"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

jeudi 19 février 2015

Stages de chant byzantin en français



Stages de chant byzantin en français – 2015

Stages de chant byzantin en français – 2015
Le Centre d’étude de chant byzantin Stoudion organise des stages de chant byzantin en français en 2015.
Dates :
Initiation :
– du 4 au 12 juillet
– et du 17 au 24 octobre
Perfectionnement :
– du 11 au 19 juillet
– et du 25 octobre au 1er novembre
Lieux :
– Atelier Saint Jean Damascène (26190 Saint Jean en Royans dans la Drôme)
– Monastère orthodoxe de Solan (Gard)
Les chants sont adaptés en français à la base des mélodies traditionnelles byzantines. L’apprentissage se fera en 2 groupes (initiation et perfectionnement, séparément en deux temps)
 ouvert à tous (pour les débutants, aucune formation musicale préalable n’est nécessaire). Le stage sera animé par Andréa ATLANTI (diplôme d’état de chant byzantin de Grèce) et par
 Ibrahim ISSID (chantre et chef de choeur de l’Église orthodoxe).
Information : au N° 06 84 48 57 60 
E-mail : stoudion@gmail.com
Adresse : Association STOUDION
Rue de la Providence – 26190 Saint Laurent en Royans

mercredi 18 février 2015

La prudente lâcheté et l'honneur


Comparez:

Communiqué de l'Elysée après l'assassinat des Coptes parce qu'il étaient chrétiens:


Le Président de la République condamne avec la plus grande fermeté l’assassinat sauvage de 21 ressortissants égyptiens, otages de Daech en Libye.
Il dénonce l’appel au meurtre et à la haine religieuse des terroristes. Il exprime sa préoccupation face à l’extension des opérations de Daech en Libye et rappelle la détermination de la France et de ses alliés à lutter contre ce groupe.
Le Président de la République présente ses sincères condoléances au peuple égyptien et s’associe au deuil national que le président Sissi a décrété en République Arabe d’Egypte.
et 

[…] en Egypte, le gouvernement a proclamé sept jours de deuil national pour les martyrs de Libye, alors qu’en différents Diocèses, entre jeûnes et veillées de prière, des fidèles et des Evêques avancent la proposition de leur dédier leurs nouvelles églises. Le Premier Ministre égyptien, Ibrahim Mahlab, a révélé que le Président Abdel Fattah al-Sisi en personne a donné ordre de construire aux frais de l’Etat une église dédiée aux martyrs de Libye dans la ville de Minya, ville de la région dont provenait la majeure partie des coptes décapités par les djihadistes. Par décret présidentiel, les familles des victimes du terrorisme islamiste recevront un dédommagement financier et deviendront titulaire d’une pension mensuelle.




Pour le Président de la République Française, Président "normal"…

Les chrétiens coptes sont simplement des ressortissants égyptiens.
Il parle de Daech, ce qui évite de parler du pseudo état islamique.
Il ne dit pas que ces exilés coptes en Lybie ont été mis à mort parce qu'il étaient chrétiens!

Le Président Egyptien Abdel Fattah al-Sisi, musulman, parle des martyrs chrétiens coptes, et donne l'ordre de faire construire aux frais de l'état, une église qui leur sera dédiée.

Nul commentaire supplémentaire n'est vraiment nécessaire!

A propos des "fondamentalistes" (sic!) orthodoxes



Le site Parlons d'Orthodoxie a publié il y a quelques jours l'article d'un "théologien" sur le "fondamentalisme orthodoxe." Le Père John Whiteford a démontré sur son blog la vacuité de pensée de cet intellectuel qui ne se paie que de mots, mais dans le sens de l'histoire et de la "théologie" new look (bien sûr!) qui a autant de rapport avec celle des Pères que la musique punk en a avec l'œuvre de Bach. 




Lundi 2 février 2015

Réponse du Père John Whiteford à l’article "Les Fondamentalistes Orthodoxes" de George Demacopoulos

Le Docteur George Demacopoulos de l'Université Fordham a récemment publié un article intitulé "Les fondamentalistes orthodoxes," sur le site Internet de l'archidiocèse grec. Il présente un certain nombre de problèmes que je pense devoir souligner.

Pour commencer, il n’explique pas vraiment ce qu'il entend par le terme "fondamentaliste". Le terme, lorsqu’il qu'il avait été inventé, se référait à ces protestants conservateurs qui, en réponse aux tendances modernistes, en particulier dans les dénominations protestantes, posait en principe qu'il y avait cinq croyances fondamentales (on pourrait même dire "minimales")  auxquelles les chrétiens devaient adhérer:

1. L'inspiration et l'infaillibilité de l'Écriture
2. La divinité de Jésus-Christ
3. La naissance virginale du Christ
4. L’œuvre substitutive, expiatoire du Christ sur la Croix
5. La résurrection physique et le retour corporel personnel du Christ sur terre

Le terme "fondamentaliste" fut plus tard (à partir de 1979, à l'époque de la crise des otages en Iran) appliquée aux musulmans radicaux, et puis plus tard à n’importe quelle expression conservatrice de toute religion. Je ne pense pas que cet élargissement de la signification du terme était un geste accidentel. C’était une tentative d'associer les chrétiens conservateurs, comme Jerry Falwell et son groupe "The Moral Majority" [la Majorité Morale] avec les semblables de l'ayatollah Khomeiny et d’Oussama ben Laden, et cela a été fait à des fins de politique intérieure. Le terme a donc vraiment cessé d'avoir beaucoup de sens, en dehors de ceux qui souhaitent l'utiliser comme synonyme de "stupide", et cela semble être le premier niveau de sens pour lequel le Dr Demacopoulos utilise le terme.

Le Dr Demacopoulos établit une connexion lâche avec le sens originel du terme quand il dit: "Comme d'autres mouvements fondamentalistes, le fondamentalisme orthodoxe réduit tout l'enseignement théologique à un sous-ensemble d'axiomes théologiques puis mesure la valeur des autres par rapport à eux." Le seul problème avec cette déclaration, c’est qu'il
 ne donne aucun exemple, et la déclaration n’est tout simplement pas vraie. Si nous prenons, par exemple, les anciens calendaristes grecs, qui seraient parmi les candidats les plus susceptibles de tomber dans la catégorie dont le Dr Demacopoulos parle, vous pourriez dire que la question du calendrier est utilisée par eux comme un test de mise à l'épreuve, mais il n’est guère de cas où ils diraient qu’il est seulement nécessaire d’être à l’ancien calendrier [Julien] pour satisfaire leur définition de fidélité à l'Orthodoxie. En fait, la faute des grecs anciens calendaristes, n’est pas qu'ils ont une compréhension minimaliste de l'Orthodoxie, mais qu'ils sont maximalistes et qu'ils accordent une trop grande importance à certaines questions qui ne devraient pas être matière à rompre la Communion. Même parmi les anciens calendaristes eux-mêmes, il en est qui sont encore divisés sur de nombreuses questions. Donc, en fait, leur tendance est exactement le contraire des protestants fondamentalistes, qui se concentraient vraiment sur le minimum que l’on devait croire. Et c’est en fait les modernistes orthodoxes qui tentent généralement de réduire les "données essentielles" de l'Orthodoxie au plus petit commun dénominateur, et donc ils sont beaucoup plus près d'être fondamentalistes au sens originel du terme.

Le Dr Demacopoulos affirme ensuite: "L'erreur intellectuelle clé dans le fondamentalisme orthodoxe réside dans le présupposé que les Pères de l'Église étaient d'accord sur toutes les questions théologiques et éthiques." Cette caricature paresseuse de pacotille n’est pas ce à quoi l'on pourrait s’attendre venant d’un professeur de théologie d’une université respectée. Si ceci est l’erreur intellectuelle clé, j’aimerais trouver l’exemple d'une personne qui corresponde effectivement à cette description. Je doute que même le plus acharné et le plus fou des anciens calendaristes que l'on pourrait trouver, dirait que "les Pères de l'Église étaient d'accord sur toutes les questions théologiques et éthiques."

On nous dit alors que "généralement, cela se manifeste par des accusations selon lesquelles les individus, les institutions, ou des branches entières de l'Eglise orthodoxe ne parviennent pas à satisfaire à la norme des règles "auto prescrites" pour l'enseignement orthodoxe." Je serais curieux de savoir pourquoi Saint-Marc d'Ephèse ne serait pas considéré comme un "fondamentaliste orthodoxe," parce qu'il a rompu la communion avec ceux qui ont échoué à répondre à ce que Saint-Marc considérait comme la norme pour l'enseignement orthodoxe. Probablement, la réponse que nous aurions est que Saint-Marc n’était pas un troglodyte intellectuel, mais peu importe, il y a évidemment des limites qui peuvent être franchies qui justifient une telle action, et donc la question n’est pas de savoir si quelqu'un est fondamentaliste parce qu'il croit qu'il y a de telles frontières, mais plutôt à cause des mérites des questions spécifiques en jeu... qui ne nous sont pas fournies dans cet article.

Il va ensuite fournir des exemples qui abattent cet épouvantail de pacotille [id est le "fondamentaliste orthodoxe"] qu’il a fabriqué:

"En effet, une lecture attentive de l'histoire et de la théologie chrétienne établit clairement que certains des saints les plus influents de l'Eglise étaient en désaccord les uns avec les autres, parfois très amèrement. Saint Pierre et saint Paul étaient en désaccord sur la circoncision. Saint Basile et saint Grégoire le Théologien se sont affrontés sur la meilleure façon de reconnaître la divinité du Saint-Esprit. Et saint Jean Damascène, qui vivait dans un monastère sous le califat islamique, a abandonné la tradition hymnographique qui l'a précédé afin d’en développer une nouvelle qui a répondu aux besoins de sa communauté. "

Là encore, nous trouvons de négligentes exagérations. Où trouvons-nous saint Pierre et saint Paul en désaccord sur la circoncision? On les retrouve en accord très clair sur cette question dans Actes 15. Très probablement, il a à l'esprit le chapitre 2 de Galates, mais le désaccord n’était pas sur la circoncision... c’était sur l'hypocrisie de saint Pierre concernant ceux "de la circoncision" - il n'y a aucune indication qu'ils eurent un désaccord de fond sur la question. Ils avaient un désaccord sur le comportement et l'incohérence de saint Pierre, et saint Paul l'a interpelé sur cette question, bien en face, et en présence de tous (Galates 2: 11,14). Il n’y a également aucune indication dans le texte, ni dans la Tradition ecclésiale que ce fut un sujet de désaccord en cours ou de division entre ces deux saints. Ce fut plutôt l’exemple prouvant qu’un grand saint était capable de tomber dans une erreur temporaire.

Il est également clairement excessif de prétendre que saint Jean Damascène "abandonna la tradition hymnographique qui l'a précédé." Quelle était la tradition hymnographique qui l'a précédé? La façon dont les aspects les plus anciens des offices ont généralement fini par être mis à l'écart n’a généralement été qu’ils soient remplacés par de nouveaux hymnes, mais plutôt qu’ils aient été complétés par des hymnes plus récents, puis avec le temps, certains des textes plus anciens ont été généralement omis. Si vous prenez l'introduction des textes que nous utilisons maintenant, les canons à Matines, ces hymnes ont été chantés à l'origine avec les Odes bibliques qui étaient les textes plus anciens qui ont précédé la composition de ces hymnes. Seulement au fil du temps s’est généralement développée la pratique d'omettre les odes, et de retenir les tropaires qui ont été composés pour être chantés avec elles (même si la pratique est encore plus suivie dans une certaine mesure les jours de semaine du Grand Carême). Donc, suggérer que saint Jean jeta tout ce qui a précédé, est tout simplement contraire aux faits.

En outre, il y a une petite différence quand un saint homme, tels que saint Jean Damascène, introduit une nouvelle pratique liturgique, que quand c’est un comité de "théologiens fumeurs de cigare" qui le fait. Par exemple, la pratique grecque de dire "Avec crainte de Dieu et avec foi et amour, approchez" est clairement un changement de la forme originale "Avec crainte de Dieu et  foi, approchez". Mais ce fut, je crois, présenté par les Pères des Collyvades. Il m'a été dit par quelqu'un qui est une bonne source sur la question, que saint Jean de Changhaï a également suivi cette pratique. Je suis enclin à me plier à la sagesse de ces saints, mais pense qu’il est juste d'être sceptique à propos des changements qui sont introduits par quelqu'un qui peut être très intelligent, mais qui ne n’est pas dans la même stature que ces saints.

Nous trouvons encore une hyperbole lorsque le Dr Demacopoulos affirme: "Il est important de comprendre que les fondamentalistes orthodoxes renforcent leur lecture réductrice des Pères de l'Église par des mensonges supplémentaires. L'un de ceux les plus fréquemment adoptés est l'affirmation que la communauté monastique a toujours été la gardienne de l'enseignement orthodoxe. Un autre insiste [disant] que les Pères étaient "anti-intellectuels". Et un troisième exige que l'adhésion aux enseignements des Pères nécessite que l’on résiste à toutes choses occidentales."

S’il est vrai que les communautés monastiques ont généralement été les bastions de l'Orthodoxie, je ne connais personne qui dirait que cela a toujours et invariablement été ainsi. Je doute qu'un seul exemple pourrait être produit par quiconque soutiendrait sérieusement que les Pères étaient anti-intellectuels. Et l'exemple le plus proche de celui qui fait valoir que les enseignements des Pères nécessitent que l'on "résiste à toutes les choses de l'Occident" serait le Père John Romanides, et ses admirateurs... mais même pas eux ne feraient une telle déclaration péremptoire comme cela est fait ici, et je ne pense pas que le Père John Romanides était anti-intellectuel.

Et lorsque le Dr Demacopoulos émet l'hypothèse que "Par la réorientation de la tradition comme arme politique, l'idéologue trompe ceux qui ne sont pas enclins à remettre en question la crédibilité de leurs chefs religieux", il serait utile qu’il veuille fournir quelques exemples et donner quelques noms, afin que nous ayons une idée de qui, et de quoi il parle.

En outre, je ne suis pas sûr que "L'importance des Pères réside dans leur quête sincère et déchirante pour l’âme de chercher Dieu et de Le partager avec le monde." Si tel était le cas, je ne suis pas sûr de savoir comment ils seraient différents de Lao Tseu, de Gautama Bouddha, de Socrate, ou de Mahomet. Leur importance est dans la façon dont ils ont expliqué, articulé, transmis, et sincèrement soutenu "la foi transmise aux saints une fois pour toutes" (Jude 1: 3). Ce n’étaient pas seulement des hommes intelligents qui étaient sérieux, mais des hommes saints qui reçurent la foi des Apôtres, et la transmirent sans altération - et, ce faisant, face à de nouveaux défis à cette foi, enrichirent l'Eglise de leurs paroles, de leur vie et de leurs fidèles exemples. Nous comprenons mieux la foi à cause d'eux, mais nous n’avons pas actuellement une nouvelle foi, ou une foi différente.

Et il termine par cet appel à l'action: "Il est temps pour les hiérarques orthodoxes et dirigeants laïcs de proclamer de manière générale que la pertinence attachante des Pères de l'Église ne réside pas dans l'adhésion servile à un ensemble fossilisé de propositions utilisées dans l'autopromotion." Mais je ne vois pas comment les hiérarques orthodoxes ou les responsables laïcs peuvent répondre à son appel, même s’ils étaient enclins à le faire, parce que le Dr Demacopoulos ne nous donne aucune indication de qui ou de quoi il parle exactement.

Si quelqu'un, correctement dépeint dans les descriptions trouvées dans cet article, peut être montré du doigt, je crois certainement qu’une telle personne serait digne de critique. Mais parlons clairement, plutôt que de lancer dans le débat des termes dénués de sens qui veulent nous faire croire qu'il existe une réelle ligne d'accord philosophique entre la moyenne conservatrice évangélique protestante, certains groupes indéterminés de chrétiens orthodoxes, et les terroristes djihadistes qui décapitent et lapident ceux avec qui ils sont en désaccord.

(Mise à jour: Quelqu'un m'a renvoyé à la conférence à laquelle le Dr Demacopoulos faisait apparemment allusion. Il y eut une conférence (intitulée "Théologie Patristique et Hérésie Post patristique ") donnée au Pirée, en Grèce, le 15 Février 2012, qui était au moins en grande partie en réponse à la conférence de Volos mentionnée. Parmi ses orateurs étaient le Protopresbytre George Metallinos, professeur émérite de l'Université d'Athènes, et le Métropolite Hiérothée [Vlachos]. Sont-ils vraiment les "fondamentalistes orthodoxes" qui prétendent que les Pères étaient "anti-intellectuels", et étaient d’accord entre eux sur tous les points de théologie et d'éthique? Vous pouvez lire leurs conférences, parmi d’autres conférences, dans un format pdf, en cliquant ici et en cliquant là.)

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Jean-Claude LARCHET: Recension/ Agnès Pierron, « Après moi le déluge. Petit dictionnnaire d’expressions bibliques »


Agnès Pierron, Après moi le déluge. Petit dictionnnaire d’expressions bibliques, Éditions du Cerf, Paris, 2014, 319 p.
« Il faut rendre à César ce qui appartient à César », « Qui sème le vent récolte la tempête », « Nul n’est prophète en son pays », « Après moi le déluge », « être pauvre comme Job », « s’en laver les mains », « ne pas changer d’un iota », « un fils prodigue », « la porte étroite », « semer la zizanie », « l’abominaton de la désolation », « la pomme d’Adam », « de joyeuses agapes », « prendre sous son aile », « un bon apôtre », « le benjamin de la famille », « être blanc comme neige », « garder sous le boisseau », « un bouc émissaire », « une bebis égarée », « un calvaire », « un capharnaüm », « un déluge de pluie », « passer au crible » : autant de proverbes, de dictons, d’expressions ou de mots utilisés dans le langage courant, mais qui – beaucoup n’en sont pas conscients – ont directement ou indirectement une origine biblique. Certains d’entre eux ont donné lieu à des variantes, des déformations, des extrapolations ou des interpolations qui laissent cependant toujours entrevoir leur racine.
Linguiste, Agnès Pierron a rassemblé dans ce dictionnaire, au format de poche et au prix léger, plus de deux-cents de ces expressions, des plus banales aux plus surprenantes, et nous dévoile avec simplicité et humour, mais sur la base d’une large enquête, leurs origines et leurs évolutions.
Ces dernières leur ont souvent fait perdre leur connotation spirituelle d’origine pour les intégrer à un contexte profane, tantôt raffiné tantôt trivial, appartenant parfois à la langue littéraire, parfois à la langue ordinaire, et parfois à l’argot. Le mot « ange », pour ne prendre qu’un exemple, s’est prêté aux variations les plus diverses dans les domaines les plus variés : « être aux anges », « rire aux anges », « c’est un ange », « qui veut faire l’ange fait la bête », « un mauvais ange », « une faiseuse d’anges », « le saut de l’ange », « un ange passe », « la part des anges », « discuter sur le sexe des anges », etc.
Cet ouvrage qui se présente comme un dictionnaire mais que l’on est tenté de lire en continuité comme un essai captivant, nous permet de revisiter la Bible, mais aussi la littérature –  qui fait de celle-ci, un abondant usage, même quand elle se veut agnostique – à travers de nombreuses citations d’auteurs anciens et modernes.
Il nous montre combien notre langue, à ses différents niveaux, reste imprégnée de la culture chrétienne, et il nous rappelle combien celle-ci a contribué à former celle-là.

mardi 17 février 2015

Le Monastère athonite de Saint-Paul (Aghios Pavlos)



Monastery of Agios Pavlos (St Paul)


Le monastère fut fondé peu avant 980 et appelé Saint-Paul ou Xéropotamou. Le fondateur semble avoir été le moine éminent Paul, qui a également fondé le monastère de Saint-Nicéphore, encore connu sous le nom de Xéropotamou. Au 14ème siècle, Saint Paul n'était qu'une cellule dépendant du monastère de Xéropotamou, mais vers 1370 il fut restauré dans son statut de monastère.

Le monastère fut richement doté par la princesse serbo-grecque Maria, épouse du sultan Murat II et mère de Mohammed le Conquérant, qui prit Constantinople en 1453. La catholicon, dédiée à la Présentation du Seigneur, fut construit entre 1839 et 1844, et il est l'un des plus beaux exemples de construction d'église grecque moderne; son chancel de marbre fut conçu par les sculpteurs de marbre de Tinos. La chapelle Saint-Georges est décorée de peintures murales datant de 1555.

Les plus grands trésors de Saint-Paul sont les présents des Rois Mages, présentés au monastère par la sultane Maria, et une croix en bois sculpté incorporant des miniatures. Saint-Paul a compétence sur Néa-Skiti et la skite roumaine de Lakkos (Saint Démètre du Ravin).

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

EV8C6999-2014-09-20-11-45-22

lundi 16 février 2015

Les Paroles de Jésus corroborées par l'archéologie: "Les pierres crient! (Cf. Luc 19:40)


Il y a quelques années, des gens explorant des cavernes en dehors de Jérusalem ont fait la découverte la plus importante de toute une vie: une ancienne grotte funéraire contenant les restes d'un homme crucifié. Cette découverte est une de celles qui, dans une série de découvertes, remet en cause un consensus scientifique centenaire.

Ce consensus a jugé que les Évangiles sont presque entièrement une proclamation et contiennent peu, pour autant qu'ils le fassent, d'histoire réelle. Les restes appartenaient à un homme qui fut exécuté au premier siècle de notre ère, c'est-à-dire, à l'époque de Jésus.

Comme Jeffrey Sheler l'écrit dans son livre La Bible est-elle vraie? le squelette confirme ce que les évangélistes ont écrit sur la mort et l'enterrement de Jésus de plusieurs façons importantes.

Premièrement, le lieu: les chercheurs avaient longtemps douté du récit biblique de l'enterrement de Jésus. Ils croyaient que les criminels crucifiés étaient jetés dans une fosse commune, et ensuite dévorés par des animaux sauvages. Mais cet homme, quasi contemporain de Jésus, fut enterré de la même façon que la Bible dit que Jésus l'a été.

Ensuite, il y a la preuve matérielle du squelette. Les tibias de l'homme semble avoir été brisés. Cela confirme ce que Jean a écrit à propos de la pratique des bourreaux romains. Ils brisaient les jambes du crucifié pour hâter la mort, chose qui a été épargnée à Jésus, déjà mort.

Ce point est particulièrement remarquable, puisque les chercheurs ont longtemps rejeté les détails de Passion du récit de Jean comme des embellissements théologiquement motivés. Une autre partie de l'Evangile de Jean que l'archéologie a récemment corroborée, est l'histoire de Jésus guérissant le boiteux dans Jean 5.

Jean décrit une piscine à cinq côtés juste à l'intérieur de la porte des brebis à Jérusalem où des malades venaient pour être guéris. Comme aucun autre document de l'antiquité, y compris le reste de la Bible ne mentionne un tel endroit, les sceptiques ont longtemps soutenu que Jean avait simplement inventé cet endroit. Mais comme Sheler le souligne, lorsque les archéologues ont décidé de creuser là où Jean disait que la piscine était située, ils ont trouvé une piscine à cinq côtés. En outre, la piscine contenait des sanctuaires dédiés aux dieux grecs de la guérison.

Apparemment, après tout, Jean n'a pas inventé la piscine. Le rejet des textes bibliques sans se soucier de creuser [pour prouver leur fausseté], montre le sale petit secret de beaucoup d'opinions savantes: une grande partie de la suspicion traditionnelle envers le texte biblique ne peut qu'être appelée préjugé.

C'est-à-dire, que c'est une conclusion à laquelle on est parvenus avant d'avoir des faits. Les savants ont longtemps supposé que la Bible, comme les autres documents de l'antiquité, était essentiellement de la propagande, ce que le théologien Rudolf Bultmann appelait "kérygme" ou proclamation.

Mais ce préjugé commet une injustice par rapport à la foi biblique. Au centre de cette foi sont l'histoire et la mémoire.

Les chrétiens croient que Dieu a agi et continue d'agir, dans l'Histoire. Pour nous, nous souvenir de ce que Dieu a fait, est un acte d'adoration, quelque chose qui nous rapproche de Dieu.

Ainsi, alors que ces découvertes dans le désert peuvent arriver comme une surprise pour certains sceptiques, elles sont pas une surprise pour les chrétiens. Bien que l'archéologie seule ne puisse amener une personne à la foi, ces découvertes sont un argument éloquent pour ne pas rejeter la vérité de l'Ecriture au moins avant l'examen de la preuve, parce que, comme nous apprenons chaque jour, Jésus voulait dire cela quand Il a dit, "Les pierres mêmes crieront." (Cf. Luc 19:40)

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
citant
Charisma Media

dimanche 15 février 2015

Lettre pastorale du prêtre Nouveau Martyr Serge [Metchev] Écrite à ses ouailles après la fermeture de leur église paroissiale de Saint-Nicolas le Thaumaturge rue Maroseika à Moscou


New Priest-Martyr Sergei Mechev
Saint Nouveau-Martyr Serge

*

Tout ce qui est extérieur qui peut être imité et dépouillé de son esprit. Nous sommes appelés à être authentiques.
Nous devons choisir la bonne part, qui ne nous sera ôtée.
(Cf. Luc 10: 42).



* * *


A mes orphelins, compagnons de souffrance, j'envoie ma bénédiction pour le début du Grand Carême.

Je pense que vous avez maintenant longtemps attendu de moi une parole de consolation, mais mes lèvres sont devenues silencieuses; en moi mon esprit a disparu et mon cœur est lourd. Notre paradis terrestre est fini pour nous. Comment pouvons-nous ne pas pleurer, ne pas être dans l'angoisse et dans la douleur?

Ceignez-vous et pleurez! Lamentez-vous, serviteurs de l'autel! Venez, passez la nuit revêtus de sacs, Serviteurs de mon Dieu! Car offrandes et libations ont disparu de la maison de votre Dieu.(Joël 1:13)

La nature de l'homme, créé à l'image de Dieu, cherche à habiter avec les siens dans la joie et surtout dans la douleur. Il n'est pas bon que l'homme soit seul: Faisons pour lui une aide semblable à lui, dit le Créateur à l'aube de l'histoire de l'homme. Même notre Seigneur Jésus-Christ, dans l'angoisse de Sa propre mort, a prié son Père dans le jardin de Gethsémani, jusqu'à ce qu'apparaisse de la transpiration et du sang. Étant raffermi par un ange, Lui, d'une manière humaine, désira le soutien de ceux qui étaient proches et aimants, avec qui Il avait passé sa vie terrestre au service à l'humanité: "Mon âme est triste jusques à la mort Attendez ici, et veillez avec moi."

Je suis pécheur et mon âme est vide, ayant une fois été nourri par vos prières constantes, votre ardeur, votre service avec moi à l'Eglise. Maintenant tout seul et abandonné, je ressens particulièrement mon indignité et mon abandon.

Outre le fait que me manque l'église, j'ajoute que vous me manquez tous constamment, et j'avoue ma grande culpabilité devant chacun de vous. Vos souffrances et vos tribulations ont été constamment devant mes yeux. Comme Isaïe, je n'ai trouvé aucune consolation pour moi: Je poussais des cris comme une hirondelle en voltigeant, Je gémissais comme la colombe; Mes yeux s'élevaient languissants vers le ciel: O Éternel! je suis dans l'angoisse, secours-moi! (Isaïe 38:14.).

Je sais que vous priez pour moi, et que vos prières offertes dans une telle affliction sont allées au Seigneur; et Il m'a révélé à moi pécheur Sa miséricorde. Les hymnes de pénitence ont touché mon cœur déprimé, et les paroles du grand ascète m'ont donné une bonne direction pour mes souffrances: "Celui qui sans la prière et la tempérance souhaite surmonter les tentations, ne parviendra pas à les repousser, mais deviendra plus englué en elles" (Saint Marc l'Ascète).

Tout mon être intérieur tend vers le Seigneur. "Il fait la plaie, et il la bande; Il blesse, et sa main guérit."(Job 05:18)

"Je suis à Toi, sauve-moi. Guéris mon âme, car j'ai péché contre toi. En réponse, les paroles d'un homme intelligent des temps jadis sont venues à mon cœur: n'adonne pas ton âme à la tristesse, et ne te tourmente pas avec la rumination des pensées, car la tristesse en a tué beaucoup, et elle n'est d'aucun profit." (Sagesse du Fils du Siracide 30: 22-25)

"Et prépare ton cœur à devenir fort au temps de l'adversité; tout ce qui t'arrive, accepte-le avec bonne volonté et dans l'injustice de ton indignation, soit longanime." (Sagesse du Fils du Siracide 11:24).

Avec l'augmentation des souffrances du cœur, Tes bienfaits Seigneur ont fait se réjouir mon âme.

Par vos prières, les paroles du Psalmiste ont commencé à être réalisées en moi: 


"Seigneur,aussi nombreuses que les souffrances de mon cœur, 
Tes consolations ont rempli mon âme de joie." 
(Psaume 93:19)

Maintenant, avec Son aide, je peux écrire pour vous des paroles de consolation, et, partant, dans une petite mesure, réduire vos souffrances.

Le jugement de Dieu se déroule pour l'Eglise russe. Ce n'est pas par hasard si l'aspect extérieur du christianisme nous est enlevé. Le Seigneur nous punit pour nos péchés, et ainsi. Il nous conduit à une purification. Ce qui se passe est inattendu et incompréhensible pour ceux qui vivent selon les normes du monde. Même maintenant, ils s'efforcent toujours de tout faire à un niveau extérieur, attribuant tout à des causes qui se trouvent hors de l'Eglise. Pourtant, à ceux qui vivent pour Dieu, tout leur a été révélé longtemps à l'avance. Beaucoup d'ascètes russes, non seulement prévoyaient ces temps terribles, mais ils en ont également témoigné.

Ils n'ont pas vu pour l'Eglise un danger dans l'aspect extérieur. Ils ont vu que la vraie piété abandonne même les centres monastiques; que l'esprit du christianisme s'en va d'une manière indétectable; que la plus terrible famine est sur nous: famine de la Parole de Dieu; que ceux qui possèdent les clés pour déverrouiller ces connaissances n'ont pas laissé les autres entrer; et qu'avec la prospérité monastique apparemment abondante, le christianisme en est à son dernier souffle de vie. Abandonné est le chemin de l'expérience et de l'activité, par lequel les anciens Pères vivaient et qu'ils ont transmis dans leurs écrits. 

Il n'y a pas de mystère de la vie intérieure, car "les vénérables ont disparu, et la vérité a abandonné les fils de l'humanité." De l'extérieur, a commencé une persécution de l'Eglise, et le présent nous rappelle les premiers siècles de l'ère chrétienne. 

Plus d'une fois lors de ses entretiens avec ses proches en esprit, le saint hiérarque Philarète de Mosco, a souligné que le temps de se trouver dans la même position que l'ancien christianisme des premiers siècles est attendu depuis longtemps en Russie. Il a pleuré pour les enfants qui doivent voir des choses encore pires. La révélation à propos de notre temps est particulièrement bien exprimée par deux hiérarques qui ont étudié diligemment la Parole de Dieu: saint Tikhon de Zadonsk [1783] et l'évêque Ignace Brianchininov [1867].

"À l'heure actuelle la vraie piété a presque disparu, et nous sommes en présence de la seule hypocrisie", a déclaré saint Tikhon sur l'état de l'Église de son temps. Il a prédit la disparition du christianisme d'une façon invisible en raison de l'indifférence des gens à son égard. Il a averti que le christianisme - étant la vie, le mystère et l'esprit- ne devrait pas périr inaperçu de ceux qui ne valorisent pas ce don inestimable de Dieu. 

Un siècle après lui, l'évêque Ignace Briantchaninov a parlé du monachisme et de l'Église et a défini leur état: "Nous vivons en des temps turbulents -les vénérables ont quitté la terre, et la vérité est devenue rare au milieu des fils des hommes. Une famine pour la Parole de Dieu est arrivée; les clés pour déverrouiller cette connaissance sont dans les mains des scribes et des pharisiens et ils n'entrent pas eux-mêmes et ne laissent pas  les autres entrer. Le christianisme et le monachisme en sont à leur dernier souffle. L'image de la piété chrétienne n'est au mieux manifestée que d'une manière hypocrite. Toute force pour la vraie piété nous a quitté, les gens l'ont abandonnée; il faut pleurer et se taire." (Lettres, 15)

Voyant dans le monachisme, le baromètre de la vie spirituelle de toute l'Eglise, l'évêque Ignace affirme ce qui suit à propos de son état: "On peut admettre que la consommation du témoignage de la foi orthodoxe arrive à son déroulement final. La chute du monachisme est significative, et ce qui se passera est inévitable. Seule la miséricorde de Dieu peut arrêter l'épidémie moralement corruptrice. Peut-être qu'elle ne l'arrêtera que pour un court laps de temps, car les prophéties des Écritures doivent être accomplies "(Lettres, 245).

"Je vois, d'un cœur triste la chute imparable du monachisme, qui est le signe de la fin du christianisme" (Lettres, 251)

"Plus le temps passe, plus il est des turbulences, car le christianisme en tant qu'esprit, d'une manière invisible pour les masses vaines et profanes, mais clairement révélé à celui qui se bat intérieurement- quitte  le cœur de l'humanité, laissant tout prêt pour sa destruction. "Ceux qui seront en Judée doivent courir vers les montagnes." (Lettres, 118)

Beaucoup d'ascètes des 18e et 19e siècles ont considéré le temps de leur vie comme une période de calme avant la tempête pour l'Eglise du Christ. Nous ne devons pas oublier que tout cela a été dit en période de totale prospérité extérieure. Les monastères non seulement existaient, mais étaient bien dotés; de nouvelles communautés monastiques étaient constamment formées; de nouvelles églises étaient construites; les anciennes étaient restaurées, rénovées et transformées; et les reliques de saints étaient révélées. Le peuple russe était félicité en tant que gardiens de la pureté de la foi orthodoxe et de l'authentique piété. 

Personne n'aurait jamais pu percevoir que l'Église était dans un état critique et que la fin n'était pas très éloignée. Seuls ceux qui étaient parvenus à la connaissance du Royaume de Dieu, le possédant dans leur cœur, pouvaient percevoir les choses autrement. Le cœur lourd, ils virent tout ce qui se passait autour d'eux et, ne trouvant pas la vie donnée par le Christ dans ce qu'ils voyaient, ils ont prédit une catastrophe finale.

"Seule une miséricorde spéciale de Dieu peut arrêter une telle chose pour un court laps de temps», déclara l'évêque Ignace Briantchaninov.

La miséricorde de Dieu l'a retenue. Avant de s'éteindre, la lampe a commencé à donner une lumière plus vive. C'est ce qui est arrivé à l'Eglise russe. Au cours du siècle dernier, la véritable lumière de l'activité [intérieure] chrétienne a commencé à être allumée dans certains centres monastiques; et d'eux, comme par le passé, à l'époque de saint Antoine et Théodose des Grottes de Kiev et de saint Serge de Radonège, cette lumière s'est mise à briller sur le monde. Alors commença un retour à la voie de la conscience de Dieu longtemps oubliée, qui avait été suivie par les grands ascètes du passé.

Certains monastères avec en tête l'ermitage d'Optina, ont non seulement recueillis, traduits, étudiés et publiés les écrits patristiques, mais par leur expérience, ils ont presque élaboré un nouvel art monastique. 

Les évêques Ignace Briantchaninov et Théophane le Reclus ont non seulement lu les anciens ascètes, mais ils ont contribué à la littérature chrétienne, ayant compris l'essence de l'expérience chrétienne. Incompris, moqués, condamnés comme s'ils inventaient une sorte de nouveauté, les moines ont commencé à défendre l'expérience des anciens Pères contre la corruption du christianisme par le sécularisme. Le monachisme a de nouveau reçu l'esprit, le feu a été allumé à nouveau, là où récemment encore, il n'y avait qu'une étincelle. 

Les écrits  des Pères, oubliés depuis longtemps, sont devenus des manuels. Les moines d'Egypte ancienne, de Thébaïde, de Palestine et des déserts de Syrie ont été faits maîtres de vie. La flamme du christianisme actif de la nouvelle création a été répandue par les moines dans le monde. Beaucoup ont afflué vers les centres monastiques renouvelés qui possédaient l'institution des startsy, et à travers ces centres, ils prirent le chemin de l'expérience ascétique.

Les prêtres de paroisse ont approché les moines, et, après avoir reçu d'eux la flamme patristique, ils l'ont apportée à leurs églises. Le caractère de la prédication dans les églises a changé. Les écrits des Pères ont été entendus depuis la chaire comme mode de vie et non pas comme le moralisme archaïque du passé. Le monde s'est rapproché du monastère; la barrière entre eux est tombée en poussière. Dans les églises paroissiales les services divins avaient maintenant un nouvel esprit par le Typicon, avec un intérêt populaire montré pour ce dernier par les fidèles, qui maintenant le comprenaient. La repentance devint l'essence de la vie. Beaucoup de familles adoptèrent une manière de vie sérieuse et sanctifiée par la participation fréquente aux sacrements de la confession et de la Communion. La vie de la paroisse provinciale formaliste, avec ses formes de participation annuelle aux Mystères, en était à présent changée à sa base.

Depuis l'époque de saint Serge, il n'y avait pas eu un tel mouvement vivificateur. Il semblait que cette expérience spirituelle, commencée avec tant de zèle par tous, s'étendrait à toute notre terre.

Mais, par d'autres voies, l'Epoux a conduit l'Église Son épouse: Lui-même ayant bu à la coupe de la mort, Il lui offre maintenant les tourments "rajeunissants" de la Croix.

La voici [l'Eglise], couverte de crachats, battue et tournée en dérision. Elle est maintenant menée au Golgotha et nue, elle est cloué à la Croix. Pour ses enfants fidèles, est maintenant ouvert un chemin de confession, de martyre et surtout de grandes épreuves et d'affliction.

Les Pères de Scété fois demandèrent un jour à Abba Ischirion, "Qu'avons-nous fait," et il a répondu, "Nous avons gardé les Commandements de Dieu." Les Pères ont demandé, "Que feront ceux qui viendront directement  après nous?" et il répondit, "Ils auront seulement la moitié de ce que nous avons." Les Pères de nouveau demandèrent, "Que dire de ceux qui viendront après eux?" "Ceux-ci," répondit le staretz, "n'auront pas du tout de podvig monastique [d'activité, d'exploit ascétique], mais ils seront pris dans les tribulations et auront de nombreuses épreuves et tentations, et ils deviendront plus grands que nous et que nos Pères."

Des afflictions distinctes, des temptations inouïes, tel est le destin de notre temps. La repentance et la lutte avec elles, c'est le sens de notre vie. La face visible du christianisme éloignée de nous -c'est ce qui est le plus significatif pour nous. L'exil, l'enfermement, les travaux forcés, ce n'est rien par rapport à la fermeture des églises. Une telle confiscation de nos églises, selon la Parole de Dieu, peut être arrêtée par la repentance.

"Maintenant encore, dit l'Éternel, Revenez à moi de tout votre coeur, Avec des jeûnes, avec des pleurs et des lamentations!Déchirez vos coeurs et non vos vêtements, Et revenez à l'Éternel, votre Dieu; Car il est compatissant et miséricordieux, Lent à la colère et riche en bonté, Et il se repent des maux qu'il envoie.Qui sait s'il ne reviendra pas et ne se repentira pas, Et s'il ne laissera pas après lui la bénédiction, Des offrandes et des libations pour l'Éternel, votre Dieu?" (Joël 2: 12-14).

Mais d'où avons-nous entendu un appel universel à la repentance? Où avons-nous vu les hiérarques et les pasteurs pleurer des rivières de larmes entre le portique et l'autel pour épargner leur peuple? (cf. Joël 2:17).

Nous avons placé les talents diplomatiques des hiérarques à un niveau plus important que la Parole de Dieu. En eux, nous avons placé l'espoir, en eux, nous avons placé notre salut. Par un mensonge nous avons essayé de préserver le Royaume de la Vérité.

Le Seigneur les a raillés et jusques à la fin, Il envoie sur eux son ire. N'est-ce pas devant nos yeux que la joie et l'allégresse de la maison de Dieu (Joël 1:16) sont enlevées?

Ils dépérissent, oui, faisant périr l'aspect visible de l'Église jusques à sa fondation.

Mes enfants, le jugement de Dieu se déroule. Tombons dans la repentance devant le Seigneur et trouvons en nous la force de dire avec le prophète: "Je supporterai la colère de l'Éternel, Puisque j'ai péché contre lui, Jusqu'à ce qu'il défende ma cause et me fasse droit; Il me conduira à la lumière, Et je contemplerai sa justice." (Michée 7: 9)

Notre Seigneur nous appelle à accepter une nouvelle forme de salut. Beaucoup d'églises construites par les mains de l'homme, remplies de nombreux trésors, ont été maintenues ouvertes pendant des siècles. Dans le même temps, de nombreux temples non érigés par le travail humain [Cf. II Corinthiens 5: 1] étaient dans un état terrible de déclin et restaient inutilisés. Maintenant que les églises construites par le travail de l'homme sont détruites, dans le repentir nostalgiques éprouvé pour elles, s'élèvent des temples construits par les mains de Dieu. Les flammes de l'humble martyre commencent à s'enflammer en tous lieux, en particulier dans les régions inaccessibles. Affamés, appauvris, gelés, isolés du monde, sur la terre stérile, dans la neige ou dans les cabanes de bord de route, sans cercueils et sans rites sacrés, y meurent prêtres, moines et fidèles laïcs. Dans les temples contrits des âmes qui s'en vont, des prières sont élevées pour toute l'Eglise, qui est tombée dans l'amour de ce qui est extérieur. 

Les rites et coutumes signifient plus que l'esprit de l'Eglise, qui ne trouve pas  en soi, même en ces temps de tribulations distinctes, les larmes de guérison de la contrition. Des étincelles de confession durable sont allumées partout, de l'océan Arctique au désert brûlant. Avec des pleurs de repentance, prient les personnes qui, en supportant les tribulations, ont ouvert les temples de leurs cœurs, et ont été bannis du service dans les temples de Dieu!

Entrons, bien-aimés, dans les cellules de nos âmes, dans le temple de notre esprit, consacré au Seigneur au moment de notre baptême, et sanctifié par Lui au moment de notre Communion première. Ce temple qui est nôtre, personne ne pourra jamais le détruire, si ce n'est nous-mêmes. En lui,  il y a à la fois le prêtre et le pénitent. Sa table d'offrande est notre cœur, et sur elle, nous pouvons toujours avec nos larmes consommer le grand mystère de la repentance. 

Il est difficile pour nous qui avons laissé notre temple invisible devenir désolé, qui avons vécu dans l'Eglise visible, d'accepter du Seigneur une nouvelle voie de salut. 

Crions et pleurons, non pas avec des larmes de désespoir, mais avec des larmes de repentir, en acceptant tout comme ce que nous méritons. N'est-ce pas le Seigneur Qui l'envoie? Ceux qui sont plus intelligents parmi nous, n'ont-ils pas pris cette voie depuis longtemps? Que ce soit pour une longue durée ou d'une manière permanente, seul le Seigneur le sait... La face visible du christianisme nous quitte.

Tenons-nous droits, tenons-nous dans la crainte de Dieu.

Ô ma bien-aimée petite maison de Dieu! Que de joie pure et surnaturelle avons-nous reçue par toi! Notre Jérusalem terrestre, nous transportant perpétuellement jusques à la lointaine Sion! De nombreuses fois nos yeux verseront des larmes en mémoire de notre paradis terrestre.

Si je t'oublie, ô Jérusalem, 
qu'à l'oubli ma droite soit livrée.
Que ma langue s'attache à mon palais 
si je ne me souviens plus de toi, 
si je ne fais de Jérusalem la première de mes joies 
(Psaume 136).

Une grande intelligence spirituelle vous est accordée par le Seigneur. Votre cœur ne vous a pas amenés là où a rayonné la lueur des offices divins majestueux, où ont été entendues des mélodies complexes, où ont été prêchés de doctes sermons. Dans une église pauvre et minuscule chacun de vous est venu, et chacun en son temps a perçu la vérité de la voie des saints Pères de jadis. 

A l'approche du printemps de l'Eglise russe, vous êtes devenus des travailleurs dans Sa vigne. Avec quelle abnégation vous avez abandonné vos années de jeunesse, vos années de force et de zèle et vos années de vieillesse tranquille, pour la construction de vos temples dans cette famille repentie qui est la nôtre.

Par la volonté de Dieu, vous êtes la preuve vivante, mais aussi les participants de la dernière lumière déclinante, de la lampe de l'Eglise russe.

Dans ces temps turbulents qui approchent d'un procès de l'Eglise du Christ, je prie le Seigneur, Sa Mère Très Pure et tous nos saints de vous raffermir et de faire de vous de véritables travailleurs dans la vigne du Christ.

Très chers, "révélons-nous à tous égards recommandables, comme serviteurs de Dieu, par beaucoup de patience dans les tribulations, dans les calamités, dans les détresses, sous les coups, dans les prisons, dans les troubles, dans les travaux, dans les veilles, dans les jeûnes..."(2 Corinthiens 6: 5).

Que Dieu vous accorde patience et consolation et puissiez-vous vivre ensemble dans une unité d'esprit.

Prêtre Serge Metchev Moscou, printemps 1931.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
The Orthodox Word 
(N°132)
St. Herman of Alaska Brotherhood
Platina
California
USA


Photo du saint néomartyr Serge



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Photo du saint néomartyr Alexis 
père selon la chair de saint Serge
et son icône ci-dessous


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Saints néomartyrs russes Alexis et Serge, 
priez Dieu pour nous!