"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

lundi 16 septembre 2013

Sagesse de Père Cléopas et de Père Païssios




Tu es béni Seigneur, apprends-moi tes jugements...


"Si vous voulez aller droit devant Dieu, vous avez besoin de deux murs. Pas de brique ou de pierre ou de terre, mais de deux murs spirituels. Vous avez la crainte de Dieu sur la droite, parce que le prophète Daniel dit: "Avec crainte de Dieu, l'homme est détourné de tous les maux."
Sur la gauche ayez crainte de la mort parce que le fils de Sirach dit: "Mon enfant, souviens-toi de ta fin et tu ne pècheras pas."
«Ces deux bonnes actions: la crainte de Dieu et le souvenir de la mort, délivrent un homme de tout péché."

Staretz Cléopas Ilie (+1998)

"L'humilité est acquise après des luttes. Quand vous vous connaissez, vous acquérez l'humilité, qui devient une condition (permanente).
Sinon, vous pouvez devenir humble pour un moment, mais votre pensée vous dira que vous êtes quelque chose, mais en réalité, vous êtes rien… et vous serez trompés comme ça jusques au moment de la mort.
Si la mort vous trouve avec la pensée que vous n'êtes rien, alors Dieu interviendra. Toutefois, si votre pensée dit à l'heure de la mort que vous êtes quelque chose et que vous ne le comprenez pas, alors tous votre effort est perdu."
Staretz Païssios (+1994)



Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
THE ORTHODOX CHRISTIAN CHANNEL

Dimanche 2/15 septembre: Office à tous les saints de la terre d'Helvétie célébré à Vevey par l'Archevêque Michel

Haïjin Pravoslave (CXLVIII)


Tu ne peux errer
Si tu marches dans le Nom
Dans la Voie d'Eglise

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)





Jean-Claude LARCHET/RECENSION: Thierry Cozon, « Le Jardin de Dieu


Cozon


Thierry Cozon, « Le Jardin de Dieu », L’Age d’Homme, Lausanne, 2012, 139 p.
Les poètes publiés sont devenus rares, les poètes orthodoxes encore plus. C’est pourquoi on ne peut manquer de mentionner le dernier recueil de poèmes de Thierry Cozon, orthodoxe de la région Rhône-Alpes. L’auteur n’en est pas à son coup d’essai, mais a déjà publié, outre une pièce de théâtre et des réfexions sur la poésie, une douzaine de recueils de poèmes chez divers éditeurs, et nous avions mentionné ici son « Amor ergo sum », publié en 2000, comme celui-ci, aux éditions L’Age d’Homme.
Ce dernier recueil, troisième d’une série intitulée « Sur les hauteurs de Poleymieux », révèle comme les précédents une inspiration spirituelle profonde, comportant de nombreuses allusions bibliques, mais se nourrissant aussi de l’expérience intérieure de l’auteur. Le fil conducteur des ces soixante-quize poèmes est le cheminement spirituel, avec la foi et l’espérance qui l’anime, mais aussi ses difficultés, ses chutes, ses désespoirs, ses redressements, ses émerveillements. On y touve aussi, éparses, des réflexions sur la poésie et la condition du poète.
Dans un style qui n’obéit pas aux canons classiques (et se situe au-delà des modes et des démodes), l’auteur alterne l’expression de ses états d’âme avec des réflexions et des prières personnelles.
L’inspiration orthodoxe est discrète mais constamment présente.
On retrouve parfois l’esprit et le style des psaumes, comme dans ce poème :
TERRE ET CENDRE ROUTE 87
Penché sur ceux qui dorment dans la tombe
La griffe des ténèbres et l’ombre de la mort
S’élancent vers moi de la fosse profonde
Voulant m’y faire tomber âme et corps
Qui se souviendra de moi parti pour l’au-delà
Si ce n’est Toi ô seul qui Est Qui le fera ?
Perdu coupé lié comme un blé oublié
Par les corbeaux même en leur vol insensé
Qui se souviendra oui de moi
Pauvre rimeur parti pour l’au-delà ?
Malgré tout je marche et élève la voix
Ma vie longe le bord des enfers

Sans cesse entend gronder l’océan de son abîme
Au dessus un vautour fauve tournoie
Dont déchirée et sanglotant dans ses serres
Je suis l’inéluctable proie
La fragile et bêlante victime
Tu as collé mon visage à la poussière
Le linge souillé de mon âme

Tu l’as rejeté dans Ta juste colère
Car prise d’une horreur solitaire
Vacille déjà de ma vie l’ignoble flamme
Les yeux de mon cœur usés par la misère
Eteignent leur vitreuse clarté
Me lèverai-je de l’Hadès pour Te louer ?
Ô miséricordieux Aie pitié encore de Ton frère
Oui Tu es Amour Grâce Vérité
Non Ton cœur n’est pas de pierre
Combien visibles sont Tes merveilles dans la lumière !
L’holocauste du matin prie pour moi
Car je T’ai aimé et chanté autrefois
Et au devant de Toi peut encore venir ma prière
Jusqu’à quand ? Pourquoi ? Je désespère
A trouver le chemin où je dois marcher
Vers Toi pourtant j’ai élevé mes vers
Depuis ma jeunesse j’ai été abattu humilié
Quand viendra ce jour où je serai consolé ?

Tant de questions m’ont épouvanté
Et j’ai des femmes tant de cruauté souffert
M’aideras-Tu à percer le mur du mystère
Dans le labyrinthe de cette existence
A guider le char emballé de ma chair ?
Comme j’accepte ma mort pour que ma vie commence
Ma souffrance est la preuve de Ton amour

Je l’accepterai comme telle pour toujours
Cessant d’en vouloir être libéré pour ma délivrance
 Les Pères ont aussi inspiré l’auteur, comme dans ce beau poème, véritable résumé de l’introduction des Questions à Thalassios de saint Maxime le Confessuer :
GNÔMÈ RECTIFIEE
Comme le jour avec la nuit
Le plaisir à la douleur s'enchaîne
Ainsi par philautie hélas! furent détruits
Ces impassibles premiers pas
Que nous vivions en Eden
Placés sous la tyrannie du sensible
Par notre propre vouloir contre-nature
Nous tirons depuis avec peine
Notre charrue de chair fragile
Mais écoutez le prodige indicible
Voici que l'absolument juste

D'une manière injuste absolument
Subit les souffrances et la mort humaine
Ô Bon et véridique Médecin
Venu assumer les maux de Ses patients
Pour les en libérer
Ô toi lumière tri-solaire
Qui du contre au selon la nature
Nous fait remonter
Toi qui veux l'abolition de la souffrance
Toi en qui prend fin des fils d'Adam
La séculaire errance
Oui en vérité léger est Ton Joux
Notre course folle et déraisonnable
Ô bouvier tout amoureux de nous
Tu l’as conduite au sillon Golgothal
D'où germe Ta croix avec puissance.
Citons aussi ce poème, qui revisite un Apophtegme :
LE POINT ROUGE
Marchant le menton baissé 
Abba Euloge ne pouvait cacher sa tristesse
Pourquoi cette triste mine ô Ancien 
Lui demande un novice avec hardiesse ?
Et de répondre l’abbé en levant les mains :
« Mon enfant  Je me prends à douter
De l’esprit de clarté des frères sur le chemin
Des grandes réalités du Dieu éternel
Voilà trois fois que leur montrant une pièce de lin
Une grande pièce toute simple sur laquelle
J’ai dessiné dans le mitan un point rouge
Je leur demande ce qu’ils voient
Tous me répondent avec naturel
"un petit point rouge  Abba"
Mais pas un seul une pièce de lin »
Un bel exemple de réflexion sur la condition du chrétien, citoyen du Royaume de passage sur cette terre, nous est fourni par cet autre poème :
LA PAROISSE DE LA TERRE
Toute terre étrangère comme patrie
Toute patrie comme terre étrangère

Le citoyen du ciel est dans la chair
Mais ne vit pas selon la chair
Comme un étranger temporairement domicilié
S'acquittant de ses devoirs et de ses charges

Ainsi vit le porteur de paroles dorées
Ce navigateur à jamais parti pour le large
Son corps séjourne sur cette terre
Mais déjà ses yeux habitent le ciel

Tendu vers l'ultime soleil des derniers jours
Son travail n'est pas de ce monde
Et celui qui l'a compris honorera sa tombe

dimanche 15 septembre 2013

ΕΝΑ ΣΠΙΤΑΚΙ ΣΤΗΝ ΚΑΡΔΙΑ ( UNE PETITE MAISON DANS NOS CŒURS)




Scan 2


C'est à présent la saison où tous les petits enfants qui avaient l'habitude de jouer dans notre cour se marient et commencent une nouvelle vie. Ils ont trouvé l'amour dans les bras de quelqu'un d'autre. C'est la vie, un cercle pour nous tous. Les années passent et tout change, que nous le voulions ou non.

Dans les photographies jaunies, nous voyons leurs sourires et nous nous rappelons une autre saison. Celle dans laquelle nous avons entendu la voix de leurs enfants, rire et parfois pleurer. Quand ils tombaient, nous les ramassions et les embrassions et tout allait bien à nouveau.

Finalement, chacun de nous a son propre chemin dans la vie. Peu importe à quelle distance ces enfants sont de nous, cependant ils vivront en nous jusqu'à notre dernier instant dans ce monde, proche de nous dans une petite maison que nous avons construite pour eux dans nos cœurs.

Pour chacun d'eux… Que votre chemin soit long et droit, une vie pleine de bonheur et d'amour. Et si Dieu le veut, que nous puissions tenir vos enfants dans nos bras, comme un jour,  il y a longtemps, nous avons tenu chacun d'entre vous dans les nôtres.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Atilla 74: Film de Michel Kakoyannis sur la tragédie de Chypre/ Anglais avec s/t grec


samedi 14 septembre 2013

Père Epiphane Theodoropoulos: Enseignements (4)




N'ayons pas confiance en nous-mêmes si nous voulons être sauvés

*

Dans l'obéissance, ne laisse pas fonctionner la logique, mais le cœur. Ne pense pas: le staretz a dit ceci, mais il voulait en fait dire cela, ou il ne l'a pas dit correctement. Car alors le Malin commencera à te tromper.

*

- Staretz quelle différence y a-t-il entre l'obéissance d'un communiste à son parti et celle d'un chrétien à son Père spirituel?

- La seconde obéissance nous libère de nos passions.

*

On peut même être attaché à ses lunettes!

*

Le monachisme est la voie la plus rapide vers la théosis (divinisation).

*

Le grand habit (mégaloschème) n'est pas une récompense, mais une période de combat spirituel [qui commence].

*

Le grand habit (mégaloschème), est soit pour l'amour de Dieu, ou pour une repentance de toute la vie.

*

La Divine Communion est un médicament, pas une récompense.

*

Va tôt à l'église. Nous faisons les matines pour les fidèles, pas pour les chaises.

*

Un jour, une dame lui dit:
- Père Epiphane, je ne vais pas à l'église quand mon époux y va.
- Ah? Alors tu ne devrais pas manger quand il mange, et tu ne devrais pas dormir quand il dort! Est-ce correct? Chacun va à l'église pour lui-même. Pas pour une autre personne.

*

Un jour, une personne qui se confessait à lui, fit cette réflexion:
- Staretz, je pense que tu ne serais pas qualifié pour être évêque.
Son visage s'illumina et il répondit:
- Sois béni mon enfant! Sois bénis!

*

J'ai gardé un seul droit: ne pas avoir de droit!

*

Tous les projets que j'ai fait, tous ont échoué. Pour cette raison, je laisse Dieu faire le projet de ma vie.

*

Il n'est pas de plus grande satisfaction pour moi que de rester pendant des heures au confessionnal et de réconcilier l'homme avec Dieu.


*

- Staretz as-tu eu une vision?
- Non mon enfant. Et je ne veux pas en avoir une. La seule chose que je veux voir, ce sont mes péchés.

*

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Conseils de Vie
Publié par Père Nicolas Palis



Haïjin Pravoslave (CXLVII)


Chaque aube nouvelle
Est le siège d'un combat
Pour aller vers Dieu

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

Monastère des Solovki (2)

jeudi 12 septembre 2013

Les médias turcs révèlent un grand intérêt pour le christianisme orthodoxe




Le matériel suivant a été glané dans les médias de Turquie

Les Turcs disent aux visiteurs grecs : "Cette terre est votre terre. " Le fanatisme des islamistes en Turquie ne permet pas de discussion sur la religion. Mais ce qu'il n'a pas réussi avec les  zembekika (Ζεϊμπέκικο/ cf http://en.wikipedia.org/wiki/Zeibekiko)et des relations est fait par l'Église orthodoxe , car il est devenu très évident parmi de nombreux Turcs que leurs racines religieuses sont fondées sur le christianisme orthodoxe . C'est une réalité , même si quelques Turcs seldjoukides ont changé le caractère ethno-religieuse de millions de Grecs d'Asie Mineure , de Thrace , du Pont et d'autres endroits de la Turquie où ils ont été forcés d'accepter l'Islam . Beaucoup ont accepté l'islam superficiellement pour sauver leur peau ; aujourd'hui la religiosité orthodoxe est exprimée par leurs descendants. Les cryptochrétiens rattrapent le Patriarcat de Constantinople, troupeau caché des victimes tragiques d'un régime autocratique depuis de nombreux siècles. Ces gens vivent partout en Turquie, notamment dans le domaine du Pont où il y a peut-être deux millions d'entre eux . Des églises lointaines fonctionnent à nouveau et elles sont occupées par des cryptochrétiens qui reçoivent la Communion avec respect et jeûnent même d'huile d'olive pendant cinq jours chaque semaine pendant le Grand Carême . Des graffiti sont écrits sur ​​les murs de la ville par des jeunes, ils disent: "Nous ne voulons plus être musulmans. Nous voulons devenir chrétiens " Les Turcs disent aux Grecs en visite : " Cette terre est votre terre. " Même les gardiens de musées disent aux Grecs de ne pas payer les frais d'entrée parce que "ces musées [leur] appartiennent. "

Les Turcs ne considèrent pas que c'est une bénédiction de Dieu qu'ils aient injustement volé la terre des Romains ( c’est-à-dire des Grecs ) et les en aient bannis. Ils considèrent que cette injustice est la raison pour laquelle ils ne sont en mesure de progresser en tant que peuple . Ils savent qu'ils vivent dans un pays où toutes les choses sont helléniques: l'histoire, les monuments, les villes, la civilisation et le plus important de tout , ils croient que le sang grec coule dans leurs veines . Les circonstances qui ont mené à cette entente sont nombreux.

Dans l'Eglise de la Sainte Trinité à une intersection de Constantinople, le Père Dositheos rencontre une jeune fille turque qui fait une offrande à son église , allume un cierge, vénère une icône, puis explique au prêtre pourquoi elle a fait cela : "J’aime ce que vous faites. " Chaque vendredi, lorsque le monastère de la Transfiguration a des offices , il est rempli par de nombreux Turcs . Sur l'île d’Antigoni , les Turcs honorent Saint George en donnant des cadeaux au monastère : de l'huile d'olive , des cierges et de l'argent en action de grâce pour les nombreux miracles que le saint accomplit. 

De nombreux Turcs inondent pratiquement l'un des quarante lieux saints de la ville, l'un d'entre eux à Baloukli , cherchant de l'aide pour les nombreux problèmes qui affligent leurs vies. Par exemple, le premier jour de chaque mois à l'église de la Sainte Mère de Befa, des centaines de Turcs viennent chercher de l'eau bénite. Et le jour du Nouvel An, cette église est submergée par des milliers de fidèles. Chaque lundi, près de Sainte-Sophie, à l'église de saint Thérapon , un prêtre lit continuellement des prières pour les musulmans qui souhaitent se confesser. Le sanctuaire de la grotte de Saint-Dimitri est rempli avec des béquilles et des offrandes de Turcs qui ont été guéris . Ils assistent à des services religieux , ils demandent à recevoir la sainte communion , ils vénèrent la Croix, et ils remercient le prêtre de bénir leur enfant malade. Ils aiment surtout Saint -Nicolas. Il est particulièrement intéressant de savoir qu’une femme turque maintenu la lumière d’une lampade allumée dans l'Eglise des Archanges à Moshoshoninon pendant cinquante ans.

Le journal turc Sampah écrit: " La réouverture de l' école patriarcale de Halki est une demande qui est très logique. " L'auteur de l'article, Tsanar ,soutient le titre oecuménique pour le Patriarcat qui a été promulgué lors du quatrième Concile œcuménique en 451 AD . M. G. Tzibaoglou écrit que la pendaison du patriarche Grégoire V a été une erreur fatale. Une banque turque a publié un magazine sur l'Empire byzantin qui contient un message de saint Basile à la jeunesse. L'Académie turque des scientifiques a organisé une conférence sur le monde de l'Empire byzantin. Les églises orthodoxes en Turquie ne paient pas l'électricité comme elles le font en Grèce. Les églises en sont exemptées. Des sources turques dans une étude préparée par N. Hiladakis révèlent l'existence d' un monastère du Pantocrator ( le Christ, le souverain de tous), où les tombeaux des empereurs des Comnène et les dynasties Paléologues sont situés. Cette zone est connue comme Fatih et c'est un centre de fanatisme musulman. Il s'agit d'une zone où de nombreux Turcs allument des cierges et jettent de l'argent dans une tombe malgré un panneau affiché qui interdit strictement aux musulmans de le faire.

Dans cette même zone, il y avait une église byzantine des Saints-Apôtres. Une mosquée a été construite sur les ruines de cette église et après un certain nombre de travaux de rénovation, le tombeau de Mohamed le Conquérant a été ouvert. Ce Mohamed avait une mère chrétienne. Il a également été déterminé qu'il existe une trappe qui mène à une salle souterraine de l'ancienne église . Cela indique que Mohamed avait été enterré dans une église orthodoxe parmi les empereurs byzantins . Il y a des témoins qui disent que, à la fin de sa vie, Mohamed avait embrassé le christianisme , et que, à côté de sa tombe, on a trouvé  une Croix et une icône de la Sainte Vierge. L'église de Sainte-Irène, qui est à côté de Sainte-Sophie n'a jamais été transformée en mosquée. Mohamed lui a permis de fonctionner comme église chrétienne en l'honneur de sa mère chrétienne. Toutes ces questions, à certains moments, occupent les médias turcs. Le périodique Aktoul imprimé par le journal Sampah, avait pour grand titre dans une de ses livraisons : " Mohammed le Conquérant était chrétien . " La Revue Hebdomadaire Turque dit: " Ils retournent à leurs racines religieuses. " Il rapporte également qu’en trois ans, huit millions d'exemplaires des Evangiles en langue turque ont été distribués.

Il a également signalé que de nombreux musulmans se font ouvertement baptiser. Ce sont des descendants de chrétiens d'origine grecque islamisés qui découvrent leurs racines chrétiennes.

Le journal Sampah titre : " L'Eglise de la Panaghia à Constantinople est le dernier espoir pour les Turcs. " Ils la caractérisent comme  " La Porte de l’Espoir, un lieu de pèlerinage et un lieu de prière pour les problèmes qui affligent les Turcs. " le premier jour de chaque mois, les Turcs se rassemblent à l'église en grand nombre. La renommée de la Sainte Mère s'est propagée partout chez les Turcs, et même des Turcs bien connus viennent pour allumer des cierges et baiser la main d'un prêtre orthodoxe. Ils proclament que c'est là la maison de Dieu, et c'est pourquoi tant de miracles s’y produisent.

A l'église de l'Archange Michael à Sébaste , il est écrit dans les annales de la Vie des Saints que de petits poissons qui nageaient dans l' eau bénite, léchaient les corps des malades et ils étaient miraculeusement guéris. Cette église a été détruite au XVe siècle, mais aujourd'hui l'eau bénite est toujours là et continue à guérir les gens . Ce phénomène attire de nombreux Européens. Le journal Star écrit: " Les filles turques portant foulard fréquentent les églises, allument des cierges, et font des offrandes . Elles demandent même une bénédiction au prêtre étonné. Elles vénèrent les icônes et demandent l'intercession des saint . " Toutes ces choses sont interdites par les enseignements de l'Islam. On constate qu'il y a un retour aux églises orthodoxes grecques et aux lieux saints où les Turcs trouvent un refuge spirituel. Le  journal Miliet rapporte qu’ maire turc célébra pieusement la mémoire de Saint-Nectaire en Sélibrie avec de nombreux musulmans.

Au cours des dernières années, la célébration de la fête de la Théophanie a été autorisée par les autorités turques . La bénédiction des eaux a lieu au Bosphore et la Croix est jetée dans les eaux . Les Turcs sont très heureux que cela ait lieu à nouveau, parce que les pêcheurs pensaient que leurs captures de poissons étaient devenues rares parce que les Romains ( id est les Grecs ) ne lançaient plus la Croix dans le Bosphore pendant la fête de la Théophanie. Les journaux turcs ont rapporté que lors de cette fête une jeune fille turque a sauté dans l'eau toute habillée, afin de pouvoir récupérer la Croix. Elle l'a fait avec les chrétiens . Elle a indiqué au journal qu'elle voulait honorer la fête des Romains (Grecs) et qu'elle le ferait à nouveau pour recevoir une bénédiction . Le journal Huriyet,  journal au plus fort tirage de Turquie, a publié il y a quelques années l’information selon laquelle, le candidat turc au poste de maire, qui était chef d'un parti islamique, a demandé la bénédiction du Patriarche orthodoxe. Il l'a fait tout en étant présents à la Divine Liturgie dans l'église de l'Annonciation, le 25 Mars. Il a parlé publiquement à la presse turque de la sainteté du dirigeant de l'Eglise orthodoxe, et il lui a offert une rose.

Les chaînes de télévision turques montrent régulièrement des programmes sur la communauté monastique des Météores en Grèce, sur Mistra, sur le chant orthodoxe et la vie des saints, etc… Ils présentent des iconographes turcs, et ils signalent que les pèlerins affluent vers une ancienne catacombe chrétienne en dehors d'Ankara croyant que leur vie seront bénies par leur pèlerinage. Ils allument des cierges dans la région où les chrétiens se réunissaient. En dehors d'Adana , dans une catacombe où sept chrétiens ont été sanctifiés, de jeunes Turcs se rassemblent pour encenser le lieu. Ceci, encore une fois, est strictement interdit par l'islam. Ces personnes croient que ces zones sont saintes parce que de nombreux miracles s’y produisent. 

A Tarse, l'église de l'apôtre Paul est devenue un lieu de pèlerinage. Ici, les gens allument des cierges, baisent les icônes , et boivent de l'eau bénite pour leur santé et leur bien-être. Ils considèrent que toutes ces choses sont saintes. Le 24 Septembre, sur l'île Princesse, les gens honorent Saint Georges. Des dizaines de milliers de pèlerins viennent de toutes les régions de Turquie, y compris les personnes âgée . Ils marchent pieds nus depuis la rive où ils débarquent et poursuivent jusques au sommet de la colline où se trouve l'église. Là, ils se joignent à un festival qui ne ressemble à aucun autre . Ils font des offrandes, ils attachent des biscuits sucrés sur les arbres, et ils attendent dans des files interminables pendant cinq heures afin de recevoir de l’eau bénite et d'avoir un prêtre orthodoxe qui les bénisse avec une Croix . Ils allument des cierges, ils embrassent les icônes et croient en la puissance de la Croix . Les Turcs écrivent même des pièces littéraires qui disent : " Constantinople était ton nom, avec ton peuple pieux, avec tes églises, tes monastères, avec tes sanctuaires, avec tes icônes, tes moines et res anges. Tu as été la capitale d'un empire. Constantinople est ton nom. "

L'auteur de cet article dit: " Faites attention à ce qui se passe ici en Turquie. Que ceux qui en Grèce sont en guerre contre l'Église en prennent connaissance. "

Version française Claude Lopez-Ginisty
D’après le journal de Lesbos
Δημοκράτης
Cité par