Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire
lundi 23 février 2015
dimanche 22 février 2015
PRIERES DE CONSOLATION
RITE DE PRIERES DE
CONSOLATION
POUR LES PARENTS
DES FIDELES
QUI SE SONT SUICIDES[1]
Diacre : Bénis
Maître !
Prêtre : Béni est notre Dieu, en tous temps, maintenant et toujours, et dans
les siècles des siècles.
Chœur : Amen. Et il poursuit…
Prières initiales
Gloire à Toi,
notre Dieu, gloire à Toi.
Roi céleste, Consolateur, Esprit de vérité, Toi
Qui es partout présent et Qui remplis tout, Trésor des biens et Donateur de
vie, viens et demeure en nous, purifie-nous de toute souillure et sauve nos
âmes, Toi Qui es bon !
Saint Dieu, Saint Fort, Saint Immortel, aie pitié de nous ! Trois
fois.
Très Sainte Trinité, aie pitié de nous.
Seigneur, purifie-nous de nos péchés. Maître, pardonne-nous nos iniquités.
Saint, visite-nous et guéris nos infirmités, à cause de Ton Nom !
Kyrie eleison. Trois fois.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit,
et maintenant, et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
Notre Père Qui es aux cieux, que Ton Nom soit
sanctifié, que Ton règne vienne, que Ta volonté soit faite sur la terre comme
au ciel. Donne-nous aujourd'hui notre pain substantiel, remets-nous nos dettes
comme nous les remettons à nos débiteurs, et ne nous induis pas en tentation,
mais délivre-nous du Malin !
Prêtre: Car à Toi, appartiennent le règne, la puissance et la
gloire, Père, et Fils, et Saint-Esprit, et maintenant, et toujours, et dans les
siècles des siècles.
Chœur : Amen. Et il poursuit…
Alléluia, ton 6 : Alléluia! Alléluia! Alléluia!
Verset : Seigneur, ne me reprends pas dans Ta colère, ne me châtie dans Ta fureur !
L’alléluia est répété.
Verset : Aie pitié de moi, Seigneur; car je suis faible! L’alléluia est répété.
Tropaires pénitentiels ton 6
Aie pitié de nous, Seigneur, aie pitié de nous, car
pêcheurs impuissants nous T’adressons cette supplication : ô Maître, aie pitié
de nous !
Gloire au Père, et au
Fils, et au Saint-Esprit.
Seigneur, aie pitié de
nous, car nous avons confiance en Toi, ne T’irrite pas contre nous et ne Te souviens
pas de nos iniquités, mais, dans Ta tendresse, jette dès maintenant Ton regard
sur nous et délivre-nous de nos ennemis. Car Tu es notre Dieu et nous sommes
Ton peuple, tous nous sommes l’œuvre de Tes mains et nous invoquons Ton Nom.
Et maintenant, et
toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
Ouvre-nous la porte de
la miséricorde, Mère toute bénie de Dieu, afin qu’espérant en Toi, nous ne nous
égarions pas, mais que par Toi nous soyons délivrés des malheurs, car Tu es le
salut du peuple chrétien.
Psaume 50
Aie
pitié de moi, ô Dieu, selon Ta grande miséricorde, et dans Ton immense
compassion, efface mon péché. Lave-moi de plus en plus de mon iniquité, et de mon péché purifie-moi. Car je
connais mon iniquité, et mon péché est constamment devant moi. Contre Toi seul,
j'ai péché, et j'ai fait le mal sous Tes yeux. Ainsi, tu seras trouvé juste en
Tes paroles, et Tu seras vainqueur quand on Te jugera. Vois: dans l'iniquité
j'ai été conçu, et j'étais dans le
péché quand ma mère m'a enfanté. Mais Tu aimes la vérité: Tu m'as révélé les
mystères et les secrets de Ta sagesse. Tu m'aspergeras avec l'hysope, et je
serai purifié, Tu me laveras, et je deviendrai plus blanc que la neige. Tu me
feras entendre des paroles de joie et d'allégresse, et ils exulteront, les os
humiliés.
Crée en
moi un cœur pur, ô Dieu, et renouvelle en ma poitrine un esprit droit. Ne me
rejette pas loin de Ta face, et ne retire pas de moi Ton Esprit Saint.
Rends-moi la joie de Ton salut, et fortifie-moi par l'Esprit souverain. J'enseignerai
Tes voies aux pécheurs, et les impies reviendront vers Toi. Délivre-moi du
sang, ô Dieu, Dieu de mon salut, et ma langue exultera pour Ta justice.
Seigneur, ouvre mes lèvres; et ma bouche annoncera Ta louange.
Si Tu
avais voulu un sacrifice, je Te l'aurais offert, mais Tu ne prends aucun
plaisir aux holocaustes. Le sacrifice qui convient à Dieu, c'est un esprit
brisé; un coeur broyé et humilié, Dieu ne le méprise point. Accorde Tes
bienfaits à Sion dans Ta bienveillance, Seigneur, et que soient relevés les
murs de Jérusalem; alors Tu prendras plaisir au sacrifice de justice, à
l'oblation et aux holocaustes, alors on offrira de jeunes taureaux sur Ton
autel.
Antiphone,
ton 3
Ô Père céleste, plein d’amour pour l'humanité, sois
miséricordieux, compatissant, miséricordieux envers nous, ô Toi Qui es patient envers
tous et Qui accueille chacun ! (Kondakion de saint Romanos le Mélode sur la trahison
de Judas)
Verset : Aie pitié
de nous, Seigneur, aie pitié de nous, car nous sommes rassasiés de mépris ! L'antiphone est répétée.
Verset : "Il
n’est pas de Dieu" dit en son cœur l’insensé. L'antiphone est répétée.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit.
Lorsque Tu siégeras pour juger, ô Christ, lorsque Ta
gloire resplendira, oh ! quelle crainte à ce moment, lorsque flambera la
fournaise de feu et que tout homme tremblera devant Ton redoutable
tribunal ! (6ème tropaire du canon des matines du
dimanche du Jugement dernier)
Et maintenant, et toujours, et dans les siècles des
siècles. Amen.
Nous n’avons d’autre secours, nous n’avons d’autre
espoir qu’en toi, Très Sainte Souveraine. Sois notre aide, car nous avons mis
en toi notre espérance ; nous exultons en toi, car nous sommes tes
serviteurs ; ne nous laisse pas dans notre honte.
Diacre : Prions
le Seigneur.
Chœur : Kyrie
eleison.
Prière
Prêtre : Ô
Maître, Seigneur miséricordieux Ami des hommes, nous te supplions pour le
pécheur (pécheresse) N., qui a brisé
Ta loi, et qui a trahi Tes commandements salvifiques, Ton amour et Ton
Evangile, pour notre frère (sœur) qui s’est laissé broyer par le désespoir. Ô
Ami des hommes, ne lui montre pas Ta colère, ne le (la) punit pas dans ton
courroux, mais accorde-lui le repos, guéris la douleur de nos cœurs, que Ta
prodigalité sans borne recouvre l’océan de nos larmes amères. Ô très-doux
Jésus, nous T’implorons : accorde à Tes serviteurs les proches de celui
(celle) qui a pris volontairement sa vie, consolation dans leur douleur et
affliction, car nous espérons en Ta miséricorde et nous mettons notre confiance
en elle. Car Tu es un Dieu bon et ami des hommes, et nous Te rendons gloire,
avec Ton Père éternel et Ton très-saint, bon et vivifiant Esprit, et maintenant,
et toujours, et dans les siècles des siècles.
Chœur : Amen.
Congé
Diacre : Sagesse !
Prêtre : Très
Sainte Mère de Dieu, sauve-nous !
Chœur : Toi plus vénérable que les chérubins, et incomparablement plus glorieuse que
les séraphins, qui sans tache enfanta Dieu le Verbe, toi véritablement Mère de
Dieu, nous t’exaltons !
Prêtre : Gloire
à Toi, Christ Dieu, notre espérance, gloire à Toi !
Chœur: Gloire au Père, et au Fils, et au saint Esprit. Et
maintenant, et toujours, et aux siècles des siècles. Amen. Kyrie eleison, Kyrie
eleison, Kyrie eleison, au Nom du Seigneur Père bénis !
Prêtre : Que
le Christ notre vrai Dieu, par les prières de Sa Très Sainte Mère toute pure et
immaculée, de saint(e) N., patron(ne) de notre bien-aimé(e) qui s’est
endormi(e), des saints et justes ancêtres du Seigneur Joachim et Anne et de
tous les saints, aie pitié de nous et nous sauve, car Il est bon et ami des
hommes.
Chœur: Amen.
***
Prière
de saint Léon d'Optina
(se prie en privé)
Souviens-Toi, Seigneur, de l'âme de ton serviteur (ta
servante) N. défunt(e). Si Tu le permets, aie pitié. Tes jugements sont
insondables. Que cette prière ne me soit pas comptée comme péché, mais que Ta
sainte volonté soit faite. Amen.
Fin et gloire à notre Dieu!
[1] Les canons de l'Église interdisent d’offrir des prières pour les
suicidés (canon 14 de Timothée), s’étant eux-mêmes retranchés consciemment de
la communion avec Dieu. La vérité de cette règle est confirmée par l'expérience
spirituelle des fidèles ayant prié audacieusement pour des suicidés et qui
expérimentèrent par la suite le poids écrasant des tentations démoniaques.
Cette règle de saint Timothée
d'Alexandrie était dirigée à l’origine contre des membres faillis de l'Eglise.
Actuellement cependant, la plupart des suicidés sont des Baptisés n’ayant reçu
aucune éducation religieuse ou consolation de l'Eglise. Ils interrompent leur
vie non pas par opposition consciente à Dieu ou à l'Église, mais ayant comme
« perdu l’esprit », quand bien même cet état n’aurait pas été
certifié par le corps médical. Il arrive souvent que le prêtre, qui ne connaît
pas le défunt, soit dans l’incapacité de traiter ce genre de décès. Ainsi
souvent, essuyant un refus de la part du prêtre de célébrer des obsèques, les
parents ou amis d'un suicidé s’éloignent-ils encore davantage de l'Eglise sans
être consolés.
Pour ce faire, par souci du
soin des âmes et pour unifier la pratique pastorale, le Saint Synode de
l'Eglise orthodoxe russe, en sa session du 27 juillet 2011, bénit la
possibilité d’offrir des prières pour les suicidés. Les prières de ce rite
remplacent le service des funérailles et la commémoration à la Liturgie dans
une perspective d’enseignement et de réconfort des amis et parents des défunts.
Par ailleurs, la Commission
liturgique synodale a proposé que les parents et amis puissent prendre le
relais, avec la bénédiction du prêtre, par la lecture en privé de la prière du
vénérable staretz Léon d'Optina. Cela permet ainsi de remettre les défunts à la
miséricorde divine et d’encourager leurs proches à une vie de piété.
FEUILLETS LITURGIQUES DE LA CATHÉDRALE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX
9/22 février
Dimanche de l’abstinence des laitages, mémoire de
l’exil d’Adam du paradis – dimanche du Pardon
Saint Nicéphore d'Antioche, martyr (vers 257) ; inventions
des reliques de saint Innocent, évêque d’Irkoutsk (1805) et de saint Tykhon,
patriarche de Moscou et de toute la Russie (1992) ; saint Pancrace des
Grottes de Kiev (XIII) ; saint Nicéphore (1557) et saint Gennade (vers 1516) de
Vageozero ; saints Marcel, évêque de Sicile, Philagre, évêque de Chypre et
Pancrace, évêque de Taormine, martyrs (I) ; saint hiéromartyr Basile,
prêtre (1930) ; saint hiéromartyr Jean, prêtre (1938).
Lectures: Rom. XIII, 11-XIV, 4 ; Маtth. VI, 14-21
DIMANCHE DE L’ABSTINENCE DES LAITAGES
|
E
|
n ce dimanche, la sainte
Église fait mémoire de l’exil du paradis de nos premiers parents en raison de
leur désobéissance et leur absence de tempérance. Par cela est soulignée toute
l’importance du labeur du carême qui va commencer. En outre, dans la perte de
la béatitude paradisiaque, l’Église veut montrer ce qui est digne de la
pénitence et des larmes. « Voici le temps opportun, voici le temps du
repentir, écartons les œuvres des ténèbres et revêtons les armes de la
lumière : afin qu’en traversant l’océan du carême, nous atteignions la
Résurrection du troisième jour de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ qui
sauve nos âmes ». Par ces mots, nous sommes appelés à oublier dès ce
jour tout ce qui jusqu’à présent occupait nos pensées et nos sentiments et les
détournait « de l’unique nécessaire »
(Lc X, 42). Dans les lectures de l’épître et de l’Évangile, la sainte Église
nous présente ses dernières instructions concernant particulièrement l’ascèse
du carême. Le jeûne doit commencer par le pardon aux hommes de leurs
transgressions et la renonciation aux œuvres des ténèbres. Autrement dit, il convient d’accomplir
de façon non hypocrite les prescriptions du jeûne et d’adopter une attitude non
condamnable à l’égard du prochain. La réconciliation avec tous, le pardon à
tous de leurs péchés commis à notre égard, constitue la condition première,
principale et indispensable à notre réconciliation avec Dieu. Sans cette réconciliation
avec tous, on ne peut s’approcher du Seigneur et s’engager sur le stade du
carême et du repentir. De là vient l’usage orthodoxe de demander le pardon
mutuellement à la veille du Grand Carême. St Jean Chrysostome enseigne :
« nous devons pardonner aux autres non seulement en paroles, mais aussi
d’un cœur pur, afin de ne pas, par la mémoire des offenses, diriger le glaive
contre soi. Celui qui nous afflige ne nous fait pas autant de mal que
nous-mêmes, en nourrissant en soi la colère et nous exposant ainsi à la
condamnation de la part de Dieu. Si nous aimons celui qui nous offense, ce mal
retombe sur la tête de celui-ci, et il souffre ; mais si nous nous
indignons, nous souffrons nous-mêmes et ce à cause de nous-mêmes ».
Tropaire du dimanche du 4ème
ton
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Свѣ́тлую воскресéнiя про́повѣдь отъ
Áнгела yвѣ́дѣвша Гoспо́дни yчени́цы и пра́дѣднee осужде́нie отве́ргша,
Aпо́столомъ xва́лящася глаго́лаху : испрове́́pжеся cме́рть, воскре́сe
Xpистócъ Бо́гъ, да́руяй мípoви ве́лiю ми́лость.
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Les saintes femmes, disciples du
Seigneur, ayant appris de l’Ange la radieuse nouvelle de la Résurrection,
rejetèrent la condamnation des premiers parents, et, pleines de fierté,
dirent aux Apôtres : « La mort a été dépouillée, le Christ est
ressuscité, donnant au monde la grande miséricorde ! »
|
Kondakion du
dimanche de l’abstinence des laitages, ton 6
|
Пpeму́дpocти наста́вниче, смы́сла пода́телю, нему́дрыхъ наказа́телю, и ни́щихъ защи́тителю, yтвepди́, вpaзyми́ cépдце моé Bлады́ко : Tы́ да́ждь ми́ cло́во, Óтчее cло́во, cé бо ycтнѣ́ мои́ не возбpaню́, во éже зва́ти Тeбѣ́ : Mи́лостивe, поми́луй мя́ па́дшаго.
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Guide de
sagesse, Donateur de l’intelligence, pédagogue des insensés, protecteur des
pauvres, affermis et instruis mon cœur, Maître; accorde-moi la parole, ô
Parole du Père. Car voici, je n’empêcherai pas mes lèvres de Te crier :
Miséricordieux, aie pitié de moi qui suis tombé !
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Homélie de Saint Jean Chrysostome sur l’épître
du jour
Après leur
avoir donné tous les préceptes convenables, l’apôtre Paul incite à la pratique
du bien par la considération de l'urgence. Le jugement, dit-il, est à nos
portes; c'est ainsi qu'il écrivait aux Corinthiens : « Le temps est court » (I
Cor. VII, 29), et aux Hébreux : « Encore un peu de temps, et Celui qui doit
venir, viendra et ne tardera pas ». (Hébr. X, 37.) Mais, dans ces lettres, il
ranimait les fidèles au milieu de leurs épreuves; ses paroles avaient pour but
de rafraîchir les combattants inondés de sueur, de les consoler des
persécutions qu'ils subissaient coup sur coup; ici, au contraire, l'apôtre
réveille des endormis; car voilà la double utilité que nous pouvons retirer de
ses réflexions. Mais que signifie ce qu'il dit : « Que c'est l'heure de nous
réveiller de notre assoupissement? » Cela veut dire, la résurrection approche;
le jugement redoutable approche; le jour approche qui sera comme un four
embrasé, il faut enfin secouer notre engourdissement. « Puisque nous sommes
plus proches de notre salut que lorsque nous avons reçu la foi ». Voyez-vous
comme il leur montre déjà la résurrection? Le temps marche, dit-il, la vie
présente se consume, la vie à venir se rapproche de nous. Si donc vous êtes
prêt, si vous avez accompli toutes les prescriptions, voici le jour du salut;
si vous n'en avez rien fait, il n'en est pas de même. Mais, jusqu'à ce moment,
ce ne sont pas les pensées tristes, mais les pensées riantes qui lui
fournissent ses exhortations; et, par ce moyen, il les affranchit de tout
regret des choses présentes. Ensuite, comme il était à croire qu'ils avaient été
plus ardents au commencement, quand leur ferveur était dans toute sa force;
qu'à la longue leur zèle s'était refroidi, l'apôtre leur dit que c'est une
disposition toute contraire qu'ils doivent faire paraître; qu'ils ne doivent
pas se relâcher au fur et à mesure que le temps avance, mais bien plutôt
montrer plus d'ardeur que jamais. C'est en effet quand le roi est sur le point
d'arriver qu'il convient de faire de plus grands préparatifs; c'est quand
l'heure des prix approche, qu'il convient de s'animer le plus aux combats;
ainsi font les coureurs; c'est vers la fin de la course, au moment de recevoir
les prix, qu'ils s'animent le plus. Voilà pourquoi l'apôtre dit : « Puisque
nous sommes plus proches de notre salut que lorsque nous avons reçu la foi. La
nuit est déjà fort avancée, et le jour s'approche ».
Donc si la
nuit s'en va, si le jour approche, faisons désormais les oeuvres du jour, non
celles de la nuit. C'est la conduite que nous tenons dans la vie ordinaire;
quand nous voyons venir le point du jour qui hâte le départ de la nuit, quand
nous entendons chanter l'hirondelle, chacun de nous réveille son voisin,
quoique la nuit n'ait pas encore disparu; quand elle a tout à fait cédé la
place au jour, alors nous nous empressons tous en répétant les uns aux autres :
Il est jour, et nous entreprenons toutes les oeuvres qui se font le jour, nous
passons nos vêtements, nous secouons nos songes, nous chassons le sommeil, pour
que le jour nous trouve préparés, nous voulons avant que les rayons du soleil
aient brillé, être sur pied et à l'ouvrage. Ce que nous faisons dans ces
circonstances, faisons-le ici : rejetons nos visions, débarrassons-nous des
songes de la vie présente, secouons l'assoupissement profond; en guise de
vêtements, revêtons-nous de vertu, c'est tout ce que veulent dire ces paroles :
« Quittons donc les œuvres de ténèbres, et revêtons-nous des armes de lumière
». Car c'est à la mêlée, à la bataille que le jour nous appelle. Mais ne vous
troublez pas à ces mots d'armes et de mêlée. Les armes matérielles sont
pesantes et pénibles à porter, nos armes à nous sont désirables et dignes
d'envie, ce sont des armes de lumière; elles vous rendent plus éclatant que le
soleil, elles vous font resplendir au loin d'une éblouissante clarté; elles
sont pour vous un solide rempart: car ce sont des armes, et elles vous font
rayonner, parce que ce sont des armes de lumière. Quoi donc? Ne faut-il pas
combattre? Sans doute il faut combattre, c'est une nécessité; mais il n'y a ni
fatigue ni peine à supporter; car notre guerre à nous c'est une danse, c'est
une fête. Telles sont nos armes, telle est la puissance de Celui qui commande
nos légions. Beau comme l'époux qui sort de la chambre nuptiale, tel est celui
qui se munit de ces armes; car c'est tout ensemble un soldat, un époux.
Maintenant, quand l'apôtre dit que « le jour approche », il n'entend pas dire
seulement qu'il va venir, mais qu'il reluit déjà; en effet, il ajoute : «
Marchons avec honnêteté comme on marche pendant le jour ». Car il fait jour
déjà. Le motif qui ordinairement a le plus de puissance auprès du grand nombre,
lui sert ici à entraîner les fidèles, la bienséance : attendu qu'ils sont fort
jaloux de bonne renommée. L'apôtre ne dit pas : Marchez, mais : « Marchons »,
afin de mieux faire accepter L'exhortation et d'adoucir la réprimande. « Point
de débauches, d'ivresses ». Il ne défend pas de boire, mais de dépasser la
mesure; il ne proscrit pas l'usage, mais l'abus du vin; c'est avec la même
modération de langage qu'il continue. « Point d'impudicités, de dissolutions ».
Il ne supprime pas la fréquentation des femmes, mais la fornication. « Point de
querelles, ni d'envie ». Il veut éteindre les foyers où s'allument les passions
mauvaises, étouffer la concupiscence et la colère. Il ne suffit pas à l'apôtre
de combattre ces passions en elles-mêmes, il en tarit les sources. Rien
n'embrase la concupiscence, rien n'enflamme la colère comme le vin et
l'ivresse. Aussi, est-ce après « Point de débauches, d'ivresses », qu'il dit: «
Point d'impudicités, de dissolutions, point de querelles ni d'envie ». Et il ne
s'arrête pas là; mais, quand il nous a débarrassés de nos mauvais vêtements,
écoutez de quelle parure il nous embellit par ces paroles : « Mais revêtez-vous
de Notre-Seigneur Jésus-Christ ». II ne parle plus d'œuvres à faire, mais il
s'exprime d'une manière plus propre à encourager. Quand il s'agissait du vice,
il parlait d'oeuvres; mais maintenant qu'il s'agit de la vertu, il ne parle
plus d'oeuvres, mais d'armes, afin de montrer par cette expression que la vertu
orne en même temps qu'elle protège celui qui la possède. Et l'apôtre ne
s'arrête pas là; il élève beaucoup plus haut son discours, il conçoit une image
d'une redoutable grandeur; c'est le Seigneur même qu'il nous donne pour
vêtement, le Roi des rois. Celui qui en est revêtu possède la vertu parfaite
dans son intégrité. Ces paroles : « Revêtez-vous », nous prescrivent de nous en
envelopper complètement. C'est la même pensée que l'apôtre exprime ailleurs : «
Si Jésus-Christ est en vous » (Rom. VIII, 10); et encore : « Que dans l'homme
intérieur habite le Christ ». (Ephés. III, 16, 17.) Ce qu'Il veut en effet,
c'est que notre âme soit Son domicile, c'est que le Christ soit pour nous comme
un vêtement, c'est qu'Il soit tout pour nous, et au dedans, et au dehors.
LES RÈGLES
DU JEÛNE
Le typicon –
livre qui détermine l’ordo des
offices et les règles du jeûne - prescrit pour le Grand Carême l’abstinence de
viande, du lait, des œufs et poisson. Il autorise le vin et l’huile le samedi
et le dimanche, le jeudi du grand Canon de St André de Crète et le Jeudi
Saint. Le poisson ne sera permis cette année que lors du dimanche
des Rameaux. La fête de l’Annonciation de la Très Sainte Mère de Dieu
coïncidant cette fois le mardi de la Grande Semaine, il n’y aura que dispense
d’huile et de vin. Le samedi de Lazare, les œufs de poissons sont permis. En
tout état de cause, il convient de jeûner avec discernement, selon ses forces,
ayant en vue que, selon les Pères de l’Église, il faut tuer les passions et non point le corps. St Païssy
Velitchkovsky écrit à ce sujet : « chacun a sa conscience pour mesure
et maître intérieur. Il ne peut y avoir une seule règle et une même ascèse pour
tous, parce que les uns sont forts et les autres sont faibles, les uns sont
comme le fer, les autres comme le cuivre, d’autres encore comme la cire... Un
jeûne modéré et raisonnable, c’est là le fondement et le chef de toutes les
vertus ». Le carême n’est pas seulement l’abstinence de certaines formes
de nourriture, son but est la
purification de l’âme. C’est à cela précisément qu’il doit servir.
LECTURES
DU DIMANCHE PROCHAIN : Matines : Lc. XXIV, 12-35
Liturgie : Hébr. XI, 24-26, 32 – XII.2 ; Jn. I,
43-51
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