"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

vendredi 6 novembre 2015

SOLIDARITE KOSOVO


SOLIDARITE KOSOVO

L’identité serbe au Kosovo passe aussi par la danse traditionnelle

Depuis quelques années déjà, la pratique du « kolo », la danse traditionnelle serbe, connait un engouement grandissant chez les jeunes chrétiens du Kosovo au point que les adeptes en herbe de la discipline sont de plus en plus nombreux à s’inscrire dans les associations culturelles qui le dispensent.


Le "kolo" est une danse mixte qui se pratique en costume traditionnel 

Fort de ce constat, Solidarité Kosovo est venue en aide au club folklorique de Ranilug, situé à l’est du Kosovo, en lui accordant une subvention pour contribuer à son bon fonctionnement dans les enclaves les plus reculées.
C’est grâce aux spectacles, aux concours de danse et autres manifestations à rayonnement culturel soutenus par Solidarité Kosovo que le « kolo » est de retour dans les villages chrétiens, contribuant à renforcer le moral de populations marginalisées et éloignées de tout.

Loin d'être marginalisée, la danse traditionnelle est très populaire en Serbie
Comme une majorité de danses traditionnelles en Europe, la chorégraphie du « kolo » s’exécute en groupe. Tous les danseurs se tiennent par la main formant un cercle ou une farandole.
Au-delà de l’esprit convivial et du divertissement qu’il procure, le « kolo » symbolise l'appartenance à une identité forte, la Serbie. Ses chants et ses costumes sont les témoins d'un patrimoine culturel et historique que la jeune génération a à cœur d’entretenir et de promouvoir. Opa !
L'équipe de "Solidarité Kosovo"
PS : les personnes souhaitant nous aider peuvent contribuer au développement de nos activités en nous faisant un don. Par chèque à l’ordre de « Solidarité Kosovo », BP 1777, 38220 Vizille ou par Internet en cliquant sur paypal :





PS2 : « Solidarité Kosovo » étant reconnu d’intérêt général, chaque don ouvre droit à une déduction fiscale à hauteur de 66% du montant du don. A titre d'exemple, un don de 100 € vous permet de déduire 66 € sur la somme de vos impôts à payer. Ainsi votre don ne vous coûte en réalité que 34 €.
www.solidarite-kosovo.org          Solidarité Kosovo BP 1777, 38220 VIZILLE, FRANCE 

jeudi 5 novembre 2015

"Vous devez vous habituer à l'Orthodoxie" (4 et fin)


Entretien de Georges Maximov
avec le prêtre orthodoxe Thomas Dietz, 
ancien prêtre catholique
(4 et fin)


Priest Thomas Dietz


Père Georges: Certaines personnes en Occident qui se sont converties à l'Orthodoxie m'ont dit que la compréhension du fait que leurs ancêtres étaient aussi des membres de l'Eglise orthodoxe à un moment donné, était une révélation et, dans une certaine mesure, un encouragement pour eux. Bien que l'Orthodoxie en Occident soit considérée principalement comme la religion des immigrants en provenance d'Europe de l'Est, à un moment donné mes adversaires ont compris que les anciens saints qui ont vécu sur leurs terres avaient le même système de croyance que l'Église orthodoxe, et qu'ils n'avaient pas faussé la Vérité. Cela vous a-t-il aidé dans votre cas? Pensez-vous que cela peut aider les gens aujourd'hui en Occident qui se posent les mêmes questions que vous?

Père Thomas: Il est très important de comprendre que, avant le grand schisme de 1054, il y avait une Eglise orthodoxe qui comprenait l'Église romaine. Je pense que la perception correcte de l'Eglise est très importante pour le développement de la pensée chrétienne. Je me souviens que lorsque j'étais catholique et que je m'approchais de l'Orthodoxie, étant dans une paroisse de l'ERHF à Munich, je fus perplexe quand ils me dirent qu'il y avait un temps où l'Église catholique romaine était orthodoxe. Que voulaient-ils dire par là? Cela sonnait comme un paradoxe pour moi. Peu à peu, je compris que l'Église occidentale, en effet, avait été coupée de l'Orthodoxie. Il devait être dit que la communion ne serait pas possible jusqu'à ce que l'Église d'Occident se repente et revienne aux dogmes que les Eglises orientales ont conservés sans distorsion. C'est un aspect très important, car de cette manière nous nous détournons de la façon de penser que l'église romaine promulgue, affirmant que catholicisme et Orthodoxie, à savoir l'église d'Occident et l'Église d'Orient, font parties d'un tout. Ou, comme le pape Jean-Paul II aimait à le dire, que ces Églises sont deux parties d'un ensemble de poumons. C'était comme cela jusques à un certain point durant le premier millénaire, mais malheureusement, ce n'est plus ainsi. Nous devons prier et agir pour revenir à ce que nous avions et que nous avons perdu. Telle est la mission de l'Orthodoxie en Occident. Et, bien sûr, je dois convaincre nos propres paroissiens qui, je pense, ne le comprennent pas toujours clairement. Il y a des orthodoxes qui pensent que nous pouvons prier avec les catholiques, et qu'ils sont nos frères, ou nos frères cadets.

Père Georges: Bien sûr, si les gens qui se disent orthodoxes pensent qu'il n'y a pas de différence entre les Églises orthodoxe et catholique, monophysite, ou les églises protestantes, ceci est une erreur souvent causée par l'ignorance. Cela se produit aussi parce que les gens perçoivent l'Église comme un club national où ils vont tout simplement parce qu'ils appartiennent à une certaine nation. Ceci, bien sûr, est faux, parce que l'Église est l'Arche de salut que Dieu a créée et Il y a invité les peuples de toutes les nations.

Père Thomas, à votre avis, quelle différence est la plus importante entre l'Orthodoxie et le catholicisme?

Père Thomas: La primauté du pape. Nous sommes habitués à considérer la question de la primauté de Pierre et de son service comme un fait isolé, comme si cet enseignement s'applique uniquement à l'administration et à la juridiction. Cependant, elle affecte aussi la vie spirituelle des personnes dans l'église catholique romaine. Le fait que le pape est considéré comme infaillible est une distorsion de la tradition sacrée pour nous, peuple orthodoxe. Cette situation est inacceptable pour l'Orthodoxie, car pas une seule personne n'est infaillible. L'acceptation de l'infaillibilité est liée à la question de l'obéissance. Une personne infaillible, même si elle est infaillible seulement dans les questions de foi, doit être respectée sans condition. Toutes les étapes de la hiérarchie catholique sont basées sur cette perception.

Père Georges: Pour revenir à votre histoire, je voudrais vous poser des questions sur la réaction de vos amis et parents à votre choix. L'ont-ils  compris? Quelqu'un vous a-t-il suivi?

Père Thomas: Ils ont eu des réactions différentes. Mes amis catholiques de cours étaient très surpris. Ils ne pensaient pas que j'étais capable de faire une telle démarche, ce qui signifia la perte de tous mes frères, de presque tous mes amis, d'un seul coup. Ils considèrent cette conversion comme une apostasie. Quant à mes parents et mes frères, il y a eu des réactions différentes. Un de mes frères est pentecôtiste dans une église brésilienne à Munich. Ce qu'ils pensent de l'Orthodoxie est bien connu. Ils croient que nous sommes presque des adorateurs d'idoles. Les protestants classiques, cependant, comme les luthériens, sont plus susceptibles de comprendre cette étape, parce que, à un certain moment, ils eurent aussi à protester contre Rome. Voilà pourquoi ils peuvent faire preuve de compréhension à ce sujet, même si personnellement ils ne considèrent pas une telle conversion possible, en raison de l'énorme fossé culturel entre l'Occident et l'Orient. Vous devez vous habituer à l'Orthodoxie et  tomber amoureux d'elle. Vous avez besoin d'un amour de la vie basée sur le service de Dieu. Je souhaite que chaque catholique et chaque protestant marche sur ce chemin, découvre l'Orthodoxie et chérisse la Vérité plus que les traditions des gens.

Père Georges: Je vous remercie beaucoup pour votre récit, Père Thomas.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Laurence Guillon: La Croix (Gammée) et la Bannière (Orthodoxe)



*

1455
Laurence Guillon

Au début du conflit ukrainien, quand on en était seulement à l’Euromaïdan, un cosaque avait écrit une lettre pour préciser que les cosaques zaporogues n’avaient rien en commun avec les Ukrainiens de l’ouest ni les uniates galiciens, qui cherchaient à s’approprier leur gloire, les uniates n’étant rien de plus que des renégats, et que si un cosaque pouvait éventuellement épargner un polonais, il ne faisait pas grâce à un uniate, traître par définition. En effet, l’Eglise gréco catholique ou uniate a été le résultat d’une politique de conversion forcée des serfs orthodoxes des nobles polonais. Si je fais mémoire de cette opinion cosaque sévère et de cet événement historique, c’est que j’ai d’abord lu un article sur la déclaration pleine de retenue du Métropolite Onuphre, chef de l’Eglise Ukrainienne orthodoxe Canonique, et que m’est tombé sous les yeux, dans la rubrique « articles connexes » d'un site, celui de la Croix consacré au chef des Uniates d’Ukraine, Mgr Sviatoslav Shevchuk
Je vous invite à comparer les deux articles, l’exercice étant plein d’enseignements.


Nous n’avons pas le droit de justifier la guerre par des slogans religieux, proclame le métropolite Onuphre, primat de l’Eglise Orthodoxe Ukrainienne canonique. Et sans faire référence ni au pseudo patriarche Philarète autoproclamé qui va réclamer des armes aux USA, ni au monseigneur des Uniates, ni aux persécutions réelles dont sa propre Eglise est l’objet, il cite en exemple deux princes de ce qui n’était alors ni l’Ukraine ni la Moscovie, mais la Rous originelle dont sont issues toutes les Russies, la grande Russie, la petite Russie et la Biélorussie, Boris et Gleb, qui se sont laissé assassiner par leur frère félon plutôt que de se dresser contre lui au prix d’une guerre civile. Il appelle à la paix, à la réconciliation, sans un mot de reproche à l’égard des formations « concurrentes » :
La mort abrupte efface toutes les différences entre les vivants. Dans les tombes, il n’y a ni hommes de droite, ni hommes de gauche. Dans les tombes reposent aujourd’hui les enfants de notre Église, tant dans l’est, que dans le centre, ou dans l’ouest de l’Ukraine. Si nous n’arrêtons pas la guerre dans nos cœurs, elle éclatera à l’extérieur. En ces jours, le Seigneur nous donne la possibilité d’éprouver notre foi et notre attachement à l’enseignement du Christ. Je suis convaincu que ce n’est que dans le service de la paix et de l’amour qui pardonne tout, que nous trouverons la force pour la renaissance rapide de notre Patrie sous la protection de la sainte Église orthodoxe.

Le métropolite Onuphre


Le métropolite Onuphre, primat de l’Eglise Orthodoxe d’Ukraine


« L’Europe doit tout faire pour ramener la paix en Ukraine » dit Monseigneur Viatcheslav Shevchuk, le primat des Uniates, à la Croix, qui lui offre une tribune. «Tout », c’est-à-dire quoi, monseigneur, dans le contexte ? Le métropolite Onuphre a-t-il déclaré que « Moscou devait tout faire pour rétablir la paix en Ukraine » ? Non, il n’en a pas parlé, lui, il a parlé de ramener la paix dans le cœur de chacun, afin de la ramener aussi dans le pays, ce qui est une démarche plus spirituelle et plus chrétienne, convenons-en.


Monseigneur Viatcheslav Shevchuk

Monseigneur Viatcheslav Shevchuk, primat de l’Eglise gréco-catholique d’Ukraine


Monseigneur Viatcheslav Shevchuk dénonce une « persécution ethnique ». Où ça, au Donbass, où les gens prennent des bombes sur la tête depuis des mois, où l’armée ukrainienne vise systématiquement les églises, les monastères, les hôpitaux et les écoles, où les enfants vivent dans des caves, où les prisonniers novorussiens sont crucifiés et brûlés vifs par des néonazis en goguette ? Non, pas du tout, des persécutions ethniques en Crimée ! Les Ukrainiens uniates sont persécutés en Crimée ! Ah bon. Première nouvelle, heureusement qu’il est venu la révéler à la Croix. Cette publication a-t-elle, soit dit en passant, vérifié l’info ? En Crimée, et au Donbass lui-même, a-t-il le front de dire, où les uniates fuient épouvantés les persécutions des russophones ! Pourtant le Donbass n’est pas précisément l’endroit où, traditionnellement, grouillaient les populations uniates, principalement galiciennes et situées dans la partie occidentale de l’Ukraine, autrefois polonaise et autrichienne, et principal soutien des nazis de Bandera lors de la seconde guerre mondiale, et des néonazis de Kiev, aujourd’hui. Mais il nous l’affirme, dans ce conflit, c’est l’Ukraine, qui souffre, enfin la sienne, l’uniate. Les sous-hommes orthodoxes du Donbass comptent pour du beurre.
Pour Monseigneur, le patriarcat de Moscou est « enfermé dans le déni et l’agression verbale ». Le Métropolite Onuphre fait preuve d’une « attitude de repli et de surdité à l’égard de la société ukrainienne ». D’après lui le pape sait que ce qu’il dit « correspond à la réalité et n’a rien d’idéologique ».
Quand des politicards et des journaleux faux-culs ordinaires mentent effrontément, c’est répugnant mais on s’y fait. Quand une publication appelée « la Croix » répercute les menteries d’un prélat retors, ça fait drôle…

Parlons-en, des persécutions ethniques et religieuses :
J’aborderai maintenant un troisième article instructif publié par le blog « Parlons d’orthodoxie » qui n’est pas particulièrement « pro Poutine ». Cet article, intitulé « Réflexions sur l’Eglise Gréco-catholique d’Ukraine et la déclaration de Balamand », permettra à toute personne ignorante des tenants et aboutissants de la question uniate en Ukraine de se faire une idée : ‪Réflexions sur l'Eglise gréco-catholique d'Ukraine et "La déclaration de Balamand"

Voici quels furent les débuts de l’Eglise uniate :
L'Eglise "uniate" d'Ukraine fut créée en 1596 quand l'Ukraine faisait partie du royaume Lituano-polonais; sous la pression des autorités catholiques, le métropolite de Kiev et 6 évêques sur 8 signèrent l'Union de Brest-Litovsk qui reprenait les conclusions du Concile unioniste de Florence-Ferrare (1439-1440), rejetées par Moscou et Constantinople. Les Orthodoxes réfractaires (clergé paroissial, monastères, Cosaques qui créèrent un éphémère état indépendant (1646) avant de passer sous protectorat russe en 1654) furent privés de tous droits religieux et une sévère répression s'abattit sur ceux qui résistaient; les églises, monastères et biens de l'Eglise, passèrent aux "Uniates". Ces persécutions contre les Orthodoxes devinrent alors un abcès permanent entre Rome et l'Orthodoxie.
Cette Eglise fut supprimée par Staline, nous informe l’article, sous l’accusation d’avoir collaboré avec les nazis et encouragé les revendications nationalistes. Puis elle fut rétablie et reconnue par Gorbatchev en 1989, et reprit ses vielles habitudes :
Dès leur reconnaissance par les autorités en 1989 (M. Gorbatchev, Secrétaire général du PCUS), les communautés gréco-catholiques s'emparèrent de leurs anciennes églises, où officiaient des communautés orthodoxes, souvent avec violence, et les Orthodoxes se retrouvèrent sans lieux de culte. En effet, de nombreuses églises et monastères avaient été confisqués après l'annexion et durant les répressions Khrouchtchéviennes (7) et les Orthodoxes officiaient donc dans les églises qui leur avaient été laissées. Ce sont à elles que les Gréco-catholiques s'attaquèrent en premier, avec la complicité des autorités, et non à celles, transformées en ¨divers établissements laïcs, que les autorités protégeaient.

"L’uniatisme a commencé une expansion active en Ukraine, cherchant à dépasser les limites de l’Ukraine occidentale et à s’implanter dans les régions orientales où il n’était guère présent auparavant. La preuve la plus triste de cette orientation fut le transfert en 2005 de l’archevêché majeur des gréco-catholiques de Lvov à Kiev et le projet de l’élever au rang de patriarcat qu’elle n’a jamais eu dans l’histoire. Ainsi, l’uniatisme n’est pas seulement un fait douloureux du passé qui, pendant des siècles, a divisé l’Orient et l’Occident, mais demeure un grave obstacle sur le chemin du rétablissement de l’unité perdue entre les Églises" écrit Mgr Hilarion en 2009 (ibid. note 1).
Car, nous dit l’article : « Les Gréco-catholique d’Ukraine considèrent que leur Eglise est élue par Dieu pour apporter la vraie foi aux Eglises d'Orient, avec une vision messianique qui s'affirma particulièrement entre les deux guerres. »

Nous apprenons qu’un accord a été conclu à ce propos entre le Vatican et les Eglises orthodoxes : l’accord de Balamand :
Le dialogue théologique entre les Églises, qui se développait après la première "rencontre au sommet" de 1964 (6) et la levée des anathèmes un an plus tard, fut consacré au sujet de l'uniatisme pendant la dernière décennie du siècle à la demande des délégués orthodoxes; les assemblées plénières de la Commission mixte à Freising (Allemagne, 1990), Balamand (Liban, 1993) et Baltimore (États-Unis, 2000) ont adopté plusieurs déclarations importantes à ce sujet dont la "Déclaration de Balamand", particulièrement importante puisque Rome admet pour la première fois que l'uniatisme pose problème et ne doit pas s'étendre (voir Conférence du Professeur Michel Stavrou pour l'analyse détaillée de ce texte). "Ce texte est intitulé « L’uniatisme, méthode d’union du passé, et la recherche actuelle de la pleine communion », et comporte 3 grandes décisions :
1.            La démarche de l’uniatisme est condamnée par les deux Eglises catholique et orthodoxe en tant que méthode d’union et en tant que modèle d’unité ;
2.            Les deux Eglises se reconnaissent mutuellement comme Eglises Sœurs ;
3.            Les orthodoxes s’engagent « par économie » à respecter les communautés uniates existantes.

Cet accord, nous dit-on, devait mettre fin au prosélytisme des uniates, mais il n’a jamais été signé. Et le prosélytisme actif des uniates n’a fait que croître et embellir, soutenu qu’il était par toutes sortes de forces nationales ou étrangères qui avaient intérêt à éradiquer ce qui était russe, russophone et orthodoxe en Ukraine.  
« L'Église gréco-catholique d’Ukraine se livre à des activités politiques directes, malheureusement, en utilisant des slogans russophobes tranchants et en lançant de durs jugements contre l'Église orthodoxe russe dans ses déclarations publiques » a déclaré le patriarche Cyrille, estimant qu'un tel comportement « russophobe jette une ombre très mauvaise » sur les relations entre l’Église russe et le Vatican. Il faut aussi souligner que l'Église gréco-catholique joue sur les dissensions internes à l'Orthodoxie Ukrainienne en menant des actions conjointes avec l'Eglise Orthodoxe Ukrainienne (soi- disant patriarche [b]Philarète). "Le chef de l’Église gréco-catholique d’Ukraine et le chef du soi-disant Patriarcat de Kiev ont arpenté les cabinets du Département d’état des États-Unis, incitant les autorités américaines à intervenir et à mettre de l’ordre en Ukraine" accuse Mgr Hilarion de Volokolamsk.[/b]
C’est clair, n’est-ce pas ? L’expansion politique importe beaucoup plus que la charité chrétienne et la compassion, comme on l’a vu aussi avec les exactions des catholiques croates contre les Serbes pendant la seconde guerre mondiale. C’est sans doute pour cela que monseigneur Viatcheslav Shevchuk vient demander le secours de l’Europe en se gardant bien d’évoquer les massacres commis au Donbass par son armée. On pourrait penser, au vu de la déclaration de Balamand, que les catholiques normaux, occidentaux, modernes, démocrates et œcuménistes n’encourageraient pas la conversion à coups de bombes sur la tronche, la conversion musclée du croisé ou du conquistador, si souvent stigmatisée quand elle s’exerce en tout autre endroit du monde que les pays slaves. Mais non, la Croix abonde dans son sens, couvre ses mensonges, met le pape dans le bain. Au fait, qu’en pense-t-il, le pape ? Eh bien, nous dit l’article de « Parlons d’orthodoxie »,  « le Vatican a toujours eu une attitude assez ambiguë vis-à-vis des gréco-catholiques. Ainsi, il ne leur accorde pas d'autonomie canonique et ne donne pas suite à leurs demandes d'érection en patriarcat, mais les Papes successifs soulignent à plusieurs reprises leur attachement à cette Eglise, ce qui provoque régulièrement des crises dans les relations avec l'Eglise russe (annulation d'une rencontre de théologiens orthodoxes et catholiques à Odessa en 1979, absence de la délégation de l'Eglise russe à la 4ème réunion de la Commission Théologique mixte à Bari en 1986 …) »
Evidemment…


Pour ce qui est des épurations ethniques, s’il reste un soupçon de conscience à la Croix qui n’est peut-être pas encore complètement gammée, que ses journalistes aillent se renseigner sur ce qui se passe vraiment en Ukraine et que couvre le monseigneur uniate :
              Voici ce qu’il reste du monastère orthodoxe de la Vierge d’Ibérie et de son cimetière, après les bombardements ukrainiens :
              Regarder sur youtube.com
              Voici l’un des nombreux témoignages de civils, auxquels la presse occidentale ne donne aucun écho :
              Regarder sur youtube.com
              Et plus généralement, une rétrospective de ce forfait commis avec l’assentiment occidental et la bénédiction du monsignore :
              Regarder sur youtube.com
              Et enfin, le témoignage d’un Français qui sauve l’honneur de notre triste France :
              Regarder sur youtube.com

La Croix peut sans doute organiser une collecte charitable pour aider ce juste solitaire ?
Si je continue à voir passer ce genre d’articles, eh bien la prochaine fois qu’on me convie à une réunion œcuménique, excusez-moi, mais je ne risque pas d’y aller !


Laurence Guillon,

mercredi 4 novembre 2015

"Vous devez vous habituer à l'Orthodoxie" (3)


Entretien de Georges Maximov
avec le prêtre orthodoxe Thomas Dietz, 
ancien prêtre catholique
(3)



Priest Thomas Dietz


Père Georges: Cette déclaration est très importante pour notre temps. Surtout parce que beaucoup de gens pensent aujourd'hui que lorsque nous rencontrons une personne qui a des vues opposées, nous devons en quelque sorte adoucir nos paroles, rester loin des questions qui nous séparent et mettre en valeur les choses que nous avons en commun. Beaucoup de gens pensent inconsciemment que s'ils tenaient leur position tout en discutant des questions de foi, ce serait repousser leurs adversaires. Mais dans votre exemple, la détermination de la communauté orthodoxe où vous avez commencé votre voyage, a, en fait, renforcé votre désir de devenir encore plus orthodoxe.

Père Thomas: En effet, l'Eglise orthodoxe russe à l'étranger a ouvert la porte à l'Orthodoxie pour moi. Je ne pense pas que je serais devenu orthodoxe dans l'Eglise grecque, qui avait une approche très œcuménique en Allemagne, tout comme le Patriarcat de Moscou à cette époque. Nous avons une mission orthodoxe envers les catholiques. Notre mission est de prier, d'agir et de parler avec eux afin qu'ils voient la vraie Lumière de l'Orthodoxie qui leur manque. Voilà ce que nous devrions dire. Si nous ne leur disons jamais que certaines parties de leur enseignement sont fausses et que, selon les vues orthodoxes qu'elles sont hérétiques, comment pourraient-ils voir qu'ils ont tort? Comment pourraient-ils reconnaître que dans le cours de l'histoire, ils ont fait une erreur et ont succombé à la tentation de réinterpréter et de fausser la tradition sacrée que nous avons reçue de nos Pères? Cela doit être dit. Nous ne devrions penser plutôt à " comment devrions-nous dire? qu'à "devrions-nous le dire." Et bien sûr, nous devrions être polis; nous devons nous respecter les uns les autres.

Père Georges: Nous devons prêcher par l'amour. L'expérience montre que ce qui est dit avec amour ne blesse pas les autres. Comme la vérité et l'amour vont côte à côte, c'est la meilleure façon de prêcher.

Père Thomas: Je suis d'accord, Père Georges. Je dois ajouter que cette discussion doit inclure le mot "hérésie" sous une forme ou une autre. Lorsque nous utilisons ce mot dans les discussions avec les membres d'autres confessions, nous ne mettons pas une étiquette sur ces confessions, les accablant ou prononçant un anathème contre eux. Nous devons utiliser ce terme pour montrer où sont les limites de l'Église. Pour ceux qui ne croient pas à l'Orthodoxie, notre Église, nous devons identifier la zone à problème, la plaie  en décomposition, ce moment où les catholiques et les protestants ont perdu la grâce spirituelle et où ils tentent maintenant de compenser cette perte avec leurs approches charismatiques, fausse exaltation ou insistance constante sur le renouvellement et le retour à leurs racines. Dans l'Orthodoxie, les racines ont été conservées intactes à travers l'histoire. Elles sont facilement accessibles à tout le monde.

Père Georges: Lorsque vous vous considériez toujours comme catholique, comment avez-vous ressenti de cette position ferme indiquant que l'Église catholique est tombée dans l'hérésie?

Père Thomas: Ce fut une opinion totalement inattendue pour moi. La chose est que les catholiques soutiennent la théorie des branches qui a été condamnée par notre Synode des Evêques en 2000. Selon les catholiques, il n'y a pas de différences essentielles entre l'Orthodoxie et le catholicisme en termes de système de croyance. Au début, j'étais dans le doute et je me demandais même si les membres de l'ERHF étaient fanatiques. Comment peuvent-ils dire que la foi catholique est imparfaite, si un milliard de personnes la professent? Puis j'ai appris que les autres églises orthodoxes enseignent la même, mais elles sont plus diplomatiques à ce sujet. La position intransigeante de l'Eglise orthodoxe russe à l'étranger envers les membres d'autres confessions m'a ouvert la porte de l'Orthodoxie, et je lui suis très reconnaissant pour cela. Quand j'ai compris la fausseté de l'enseignement sur la primauté du pape, ce fut comme si tout le fondement du catholicisme s'effondrait dans mon esprit. Et quand je vis que l'Orthodoxie ne dévie pas de la tradition sacrée et la préserve vraiment dans son intégralité, je suis devenu orthodoxe.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

mardi 3 novembre 2015

"Vous devez vous habituer à l'Orthodoxie" (2)


Entretien de Georges Maximov
avec le prêtre orthodoxe Thomas Dietz, 
ancien prêtre catholique
(2)

Priest Thomas Dietz
Père Thomas

Père Georges: L'apprentissage de la langue [russe] a-t-il été facile?
Père Thomas: Les chances de maîtriser la langue semblaient très minces pour moi, mais je n'ai pas renoncé et bientôt les mots russes sont devenus l'incarnation de la beauté de la parole humaine pour moi. Cependant, je lis sur l'orthodoxie surtout en allemand. Quand j'ai appris ce qui concernait la vie de l'Eglise orthodoxe pendant le communisme, à propos de la persécution et du martyre, j'étais très intéressé et j'ai lu sur l'Orthodoxie tout ce qui était disponible en allemand.


Puis j'ai commencé à lire les œuvres des saints Pères, principalement les saints Pères de l'Orthodoxie russe. J'ai lu les œuvres de Silouane du Mont Athos, l'exégèse de certains travaux de Théophane le Reclus, et la vie de saint Jean de Cronstadt. Ils étaient tous en allemand. Plus je lisais, plus j'étais captivé. Cela a provoqué un conflit interne en moi, car les catholiques ne considèrent pas cet aspect important de la croissance spirituelle. Ils ont dit, "Nous avons tout cela aussi. Que cherches-tu là-bas? "Mais je ne pouvais pas trouver cela dans le catholicisme. Je ne pouvais pas trouver cette profondeur et la détermination de la vie spirituelle, cette cohérence, cette fondation. L'aspect charismatique est très important dans les enseignements spirituels catholiques. Ils appellent cela le charisme et ils ont des leaders très charismatiques. Ils peuvent parler avec exubérance au sujet de Dieu pendant deux heures et rassembler 100.000 personnes. J'ai assisté à ces réunions plusieurs fois. Pendant les réunions, entre autres choses, ils appellent les gens à rejoindre les membres du clergé et des milliers de jeunes décident de devenir prêtres catholiques. Cependant, je trouve que cette approche charismatique manque de fiabilité sur le fondement de la foi dans l'Église. Je trouve cette fiabilité et les racines profondes de la tradition sacrée de l'Eglise dans les œuvres des saints Pères de l'Orthodoxie, en particulier les saints pères de ces derniers temps, comme saint Jean de Cronstadt, saint Silouane du Mont Athos et saint Théophane le Reclus, et dans les œuvres des nouveaux martyrs de l'Eglise russe. C'est devenu une sorte de roc pour moi-le roc où je trouvais un abri quand j'avais quelques doutes sur le catholicisme ou bien quand je m'ennuyais tout simplement.


Père Georges: Cet intérêt n'est-il pas entré en conflit avec vos croyances catholiques?


Père Thomas: Oui. Je veillais à ne pas m'approcher de trop près de l'Orthodoxie, craignant de perdre ma foi catholique, et je priais la Mère de Dieu de me permettre de garder ma foi. Je dois dire que je fus admis au séminaire catholique et que je compris que si je voulais devenir prêtre catholique, finalement je devais abandonner mon attirance pour l'Orthodoxie. Mais ce que je veux? Quelle est la volonté de Dieu? Je décidai de me tester en éliminant tout ce qui était lié à la Russie et à l'Orthodoxie, y compris tous mes guides d'étude, livres, enregistrements audio et même des dictionnaires. J'avais toute une bibliothèque. J'emballai tout et je le donnai tout de suite. Je me suis éloigné d'elle [l'Orthodoxie]. J'ai dit, "Dieu, s'il Te plaît, conduis-moi là où je dois aller." J'ai vécu comme ça pendant plusieurs années.


J'étudiais au séminaire et chaque année, c'est devenu plus difficile. Je ne sentais pas que j'avais encore que la grâce qui est nécessaire à un moine ou un prêtre célibataire, même si je savais que le célibat était une exigence obligatoire pour devenir prêtre catholique. Même mon désir de devenir prêtre a commencé à décliner et finalement j'ai eu une telle crise spirituelle profonde que Kiko Argüello, mon guide spirituel et recteur, qui était également à la tête du mouvement Néocatéchuménat, dut me renvoyer à la maison en disant, "Tu ne peux pas rester ici. S'il te plaît, rentre chez toi, trouve-toi une petite amie une petite amie, fais ce que tu veux, commence à travailler. Tu ne peux pas rester ici. Nous ne savons pas où Dieu te conduit, mais s'il te plaît, va t'en." C'étaient les paroles que je devais entendre. Ce fut la réponse de Dieu à ma prière.

Je rentrai chez moi à Munich et me remis à travailler comme architecte. Le même été, j'allai en Russie à la recherche d'un conjoint. Naturellement, ce voyage n'a pas été une réussite. Dieu merci pour cela. Après mon retour, je commencé à assister à des offices dans une église russe à Munich.


Père Georges: Il y a de nombreuses églises orthodoxes dans les grandes villes allemandes. Il y a des églises relevant de la juridiction du Patriarcat grec-orthodoxe de Constantinople, l'Eglise orthodoxe russe hors-frontières (ERHF), le Patriarcat de Moscou ainsi que des églises bulgares, serbes et roumaines. Qu'est-ce qui vous a fait choisir l'Eglise orthodoxe russe à l'étranger? Était-ce tout simplement parce qu'elle était l'église la plus proche? Ou bien était-ce quelque chose de plus grave?


Père Thomas: Ce n'était pas l'église la plus proche. Le plus proche de moi était une église serbe. C'était le plus bel édifice. Mais je ne parle pas serbe. Pour les Allemands intéressés par l'Orthodoxie, connaitre la langue d'une certaine branche de l'Église orthodoxe est d'une grande aide. Certaines personnes connaissent le bulgare, certaines personnes connaissent le grec. Toutes ces églises à Munich ont des paroissiens allemands et, bien sûr, ils essaient de maîtriser la langue afin de mieux participer aux offices. Je connaissais un peu de russe, même si je ne pouvais pas très bien parler, mais il y avait des choses que je comprenais. Donc, je suis allé à l'ERHF parce que leur église était proche, et parce que c'était une grande et belle église. Le Patriarcat de Moscou n'avait pas cela. Dans l'ERHF, même l'évêque était allemand. Ils ont fait beaucoup pour les paroissiens allemands. Ils le font encore. L'évêque faisait des cours mensuels sur la théologie dogmatique orthodoxe pour les Allemands dans son monastère. Une fois par mois, ils avaient des réunions dans les maisons des paroissiens et l'évêque leur parlait de la vie et de la foi orthodoxe. Ceci, bien sûr, était très utile. Ils avaient également 2-3 ateliers d'une journée sur l'Orthodoxie en allemand. Je commencé à y aller plus souvent, fait connaissance avec l'évêque, je suis resté pour les repas, après la Liturgie et j'ai essayé de communiquer avec les gens à la fois en allemand et en russe. C'était une communauté très sympathique où tout le monde connaissait tout le monde. Tout était super. Le seul problème était que j'étais encore un non-russe et je me sentais un peu laissé de côté. Je pense que ce problème existe dans toutes les églises russes dans d'autres pays, parce que les offices sont en russe et slave. L'Église ne peut pas être missionnaire dans toute sa mesure, si une seule liturgie par mois est faite en allemand.



Père Georges: Qu'est-ce qui vous a aidé à surmonter ce sentiment d'un certain éloignement de la communauté orthodoxe locale qui était orientée vers une nation différente?


Père Thomas: Ce fut surtout l'évêque Marc de Berlin. Père Nicolas [Artemov], aussi. Il est né et a grandi en Allemagne, de sorte qu'il pouvait nous aider de plusieurs façons. Il faisait des cours de slavon pour nous. Il y avait aussi un prêtre allemand, ce qui était un signe pour moi - je compris que la nationalité n'était pas été un obstacle, même pour être ordonné.

La théologie dogmatique et comprendre les enseignements dogmatiques de l'Eglise orthodoxe était particulièrement utile. Je dois vous dire à ce sujet parce que, même de nos jours, il y a une forte tendance chez les orthodoxes en Russie de croire que, fondamentalement, il n'y a pas beaucoup de différence entre Orthodoxie et le catholicisme romain. Ce n'est pas vrai. La différence entre l'Orthodoxie et le catholicisme est beaucoup plus grande que la différence entre le protestantisme et le catholicisme. La conversion du catholicisme à l'Orthodoxie est beaucoup plus difficile. Pourquoi? Parce que dogmatiquement il y a un écart énorme. Ce qui m'a aidé, c'était que jaimais vraiment l'ecclésiologie, l'étude de la théologie de l'Église. Là, l'influence de l'ERHF fut très importante. Dans l'ERHF ils enseignent que l'Eglise catholique n'est pas une église sœur, mais une église de branche qui a rompu avec l'Orthodoxie. Elle était orthodoxe à un certain point, mais ensuite, elle a cessé d'être orthodoxe, car ils ont introduit un enseignement qui ne peut être acceptée par l'Orthodoxie, et en tant que telle, elle est considérée comme hérétique pour nous. Mais nous avons une forte tendance à tout niveler et faire que tout ait l'air semblable!


Quand nous lisons les œuvres de saints pères, nous voyons qu'il n'en est pas du tout ainsi. Par exemple, saint Justin [Popovitch] dit clairement que nous avons des canons qui interdisent la prière commune avec les hérétiques et nous n'acceptons pas les catholiques. C'est logique. Imaginez ce qui arriverait si l'Eglise bulgare mettait en avant une thèse sur sa primauté et sa suprématie absolue dans l'Église. Que penserions-nous à ce sujet? Naturellement, nous penserions que c'est le début de l'hérésie. Avec les catholiques, cette hérésie a pris racine et est devenue une partie intégrante de leur système de croyance. Aujourd'hui, les catholiques sont encore moins enclins à céder qu'il y a 50 ou 100 ans. Ils tiennent leur propre terrain. Le Concile Vatican II n'a rien changé à cet égard. Malgré leur œcuménisme déclaré, les catholiques insistent fermement sur leurs points de vue.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après