"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

mardi 19 avril 2011

Archevêque Nathaniel de Lvov ( 1906-1985): Ce qu'est le bonheur.


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Les gens se souhaitent le bonheur en diverses occasions, par exemple, au Nouvel An, mais qu'est-ce que le bonheur? Comment peut-on le définir?

La notion de bonheur de l'homme moderne n'a pas beaucoup changée depuis les temps primitifs, c'est à dire que le bonheur, c'est quand j'acquiers plus de choses matérielles que les autres, et le malheur, c'est quand d'autres me prennent ce qui m'appartient.

Même si nous laissons de côté la moralité de ce concept, il est encore imparfait dans son essence parce que peu importe combien de biens, de puissance, de reconnaissance du public, et de plaisirs, nous amassons, cela ne nous apportera pas le bonheur. Les objets matériels ne peuvent pas apporter le vrai bonheur, mais seulement le taedium vitae, après quoi une personne est vaincue par la dépression encore plus qu'avant.

Il est intéressant de noter que le mot "bonheur", "tikhi", en grec ancien, apparaît très rarement dans les Saintes Ecritures, et pas une seule fois dans le Nouveau Testament. Le terme est trop large et il est inexact. À lui seul, il n'a pas de sens. Au lieu de cela, les Ecritures utilise un autre terme plus clair et précis, "la joie", ("khara" en grec ancien) qui est l'une des composantes du bonheur.

Le Christ a dit ceci au sujet de la joie: "[...] afin que ma joie demeure en vous, et que votre joie soit parfaite." Il indique également d'où cette joie vient: "Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, de même que j'ai gardé les commandements de mon Père, et que je demeure dans Son amour" (Jean 15: 10 à 11). Ici, nous avons la réponse à la sempiternelle question. Le vrai bonheur, la vraie joie, c'est l'amour de Dieu, et d'être avec Lui. Ceci est totalement confirmé par saint Paul quand il dit: "Car le Royaume de Dieu n'est pas le manger et le boire, mais justice, paix, et joie dans l'Esprit Saint" (Romains 14:17). Jean ajoute ceci: "... et votre joie nul ne vous la ravira" (Jean 16:22). Cela signifie, rien ni personne, ni la souffrance, ni la privation, ni la persécution, pas même la mort.

Ceci est bien compris par ceux qui ont résolu pour eux-mêmes le problème séculaire de l'humanité, et qui ont trouvé le bonheur: les saints chrétiens et ceux, passés et présents, qui sont agréables à Dieu. Pourtant, leur comportement est déroutant pour les autres. Les anciens Romains ne pouvaient pas comprendre pourquoi les chrétiens étaient si joyeux. Les païens contemporains, dont la plupart nominalement se considèrent comme chrétiens, se posent la même question.

Il existe une notion européenne occidentale, sentimentale, romantique, largement diffusée, qui est souvent proposée comme réponse à cette question, et qui ressemble à ceci: parce que la population monde antique avait peu de compréhension de ce qui se passe après la mort, les gens craignaient la mort, et les chrétiens adhéraient à l'idée apaisante que les gens vont vivre après la mort, que le Christ a sauvé tout le monde, pardonné à tout le monde, et promis à chacun la vie éternelle et la béatitude céleste, et que c'est la raison pour laquelle les chrétiens sont si joyeux. Cette notion, sous une forme ou une autre est très fréquente, mais elle est tout à fait inexacte.

En fait, le Christ n'a pas du tout promis la félicité céleste. Souvent, le Christ donne des avertissements effrayants: "[...] il y aura des pleurs et des grincements de dents..." (Matthieu 24:51), "[...] loin de moi, maudits, au feu éternel, préparé pour le Diable et ses anges" (Matthieu 25 : 41). "Et ceux-ci iront au châtiment éternel..." (Matthieu 25:46). En outre, saint Pierre, en parlant du danger terrible de la souffrance éternelle qui pèse sur nous, nous rappelle que même les justes ont peine à se sauver, et que les impies et les pécheurs ne se sauvent presque jamais (1 Pierre 4:18).

Une autre notion, ayant son origine originaire dans le protestantisme, et qui est assez fréquente chez les chrétiens largement inclins au libéralisme, est que la notion obscure de l'après-vie et de la difficulté du salut est un produit d'une époque plus tardive, d' "ascètes et de moines sombre, et sans joie", et que, dans le christianisme initial ancien, dominait une «humeur lumineuse, et la compréhension que son salut dérivait seulement de sa croyance en Christ." Ceux qui croient cela ont inventé leur propre version du christianisme, sans fondement ou confirmation, soit dans les Évangiles, ou les épîtres, ou dans l'antique histoire chrétienne.

Lisez par exemple,  le livre des premiers chrétiens du "pasteur d'Hermas," écrivain du 1er siècle, et vous verrez comment les premiers chrétiens étaient exigeants en ce qui concerne le salut et la clarté avec laquelle ils comprenaient que le moindre soupçon d'immoralité mettait une personne en danger de mort éternelle. Ce livre est écrit avec le pathos des paroles effrayantes de l'hymne d'Eglise: "les souffrances de du pécheur sont sans limite." C'était encore plus vrai en ce qui concerne la pureté de la foi et la fidélité à l'Eglise.

Par conséquent, le point de vue chrétien peut sembler beaucoup moins gai que le païen. Les païens ont un "royaume des ombres" après la vie, pas très clairement défini, et dont on peut imaginer les plus variées des conceptions. À un extrême, on a les "Champs Elysées", royaume de la félicité, où il est assez facile d'entrer. À la fin de l'autre côté, il y a la notion du néant, de la destruction complète après la mort. Pour citer Socrate: "Puisque je n'ai pas souffert avant d'apparaître sur cette terre, il s'ensuit que je ne souffrirai pas quand je la quitterai."

Si vous comparez cela avec l'image terrible de la souffrance éternelle et de l'enfer et vous voyez que le point de vue libéral sur les raisons de la joie des premiers chrétiens est essentiellement imparfait. Et néanmoins, la joie chrétienne a été et est encore. Elle resplendit dans chaque ligne de la vie des martyrs et des ascètes (podvijniki), et brille encore dans la vie des moines et dans les familles chrétiennes. En fait, elle seule mérite ce terme. Et plus une personne est spirituelle, plus claire et plus parfaite est sa joie. Cette joie, cette vision du monde lumineuse, n'a jamais quitté les premiers chrétiens, même pendant la souffrance et la mort.

Quelle est donc la source de cette joie? La réponse, bien sûr, c'est la foi. Mais pas dans le sens où les protestants l'entendent. Ce n'est pas une foi officielle, sans vie, en l'absence d'effort spirituel héroïque (podvig) (après tout, même "les démons croient et tremblent") il s'agit plutôt d'une foi animée, active qui vit dans un coeur pur et est réchauffée par la grâce de Dieu, une foi brûlante d'amour de Dieu, et d'espérance ferme en Lui. Comme un auteur chrétien moderne l'a si bien dit, "Il ne suffit pas de croire en Dieu, il faut Le croire aussi." Les lignes de l'ecténie: "Confions-nous les uns les autres, et toute notre vie au Christ notre Dieu"[dans la Divine Liturgie de saint Jean Chrysostome] décrivent correctement la foi chrétienne véritable. C'est une confiance pleine et filiale de soi dans les mains de Dieu. Ceci est, et a toujours été, ce qui ouvre les portes à la vraie joie, au bonheur véritable.

Si un chrétien a confiance en Dieu, alors il est prêt à tout accepter de Lui: le ciel ou l'enfer, la souffrance ou le bonheur, car il sait que Dieu est infiniment bon. Quand Il nous punit, c'est dans notre intérêt. Il nous aime tellement qu'Il remue ciel et terre pour nous sauver. Il ne nous trahira pas, pas même pour les meilleures raisons, et Il nous sauvera certainement, si cela est possible. Comme saint Augustin l'a formulé, "le seul refuge contre la colère de Dieu est la grâce de Dieu."

Avec ce genre de compréhension, la joie et la lumière habitent fermement le cœur d'un chrétien, et il n'y a pas de place pour la tristesse. Le monde, l'univers infini appartiennent à mon Dieu. Aucun événement, du plus petit au plus grand ne peut se produire sans Sa volonté, et Il m'aime infiniment. Même ici sur terre, Il me permet d'entrer dans Son Royaume, Sa Sainte Eglise. Il ne me chassera pas de Son royaume, aussi longtemps que je Lui serai fidèle. Qui plus est, si je chute, il viendra me chercher dès que je me me rendrai compte mon péché et que j'offrirai les larmes du repentir. C'est pourquoi j'ai confiance en mon salut et du salut non seulement de ceux que j'aime, mais de tous, dans les mains de Dieu.

La mort n'est pas effrayante, elle a été vaincue par le Christ. L'enfer et la souffrance éternelle attendent ceux qui, consciemment et par leur propre volonté se détournent de Dieu, et préfèrent les ténèbres du péché à la Lumière de Son Amour. La joie et la béatitude éternelle attendent les fidèles. "choses que l'œil n'a point vues, que l'oreille n'a point entendues, et qui ne sont point montées au coeur de l'homme, des choses que Dieu a préparées pour ceux qui l'aiment." (1 Cor. 2:9).

Que le  Dieu à jamais miséricordieux nous aide à atteindre une confiance totale en Lui. Seigneur renouvelle-nous, nous qui Te prions!

Version Française Claude Lopez-Ginisty
d'après

L'Ermitage du cœur (117)


Tes heures de prière
Sont des bornes lumineuses
Qui jalonnent ta marche confiante
Vers l'éternel présent du Royaume

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

Russie: Fabuleuses églises

lundi 18 avril 2011

Saint Mitrophane, martyr de Chine



Saint-Mitrophane fut le premier prêtre orthodoxe chinois. Il fut ordonné par Saint Nicolas du Japon et  servit la mission orthodoxe pendant quinze ans. Il était assis parmi les ruines de la Mission orthodoxe brûlée, entouré par les hommes, les femmes et les enfants de son troupeau, quand ils [les Boxers, tueurs de chrétiens] ont commencé à lui frapper la poitrine avec les poings. Sa presbytera et Tatiana son fils de 23 ans Isaïe furent abattus sous ses yeux, tandis qu'ils coupaient le nez, les oreilles et les orteils de son plus jeune fils Jean. 
Non seulement l'enfant martyr refusa de se plaindre ou de protester, mais, comme par miracle, il ne ressentit aucune douleur. Les bourreaux se moquaient de lui, l'appelant "enfant de démons". Il  répondit en disant, "Je suis chrétien orthodoxe et je crois en Jésus-Christ, et non pas dans les démons". 
Après l'exécution de Père Mitrophane, sa future belle-fille de 19 ans, fiancée d'Isaïe qui venait d'être martyrisé, arriva à la maison du prêtre. Elle voulait mourir avec la famille de son fiancé. Lorsque les Boxers entouraient la maison, Marie aida beaucoup de fidèles à sauter par dessus les murs du jardin pour s'enfuir. Elle fit face avec courage à ses bourreaux et leur reprocha l'assassinat injuste de tant d'âmes innocentes, qui n'avaient pas été jugées par un tribunal. 
Les bourreaux percèrent ses pieds et blessèrent ses mains, l'encouragèrent à partir et être sauvée. La brave Marie répondit hardiment, "Je suis née ici par l'Eglise de la Très Sainte Mère de Dieu, je mourrai ici aussi". Ensuite, les Boxers l'exécutèrent.

Apolytikion Ton 1
Ministre du Christ, prêtre véritable de la gloire,
Sacrifice raisonnable et victime sans tache,
Tu t'es offert dans l'arène avec ton troupeau à Pékin.
Ô Père Mitrophane,
Prie pour nous qui gardons avec foi
Ta sainte mémoire.
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L'Ermitage du cœur (116)


Tu ne le vois pas
Mais les portes de la repentance
S'ouvrent à deux battants
Sur le jardin d'Eden retrouvé

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

Lumière Joyeuse/ Valaam

Icône de saint Séraphim avec le couple impérial russe martyr et le Tzarévitch martyr Alexis né par l'intercession du saint Staretz de Sarov

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dimanche 17 avril 2011

Dimanche de l'Hosanne Béni est celui qui vient au Nom du Seigneur!

Вход Господень в Иерусалим

Dimanche des Rameaux
בָּרוּךְ הַבָּא, בְּשֵׁם יְהוָה
(Baroukh aba bé Shèm Adonaï)
Béni est Celui Qui vient au Nom du Seigneur!

Autrefois en vieux français on appelait ce dimanche le Dimanche de l'Hosanne!

Le jugement des autres!



Les gens vous jugent rarement pour vos fautes réelles. Au lieu de cela, ils vous jugent pour leurs propres fautes qu'ils appliquent à l'image qu'ils ont de vous, ou bien  ils vous jugent car vous ne vivez pas selon ce qu'ils attendent de vous, ou parce qu'ils pensent que vous ne suivez pas les règles, non pas leurs règles, bien sûr, mais les Règles.

Vos fautes réelles, et là vous pouvez ou ne pouvez pas les connaître, passent souvent inaperçues, et elles ne sont pas critiquées. Cela prend trop de temps et de peine de regarder les gens comme ils sont vraiment. Il est plus facile de les imaginer. Il est plus facile de les adorer, ou de les diaboliser, mais les prendre  "tels quels", nous n'en avons pas le temps.

Avoir jamais peur de rentrer à la maison? Si la réponse est 'oui', alors la question est déjà d'avoir une maison, car la maison est synonyme de bienvenue, d'acceptation, d'affirmation, d'intérêt pour l'autre, d'amour. "Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids, mais le Fils de l'homme n'a nulle part où poser Sa tête"

Il ne parlait pas seulement d'un endroit confortable pour se reposer. Dans le monde entier, un tel lieu ne fut pas trouvé ou offert pour Lui, jusqu'à ce qu'un homme riche offre son tombeau nouvellement creusé, et là, Il put enfin "reposer sa tête". Est-ce la seule maison que nous ayons à offrir à ceux dont nous disons que nous les aimons?

Mes frères, aimons-nous les uns les autres, comme le saint apôtre le dit, citant son divin Maître Qui nous le dit aussi. Il n'a jamais dit, "Jugez-vous les uns les autres comme Je vous ai jugés", mais plutôt, "Aimez vous les uns les autres comme Je vous ai aimés. Alors vous serez mes disciples. Il n'est pas plus grand amour que celui-ci…"

Le jugement est la loi du siècle présent.
La miséricorde est la loi du siècle à venir.
"Heureux les miséricordieux,
car ils obtiendront miséricorde. "

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

L'Ermitage du cœur (115)


Garde ton cœur
Des pensées de jugement
Et laisse le souffle de la prière
Respirer en toi l'odeur de l'Eden 

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

samedi 16 avril 2011

Romanòs: Il nous attend toujours ici.



A quoi cela ressemblerait-il,
si nous croyions vraiment
et que nous ne mentions pas à nous-mêmes et à Lui?
Comment vivrions-nous, si nous savions à coup sûr
que nous sommes vraiment Ses fils?

Tandis que je suis assis ici
à me poser et à vous poser cette question,
Je ne me trouve pas moins que vous
menteur envers le Père qui m'aime tant,
qu'Il me dit tranquillement de venir avec Lui
afin que tous ensemble nous puissions trouver et brûler
la preuve de mon péché.

Bien que je lui coûte très cher,
et que j'aie menti pour rendre ma folie moins claire,
Il a vu à travers tout ce que j'ai dit et fait.
Ma crainte de Sa colère l'a attiré tout près.

Il sourit, et nous met tous deux à l'aise.
Il semble plus intéressé par autre chose,
pas par ce dont chacun de nous a tellement honte.

Il ne semble pas regarder
tout ce que nous aurions dû faire,
et il ne gronde pas non plus.

Tenons avec une confiance sans bornes
dans Son soin constant,
car même si nous nous tourmentons pour  L'avoir offensé,
nous trouvons qu'Il nous attend toujours ici.

Romanòs
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

L'Ermitage du cœur (114)


Sache écouter
Dieu te parle
Par la voix du silence
Et les paroles de la prière

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

vendredi 15 avril 2011

Staretz Sophrony de Bienheureuse mémoire: Être avec le Christ



"Tout ce que vous faites, tout votre travail, peut contribuer à votre salut. Cela dépend de vous, de la façon que vous avez de le faire. L'histoire est pleine de  moines qui sont devenus de grands saints tout en travaillant dans la cuisine ou en lavant les draps. 
La voie du salut consiste à travailler sans passion, dans la prière… 
Que Dieu vous donne la force de garder votre esprit, votre intellect et votre cœur dans l'esprit du Christ. 
Alors tout ce qui vous arrive peut très rapidement se transformer radicalement. Ce qui était fastidieux et décourageant disparaîtra, transfiguré par votre désir d'être là où se trouve le Christ, votre Dieu."

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

L'Ermitage du cœur (113)



Comprends que la terre
N'a qu'une saison pour ton âme
Et enracine ton être tout entier
Dans le Ciel par ta prière

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

jeudi 14 avril 2011

Saint Grégoire de Nysse: La beauté ineffable de Dieu


"Peu importe combien de temps tu peux rester à la source, tu verras toujours l'eau à son commencement. Car l'eau ne cesse de couler, et elle recommence toujours  à bouillonner. 
Il en va de même avec celui qui fixe son regard sur la beauté infinie de Dieu. On la redécouvre constamment, et ceci est toujours considéré comme quelque chose de nouveau et d'étrange en comparaison avec ce que l'esprit a toujours compris. Et tandis que Dieu continue à Se révéler, l'homme continue à se poser des questions… "


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

L'Ermitage du cœur (112)



Dieu parle sans cesse
Dans le dialogue
Que tu poursuis avec les autres
Ecoute-les

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

mercredi 13 avril 2011

Saint Siméon le Nouveau Théologien






"Nous devrions considérer chaque croyant de la même manière et supposer que le Christ demeure en chacun d'eux, nous devons avoir une disposition d'amour telle envers lui, que nous sommes prêts à donner notre vie pour lui.
Nous ne devrions jamais penser ou dire que quelqu'un est mauvais, mais, comme on dit, on devrait voir tout le monde bon. 
Si vous voyez quelqu'un attaqué par les passions, ne haïssez pas le frère, mais les passions qui l'attaquent. Et quand vous voyez quelqu'un succomber à la tyrannie des passions et des mauvaises habitudes, ayez une compassion plus grande encore pour lui, de peur que vous ne souffriez d'une tentation similaire, puisque vous êtes changeant et sous l'influence de la matière changeante. "

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après


Père Wladimir Guettée: Souvenirs d'un prêtre romain devenu orthodoxe.





Elle est belle, elle est vénérable et sainte cette grande Eglise orthodoxe de Russie! Je ne veux pas terminer mes Souvenirs sans lui rendre l'hommage qui lui est dû. Immobile dans la doctrine révélée que l'on ne pourrait modifier sans donner un démenti à Dieu, elle respecte l'intelligence que Dieu a donnée à l'homme pour s'exercer dans tous les domaines qui appartiennent au monde. Comme Dieu, elle abandonne le monde aux discussions humaines et se contente d'être la gardienne immobile de l'héritage apostolique.
+


Lire et/ou télécharger l'ouvrage entier  
qui constitue la biographie spirituelle 
de Père Wladimir 
sur:
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Biographie sommaire de Père Wladimir:

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L'Ermitage du cœur (111)



Ne cherche pas par ta foi
A déplacer les montagnes
Tant que tu es capable
De te croire important

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

mardi 12 avril 2011

Saint Jean Cassien: De la Sainte Communion



Nous ne devons pas nous éloigner de la Communion du Seigneur, au motif que nous reconnaissons être pécheurs. Nous devrions plutôt, y venir de plus en plus souvent, ayant soif de guérison de l'âme et de purification de l'esprit, mais avec une telle humilité de l'âme et de foi, que nous considérant indignes de recevoir une telle Grâce, nous ne pourrions aspirer à un plus grand traitement de nos blessures. 
Avec l'humilité de coeur, avec laquelle nous croyons et confessons que nous ne pouvons jamais dignement entrer en contact avec les Saints Mystères, nous pouvons les recevoir chaque dimanche pour la guérison de nos maladies, de peur que, par nous-mêmes nous exaltant par un cœur vain et confiant, nous pensions qu'après un laps de temps d'une année, nous sommes dignes de les recevoir.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

L'Ermitage du cœur (110)



Le miracle insigne
Et le plus éclatant
C'est la foi pérenne
Dans ce siècle qui doute

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

lundi 11 avril 2011

Saint Jean de Cronstadt: La Confession et la Communion

St. John of Kronstadt drawing

Toi, le pécheur, qui es tombé dans les profondeurs du mal, quand tu te représentes la multitude de tes péchés et que tu tombes dans le désespoir et la dureté de coeur, n'oublie pas que le Père Céleste a envoyé Son Fils Unique, notre Seigneur Jésus-Christ, dans le monde pour te sauver des péchés et de la condamnation éternelle pour eux. 
Tourne-toi donc avec foi vers ce médiateur pour les hommes auprès de Dieu, Le suppliant des profondeurs de ton âme de laver aussi tes iniquités par Son Sang qui purifie tout, versé pour nous sur la Croix; tourne-toi avec zèle vers la repentance, en confessant tes péchés devant Son prêtre, comme devant Lui-même, afin d'être être justifié, après quoi, si le ministre du sacrement de pénitence te trouve préparé et prêt, approche-toi du Saint Calice et tu seras purifié de tes péchés: la paix doit couler dans ton âme comme une rivière et tu seras le fils du Père céleste, "qui était mort et est ressuscité, qui étais perdu et qui est retrouvé" (Luc 15:32).

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Saint-Jean de Cronstadt
My Life in Christ
(Ma vie en Christ) 
Holy Trinity Monastery,
Jordanville,
N.Y. 
USA
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Dessin de Saint Jean de Cronstadt:

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An icon of St. John of Kronstadt
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L'Ermitage du cœur (109)


Sache goûter simplement 
A la douceur du silence
Dans lequel ton âme
S'apaise en Dieu

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

Jean-Claude LARCHET/Recension: Bernard Le Caro, « Saint Jean de Changhaï et son temps 2ème édition


JdCh

Sur Orthodoxie.com
La première édition du livre de Bernard le Caro intitulé « Saint Jean de Changhaï », publiée dans la collection « Grands spirituels du XXe siècle » aux éditions L’Age d’Homme, a rencontré un vif succès non seulement dans sa première édition française, aujourd’hui épuisée, mais aussi dans sa traduction russe.
L’auteur vient d’en publier une deuxième édition (2011, 388 pages) qui apporte, à la lumière de témoignages nouveaux, un certain nombre de précisions supplémentaires à la partie biographique. De nouvelles homélies viennent enrichir les écrits précédemment publiés. Un Acathiste au Saint, rédigé par son disciple le hiéromoine Séraphim Rose, a également été ajouté à cette nouvelle édition. Le directeur de la collection, Jean-Claude Larchet, note dans son introduction: « Cette nouvelle édition paraît dans le contexte nouveau et particulièrement réjouissant de la réunification, scellée en 2007, de l’Église Russe Hors-Frontières et du Patriarcat de Moscou. Désormais célébré comme un trésor commun par toute l’Église russe et par toutes les Églises orthodoxes en communion avec elle, saint Jean de Changhaï et de San Francisco apparaît plus que jamais comme un saint universel de l’Église orthodoxe. »
Lire la suite ICI

dimanche 10 avril 2011

Saint Alexandre, Nouveau Martyr de Russie et missionnaire en Amérique


Alexander Hotovitsky.jpg



Fête le 4 Décembre

Le nouveau martyr de Russie Alexandre Hotovitzky est né le 11 Février 1872 dans la ville de Kremenetz, dans la pieuse famille de l'archiprêtre Alexandre, qui était Recteur du Séminaire théologique de Volhynie et qui sera plus tard longtemps présent dans les cœurs des habitants orthodoxes de Volhynie comme le bon pasteur. Le jeune Alexandre reçut une bonne éducation chrétienne de ses parents, qui lui  inculquèrent l'amour de l'Église orthodoxe et du peuple de Dieu.

Le futur pasteur fit ses études à au séminaire de Volhynie et à l'Académie théologique de Saint-Pétersbourg, dont il obtint le diplôme de maîtrise en 1895.

Après l'obtention du diplôme de l'Académie, il fut envoyé pour le service missionnaire dans le diocèse de l'Amérique du Nord et des îles Aléoutiennes, où il fut affecté au poste de lecteur à l'Eglise orthodoxe de Saint-Nicholas de New York nouvellement créée. Après son mariage avec Maria Scherbuhina, diplômée de l'Institut Pavlovsk à Saint-Pétersbourg, le hiéromartyr Alexandre fut ordonné au diaconat, et bientôt après, le 25 Février 1896, à la prêtrise par Vladika Nicholas (Ziorov) des îles Aléoutiennes, hiérarque dont père Alexandre devait toujours plus tard se rappeler avec gratitude et amour.

L'ordination eut lieu à la cathédrale du diocèse de San Francisco. Dans son allocution devant le nouveau Père ordonné Alexandre, Vladika Nicholas expliqua son choix du nouveau prêtre ordonné pour le ministère par ces paroles: "Votre sens particulier de la modestie, votre bonne éducation, votre noble idéalisme, et votre piété sincère m'ont immédiatement amené à vous considérer favorablement et m'ont obligé à vous distinguer parmi les jeunes gens, avec lesquels vous aviez l'habitude de me rendre visite à Saint-Pétersbourg… J'ai pu voir que vous aviez cette étincelle spéciale de Dieu, qui fait de tout service une action véritablement faite pour l'amour de Dieu, et sans laquelle une vocation devient sans âme et œuvre morte... Votre première expérience de prédication vous a montré la puissance de ce genre d'inspiration: vous avez vu comment les gens se sont rassemblés autour de vous et comment ils ont attentivement écouté tout votre discours... Pourquoi ces gens vous ont-ils écouté plutôt que d'aller entendre d'autres prédicateurs? Il est clair que l'étincelle qui brûle en vous attire le cœur de ces gens comme un aimant. "

Une semaine après son ordination, le jeune prêtre retourna à New York pour assumer le pastorat de la paroisse où il avait déjà servi en tant que lecteur. De 1898 à 1907, le Nouveau Martyr Alexandre servit en tant que pasteur sous l'homophorion de l'évêque Tikhon. Saint Tikhon, qui, en l'année tragique de 1917, devait être élevé par la Divine Providence au siège de primat, en tant que Patriarche de Moscou, appréciait hautement la piété très sincère de Père d'Alexandre, son don de charité pastorale, et son érudition théologique aux multiples facettes. Le spectre de son activité aux Etats-Unis fut très large et très fructueux. Il réussit dans le service missionnaire, surtout chez les uniates récemment émigrés de Galice et de Russie Carpatique. Il fut également l'un des plus proches collaborateurs des hiérarques orthodoxes d'Amérique et il représenta l'Eglise Orthodoxe d'Amérique, auprès des institutions religieuses et lors de réunions.

Le travail missionnaire de Père Alexandre ne fut pas sans beaucoup de tentations et de peines. L'archevêque, plus tard, Métropolite, Platon (Rojdiéstvensky) a exprimé sa gratitude pour les œuvres  d'Alexandre celui qui souffrit la Passion en Amérique dans un discours prononcé à la Divine Liturgie le 26 février 1914. faisant ses adieux au Père Alexandre, l'archevêque dit: "Un matin, au cours des années où nous avons travaillé ensemble, vous êtes venu dans ma chambre et, sans trop parler, vous avez déboutonné votre chemise, révélant un très grand bleu, sanglant sur votre poitrine. C'était la plaie d'un fanatique, qui, dans un accès de rage vous avait attaqué sauvagement avec un bâton, à la suite de la réunion du peuple russe au cours de laquelle vous aviez encouragé vos propres frères ethniques à renoncer à la pernicieuse Unia avec Rome... Mon être tout entier a été secoué jusques au fond de l'âme et j'ai été profondément ému, car devant moi à ce moment-là c'était un véritable exemple de témoignage pour le Christ. "

Grâce aux efforts de Père d'Alexandre, des paroisses orthodoxes furent établies à Philadelphie, Yonkers, et Passaic ainsi que d'autres grandes et petites villes d'Amérique du Nord. Les paroissiens de ces églises étaient des orthodoxes de naissance que le sort avait amené vers le Nouveau Monde, ainsi que des carpato-russes convertis à l'Unia et d'anciens protestants convertis à l'Eglise orthodoxe.

Une contribution importante au témoignage de la vérité de l'Orthodoxie, auprès de la société américaine hétérodoxe fut le fait du Messager orthodoxe en Amérique, qui fut publié en anglais et en russe, sous la direction de Père d'Alexandre. Les articles de lui apparaissaient régulièrement dans cette revue.

Le Nouveau Martyr Alexandre participa activement à la création d'une société diocésaine orthodoxe d'aide mutuelle et à différents moments, il servit en tant que trésorier, premier secrétaire, et président de cette organisation. La société fournissait une aide matérielle aux carpato-russes d'Autriche, aux slaves macédoniens, aux troupes russes en Mandchourie, et aux prisonniers de guerre russes dans les camps japonais.

Le père Alexandre prit également sur lui le fardeau ascétique de la construction de la Cathédrale Saint-Nicolas à New York, travail architectural remarquable et majestueux pour remplacer la petite église paroissiale. La cathédrale devait devenir un des ornements de la ville. Il visita les communautés orthodoxes de toute l'Amérique pour solliciter des fonds pour la construction de la cathédrale. En 1901, il se rendit à cette fin également dans sa patrie, la Russie. Dans les annales de l'église Saint-Nicolas, qui en 1903 est devenue la cathédrale du diocèse, il est écrit que: "Cette cathédrale a été créée et construite dans la ville de New York en Amérique du Nord, sous la surveillance et grâce aux efforts et travaux du très honorable archiprêtre le Père Alexandre Hotovitzky en l'an de Notre Seigneur 1902. "

Le 26 Février 1906, l'Amérique orthodoxe célébra le dixième anniversaire du service sacerdotal de l'archiprêtre Alexandre, l'un de ses pasteurs les plus remarquables. L'évêque Tikhon salua le jubilé du prêtre par ces mots: "Tandis que vous vous rappelez votre ordination comme prêtre de Dieu à cet anniversaire, vous considérez sans doute involontairement comment vous avez utilisé vos talents donnés par Dieu, et vous vous demandez si la grâce de Dieu vous a été décernée en vain, et dans quelle mesure vous avez avancé sur le chemin de la perfection morale. Comme vous en jugez vous-même de cette manière, vous êtes dans le même temps le juge et l'accusé. Pour porter un jugement équitable, le témoignage des spectateurs, des témoins, doit être entendu. Maintenant ils parlent devant vous. Ecoutez-les. Grâces soient rendues au Seigneur Nous venons d'entendre leur témoignage éloquent et sincère vous félicitant. Quant à moi votre supérieur, je peux témoigner que vous vous êtes révélé digne de confiance, et que vous avez justifié les attentes qui étaient espérées à votre ordination. "

Le service pastoral sacrificiel et dévoué du nouveau martyr Alexandre en Amérique, a été conclu le 26 février 1914, exactement dix-huit ans après son ordination à la prêtrise. Dans son discours d'adieu, le Père Alexandre a dit: "Adieu, Rus' orthodoxe d'Amérique... Ma chère Mère, la Sainte Eglise américaine moi, ton fils toujours reconnaissant, je me prosterne filialement sur la terre. Tu m'as donné naissance spirituellement, tu m'as nourri, tu m'as inspiré par ta force à travers le témoignage lumineux de tes fondateurs, à travers les enseignements apostoliques éclairés de tes prédicateurs, par la ferveur de ton troupeau de fidèles, tu m'as donné la plus grande joie possible, celle d'être ton fils. "

De 1914 à 1917, le père Alexandre a servi en tant que prêtre à Helsinki, en Finlande, où la majorité de la population était protestante. Bien que la Finlande fisse alors partie de l'Empire russe, le clergé orthodoxe y avait à exercer beaucoup d'efforts pour protéger les Caréliens orthodoxes de l'expansionnisme prosélytique de la présidence finlandaise luthérienne. En Finlande, le nouveau martyr Alexandre fut un assistant fidèle, actif, et dévoué de son hiérarque, Serge (Stragorodsky), futur patriarche.

En août 1917, l'archiprêtre Alexandre fut transféré à Moscou et assigné comme vicaire de la cathédrale du Christ Sauveur. Là, il fut de nouveau sous la direction directe de saint Tikhon, avec qui il avait déjà été étroitement associé aux Etats-Unis.

Alexandre, saint ayant souffert le passion, participa aux délibérations du Conseil des Églises de 1917-18. Lorsque le Conseil discuta de la rédaction d'un message au troupeau de l'Eglise orthodoxe concernant les élections au Conseil d'Etat, il déclara que, comme le sort de la Russie était en jeu, l'Eglise et en particulier le Conseil ne devraient pas hésiter à lutter pour sauver la nation. S'exprimant au sujet des efforts du Conseil pour relever l'Eglise, il exposa ses plans préliminaires pour rétablir l'ordre et pour la guérison de la vie interne de l'Église et il déclara avec une certaine amertume: "Il semble qu'il y avait des constructeurs qui préparaient fébrilement des plans, et des plans et ainsi de suite pour la construction d'un édifice et en même temps ils observaient tranquillement la destruction brique par brique de cet édifice par les ennemis."

Pendant les années difficiles de la guerre civile, le nouveau martyr Alexandre collabora étroitement avec saint Tikhon dans l'administration du diocèse de Moscou. En 1918, sous la direction spirituelle du recteur, le Père Nicolas Arseniev, et du vicaire de la paroisse Père Alexandre, une confrérie affiliée à la cathédrale du Christ Sauveur fut créée. Comme première activité, la confrérie lança un appel au troupeau orthodoxe, que le père Alexandre aida à rédiger.

Ce document déclarait: " Peuple de Russie! La cathédrale du Christ Sauveur, la parure de Moscou, la fierté de la Russie, la joie de l'Eglise orthodoxe a été condamnée à la destruction lente. Ce monument glorieux dédié aux grands exploits des guerriers russes, qui ont donné leur vie pour leur patrie et la Sainte Foi orthodoxe, s'est vu refusé le soutien de l'Etat… Peuple de Russie! Veux-tu vraiment livrer cette magnifique église du Sauveur à la dérision? Est-il vrai, comme l'affirment les persécuteurs de l'Eglise Sainte que le peuple de Russie n'a plus besoin de choses saintes, d'églises, de sacrements, d'offices, parce que tout cela est dépassé et superstitieux. Répondez, vous tous les fidèles. Répondez tous comme un seul homme. Levez-vous et protégez vos choses saintes: Que les dons généreux et bien intentionnés des riches soient ajoutés aux petites pièces des fidèles pauvres de Moscou, vous êtes le cœur de la Russie. Préservez votre sanctuaire! votre église au dôme doré du Sauveur… "

En réponse à cet appel, les habitants orthodoxes de Moscou rejoignirent la confrérie de la cathédrale du Christ Sauveur, et donnèrent leur aumône pour soutenir la majestueuse église.

Le service pastoral à l'époque était accompagné de beaucoup d'afflictions et de danger. En mai 1920 et novembre 1921, le Père Alexandre fut arrêté pendant de courtes périodes. Il fut accusé de violer les décrets concernant la séparation de l'Eglise et de l'Etat, en maintenant l'école de l'église pour les enfants.

En 1922, l'Eglise fut soumise à rudes épreuves quand, sous prétexte d'aider les affamés, les trésors ecclésiastiques, y compris les vases sacrés, les icônes, et d'autres choses saintes furent violemment confisqués par l'Etat. Répondant à l'appel du saint Primat, l'Eglise orthodoxe fit des dons généreux pour aider les affamés. Toutefois, lorsque saint Tikhon publia une déclaration à son troupeau à travers la Russie interdisant la coopération du clergé dans la restitution des vases sacrés à des fins non-ecclésiastiques, fondée sur le droit canon, une campagne de calomnie contre l'Eglise commença dans la presse, Son primat fut arrêté, et une vague de procès eut lieu dans toute la Russie, dans laquelle les fonctionnaires de l'autel du Seigneur furent accusés d'activités contre-révolutionnaires. Au cours de ces procès, de nombreux fidèles de l'Eglise du Christ furent condamnés à mort, et versèrent leur sang comme hiéromartyrs et martyrs.

Au cours de cette période difficile pour l'Église, le Père Alexandre était résolument guidé par les déclarations du saint Patriarche de son troupeau et il suivit également ses directives. Des fonds pour aider les affamés furent recueillis à la cathédrale du Christ Sauveur. Dans le même temps, des mesures furent prises pour protéger les objets sacrés de cette église. Des réunions du clergé et des paroissiens de la cathédrale du Christ Sauveur eurent lieu dans l'appartement de Père Alexandre, afin de rédiger une résolution de l'assemblée générale de la paroisse concernant le décret d'Etat.

Un projet de résolution, préparé par le Père Alexandre, protesta contre la confiscation avec violence d'objets de valeur de l'église. Une assemblée générale des paroissiens fut convoquée le 23 mars 1922 à la cathédrale du Christ Sauveur, présidée par l'archiprêtre Nicolas Arseniev. Le père Alexandre avait déjà été arrêté. Cette réunion adopta le texte final de la résolution, qui exigeait des garanties de l'Etat que tous les dons soient utilisés pour sauver la vie de ceux qui mouraient de faim. Les participants à la réunion  protestaient contre les publications hostiles à l'Eglise ainsi que contre les insultes contre la hiérarchie. La rédaction de ce document fut jugée par les autorités comme faisant partie d'activités criminelles contre-révolutionnaires.

Après deux procès contre l'Eglise, à Petrograd et Moscou, qui aboutirent à l'exécution de hiéromartyrs et de martyrs, un nouveau procès très médiatisé du clergé et des laïcs commença à Moscou le 27 novembre 1922, au cours duquel [les clercs] furent accusés de prétendues "tentative de retenir dans leurs mains la possession d'objets de valeur de l'Eglise et, par le biais de la famine qui en résulte, de renverser le régime soviétique. "

En jugement dans cette affaire, il y avait 105 membres du clergé et des laïcs. Parmi les principaux accusés était l'archiprêtre Serge Ouspensky, doyen de la deuxième circonscription de quarante églises de  Prechistenka, l'archiprêtre Nicolas Arseniev, doyen de la cathédrale du Christ Sauveur, l'archiprêtre Alexandre Hotovitzky, vicaire de la cathédrale de ce prêtre, Ilya Gromoglasov, de la cathédrale du Christ Sauveur, Lev Evgenievich Anohin, gardien de cette cathédrale, et de l'archiprêtre Siméon Golubev, recteur de l'Eglise de Saint-Jean le Guerrier.

La partie la plus importante de l'acte d'accusation présenté à la Cour portait sur l'activité du clergé et des laïcs de la cathédrale du Christ Sauveur. L'acte d'accusation déclarait: "Les principaux organisateurs et les dirigeants de cette activité criminelle ont été le prêtre Hotovitzky, président du conseil des paroisses dans ce domaine, le prêtre Arseniev, recteur de la cathédrale, le prêtre Zotikov, le prêtre Gromoglasov, l'ancien avocat Kayutov, l'ancien sous-ministre Chtchépkine, le marchand Golovkine, et l'ingénieur Anohin. Lorsque le décret du Comité central exécutif suprême concernant la confiscation d'objets de valeur église a été émis, ils ont commencé leurs activités préliminaires, sous la direction du prêtre Hotovitzky, qui a d'une manière répétée, secrètement accueilli les personnes ci-dessus mentionnées à son appartement afin de planifier avec elles les mesures qu'ils se proposaient d'adopter pour atteindre leurs intentions criminelles."

L'affaire fut au tribunal pendant deux semaines. Après que l'acte d'accusation détaillé ait été lu, l'interrogatoire des accusés commença. Le père Alexandre resta serein et calme au cours de l'interrogatoire alors qu'il tentait de protéger les autres accusés. Il n'admit aucune culpabilité, affirmant: "Je considère que ce n'est pas contre-révolutionnaire de demander un montant correspondant de métal en échange d'objets de valeur de l'Eglise."

Après l'interrogatoire de tous les prévenus et des témoins, lors de la session de la Cour du 6 décembre, le sinistre procureur Vychinski, tristement célèbre plus tard, prononça l'allocution de clôture pour les poursuites. Il demanda au tribunal de rendre une sentence de peine capitale pour treize accusés dont les archiprêtres Alexandre Hotovitzky, Nicolas Arseniev, Serge Ouspensky, le prêtre Ilya Gromoglasov, l'higoumène Vera (Pobedinskaya) du monastère de femmes de Novodievitchi et L. E. Anohin. Vychinski demanda que les autres accusés soient condamnés à des peines de prison de durée variable.

Le 11 décembre, les accusés eurent l'occasion de dire un dernier mot à la cour. Dans ses commentaires, le Père Alexandre tenta, tout d'abord, d'obtenir la clémence de la cour et la miséricorde pour ses frères du clergé, "J'attire votre attention sur ceux qui étaient à la réunion dans mon appartement: certains d'entre eux sont vieux et les autres sont très jeunes et ils ne sont coupables de rien. Ce fut une rencontre tout à fait ordinaire, elle n'a pas été contre-révolutionnaire, et elle ne peut en aucun cas être considérée comme une noir complot. "

Les plus longues observations finales furent prononcées par le professeur et prêtre Ilya Gromoglasov. Cet accusé tenta de gagner la faveur de la cour en exposant son ancienne opposition au Saint-Synode. En ce qui concerne les conclusions de l'accusation, il dit qu'il "ne savait rien de l'organisation criminelle dirigée par Hotovitzky."

Le 13 décembre, le verdict du tribunal révolutionnaire fut annoncé. Il fut plus doux que les verdicts sanguinaires donnés à des procès antérieurs qui s'étaient tenus à Petrograd et à Moscou en rapport avec la confiscation d'objets de valeur de l'Eglise. Chacun des principaux accusés, l'higoumène Vera  (Pobedinskaya), l'archiprêtre Serge Ouspensky, et l'archiprêtre Alexandre Hotovitzky furent condamnés à dix ans de prison, à la confiscation de leurs biens personnels et à la privation de leurs droits civiques pendant cinq ans. Les autres furent condamnés à des peines d'emprisonnement moindres. Les recours en grâce, faits par ceux qui furent condamnés à la plus longue des peines d'emprisonnement, y compris celle de l'archiprêtre Alexandre, furent rejetées par le Présidium du Comité central exécutif suprême le 16 février, 1923.

Après que le saint patriarche Tikhon ait  repris son administration de l'Eglise et fait plusieurs déclarations sur la loyauté envers les autorités gouvernementales, de nombreux hiérarques, le clergé, les dirigeants religieux et laïcs, qui avaient déjà reçu de la magistrature, des peines en liaison avec la confiscation d'objets de valeur de l'Eglise, bénéficièrent d'une amnistie. Le père Alexandre fut parmi ceux libérés en Octobre 1923. Après sa libération, il ne fut pas affecté à une paroisse, mais il servit sur appel dans diverses églises de Moscou.

Il resta libre pendant une courte période. Dès le 4 septembre 1924, E. Tuchkov, chef de la section 6 du Guépéou, dressa une liste de treize membres du clergé et des dirigeants religieux de Moscou et recommanda qu'ils soient soumis à l'exil administratif. Le nouveau martyr Alexandre, qui fut inclus dans la liste, a été caractérisé comme suit dans le présent document, "Un prêtre et prédicateur avec une formation post-universitaire, très actif, zélé et très influent parmi les Tikhonites. Son attitude est anti-soviétique".

Le 9 septembre 1924, le nouveau martyr Alexandre fut soumis à un interrogatoire. "Dans mes convictions religieuses", a-t-il dit à l'époque, "Je me considère comme un Tikhonite. Mes relations avec le Patriarche sont intimes plutôt que strictement administratives, mais dernièrement, j'ai évité de rencontrer le Patriarche Tikhon, car je sentais que cela pourrait lui nuire, en raison de ma conviction en liaison avec la confiscation d'objets de valeur de l'Eglise. Je n'ai jamais exprimé une opinion concernant la restauration de l'ancien gouvernement et une telle pensée n'a même pas traversé l'esprit. "

Par une décision d'une assemblée spéciale du Guépéou, le nouveau martyr Alexandre fut exilé dans la région de Turuhan pour une période de trois ans. Son état de santé déjà vacillant fut encore affaibli par son séjour dans le Grand Nord.

Après son retour d'exil, le père Alexandre fut élevé au rang de protopresbytre et il devint l'un des plus proches collaborateurs du locum tenens du trône patriarcal, le métropolite (plus tard, Patriarche) Serge, qui le connaissait bien depuis l'époque de son service en Finlande.

Dans les années 1930, le protopresbytre Alexandre fut recteur de l'église de la Déposition de la Robe sur la rue Donskoy. L'un des paroissiens de cette église se souvient: "En 1936, le Père Alexandre n'a pas prêché, comme il lui avait apparemment été interdit de le faire. En 1936-7, j'étais présent à plusieurs reprises, lorsque le père Alexandre a officié. C'était un grand prêtre, aux cheveux gris avec des traits de visage doux, qui avait l'air extrêmement intelligent. Des cheveux gris coiffés, une petite barbe, des yeux gris très doux, une voix aigue et forte de ténor… Il prononçait distinctement et avec inspiration les paroles de l'office... Son aspect m'a beaucoup rappelé des prêtres qui ont été exilés des régions de l'Ouest… Père Alexandre avait de nombreux paroissiens qui le révéraient grandement... Même aujourd'hui, je me souviens des yeux de Père Alexandre. Il semblait que son regard pénétait le cœur et l'embrassait avec affection. J'ai eu le même sentiment lorsque j'ai vu le saint Patriarche Tikhon... La même lumière qui brillait aussi dans les yeux de Père Alexandre donnait témoignage de sa sainteté. "

À l'automne de 1937, le nouveau martyr Alexandre fut arrêté à nouveau. Les éléments de preuve documentaires à notre disposition le concernant se termine par cela; cependant, la majorité des rapports oraux témoignent de sa mort comme martyr. L'Église orthodoxe d'Amérique, sur le territoire duquel le protopresbytre Alexandre servit comme prêtre jusques en 1914, le vénère comme un saint ayant souffert la passion, dont la vie comme confesseur prit fin avec les souffrances pour le Christ. Le lieu de sa sépulture est inconnu.

L'Église de Russie commémore aussi Saint-Alexandre, le 7 août, avec les archiprêtres Alexis Vorobiev, Michael Plichevsky, Jean Voronets, les prêtres Démètre Milovidov, et Pierre Tokarev, le diacre Elisée Cholder et l'higoumène Athanase Egorov.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

L'Ermitage du cœur (108)


Comme l'éclair et l'orage 
Qui effraient le paysage
Mais renouvellent la terre
La confession te lave et te fait renaître

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)