"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire
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dimanche 17 novembre 2024

21e DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE

Saint Ioannikios le Grand


Mon espérance est le Père, mon refuge est le Fils, ma protection est le Saint-Esprit, ô Sainte Trinité  gloire à Toi.

La paternité de cette prière brève mais élégante est attribuée à saint Ioannikios le Grand, que l'on commémore aujourd'hui. Il est né en 762 dans une famille pauvre de la province de Bithynie. Il travailla comme berger dans sa jeunesse et, comme il était grand et fort, il fut enrôlé dans l'armée, où il servit avec distinction. 

À cette époque, l'hérésie des Iconoclastes faisait rage et il ne fait aucun doute que de nombreuses personnes furent emportées par la marée des événements. Il semble que, dans un premier temps, Ioannikios n'ait pas contesté l'Iconoclasme, mais c'était un homme pieux. À la fin de son service militaire, il se retira sur le mont Olympe où il fut sacré moine. 

Il mena une vie ascétique pendant un demi-siècle, voyageant en pèlerinage vers de nombreux lieux saints et devenant un champion de l'orthodoxie. Durant cette période, il reçut de Dieu le don de faire des miracles. Il guérit des maladies, chassa des démons et apprivoisa des bêtes sauvages. En outre, il entra dans la controverse en faveur de la vénération des icônes, étant étroitement associé au patriarche Methodios de Constantinople, qui monta sur le trône patriarcal en 843 et qui  proclama la restauration des icônes le premier dimanche du Grand Carême de cette année-là. 

Ioannikios s'éteignit paisiblement à un âge avancé en ce jour de 846. 

Saint Jean Vatatz le Miséricordieux

Nous commémorons également aujourd'hui saint Jean Doukas Vatatzes le Miséricordieux. Lorsque la quatrième croisade se détourna de sa destination, Jérusalem, et attaqua Constantinople, l'empire fut divisé en quatre. Dans la ville, l'« Empire latin » fut proclamé. Les régions contrôlées par les Grecs furent réparties entre plusieurs sphères d'influence : Nicée, l'Épire et Trébizonde. 

Jean fut empereur à Nicée (1221-1254). C'était un administrateur sage et compétent qui, par des moyens militaires et politiques, réussit à reprendre aux Latins de vastes territoires et la ville de Constantinople. Jean était un souverain pieux et ingénieux, vénéré pour sa politique de charité et ses aumônes. C'est pourquoi il reçut le titre de « Miséricordieux » lorsqu'il fut glorifié en tant que saint un demi-siècle après sa mort. Il mourut à Nymphaion et fut enterré dans le monastère de Sosandra, qu'il avait fondé. 

La fondation d'églises est souvent un élément que nous rencontrons dans l'étude de la vie des saints. Il est également significatif que les fondateurs d'églises et de monastères fassent l'objet d'une commémoration liturgique. La construction d'églises est une activité missionnaire, car elle permet de mieux faire connaître le christianisme orthodoxe. C'est très important en cette époque de manque de foi. Beaucoup de nos compatriotes pensent que le christianisme est une chose qui est passée à l'histoire, si tant est qu'ils y pensent.  Le fait est que le christianisme est quelque chose qui n'a pas encore eu lieu pour eux. 

Eglise orthodoxe de Mettingham


Ces pensées sont très présentes dans notre esprit en ce jour du Fondateur. Si une église peut être construite et fonctionner dans un petit endroit comme Mettingham, elle peut exister n'importe où. Pourtant, bien que nous ayons besoin du bâtiment et que nous l'apprécions, le véritable mémorial est la communauté vivante qui vient ici pour prier, réalisant ainsi le vœu le plus cher de la fondatrice.

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L'Évangile de ce dimanche est lu dans Luc 8 : 41 - 56 et raconte deux autres miracles du Christ. Jaïre est décrit comme un chef de synagogue, c'est donc un homme d'un rang social élevé. Il tombe aux pieds de Jésus, non pas nécessairement par reconnaissance de la divinité du Christ, mais en désespoir de cause, car sa fille unique, âgée de douze ans, est en train de mourir. Il avait manifestement entendu parler des guérisons miraculeuses qui s'étaient produites et devait penser qu'il s'agissait là de son dernier espoir. Le Christ accepte de l'aider, mais alors qu'il se rend à la maison, un autre miracle se produit. Une femme qui souffrait depuis douze ans a été poussée par la foi à s'approcher du Christ. Dans son humilité, elle toucha simplement l'ourlet de son vêtement et reçut la guérison. Lorsque d'autres, prophètes et apôtres, accomplirent des miracles, ils firent appel à la puissance de Dieu. Le Christ est Dieu et est donc la source de cette puissance de guérison. De plus, le Christ connaissait non seulement l'identité de la femme, mais aussi sa foi et ses motivations, ainsi que celles de Jaïre.

La résurrection de la fille de Jaïre


 En invitant la femme à se dévoiler et en louant sa foi, le Christ cherche à inspirer confiance à Jaïre, qui est sur le point de recevoir la nouvelle qu'il redoute le plus. Malgré l'annonce de la mort de l'enfant, le Christ prévient tout reproche d'atermoiement en disant simplement : « Ne crains pas, crois seulement et elle sera guérie ». Il fait ainsi allusion à la femme guérie, à qui il dit : « Ma fille, prends courage », et Il la loue pour la force de sa foi. Puis Il continua et entra dans la maison. Seuls Pierre, Jacques et Jean, ainsi que les parents de la jeune fille, se trouvaient dans la maison, afin que cela ne devienne pas un spectacle public. Le Christ était très conscient de la méchanceté et de l'envie de Ses ennemis. C'est aussi une leçon pour nous, qui nous apprend à ne pas attirer l'attention sur nos bonnes actions, mais plutôt à nous effacer.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après


in Mettingham. 

ENGLAND


dimanche 29 octobre 2023

21e DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE

Saint Longin le Centurion

Parmi les saints d'aujourd'hui, nous commémorons saint Longin. Nous le rencontrons pour la première fois dans les Évangiles lors de la crucifixion du Christ. 

Dans l'Évangile de saint Matthieu, nous lisons : "Le centurion et ceux qui étaient avec lui et qui regardaient Jésus, voyant le tremblement de terre et ce qui se passait, furent saisis d'une grande crainte et dirent : "Vraiment, c'était le Fils de Dieu" (Mt 27, 54). 

Dans l'Évangile de saint Jean, nous lisons : "L'un des soldats lui perça le côté avec une lance, et aussitôt il en sortit du sang et de l'eau" (Jean 19:34). 

On pense qu'il s'agit là de deux références à Longin, qui n'est pas nommé dans le récit de l'Évangile. Son nom a peut-être été retenu dans la tradition orale, mais la première référence écrite à ce nom se trouve dans un document apocryphe, l'Évangile de Nicodème. La tradition rapporte que les deux autres soldats étaient Isaure et Aphrodise, qui souffrirent plus tard le martyre avec Longin. 

Le Prologue d'Ochrid donne plus de détails. Longin, en tant qu'officier de service, était également responsable de la garde du tombeau du Christ. Lorsque la résurrection du Christ fut connue, les notables juifs essayèrent de soudoyer les soldats pour qu'ils nient la vérité de la résurrection et disent que les disciples avaient en fait volé son corps. N'ayant pas réussi à soudoyer Longin, ils ont conspiré pour le faire taire définitivement. 

 Découvrant cela, Longin et ses deux collègues reçurent le baptême des mains des apôtres et quittèrent Jérusalem pour se réfugier en Cappadoce. Là, ils témoignèrentent de la vérité de la Résurrection et convertirent de nombreux païens à la foi en Christ. Des Juifs de la région signalèrent leur présence au gouverneur (Ponce Pilate, dont le mandat ne prit fin que vers 37 ap. J.-C.) et ordonnèrent leur arrestation. Longin avait prévu l'issue de cette affaire mais il ne s'enfuit pas 

. Les trois anciens soldats convertis se soumirent à la décapitation et devinrent ainsi des martyrs de la foi véritable. La tête de Longin fut emmenée à Jérusalem et remise, par Pilate, aux notables juifs qui la firent jeter dans une fosse d'aisance. 

Saint Gall

Aujourd'hui, nous commémorons également Saint Gall, un Irlandais et moine de Bangor au début du 7ème siècle. Il voyagea avec saint Colomban en Angleterre, puis en France, où il participa à la fondation de l'abbaye de Luxeuil vers l'an 590. Plus tard, il se rendit en Suisse et s'installa dans un lieu situé sur la Steinach, où se développèrent la grande abbaye et la ville de Saint-Gall. Il est considéré comme l'un des apôtres de la Suisse. Il est décédé vers l'an 640. 

En avançant dans le temps, nous nous souvenons que le patriarche Adrien de Moscou s'est éteint dans le Seigneur en ce jour de 1700. Il était le 10e patriarche. 

Né en septembre 1638, il fut baptisé André. On sait peu de choses sur ses premières années, mais il choisit la vie monastique et fut connu pour ses vertus et sa piété. À tel point qu'il attira l'attention du patriarche Joachim, qui le nomma archimandrite du monastère de Tchudov. Il y réorganisa l'administration du monastère et construisit des églises dédiées à Saint Alexis et à Saint André le Prtotoclyte, ainsi qu'une chapelle en l'honneur de l'Annonciation. En 1686, il fut nommé métropolite de Kazan et de Sviyajsk par le patriarche Joachim. Rappelons que l'icône de la Mère de Dieu, Joie de tous les Affligés, fut mise en évidence par la guérison miraculeuse d'Euphémie, sœur du patriarche Joachim. 

Le patriarche Joachim mourut en mars 1690 et Adrien fut élu pour lui succéder en août de la même année. Le patriarche Adrian fut un fervent défenseur des normes traditionnelles et il critiqua les politiques occidentales du tsar Pierre, telles que le rasage obligatoire de la barbe. Il s'opposa également aux influences latinisantes dans l'Église. Il fut parfaitement conscient de la mentalité césaropapiste du tsar et la critiqua vivement. Cela conduisit à des relations très tendues entre les deux hommes.

Saint Dimitri de Rostov

Adrian est peut-être moins connu que son allié, saint Dmitri de Rostov, à qui il donna la bénédiction de faire des recherches sur la vie des saints. Le résultat fut l'opus magnum de Dmitri, son Menaion (Grandes Vies des Saints). À la mort du patriarche Adrien en 1700, le tzar Pierre saisit sa chance et asservit l'Église, à la manière d'Henri VIII, mais pour des raisons différentes. 

Un nouveau patriarche ne fut pas élu, mais on finit par inventer un "synode directeur" sous l'égide du tsar. L'architecte de cet arrangement non canonique fut le prélat Théophane Prokopovitch, qui fut nommé métropolite de Moscou par le tsar pour sa "loyauté". On peut se demander comment le tsar Pierre réussit à forcer la hiérarchie de l'Église russe à accepter ce nouveau statu-quo. 

La semaine dernière encore, nous pensions à l'hérésie Iconoclaste imposée à l'Église par les empereurs byzantins successifs. Lorsqu'en 754, l'empereur Constantin V, qui détestait les icônes, convoqua son "concile", des évêques (ceux-là mêmes qui auraient dû défendre l'Église) y  assistèrent et se laissèrent convaincre que la destruction des icônes était une bonne chose, acceptant ainsi les décisions de ce "concile de brigands".

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Parabole du Semeur

Aujourd'hui, la lecture de l'Évangile du dimanche est Luc 8, 5-15 et c'est la parabole du semeur. Au verset 9, nous lisons "Ses disciples l'interrogèrent, disant : Que peut bien être cette parabole ?" Le Seigneur lui-même donne alors une explication très concise et très claire, à laquelle nous ne pouvons rien ajouter, si ce n'est d'observer comment le Seigneur a utilisé des choses qui étaient familières à ses auditeurs. En présentant son enseignement sous cette forme, en utilisant des situations et des objets de tous les jours, il fit en sorte que les gens comprennent et retiennent mieux le message.

Version française Claude Lopez-Ginisty


d'après




in Mettingham. 


ENGLAND