"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire
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samedi 2 avril 2016

Trois hiérarques chrétiens grecs orthodoxes qui ont essayé d'arrêter l'Holocauste dans leur pays. (2/3)


 
JOACHIM, métropolite de Volos
 *
"Je suis Juif."
 *
Le 30 septembre 1943, pour le Nouvel An juif, il a été ordonné au grand rabbin de la ville grecque centrale de Volos d’aller voir le chef militaire allemand, Kurt Rikert, et de soumettre une liste des noms de la communauté juive de la ville dans les 24 heures. À l'époque, il y avait 872 habitants juifs.
Le rabbin se tourna vers son ami, le métropolite Joachim (Alexopoulos) qui présidait le troupeau orthodoxe grec de la région et qui n’hésita pas un seul instant lorsqu'on lui demanda son aide.
Il ordonna à tous les prêtres de son diocèse d’aider tout Juif qui le demandait et il signa de son propre nom une lettre de recommandation que le rabbin utilisa pour rechercher une cache. La lettre disait en partie "Je recommande chaudement l'enseignant, porteur de cette lettre, et je demande à chaque frère qui le rencontrera, de l'écouter attentivement et avec bonne volonté, de lui donner toute forme d'assistance pour tout ce dont il pourrait avoir besoin dans sa vie, ainsi que pour son troupeau, afin qu'ils ne deviennent pas victimes de cette situation difficile. "
Joachim mobilisa la résistance de la région et dans les 24 heures, 702 Juifs grecs fuirent et furent pris dans les mains protectrices des étrangers dans les villages des montagnes qui entourent la ville. Lorsque les allemands lui  demandèrent des informations sur les Juifs, il refusa fermement leurs demandes de listes de résidents juifs, en leur répondant: "Je suis Juif"
Les 130 Juifs qui décidèrent de rester en arrière furent arrêtés par les SS et envoyés à Auschwitz. Les nazis firent sauter la synagogue et saccagèrent et pillèrent les magasins et les maisons du quartier juif.
En Novembre 1944, après la libération de la Grèce, les Juifs sortirent de leur cachette, Joachim fit une déclaration exhortant tous les habitants à redonner aux résidents juifs des objets de valeur qu'ils avaient soit pris lors du pillage ou qui avaient été laissés entre leurs mains pour les garder.
Pour avoir sauvé la vie de quelque 700 personnes, il a été reconnu à titre posthume, en 1998, par l'Etat d'Israël avec une inscription dans le Musée de l'Holocauste à Washington et sur le mur d'honneur des Justes à Yad Vashem à Jérusalem.
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
www.pappaspost.com



vendredi 1 avril 2016

Trois hiérarques chrétiens grecs orthodoxes qui ont essayé d'arrêter l'Holocauste dans leur pays. (1/3)


Trois hiérarques chrétiens grecs orthodoxes qui ont essayé d'arrêter l'Holocauste dans leur pays.
Les histoires de mort et d'anéantissement sont celles qui sont généralement associées à l'Holocauste. Mais il y a aussi des histoires d'humanité, où les gens, partout sur le continent ont risqué leur propre vie pour aider un ami, un voisin, et même un étranger.
Dans ces histoires on trouve plusieurs dirigeants grecs très médiatisés de l'Église orthodoxe qui ont risqué la vie de leurs propres fidèles, ainsi que la sécurité de leur troupeau chrétien, si leurs efforts pour aider les Juifs avaient été découverts par les nazis.
Archevêque Damaskinos d'Athènes

"J’ai fait le signe de la Croix, j’ai parlé avec Dieu, et j’ai décidé de sauver autant de Juifs que possible."
Le rôle du chef de file de la tête de l'église orthodoxe de Grèce, l'archevêque d'Athènes et de toute la Grèce, Damaskinos, fut sans précédent dans toute l'Europe. Ne se cachant pas derrière la lâche "neutralité" de ses homologues du Vatican et d'autres Eglises européennes, Damaskinos s’opposa ouvertement et sans retenue à la déportation des Juifs de Grèce, et prit des mesures drastiques, et parfois dangereuses pour sa vie, afin d'accomplir sa mission.
Avec le soutien du chef de la police d'Athènes, l’archevêque Damaskinos supervisa la création de plusieurs milliers de "certificats de baptême", et fournit plus de 27.000 faux papiers permettant d’identifier les Juifs désespérés qui cherchaient une protection contre les nazis. 
Les faux papiers leur donnèrent des noms chrétiens et leur permirent le libre passage des points de contrôle nazis. L'archevêque ordonna également  aux monastères et couvents d’Athènes de donner abri aux Juifs, et il exhorta ses prêtres à demander à leurs congrégations de cacher les Juifs dans leurs maisons. En conséquence, plus de 250 enfants juifs furent cachés par les seuls membres du clergé orthodoxe.
Damaskinos fit également une protestation directe auprès des Allemands, sous la forme d'une lettre de défense audacieuse des Juifs qui étaient persécutés.
La lettre incita la rage du féroce général nazi Jürgen Stroop, l'homme responsable de la répression brutale du soulèvement du ghetto de Varsovie et de la perte de 50.000 vies qui avaient depuis été transférées en Grèce. Il menaça l'archevêque de mort face à un peloton d'exécution.
La réponse de Damaskinos fut, "les chefs religieux grecs ne sont pas abattus, ils sont pendus. Je demande que vous respectiez cette coutume. " Le simple courage de la réponse du chef religieux désarma le commandant nazi.
L'appel de l'archevêque et de ses compatriotes grecs est unique; il n'y a pas un seul  document de protestation similaire contre les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale qui ait vu le jour dans tout autre pays européen. Il dit, entre autres choses:
"Dans notre conscience nationale, tous les enfants de la Mère Grèce sont une unité inséparable: ils sont des membres égaux de l'organisme national sans distinction de religion... Notre sainte religion ne reconnaît pas de qualités supérieures ou inférieures fondées sur la race ou la religion, comme il est dit: "Il n'y a ni Juif ni grec," et elle condamne ainsi toute tentative de discrimination ou de création de différences raciales ou religieuses. Notre destin commun aussi bien dans les jours de gloire que dans les périodes de malheur national, ont forgé des liens inséparables entre tous les citoyens grecs, sans exemption, sans distinction de race... "
"Aujourd'hui, nous sommes profondément préoccupés par le sort de 60.000 de nos concitoyens qui sont juifs... nous avons vécu ensemble dans l'esclavage et la liberté, et nous avons appris à apprécier leurs sentiments, leur attitude fraternelle, leur activité économique, et ce qui est plus important, leur patriotisme indéfectible..."
 Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après