"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

lundi 11 mars 2013

Archimandrite Tikhon (Chevkounov) saints de tous les jours et autres récits (2/8)



J’ai eu la chance de connaître de nombreux moines qui l’avaient eu pour supérieur. Et aussi des peintres célèbres, des écrivains, des savants, des restaurateurs de Moscou, Leningrad, Riga qu’il avait reçus dans son hospitalière demeure. Pour eux il resta toujours un exemple de moineguerrier, à la fois spirituel et intrépide, un père idéal, exigeant et aimant. Malgré son grand pragmatisme, son sens appuyé des réalités, malgré son esprit brillant, souvent très aiguisé, et son imagination stupéfiante, beaucoup de ses contemporains (et parmi eux des moines d’un haut ascétisme) le considéraient comme un saint.

 L’archimandrite Serafim, qui jouissait d’une incontestable autorité au monastère, manifesta, après la mort du père Alipi, un étonnement sincère face aux moines qui rêvaient de lointains pèlerinages sur les lieux où de grands saints avaient accompli leurs exploits spirituels : « Pourquoi partir si loin ? s’interrogeait-il avec perplexité. Allez dans les grottes, là où se trouvent les reliques du père Alipi. » 
Le Seigneur n’aime pas les timorés. C’est le père Rafaïl qui me fit un jour découvrir cette loi spirituelle. Et il la tenait lui-même du père Alipi. Dans l’un de ses sermons il avait dit : « À la guerre, j’ai vu de mes propres yeux comment certains craignaient de mourir de faim. Ils portaient sur le dos des sacs avec des biscuits pour prolonger leur vie et ne pas se battre. Et ces gens-là tombaient avec leurs biscuits et voyaient leurs jours écourtés. Mais ceux qui enlevaient leur vareuse et luttaient contre l’ennemi restaient en vie. » Quand on vint lui confisquer les clés des grottes, le père Alipi ordonna à son frère servant : – Père Kornili, apporte-moi une hache, nous allons trancher des têtes ! Les fonctionnaires prirent la fuite : qui sait ce qui pouvait passer par la tête de ces fanatiques obscurantistes ?! Le supérieur savait bien qu’il ne donnait pas de tels ordres en l’air. 
Un jour, alors que l’on venait pour la nième fois exiger la fermeture du monastère, il déclara sans détours : – La moitié de mes frères a combattu sur le front. Nous sommes armés, nous nous battrons jusqu’à la dernière cartouche. Regardez ce monastère : comment peut-il être question de dislocation ? Les tanks ne passeront pas. Vous ne pourrez nous prendre que par les airs, avec l’aviation. Mais dès que le premier avion apparaîtra au-dessus du monastère, la nouvelle sera immédiatement retransmise dans le monde entier par la Voix de l’Amérique. Alors réfléchissez ! 
Je ne sais quels arsenaux possédait le monastère. Je pense plutôt qu’il s’agissait d’une ruse de guerre du supérieur et que sa menace cachait, une fois de plus, une plaisanterie. Mais comme on dit, toute plaisanterie comporte une part de vérité. En ces années-là, la confrérie offrait un visage singulier : plus de la moitié des moines s’étaient vus décerner des décorations et étaient des anciens combattants de la Grande Guerre patriotique. Une fraction, importante elle aussi, avait connu les camps staliniens. D’autres enfin avaient traversé les deux, la guerre et le Goulag. – C’est celui qui passe à l’offensive qui gagne, disait le père Alipi. Et il suivait lui-même à la lettre cette stratégie. 
C’est précisément dans ces années-là que, luttant pour le monastère, le supérieur en fit reconstruire les puissants murs de fortification, tombés en ruine, restaura les églises à l’abandon, mit au jour, grâce à un travail professionnel irréprochable, les anciennes fresques, remit en état les bâtiments où logeaient le supérieur et la communauté. Étant lui-même peintre, il évita que ne fussent vendues en dehors du pays les oeuvres de maîtres russes et étrangers. Dans son énorme collection, figuraient des Levitan et des Polenov. Avant de mourir, le père Alipi céda gracieusement ces chefs-d’oeuvre au Musée russe de Saint-Pétersbourg. 

Enfin, il fit aménager partout des jardins, des parterres de fleurs et des vignes si merveilleux que le monastère devint un des endroits les plus beaux de Russie. Une personne venue pour la première fois à Petchory, en pèlerinage ou comme touriste, découvrait un monastère fabuleux, admirable, avec quelque chose de tout à fait irréel au milieu de la morne réalité soviétique. 
Mais le principal exploit du père Alipi fut d’organiser le mouvement spirituel que représentaient les startsy. Ce phénomène a notamment ceci d’étonnant qu’il n’est pas rattaché à un lieu précis, à un monastère concret. Il migre à travers le monde, s’épanouit, par exemple, de façon inattendue au-delà de la Volga, dans les skit de la Thébaïde du Nord, ou bien dans le désert de Beloberejski, au milieu des bois, ou encore à Sarov ou à Optino. 
Au milieu du xxe siècle, c’est au couvent de Pskovo-Petcherski qu’il a trouvé asile. Et le père Alipi sut en discerner la mystérieuse trajectoire. Il protégea les startsy comme un trésor précieux et en accrut le nombre. Il obtint l’autorisation pour que les grands startsy de Valaam soient transférés de Finlande à Petchory. Il accueillit après ses séjours en prison et son exil le hiéromoine tombé en disgrâce Ioann (Krestiankine). Ce fut l’évêque Pitirim qui l’amena en secret au monastère. Il donna refuge au père Adrian qui avait été obligé d’abandonner la laure de la Trinité-Saint-Serge. Durant le supériorat du père Alipi, grandit toute une génération de startsy-guides spirituels dont certains sont évoqués dans ce livre. À l’époque, créer et préserver une telle chose relevait d’un véritable exploit.


EDITIONS DES SYRTES
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Haïjin Pravoslave (XXI)


Dans chaque Parole
Prononcée par le Maître Saint
Est sertie la Vie

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

dimanche 10 mars 2013

Aux Editions des Syrtes: Archimandrite Tikhon (Chevkounov) saints de tous les jours et autres récits (1/8)

Nous avons publié sur ce blog il y a quelques semaines quelques extraits de l'édition américaine de ce livre. Les Editions des Syrtes vont publier cet ouvrage au mois de mars en français. 
Ce livre est remarquable, c'est un véritable Patéricon qui nous fait connaître les héros spirituels d'une époque qui n'est pas si lointaine, mais que l'on a oubliée rapidement. Notre occident déchristianisé qui se pâme aux élucubrations médiatiques et autres manifestations délétères des Pussy Riots et autres Femen ne s'intéresse pas à cet aspect de la vie en Russie, c'est regrettable car en lisant ces témoignages il retrouverait certainement un sens plus noble à la vie.


Archimandrite Tikhon
(Chevkounov)
saints de tous les jours
et autres récits
Extraits
Traduit du russe par Maria-Luisa Bonaque
À paraître le 21 mars 2013
Aux Editions des Syrtes 
( Bon de commande en fin d'article)

*

« Voulant paraître à découvert à ceux qui le cherchent de tout leur coeur, et caché à ceux qui le fuient de tout leur coeur, il a tempéré la connaissance, en sorte qu’il a donné des marques de soi visibles à ceux qui le cherchent et non à ceux qui ne le cherchent pas. Il y a assez de lumière pour ceux qui ne désirent que de voir et assez d’obscurité pour ceux qui ont une disposition contraire. »
Blaise Pascal

*

Né en 1958, l’archimandrite Tikhon Chevkounov est le supérieur du monastère de la Sainte-Rencontre à Moscou. 
Son livre dresse un tableau vivant de l’univers méconnu et caché de la vie des moines dans les vingt dernières années du xxe siècle. C’est un éloge de la vie monastique, de ces humbles héros des temps modernes, dans leur lutte contre le mal et l’illusion ; il y a parmi eux des ascètes, des mystiques, des excentriques, des rusés… Mais tous sont de bons chrétiens et, surtout, de profonds croyants. Servi par un texte plein de spontanéité et de simplicité, ce Journal fourmille de détails croqués sur le vif et décrits avec finesse et humour. Saints de tous les jours met en évidence le statut spirituel fondamental occupé par le monachisme dans l’Église orthodoxe – statut bafoué pendant les années de communisme. Le lecteur éprouve sans cesse la lutte contre la force puissante de l’État athée qui veut éliminer l’Église millénaire de Russie, alors que transparaît la foi en la force de Dieu, capable de transformer les hommes quels qu’ils soient en « saints de tous les jours ». De ces récits se dégage l’idée-force de la confession, de la communion et de la prière ; on trouve, par exemple, un fragment de la prière de Soljenitsyne gardé par l’un des moines. L’unité de l’oeuvre est fournie par la personnalité du narrateur, le père Tikhon, qui, sur le ton de la confidence, est toujours en quête de l’unique nécessaire – la prière – qui établit l’esprit dans la communion avec Dieu et avec ses semblables. Homme d’Église et de prière, l’auteur demeure cependant profondément enraciné dans son époque.




Commencements

C’est en 1982, à l’issue de mes études supérieures, que j’ai été baptisé.

À l’âge de vingt-quatre ans. L’avais-je déjà été dans mon enfance ? Nul ne

le savait. Il arrivait alors fréquemment que les grands-mères et les tantes

baptisent un enfant à l’insu des parents incroyants. Dans le doute, le prêtre

qui accomplissait le sacrement disait en slavon : « S’il n’est pas baptisé que

soit baptisé le serviteur de Dieu un tel… »

Comme beaucoup de mes amis je suis venu à la foi à Institut de

cinématographie… Il comptait un bon nombre d’excellents professeurs

qui nous donnaient une sérieuse formation humaniste et nous faisaient

réfléchir sur les questions fondamentales de la vie.

À force de débattre de ces questions éternelles, des événements des siècles

passés, des problèmes de nos années 1970-1980 dans les salles de cours,

les foyers universitaires, les cafés miteux qu’affectionnent les étudiants ou

pendant de longues balades nocturnes à travers les petites rues du vieux

Moscou, nous avions acquis la ferme conviction que l’État nous trompait,

et pas uniquement en nous imposant ses interprétations grossières et

absurdes de l’histoire et de la politique. Nous comprenions fort bien que

répondant à l’ordre impérieux d’on ne sait qui, tout visait à nous empêcher

de nous faire notre propre jugement sur Dieu et sur l’Église.

Ces sujets pouvaient à la rigueur sembler totalement clairs à notre

professeur d’athéisme ou à Marina, mon chef des pionniers. Celle-ci

répondait avec un aplomb absolu à ces questions, comme à n’importe

quelle interrogation concernant la vie, d’ailleurs. Or nous découvrîmes

peu à peu avec étonnement que tous les grands hommes de l’histoire russe

ou universelle que nous avions intellectuellement rencontrés lors de nos

études, en qui nous confiions, que nous aimions et respections avaient

réfléchi sur Dieu d’une tout autre manière. Ou pour le dire plus simplement

qu’ils étaient croyants. Dostoïevski, Kant, Pouchkine, Tolstoï, Goethe,

Pascal, Hegel, Lossev, impossible de tous les énumérer. Sans compter les

savants : Newton, Planck, Linné, Mendeleïev. Comme nous n’étions pas

des scientifiques, nous les connaissions moins, mais cela ne changeait rien

au tableau. Bien sûr, ces hommes pouvaient avoir une perception de Dieu

différente. Mais de toute façon, pour la majorité d’entre eux, la question

existentielle la plus importante, la plus complexe aussi qui se posait à eux

était celle de la foi.

En revanche, les personnages qui n’éveillaient en nous aucune sympathie

et que, dans les destinées de la Russie et de l’histoire universelle, nous

associions aux faits les plus funestes et répugnants – Marx, Lénine, Trotsky,

Hitler, les dirigeants de notre État athée, les révolutionnaires destructeurs –,

tous, comme un seul homme, étaient des incroyants. Et c’est alors qu’une

autre question, grossièrement mais nettement formulée par la vie, avait

surgi à nos yeux : soit les Pouchkine, les Dostoïevski et les Newton étaient

si primitifs et bornés qu’ils n’avaient pu démêler la chose et s’étaient révélés

tout simplement idiots, soit c’étaient le chef des pionniers et nous-mêmes

qui étions tous des imbéciles. Voilà qui donnait du grain à moudre à nos

jeunes esprits.

Dans ces années-là, la vaste bibliothèque de notre institut ne comptait

ni Bible ni écrits d’hommes d’Église ou d’écrivains religieux, bien entendu.

Les informations à la source sur la foi devaient être glanées soit dans les

manuels d’athéisme, soit dans les oeuvres des philosophes classiques. Les

grands écrivains russes eurent aussi une immense influence sur nous.

J’aimais beaucoup assister aux offices du soir dans les églises de Moscou,

même si je n’y comprenais pas grand-chose. Ma première lecture de la

Bible me fit forte impression. Je l’avais empruntée à un baptiste et reportais

toujours le moment de la lui rendre tant je comprenais que plus jamais

je ne retrouverais un pareil trésor. Le baptiste n’insistait absolument pas 


d’ailleurs pour la récupérer. Il essaya pendant plusieurs mois de me

convertir. Leur maison de prières, rue Mali-Vouzovski, m’avait déplu au

premier coup d’oeil, mais je suis jusqu’à ce jour reconnaissant à cet homme

sincère de m’avoir permis de garder son livre.

Comme tous les jeunes gens, mes amis et moi passions pas mal de temps

à discuter, notamment de la foi et de Dieu, et à lire les Saintes Écritures

que j’avais réussi à me procurer ainsi que les ouvrages religieux qui nous

tombaient parfois sous la main. Mais la majorité d’entre nous hésitaient

à se faire baptiser et à faire partie de l’Église : ayant dans notre âme ce qui

s’appelait Dieu, nous pensions pouvoir parfaitement nous passer d’elle.

Et cela aurait pu durer si la signification de l’Église et sa nécessité ne nous

avaient été un jour très clairement montrées.



*

L’histoire de l’art non russe nous était enseignée par Paola Dmitrievna Volkova. Ses cours étaient très intéressants, mais, étant probablement elle même en recherche, elle nous racontait aussi beaucoup de choses sur ses propres expériences spirituelles et mystiques. Elle consacra, par exemple, un ou deux cours au Yi-King, le vieux livre chinois de divinations. Paola apporta même des baguettes de santal et de bambou et nous apprit à les utiliser pour lire l’avenir. Un autre cours concernait un domaine connu d’un cercle restreint de spécialistes : celui des investigations menées pendant de longues années par les grands savants russes Mendeleïev et Vernadski sur le spiritisme. Et bien que Paola nous eût prévenus que se livrer à un tel type d’expériences pouvait être lourd de conséquences tout à fait imprévisibles, nous nous élançâmes avec toute la curiosité de la jeunesse vers ces sphères mystérieuses et captivantes. […]

*
Le Père supérieur Alipi



Père Alipi, supérieur du monastère de Pskovo-Petcherski, proclamait haut et fort à son propre sujet : « Je suis un archimandrite soviétique. » Et il le confirmait volontiers par ses actes et par ses paroles.
Au début des années 1960, le monastère reçut la visite d’une commission régionale chargée de trouver un prétexte pour le fermer. Ses membres, dans leurs déambulations, aperçurent des pèlerins qui s’occupaient des plates-bandes
et des parterres de fleurs. Ils se précipitèrent aussitôt chez le père Alipi :
– Sur quelle base ces gens travaillent-ils ici ?
L’archimandrite soviétique leur répondit :
– C’est le peuple, maître de tous les biens qui travaille sur la terre qui lui appartient !
Cela coupa court aux questions.
En une autre occasion, une commission populaire de contrôle – financier, cette
fois – débarqua de Pskov dans les mêmes intentions. Le supérieur demanda par qui les présents étaient mandatés.
– Nous représentons un organisme financier qui…
Le père Alipi les interrompit :
– Je n’ai qu’un seul supérieur : l’évêque Ioann de Pskov. Allez le voir pour obtenir son autorisation. Sans cela, je ne peux vous laisser accéder aux documents financiers.
Les contrôleurs s’en furent et, quelques heures plus tard, l’évêque de Pskov téléphona au père Alipi et le pria, tout troublé, de permettre à ces gens-là d’opérer.
– Un coup de fil ne peut constituer une pièce à verser au dossier, père. Envoyez-moi un télégramme, lui répondit le père Alipi.
Peu après, le télégramme arriva. Quand les contrôleurs du peuple réapparurent, le supérieur, message en main, leur demanda :
– Dites-moi, vous êtes communistes ?
– Pour la plupart, oui…
– Et vous avez reçu la bénédiction de l’évêque ? De l’évêque de Pskov ? Ouais… Je vais envoyer illico ce télégramme au comité régional du parti…
Et on n’entendit plus parler de contrôle financier du monastère.
Ivan Mikhaïlovitch Voronov, tel était le nom de l’archimandrite avant sa prise d’habit, avait combattu sur les différents fronts de la Grande Guerre patriotique, et avait parcouru la route menant de Moscou à Berlin. Il avait ensuite défendu pendant treize ans le monastère de Pskovo-Petcherski, le protégeant de l’État pour lequel il avait auparavant versé son sang.
Dans l’une et l’autre de ces guerres, le père Alipi avait dû se battre non à la vie, mais à la mort. Nikita Khrouchtchev, secrétaire du comité central du PCUS de 1953 à 1964, avait alors besoin à tout prix d’une grande victoire.
D’une victoire non moindre que celle de son prédécesseur dont il enviait douloureusement la gloire. Il avait décidé d’associer son futur triomphe au millénaire de l’Église russe et il lui avait déclaré la guerre, promettant solennellement devant le monde entier qu’il montrerait bientôt à la télévision le dernier pope russe.
Aussitôt, des milliers d’églises et de cathédrales furent dynamitées, fermées, transformées en entrepôts et stations de motoculture. La plupart des séminaires furent supprimés. Presque toutes les communautés monastiques furent dissoutes et bon nombre de moines jetés en prison. Il ne resta plus sur tout le territoire de la Russie que deux monastères, dont celui de la Trinité-Saint-Serge, qui fut conservé par les autorités comme réserve religieuse que l’on montrait aux étrangers. Et c’est à ce moment-là que le supérieur entra en action contre le tout-puissant État athée. Et le plus beau, c’est qu’il gagna la bataille !
Dans ces années-là, toute l’Église russe persécutée suivit le déroulement de ce duel inégal. Les nouvelles de Petchory se transmettaient par le bouche à oreille, et plus tard les participants et témoins de ces événements notèrent leur témoignage.
Voici quelques chroniques de ces combats d’une époque qui s’éloigne.
Par une soirée d’hiver, plusieurs hommes en civil firent irruption dans le bureau du père Alipi et lui remirent un papier officiel qui déclarait la fermeture du monastère de Pskovo-Petcherski. On chargeait le supérieur d’en informer la communauté. Lorsqu’il eut pris connaissance du texte, le père Alipi le jeta devant tous dans le feu de la cheminée. Il expliqua tranquillement à ses visiteurs stupéfaits :
– Je préfère sacrifier ma vie, mais je ne fermerai pas le monastère.
Précisons que le document brûlé était un décret du gouvernement de l’URSS et qu’il portait la signature de Nikita Khrouchtchev.
Cette histoire a été décrite par l’archimandrite Nafanaïl, un élève dévoué
du supérieur, qui fut témoin de la scène. Je n’ai pas connu le père Alipi de son vivant, mais on ne saurait parler du monastère de Pskovo-Petcherski sans l’évoquer.


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Haïjin Pravoslave (XX)


Pèlerin du Nom
Dans le moindre de tes souffles
Nomme le Trésor

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25 février / 10 mars Dimanche de l’abstinence de viande ou du Jugement Dernier Saint Taraise, patriarche de Constantinople (806); saint hiéromartyr Reginus, évêque de Skopelos (355). Lectures : I Cor. VIII, 8 - IX,2 / Мatth. XXV, 31-46

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25 février / 10 mars 
Dimanche de l’abstinence de viande ou du Jugement Dernier 
 Saint Taraise, patriarche de Constantinople (806); saint hiéromartyr Reginus, évêque de Skopelos (355).
 Lectures : I Cor. VIII, 8 - IX,2 / Мatth. XXV, 31-46 
 LE DIMANCHE DE L’ABSTINENCE DE VIANDE OU DU JUGEMENT DERNIER 
La première appellation de ce dimanche s’explique par le fait que commence, dès le lendemain, l’abstinence de viande, et la seconde, par la lecture évangélique du Jugement redoutable universel des vivants et des morts, qui est mentionné dans tout l’office liturgique. Par la mémoire du Jugement, la sainte Église incite plus fortement les pécheurs au repentir et indique le véritable sens de l’espoir même en la miséricorde Divine. Dieu est miséricordieux, mais Il est également le juste Juge, qui rend à chacun selon ses oeuvres. Pour cette raison, les pécheurs ne doivent pas se méprendre quant à leur responsabilité pour leur condition morale et faire mauvais usage de la longanimité de Dieu. En nous rappelant le Jugement et en dirigeant nos regards vers « l’examen impartial », la sainte Église nous inspire la pensée de la nécessité impérative du repentir et du redressement de sa vie : « Renonçant en ce jour aux aliments, travaillons avec ardeur à réparer nos fautes dignement ». Tout particulièrement, elle nous appelle au oeuvres de charité : « Connaissant les commandements du Seigneur, vivons ainsi : nourrissons les affamés, abreuvons ceux qui sont assoiffés, vêtons ceux qui sont nus, accueillons les étrangers, visitons les malades et les prisonniers, afin que Celui qui viendra juger la terre nous dise : venez les bénis de Mon Père, héritez du royaume qui vous est préparé depuis la fondation du monde ». A partir de ce jour, nous franchissons « le seuil » du saint carême, selon l’expression liturgique désignant la semaine qui vient. L’Église, qui mène graduellement les fidèles à l’ascèse du jeûne, les place sur la dernière marche de l’abstinence les préparant au carême par l’interdiction de manger de la viande et la permission de consommer les oeufs et le fromage. Ainsi, le passage au jeûne est-il facilité. Dans les hymnes liturgiques de cette semaine, l’Église nous invite à « ne point souiller, par le mal de l’intempérance et de l’ivresse, l’entrée et le seuil du carême ». Il est clair que, selon l’enseignement de l’Église, la semaine des laitages ne doit pas donner lieu à des excès de nourriture et des réjouissances effrénées. St Tykhon de Zadonsk (†1783) dit que « durant la semaine des laitages, les véritables enfants de l’Église doivent agir avec bien plus de tempérance que durant les jours précédents ». 

Tropaire du dimanche du 7ème ton 
 Tu as détruit la mort par Ta Croix, Tu as ouvert le paradis au larron, Tu as transformé le pleur des myrophores, et ordonné à Tes Apôtres de prêcher que Tu es ressuscité, Christ Dieu, accordant au monde la grande miséricorde. 

Kondakion du dimanche du Jugement dernier, ton 1 
O Dieu, lorsque Tu viendras sur la terre dans la gloire et que trembleront toutes choses, un fleuve de feu coulera devant le tribunal, les livres seront ouverts et les secrets révélés. Délivre-moi du feu inextinguible et rends-moi digne de me tenir à Ta droite, Juge très juste. 

AU SUJET DU JUGEMENT DERNIER 
Dans l’image de Dieu que l’être humain porte en lui, se trouve le Verbe Divin immortel. En cela est la majesté immortelle et divine même chez l’un des « plus petits » parmi les hommes. Cette vérité évangélique est fondamentale : tout ce que tu fais aux hommes, tu le fais en fin de compte au Christ, au Créateur, au Sauveur, au Juge. Chaque homme porte en lui le Christ, qu’il en soit conscient ou non. Pour cette raison, toute attitude que tu adoptes envers quelque homme que ce soit, chacun de tes sentiments pour un homme, toute pensée sur un homme, revêt une importance infinie et décisive pour toi. Car c’est cela qui définit ton destin éternel dans l’autre monde, c’est en fonction de cela que tu seras jugé. Chaque homme, chaque frère le plus petit, porte en lui tout l’Évangile pour toi ; et de chacun de ces « frères les plus petits » dépend ton salut. En fait, dans l’Évangile sur le Jugement, le Seigneur nous dit cette vérité, cette vérité universelle : ton salut dépend de ton attitude envers le prochain, envers tes frères à l’image du Christ. C’est là tout l’Évangile. Autrement dit : l’homme se sauve et se condamne par le prochain. Néanmoins, comme il est facile de se sauver ! Tu nourris l’affamé en tant que créé par Dieu, et tu es sauvé ! Tu donnes à boire à celui qui est assoiffé, tu es à nouveau sauvé ! Tu reçois un voyageur, encore une fois, tu es sauvé ! Tu rends visite à un malade, tu es renforcé dans le salut ; tu visites un prisonnier, tu es encore une fois sauvé. Ainsi, de jour en jour, tu es le créateur de l’Évangile, et ainsi ton propre sauveur. Car en accomplissant cela, tu t’unis continuellement spirituellement avec le D Sauveur : « C’est à Moi que vous l’avez fait ». Le salut n’est rien d’autre que l’union de l’homme avec le Sauveur par les saints Mystères et les saintes vertus évangéliques. St Justin de Tchélié 

LE SAMEDI DE L’ABSTINENCE DE VIANDE 
Le premier samedi, dit « universel », consacré à la mémoire des défunts, est celui qui précède le dimanche de l’abstinence de viande. Ce samedi est dit « universel » parce que l’on y fait mémoire de tous les défunts depuis Adam jusqu’à nos jours. Dans les livres liturgiques, il est mentionné « que l’on fait mémoire de tous les chrétiens orthodoxes, de nos pères et frères, qui se sont endormis depuis les siècles ». Il est écrit dans le synaxaire (commentaire du jour ou de la fête, figurant dans les livres liturgiques après le kondakion) : « Les saints Pères ont disposé qu’il convenait de faire mémoire de tous les défunts pour la raison suivante. Nombreux sont ceux qui meurent souvent d’une mort non naturelle, par exemple lors d’un voyage en mer, ou encore sur des montagnes infranchissables, dans des gorges ou précipices ; il arrive encore que certains meurent de faim, du fait d’un incendie, de la guerre, ou du gel. Et qui énumérerait toutes les sortes et tous les genres de mort soudaine et inattendue ? Tous ceux qui entrent dans lesdites catégories sont privés des chants et des prières funèbres. C’est la raison pour laquelle, les saints Pères, mus par l’amour des hommes, ont décidé, sur le fondement de l’enseignement apostolique, d’accomplir cette commémoration universelle, afin que personne, achevant sa vie terrestre de quelque façon, à quelque moment et en quelque lieu que ce fût, ne se vît privé des prières de l’Église ». La fixation du samedi des défunts à la veille du dimanche de l’abstinence de viande remonte à une tradition ancienne, confirmée par le fait qu’elle se trouve dans le Typicon de St Sabbas au Vème siècle. Cette tradition résulte de la coutume pour les chrétiens des premiers siècles de se rassembler dans les cimetières pour commémorer les défunts, ce à quoi font allusion des témoignages écrits du IVème siècle. La raison pour laquelle l’Église a retenu le samedi précédant le dimanche du Jugement Dernier est précisément que nous demandons au Juste Juge de manifester Sa miséricorde en ce jour envers tous les défunts, dont ceux qui sont restés sans enterrement chrétien. En outre, cette commémoration a lieu peu avant le Grand Carême, lorsque nous devons entrer dans une union plus étroite avec les vivants et les morts.

 Hiéromoine Grégoire de la Sainte Montagne 
COMMENTAIRES SUR LA DIVINE LITURGIE DE ST JEAN CHRYSOSTOME 
 Le transfert des Dons précieux (suite) Alors que le célébrant accomplissait la proscomédie, nous avons déposé toute notre vie dans les Dons précieux : nos peines et nos joies, nos ennemis et nos amis, les vivants et les morts sont maintenant dans les mains du Christ. Et Il nous offre tous à Dieu le Père. À ce moment, nous demandons au Christ : « Souviens-Toi de moi, Seigneur, dans Ton Royaume » (Lc XXIII, 42). Nous Lui demandons qu’Il se souvienne de nous dans Son Royaume, c’est-à-dire qu’Il nous tire de l’oubli (lethe) de la mort pour nous placer dans la vérité (a-letheia)1 et dans la Vie, qui n’est autre que Lui-même, afin que nous puissions nous aussi nous rappeler de Lui par le mystère de Son anamnèse, la sainte Liturgie. *** Le transfert des Dons précieux depuis la sainte Prothèse jusqu’à l’Autel « manifeste l’entrée du Seigneur à Jérusalem depuis Béthanie ». Le Roi des Rois entre dans la Ville sainte. Le célébrant devient l’ânon sur lequel aucune passion n’a jamais été assise (cf. Lc. XIX, 30), et est jugé digne pour cela de porter le Roi de gloire. Les fidèles, au lieu d’étendre leurs vêtements, s’étendent eux-mêmes devant Lui – ils se prosternent sur le sol. Et préparés spirituellement, ils reçoivent le Christ : « Portant des palmes en esprit et l’âme purifiée, louons fidèlement le Christ comme les enfants, criant à pleine voix au Maître : Béni es-Tu Sauveur qui est venu dans le monde sauver Adam de l’ancienne malédiction… Ô Verbe, Toi qui as disposé toutes choses pour notre utilité, gloire à Toi » (office du dimanche des Palmes) 
*
LECTURES DU DIMANCHE PROCHAIN : Matines : Jn. XX, 11-18 Liturgie : Rom. XIII, 11-XIV, 4 ; Маtth. VI, 14-21 
1 Le grec  λήθεια qui signifie « vérité » est la forme négative de la même racine λήθη qui signifie « oubli » les deux sont reliés au verbe λανθάνω, échapper à, être ignoré de.

samedi 9 mars 2013

David C. Ford: La prière et les défunts (14 et Fin)





Icon of All Saints


Conclusion 
LA COMMUNION DES SAINTS

La Divine Liturgie de l'Église orthodoxe (l'office régulier du dimanche matin et des jours de fête, toujours centré sur la Sainte Communion) est toujours offert en quelque sorte pour tous les morts en Christ. Bien que les orthodoxes ne fassent jamais d'offices religieux en faveur de certaines personnes ou de certaines causes, il y a les paroles suivantes dans la Liturgie de Saint Jean Chrysostome (cet office est célébré presque tous les dimanches à l'église orthodoxe): "Et de plus, nous T'offrons ce service raisonnable pour tous ceux qui dans la foi nous ont précédés pour leur repos en Christ: les patriarches, les prophètes, les apôtres, les prédicateurs, les évangélistes, les martyrs, les confesseurs, les ascètes, et pour tout esprit juste décédé dans la foi, et en particulier pour notre très sainte, immaculée, bénie et glorieuse Génitrice de Dieu et toujours vierge Marie ".

Ces paroles affirment l'unité ineffable qui lie ensemble l'Église sur la terre avec l'Église du ciel. L'Eglise céleste est assurément incluse lorsque l'Eglise sur la terre se rassemble pour adorer, comme nous l'avons vu lorsque nous avons cité Hébreux 12:22-24 (un passage auquel cette citation de la Liturgie se réfère évidemment). Nous sommes tous vraiment un dans le Christ, par qui et en qui la mort a été totalement transcendée. Ainsi, lorsque le Christ offre Son Corps et Son Sang pour nous dans la sainte Eucharistie, il le fait non seulement pour le bénéfice des membres de Son Église sur la terre, mais aussi pour les membres de Son Église dans le ciel.

Puisque notre Seigneur nous aime d'un amour beaucoup plus grand que ce que nous pouvons l'imaginer, sûrement nos frères et sœurs dans le Christ, qui sont de plus en plus largement remplis de Son amour tandis qu'ils demeurent avec Lui dans le ciel, nous aiment aussi plus que nous ne le  réalisons. Certes, ils se réjouissent de nos expressions continues d'amour pour eux, de nos divers souvenirs d'eux, et nos prières pour eux et dirigées vers eux. Sans aucun doute, cependant, ils continuent de nous aimer et de prier pour nous, même quand nous ne nous souvenons pas d'eux. Je n'ai pas personnellement eu la vision d'un saint ou un ange (même si je connais des gens qui l'ont eue), mais je suis certain par expérience qu'ils sont toujours proches. Et je sais que plus nous passons de temps en communion de prière avec les saints, plus nous pouvons sentir leur présence et ressentir leur amour réconfortant.

Ignorer la présence continue, l'amour fervent, et les prières très efficaces de nos frères et sœurs qui nous ont quittés est une perte tragique. Non seulement nous manquent alors tous les avantages de la communion dans l'Esprit avec eux, mais nous diminuons plutôt que nous augmentons le degré d'unité qui doit lier tous ceux qui sont en Christ, des deux côtés de la mort physique. Ma prière fervente est que chacun d'entre nous qui croit au Christ cherchera à mieux connaître les saints. Et qu'une richesse croissante de la communion avec Ses saints aide à nous rendre tous toujours plus proches de notre Seigneur Jésus-Christ.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Haïjin Pravoslave (XIX)


Je vais dans mon cœur
Pour rechercher au silence
Le Divin Royaume

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

vendredi 8 mars 2013

David C. Ford: La prière et les défunts (13)




Que signifie pour vénérer un saint, et comment est-ce différent d'adorer la créature plutôt que le Créateur, ce que la Bible interdit strictement ?

Une fois que quelqu'un est officiellement glorifié [canonisé], l'Église dans ses offices ne prie plus pour le bien-être de son âme, mais demande publiquement les prières du saint [de la sainte]. Des icônes du saint [ou de la sainte] sont faites, des hymnes sont écrites qui l'honorent et se souviennent de ses bonnes actions, et au moins un jour de l'année est désigné comme jour de fête pour ce saint [cette sainte], alors ses icônes sont exposées, et des hymnes, écrites pour le saint [la sainte] sont chantées. Un exemple d'une telle hymne est la suivante, en l'honneur de sainte Nina de Géorgie (pays appelé dans les temps anciens Ibérie): "Ô venez tous et chantons Nina, égale-aux-apôtres, pieuse illuminatrice d'Iberie, car elle a banni la séduction des idoles en nous conduisant des ténèbres à la lumière, et nous a appris à saluer la Trinité, Une en essence. C'est pourquoi, tous les fidèles célèbrent sa mémoire vénérée et louent notre Sauveur".

Les hymnes, les icônes, les jours de fête sont tous des aspects importants de la vénération d'un saint, ce qui indique un profond respect et amour pour la personne, mais en aucun cas ces choses ne signifient que la personne est adorée. L'adoration, bien sûr, n'est due qu'à Dieu. Et en effet, toute la vénération exprimée envers un saint est entièrement basée sur la proximité de cette personne avec le Christ. Chaque saint n'est devenu saint que par la miséricorde et la grâce de Dieu, c'est Lui, [Dieu] Qui est glorifié lorsque nous honorons Ses saints. Comme le Christ Lui-même a prié dans le jardin de Gethsémanie, "et tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi; -et je suis glorifié en eux.... Je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, afin qu'ils soient un comme nous sommes un "(Jean 17:10 et 22; c'est moi qui souligne).

D'autres indications scripturaires de l'amour débordant de Dieu pour Ses saints, dans lequel Son Église cherche à participer à travers sa vénération pour eux et les prières qui leur sont adressées, sont données dans le Psaume 97:10 ("Il garde les âmes de ses saints"), le psaume 116: 15 ("elle est précieuse aux yeux du Seigneur la mort de Ses saints"), Psaume 149:5, 9 ("Que les saints se réjouissent dans la gloire… c'est une gloire pour tous Ses saints"), Proverbes 02:08 ("Il garde les sentiers de la justice, et préserve la voie de Ses saints"), et Daniel 7:22 ("… jusques au moment où l'ancien des jours vint donner droit aux saints du Très Haut, et le temps arriva où les saints furent en possession du royaume.").

Saint Nicolas de Zicha en Serbie, qui est mort en Pennsylvanie en 1956, et qui a compilé de courtes vies de saints pour chaque jour de l'année, décrit cette relation précieuse entre le Christ et Ses saints en ces termes: "Les saints sont un miroir poli dans lequel se reflètent la beauté et la force et la majesté du Christ. Elles sont le fruit de l'arbre de vie qui est le Christ... Comme le soleil parmi les étoiles et un roi parmi ses nobles, ainsi est le Christ parmi Ses saints. Cela fonctionne dans les deux sens du Christ aux saints et d'eux au Christ: les saints ont une signification par le Christ, et le Christ se révèle à travers les saints".(in Prologue)

Alors que nous pourrions dire que l'Eglise est presque entièrement assurée du salut de ces âmes qu'elle glorifie [canonise] officiellement et qu'elle vénère, cela ne signifie certainement pas que le salut et la sainteté ne sont limitées qu'à eux! Ainsi, il est parfaitement acceptable de demander à d'autres que les saints glorifiés leur intercession. Toutefois, cela n'est pas fait publiquement dans des services de culte de l'Église, mais dans ses prières privées. L'évêque Kallistos (Ware) donne un exemple: "Il serait tout à fait normal pour un enfant orthodoxe, s'il est orphelin, de finir ses prières du soir en demandant l'intercession non seulement de la Mère de Dieu et des saints, mais de ses propres mère et père".

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Haïjin Pravoslave (XVIII)


Il nous l'a bien dit
Par une seule Parole
Nous serons guéris

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

jeudi 7 mars 2013

David C. Ford: La prière et les défunts (12)


Св. Нина

Sainte Nina, Egale-aux-Apôtres


Les saints peuvent-ils répondre à nos prières directement? Est-il en leur pouvoir d'accorder nos demandes?

Les prières de nos frères et sœurs en Christ ici-bas ne sont efficaces que dans la mesure où Dieu les exauce. Il en va de même avec les intercessions des saints dans le ciel pour nous. Ils ne peuvent jamais répondre aux prières de leur propre gré ou selon leur propre pouvoir, ils ne peuvent que supplier le Christ en notre nom. Imaginer que la prière aux saints signifie qu'ils peuvent accorder nos demandes en dehors du Christ est une idée totalement inacceptable, selon la théologie et la pratique orthodoxe.

Ainsi, lorsque nous prions les saints, la compréhension est toujours claire que nous leur demandons de nous aider en priant Dieu, et non par leur propre puissance ou actions en dehors de Lui. Par exemple, une hymne à Saint Nina (qui, jeune femme au début du IVe siècle apporta la foi chrétienne en Géorgie, dans le sud de l'Eurasie) conclut: "avec les anges tu as chanté le Rédempteur, priant sans cesse pour nous que le Christ nous accorde Sa grâce et Sa miséricorde"[Hymne des Matines]

Mais quant à leur capacité à entendre nos demandes de leurs prières, nous ne devons pas limiter les pouvoirs de perception spirituelle de ceux qui sont maintenant si intimement liés avec Dieu. Si nous sur terre avons l'expérience de l'aide de l'Esprit Saint, priant en nous et par nous (Romains 8:26, 27), combien plus l'aide de l'Esprit est-elle présente dans les saints du ciel? Et il faut rappeler que dans le ciel, dans le domaine spirituel, il n'y en a pas d limites de temps, d'espace ou de mortalité physique qui nous restreignent tellement alors que nous vivons sur terre.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Haïjin Pravoslave (XVII)


Deviens Fol-en Christ
Ne serait-ce qu'un instant
Au temps de prière

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

mercredi 6 mars 2013

David C. Ford: La prière et les défunts (11)


File:Synaxis of all saints (icon).jpg


Mais la Bible ne dit-elle pas , "Car il y a un seul Dieu et un seul médiateur entre Dieu et les hommes, l'Homme Christ Jésus» (1 Timothée 2:5)? Pourquoi avons-nous besoin de demander aux saints de prier pour nous?

Oui, Jésus-Christ, à la fois homme et Dieu, est le seul qui ait réconcilié l'humanité déchue avec Dieu le Père par Sa réconciliation et Sa vie rédemptrice, Sa mort et Sa résurrection. Mais cela ne veut pas dire que nous ne demandons jamais à d'autres de prier pour nous! Nous demandons aux saints défunts leurs prières de la même manière que nous demandons à nos frères chrétiens sur la terre d'intercéder pour nous. Puisque les défunts restent en vie en Christ, pourquoi devraient-ils cesser d'exprimer leur amour et leur souci pour nous par la prière? Libéré des soucis de la survie au jour le jour sur la terre, n'étant pas grevés par les tendances pécheresse de la chair, et beaucoup plus intimement liés avec le Christ que nous, les défunts sont capables d'intercéder pour nous beaucoup plus souvent et avec plus de force que notre amis sur la terre ne peuvent prier pour nous. Ceux qui sont dans les cieux sont capables de faire ce que nous, en permanence sur la terre, aimerions faire, mais qu'en général nous réusissons seulement à faire faiblement et sporadiquement.

Il n'est pas étonnant, donc, que les chrétiens depuis les premiers jours aient demandé aux défuntx leurs prières. Cela ne signifie nullement que nous ne pouvons atteindre le Christ qu'en passant par les saints, comme s'ils étaient des intermédiaires absolument nécessaires entre Dieu et nous. Une telle idée est tout à fait étrangère à l'orthodoxie. Saint Paul le dit clairement, "Voyant alors que nous avons un grand Souverain sacrificateur qui a traversé les Cieux, Jésus, le Fils de Dieu... allons donc avec assurance au trône de la grâce, afin d'obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus dans nos besoins "(Hébreux 4:14-16).

Mais simplement parce que nous prions, nous-mêmes, directement vers Dieu, ne signifie pas que nous ne demandons jamais à d'autres personnes leurs prières! En effet, il nous est commandé de nombreuses fois dans les Ecritures de prier les uns pour les autres. Saint Paul dit à Timothée: "J'exhorte donc, avant toutes choses, à faire des prières, des supplications, des requêtes, des actions de grâces, pour tous les hommes," (1 Timothée 2:1; Colossiens 4:2-4 voir aussi, Éphésiens 6:18 , etc) Et il nous est enseigné par notre Seigneur Jésus que la puissance de la prière est plus grande lorsque plus de gens prient ensemble: "Je vous dis encore que, si deux d'entre vous s'accordent sur la terre pour demander une chose quelconque, elle leur sera accordée par mon Père qui est dans les cieux."(Matthieu 18:19).

Donc, tout comme nous sommes réconfortés et renforcés lorsque nous demandons à des amis, à la famille et aux membres de l'Église sur la terre d'intercéder pour nous dans un moment de besoin, combien plus peut-on se sentir réconfortés et renforcés lorsque nous demandons également à l'Eglise du ciel ses prières! (Et nous ne devons pas négliger de demander aux anges pour leurs prières ainsi, puisqu'ils sont expressément envoyés pour nous comme des "esprits tutélaires" [Hébreux 1:14; Psaume 91:11 et aussi Ésaïe 63:9]). Demander aux saints, à la fois à ceux sur la terre et dans les cieux*,  leurs prières, et le demander aux anges aussi, peut être compris simplement comme la collecte de la plus grande quantité de soutien possible dans la prière en cas de besoin!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

*Et simplement parce que l'Eglise orthodoxe canonise certaines personnes comme "saints" (Aghioi) ne signifie pas que les disciples du Christ sur ​​la terre ne puissent pas être aussi parfois appelés saints (Aghioi), comme par saint Paul dans Éphésiens 6:18, Romains 1:7, etc dans la Divine Liturgie, l'office célébré chaque dimanche dans l'Église orthodoxe, peu de temps avant que les fidèles reçoivent la Sainte Eucharistie (la Communion), le prêtre proclame: "les saints Dons sont pour les saints (aghiois)."

Haïjin Pravoslave (XVI)


L'énigme de l'âme
Trouve son fil d'Ariane
Dans le Nom sacré

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

mardi 5 mars 2013

Le credo du cinéaste chrétien


Nous croyons que l'art cinématographique authentique a une valeur intrinsèque et est divin dans ses origines.

Nous croyons que l'art ne gagne pas de la valeur seulement parce qu'il sert à quelque intention humaine, mais plutôt, qu'il est intrinsèquement précieux car l'acte même de création est un reflet du Créateur.

Nous croyons qu'il ne devrait y avoir aucune ségrégation en sujet artistique «religieux» et «profane», car la réalité, comme Dieu, est une.

Nous croyons que la représentation du comportement humain avili comme divertissement gratuit, est destructeur pour l'individu et pour la société dans son ensemble.

Nous croyons que la représentation artistique d'un comportement humain avili réaliste, pertinent, n'est pas en soi l'approbation de celui-ci.

Nous croyons que «Que Ton règne vienne» est une vérité infinie.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Haïjin Pravoslave (XV)


Toute âme est amie
Qui respire comme toi 
Le Nom ineffable

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

lundi 4 mars 2013

David C. Ford: La prière et les défunts (10)


Christ in Heaven


+


Puisque la mort a été vaincue par le Christ, pourquoi ces personnes ne continuent-elles pas leur ministère auprès de nous après avoir rejoint le Christ dans le ciel?

Un prêtre orthodoxe russe au début du XXe siècle réprimanda un jour ceux qui ne croient pas en une véritable communion de prière avec les défunts: "Une poignée de terre, une pierre tombale, sont devenus [pour vous] des obstacles insurmontables pour la communion avec ceux qui ont quitté du monde"* 
Des chrétiens innombrables de tous les pays et tous les siècles ont apporté leur témoignage sur la réception de l'aide de Dieu, par les prières et les ministrations des saints. 
Ceci est une forte indication que Dieu prend plaisir à leurs prières pour nous et aux nôtres pour eux. L'Ecriture atteste le caractère sacré de ces prières dans le livre de l'Apocalypse: "Les quatre êtres vivants et les vingt-quatre vieillards se prosternèrent devant l'Agneau, ayant chacun une harpe et des coupes d'or remplies de parfums, qui sont les prières des saints "(Apocalypse 5:8).

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après


* Père Cyrille Zaits in Missionary Conversations with Protestant Sectarians, compiled and translated by Deacon Lev Puhalo and Vasili Novakshonoff (Jordanville, NY: Holy Trinity Monastery, 1973), p. 35.

Haïjin Pravoslave (XIV)


La Sainte Montagne
A sa base dans la prière
Son sommet au Ciel

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

dimanche 3 mars 2013

David C. Ford: La prière et les défunts (9)



Преподобный Серафим Саровский

Sur quelle base  demander aux saints de prier pour nous?

Comme nous l'avons vu, l'Église tient en haute estime la mémoire des chrétiens exceptionnellement saints, qui, pendant leur vie terrestre ont aidé un grand nombre de leurs coreligionnaires à la fois physiquement et spirituellement. Par conséquent, il ne faut pas s'étonner qu'elle encourage les fidèles à demander l'intercession continue de ces personnes après leur passage dans l'autre monde. Un exemple d'un tel recours est un hymne à saint Serge de Radonège, un moine très aimé et père spirituel pour beaucoup au XIVe siècle en Russie: "Le Saint-Esprit a pris sa demeure en toi et y opérant Il t'a orné de beauté, ô toi qui as l'audace de t'approcher de la Sainte Trinité, n'oublie pas ton troupeau rassemblé par ta sagesse et ne l'oublie jamais, en visitant tes enfants, selon ta promesse, ô saint père Serge".

Un appel similaire est fait à Saint Germain, orthodoxe évangélisateur de l'Alaska au début des années 1800: "Ayant le désir, d'amener les incroyants au Dieu Unique, tu te fis tout pour tous les hommes: enseignant l'Ecriture Sainte et menant une vie en accord avec elle, enseignant l'artisanat, et étant un intercesseur devant les autorités, t'occupant des hommes en tout,  comme s'ils étaient des enfants, ainsi tu les amenas à Dieu, et tu ne nous abandonnes pas, nous qui chantons pour toi".

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Haöjin Pravoslave (XIII)


Laisse le silence
Envahir le Lieu du cœur
Comme une marée

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)