"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire
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samedi 18 juillet 2015

Onze musulmans turcs ont reçu le baptême dans l'Eglise Orthodoxe



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Onze citoyens turcs, parmi lesquels un célèbre acteur turc ont été baptisés orthodoxes il y  aquelques jours (mai 2015). Le mystère a été célébré par le Métropolite d'Attique.

A l'origine, il y a 6 ans, treize citoyens turcs, de religion musulmane, visitèrent Chios en tant que touristes, dans des groupes venant de son voisin de l'Est. Parmi les sites visités à Chios, il y avait des monastères et des temples.

Les treize musulmans et musulmanes (âgés de 30 à 40 ans) furent impressionnés par la beauté des monuments orthodoxes de l'île, et dès leur retour en Turquie, ils décidèrent de lire, et de s'instruire sur l'Orthodoxie en général.

Treize musulmans furent impressionnés par ce qu'ils lisaient, et bientôt ils  organisèrent un deuxième voyage touristique de cinq jours à Chios. Mais cette fois, ils firent en sorte de rencontrer le prêtre, avec qui ils eurent de longues conversations.

Les discussions portèrent leurs fruits! Treize Turcs demandèrent au prêtre de suivre le catéchisme en vue d'embrasser la religion orthodoxe.

L'ecclésiastique, avec la bénédiction du Métropolite de Chios a appelé de l'Attique un prêtre vétéran avec qui il entreprit conjointement l'enseignement des musulmans. Treize Turcs firent de fréquents voyages à Chios, où les les prêtres catéchistes les attendaient toujours. Cette belle relation spirituelle dura environ trois ans!

Et à un moment donné, le temps arriva... Les catéchistes estimèrent que les citoyens turcs catéchumènes étaient prêts à se joindre officiellement à l'Église orthodoxe en tant que membres.

Donc, il y a quelques jours, selon ierovima [organe de presse], une église de l'Attique agenda pour eux le sacrement du baptême. Cependant des treize personnes prévues, onze seulement parvinrent aux fonts baptismaux (cinq hommes, six femmes), après l'échec de deux d'entre eux pour obtenir un visa.

Dans un climat d'émotion, le Métropolite  d'Attique célébra le baptême. Onze citoyens turcs furent baptisés chrétiens orthodoxes et rentrèrent chez eux.

Des dizaines de croyants ont assisté à ce saint Mystère et respecté la demande de l'évêque et des nouveaux illuminés de ne pas prendre de photos de la cérémonie.

Pour la petite histoire, parmi les convertis, il y avait un acteur turc connu.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Εξάψαλμος

mercredi 8 juillet 2015

Jeremiah McKemy: Mon voyage dans l'Église ancienne (10)

Completion of the Transfiguration of the Savior Cathedral by Sergey Kompaniychenko - Valaam Monastery


En résumé

En résumé, j'avais spirituellement faim de quelque chose de plus profond que le christianisme intellectuel que je trouvai dans certains milieux et l'émotivité "branchée" trouvée dans d'autres. Je voulais une foi expérientielle, remplie de sagesse sur les Écritures et la puissance de l'Esprit Saint. En bref, je voulais rencontrer Dieu Lui-même.

L'Orthodoxie, à la surface, semblait une candidate peu probable. Il a fallu un certain temps pour réaliser qu'il n'y avait rien de mal dans la forme liturgique du culte; j'étais plutôt fermé à la circulation de l'Esprit. Une fois que cela m'a été montré par la prière, ce fut plus facile à partir de là.

Si vous envisagez l'Orthodoxie, alors comme je l'ai dit auparavant, prenez votre temps. Lisez des livres sur elle qui suscitent votre intérêt, et rendez visite à votre paroisse orthodoxe locale. Si vous n'êtes pas sûr de ce qu'il convient de lire, demandez à votre prêtre et consultez une liste dans mes ressources [*].

Et, les forums de discussion en ligne ne furent pas utiles pour moi au début de mon voyage. Il y a là des gens vraiment compétents et attentionnés dans de nombreux forums, et il y a aussi des gens qui aiment faire étalage de leurs opinions ou attaquer avec un trop grand zèle quiconque n'est pas bien versé dans les Pères. Regarder les gens se battre et se traiter les uns les autres d'hérétiques, m'a surtout découragé pendant mes premières étapes vers l'Orthodoxie, mais je ne reconnais que certains groupes ont contribué à aider les autres dans leur cheminement.

Et surtout, approchez l'Orthodoxie dans la prière. Mais aussi, apprenez la manière orthodoxe de prier. Mon Sensei [Maître] en arts martiaux  avait l'habitude de dire, "la pratique ne rend pas parfait. La pratique parfaite rend parfait." En d'autres termes, si nous apprenons mal quelque chose et le pratiquons de cette façon pendant des années, nous ne parviendrons pas soudain à le faire correctement.

Il en est de même avec la prière. Les Pères de l'Eglise offrent des milliers d'années de sagesse en ce qui concerne la prière, comment prier, ce qui se passe dans le domaine spirituel pendant la prière, et comment sortir victorieux. 

Pour cette raison, l'une des premières choses que je recommanderais à quelqu'un qui est en recherche, c'est de glaner la sagesse que cette Église a à offrir sur la prière. Un bon livre de prière peut aider dans ce but.


Que Dieu vous accompagne dans votre voyage!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Orthodox Road

NOTE:
[*] Lancez une recherche sur internet: Ressources orthodoxes en ligne

mardi 7 juillet 2015

Jeremiah McKemy: Mon voyage dans l'Église ancienne (9)


from http://noobs.deviantart.com/art/sunrise-13632701

Prendre le temps

Une des décisions les plus importantes que je pris pendant mon voyage dans l'Orthodoxie, était que je ne me hâterais pas. Après le premier mois, je me rendis compte, à travers une brume de défis, qu'il y avait quelque chose en moi de profondément attiré par elle. Je décidai délibérément de prendre une année pour l'explorer; d'ici là, je sentais que je saurais avec certitude si elle était ou non pour moi.

Comme je progressais dans mon voyage, je croyais que si j'attendais jusqu'à ce que je sois convaincu à 100% de toutes les croyances et pratiques de l'Orthodoxie, alors je ne pourrais jamais m'y joindre. Elle est complètement étrangère à notre forme occidentalisée de christianisme, et entrer dans la vie de l'Eglise exige du temps et de la Grâce pour acquérir un nouveau cœur et un nouvel esprit. 

Personnellement, je pense que si l'on est bien convaincu et que l'on n'a pas de grands blocages, alors entrer dans la Grâce de l'Eglise va aider à résoudre toutes les pensées ou les doutes mineurs persistants. Bien sûr, ceci est mon opinion et non un conseil pastoral.

Vertus positives et négatives

Une fois que l'on a rejoint [l'Eglise], on peut être un peu dépassé - je l'étais. Il y a des cycles de fêtes et de jeûnes, un calendrier de l'Eglise avec des lectures quotidiennes, des prières matin et soir, l'apprentissage de la prière incessante, des offices toute la semaine, la confession, les prières avant la Communion, une attente de vivre réellement cette foi, et toutes sortes de pratiques. Il est facile de se sentir frustré dans le combat spirituel.

Comme un théologien orthodoxe grec [*] l'a écrit, il est parfois préférable d'établir les vertus positives avant les négatives. Les vertus positives, c'est-à-dire ces choses que vous ajoutez à votre vie, comprennent l'établissement d'une règle de la prière, l'apprentissage de la prière de Jésus, aller à des offices religieux, la lecture spirituelle, etc. 

Les vertus négatives sont des choses qui sont "enlevées" de votre vie comme le sommeil (des veillées de prière), la nourriture (jeûne), et d'autres formes d'abstinence. 

Ces dernières vertus, quoique peut-être pratiquées d'abord à petites doses, sont renforcées lorsque la vie spirituelle s'approfondit et que se manifeste un désir de les acquérir. Plus importante que mon opinion, est la direction que votre père spirituel discerne pour votre voie du salut.

Toutes les vertus ont un seul objectif: parvenir à l'union avec Dieu (id est la theosis/ divinisation). Ceci est accompli par la Grâce de Dieu et l'humilité (cette dernière est notre coopération synergique avec Dieu). Sans l'une de celles-ci, les vertus peuvent encore être pratiquées dans une certaine mesure, mais souvent elles conduisent à des sentiments de supériorité et d'orgueil spirituel.



Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Orthodox Road

NOTE:
[*]Alexandre Kalomiros dans son livre Nostalgia for Paradise [Nostalgie du Paradis]. On peut en lire un court extrait -en anglais- ICI.

lundi 6 juillet 2015

Jeremiah McKemy: Mon voyage dans l'Église ancienne (8)

Thoughtful Mood by Hieromonk Savvaty- Valaam Monastery

Installation dans l'Orthodoxie

Les mois et les années à venir présentèrent de nombreux défis. Je continuais à découvrir le pouvoir de changer la vie de la Grâce de Dieu dans l'Église orthodoxe, mais le "vieil homme" ne meurt pas facilement ou tranquillement. Comme l'a dit saint Ignace [Brianchininov], notre chair n'aime pas être crucifiée.

Durant mes années protestantes, nous pratiquions la gestion de péché. En d'autres termes, "le péché est mauvais, alors essayez de ne pas le faire. Et si vous faites effectivement un péché, dites que vous êtes désolé et poursuivez votre chemin." Au cours de ces années-là, je me suis entouré de bruit et de distractions afin de ne pas entendre mon cœur ou ma conscience.

Ce n'était pas semblable dans l'Orthodoxie.

Au lieu de cela, j'apprenais le calme intérieur et le fait que la vertu chrétienne n'était pas simplement une bonne idée, mais la direction dans laquelle nous devrions nous efforcer de devenir un avec Christ. 

Les commandements de Dieu ne nous sont pas donnés parce que Dieu a une aversion bizarre pour certaines choses; ils reflètent plutôt Qui est Dieu. Si le salut est unité avec Dieu, et que le péché est rupture de cette unité, alors, je me suis rendu compte que briser les commandements c'est, avec mon âme et mon corps, briser ma communion avec Dieu en participant à un comportement  qui est contraire à l'Être même de Dieu.

Le Ciel et le salut ne sont pas un lieu ou une destination éternelle. Au contraire, ils sont un état d'être dans lequel nous vivons l'unité avec Dieu Lui-même. Cette vie nous prépare à cette unité, et je commençai à réaliser la profondeur de mes désirs égoïstes tandis que le Saint-Esprit continuait à éclairer mon cœur. 

J'appris de première main pourquoi l'Eglise est appelée hôpital de l'âme, et pourquoi le salut est considéré comme une thérapeutique (et non pas un tour de magie instantanée).


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Orthodox Road

dimanche 5 juillet 2015

Jeremiah McKemy: Mon voyage dans l'Église ancienne (7)



LE POINT DE NON-RETOUR

J'en vins à la réalisation que vraiment l'Orthodoxie ne me proposait pas un nouvel ensemble de croyances avec les anciennes manières de faire les choses. L'offrande était une avec le Corps du Christ et le Saint-Esprit.

Il y avait encore quelques questions théologiques et quelques blocages, mais ceux-ci semblaient moins importants. Je conclus que si c'était là que je rencontrais Dieu Lui-même, alors c'était là que je devais être. S'il y avait des différences de croyance, alors peut-être était-ce moi qui devais changer, et non l'ancienne Église chrétienne.

Avec tout ce qui était arrivé, je me sentais comme les douze disciples quand Jésus avait scandalisé la multitude en déclarant qu'ils devaient manger Son corps et [boire] Son Sang. Il n'a pas crié, "Hé les gars, revenez. Je voulais simplement être métaphorique etc..." Au contraire, il les laissa s'en aller et demanda aux disciples s'ils allaient également partir. Pierre parla pour nous tous quand il a dit: "Seigneur, à qui irions-nous? [Tu as les paroles de la vie éternelle]." (Jean 6:68)

Et c'est exactement ce que je ressentais.

J'étais convaincu que l'Orthodoxie était le christianisme dans sa forme la plus pure et la plus puissante. Au début de mon voyage spirituel, j'ai brièvement étudié le bouddhisme et le taoïsme (ce dernier m'a semblé être attrayant), mais tout ce que j'ai aimé en eux, je l'ai trouvé dans une mesure encore plus complète, dans l'Orthodoxie.

ATTERRISSAGE. 
JE RENTRE A LA MAISON

Après des années à me sentir spirituellement sans feu ni lieu, je savais où je devais demeurer. Conformément à une tradition du début de l'Église dans laquelle beaucoup de convertis étaient introduits dans la journée avant Pâques, je fus chrismé le Samedi Saint, et je participai à ma première Communion à Pâques.

Ce fut un matin froid et humide, mais rien ne pouvait éteindre le feu en moi; J'explosais de vie, de joie et d'amour. 

Je ne faisais plus partie de la tribu innommable, sans lieu, et sans visage! Je voulais embrasser le monde entier et lui crier ce que je ressentais à propos de l'amour du Christ que j'avais trouvé dans l'Orthodoxie. 

Au cours de ces premiers mois, Je paraissais sans doute fanatique, et je ne serais pas surpris si j'ai agacé certains membres de ma famille et de vieux amis.
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Orthodox Road

samedi 4 juillet 2015

Jeremiah McKemy: Mon voyage dans l'Église ancienne (6)


Western Gate of the Resurrection Skete by Sergey Kompaniychenko - Valaam Monastery

L'étincelle divine

Les mots ne peuvent exprimer adéquatement ce qui a commencé à se produire dans mon cœur tandis que je m'ouvrais au Christ et au Saint-Esprit, par une vie de prière disciplinée. Quand, pour la première fois je me suis aventuré dans l'Orthodoxie, j'ai commencé à réciter quelques sélections simples de la prière du matin. Je les couplais à présent avec la Prière de Jésus tout au long de la journée, et je commençais à remarquer des changements en moi.

La prière n'est pas destinée à être un mantra, c'est plutôt quelque chose qui entre en fusion dans nos cœurs. Elle nous ouvre à la communion intérieure avec le Christ. Comme ceci s'approfondissait, je remarquai que les vieilles habitudes pécheresses, qui avaient eu la haute main sur moi pendant de nombreuses années, avaient été ébranlées. J'étais loin de les surmonter, mais un changement visible avait eu lieu. Même mon épouse fit remarquer que quelque chose se passait en moi; à cette époque, elle ne voulait pas se joindre à l'Eglise elle-même, mais elle aimait ce que celle-ci faisait pour moi.

Après que quelques mois se soient écoulés, les offices de l'Eglise que je trouvais ennuyeux jadis, m'émouvaient parfois jusques aux larmes. Je ressentais une présence profonde du Christ dans l'office, et même dans les icônes. 

La puissance de l'Esprit Saint me vainquit d'une manière qui fut très calme, mais vivifiante et profonde. C'était quelque chose dont Dieu m'avait permis  d'entrevoir de brefs aperçus tout au long de ma vie. A présent, cela arrivait plus souvent, et plus profondément.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après


Orthodox Road

vendredi 3 juillet 2015

Jeremiah McKemy: Mon voyage dans l'Église ancienne (5)


La véritable Eglise primitive

Après l'arrivée à la paroisse Carpatho-russe, je passai quelques mois en tergiversations. Une partie de moi était prête à abandonner les offices liturgiques ennuyeux, et à revenir à quelque chose d'un peu plus "branché" et excitant. J'avais du mal à m'engager dans les offices. En outre, certains aspects de la théologie déjà mentionnés ci-dessus étaient un défi.

Donc, j'ai passé des mois à étudier les écrits de l'Eglise primitive au cours de ses 120 premières années après la mort et la résurrection du Christ. Beaucoup de protestants ont le désir de revenir à "L'Eglise primitive;" un assez grand nombre (y compris moi à l'époque) pense que l'Eglise, arrivée à l'époque de Constantin, est devenue complètement païenne.

Mais mes études dans ce domaine balayaient toutes mes hypothèses sur l'aspect qu'avait selon moi de l'Eglise primitive. (Vous pouvez lire ci quelques-uns de ces écrits, on les appelle les Pères Apostoliques.) Je devais avouer que la plupart de toutes les choses que j'apprenais étaient contraires à mes imaginations modernes concernant l'Eglise primitive.

Il y avait des évêques, à qui l'on était tenu de soumettre si l'on voulait être  chrétien; l'Eucharistie (Communion) était considérée comme le Corps et le Sang du Christ; les offices étaient de nature liturgique; seuls les croyants baptisés étaient autorisés à rester jusqu'à la fin de l'office lorsque l'Eucharistie était célébrée; il n'y avait aucune mention d'instruments de musique utilisés dans le culte; il y avait des périodes de jeûne requis; et bien d'autres choses.

Comme mes recherches historiques progressaient, je ne pouvais pas m'empêcher d'admettre, un peu à contrecœur, que l'Eglise orthodoxe était, comme elle le prétendait, l'Eglise primitive. Cependant, ce n'est pas ce qui m'a convaincu de la rejoindre. Après tout, à quoi bon la revendication d'une structure et d'un culte extérieurs, s'il n'y a pas de vie à l'intérieur?

Perte d'intérêt

Après des mois de ce qui semblait être des services liturgiques secs, mon état d'esprit quasi-pentecôtiste demandait: où est l'Esprit Saint dans tout cela? Je reconnaissais la validité des revendications de l'Église orthodoxe d'avoir les mêmes croyances et pratiques que l'Eglise primitive, mais à quoi bon, si le Saint-Esprit les a abandonnées et si les offices sont morts et ennuyeux?

Ce fut alors en quelque sorte que je suis tombé sur le livre Les Récits du Pèlerin russe. C'est l'histoire d'un jeune paysan russe à la fin la fin des années 1800, qui se met en quête de comprendre expérimentalement le commandement de saint Paul de "prier sans cesse" (1 Thessaloniciens 5:17).

Le pèlerin apprend la prière de Jésus ("Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de moi pécheur") et commence à la pratiquer rigoureusement. Je décidai que je ferais le voyage avec ce simple paysan russe, et que je pratiquerais la prière de Jésus. Mon prêtre, qui lui-même avait l'expérience de cette prière de vie, me  demanda que de le rencontrer régulièrement pour discuter de ce qui se passait avec cette prière.
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Orthodox Road



jeudi 2 juillet 2015

Jeremiah McKemy: Mon voyage dans l'Église ancienne (4)


a prayer by Hieromonk Savvaty (Valaam Monastery)

APPROFONDISSEMENT

Un jour, j'ai entendu dire qu'il y avait une autre église orthodoxe beaucoup plus proche de chez moi. Je suis allé à la paroisse Carpatho-russe qui célébrait tout en anglais et j'y ai trouvé des gens tout à fait accueillants. Après deux conversations avec le prêtre, il m'a recommandé un livre intitulé Présentation de l'Eglise orthodoxe afin de m'aider à me familiariser avec l'office, la théologie, et même le bâtiment de l'église.

Je fus à maintes reprises remis en question dans l'Orthodoxie: tant de concepts étaient étrangers à un chrétien charismatique américain comme moi. Beaucoup de mes luttes incluaient le rôle de Marie, la Mère de Dieu, la prière avec les saints, l'office qui n'était pas été ouvert à des changements sur un seul caprice, la soumission à la hiérarchie, les prétentions exclusives de l'Orthodoxie à être l'Église, et -aussi étrange que cela puisse paraître- les demandes répétées de la miséricorde de Dieu. Ne sommes nous pas déjà tous sauvés, pensais-je, pourquoi continuer à demander la miséricorde de Dieu?

Mais il y avait de nombreux aspects que je trouvais rafraîchissants: une fois que je me suis habitué à un style de culte différent, je me rendis compte qu'il y avait là une profonde beauté. Dans l'Église orthodoxe qui était sans chef de culte rock star, ou de pasteur superstar qui prenait sur lui d'être le centre du dimanche matin. Au lieu de cela, je découvrais que l'Eucharistie était célébrée comme le Corps et le Sang du Christ rendus présents parmi nous, et c'était là le centre d'attention - (invisible) la Présence du Christ au milieu de nous. Et on n'en parlait même pas tellement, mais c'était reconnu par l'expérience même de l'office.

Cela étant le cas, c'était très modeste. Bien sûr il y a le clergé avec des vêtements de fantaisie, de l'encens, et des cloches. Mais pas  de concert de rock du dimanche matin, pas de discours de motivation, pas de battage médiatique, et aucun contentement de soi préfabriqué. On s'attendait simplement à ce que vous veniez avec un cœur prêt à y rencontrer Dieu.

J'ai également réalisé que l'appel à l'autel (qui commença durant le mouvement revivaliste) était absent de l'office typique du dimanche matin (appelé la Divine Liturgie). Cela dérange vraiment certaines personnes. Comment pouvons-nous obtenir que les gens soient sauvés sans appel à l'autel? Bien sûr, afin de répondre à cela, nous devrions poser une meilleure question: que signifie être sauvé?

Dans l'Orthodoxie, le salut n'est pas un événement qui arrive à quelqu'un (ie une prière et une ascension mentale vers une doctrine particulière), afin que l'on puisse échapper à l'enfer et aller au ciel plus tard. Au contraire, c'est un changement complet du cœur et de l'être dans lequel l'ensemble de soi-même doit être crucifié avec le Christ et ressuscité en Lui afin qu'on puisse intimement devenir un avec Lui dans cette vie et dans la suivante. À quelques exceptions près (telles que le larron sur la Croix à côté du Christ), ce processus de changement est long.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Orthodox Road



mercredi 1 juillet 2015

Jeremiah McKemy: Mon voyage dans l'Église ancienne (3)


starting a journey by Hieromonk Savvaty (Valaam Monastery)

L'entrée dans une terre étrangère

Ma femme accepta de se risquer à sortir avec moi pour notre première expérience liturgique: une visite à l'Eglise grecque orthodoxe locale.

Nous fûmes complètement perdus.

Environ la moitié de l'office était en grec; ils balançaient partout de l'encens; beaucoup de gens venaient avec une heure de retard (nous étions parmi les premiers à être là et nous avions seulement quelques minutes d'avance); les gens se levaient et s'asseyaient sans arrêt; il y eut une procession aléatoire où le prêtre sortit avec quelques plats brillants dans ses mains, et tout le monde devint solennel (la Grande Entrée); il y avait des conversations en grec autour de nous (presque tout le monde était grec); et nous n'avions pas la moindre idée de ce qui se passait. Avec tout cela, la psalmodie et le chant, je me demandais quand ils commenceraient l'office réel. Il y eut un sermon à un moment donné, qui, bien que bref, frappa mon cœur et j'eus envie d'en entendre davantage.

Après nous être levés (et quelquefois assis) pendant deux heures, ils ont commencé un service commémoratif, et j'ai regardé ma femme et j'ai murmuré: "Tu es prête à partir?" Elle a hoché la tête avec insistance et nous sommes vite sortis tous les deux, alors que les gens allaient vers l'avant pour recevoir un morceau de pain.

Que venait-il de se passer là-dedans? Nous nous posions la question tous les deux et nous nous le demandions à haute voix une fois dans la voiture. Essayant d'être positif, j'ai dit, "Ce fut une expérience culturelle intéressante."

Peu de temps après, nous avons décidé d'aller voir une paroisse orthodoxe russe qui était un peu plus loin. Alors que nous entrions et que nous regardions autour de nous à notre manière désemparée habituelle, le vieux prêtre se dirigea vers nous avec un sourire et il expliqua qu'ils allaient faire leur tout premier office partiellement en slavon. Nous avons hoché la tête et dit, "Ok, merci de nous en informer" tandis que je pensais, "en slave... quoi?" Il y avait quelque chose de profond et beaucoup d'amour chez ce prêtre, et même si nous nous sommes ennuyés à la Liturgie, je sentis en mon coeur un petit pincement qui m'incitait à y revenir.

A partir de là, ma femme en avait fini avec l'expérimentation dans l'Orthodoxie, bien qu'elle ne s'opposa pas à ce que je continue mon exploration. Franchement, je ne pouvais pas le lui reprocher. Et s'il n'y avait pas eu ce pincement incroyablement puissant et irrésistible dans mon cœur vers elle, j'aurais également abandonné l'Orthodoxie.

Ayant grandi dans les milieux charismatiques, j'avais pris l'habitude des groupes musicaux en direct, des paroles projetées sur grands écrans, de musique entrainante, et d'un sermon divertissant et parfois émotionnel qui occupait la plus grande partie du temps de l'office. C'était le Sunday Morning Show.

From joshwhite.org

Pour moi, l'église était censée suivre vaguement ce format:

Chant d'ouverture
Annonces
Trois ou quatre autres chants
Sermon 
(qui prenait la plus grande partie du temps de l'office)
Appel à venir vers l'Autel
Chant de clôture

Chaque fois que je me rendais en visite dans l'Eglise orthodoxe, je découvrais que j'attendais que l'office commence réellement. Ce fut alors que je réalisais que mon impression inconsciente était que les offices du dimanche matin consistaient en un sermon avec un acte d'ouverture. C'était une pensée ironique, compte tenu du fait que j'avais dirigé le culte pendant des années.



Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Orthodox Road

mardi 30 juin 2015

Jeremiah McKemy: Mon voyage dans l'Église ancienne (2)


Winter on Svyatoy (Holy) Island by Hieromonk Savvaty (Valaam Monastery)


Le vide et l’agitation
Que faire de ces sentiments désagréables? Etant un chrétien américain typique, la réponse semblait évidente: devenir plus occupé à « Servir Dieu ». Je traînais avec les sans-abri un jour de la semaine, tendais la main un autre jour aux non-croyants, j’allais à une étude biblique un autre jour, j’étais impliqué dans le ministère carcéral, le culte du dimanche matin, etc. Pendant une période où je me trouvais sans emploi, je me suis impliqué dans diverses communautés spirituelles presque tous les jours de la semaine.

Alors que le désir d'être impliqué et de servir Dieu est admirable, je savais qu'il y avait quelque chose qui manquait. Peu importait combien j’étais impliqué, les chaleureuses effusions de l'événement disparaissaient, et je restais avec mon agitation, mon vide, et même ma solitude à certains moments. Je tentais de gérer mon péché du mieux que je pouvais, mais il avait la haute main sur moi. J’étais esclave de mes désirs coupables et je montrais un comportement autodestructeur qui faisait du mal, à la fois à moi et à d'autres.

Quelque chose devait changer.

Qu’est-ce que cette orthodoxie?

J’essayai le mouvement charismatique, je courais dans les milieux chrétiens progressistes, je regardai en arrière vers mes racines du christianisme conservateur, et j’envisageais même de commencer ma propre église de maison. Rien ne donnait une réponse satisfaisante.

Un de mes mentors spirituels suggéra que je m’intéresse à l'Orthodoxie orientale (il n’était pas orthodoxe lui-même, mais il avait des amis qui l’étaient). " Ils ne sont rien de plus que l'Église catholique romaine de l'Est." J’’ai repoussé sa suggestion d’un geste, lui disant que j'avais lu des choses à leur sujet dans mes livres d'histoire; il m'a dit qu'il y avait beaucoup plus que ça; il y avait une profondeur cachée et un trésor de connaissance spirituelle au sein de l'Orthodoxie. Je respectais grandement son opinion et je mis cette conversation en réserve pour plus tard.

Mon voyage spirituel continua comme je l'ai indiqué auparavant: plein d'agitation et de vacuité. Mais je trouvais quelque chose de bizarre: je continuais à me "cogner" aux chrétiens orthodoxes dans mes discussions en ligne, ainsi qu’à leur théologie dans certaines de mes lectures. Chaque fois que j’avais une opinion différente de la leur, je trouvais que j’étais beaucoup plus en accord avec l'Eglise orthodoxe qu’avec moi-même. Après un an ou deux, je décidai en soupirant qu'il était temps de prendre sérieusement l'avis de mon mentor spirituel.

Comme avec de nombreux chercheurs, je commençai avec Kallistos Ware L'Eglise orthodoxe et La Voie orthodoxe [The Orthodox Way]. C’étaient de bons livres d'initiation qui m'aidèrent à comprendre certaines des croyances et pratiques de l'Eglise orthodoxe. Après avoir lu la plupart de ces livres et avoir eu plusieurs discussions avec des blogueurs orthodoxes, je décidai que la seule chose qui restait était de faire la visite réelle d'une église orthodoxe.

Depuis plusieurs mois, je voulais aller dans une église orthodoxe, mais je craignais d’abandonner les gens. Finalement, je décidai que je ne serait pas contrôlé par ma peur de l'opinion des autres, et que j’irais là où je sentais que Dieu me conduisait. Ce fut une étape importante pour moi.

J’eus une discussion difficile avec l'homme qui était à l'époque mon pasteur. Alors que tout le monde n’éprouverait pas le besoin de parler à son pasteur pour quitter son église, [je devais le faire car] je faisais partie de l'équipe de culte du dimanche matin et, certains dimanches, j’en étais l’animateur principal. Le pasteur était déçu de me voir partir, et je me sentais un peu coupable de le laisser tomber. Je lui ai dit que cela ne serait que pour un mois ou deux. Je ne savais pas ce que Dieu avait prévu pour moi.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Orthodox Road