plein le sac à dos, les jeunes chrétiens ont pleuré à chaudes larmes dans le bus du retour...et les encadrants aussi !



Le regard franc et le sourire amène du jeune Lazar 

Matelots et moussaillons au rapport !Malgré une température caniculaire, il soufflait un vent de liberté dans les Bouches de Kotor la semaine dernière. Quarante-deux petites têtes blondes du Kosovo étaient pour la première fois à l’extérieur de leurs enclaves pour un tête-à-tête inédit avec la mer. Pour beaucoup d’entre eux ce fut l’occasion de s’initier à la natation pour d’autres de se perfectionner. Le soleil, la mer et aussi du sport et des sorties culturelles ont agrémenté le séjour marin. Un véritable panel d’activités récréatives leur a été concocté par les encadrants qui ont fait preuve d’autant d’énergie que les enfants dont ils s’occupaient. « Sur le pont » de sept heures à minuit, les bénévoles français et serbes n’avaient rien à envier aux « G.O. » des villages de vacances tant ils avaient le cœur au métier.



Les petits font connaissance avec la mer et... son goût iodé! 

Les petits marins ont battu pavillon serbe lors des « Olympiades »Fidèlement aux années précédentes, les jeunes participants se sont défiés sur des épreuves athlétiques et artistiques organisées à l’occasion des «Olympiades d’été ». Répartis en cinq équipes de compétiteurs, les enfants se sont adonnés avec enthousiasme au tournoi sportif et créatif. Ils ont enchaîné avec entrain les épreuves de natation, football, tennis de table et de volley sur la plage. Puis à l’abri du soleil au cours des heures de fortes chaleurs, les enfants se sont mesurés lors des ateliers de dessins. Craie grasse, gouaches, feutres, le matériel était réuni pour divertir les petits artistes en herbe.



De belles prestation lors du concours de saut 

C’est à la veille de leur départ que le jury, composé des encadrants français et serbes, ont proclamé les résultats des Olympiades. À l'heure de la remise des récompenses, un podium de gros cailloux a été improvisé et des trophées de jus de fruit et gâteaux ont égaillés la dernière nuit à Tivat. Des friandises pleins les poches, petits et grands gourmands se sont réunis sur la plage pour entonner d’une seule voix les chants traditionnels du Kosovo. La soirée d’adieu a été embellie par cette superbe veillée.



Les épreuves de ballon sur la plage ont mis en ébullition les jeunes participants 

Les gentils pirates à l’assaut de Kotor !Forts de leurs performances, les jeunes athlètes du Kosovo ont tous été récompensés par d’inoubliables sorties culturelles. C’est ainsi qu’ils ont pu découvrir sur place à Tivat le musée de la Marine. Installé dans l’ancien chantier naval yougoslave, le musée présente une collection intéressante d’objets, meubles, horloges et accessoires témoignant de l’importance de la vie maritime passée dans les Bouches de Kotor. Les enfants ont pu notamment voir des armes à feu françaises superbement décorées saisies lors des batailles contre les troupes napoléoniennes.



L'atelier dessin qui fait place à l'imaginaire des enfants 

L’excursion s’est poursuivie en bateau à la découverte du littoral monténégrin.

Le groupe a fait sa première halte au large de Perast sur l’île de Notre-Dame-du-Rocher pour y découvrir sa légende et visiter son église catholique. Le guide a accueilli les enfants dans l’édifice et les installe près de l’icône de la Madone et de son enfant, accrochée au-dessus de l’autel. L’atmosphère était propice au récit, le conte a commencé. La légende dit que le 22 juillet 1452, deux frères pêcheurs, Vénitiens de Perast, trouvèrent une icône de la Vierge sur le récif au large de Perast. Ils ramenèrent sur la terre ferme, mais le lendemain celle-ci se retrouva sur son rocher d’origine. En réponse à ce message, les Pérastois entassèrent deux siècles durant, autour de ces rochers, des épaves de voiliers et des petites pierres afin de bâtir un îlot de 3000m² et de dédier une église en l’honneur de l’icône trouvée sur le rocher



Le groupe a pris le large à la découverte du littoral monténégrin 

Médusés par l’histoire de cette île artificielle, la seule de l’Adriatique, les enfants ont rejoint le bateau en direction de Kotor. Sur place, dans le parc de la cité médiévale, les enfants ont déjeuné en observant les remparts de l’époque vénitienne qui les entouraient, ceinturant la ville sur quelques 4,5km. Dans la montagne, les murailles rejoignent la forteresse Saint-Ivan. Au loin, quelques enfants ont même reconnu les magnifiques monts Lovćen, les plus hauts du Monténégro. Impatients, les enfants ont pris d’assaut la veille ville de Kotor, leur dessert à la main!



Les enfants découvrent les collections du musée de la Marine 

Le groupe s’est alors engouffré dans les remparts de Kotor par la porte principale de la vieille ville datant du milieu du XVème siècle. Le lion de Venise, le blason de la République fédérale de la Yougoslavie et le drapeau rouge du Monténégro souhaitent la bienvenue aux très nombreux touristes.



Dans l'église catholique de l’île de Notre-Dame-du-Rocher 

À l’intérieur, places, terrasses, vitrines pittoresques des horlogers et autres artisans, petites ruelles…

la visite de la cité de Kotor s’est amorcée sur la place Saint-Luc, où le groupe est accueilli par le prêtre de l’église serbe orthodoxe dédiée à Saint Nicolas. Dans l’église Saint-Nicolas, des fidèles ont interpreté des chants religieux a capella, entourés par de superbes fresques du XIIème siècle réalisées par un iconographe tchèque.

En fin de journée, les petits sont rentrés à l’hôtel épuisés par cette escapade passionnante qui leur a permis de découvrir des sites exceptionnels dans une atmosphère paisible et récréative.



Sur l’île de Notre-Dame-du-Rocher 

Premier départ en vacances et … premier retour dans les enclavesSur la route du retour au Kosovo, le groupe s’est arrêté à Ostrog pour la visite devenue traditionnelle de son monastère. Fondé par Saint-Basile, l’évêque métropolitain d’Herzégovine au XVIIème siècle, le monastère d’Ostrog est le bijou sacré du Monténégro. Dans la grotte-église dédiée à la Présentation de la Mère de Dieu au Temple, les enfants ont pu embrasser le reliquaire dans lequel le corps de Saint-Basile est enchâssé. Cette dernière sortie dans les collines du Mont Ostrog a ponctué la fin de séjour d’une charge symbolique et spirituelle.



La classe de mer a forgé de merveilleux souvenirs d'enfance à ces jeunes chrétiens du Kosovo

Avant de monter dans le car pour rejoindre leurs foyers, les 42 jeunes participants ont chaleureusement salué les bénévoles de Solidarité Kosovo tout aussi émus. Nul doute que la classe de mer leur forgera de merveilleux souvenirs d'enfance qu’ils pourront se remémorer pour dépasser les caps difficiles de la vie à venir au Kosovo.

Et c’est avec une émotion encore vive que l’équipe de Solidarité Kosovo transmet aux généreux donateurs de l’association, les sourires, les joies, les larmes et les remerciements des 42 enfants.

La Classe de mer 2016 a hissé les voiles, bon vent les petits !



Devant le monastère d'Ostrog, haut-lieu de pèlerinage dans les Balkans 



La jolie station balnéaire de Tivat a été l'hôte de la classe de mer 2016 

L'équipe de "Solidarité Kosovo"

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Saint Ignace du Caucase [Briantchaninov]: Utiliser le temps à bon escient


"Il y a une saison pour chaque chose, 
et un temps pour toute chose sous les cieux" 
(Ecc 3: 1).

Le saint apôtre Paul, nous avertissant de ne pas gâcher du temps en vain, nous instruit également d'utiliser chaque minute de notre vie à bon escient: "Veillez donc, dit-il, à vous conduire avec circonspection, non comme des insensés, mais comme des sages, rachetez le temps, car les jours sont mauvais."

En parlant de "racheter le temps" l'apôtre nous fait prendre conscience que le temps est utilisé pour acquérir de vrais biens, tout comme l'argent est utilisé pour acquérir tout ce dont nous avons besoin pour la vie physique, et que, par conséquent, l'utilisation appropriée du temps est très similaire à l'utilisation de l'argent dans de bonnes mains. 

Un maître sage ne dépense pas bêtement, établit ses actifs correctement, et assigne un but spécial à chaque somme d'argent. Nous devons gérer le temps d'une manière similaire: attribuer des heures et des minutes pour une bonne fin; racheter chaque jour en faisant de bonnes actions pour nous-mêmes ou pour d'autres personnes; chaque année réussir à franchir autant d'étapes sur le chemin de la perfection spirituelle qu'il y a de jours dans une année, et ne pas perdre une seule heure inutilement, à ne rien faire, et encore moins l'utiliser pour des actes pêcheurs.

La journée commence habituellement par notre éveil du sommeil. Comment devrions-nous considérer le moment du réveil? Tout comme nous regardons le moment d'être né dans le monde ou la résurrection d'entre les morts, parce qu'il y a une grande similitude entre l'éveil du sommeil et le fait d'être né. Quand nous sommes endormis, c'est comme si nous n'existons pas. Quand nous nous réveillons du sommeil, c'est comme si nous sommes nés de nouveau, nous devenons vivants, nous sommes ressuscités.

Le temps immédiatement après le sommeil, doit tout d'abord être passé dans la prière. Chaque matin, nous apporte la joie pieuse de glorifier Dieu, car le Créateur nous a permis encore une fois de voir Son monde, si bien conçu pour nous. 

En commençant le jour où nous commençons une nouvelle vie, et dans la vie il y a tant de motifs de tentation et le péché, qu'une personne faible ne peut absolument pas les affronter sans l'aide de Dieu, ce qui n'est acquis que par la prière. Et d'autre part, le temps devrait être consacré à la lecture de la Parole de Dieu: c'est le livre de Vie, il contient tout ce que nous devons savoir, faire, et espérer. Selon les paroles de saint Jean Chrysostome, c'est la lettre ou l'épître de Dieu à l'humanité. Celui qui ne nourrit pas son âme avec ce don du Ciel - affame son âme.

Ensuite vient le temps de l'activité, le temps du labeur. Chacun a ses propres devoirs, ses propres affaires, son propre travail, ses propres besoins divers. Mais quels qu'ils soient, il y a une règle cardinale pour chacun d'eux: "Ne soyez pas dépourvus de sagesse, mais comprenez quelle est la volonté du Seigneur," c'est-à-dire au début de chaque acte, demandez-vous si oui ou non il est conforme à la volonté de Dieu.

Comment devrions-nous passer le temps des loisirs ou du repos? Dans l'accomplissement des paroles d'instruction suivantes de l'apôtre: "entretenez-vous par des psaumes, par des hymnes, et par des cantiques spirituels, chantant et célébrant de tout votre coeur les louanges du Seigneur;" autrement dit, si vous aimez lire dans votre temps libre - lisez ce qui vous révèle la sagesse de Dieu. Avez-vous envie de sortir en société? Faites-le, mais tenez-vous en à une discussion pieuse, à une sage conversation, à de bons conseils et à de bons discours. Aimez-vous le chant et la musique? Chantez donc, mais surtout de ces chansons qui contiennent les épanchements d'âmes pures et nobles. Les chansons mondaines peuvent parfois corrompre l'âme par des passions glorifiant les vices, et la folie humaine.

En d'autres termes, faire ce que vous faites toujours, mais en sens inverse: échangez le sensuel pour le spirituel, le corps pour l'âme, les choses séculaires pour celles qui sont religieuses.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

lundi 25 juillet 2016

Brian Whirledge (iconographe) : Saint Ronan of Locronan


Une des grandes joies d'être iconographe est de rencontrer les saints merveilleux que je n'aurais très probablement pas rencontrés, si je n'avais pas été chargé de peindre leurs icônes. 

Un tel saint est Ronan, dont je viens de terminer l'icône. Il était le fils de saint Berach (disciple de saint Kevin), et était un évêque irlandais renommé au sixième siècle. 

Pour se rapprocher de Dieu, il choisit un exil volontaire sur une terre lointaine pour vivre comme ermite, comme son contemporain saint Brendan le Navigateur. 

Il aborda dans ce qui est aujourd'hui la Bretagne, la France et vécut la vie ascétique d'un ermite. Une communauté a grandi autour de son ermitage, connu aujourd'hui comme Locronan, c'est à dire, "le lieu de Ronan." 

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après 

LA VIE DE SAINT RONAN.

(Version plus longue publiée dans le livre d'Albert le Grand : La vie des saints de la Bretagne armorique en 1901 )

Anachorete, Confesseur, lfête le 1/14 juin)

Saint RONAN estoit Hybernois de nation, de Parens de mediocre fortune & Idolatres, lesquels, soigneux de son avancement, l’envoyèrent aux écolles, où il profita si bien, qu’il devint, en peu de temps, fort docte és sciences prophanes mais Dieu, luy ayant fait connoistre la superstition du Paganisme,
luy fit naistre dans l’Ame un ardent désir de chercher la vraye Religion. À cette fin, il passa en l’Isle de la Grande Bretagne, où, ayant conversé parmy les Chrétiens & s’estant enquis de leur Religion, il reconneut que c’estoit l’unique, laquelle conduisoit au salut éternel, & se résolut de l’embrasser, se fit Cathcchiser & receut le S. Baptesme, &, depuis, s’adonna du tout à l’Oraison & lectures des Saintes Escritures, lesquelles, pour la pluspart, il aprit par cœur. Ayant fait penitence de ses péchez passez, il résolut de se faire d’Église ; &, ayant receu, en leur temps, les Ordres Mineures, de Sous-Diacre & Diacre, il mérita, par sa vertu & bonne vie, de parvenir au Sacerdoce.
II. Mais, considerant ce que dit Nostre Seigneur que a quiconque ne renonce à tout ce qu’il posséde ne peut estre son Disciple, » il suivit ce conseil Evangelique, quittant tout, pour l’amour de celuy qui luy avoit tout donné, monta sur mer & aborda heureusement à la coste de Léon, en la Bretagne Armorique, où, ayant trouvé un lieu désert & inhabité, il s’y arresta & bastit un petit Hermitage, résolut d’y passer ses jours en Penitence, Jeusnes & Oraisons. Il pensoit estre en ce lieu si bien caché, que personne ne le connoistroit que Dieu, seul témoin de sa Sainteté, mais il en arriva tout autrement. Car quelques pauvres malades estans, de cas fortuit, ou plûtost par speciale providence de Dieu, venus à son Hermitage chercher l’aumône, le Saint, pauvre volontaire pour Jésus- Christ, ne leur donna ny or ny argent, mais bien ce qu’il avoit & qu’il pouvoit donner, à sçavoir la santé, qui leur fut beaucoup plus chere que tout l’or du monde. Ces pauvres gens le remercierent, &, allans, sains & dispos, mandier l’aumône par les villages circonvoisins, publierent par tout que saint Ronan les avoit gueris par sa priere ; cela fut cause que, de tout le Leonnois, on accouroit vers luy, les uns pour luy presenter des Paralytiques, Sourds, Muets, Aveugles & autres malades, mais particulierement des possedez ; les autres pour consulter avec luy des affaires de leur conscience ; mais ces visites troublans le repos de sa solitude, il se resolut de quitter ce lieu & de chercher séjour ailleurs.
III. Il consulta l’Oracle divin en l’Oraison & fut confirmé en sa sainte resolution, pour laquelle effectuer, il se mit en chemin à travers ce pays à luy inconnû ; mais un Ange luy servit de guide. Il traversa le Leonnois, &, ayant passé le Golfe de Brest, entra en Cornoüaille, jusques en la forest de Nevet à trois lieües de Kemper-Corentin, où, s’estant arresté, il jugea le lieu propre à son dessein & commença à y bastir une petite Cellule, ce qu’il fit en peu de jours, par l’assistance que luy donna un paysan du voisiné, fort bon Chrestien & grandement charitable ; lequel, un jour, supplia saint Ronan de luy dire d’où il estoit & ce qu’il faisoit en ce pays: « Je suis (dit saint Ronan) Hybernois de nation, qui volontairement ay quitté mon pays, mes parens, mes biens & possessions pour l’Amour de Jesus-Christ, & me suis banny de mon pays, esperant pouvoir mieux luy servir, estant détaché de toutes ces choses. » Son hoste, ayant entendu cela, luy resta plus affectionné qu’auparavant & luy promit de l’assister en tout ce qu’il pourroit.
IV. Saint Ronan, ayant pris congé de son hoste, se retira dans la forest de Nevet, vaquant à prieres, jeusnes & penitence, son charitable hoste luy fournissant soigneusement ses necessitez ; mais il n’y fut gueres, que Dieu le manifesta, par le moyen de grands miracles qu’il faisoit, guerissant les malades qui, de toutes parts, le venoient trouver ; à l’endroit desquels Dieu faisoit des œuvres merveilleuses par ses merites. Les yeux chassieux de quelques Chrêtiens débauchez, ne pouvans supporter l’éclat des vertus dont l’Ame de saint Ronan estoit ornée, l’accuserent malicieusement & à tort devant le Roy Grallon (lequel estoit lors à Kemper), le calomniant d’estre Sorcier & Negromantien, faisant comme les anciens Lycantrophes qui, par magie & art diabloique, se transformoient en bestes brutes, courroient le garou & causoient mille maux par le Païs. L’Enfant d’une femme du voisné estant mort, ils persuaderent à la mere du defunt que le Saint, par ses sorcelleries, avoit tué son fils & l’amenerent à Kemper, où, en presence du Roy & de toute la Cour, elle demanda justice de saint Ronan.
V. Le saint Hermite, d’un costé, asseuré du fidelle temoignage que luy rendoit sa conscience ; d’ailleurs aussi, bien aise d’endurer quelque chose pour l’amour de Jesus-Christ, se resolut à la patience, &, ayant esté cité à comparoir devant le Roy à Kemper, s’y en alla, en compagnie des Satellites, Sergens & autres Ministres de Justice qui l’estoient venus prendre comme criminel. Estant arrivé à Kemper, il fut mis en prison ; &, le lendemain, le conseil estant assemblé, il fut mené au Palais, où les crimes dont il estoit accusé, recitez, il se purgea de tous, l’un aprés l’autre, rendant raison de sa vie & de toutes ses actions, se déchargeant de ces calomnies, lesquelles il dissipa, comme le Soleil feroit quelques nuages & broüillards ; &, pour confirmation de son innocence, & fermer la bouche à cette femme dont l’enfant estoit mort, laquelle ne cessoit de crier aprés luy, il fist apporter le corps mort de l’enfant, &, en presence du Roy, de son Conseil & de toute sa Cour fit sa priere ; laquelle finie, prenant la main de l’enfant, il luy commanda, au nom de Jesus-Christ, duquel il estoit serviteur, de se lever ; à laquelle voix le mort obeïssant se leva sur pieds & fut rendu à sa mere, laquelle se jetta aux pieds du Saint, luy demanda pardon de la calomnie qu’elle avoit forgée contre luy, découvrant la malice de ceux qui l’avoient persuadée de l’accuser ; lesquels, s’estant évadez de bonne heure, échapperent la juste punition que le Roy s’estoit resolu de leur faire sentir ; l’enfant aussi, declarant la cause de sa mort ne proceder, en façon quelconque de saint Ronan, le déchargea entierement, au grand contentement des gens de bien, confusion & honte de ses envieux.
VI. Le Roy Grallon, ayant veu ce miracle fait en sa presence, honora fort saint Ronan, comme aussi tous les Seigneurs de sa Cour & le peuple ; duquel s’estant, à grande peine, dépestré, il s’en retourna en son Hermitage, où il estoit si souvent visité par les Kemperrois & autres Habitans de Cornoüaille, que, dans peu de temps, le grand chemin fut ouvert de Kemper-Corentin à son Hermitage. Le Roy mesme, Prince fort Religieux, alloit souvent en propre personne le visiter en son Oratoire, &, ayant receu sa benediction, s’en retournoit fort édifié. Le bon Homme qui l’avoit receu, dés son arrivée, & accomodé de ses necessitez en son Hermitage, ravy des œuvres merveilleuses qu’il faisoit, ne se pouvoit separer de luy ; mais, collé à ses pieds, estoit attentif aux Predications qu’il faisoit au Peuple qui le venoit visiter. Cette maniere de vie ne plaisant pas à sa Femme, elle le tançoit rudement de ce qu’il estoit si faineant, sans se soucier du mesnage ; &, s’en prenant au Saint, fut si effrontée que de l’attaquer & luy dire que c’estoit luy qui avoit charmé son mary & l’avoit rendu si fâcheux. Le Saint patienta les paroles indiscretes de cette insolente femme, taschant de l’adoucir par belles paroles, mais en vain. Un jour, lisant un livre, à la porte de sa Cellule, il apperceut un loup qui entroit dans la forest, portant une brebis en sa gueule ; saint Ronan l’appella & luy commanda de rendre la brebis, ce qu’il fit à l’instant, la mettant en ses pieds, & le Saint la rendit à son maistre ; mesme miracle fit-il à plusieurs autres fois.
VII. Ayant vescu un long-temps en grande Sainteté, en ce sien Hermitage, chargé d’ans & de merites, il changea cette vie mortelle à l’immortelle & fut ensevely en son Hermitage. Depuis, par laps de temps, s’est basty le Bourg, qui, de son nom, s’appelle Loc-Ronan-Coat-Nevent, à la croupe de la Montagne de saint Ronan, où nos anciens Princes Bretons ont reveré & honoré sa memoire par la structure & dotation d’une belle Chappelle, frequentée par les Pelerins de tous les Cantons de Bretagne, qui y viennent reverer ses saintes Reliques ; partie desquelles y sont richement enchassées, le reste estant gardé en l’Eglise Cathedrale de Cornoüaille. L’Hermitage de saint Ronan a esté, un long-temps, habitué par plusieurs personnages signalez en Sainteté, lesquels y ont passé leur vie en solitude, entre-autres Robert, lequel, l’an 1102, fut sacré Evesque de Cornoüaille, aprés la mort de Budik III du nom. De sept ans en sept ans, se fait la Procession qu’ils appellent de saint Ronan, le jour de sa Feste, en laquelle on porte ses Reliques sur un branquart à bras, richement paré, tout à l’entour de sa montagne ; à laquelle Procession se trouve, d’ordinaire, une grande affluence de peuple de tout le pays circonvoisin. Il y a plusieurs Chapelles en Bretagne dediées à ce saint, entr’autres de Loc-Ronan-ar-fancq en Leon, où il y a une Barre Royalle & dont la Paroisse est dediée à saint Ronan, qu’ils nomment Renan.


dimanche 24 juillet 2016

Saint Macaire le Grand: la faim spirituelle



Si tu vois quelqu'un s'exalter et être arrogant au sujet de ses capacités, sache que même s'il a créé de grands signes et ressuscité des morts... il est pris par un mauvais esprit sans le réaliser. 

Même s'il a fait des miracles, ne le crois pas, parce que le signe du chrétien est de cacher aux autres tous les dons que Dieu l'a jugé digne de recevoir.

Ayant les richesses d'un roi, le chrétien les cache comme pour dire: "Ce ne sont pas mes richesses, quelqu'un d'autre les a mises là." 

Si quelqu'un dit: "Ce que j'ai acquis est suffisant pour moi, je n'ai pas besoin de plus," il n'est déjà plus chrétien, mais il est dans un état de délire, et il est devenu un instrument du Diable.

Parce que le ravissement en Dieu est insatiable, l'étendue de sa jouissance et le partage des bénédictions spirituelles est la mesure par laquelle sa faim en est augmentée. 

Ces gens ont un amour fervent et inextinguible pour Dieu. Plus ils réussissent, et plus ils acquièrent, et plus ils se reconnaissent comme des mendiants.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
orthodox.net/ pearls of the Fathers

Sur OrtodossiaTorino.net/ et sur Parlons d'Orthodoxie

La procession de la Croix dans toute l'Ukraine continue...
dans le silence assourdissant des média du monde...
et sur 
L'appel du métropolite Onuphre 

« Très révérends archipasteurs et pasteurs, révérends moines et moniales, chers frères et sœurs, 

Dans la vie de chaque chrétien surgissent des moments durant lesquels il doit se rappeler qu’il n’est pas simplement un homme croyant, mais une part de l’Église orthodoxe – le corps du Christ. Et le destin de l’Église et du pays dépendent de chacun de nous. L’histoire pluriséculaire de notre terre compte un grand nombre de pages tragiques. Nos compatriotes ont dû subir une multitude d’épreuves, et le plus grand malheur a toujours été la guerre. Et dans les temps les plus difficiles, les hommes se sont unis dans la prière commune à Dieu et la très sainte Mère de Dieu pour demander leur aide. Et nous savons combien de fois, alors qu’il semblait que tout espoir de salut s’était éteint, la Mère de Dieu a préservé nos villes et nos villages de la ruine. La force de la prière de nos compatriotes a maintes fois protégé notre Église également, ainsi que notre terre. 

Maintenant, c’est de nous qu’une telle prière est nécessaire. Avec grande affliction dans le cœur, nous vivons actuellement une nouvelle tragédie – le conflit armé se poursuit dans l’Est de l’Ukraine, le sang innocent de nos compatriotes est versé. La chose la plus grande que peut accomplir notre Église est d’appeler à la paix et de renforcer les prières afin que soit accordée la paix à notre terre ukrainienne, ce que nous faisons depuis le début des hostilités. Mais, malgré la mission pacificatrice de notre Église, on s’efforce de la rendre détestable aux yeux de la population ukrainienne.

Aujourd’hui, sur ce territoire de l’Ukraine qui est en paix, s’enflamme la guerre interconfessionnelle, différentes provocations ont lieu, dirigées contre le clergé et les fidèles en particulier et contre l’Église orthodoxe d’Ukraine dans sa globalité. En même temps, des cas fréquents nous sont connus, lorsque la force réunie de la prière des fidèles a accompli des miracles. Aussi, avec notre bénédiction, une procession pan-ukrainienne organisée par les diocèses de l’Église orthodoxe d’Ukraine aura lieu, avec la prière pour l’Ukraine, et qui commencera le 9 juillet dans l’Ouest de l’Ukraine, depuis la laure de la Dormition de Potchaïev, et le 3 juillet dans l’Est de l’Ukraine, depuis la laure de la Dormition de Sviatogorsk. 

Le 27 juillet, la veille de la fête du Baptême de la Russie de Kiev et de la mémoire du saint prince Vladimir égal-aux-apôtres, ces processions se rejoindront à Kiev au parc Vladimirskaya Gorka et se dirigeront ensemble à la Laure des Grottes de Kiev, où seront célébrés les offices solennels. Les processions seront accompagnées par les icônes miraculeuses de la Mère de Dieu de Potchaïev et de Sviatogorsk et d’autres saintes icônes et reliques. Cette procession qui commencera simultanément depuis l’ouest et l’est, traversera tout notre État. Elle unira l’Ukraine, car l’Église orthodoxe a toujours été et est une telle force qui réunit tous les hommes de notre pays. La procession n’est pas simplement notre labeur spirituel. C’est l’action consciente, volontaire de chaque âme chrétienne qui suit les commandements évangéliques en actes. Aussi, regarder simplement la procession est insuffisant. 

C’est le temps de manifester sa conscience chrétienne. Que celui qui peut faire cette procession pendant un long laps de temps, qu’il le fasse. Qui peut le faire seulement dans sa localité, qu’il le fasse. Nourrir les pèlerins, cela constitue également votre participation dans cette grande œuvre. Lorsque le Seigneur a demandé le repentir aux habitants de Ninive, ceux-ci lui ont obéi et ont détourné leur cœur du mal et de la violence. Ils ont renoncé à la nourriture et à l’eau, et pour cet exploit, le Seigneur a eu pitié d’eux. 

Nous croyons que la Mère de Dieu qui, tant de fois a défendu notre terre, se trouve aujourd’hui aussi, en larmes, près du trône de Son fils et prie pour nous. Nous devons aussi, en rejetant la colère, la haine, la méchanceté, et en nous armant de l’amour et du pardon, renforcer notre labeur de prière : afin que cessent de couler les larmes des mères, afin que les enfants ne restent pas orphelins, que le femmes ne deviennent pas veuves, afin que la jeunesse ne devienne pas invalide, afin que nos villes et villages ne soient pas détruits, et les maisons, désertées. C’est précisément le but de la procession pan-ukrainienne, la marche de la paix, de l’amour et de la prière pour l’Ukraine. J’implore la bénédiction de Dieu sur tous les participants de la Procession, et je leur souhaite l’aide du Tout-Puissant dans cette œuvre agréable à Dieu, 

+ Onuphre, métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine, primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine ». 

samedi 23 juillet 2016

Saint Basile le Grand: La récompense finale


     Par le Saint-Esprit vient notre retour au Paradis, notre ascension vers le Royaume des cieux, notre adoption renouvelée en tant que fils et filles de Dieu, notre liberté d'appeler Dieu Père, notre partage dans la grâce du Christ, notre naissance comme enfants de lumière, notre part de gloire éternelle; en un mot, notre accession à la plénitude de la bénédiction, dans ce monde et dans le monde à venir, de ces bonnes choses contenues pour nous dans les promesses, et voyant leur grâce comme dans un miroir, nous les attendons avec impatience par la foi, comme si elles étaient déjà présentes. 

Si tel en est le gage, alors de quelle grandeur sera la récompense finale? S'il s'agit là des premiers fruits, alors quelle en sera la plénitude?

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Chœur d'hommes d'Optina: Chant à la Mère de Dieu

vendredi 22 juillet 2016

Les noms Jésus et Marie


Question: 

J'ai entendu dire qu'il ne faut pas nommer Marie, une fille née le jour de la Nativité de la Mère de Dieu. Et que, en fait, on peut ne pas nommer une fille Marie en l'honneur de la Mère de Dieu, quelle que soit la date à laquelle elle est née. En est-il ainsi? Expliquez, s'il vous plaît, pourquoi.

Réponse: 

Dans notre Église, il n'est pas accepté de prénommer quelqu'un en l'honneur de Jésus-Christ et de la Mère de Dieu. La raison en est la vénération profonde pour leur sainteté. Le nom de Jésus [ou Josué] est donné en l'honneur du juste  Jésus. fils de Navé. 

Le nom de Marie répandu en Russie parmi les chrétiens orthodoxes est donné en l'honneur des saintes agréables à Dieu Marie-Madeleine, Marie d'Egypte, et d'autres saintes portant ce nom.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Chine orthodoxe

Le premier chant entendu sur cette video est le Tropaire de Pâques en Chinois

jeudi 21 juillet 2016

Une apparition récente de la Mère de Dieu au Mont Athos



M. K.P. était allé à la Sainte Montagne, et avait reçu l'hospitalité des Pères du saint et grand Monastère de Vatopaidi. Le 26 octobre 2014, il demanda aux Pères  s'il pouvait aller à la confession. Les Pères lui dirent que le lendemain, qui était un lundi matin, il pouvait y aller.

Le 27 octobre 2014, à 4 heures du matin, le service de Matines a commencé, et il est descendu à l'Eglise, et après avoir vénéré les icônes, il alla s'asseoir. Il y avait beaucoup de gens dans l'église, et dans la stalle où il se mit, il était assis à côté d'un homme, mais l'autre côté était vide.

Il attendit patiemment, mais le temps passait, et le moine qui l'aurait conduit au confesseur ne paraissait pas. Autour de 4h 20, il se retourna, et vit à côté de lui, dans la stalle auparavant vide, une moniale! La moniale s'approcha de lui et lui a dit: "Attends, tout ira bien, tu te confesseras. Ne t'inquiète pas, il suffit d'attendre un peu."

Il pensait que très certainement, les grands monastères avaient dans leurs murs une moniale pour aider à l'église. Peu de temps s'écoula, et l'homme impatient pensa qu'il devait partir pour trouver quelqu'un pour l'emmener à la confession. Il était environ 4h 45 quand il eut l'intention de partir. Il fit un pas, et encore une fois, il vit la moniale l'approcher, l'attraper par l'épaule, et le faire retourner doucement vers sa stalle. Et elle lui dit: "Je t'ai dit d'être patient et d'attendre... Maintenant, l'hexapsalme se finit, et le moine viendra pour t'emmener au confesseur pour te confesser."

En réalité, au bout de deux minutes, le moine vint pour le conduire au confesseur. K.P. ne dit rien à ce moine parce qu'il était méfiant. En réalité, quand il arriva vers  le confesseur, après avoir parlé un peu, K.P. lui dit: "C'est bien que vous ayez eu cette moniale là pour m'inciter à être patient et à attendre..."

"De quelle moniale parles-tu, béni? Il n'y a pas ici de moniales. Ceci est la Sainte Montagne, les femmes et les moniales n'y sont pas autorisées!"

"Mais, j'ai parlé deux fois avec elle!"

Le père spirituel répondit: "Tu as parlé avec notre Panaghia (Toute Sainte, id est la Mère de Dieu), mais tu ne le savais pas, mon enfant!"

Ensuite, le confesseur lui demanda de la décrire. 

K.P. déclara: "Elle était grande, autour des 30-35 ans, et très belle!"

Version Française Claude Lopez-Ginisty
d'après




mercredi 20 juillet 2016

Sur Orthodoxie.com:Un hiérarque du Patriarcat de Constantinople a rencontré le leader du « Patriarcat de Kiev »


Un hiérarque du Patriarcat de Constantinople, l’archevêque du diocèse de Winnipeg et du Centre de l’Église orthodoxe ukrainienne au Canada, le métropolite Yurij (Kalichtchuk) a rencontré le leader du « Patriarcat de Kiev » schismatique. Le métropolite de Lougansk et Altchev Mitrophane (Église orthodoxe d’Ukraine) a signalé cette rencontre, qui a eu lieu le 14 juillet à Kiev, au Département des affaires ecclésiastiques extérieures de l’Église orthodoxe d’Ukraine. Dans une lettre, le métropolite Mitrophane a exprimé ses regrets que le métropolite Yurij n’ait pas trouvé la possibilité de rendre visite au primat de l’Église canonique orthodoxe d’Ukraine, S.B. le métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine Onuphre, tout en ayant été d’accord pour rencontrer publiquement le « patriarche » Philarète, qui a créé le schisme en Ukraine. De telles rencontres sont en contradiction tant avec l’esprit des canons ecclésiastiques et l’ordre prévalant dans les actions mutuelles des évêques canoniques du monde orthodoxe entier, qu’avec l’esprit d’unité de l’Église, sous le signe duquel s’est déroulé le Concile en Crète, dont il est tant parlé dans les documents conciliaires, a fait remarqué le président du Département des affaires ecclésiastiques extérieures de l’Église orthodoxe d’Ukraine. Le métropolite Mitrophane a exprimé l’espoir que le fait donné constitue un malheureux malentendu et n’affectera pas les relations traditionnellement chaleureuses et amicales entre l’Église orthodoxe d’Ukraine et le Patriarcat de Constantinople.


Sur le blog saint Materne!


Le Chrétien doit tout accepter! (Chesterton)

"Nous sommes arrivés à une époque où l'on attend du Chrétien qu'il loue toutes les croyances sauf la sienne."
Gilbert Keith Chesterton
(29 Mai 1874 – 14 Juin 1936) 





"These are the days when the Christian is expected to praise every creed except his own."
G.K. Chesterton
in: Illustrated London News (11 August 1928)

Orthodoxie au Japon

mardi 19 juillet 2016

Theodore Danalache: Les Lampades




La lampade nous accueille à l'entrée de chaque d'église, éclaire le coin de prière de la maison [le beau coin], le lampade éclaire le visage quand nous arrivons en face de l'icône d'un saint, la lampade caresse doucement et repose l'âme, la lampe fait partie du culte liturgique orthodoxe, contribuant à enrichir l'éthique chrétienne.

Le mot "lampade" vient du grec "Kandil" [καντηλ], ce qui signifie " lumière vigilante." Cela rappelle au chrétien qu’il doit sans cesse veiller, ne sachant pas quand viendra l’Epoux, le Christ, pour l’inviter dans la chambre nuptiale.

Qu'est-elle et comment utiliser la lampade?

Mais qu’est-ce que la lampade? La plupart du temps, la lampade est sous la forme d'un vase avec de l’huile sur la surface duquel, un peu de liège supporte un fil de coton qui brille et brûle en douceur. Le fil de coton épais attire l'huile de la cuve, donnant une flamme tout le temps de la même intensité. Lorsque le niveau d'huile descend trop, la lampade peut s’éteindre, raison pour laquelle on la remplit périodiquement d'huile.


Lampade à l’Ermitage de Darvari

Par vénération et amour pour les saints, les chrétiens adorent Dieu avec les meilleures choses, la meilleure qualité, comme avant, ils adorèrent Dieu en lui offrant les premiers fruits de tout travail humain. Ainsi, si possible, il faut mettre dans la lampade une huile de qualité, propre, et qui ne soit pas rance. En outre, le vase doit être correct, et le coton naturel, pour brûler sans fumée et sans heurts.

La lampade se trouve en face d'une icône de saint, sur une table ou accrochée à un support fixé au mur. Dans l'église, des lampades sont suspendues devant toutes les grandes icônes, en particulier celles sur l'iconostase, et d'autres plus choisies, placées dans le narthex et la nef. En outre, une lampade brûle sans cesse sur l’autel, et une autre sur la table de proscomédie au Sanctuaire. Parfois, sur l’autel on met un chandelier avec sept récipients qui contiennent une lampade chacun.

Le foyer chrétien, se félicitant de la grâce du Saint-Esprit, dans le saint sacrement du mariage, devient une église du Christ. Par conséquent, les maisons ont un coin de prière, des livres saints, de l'encens et un encensoir, des cierges et des icônes, et bien sûr, une lampade. La lampade est utilisée dans les églises et dans les maisons. Chaque maison a sa lampade. Où est votre lampade? Celle-ci est mise dans un lieu de la maison, souvent là où se font la plupart des prières.


Lampades

Comment et pourquoi utiliser la lampade? Elle nous aide surtout à rassembler l’esprit et les pensées. La Lumière du Christ illumine tout le monde, dit souvent Eglise. Il est le Soleil levant d'en Haut, Qui a fait jaillir la lumière du monde de la Résurrection et Son Royaume. Dans l'Eglise d'Orient, tout est lumière, parce que dans tous les transparaît Jésus-Christ, la Lumière du monde.

Comment nettoyer la lampade et que faire de l’huile qu’elle contient?

Le vénérable staretz Païssios du Mont Athos, dans un de ses paroles spirituelles, dit des femmes d'aujourd'hui: «Autrefois, les femmes avaient une grande piété. Jamais elles ne lavaient la lampade, mais la nettoyaient avec grand soin. Elles ne jetaient pas l'huile altérée, parce que celle-ci était reçue comme une grande bénédiction, étant sanctifiée par le multiples prières dites devant elle. "


Lampades devant les saintes reliques aux grottes de Kiev

L’huile de la lampade est sanctifiée. Les lampades dans les églises, qui sont allumées devant les saintes icônes ou les saintes reliques donne aux croyants l'huile sanctifiée comme une bénédiction. Souvent, il s’est avéré que l'huile de la lampade [devant les icônes ou les reliques] des saints a des pouvoirs de guérison, la guérison de beaucoup d'infirmités. Les prières des fidèles et la présence des saints, des icônes et des reliques, vont « charger » cette huile avec la bénédiction de Dieu.


J’ai souvent vu les prêtres et les moines des monastères et des églises prendre de l’huile des saintes lampades et en donner tout ou partie aux fidèles malades qui le désiraient. Saint Nectaire le Thaumaturge [d'Egine] a des reliques au Monastère de Radu Voda à Bucarest. Là, beaucoup de croyants viennent prendre de l’huile sainte à sa lampade. Cela arrive dans de nombreux monastères et églises.

En voyant un tel pouvoir de guérison de l’huile de la lampade, et la piété chrétienne envers elle, on ne peut nettoyer la lampade n’importe comment, nous n’allons pas jeter l'huile qui coule ou l’essuyer avec un chiffon, puis le jeter. Il est approprié de nettoyer pieusement la lampade et de brûler [ce qui a servi à cet effet] avec d'autres onctions ou fleurs séchées, au fil des ans, puis de jeter les cendres dans un endroit propre.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Le martyre de la famille impériale


lundi 18 juillet 2016

5ème Anniversaire de la Naissance au Ciel du staretz Arsène [Papacioc]



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Nous célébrons mardi 19 Juillet, 2016, le cinquième anniversaire de la naissance au Ciel du Père Arsène Papacioc. A cette occasion, Sa Béatitude Daniel, Patriarche de Roumanie, a célébré aujourd'hui 16 Juillet 2016, après la Divine Liturgie, un service commémoratif au monastère patriarcal stavropégiaque de Sainte Marie de Techirghiol.

A la fin, le primat de l'Église orthodoxe roumaine a prononcé un discours évoquant la mémoire du Père Arsène Papacioc.

Sa Béatitude le Patriarche Daniel, a souligné que le Père Arsène est présent à travers l'héritage laissé à l'Eglise, mais aussi à travers ses prières au Ciel.

Père Arsène est présent non seulement dans sa tombe, qui se trouve à proximité de la maison où il a vécu et confessé et a guidé des milliers de croyants, mais dans l'héritage spirituel laissé à l'Eglise, par ses nombreux sermons. Il est mystiquement présent dans ses prières au Ciel, parce que ceux qui ont beaucoup prié dans la vie sur terre, prient dans le ciel, a dit Sa Béatitude.

La commémoration de ceux qui se sont endormis, a souligné le patriarche roumain, est un acte de foi et un signe de notre amour pour eux.

L'amour exprimé par la prière est plus fort que la tombe, que l'espace et le temps qui séparent. Par conséquent, les prières pour ceux qui reposent sont l'expression de la foi orthodoxe qui croit en Jésus-Christ vivant. Même si le corps meurt l'âme doit vivre comme le Sauveur Jésus-Christ lui-même nous l’assure dans l'Evangile de saint Jean en disant: "Je suis la résurrection et la vie; celui qui croit en moi, vivra même s’il meurt. Et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. "(Jean 11: 25-26).

Le souvenir de ceux qui sont défunts est un acte de foi. Nous croyons que l'âme est immortelle, parce qu'elle est créé à l'image de la vie éternelle de Dieu. Le souvenir de ceux qui sont passés loin de nous, est un signe de notre amour pour eux et donc nous montre que nous devons aimer les autres, non seulement les vivants, mais aussi ceux qui sont défunts. Ce souvenir de ceux qui sont défunts est un signe d'espoir qu'ils ressusciteront et que nous serons à nouveau ensemble, mais c’est aussi un signe de notre communion avec l'Eglise.

L’Eglise orthodoxe roumaine a dit que le père Arsène était un prêtre sage, un bon conseiller et un guérisseur des âmes.

Père Arsène Papacioc père était un mentor, un prêtre en même temps très sage et un bon conseiller. Il n'était pas si dur concernant les canons, il était plus clément, mais il admonestait les croyants à pratiquer l'amour miséricordieux: l'amour de Dieu manifesté dans la prière et l'amour de compassion pour nos semblables montré par une bonne parole, de bons conseils dans ce bel acte de miséricorde. 

[...]
L’essentiel dans la vie humaine est l'amour de Dieu et du prochain. Il a dit qu’en un tournemain, l’homme peut atteindre le salut s'il se repent. Il a également écrit un livre intitulé "L’éternité contenue dans un instant" publié en 2004. Il était plus un guérisseur des âmes, des blessures laissées par le péché dans l'âme, qu'un juge des actes des personnes. C’est pourquoi il était aimé par le peuple.

C’était un homme avec un visage brillant, plein d'espoir spirituel et de joie, comme une sorte de gage de la paix et de la joie du royaume de Dieu, montré sur le visage des êtres dans la vie terrestre. En ce jour du souvenir, nous demandons au Dieu Bon de mettre son âme dans les tentes avec les saints et les justes. Dans le même temps, nous espérons qu'il prie au Ciel pour le monastère et pour tous les enfants et tous les fils spirituels qu’il a guidés et nous demeurons confiants que ses prières portent en particulier cette communauté du monastère de Techirghiol, qui est un monastère missionnaire avec beaucoup de prières et beaucoup de travail pour recevoir les pèlerins, mais aussi les patients recevant la prière et un traitement médical. La meilleure façon d'honorer ceux qui sont décédés, après avoir prié pour eux, est de suivre l'exemple de leur vie afin de nous réjouir avec eux dans l'amour de la Sainte Trinité, et la communion des saints, a conclu Sa Béatitude.

Après cela, il est allé sur la tombe du Père Arsène et célébré une pannikhide, suivie par le chant « Mémoire éternelle ».

L’Archimandrite Arsène [Papacioc], l'un des Pères les plus importants de l’Orthodoxie roumaine, est né le 13 Août 1914 au village de Misleanu, dans la commune de Perieti du district de Ialomita. Le nom dans le monde du Père Arsene était Anghel. 

En 1932, il fut diplômé de l'Ecole des Arts et Métiers de Bucarest. Il est reçu comme "frère" au monastère Cozia en 1947, et il accomplit toutes les autres obédiences à Cioclovina en Gorj (1948-1949) et au monastère de l'Ermitage (1949). Il fut tonsuré moine au monastère Antim à Bucarest (1950), il fut ordonné prêtre pour le monastère Slatina (26 septembre 1950). 

Il fut arrêté le 14 juin 1958, condamné à 20 ans de prison pour "conspiration contre l'ordre social". Après cela, il passa par les prisons de Braşov, Aïoud et Jilava et fut libéré en 1964. Après sa sortie de prison, il est appelé comme prêtre en Transylvanie; Il fut un temps staretz au monastère de Cozia, et en 1976, il devint père spirituel du monastère de Sainte-Marie de Techirghiol


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après













Valaam/ Pâques

dimanche 17 juillet 2016

Père Seraphim (Rose):La Faim de Dieu (R)


"L'homme a faim, de ce qui est plus que lui-même, de ce qui est plus que le monde, c'est la faim de Dieu de l'homme, la faim d'être participant de Sa nature, qui empêche toutes les tentatives visant à ce qu'il soit satisfait de moins que cela. 

Et cette faim est tellement centrale dans l'homme qu'elle se manifeste aujourd'hui plus clairement, en dépit du fait que les hommes ont perdu conscience de son existence. En fait, le caractère "irrationnel" de tant de choses dans l'histoire contemporaine est le résultat précisément de cette ignorance de l'homme qui ne sait pas ce qu'il veut vraiment."

"Notre époque a appris à ne croire en rien de plus élevé que l'esprit humain, et que les idées de cet esprit humain, c'est pourquoi les conflits de nos jours sont "idéologiques", et c'est la raison pour laquelle la vérité n'est pas en eux. 

Car La vérité est seulement dans la vie de communion avec la Vérité Vivante, avec le Christ; en dehors de Lui il n'y a pas de Vie, pas de Vérité. " 

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après le livre du Hiéromoine Damascène
Fr. Seraphim Rose: His Life and Works, 
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California,
USA, 2003

Mont Athos

Librairie Apostolia




Ce livret pour enfants raconte la vie de notre Seigneur Jésus-Christ en utilisant de très belles icônes byzantines. C'est la version française de l'ouvrage de Marina Palaki, publié en grec par Athos Paidika  en 2008. Il convient aux enfants de plus de 3 ans, mais les adultes aimeront ce texte émaillé de splendides illustrations.

(Prix non indiqué)



Ce livre parle de notre Père parmi les saints Jean Chrysostome. Cette vie est écrite pour la collection Apostolia Junior

(Prix: 6 euros)

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Pour toutes les commandes, livres et CD, s’adresser à :
librairie@mitropolia.eu

Sur Parlons d'Orthodoxie

La barbarie sans nom a, une nouvelle fois, frappé la France
Nous avons appris que parmi les victimes de Nice il y a un lecteur de la cathédrale Saint Nicolas, le serviteur de Dieu, Igor Chelechko  ainsi que deux habitants d'Anvers invités du père Andrey Eliseev, Paix à leurs âmes.  

« Tu es, en effet, Seigneur, le secours des sans-secours, l’espérance des désespérés… Sois tout pour tous, toi qui connais chacun, ses prières, sa famille, ses nécessités. » (Extrait de la Liturgie de saint Basile) 

La barbarie sans nom a, une nouvelle fois, frappé la France. La ville de Nice est éprouvée depuis hier, le jour de notre fête nationale, par une violence perpétrée contre des innocents, hommes femmes et enfants de tous âges, une violence qu'aucune cause ne peut justifier. Les évêques membres de l’Assemblée des Evêques Orthodoxes de France, condamnent avec la plus grande fermeté cet attentat terroriste inqualifiable qui n'entame point la volonté de la France d'aller de l'avant. 

Les évêques orthodoxes de France saluent la continuelle mobilisation des autorités françaises et des forces de l'ordre qui apportent soutien et secours aux citoyens de notre pays. Ils prient pour les victimes blessées et pour les personnes décédées, et expriment leurs condoléances les plus fraternelles et leur solidarité à leurs familles et proches. 

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