"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

mardi 8 février 2022

TECHNOLOGIES DE GUERRE HYBRIDE CONTRE L'ORTHODOXIE MONDIALE



Photo : koreni.rs     

Quelqu'un a-t-il commencé à se demander comment dans les sociétés traditionnelles, les sociétés à forte culture familiale et à orientation binaire, telles que la Serbie et l'Ukraine, diverses marches et littérature LGBT apparaissent soudainement ? Ou pourquoi des structures ecclésiastiques schismatiques et parallèles sont-elles imposées à ces personnes, et pourquoi ces nouvelles structures ont-elles une vision plus "libérale" de l'humanité ? Pourquoi ces structures sont-elles si liées aux gouvernements qui résultent du coup d'État qui reçoivent d'énormes injections d'argent de pays occidentaux, principalement des États-Unis ? Un invité récent à la série de conférences publiques "Krapivensky 4" a des réponses intéressantes.

Le 26 janvier 2022, Slobodan Stojicevic, spécialiste de premier plan de l'Institut d'études stratégiques nationales, auteur et journaliste, a fait une présentation lors d'une série de conférences publiques universitaires qui ont eu lieu à l'Université orthodoxe russe Saint Jean le Théologien à Moscou. Dans le cadre de la série, Stojicevic a présenté son rapport, "Serbie. Une guerre hybride contre l'orthodoxie et les schismes « colorés ».

L'événement s'est tenu avec le soutien du Centre académique et analytique du Conseil populaire mondial russe et de l'École spécialisée russe.

M. Stojicevic a noté que son discours pouvait être considéré dans une certaine mesure comme le résultat de recherches menées au cours des dernières années - en particulier la recherche sur le phénomène de la guerre de réseautage, couvrant en partie l'influence des ONG américaines en Serbie. En 2018, le livre de M. Stojicevic The Network War Against Serbs [La guerre des réseaux contre les Serbes]a été publié. Il examine les caractéristiques de la guerre de réseautage contre l'Église orthodoxe serbe.

« L'attaque menée contre l'orthodoxie et individuellement contre chacune des Églises locales n'est ni spontanée ni isolée - c'est une action clairement planifiée. » Selon Stojicevic, après 2001, l'idéologie de la "déradicalisation" (essentiellement la sécularisation) de la religion a été modelée dans les profondeurs des think tanks américains. Il consiste à infiltrer les religions traditionnelles - christianisme, islam, bouddhisme et judaïsme - par l'intermédiaire d'ONG. Cela signifie par le biais de forums civils, de conférences et de la communauté universitaire. Il estime que le but d'une telle intervention est d'influencer les religions du monde afin de les transformer d'universelles en "inclusives". « Dans le même temps, les principes du postmodernisme européen - l'agenda féministe et LGBT - sont activement promus. Le but ultime derrière ce projet pourrait être formulé comme suit : Toute religion peut et doit être changée dans l'intérêt politique du mondialisme", a dit S. Stojicevic.

L'analyste a identifié plusieurs niveaux de préparation et de mise en œuvre pratique de cet objectif. Selon lui, "Tout d'abord, l'idéologie et la direction de l'influence ciblée sur la sphère religieuse sont formulées. Viennent ensuite les États-Unis : Évaluation de ce plan par le Département d'État, élaboration d'un plan d'actions supplémentaires et évaluation des opportunités disponibles. À l'étape suivante, ces plans descendent au niveau des ONG, où les projets sont approuvés et où les domaines de subventions généreuses sont déterminés", estime l'expert.

« Si nous examinons cette situation à la lumière des vingt dernières années, le tableau devient complet. À première vue, les ONG qui accordent une bourse à un jeune théologien ou prêtre et envoient des étudiants étudier dans des établissements d'enseignement protestants européens peuvent sembler gentils et même naïves. Cependant, de telles actions sont motivées par des considérations politiques et ont des objectifs parfaitement clairs", a déclaré Stojicevic.

« Il nous semble souvent que l'Église devrait rencontrer la société à mi-chemin et en être plus proche. Cependant, cela varie d'un pays à l'autre. Différentes Églises devraient coopérer avec l'État de différents pays de différentes manières. Par exemple, en Russie, où les valeurs traditionnelles sont importantes pour la société, cette coopération devrait être menée d'une manière complètement différente de celle de la Grèce", estime l'analyste.

S. Stojicevic a accordé une attention particulière à la troisième partie de son livre intitulé "L'Église et la société de l'information", dans laquelle il tente d'expliquer aux prêtres les principes du fonctionnement du domaine de l'information moderne et la structure du réseau des ONG. « Je voulais transmettre aux lecteurs l'idée que certains des scandales qui se produisent autour de l'Église ne surviennent pas par hasard et sont le résultat des activités des ONG et des ambassades américaines », estime le journaliste.

« Je vois le rôle des spécialistes travaillant dans le domaine de l'information de l'Église comme attirant l'attention des évêques et du clergé orthodoxes sur la nécessité de fournir les informations nécessaires à leurs troupeaux sans permettre à ces informations de manipuler l'Église. Il est important que les problèmes qui se posent dans l'Église soient résolus au niveau hiérarchique. Même par leur ingérence involontaire, les laïcs peuvent souvent faire de graves dommages, tandis que la mission de l'Église est de guérir", a souligné S. Stojicevic.

« Au département de théologie de Serbie, j'ai suggéré de préparer un atelier : « Une culture de la sécurité », afin que nos évêques, prêtres et théologiens apprennent les différentes technologies des ONG étrangères afin d'éviter avec succès la manipulation et la provocation. En Russie, le livre intitulé Rires, tabou et autres technologies humanitaires [en russe] du directeur de l'école spécialisée russe Vasily Shtchipkov y est consacré. À l'avenir, il sera possible de mettre en œuvre un projet visant à comparer l'utilisation des technologies occidentales dans les Églises orthodoxes locales. Je suis sûr qu'il sera alors clairement démontré et prouvé qu'il s'agit d'actions hostiles contre l'unité orthodoxe. Nous traversons une période turbulente, mais nous devons toujours être prêts à nous défendre et à défendre notre Église", a déclaré S. Stojicevic en conclusion.

***

Dans un article publié sur Srbn.info, Slobodan Stojicevic va plus en détail sur la guerre hybride en réseau menée en Serbie :

« Le théâtre d'action des guerres de réseaux est une société de l'information « ouverte » et un espace d'information postmoderne. L'une des phases est la création d'un "climat" afin que les gens ne s'opposent pas ou ne participent même pas aux changements dans les paramètres fondamentaux de la société...

« Instagram peut être utilisé pour changer la réalité, mais aussi de vrais groupes sociaux - ONG, mouvements, collectifs...

« Une personne prend des décisions en fonction des informations qu'elle a reçues du monde extérieur (Filtres psychologiques tels que l'expérience, la compréhension du bien et du mal, la morale, la logique, les différentes sortes d'informations). Mais ils peuvent aussi être neutralisés. Sous l'influence d'émotions - colère, joie forte, affect - une personne accepte des informations et prend des décisions qu'elle ne prendrait pas dans des circonstances normales.

« L'Église orthodoxe serbe a été largement attaquée à l'extérieur et à l'intérieur, mais, malheureusement, elle ne voit pas le danger. Le nombre de croyants diminue en raison de la promotion de « divers types de spiritualité », de « spiritualité domestique », à travers la séparation de ses territoires canoniques, le discrédit de l'organisation de l'Église, sa séparation du peuple et de l'État et la réduction de l'orthodoxie à la « serbisation »...

« Aujourd'hui, ce n'est plus un secret pour personne que les organismes gouvernementaux américains développent des armes cognitives basées sur l'intelligence artificielle et des algorithmes comportementaux. Dans de telles circonstances, une personne accepte même des informations qui contredisent tout le reste.

« Internet est un environnement idéal pour mener une guerre en réseau...

« Selon les données officielles, 2 % des utilisateurs de Twitter créent soixante pour cent du contenu de ce réseau social ! Et cinq pour cent des utilisateurs en créent jusqu'à soixante-quinze pour cent. Les données sont similaires pour d'autres réseaux sociaux.

« Qui sont ces deux ou cinq pour cent de ces utilisateurs actifs qui ont la force, le temps, l'argent et d'autres ressources pour créer tous ces mythes, statuts, images, films, croquis, commentaires, réponses aux commentaires, réponses aux réponses ? »

Il serait très utile que le livre de M. Stojicevic soit traduit en [français]. Le moment est venu pour les chrétiens orthodoxes d'apprendre à utiliser Internet plus judicieusement. Appel à tous les traducteurs serbes !


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

ORTHOCHRISTIAN


dimanche 6 février 2022

Sur Orthodoxie.com


Nouveau site Internet des Éditions “Sofia”

Les Éditions “Sofia” publient des ouvrages traduits du russe pour faire connaître la richesse de l’orthodoxie dans les pays francophones. Elles ont déjà publié une très belle série des vies de saints chrétiens, racontées avec talent par des écrivains pour les enfants et magnifiquement illustrées. 

Un album catéchétique pour des petits et des grands permet à ceux qui entrent dans une église orthodoxe de comprendre cet univers. Organisé comme un imagier, il permet de se familiariser avec les traditions et nombreux symboles présents dans les offices orthodoxes. Le texte fournit des explications sur l’église, l’iconostase, le monastère, les offices et leur déroulement, les sacrements et la prière quotidienne.

Un livre à avoir chez est ‘Homélies de chaque dimanche de Mgr Antoine Bloom” ! Des méditations qui parlent au cœur de tous ceux qui veulent suivre le Christ, quelle que soit leur confession chrétienne. L’accent est mis sur l’expérience personnelle de vie spirituelle, sur l’application de l’évangile au quotidien.

Vous pouvez désormais consulter leur catalogue en ligne ! 

Les livres sont en vente sur les boutiques en lignes des monastères de Solan et de Terrasson. Les paroisses et monastères qui le souhaitent peuvent commander des livres pour leurs magasins en utilisant la page de contact.

samedi 5 février 2022

Nouveaux ouvrages en librairie

 

Librairie du Monastère de la Transfiguration
4 février 2022
Mon Père, madame, monsieur
 
Nous avons le plaisir de vous informer de la mise en ligne de deux nouveaux ouvreages.
 
 
La commémoration des défunts dans les offices de l'Eglise orthodoxe

Saint Athanase (Sakharov)
 
 
 
 

Abécédaire de la vie spirituelle

Monseigneur Job Getcha
 
 
 
 

Paru récemment
 
Monastère de la Transfiguration.
24120 Terrasson- Lavilledieu

dimanche 23 janvier 2022

Sur Orthodoxie.com

Vient de paraître: Jean-Claude Larchet, «Mont Athos. Carnets 1974-2015»

 



Ce nouveau livre de Jean-Claude Larchet rassemble les notes qu’il a prises au cours de treize séjours au Mont Athos, haut lieu de la spiritualité orthodoxe, où aujourd’hui encore, vingt grands monastères et des centaines d’ermitages entretiennent fidèlement des traditions plus que millénaires.

Les notes qui concernent les deux premiers séjours (1974 et 1978), les plus longs, prennent la forme d’un Journal ; celles qui concernent les séjours suivants (de 1996 à 2015) ont une forme plus libre.

L’auteur a eu le privilège de s’entretenir avec les plus grands spirituels athonites de cette époque, vivant en ermites ou dans de petites communautés hésychastes, comme saint Païssos, saint Éphrem de Katounakia, ou le starets Dionisie de Colciu. Il a longuement séjourné dans le skit de l’un des disciples de Joseph l’Hésychaste, le Père Charalampos. Il a rencontré aussi les grands higoumènes qui ont restauré la vie cénobitique dans plusieurs grands monastères (comme le Père Éphrem de Philothéou, le Père Aimilianos de Simonos Pétra, le Père Georges de Grigoriou, le Père Basile de Stavronikita, ou le Père Petroniu Tănase de Prodromou).

Ces Carnets évoquent la personnalité de ces grands témoins de la spiritualité orthodoxe au XXe siècle, et présente des enseignements reçus d’eux, mais aussi d’autres moines moins connus mais remarquables. L’auteur les a surtout interrogés sur la Prière de Jésus, pour la pratique de laquelle le Mont Athos constitue une référence majeure. Ils apportent sur ce sujet un grand nombre de témoignages personnels et de conseils pratiques qui font de ces Carnetsnon seulement un récit de voyage dans un « pays » hors du commun, mais un livre de spiritualité dont chaque lecteur pourra tirer profit. 

Jean-Claude Larchet, Mont Athos. Carnets 1974-2015Éditions des Syrtes, Genève, 2022, 292 p.

jeudi 20 janvier 2022

Jean-Claude LARCHET: MONT ATHOS, Carnets 1974-2015


Vient de paraître: Jean-Claude Larchet, «Mont Athos. Carnets 1974-2015»


Ce nouveau livre de Jean-Claude Larchet rassemble les notes qu’il a prises au cours de treize séjours au Mont Athos, haut lieu de la spiritualité orthodoxe, où aujourd’hui encore, vingt grands monastères et des centaines d’ermitages entretiennent fidèlement des traditions plus que millénaires.

Les notes qui concernent les deux premiers séjours (1974 et 1978), les deux plus longs, prennent la forme d’un Journal ; celles qui concernent les séjours suivants (de 1996 à 2015) ont une forme plus libre.

L’auteur a eu le privilège de s’entretenir avec les plus grands spirituels athonites de cette époque, vivant en ermites ou dans de petites communautés hésychastes, comme saint Païssos, saint Éphrem de Katounakia, ou le starets Dionisie de Colciu. Il a longuement séjourné dans le skit de l’un des disciples de Joseph l’Hésychaste, le Père Charalampos. Il a rencontré aussi les grands higoumènes qui ont restauré la vie cénobitique dans plusieurs grands monastères (comme le Père Éphrem de Philothéou, le Père Aimilianos de Simonos Pétra, le Père Georges de Grigoriou, le Père Basile de Stavronikita, ou le Père Petroniu Tănase de Prodromou). 

Ces Carnets évoquent la personnalité de ces grands témoins de la spiritualité orthodoxe au XXe siècle, et présente des enseignements reçus d’eux, mais aussi d’autres moines moins connus mais remarquables. L’auteur les a surtout interrogés sur la Prière de Jésus, pour la pratique de laquelle le Mont Athos constitue une référence majeure. Ils apportent sur ce sujet un grand nombre de témoignages personnels et de conseils pratiques qui font de ces Carnets non seulement un récit de voyage dans un « pays » hors du commun, mais un livre de spiritualité dont chaque lecteur pourra tirer profit.

 

Jean-Claude Larchet, Mont Athos. Carnets 1974-2015, Éditions des Syrtes, Genève, 2022, 292 p.



Jean-Claude Larchet est né en 1949 dans le nord-est de la France, à Badonviller, dans une famille catholique. C’est au cours de ses études de philosophie que la lecture des Pères grecs et de leurs commentateurs orthodoxes (en particulier Vladimir Lossky) l’a orienté vers l’Église orthodoxe, où il a été reçu en 1971 par celui qui allait être son père spirituel, le starets Serge Chévitch (1903-1987), qui fut aussi le père spirituel du théologien Vladimir Lossky, du philosophe Nicolas Berdiaev et du moine iconographe Grégoire Krug (1908-1969).

De 1973 à 1979 il rencontre, en vue de recevoir leurs conseils, quelques-unes des personnalités spirituelles les plus connues de cette époque : l’archimandrite (aujourd’hui saint) Justin Popović, l’archimandrite Sophrony Sakharov et, au cours de deux longs séjours au mont Athos, les disciples du starets Joseph l’Hésychaste – l’Ancien Ephrem de Katounakia, l’Ancien Ephrem de Philothéou, l’Ancien Charalampos – et surtout le starets (aujourd’hui saint) Païssios (Eznépidis) (en), avec qui il a de longs entretiens et dont le soutien aura pour la suite de sa vie une grande importance.

mardi 21 décembre 2021

Le raisin de saint Macaire

 Un jour, dans le désert d'Égypte vivait un moine appelé Macaire. Celui-ci était bien connu dans tout le pays pour les bonnes actions qu'il avait faites et beaucoup de gens venaient  lui demander conseil.

Dans le même désert vivait un autre moine du même nom de Macaire et celui dont nous allons parler fut appelé par tout le monde le citadin parce qu'il était originaire de la célèbre ville d'Alexandrie. Saint Macaire était vieux alors et dirigeait un monastère de moines lorsque eut lieu la situation que nous allons raconter.

Un jour, un homme vint vers saint Macaire et lui apporta un raisin très mûr et savoureux. Nous devons savoir que dans le désert, les moines n'avaient pas d'endroit où cueillir des raisins parce qu'il y avait une chaleur brûlante tout le temps, des sables sans fin et les plantes manquaient presque complètement.

L'homme pensait qu'il ferait une grande joie à Macaire, plus âgé, en lui apportant ce raisin qui est très précieux dans le désert où l'eau manque. Le saint prit le raisin et remercia son invité pour l'amour qu'il lui montrait.

Restant seul dans sa cellule, Macaire l'ancien pensait manger ce beau raisin qui était si itentant avec sa bonne odeur. Mais quand il voulut prendre un grain de raisin tout à coup, il se souvint de toute la communauté de moines qu'il dirigeait et pensa qu'ils voudraient bien sûr goûter à un raisin comme celui-là. Que faire ? Il ne voulait pas le manger seul parce que la pensée des autres moines le faisait se sentir avare et avide.

`Suis-je si égoïste de manger ce raisin seul pendant que d'autres frères endurent la soif ? Je ne ferai pas cela. » se dit cet ancien à lui-même. Et en pensant à ce qu'il fallait faire de ce raisin, il décida de le donner au premiier venu.

Peu de temps après, un moine a frappé à sa porte. En le voyant, l'ancien se réjouit et après lui avoir parlé, il sortit le raisin et le lui donna en disant : "Voilài, frère, prends-moi ce raisin, je suis vieux et j'ai l'estomac malade, donc je ne peux pas manger de raisins. ` Saint Macaire mentionna la maladie que pour faire recevoir son cadeau au frère, mais il aurait aimé goûter au moins un grain de ce beau raisin qui sentaitt bon. Le frère prit le raisin et en remerciant il retourna à sa cellule.

Mais quand il eut atteint sa cellule et voulut manger le raisin, le jeune moine eut la même pensée que saint Macaire.

`Comment mangerai-je ce raisin quand les autres frères endurent la soif ? J'irai le donner à un frère malade. Il alla chez un frère qu'il savait fragile. « Il a plus besoin du raisin que moi », se dit-il à lui-même.

Mais il se trouve que ce moine frêle ne garda pas le raisin pour lui-même et décida de le donner à quelqu'un d'autre. De cette façon, le raisin passa d'un moine à un autre car chacun pensait aux autres et non à lui-même. Le soir, l'un des moines qui venait de recevoir en cadeau ce beau raisin d'un autre frère pensa en lui-même : « Quel beau raisin. Comment est-il arrivé dans ce désert brûlé par le soleil et manquant de verdure ? J'irai donner ce raisin à notre père Macaire, car il est vieux et a beaucoup plus besoin de ce fruit que moi qui suis jeune et fort. En disant que ce moine cacha le raisin sous sa soutane et alla avec lui à la cellule de Macaire.

Quand Macaire l'ancien, vit le raisin, il fut très surpris car il le reconnut immédiatement . C'était exactement le raisin qu'il avait reçu et ne voulant pas le manger l'avait donné à un autre moine. Il fut surpris parce que le moine qui lui donna le raisin n'était pas le même que celui du matin. Le saint se rendit compte très rapidement de ce qui s'était passé: aucun des frères ne voulait garder le raisin pour lui-même et ils l'e donnèrent de l'un à l'autre et le raisin lui fut rendu. Faisant semblant de ne rien savoir, saint Macaire a pris le raisin et remercia en s'émerveillant de l'amour que les moines de sa communauté avaient prouvé car personne ne pensait à lui-même, mais aux autres.

Restant seul, Macaire l'ancien, prit le raisin en disant : « Puisqu'aucun des frères n'a mangé ce raisin, comment le mangerai-je quand je serai leur père et leur conseiller ? et disant cela, il prit le raisin et le mit sur une pierre. Un oiseau vint et l'enporta à ses petits. C'est ainsi que finit le raisin de saint Macaire.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après 

THE ATHONITE TESTIMONY

Extrait du petit patericon

Raconté et illustré pour les enfants

 par le père Savatie Baștovoi

Cathisma Publishing, 2008.

lundi 20 décembre 2021

Prêtre Visarion Alexa: La Croix donne du pouvoir à l'homme


La Croix a un grand pouvoir. Elle sanctifie, garde l'homme qui se signe, le lit que nous marquons de son signe le soir avant d'aller dormir, le pain, la nourriture où nous faisons le signe de la croix, la maison que nous bénissons avec le signe de la croix.

La Croix donne du pouvoir à l'homme, elle le ravive. Lorsque l'homme qui est en difficulté a la foi, il met toute sa foi et son espérance en Dieu et fait le signe de la Sainte Croix: son âme obtiendra du pouvoir et son corps sera ressuscité.

Lorsque vous faites face à une grande tentation et que vous sentez que vous coulez, le signe de la croix devient une ancre.

Malheureusement, à notre époque, le signe de la Sainte Croix est souvent pris en dérision. La Croix n'est pas un accessoire, un simple bijou porté au pied ou à l'oreille.

La Croix représente une attitude de vie, ce n'est pas un signe auquel nous nous accrochons ou avec lequel nous faisons un tatouage, Dieu sait où, c'est plus que cela, c'est un état.

Vivre dans l'état de Croix, c'est vivre dans un état de sacrifice (de dévouement) pour les autres. Mais ce modèle de sacrifice de notre temps est fortement perturbé par notre façon d'être.

Nous sommes dès notre plus jeune âge habitués à devenir égoïstes, à rechercher notre plaisir, notre joie, notre satisfaction et à devenir les maîtres des autres dans un désaccord total avec l'état de sacrifice auquel le christianisme nous appelle.

Ce n'est pas une offrande toxique, manipulatrice et abusive, mais une offrande sacrificielle. Le père Sofian, mon staretz, me disait toujours : « Prends soin de ne pas être pris en possession par personne, de ne pas devenir l'esclave de quelqu'un.

Ceci n'est pas un sacrifice, c'est un abus. Le sacrifice chrétien est fait sereinement, avec dignité et joie.

Lorsque vous vous sacrifiez pour l'autre, vous faites quelque chose de bien pour lui, vous le ressuscitez de la mort à la vie, vous n'accomplissez pas pour lui un fantasme, vous ne devenez pas un misérable esclave de celui-ci, vous ne devenez pas victime de certains abus.

Saint Paul, l'apôtre, dit : " Portez les fardeaux les uns des autres [...] mais veillez à ne pas tomber sous leur poids".

Le sacrifice du Sauveur n'était pas quelque chose d'ordinaire, l'accomplissement de certains caprices, de certaines choses superficielles de la vie du peuple, c'était la différence entre la vie et la mort.

Le sacrifice apporte la paix de l'âme, l'amour et la douceur envers les autres. Lorsque vous pensez vous sacrifier en écumanant de rage et en jugeant, vous échouez.

J'ai vu ce genre de sacrifice en famille. Habituellement, la femme/mère/femme est celle qui se sacrifie pour ses proches, mais au lieu d'être heureuse de son sacrifice/de sa dévotion, elle devient un être amer, qui a perdu toute sa joie pour la vie.

Elle vit chaque jour en luttant, en critiquant et en jugeant et de cette façon, elle perd son propre salut et de salut de l'autre aussi parce que cette relation devient toxique.

La sainte fête de la Croix nous appelle à un état de sacrifice sain, notre esprit étant en Dieu et priant pour l'homme pour qui vous vous sacrifiez afin qu'il puisse se relever de sa chute. De cette façon, vous garderez votre tranquillité d'esprit, la joie de vivre et vous vivrez avec l'espoir qu'un jour le Seigneur bénira votre sacrifice et que du fruit en sortira.

C'est le temps de la confession : « Je suis chrétien, je crois en Dieu, je vais à l'Église, je me confesse, je communie et je n'ai pas honte de la croix que je porte.

C'est une confession que vous faites à tous ceux qui vous entourent, à votre travail, lorsque les gens vous demandent si vous jeûnez, si vous allez à l'Église et si vous n'avez pas honte d'admettre que dans la rue lorsque vous faites le signe de la Croix devant une Église et que de cette façon, le Sacrifice du Sauveur devient une œuvre qui ravive ta vie et ne reste pas seulement une histoire qui s'est passée il y a longtemps.

Version Française Claude Lopez-Ginisty

d'après


dimanche 19 décembre 2021

Pr. Paul Siladi: La solution de la Compassion

 

Le Patéricon est essentiellement un livre de réunions, de dialogue, de questions et réponses. Si vous regardez attentivement l'échange de remarques des ascètes, vous remarquerez qu'il y a quelque chose qui va au-delà du simple échange d'informations, que les anciens ne sont pas recherchés pour donner des solutions et que souvent ce qui est offert n'est que la solidarité réciproque des ascètes.

Il est très normal qu'il en soit ainsi. Même les grands startsy n'ont pas de solutions instantanées à tous les problèmes auxquels les hommes sont confrontés. Mais ils ont autre chose de beaucoup plus important, ils ont de la compassion, des soins et de la prière pour ceux qui viennent à leur rencontre.

Un frère demanda un jour à abba Pimen : « Que faire, les pressions viennent me troubler? `

Le staretz répondit : « La violence trouble complètement les petits et les grands. ` 

Nous voyons à nouveau abba Pimen ne pas répondre directement à la question, il brise les cadres déjà créés par les attentes de celui qui pose la question et il évite d'offrir des solutions faciles. Il n'y a probablement pas de solutions sans problèmes aux grandes questions. Mais à son tour, il offre au frère la confirmation du fait que les expériences qu'il traverse sont normales. Il y a un grand danger qui se cache derrière la vie psychique et spirituelle : l'isolement. Au moment où les choses ne se passent plus comme vous le souhaitiez, vous perdez l'équilibre et vous commencez à croire que vous êtes le seul dont la vie ne correspond pas à ses attentes que c'est seulement vous qui ne trouvez pas son chemin. C'est une illusion perfide qui peut être surmontée lorsque vous vous découvrez dans une relation étroite de solidarité avec les autres.

Abba Pimen n'offre aucune solution, mais ses paroles montrent une direction. Si tout le monde est troublé face à la force ou à la violence, au moment où il fait face à des situations et à des événements défavorables, cela signifie qu'il n'y a pas de solutions miraculeuses pour résoudre les problèmes. Par conséquent, il n'y a qu'une seule façon : la patience. Mais la patience se ressent complètement différemment dans la communion que bloquée dans votre propre solitude sans échappatoire.

Le staretz Pimen parle également au nom des conseillers en général. Par son attitude, il dit aux générations qui le suivent : libérez-vous du fardeau de l'obligation d'offrir des réponses et des solutions de tous les temps. Le plus souvent, les gens n'en ont pas besoin, mais [ils ont besoin] de votre amour, de votre attention, de votre temps, de votre prière et de votre solidarité.

Quand quelqu'un parle de ses problèmes, il veut d'abord être moins seul, il veut être entendu et compris, il a besoin de quelqu'un qui prie le cœur ouvert pour lui et ce n'est qu'après qu'il a besoin de solutions. 

Aujourd'hui, nous vivons dans un monde plein de réponses (beaucoup d'entre elles fournies efficacement par les moteurs de recherche), mais [elles sont] sans compassion. Dans ce monde, les paroles d'abba Pimen sont plus vivantes et plus réelles que jamais.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

THE ATHONITE TESTIMONY

samedi 18 décembre 2021

Prêtre Constantin Sturzu: La confession ne signifie pas dire combien de mauvaises choses nous avons faites

 


[La confession] Cela ne signifie pas dire à quel point je suis devenu misérable et méchant. Cela ne signifie pas l'endroit où je vais faire chavirer le chariot avec mes péchés. Si ma confession est limitée à cela, tout ce que je fais est de me concentrer sur moi-même, sur l'homme corporel - quand je commets le péché, mais aussi lorsque je le confesse.

La confession est centrée sur le Christ, en elle est essentiel la miséricorde et le pardon, l'amour sacrificiel du Fils de Dieu que moi, l'homme, j'ai crucifié sur le Golgotha.

Le repentir est un retour vers Dieu, une réorientation de mon être des choses terrestres aux choses célestes.

Cependant il ne faut pas insister sur mon mouvement, mais seulement sur le fait que j'ai vers Qui retourner.

Se concentrer pendant le sacrement de la confession sur ce que je fais signifie inévitablement glisser à l'un des deux extrêmes : soit à l'orgueil qui vient du fait que je travaille à mon salut, soit au désespoir de voir tout le temps quel homme pécheur je suis (c'est-à-dire éloigné de Dieu)

Important, essentiel, libérateur dans l'acte de confession est l'Amour avec lequel je suis reçu par Dieu et qui se manifeste très concrètement par les paroles d'absolution prononcées par le prêtre confesseur et par son geste d'étreindre de ses mains sur l'épitrachelion ma tête tournée vers la terre.


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

THE ATHONITE TESTIMONY



vendredi 17 décembre 2021

Père Ephraïm d'Arizona sur l'amour



L'amour est la plus belle fleur 
du jardin des vertus 
qui constituent collectivement 
le bouquet du discernement.

C'est la couleur la plus vive de l'arc-en-ciel 
du ciel évangélique.
C'est la Perle de plus grand prix 
sur la couronne de la foi.
C'est la clé qui ouvre toutes les portes 
des relations humaines.
C'est la médecine qui guérit toutes les maladies 
de l'âme et du corps.
C'est le miroir 
avec des milliers de reflets de Dieu.
C'est le sourire heureux 
du printemps.
C'est la note de vie 
la plus mélodieuse.
C'est l'hymne évangélique et angélique 
du Ciel.

Un certain saint priait ainsi :
« Ô Seigneur, 
permets-moi d'aider les autres, 
et non aux autres de m'aider. 
Donne-moi la force d'aimer, 
pas d'être aimé. 
Donne-moi la force d'être compréhensif, 
et non d'être compris. »

L'amour, la façon dont il a été enseigné par notre Seigneur, et non la façon dont il est mal compris et déformé par les gens, est une expression de sacrifice.

C'est comme un arôme spirituel. [Eph. 4:18]

Il appartient au cœur, comme fruit et offrande de notre disposition.

L'amour ne se mesure pas à CE que vous donnez, 
mais à COMMENT vous le onnez.

L'amour ne consiste pas seulement à tendre votre main, 
mais aussi à donner votre cœur.

Si vous savez vous partager avec les autres, 
alors vous savez aimer !

« Car Dieu aime qui donne avec joie » [2 Cor. 9:7] dit Paul aux Corinthiens.

Dieu aime la personne miséricordieuse 
qui donne avec empressement, 
avec un visage joyeux 
et de son propre gré.

Puissions-nous avoir sa bénédiction!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

jeudi 16 décembre 2021

L'autre monde commence ici-bas (r)


Les chrétiens orthodoxes, 
entourés par une mer 
de philosophie 
et de pratique humaniste 
du monde,  
et y nageant déjà,
 doivent faire tout leur possible
 pour créer leurs propres îles 
d'un autre monde
  dans cette mer,
 avec une pensée 
et une pratique 
orientées vers Dieu.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Père Seraphim Rose, 
Photo: Vladika Lazare (Puhalo), OCA
encensant une icône de Père Seraphim (Rose)

mercredi 15 décembre 2021

Higoumène Tryphon: Le rôle des saints dans nos vies chrétiennes

Le rôle des saints dans nos vies chrétiennes


En grandissant en tant que luthérien, je croyais toujours que la vénération des saints par les catholiques romains et les chrétiens orthodoxes était une forme d'idolâtrie. Ils étaient idolâtres parce qu'ils « adoraient les saints ». Ce culte des saints était une pierre d'achoppement majeure pour la plupart des protestants, car le culte ne devait être offert qu'à Dieu. La distinction entre vénération et adoration nous était inconnue. L'adoration est réservée à Dieu seul, tandis que la vénération est le respect que nous montrons aux saints.

L'Église historique a toujours vénéré les saints parce que l'Église est indivise. L'Église triomphante (au Ciel) et l'Église militante (sur terre) ne font qu'une, indivise. 

Lorsque l'Église est en train d'adorer, la nuée des témoins (ceux qui ont gagné la bataille et qui sont au Ciel avec Dieu) sont unis dans cette adoration devant le trône de Dieu avec ceux qui sont sur terre. Lorsque nous entrons dans le culte communautaire de l'Église ici sur terre, nous sommes mystiquement unis aux saints du Ciel. La mort ne nous sépare pas de ceux qui nous ont précédés, car en Christ, il n'y a pas de mort.

Les saints vivants en Christ ne sont pas morts. Lorsque nous vénérons les saints, nous faisons preuve d'amour et de respect envers ceux qui nous ont précédés. 

Embrasser l'icône d'un saint revient à peu près à embrasser une Bible. Nous montrons notre amour et notre respect pour la Parole de Dieu en offrant un baiser, tout comme nous le faisons lorsque nous exprimons notre amour pour notre mère ou notre grand-mère. 

Lorsque nous embrassons la photo d'un être cher, nous n'adorons pas la personne, mais démontrons de manière concrète notre amour pour la personne. C'est précisément ce que nous démontrons lorsque nous embrassons l'icône d'un saint.

Lorsque nous avons besoin de prière, nous ne nous dirigeons pas vers la taverne la plus proche et ne demandons pas à l'homme affaissé au-dessus du bar de prier pour nous (Dieu n'a peut-être pas eu de nouvelles de cet homme depuis très longtemps), nous demandons plutôt des prières à ceux qui sont proches de Dieu. 

Personne n'est plus proche de Dieu que ceux qui ont vécu une vie sainte ou qui sont morts en martyrs, donc nous savons qu'ils sont vivants en Christ et qu'ils sont écoutés par Lui. Nous ne nous contentons pas de demander à un ami, nous demandons à un saint de prier pour nous parce que le Christ est glorifié en ses saints  (2 Thessaloniciens 1:10).

Higoumène Tryphon

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après