Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire
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mardi 1 juillet 2014
dimanche 1 décembre 2013
Vie de sainte Rachel moniale du grand schème du monastère du Saint-Sauveur à Borodino [1835-1928] (6)
Vint
le 26 septembre, le dernier jour de la vie terrestre de mère Rachel. A quatre
heures du matin, Macha proposa à Matouchka de la mettre sur le divan, ce à quoi
elle acquiesça volontiers en disant:
—
Oui, oui, il est temps maintenant.
Elle
était à demi allongée, le visage tourné vers les saintes icônes, de plus en
plus faible. Macha lui demanda timidement où l'enterrer si elle mourait.
— La
Mère de Dieu a depuis longtemps béni un emplacement, répondit mère Rachel, et
toi ne pleure pas, je te donnerai, à toi aussi, un havre de repos, mais ne
retourne pas dans ton village, sinon tu perdras tout le bienfait de ton séjour
au monastère.
De
dix heures du matin à six heures du soir, mère Rachel prit congé de toutes les
sœurs du monastère auxquelles elle donna sa dernière bénédiction. Elle était de
plus en plus faible, et tout doucement, couchée sur le divan, elle récitait les
prières et de temps à autre on pouvait entendre:
— Je
me prépare.
A
huit heures, Matouchka dit nettement et fermement:
—
Maintenant, je suis prête, ah, Macha, si tu voyais, si tu pouvais savoir
quelles demeures célestes sont préparées par le Seigneur pour ceux qui
L'aiment. Comme tout est beau là-bas, Macha! Machenka, regarde seulement! Ah,
quelle grande béatitude!
Un
peu plus tard, mère Rachel appela sa servante de cellule et prit congé d'elle.
Ensuite elle but deux gorgées d'eau bénite, prit un mouchoir propre et s'essuya
soigneusement le visage, car elle avait un accès de sueur froide, elle tendit
la main vers l'icône devant laquelle elle avait prononcé ses derniers vœux et
se mit à prier ardemment:
—
Mère de Dieu, donne-moi Ta grâce, donne-moi Ta paix pour laver mon visage!
Mère
Rachel mourut entre minuit et une heure, la nuit du 26 au 27 septembre 1928.
Comme
elle l'avait elle-même prédit, ses funérailles eurent lieu la veille de la fête
de la Protection de la Mère de Dieu, au cimetière, au-delà du mur sud-est du
monastère. Ses funérailles réunirent des foules de ceux qui l'honoraient. Les
trains de Mojaïsk à Borodino étaient bondés.
A ses
enfants spirituels qui se plaignaient de la prompte séparation d'avec elle,
Matouchka, peu avant sa mort, disait:
—
Celui qui fera mémoire de moi, je ne l'oublierai pas. Venez sur ma tombe et
vous recevrez soulagement et consolation. Après ma mort, je pourrai vous aider.
Les
paroles de mère Rachel se réalisèrent après sa fin bienheureuse. Tous ceux qui
viennent avec foi vers sa tombe reçoivent la consolation, la guérison de leurs
maladies corporelles et mentales. L'emplacement de sa tombe ne cessa jamais
d'être honoré. Actuellement encore, les moniales du monastère du Sauveur de
Borodino et les habitants des environs viennent confier leurs afflictions à
mère Rachel et demander son aide, et ils reçoivent la consolation. On a
connu des cas de guérison du cancer, de kystes et de maux de dents, grâce à la
terre de la tombe de mère Rachel.
Peu
après sa mort, la moniale est apparue en songe à l'archiprêtre Vassili
Gorodetsky, qui était malade. Revêtue du grand habit monastique, elle l'a guéri
en disant: "Ce qui est ta vocation, réalise-le. Tout ce qui est de ce
monde est illusion. Au-dessus de la voûte bleue, il y a encore le Ciel, vers où
doivent tendre tous les vivants."
Tropaire, ton 5:
Comme
un olivier aux fruits nombreux, tu t'es élevée au monastère de Borodino, et tu
y as fait fleurir les dons de guérison et de miracles; sainte mère Rachel, tu
as porté du fruit au centuple; sur ordre de la Mère de Dieu tu t'es consacrée
de tout ton cœur au service de ton prochain, et par ta douceur et ton amour tu
as mené de nombreuses âmes sur la voie du salut, en leur enseignant les vertus.
C'est pourquoi le Christ notre Dieu, inspiration de tes exploits ascétiques,
t'a décerné une couronne lumineuse. Prie-le de sauver et d'illuminer nos âmes.
Kondakion, ton 2:
Tu as
mis en pratique les commandements du Christ et tu as reçu la grâce de
guider les âmes, en portant les maladies des malades tu t'es offerte en
sacrifice sacré, douce agnelle, et maintenant tu fais jaillir des fleuves de
guérisons, aussi nous, tes enfants, qui venons vers toi avec amour, te
chantons: sainte mère Rachel, prie le Christ notre Dieu et sa Très Pure Mère de
sauver nos âmes.
Prière:
Ô
douce et humble, étonnante et prodigieuse sainte mère Rachel, nouvelle
thaumaturge qui pries pour la race des chrétiens!
Nous
pécheurs, ballottés par la tempête des passions, nous t'invoquons du fond du
cœur: ne nous abandonne pas, dans nos maladies et nos afflictions, mais viens à
notre secours!
Aux
jours de ta vie terrestre tu as guéri gratuitement les malades, nourri les
affamés avec bonté, remis sur le droit chemin les égarés, consolé les affligés,
et aidé par ton cœur compatissant tous ceux qui venaient à toi, mère aimant ses
enfants et prompte à les secourir. Et maintenant nous savons que t'est
donnée par le Seigneur et Sa très Pure Mère la grâce de prier pour nous.
Ô
fidèle servante du Christ, qui a fait fructifier au centuple le talent qui t'avait
été donné, guéris les passions de nos âmes et de nos corps, fortifie-nous dans
la vertu et instruis-nous sur le chemin du repentir, adoucis nos cœurs froids
et méchants, afin que nous aimions notre prochain et en lui le Christ: supplie
le Seigneur des puissances de montrer Sa miséricorde envers notre Patrie qui a
tant souffert et envers ce monastère dans lequel tu as accompli ton ascèse
monastique, afin que nous vivions une vie paisible et calme en toute piété et
pureté et qu'ainsi nous atteignions le havre paisible du Royaume des Cieux, là
où tu brilles d'une gloire éternelle, célébrant avec tous les saints l'hymne de
louange du Père et du Fils et du Saint Esprit, en tous temps, maintenant et
toujours et dans les siècles des siècles. Amen.
Autre prière:
Bienheureuse
mère Rachel, qui console les malades et les affligés, reçois aujourd'hui notre
prière et nos larmes, nous tes enfants indignes, et porte ce fruit si petit de
nos cœurs et de nos bouches au trône de la Très Sainte Trinité, afin que par
ton intercession elle nous envoie, à nous Tes serviteurs inutiles, Ses
miséricordes, qu'elle accorde la prospérité à notre patrie et à ce saint
monastère, qu'elle nous épargne les tremblements de terre, les incendies, la
guerre civile, l'invasion des peuples étrangers, qu'elle accorde aux malades la
guérison, aux affligés la consolation, aux orgueilleux la modestie, qu'elle
conduise les négligents vers le pardon, qu'elle affermisse les moines et les
moniales dans le service de Dieu et qu'elle donne à tous les chrétiens
orthodoxes tout ce qui est nécessaire en vue du salut, et plus encore, qu'elle
nous manifeste la miséricorde au jour de Son redoutable tribunal, et qu'elle
nous accueille dans les demeures célestes avec tous les saints, car c'est à la
Très Sainte Trinite que revient toute louange, gloire, honneur et puissance,
Père, Fils et Saint Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des
siècles. Amen.
Sainte Rachel de Borodino,
canonisée le 28 juillet I996, sera fêtée le 27 septembre/10 octobre dans le
diocèse de Moscou.
Version française
Françoise Lhoest
que nous remercions
chaleureusement
Chapelle de sainte Rachel
Monastère de Borodino
samedi 30 novembre 2013
Vie de sainte Rachel moniale du grand schème du monastère du Saint-Sauveur à Borodino [1835-1928] (5)
Un
jour que mère Rachel était malade, elle reçut la visite d'un certain Gabriel
Fomitch, un originaire de Kourakine, un homme grand et fort de constitution, et
pensant que mère Rachel allait bientôt mourir, il se mit à lui faire ses
adieux. Mère Rachel, avec un sourire, lui raconta la fable du chêne et du
roseau. "Le chêne était fort et se vantait de sa robustesse au roseau,
mais vint la tempête et elle cassa le chêne, tandis que le roseau, petit et
fin, se courba sur la terre. Mais une fois la tempête passée, le chêne gisait
par terre, tandis que le roseau s'était redressé. Alors vous voyez, Gabriel
Fomitch, toutes sortes de choses sont possibles." Dix jours plus tard, la
femme de Gabriel Fomitch vint au monastère faire part du décès de son mari.
Un
jour une certaine Anastasie, qui regardait la cellule de Matouchka, remarqua sa
literie et pensa: "0n dit que les ascètes dorment à même des planches,
mais ici on a des édredons! On dort sur des lits moelleux". Sur ces
entrefaites, Matouchka arriva, donna un coup de poing dans l'oreiller et dit:
"Voilà mon duvet, tout fait!" Et la paille en sortit.
Une
certaine Anne demanda à Matouchka la bénédiction de se faire construire une
isba à Gjatsk; elle avait une charpente prête à la campagne, il ne restait plus
qu'à la transporter à la ville. Mère Rachel le lui permit, mais lui ordonna
d'attendre un peu. Anna n'écouta pas. Peu après il y eut un incendie à Gjatsk
et la charpente brûla.
Matouchka
prévit aussi le moment où elle allait quitter cette vie. Le 26 août 1928, elle
annonça à ses nombreux visiteurs qu'elle les voyait pour la dernière fois, elle
était déjà très faible. Aussitôt la maladie progressa fortement, et Matouchka
en souffrait cruellement, mais elle ne cessait pas de recevoir les visiteurs. A
la fête de la Nativité de la Mère de Dieu, elle communia et pour la première
fois depuis le début de sa maladie, elle permit qu'on la dépose sur le divan
[avant cela elle se reposait dans un fauteuil]. Elle refusa le secours de la
médecine, disant qu'elle n'avait désormais plus besoin de médecins du corps.
Les souffrances augmentaient de jour en jour, mais (couchée) elle n'en
continuait pas moins de recevoir les visiteurs. Son visage devenait souvent
resplendissant, comme illuminé par l'éclair. Peu de temps après, elle demanda
qu'on la remette dans le fauteuil, reprit des forces et se mit à chanter de sa
vieille voix:
— Le
Seigneur m'a ressuscité et les gens se sont réjouis! Hé bien Macha, j'ai de
nouveau reçu de la mort un sursis de trois semaines.
—
Alors, Matouchka, cela veut dire que vous nous quitterez à la Protection de la
Mère de Dieu? s'enhardit à lui demander sa servante de cellule.
—
Oui, ma chère Macha.
Dès
lors, elle se remit à recevoir des visiteurs comme d'habitude, et même à les
servir à table. Le 28 septembre, mère Rachel demanda à sa servante de cellule
de la laver. Le lendemain l'aumônier, l'hiéromoine Barthélémy, vint la visiter.
En cas de nécessité, mère Rachel l'appelait toujours, uniquement par la prière.
De même cette fois-ci. Il lui donna la communion et le 22 septembre, l'onction
des malades. Le 23 septembre, il revint pour communier mère Rachel qui était
alors tout à fait paisible, dans un état bienheureux, "comme un petit ange
d'une beauté et d'une humilité non terrestres". Ce jour-là, elle dit à sa
servante de cellule:
—
Quand bien même tu vivrais deux cents ans, tu te retournerais et tu verrais que
cela ne fait pas même un seul jour. Tu sais, Macha, on m'enterrera au-delà du
monastère, cela ne fait rien, beaucoup de grands noms reposent là. On dira
toute sorte de mal, et on m'enterrera au-delà de la clôture. L'huile, Macha,
donne-la à l'église. Tu n'auras pas la charge de la brûler toute ta vie. Tu
dors encore, Macha, mais quand tu t'éveilleras, alors tu verras beaucoup de
choses.
Le
lendemain, 24 septembre, mère Rachel reçut des visiteurs pour la dernière fois,
elle était vaillante et joyeuse, elle but même du thé et à certaines personnes
de Moscou elle dit qu'elle mourrait dans deux jours. Le soir, après avoir
congédié toutes les personnes présentes, elle pria:
—
Mère de Dieu, pardonne tout à Macha: pour ce qu'elle savait et pour ce qu'elle
ne savait pas!
Après
la prière, mère Rachel bénit sa servante de cellule avec une icône du Sauveur
et dit:
— Et
toi, marche sur les traces du Sauveur.
Macha
lui demanda de lui indiquer la façon de vivre.
— Vis
dans la vérité, Macha, voilà la voie de la vérité.
Le 25
septembre, mère Rachel fit appeler le père spirituel du monastère, le père
André, pour qu'il lui porte la communion, et elle communia pour la dernière
fois. A partir de ce moment, elle n'absorba plus aucune nourriture. Elle
faiblissait de plus en plus, mais elle ne cessait pas de se soucier de ses
enfants spirituels, elle donnait à sa servante de cellule ses dernières
instructions et ses derniers conseils spirituels. Elle lui dit de nourrir tout
le monde, comme de son vivant.
Version française
Françoise Lhoest
que nous remercions
chaleureusement
vendredi 29 novembre 2013
Vie de sainte Rachel moniale du grand schème du monastère du Saint-Sauveur à Borodino [1835-1928] (4)
Mère
Rachel était toujours occupée avec les gens: quand elle prenait congé des
laïcs, il venait des moniales qu'elle consolait et, prévoyant l'approche de la
fermeture du monastère, elle préparait les sœurs à porter patiemment la croix
de confesseur du Christ. Elle prédit que le monastère serait fermé après sa
mort et que les sœurs se disperseraient, tandis que des impies viendraient s'y
installer. Elle prédit aussi la grande guerre patriotique [la seconde guerre
mondiale], la réouverture du monastère et sa propre canonisation.
Mère
Rachel dirigeait ses enfants spirituels avec sagesse et humilité. Tous ses
mandements étalent empreints d'amour maternel et d'une sagesse emplie de grâce.
"Dieu
est tellement miséricordieux, disait-elle, que si quelqu’un a foi en Lui, même
peu, il ne périra pas. Aucune Mère ne peut aimer autant ses enfants que Dieu
nous aime. Comme nos péchés sont insignifiants devant la miséricorde divine! Ce
n'est qu'une poignée de sable jetée dans un océan. De même qu'avec cette
poignée on ne peut assécher l'océan, ainsi ne peut s'assécher la miséricorde de
Dieu envers le genre humain, si pécheur qu'il soit. Et combien Dieu est proche
de chacun d'entre nous, mes très chers! Il nous suffit de reprendre conscience,
de soupirer du fond de l’âme, de tourner notre cœur vers Le Seigneur, et voilà
que nous posons le prisme pour recevoir le soleil. Et aussitôt, Il sera avec
nous, Il se reflétera en nous, car Il se tient à la porte de notre cœur et Il
frappe. Ouvrons nos cœurs au Seigneur!"
Extérieurement,
Mère Rachel, "la vieille" comme elle se nommait, était très petite,
maigre et avait un œil qui louchait. Elle avait coutume de cacher sa
personnalité spirituelle et selon les souvenirs des sœurs, Matouchka était
comme une folle-en-Christ, une bienheureuse, tout d'un coup elle se mettait à
gronder tout le monde ou à faire quelque chose d'inutile. Et à ses visiteurs
elle répétait souvent qu'elle était "vieille et bête, et qu'elle ne savait
rien du tout".
Mère
Rachel, comme une grande sainte, était souvent attaquée par l'ennemi du genre
humain. Les démons se lançaient à sa poursuite, lançant des bombes de feu, ou
bien ils lui barraient l'accès de l'église, en barricadant le chemin d'une
multitude d'obstacles (planches, filets, cordes, tas de pierres]; ils entraient
dans sa cellule la nuit et ils la battaient cruellement. Mais Mère Rachel
surmontait toutes ces tentations par la force du signe de la croix et en
appelant à l'aide la Mère de Dieu.
En
I925, pendant le Grand carême, Mère Rachel tomba gravement malade et se
préparait déjà à passer dans l'éternité. Mais pendant qu'on lisait la prière
des mourants, elle vit une grande cloche descendre vers son lit, elle entendit
le son puissant de l’Angélus et les voix des anges qui lui annonçaient:
"Tu ne mourras pas aujourd'hui! Tu dois encore annoncer la miséricorde de
Dieu aux hommes!" Et effectivement, Mère Rachel se releva de son lit de
mort et continua comme par le passé à recevoir les affligés et ceux qui
portaient leur fardeau. Alors saint Théodose lui apparut encore une fois et en
la fortifiant, lui dit: "Il y a beaucoup d'affligés dans le monde,
console-les mais ne les invite pas de ta propre initiative".
Ces
années-là, les visiteurs furent particulièrement nombreux. Son humilité et son
amour sincère lui valurent de la part du Seigneur de grands dons de la grâce,
comme on le voit à partir des multiples témoignages des contemporains sur son
don de voyance et sur ses miracles. Ainsi elle prédit au diacre Jean
Pétropavlovsky, du village de Véchki, canton de Mojaïsk, gouvernement de
Moscou, qu'il deviendrait prêtre, ce qui arriva effectivement. L'archiprêtre
Alexandre Voskresensky, de la ville de Rouza, gouvernement de Moscou, fut guéri
d'un ulcère du duodénum par mère Rachel qui avait tracé de loin le signe de la
croix sur l'organe malade, et le paysan du village de Riabouchkino, Vakou
Efimou fut guéri par elle d'une malformation du cœur et d'une maladie des
jambes. Anna Efimovna, une paysanne du même village qui souffrait d'accès de démonisme,
s'entendit dire par mère Rachel: "Ton mode de vie impur t'a mené au bord
du gouffre de perdition. Il faut chasser de toi le démon. Voici de l’eau bénite
et une prosphore, manges-en pendant quarante jours et ta pelisse tombera."
Anna fut bientôt guérie. Le fils d'un cheminot, H.N. Bodrou, de la gare de
Borodino, souffrait de la danse de Saint-Guy. Par les prières de mère Rachel,
la maladie le quitta.
Dans la ville de Gjatsk vivait un cocher qui par moments s'enivrait tant qu'il avait ruiné sa famille. Sa femme demanda à des connaissances qui allaient consulter mère Rachel, de lui parler de son malheur. Mère Rachel dit que le mari boive pendant trois jours du sirop de baies et de l'eau fruitée, et qu'il ne touche pas à la vodka. Après cela, il redevint définitivement sobre.
Version française
Françoise Lhoest
que nous remercions
chaleureusement
jeudi 28 novembre 2013
Vie de sainte Rachel moniale du grand schème du monastère du Saint-Sauveur à Borodino [1835-1928] (3)
Le 17
novembre 1915, la moniale Mitrodore reçut la tonsure du grand schème et le nom
de Rachel. Quand après cela, elle se tenait dans le jeûne et la prière, dans
l'église, la Mère de Dieu lui apparut de nouveau. Voir la Reine des Cieux
remplit la moniale du grand schème d'une extase spirituelle qui fit resplendir
son visage d'un éclat non terrestre.
Elle
reçut alors l'obédience d'aînée dans l'hospice. Elle s'y distingua par son
ardeur au travail et par sa sagesse: elle consolait, encourageait, préparait à
la mort qu'elle voyait par un don. Elle se distinguait par son amour envers
tous, spécialement les pauvres, les malades, les affligés.
Un
simple d'esprit, Paul, un muet venait la voir et elle le lavait, elle le
faisait aller à l'église, se préparer et communier. Il aimait beaucoup Mère
Rachel et l'appelait maman, c'était un des rares mots qu'il était capable de
prononcer.
C'est
à cette époque que les sœurs et les pèlerins du monastère commencèrent à
s'adresser à Mère Rachel pour lui demander conseil, et même un jour, quelqu'un
lui demanda sa bénédiction. Toute confuse, elle pria toute la nuit avec ardeur,
et le matin, sommeillant un peu dans un fauteuil, elle vit dans un rêve très
délicat la Mère de Dieu qui la bénissait en disant: "Tout ce que tu
demanderas pour les gens te sera accordé. Je bénirai Moi-même ceux que tu auras
bénis." La moniale Rachel s'ouvrit aussitôt de sa vision à la Mère
higoumène Angeline qui lui permit de recevoir les gens. C'était la bénédiction
pour le travail de staritsa, auquel le Seigneur avait préparé Sa servante
durant toute sa vie.
La
tradition du startchestvo ou guidance spirituelle au monastère du Saint-Sauveur
de Borodino était née avec la première higoumène, Marie (Toutchkou +1851].
Cette fille spirituelle du saint métropolite Philarète, au dire des
contemporains, "possédait le don rare de consoler et de soigner
les âmes malades." Après sa fin bienheureuse, la direction
spirituelle du monastère fut confiée à la moniale du grand schème Sarah
(Potiomkine 1908], fille spirituelle du fameux starets Zossime [Verhouskoy
1833]. C'est elle qui prédit à la moniale Mitrodore qu'elle la dépasserait. Et
effectivement, le startchestvo au monastère de Borodino connut son plus grand
épanouissement entre 1923 et I928, du temps de la moniale du grand schème
Rachel, au moment où s'effondrait la Sainte Russie, où les églises étaient
profanées, les âmes et les destins des hommes brisés. Dans la Russie en proie à
l'athéisme et à la cruauté, le service sacrificiel de Mère Rachel était une
prédication vivante de l'amour de Dieu et de Sa miséricorde qui pardonne tout.
Dans
les premières années de son startchestvo, peu nombreuses étaient les personnes
désireuses de recevoir ses conseils spirituels, ce qui lui laissait la
possibilité de s'isoler pour prier: elle allait alors dans la forêt, loin des
gens. Mais au début des années vingt, l'afflux de visiteurs qui voulaient être
consolés se fit considérable, ce qui lui compliqua la vie. Elle pensait à la
réclusion et pria la Reine des Cieux de lui indiquer la voie à suivre. Un soir
d'été de 1923, saint Théodose apparut de nouveau à Mère Rachel et la
réprimanda: "Pourquoi ne veux-tu pas recevoir les gens? Où veux-tu aller?
Ceux qui veulent te voir te sont envoyés par la Mère de Dieu Elle-même. Si tu
ne veux pas les recevoir, cela ira mal! Tu ne pourras pas franchir le seuil que
la Mère de Dieu te frappera, car c'est elle-même qui t'a ordonné de recevoir le
peuple qui souffre."
Dès
lors, disait elle-même Mère Rachel, je n'ai plus refusé à personne, je suis
restée toute la journée a la disposition des pèlerins pour les consoler et leur
offrir le thé.
Et
effectivement, dès Le matin on se pressait à la porte de sa petite cellule. Les
gens de toutes conditions venaient confier à Matouchka leurs chagrins, leurs
nécessités, leurs doutes, leurs questions, ils venaient se repentir de leurs
fautes. Matouchka les accueillait tous volontiers, les consolait, répondait à
leurs questions et parfois, sans même les entendre, donnait, en visionnaire,
les conseils, parlait en paraboles dans lesquelles nombreux étaient ceux qui se
reconnaissaient.
Parfois,
tombant à genoux, elle se mettait a prier avec les affligés: "Mère de
Dieu! Tu vois Toi-même les chaudes larmes de ces braves gens. Dirige Toi-même
leur vie dans le bien! Fortifie en eux la foi dans Ton Fils, Notre Seigneur
Jésus-Christ. Réchauffe-les par l'amour mutuel et par l'amour du prochain. Mère
de Dieu, je Te les confie, sois leur aide en toutes leurs œuvres, conduis-les
sur la voie droite! Mère de Dieu, bénis-les Toi-même par Ta droite toute
puissante, et non par ma main périssable comme Toi-même Tu me l'as
promis!"
Malgré
son âge très avancé, Mère Rachel était étonnamment vaillante et infatigable,
elle avait une mémoire excellente et sans lire les journaux, elle avait une
idée très exacte de la vie dans le monde, autant que de la vie spirituelle et
pouvait trouver comment parler à n'importe qui.
La
journée de Mère Rachel se passait comme suit: jusqu'à trois heures du matin
elle priait, de temps en temps se plongeait dans la contemplation. A ce moment
elle était souvent visitée par la Reine des Cieux en personne. Puis ensuite
Mère Rachel s'accordait quelques instants de repos dans un fauteuil et à quatre
heures du matin elle commençait à préparer le repas des pèlerins. A sept heures
le thé était déjà prêt et les premiers visiteurs arrivaient.
Toute
la journée, à la table de sa petite cellule, hommes et femmes et enfants,
riches et pauvres étalent à sa table. Elle les écoutait patiemment et leur
offrait à manger. La nourriture était extrêmement simple: soupe aux choux,
bouillie de gruau, pâtes, pommes de terre. Mais tout était remarquablement
nourrissant, comme le remarquaient tous ceux qui avaient le privilège de dîner
chez Mère Rachel. Et nombreux étaient ceux qui après avoir été reçus par elle,
guérissaient de leurs maux physiques. Pratiquant une ascèse extrême, Mère
Rachel elle-même ne prenait jamais place à table, se bornant à faire le service
et à donner des mandements sans jamais arrêter de prier. Le matin elle se
permettait de boire une tasse de thé et à midi cinq cuillers à café d'une
quelconque nourriture, sans beurre. Parfois au milieu de la journée elle était
épuisée et se reposait un quart d'heure ou vingt minutes dans un fauteuil. Mais
ensuite elle continuait de recevoir les gens.
Version française
Françoise Lhoest
que nous remercions chaleureusement
mercredi 27 novembre 2013
Vie de sainte Rachel moniale du grand schème du monastère du Saint-Sauveur à Borodino [1835-1928] (2)
Le
monastère du Saint-Sauveur de Borodino était de fondation assez récente,
contrairement à ceux où elle avait été moniale auparavant, puisqu'il comptait à
peine quarante années d'existence. Mais il était établi en un lieu sanctifié du
sang des martyrs: les soldats orthodoxes qui avaient donné leur vie pour la
foi, le tsar et la patrie en 1812. Dès sa fondation, il s'était caractérisé par
une grande élévation spirituelle, venant d'une mystérieuse unité dans la prière
des soldats martyrs et des moniales.
Au
monastère du Saint-Sauveur de Borodino, la moniale Paula reçut une obédience
d'abord à la cuisine de l'higoumène, ensuite à celle du monastère et occupa
différentes fonctions. Elle accomplissait le travail facilement, parce que
[comme elle le disait elle-même], elle "commençait toujours par prier avec
ferveur la Mère de Dieu, implorant sa bénédiction, son enseignement et son aide
à chaque étape et à chaque pas." La Reine des Cieux n'abandonnait pas sa
servante. Elle lui apparaissait souvent pour l’aider à porter sa croix.
C'est
lors de son obédience à la cuisine que les dons de la future staritsa se
manifestèrent. Les sœurs remarquèrent que sa présence suffisait à leur
donner des forces et de l'énergie pour le travail. Abstinente, elle ne
goûtait pas les plats qu'elle préparait, mais ils étaient pourtant si
excellents qu'on ne pouvait manquer de le remarquer. Les hôtes de marque du
monastère lui donnaient souvent des gratifications, mais elle distribuait tout
l’argent aux sœurs qui avaient travaillé avec elle à la cuisine.
Vu
son obédience à la cuisine, elle était souvent privée de la possibilité de
se rendre aux offices, mais en pensées, elle se tenait souvent devant le
Seigneur et durant son temps libre elle se retirait dans la cave toute
seule et y priait longuement. Elle était particulièrement assidue à faire
mémoire des morts de 1812, ce qui était la tâche des moniales de Borodino. Par la
suite elle incita souvent les sœurs à s'acquitter scrupuleusement de cette
mission, disant que grâce à leurs prières, tous les soldats seraient dignes
d'être sauvés et qu'ils intercèderaient eux-mêmes auprès du Seigneur pour les
moniales du monastère. Elle voyait souvent ces soldats sur les nuages, vêtus de
blanc et couronnés, comme s'ils gardaient le monastère. Chaque année, leur
nombre augmentait.
La
moniale Paula se distinguait surtout par l'esprit de pauvreté. Comme dans sa
jeunesse, elle donnait ses vêtements et ses chaussures aux pauvres, et mettait
elle-même des vêtements reprisés et des chaussures rejetées par les sœurs.
La
deuxième semaine du Grand Carême, le 15 mars 1853, la novice rassophore Paula
reçut le mandyas et le nom de Mitrodore, et presque aussitôt l'obédience de
servante d'autel. Peu avant cela, saint Théodose lui apparut, et lui donna sa
bénédiction pour prendre de ses mains l'encensoir fumant.
La
moniale Mitrodore s'acquitta de sa nouvelle obédience avec une grande piété et
crainte de Dieu, se réjouissant de pouvoir être dans l'église de Dieu. Elle fut
bien des fois jugée digne de voir les anges se tenant devant le trône de
Dieu, la colombe blanche au-dessus des Saints Dons, et il lui fut donné
également de voir l'état spirituel des prêtres célébrants, ce qui ensuite se
traduisit dans ses mandements aux prêtres et aux laïcs. Par un miraculeux effet
de sa sainte et pure vie, elle pouvait mettre des charbons ardents avec ses
mains nues dans l'encensoir sans le moins du monde se brûler.
Par son
obéissance et son assiduité à la prière, elle acquérait de plus en plus de
forces spirituelles. La moniale Mitrodore avait plus de soixante-dix ans quand,
dans une vision, le Seigneur lui montra un cercueil fort grand [du plancher au
plafond] avec dedans une moniale du grand schème. Elle comprit alors que le
Seigneur lui demandait de prononcer ses derniers vœux. Pour s'y préparer,
elle s'imposa l'épreuve de faire par jour trois mille prosternations, sans
délaisser pour autant, ni la règle principale, ni les obédiences, et elle
accentua son jeûne.
Version française
Françoise Lhoest
que nous remercions chaleureusement
mardi 26 novembre 2013
Vie de sainte Rachel moniale du grand schème du monastère du Saint-Sauveur à Borodino [1835-1928] (1)
Sainte
Rachel [dans le monde Marie], Staritsa * du monastère du Saint-Sauveur à
Borodino naquit en 1853 à Dorogobouge, chef-lieu de canton du gouvernement de
Smolensk. Ses parents, Michel et Mélanie Korotkoff, étaient de riches
négociants en thé. Dans son enfance, elle fréquenta l'école privée de
Dorogobouge et aidait ses parents à trier le thé. La jeune Marie aimait
particulièrement l'Eglise de Dieu et la prière. Douée d'un cœur compatissant,
elle ne pouvait pas laisser passer les pauvres sans leur donner l'aumône, les
nourrir, les vêtir. Elle aimait lire les vies des saints et écouter les récits
des errants sur les saints lieux. A l'imitation des ascètes, elle essayait même
de dormir sur des planches en bois sans couverture, mais ses parents le lui
interdirent formellement.
A
l’âge de 14 ans, Marie se rendit à pied, avec des amies, en pèlerinage à
la Laure des Grottes de Kiev, où elle pria avec ferveur auprès des reliques de
saint Théodose en lui confiant son désir de devenir moniale. Et là, dans une
vision miraculeuse, le fondateur du monachisme russe, saint Théodose en
personne lui apparut, la bénit et lui dit que sa prière avait été entendue par
Dieu et que sa demande serait exaucée avec le temps.
Marie
rentra chez elle confortée dans sa décision d'entrer au monastère. Or son père
se préparait à la marier, c'est pourquoi il lui faisait donner des leçons de
danse, de maintien, et lui achetait de belles robes. Mais cela l'intéressait
peu, et les bonnes manières rentraient mal. A seize ans on la fit faire son
entrée dans le monde et on lui chercha des prétendants. Mais elle refusait les
partis, car en secret elle désirait consacrer sa vie à Dieu seul. En I851,
Marie allait avoir 18 ans, on voulut la fiancer à un très riche marchand.
Redoutant un mariage forcé, Marie, sous prétexte d'aller en pèlerinage à
l'icône miraculeuse de la Mère de Dieu de Smolensk, quitta pour toujours la
maison familiale.
En
août-septembre de la même année, Maria Mikhaïlovna Korotkoff entra au couvent féminin
de l'Ascension à Smolensk. Peu après, son père tout ému, qui recherchait
sa fille, dont il était sans nouvelles, vint la voir. Sous l'influence de
la Mère higoumène et de quelques sœurs qu'il connaissait, et qui
le persuadèrent de laisser Marie au monastère, par crainte
de s'attirer la colère de Dieu, il donna à sa fille sa bénédiction pour
être moniale **.
Dès
les premiers jours de la vie monastique, Marie s'acquitta avec zèle de toutes
les obédiences, sans avoir peur du travail le plus sale. Tous les cadeaux et
l'argent apportés par ses riches parents, elle les distribuait aux pauvres et
aux sœurs. Pour mortifier son corps habitué au confort, Marie se couchait dans
les orties et les épines sans vêtement de dessus.
A la
fin de la septième année de son séjour au monastère de l'Ascension, Marie
fut envoyée à la ferme du monastère pour y faire la cuisine. Certaines moniales
l’enviaient et décidèrent de la compromettre. Un jour elles s'abstinrent de la
prévenir que le lendemain il faudrait nourrir une grande équipe d'ouvriers
venus faucher les prés et elles lui donnèrent une quantité nettement
insuffisante de provisions. Voyant que ce qu'elle avait préparé ne suffirait
pas pour les nourrir tous, Marie en larmes tomba à genoux et, levant les mains
au ciel, s'écria: "Très Sainte Mère de Dieu, viens à mon secours, nourris
toi-même les ouvriers!"; et miraculeusement, il y eut assez de nourriture
pour tout le monde, et il resta plus que ce qui avait été préparé. On rapporta
même plus de pain qu'on n'en avait apporté du monastère.
La
nouvelle du miracle se répandit au couvent et en-dehors. Mais l'attention des
gens centrée sur elle était lourde à supporter. En outre son père ne cessait de
la pourvoir matériellement et comme fille d‘un riche marchand et donateur, elle
était auprès de l'higoumène et n'avait pas à accomplir d'obédiences pénibles.
Elle pensa donc qu'avec une vie pareille, elle ne pourrait faire son salut. Les
paroles du Sauveur: " Celui qui veut aller à ma suite, qu'il renonce à
lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive. " [Matthieu 16:24) la
confortèrent dans cette certitude. Son âme, qui avait soif d'exploits
spirituels authentiques, y entendit l'appel à être errante et mendiante pour
l'amour du Christ.
Après
être restée sept ans au monastère de Smolensk, Marie le quitta en secret et se
mit à errer, sans argent, sans bagage, sans papiers. Pour ne pas se montrer aux
gens, Marle restait loin des villes bruyantes et des villages, empruntant les
chemins les plus reculés et les plus déserts, passant la nuit en
prière
dans les forêts, les ravins, les granges abandonnées. Ses vêtements s'usèrent
tant que sa chemise cachait à peine son corps tout sombre et tout rude. Ses
jambes étaient couvertes de plaies et d'égratignures, du fait qu'elle allait
toujours pieds nus. Elle en garda de profondes cicatrices sur les plantes des
pieds jusqu'à sa fin bienheureuse. Parfois de bonnes âmes l'accueillaient chez
elles, la lavaient, l'abritaient quelque temps, lui donnaient de vieux vêtements,
souvent d'homme, mais Marie ne restait pas longtemps chez elles et s'en allait
bien vite.
Dès
le début de son errance, Marie avait imploré la Mère de Dieu avec des larmes,
pour garder sa virginité. La Reine des Cieux lui apparut et lui dit:
"Marie, j'ai toujours béni tes entreprises, je t'aiderai aussi à garder ta
virginité." Et gardée par la Toute Pure, l'errante parcourut près de six
mille kilomètres, séjourna dans divers monastères, rencontra de grands ascètes
de ce temps et en 1861, s'arrêta au monastère de la Dormition à Sviatogorsk,
canton d'Izioum, gouvernement de Kharkov, où vivait un grand ascète et starets,
le reclus Jean +1867). Il eut de longs entretiens avec Marie et voyant, comme
un clairvoyant qu'il était, toute sa vie, il lui raconta bien des choses qui se
réalisèrent ensuite. "Un jour viendra, lui dit-il, où tu n'auras même plus
le temps de te signer, alors console le peuple, car il souffrira
beaucoup."
On
peut supposer que ce starets donna sa bénédiction à Marie pour qu'elle retourne
dans un monastère, parce qu'en 1865, les registres indiquent sa présence au
monastère de la Dormition à Voznesensk et deux ans plus tard au monastère
Vladytchny [du Maitre] à Serpoukhov ou le métropolite Philarète de Moscou
[canonisé en 1994] la tonsura et lui imposa le rasson et le nom de Paula. De
là, elle se rendit à Moscou pour se perfectionner dans l'art culinaire qu'elle
acquit à la perfection, avec la grâce de Dieu.
La
moniale Paula demeura jusqu'en 1872 au monastère du Maître, puis elle fut transférée
au Monastère du Sauveur de Borodino, canton de Mojaïsk, gouvernement de Moscou,
à la demande de l'higoumène du grand schème Alexia, ancienne économe du
monastère de Serpoukhov, qui accomplissait en secret des exploits ascétiques.
Version française
Françoise Lhoest
que nous remercions chaleureusement
NOTES:
Toutes les dates sont données selon l'ancien calendrier.
* Féminin de starets.
Femme douée d'un don de vision intérieure, à qui le peuple des croyants vient
demander conseil ou consolation.
** La coutume russe voulait qu'une fille n'entre pas au monastère sans la bénédiction parentale.
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