"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

dimanche 8 février 2009

ACATHISTE EN L’HONNEUR DE L’ICONE DE LA TRES SAINTE MERE DE DIEU "CALICE INEXHAUSTIBLE"


Икона Божией Матери ''Неупиваемая Чаша''

Kondakion 1
Une délivrance miraculeuse nous a été accordée par Ta sainte icône, ô Souveraine Mère de Dieu. Par son apparition, elle nous a délivré des afflictions de l’esprit et de la chair, et des circonstances malheureuses. C’est pourquoi nous T’apportons notre louange de reconnaissance. Ô Mère Très Miséricordieuse, dans Ton intercession, incline vers nous dans Ta compassion, ce Calice Inexhaustible. Nous qui faisons appel à Toi, entends nos soupirs et les cris venant de notre cœur et délivre-nous de l’infirmité de la boisson, tandis qu’avec foi nous nous écrions vers Toi : Réjouis-Toi, Mère de Dieu Souveraine, Calice Inexhaustible Qui étanche notre soif !

Ikos 1
Les pouvoirs angéliques et les assemblées de justes Te glorifient sans cesse, ô Mère de Dieu Souveraine de tous ; intercède pour nous, Tes indignes serviteurs, qui demeurent dans le dérèglement et les transgressions. Pourtant, pour notre salut et notre consolation, dans Ta miséricorde, Tu nous donnes Ton icône miraculeuse, afin que la contemplant, comme l’unique étoile dans une nuit étoilée, nous nous prosternions à Tes pieds et Te criions du fond de nos cœurs :
Réjouis-Toi, Demeure de l’inaccessible Divinité,
Réjouis-Toi, Émerveillement constant des hommes,
Réjouis-Toi, Qui nous relève des afflictions de nos péchés,
Réjouis-Toi, Qui guérit les blessures de nos infirmités,
Réjouis-Toi, Toi dont l’icône thaumaturge nous apporte la miséricorde d’en Haut
Réjouis-Toi, Toi dont les trésors révélés apportent la joie à nos cœurs,
Réjouis-Toi, Réconciliation miraculeuse avec Dieu,
Réjouis-Toi, Toi Qui nous délivres à jamais de la Géhenne,
Réjouis-Toi, Mère de Dieu Souveraine, Calice inexhaustible Qui étanche notre soif !

Kondakion 2
En voyant, Mère de Dieu Souveraine, la profonde peine et les tortures de l’âme de ceux qui sont liés par le vice affreux de l’alcoolisme et leur sincère repentir, Tu as gracieusement voulu montrer Ta miséricorde à la ville de Serpoukhov par l’apparition de Ton icône miraculeuse du Calice Inexhaustible, afin que tous ceux qui se prosternent devant elle avec foi et un cœur contrit, puissent recevoir la guérison de leur grave affliction et que du fond du cœur ils s’écrient vers Dieu : Alléluia !

Ikos 2
Comprenant le sens de la triple apparition de saint Barlaam, et ses instructions d’aller à la ville bénie de Serpoukhov, l’homme enchaîné par la passion de la boisson obéit, et là dans le monastère, il trouva Ton icône, Calice Inexhaustible. Voyant nous aussi sur nous la même empreinte du péché, nous nous écrions vers Toi avec vénération :
Réjouis-Toi, Révélatrice à ceux qui ont le cœur pur, de la gloire de Tes miracles pour les pécheurs,
Réjouis-Toi, Guide sagace montrant à ceux qui ont chu, la voie du salut
Réjouis-Toi, Toute Bénie Qui nous enseigne en nous attirant par Ton amour,
Réjouis-Toi, Toi dont les bonnes œuvres nous apprennent la gratitude,
Réjouis-Toi, Qui changes nos peines en joie,
Réjouis-Toi, Qui nous ceint d’une espérance sans faille,
Réjouis-Toi, Destructrice de nos passions destructrices,
Réjouis-Toi, Qui fais porter des fruits à nos bonnes intentions,
Réjouis-Toi, Mère de Dieu Souveraine, Calice inexhaustible Qui étanche notre soif !

Kondakion 3
Raffermis par la puissance du Tout Puissant, et par la grâce de notre Souveraine Mère de Dieu, un homme affligé de l’infirmité de l’ivrognerie, se relève dans l’obéissance à la Mère de Dieu, comme cela lui fut demandé par les paroles de saint Barlaam, et en dépit de la faiblesse de ses membres, il se met à marcher vers Serpoukhov. Entrant dans cette cité et trouvant l’icône de la Mère de Dieu, il est guéri de son infirmité d’âme et de corps, et du fond de son cœur, avec une gratitude joyeuse, il clame à Dieu : Alléluia !

Ikos 3
Trouvant une source inépuisable, dans ce Calice Inexhaustible donné du Ciel, non seulement aux fidèles de Serpoukhov, mais à tous les croyants véritables de tous lieux, ils accourent vers Ton icône merveilleuse, y recevant la guérison, ils se prosternent devant elle et leurs lèvres joyeuses clament vers Toi :
Réjouis-Toi, Source qui dissipe nos afflictions,
Réjouis-Toi, Calice dont nous recevons le joie du salut,
Réjouis-Toi, Qui prends soin des infirmités de notre chair et de notre âme,
Réjouis-Toi, Qui vaincs en réduisant nos passions par la puissance de Ta prière
Réjouis-Toi, Donatrice Qui donne à chacun selon ses besoins,
Réjouis-Toi, Générosité qui donne sans compter,
Réjouis-Toi, Ouverture du trésor de la Grâce,
Réjouis-toi, Qui montres de la miséricorde à ceux qui ont chu,
Réjouis-Toi, Mère de Dieu Souveraine, Calice inexhaustible Qui étanche notre soif !

Kondakion 4
Bien qu’une tempête intérieure de doutes puisse embrumer leur esprit, pourtant ceux qui, enchaînés par la passion de la boisson, viennent à Toi trouvent une miséricorde ineffable et reçoivent la guérison. C’est pourquoi des profondeurs de notre cœur, nous crions au Sauveur qui naquit de Toi : Alléluia !

Ikos 4
Voyant le lourd fardeau et entendant les cris des femmes, des vieillards et des enfants parents de ceux qui sont possédés par la passion de la boisson, le Seigneur leur donne Ton icône, ô Souveraine, afin que tous ceux qui viennent à elle reçoivent soulagement et joie spirituelle, et qu’en pleurant ils puissent te proclamer :
Réjouis-Toi, Agnelle qui donna naissance à l’Agneau,
Réjouis-Toi, Calice qui puise la joie de la source d’immortalité,
Réjouis-Toi, Consolation des peines des mères,
Réjouis-Toi, Espérance de ceux qui sont sans espoir,
Réjouis-Toi, Refuge béni de ceux qui accourent à Toi, 
Réjouis-Toi, Réjouissance des cœurs de ceux qui souffrent,
Réjouis-Toi, Qui fais cesser l’agitation causée par les effets de l’addiction à la boisson,
Réjouis-Toi, O Miséricordieuse, qui tends Ta main miséricordieuse à ceux qui sont dans le besoin,
Réjouis-Toi, Mère de Dieu Souveraine, Calice inexhaustible Qui étanche notre soif !

Kondakion 5
Comme une étoile divinement rayonnante, depuis Serpoukhov, Ta sainte icône nous fut révélée ô Souveraine, c’est pourquoi, avec une foi sincère, nous T’implorons ô Mère de Dieu en disant : Guéris ceux qui souffrent de l’alcoolisme et de toutes maladies de l’âme et de la chair, et apprends aux fidèles à louer Dieu en disant : Alléluia !

Ikos 5
Voyant les merveilleux signes et miracles venant de Ton icône révélée à Serpoukhov et des autres icônes peintes selon son modèle, ô Mère de Dieu, nous vénérons Ton icône et nous nous écrions humblement vers Toi :
Réjouis-Toi, Protectrice prompte de tous ceux qui accourent vers Toi,
Réjouis-Toi, Qui écoutes avec bienveillance toutes nos requêtes,
Réjouis-Toi, Qui as obombré Serpoukhov de bénédictions,
Réjouis-Toi, Toi dont la gloire est manifestée aussi à ceux qui sont éloignés de Serpoukhov,
Réjouis-Toi, Trésor inépuisable pour tous ceux qui ont besoin de guérison,
Réjouis-Toi, Appui puissant de ceux qui désirent vivre dans la sobriété,
Réjouis-Toi, Secours des fidèles qui combattent le Malin, le monde, la chair et l’ivrognerie,
Réjouis-Toi, Défense sincère de ceux qui mènent une vie pure,
Réjouis-Toi, Mère de Dieu Souveraine, Calice inexhaustible Qui étanche notre soif !

Kondakion 6
Proclamant les miracles qui jaillissent de Ton icône le Calice Inexhaustible, ô Mère de Dieu, avec des larmes nous T’implorons : Délivre nous du vice de la passion de l’alcool et des profondeurs du péché, et apprends-nous ô Toute Pure à chanter vers Dieu dans la tempérance : Alléluia !

Ikos 6
Rayonnante de la splendeur de la gloire de Dieu, ô Vierge Mère, Tu contemples Ton enfant dans le Calice Inexhaustible et un mystère est révélé, accordant la délivrance de la passion de la boisson à tous ceux qui T’implorent avec foi. C’est pourquoi avec des larmes, nous T’offrons cette louange incessante :
Réjouis-Toi, en qui se réjouissent les hôtes angéliques et la race des hommes,
Réjouis-Toi, O glorieuse Qui surpasse la louange du ciel et de la terre,
Réjouis-Toi, Révélatrice, Toi Qui nous révélas Ton Fils dans le mystère de la Divine Eucharistie,
Réjouis-Toi, Par Qui nous voyons merveilleusement l’Agneau né de Toi, Qui est toujours mangé et jamais consumé,
Réjouis-Toi, Calice de vie et d’immortalité Qui nous conduit aux portes de la Vie éternelle,
Réjouis-Toi, Fontaine de la vie et de la joie éternelles qui étanche la soif de l’âme assoiffée,
Réjouis-Toi, Grâce incommensurable Qui ne rejette pas les indigents et ceux qui sont découragés,
Réjouis-Toi, Qui tires les désespérés de leurs abîmes de désastre,
Réjouis-Toi, Mère de Dieu Souveraine, Calice inexhaustible Qui étanche notre soif !

Kondakion 7
Cherchant à T’exprimer sa gratitude à Serpoukhov, Un homme orne richement Ton icône miraculeuse ô Souveraine Mère de Dieu, car Tu l’as délivré de la passion de la boisson. Et chantant les louanges du plus profond de son cœur, il chante : Alléluia !

Ikos 7
Nous voyons un nouveau miracle émaner de Ta sainte icône ô Souveraine Mère de Dieu : souffrant de la maladie de la boisson, un certain serviteur de Dieu Stéphane, demande Ta maternelle intercession et obtient délivrance de sa terrible souffrance. Avec gratitude, il embellit Ton icône avec prodigalité et se prosternant devant elle avec larmes s’écrie vers Toi :
Réjouis-Toi, Source vivifiante de guérisons,
Réjouis-Toi, Céleste coupe des dons divins,
Réjouis-Toi, Fleuve de guérisons qui ne tarit pas,
Réjouis-Toi, Océan dans lequel meurent nos passions, 
Réjouis-Toi, Mère Qui relève de Ses mains ceux qui sont opprimés par le péché de la boisson,
Réjouis-Toi, Qui acceptes nos dons de gratitude,
Réjouis-Toi, Qui donnes la joie aux cœurs des purs,
Réjouis-Toi, Exaucement de nos justes demandes,
Réjouis-Toi, Mère de Dieu Souveraine, Calice inexhaustible Qui étanche notre soif !

Kondakion 8
Il semble étrange et incroyable pour les incroyants que de Ton icône sainte du Calice Inexhaustible, sourdent tant de miracles. Mais ayant foi dans ces paroles liées à l’icône prototype : « La grâce de Celui Qui est né de moi, et ma bénédiction demeureront avec cette icône », ô Souveraine Mère de Dieu, nous croyons aussi que de cette icône se déverse également Ta miséricorde. C’est pourquoi, nous prosternant avec grande vénération, nous vénérons d’un saint baiser Ton icône en clamant à Dieu : Alléluia !

Ikos 8
L’espoir de tous ceux qui souffrent de la passion de la boisson est en placé en Toi, ô Souveraine Mère de Dieu. Considère nos infirmités et nos passions, car si Tu ne nous conduis pas hors des abîmes de perdition et de misère de nos âmes et de nos corps, qui le fera ? C’est pourquoi, nous fléchissons le genou devant Ta sainte icône et nous Te clamons :
Réjouis-Toi, Qui acceptes même les prières des pécheurs,
Réjouis-Toi, Aide de ceux qui cherchent Ton intercession,
Réjouis-Toi, Qui montre aux fidèles la profondeur de Ta compassion,
Réjouis-Toi, Qui encourage ceux qui sont découragés et sans espoir,
Réjouis-Toi, Dont la main est tendue vers ceux qui sont enchaînés par la passion de la boisson,
Réjouis-Toi, Réconfort de ceux qui souffrent dans la patience qui reçoivent de Toi des dons de la Grâce,
Réjouis-Toi, Qui te soucies des infirmités de l’âme et de la chair,
Réjouis-Toi, Qui nous enseignes à mépriser les vains plaisirs de la vie,
Réjouis-Toi, Mère de Dieu Souveraine, Calice inexhaustible Qui étanche notre soif !

Kondakion 9
Les êtres angéliques virent ton acte miséricordieux, ô Sauveur, par lequel Tu donnas à la race humaine pécheresse, une protectrice et une aide puissantes, qui prend soin de nos infirmités et nous libère de l’amère maladie de la boisson et apprend aux fidèles à chanter vers Dieu. Alléluia !

Ikos 9
La plus haute intelligence humaine ne peut louer correctement l’apparition de Ta glorieuse icône. O Souveraine Mère de Dieu. Et nous, transgresseurs, nous ne pouvons non plus de nos lèvres pécheresses, Te louer dignement, Toi Qui intercèdes pour nous. Voyant les innombrables miracles qui émanent de Ton icône, nous réjouissant en nos âmes et en nos esprits, nous proclamons :
Réjouis-Toi, Toi dont la sainte icône déverse des miracles,
Réjouis-Toi, Toi Qui es prompte à nous délivrer des malheurs et des afflictions,
Réjouis-toi, Qui couvres de honte ceux qui Te dénigrent,
Réjouis-Toi, Protectrice qui protège du mal ceux qui accourent vers Toi,
Réjouis-Toi, Rayonnement joyeux qui disperse les ténèbres de nos passions et de nos péchés,
Réjouis-Toi, Qui emplis nos cœurs de l’amour de Ton Fils et de Ton amour,
Réjouis-Toi, Qui nous remets sagement sur la voie du repentir,
Réjouis-Toi, Intercession miséricordieuse devant le juste Juge,
Réjouis-Toi, Mère de Dieu Souveraine, Calice inexhaustible Qui étanche notre soif !

Kondakion 10
Voulant sauver tous ceux qui souffrent de la maladie de l’alcoolisme et d’autres addictions, Tu nous as donné Ton icône miraculeuse, ô Mère de Dieu, afin que tous ceux qui souffrent puissent accourir vers elle et, ayant été guéris, qu’ils puissent s’écrier avec tendresse vers Dieu : Alléluia !

Ikos 10
Tu es, ô Souveraine Mère de Dieu, le rempart et le bouclier de ceux qui souffrent de l’alcoolisme et aussi de tous ceux qui Te cherchent sincèrement et qui vénèrent pieusement Ta sainte icône ; car le Seigneur nous l’a donnée pour notre aide et notre guérison de cette passion destructrice. Et c’est pourquoi, Il nous inspire de Te chanter ainsi :
Réjouis-Toi, Qui allèges nos souffrances et donnes l’espoir à ceux qui désespèrent,
Réjouis-Toi, Tu es la guérison des maladies de l’âme et du corps,
Réjouis-Toi, Toute Pure, dont la pureté nous purifie de la souillure du péché,
Réjouis-Toi, Ta sainteté fais ressortir notre indignité,
Réjouis-Toi, Tu revêts notre corps mortel du manteau de Ton immortelle compassion ,
Réjouis-Toi, Ta force fortifie nos prières,
Réjouis-toi, Tu nous affermis, nous qui sommes faibles,
Réjouis-Toi, Qui disperses les nuages sombres des passions qui nous encerclent,
Réjouis-Toi, Mère de Dieu Souveraine, Calice inexhaustible Qui étanche notre soif !

Kondakion 11
Ô Très pure, ne rejette pas l’humble hymne que je t’apporte avec tout mon amour et ma sincérité; Et ne détourne pas Ta face de ceux qui souffrent de cette infirmité qu’est l’alcoolisme et de désespoir, mais nous T’implorons de nous aider, afin que nous soyons purifiés de toute impureté pour que nous puissions avec rectitude et justesse chanter vers Dieu : Alléluia !

Ikos 11
Comme un cierge béni dardant des rayons de grâce, O Vierge Sainte, Tu brilles d’une gloire ineffable dans Ton icône, parmi les icônes des saints ; c’est pourquoi nous T’implorons, illumine les ténèbres de nos péchés et place-nous sur la voie de rectitude, tandis que nous nous écrions vers Toi avec révérence:
Réjouis-Toi, Libératrice, et Délivre-nous de la vanité de ce monde par l’intercession de sainte Dominique,
Réjouis-Toi, Aide précieuse, et par son intercession pour nous, aide-nous à vaincre les passions de la chair,
Réjouis-Toi, O Toute bénie, et par les prières du saint prêtre martyr Haralampos, emplis nos cœurs de pieuses pensées,
Réjouis-Toi, O illuminatrice et par son intercession, illumine nos consciences impures,
Réjouis-Toi, O notre délivrance, par les prières de la sainte martyre Parascève, délivre ceux qui souffrent d’addiction à l’alcool,
Réjouis-Toi, Généreuse, par son intercession, Tu nous appelles à étancher notre soif de repentance et de vigilance véritables,
Réjouis-Toi, Consolatrice, avec le saint martyr Antipas, tu consoles les âmes amères,
Réjouis-Toi, O Miséricordieuse, et avec lui, sauve ceux qui T’invoquent pour demander Ton aide, et qui glorifient Ton nom,
Réjouis-Toi, Mère de Dieu Souveraine, Calice inexhaustible Qui étanche notre soif !

Kondakion 12
La grâce qui rayonne de Ton icône du Calice Inexhaustible, appelle à elle tous ceux qui souffrent, tous les malheureux, les veuves, les orphelins et plus particulièrement ceux qui souffrent de la maladie de l’alcoolisme. Et personne, vénérant Ton icône du Calice Inexhaustible, ne s’en retourne les mains vides, ô Toute Pure, c’est pourquoi, recevant généreusement les dons divins qui sourdent de Ton icône miraculeuse, ô Pleine de Grâce, avec gratitude ils chantent vers Dieu : Alléluia !

Ikos 12
Chantant Tes miracles et la grande miséricorde qui sont révélés à ceux qui souffrent de la passion de l’alcoolisme, nous T’implorons, ô Souveraine, sauve-nous, aie pitié de nous, remets-nous sur la voie de rectitude et ne nous abandonne pas, nous qui recherchons Ta sainte protection et Te clamons : 
Réjouis-Toi, Qui attires vers la sobriété ceux qui sont tombés dans le péché de la boisson,
Réjouis-Toi, Libératrice Qui nous délivres de la passion de l’alcool par la rosée de Ta miséricorde,
Réjouis-Toi, Qui Te soucies constamment de ceux qui souffrent du péché oppressant de l’addiction à l’alcool,
Réjouis-Toi, Toi Qui es attentive et Te hâtes vers ceux qui souffrent de passions graves,
Réjouis-Toi, Encouragement dans lequel ceux qui ont chu puisent du courage,
Réjouis-toi, Grande Joie des cœurs droits,
Réjouis-Toi, Qui rabaisses les orgueilleux,
Réjouis-Toi, Qui exaltes les humbles et désires le salut de tous,
Réjouis-Toi, Mère de Dieu Souveraine, Calice inexhaustible Qui étanche notre soif !

Kondakion 13
Ô Très Miséricordieuse Mère de notre Très Doux Seigneur Jésus-Christ, écoute notre prière et délivre nous de toutes maladies physiques et émotionnelles et délivre plus particulièrement ton/ta/tes serviteur(s)/servante(s)…………….[nom(s)] qui souffre(nt) de ces maux, afin qu’il(s)/elle(s) ne périsse(nt) pas, mais qu’il(s)/elle(s)puisse(nt )être sauvé(e)(s) et chanter vers Dieu : Alléluia ! Alléluia ! Alléluia !
( ce kondakion est dit trois fois)

Kondakion 1
Une délivrance miraculeuse nous a été accordée par Ta sainte icône, ô Souveraine Mère de Dieu. Par son apparition, elle nous a délivré des afflictions de l’esprit et de la chair, et des circonstances malheureuses. C’est pourquoi nous T’apportons notre louange de reconnaissance. Ô Mère Très Miséricordieuse, dans Ton intercession, incline vers nous dans Ta compassion, ce Calice Inexhaustible. Nous qui faisons appel à Toi, entends nos soupirs et les cris venant de notre cœur et délivre-nous de l’infirmité de la boisson, tandis qu’avec foi nous nous écrions vers Toi : Réjouis-Toi, Mère de Dieu Souveraine, Calice Inexhaustible Qui étanche notre soif !

Ikos 1
Les pouvoirs angéliques et les assemblées de justes Te glorifient sans cesse, ô Mère de Dieu Souveraine de tous ; intercède pour nous, Tes indignes serviteurs, qui demeurent dans le dérèglement et les transgressions. Pourtant, pour notre salut et notre consolation, dans Ta miséricorde, Tu nous donnes Ton icône miraculeuse, afin que la contemplant, comme l’unique étoile dans une nuit étoilée, nous nous prosternions à Tes pieds et Te criions du fond de nos cœurs :
Réjouis-Toi, Demeure de l’inaccessible Divinité,
Réjouis-Toi, Emerveillement constant des hommes,
Réjouis-Toi, Qui nous relève des afflictions de nos péchés,
Réjouis-Toi, Qui guérit les blessures de nos infirmités,
Réjouis-Toi, Toi dont l’icône thaumaturge nous apporte la miséricorde d’en Haut
Réjouis-Toi, Toi dont les trésors révélés apportent la joie à nos cœurs,
Réjouis-Toi, Réconciliation miraculeuse avec Dieu,
Réjouis-Toi, Toi Qui nous délivres à jamais de la Géhenne,
Réjouis-Toi, Mère de Dieu Souveraine, Calice inexhaustible Qui étanche notre soif !

PRIERE
Souveraine Très Miséricordieuse, notre espérance, ô Sainte Mère de Dieu, Tu es un refuge pour les orphelins et une protectrice pour les étrangers, l’aide de ceux qui sont dans le besoin et la consolation de ceux qui sombrent dans l’amertume. Vois nos malheurs et nos afflictions : de tous côtés nous sommes assaillis par les tentations et il n’y a personne pour nous protéger. Tu es notre seule aide, car nous sommes faibles. Nourris-nous, car nous sommes étrangers. Remets-nous sur le chemin de rectitude, car nous sommes perdus. Guéris-nous et sauve-nous car nous sommes sans espoir. Nous n’avons d’autre aide, d’autre protection, d’autre réconfort que Toi, ô Mère de ceux qui souffrent et sont accablés. Pose Tes yeux sur nous, qui vivons dans le péché et l’amertume et couvre-nous du voile pur de Ta protection. Que nous soyons délivrés de tout mal qui nous assaille et plus particulièrement de l’alcoolisme… Et fais que nous puissions louer Ton saint nom dans les siècles des siècles. Amen !
Seconde Prière
Très miséricordieuse Souveraine Mère de Dieu, aujourd’hui nous accourons vers ta sainte protection. Ne rejette pas nos requêtes, mais écoute-les gracieusement : les épouses, les enfants et les mères et tous ceux qui sont liés par l’infirmité de l’alcoolisme. Ecoute-nous pour l’amour de notre Mère l’Eglise du Christ et pour le salut de nos frères et de nos sœurs qui sont tombés et pour la guérison des membres de nos familles.
Ô Mère de Dieu pleine de grâce, touche leurs cœurs et relève ceux qui sont tombés dans le péché, et établis –les à nouveau sur le chemin de la saine tempérance.
Implore le Christ notre Dieu qu’Il nous pardonne nos péchés et qu’Il ne détourne pas Sa miséricorde de nous, mais nous affermisse dans la sobriété et la chasteté.
Accepte, Très Sainte Mère de Dieu, les prières des Mères et les larmes versées sur leurs enfants, les prières des épouses, des orphelins, des indigents, de ceux qui sont dans l’illusion spirituelle et de nous tous qui nous prosternons devant Ton icône. Et fais que nos demandes soient portées par Tes prières au Trône du Très Haut.
Couvre-nous de Ta protection et préserve-nous des ruses et pièges de l’Ennemi et à l’heure redoutable de notre départ de cette terre, permets-nous de passer l’épreuve sans chuter et par Tes prières, délivre-nous de la condamnation éternelle. Et accorde-nous que la miséricorde de Dieu soit sur nous pour les siècles des siècles. Amen !

Tropaire Ton 4
Aujourd’hui nous les fidèles nous accourons vers l’icône miraculeuse de la Très Sainte Mère de Dieu qui accorde aux cœurs croyants de boire Sa miséricorde au Calice Inexhaustible et qui révèle aux âmes pieuses des merveilles. C’est pourquoi ayant vu et entendu ces merveilles, nous nous réjouissons spirituellement et nous nous exclamons remplis de joie: ô Très Miséricordieuse Souveraine Mère de Dieu, par Ta prière au Christ, guéris nos infirmités et nos passions et supplie-Le de sauver nos âmes.

Version française Claude Lopez-Ginisty

Prier (56)



C'est ici et maintenant
Et non dans un avenir lointain
Que ta vie va être transfigurée 
Par ta prière en Christ

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

Saint Séraphim: Video

samedi 7 février 2009

Sainte Elisabeth de Russie: Ses deux dernières lettres...





Lettre I

Seigneur bénis !

Que la Résurrection du Christ vous réconforte et vous donne à toutes de la force!

A 6 heures nous avons dépassé Rostov et le soir la Trinité Saint Serge. Que Saint Serge, Saint Dimitri et Sainte Euphrosyne de Polotsk nous gardent tous, mes très chères.

Voyager est aisé. Il y a de la neige partout. Je ne puis oublier [dans la journée d’]hier tous vos chers et doux visages. Ô Seigneur, quelle souffrance il y avait en eux, oh comme mon cœur en souffrit! A chaque minute [qui passait] vous m’êtes devenues plus chères, comment puis-je vous quitter, comment puis-je vous consoler, comment puis-je vous donner de la force ? Souvenez-vous de tout ce que je vous ai dit, mes très chères. Soyez toujours non seulement mes enfants, mais des disciples obéissantes. Restez unies et soyez comme une seule âme – tout pour Dieu – et dites comme Saint Chrysostome : « Gloire à Dieu en toute chose!" Je vivrai avec l'espoir d'être avec vous bientôt et je veux vous retrouver toutes ensemble. En plus de l’Evangile, lisez les épitres des Apôtres ensemble.

Sœurs plus âgées, unissez vos sœurs. Demandez à l’évêque Tikhon de prendre les « poussins » sous son aile. Préparez mes pièces pour lui dans la salle du milieu. Ma cellule servira pour la Confession et la grande salle sera une salle de réception. S'il n’y a pas de retard, cela prendra cinq jours pour aller là-bas. Catherine reviendra vers vous aussitôt qu’elle le pourra et vous dira commet cela s’est passé pour nous.

De très doux anges gardiens nous ont été donnés. Nous dormons mal à cause de nos pensées. Merci pour la nourriture, nous en aurons plus en route. J’essaie de prier Saint Serge. J’ai une Bible avec moi: nous lirons, nous prierons et nous espérerons.

Pour l’amour de Dieu, ne perdez pas courage. La Mère de Dieu sait pourquoi Son Fils Céleste nous a envoyé cette épreuve le jour de Sa fête.

« O Seigneur, je crois, viens en aide à mon peu de foi ! »
La providence de Dieu est insondable.



Lettre II

Mes chers petits enfants. 
Vous avez toutes communié gloire à Dieu ! Vous vous êtes tenues devant le Sauveur comme une seule âme. Je crois que le Sauveur a été avec vous toutes sur cette terre, et qu’au Jugement Dernier, cette prière va s’élever à nouveau devant la face de Dieu, en miséricorde pour chacune de vous et pour moi !

Je ne puis vous exprimer combien j’ai été touchée et comblée de joie jusques au fond de mon âme par vos lettres. Vous m’avez toutes, sans exception écrit que vous vous efforcerez de vivre comme je vous l’ai souvent dit. Oh, comme vous allez maintenant vous perfectionner pour le salut, je vois déjà là un bon début, mais ne soyez pas abattues et ne faiblissez pas dans vos bonnes intentions, et le Seigneur, qui pour un temps nous a séparées, vous fortifiera spirituellement.

Priez pour moi pécheresse, que je sois digne de revenir vers mes petits enfants, et rendue parfaite pour vous et pour que nous puissions toutes penser à la manière de vous préparer pour la Vie Eternelle. Vous vous souvenez que j’ai souvent eu crainte que vous ne trouviez trop de force dans la vie dans le soutien [que je vous apportais] et j’avais l’habitude de vous dire : « Vous devez vous appuyer plus sur Dieu » Le Seigneur dit : « Mon fils donne-moi ton cœur et tes yeux afin qu’ils considèrent Mes voies » Alors vous pouvez êtres sûres que si vous donnez à Dieu votre cœur, c’est-à-dire vous-mêmes, vous Lui donnez tout.

A présent vous souffrez involontairement, mais avec Lui seulement nous trouvons consolation pour supporter la Croix de séparation qui nous est commune.

Le Seigneur a trouvé qu’il était temps pour nous de porter Sa Croix, efforçons-nous d’être dignes de cette joie. Je pensais qu'étant si faibles, nous n’avions pas encore assez grandi pour porter une lourde croix.

« Le Seigneur a donné et le Seigneur a repris, qu’il soit ainsi! » Quel exemple nous donne Saint Job, avec son humble soumission et sa patience dans les épreuves. C’est la raison pour laquelle Dieu lui donne ensuite la joie.

Combien d’exemples de telles épreuves, ne trouvons-nous pas chez les Saints Pères et dans les Saints Monastères? Préparez vous à la joie d’être à nouveau ensemble, nous serons patientes, humbles. Ne maugréons pas, soyons reconnaissantes pour tout.

En ce moment, je lis le merveilleux livre de Saint Jean de Tobolsk. Voici qu’il écrit "Le Dieu Miséricordieux préserve et donne la sagesse à tous ceux qui remettent leur cœur à Sa Sainte Volonté et avec les mêmes paroles, Il soutient et fortifie le cœur, afin que nous ne transgressions pas la volonté de Dieu, en nous inspirant secrètement : « Vous êtes toujours avec Moi, vous êtes toujours en Mon esprit et Ma mémoire, vous obéirez à Ma volonté sans hésitation. Je suis toujours avec vous je veille sur vous avec amour et Je vous garde afin que vous ne perdiez pas Ma Grâce, Ma Miséricorde et les dons de Ma Grâce. Tout ce qui est Mien, est vôtre : Mon paradis, les Anges et même plus : Mon Fils Unique engendré ! »

Je suis Tien, Moi-même je suis Tien,  et je serai Tien, comme Je l’ai promis au fidèle Abraham : Je suis ton bouclier, Ma récompense est éternellement grande dans les siècles des siècles (Genèse 1, 15)
« Mon Seigneur, Tu es mien, véritablement mien… Je t’entends et j’obéirai à Tes Paroles de tout mon cœur. » Dites ces paroles chaque jour et nous vous sentirez légères, légères dans vos cœurs.

"Mais ceux qui espèrent en le Seigneur, renouvelleront leur force ; ils s’élèveront avec des ailes comme les aigles ; ils courront et ne seront pas las ; et ils chemineront et ne seront pas faibles " (Prophète Isaïe….)

"O Seigneur, je crois, viens en aide à mon peu de foi ! »

Mes petits enfants, aimons-nous pas en paroles ni en langues, mais en actes et en vérité ( Epitres)

Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ soit avec vous, et que soit avec vous mon amour en Jésus-Christ. Amen !

Votre intercesseur aînée en Dieu et votre mère aimante en Christ,

Mère Elisabeth

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après la version 
d'Orthodox England


Prier (55)



La Croix
Tracée sur toi
T'enlève au monde
Et t'ajoute au Ciel

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

Saint Séraphim: Video

vendredi 6 février 2009

Prier (54)



Les saints sont des pierres sûres
Dans le cours du torrent 
Ils aident à la traversée de la vie 
Mains fraternelles
Tendues dans la prière

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

Saint Séraphim: Video

jeudi 5 février 2009

Saint Séraphim: Le chemin de la Foi (5)



L’enseignement le plus accompli de Saint Séraphim est dans sa vie faite de podvigs : il est comme tous les saints, un modèle pour les chrétiens, mais lorsque nous le connaissons, nous gardons pour lui une tendresse particulière et quand nous lui demandons son intercession, nous avons l’impression de le mieux connaître, d’être plus proches de lui, d’avoir avec lui la possibilité de nous montrer plus familiers malgré la distance que notre médiocrité spirituelle devrait établir entre lui et nous. 




Il est un saint de prédilection pour nos cœurs et nos âmes. Ce n’est jamais sans émotion lorsque nous avons la bénédiction de recevoir dans nos paroisses d'Europe l’icône de Koursk, que nous la vénérons. Nous savons qu’elle a guéri le petit enfant Prokhore qui allait devenir le grand saint Séraphim et nous mêlons alors avec tendresse et dignité la douceur précieuse que nous donne la Mère des Croyants à la bonté souriante que nous ressentons à l’approche du saint de Sarov. Car nous avons avec lui une véritable amitié spirituelle. Il fait partie de notre famille. Souvent, il a été à la source miraculeuse de notre conversion. Plus souvent encore, il nous a lié spirituellement à des frères et des sœurs orthodoxes, comme le père aimant qu'il reste dans l'éternité de l'Eglise.

Nous connaissons sa tendre compassion pour les fidèles, sa grande miséricorde et l'attention qu'il porte à nos prières, lui qui eut le souci de ses orphelines et de ses moniales, et leur promit d'intercéder pour elles au-delà des frontières de la mort. 




Deux pèlerins furent bénis il y a quelques années par un prêtre qui portait un épitrachelion de Saint Séraphim: jamais il n'y eut bénédiction plus fragrante, car le saint était là, comme présent invisiblement dans cette bénédiction, et il le manifesta par un parfum ineffable d'une douceur infinie. La présence de saint Séraphim est tangible dans la prière. Elle est certitude, paix et joie à la fois. (à suivre)


Claude Lopez-Ginisty

Une première version de ce texte a été publiée 
dans La Chronique de Saint Séraphim de Sarov
dans la revue Diakonia
Fraternité Orthodoxe-Tous les Saints de Belgique
Orthodoxe Broederschap van Alle Heiligen van Belgïe

Prier (53)




Nostalgie bienheureuse
Des jours à venir
Dans le Royaume
Entrevus subrepticement
Au sortir d'une prière sans mots

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

Saint Séraphim: Video

mercredi 4 février 2009

Saint Séraphim: Le chemin de la Foi (4)




Ses podvigs paraissent obsolètes à nos contemporains, qui, se voulant résolument modernes et délivrés de toute forme de « crédulité », ne cherchent dans le merveilleux qu’ils acceptent, qu’une évasion du réel inutile et fugace, au lieu de se mettre en quête de la réalité ultime bien plus réelle du monde spirituel. Ils semblent n’assigner au christianisme qu’un rôle de reliquat culturel tolérable s’il reste dans les bornes bien établies qui ne troublent pas outre mesure leur existence douillette et facile.

À l’heure où la pudeur disparaît, où tout devient public de ce qui est le plus intime de la vie des hommes, le fait qu’un moine puisse, comme Saint Séraphim, être resté mille jours et mille nuits sur une pierre à prier Dieu dans le secret, est au mieux un mystère insondable, au pire une pure folie. 

Hélas trop souvent pour nos contemporains, Dieu est relégué dans un exil terrible loin de nos vies, et nous ne l’autorisons plus qu’à se laisser adorer dans des rites pratiques et rapides qui n’empiètent pas sur notre vie par ailleurs si riche…en banalités passagères et inutiles. Les croyants participent parfois à cet esprit en privilégiant l’activisme forcené et le seul engagement dans la cité, en oubliant la Cité de Dieu et en négligeant totalement l’ascèse comme improductive. Fait-on mine de croire que les héros spirituels du passé ne savaient que prier et donc n’étaient pas efficaces, ou que leur imitation serait dépassée de nos jours ? Jésus-Christ n’est-il donc pas, selon les Ecritures, le même hier, aujourd’hui et à jamais ? L’avons-nous oublié ?

Saint Séraphim a certainement accompli bien d’autres podvigs que l’histoire sainte n’a pas retenus, mais la conscience de sa haute stature perdure. Dans les années trente du siècle vingtième, une femme se trouvait prisonnière au goulag dans la région de Sarov. Elle recueillit parmi les prisonniers de la région d’autres informations sur la vie du saint dont la présence était encore bien réelle plus d’un siècle après sa mort dans la mémoire de ceux qui, dans l’antichambre des enfers soviétiques, attendaient de le rejoindre au Ciel. Le saint était encore présent parmi ses enfants en ces temps de souffrances extrêmes qu’il avait prévues dans sa clairvoyance.

Nous avons compris que c’étaient ses podvigs qui avaient conduit le saint ermite à devenir le grand thaumaturge et le prompt intercesseur devant le trône de Dieu, c’est pourquoi il doit nous encourager à nous engager plus sérieusement et d’une manière plus féconde dans la vie spirituelle. La raison unique et ultime de son ascèse selon lui-même était l’acquisition du Saint Esprit, but véritable du Chrétien et étape ultime de sa foi. Il a cherché le Consolateur et il L’a acquis avec la grâce de Dieu et ses podvigs. Il a véritablement rencontré le Consolateur. 

Mais n’est-ce pas un labeur de moine que cette ascèse ? Il avait prévu cette question. Il y a répondu clairement dans son entretien avec Motovilov : "Le fait que je sois moine et que vous soyez laïc n’entre pas en ligne de compte. Ce que Dieu demande, c’est la foi véritable en Lui-même et Son Fils Unique. En retour, Il accorde d’En Haut la grâce du Saint Esprit. Le Seigneur recherche en nous un cœur rempli à ras bord d’Amour pour Dieu et notre prochain. C’est là le trône sur lequel Son Amour aime siéger et sur lequel Il apparaît dans la plénitude de Sa gloire céleste. Mon Fils, donne-moi, donne-moi ton cœur." ( Proverbes 23, 26)


Claude Lopez-Ginisty

Une première version de ce texte a été publiée 
dans La Chronique de Saint Séraphim de Sarov
dans la revue Diakonia
Fraternité Orthodoxe-Tous les Saints de Belgique
Orthodoxe Broederschap van Alle Heiligen van Belgïe

Prier (52)



La source intérieure
Qui jaillit 
Jusques en la Vie Eternelle
C'est la prière du cœur

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

Epitre de Saint Jacques Chapitre 3


Иаков брат Господень, апостол

3.1
Mes frères, qu'il n'y ait pas parmi vous un grand nombre de personnes qui se mettent à enseigner, car vous savez que nous serons jugés plus sévèrement.
3.2
Nous bronchons tous de plusieurs manières. Si quelqu'un ne bronche point en paroles, c'est un homme parfait, capable de tenir tout son corps en bride.
3.3
Si nous mettons le mors dans la bouche des chevaux pour qu'ils nous obéissent, nous dirigeons aussi leur corps tout entier.
3.4
Voici, même les navires, qui sont si grands et que poussent des vents impétueux, sont dirigés par un très petit gouvernail, au gré du pilote.
3.5
De même, la langue est un petit membre, et elle se vante de grandes choses. Voici, comme un petit feu peut embraser une grande forêt.
3.6
La langue aussi est un feu; c'est le monde de l'iniquité. La langue est placée parmi nos membres, souillant tout le corps, et enflammant le cours de la vie, étant elle-même enflammée par la géhenne.
3.7
Toutes les espèces de bêtes et d'oiseaux, de reptiles et d'animaux marins, sont domptés et ont été domptés par la nature humaine;
3.8
mais la langue, aucun homme ne peut la dompter; c'est un mal qu'on ne peut réprimer; elle est pleine d'un venin mortel.
3.9
Par elle nous bénissons le Seigneur notre Père, et par elle nous maudissons les hommes faits à l'image de Dieu.
3.10
De la même bouche sortent la bénédiction et la malédiction. Il ne faut pas, mes frères, qu'il en soit ainsi.
3.11
La source fait-elle jaillir par la même ouverture l'eau douce et l'eau amère?
3.12
Un figuier, mes frères, peut-il produire des olives, ou une vigne des figues? De l'eau salée ne peut pas non plus produire de l'eau douce.
3.13
Lequel d'entre vous est sage et intelligent? Qu'il montre ses oeuvres par une bonne conduite avec la douceur de la sagesse.
3.14
Mais si vous avez dans votre coeur un zèle amer et un esprit de dispute, ne vous glorifiez pas et ne mentez pas contre la vérité.
3.15
Cette sagesse n'est point celle qui vient d'en haut; mais elle est terrestre, charnelle, diabolique.
3.16
Car là où il y a un zèle amer et un esprit de dispute, il y a du désordre et toutes sortes de mauvaises actions.
3.17
La sagesse d'en haut est premièrement pure, ensuite pacifique, modérée, conciliante, pleine de miséricorde et de bons fruits, exempte de duplicité, d'hypocrisie.
3.18
Le fruit de la justice est semé dans la paix par ceux qui recherchent la paix.

Traduction Louis Segond 1910

Saint Séraphim: Video

mardi 3 février 2009

Saint Séraphim: Le chemin de la Foi (3)




Sur le plan spirituel, nous sommes souvent le jeune homme riche de l’Evangile. Nous voulons suivre le Christ comme saint Séraphim et tous les saints, mais ne rien abandonner de nos biens et de nos vies, oubliant que celui qui ne donne pas sa vie (son âme) la perdra irrémédiablement. 

La parole de Vie du Christ, à cette ombre frêle et velléitaire du jeune homme riche, est forte. Ce dernier en sent le caractère très précieux, mais il préfère ses possessions en grand nombre qu’il n’emportera pas avec lui dans la tombe, plutôt que l’immédiateté de la Vie en Christ qui lui ouvrirait dès à présent et à jamais la richesse éternelle du Royaume des Cieux. Il a l’intuition terrible et fantastique des Biens éternels et de la Vérité qui s’incarne en Christ, il en ressent le caractère authentique, mais il ne peut se résoudre à abandonner ce qu’il a actuellement pour le bref instant de sa vie terrestre qui ne lui appartient pas véritablement et sur lequel il n’a nulle prise. Il ne veut pas troquer la jouissance éphémère et illusoire des biens putrescibles pour entrer vivant dans l’Eternité avec le Maître saint Qui en est le garant et la porte vive. Il repart triste, dit l’Evangile, et même son nom est oublié aujourd’hui du monde qu’il aima tant, c’est dire l’échec de son existence qui n’a pas accédé à la mémoire de Dieu. Il a rencontré la Vie et L’a refusée, refusant aussi la Vérité et la Voie Qui étaient devant lui en la personne du Christ Dieu.

Le Christ nous tend un miroir dans lequel nous nous voyons encore et nous sentons que c’est Lui que nous devons y voir, mais nous nous agrippons à notre image terrestre et nous ne retrouverons pas la ressemblance qui nous réintègrerait dans le Royaume à jamais. Nous n’avons pas le sens véritable de l’Eternité que nous recevrons en héritage.

"Oh, si seulement tu pouvais savoir, dit le starets [Séraphim] au moine, quelle joie, quelle douceur attend les âmes des justes au Ciel, alors tu serais déterminé à supporter dès cette vie passagère, toute épreuve, persécution et calomnie avec gratitude " (in Chroniques du Couvent de Diviyévo, publiées à Saint Péterbourg en 1903, année de la glorification parmi les saints du Starets Séraphim de Sarov)

Tous les podvigs du saint moine visaient à vivre sans discontinuer dans l’amour ineffable de Dieu et ainsi il retrouva à sa mesure l’image et la ressemblance qu’avaient nos premiers ancêtres au Jardin d’Eden avant leur douloureux exil terrestre. L’ours qu’il nourrissait au désert de Sarov n’avait pas peur de l’ermite béni car le père Séraphim avait retrouvé la bonne odeur d’innocence d’Adam au paradis avant la Chute. Puissions-nous par l’ascèse en retrouver une partie pour ne plus sans raison traiter comme des bêtes nos propres frères !

Parce qu’il était entré vivant dans le Royaume par ses podvigs, qu’il rencontra souventes fois la Mère de Dieu Toute Pure et de nombreux saints, il ne demeurait plus seulement dans notre temps matériel linéaire et apparemment fini par la mort : il était dans l’éternité et la Vie véritable qui n’a ni commencement ni fin. Il voyait le passé et l’avenir dans cette même dimension de l’Amour pour Qui ni le temps ni la distance n’existent. Il était devenu Amour et sa recommandation que nous acquerrions le Saint Esprit afin que des milliers autour de nous soient sauvés, il l’a manifestée dans sa vie. Et à l’instar de son maître, il continue à greffer à l’Amour tous ceux qui le suivent sur le chemin du Christ.

Claude Lopez-Ginisty

Une première version de ce texte a été publiée 
dans La Chronique de Saint Séraphim de Sarov
dans la revue Diakonia
Fraternité Orthodoxe-Tous les Saints de Belgique
Orthodoxe Broederschap van Alle Heiligen van Belgïe

Prier (80)



La langue ultime
Que Dieu comprend
Est la seule prière du cœur
Ineffable et muette

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

Prier (51)



Vois l'humilité des fleurs
Qui naissent et meurent si jeunes
Après avoir donné leur fragrance
Toi qui disposes de plus de temps
Exhale ta prière vers Dieu
Comme un parfum de louange avant l'Eternité

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

Saint Séraphim de Sarov: Video (Serbe)

lundi 2 février 2009

Saint Séraphim: Le chemin de la Foi (2)




Nous avons ensuite découvert promptement que le fondement même de toutes les grâces dont il était l’intermédiaire, que la base de sa spiritualité tout entière était dans ses podvigs, c’est-à-dire dans ses exploits spirituels, dans son ascèse. Elle était immense et déroutante pour des esprits faibles habitués à la paresseuse facilité du siècle. Nous pouvions alors nous détourner de la voie qu’il nous montrait pour retourner comme le chien dont parle l’Evangile à nos vomissures, mais malgré la perversité de notre nature que la grâce n’avait pas encore ouvert à tous ses mystères et nonobstant la pression du monde qui nous poussait à rester dans le doux confort du troupeau, nous avons cheminé dans la foi avec bonheur quelquefois, avec douleur plus souvent, mais toujours avec certitude. Nous avons constaté notre faiblesse incommensurable et vinrent des temps où nous étions proches du découragement… L’ermite saint revint alors dans notre prière pour la guider et il versa doucement sur les plaies de notre vie spirituelle le vin et l’huile du Bon Samaritain. 

Nous avons relu la vie et admiré à nouveau les podvigs de Saint Séraphim, nous avons récité en claudiquant ses prières (Les brigands du Malin nous avaient laissés pour morts sur le chemin de la foi après avoir voulu nous priver de cette pauvre prière qui était notre seul bien céleste).

Nous avons su que seuls les démons ne se relevaient pas et que nous chuterions encore et encore. Mais nous nous relèverions malgré tout et nous serions pardonnés jusques à septante fois sept fois, parce que nous serions remis sur la voie au détour de notre errance, encouragés par le beau vieillard avec sa silhouette courbée et ses yeux de ciel. Il serait toujours là pour nous réintégrer en mémoire de Dieu. Nous étions alors Nicolas Alexandrovitch Motovilov, physiquement et spirituellement fourbus, et nous sentions sur nos épaules lasses les mains de Saint Séraphim, nous voyions son visage lumineux et il nous parlait de l’acquisition du Saint Esprit !

Notre nature rétive résistait encore. Nous aurions aimé nous contenter des offices, des prières et oublier l’ascèse. L’imitation aurait été plus facile. L’ignorance et sa compagne perverse l’imagination nous dépeignaient l’ascèse comme une sorte de torture physique et psychique, mais elle est autre chose, nous le savons à présent. Rapportée à son but, elle est la clé subtile qui ouvre la porte du Royaume, la violence faite à notre nature trop humaine pour accéder à l’intelligence de la Vérité, cette contrainte librement et joyeusement acceptée pour quitter les oripeaux du passé et nous engager dans l’éternité. 

Est-ce à dire que c’est par notre seul effort et notre volonté propre que nous pouvons accéder à l’Ineffable ? Certes non ! Mais nous ne pouvons cheminer vers le Ciel en regardant sans cesse la terre. Nous ne saurions nous attacher de toutes nos forces, nos passions, nos limitations à la glèbe avec ce corps mortel, en ayant la prétention abusive de nous élever en notre âme vers les Cieux. 

Comment pourrions-nous acquérir la perle de grand prix sans vendre ce que nous avons de plus précieux, sans effort personnel ? Comme il serait agréable de penser que notre salut pourrait être garanti automatiquement et en être assuré simplement, sans surprise, en échange de quelques menues actions sans envergure aucune ! Comme il serait absurde de croire que notre perdition pourrait venir de nos seuls manquements à une règle que nous nous serions imposée dans une sorte de marchandage subtil sous forme de contrat avec un Dieu de notre invention, à la mesure de notre laxisme et de notre pusillanimité. 

Il y aurait grand danger à penser que tout dépend de nous ou bien au contraire que notre participation à l’œuvre de salut soit sans importance réelle. L’élément essentiel de tout effort spirituel est mis en exergue par tous les pères et par saint Séraphim aussi : sans l’Amour, toute ascèse se révèle perversion et n’est plus reliée qu’à elle-même. 

Si nous voulons nous rapprocher de Dieu, c’est en nous dépouillant de ce qui nous rend trop humain et en augmentant en nous la ressemblance avec Celui qui nous a fait à Son Image que nous y parviendrons. Comment le ferions-nous sans nous débarrasser du vieil homme ? Comment supporterions-nous ce podvig, cette lutte spirituelle et ascétique terrible si nous n’étions conscients pleinement que la mesure d’amour limitée dans cet élan qui nous pousse vers le Créateur va nous faire rencontrer l’Amour Ineffable dans Son immensité et nous incorporer à Lui ? 

Lorsque nous aurons quitté la philautie (amour de soi) comme un maquillage superflu de notre âme, ayant abandonné notre petit moi, notre amour pour les autres (garant de la véracité de notre amour pour Dieu, selon Saint Jean le Théologien) sera enchâssé dans celui que Dieu a pour eux et pour nous et nous vivrons alors en parfaite communion. Nous serons une étincelle du grand Feu jeté sur la Terre des Vivants pour embraser le monde dans l’Amour de Dieu. Nous dépouiller pour accéder à cela, ce n’est pas mourir, mais devenir plus vivants de la Vie même en Christ. Et nous ne devons pas en tant que chrétiens rechercher d’autre but que celui de véritablement vivre en Christ. Si Dieu a donné Son Fils unique pour nous sauver, si Christ nous a demandé de jeûner, de prier, de veiller, s’Il a accepté par Amour pour nous de souffrir l’ascèse ultime de la Croix pour rétablir notre image et notre ressemblance, alors nous nous devons, comme Il nous L’a demandé de prendre notre croix et de Le suivre, c’est-à-dire de L’imiter dans Son amour suprême qui a tout donné pour le monde. (à suivre)


Claude Lopez-Ginisty

Une première version de ce texte a été publiée 
dans La Chronique de Saint Séraphim de Sarov
dans la revue Diakonia
Fraternité Orthodoxe-Tous les Saints de Belgique
Orthodoxe Broederschap van Alle Heiligen van Belgïe

Prier (50)



Ce n'est pas le seul bâtiment
Qui fait l'Eglise
Ce sont aussi les pierres vivantes
Des prières des hommes
Avec l'Amour de Dieu 
Qui les maintient dans Sa Paix

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

Staretz Cléopa sur la prière ( Roumain/sous-titres anglais)

dimanche 1 février 2009

Saint Séraphim: Le chemin de la Foi (1)




La Chronique de Saint Séraphim

"Si nous étions déterminés à le faire, nous vivrions comme les Pères qui au temps jadis, resplendissaient par leurs exploits spirituels et leur piété ; car Dieu accorde aujourd’hui Sa grâce et Son aide aux fidèles et à ceux qui cherchent le Seigneur de tout leur cœur, comme Il le faisait autrefois. Car selon la Parole de Dieu, " Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui et à jamais " (Hébreux 13, 8) 
(Archimandrite Lazarus More, Saint Seraphim of Sarov, A Spiritual Biography, New Sarov Press, 1994, p. 427)

Saint Séraphim de Sarov est universellement connu et vénéré dans l’Eglise. Ceux qui ont rejoint l’Arche du Salut par la conversion ont souvent eu pour passeport vers la spiritualité orthodoxe la biographie du saint ermite écrite en français par Irina Goraïnov dans cette édition si précieuse de la collection Spiritualité Orientale, ou celle anglaise de Valentine Zander dans son petit livret bleu. 

Le saint thaumaturge de Sarov est devenu sur la Voie, le guide d’innombrables croyants assoiffés de beauté spirituelle et de prière. Sa spécificité russe est restée, mais très vite l’universalité de son enseignement a prévalu sur cette seule dimension. Comment aurait-il pu en être autrement quand il apportait aux âmes ardentes la bonne nouvelle incorrompue du message christique dans un contexte de joie extraordinaire, dans une lumineuse atmosphère de Pâques perpétuelle ?

Le beau vieillard courbé vers le sol par les épreuves de la vie, mais dont le regard était un reflet du Ciel et l’enthousiasme un rayon de l’Autre Soleil, est venu s’installer dans le désert spirituel de notre vie. Il y a apporté la lumière joyeuse du Christ et en a renommé les paysages intérieurs comme il rebaptisa jadis les lieux de son ascèse autour de la cabane de rondins de sa solitude orante. Il nous a parlé comme il le fit autrefois en s’adressant à Nicolas Alexandrovitch Motovilov qu’il avait guéri… Lui ayant révélé le but de la vie chrétienne et lui ayant communiqué la grâce insigne de vivre l’expérience de l’Amour de Dieu et de Sa Présence, il mentionne que la miséricorde du Sauveur ainsi manifestée, " Il n’est pas donné à [lui Nicolas Alexandrovitch] seulement de la comprendre, mais par [lui] ceci est [destiné] au monde entier afin que [….] cela soit utile aux autres." (Entretien avec Motovilov, Chapitre 7 : La Paix et la Chaleur de la Grâce). 

Mais que pouvait donc apporter un père spirituel russe du XIXe siècle à nos vies engoncées dans la gangue de la modernité avec son matérialisme forcené? Le relativisme religieux qui l’accompagnait portait le masque rassurant et peu compromettant de la pseudo unité transcendantale des croyances qui permettait les renvoyant toutes dos à dos de n’en pratiquer aucune, ou de toutes les pratiquer à tour de rôle avec autant de ridicule et d’inutilité. Nous étions, pour certains, las de l’illusion néfaste de l’impassibilité vis-à-vis de Dieu, de cette culture et de cette aspiration au vide, de cette fausse absence de passion qui n’était qu’indifférence aux autres et mépris de nos racines véritables dans l’Etre. 

Croyant au bonheur placide des pierres, nous le sûmes plus tard, nous cherchions l’impassibilité et l’indifférence et découvrant le vide qu’impliquait le faux dieu qu’elles incarnaient, nous étions déçus et amers : il promettait la sérénité et ne donnait qu’une inquiétude plus grande face à la réalité du monde. Nous avons donc goûté souvent aux illusoires paix et aux tentations ineptes de la vacuité. Elles nous laissèrent sur notre faim d’absolu parce qu’elles nous conduisaient en un espace de vide et de silence glacé, au lieu de nous mener vers la Présence que nous cherchions en vérité. Elles étaient également une pose et nous ne les supportâmes plus lorsque nous avons découvert qu’elles masquaient en fait un athéisme grossier et hypocrite voué aux commerces et à l’hédonisme délétère des comportements obligatoires imposés au troupeau. 

Nous avons eu entre les mains ce livre de la vie de saint Séraphim. Nous l’avons lu. Nous avons vu se dissiper nos fausses illuminations et nos simulacres de spiritualité. Nous avions là une petite fenêtre ouverte sur la vie spirituelle véritable, sur la Vie en Dieu, sur le Royaume enfin !

Nous avions besoin d’air, de souffle, d’Esprit… et comme les petits enfants qui couraient vers son ermitage dans la forêt, nous l’avons trouvé ce vieillard lumineux resplendissant d’une grâce évidente. Il nous a béni par sa salutation habituelle avec laquelle de Pâques à Pentecôte les Chrétiens d’Orient se saluent, mais qu’il utilisait lui en tout temps… " Christ est ressuscité ma joie ! "
Et nous avons cheminé avec lui parce que nous avons su d’une manière obvie qu’il était un guide spirituel véritable. (à suivre)

Claude Lopez-Ginisty

Une première version de ce texte a été publiée 
dans La Chronique de Saint Séraphim de Sarov
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Prier (49)



Si tu penses que l'encens
Les icônes et les beaux chants
Sont superflus pour louer Dieu
Ote aussi les fleurs et les herbes folles
Les ruisseaux et les oiseaux
De tous les paysages du Créateur

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