"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

dimanche 22 février 2015

PRIERES DE CONSOLATION



Icon of Extreme Humility

RITE DE PRIERES DE CONSOLATION 
POUR LES PARENTS 
DES FIDELES 
QUI SE SONT SUICIDES[1]


Diacre : Bénis Maître !

Prêtre : Béni est notre Dieu, en tous temps, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles.

Chœur : Amen. Et il poursuit…

Prières initiales

Gloire à Toi, notre Dieu, gloire à Toi.
Roi céleste, Consolateur, Esprit de vérité, Toi Qui es partout présent et Qui remplis tout, Trésor des biens et Donateur de vie, viens et demeure en nous, purifie-nous de toute souillure et sauve nos âmes, Toi Qui es bon !
Saint Dieu, Saint Fort, Saint Immortel, aie pitié de nous ! Trois fois.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, et maintenant, et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
Très Sainte Trinité, aie pitié de nous. Seigneur, purifie-nous de nos péchés. Maître, pardonne-nous nos iniquités. Saint, visite-nous et guéris nos infirmités, à cause de Ton Nom !
Kyrie eleison. Trois fois.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, et maintenant, et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
Notre Père Qui es aux cieux, que Ton Nom soit sanctifié, que Ton règne vienne, que Ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd'hui notre pain substantiel, remets-nous nos dettes comme nous les remettons à nos débiteurs, et ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous du Malin !
Prêtre: Car à Toi, appartiennent le règne, la puissance et la gloire, Père, et Fils, et Saint-Esprit, et maintenant, et toujours, et dans les siècles des siècles.

Chœur : Amen. Et il poursuit…

Alléluia, ton 6 : Alléluia! Alléluia! Alléluia!

Verset : Seigneur, ne me reprends pas dans Ta colère, ne me châtie dans Ta fureur ! L’alléluia est répété.

Verset : Aie pitié de moi, Seigneur; car je suis faible! L’alléluia est répété.

Tropaires pénitentiels ton 6

Aie pitié de nous, Seigneur, aie pitié de nous, car pêcheurs impuissants nous T’adressons cette supplication : ô Maître, aie pitié de nous !
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit.
Seigneur, aie pitié de nous, car nous avons confiance en Toi, ne T’irrite pas contre nous et ne Te souviens pas de nos iniquités, mais, dans Ta tendresse, jette dès maintenant Ton regard sur nous et délivre-nous de nos ennemis. Car Tu es notre Dieu et nous sommes Ton peuple, tous nous sommes l’œuvre de Tes mains et nous invoquons Ton Nom.
Et maintenant, et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
Ouvre-nous la porte de la miséricorde, Mère toute bénie de Dieu, afin qu’espérant en Toi, nous ne nous égarions pas, mais que par Toi nous soyons délivrés des malheurs, car Tu es le salut du peuple chrétien.

Psaume 50

Aie pitié de moi, ô Dieu, selon Ta grande miséricorde, et dans Ton immense compassion, efface mon péché. Lave-moi de plus en plus de mon iniquité,  et de mon péché purifie-moi. Car je connais mon iniquité, et mon péché est constamment devant moi. Contre Toi seul, j'ai péché, et j'ai fait le mal sous Tes yeux. Ainsi, tu seras trouvé juste en Tes paroles, et Tu seras vainqueur quand on Te jugera. Vois: dans l'iniquité j'ai été conçu,  et j'étais dans le péché quand ma mère m'a enfanté. Mais Tu aimes la vérité: Tu m'as révélé les mystères et les secrets de Ta sagesse. Tu m'aspergeras avec l'hysope, et je serai purifié, Tu me laveras, et je deviendrai plus blanc que la neige. Tu me feras entendre des paroles de joie et d'allégresse, et ils exulteront, les os humiliés.
Crée en moi un cœur pur, ô Dieu, et renouvelle en ma poitrine un esprit droit. Ne me rejette pas loin de Ta face, et ne retire pas de moi Ton Esprit Saint. Rends-moi la joie de Ton salut, et fortifie-moi par l'Esprit souverain. J'enseignerai Tes voies aux pécheurs, et les impies reviendront vers Toi. Délivre-moi du sang, ô Dieu, Dieu de mon salut, et ma langue exultera pour Ta justice. Seigneur, ouvre mes lèvres; et ma bouche annoncera Ta louange.
Si Tu avais voulu un sacrifice, je Te l'aurais offert, mais Tu ne prends aucun plaisir aux holocaustes. Le sacrifice qui convient à Dieu, c'est un esprit brisé; un coeur broyé et humilié, Dieu ne le méprise point. Accorde Tes bienfaits à Sion dans Ta bienveillance, Seigneur, et que soient relevés les murs de Jérusalem; alors Tu prendras plaisir au sacrifice de justice, à l'oblation et aux holocaustes, alors on offrira de jeunes taureaux sur Ton autel.

Antiphone, ton 3

Ô Père céleste, plein d’amour pour l'humanité, sois miséricordieux, compatissant, miséricordieux envers nous, ô Toi Qui es patient envers tous et Qui accueille chacun ! (Kondakion de saint Romanos le Mélode sur la trahison de Judas)

Verset : Aie pitié de nous, Seigneur, aie pitié de nous, car nous sommes rassasiés de mépris ! L'antiphone est répétée.

Verset : "Il n’est pas de Dieu" dit en son cœur l’insensé. L'antiphone est répétée.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit.

Lorsque Tu siégeras pour juger, ô Christ, lorsque Ta gloire resplendira, oh ! quelle crainte à ce moment, lorsque flambera la fournaise de feu et que tout homme tremblera devant Ton redoutable tribunal ! (6ème tropaire du canon des matines du dimanche du Jugement dernier)

Et maintenant, et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.

Nous n’avons d’autre secours, nous n’avons d’autre espoir qu’en toi, Très Sainte Souveraine. Sois notre aide, car nous avons mis en toi notre espérance ; nous exultons en toi, car nous sommes tes serviteurs ; ne nous laisse pas dans notre honte.

Diacre : Prions le Seigneur.

Chœur : Kyrie eleison.

Prière

Prêtre : Ô Maître, Seigneur miséricordieux Ami des hommes, nous te supplions pour le pécheur (pécheresse) N., qui a brisé Ta loi, et qui a trahi Tes commandements salvifiques, Ton amour et Ton Evangile, pour notre frère (sœur) qui s’est laissé broyer par le désespoir. Ô Ami des hommes, ne lui montre pas Ta colère, ne le (la) punit pas dans ton courroux, mais accorde-lui le repos, guéris la douleur de nos cœurs, que Ta prodigalité sans borne recouvre l’océan de nos larmes amères. Ô très-doux Jésus, nous T’implorons : accorde à Tes serviteurs les proches de celui (celle) qui a pris volontairement sa vie, consolation dans leur douleur et affliction, car nous espérons en Ta miséricorde et nous mettons notre confiance en elle. Car Tu es un Dieu bon et ami des hommes, et nous Te rendons gloire, avec Ton Père éternel et Ton très-saint, bon et vivifiant Esprit, et maintenant, et toujours, et dans les siècles des siècles.

Chœur : Amen.

Congé

Diacre : Sagesse !

Prêtre : Très Sainte Mère de Dieu, sauve-nous !

Chœur : Toi plus vénérable que les chérubins, et incomparablement plus glorieuse que les séraphins, qui sans tache enfanta Dieu le Verbe, toi véritablement Mère de Dieu, nous t’exaltons !

Prêtre : Gloire à Toi, Christ Dieu, notre espérance, gloire à Toi !

Chœur: Gloire au Père, et au Fils, et au saint Esprit. Et maintenant, et toujours, et aux siècles des siècles. Amen. Kyrie eleison, Kyrie eleison, Kyrie eleison, au Nom du Seigneur Père bénis !

Prêtre : Que le Christ notre vrai Dieu, par les prières de Sa Très Sainte Mère toute pure et immaculée, de saint(e) N., patron(ne) de notre bien-aimé(e) qui s’est endormi(e), des saints et justes ancêtres du Seigneur Joachim et Anne et de tous les saints, aie pitié de nous et nous sauve, car Il est bon et ami des hommes.

Chœur: Amen.

***

Prière de saint Léon d'Optina
(se prie en privé)

Souviens-Toi, Seigneur, de l'âme de ton serviteur (ta servante) N. défunt(e). Si Tu le permets, aie pitié. Tes jugements sont insondables. Que cette prière ne me soit pas comptée comme péché, mais que Ta sainte volonté soit faite. Amen.


Fin et gloire à notre Dieu!


[1] Les canons de l'Église interdisent d’offrir des prières pour les suicidés (canon 14 de Timothée), s’étant eux-mêmes retranchés consciemment de la communion avec Dieu. La vérité de cette règle est confirmée par l'expérience spirituelle des fidèles ayant prié audacieusement pour des suicidés et qui expérimentèrent par la suite le poids écrasant des tentations démoniaques.

Cette règle de saint Timothée d'Alexandrie était dirigée à l’origine contre des membres faillis de l'Eglise. Actuellement cependant, la plupart des suicidés sont des Baptisés n’ayant reçu aucune éducation religieuse ou consolation de l'Eglise. Ils interrompent leur vie non pas par opposition consciente à Dieu ou à l'Église, mais ayant comme « perdu l’esprit », quand bien même cet état n’aurait pas été certifié par le corps médical. Il arrive souvent que le prêtre, qui ne connaît pas le défunt, soit dans l’incapacité de traiter ce genre de décès. Ainsi souvent, essuyant un refus de la part du prêtre de célébrer des obsèques, les parents ou amis d'un suicidé s’éloignent-ils encore davantage de l'Eglise sans être consolés.

Pour ce faire, par souci du soin des âmes et pour unifier la pratique pastorale, le Saint Synode de l'Eglise orthodoxe russe, en sa session du 27 juillet 2011, bénit la possibilité d’offrir des prières pour les suicidés. Les prières de ce rite remplacent le service des funérailles et la commémoration à la Liturgie dans une perspective d’enseignement et de réconfort des amis et parents des défunts.

Par ailleurs, la Commission liturgique synodale a proposé que les parents et amis puissent prendre le relais, avec la bénédiction du prêtre, par la lecture en privé de la prière du vénérable staretz Léon d'Optina. Cela permet ainsi de remettre les défunts à la miséricorde divine et d’encourager leurs proches à une vie de piété.

FEUILLETS LITURGIQUES DE LA CATHÉDRALE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX


9/22 février
Dimanche de l’abstinence des laitages, mémoire de l’exil d’Adam du paradis – dimanche du Pardon

Saint Nicéphore d'Antioche, martyr (vers 257) ; inventions des reliques de saint Innocent, évêque d’Irkoutsk (1805) et de saint Tykhon, patriarche de Moscou et de toute la Russie (1992) ; saint Pancrace des Grottes de Kiev (XIII) ; saint Nicéphore (1557) et saint Gennade (vers 1516) de Vageozero ; saints Marcel, évêque de Sicile, Philagre, évêque de Chypre et Pancrace, évêque de Taormine, martyrs (I) ; saint hiéromartyr Basile, prêtre (1930) ; saint hiéromartyr Jean, prêtre (1938).

Lectures: Rom. XIII, 11-XIV, 4 ; Маtth. VI, 14-21 

DIMANCHE DE L’ABSTINENCE DES LAITAGES

E
n ce dimanche, la sainte Église fait mémoire de l’exil du paradis de nos premiers parents en raison de leur désobéissance et leur absence de tempérance. Par cela est soulignée toute l’importance du labeur du carême qui va commencer. En outre, dans la perte de la béatitude paradisiaque, l’Église veut montrer ce qui est digne de la pénitence et des larmes. « Voici le temps opportun, voici le temps du repentir, écartons les œuvres des ténèbres et revêtons les armes de la lumière : afin qu’en traversant l’océan du carême, nous atteignions la Résurrection du troisième jour de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ qui sauve nos âmes ». Par ces mots, nous sommes appelés à oublier dès ce jour tout ce qui jusqu’à présent occupait nos pensées et nos sentiments et les détournait « de l’unique nécessaire » (Lc X, 42). Dans les lectures de l’épître et de l’Évangile, la sainte Église nous présente ses dernières instructions concernant particulièrement l’ascèse du carême. Le jeûne doit commencer par le pardon aux hommes de leurs transgressions et la renonciation aux œuvres des ténèbres.  Autrement dit, il convient d’accomplir de façon non hypocrite les prescriptions du jeûne et d’adopter une attitude non condamnable à l’égard du prochain. La réconciliation avec tous, le pardon à tous de leurs péchés commis à notre égard, constitue la condition première, principale et indispensable à notre réconciliation avec Dieu. Sans cette réconciliation avec tous, on ne peut s’approcher du Seigneur et s’engager sur le stade du carême et du repentir. De là vient l’usage orthodoxe de demander le pardon mutuellement à la veille du Grand Carême. St Jean Chrysostome enseigne : « nous devons pardonner aux autres non seulement en paroles, mais aussi d’un cœur pur, afin de ne pas, par la mémoire des offenses, diriger le glaive contre soi. Celui qui nous afflige ne nous fait pas autant de mal que nous-mêmes, en nourrissant en soi la colère et nous exposant ainsi à la condamnation de la part de Dieu. Si nous aimons celui qui nous offense, ce mal retombe sur la tête de celui-ci, et il souffre ; mais si nous nous indignons, nous souffrons nous-mêmes et ce à cause de nous-mêmes ».
Tropaire du dimanche du 4ème ton
Свѣ́тлую воскресéнiя про́повѣдь отъ Áнгела yвѣ́дѣвша Гoспо́дни yчени́цы и пра́дѣднee осужде́нie отве́ргша, Aпо́столомъ xва́лящася глаго́лаху : испрове́́pжеся cме́рть, воскре́сe Xpистócъ Бо́гъ, да́руяй мípoви ве́лiю ми́лость.
Les saintes femmes, disciples du Seigneur, ayant appris de l’Ange la radieuse nouvelle de la Résurrection, rejetèrent la condamnation des premiers parents, et, pleines de fierté, dirent aux Apôtres : « La mort a été dépouillée, le Christ est ressuscité, donnant au monde la grande miséricorde ! »
Kondakion du dimanche de l’abstinence des laitages, ton 6
Пpeму́дpocти наста́вниче, смы́сла пода́телю, нему́дрыхъ наказа́телю, и ни́щихъ защи́тителю, yтвepди́, вpaзyми́ cépдце моé Bлады́ко : Tы́ да́ждь ми́ cло́во, Óтчее cло́во, cé бо ycтнѣ́ мои́ не возбpaню́, во éже зва́ти Тeбѣ́ : Mи́лостивe, поми́луй мя́ па́дшаго.
Guide de sagesse, Donateur de l’intelligence, pédagogue des insensés, protecteur des pauvres, affermis et instruis mon cœur, Maître; accorde-moi la parole, ô Parole du Père. Car voici, je n’empêcherai pas mes lèvres de Te crier : Miséricordieux, aie pitié de moi qui suis tombé !
Homélie de Saint Jean Chrysostome sur l’épître du jour
Après leur avoir donné tous les préceptes convenables, l’apôtre Paul incite à la pratique du bien par la considération de l'urgence. Le jugement, dit-il, est à nos portes; c'est ainsi qu'il écrivait aux Corinthiens : « Le temps est court » (I Cor. VII, 29), et aux Hébreux : « Encore un peu de temps, et Celui qui doit venir, viendra et ne tardera pas ». (Hébr. X, 37.) Mais, dans ces lettres, il ranimait les fidèles au milieu de leurs épreuves; ses paroles avaient pour but de rafraîchir les combattants inondés de sueur, de les consoler des persécutions qu'ils subissaient coup sur coup; ici, au contraire, l'apôtre réveille des endormis; car voilà la double utilité que nous pouvons retirer de ses réflexions. Mais que signifie ce qu'il dit : « Que c'est l'heure de nous réveiller de notre assoupissement? » Cela veut dire, la résurrection approche; le jugement redoutable approche; le jour approche qui sera comme un four embrasé, il faut enfin secouer notre engourdissement. « Puisque nous sommes plus proches de notre salut que lorsque nous avons reçu la foi ». Voyez-vous comme il leur montre déjà la résurrection? Le temps marche, dit-il, la vie présente se consume, la vie à venir se rapproche de nous. Si donc vous êtes prêt, si vous avez accompli toutes les prescriptions, voici le jour du salut; si vous n'en avez rien fait, il n'en est pas de même. Mais, jusqu'à ce moment, ce ne sont pas les pensées tristes, mais les pensées riantes qui lui fournissent ses exhortations; et, par ce moyen, il les affranchit de tout regret des choses présentes. Ensuite, comme il était à croire qu'ils avaient été plus ardents au commencement, quand leur ferveur était dans toute sa force; qu'à la longue leur zèle s'était refroidi, l'apôtre leur dit que c'est une disposition toute contraire qu'ils doivent faire paraître; qu'ils ne doivent pas se relâcher au fur et à mesure que le temps avance, mais bien plutôt montrer plus d'ardeur que jamais. C'est en effet quand le roi est sur le point d'arriver qu'il convient de faire de plus grands préparatifs; c'est quand l'heure des prix approche, qu'il convient de s'animer le plus aux combats; ainsi font les coureurs; c'est vers la fin de la course, au moment de recevoir les prix, qu'ils s'animent le plus. Voilà pourquoi l'apôtre dit : « Puisque nous sommes plus proches de notre salut que lorsque nous avons reçu la foi. La nuit est déjà fort avancée, et le jour s'approche ».
Donc si la nuit s'en va, si le jour approche, faisons désormais les oeuvres du jour, non celles de la nuit. C'est la conduite que nous tenons dans la vie ordinaire; quand nous voyons venir le point du jour qui hâte le départ de la nuit, quand nous entendons chanter l'hirondelle, chacun de nous réveille son voisin, quoique la nuit n'ait pas encore disparu; quand elle a tout à fait cédé la place au jour, alors nous nous empressons tous en répétant les uns aux autres : Il est jour, et nous entreprenons toutes les oeuvres qui se font le jour, nous passons nos vêtements, nous secouons nos songes, nous chassons le sommeil, pour que le jour nous trouve préparés, nous voulons avant que les rayons du soleil aient brillé, être sur pied et à l'ouvrage. Ce que nous faisons dans ces circonstances, faisons-le ici : rejetons nos visions, débarrassons-nous des songes de la vie présente, secouons l'assoupissement profond; en guise de vêtements, revêtons-nous de vertu, c'est tout ce que veulent dire ces paroles : « Quittons donc les œuvres de ténèbres, et revêtons-nous des armes de lumière ». Car c'est à la mêlée, à la bataille que le jour nous appelle. Mais ne vous troublez pas à ces mots d'armes et de mêlée. Les armes matérielles sont pesantes et pénibles à porter, nos armes à nous sont désirables et dignes d'envie, ce sont des armes de lumière; elles vous rendent plus éclatant que le soleil, elles vous font resplendir au loin d'une éblouissante clarté; elles sont pour vous un solide rempart: car ce sont des armes, et elles vous font rayonner, parce que ce sont des armes de lumière. Quoi donc? Ne faut-il pas combattre? Sans doute il faut combattre, c'est une nécessité; mais il n'y a ni fatigue ni peine à supporter; car notre guerre à nous c'est une danse, c'est une fête. Telles sont nos armes, telle est la puissance de Celui qui commande nos légions. Beau comme l'époux qui sort de la chambre nuptiale, tel est celui qui se munit de ces armes; car c'est tout ensemble un soldat, un époux. Maintenant, quand l'apôtre dit que « le jour approche », il n'entend pas dire seulement qu'il va venir, mais qu'il reluit déjà; en effet, il ajoute : « Marchons avec honnêteté comme on marche pendant le jour ». Car il fait jour déjà. Le motif qui ordinairement a le plus de puissance auprès du grand nombre, lui sert ici à entraîner les fidèles, la bienséance : attendu qu'ils sont fort jaloux de bonne renommée. L'apôtre ne dit pas : Marchez, mais : « Marchons », afin de mieux faire accepter L'exhortation et d'adoucir la réprimande. « Point de débauches, d'ivresses ». Il ne défend pas de boire, mais de dépasser la mesure; il ne proscrit pas l'usage, mais l'abus du vin; c'est avec la même modération de langage qu'il continue. « Point d'impudicités, de dissolutions ». Il ne supprime pas la fréquentation des femmes, mais la fornication. « Point de querelles, ni d'envie ». Il veut éteindre les foyers où s'allument les passions mauvaises, étouffer la concupiscence et la colère. Il ne suffit pas à l'apôtre de combattre ces passions en elles-mêmes, il en tarit les sources. Rien n'embrase la concupiscence, rien n'enflamme la colère comme le vin et l'ivresse. Aussi, est-ce après « Point de débauches, d'ivresses », qu'il dit: « Point d'impudicités, de dissolutions, point de querelles ni d'envie ». Et il ne s'arrête pas là; mais, quand il nous a débarrassés de nos mauvais vêtements, écoutez de quelle parure il nous embellit par ces paroles : « Mais revêtez-vous de Notre-Seigneur Jésus-Christ ». II ne parle plus d'œuvres à faire, mais il s'exprime d'une manière plus propre à encourager. Quand il s'agissait du vice, il parlait d'oeuvres; mais maintenant qu'il s'agit de la vertu, il ne parle plus d'oeuvres, mais d'armes, afin de montrer par cette expression que la vertu orne en même temps qu'elle protège celui qui la possède. Et l'apôtre ne s'arrête pas là; il élève beaucoup plus haut son discours, il conçoit une image d'une redoutable grandeur; c'est le Seigneur même qu'il nous donne pour vêtement, le Roi des rois. Celui qui en est revêtu possède la vertu parfaite dans son intégrité. Ces paroles : « Revêtez-vous », nous prescrivent de nous en envelopper complètement. C'est la même pensée que l'apôtre exprime ailleurs : « Si Jésus-Christ est en vous » (Rom. VIII, 10); et encore : « Que dans l'homme intérieur habite le Christ ». (Ephés. III, 16, 17.) Ce qu'Il veut en effet, c'est que notre âme soit Son domicile, c'est que le Christ soit pour nous comme un vêtement, c'est qu'Il soit tout pour nous, et au dedans, et au dehors.
LES RÈGLES DU JEÛNE
Le typicon – livre qui détermine l’ordo des offices et les règles du jeûne - prescrit pour le Grand Carême l’abstinence de viande, du lait, des œufs et poisson. Il autorise le vin et l’huile le samedi et le dimanche, le jeudi du grand Canon de St André de Crète  et le Jeudi Saint. Le poisson ne sera permis cette année que lors du dimanche des Rameaux. La fête de l’Annonciation de la Très Sainte Mère de Dieu coïncidant cette fois le mardi de la Grande Semaine, il n’y aura que dispense d’huile et de vin. Le samedi de Lazare, les œufs de poissons sont permis. En tout état de cause, il convient de jeûner avec discernement, selon ses forces, ayant en vue que, selon les Pères de l’Église, il faut tuer les passions et non point le corps. St Païssy Velitchkovsky écrit à ce sujet : « chacun a sa conscience pour mesure et maître intérieur. Il ne peut y avoir une seule règle et une même ascèse pour tous, parce que les uns sont forts et les autres sont faibles, les uns sont comme le fer, les autres comme le cuivre, d’autres encore comme la cire... Un jeûne modéré et raisonnable, c’est là le fondement et le chef de toutes les vertus ». Le carême n’est pas seulement l’abstinence de certaines formes de nourriture, son but est la purification de l’âme. C’est à cela précisément qu’il doit servir.

LECTURES DU DIMANCHE PROCHAIN : Matines : Lc. XXIV, 12-35
Liturgie : Hébr. XI, 24-26, 32 – XII.2 ; Jn. I, 43-51