"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

dimanche 20 octobre 2013

FEUILLETS LITURGIQUES DE LA CATHÉDRALE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX



7/20 octobre
17ème dimanche après la Pentecôte

Saints martyrs Serge et Bacchus (290-303). Saint Serge l’obéissance, de la Laure des Grottes (vers le XIIIème s.). Saint Serge de Vologda (1412). Invention des reliques de saint Martinien du Lac blanc (1514). Saints martyrs Julien, prêtre et Césaire, diacre (Ier s.). Sainte martyre Pélagie de Tarse (290). Saint martyr Polychrone, prêtre (IVème s.). Saint Jonas, évêque de Hankou (Mandchourie).
Lectures : 2 Cor. VI, 16 - VII, 1 ;  Lc. VII, 11-16. Martyrs : Hébr. XI, 33 - XII, 2 ; Lc. XXI, 12-19.
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VIE DE SAINT JONAS DE HANKOU[1]
Saint Jonas (Pokrovsky) naquit à Kalouga en 1888 et reçut le nom de Vladimir au saint baptême. Devenu orphelin à l’âge de huit ans, il fut élevé par le diacre du village, qui l’envoya étudier au séminaire de sa ville natale. De là, il poursuivit ses études à l’Académie ecclésiastique de Kazan. Parvenu en troisième année, il fut tonsuré moine au monastère d’Optino, et garda pendant le reste de sa vie un lien spirituel avec les startsi. À l’issue de ses études, on lui confia l’enseignement du cours sur le Nouveau Testament, charge qu’il accepta contre son gré, sur la recommandation de son père spirituel. Il fut ensuite ordonné prêtre et enseigna à l’Académie jusqu’à l’âge de trente ans. Lorsque les bolcheviques s’emparèrent du pouvoir (1918), il fut obligé de quitter Kazan pour Perm. Arrêté, il fut si cruellement frappé, qu’il en perdit conscience. Pendant le voyage qui l’emmenait à Tobolsk pour y être jugé, il réussit à s’échapper et à rejoindre les troupes de l’Armée Blanche, où il servit comme chapelain. Il partagea les tribulations de son détachement au cours de sa retraite à travers les montagnes du Turkestan et le désert de Gobi, où de nombreux Russes avaient trouvé refuge. Parvenu à Pékin, il fut bientôt ordonné évêque de Manchourie. Au moment de son arrivé en Chine (1922), la ville frontière de Manjouria (aujourd’hui Manjouli) était remplie de réfugiés russes, qui ne possédaient que les vêtements qu’ils portaient. Les habitants leur venaient en aide autant qu’ils le pouvaient, mais le pain manquait pour nourrir les enfants.
Pendant les trois années de son épiscopat, saint Jonas, se faisant tout pour tous, devint l’ange gardien et l’inspirateur de ses brebis spirituelles, qui retrouvèrent auprès de lui courage et espérance. Il célébrait la Divine Liturgie comme s’il était déjà transporté au ciel devant l’autel céleste, et ses sermons étaient dotés d’une telle force que personne ne voulait en manquer un seul mot. Apôtre de la charité en ces temps d’extrême misère, il nourrissait les affamés, accueillait les étrangers, distribuait des vêtements et visitait les malades. Il organisa aussi la vie de la communauté des exilés, répara les bâtiments de l’église, ouvrit une bibliothèque, organisa une soupe populaire, fonda une clinique ainsi qu’une école secondaire. Les enfants aimaient leur évêque plus que leurs propres parents, et lorsqu’il leur enseignait le catéchisme, ils étaient tellement captivés par ses paroles, qu’ils pouvaient ensuite les répéter de mémoire et sans effort.
Homme de prière, qui n’avait en rien renoncé à ses devoirs monastiques, saint Jonas avait su se transformer en homme d’action efficace, et tout ce qu’il entreprenait pour le soulagement de ses ouailles réussissait, malgré les énormes difficultés qu’il rencontrait. Ayant connu lui-même la condition d’orphelin, il fonda un orphelinat qui, dès la première année, abritait vingt-huit enfants, envers lesquels il faisait preuve d’une affection paternelle. Il se donnait sans compter à sa tâche pastorale, à tel point qu’après avoir pris soin d’un prêtre atteint de typhoïde, il contracta une amygdalite chronique, mais il n’en cessa pas pour autant ses activités. Un jour, il se rinça la gorge avec du kérosène, en pensant qu’il servirait d’antiseptique, mais cela conduisit rapidement à un empoisonnement du sang. Quand il devint évident que la mort approchait, le saint se prépara imperturbablement à son passage à l’éternité. Dans son Testament, dont plusieurs milliers d’exemplaires furent distribués lors de ses funérailles, il écrivait : « Je commencerai par ces mots de l’Apôtre : Enfants, aimez-vous les uns les autres… Et je finirai par ces mêmes mots : Aimez-vous les uns les autres. Tel est le commandement de votre évêque. Ne laissez pas les enfants à l’abandon… Pardonnez-moi, par amour du Christ, et ne m’oubliez pas dans vos prières… De sorte que dans l’éternité, nous nous tenions tous avec confiance devant le redoutable tribunal du Christ. »
Après avoir dit adieu et avoir béni ceux qui étaient rassemblés autour de lui, il revêtit l’épitrachilion et les manchettes qui avaient appartenu au starets Ambroise d’Optino, et commença à lire à haute voix, en faisant des prosternations, le canon pour les agonisants. On l’allongea ensuite sur son lit et, après qu’il eut rendu grâce à Dieu, son âme fut transférée dans le monde qui ne connaît ni maladie, ni affliction, ni gémissement, mais l’éternelle joie du Seigneur (7 octobre 1925). Un enfant qui était paralysé depuis longtemps se mit alors à courir et s’écria : « Maman, l’évêque Jonas m’est apparu et m’a dit : “Voici, je te donne mes jambes, elles me sont désormais inutiles ! ” »


Tropaire du dimanche, ton 8
Съ высоты́ снизше́лъ еси́, Благоyтpóбне, погребе́нiе прiя́лъ ecи́ тридне́вное, да на́съ свободи́ши страсте́й, животе́ и воскресе́нiе на́ше, Го́споди, сла́ва Teбѣ́ !
Des hauteurs, Tu es descendu, ô Miséricordieux ! Tu as accepté d’être enseveli trois jours afin de nous libérer des passions : ô notre Vie et notre Résurrection, Seigneur, gloire à Toi !

Tropaire des saints martyrs Serge et Bacchus, ton 5
Удобрéнiе Христо́выхъ страстотéрпецъ и о́чи Христо́вы Цéркве, о́чи просвѣти́те ду́шъ нашихъ, Сéргiе многострада́льне и Ва́кxе пресла́вне: моли́теся ко Го́споду, я́ко да убѣжи́мъ тьмы́ грѣхо́вныя и Свѣ́та яви́мся  о́бщницы невечéрняго моли́твами ва́шими, святíи.
Ornements des martyrs du Christ, vous qui fûtes les yeux de l’Église du Christ, illuminez les yeux de nos âmes, Serge le très-éprouvés et Bacchus le très-glorieux. Priez le Seigneur, pour que nous fuyions les ténèbres du péché et que nous devenions participants à la lumière sans déclin par vos prières.

Tropaire de St Jonas de Hankou, ton 4
Пáстырь дóбрый бы́лъ еси́ и рýсскимъ лю́демъ, пристáнище обрѣ́тшимъ въ чýждей странѣ́, вся́ко наставля́я и́хъ, наипáче же любви́ Христóвой, óбразъ любви́ нелицемѣ́рныя во всéмъ показýя, тѣ́мже, святи́телю óтче Ióно, моли́ Христá Бóга спасти́ся душáмъ нáшимъ.
Tu fus un bon pasteur et le havre des Russes qui se trouvaient à l’étranger, les guidant vers l’amour du Christ, te montrant en toutes choses un exemple d’amour sans hypocrisie, aussi, saint hiérarque Jonas, prie le Christ Dieu de sauver nos âmes.

Kondakion des saints martyrs Serge et Bacchus, ton 2
Ра́зумъ на враги́ му́жески вооружи́вше, всю́ тѣ́хъ лéсть разруши́сте, и побѣ́ду свы́ше прiи́мше, му́ченицы всехва́льнiи, единомы́сленно вопiю́ще: добро́ и красно́ о éже бы́ти съ Бо́гомъ.
Avec courage ayant affronté les ennemis,  vous avez fait détruit leur tromperie et d'en haut ayant reçu la victoire, illustres Martyrs, d'un même cœur vous vous êtes écriés:  il est bon et agréable d'habiter avec Dieu.


Kondakion de St Jonas de Hankou, ton 3
Дѣ́темъ не возбрани́лъ еси́ приходи́ти къ тебé, богоблажéнне, пекíйся о насýщныхъ ихъ, и хрáмину и́мъ создáл еси́, по кончи́нѣ же твоéй ихъ не остави́лъ еси́, óтрока бо расслáблена въ сóнномъ видѣ́нiи исцѣ́ливъ. Сегó рáди вопiéмъ ти: Рáдуйся, чудодѣ́йственниче, Ióно преслáвный.
Tu n’as pas empêché les enfants de venir à toi, ô bienheureux en Dieu, te souciant de leurs besoins et leur créant un foyer ; après ton trépas, tu ne les as pas délaissé, guérissant un enfant paralysé lors d’une vision nocturne. Aussi, nous t’acclamons : Réjouis-toi, thaumaturge, Jonas le très-glorieux.
Кондак воскресный 8-oго глаca
Воскpécъ изъ гро́ба, уме́ршыя воздви́глъ ecи́ и Aда́ма воскреси́лъ ecи́, и Éва лику́етъ вo Tвое́мъ воскре-се́нiи, и мipcтíи концы́ торжеству́ютъ е́же изъ ме́ртвыхъ воста́нieмъ Tвои́мъ Mногоми́лостивe.
Ressuscité du tombeau, Tu as relevé les morts et ressuscité Adam ; Ève aussi exulte en Ta Résurrection, et les confins du monde célèbrent Ton réveil d’entre les morts, ô Très-miséricordieux !

Hiéromoine Grégoire de la Sainte Montagne

COMMENTAIRES SUR LA DIVINE LITURGIE
DE ST JEAN CHRYSOSTOME
Dans la Divine Liturgie, nous offrons le sacrifice de louange par excellence. Par le Christ, nous les fidèles «offrons sans cesse à Dieu un sacrifice de louange, c’est-à-dire le fruit de lèvres qui confessent Son Nom » (Hébr. XIII,15).  Lors de la sainte Anaphore, les fidèles offrent des « prières, des hymnes, des actions de grâces, car tel est le fruit des lèvres »… Et « confesser Son Nom », « c'est l'action de grâces à Lui rendues, en mémoire de tout ce qu'Il a souffert pour nous » (St Jean Chrysostome).
Le Seigneur aime ce sacrifice de louange, car c’est là que se trouve la voie du salut de l’homme : « C’est le sacrifice de louange qui me rend gloire ; tel est le chemin par lequel Je montrerai à l’homme le salut de Dieu » (Ps. 49,23). « La communion au Corps et au Sang du Maître est à juste titre appelée Salut de Dieu… parce qu’elle a été donnée comme rédemption des péchés » (St Hésychius de Jérusalem). À la Divine Liturgie, nous offrons à Dieu un sacrifice de justice, et Dieu nous offre Son salut, c’est-à-dire le Christ (cf. Luc II,30).
LECTURES DU DIMANCHE PROCHAIN : Matines : Jn XX, 1-10;  Liturgie : II Cor. IX, 6-11,  Lc VIII, 5-15 ; Saints Pères : Hébr. XIII, 7-16, Jn. XVII, 1-13



[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

samedi 19 octobre 2013

L'enseignement de Père Arsène ( Arsenie) [Papacioc] (5)




Le monachisme

La vie monastique ne peut pas être définie par une citation.

Aucun terme philosophique ne peut expliquer le monachisme.

La vie monastique est ... une entrée au Paradis.

Ce n'est pas une petite chose que de servir le Christ et Sa pure Mère toute ta vie !

Si nous nous sommes donnés à Dieu, Il ne nous abandonnera pas !

Les moines ne sont pas parfaits, mais ils sont en cours d'élaboration.

La Croix du moine est la coupe de sa propre volonté. Abandonner ce qu'il aime. Mener à bien ce qui n'est pas commode.

La vie cénobitique [commune] en renonçant à sa volonté est une grande œuvre dans la création de Dieu.

Couper sa volonté, doit être l'objectif principal du moine, et non la solitude, où il peut faire ce qu'il veut, et ne pas recevoir de récompense. Si on élude l'obéissance, on est égaré et on ne peut pas se développer.

Si tu ne respectes pas ton staretz, tu seras asservi!

L'état de désobéissance est diabolique.

Où que tu sois, reste vigilant alors tu vivras comme dans le désert... Tu dois savoir vivre en ermite, tandis que [physiquement] tu es au milieu du monde !

Nous ne pouvons pas parler d’hésychasme en ayant des gâteaux sur la table.

Il n'y a pas ermitage si tu ne portes pas [toute] la douleur du monde dans ton cœur !

Le renoncement au monde peut aussi avoir lieu dans l'âme du laïc. La Sainte Écriture s'applique à tout le monde. Le monde entier a reçu les commandements.


Sur le Monastère

L'entrée dans le monastère est une entrée dans le ciel et quitter le monastère, c’est quitter le Paradis.

Aucune école ne peut se comparer à la formation monastique !

Dans le monastère on est dissout à partir de sa personnalité humaine pour entrer dans le royaume angélique. Cela signifie que, en se perdant soi-même, on est réveillé.

Si l'on veut embrasser la vie monastique, on ne peut pas le faire pour le bien du monastère, mais on doit devenir " le monastère " !

Il n'y a pas de grâce sans bénédiction de l'higoumène « ...si j'ai une joie à mon âge [94 ans] , c'est parce que je n'ai pas fait une seule chose sans bénédiction.

Satan hait beaucoup les monastères. Il est capable d'engager le monde entier contre toi, pour que tu n’entres pas dans le monastère. Quand on a décidé d'y aller, on ne regarde pas en arrière!

On ne peut entrer dans le monastère pour aucune autre raison que le spirituel... C'est seulement après que l’on soit mort à soi-même que l’on vient au monastère.

Ce n’est pas une chose petite ou insignifiante que de vivre dans le monastère confiant en son but et sans murmurer.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Les photos qui illustrent ces articles m'ont été envoyées 
par le Docteur Daniel ALECU 
que je remercie.

Haïjin Pravoslave (CLXXXI)



Devenir prière
Et dans le silence orant
Retrouver l'Eden

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

vendredi 18 octobre 2013

L'enseignement de Père Arsène ( Arsenie) [Papacioc] (4)




À propos de Satan

Au Diable, nous n'avons pas besoin de donner des explications !

Nous ne pouvons pas parler du Diable sans parler de Dieu. Dans la création de Dieu, le Diable est toléré.

Crois-tu que le Diable est libre? Non! Il est très borné car il n'est pas en Christ... Alors, n'aie pas peur de lui. Il est toléré, ce n’est pas une puissance.

Si tu savais combien de zèle Satan met à interrompre notre prière!

C'est une grande erreur que de lier conversation avec le Diable. Nous devons dialoguer uniquement avec Dieu.

Si tu veux le chasser, dis: « Seigneur Jésus- Christ, aie pitié de moi », et parle à Dieu . La puissance de Son Nom te débarrassera de lui. Cela convient au Diable d'entrer dans un dialogue avec toi, car cela signifie que tu le reconnais. Ainsi, dans la prière, nous l'ignorons.

Si nous examinons d'abord la question de l'enfer, alors nous ignorons le Ciel!

Marcher sur une voie mauvaise, pécher, signifie l’enfer.

L'orgueil est un état diabolique, un état absolument diabolique.

Nulle autre passion ne rapproche l'homme de la ressemblance avec le Diable, comme le fait l’orgueil.

Si tu n'écoutes pas ceux que Dieu a désignés pour toi, il est facile de comprendre que tu obéis plutôt à Satan.

Lucifer est tombé sans espoir. La plus forte chute avec seulement deux mots : «Je suis» ...

Indirectement, le Diable confesse Dieu à travers les tentations.

Il n'existe aucun lien entre le bien et le mal. Notre Sauveur dit: "Donne-moi tout ton coeur! " Mais le Diable dit: «J'ai besoin d'un seul de tes doigts. " Mais par lui, bientôt il va s’emparer de tout ton être. DE toi tout entier.

Le péché apporte humilité. Donc, il est entendu que le Diable joue un "rôle" indirect dans notre salut car il révèle nos infirmités, et par cela nous aide à grandir. S’il se rendrait compte à quel point cette aide est pour notre salut, il nous troublerait moins...

Quelle que soit la raison de ta peine, elle vient seulement des démons. La grâce de Dieu ne vient pas où est le chagrin ou la tristesse parce que l’on ne saurait pas quoi en faire et on la gaspillerait.



Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Les photos qui illustrent ces articles m'ont été envoyées 
par le Docteur Daniel ALECU 
que je remercie.

Haïjin Pravoslave (CLXXX)


Réalité pure
Dans le cœur l'entrée du Nom
Et de l'hésychie

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)